Chap 11 la priere du voyage et du malade

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Chap 11 la priere du voyage et du malade

  1. 1. CHAPITRE 11 : LA PRIERE DU VOYAGEUR ET DU MALADE Pour l’explication de ce chapitre nous avons choisi de mettre 2 explications différentes : - celle de cheikh Al ‘Outheymine (ra) comme pour le reste du livre - celle de cheikh Al Fawzâne. La raison de ceci est que l’avis de cheikh Al ‘Outheymine (ra) concernant la distance et la durée pour la prière du voyageur est peu répandu et parfois difficile à appliquer car cela peut varier d’une personne à l’autre, alors que l’autre avis (qui est celui de la majorité des savants) est très répandu et plus simple à appliquer (cheikh Al ‘Outheymine (ra) lui-même dit qu’il est plus clair et plus facile à appliquer, mais au niveau des textes l’autre avis lui paraît plus juste). Wallahou a’lam. - Introduction de cheikh Al ‘Outheymine (ra) : • Le voyageur est celui qui a quitté son lieu de résidence (et l’intention ne suffit pas car le voyage c’est le fait de sortir et d’apparaître (al khouroûdj wal bouroûz) dans la langue arabe) ; et le malade est celui qui n’est pas en bonne santé. Et les deux ont besoin de la facilité car il est rapporté dans le hadith : « Le voyage est une portion du châtiment, il perturbe à l’un de vous son manger, son boire et son sommeil », et ceci était le cas pour les voyages au temps du prophète عليه الصلاة والسلام ; mais aujourd’hui le voyage est facilité, il n’empêche pas le repas, ni le sommeil mais la règle persiste même avec l’absence de difficulté. • Les savants ont divergés (a) : est-ce que le voyage est défini par une distance précise, ou on se réfère à la coutume des gens (‘ourf) c'est-à-dire que ce qui est considéré par les gens comme voyage l’est et ce qui n’est pas considéré comme voyage ne l’est pas ? Le plus proche des règles de la législation c’est qu’on se réfère à la coutume des gens, c'est-à-dire que ce que considère les gens comme voyage, c'est-à-dire qu’ils se préparent pour ce voyage, ils se font les adieu au moment de la séparation, ils sont accueillis au retour, ceci est un voyage. Et ce qui n’est pas considéré comme voyage ne l’est pas. • D’autres savants ont dit qu’il est défini/délimité (« mouhaddad ») et ils ont divergés entre eux sur la limite : certains ont dit 80 km, d’autres plus, d’autres moins. • Pour le malade, les maladies sont de plusieurs catégories : les maladies des yeux, les maladies des dents, les maladies des membres, les maladies du ventre, les maladies qui touchent l’état général. Mais ce qui est visé dans ce chapitre, c’est le malade pour qui il est difficile d’accomplir la prière comme l’accomplissent les autres. - Introduction de cheikh Al-fawzâne. • Ce chapitre, les savants l’appellent « chapitre de la prière de ceux qui ont une excuse » (ahloul a’dhâr), et ce sont le voyageur, le malade et celui qui a peur. Et par son indulgence et sa facilité, cette religion prend en compte la situation des musulmans, donc elle leur allège les obligations s’ils ont une excuse, et elle leur ordonne ce dont ils sont capables. Comme a dit Allah : لا يُكَلِّفُ اللَّهُ نَ فْسًا إِلا وُسْعَهَا « Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité » ; de même « yourîdoullâhou bikoumoulyousra walâ yourîdou bikoumoul’ousr ». Donc si quelqu’un est en voyage, il mange pendant Ramadâne, il raccourcit la prière de 4 rak’at (arroubâ’iyyah), il réunit entre deux prières, tout ceci pour lui faciliter et lui alléger, car le voyage est une difficulté et une fatigue.
  2. 2. → Ceci montre l’importance de la prière et qu’on en n’est pas exempté quelque soit sa situation, que ce soit en voyage, en état de maladie, en état de peur, mais on la prie selon sa capacité comme le montre les adillah (preuves). La prière n’est jamais abandonnée tant que la raison (‘aql) est présente. → Ceci montre également la facilité de cette législation et son indulgence (al hamdoulillèh) « wa mâ dja’ala ‘alaykoum fiddîni min haraj » (verset). La difficulté et la gêne sont levées. « al machaqqah tadjlibouttaysîr » → la difficulté amène la facilité (règle de la législation). Hadith 341 : On rapporte de ‘Aîcha - رضي اللّ تعالى عنها – qu’elle a dit : « Au départ la prière avait été rendu obligatoire 2 rak’at, puis la prière du voyage est restée inchangée et la prière du résident a été complétée ». [Hadith agréé]. أَْوَّلُ مَْا فُْرِضَ ت اْلصَّلََةُ رَْ كعَْتَ يِْ ,ْ فَْأُقِرَّ ت صَْلََةُ اْلسَّفَرِ وَْأُتَِِّ ت صَْلََةُ اْ لَْضَرِْ «ْ : عَ نْ عَْائِشَةَ رَْضِيَ اْللَّهُ عَْ ن هَا قَْالَ تْ مُْتَّ فَقٌ عَْلَ يه .ْْ .» Al Boukhâriy rapporte : « Puis il a fait l’hégire, alors la prière a été rendu obligatoire 4 rak’at, et la prière du voyage est restée inchangée ». .ْْ»ْ ثَُُّْ هَْاجَرَْ, فَْ فُرِضَ ت أَْْ رب عًَا, وَْأُقِرَّ ت صَْلََةُ اْلسَّفَرِ عَْلَى اْ لَْوَّلِ «ْ : وَلِ لبُخَارِ يْ Ahmed ajoute : « Sauf le maghrib car c’est la prière impaire du jour, et sauf le soubh car la récitation y est allongée ». .»ْ إِْلََّّ اْل مَ غرِبَ فَْإِن هََّا وِْت رُ اْلنَّ هَارِْ, وَْإِلََّّ اْلصُّ بْحَْ, فَْإِن هََّا تْطولُ فِْيهَا اْل قِرَاءَةُ «ْ : زَادَ أَْ حَْدُْ Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : 1. Lorsque les prières obligatoires de 4 rak’at ont été prescrite au départ elles étaient de 2 rak’at : ainsi le fadjr était de 2 rak’at, le dhohr 2 rak’at, le ‘asr 2 rak’at, le ‘ichâ 2 rak’at et le maghrib 3 rak’at car elle est la prière impair du jour. Et la prière a été rendu obligatoire au prophète عليه الصلاة والسلام un an ou trois ans avant l’hégire selon les historiens (ils ont divergé sur la date du mi’râdj - ascension). Ainsi à la Mecque, le prophète عليه الصلاة والسلام priait le fadjr 2 rak’at, le dhohr 2 rak’at, le ‘asr 2 rak’at, le maghrib 3 rak’at et le ‘ichâ 2 rak’at. Et lorsqu’il عليه الصلاة والسلام a émigré à Médine la prière du résident a été augmenté et donc il priait 4 rak’at le dhohr, le ‘asr, le ‘ichâ. Quant à la prière du fadjr, elle est restait dans son état car les 2 rak’at ont été compensées par la longue lecture. Et la prière du maghrib est restait dans son état car c’est la prière impaire du jour. La prière du résident a été augmentée mais la prière du voyageur est restée dans son état de départ. 2. Les savants ont divergé (ra) concernant le fait de raccourcir la prière en voyage : est-ce une facilité (roukhsah) et une sounnah ou est-ce une obligation ? Certains savants ont dit que c’est une obligation (Aboû Hanîfah, Ibnou Hazm) et d’autres ont dit que c’est une sounnah.  Et l’avis le plus juste est que c’est une sounnah mou-akkadah (fortement recommandée) et donc il est « makrouh » (déconseillé) au voyageur de prier 4 rak’at, mais plutôt il prie 2 rak’at. Et si ce n’était l’agissement des compagnons, l’avis disant que le raccourcissement est obligatoire serait plus juste que l’avis disant que c’est conseillé. Mais les compagnons ont suivi ‘Outhmâne Ibnou ‘Affâne (ra) quand il a complété la prière en voyage : en effet le califat de ‘Outhmâne a duré longtemps et au début de son califat il priait à Mina pendant le hadj 2 rak’at-2 rak’at comme le faisait le prophète عليه الصلاة والسلام et Abou bakr et ‘Oumar. Puis il a décidé de prier 4 rak’at à Mina. Les compagnons lui ont reproché cela mais ils priaient derrière lui et complétaient la prière comme lui ; et si le raccourcissement était obligatoire, le fait de compléter
  3. 3. serait un rajout volontaire qui annule la prière. Si ce n’était cela j’aurais dit que le raccourcissement est obligatoire car les « adillah » (preuves) de cet avis sont très forts. 3. Mais si on prie derrière quelqu’un qui complète la prière (itmâm) il est obligatoire de la compléter, que l’on ait atteint la prière depuis le début ou au milieu, et même si on n’atteint que le dernier tachahhoud on doit obligatoirement compléter la prière. Exemple : Si un voyageur passe par des gens qui complètent leur prière (des résidents) et qu’il entre avec l’imam dans la 3ème rak’ah, c'est-à-dire qu’il a eu 2 rak’at avec l’imam, il doit se lever après le salut final de l’imam pour compléter 2 rak’at ; et s’il est entré avec l’imam dans la 4ème rak’ah, il doit obligatoirement compléter avec 3 rak’at ; et s’il est entré avec lui dans le dernier tachahhoud, il doit obligatoirement compléter avec 4 rak’at. • Si quelqu’un demande : « Si je doute, est-ce que l’imam est voyageur ou non ? » On se base sur les indices, s’ils montrent qu’il (l’imam) est en voyage alors il est en voyage, comme dans les mosquées sur la route (comme dans les gares, aéroports…) ce qui est le plus probable c’est que ceux qui y prient sont des voyageurs. Donc si on atteint avec eux 1 rak’ah, on complète avec 1 rak’ah car ce qui apparait c’est que l’imam est en voyage. • De même, si on est à l’aéroport (matâr) et on attend le départ et qu’on voit des gens prier, on se base sur les indices. Si on les voit avec leurs bagages alors ils sont en voyage. Et si l’imam est habillé avec les vêtements des employés de l’aéroport, alors il est résident. Et Allah ne charge pas une âme au-dessus de sa capacité. Cheikh Al-fawzâne : 1. La prière a été rendu obligatoire la nuit de l’ascension (al mi’râdj), Allah l’a rendu obligatoire au prophète عليه الصلاة والسلام au-dessus des cieux, directement sans l’intermédiaire de Djibril عليه السلام , pour honorer le prophète عليه الصلاة والسلام . Au départ, elle a été rendu obligatoire au nombre de 50 prières, puis le prophète عليه الصلاة والسلام est retourné auprès de son Seigneur après avoir été conseillé par Moûssa عليه السلام pour qu’Il l’allège. A la fin, elle a été rendu obligatoire au nombre de 5 prières dans le jour et la nuit, mais récompensées comme étant 50 prières, car la bonnes action est multipliée par 10. Et donc chaque prière vaut 10 prières. Donc elles sont 5 prières dans les actes et 50 prières dans la récompense et la balance auprès d’Allah. 2. Ce hadith montre qu’en voyage la prière de 4 rak’at, uniquement, est raccourcie. Hadith 342 : On rapporte de ‘Âicha - رضي اللّ تعالى عنها – qu’elle a dit : « Le prophète - صلى الل عليه و سلم - raccourcissait (parfois) (la prière) en voyage et la faisait (parfois) complète, et il jeûnait parfois et il mangeait parfois ». [Hadith rapporté par Addâraqoutniy, et ses transmetteurs sont fiables, mais il comporte une anomalie]. Et ce qui est connu c’est qu’il s’agit de l’acte de ‘Âicha - رضي اللّ تعالى عنها – et qu’elle a dit : « Il n’est pas difficile pour moi ». [Rapporté par Al Bayhaqiy]. .ْ» أَْنَّ اْلنَّبَِِّ صْلى اْلله عْليه وْسلم كَْْانَ يْ قصُرُ فِِْ اْلسَّفَرِ وَْيُتِمُّْ, وَْيَصُومُ وَْي فطِرُْ «ْ :ْ وَعَ ن عَْائِشَةَ رَْضِيَ اْللَّهُ عَْْ ن هَا رَوَاهُ اْلدَّارَقُط نُِّْ, وَْرُوَاتُهُ ثِْقَاتٌْ. إِْلََّّ أَْنَّهُ مَْ علُولٌْْ أَْ خرَجَهُ اْل بَ ي هَقِيُّ .»ْ إِْنَّهُ لََّْ يَْشُقُّ عَْلَيَّ «ْ : وَْال مَ حفُوظُ عَْ ن عَْائِشَةَ مِْ ن فِْ علِهَا, وَْقَالَ تْ
  4. 4. Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : 1. La 2ème partie du hadith est valable, le prophète عليه الصلاة والسلام en voyage jeûnait parfois et parfois il ne jeûnait pas (youftir) ; il est sorti plusieurs fois عليه الصلاة والسلام avec ses compagnons (ra) pendant Ramadâne et il jeûnait, et lorsqu’il a vu que le jeûne était difficile pour ses compagnons, il a rompu le jeûne et les gens l’ont rompu. De même parfois, certains de ses compagnons jeûnaient et d’autres ne jeûnaient pas et aucun ne critiquait l’autre. 2. Quant à la parole « il raccourcissait parfois la prière et parfois la complétait », ceci n’est pas authentique, et il n’est pas confirmé que le prophète عليه الصلاة والسلام ait complété une seule fois la prière en voyage, mais plutôt il faisait toujours le raccourcissement et cela est connu. Donc ce hadith est ma’loûl (c'est-à-dire qu’il contient une imperfection) même si les rapporteurs sont fiables, car le rapporteur peut faire une erreur car il n’est pas infaillible. 3. ‘Âicha pensait que la cause du raccourcissement de la prière était la difficulté et elle trouvait que ce n’était pas difficile pour elle, alors elle a parfois complété la prière. Mais cette interprétation est contraire au texte et donc elle est rejetée quelque soit la personne qui l’ait faite. En effet, il est confirmé que le prophète عليه الصلاة والسلام raccourcissait la prière à la Mecque alors que ce n’était pas difficile, de même à Mina pendant le pèlerinage d’adieu. 4. La règle du raccourcissement n’est pas liée à la difficulté, mais elle est plutôt liée au voyage. Donc quand le voyage est présent, la règle s’applique, même si on voyage en avion, ou voiture climatisée, ou qu’on s’arrête dans un hôtel. 5. Le savant, quelque soit sa science, il peut faire des erreurs car ‘Âïcha faisait partie des savants parmi les compagnons et les compagnons l’interrogeaient souvent concernant la science et particulièrement sur les agissements du prophète عليه الصلاة والسلام dans sa maison. Mais malgré cela elle peut faire une interprétation et se tromper. Cheikh Al-fawzâne : • Ce hadith possède 2 versions : dans la 1ère il est dit que le prophète عليه الصلاة والسلام lors d’un voyage raccourcissait parfois la prière et la complétait parfois, et il jeûnait parfois et parfois ne jeûnait pas. Dans la 2ème version, il est dit que c’est ‘Âicha qui faisait cela et non le prophète عليه الصلاة والسلام . Ce hadith n’est pas confirmé du prophète عليه الصلاة والسلام . Cheikhoul islam a même dit que c’est un hadith mensonger à propos du prophète عليه الصلاة والسلام , car il n’a jamais été rapporté du prophète عليه الصلاة والسلام qu’il ait une seule fois complété la prière en voyage depuis qu’elle lui a été rendu obligatoire. Ce qui est connu du prophète عليه الصلاة والسلام , c’est qu’il raccourcissait la prière depuis le moment où il sortait de Médine jusqu’à ce qu’il y retourne. • De même ce hadith n’est pas fondé concernant ‘Âicha (ra) car elle ne pouvait, alors qu’elle était la savante, al faqîhah, faire le contraire de la sounna du prophète عليه الصلاة والسلام en complétant la prière en voyage. Ceci ne convient pas. • Au contraire, certains savants ce sont basés sur le hadith 341 pour dire que le raccourcissement de la prière est obligatoire et donc que celui qui la complète sa prière n’est pas valable, et ceci est le madhab des dhâhirites et des hanafites. Mais la majorité des savants dit que celui qui la complète sa prière est valable mais le raccourcissement est meilleur et préférable.
