Introduction à la jurisprudence islamique fiqh 3

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Introduction à la jurisprudence islamique fiqh 3

  1. 1. LES FONDEMENTS DU DROIT MUSULMAN : --- SOMMAIRE --- I. Les sources du droit A. Faisant l’unanimité 1. Le Coran 2. La Sunna 3. Le consensus (ijma`) 4. Le raisonnement analogique (qiyâs) A. Acceptées selon les écoles 1. Le choix préférentiel (al-istihsân) 2. L’intérêt général indéterminé (al-maslaha al-moursala) 3. La présomption de continuité (al-istishâb) 4. La coutume (al-`ourf) 5. Les lois des peuples monothéistes I. Perspectives actuelles A. Ijtihâd sélectif B. Analyses nouvelles C. Ijtihâd collectif Points abordés • Analyse détaillée de chaque source de droit (acceptée par tous ou suscitant des divergences) • Présentation du nouvel esprit d’analyse des sources issue de la pensée réformiste
  2. 2. Chap I : Les sources du droit • Faisant l’unanimité – Le Coran – La Sunna – Le consensus (ijma`) – Le raisonnement analogique (qiyâs) • Acceptées selon les écoles – Le choix préférentiel (al-istihsân) – L’intérêt général indéterminé (al-maslaha al-moursala) – La présomption de continuité (al-istishâb) – La coutume (al-`urf) – L’avis d’un compagnon du prophète (pbsl) (madhab as-sahâbî) – Les lois des peuples monothéistes
  3. 3. III B 1 : Faisant l’unanimité A) Sources faisant l’unanimité Référence dans les Textes : • « Croyants ! Obéissez à Dieu, obéissez au prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité. En cas de désaccord entre vous, référez-en à Dieu et au prophète, si vous croyez en Dieu et au Jour Dernier. […] » Coran 4/59 • Lorsque le prohète (pbsl) envoya Mu`adh Ibn Jabal au Yemen, il lui demanda : « Selon quoi jugeras-tu ? Selon le livre de Dieu, répondit-il. Et si tu n’y trouves rien ? Selon la tradition du prophète de Dieu. Et si tu n’y trouves rien ? Alors, je mettrai toute mon énergie à formuler mon propre jugement. Le prophète (pbsl) dit alors : Louange à Dieu qui a guidé le messager du prophète vers ce qui est agréable au prophète. Muslim
  4. 4. a) Le Coran III B 1 a : Le Coran • Parole de Dieu transmise par l’ange Gabriel au prophète Mohammad (pbsl) Constitue une : • Preuve de la prophétie de Mohammad • Une direction donnée pour guider l’humanité • Une prière dont la récitation est un acte d’adoration • Préservation de son intégrité dans le temps : «En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Rappel et, certes, c’est Nous qui en sommes gardien » Coran 15/9
  5. 5. Les prescriptions du Coran III B 1 a : Le Coran • Les croyances du musulman : Spiritualité individuelle au délà du sensible (ilm al-`aqîda) : Dieu, Ses anges, Ses livres, Ses prophètes, le Jour Dernier et la prédestination • L’éthique (ilm al-akhlâq) : états du coeur, de l’âme, principes moraux et bons comportements • Les prescriptions légales concernant la pratique (ilm al-fiqh) : principes généraux du « comment être musulman, commandements, interdictions, possibilité de choix – Pratique du culte (fiqh al-`ibâdât) – Rapport sociaux (fiqh al-mu`âmalât)
  6. 6. III B 1 a : Le Coran Prescriptions légales : le culte (`ibâdât) • la prière • le jeûne – “Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété, […]” Coran 2/183-187 • l’aumône légale 73/103 3/180 • le pèlerinage – “Et accomplissez pour Allah le pélerinage et l’Umra […]” Coran 2/196-203 ainsi que 22/26-37 • les serments devant Dieu • … Relation verticale entre l’homme et Dieu
  7. 7. III B 1 a : Le Coran Prescriptions légales : les rapports sociaux • Les rapports sociaux (mu`âmalât) – Exemples : • statut personnel (famille, mariage) > 70 versets • droit civil (types d’échanges entre individus) > 70 versets • droit pénal (sanctions par rapport aux délits et crimes) > 30 versets • procédure de jugement (jugement, témoignage) > 13 versets • droit constitutionnel (relation Etat-individu) > 10 versets • droit international (relation Etat-Etat) > 25 versets • Redistribution économique (pour l’Etat et l’individu) > 10 versets Relation horizontale entre les hommes (et avec la création)
