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Le cas groenlandais

  1. 1. Alonso-Dussel Adrien No. 21110028 1 LE CAS GROENLANDAIS Le Groenland (Grønland en danois et Kalaalit Nunaat en groenlandais) est un territoire autonome au sein du Royaume du Danemark. Connu pour son statut de plus grande île du monde, le Groenland compte 56 000 habitants répartis sur 2 175 600 km². Sa capitale est Nuuk-Godthåb, absorbant 17 000 habitants à elle seule. Le lien à la fois étroit et lointain entretenu avec le Danemark fait du Groenland un cas spécifique. Nous analyserons trois domaines interperméables de la réalité groenlandaise : l’autonomie, la situation sociolinguistique et la situation du tourisme et de l’immigration. I. UNE AUTONOMIE PROGRESSIVE Ce vaste territoire fut colonisé en 1721. Courtisé pour sa situation stratégique et pour la richesse de son secteur de la pêche, ce n’est qu’en 1933 que la Cour permanente de la justice internationale − actuel Tribunal international de La Haye − confia l’ensemble du Groenland à la communauté du royaume danois (Rigsfællesskab). Les conseils communaux crées en 1911, chargés d’assurer l’ordre et l’aide sociale, furent remplacés en 1951 par un conseil territorial. Le Groenland rejoint la Communauté européenne en 1973 mais la quitta en 1985 dans le but de bénéficier d’un nouveau statut de « territoire d’outre-mer ». En 1979, les dispositions relatives au régime
  2. 2. Alonso-Dussel Adrien No. 21110028 2 d’autonomie interne furent ratifiées par les Groenlandais et le Parlement danois. Le Groenland venait de devenir autonome de façon tout à fait officielle et pouvait donc exercer cette autonomie garantie par Copenhague sur le pouvoir législatif comme sur l’executif concernant les affaires internes au territoire. Petit à petit et pendant 25 ans, une liste quasi-exhaustive de responsabilités et de pouvoirs fut transférée à Nuuk ; le gouvernement territorial se vit attribuer le droit de géstionner les impôts, les taxes, le secteur immobilier, l’éducation, la culture, ainsi que l’Eglise et les activités économiques, telles que la pêche ou l’élevage de rênes. Anders Fogh Rasmussen, alors premier ministre du Danemark, et le président du Groenland signèrent en 2004 un acte qui posa les ciments d’une commission dano- groenlandaise dans le but de doter le territoire d’une autonomie renforcée. Après douze réunions, la commission acheva son rapport et le remit en 2008 à Rasmussen et au président du gouvernement territorial. L’enjeu principal de ce rapport fut de trouver un terrain d’entente dans la création d’une proposition de loi entre les projets visant une autonomie renforcée et les limites du cadre légal du territoire danois dans lesquelles ils pourraient être appliqués. Concernant le droit international par exemple, la commission décida que les prérogatives telles que la Constitution, la politique étrangère, la défense, la citoyenneté ou la politique monétaire ne pouvaient pas être englobées dans cette démarche d’autonomie renforcée. Par ailleurs, une efficience économique fut demandée à Nuuk par le gouvernement central danois. Dans d’autres mots, le Groenland devait être capable de générer les fonds nécessaires afin de financer son autonomie. Si le rendement de l’économie groenlandaise est accru, la dépendance du territoire par rapport à Copenhague est amoindrie. En termes économiques, le rendement est devenu le pilier sur lequel repose l’autonomie. La commission a également accepté que l’on reconnaisse les Groenlandais comme un peuple au regard du droit international. La mention « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » fut incluse dans le rapport. A l’époque, cette reconnaissance a évidemment relancé le débat sur une indépendance souvent démentie et/ou
  3. 3. Alonso-Dussel Adrien No. 21110028 3 relativisée par la presse danoise1. Toutefois, la commission a cherché à savoir dans quelle mesure le peuple groenlandais veut son indépendance. C’est ainsi que le Danemark a tout de même laissé la porte ouverte aux discussions et à la compréhension mutuelle. Le pouvoir législatif est détenu par le Landsting ou l’Assemblée territoriale. Le gouvernement territorial, détenteur du pouvoir exécutif, est élu par l’Assemblée et c’est celui-ci qui se charge de réguler les rapports entre les deux pouvoirs. Le renforcement de l’autonomie s’est appliqué sur le domaine de l’administration judiciaire ; la prévention criminelle, la police, le ministère public et le droit criminel ont tous été transférés à Nuuk. En effet, les compétences transférables peuvent être négociées par le gouvernement central et le gouvernement autonome lorsqu'elles concernent des domaines spécifiquement groenlandais. C’est ce que l’on a appelé le « modèle d’accord ». Deux listes de compétences susceptibles d’être cédées au gouvernement autonome ont été créées à cet effet. Une fois les négociations avec le 1 « Grønland vil forsætte med at være afhængig af Danmark i årtier » apparu dans le journal danois Information. gouvernement danois ayant abouti à un entendement, le gouvernement territorial a le pouvoir de déterminer la date du transfert de chacun des domaines cités dans la liste II. Pour la liste I, la date peut être fixée sans négociation préalable. La