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La prospérité des pays émergents à forte croissance se fonde sur un tissus économique diversifié, constitué de nombreuses Petites et Moyennes Entreprises (PME). Ces dernières jouent un rôle essentiel dans la création de richesses et d’emplois à forte valeur ajoutée. On peut citer, (par exemple : l’Inde, le Brésil, la Chine).

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Pour un renforcement structurel des pme en haiti par emmanuel grégory morissette. le nouvelliste le 13 mars 2013

  1. 1. « Pour un renforcement structurel des PME en Haïti ». par Emmanuel Grégory MORISSETTE Publié dans Le Nouvelliste Haïti, le 13 mars 2013. La prospérité des pays émergents à forte croissance se fonde sur un tissus économique diversifié, constitué de nombreuses Petites et Moyennes Entreprises (PME). Ces dernières jouent un rôle essentiel dans la création de richesses et d’emplois à forte valeur ajoutée. On peut citer, (par exemple : l’Inde, le Brésil, la Chine). Devenir un pays émergent à l’horizon 2030 en s’appuyant uniquement sur le levier des investissements directs étrangers s’avère difficile. Aussi convient-il au gouvernement d’adopter une double stratégie de développement économique : les investissements directs étrangers et le renforcement du tissu économique local par l’émergence et le renforcement des investissements locaux via les PME. La création d’un Ministère Chargé des PME, de l’Entrepreneuriat et des Investissements : un enjeu d’avenir. Le renforcement des PME est un enjeu majeur. Les économies des pays en développement ne peuvent afficher une croissance soutenue que si les PME y contribuent largement. Un cadre institutionnel et juridique s’impose pour accompagner ce développement, d’où la nécessité de créer un Ministère Chargé des PME, de l’Entrepreneuriat et des Investissements. Les pouvoirs publics doivent jouer pleinement leur rôle en effectuant des réformes structurelles visant à améliorer le cadre opérationnel des PME. Il s’agit d’abord des réformes visant à la simplification des démarches administratives et juridiques pour les PME, ensuite des réformes visant à instaurer une fiscalité avantageuse pour les jeunes créateurs d’entreprise et les PME innovantes et enfin des réformes quant à l’accès au crédit par l’utilisation par exemple de nouveaux modes de financement participatif notamment la création des plateformes de « crowdfunding », et la mise en place d’une banque d’investissement des PME. Il ne s’agira pas d’un « ministère gadget » car son efficacité aura des retombées positives pour le pays en matière de croissance économique et pourra inverser sur le long terme la courbe du chômage. Développer l’esprit entrepreneurial Le concours « Digicel Entrepreneur de l’année » est un bon moyen pour sensibiliser la population, et les étudiants en particulier, à l’entrepreneuriat. Des modèles de ce type devraient être dupliqués à l’école, à l’université et à travers toutes les régions du pays. Les acteurs socio-économiques (Fédération Haïtienne des PME, Chambre de Commerce et d’Industrie, Forum du Secteur privé, des organisations patronales) doivent jouer un rôle de catalyseur en incitant les jeunes à la création d’entreprise.
  2. 2. « Pour un renforcement structurel des PME en Haïti ». par Emmanuel Grégory MORISSETTE Un article du quotidien Le Nouvelliste, du 4 janvier 2013, intitulé « connecter les jeunes à l’entrepreneuriat », mentionne que le Ministère du Commerce et d’Industrie a organisé une séance de formation sur le montage des plans d’affaires et la recherche de financement pour créer de nouvelles entreprises, à l’intention des jeunes professionnels. Cette démarche est tout à fait louable par son approche novatrice, cependant elle connaît des limites. Passer de la phase d’idée de projet d’entreprise, à la phase de création proprement dite constitue l’acte premier de la création d’entreprise. Le plus dur n’est de créer son entreprise, encore faut-il que son développement et sa pérennité ne soient pas compromis par un échec dû à un environnement macro-économique instable. D’où la nécessité pour les pouvoirs publics de créer des structures d’accompagnement entrepreneurial qu’ils s’agissent des pépinières, des business center, des incubateurs. Ces dispositifs aideront les jeunes durant toutes les étapes cruciales liées à la création et au développement d’entreprise : de la maturation de projet jusqu’à la création de l’entreprise, pour les incubateurs, de la création aux premières années de développement pour les pépinières. De telles structures d’accompagnement nécessitent un cadre institutionnel fort et stable d’où l’idée de la création d’une « Agence de développement et d’accompagnement des PME » qui pourrait être un organisme dépendant du Ministère des PME, de l’Entrepreneuriat et des Investissements. Cette structure devrait être dotée de la personnalité juridique et des moyens de sa politique (financiers, matériels et ressources humaines qualifiées). Investir dans des secteurs à fort potentiel de développement et de croissance économique. Le casse-tête du financement des PME Haïtiennes les rend non compétitives, il existe un retard considérable dans le savoir-faire technologique et l’innovation comparée aux PME régionales. Les ressources humaines qualifiées sont insuffisantes. La plupart des appels d’offres, des marchés publics sont remportés par des ONG, par des firmes étrangères au détriment des PME locales faute de compétences et d’expertise assez pointues de ces dernières. La coopération entre les entreprises, les établissements d’enseignement supérieur (Université, Ecoles Professionnelles) et les organisations socioéconomiques (Chambre de commerce, organisations patronales, fédérations des PME) n’est pas assez soutenue. Haïti a besoin de « Business School » compétitives, avec des standards internationaux qui puissent répondre et pallier le problème d’insuffisance de ressources humaines. Les Chambres de Commerce et d’Industries Régionales, le secteur privé des affaires, le secteur public, la diaspora Haïtienne de l’étranger, doivent conjuguer leurs efforts pour investir dans la création d’écoles de commerce avec un curriculum répondant aux besoins et les urgences d’Haïti de demain.