  8. 8. III B 1 a : Le Coran Constat d’un « déséquilibre » • La question du culte est beaucoup plus fréquente : il s’agit d’un absolu – NB : La répétition de certains points ne concerne pas forcément un apport explicatif. Elle doit être comprise comme un Rappel et une exhortation. ex : manière de prier • Les questions « sociales » sont d’une portée générale et d’une fréquence rare : elles sont plus à même de se modifier avec la société et l’intérêt général
  9. 9. III B 1 a : Le Coran Les moyens pour comprendre le Coran • Développement de sciences du Coran comprenant entre autres – La connaissance des révélations mecquoises et médinoises – L’analyse des causes de la révélation – L’abrogeant et l’abrogé – L’explicite et l’équivoque – Le général et le spécifique –…
  10. 10. b) La Sunna III B 1 b : La Sunna • Définition : Toutes les paroles que le prophète (pbsl) a dites, tous les actes qu’il a accomplis, acceptés ou approuvés • Les hadiths désignent uniquement les paroles du prophètes (pbsl) ou sunna qawliya
  11. 11. Les catégories de Sunna III B 1 b : La Sunna • Sunna qawliya : désignent uniquement les paroles du prophètes (pbsl ) ou hadiths • Sunna fi`liya : faits et geste du prophète (pbsl) ex : – Manière d’acomplir les rites cultuelles – Manière de rendre les jugements – … • Sunna taqrîriya : Actes et dires accompli par les compagnons que le prophète a agréé soit – En montrant sa satisfaction – Sans exprimer son désaccord
  12. 12. III B 1 b : La Sunna L’autorité juridique de la Sunna • Dans le coran – « Dis : « Obéissez à dieu et à Son messager » » Coran 3/32 – « Quiconque obéit au Messager, obéit certainement à Dieu. » Coran 4/80 – « Ce que le Messager vous donne, prenez-le ! Ce qu’il vous refuse, renoncez-y » Coran 59/7 • Chez les compagnons – Après la mort du prophète (pbsl), consensus des compagnons pour se référer à la Sunna en cas d’absence d’indication dans le Coran
  13. 13. III B 1 b : La Sunna Rapport entre la Sunna et le Coran • Confirmation – Injonction de s’acquitter des actes cultuels – Interdiction de l’homicide, de l’idolatrie, du péché,… • Explication – « Nous t’avons révélé le Rappel pour que tu expliques clairement aux hommes ce qui a été révélé à leur intention » Coran 16/44 – Manière de faire la prière, de calculer la zakat, de faire le pèlerinage • Addition – Prescriptions uniquement présentes dans la Sunna – Ex :
  14. 14. III B 1 b : La Sunna Différentes utilisation de la Sunna • En tant qu’être humain, le prophète n’était pas infaillible : « Vous êtes meilleurs connaisseurs que moi dans les affaires de votre vie profane » • Certains comportements étaient spécifiques au prophète ex : il avait plus de quatre femmes • Il jugeait certains différents selon les preuves dont il disposait – erreur possible  Tous les hadiths n’ont donc pas force juridique pour les musulmans. Ils font aussi partie du domaine de la biographie
  15. 15. III B 1 b : La Sunna La compréhension des hadiths • Développement des sciences du hadith comprenant notamment : – Etude de la chaîne des rapporteurs selon leur nombre et leur qualité • Hadiths avérés, notoires, isolés – Etude selon l’authenticité • Faible, bon, authentique – Hadiths indiscutables et conjecturaux
  16. 16. III B 1 c : Le consensus c) Le consensus (al-ijmâ`) • Définition : Consensus sur un sujet de tous les juristes d’une époque postérieure à celle du prophète (pbsl) – Il s’agit d’obtenir l’unanimité (pas seulement une majorité) – Sur l’ensemble du territoire où les musulmans sont présents
  17. 17. III B 1 c : Le consensus Légitimité du consensus (al-ijmâ`) • Coran « Croyants ! Obéissez à Dieu, obéissez au prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité » Coran 4/59 – Interprétation la plus plausible concernant « ceux qui détiennent l’autorité » : concerne la politique et le religieux • Sunna – « Ma communauté ne s’accorde jamais sur l’erreur » – « Certes, Dieu ne permet pas que ma communauté soit uniformément favorable à une hérésie »
  18. 18. III B 1 c : Le consensus Exercice difficile du consensus • Pas de définition unanime sur la qualité du juriste pouvant pratiquer l’ijtihâd • Difficulté de communication ; de moins en moins vrai actuellement • Envisageable sur des points relativement « explicites » de la sharî`a. Les textes polysémiques entraînant plutôt des divergences