  5. 5. Hadith 343 : On rapporte de Ibni ‘Omar - رضي اللّ تعالى عنهما – qu’il a dit que le prophète - صلى الل عليه و سلم - a dit : « Allah aime qu’on applique Ses facilités comme il déteste qu’on Lui désobéisse ». [Hadith rapporté par Ahmed et qualifié d’authentique par Ibnou Khouzaymah et Ibnou Hibbâne. Et dans une autre version on trouve : « … comme il aime qu’on applique Ses obligations ». إِْنَّ اْللَّهَ يُُِْبُّ أَْ ن تْ ؤتَى رُْخَصُهُكَْمَا يَْ كرَهُ أَْ ن تْ ؤتَىْْْ «ْ :ْ وَعَن اْب نِْ عُْمَرَ قَْالَْ: قَْالَ رَْسُولُ اْللَّهِ صْلى اْلله عْليه وْسلم رَْْوَاهُ أَْ حَْدُْ, وَْصَحَّحَهُ اْب نُ خُْزَ يَْةَْ, وَْاب نُ حِْبَّانَ .ْْ .»ْ مَ عصِيَتُهُ .»ْ كَْمَا يُُِْبُّ أَْ ن تْ ؤتَى عَْزَائِمُهُ «ْ : وَفِِ رِْوَايَ ةْ Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : • Ce hadith veut dire que si Allah a facilité à l’homme et lui a donné une permission, il doit éviter de la refuser. Par exemple, le voyageur, Allah lui a autorisé de ne pas jeûner, alors il doit éviter de jeûner alors que c’est difficile pour lui en se disant « je ne veux pas que Ramadâne se termine et je devrai rattraper des jours de jeûne ». Mais le mieux est qu’il mange puisque le jeûne est difficile pour lui en voyage. De même pour le malade, certains sont malades et le jeûne est difficile pour eux, mais ils n’arrivent pas à manger et ceci est une erreur. Toute chose qu’Allah a permise, on la fait en étant tranquillisé car Allah aime cela. Cheikh Al-fawzâne : 1. Il y a ici confirmation qu’Allah aime (youhibbou) et qu’Il déteste (yakrahou). Il déteste certains actes qui sont contraires à ce qu’Il a légiféré et Il aime les actes qui correspondent à ce qu’Il a légiféré. Et ces deux attributs d’Allah sont confirmés dans le Coran et la sounnah. 2. « arroukhsah » est la permission qui survient à cause d’une situation. Exemple : Allah a interdit de manger la bête morte, mais Il l’autorise à celui qui est contraint (verset) pour ne pas mourir. Le raccourcissement de la prière en voyage est une « roukhsah ». L’auteur a placé ce hadith dans ce chapitre pour montrer que le raccourcissement de la prière en voyage est plus aimé par Allah car c’est une « roukhsah », donc il est mieux de raccourcir la prière que de la compléter en voyage. Ceci confirme l’avis de la majorité des savants disant que le raccourcissement est meilleur mais le fait de compléter est autorisé, de même sue le verset du coran « wa idhâ darabtoum fil-ardi falaysa ‘alakoum djounâhoun an taqsouroû minassalâh », le fait qu’il n’y ait pas de gêne dans le raccourcissement montre qu’il est meilleur mais pas obligatoire. Hadith 344 : On rapporte de Anas - رضي اللّ تعالى عنه – qu’il a dit : « Lorsque le prophète - صلى الل عليه و سلم - sortait d’une distance de 3 « amyâl » ou « Farâsikh » il priait 2 rak’at ». [Hadith rapporté par Mouslim].
  6. 6. كَْانَ رَْسُولُ اْللَّهِ صْلى اْلله عْليه وْسلم إِْذَا خَْرَجَ مَْسِْيرَةَ ثَْلََثَةِ أَْ ميَال أَْْ و فَْ رَاسِخَْ,ْ «ْ : وَعَ ن أَْنَ س رَْضِيَ اْللَّهُ عَْ نهُ قَْالَْ رَْوَاهُ مُْ سلِمٌ .ْ .»ْ صَلَّى رَْ كعَتَ يِْ Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : • Les règles du voyage s’appliquent même si celui-ci est court en distance, car 3 « amyâl » correspondent à environ 4,5 km, et 3 « farâsikh » correspondent à 9 « amyâl » (soit environ 13,5 km), et ceci est une courte distance. Mais tant qu’on appelle cela un voyage, qu’on s’y prépare, c’est un voyage même s’il est de courte distance. C’est sur cela que cheikhoul islam Ibnou Taymiyyah s’est appuyé pour dire que le voyage est un voyage, que la distance parcouru soit courte ou longue, tant qu’on s’y prépare, on prend des bagages et de l’eau. En se basant sur cela, si quelqu’un veut partir à « bouraydah » en partant de « ‘oumayzah » (ville de cheikh al ‘Outheymine (ra)), s’il revient le jour même comme celui qui y travail et revient chez lui, ceci n’est pas en voyage. Mais s’il veut y rester chez ses amis ou sa famille 2 jours ou 3, alors il est en voyage. → Donc la longue durée avec une courte distance est un voyage, car si on veut y rester 2 ou 3 jours, dans l’habitude on prend des bagages, de l’eau, même si tout est présent actuellement mais ceci est l’habitude de base de prendre des bagages car il faut absolument manger et boire dans ces 2 jours par exemple. Cheikh Al-fawzâne : 1. Il y a dans ce hadith la délimitation pour laquelle le prophète عليه الصلاة والسلام raccourcissait la prière : il est dit 3 « amyâl » ou 3 « farâsikh. Et nous allons voir la parole d’Ibnou ‘Abbas « Ne raccourcissez la prière pour une distance inférieur à 4 « bouroud » ». « 3 « amyâl »ou « farâsikh » » : ceci est un doute du rapporteur qui est Chou’ba Ibnou hadjâdj. Les « amyâl », les « farâsikh » et les « bouroud » sont des unités de mesure. Le bârid (singulier de bouroud) = 4 farâsikh ; le farsakh (singulier de farâsikh) = 3 amyal, le mile (singulier de amyâl » = 100 « ba’ » (envergure), le « ba’ » = 4 coudées. 2. Les savants ont divergés concernant le voyage pour lequel on raccourcie la prière :  Certains « mouhaqiqoûn » (savants vérificateurs) comme Ibnou Qoudâmah », Ibnou Hazm, Ibnou Taymiyyah, Ibnoul Qayyim, ont dit qu’il n’y a pas de délimitation de distance, mais la règle se base sur la durée du voyage. Ce qui s’appelle un voyage à cause de sa longue durée et qui nécessite des provisions et des préparatifs, on y raccourcit la prière, que la distance soit grande ou petite ; car Allah a attribué des règles au voyage et ne l’a pas délimité. « wa idha darabtoum… » → le raccourcissement est lié au voyage. De même il n’est pas rapporté du prophète عليه الصلاة والسلام de hadith authentique et clair qu’il ait délimité la distance. Donc on se base sur l’habitude des gens (al ‘ourf). S’ils préparent pour celui-ci leurs provisions et leurs bagages, on raccourcit la prière pour ce voyage et on mange pendant Ramadâne. → Mais il y a deux choses qui sont gênantes dans cet avis : - La 1ère : ceci va provoquer de la confusion pour les gens car ils vont diverger concernant la délimitation du voyage. Ceux qui se facilite beaucoup « al moutasâhiloûn » vont se faciliter la chose, et ceux qui sont durs « al moutachaddidoûn » vont se rendre difficile la chose, et il n’y aura pas de limite tranchante. - La 2ème : les choses évoluent en fonctions des époques, auparavant la courte distance nécessitait une longue durée sur les montures ou à pied alors qu’aujourd’hui la distance de plusieurs mois se parcours en une heure en avion, de même en voiture une longue distance se parcours rapidement ; et donc il n’y aurait plus de voyage à notre époque si on se basait sur cet avis, car il est possible qu’on mange à Riyad (Arabie Saoudite) et qu’on n’ait faim qu’aux Etats Unis en utilisant un avion rapide, et donc on n’aurait besoin ni d’eau ni de nourriture. Et donc si on se basait sur cet avis, il n’y aurait ni « qasr » (raccourcissement de la prière) ni
  7. 7. « djam’ » (réunion de deux prières). Pourtant la législation est venue pour toutes les époques jusqu’au jour du jugement.  Le 2ème avis est qu’il faut absolument délimiter une distance pour fixer une règle sur laquelle vont se baser les gens et sur laquelle ils ne vont pas diverger.  Et ceci est l’avis de la majorité des savants : ils ont basé la règle du voyage sur la délimitation de la distance et non sur celle de la durée. Mais quelles sont les preuves (adillah) de la distance à fixer ? Le problème, c’est que les textes ne sont pas clairs concernant la délimitation de la distance. Un hadith dit 3 « amyâl » ou 3 « farâsikh », un autre hadith dit 4 « bouroud », et nous savons qu’il y a une différence entre ces distances. Mais la preuve de la distance se trouve dans le voyage de la femme pour lequel le prophète عليه الصلاة والسلام a interdit à celle-ci de voyager sans « mahram ». Il est rapporté dans un hadith « il n’est pas licite à une femme qui croit en Allah et au jour dernier de voyager une distance de 3 jours si ce n’est avec un mahram ». Ceci montre que la distance de 3 jours de voyage est un voyage nécessitant un mahram, et ce qui est inférieur à 3 jours n’est pas un voyage, il ne nécessite pas de mahram. « 3 jours » veut dire 3 jours sur une monture ou à pied et ceci est l’avis des hanafites, c'est-à-dire 3 « marâhil » (déplacement), chaque jours une « marhalah », et une « marhalah » c’est un déplacement du lever du soleil jusqu’à ce que le soleil soit au zénith c'est-à-dire jusqu’au dhohr. Ainsi les gens voyageaient du lever du soleil jusqu’à ce qu’il soit au zénith, puis ils s’arrêtaient et se reposaient. Et le 2ème avis concernant la distance et c’est l’avis des hambalites, des châfi’ites et une version chez les mâlikites : c’est qu’elle est fixée à 2 jours de voyage, c'est-à-dire 2 « marhalah » et non 3, car il est rapporté dans un hadith authentique également « il n’est pas licite à une femme qui croit en Allah et au jour dernier de voyager une distance de 2 jours, si ce n’est avec un mahram ». Ceci montre que la distance correspondant à celle parcouru en 2 jours n’est pas un voyage qui nécessite un mahram. De plus, il y a le hadith de Ibnou ‘Abbas (ra) (349) même s’il est faible (mais c’est plutôt la parole de Ibnou ‘Abbas) « Ne raccourcissez pas la prière pour une distance inférieure à 4 bouroud, une distance équivalente à celle qui sépare la Mecque de ‘Ousfâne » et ‘Ousfâne est le nom d’une ville connu sous ce nom aujourd’hui encore, elle est située au nord de la Mecque et elle se trouve à environ 80 km de la Mecque, et c’est là qu’a été enterrée la mère des croyants Maymounah bintoul Harith (ra). Donc ceci montre également que la distance minimum considérée comme un voyage est celle parcouru en 2 jours sur une monture (ex : chameaux), c'est-à-dire 2 « marhalah » (déplacements) et chaque « marhalah » du lever du soleil jusqu’à ce qu’il soit au zénith, et cette distance est estimée en kilomètres à 80 km environ, c'est- à-dire que chaque jour ils parcourent 40 km entre le lever du soleil et le dhohr sur leur monture. Les savants ont dit : « Qu’il parcourt cette distance en une longue durée ou une courte durée », et ils ont dit : « Même s’il la parcourt en une heure » comme cela est cité dans l’explication de « Zad al Moustaqni’ » et ailleurs. A cette époque, ils n’avaient pas ces montures rapides que nous avons, mais ils disaient que ceci serait possible dans l’avenir et ceci est arrivé. Donc ces savants se basent sur la distance et non sur la durée. Et donc en se basant là-dessus, on raccourcit la prière et on fait le « fitr » (on mange pendant Ramadâne), même si on est sur une monture rapide, tant que la distance parcourue est de 80 km (2 marhalah), car on est considéré comme voyageur. → Il n’y a pas de doute que le fait de délimiter le voyage par rapport à la distance parcourue est plus précis que le fait de délimiter par rapport à la durée du voyage, car la délimitation par la distance ne change pas en fonction des époques, et les gens ne vont pas être embrouillés la concernant, et elle est clairement fixée, et les gens ne vont pas divergés dessus. Quant à la délimitation du voyage par rapport à la durée, elle n’est pas précise, il y aura beaucoup de divergences entre les gens la concernant. Donc le 2ème avis disant qu’on se base sur la distance pour délimiter le voyage est plus précis et meilleur et plus simple pour les gens, même si le 1er avis est plus proche des adillah (textes).