  3. 3. « Pour un renforcement structurel des PME en Haïti ». par Emmanuel Grégory MORISSETTE Le renforcement dans un premier temps de l’existant est crucial notamment au niveau des structures de l’Université d’Etat d’Haïti et des Universités privées. Au-delà de ce renforcement, des partenariats devraient être envisagés avec les « Business School » et Universités nord-américaines, européennes et asiatiques. Il faut en finir avec l’idiosyncrasie Haïtienne qui veut que l’on soit médecin, avocat, architecte, ou ingénieur, bien que ce soient des fonctions nobles dans une société. Pourtant, il n’y a pas assez de fonctions supports dans la chaine de valeur des entreprises Haïtiennes (des gestionnaires, des acheteurs, des contrôleurs de gestion, des ingénieurs commerciaux, des contrôleurs de qualité, des chefs de projet en système d’information, des ingénieurs informatiques, des managers du tourisme et de l’hôtellerie). Des marchés de niches s’offrent à nous notamment dans l’Agro-industrie, les technologies de pointes, l’économie numérique. La croissance verte (la gestion des déchets, les énergies renouvelables) est une mine d’or pour l’Haïti de demain. Un article paru au journal le MONDE, prête à sourire (Le Monde, 22septembre 2012 « A force de recycler la Suède doit importer des déchets »). La Suède est obligée de faire venir « des fatras » sur son territoire car elle n’en a pas assez. L’enjeu économique du recyclage des déchets est énorme. Une PME locale telle que la JEDCO qui ramasse des déchets plastiques pour les exporter en Chine mérite des soutiens à l’investissement. JEDCO pourrait investir dans la recherche et développement pour améliorer ses moyens de stockage, pour investir dans des incinérateurs. Les « or durs » constituent un secteur à fort potentiel de développement sans négliger les contreparties environnementales. Pour la création d’une Agence de Facilitation des Investissements. Le centre de facilitation des Investissements (CFI) qui est un organisme autonome placé sous la tutelle du Ministère du Commerce et d’Industrie ne peut pas se cantonner uniquement à Port-au-Prince. Il nous faut des structures institutionnelles à la hauteur de nos ambitions, d’où la création d’une véritable « Agence de Facilitation des Investissements » Il s’agira d’une structure décentralisée avec une antenne dans toutes les régions du pays, pas seulement dans la « République de Port-au-Prince ». Le chef d’entreprise et l’aspirant créateur qui vient du grand Nord, de l’Artibonite, du Sud d’Haïti ne sont pas obligés de transiter par la capitale pour se faire accompagner et assister dans leurs démarches de création, de développement ou d’investissement. Cette « Agence de Facilitation des Investissements » pourra définir les politiques d’investissement par la mise en place de Pôles de compétitivité régionaux en Haïti, tout en mettant œuvre des stratégies pour attirer les investissements directs étrangers. Pour un « Small Business Act » à l’Haïtienne.