  19. 19. III B 1 c : Le consensus Exemples de consensus • Nomination d’Abu Bakr comme calife • Interdiction de la consommation de graisse de porc • Octroi du sixième de l’héritage à la grand-mère du défunt
  20. 20. III B 1 c : Le consensus Faux exemples de consensus • Abu bakr réunissait la majorité des Compagnons de Médine pour évoquer un sujet – Mais certains étaient déjà disséminés dans le monde musulman • Groupe de juristes sous le califats umeyyades en Andalousie  Selon ces conditions, l’ijma` correspond à un avis juridique collectif
  21. 21. III B 1 d : L’analogie d) Le raisonnement analogique (al-qiyâs) • Procédure consistant à juger un sujet – non mentionné dans les Textes, – en le comparant à un autre semblable, – pour lequel une prescription existe • Il est important de connaître la raison qui a permis d’émettre un avis concernant le sujet modèle – c’est cet objectif qui va être reproduit
  22. 22. III B 1 d : L’analogie Légitimité de l'analogie (al-qiyâs) • Coran – Plusieurs versets mentionnent un récit historique et conclu par une invitation à y réfléchir. Coran 3/13, Coran 12/111 – « Tirez-en une leçon, ô vous qui êtes doués de clairvoyance » Coran 59/2 • Sunna – Hadith de Mou`adh ibn Jabal – «`Umar demande au prophète (pbsl) : « Celui qui jeûne et qui embrasse sa femme, sans que ce baiser engendre de désir, a-t-il rompu son jeûne? » Le prophète lui dit : « Et si tu te gargarises alors que tu jeûnes? » Il répondit : « Je n’y verrais aucun mal ». Le prophète lui dit : « Il te suffit [de faire la comparaison] » • La pratique des compagnons – Alî a dit : « Les gens doués d’intelligence reconnaissent la vérité en mesurant ou en comparants les faits »
  23. 23. III B 1 d : L’analogie Les composants de l’analogie (al-qiyâs) • Un cas principal (al-asl) • Un cas subsidiaire, nouveau (far`) sur lesquels les Textes ne se prononcent pas • Un jugement sur le cas principal (houkm al-asl) • La raison d’être (al-`illa) – Il faut que cet élément soit présent dans les deux cas pour qu’il puisse y avoir analogie
  24. 24. III B 1 d : L’analogie Exemples d’analogie (al-qiyâs) L’interdiction du vin est due à l’ivresse qui détourne de la pensée de Dieu. Coran 5/90  Toute boisson produisant l’ivresse est donc interdite. Lors de l’appel à la prière (du vendredi), il faut arrêter tout commerce pour accomplir la prière. Coran 62/9  Toute autre transaction est réprouvée également
  25. 25. III B 1 d : L’analogie Utilité de l'analogie (al-qiyâs) Avoir l’objectif de réaliser le bien, de sauvegarder l’intérêt général des musulmans en articulant • les principes de la sharî`a dont le nombre est fini et limité • la vie quotidienne des musulmans (14 siècle plus tard) qui compte une extraordinaire diversité de situations
  26. 26. III B 1 d : L’analogie Divergences sur l’analogie (al-qiyâs) • Certains courants de pensée rejettent le qiyâs parmi les sunnites (nadhamite, dhahirite) et les chiites en considérant la probabilité de se tromper dans l’utilisation de la comparaison • Argument utilisé – « Et ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance » Coran 17/36 – Verset interprété comme général alors qu’il ne concerne que les conjectures en matière de croyance
  27. 27. III B 1 d : L’analogie Précisions méthodologiques sur le jugement Conditions qui permettent la transposition du jugement : • Il doit s’agir d’une prescription mentionnée dans la sharî`a (un jugement selon l’ijma` ou le qiyâs ne sont pas reconnues unanimement comme source d’une autre analogie) • Il doit être accessible par la raison (contrairement aux sujets cultuels : nombres de rakat, taux de la zakat, …) • Il ne doit pas être spécifique au cas principal ex : allégement des prières en cas de voyage – spécifique à l’état de voyager
  28. 28. III B 1 d : L’analogie Définition de la raison d’être Distinction entre la raison-d’être (al-`illa) et le but (al-hikma) ou bien-fondé • Raison-d’être : circonstance objective et vérifiable liée à l’application du jugement • But : objectif du législateur de réaliser un bien ou d’éloigner un préjudice Ex : Allègement des prières pour le voyageur • But : faciliter le culte en raison de la pénibilité du transport  subjectif au moyen de transport • Raison d’être : voyage  mesurable objectivement
