Alonso-Dussel Adrien
N. étudiant : 21110028
Licence Etudes Nord-Européennes
SENSIBILISATION A
LA RECHERCHE
« La Russie au ...
Autrefois symbole de prestige et enseignée dans de nombreux lycées à Strasbourg, la langue
russe n’est désormais enseignée...
Après cette analyse des relations russo-américaines, c’était au tour de Laure Delcour (Projet
Cascade, 7e
PCRD de l’UE) de...
l’Eglise russe se voient reflétés dans ceux du pouvoir en place ; l’Eglise joue donc un rôle
de partenaire. C’est ainsi qu...
l’étranger satisfait une grande partie de la population, sachant également que la notion de
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SensibilisationRussie

  1. 1. Alonso-Dussel Adrien N. étudiant : 21110028 Licence Etudes Nord-Européennes SENSIBILISATION A LA RECHERCHE « La Russie au monde du XXIe siècle : présences diverses (géopolitique, économique, culturelle) » Conférence organisée par l’Association Française des Russisants (AFR) et les départements d’études slaves et néo-helléniques de l’Université de Strasbourg Collège Doctoral Européen (Strasbourg) 28 mars 2015 ˗ 09:00-18:00
  2. 2. Autrefois symbole de prestige et enseignée dans de nombreux lycées à Strasbourg, la langue russe n’est désormais enseignée qu’au Lycée international des Pontonniers. C’est sur cette note amère qu’Evelyne Enderlein (ancienne directrice du département d’études slaves de l’Université de Strasbourg) débute la conférence, insistant sur les difficultés rencontrées lors de l’organisation du colloque de par « le caractère brûlant de ce sujet ». La politique de sanctions que mènent l’Union Européenne et la Russie fut le premier sujet abordé. Pourquoi ce système ? A qui cela profite ? Quelles situations provoquent ces sanctions ? Ces questions ont été la base des réflexions de Caroline Dufy (Sciences Po Bordeaux) mais aussi d’autres participants qui en ont profité pour rebondir lors de leurs interventions. Le caractère des sanctions est éminemment politique alors que c’est avec des moyens économiques qu’on les inflige. Elles surviennent dans un contexte défavorable pour la Russie (crise du rouble) et entraînent la réduction des investissements du fait de l’interdiction par l’UE du financement des banques russes par des banques européennes. Cependant, il est important de noter l’absence de résultats politiques majeurs. En effet, les sanctions russes ont surtout un caractère alimentaire (interdiction de certains produits européens), ce qui permet à la Russie de réorganiser ses circuits alimentaires, de retrouver des marges intéressantes et d’auto-centrer le pays. On a donc surévalué le poids de l’économie par rapport aux enjeux identitaires ainsi que les enjeux politiques internationaux par rapports aux internes puis l’ancrage des élites libérales en Russie. Par ailleurs, on constate une réorientation du discours vers l’Asie tandis que la voie libérale (UE) est de plus en plus mise de côté voire écartée. C’est du haut de ses études spécialisées dans les relations bilatérales entre les Etats-Unis et la Russie que Stéphane Dupuy (Ecole Militaire d’Aix-en-Provence, LERMA) fit un rappel sur ce qu’est la politique de reset et conclut qu’elle paraît fort lointaine de nos jours. Après les tourments de la Guerre froide, les Etats-Unis ont cherché à établir un partenariat égal et respectueux ; intention mise en pratique à Prague en 2010 lors du traité New START (Strategic Arms Reduction Treaty). A l’époque, Poutine avait bien validé cette politique, « il voulait lui-même en définir les modalités ». Néanmoins, les affaires survenues postérieurement ont rendu cette entreprise constructive impossible à long-terme. On accorde une mention spéciale pour l’expulsion manu militari de l’USAID à laquelle Barack Obama répondit avec des sanctions touchant les ressortissants russes. La Russie répondit à son tour en rendant l’adoption d’enfants russes illégale pour les citoyens américains. En résumé, on retrouve une ambiance de guerre froide, caractérisée par des cycles de désaccords et représailles incessantes. Il est nécessaire de revenir aux temps de Mikhaïl Gorbatchev pour se rendre compte qu’il existe un tas de relations entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique qui demeurent méconnues (mise en place de centres de recherche, etc.). Sous le vernis de l’idéologie, il y avait des diplomates russes de grande qualité désireux de développer un partenariat avec les Américains. Outre cela, et contrairement aux idées reçues, l’accélération de la fin de l’URSS n’a pas été voulue par Reagan ; le but de l’administration américaine était bien de détricoter le régime soviétique mais il n’a jamais été question d’en finir avec l’Union Soviétique. Ce sont les problèmes internes que l’URSS subissait qui ont fini par tuer le pays. En 1991, George Bush avait parlé d’une ‘catastrophe’ si l’Union Soviétique éclatait et avait vivement conseillé aux Ukrainiens de renoncer à l’indépendance. L’administration étasunienne fut prise de court lorsque le drapeau rouge fut remplacé par le russe. Quelle serait la mission des Etats-Unis sans l’endiguement de l’Union Soviétique ?