  4. 4. « Pour un renforcement structurel des PME en Haïti ». par Emmanuel Grégory MORISSETTE L’économie Haïtienne repose essentiellement sur des petites entreprises alors qu’aucun organisme officiel, ni même le législateur haïtien ne retiennent une définition officielle de la PME. Fort souvent, on utilise l’acception « PME » à tort et à travers. Quand on parle de PME en Haïti, de quoi parle-t-on ? Il conviendrait de mettre en place une législation spécifique aux PME et des mesures protectionnistes en leur faveur sans porter atteinte au principe fondamental de la liberté du commerce et d’industrie. Les Etats-Unis d’Amérique l’ont bien compris, car depuis 1953, ils ont adopté le « Small Business Act », une loi qui consiste à favoriser les PME dans l’environnement économique en leur réservant une part des marchés publics. En juin 2008 l’Union Européenne a adopté le Small Business Act pour l’Europe dont la volonté reflète le rôle prépondérant des PME dans l’économie européenne. La France a inséré dans le cadre de la loi sur la modernisation de l’économie de 2008 (LME) un article entré en vigueur en 2009 réservant aux PME une part des marchés publics liés au numérique. Le Canada, le Japon, les pays de l’OCDE ont leur « Small Business Act ». A quand un « Small Business Act » à l’Haïtienne ? Une question à laquelle les pouvoirs publics devraient apporter des réponses. La classification des entreprises en fonction de leurs tailles et de leurs poids économiques (petites entreprises, moyennes entreprise, grandes entreprises) s’avère importante pour définir une politique fiscale cohérente. La jeune entreprise innovante de trois ans ne saurait subir la même pression fiscale que celle qui a déjà vingt ans d’existence dans le secteur de l’import-export. C’est une question de justice fiscale. La mise en place par les pouvoirs publics d’une politique de normalisation qui respecte les normes Internationales ISO est nécessaire, car elles sont gage de compétitivité et de qualité pour l’internationalisation de nos entreprises notamment les PME. Des modes alternatifs de financements des PME : le « Crowdfunding » et une Banque d’investissement des PME. Les PME se heurtent depuis toujours à un véritable obstacle lorsqu’il s’agit de trouver des ressources adéquates pour leur développement et leur viabilité. Pourtant un nouveau mode de financement des entreprises émerge : il s’agit du « Crowdfunding » traduit littéralement « financement par une foule de gens ». C’est un mode de financement participatif dans le but de financer les start-up de demain. Lancé il y 7 ans aux USA avec une première plateforme dénommé Kiva, permettant au grand public de participé au développement du micro crédit. C’est un modèle de financement qui est appelé à se structurer et à se développer si bien que le congrès américain a adopté le JOBS ACT (Jumpstart Our Business Startups Act) signé le 5 avril 2012 par le président Barack Obama. Cette loi légitimant le « Crow Funding » permet aux PME et aux start-up d’être financées sans passer par le système classique du crédit bancaire. La plate-forme de financement la plus répandue actuellement aux USA est « KickStarter »
  5. 5. « Pour un renforcement structurel des PME en Haïti ». par Emmanuel Grégory MORISSETTE (http://www.kickstarter.com), qui lève des millions de dollars pour financer des projets de création d’entreprise. Ce mode de financement peut être une manne significative pour le financement des entreprises en Haïti. Selon un rapport de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) publié en septembre 2012, l’apport des transferts privés de la diaspora Haïtienne vers Haïti est de plus de 2 milliards de dollars américains. Fort de ce constat, avec l’essor de ce nouveau modèle de financement, la diaspora Haïtienne a les cartes en main pour participer à l’Haïti demain. Les pouvoirs publics doivent cependant mettre en place des structures fiables et des mécanismes opérationnels de financement des entreprises en s’appuyant sur la force de frappe de la diaspora Haïtienne. Pour la première fois dans le budget de l’année fiscale 2012-2013 de la République d’Haïti, un fonds de 25 millions de dollars est alloué pour les PME via le Fonds de développement industriel (FDI). Les dispositifs de soutien au financement PME nécessitent une plus large diffusion, d’information, de clarification à leur égard. Aussi ne serait-il pas judicieux de faire migrer le FDI vers une véritable Banque d’Investissement des PME ? On pourrait également mobiliser les surliquidités détenues par des organismes publics locaux et ouvrir le capital de cette Banque d’Investissement des PME à la participation des fonds d’investissement étrangers. Un tel mécanisme aurait un impact direct sur la croissance économique d’Haïti et soutiendrait la compétitivité de nos PME. Des réformes structurelles nécessitent du courage politique. Trop souvent, nos dirigeants tombent dans la confusion entre le temps médiatique qui est empreint d’émotion, parfois même d’irrationalité, et où Facebook et Twitter prennent le pouvoir, avec le temps politique, qui suppose une vision stratégique sur le long terme et des ajustements adéquats pour avoir un impact réel. Emmanuel Grégory MORISSETTE Master 2 Management, Entrepreneuriat et Stratégie Spécialité : Accompagnement Entrepreneurial (PME) Université Montpellier 1 en France morissette.emmanuel@gmail.com

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