  29. 29. III B 1 d : L’analogie Comment établir la raison d’être • A partir des Textes (Coran et Sunna) • Ex : la raison de donner 1/5 du butin de guerre aux pauvres : « cela afin que le butin ne soit pas partagé parmi les seuls riches d’entre vous » Coran 59/7 • « si je vous ai interdit de conserver la viande des bêtes égorgées comme offrandes, c’était pour que vous en nourrissiez la foule […] » • A partir du consensus • A partir de l’analyse et la classification – Des circonstances de la prescription • Ex : raisons possibles de l’interdiction de l’usure sur l’orge : l’orge est considérée soit comme mesurable ou comestible ou comme un aliment de base dont on fait des provisions Or il existe une interdiction de l’usure sur l’or  « comestible » écarté Or Il existe une interdiction de l’usure sur le sel  « aliment de base » écarté  interdiction de l’usure due à la qualité mesurable de l’orge – Des prescriptions semblables • Ex : tutelle matrimoniale du père sur sa fille vierge mineure – Etant donné qu’il existe des cas similaires (tutelle sur les biens) ou la raison d’être est la minorité, la virginité est écartée dans le cas de la tutelle matrimoniale • NB : Ces analyses spécifiques font l’objet de divergences – Notre propos à ici simplement valeur d’exemple
  30. 30. III B 2 : Acceptées selon les écoles 2) Sources acceptées selon les écoles • Le choix préférentiel (al-istihsân) • L’intérêt général indéterminé (al-maslaha al-moursala) • La présomption de continuité (al-istishâb) • La coutume (al-`urf) • Les lois des peuples monothéistes
  31. 31. III B 2 a : Le choix préférentiel (al-istihsân) a) Le choix préférentiel (al-istihsân) Deux cas possibles • Préférer à un raisonnement analogique évident un avis moins évident mais plus adapté au contexte • Faire une exception à une prescription générale • Utilisation principalement dans l’école hanafite
  32. 32. III B 2 a : Le choix préférentiel (al-istihsân) Justification • Dans les deux cas, la préférence ne représente pas une source indépendante – C’est un choix entre deux raisonnements analogiques plus ou moins évidents – L’intérêt des personnes et le contexte vont favoriser une loi exceptionnelle plutôt qu’une loi générale • Il s’agit toujours d’une préférence fondée sur une argumentation solide
  33. 33. III B 2 a : Le choix préférentiel (al-istihsân) Exemple (selon l’école hanafite) • Une terre donnée en waqf (donation aux institutions de charité) donne le droit à la communauté d’y faire des travaux publics (canaux d’irrigation, voie publique,…) • Contre un qiyas connu stipulant que le waqf est assimmilé à un contrat de vente dont tous les effets doivent être mentionnés pas écrit • Mais valide selon l’argument que le waqf doit profiter aux nécessiteux – le waqf est ainsi assimilé à une location qui permet ces aménagements
  34. 34. III B 2 b : L’intérêt général (al-maslaha) b) L’intérêt général (al-maslaha) • Terme juridique qui a suscité de nombreux débats – Historiquement : opposition de l’école zahirite (Ibn Hazm) – Actuellement : notion utilisée abusivement pour justifier certaines fatwa fallacieuses en contradiction avec la sharî`a • Source : « Le croyant est toujours à la recherche de la sagesse, ou qu’il puisse la trouver ; c’est à lui de l’atteindre» - • Nécessité d’une définition précise
  35. 35. III B 2 b : L’intérêt général (al-maslaha) Définition • Rechercher quelque chose d’utile ou écarter quelque chose de nuisible en préservant l’objectif de la sharî`a • Domaines préservés par la sharî`a : la religion, la vie, la raison, la descendance et la propriété
  36. 36. III B 2 b : L’intérêt général (al-maslaha) Légitimité • « Il leur ordonne ce qui est convenable, il leur interdit ce qui est blâmable ; il déclare licite, pour eux, ce qui est bon ; il déclare illicite, pour eux, ce qui est impur ; il ôte les liens et les carcans qui pesaient sur eux » Coran 7/157 • « Ô êtres humains ! Une exhortation vous est venue de votre Seigneur, une guérison pour ce qui est dans les poitrines, une direction et une miséricorde pour les croyants. » Coran 10/157 • « Dieu veut pour vous la facilité, il ne veut pas pour vous la difficulté » Coran 2/185
