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RAPPORT FINAL_EVALUATION MI-PARCOURS_JANVIER 2013

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RAPPORT FINAL_EVALUATION MI-PARCOURS_JANVIER 2013

  1. 1. Consortium led by TRANSTEC in association with DEVELOPMENT RESEARCHERS’ NETWORK (DRN), ECO CONSULT SEPP&BUSACKER PARTNERSHAFT, EGIS BDPA, GRM INTERNATIONAL, HCL CONSULTANTS, SAFEGE, SHER INGENIEURS CONSEILS, STICHTING FEMCONSULT, MDF TRAINING&CONSULTANCY (MDF) FRAMEWORK CONTRACT EUROPEAID/127054/C/SER/multi Lot 1 LETTER OF CONTRACT N° 2012/300955 WITH TRANSTEC Rapport final Évaluation à mi-parcours des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie Expert Aart Van der Heide Janvier 2013 Disclaimer “This Report was prepared with the financial assistance of the European Commission. The views expressed in this report are those of the consultants and do not necessarily reflect those of the European Commission”
  2. 2. Évaluation à mi-parcours et évaluation finale des 4 actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages. Évaluateur – Expert Senior: Aart VAN DER HEIDE Date de démarrage de la mission en Mauritanie: 21 Octobre 2012 Voyage international en Mauritanie: Samedi 20 Octobre 2012 Réunion de démarrage avec la DUE: Dimanche 21 Octobre à Nouakchott, Mauritanie. Visites de terrain : - ACF : du 29-31 octobre, - PAM : du 1-3 novembre, - GRET : du 5-7 novembre et - CRF: du 8-10 novembre 2012. Restitution officielle avec la DUE : 15 novembre 2012 et Restitution avec les partenaires PAM, CRF, GRET et ACF : 19 novembre 2012.
  3. 3. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie Table des matières Abréviations et Acronymes ........................................................................................................4 1. Résumé...............................................................................................................................5 2. Introduction .......................................................................................................................8 2.1. Description du programme........................................................................................8 2.2. Méthode suivie pendant l’évaluation.......................................................................8 2.3. Limites ou faiblesses de l’exercice ............................................................................9 3. Réponses aux questions/constatations ......................................................................... 10 3.1. Problèmes et besoins (pertinence) ........................................................................ 10 3.2. Gestion saine et bon rapport coût-efficacité (Efficience)...................................... 15 3.3. Réalisation de l'objectif (Efficacité)........................................................................ 17 3.4. Effets généraux (Impact)........................................................................................ 20 3.5. Probabilité de poursuite des résultats obtenus (Viabilité) ................................... 21 3.6. Renforcement mutuel (Cohérence)........................................................................ 22 3.7. Valeur ajoutée communautaire ............................................................................. 23 5. Conclusions et Recommandations ................................................................................. 25
  4. 4. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 4 Abréviations et Acronymes AC Aliment de complément ACF Action Contre la Faim E – ONG internationale, branche Espagnole CAP Connaissances – Attitudes – Pratiques CaLP Cash Learning Partnership CCC Communication changement de comportement CL Cadre logique CRF Croix Rouge Français CRM Croisant Rouge Mauritanien CSA Commissariat de la sécurité alimentaire DUE Délégation de l’Union Européenne Enquête zéro Enquête de base au démarrage FAO Food and Agriculture Organisation of the UN GCP gestion du cycle de projet GRET Groupe de Recherche et d’Echange en Technologie HEA Household Economy Approach ou approche de l'économie des ménages MAED Ministère des affaires économiques et du développement MAG Malnutrition aigüe globale MAM Malnutrition aigüe modérée MAS Malnutrition aigüe sévère MC Malnutrition chronique MISOLA Farine composé – mil, soja, lait en poudre et arachide MUAC Périmètre brachiale PB ou Mid-Upper-Arm-Circumference PAM Programme Alimentaire Mondial ou World Food programme PCM Project Cycle Management ou Gestion du Cycle de Projet = GCP PDM post distribution monitoring PB Périmètre Brachiale ou MUAC – Mid-Upper-Arm-Circumference PM Premier ministre PT Poids/taille ou malnutrition aigüe REACH Renewed Efforts against Child Hunger and under nutrition (Eliminer la faim et la Malnu- trition parmi les enfants) SCF Save the Children Fund SMART Spécifiques, Mesurables, Acceptables, Réalistes et limités dans le Temps (indicateurs) Stunting Malnutrition aigüe ou P/T TA Taille/âge ou malnutrition chronique TM Task Manager ou gestionnaire de l’évaluation UNICEF United Nations Children Fund USAID United States Agency for VAM Vulnerability Analysis and Mapping, Unité d’analyse et cartographie de la vulnérabilité Wasting Malnutrition chronique ou T/A WVI World Vision International
  5. 5. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 5 1. Résumé Cette évaluation à mi-parcours des actions pilotes des cash transfert, à vocation de lutte contre la mal- nutrition, l’insécurité alimentaire et la pauvreté, a pour objectif général de faire une appréciation systé- matique et objective des modalités, opérationnalités et premiers impacts des transferts de cash dans leur ensemble, en tant qu’actions pilotes en Mauritanie. Le but principal était de disposer d’un ensemble ou corpus d’expériences en la matière1 . Le programme est considéré comme un programme de dévelop- pement et non comme une opération d’urgence. Après le processus de l’appel à proposition et la sélection de quatre (4) organisations intervenantes : ACF, PAM, GRET, CRF en 2010, les projets ont démarré en janvier 2011 (ACF) et seront finalisés en sep- tembre 2013 (ACF) dans quatre (4) zones différentes du sud de la Maurétanie dans les Régions de Gor- gol, Brakna et Guidimakha. Un total de plus de 2.500 ménages bénéficiaires a participé avec une atten- tion spéciale portée sur les mères et les jeunes enfants. Les périodes d’intervention furent différentes : l’ACF 32 mois, le PAM et le CRF 24 mois et le GRET 27 mois (voir ANNEXE 3 points 3.3 et 3.4). Le budget total fut estimé à 2.08 M € et chaque organisation a bénéficié d’un budget de + 500.000 €. Le montant pour le cash transfert était conditionné à un maximum de 100.000 € par l’organisation, soit plus de 20% du montant total. Les coûts généraux de ce programme sont 80% dont les ressources humaines à plus de 45%. Le PAM a désigné un montant de 245.000 € pour l’action d’aide alimentaire et 86.000 € pour le cash (voir ANNEXE 3 point 3.5). Le ciblage des ménages bénéficiaires a été fait de manière différente (voir les ANNEXE 4 points 4.1 – 4.5 points 1). Les activités, les résultats attendus et aussi les systèmes de suivi dont les indicateurs sont diffé- rents (voir les différences en détail en ANNEXE 3). La mise en œuvre du programme a coïncidé avec la sècheresse de 2011 qui a provoqué une nouvelle situation d’urgence et une nouvelle crise alimentaire. Action Contre la Faim (ACF) a pu étendre le pro- gramme avec un financement de DFID et étendre ainsi le nombre de bénéficiaires. Ainsi, le programme pilote est devenu un programme avec des modalités différentes en ce qui concerne le ciblage, les opérations de cash transfert, les activités d’accompagnement et la méthodologie de suivi (voir ANNEXE 4 points 4.1 – 4.5 pour plus de détails). Il faut aussi noter que le nombre et la qualité des indicateurs sont divers et un grand nombre n’est pas objectivement vérifiable (voir point 3.1.4). Les pre- mières réunions de coordination (4 réunions dont la dernière réunion, organisée en Juin 2011) ont tra- vaillé sur une uniformisation des indicateurs mais ce travail n’a pas été finalisé pour des raisons de ca- lendrier et des opérations d’urgence. En ce qui concerne la pertinence du programme, il est clair que la lutte contre la malnutrition et la pau- vreté sont d’une grande importance et nécessaire mais la question qui se pose est si cette lutte devra 1 Il faut noter que le corpus d’expériences devra certainement être ajouté aux autres projets de lutte contre la malnutrition et de sécurité ali- mentaire.
  6. 6. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 6 être réalisée à travers un programme cash transfert2 . Le rapport mentionne la nécessité d’une analyse du contexte de l’économie politique de la Mauritanie en général et de la zone du programme en particu- lier. En outre, 40 ans de coopération au développement ont déjà apporté assez d’alternatives qui ont démontré leur validité. En outre, il y a le constat encore sous forme d’hypothèse, que les activités d’accompagnement ont un impact plus important sur les résultats attendus que le cash en soi même. Le cash attribué aux ménages est principalement utilisé pour les remboursements des dettes et à l’achat des aliments de qualité. L’utilisation du cash en forme d’AGR a fait ses preuves, mais ce constat est déjà connu à travers d’autres programmes. Les activités de sensibilisation ont certainement eu un très grand impact et un programme test n’est pas nécessaire pour réaffirmer ce constat. Il existe déjà beaucoup de littérature, surtout en anglais, dans laquelle des analyses de faisabilité sont réalisées, aussi des modalités et des conditions de réussite bien expliquées. Un facteur signifiant à travers toute la littérature montre que le contexte politico-économique conditionne la réussite. La structure politique au niveau national et surtout local devra y être favorable. Sinon, le cash dans le cadre du programme de développement est une opération qui donne des résultats à court terme et non à longue terme. L’efficacité du programme au niveau des quatre (4) organismes ne nous montre pas de difficultés. Chaque partenaire a déjà fait preuve d’efficacité à travers d’autres programmes. En outre, il faut dire qu’avec un budget dont les frais généraux3 sont d’à peu près 80% du budget total et global, il est clair que l’efficacité devra être présente. L’efficacité du programme au niveau des quatre (4) projets des partenaires n’est pas remise en question. Les activités de ciblage, d’accompagnement, de suivi et de recherche sont exécutées conformément aux documents de projets. On peut noter que l’uniformisation des modalités a été négligée ; la coordination centrale entre les partenaires – état, DUE et organismes exécutifs – est absente et un cadre de recherche sur le plan méthodologique et surtout le suivi est inexistant. Un autre constat est que les structures éta- tiques ne sont pas impliquées officiellement, ce qui est normalement exigé pour une réussite à long terme de tels programmes4 . L’impact des opérations est certainement palpable (voir ANNEXES 4.5) mais pas encore connue en détail. Les enquêtes et rapports de fin de projets n’étant pas encore disponibles. L’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle est certainement réalisée mais il reste la question de savoir si cette réussite est due au transfert de cash ou aux activités d’accompagnement ? Les leçons apprises des autres projets dans d’autres pays nous démontrent que les activités d’accompagnement ont été efficaces. 2 Est-ce les sensibilisations nutritionnelles suffisent pour combler un déficit alimentaire et pour aider les ménages les plus pauvres à recapitali- ser en matière de moyens d’existence sera certainement une des questions à poser. Des simples messages liés aux bonnes pratiques ne pour- raient cependant pas combler ces besoins mais la pratiques nous a bien appris que ces messages simples ont un très grand impact et garantis- sent au moins une durabilité. Sans approche cash avec 80% de frais généraux, l’impact de ces messages simples sera aussi assez palpable. 3 Le terme « frais généraux » ou en anglais « overhead costs » signifie dans ce programme toutes les rubriques financières hors le cash c.à.d. les ressources humaines, voyages, matériel & fournitures, bureaux, autres couts etc. Le PAM a cependant utilisé un montant de 331.592€ alloué à l’aide alimentaire (245.308€) et le cash (86.285€). Selon cette classification l’ACF, le GRET et le CRF ont alloué 80% de leur budget aux frais généraux tandis que le PAM n’y a alloué que 42% mais a financé d’autres frais par d’autres budgets du PAM. 4 Pour la DUE, cette question n’est pas opportune pour la simple raison que les modalités de gestion sont centralisée directement via des sub- ventions. D’après la DUE, des projets de ce type montrent leurs limites en Mauritanie. Cela veut simplement dire qu’en Mauritanie, de tels projets ne sont réalisables à moins que les conditions de la part du bailleur de fonds soient réunies. Dans le cas contraire, la conclusion est simple: ne pas exécuter des tels projets.