  8. 8. 3. Dans la parole « idha kharadja » (lorsqu’il était sorti), il y a la preuve que les règles s’appliquant au voyage ne commence que lorsqu’on a quitté les habitations de la ville. Mais tant qu’on est dans la ville et même si on a commencé à voyager, les permissions du voyage ne commencent pas encore. Ainsi si la prière entre (c'est-à-dire le temps de la prière) et qu’on est encore dans la ville, et on est en train de circuler sur la monture, on ne raccourcit pas cette prière mais on la complète, car elle est entrée avant qu’on ne sorte de la ville, et les règles du voyage ne commence qu’après avoir quitté la ville. Donc tant qu’on est dans la ville, on n’est pas considéré comme voyageur car Allah a dit : « wa idha darabtoum fil ardi… » (Et lorsque vous voyagez) et on ne dit « darbtoum » que lorsqu’on est sorti de la ville ; de plus le mot « safar » (voyage) veut dire « assoufoûr » c'est-à-dire le fait de sortir et d’apparaître (« al bouroûz »). Donc on ne dit pas de quelqu’un qu’il est en voyage s’il est encore dans sa ville, mais on le dit de quelqu’un qui a quitté la ville. Hadith 345 : On rapporte de Anas - رضي اللّ تعالى عنه – qu’il a dit : « Nous sommes sortis avec le prophète - صلى الل عليه و سلم - de Médine à La Mecque, il priait 2 rak’at – 2 rak’at jusqu’à ce que retournions à Médine ». [Hadith agréé, et la version citée est celle d’Al Boukhâriy]. خَْرَ جنَا مَْعَ رَْسُولِ اْللَّهِ صْلى اْلله عْليه وْسلم مِْن اْل مَدِينَةِ إِْلََ مَْكَّةَ، فَْكَانَ يُْصَل ي رَْ كعَتَ يِْ رَْ كعَْتَ يِْ حَْتََّّْ «ْ : وَعَ نهُ قَْالَْ مُْتَّ فَقٌ عَْلَ يهِْ, وَْْاللَّ فظُ لِْ لبُخَارِ ي .ْ .»ْ رَجَ عنَا إِْلََ اْل مَدِينَةِ Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : • Le prophète عليه الصلاة والسلام a voyagé de Médine à la Mecque et ceci pendant le pèlerinage d’adieu ; depuis le moment où il a quitté Médine, il a raccourci la prière jusqu’à ce qu’il revienne. Profits du hadith : 1. On raccourcit la prière même dans la ville où on s’est marié car le prophète عليه الصلاة والسلام raccourcissait la prière à la Mecque alors que c’était sa ville d’origine et il s’y était marié et y avait eu des enfants. Malgré cela il y raccourcissait la prière, il l’a raccourci l’année de la conquête de la Mecque et l’année du pèlerinage d’adieu. 2. Si on fait un séjour dans une ville qui n’est pas la notre pour un besoin, alors qu’on a l’intention de retourner chez soi, alors on est en voyage que la durée du séjour soit longue ou courte. Par exemple : Si quelqu’un va de la Mecque à Médine pour un besoin ou pour visiter quelqu’un ou apprendre une science, et qu’il reste 2 jours ou 3 jours ou 1 mois ou 2 mois ou 1 an ou 2 ans, qu’il n’a pas mis l’intention de s’installer définitivement, il est voyageur et les permissions du voyage s’applique à lui car le prophète عليه الصلاة والسلام n’a pas fixer de durée limitée de séjour pour laquelle on n’est plus en voyage. Mais il faut savoir que si on se trouve dans un lieu où il y a la prière en groupe, il est obligatoire d’assister à la prière en groupe ; et le groupe qui est résident prie 4 rak’at et donc le voyageur priera 4 rak’at pour suivre l’imam. Cheikh Al-fawzâne : 1. La parole « kharadjnâ » (nous sommes sortis) montre que les règles du voyage ne commencent qu’après être sorti de la ville, comme nous l’avons vu dans le hadith précédent. 2. La parole « il priait 2 rak’at, 2 rak’at » montre que le voyageur ne complète pas la prière, car ceci est contraire à la sounnah du prophète عليه الصلاة والسلام , mais la sounnah est de raccourcir la prière durant tout le
  9. 9. voyage, à l’aller et au retour et durant le séjour dans la ville où on est allé. Et si on a prié la prière complète, la prière est valable mais c’est contraire à la sounnah. 3. Il y a la preuve que si le voyageur fait un séjour, il raccourcit la prière car le prophète عليه الصلاة والسلام a raccourci la prière du moment où il a quitté Médine jusqu’au moment où il est revenu, et il est certain qu’il a fait un séjour à la Mecque, et ceci va être traité dans les ahâdith suivants. 4. Il n’est pas précisé ici durant quel voyage du prophète عليه الصلاة والسلام ceci a eu lieu ; le prophète عليه الصلاة والسلام est parti de Médine à la Mecque l’année de la conquête de celle-ci, et l’année du pèlerinage d’adieu, et l’année du pacte d’al houdaybiyyah. 5. La parole « jusqu’à ce que nous retournions à Médine » montre que le voyageur applique les permissions (roukhas) du voyage jusqu’à ce qu’il entre dans sa ville ; donc il rompt le jeûne (fitr) et il raccourcit la prière même s’il est proche de sa ville jusqu’à ce qu’il y entre. Donc s’il raccourcit la prière alors qu’il est proche de la ville, la prière est valable, et s’il mange (pendant Ramadâne) avant d’entrer dans sa ville, ceci est autorisé car il est encore en voyage. 6. Celui qui entre dans sa ville, les règles du voyage ne s’appliquent plus à lui, donc il complète la prière et jeûne pendant Ramadâne, et s’il est entré pendant la journée alors qu’il mangeait, il doit s’abstenir le reste de la journée et ne pas comptabiliser ce jour, mais il s’abstient par respect du moment, mais il le rattrapera car il ne l’a pas jeûné complètement. Donc les règles du voyage ne s’appliquent plus lorsqu’on entre dans sa ville, si on y entre alors qu’on mangeait (pendant Ramadâne) on doit obligatoirement s’abstenir le reste de la journée ; et si on y entre alors qu’on n’a pas prié, c'est-à-dire qu’on a repoussé la prière à cause du voyage, on doit obligatoirement compléter la prière. Exemple : Si quelqu’un est en voyage et repousse le dhohr, puis il entre dans sa ville avant l’entrée du ‘asr, il prie le dhohr complet (4 rak’at). S’il entre dans sa ville pendant le temps du ‘asr, c'est-à-dire qu’il voulait réunir le dhohr et le ‘asr à l’heure du ’asr, il entre par exemple avant le coucher du soleil (car le temps du ‘asr s’étend jusqu’au coucher du soleil en cas de « darourah » (nécessité absolu)), il doit faire le dhohr [et le ‘asr] complet ; le dhohr est entré alors qu’il était en voyage, donc s’il l’avait prié en voyage, il l’aurait raccourci, mais comme il l’a repoussé jusqu’à le prier dans sa ville, il le prie complet, car les règles du voyage ne s’appliquent plus à lui lorsqu’il entre dans sa ville.  Cheikh Al ‘Outheymine (Ra) est d’un autre avis concernant le jeûne : Si on a rompu le jeûne parce qu’on était en voyage et qu’on entre dans sa ville, on n’a pas besoin de s’abstenir de manger le reste de la journée (ni des autres interdictions du jeûne) car on a mangé pour une raison valable selon la législation ; c’est la même chose pour la femme qui s’est purifiée des menstrues en milieu de journée ; c’est la même chose pour celui qui ne jeûnait pas à cause de la maladie puis a retrouvé la santé en milieu de journée → ils n’ont pas besoin de s’abstenir [le restant de la journée].  Ajout de l’explication de zâd al moustaqni’ → cheikh Al ‘Outheymine 1. Si quelqu’un fait le takbir d’entrée en prière puis voyage, il complète cette prière (ex : quelqu’un est sur un bateau qui se trouve dans sa ville, il fait le takbiratoul ihram puis le bateau quitte la ville). 2. Si quelqu’un fait le takbir d’entrée en prière en voyage, puis entre dans sa ville il complète la prière (ex : inverse de la situation précédente). 3. Si quelqu’un se souvient lorsqu’il est en voyage qu’il a accompli une prière sans woudoû lorsqu’il était résident, il refait cette prière complète.