  37. 37. III B 2 b : L’intérêt général (al-maslaha) Deux types de classification • Selon la hiérarchie – L’indispensable (ad-daruriyyat) : concerne les cinq éléments de l’objectif de la sharî`a – Le nécessaire (al-hajiyyat) : prévention de ce qui peut être source de difficulté sans pour autant être vitale – L’accessoire (at-tahsiniyyat) : tout ce qui permet d’améliorer le culte • Selon la proximité aux sources – Intérêt général accrédité (mu`tabara) : se rapportant à une indication textuelle dans le Coran ou la Sunna – Intérêt général indéterminée (mursala) : sans indication de confirmation ou d’infirmation dans les Sources – Intérêt général discrédité (mulghâ) : en contradiction avec un texte indiscutable
  38. 38. III B 2 b : L’intérêt général (al-maslaha) Intérêt général indéterminée (mursala) • Cadre permettant aux juriste de formuler des avis – si les Textes ne se prononcent pas – en se référant à leur raisonnement – en tenant compte du contexte – en accord avec « l’esprit » de la sharî`a • Crainte de l’école zahirite d’une approche purement rationnelle
  39. 39. III B 2 b : L’intérêt général (al-maslaha) Intérêt général indeterminée (mursala) Utilisation abusive • Najm ad-Din at-Tufi (14ème siécle) : Priorité de al-maslaha sur le Coran et la Sunna en donnant la préséance de l’intérêt public sur les Textes • Maslaha « modernes » concernant l’économie et la finance
  40. 40. III B 2 b : L’intérêt général (al-maslaha) Conditions d’applications • L’intérêt poursuivi doit être réel et non fictif – nécessite une analyse minutieuse et certaine du bien engendré • L’intérêt doit être général et concerner le bien être de l’ensemble de la population et pas un groupe particulier • La maslaha ne doit pas être en contradiction avec le Coran ou la Sunna
  41. 41. III B 2 b : L’intérêt général (al-maslaha) Exemples d’utilisation • Rassemblement des différents manuscrits du Coran • Création de monnaie • Instauration d’un impôt foncier sur les terres conquises • Création de prisons • Suspension de la sanction du vol en période de disette • Unification de la lecture du Coran
  42. 42. III B 2 b : L’intérêt général (al-maslaha) Intérêt de son utilisation • Irréaliste de croire que tous les intérêts humains dans leurs détails sont mentionnées dans les Textes • Permet de préserver le dynamisme du fiqh et son adaptabilité dans le temps et l’espace
  43. 43. III B 2 c : La présomption de continuité c) La présomption de continuité (al-istishâb) • Elle consiste à entériner un état de fait dont on a une preuve jusqu’à obtenir un argument prouvant le contraire • En se fondant sur le principe premier de la permission (Coran 2/29), on considère les choses permises tant qu’elles ne sont explicitement interdites
  44. 44. III B 2 c : La présomption de continuité Exemples • Principes du droit musulman issus de ce concept : – Tout individu est présumé innocent jusqu’à preuve de sa culpabilité – Les choses sont normalement licites – L’état initial demeure jusqu’à preuve du contraire
  45. 45. III B 2 c : La présomption de continuité Limitations • Ce concept n’est pas une source juridique à part entière – Il permet simplement de confirmer la validité d’une preuve initiale (le fait de naître innocent) • Une personne absente est selon ce concept considérée comme vivante – cependant en cas d’évènements importants (ex : attribution d’un héritage) on doit chercher la preuve réelle (et non plus supposée) qu’elle est toujours en vie
  46. 46. III B 2 d : La coutume (al-`ourf) d) La coutume (al-`urf) • Tant que la coutume ne va pas à l’encontre des principes islamiques elle est acceptée puisqu’elle est souvent liée à l’intérêt général de la population • Exemples – Evolution du fiqh de Ash-Shâfi’i entre l’Irak et l’Egypte car les coutumes étaient différentes – Utilisation par Malik de la pratique des médinois pour fonder certains avis