  7. 7. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 7 La réponse à la question si l’évaluation à mi-parcours devait permettre de vérifier dans quelle mesure le programme constitué par les quatre (4) projets a pleinement joué son rôle dans le domaine de la lutte contre la malnutrition, de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté ne peut pas encore être répondue parce que les résultats des enquêtes finales mais aussi ceux des évaluations finales ne sont pas connus. Les évaluations finales n’ont pas encore démarrées. Il faut attendre les résultats finaux afin de répondre à cette question. La cohérence avec d’autres programmes en Mauritanie n’est pas remise en question. La cohérence in- terne ou intra-cohérence par contre l’est. Ci-dessous les six (6) grandes recommandations:  Analyser la littérature internationale et entreprendre une analyse du contexte politico-économique pour une meilleure combinaison avec les résultats de l’évaluation finale de ce programme ;  Intégrer et laisser participer ou même responsabiliser les structures étatiques sur base des leçons apprise par les autres programmes : sans responsabilisation des structures étatiques au niveau na- tional et surtout local, la faisabilité des programmes cash sont douteux en cas de situations normales (pas en situations d’urgences).  Uniformiser les opérations, modalités et systèmes de suivi surtout en programmes pilotes.  Reprendre la coordination avec un agenda très clair dans la finalisation et l’uniformisation des rap- ports finaux surtout pour mesurer l’impact. Une nouvelle phase devra avoir nécessairement un bon cadre de recherche avec une assistance technique compétente en GCP et travaillant à partir d’une structure étatique. L’AT5 devra nécessairement être compétant travaillant au niveau d’une structure étatique – MAED ou CSA - ou éventuellement être encadré par une des ONG impliquées.  Insister sur un nombre réduit d’indicateurs qui sont réellement et objectivement vérifiables dans un nouveau programme.  Lancer un nouvel appel à proposition seulement lorsque les autres recommandations ont été mises en œuvre. Si non, la justification d’un nouveau programme est assez discutable. 5 L’AT doit avoir une forte expérience mais aussi une connaissance en matière de méthodologie liée à la recherche, au suivi, à l’intégration insti- tutionnelle mais aussi organisationnelle et devra être à la disposition de la DUE, des structures étatiques impliquées mais surtout des ONG impliquées.
  8. 8. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 8 2. Introduction 2.1. Description du programme Il s’agit d’un programme pilote/ test « Transfert Économique et Social à Vocation de Lutte contre la Mal- nutrition et l’Extrême pauvreté des Ménages en Mauritanie » d’un montant de M€ 2.08 alloué à l´enveloppe B de la Mauritanie6 . Suite à un appel à proposition restreint, 4 organisations ont été sélec- tionnées après une évaluation de leurs propositions respectives7 , soit chacune pour un montant de €+ 500.000. Un montant maximal de €100.0008 a été destiné aux cash transferts. Chaque partenaire a développé et mis en œuvre sa propre méthodologie de ciblage et aussi sa propre méthodologie de suivi. Chaque projet a mis en pratique un certain nombre d’activités d’accompagnement comme, entre autres, des activités de sensibilisation ou des CAP en matière de san- té, d’hygiène et de nutrition, mais aussi certaines activités de génération de revenus. Une étroite colla- boration a été mise en place avec les CRENAM ; certaines ONG ont organisé un partenariat avec les ONG locales, ACF et PAM. Le CRF a exécuté son programme en partenariat avec le CRM qui a également for- mé un réseau local de volontaires. Le GRET a opté pour la mise en œuvre de la « stratégie Nutridev9 ». Le volet recherche a été élaboré selon des méthodologies différentes parmi lesquelles surtout les en- quêtes anthropométriques – PB et P/T – ont été exécutées, ainsi que des enquêtes de consommation alimentaire au niveau des ménages. La situation économique des ménages a été évaluée selon des mé- thodes différentes, par classification des ménages, c’est-à-dire, en termes de vulnérabilité pour certaines situations d’insécurité soit alimentaire, nutritionnelle, hygiénique ou économique etc. Ceci s’est effectué selon la méthode HEA par certaines partenaires, mais également par d’autres méthodes10 . La coordina- tion entre les quatre (4) partenaires et la DUE à été organisée de façon informelle. L’accompagnement sur le plan de recherche et de méthodologie a été organisé par chaque partenaire de manière indivi- duelle et non coordonnée. La première année de la mise en œuvre du programme a été réalisée dans des circonstances normales; mais la deuxième année, l’année 2011, a été déclarée zone d’urgence à cause de la sécheresse. 2.2. Méthode suivie pendant l’évaluation Cette évaluation à mi-parcours a duré 4 semaines. La première phase était destinée à l’étude de la do- cumentation. La deuxième phase a été réalisée sur le terrain avec les 4 partenaires à Selibaby, Kaédi et Bhogé. Cette phase a été réservée aux rencontres avec les équipes et les gestionnaires de projets, les enquêteurs, certains groupes de bénéficiaires présélectionnés et avec d’autres ONG et organisations onusiennes. Les ANNEXES 4 nous montrent les résultats et les réponses sur un nombre de questions de l’évaluation, ainsi qu’un résumé et une appréciation des données collectées. 6 Fonds d'urgence (réserve de l'enveloppe B du 10ème FED pour besoins imprévus) pour aider les pays ACP à faire face aux conséquences ma- croéconomiques et sociales liées à l’envolée des prix des denrées alimentaires à l'échelon international. Ce financement était prévu au départ pour répondre à la flambée des prix de 2008, cependant, la période 2008/2009 a connu un arrêt de la coopération de 15 mois suite au coup d’état d’aout 2008. De ce fait, les fonds ont été réorientés vers cet appel à proposition en lien avec la lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages. 7 ACF-Espagne en Sélibabi, PAM à Kaédi, GRET à Khode et le CRF à Kaédi. 8 Ce montant est le maximum alloués pour les opérations de transfert financier et est lié au Règlement financier du FED et n’est pas une volonté de la DUE. 9 Une stratégie développé par le GRET dont la commercialisation de l’aliment de complément et enrichi MISOLA fait partie. 10 Le GRET a ciblé toutes les femmes étant enceintes de plus de 7 mois et/ou ayant des enfants entre 0-2 ans. Ce sont des critères de vulnérabili- té nutritionnelle.
  9. 9. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 9 2.3. Limites ou faiblesses de l’exercice Cette évaluation n’a pas eu le temps ni les moyens pour apprécier, de manière systématique, l’appréciation des bénéficiaires du programme. Cependant, certains partenaires – ACF et PAM – avaient déjà une quantité de données, des résultats des enquêtes et du suivi disponibles. Le programme finalise les activités en 2013, cependant à des dates différentes. Les différents projets ont notamment pu dé- marrer, en 2011 mais à des dates différentes. Le fait que le programme n’ait pas pu organiser un système de coordination officielle – seulement une coordination informelle présente – a joué sur l’optimalisation de l’utilisation d’un cadre de recherche commun. Bien que les coûts généraux des trois (3) programmes (ACF, GRET, CRF) représentent 80% du budget et 20% pour le volet cash, le cadre de recherche nécessaire pour une approche pilote n’a pas été organisé de manière optimale. Le chapitre 3 (page 10 du présent document) – réponses aux questions d’évaluation – a suivi autant que possible la Présentation et la structure du rapport d’évaluation, Annexe II des TdR. En ANNEXE 2, est présentée la méthodologie appliquée de cette évaluation. En ANNEXE 3, sont présentées les données générales sur les quatre projets. En ANNEXE 4, sont apportées les réponses sur des questions spécifiques analysées des quatre projets. En ANNEXE 5, sont présentée les résultats de l’étude de la littérature internationale sur le cash transfert.