  10. 10. 4. Si quelqu’un se souvient lorsqu’il est résident qu’il a accompli une prière sans woudoû lorsqu’il était en voyage, il refait cette prière raccourci. 5. Si le temps de la prière entre alors qu’on est dans sa ville, puis on voyage, on prie cette prière raccourci (car on est en voyage au moment où on prie). 6. Si le temps de la prière entre alors qu’on est en voyage, puis on entre dans sa ville, on prie cette prière complète (car on est résident au moment où on prie). 7. Si quelqu’un en voyage commence à prier sans avoir mis l’intention de la raccourcir, puis s’en souvient après avoir commencé la prière, il la raccourcit. 8. Même cas, mais on doute si on a mis l’intention de raccourcir ou pas, on raccourcit la prière. Hadith 346 : On rapporte de Ibni ‘Abbas - رضي اللّ تعالى عنهما – qu’il a dit : « Le prophète - صلى الل عليه و سلم - s’est installé 19 jours durant lesquels il a raccourci la prière » ; et dans une version : « à la Mecque 19 jours ». [Hadith rapporté par Al Boukhâriy]. Et dans une version de Abî Dâwoûd on trouve : « 17 ». Et dans une autre : « 15 ». Et il rapporte de ‘Imrâne Ibni Housayn - رضي اللّ تعالى عنهما – : « 18 ». Et il rapporte de Djâbir - رضي اللّ تعالى عنه – : « Il s’est installé à Taboûk 20 jours durant lesquels il a raccourci la prière ». Ses transmetteurs sont fiables mais il y a divergence sur la continuité de la chaîne. .»ْ أَْقَامَ اْلنَّبُِِّ صْلى اْلله عْليه وْسلم تِْ سعَةَ عَْشَرَ يْ ومًا يْ قصُرُ «ْ : وَْعَن اْب نِ عَْبَّا س رَْضِيَ اْللَّهُ عَْ ن هُمَا قَْالَْ رَْوَاهُ اْل بُخَارِيّْ.ْ .»ْ بَِِْكَّةَ تِْ سعَةَ عَْشَرَ يْ ومًا «ْ : وَفِِ لَْ ف ظْ .»ْ سَْ بعَ عَْ شرَةَ «ْ : وَفِِ رِْوَايَ ة لَِْْبِِ دَْاوُدَْ .»ْ خََْ سَ عَْ شرَةَ «ْ : وَفِِ أُْ خرَى .»ْ ثَََْانَِِ عَْ شرَةَ «ْ : وَلَهُ عَْ ن عِْ مرَانَ بْ نِ حُْصَ يْْ وَْرُوَْاتُهُ ثِْقَاتٌْ, إِْلََّّ أَْنَّهُ اْ ختُلِفَ فِِْ وَْ صلِهِ .»ْ أَْقَامَ بِْتَبُوْكَ عِْ شرِينَ يْ ومًا يْ قصُرُ اْلصَّلََةَ «ْ : وَلَهُ عَْ ن جَْابِ رْ Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : Celui qui séjourne dans une ville, fait-il le raccourcissement tant qu’il y séjourne jusqu’à ce qu’il retourne dans sa ville, ou ne fait-il pas le raccourcissement ? Les savants ont divergé sur ce point en de nombreux avis. Exemple : Quelqu’un part à la Mecque pour la ‘Oumrah, il séjourne à Médine quelques jours avant d’aller à la Mecque. Est-il en voyage tant qu’il séjourne à Médine même si le séjour dure longtemps, ou s’il dépasse 4 ou 10 ou 15 ou 19 jours il n’est plus considéré comme voyageur? Les savants ont divergés là-dessus. Chacun s’est basé sur ce qu’il voit être une preuve, mais toutes ces preuves sont contradictoires, opposées. La seule valable est de dire : tant que la personne est en voyage, elle est considérée en voyage même si elle séjourne des jours et des mois, tant qu’il y a l’intention de quitter cette ville
  11. 11. mais y séjourne pour se reposer ou vendre sa marchandise ou en acheter ou visiter un malade ou le soigner… etc. Donc le plus juste, est qu’il n’y a pas de limite à la durée du séjour, car toute limite que quelqu’un fixe dans une adoration, nous lui disons : « quelle est la preuve de ceci ? » Car la délimitation nécessite une preuve, que ce soit 4 ou 10 jours ; s’il n’apporte pas de preuve, tant que la caractéristique est présente, ici le voyage, alors il est voyageur. Et ceci est le choix de cheikhoul-islam Ibnou Taymiyyah (ra) et de notre cheikh ‘Abderrahmâne Assa’diy (ra). Exemple : • Certains savants disent que si on est en voyage, qu’on séjourne dans une ville et qu’on a l’intention d’y rester plus de 4 jours on n’est plus en voyage ; on leur demande où est la preuve, il n’y a pas de preuve. • d’autres savants ont dit : s’il séjourne 15 jours. • d’autres savants ont dit : s’il séjourne 19 jours. • d’autres savants ont dit : s’il séjourne 5 jours. • L’imam Annawawi (ra) a cité dans son livre « sharh al mou-addab » appelé « al madjmoû’ » plus de 20 avis chez les savants, et ceci montre qu’il n’y a pas de texte tranchant et clair, et donc nous retournons à « al asl », qui est que tant que le voyageur a quitté son pays il est en voyage, et lorsqu’il y revient il est résident. - Dans le hadith de Ibnou ‘Abbas (ra), il est dit que le prophète عليه الصلاة والسلام a séjourné 19 jours à la Mecque où il raccourcissait la prière. Et dans une autre version 17 jours. Et il n’y a pas de contradiction entre les deux versions, car celui qui a cité 19 jours a compté le jour d’arrivée et le jour de départ (retour) et celui qui a dit 17 jours ne les a pas comptés. Quand aux autres versions, elles sont « châddhah » (isolées), elles ne peuvent être interprétées : la version disant 15 jours est « châddhah » car elle contredit les versions authentiques. Il reste la version disant 19, 17, 18 jours et toutes celles-ci ne sont pas contradictoires. Ceci eu lieu lors de la conquête de la Mecque, le Prophète عليه الصلاة والسلام a séjourné 19 jours et il raccourcissait la prière, donc il dépassé 4 jours. Lors du pèlerinage d’adieu, il a séjourné 10 jours car il est arrivé à La Mecque le 4 dhoul-hijja et l’a quittée le matin du 14 dhoul-hijja ; et donc lorsqu’on a demandé à Anas combien de temps ils avaient séjourné à la Mecque, il a répondu 10 jours. De même, il a séjourné à Taboûk 20 jours et il raccourcissait la prière. Et le prophète عليه الصلاة والسلام n’a pas montré que celui qui séjourne 20 jours ou 19 ou 4 ou plus ou moins, que son voyage est terminé, donc on ne délimite pas ce qu’Allah et son prophète عليه الصلاة والسلام n’ont pas délimité car on va créer des contraintes aux serviteurs d’Allah. Mais nous disons « tant que tu as l’intention de retourner dans ta ville, mais que tu t’es installé juste pour une cause précise et que tu retourneras lorsque tu auras terminé, tu es en voyage » : et ceci est l’avis pour lequel l’âme se tranquillise si on médite profondément, on voit que c’est la vérité, car toute personne qui délimite nous lui disons : « où en est la preuve ? »  Et donc, en se basant là dessus, si quelqu’un part à la Mecque pour le hadj au mois de Chawwal, il lui reste (comme durée de séjour) Dhoul-qa’dah, Dhoul-hidjah et les jours du hadj ; il lui reste donc plus de 50 jours, nous lui disons : « il n’y a pas de mal à ce que tu raccourcisses la prière car tu es voyageur, et essuies les « khouffaynes » pendant 3 jours ». Mais le voyageur, s’il prie derrière un imam qui prie 4 rak’at, il doit obligatoirement prier 4 rak’at, qu’il ait atteint la prière depuis le début ou qu’il n’ait atteint que le dernier « tachahhoud », d’après la généralité de la parole du prophète عليه الصلاة والسلام : « Ce que vous avez atteint, priez-le et ce que vous avez raté complétez-le » et ceci englobe les voyageurs et les résidents. Cheikh Al-fawzâne : Dans ce hadith il est dit que le prophète عليه الصلاة والسلام a séjourné à La Mecque 15 jours, dans une autre version 17 jours, dans une autre version 18 jours, et dans une autre version 19 jours, et il a raccourci (ses prières) durant cette période, et ceci s’est produit durant la conquête de La Mecque. Le Prophète عليه الصلاة والسلام est entré à la Mecque pendant Ramadâne victorieux par le soutien d’Allah, et il y est resté jusqu’au début de Chawwâl. Il a été informé que la tribu de Hawâzim se préparait à l’attaquer, car lorsqu’elle a su qu’il avait conquis la Mecque, les membres de la tribu ont eu peur d’être attaqués. Alors le prophète
  12. 12. عليه الصلاة والسلام les a devancés et la bataille de Houneyn a eu lieu entre le prophète عليه الصلاة والسلام avec ses compagnons et les associateurs. Le résultat a été la victoire des musulmans même s’il y a eu une épreuve au départ et une grande difficulté (verset). Donc le prophète عليه الصلاة والسلام a séjourné cette période sur laquelle les rapporteurs ont divergés, chacun a rapporté ce qu’il avait vu et il n’y a pas de contradictions entre les versions. Dans tout les cas, le prophète عليه الصلاة والسلام a séjourné à la Mecque un long séjour qui a débuté pendant Ramadâne et s’est terminé pendant Chawwâl. Et il a raccourcit la prière durant cette période, et il disait aux résidents de la Mecque : « Nous sommes des gens en voyage, alors complétez votre prière ». Et dans le hadith suivant, il est dit que le prophète عليه الصلاة والسلام a séjourné à Taboûk 20 jours. Taboûk est une ville qui est située actuellement au nord ouest du Royaume et elle est devenue une grande ville, et entre elle et Médine il y plus de 600 km ; elle faisait partie des pays du Châm. Le prophète عليه الصلاة والسلام a été informé que les romains (byzantins) se préparaient à attaquer les musulmans et il les a devancés. Et cet événement a eu lieu lorsqu’il faisait très chaud et au moment de la récolte des dattes, c’était une épreuve venant d’Allah, et la distance était très grande. Alors le prophète عليه الصلاة والسلام a annoncé qu’il allait attaquer Taboûk et a informé les compagnons de l’endroit concerné afin qu’ils se préparent, alors que d’habitude il عليه الصلاة والسلام leur cachait la destination et faisait croire qu’il prenait une autre direction (ceci est une ruse de guerre). Les hypocrites se sont alourdis et ont commencés à se moquer et ont dit « Mohammed croit que les byzantins sont comme les arabes, il va lui arrivé ceci et cela… ». Beaucoup d’entres eux ont cherché des excuses et n’ont pas participé à cette expédition. Ne sont sortis pour cette expédition (bataille de Taboûk) que les gens de foi (ahloul îmâne) malgré la difficulté. Elle a été la dernière « ghazwah » (bataille en présence du prophète عليه الصلاة والسلام ) et ce fut un test pour que les croyants soient différenciés des hypocrites. Allah a révélé de nombreux versets concernant cette bataille dans la sourate « at-tawbah » (sourate le repentir). Lorsque le prophète عليه الصلاة والسلام est arrivé avec ses compagnons à Taboûk, il y a séjourné en attendant l’ennemi pendant cette période. Lorsque les ennemis ont su que le prophète عليه الصلاة والسلام venait, ils ont été atteints par la peur et donc ils n’ont pas combattus le prophète عليه الصلاة والسلام , ils ont su qu’il était venu parce qu’il avait une force, et le prophète عليه الصلاة والسلام a été « soutenu (noussira) par la peur » (hadith). Et donc les musulmans sont revenus sans subir de mal et sans combattre et ils ont bénéficié de la grande récompense d’Allah. L’auteur a cité ce hadith avec ses différentes versions dans ce chapitre pour montrer que lorsque le voyageur séjourne quelque part pendant son voyage, il raccourcit la prière. Et ce point comporte des précisions chez les savants : 1) Si le séjour n’est pas délimité, c'est-à-dire que le voyageur séjourne pour un besoin (une situation précise) et il ne sait pas quand son séjour va se terminer (il ne sait pas si cela va durer plus de 4 jours ou pas), il raccourcit continuellement sa prière car son séjour est lié à l’accomplissement de son objectif et il ne sait pas quand il va s’accomplir, donc il n’a pas mis l’intention de séjourner mais il a mis l’intention d’accomplir son objectif, donc il est encore en voyage.  Celui-ci raccourcit la prière même si la durée est longue, même s’il séjourne plusieurs mois ou un an ou plus, car il n’a pas mis l’intention de séjourner mais il a uniquement mis l’intention d’accomplir un besoin et dès que celui-ci est accompli, il repart. 2) S’il met l’intention de séjourné une durée précise : - Si cette période est inférieure ou égale à 4 jours, il raccourcit la prière, car le prophète عليه الصلاة والسلام , pendant le pèlerinage d’adieu, est arrivé à la Mecque le matin du 4 dhoul-hidjah et il s’est installé à « Al Abtah » (steppe) jusqu’au 8 dhoul-hidjah, et donc il a séjourné 4 jours où il a raccourcit la prière. Donc si on a mis l’intention de séjourner 4 jours ou moins, on raccourcit la prière car dans ce hadith le prophète عليه الصلاة والسلام a mis l’intention de rester cette période, c’est sûr, car il ne pouvait repartir avant de terminer son hadj. Puis il a continué le voyage en allant à Minâ, puis à ‘Arafah, puis à Mouzdalifah pour accomplir les rites. De plus, il عليه الصلاة والسلام n’a pas autorisé aux « mouhâdjirîne » de rester à la Mecque plus de 3 jours. Ceci montre que le séjour qu’on avait l’intention de passer, qui ne met pas fin aux règles du voyage, est celui dont la durée est de 4 jours seulement. Sur cette durée il n’y a pas de doute.