  47. 47. III B 2 e : Les lois des peuples monothéistes e) Les lois des peuples monothéistes • Il s’agit des Lois présentes dans le Coran • Même si il n’y a pas d’injonction explicite à les suivre, le fait que ces Lois y sont mentionnées signifient qu’elles sont approuvées implicitement • Exemples – « Nous avons prescrit dans la Thora à ceux qui pratiquent le judaïsme : vie pour vie, oeil pour oeil, nez pour nez, dent pour dent. Les blessures relèveront du talion » Coran 5/45 – « C’est pour cela que fut imposé par Nous cette loi aux fils d’Israël : Quiconque aura tué un être humain, sans que ce dernier ait commis un homicide ou semé le désordre sur terre, ce sera comme s’il avait tué l’humanité toute entière » Coran 5/32
  48. 48. Chap II : Perspectives actuelles • Les objectifs de la voie (maqâsid ash-sharî` a) • Ijtihâd sélectif • Analyses nouvelles • Ijtihâd collectif
  49. 49. I B 7 : Réforme Une redécouverte des vrais objectifs de la voie (maqâsid ash-sharî`a) • L’objectif de la sharî`a est une direction médiane entre une situation à modifier et une situation nouvelle à instaurer • La situation à modifier était celle de l’arabie au 7ème siècle • Il faut déployer une analyse beaucoup plus profonde des décisions qui ont été prises sans s’arrêter uniquement à la lettre mais en essayant de s’approprier le sens général • Ex : Même si on ne trouve pas de condamnation explicite contre l’esclavage, en analysant tous les cas favorisant l’affranchissement des esclaves, on peut conclure que cet état de fait n’était pas en accord avec les objectifs profonds de la sharî`a • Une analyse du contexte est pour cela indispensable : – Les réalisations en terme de réforme du vivant du prophète – Les limites traditionnelles de la société de l’époque – Les modifications actuelles de la société • Cinq éléments à considérer en priorité : la religion, la vie, la raison, la descendance, la propriété
  50. 50. A) Ijtihâd sélectif IV A : Ijtihâd sélectif • Choix d’une opinion parmi l’ensemble du patrimoine juridique islamique pour formuler un jugement • Il ne s’agit pas d’un choix quelconque en fonction d’une convenance aléatoire (processus se rapprochant de l’imitation aveugle (taqlîd)) 
  51. 51. Conditions de la sélection IV A : Ijtihâd sélectif • Comparaison des différentes opinions sur un sujet donné • Analyse des avis selon les preuves les plus solides sur lesquelles ils se fondent (sources ou ijtihâd de l’époque) • Mesure de la pertinence des avs en fonction du contexte actuel • Analyse selon les principes fondamentaux de la sharî`a : – Facilité – Objectif de l’enseignement islamique – Utilité pour l’homme – Protection du mal
  52. 52. IV A : Ijtihâd sélectif Nouvelle approche du patrimoine juridique Pour être pertinent, l’ijtihâd sélectif doit – Remettre en cause le caractère infaillible de ces avis – Etablir une analyse critique des anciens avis • Selon les progrès récents dans l’authentification des hadiths • Les connaissances actuelles pour les domaines politiques, économiques
  53. 53. IV B : Analyses nouvelles B) Analyses nouvelles • Il s’agit d’un ijtihâd original, nouveau C’est le fait d’établir un nouveau jugement qui n’existe pas dans l’ensemble des avis juridiques • Ce nouvel avis peut être du à : - La réévaluation d’un sujet déjà analysé et pour lequel il existe déjà certains avis - L’émergence d’un nouveau sujet qui pose une problématique jamais rencontrée historiquement
  54. 54. IV B : Analyses nouvelles Exemples de nouveau avis Concerne des domaines très changeants - Économie, science, … - Ex:
  55. 55. C) Ijtihâd collectif IV C : Ijtihâd collectif Actuellement, l’ijtihâd individuel devient encore plus exigeant, étant donné les spécialisations requises • En matière juridique : – Connaissance du patrimoine historique – Analyses « originales » • En matière spécifique « profane » (sciences, économie, technologie,…)  Le recours à un ijtihâd collectif est inéluctable
  56. 56. Ijtihâd collectif IV C : Ijtihâd collectif • Création de forums regroupant juristes et spécialistes « profanes » en fonction des sujets abordés • Ex : conseil de médecins pour évaluer les progrès de l’aide à la procréation à la lumière des sources
  57. 57. CONCLUSION • Droit islamique comparable aux – Droit français : construit sur des avis donnés à partir des Textes qui sont la principale référence – Droit anglo-saxon : construit de manière plus empirique et accordant une large latitude à la jurisprudence

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