  10. 10. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 10 3. Réponses aux questions/constatations 3.1. Problèmes et besoins (pertinence) La pertinence est définie comme la mesure dans laquelle les objectifs du programme correspondent aux attentes des bénéficiaires, aux besoins du pays, aux politiques des partenaires techniques et financiers en général et de la Commission européenne en particulier. a) En ce qui concerne la mesure dans laquelle le projet est compatible avec le cadre des politiques communautaires (UE) et sectorielles du gouvernement partenaire, la situation est assez claire. La poli- tique communautaire est claire et bien établie dans le document Food Security Thematic Programme 2011-2013 ce qui indique qu’il faut poursuivre durablement les expériences pilotes de transfert écono- miques et sociaux dans une perspective de développement. Ce document sera la base pour le nouvel appel à proposition sur des fonds FSTP phase 2011-2013. Cependant, l’appel à proposition de 2010 n’a pas été lancé sur cette base, et ne dépend pas du FSTP puisqu’il s’agissait des fonds FED. Le document fait mention d’un nouvel appel à proposition qui sera lancé fin 2012 – début 2013 qui concernerait des projets à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages. Le document men- tionne une attention particulière à la méthodologie proposée pour le ciblage social et économique des bénéficiaires. Cependant, bien que la DUE, conjointement avec les partenaires du programme pilote cash transfert, ait développé une approche conjointe pour la mise en œuvre pilote, le gouvernement parte- naire est officiellement informé, mais pas officiellement impliqué, dans le processus. Dès lors, il ne parti- cipe pas dans le développement d’une stratégie en la matière. Le MAED a publié, en janvier 2012, une version finale de la « Stratégie nationale de protection sociale en Mauritanie »; Celle-ci défend la ma- nière ou l’élément essentiel pour l’équité et la lutte contre la pauvreté. L’élaboration de la stratégie na- tionale a été réalisée avec l’appui de l’équipe UNICEF. Le fait qu’une structure de coordination officielle n’existe pas, malgré le fait que les partenaires se soient réunis quatre fois, fait que la suite a été négli- gée. Au moment de l’évaluation à mi-parcours, aussi bien la CSA que le MAED ont proposés d’être les partenaires gouvernementaux. Entretemps, le MAED a créé un comité de pilotage comme il a été prévu dans la stratégie. Les deux structures étatiques sont complémentaires en ce qui concerne les opérations cash pour la lutte contre la malnutrition et contre la pauvreté. Une gestion conjointe sera préférée en ce qui concerne le sujet « partenariat » mais c’est au gouvernement – la Primature – de faire le choix. Ce- pendant, les modalités de financement de la part de l’UE sont une contrainte. b) En ce qui concerne la qualité de l'analyse des enseignements tirés de l'expérience passée, il faut remarquer que l’analyse finale sera faite après la finalisation des quatre projets. Les rapports finaux de- vront mettre l’accent sur cette analyse, à condition que cela soit fait de manière uniformisée. L’évaluation à mi-parcours fut exécutée presqu’à la fin du programme, juste avant le lancement du nouvel appel à propo- sition des enseignements tirés de l’expérience passée; ils ne sont cependant pas encore disponibles en ce qui concerne l’impact d’une part et la durabilité d’autre part. Les enquêtes finales de terrain étaient encore en pleine exécution. Bien que des enseignements tirés de l’expérience passée ne soient pas encore dispo- nibles, un nombre de points en ce qui concerne la méthodologie et la coordination etc. est connu. Il s’agit principalement de l’absence d’un cadre de coordination, d’un cadre commun de méthodologie, surtout d’un cadre commun de recherche. Mise à part l’absence au niveau des cadres évoqués de participation des structures gouvernementales11 , la conclusion principale est que le cadre pilote, ou cadre test, de cette opé- ration a été partiellement réalisable. Un tel programme – où + 80% du budget est destiné aux frais géné- 11 Bien qu’il s’agisse d’actions pilote avec des modalités de gestion liées aux procédures de l’UE et cependant non d’un programme global homogène. Ce fait restreint d’exécution d’un programme global homogène et alors les exigences pour un programme plus durable en ce qui concerne la participation au moins ou la prise en charge par les structures gouvernementales.
  11. 11. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 11 raux et 20% au cash, dans lesquels les cadres de coordination, de recherche, de méthodologie commune et une implication ou participation des structures gouvernementales manquent - ne peut pas être considéré comme un programme pilote. c) En ce qui concerne la cohérence entre le projet et les initiatives actuelles, les initiatives en cours et les initiatives en programmation, il faut noter que les programmes cash sont nouveaux en Mauritanie ; toujours des initiatives pour plus de coordination sont en œuvre. Par exemple au niveau régional, à l’initiative d’ACF. Il faut aussi mentionner que les programmes cash peuvent avoir plusieurs objectifs selon l’orientation qu’on veut leur donner en matière de protection sociale ; Par exemple la sécurité alimentaire, la santé, la nutrition, l’éducation, les AGR etc. Toutes ces activités rentrent facilement dans le cadre de la lutte contre la pauvreté ou de malnutrition. Les programmes de lutte contre la pauvreté et la lutte contre la malnutrition sont très bien connus en Mauritanie. Ainsi plusieurs cadres stratégiques (3x) de lutte contre la pauvreté sont déjà mis en œuvre. Chaque auteur a mis en œuvre le cash selon sa propre approche et cette approche est tirée de sa propre expérience dans le domaine. Il faut aussi mentionner l’exemple du CaLP ou Cash Learning Partnership qui est un consortium d’organisations humanitaires (OXFAM-GB, ACF, Croix Rouge Britannique, SCF et NRC). L’objectif du CaLP est de mieux connaitre les programmes cash et d’améliorer leur qualité dans tout le secteur humanitaire. Bien qu’il existe plusieurs réunions de coordina- tion les acteurs intervenants dans le domaine du cash au niveau national ou régional et également se trou- vant au niveau local, il y a de nombreuses commissions qui jouent un rôle important dans l’organisation du cash. Les organisations participantes jugent que toutes ces initiatives permettent une bonne orientation et exécution des programmes cash. Les capitalisations du CaLP et des autres ONG auraient eu plus de valeur si les structures étatiques y avaient été associées. Cependant, il faut noter que l’avance que les organisations participantes ont prise sur les structures gou- vernementales en ce qui concerne les approches « cash », n’est pas favorable à une pérennisation du déve- loppement des politiques nationales en ce qui concerne la protection sociale. d) En ce qui concerne la qualité de l'analyse du problème ainsi que de la logique d'intervention et de la matrice des cadres logiques des projets, la matrice globale et l'adéquation des indicateurs de réali- sation objectivement vérifiables, il faut noter le suivant : L’analyse du problème est l’analyse du phéno- mène « pauvreté », mais aussi l’étiologie de la malnutrition. D’abord il faut noter que l’étiologie de la malnutrition est directement liée à la pauvreté existante dans les ménages, mais aussi aux facteurs qu’on appelle le niveau bas des CAP’s, surtout celui des mères concernées. Les théories qui expliquent le phé- nomène pauvreté sont nombreuses. Les explications sont surtout orientées vers un cadre politico- économique défavorable, en conjonction avec une réalité écologique fragile qui se renforce. Les CL sont logiques en ce qui concerne les objectifs, les résultats attendus et les activités proposées. Cependant en ce qui concerne les indicateurs objectivement vérifiables12 , il se pose la question du grand nombre d’indicateurs, en plus celle d’un nombre d’indicateurs difficilement vérifiables et de ceux déjà quantifiés. Un indicateur est un outil d'évaluation et d'aide à la décision (pilotage, ajustements et rétro-correction) grâce auquel on va pouvoir mesurer une situation ou une tendance, de façon relativement objective, à un instant donné, ou dans le temps et/ou l'espace. Mesurer une situation ou une tendance veut simple- ment dire avoir d’indicateurs mesurables mais aussi vérifiables et pas d’indicateurs déjà quantifiés. Dans 12 Les indicateurs objectivement vérifiables sont d’une part les indicateurs anthropométriques déjà utilisés et d’autre part les indicateurs déjà bien développés dans l’approche HEA : type de ménage très pauvre, pauvre, moyen et nanti mais aussi les indicateurs qui indiquent objective- ment les dettes, la qualité et nombres des repas par groupe membre du ménage, stock alimentaire etc. En ce qui concerne le suivi, il est néces- saire de suivre l’évolution de ces indicateurs.
  12. 12. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 12 l’ANNEXE 3 « données générales sur les 4 projets » paragraphe 6, les indicateurs proposés dans les CL sont pour ACF = 9 indicateurs, pour le PAM = 19 indicateurs, pour le GRET = 26 indicateurs et pour le CRF = 16 indicateurs. On constate que le nombre est assez grand surtout à suivre dans le temps et/ou dans l’espace. Quelques exemples d’indicateurs nous montrent :  Un rapport d’analyse et de contrôle. Observation : un rapport n’est pas un indicateur !  Les pratiques liées à l’alimentation des enfants de moins de 5 ans se sont améliorées pour 30% des ménages bénéficiaires. Observation : comment mesurer les pratiques liées à l’alimentation et 30% d’amélioration ? Ceci n’est pas un indicateur mais un résultat attendu !  Le score de diversité alimentaire des ménages bénéficiaires est amélioré de 20%. Observation : le score de diversité alimentaire est un indicateur à part du problème ; comment le vérifier objective- ment. Une amélioration de 20% est un résultat attendu.  Les revenus annuels des ménages bénéficiaires vulnérables sont augmentés d’au moins 15%. Obser- vation : le revenu annuel est un indicateur mais la manière de le mesurer objectivement est un grand problème tandis qu’une augmentation de 15% est un résultat attendu.  Les connaissances sur les bonnes pratiques alimentaires/ nutritionnelles / hygiène / assainisse- ment sont améliorées de 20%. Test Connaissances 1 : 80% des femmes des ménages ont obtenu plus de 60% de moyenne au test de connaissances sur les bonnes pratiques – 1 mois après la fin des dis- tributions. Observation : les connaissances ne sont pas des indicateurs mais le minimum de connais- sance en est un tandis que les 60% de moyenne au test est un résultat attendu !  Niveau des connaissances et d'intégration des connaissances dans les pratiques d'alimentation, d'hygiène et de soins chez les femmes ciblées. Observation : cela est un indicateur mais la méthodo- logie afin de le vérifier est très compliquée !  Évolution de la qualité des services de santé fournis. Observation : c’est un indicateur mais il faut avoir une très bonne méthodologie pour une vérification objective !  Les indicateurs de sécurité alimentaire des ménages sont améliorés d’au moins 50%. observation : quels sont les indicateurs de sécurité alimentaire ? De plus, l’amélioration de 50% est un résultat at- tendu !  50% des familles les plus pauvres ciblées couvrent leurs besoins alimentaires de base en période de soudure. Observation : l’indicateur est la couverture des besoins alimentaires mais 50% est un résul- tat attendu ! e) En ce qui concerne la mesure dans laquelle les objectifs annoncés sont adaptés aux problèmes identifiés et aux besoins sociaux ainsi que la clarté et la cohérence interne des objectifs énoncés : tous les objectifs généraux et spécifiques sont bien adaptés aux problèmes identifiés – pauvreté et malnutrition – mais les besoins sociaux ne sont pas bien identifiés13 . Les objectifs d’une part et les activités et les résul- tats d’autre part sont cohérents. Cependant, le concept de résilience14 n’est pas bien pris en compte tandis que c’est un élément clé pour garantir une stratégie durable. f) La mesure, pour laquelle la nature des problèmes fut initialement identifiée, a changé. Il faut dire que l’urgence a changé les problèmes. La DUE mais aussi les quatre partenaires ont indiqué que la situa- tion d’urgence est apparue de façon non attendue. Cependant, des hypothèses du CL, le PAM ne men- 13 Il s’agit principalement des besoins sociaux de base directement liées aux besoins sanitaires et besoins aux groupements sociaux dont la classification HEA distingue aussi les ménages par leur degré de pauvreté. 14 La résilience d’une communauté est la capacité de continuer à vivre, fonctionner, se développer et s'épanouir après une catastrophe ou crise.