  13. 13. - Quant à ce qui dépasse 4 jours, ceci est un point de divergences entres les savants qui sont divisés en 3 avis : a) 1er avis : on peut raccourcir jusqu’à 15 jours et ceci est l’avis des hanafites : ainsi si on a l’intention de séjourner 15 jours, on raccourcit la prière, et si cela dépasse ces 15 jours on complète la prière, car dans une version du hadith, le prophète عليه الصلاة والسلام a séjourné à la Mecque 15 jours. Donc, si on a l’intention de séjourner 15 jours, on raccourcit la prière et si on a l’intention de séjourner plus que cela on complète la prière. b) 2ème avis : L’avis disant que c’est 4 jours maximum est l’avis des hambalites et des chafi’ites. c) 3ème avis : on raccourcit quelque soit la durée du séjour même si on a mis l’intention de séjourner un long moment, tant qu’on n’a pas mis l’intention de s’installer définitivement, c’est-à-dire tant qu’on a l’intention de retourner dans sa ville, même si on séjourne plusieurs mois ou années. Et ceci est l’avis de cheikhoul islam Ibnou Taymiyyah, d’Ibnoul Qayyim, d’Ibnou Hazm et une version de Mâlik. Mais il n’y a pas de doute que cet avis est discutable et contient une faiblesse, car ce qui est confirmé c’est que le prophète عليه الصلاة والسلام a mis l’intention de séjourner 4 jours, quant à son séjour de 15 ou 17 ou 18 ou 19 ou 20 jours à Tabouk, tous ces séjours le prophète عليه الصلاة والسلام n’avait pas mis l’intention de séjourner mais il avait l’intention de guetter la situation de l’ennemi : à la Mecque le Prophète عليه الصلاة والسلام se préparait pour la bataille de Houneyn, il n’a pas mis l’intention de séjourner un séjour précis mais a séjourné pour un besoin qui était de se préparer pour la bataille ; de même à Tabouk il n’a pas mis l’intention de séjourner عليه الصلاة والسلام un séjour précis, mais a séjourné pour guetter la situation de l’ennemi, il ne savait pas quand l’ennemi allait attaquer et quand le combat allait avoir lieu. Donc, il n’y a pas de séjour précis qui nous est confirmé avec certitude, si ce n’est les 4 jours entre le 4 dhoul- hidjah et le 8 dhoul-hidjah lors du pèlerinage d’adieu. Alors que les autres séjours sont incertains.  Donc le plus juste, c’est que celui qui a mis l’intention de séjourner plus de 4 jours, il applique les règles du résident : il doit obligatoirement jeûner pendant le mois de Ramadâne, il doit obligatoirement compléter la prière ; et surtout celui qui a mis l’intention de séjourner plusieurs années comme ceux qui étudient en dehors de leur pays. Ceci est sans aucun doute plus sûr et plus prompt à permettre de s’acquitter du devoir, car l’avis disant qu’il n’y a pas de limite au séjour est gênant et douteux concernant les « adillah » (les preuves) sur lesquelles les savants se sont appuyées. Conclusion : - Si on n’a pas mis l’intention de séjourner, mais on a mis l’intention d’accomplir un besoin, on applique continuellement les règles du voyage car on ne sait pas quand on va repartir, et c’est le cas séjour du prophète عليه الصلاة والسلام à la Mecque et son séjour à Taboûk. - Si on a mis l’intention de séjourner plus de 4 jours, on doit obligatoirement compléter la prière et jeûner pendant Ramadâne, et les règles du voyage ne s’appliquent plus, comme c’est l’avis de la majorité des savants. - Si on a mis l’intention de séjourner 4 jours ou moins, on applique les règles du voyage, c'est-à-dire le raccourcissement et « al-iftâr » (la rupture du jeûne), car le prophète عليه الصلاة والسلام a séjourné du matin du 4 dhoul-hidjah au matin du 8 dhoul-hidjah et a raccourci la prière, et ce séjour était prévu et visé, c’est sûr. Hadith 347 : On rapporte de Anas - رضي اللّ تعالى عنه – qu’il a dit : « Lorsque le prophète - صلى الل عليه و سلم – prenait la route avant que le soleil ne quitte le zénith il retardait le dhohr pour le faire dans le moment du ‘asr, puis il s’arrêtait et réunissait les 2 prières ; et lorsque le soleil quittait le zénith avant qu’il ne démarre, il priait le dhohr puis montait sur sa monture ». [Hadith agréé]. Et dans la version d’Al Hâkim dans « Les quarante » avec une chaîne de transmission authentique : « Il priait le dhohr et le ‘asr puis montait sur sa monture ». Aboû Nou’aym dans « Moustakhradj Mouslim » : « Lorsqu’il était en voyage et que le soleil quittait le zénith, il priait le dhohr et le ‘asr réunis puis prenait la route ».
  14. 14. كَْانَ رَْسُولُ اْللَّهِ صْلى اْلله عْليه وْسلم إِْذَا اِْْ رتَََلَ قَْ بلَ أَْ ن تَْزِيغَ اْلشَّ مسُ أَْخَّرَ اْلظُّ هرَ إِْلََ وَْق تِ اْل عَ صرِْ,ْ «ْ : وَعَ ن أَْنَ سْ مُْتَّ فَقٌ عَْلَ يهِْ.ْ .»ْ ثَُُّ نْ زََلَ فَْجَمَعَ بْ ي نَ هُمَا, فَْإِ ن زَْاغَ ت اْلشَّ مسُ قَْ بلَ أَْ ن يْ رتََِلَ صَْلَّى اْلظُّ هرَْ, ثَُُّْ رَْْكِبَ .»ْ صَْلَّى اْلظُّ هرَ وَْال عَ صرَْ, ثَُُّْ رَْكِبَ «ْ : وَفِِ رِْوَايَةِ اْ لَْْاكِمِ فِِْ "ْا لَْْ ربَعِيَْْ" بِْإِ سنَادِ اْلصَّحِيحِْ كَْانَ إِْْذَا كَْانَ فِِْ سَْفَ رْ, فَْ زَالَت اْلشَّ مسُ صَْلَّى اْلظُّ هرَْ وَْال عَ صرَ جََِْيعًا, ثَُُّْ اْ رتَََلَْ «ْ :" وَلَِْبِِ نْ عَُ ي م فِِْ "ْمُ ستَ خرَجِ مُْ سلِ مْ .» Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : 1. Le « djam’ » (réunion de 2 prières) est plus vaste que le raccourcissement, car le djam’ est autorisé en cas de besoin et de difficulté, que ce soit pour le résident ou le voyageur : ainsi, à chaque fois que le raccourcissement est autorisé, le djam’ est autorisé ; mais quand le djam’ est autorisé le raccourcissement n’est pas forcément autorisé. 2. - Lorsque le prophète عليه الصلاة والسلام voyageait il faisait le djam’. Lorsqu’il faisait une escale : • s’il quittait ce lieu avant le déclin du soleil (début du dhohr) il retardait le dhohr pour le prier avec le ‘asr • et si le soleil avait décliné avant qu’il ne quitte ce lieu, il avançait le ‘asr pour le prier avec le dhohr pour pouvoir continuer le voyage. Ceci est une sounnah. - Mais si le voyageur est à l’arrêt, c’est à dire qu’il n’est pas sur la route (c’est-à-dire qu’il séjourne dans ce lieu), le djam’ est autorisé, mais le délaisser est meilleur. → Ainsi, le plus juste, c’est que le djam’ pour le voyageur est autorisé qu’il soit sur le chemin ou qu’il séjourne, mais s’il est sur la route le djam’ est mieux, et s’il n’est pas sur la route le délaissement du djam’ est meilleur ; et c’est pour cela que le prophète عليه الصلاة والسلام n’a pas fait le djam’ à Minâ pendant les jours du Hadj car il séjournait. Et il a fait le djam’ à ‘Arafah pour un intérêt et il a fait le djam’ à Mouzdalifah pour un besoin. Il est confirmé que le prophète عليه الصلاة والسلام a fait le djam’ à la Mecque pendant le « pèlerinage d’adieu » alors qu’il séjournait à « Al Abtah » dans le hadith d’Abî djouhayfah (ra). Et le prophète عليه الصلاة والسلام a séjourné à Taboûk 20 jours en raccourcissant la prière et en faisant le djam’. Donc le djam’ est permis pour le voyageur même s’il est à l’arrêt. 3. Est-il mieux de faire « djam’ou-taqdîm » (c'est-à-dire réunir les deux prières dans le temps de la première) ou de faire « djam’ou-ta°khîr » (c'est-à-dire réunir les deux prières dans le temps de la deuxième) ? Réponse : Il est mieux de faire ce qui est le plus facile, car lorsque le prophète عليه الصلاة والسلام quittait son lieu d’escale, il faisait le dhohr et le ‘asr en « djam’ou-taqdîm » si le temps du dhohr était entré puis partait, et s’il partait avant le déclin du soleil il faisait le dhohr et le ‘asr en « djam’ou-ta°khîr » ; car ceci était plus facile pour lui, donc il faisait ce qui était le plus facile عليه الصلاة والسلام . 4. Egalement parmi les causes qui autorisent de faire le djam’ il y a la maladie : si quelqu’un est malade et qu’il est difficile pour lui de prier chaque prière à son heure, il réunit entre le dhohr et le ‘asr et entre le maghrib et le ‘ichâ, un « djam’ou-taqdîm » ou un « djam’ou-ta°khîr », il fait ce qui est le plus facile pour lui. Ceci d’après le hadith d’Ibnou ‘Abbas (ra) qui a dit : « Le prophète عليه الصلاة والسلام a fait le djam’ à Médine sans qu’il n’y ait ni peur ni pluie », on lui (Ibnou ‘Abbas) a dit « pourquoi a-t-il fait cela ? » et il a répondu « Il a voulu ne pas causer de gène à sa communauté » (c'est-à-dire dans le délaissement du djam’). 5. Egalement parmi les causes qui autorisent de faire le djam’ il y a la pluie : s’il pleut le jour ou la nuit et que la pluie mouille les vêtements (c'est-à-dire que les vêtements sont tout mouillés), on peut faire le djam’, que ce soit par temps de grand froid ou par temps de léger froid, car ici la cause du djam’ est la pluie. Et si la pluie cesse de tomber on regarde : si la pluie a provoqué de la boue et de la difficulté pour participer à la prière à la mosquée, on fait également le djam’ à cause de la boue, car ceci est une difficulté.