coopération entre Nuuk et Copenhague facilite la transition d’une compétence, ce que la commission n’a pas manqué de préciser. D’autre part, l’autosuffisance de l’économie groenlandaise ne doit pas accentuer la disparité de salaires entre le territoire et le Danemark. Pour ce faire, l’Etat central s’est engagé à verser une subvention ajustée sur l’évolution des prix et des salaires. Le Groenland touche par ailleurs les recettes générées par les activités en rapport avec ses matières premières et la dotation de l’Etat est réduite d’un montant correspondant à la moitié des revenus de l’exctraction du pétrole excédant 75 millions de couronnes par an. C’est-à-dire, lorsque les revenus liés à l’activité des matières premières dépassent 75 millions de couronnes, ceux-ci sont soustraits pour moitié de la dotation accordée par l’Etat. En échange de cette
  4. 4. Alonso-Dussel Adrien No. 21110028 4 soustraction, l’Etat s’engage à financer les transferts de domaines à venir. En 2008, un reférendum consultatif sur l’autonomie renforcée eut lieu. 75% des suffrages la validèrent et le 21 juin 2009, 32 compétences furent finalement cédées au Groenland. La question de l’indépendance restée en suspend, il appartient désormais aux Groenlandais de relancer le débat et d’exiger au Danemark l’organisation d’un reférendum. Le gouvernement territorial a l’interdiction formelle de prendre une décision sans la bénédiction du Parlement danois à Copenhague. Le Danemark montre donc un esprit d’ouverture mais garde tout de même le contrôle de la situation. Au cas où le Groenland accederait à l’indépendance, le Danemark deviendrait le partenaire d’une association libre avec le nouveau pays. II. LA QUESTION SOCIOLINGUISTIQUE La langue officielle du Royaume reste le danois. Toutefois, la loi sur l’autonomie interne fait du groenlandais la langue principale tout en accordant au danois la cooficialité dans la vie publique des citoyens. Ce n’est qu’à partir des années 1970 que la langue du territoire a entamé sa progression vers le statut de première langue qu’elle possède actuellement. Le danois, de son côté, a vu son importance s’amoindrir jusqu’à la disparition des « classes danoises » en 1994 où la langue d’instuction était le danois 2 . Le problème à l’époque résidait dans le fait que les dites « classes 2 « Colonial Danish », p. 157, Birgitte Jacobsen. danoises » − composées de danophones mais également d’élèves bilingues groenlandais dont les parents désiraient qu’ils dominent la langue danoise – avaient souvent un statut plus élevé. Cela créait des controverses au sein du peuple groenlandais. Dans les années 1950 le modèle des « écoles divisées » vit le jour, avec une offre linguistique double et distincte (écoles groenlandaises et écoles danoises). La « danification » eut lieu dans les années 1960, qui se fit aux dépens de la langue groenlandaise. La peur que générait la disparition de la langue groenlandaise
  5. 5. Alonso-Dussel Adrien No. 21110028 5 provoqua un fort sentiment régional qui mit en exergue l’importance qu’avait le groenlandais dans la société groenlandaise. En 1979 la langue groenlandaise acquit le statut de langue principale d’instruction, malgré le manque de proffesseurs dominant la langue qui permit au danois de rester la langue principale dans les écoles où le choix de langue était impossible dû au manque de compétences en groenlandais. Le danois fut cependant rabaissé au statut de « langue étrangère ». La situation de Nuuk, ou Godthåb, est quelque peu particulière en tant que première ville. Beaucoup d’employés dans les entreprises groenlandaises sont ethniquement danois et ne parlent pas le groenlandais3. En effet, ils sont très souvent attirés par les offres de travail émises par le Groenland et le danois est conséquemment employé en tant que langue principale, même par certains locuteurs natifs du groenlandais. A Nuuk, les élèves apprenant le groenlandais en tant que langue étrangère – même les enfants nés et ayant grandi au Groenland – peuvent toujours être 3 Article « 5/30/2012 – Language (Nuuk, Greenland) » dans le blog « Beyond the Horizon », Sharon. caractérisés en tant que danophones monolingues4. La capitale jouit aussi du développement démographique le plus rapide du territoire5, ce qui s’explique notamment par l’absortion de la population des villages avoisinants et de l’attraction de la main d’oeuvre danoise et d’autres étrangers motivés par des opportunités professionnelles. Il n’est donc pas difficile d’imaginer que ce contexte de pôle économique et culturel du Groenland ne favorise pas l’usage de la langue groenlandaise dans la ville de Nuuk-Godthåb. L’Université du Groenland offre des formations en groenlandais, en danois et en anglais qui attirent quelques 200 étudiants. L’effectif d’enseignants à Nuuk est formé en grande partie par des Danois envoyés sur place afin d’assurer l’enseignement de matières dont les spécialistes manquent au Groenland. Il est fort possible que cette coopération entre le Danemark et le territoire, qui tissent des liens culturels et relationnels, aide au maintien de l’identité 4 « Discourse practices in Nuuk, Greenland : language usage and attitudes at the gymnasium » p. 242, Karen Langgård. 5 Statistics Greenland.