  13. 13. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 13 tionne pas de catastrophes naturelles qui perturbent l’exécution du projet; le GRET mentionne la surve- nance de crises alimentaires ou de sècheresse fortes et le CRF mentionne des risques naturels comme les pluies, les sècheresses etc. ; qui auront un impact sur les productions agricoles et animalières avec des risques de maladies comme des maladies végétales et/ou animales etc. Pour le reste, la nature des pro- blèmes initialement identifiée – pauvreté et malnutrition - n’a pas changé. g) En ce qui concerne la mesure pour laquelle les objectifs ont été actualisés pour tenir compte de l'évolution de la situation : Les premiers résultats provisoires n’ont, malheureusement, pas permis de conclure une amélioration durable en ce qui concerne le degré de pauvreté des ménages concernés. Cependant les taux de malnutrition MAG ont diminué, mais les analyses des enquêtes n’ont pas établi de lien de causalité entre la diminution de la MAG et les composants les plus effectifs. Pour mesurer la di- minution de la pauvreté il faut avoir un ou plusieurs indicateurs mesurant cette situation qui, en même temps, indiquent le facteur durabilité ou résilience. h) En ce qui concerne le degré de flexibilité et d'adaptabilité permettant de réagir rapidement à d'éventuels changements de circonstances : l’ACF, ainsi que le PAM, ont réagi par une intervention paral- lèle en apportant de l’aide alimentaire. Les deux autres organisations n’ont pas changé leurs stratégies. i) En ce qui concerne la qualité de l'identification des principales parties prenantes et des groupes cibles (notamment l'analyse selon le genre et l'analyse des groupes vulnérables) et des questions liées aux capacités institutionnelles : Chaque partenaire a opté pour sa propre méthodologie de ciblage. L’ACF et le PAM ont opté pour un système de suivi avec les groupes témoins. Voir les tableaux ANNEXE 4.5.1. dans lesquels les procédures de ciblage ont été expliquées en détail, y compris les critères de ciblage. L’ACF a dû laisser tomber les « témoins » pour des raisons opérationnelles. j) En ce qui concerne la participation des parties prenantes à l'élaboration et à la gestion/mise en œuvre du projet, le niveau d'appropriation locale et les capacités d'absorption et de mise en œuvre : L’élaboration du document de projet a été réalisée par l’organisme concerné selon les exigences formulées dans les lignes directrices. Le PAM a travaillé avec deux partenaires locaux sous forme de sous-traitance, cependant avec une grande flexibilité exécutive; Ils ont apporté un support pendant l’élaboration du do- cument de projet et, en particulier, ils ont pris part à la mise en œuvre depuis le début. Le CRF a travaillé en partenariat direct avec le CRM et un grand groupe de volontaires. k) En ce qui concerne la qualité de l'analyse des options stratégiques, de la justification de la stratégie de mise en œuvre recommandée et des modalités de gestion et de coordination : Chaque partenaire a fait le choix de la mise en œuvre d’une stratégie adaptée, mais également développée par l’organisation. Le GRET par exemple a opté pour la mise en œuvre de la « straté- gie » développée par le GRET dont la commercialisation de l’aliment enrichi, « MISOLA ». Le CRF travaille avec son partenaire national, le CRM, et utilise un grand réseau de volontaires. Les modali- tés de gestion sont d’une part propres à l’organisation et d’autre part strictement conditionnées selon les critères mentionnées dans les lignes directrices. l) En ce qui concerne le réalisme du choix et de la quantité des ressources à mettre en œuvre (financières, humaines et administratives) : Les lignes directrices mettaient des exigences assez strictes en ce qui concerne les finances, entre autres, le minimum et le maximum du budget; la période et pour ce programme de pilote un plafond maximal de 100.000 € pour la composante cash. Cependant, le PAM a utilisé une grande partie du budget pour
  14. 14. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 14 l’aide alimentaire (245.308€ et 86.285€ pour le cash =15% du budget total) tandis les autres un total de 20% pour le cash (voir annexe 3.5.). ACF PAM GRET CRF Moyenne %  Ressources humaines 210,748 128,519 278,360 241,874 214,875 36.00%  Voyages 3,000 15,543 13,500 4,846 9,222 1.54%  matériel & fournitures 10,960 23,439 45,900 54,573 33,718 5.64%  bureau local 45,705 23,961 54,685 50,210 43,640 7.31%  autres coûts et services 35,300 10,654 126,750 67,923 60,157 10.08%  autres : inputs programme 161,577 331,592 105,882 199,684 33.44%  coûts directs 32,710 37,219 36,338 36,771 35,760 5.99% TOTAL 500,000€ 570,927€ 555,533€ 562,079€ 597,056€ 100% m) En ce qui concerne l'analyse des hypothèses et des risques : Tous les CL mentionnent un nombre d’hypothèses et de risques, comme la sécurité dans la zone, des catas- trophes naturelles, des aléas climatiques etc. mais aucun CL ne mentionne la nécessité d’une coordination conjointe, d’un cadre de recherche15 pour comparer les résultats finaux d’une manière scientifique. Il faut cependant constater que cela n’est pas le rôle des organisations sélectionnées. Une autre hypothèse qui manque est la nécessité d’associer ou même d’intégrer une structure étatique afin de garantir une péren- nisation optimale. Les trois ONG participantes sont des ONG non-mauritaniennes. n) En ce qui concerne l'adéquation des modalités de suivi et d'évaluation recommandée : En ce qui concerne l’adéquation des modalités de suivi, il faut d’abord faire le constat que les lignes di- rectrices mentionnent qu’une attention particulière doit être donnée uniquement à « la méthodologie proposée au suivi des effets du projet » et à « l’approche de suivi et contrôle des transferts et opérations financières». Cependant les lignes directrices ne font pas mention du fait qu’un projet pilote ou test a besoin d’un suivi uniformisé afin de disposer d’un suivi qui permettra de comparer les stratégies qui dif- fèrent dans les détails16 . Une méthodologie assez standardisée et uniformisée rend une comparaison faisable. La méthodologie non standardisée rend la comparaison assez difficile et surtout subjective. Il faut d’abord avoir des indicateurs spécifiques, mesurables, acceptables, réalistes et limités dans le temps (SMART). Les lignes directrices n’ont pas fait l’appel à cette nécessité ni le processus d’évaluation par les assesseurs des notes succinctes et des propositions complètes a détecté ce constat. Tous les partenaires n’ont pas prévu une évaluation de fin de projet. Une telle évaluation exécutée de manière uniformisée n’était pas prévue tandis qu’un programme pilote devrait l’avoir prévu17 . 15 Bien que les projets travaillent avec des instituts de recherches hautement reconnus il est important de faire le constat que le programme en soi ne dispose pas d’un cadre de recherche. Les lignes directrices pour un appel à proposition ne peuvent pas faire appel à un cadre de re- cherche unique. Le DUE devrait prendre la responsabilité de proposer une AT ou autre - dépendant des disponibilités de financement. 16 La DUE n’avait pas l’intention d’avoir un programme pilote uniformisé mais des actions pilotes et tests. Cependant, des points de vue métho- dologique elle ne précise pas le cadre de recherche pour optimaliser la comparaison des « actions pilotes et tests ». 17 Par contre, la DUE considère qu’une évaluation finale devait en effet être prévue dans tous les projets. La CRF évoque cependant que les aspects de capitalisation systématique soient prises en charge.
  15. 15. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 15 3.2. Gestion saine et bon rapport coût-efficacité (Efficience) Le critère d'efficience mesure le lien entre les différentes activités, les ressources disponibles et les résul- tats escomptés (parfois dénommés « outputs »). Cette mesure doit être quantitative et qualitative ; Elle doit également concerner la gestion du temps. La comparaison doit se faire par rapport à ce qui était prévu. La qualité de la gestion quotidienne, par exemple, doit concerner :  La planification et la mise en œuvre des travaux opérationnels. Chaque partenaire a pu réaliser son programme prévu. Il est connu que la crise alimentaire ou l’urgence ont parfois perturbé certaines activités et ont dû être adaptées; Cependant, en général, ces activités prévues ont été exécutées. Le CRF a adapté sa proposition et produit un avenant de projet ce qui a été accepté par la DUE. L’ACF n’a pas pu réaliser les enquêtes amenées par le bureau d’étude, comme il avait été prévu, et elle n’a pas pu obtenir les résultats des enquêtes des ménages témoins.  La gestion financière n’a pas été objet de cette évaluation. Comme les différentes rubriques des budgets sont bien connues et que chaque organisation dispose d’un système de contrôle financier de qualité, des irrégularités n’ont pas été constatées.  Sur le plan de la gestion du personnel, le CRF a dû gérer le départ sans préavis du responsable du suivi et de l’évaluation (sans en informer l’employeur).  Les relations et la coordination avec les autorités locales, les institutions, les bénéficiaires et les autres bailleurs de fonds n’ont pas posé de problèmes. Chaque organisation a bien tenu informer les autorités locales. Il est également connu que les autorités locales ont montré une grande sou- plesse et tolérance vis-à-vis des ONG non-mauritaniennes. Les contacts avec les bénéficiaires ont été intensifs. Cela a été renforcé en plus par l’intermédiaire et au moyen des ONG locales.  La qualité de la gestion des informations et de l'élaboration de rapports, la mesure dans laquelle les parties prenantes ont été tenues correctement informées des activités du projet (notamment les bénéficiaires/groupes-cibles) doit être mentionnée; le rapportage n’a pas été fait, cependant de manière systématique. Chaque partenaire a son propre système d’information et de rapportage interne. Un programme pilote ou test avec plusieurs partenaires actifs ou non-actifs de- vrait nécessairement disposer d’un système de communication commun.  Le respect des échéances entre les quatre (4) partenaires, mais aussi les échanges avec les autres orga- nisations, doivent également être mentionnés. Le paragraphe ci-dessus 3.1.12. et l’ANNEXE 3 (point 3.5) récapitule les coûts des 4 projets dans son en- semble. Il est à noter que, selon les lignes directrices, le montant total du transfert financier ne devra pas dépasser les €100.000. Les lignes directrices notent aussi que «la priorité sera donnée aux propositions par lesquelles le rapport entre les montants du transfert financier et les autres activités devraient être les plus pertinents», sans expliquer de quelle pertinence il s'agit. Les trois (3) organisations, malgré le fait qu’elles soient des organisations humanitaires, comme l’ACF, le CRF et le PAM, ont surtout utilisé leur propre expertise et leurs propres expériences, surtout en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle : ACF, PAM, GRET. En ce qui concerne le travail de terrain, elles ont organisé des partenariats avec les ONG locales (ACF, PAM) ou nationales (CRF avec le CRM). Le CRM a pu intégrer un réseau de volontaires au niveau local. En ce qui concerne les organisations onusiennes, comme l’UNICEF et le REACH du PNUD, elles ont été surtout impliquées dans le développement de la stratégie nationale du concept de la protection sociale. Le PAM utilise surtout son unité VAM qui est une unité de recherche appliquée qui suit d’une manière scientifique les aspects de la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, mais également la vulnérabilité à la pauvreté. L’ACF a utilisé un bureau d’étude mauritanien, cependant avec faible impact pour les enquêtes etc. Le CRF utilisait l’IRC