  15. 15. 6. Egalement parmi les causes du djam’ il y a le fait d’être dans une occupation : c’est par exemple le fait d’être entrain d’étudier et l’heure de la prière arrive et il est difficile de s’arrêter et d’aller à la mosquée ou de prier, on peut faire le djam’ ; et ceux qui se trouve en dehors de ce pays (l’Arabie Saoudite) ont besoin de ceci car ici al hamdoulillêh, lorsqu’il y a l’adhane les gens sortent et prient, mais dans d’autres pays comme les pays des mécréants ou d’autres pays le moment des études se fait pendant le moment de la prière et il est difficile pour l’étudiant de quitter la classe pour aller prier ou peut-être qu’on ne l’y autorisera pas : celui-ci a le droit de faire le djam’. Surtout que ceux-ci (qui étudient) ont le droit de faire le djam’ pour 2 raisons : ils ont le droit de faire le djam’ car ils sont en voyage et ils ont le droit de faire le djam’ car il leur est difficile de quitter la classe. Et la règle de base concernant le djam’, c’est que dès que c’est difficile pour la personne de faire chaque prière à son heure, elle a le droit de faire le djam’ entre le dohr et le ‘asr et entre le Maghreb et le ‘icha, ceci conformément : • à la parole d’Allah « yourîdoullâhou bikoumoul yousra wa lâ yourîdou bikoumoul ‘ousr » • à Sa parole : « wa mâ dja’ala ‘alaykoum fiddîn min haradj » • à Sa parole : « mâ youridoullâhou liyadj’ala ‘alaykoum min haradj » • à la parole du prophète عليه الصلاة والسلام : « bou’ithtou bil hanifiyyati-samhâ° » • à la parole du prophète عليه الصلاة والسلام : « innamâ bou’ithtoum mouyassirîne » • à la parole du prophète عليه الصلاة والسلام : « inna hâdha-dîna yousr » Et les textes sur ce point sont nombreux, al hamdoulillêh. Cheikh Al-fawzâne : - Ce hadith concerne le djam’ entre les 2 prières pendant le voyage, entre le dhohr et le ‘asr et entre le maghrib et le ‘ichâ, car ceci fait partie des permissions (roukhas) du voyage. Celui qui a le droit de faire le « qasr » (raccourcissement) a le droit de faire le djam' pour éloigner la difficulté. - « zeyghou-chams » veut dire le déclin du soleil (zawâlouha) du zénith vers l’Ouest, car le soleil, lorsqu’il se lève, s’élève de plus en plus jusqu’à arriver au zénith au-dessus des têtes et on dit « qâmati-chams », c’est-à-dire « tawassatat » (elle est au milieu du ciel), et lorsqu’il décline du zénith vers l’Ouest même légèrement on dit « zâlati-chams » et « zâghat » (cela a le même sens). Ainsi « azzawâl » et « azzaygh » et « addouloûk », tout ceci a le même sens (« aqimi-salâta lidoulouki-chams…). Et ceci se voit grâce à l’ombre : quand le soleil est au zénith, il n’y a pas d’ombre (d’une chose debout comme un mur, une personne, un bâton), et lorsque l’ombre apparaît du coté de l’est même légèrement c’est « azzawâl », et c’est le moment du dhohr. - Lorsque le prophète عليه الصلاة والسلام prenait la route (démarrait) avant le « zawâl » il retardait le dhohr pour le prier avec le ‘asr un « djam’ ta°khîr », et lorsqu’il démarrait après « zawâl », il priait le dhohr puis montait sur sa monture : ceci est la 1ère version du hadith. Cette version est une preuve de « djam’ ta°khir et une preuve de l’absence du « djam’ taqdîm » car lorsque le prophète عليه الصلاة والسلام démarrait après « azzawâl », il faisait uniquement dhohr puis il partait. Mais la 2ème version rapportée par al-hâkim et Aboû Nou’aym, il est dit que lorsque le prophète عليه الصلاة والسلام démarrait après « azzawâl » il avançait le ‘asr pour le prier avec le dhohr puis il partait. Donc cette version est une preuve du « djam’ taqdîm ». Le « djam’ taqdîm » c’est le fait de prier la 2ème prière dans le temps de la 1ère. Le « djam’ ta°khîr » c’est le fait de prier la 1ère prière dans le temps de la 2ème. Les savants ont divergés (ra) sur le djam’ taqdîm et le djam’ ta°khir selon 3 avis : - Selon les hambalites, les châfi’ites, les mâlikites, les deux djam’ sont autorisés conformément à ce hadith selon les différentes versions. Le djam’ taqdîm est autorisé et le djam’ ta°khir est autorisé et le voyageur fait celui qui est le plus facile pour lui. - Selon les hanafites, le djam’ est interdit, que ce soit le djam’ taqdîm ou le djam’ ta°khir. Ils l’interdisent car Allah a rendu obligatoire chaque prière à son heure « innassalâta kânat ‘alal… » et le prophète عليه الصلاة والسلام a prié chaque prière à son heure et a montré cela aux gens. Et ils ont expliqué que le djam’ cité dans ce hadith est un « djam’ soûriy » (image de djam’) c'est-à-dire de retarder le dhohr (ou le maghrib) à la fin de son temps et faire la 2ème prière (‘asr ou ‘ichâ) au début de son temps : ainsi on prie la 1ère prière à la fin de son temps et la 2ème au début de son temps, et donc ce qui apparaît c’est que c’est un djam’ mais en fait ça ne l’est pas, car chaque prière a été priée dans son temps. - Le 3ème avis est que seul le djam’ ta°khîr est autorisé mais pas le djam’ taqdîm, et ceci est le madhab de Ibnou Hazm addhâhiriy et une version de l’imam Mâlik et un groupe de savants. Ils se sont basés sur la 1ère version du hadith.
  16. 16. Et il n’y a pas de doute que l’avis le plus juste est celui de la majorité (al djoumhoûr) c'est-à-dire l’autorisation du djam’ taqdîm et du djam’ ta°khî, car la sounnah les a rapportés tout les deux. Hadith 348 : On rapporte de Mou’âdh - رضي اللّ تعالى عنه – qu’il a dit : “Nous sommes sortis avec le prophète - صلى الل عليه و سلم – lors de la bataille de Taboûk, et il priait le dhohr et le ‘asr regroupées, et le maghrib et le ‘ichâ regroupées. [Hadith rapporté par Mouslim]. خَْْرَ جنَا مَْعَ رَْسُولِ اْللَّهِ صْلى اْلله عْليه وْسلم فِِْ غَْ زوَْةِ تَْ بُوكَ، فَْكَانَ يُْصَل ي اْلظُّ هرَْ «ْ : وَعَ ن مُْعَا ذ رْضي اْلله عْنه قَْالَْ رَْوَاهُ مُْ سلِمٌ .ْ .»ْ وَال عَ صرَ جََِْيعًا, وَْال مَ غرِبَ وَْال عِشَاءَ جََِْيعًا Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : 1. La bataille de Taboûk a eu lieu la 9ème année de l’hégire, le prophète عليه الصلاة والسلام y a séjourné 20 jours où il raccourcissait la prière. Mou’âdh (ra) dit que le prophète عليه الصلاة والسلام réunissait le dhohr avec le ‘asr et le maghrib avec le ‘ichâ, donc il faisait des 2 temps de prière un seul temps. Et Mou’âdh n’a pas précisé s’il s’agissait d’un djam’ taqdîm ou d’un djam’ ta°khîr, et nous avons vu que le prophète عليه الصلاة والسلام choisissait ce qui était le plus facile et convenait le mieux, donc cela pouvait être un djam’ taqdîm ou un djam’ ta°khir. 2. Il y a la preuve que le voyageur fait le djam’ même si le voyage dure longtemps. 3. Il y a la preuve qu’il n’y a pas de djam’ entre le ‘asr et le maghrib, car le dhohr et le ‘asr sont des prières du jour et le maghrib et le ‘ichâ sont des prières de la nuit. 4. Il y a également la preuve que la prière du fadjr n’est pas réuni avec une autre prière, car elle n’a pas été citée ici, et parce qu’elle n’est pas rattachée au temps d’une autre prière, car le temps du ‘ichâ se termine au milieu de la nuit et le temps du fadjr se termine au lever du soleil. Si quelqu’un dit que les prières allant du déclin du soleil jusqu’au milieu de la nuit sont rattachées (verset : « aqimissalata lidoulouki…), alors pourquoi le ‘asr ne peut être réuni avec le maghrib ou que les 4 prières soient réunies ? Réponse : ces prières sont différentes dans le temps et dans l’aspect : le dhohr et le ‘asr se font le jour et le maghrib et le ‘ichâ se font de nuit, les 2 premières se font à voix basse et les secondes à voix haute. Cheikh Al-fawzâne : 1. Ce hadith est général, il est dit que le prophète عليه الصلاة والسلام réunissait le dhohr avec le ‘asr et le maghrib avec le ‘ichâ, mais il ne précise pas si c’est un djam’ taqdîm ou un djam’ ta°khîr. Le hadith précédent explique ce hadith. Les savants se sont basés dessus et sur la généralité pour montrer que le voyageur, s’il séjourne (il est à l’arrêt) quelque part, il peut réunir les prières. Exemple : il séjourne 1 jour ou 2 ou 3 ou 4, selon ce que nous avons vu, tant qu’il a le droit de faire le « qasr » (raccourcissement) il a le droit de faire le djam’ même s’il séjourne. Ce hadith le prouve car le prophète عليه الصلاة والسلام réunissait les prières pendant l’expédition de Taboûk et ceci englobe l’aller du voyage, le retour et le séjour à Taboûk. Ceci est autorisé, mais le mieux si on séjourne, c’est de prier chaque prière à son heure car le prophète عليه الصلاة والسلام , durant son séjour à Minâ pendant les 3 jours de tachrîq, raccourcissait la prière mais il priait chaque prière à son heure et ne faisait pas de djam’. Ceci est ce qui est connu de la sounnah du prophète عليه الصلاة والسلام . Car le djam’ est une facilité pour celui qui est sur la route du voyage et celui qui séjourne n’en a pas besoin. Mais quelqu’un pourrait dire que le prophète عليه الصلاة والسلام a réuni le dhohr et le ‘asr à ‘Arafah alors qu’il était à l’arrêt et il a réuni le maghrib et le ‘ichâ à Mouzdalifa alors qu’il était à l’arrêt عليه الصلاة والسلام .
  17. 17. La réponse c’est que le prophète عليه الصلاة والسلام a fait cela à ‘Arafah pour le « wouqoûf » pour se consacrer à l’invocation (« dou’â ») et il a fait cela à Mouzdalifa pour pouvoir se reposer ainsi que ses compagnons après la journée pleine du « wouqoûf ». 2. Il y a un point lié à ce sujet : certains voyageurs sont installés juste à côté d’une mosquée et ils entendent al adhâne et ils se disent « nous sommes en voyage » et ils ne vont pas à la mosquée et ils raccourcissent et réunissent les prières : ceci leur est autorisé, mais le fait de ne pas participer à la prière en groupe leur fait perdre beaucoup de mérite. Le mieux pour eux c’est qu’ils participent à la prière en groupe et qu’ils profitent des récompenses, et ils complètent la prière avec l’imam car le ma°moûm suit son imam. Hadith 349 : On rapporte de Ibni ‘Abbâs - رضي اللّ تعالى عنهما – qu’il a dit que le prophète - صلى الل عليه و سلم – a dit : « Ne raccourcissez pas la prière pour une distance inférieure à 4 bouroud, (une distance équivalente à celle allant) de La Mecque à ‘Ousfâne. [Hadith rrapporté par Addâraqoutniy avec une chaîne de transmission faible ; Et le plus juste c’est que c’est un hadith mawqoûf, ainsi l’a rapporté Ibnou khouzaymah] لََّْ تَْ قصُرُوا اْلصَّلََةَ فِِْ أَْقَلَّ مِْ نْ «ْ :ْ وَعَن اْب نِ عَْبَّا س رَْضِيَ اْللَّهُ عَْْ ن هُمَا قَْالَْ: قَْالَ رَْسُولُ اْللَّهِ صْلى اْلله عْليه وْسلم رَْوَاهُ اْلدَّارَقُط نُِّ بِْإِ سنَا د ضَْعِيف وَْْالصَّحِيحُ أَْنَّْهُْ مَْ وقُوفٌ،كَْذَا أَْ خرَجَهُ اْب نُ خُْزَ يَْةَْ. .»ْ أَ رب عََةِ بْ رُُ دْ; مِْ ن مَْكَّةَ إِْلََ عُْ سفَانَ Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : Ce hadith n’est pas valable. Mais le plus juste c’est qu’il est « mawqoûf » (il s’arrête) à Ibnou ‘Abbas (ra) ; c'est-à- dire que c’est la parole de Ibni ‘Abbas. Mais le hadith n’a pas le houkm du « raf’ » (remontant au prophète عليه الصلاة والسلام ), car si c’était le cas, cela serait connu et répandu car cela nécessite fortement d’être expliqué car c’est la limite entre la distance qui autorise le raccourcissement et celle qui ne l’autorise pas. Cheikh Al-fawzâne : Nous avons déjà parlé de ceci auparavant concernant la distance. Le plus juste est que ceci est la parole d’Ibni ‘Abbas (ra) et son « idjtihêd », et non la parole du prophète عليه الصلاة والسلام . Donc il est comme les autres avis des différents « madhâhib » car c’est un « idjtihêd ». Hadith 350 : On rapporte de Djâbir - رضي اللّ تعالى عنه – qu’il a dit que le prophète - صلى الل عليه و سلم – a dit : « Les meilleurs de ma communautés sont ceux qui demande pardon lorsqu’ils font un péché, et qui raccourcissent et et font le fitr (ils mangent pendant ramadâne) lorsqu’ils voyagent. [Hadith rapporté par Attabarâniy dans « Al awsat » avec une chaine de transmission faible. Et il se trouve le « Moursal de Sa’îd Ibnil Mousayyib ». خَْ ي رُ أُْمَّتِِ اْلَّذِينَ إِْذَا أَْسَاءُوا اِْ ستَ غفَرُوا, وَْإِذَاْ «ْ :ْ وَعَ ن جَْابِ ر رْضي اْلله عْنه قَْالَْ: قَْالَ رَْسُولُ اْللَّهِ صْلى اْلله عْليه وْسلم أَْ خرَجَهُ اْلطَّبَ رَانُِِّ فِِْ "ْاَ لَْ وسَطِْ" بِْإِ سنَا د ضَْعِي ف .ْْ .»ْ سَافَ رُوا قَْصَرُوا وَْأَف طَرُوا وَهُْوَْ فِِْ مُْ رسَلِ سَْعِيدِ بْ نِ اْل مُسَيَّبِ عِْ ندَ اْل بَ ي هَقِ ي مُُْ تَصَر Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : Le hadith est faible au niveau du « sanad » (chaine de transmission) mais son sens est vrai. Cheikh Al-fawzâne :