  6. 6. Alonso-Dussel Adrien No. 21110028 6 danoise au Groenland au détriment de l’isolement et du repli sur soi. Un aspect très intéressant du multiculturalisme au Groenland est l’apparition de la variante dialectale du danois, nommée « danois de Nuuk » ou « danois colonial ». La caractéristique la plus évidente de cette variante est l’usage de mots isolés en groenlandais, comme « tassa » (cela suffit) ou « suu » (oui), qui participent à l’affirmation d’une identité dano-groenlandaise face aux Danois du continent – nommés flyfriske danskerne. Aux mots isolés s’ajoute une prononciation quelque peu différente – déviation de l’aspiration, particularités concernant le stød et l’accent tonique. Cet accent se retrouve également chez les citoyens d’ethnie groenlandaise ayant grandi sans parler la langue groenlandaise mais l’ayant apprise plus tard. Birgitte Jacobsen conclut que ce changement d’accent pourrait s’expliquer par une volonté d’afficher de façon explicite leur appartenance à l’identité groenlandaise face aux Danois du Danemark. Le « danois de Nuuk » aurait donc un certain prestige caché parmi les habitants du Groenland, qui y verraient une sorte de marque de réussite et de solidarité envers le Groenland. En ce qui concerne les médias, il est intéressant de noter qu’il aura fallu un houleux débat afin de valider la mise en place de sous-titres en danois dans les programmes en langue groenlandaise, notamment dans le programme informatif « Qanorooq »6. III. TOURISME ET IMMIGRATION : VECTEURS DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE Le secteur touristique au Groenland est de nos jours en pleine expansion. En effet, il s’agit d’un domaine dans lequel le gouvernement n’a investi que très récemment ; l’ouverture de l’office 6 « Colonial Danish », p. 158, Birgitte Jacobsen. nationale de tourisme ne s’est faite qu’en 1992. Le territoire dispose de 10 aéroports et d’une compagnie aérienne régionale, Greenlandair, qui relie Narsarsuaq et Kangerlussuaq à Copenhague et à Reykjavik.
  7. 7. Alonso-Dussel Adrien No. 21110028 7 Nuuk-Godthåb n’est donc pas reliée à l’étranger ; pour ce faire, un transfert dans l’un des deux aéroports internationaux est nécéssaire (Narsarsuaq, Kangerlussuaq). La difficulté du transport dans l’île peut isoler voire retrancher ses habitants, et difficulte le transit de touristes. Néanmoins, les croisières arctiques et la découverte du paysage (activités sportives incluses) sont les points forts du Groenland en ce qui concerne le secteur touristique. Comme il a été dit précédemment, l’immigration au Groenland a principalement lieu pour des raisons professionnelles. Dans cette motivation, on retrouve deux variantes : un appel à couvrir un poste dont les compétences nécéssaires sont introuvables au Groenland et une population étrangère attirée par des offres de travail au Groenland, issues du développement économique de la région7. Notons que la population de la région a connu une légère baisse en 2014 : 298 personnes ont quitté le Groenland pendant l’année 8 . Les raisons sont inconnues, quoiqu’il est possible que ces individus aient 7 « Nummut-Nummit: Some Aspects of the Socio- economic Development of Nuuk, the Capital of Greenland » été attirés à leur tour par les offres de travail ou les modes de vie plus urbanisés du continent européen ou américain. La construction d’infrastructures et la modernisation de la ville de Nuuk-Godthåb dépendent assez fortement des investissements danois. Le financement global du Groenland dépend lui aussi de la présence et de l’influence danoise 9 . Les fonds danois, si nécessaires dans la région, constituent probablement l’un des arguments que l’on pourrait avancer pour défendre la mainmise danoise. On peut imaginer qu’en cas d’indépendance, les investissements danois reculeraient dû au manque d’attractivité ou de proximité ; n’étant plus une partie intégrante du Danemark, les investisseurs danois n’auraient plus de lien direct avec le Groenland et perdraient le sentiment de devoir participer à son développement économique. Le débat séparatiste sera-t-il relancé ? L’indépendance altérerait-elle l’évolution du tourisme ? Provoquerait-elle l’écroulement de l’économie groenlandaise et le départ 8 Statistics Greenland. 9 « World of information regional review : Europe », Kogan Page Publishers, 2003, p. 164.
  8. 8. Alonso-Dussel Adrien No. 21110028 8 des danophones ? Voici les questions auxquelles seul le futur pourra répondre. *** BIBLIOGRAPHIE MEJDAHL Christian, Le Groenland : de l’autonomie interne à l’autonomie renforcée. 2008. JACOBSEN Birgitte, Colonial Danish. 2003. LANGGÅRD Karen, Discourse practices in Nuuk, Greenland : language usage and attitudes at the gymnasium. 1992. VOLLER Louise, Grønland vil forsætte med at være afhængig af Danmark i artier. Dans Information le 17 mars 2008. Eksperter skyder Grønlands drøm om selvstændighed i sænk. 23 janvier 2014, DR NYHEDER. Statistics Greenland.

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