  16. 16. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 16 pour la mise en œuvre d’une méthodologie de qualité. L’approche HEA, son système de classification du degré de pauvreté des ménages - très pauvres, pauvres, moyens et nantis – a été appliquée par l’ACF et le PAM et pas par le GRET et le CRF. Le grand absent dans toutes ces structures de partenaires est le gouvernement mauritanien. Le MAED et le CSA sont concernés et informés mais pas impliqués dès le début. Il s’agit d’un programme, mais si ce programme pilote devrait être vraiment un programme na- tional : « à titre test dans le pays et de produire un corpus d’expériences utiles au développement à plus grande échelle de cette méthodologie dans le pays, en vue d’améliorer le niveau de sécurité alimentaire et de diminuer les taux de malnutrition » - il faut impliquer dès le début les structures gouvernementales et non-gouvernementales. Si cela n’a pas été fait – quelles qu’en soient les raisons – le programme test ou pilote aura une valeur ajoutée pour les bailleurs de fonds et les ONG impliqués, mais très peu pour le pays lui-même. Les contributions de la Commission Européenne - siège et délégation – sont réduites à être celles d’un bailleur de fonds, rédaction des lignes directrices, évaluation des propositions (assesseurs). Cependant, sur le plan coordination, la DUE n’a pas ; pour des raisons de calendrier pris ses responsabilités : Organi- ser une réunion de coordination et, en tant qu’auteur des lignes directrices, elle n’a pas pu garantir un système de suivi de qualité commun afin d’optimaliser le concept « pilote » en vue d’une garantie que le test donne un ensemble d’expériences. Un autre argument est que pour un programme dont les coûts généraux sont 80% du budget, à cause du caractère pilote du programme, un meilleur suivi devrait être exigé de la part de la DUE ou de la part d’un expert, sous forme d’une assistance technique18 , afin d’en optimaliser l’impact. Cependant, les 4 organisations disposent d’assez d’expertise en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle, de nutrition humaine, d’étiologie et de lutte contre la pauvreté, de suivi et de méthodologie. Là, où cette connaissance manquait, elles ont associé les instituts compétents comme les organisations onusiennes et l’IRC, mais aussi les expériences des ONG partenaires, comme le SCF et l’OXFAM. La réponse sur la question si l'équilibre des responsabilités entre les différentes parties prenantes était approprié est simple ; elle est positive, bien que la DUE ait pu montrer plus d’initiatives. Cela veut dire qu’elle aurait dû : soit choisir entre les priorités, soit mettre plus de ressources à la disposions d’un système commun de suivi de qualité ou bien mieux formuler les lignes directrices. Tout ce qui concerne la question de la qualité de suivi, son existence (ou non), sa précision, sa capacité d'adaptation, l'utilisation qui en a été faite et l'adéquation des données de base, une réponse a déjà été formulée. En ce qui concerne le suivi, il était présent au niveau de chaque projet. En ce qui concerne la qualité du suivi cela dépendait de la qualité des indicateurs à suivre et à vérifier et surtout de la qualité du traitement des données collectées. Les différentes faiblesses ont déjà été mentionnées au niveau des projets, également dans les CL. Mais surtout, c’est le manque de coordination et d’uniformisation qui a déjà été mentionné. 18 La DUE ne peut pas mettre en place une assistance technique. Il n’y a pas un budget disponible à cet effet. En plus la sécurité alimen- taire/nutrition n’est pas un secteur de concentration du 10ème FED.
  17. 17. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 17 3.3. Réalisation de l'objectif (Efficacité) Le critère d'efficacité porte sur la mesure dans laquelle les résultats (ou outputs) du projet ont permis d’atteindre l’objectif spécifique ou sont sur le point de l’atteindre. Les objectifs spécifiques ont été formulés dans le document qui formule les lignes directrices mais aussi dans les 4 CL des documents de projet (ANNEXE 3 : points 3.3 et 3.6). Les lignes directrices mentionnent dans l’objectif général le fait de tester et de disposer d’un ensemble ou corpus d’expériences. Les objec- tifs spécifiques mentionnent l’amélioration de l’impact et de l’efficacité de la prise en charge nutrition- nelle, l’amélioration de la sécurité alimentaire à long terme et aussi la protection et la prévention des ménages les plus pauvres contre l’extrême pauvreté. Toutes les organisations font mention de l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ou bien de la réduction de la faim chronique, de la sous-nutrition etc. ou de l’amélioration des bonnes pra- tiques. Le GRET est la seule organisation qui mentionne dans son CL de : « tester un dispositif de cash transfert et social » tandis que l’ACF mentionne : « déterminer les apports des filets de sécurité sur la malnutrition à travers une approche de recherche-action». Il faut aussi noter que l’utilisation du concept « vulnérabilité » n’a pas été utilisée de manière logique. Il y a lieu de spécifier ici l’objectif, c’est-à-dire la vulnérabilité à quoi ? : Vulnérabilité à l’insécurité ali- mentaire, à l’insécurité nutritionnelle ou vulnérabilité à la pauvreté ? Toutes les CL mentionnent « les ménages ou enfants vulnérables » mais sans spécifier de quelle sorte de vulnérabilité il s’agit. Vulnérable semble être utilisé comme synonyme de pauvre et cela n’est pas juste. Il existe dans tous les projets des indications que la malnutrition des enfants bénéficiaires a été diminuée. Les données de l’ACF indiquent une diminution de la MAG de 20% à 10% alors que le VAM du PAM nous montre des chiffres plus détaillés et dont les résultats sont difficiles à analyser et à interpréter. En ce qui concerne la « vulnérabilité à l’insécurité alimentaire ou à la pauvreté », un grand nombre d’indicateurs mesurés suit son évolution (voir la liste ci-dessous) ; un premier constat est le grand nombre et la diversité des indicateurs utilisés ; dont certains ne sont pas des indicateurs et d’autres sont extrême- ment difficiles à interpréter. En ce qui concerne « l’efficacité », il faut simplement conclure que, sur le point de la méthodologie, certains indicateurs sont incomparables. Il y a également lieu de constater ici qu’un grand nombre d’indicateurs sont des résultats attendus et que d’autres ne sont pas du tout à mesurer de manière si simple. On nous donne des expériences diverses, l’ensemble ou corpus d’expériences ; pas un programme test ou pilote avec une coordination ou un système de suivi systématique qui nous permette de faire des comparaisons acceptables sur le plan méthodologique. Pour ainsi dire, cela nous permet de comparer des pommes avec des poires. Les budgets nous montrent que 80% sont destinés aux coûts géné- raux et les 20% au cash. Ces pourcentages sont acceptables pour les programmes test ou pilote, à condition qu’ils soient exécutés au moyen d’un système de suivi commun. C’est lui qui permet d’utiliser ces fonds pour un système ayant une valeur ajoutée, c’est-à-dire, une plus grande qualité sur le plan recherche (pi- lote ou test). Ceci n’est pas le cas ici. Ce manque constaté n’est pas la faute des 4 organisations sélection- nées. Ils ont produit leurs propositions selon les lignes directrices de l’appel aux propositions restreintes. Ces lignes directrices n’ont pas exigé un système qui inclut déjà des programmes adaptés pour faire une
  18. 18. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 18 approche pilote ou test. Ceux qui ont fait l’évaluation des propositions, les assesseurs19 , ont déjà dû faire ce constat. En plus, il faut noter que les résultats finaux ne sont pas encore connus. Les enquêtes finales sont au stade de finalisation et elles seront publiées dans un rapport final qui sera publié par chaque organisa- tion. Liste d’indicateurs de sécurité alimentaire et d’économie de ménage proposée dans les CL pour mesurer l’impact des cash transferts par organisation. ACF :  Le nombre de ménages ayant augmenté leurs ressources économiques et de sécurité alimentaire grâce au cash transfert.  Le score de diversité alimentaire des ménages bénéficiaires est amélioré de 20%.  Les revenus annuels des ménages bénéficiaires vulnérables sont augmentés d’au moins 15%  Un nombre de 10% des bénéficiaires ont investi une partie du cash alloué dans des activités produc- trices.  L’analyse de l’utilisation du cash et du niveau économique des ménages est réalisée pour au moins 10% des bénéficiaires PAM :  Score de consommation alimentaire des ménages cibles ; Cible > 42 % : correspondant à un taux de consommation alimentaire acceptable (méthode FSMS à adapter méthodologie FAO : méthode FAN- TA).  Bénéficiaires ayant reçu le cash à temps en pourcentage du prévu ; Cible 100%. GRET :  Niveau de sécurité alimentaire perçu par les ménages bénéficiaires (capacité à satisfaire leurs besoins par l'achat ou la production)  Niveau socio-économique des ménages (ajouté par le GRET après démarrage)  Coût / nb de bénéficiaires du dispositif cash transfert  Usage déclaré par les ménages des fonds obtenus  Présence dans la zone d'intervention d'un aliment de complément adapté aux jeunes enfants et à bon marché  Nombre de bénéficiaires du cash transfert  Montant total distribué  Nombre de lots distribués ou quantité de farine Misola commercialisé  Usage déclaré par les ménages des fonds obtenus (éliminé par le GRET après le démarrage)  Nombre d'animations réalisées par groupe cible (éliminé par le GRET après le démarrage)  Le nombre total de points de vente dans la zone d'intervention  Pourcentage de la population ayant un point de vente à proximité  Prix d'un repas avec ces aliments (éliminé par le GRET après le démarrage)  Satisfaction des utilisateurs vis-à-vis du produit  Quantité d'aliments de complément disponible  Existence d'analyses précises et de qualité sur l'action et ses résultats 19 Il faut faire le constat que les évaluateurs des propositions ont fait l’heureux constat d’une diversité d’approches, permettant un véritable test de plusieurs méthodologies. Il était prévu d’améliorer tous les cadres logiques dont les indicateurs dans les 3 mois suivant le démarrage des actions et ceci n’a pas été suivi et cela est regrettable, en effet.