  18. 18. Le hadith est faible mais il est renforcé par les autres « adillah » et son sens est vrai, et il contient 2 points : - L’homme fait des erreurs et des oublis, mais par Sa miséricorde, Allah a ouvert les portes du repentir et de l’« istighfâr » (demande de pardon). Si le serviteur demande pardon et se repent, Allah lui pardonne et accepte son repentir. Le fait qu’il demande pardon montre qu’il reconnaît son péché et son erreur et le fait diriger vers Allah et s’attacher à Lui, et donc cela prouve son mérite. Et ce qui compte c’est « kamâlou-nihâyah » (bonne fin ou bonne conclusion) et non « naqsoul-bidâyah » (le manque dans le début) : il est possible que la personne ait un manque au début mais il demande pardon et se repent et donc il a une bonne conclusion et bénéficiera du mérite. Donc celui qui a fait le péché puis s’est repenti on ne le montre pas du doigt pour son péché, car « Celui qui se repent, Allah accepte son repentir » (hadith). - Le raccourcissement est meilleur que « al itmâm » (le fait de compléter), et si on fait « al itmâm »la prière est valable ; et « al iftâr » pendant Ramadâne est meilleur que le jeûne, et si on jeûne le jeûne est valable, mais c’est contraire à ce qui est le plus méritoire. Hadiths 351, 352, 353 : On rapporte de ‘Imrâne Ibni Housayn - رضي اللّ تعالى عنهما – qu’il a dit : « J’avais des hémorroïdes, alors j’ai interrogé le prophète - صلى الل عليه و سلم – concernant la prière, et il m’a dit : « Prie debout, si tu ne peux pas alors assis, et si tu ne peux pas alors allongé sur le côté ». [Hadith rapporté par Al Boukhâriy]. كَْانَْ ت بِِْ بْ وََاسِيرُْ, فَْسَأَل تُ اْلنَّبَِِّ صْلى اْلله عْليه وْسلم عَْ نْ «ْ : وَعَ ن عِْْ مرَانَ بْ نِ حُْصَ يْ رَْضِيَ اْللَّهُ عَْ ن هُمَا قَْالَْ رَْوَاهُ اْل بُخَارِيُّْ. .»ْ " الصَّلََةِ؟ فَْ قَالَْ: "ْصَ ل قَْائِمًا, فَْإِ ن لََْ تَْ ستَطِ ع فَْ قَاعِدًا, فَْإِ ن لََْ تَْ ستَطِ ع فَْ عَلَْى جَْ ن بْ On rapporte de Djâbir - رضي اللّ تعالى عنه – qu’il a dit : « Le prophète - صلى الل عليه و سلم – a visité un malade et il l’a vu prier sur un oreiller, alors il l’a jeté et a dit : « Prie sur le sol si tu peux, et si tu ne peux pas alors fait le geste, et abaisse-toi plus pour la prosternation que pour l’inclinaison ». [Hadith rapporté par Al Bayhaqiy, et Aboû Hâtim l’a déclaré mawqoûf]. عَْادَْ اْلنَّبُِِّ صْلى اْلله عْليه وْسلم مَْرِيضًا, فَْ رَآهُ يُْْصَل ي عَْلَى وِْسَادَة , فَْ رَمَى بَِِْا, وَْقَالَْ: "ْصَ ل عَْلَىْ «ْ : وَعَ ن جَْابِ ر قَْالَْ رَْوَاهُ اْل بَ ي هَقِيُّْ. وَْصَحَّحَ أَْبُو حَْا تِْ .»ْ " ا لَْ رضِ إِْن اْ ستَطَ عتَْ, وَْإِلََّّ فَْأَ ومِ إِْيَْاءًْ, وَْا جعَ ل سُْجُودَكَ أَْ خفَضَ مِْ ن رُْكُوعِكَْ وَق فَهُْ. On rapporte de ‘Âicha - رضي اللّ تعالى عنها – qu’elle a dit : « J’ai vu le prophète - صلى الل عليه و سلم – prier les jambes entrecroisées (en tailleur). [Hadith rapporté par Annasâ-iy est qualifié d’authentique par Al Hâkim]. رَْوَاهُ اْلنَّسَائِيُّْ. وَْصَحَّحَهُْ .»ْ رَْأَي تُ اْلنَّبَِِّ صْلى اْلله عْليه وْسلم يُْصَل ي مُْتَ رَب عًا «ْ : وَعَ ن عَْائِشَةَ رَْضِيَ اْللَّهُ عَْ ن هَا قَْالَ تْ ا لَْاكِمُْ. Cheikh Al ‘Outheymine (ra) : Ces ahâdiths concernent la prière du malade. ‘Imrâne Ibnou Housayn (ra) était atteint d’hémorroïdes qui est une maladie qui se trouve sur le derrière, elle fait couler du sang et fait mal. Auparavant, il était difficile de soigner cette maladie et cela provoquait une grande difficulté pour les gens. Mais maintenant, al hamdoulillêh, il est facile de s’en faire soigner. ‘Imrane Ibnou Housayn (ra) a interrogé le prophète عليه الصلاة والسلام sur la prière, alors il lui a répondu عليه الصلاة والسلام : « Pries debout, si tu ne peux pas, alors assis et si tu ne peux pas, alors coucher sur le côté ». 1. Il y a 3 étapes : - Le malade doit obligatoirement prier debout dans la prière « fard » (obligatoire) car Allah a dit : « hâfidhoû ‘ala… wa qoûmoû lillèhi qânitîne ». Les savants ont dit qu’il prie debout que ce soit sans s’appuyer sur quelque
  19. 19. chose ou que ce soit en s’appuyant sur un bâton ou un pilier ou sur un mur ou sur quelqu’un, c'est-à-dire qu’il doit obligatoirement prier debout tant qu’il en est capable. - S’il n’en est pas capable, comme dans le cas ou il a une douleur dans le dos qui fait qu’il ne peut absolument pas s’appuyer ou qui fait qu’il puisse mais avec une très grande difficulté qui l’empêcherai d’être concentré dans sa prière, alors il prie assis. Mais de quelle façon ? Il prie « mouttarabbi’an » c'est-à-dire les jambes croisées (en tailleur) d’après le hadith 353 ; il s’assit en tailleur en remplacement de la position debout et de la position inclinée, et il se courbe (fait le geste) pour l’inclinaison c'est-à-dire qu’il plie son dos de façon à ce que son visage soit en face de l’endroit se trouvant après ses genoux, puis il se relève, puis il se prosterne s’il en est capable, et s’il en est incapable, il se courbe (fait le geste) pour la prosternation, mais le geste pour la prosternation doit être plus bas que pour l’inclinaison. Dans la prosternation, il place ses jambes comme d’habitude, de même entre les 2 prosternations et la position de tachahhoud, il place ses jambes comme d’habitude. → Donc il sera assis en tailleur pour la position en tailleur et la position d’inclinaison, et entre les 2 prosternations et dans le tachahhoud il sera assis comme d’habitude ; mais s’il n’en est pas capable, il s’assoit dans n’importe quelle position assise. 2. Dans ce hadith, il y a la preuve de la facilité dans la législation et que la personne fait ce dont elle est capable dans l’obligation et est exempté de ce dont elle n’est pas capable. 3. Si on n’est pas capable d’atteindre le sol dans la prosternation on ne place pas quelque chose comme un oreiller pour se prosterner dessus, car ceci est de l’exagération. Ainsi le prophète عليه الصلاة والسلام a vu un homme prier sur un oreiller (se prosterner dessus) alors il l’a jeté عليه الصلاة والسلام et lui a ordonné de faire le geste de se prosterner car il nous est interdit d’exagérer et il nous est ordonné de choisir la facilité, al hamdoulillêh. - Si on est capable de se prosterner sur tous les membres sauf sur le front (comme celui qui a une blessure sur le front), est-on exempté de la prosternation sur les mains puisqu’on est exempté de la prosternation sur le front ou doit-on se prosterner sur les mains et se rapprocher au maximum du sol selon la capacité ? → La 2éme suggestion : on se courbe au maximum pour être le plus proche possible du sol car ce mouvement est plus proche du prosterné que le fait de faire le geste. Donc dans ce cas, on doit obligatoirement poser les mains sur le sol puis on rapproche le front le plus possible du sol. - Si quelqu’un est capable de se prosterner sur le sol mais que le médecin a dit de ne pas faire cela car il a fait une opération des yeux, doit-il suivre la parole du médecin ou il dit « je suis capable donc je me prosterne et je ne prends pas en compte ce qu’il a dit ». La réponse : il suit l’avis du médecin et donc ne se prosterne pas ; et s’il dit « je me prosterne et je supporte la douleur dans la prosternation, ce n’est pas grave ». Nous lui disons « non » car Allah a dit « wa lâ taqtouloû anfousakoum » car Allah est plus miséricordieux envers toi que toi-même. S’il dit « le médecin n’est pas musulman », nous lui disons d’accepter sa parole car ceci est un métier et une compétence et le mécréant n’a aucun intérêt à faire du mal au musulman à ce niveau car ce qu’il veut c’est réussir dans son travail, et il n’y a pas de mal à prendre en compte l’avis du mécréant si c’est une personne de confiance dans ses compétences. La preuve de ceci c’est que le prophète عليه الصلاة والسلام a suivi l’avis d’un mécréant dans sa situation la plus dangereuse et ceci a eu lieu lors de son hégire de la Mecque à Médine : il a utilisé un « mouchrik » (polythéiste) pour lui montrer le chemin (c'est-à-dire pour lui servir de guide), il عليه الصلاة والسلام a loué ses services (« ista°djarah »). Il s’appelait ‘Abdoullah Ibnou Ourayqit Al-Laythi ; et ceci était très dangereux pour le prophète عليه الصلاة والسلام car ce polythéiste aurait pu le dénoncer (l’amener) aux qorayshite qui étaient à sa recherche, et malgré cela comme le prophète عليه الصلاة والسلام a eu confiance en lui et qu’il était compétent, il s’est basé sur lui pour le guider. Ceci montre qu’on a le droit de suivre l’avis d’un mécréant dans ce genre de choses car ceci n’est pas un point de pratique religieuse pour que nous disions qu’il risque de l’égarer, ceci est une question de compétence et d’expérience et donc on peut suivre l’avis d’un mécréant s’il dit de ne pas se prosterner sur le sol car il y a un danger pour l’opération qui a été faite. C’est la même chose s’il lui dit de ne pas jeûner pendant ramadane car ceci est dangereux pour le corps, on peut suivre son avis tant qu’on a confiance en lui. 4. Dans la prière « nâfilah », on a le droit de prier assis même si on est capable de prier debout, mais dans ce cas on a la moitié de la récompense. Mais si c’est parce qu’on est incapable de prier debout, on a la récompense complète car le prophète عليه الصلاة والسلام a dit « man marida aw sâfar koutiba lahoû mâ kâna ya’malou sahîhan mouqîman ».