  19. 19. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 19  Existence d'un document de capitalisation sur le bilan final de l'Action et d'une feuille de route com- prenant des recommandations précises. CRF  Les mécanismes de protection sociale pour améliorer la situation alimentaire et nutritionnelle des populations les plus vulnérables sont renforcés.  La sécurité alimentaire des populations vulnérables ne se détériore pas  Les indicateurs de sécurité alimentaire des ménages sont améliorés d’au moins 50%.  50% des familles les plus pauvres ciblées couvrent leurs besoins alimentaires de base en période de soudure.  Les approches utilisées dans ce programme sont analysées et documentées en vue de capitaliser et de diffuser les aspects positifs innovants.  500 ménages sont récipiendaires du transfert monétaire  Le revenu annuel des ménages les plus pauvres ciblés augmentent d’au moins 20%  L’étude de l’utilisation de l’argent transféré aux bénéficiaires témoigne de la réduction de l’insécurité alimentaire  90% des 21 volontaires CRM utilisent et maîtrisent les outils d’encadrement de conseil et de suivi socio-économique des ménages.  Une méthodologie claire d’établissement de la situation de référence et de la configuration de l’outil de transfert économique puis la mise en place des activités est rapportée  Une grille d’analyse des vulnérabilités à l’insécurité alimentaire est établie et permet d’établir les profils socio-économiques des ménages  Les conditions de ciblage et les modalités adaptées du transfert monétaire sont connues  L’effet des transferts d’argent sur les économies des ménages sont connues  Au moins une publication sur les résultats du projet est produite. Les quatre (4) organisations sont des organisations qui ont beaucoup d’expérience dans les situations d’urgence ou de crises humanitaires (ACF, CREF, PAM). Elles ont développé chacune leur propre métho- dologie en matière de lutte contre la malnutrition. Cependant, le GRET est la seule organisation qui tra- vaille surtout dans le cadre de développement et de la recherche appliquée. Le PAM dispose d’un dépar- tement VAM qui, également, maîtrise bien la recherche appliquée, surtout en matière de différents types de vulnérabilité : pauvreté, insécurité alimentaire, insécurité nutritionnelle etc. L’ACF ainsi que le CRF ont contracté, dans le cadre de ce programme, deux instituts de recherche : l’IRC et une consultation CAP+HEA+FANTA pour un suivi méthodologique, surtout scientifique. En termes d’efficacité il faut se poser la question pourquoi le programme n’a pas prévu, dans le cadre d’une recherche optimale, un institut ou un expert pour un accompagnement méthodologique de ce programme ? La question à laquelle il est difficile de répondre est si les hypothèses et les évaluations des risques au niveau des résultats se sont révélées insuffisantes ou erronées ; également si des facteurs externes impré- vus y sont intervenus. Chaque organisation pourra répondre à cette question à son propre niveau. Cepen- dant le programme, dans l’ensemble, n’a ni d’outils ni de structure d’accompagnement ou de coordination pour le suivre ou pour y répondre. Les résultats attendus sont listés en ANNEXE 3.7 « Principales activités et résultats attendus par organisa- tion». Il n’y a pas de résultats imprévus. La situation d’urgence de 2011-2012, bien qu’elle ne soit prévue
  20. 20. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 20 dans le sens « inattendu », à cause de la mauvaise pluviométrie 2011, n’a pas causé une situation qui soit nouvelle pour la zone. Des défaillances, éventuellement survenues en raison du manque de prise en compte durant la mise en œuvre, n’ont pas été constatées de manière systématique ; Mise à part le fait que l’ACF n’a pas pu conti- nuer la comparaison entre groupes assistés et groupes témoins. En plus, le bureau d’étude Mauritanien chargé de réaliser les enquêtes CAP+HEA+FANTA n’a pas terminé le travail, tout simplement à cause de son incompétence. 3.4. Effets généraux (Impact) L'impact porte sur les relations entre l'objectif spécifique et l’objectif global du projet, autrement dit la mesure dans laquelle l’objectif global du projet a été atteint. Cela veut proprement dire si les résultats attendus ont été obtenus. Bien que les lignes directrices n’aient pas formulé les résultats attendus du programme, nous nous limi- terons aux objectifs généraux et spécifiques formulés: 1. Tester les approches de cash transfert en Mauritanie. 2. Disposer d’un ensemble d’expériences sur la base duquel étendre l’approche filet de sécurité à partir de cash transfert économique en Mauritanie. 3. L'amélioration de l’impact et de l’efficacité de la prise en charge nutritionnelle des enfants malnutris; le concept de malnutrition englobe ici la malnutrition aiguë et la malnutrition chronique. 4. Améliorer la sécurité alimentaire à long terme des ménages les plus pauvres. 5. Protéger et prévenir les ménages les plus pauvres contre l’extrême pauvreté. Quelles sont les réponses ? Ad 1. Le programme test ou pilote est en pleine exécution bien que les modalités de recherche-actions ne soient pas bien coordonnées et un système de suivi commun n’existe pas ; Ad 2. L’ensemble ou corpus d’expériences a été formé surtout par les efforts et les expériences des 4 participants mais la faiblesse se montre au niveau de la participation des structures gouverne- mentales ; Ad 3. L'amélioration de l’impact de l’efficacité de la prise en charge nutritionnelle étant un résultat attendu a été initiée par les 4 projets mais en ce qui concerne la durabilité de cette action une forte implication et surtout responsabilisation des structures sanitaires étatiques sera néces- saire. Ad 4. Le cash-transfert a certainement joué un rôle positif en ce qui concerne l’amélioration de la sé- curité alimentaire à court terme mais pas à long terme certainement. Les AGR sont un facteur important, il faut cependant se rendre compte que certains ménages ne sortiront jamais de leur « vulnérabilité » pour des raisons socio-psychologiques. Ad 5. Tant que les résultats des enquêtes finales ne sont pas connus et analysés cette question ne pourra pas être répondue. La réponse devra être formulée pendant l’évaluation finale au mo- ment où les résultats des enquêtes finales seront disponibles.
  21. 21. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 21 Au niveau de l'impact, l'évaluation finale devra selon les TdR aussi examiner les questions suivantes. En ce qui concerne la question si de tels projets contribuent à la réduction de la pauvreté, cela dépendra du contexte et de l’analyse de l’économie politique20 en Mauritanie. De tels projets ont-ils une chance en Mauritanie étant donné le contexte politique ? Cette analyse n’a pas été faite. Il faut également poser la question à savoir si les structures étatiques locales et nationales ont la capacité et sont en mesure d’implanter des tels projets. Les structures étatiques ne sont pas impliquées dès le début d’une ou autre manière. En outre, les études relatives au contexte politique n’ont pas été réalisées. En ce qui concerne la question si le projet a apporté un plus en ce qui concerne les questions transver- sales, il faut simplement dire que le fait que les projets travaillent surtout avec les mères et ont fait des études sur le système de production en relation avec l’insécurité alimentaire ne veut pas dire qu’il a ap- porté un plus en ce qui concerne la question transversale « égalité des genres et environnement ». En ce qui concerne les parties prenantes concernées, en particuliers les communes, on peut dire que leur participation a été primordiale dans le processus de ciblage. Chaque ONG a travaillé à travers un comité de village avec lequel le but et l’approche ont été discuté. Ce sont ces comités qui ont fait le ciblage par le biais des critères discutés et approuvés. En cas de ciblage de 100% des villages, le comité a également joué son rôle introductif et consultatif. Il n’y pas de signaux que le programme ait été facilité ou freiné par des facteurs politiques externes, tel que le processus de décentralisation. Les autorités sont informées mais pour des raisons de durabilité, une meilleure implication et participation serait souhaitable. En ce qui concerne la question s’il y a eu des retombées globales involontaires ou inattendues, positives ou négatives, il faut mentionner que la grande sècheresse de 2011, qui a provoqué une situation d’urgence, a eu un impact négatif surtout sur les taux de malnutrition infantile mais aussi sur l’augmentation du nombre des familles pauvres et très pauvres selon la classification de l’HEA. 3.5. Probabilité de poursuite des résultats obtenus (Viabilité) Le critère de viabilité permet de déterminer si les résultats positifs du projet et le flux des avantages sont susceptibles de se poursuivre après la fin des financements externes ou des interventions non finan- cières (dialogue politique, coordination). Cette question est très pertinente. D’abord il faut constater si le programme a eu des résultats positifs mais aussi énumérer le flux des avantages. Les TdR demandent si l'évaluation finale appréciera les perspectives de viabilité des avantages sur la base des éléments ci-dessous répondus prenant en considération que cette évaluation est de mi- parcours et les rapports finaux dans lesquels les résultats finaux seront présentés ne sont pas encore connus. 1. En ce qui concerne l'appropriation des objectifs: toutes les parties prenantes ont été consultés bien que n’étant pas activement intégrées dès le début. Le cas idéal aurait été une participation active dès le début. La RIM est un pays avec un gouvernement et avec des ministères organisés. Il faut dire ouvertement que toutes les parties prenantes ont non seulement été consultées, dès le départ, sur les objectifs visés et les ont approuvés, mais ont continué de les soutenir sans exigence d’en prendre l’initiative ou la direction. Les raisons reposent sur des questions politiques. 20 L'étude de la production économique, l'offre et la demande de biens et services et leurs relations avec les lois et coutumes; le gouvernement, la distribution des richesses et la richesse de la nation incluant le budget d’état.
  22. 22. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 22 2. Questions : Quel a été le soutien apporté par les autorités gouvernementales, l'opinion publique, les médias ? La réponse est simple à répondre. Toutes les parties prenantes ont été informées correcte- ment sans initiative de la part des autorités gouvernementales d’appropriation ou de direction. Pour cette raison il est clair qu’au moment où ce programme pilote prendra fin, la continuité du côté des structures gouvernementales n’est pas garantie. 3. En ce qui concerne les capacités institutionnelles et la mesure dans laquelle le projet est intégré dans les structures institutionnelles locales la réponse est simple. Le programme – DUE et partenaires non-gouvernementaux – sont en avance des structures gouvernementales. Les raisons sont connues: pas de connaissances et expériences en la matière. Cela veut aussi dire qu’à la fin du programme, la structure étatique ne semble pas capable de faire durer le flux des avantages après la fin du projet (bien dirigée, dotée d'un personnel adéquat et dûment formé, disposant d'un budget et d'un équipe- ment suffisants). Il n’existe pas d’homologue du côté gouvernemental et pour le moment aucun ho- mologue n’a été correctement préparé à la prise en charge technique, financière et managériale du projet. 4. En ce qui concerne les facteurs socioculturels ; le projet est compatible avec les perceptions locales des besoins ; il respecte bien les structures des pouvoirs locaux, ainsi que les systèmes de statut et les croyances. La réponse sur la question relative à la qualité des relations entre le personnel du projet et les collectivités locales est simple : très bonne. L’ensemble des 4 organisations travaillent avec du personnel local et ont intégrer sous forme de partenariat, les ONG locales. Le CRF travaille avec son partenaire mauritanien, le CRM, avec des volontaires recrutés, motivés et formés par les cadres du CRF et CRM. 5. La question concernant la viabilité financière: aucun doute tant au niveau des bénéficiaires qu’au niveau du staff mais les bénéficiaires rencontrés et les opinions du personnel local montrent qu’une telle activité devra se poursuivre plus longuement et avec plus de cash. La discussion en ce qui con- cerne l’impact durable montre que les AGR sont d’une grande importance et leur activité de sensibili- sation. 6. En ce qui concerne les questions techniques (technologiques) 21 il faut prendre en considération que ces opérations sont nouvelles. C’est aux 4 partenaires de poser cette question à la fin du programme con- jointement avec les bénéficiaires et les partenaires à condition que la méthodologie soit uniforme. Cette évaluation à mi-parcours n’a pas pu permettre de répondre à cette question. C’est aux 4 parte- naires de prendre cette question au sérieux mais de manière uniformisée. Pour cet exercice, il faut né- cessairement impliquer les autorités locales pour éviter que ce soient l’ONG et son bailleur de fonds qui capitalisent les expériences. 7. Les questions transversales telles que l'égalité des genres, les incidences sur l'environnement et la bonne gouvernance ont été correctement prises en compte et gérées depuis le début du projet. 3.6. Renforcement mutuel (Cohérence) La question de cohérence ou renforcement mutuel permet à la Commission Européenne de réaliser les objectifs de sa politique de développement sans contradiction interne ni contradiction par rapport aux autres politiques communautaires, dans la mesure où elles sont complémentaires des politiques du pays partenaire et des interventions des autres donateurs. Il n’y a pas de raison que le programme transfert de cash soit en contradiction avec sa politique de déve- loppement interne ni en contradiction par rapport aux autres politiques communautaires. Il faut remar- quer qu’un programme pilote exécuté par trois ONG européennes de qualité et en plus un membre de la famille onusienne est déjà une indication fiable. En outre, le fait que le DFID - coopération britannique - 21 Par exemple, i) la technologie, les connaissances, les processus ou les services introduits ou fournis sont-ils compatibles avec les besoins, la culture, les traditions, les compétences et les connaissances existantes? ii) des technologies alternatives sont-elles envisagées, lorsque cela est possible? et iii) dans quelle mesure les bénéficiaires ont-ils été capables de s'adapter aux technologies acquises et de les entretenir sans autre assistance?
  23. 23. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 23 et la Coopération espagnol cofinancent les activités de l’ACF et la coopération française cofinance aussi le CRF montre également le bien fondé Cependant, il est nécessaire de faire un inventaire de toute la littérature qui capitalise les expériences en matière de programmes cash transfert tant en situation de crise qu’en situation normale. Une telle capi- talisation autour de ce programme pilote aura l’avantage de combiner un ensemble d’expériences ac- quises avec des expériences au niveau international. 3.7. Valeur ajoutée communautaire A la question de savoir s’il existe un lien avec les interventions des états membres, on remarque que certaines coopérations des états membres telles les coopérations britannique, espagnole et française sont déjà intégrées et associées et que aucun des états membre n’a posé de question sur le sens de ces programmes. Cependant, dans beaucoup de milieu de développement européen, la question se pose si de tels pro- grammes sont vraiment une réponse à la question « comment diminuer la pauvreté et la sous-nutrition infantile » ? Cette question est une question académique qui exige aussi une approche d’analyse sur le plan de « l’économie politique ». Il revient à la DUE de prendre toutes les mesures nécessaires qui garan- tissent un déroulement adéquat en matière de qualité de recherche, de qualité de coordination mais surtout d’intégration optimale des autorités nationales et locales. La DUE n’est pas seulement bailleur de fonds mais devra être aussi un guide etc.
  24. 24. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 24 4. Visibilité D’une part, il y a le programme « transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie et d’autre part, les 4 projets cash ACF, PAM, GRET et CFR qui bénéficient d’un financement dans le cadre du programme transfert. La visibilité sous forme de T-shirts, casquettes et présence de logos de l’UE est présente, mais il n’existe pas de stratégie et d’activités des projets en matière de visibilité. Bien que la visibilité UE soit contractuelle22 , cela pose cependant des problèmes en matière de sécurité. Les entretiens avec les bénéficiaires permet- tent de vérifier le nom des organismes – ACF, PAM, GRET, CRF – qui mettent en œuvre les actions mais il n’est pas réaliste de vérifier auprès des bénéficiaires l’origine des fonds – CE ou FED. En absence de stratégie et d’activités dans le domaine de la visibilité on ne peut apprécier ni les résultats ni l’impact des actions. Un autre élément est de savoir si la CE à travers la DUE en Mauritanie joue un rôle de leader en ce qui con- cerne la promotion des actions de transfert mais le rôle de guide en matière de recherche-action pour formuler une réponse à la question ; le cash transfert est-il un outil dans la lutte contre la pauvreté et la malnutrition en Mauritanie ? Il faut reconnaitre qu’outre les quatre (4) ONG partenaires citées dans le document, d’autres ONG euro- péennes telle le SCF a été partie prenante. Nous espérons que les éléments de cette évaluation à mi-parcours et surtout l’évaluation finale de ce pro- gramme permettront de répondre aux questions élémentaires de développement communautaire en Mauritanie. 22 Il existe un manuel ou guide à respecter tenant compte des problèmes sécuritaires.
  25. 25. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 25 5. Conclusions et Recommandations Les conclusions sont basées sur les réponses apportées aux questions et constatations dans le chapitre 3, mais aussi sur les constatations faites dans les ANNEXES 4. Les conclusions ont été formulées par critère d’évaluation mais également sur base de questions spéci- fiques. Les recommandations seront formulées de telle manière à ce qu’elles soient liées aux conclusions. Il sera alors très clair qu’elles découlent de celles-ci. Pertinence 1. Selon la compatibilité entre le cadre politique communautaire de la CE et les politiques sectorielles du gouvernement partenaire, il faut faire le constat que le gouvernement partenaire est dans un proces- sus d’élaboration de stratégie de protection sociale, et que le programme cash a pour but d’anticiper les recommandations de sur les problématiques de développement au niveau gouvernemental. 2. Se poser la question de savoir pourquoi, après plus de 40 ans de coopération au développement, un programme pilote en matière de cash transfert est encore nécessaire? 3. Se poser la question de savoir pourquoi une analyse du contexte de l’économie politique, qui va de pair avec la situation écologique en Mauritanie, n’a jamais été faite? La littérature scientifique de la situa- tion indique clairement que les conditions de réussite dans l’exécution sont conditionnées par le milieu politique et économique. 4. La pertinence est notoire de telle sorte que dans les zones d’exécution la plupart des ménages 70 à 80% sont très pauvres, selon la classification HEA. Ils sont particulièrement vulnérables à l’insécurité alimentaire, tandis que les jeunes enfants sont vulnérables à l’insécurité nutritionnelle. 5. Quant à la pertinence de l’analyse de la problématique de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire et l’insécurité nutritionnelle, il faut avouer que toute intervention qui aura pour but leur éradication est importante, tout en reconnaissant que dans le contexte politico-économique et écologique, certaines interventions n’auront pas d’impact à long terme. 6. Pour ces raisons, une forte implication et participation des autorités et structures étatiques ne sont pas seulement souhaitées, mais absolument nécessaires afin d’avoir un minimum d’impact à long terme. Malheureusement tel n’est pas le cas. Recommandations Ad 1. Le nouvel appel à proposition devra implicitement inclure la structure étatique désignée pour la coordination des programme de protection social et transfert de cash, aussi bien au niveau de la formulation des lignes directrices qu’au niveau de l’évaluation des propositions. Ad 2. L’évaluation finale devra nécessairement se prononcer sur l’aspect pilote et l’aspect recherche action en prenant en considération le grand flux de littérature en la matière, surtout en anglais. Ad 3. L’évaluation finale devra également prendre ce manque en considération. Une telle étude pourra être la suite de l’étude de faisabilité faite par SCF-UK. Ad 4. La DUE devra demander aux 4 partenaires d’analyser et de calculer en terme de coûts-outputs ce que ce constat veut dire pour une prise en charge de tous les ménages afin d’éviter un processus de ciblage couteux et compliqué.