  20. 20. 5. Si on n’est pas capable de prier assis, on prie allongé sur le côté c'est-à-dire qu’on se met en face de la qiblah et on prie sur le côté. Mais quel côté, le droit ou le gauche ? On choisit se qui est le plus facile que ce soit le côté droit ou le côté gauche ; et on fait le geste (de se courber) avec la tête pour l’inclinaison et la prosternation. 6. Et si on n’est pas capable de faire le geste avec la tête, certains savants ont dit qu’on le fait avec les yeux, et d’autres ont dit « non » car « al îmâ° » a été rapporté concernant la tête alors qu’avec les yeux le hadith est faible, et ce 2ème avis est celui de cheikhoul islam Ibnou Taymiyyah (ra) et donc il dit qu’il ne fait pas le geste dans ce cas. Quant à ceux que font certains « ‘awâm » (gens du commun) qui font le geste avec le doigt (c'est-à-dire qu’ils laissent leur doigt debout puis pour le roukou’ ils l’inclinent légèrement puis pour le soudjoûd ils l’inclinent plus) ceci n’a aucun fondement et on ne l’applique pas car il n’a été rapporté ni dans le Coran ni dans la sounnah ni dans les paroles des savants. Cheikh Al-fawzâne (351) : L’auteur du livre a cité ce hadith dans le chapitre du voyageur car le malade a une excuse comme le voyageur en a une, donc il a le droit de faire le « djam’ », même si ce hadith et celui qui le suit ont été cités dans le chapitre de la description de la prière, car le malade ressemble au voyageur dans le fait d’avoir besoin de faire le « djam’ » entre 2 prières et dans le fait qu’il prie selon la situation. 1. Le malade prie debout car la base dans la prière obligatoire c’est de prier debout, car le fait de prier debout dans la prière obligatoire est un de ses piliers si on en est capable, et on en n’est exempté qu’en cas d’incapacité. Mais dans la prière surérogatoire, le « qiyâm » (le fait de prier debout) n’est pas un pilier mais il est préférable, et si on prie assis dans la prière « nâfilah » la prière est valable malgré qu’on est capable de prier debout, mais dans ce cas on a la moitié de la récompense ; mais si on prie une prière surérogatoire assis à cause de l’incapacité de prier debout la récompense est complète. 2. S’il n’est pas capable de prier debout, le malade prie assis et il fait le geste de l’inclinaison avec la tête et le cou, et il fait le geste de la prosternation, mais le geste pour la prosternation est plus bas que pour l’inclinaison. 3. S’il n’est pas capable de prier assis, il prie allongé sur le côté en mettant son visage en face de la qiblah, et le mieux est d’être allongé sur le côté droit dirigé vers la qiblah (visage) et il fait le geste avec sa tête pour l’inclinaison et pour la prosternation. 4. Et s’il n’est pas capable de faire le geste avec la tête en étant allongé sur le côté, certains savants ont dit qu’il prie avec ses yeux et son coeur, et d’autres savants ont dit qu’il est exempté de prière s’il ne peut faire le geste en étant allongé sur le côté et ceci est l’avis de cheikhoul islam Ibnou Taymiyyah et un groupe de savants : ils disent que la dernière étape pour le malade est qu’il prie allongé sur le côté et il fait le geste avec sa tête, et s’il n’est pas capable alors il est exempté de prière car il n’y a pas de preuve qu’il prie avec ses yeux ou son coeur. Mais la prudence est meilleur, c'est-à-dire de prier en faisant le geste avec le regard et le coeur en pensant qu’il prie, wal hamdoulillêh. [Cheikh Al ’Outheymine est d’avis que s’il n’est pas capable de prier sur le côté, il prie selon sa situation, c'est-à- dire avec la tête ou avec les yeux ou si ce n’est pas possible, il prie avec son coeur c'est-à-dire qu’il met l’intention pour chaque mouvement. Et s’il ne peut faire ni les mouvements ni prononcer les paroles, il met l’intention avec son soeur, car la prière c’est une intention et un acte et s’il n’est pas possible de faire l’acte, l’intention est obligatoire. Donc on n’est pas exempté de prière tant que la raison persiste car Allah dit « fattaqoullaha mastata’toum » et le prophète السلام عليكم a dit « idha amartoukoum bi amrin fa°tou minhou mastata’toum », et ici il n’est capable de prier qu’avec l’intention. Il prononce donc les paroles s’il en est capable et il met l’intention s’il n’en est pas capable. Quant au fait de dire à celui qui a la raison et sait ce qu’il dit et ce qu’il fait « tu n’as pas à prier » et donc on coupe son lien avec son Seigneur et ceci peut-être pendant plusieurs jours ou mois ou même années (comme celui qui est paralysé), ceci est discutable et le plus juste c’est qu’il n’en est pas exempté tant qu’il a sa raison.
  21. 21. Et s’il n’est pas capable de prier allongé sur le côté comme pour quelqu’un qui a des brûlures sur le côté… il prie allongé sur le dos en ayant les jambes dirigées vers la qiblah, et s’il n’en n’est pas capable il prie allongé sur le ventre, sinon il prie selon sa situation quelle qu’elle soit.] 5. De même le malade peut faire le djam’ entre les 2 prières, et il fait ce qui est le plus facile pour lui, le djam’ taqdîm ou le djam’ ta°khîr, et c’est pour cela que l’auteur a placé ce hadith dans ce chapitre. Cheikh Al-fawzâne (352) : Cet homme malade a fait l’« idjtihêd » (l’effort d’interprétation) : comme il ne pouvait pas se prosterner sur le sol à cause de la difficulté de la maladie, il a posé un oreiller sur lequel il se prosternait élevé du sol. Le prophète عليه الصلاة والسلام l’a enlevé et l’a jeté et lui a dit « Prie sur le sol (c'est-à-dire prosterne toi sur le sol si tu en es capable), sinon fais les gestes avec ta tête (en restant assis) ». 1. Ce hadith ainsi que le précédent montrent qu’il est légiféré de visiter le malade. De même l’étudiant en science s’il visite un malade, il l’oriente vers ce qui est juste concernant son adoration et il lui enseigne comment prier et se purifier. Et la visite ne consiste pas à dire « Assalâmou ‘alaykoum », mais on prend de ses nouvelles et on lui enseigne comment se purifier et prier. Surtout qu’aujourd’hui dans les hôpitaux la plupart des malades sont négligents, et avec leur ignorance il est possible qu’ils ne prient pas tant qu’ils sont à l’hôpital. Parfois un malade meurt alors qu’il n’a pas prié depuis plusieurs jours à cause de son ignorance. Si les étudiants en science visitaient les hôpitaux et enseignaient aux malades les règles de leur religion, ceci est la base de la prêche (da’wa) et son noyau, l’apprentissage aux gens des règles de la législation et les adorations. Il faut donc que les étudiants en science aient ceci comme objectif avec leurs visites. 2. Ce hadith montre également comment prie le malade : il fait le geste avec sa tête pour le roukoû’ et le soudjoûd, et il s’abaisse plus pour la prosternation que pour l’inclinaison. 3. Ce hadith montre également qu’il est interdit au malade de poser quelque chose sur le sol pour se poser le front dessus, ni un oreiller, ni une boîte, ni autre chose, car ceci est de l’exagération que ni Allah ni son prophète n’ont légiférés car « la religion c’est la facilité ». Questions-Réponses tirées des fatâwâ de Cheikh Al ‘Outheymine (ra)
  22. 22. - Un homme a pour métier pilote d’avion et il fait ceci constamment, lui est-il permis de prier assis sur son siège ? Et lui est-il permis de raccourcir la prière constamment tant qu’il est dans son lieu de travail ? → Il y a 2 questions ici : - la première : lui est-il permis de raccourcir la prière alors qu’il est toujours en voyage ? - la deuxième : lui est-il permis de prier assis sur son siège ? * La première : il raccourcit car il est en voyage, et les versets et les ahâdîth sur ce point n’ont pas spécifiés un voyage par rapport à un autre, et donc il lui est permis de raccourcir car cet homme est en voyage et il a un lieu de résidence ou il retourne et où se trouve sa famille, et donc lorsqu’il les quitte il est en voyage, il peut raccourcir, et il peut manger pendant Ramadâne car il est en voyage. * La deuxième : Si la prière est surérogatoire il peut prier assis et il se dirige dans la direction que prend l’avion, car c’est ce qui est rapporté du prophète عليه الصلاة والسلام . Mais si c’est une prière obligatoire il ne lui est pas permis de prier dans cet endroit, si l’avion va atterrir dans l’aéroport de sorte qu’il puisse prier avant la fin du temps de la prière en cours ou avant la fin du temps de la suivante si ce sont 2 prières qu’on peut réunir. Exemple : Si le temps du dhohr débute lorsqu’il est dans l’avion et qu’il sait que l’avion va atterrir dans le temps du ‘asr, il réunit le dhohr et le ‘asr pour les prier à terre. Mais si le voyage est long et qu’il n’est pas possible de prier à terre avant la fin du temps, il ne peut prier dans son siège que s’il ne peut absolument pas quitter cet endroit comme dans le cas où il ne peut quitter le pilotage. Dans ce cas à cause de la daroûrah il prie sur son siège et il fait ce qu’il peut des obligations de la prière et Allah ne charge une âme que selon sa capacité. Mais si le temps est beau et qu’il n’y a pas de danger il doit obligatoirement prier dans un endroit où il pourra prier debout et faire le roukoû’ et le soudjoûd et la position assise et se diriger vers la qibla. - Quel est le jugement de la prière sur la monture lorsqu’on est résident ? → Si c’est une prière obligatoire c’est interdit, que ce soit en voyage ou en résident, sauf pour une nécessité absolu, comme dans le cas où il pleut et que le sol est humide, on ne peut s’assoir dessus et se prosterner dessus. Quant à la prière surérogatoire c’est permis mais uniquement en voyage sur la monture, car le prophète priait la prière surérogatoire sur la monture en prenant la direction que prenait celle-ci. Mais lorsqu’on est résident ce n’est pas permis. - Un homme est dans un avion et l’heure de la prière arrive. Comment prie-t-il ? → Lorsque l’heure de la prière arrive alors qu’il est dans l’avion, il ne prie pas dans l’avion mais attend que l’avion atterrisse s’il y assez de temps pour cela. A moins qu’il n’y ait dans l’avion un endroit spécifique où il puisse prier la prière de façon complète en se dirigeant vers la qibla, en faisant l’inclinaison, en faisant la prosternation et en s’asseyant, dans ce cas il prie dans l’avion quand l’heure de la prière arrive comme s’il était à terre. S’il n’y a pas d’endroit spécifique dans l’avion permettant de faire une prière complète et qu’il craint que le temps de la prière ne sorte avant l’atterrissage de l’avion, si la prière fait partie de celles avec laquelle on réunit la suivante comme le dhohr avec le ‘asr et le maghrib avec le ‘ichâ, et que l’avion va atterrir avant la fin du temps de la 2ème, alors il réunit les 2 prières en faisant un djam’ ta°khîr, afin de pouvoir prier après l’atterrissage. Si l’avion n’atterrit qu’après la fin du temps de la 2ème, alors il prie les 2 prières dans l’avion selon sa capacité en faisant ce qu’il peut parmi les obligations, les piliers et les conditions de validité : il se dirige vers la qibla (s’il ne sait pas où elle se trouve il interroge quelqu’un du personnel), il prie debout, il fait le roukoû’ s’il en est capable, sinon il fait le geste de l’inclinaison en étant debout, puis il se prosterne s’il en est capable, sinon il fait le geste de la prosternation en étant assis. - Si des gens quittent leur ville pour aller en promenade, peuvent-il raccourcir les prières et les réunir ?
  23. 23. → Si leur sortie est considérée comme un voyage alors ils peuvent faire le raccourcissement, mais sans djam’ sauf s’ils en ont besoin de sorte qu’il soit difficile pour eux de prier chaque prière à son heure, à cause d’un grand froid ou d’un manque d’eau ou quelque chose de semblable. Mais sans besoin ils ne font pas le djam’ mais ils font chaque prière à son heure. Ainsi si la distance entre leur ville de résidence et leur lieu de promenade est de 3 « farâsikh » (ou 9 « amyâl », soit environ 13,5 km) et qu’ils vont y rester une durée nécessitant d’emporter des provisions et des bagages telle que 2 ou 3 jours, alors ils sont des voyageurs, ils ont droit aux permissions du voyage d’après le hadith de Anas Ibni Mâlik (n°344). Et nos fouqahâ ont dit qu’il n’y a pas de différence entre le fait que le voyage soit fait pour une adoration comme le hadj et la ‘omra, et le fait qu’il soit fait pour un commerce ou pour la visite d’un ami ou pour la promenade, car les textes rapportés sont généraux et non spécifiques. Quant à celui qui part pour un jour et revient le jour même, ou qui part au début de la nuit et revient en fin de nuit, il n’a pas droit aux permissions du voyage. - Nous sommes un groupe et nous sommes invités à certains repas dans une ferme qui se trouve à 50 ou 60 km de l’endroit où nous sommes, et il y a des villages se trouvant à 10 ou 15 km de cette ferme. Nous est-il permis de raccourcir la prière car c’est un voyage ? → Cette distance n’est pas considérées comme un voyage, ni chez ceux qui délimitent le voyage avec la distance, ni selon l’avis qui m’apparaît disant que pour le voyage on se base sur l’habitude des gens. En effet, celui qui quitte sa ville et revient le jour même n’est pas considéré comme un voyageur selon le ‘ourf (la coutume), à moins que la distance soit grande comme dans le cas de celui qui voyage de Riyad à la Mecque et revient le jour même, ceci s’appelle un voyage car la distance est grande. Quant à ce qu’a évoquer celui qui interroge ceci n’est pas considéré comme u n voyage, ni chez les savants qui ont délimités le voyage en fonction de la distance, ni chez les savants qui disent qu’on se base sur le ‘ourf. - Est-il permis pour le voyageur de raccourcir la prière du dhohr et de prier la prière du ‘asr complète ? → S’il est un voyageur alors la cause du raccourcissement est présente pour les 2 prières, pourquoi donc faire une différence ? Dans tous les cas il est permis de raccourcir une des 2 prières et de prier l’autre complète, mais c’est contraire à la sounna, car la sounna c’est de raccourcir les 2 prières tant qu’on est en voyage. - Quelle est la distance pour laquelle le voyageur raccourcit la prière ? → Certains savants l’ont délimitée à environ 83 km, et d’autres savants l’ont délimitée en fonction de la coutume en vigueur même si cela n’atteint pas les 80 km, et ce dont les gens disent que ce n’est pas un voyage ce n’est pas un voyage même si cela atteint 100 km. Et ce 2ème avis est celui de cheikhoul islam Ibnou Taymiyyah, car Allah n’a fixé une distance précise pour avoir le droit de raccourcir, de même que le prophète عليه الصلاة والسلام ne l’a pas fixée. Et cet avis est plus proche de la vérité Mais il n’y a pas de mal lorsque le ‘ourf diverge concernant le voyage à appliquer l’avis délimitant la distance, car certains imams et savants moudjtahidîne ont choisi cet avis, et donc il n 

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