  26. 26. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 26 Ad 5. Cette hypothèse devra être analysée et approuvée par les quatre organismes impliqués. Est-il vrai que la valeur ajoutée de ce programme est plus grande que la somme des impacts des activités classiques en matière d’amélioration nutritionnelle, de sensibilisation des CAP, des AGR? Ad 6. La mise en œuvre d’un nouvel appel à proposition devra être réalisée au moment où la participa- tion des structures étatiques est réglée et une politique nationale sera élaborée et accordée. Efficacité 7. Un programme test dont 80% des coûts généraux et 20% du budget sont destinés pour les transferts de cash est acceptable, si les structures de coordination, les cadres de recherche sont sur place et fonc- tionnent de manière optimale. Dans ce programme, il n’y pas de structure de coordination de qualité, pas de cadre de recherche professionnel et pas de forte implication des structures étatiques tandis que les coûts généraux – overhead costs – sont extrêmement élevés. Cette constatation classifie ce pro- gramme comme un programme inefficace. 8. La coordination entre le bailleur de fonds d’une part, les 4 organisations partenaires et les structures étatiques d’autre part inexistant, tandis que cela aurait été très souhaitable dans le cadre de l’approche recherche action et pilote. 9. Alors que chaque partenaire ait mis en œuvre un système de recherche-action et de suivi, il manquait une structure de coordination efficace afin d’optimaliser le volet recherche-action. 10. En ce qui concerne l’objectif principal qui est de tester une nouvelle approche et de disposer d’un en- semble d’expériences, il faut dire que les expériences déjà capitalisées – surtout en anglais mais aussi en français et en espagnol – sont multiples. Les risques liés à une mise en œuvre de qualité auraient pu être diminués par une bonne analyse de la littérature disponible, surtout par une étude de faisabilité focalisée sur un nombre d’approches. 11. Afin de garantir une approche pilote de qualité, il faut nécessairement mieux spécifier les priorités dans les lignes directrices en ce qui concerne : ciblage, suivi, types et nombre d’enquêtes et une certaine mesure d’uniformisation et par un système de rapportage uniformisé et chronologique etc. afin de dis- poser d’un maximum d’information. Cela n’a pas été le cas. 12. Un appel à proposition donne une indication aux demandeurs par un document qui s’appelle les lignes directrices. Les propositions élaborées selon ces lignes directrices ont été évaluées par un nombre d’assesseurs. Il est dommage que les assesseurs n’aient ni fait le constat qu’il y a de grandes diffé- rences entre les propositions, ni qu’un grand nombre d’indicateurs ne sont pas tous vérifiables et réa- listes. Il est également regrettable qu’ils n’aient pas fait le constat des impossibilités dans le temps, ni des moyens et ressources humaines. Sur le plan méthodologique, un suivi, de manière objective et vé- rifiable, de tous ces indicateurs est indispensable. Recommandations Ad 7. Remplacer le caractère pilote ou test par une structure de coordination qui fonctionnera au niveau d’une structure étatique, et qui s’occupera en même temps de l’encadrement méthodologique et qui jouera également un rôle de recherche. Ad 8. La structure d’accompagnement mise en place aura pour tâche de traiter également le thème de recherche qui examinera si le concept cash transfert en Mauritanie représente vraiment un ins- trument pour éradiquer la pauvreté et diminuer durablement la malnutrition infantile
  27. 27. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 27 Ad 9. Sensibiliser et donner à la structure de coordination la responsabilité de faire, non seulement une étude sur la faisabilité dans le contexte politico-économique en Mauritanie, mais aussi de faire l’inventaire de toute la littérature existante en la matière. Ad 10. La capitalisation de la littérature internationale – en espagnol, anglais et français – est un travail précis et nécessitant du temps – au moins deux (2) semaines – dans le cas où qu’une seule per- sonne n’est impliquée. Dans l’Annexe 5, un début a déjà été fait mais faire un travail plus appro- fondi ne pouvait malheureusement pas entrer pas dans le cadre de cette évaluation bien que les éléments et les sources étaient disponibles. Il faudrait qu’un des partenaires ou tous les parte- naires ensemble – voici un exemple de la nécessité d’une coordination et d’un cadre de recherche – prennent l’initiative de faire un tel travail. Malheureusement, ce travail n’a pas pu être réalisé dans le cadre de cette évaluation à mi-parcours bien que la DUE l’ait demandé23 . Ad 11. Les nouvelles lignes directrices doivent préciser, en détail, toutes les modalités nécessaires pour garantir une opérationnalité commune. Les structures étatiques devront être fortement impli- quées. Ad 12. Les lignes directrices pour le nouvel appel à proposition ne pourront être lancées qu’au moment où les structures étatiques jouent leur rôle de coordination. L’évaluation des propositions devra être faite nécessairement par des experts de grande expérience en la matière. Efficacité 13. Ciblage : Chaque ONG a procédé au ciblage à sa propre manière et selon des critères de sélection différents. Le GRET a, par exemple, opté pour le critère de grossesse à partir du troisième semestre et en plus les mères avec des enfants de moins de 2 ans. L’ACF a utilisé le critère de vulnérabilité par ménage en prenant les revenus mensuels comme indicateurs. Bien que ces méthodes soient diffé- rentes, les outils de comparaison restent très subjectifs. Surtout par le fait que ces différents sys- tèmes ont été acceptés, fait qu’une comparaison objective reste assez compliqué. 14. Les quantités de cash attribuées, les périodes, mais aussi les tranches appliquées n’ont pas été iden- tiques. L’ACF a même changé pendant la deuxième année la quantité distribuée, c’est-à-dire, en 2011, €100 en 3 distributions, ensuite, en 2012, €150 en 4 distributions. Le CRF a utilisé la première période de 6 mois pour les études de milieu et a procédé à une distribution de cash pendant la deu- xième année. L’ACF sera bien capable de mesurer l’impact à son propre niveau, mais pour qu’elle fasse une comparaison avec d’autres projets sera difficile. 15. Les activités d’accompagnement sont pour chaque organisme différent. Le GRET distribue la farine enrichie MISOLA d’une façon commerciale. Le PAM combine la sensibilisation en CAP avec certaines AGR etc. Chaque activité d’accompagnement aura certainement un impact positif, mais pour une comparaison il n’y existe pas une méthodologie scientifique faisable. 16. Le suivi a été fait avec un grand nombre d’indicateurs par chaque organisme de sa propre manière et méthodologie spécifiques ; L’utilisation des indicateurs anthropométriques d’une part et les indica- teurs économiques d’autre part a été faite cependant en commun. Mais, ni la périodicité ni la stan- dardisation des indicateurs n’a été prise en considération. Pour cette raison la comparaison sera très difficile et certainement pas possible sur le plan quantitatif, seulement sur le plan descriptif. 23 La DUE a alloué 1 mois à la réalisation de cette évaluation à mi-parcours tandis que le volume de travail nécessaire à un résultat de qualité aurait nécessité plus de temps et aurait normalement du être exécuté par une équipe de deux personnes. N.B. Cette remarque est basée sur l’expérience personnelle de l’évaluateur.
  28. 28. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 28 Recommandations Ad 13. Bien que cette évaluation ne se soit pas clairement prononcée sur la méthode de ciblage préfé- rable, le nouvel appel à proposition devra exiger un système de ciblage uniforme qui soit autori- sé par les responsables étatiques. Ad 14. Si le concept cash-transfert sera évalué comme outil positif – cela dépendra des résultats des enquêtes finales et des rapports de fin de projet – une méthodologie unique devra être appli- quée en matière de transfert cash. Ad 15. Toutes les activités d’accompagnement ont déjà donné preuve de leur efficacité. La preuve en a été donnée dans beaucoup de projets dans les pays voisins, comme l’approche groupements de femmes organisées, avec une forte sensibilisation en CAP etc., ce qui donne des résultats très positifs. Dans ce sens on peut bien imaginer que le transfert de cash est considéré comme une activité d’accompagnement et non une activité primordiale. Ad 16. Le suivi devra nécessairement être uniformisé afin de permettre de faire une comparaison. Impact 17. L’impact final n’est pas encore connu. Au moment où les enquêtes finales sont disponibles et les rapports de fin de projets élaborés, l’impact devra être estimé malgré le manque de cohérence entre les projets, le manque de méthodologie et de suivi. 18. Pour le moment on peut constater que, sur le plan nutritionnel, il y aura certainement un impact positif mais, sur le plan économie des ménages, l’impact durable n’est pas évident. Recommandations Ad 17. La seule manière pour que le caractère de ce programme soit garanti est l’uniformisation des rapports de fin de projets dans lesquels les mêmes questions seront traitées. Les 4 organismes disposent des moyens d’analyse et d’évaluation finale très compétents. Ad 18. Dans le cadre des activités de l’économie des ménages, il faut que tous les partenaires se met- tent d’accord sur une méthodologie uniformisée. La méthode HEA a déjà fait preuve d’être une méthode acceptable et pratique. Cohérence 19. La probabilité que les résultats et les impacts se renforcent mutuellement avec d’autres exécuteurs exige une performance de qualité à tous les niveaux et étant donné que les observations faites plus haut exigent la prudence, il faut se garder de vite conclure. 20. La probabilité que les résultats et les impacts soient redondants ou bien se fassent concurrence n’est pas très évidente. D’abord, le programme n’a pas encore pris fin, et en plus, la mise en œuvre de tout le programme avec les diverses lacunes n’est pas probable. À part de la bonne exécution des projets par les 4 partenaires, il n’y a pas encore de valeur ajoutée qui soit qualifiée comme pro- gramme pilote. 21. Cependant, il n’y a pas de constat que le programme soit en contradiction avec les autres politiques de développement communautaire.
  29. 29. Évaluation à mi-parcours et finale des actions pilotes de transfert économique et social à vocation de lutte contre la malnutrition et l’extrême pauvreté des ménages en Mauritanie 29 Recommandations Ad 19. Les quatre (4) organismes ont déjà fait preuve de leur compétence dans d’autres pays et en Mauritanie. L’initiative est qu’à la DUE il faut organiser une structure de coordination de qualité qui pourra garantir la valeur ajoutée des opérations à exécuter. Si cela n’est pas réalisable, la suite du programme test n’a aucun sens sur le plan institutionnel, et pire sur le plan financier. Il ne faut pas oublier que les financements sont d’origine communautaire et que la transparence est nécessaire. Ad 20. La seule recommandation à faire est de se concentrer sur une finalisation de projet de grande qualité en tenant compte que cela n’est réalisable que si une structure de coordination forte et une implication des structures étatiques sont mises en place. Si ses recommandations font dé- faut, est-ce que de tels programmes sont nécessaires ? Ad 21. Il est du ressort de la DUE de mettre en contact les structures de coopération en Mauritanie avec les pays membres de l’UE pour poser ces questions de développement communautaire. La UE est une structure unifiée des pays membres et la DUE fait partie de leur service. Comment continuer ? La DUE demande dans les TdR explicitement de contribuer à des nouvelles lignes directrices pour un nouvel appel à proposition qui devrait être lancé fin 2012. D’après la DUE (dans ses premiers commen- taires sur les conclusions et recommandations de cette évaluation à mi-parcours) le montant disponible pour 2012 – 6 millions d’Euros – sera perdu pour l’année 2013. Il est surprenant que des éléments relatifs aux lignes directrices d'un nouvel appel à proposition soient demandés, alors que le premier programme pilote n'est pas encore terminé, et que les résultats finaux sont toujours inconnus. De plus, les données anthropométriques et les résultats des enquêtes finales concernant les ménages sont toujours inconnus. Tout cela est fortement déconseillé, tant que ces lignes directrices ne seront pas basées sur des résultats achevés. Le premier programme pilote a déjà connu beaucoup de contraintes et de manques. Pour cette raison, il est fortement recommandé de préparer un nouvel appel à proposition au moment où les résultats se- ront bien connus et lorsque les structures mauritaniennes seront pleinement impliquées. Il est souhaitable de faire ce travail pendant l’évaluation finale de ce programme qui est déjà prévue à la fin. La DUE aura alors le temps d'analyser les recommandations données ci-dessus, et voir sous quel type de financement elles pourront être combinées. L'analyse de ce programme sera réalisée en même temps, afin de voir comment il sera financé. Sa réalisation prendra en considération les exigences en matière de coordination du cadre de recherche, de l'assistance technique, garantissant un vrai pro- gramme. Ce programme doit s'attaquer à la malnutrition et à la pauvreté, d'une manière durable, tout en étant adapté à la réalité du pays. L'évaluation finale se prononcera sur toutes ces questions.

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