  3. 3. Après cette analyse des relations russo-américaines, c’était au tour de Laure Delcour (Projet Cascade, 7e PCRD de l’UE) de faire son intervention à propos du rôle de la Russie dans le processus de réforme des Etats post-soviétiques dans le cadre de la politique européenne de voisinage. Elle souligna le fait que l’UE est un acteur récent ayant réussi à s’imposer comme premier pôle d’influence dans l’espace post-soviétique. Les pays étudiés sont l’Ukraine, la Moldavie, l’Arménie et la Géorgie. Quelles sont les politiques et les instruments mis en place par l’UE et la Russie dans leur voisinage commun ? L’un comme l’autre se focalisent sur l’intégration économique des contrées précédemment mentionnées. L’UE et la Russie représentent deux offres juridiquement contraignantes et deux offres incompatibles en matière économique. Le levier de l’UE est principalement l’assistance portée à ces pays, même si le coût à court-terme est élevé et les résultats ne sont attendus qu’à moyen ou long- terme. De son côté, la Russie exploite l’héritage commun et l’ « issue-linkage » (Union Eurasiatique, qui regroupe les pays autour du même sujet : l’énergie, employé pour faire pression). L’avantage de la Russie est que l’impact de ses instruments agit à court-terme (prix de l’électricité) et que le coût de son alternative est de loin moindre que celui de la proposition rivale. De plus, elle n’impose aucun obstacle à la circulation de biens ou de personnes. L’Union Européenne tente bien que mal d’attirer ces pays en offrant la suppression des visas Schengen en échange de réformes dans la gestion et la lutte contre l’immigration illégale ˗ autrement dit, l’UE veut s’assurer que ces pays fermeront bien la frontière avec la Russie. Peut-on dire que Bruxelles joue un rôle de « saboteuse » face à l’usage simultané de pressions multiples venant de Moscou ? L’analyse de Laure Delcour permet de conclure que les pays qui ont le plus réformé dans le cadre de la politique de voisinage sont en effet les plus dépendants de la Russie (Arménie, Moldavie). Un ex-diplomate russe ayant travaillé à Bruxelles présent dans la salle rebondit sur cette intervention, en affirmant que la politique russe est devenue pragmatique et non idéologique, contrairement à la politique européenne. La Russie n’a pas fini son cycle d’évolution post- soviétique, dit-il. « Est-ce une dictature ? Non. Est-ce une démocratie ? Non plus. Est-ce une économie de marche ? Oui, apparemment. Mais la propriété privée reste difficile et ambiguë. Il existe un balancement entre une perspective autarcique et une perspective libérale ». Une femme a également voulu poser une question rhétorique devant la salle concernant l’éloignement de la Russie vis-à-vis de l’UE : « la Russie et l’UE se rencontreront-elles sur le terrain asiatique ? ». Stéphane Dupuy prit ensuite la parole dans le but de répondre aux affirmations faites par l’ex-diplomate russe. Lorsque Bill Clinton soutint les chars de Boris Eltsine lorsqu’ils tirèrent en septembre et octobre 1993 contre la Maison blanche à Moscou, les institutions russes furent atrophiées et la démocratie grièvement touchée. Si à l’époque les Etats-Unis avaient aidé la Russie à se doter d’institutions, les Russes n’auraient pas eu et n’auraient peut-être pas de nos jours aussi peur du lendemain. Ce que la société russe recherche si désespérément semble être la stabilité ˗ argument exploité par Poutine ˗ et c’est bien cela que l’administration étasunienne a l’air d’avoir du mal à saisir. Au début de son mandat, Poutine était objectivement dans une entreprise de bonne volonté. Toutefois, les élargissements consécutifs de l’OTAN ont fini par ternir cette bonne volonté et n’ont été perçues que comme une provocation de la part des Etats-Unis. Après la pause-déjeuner, le débat a été ouvert par Nikolaï Mitrokhin (Université de Brême). Son intervention a eu lieu en russe (traduite par Emilia Koustova) et traitait l’influence que l’Eglise orthodoxe russe exerce en Europe. Son intention est la préservation des valeurs traditionnelles, pour laquelle elle a à de nombreuses reprises tenté de s’allier à l’Eglise catholique après la mort du Pape polonais Jean-Paul II. Connu pour ses visions très conservatrices, l’arrivée de Benoît XVI a facilité la tâche. Depuis 2010, les intérêts de
  4. 4. l’Eglise russe se voient reflétés dans ceux du pouvoir en place ; l’Eglise joue donc un rôle de partenaire. C’est ainsi que l’argent issu des activités gazières et pétrolières permet de financer des projets de l’orthodoxie russe en Russie et à l’étranger. En France, le partenaire idéal de la Russie serait le Front National, ouvertement opposé au mariage homosexuel et à l’immigration massive. La guerre de l’information et contre l’information en 2014, expliquée par Floriana Fossato (Université d’Oxford), intéressa la salle très vivement et la fit réagir plusieurs fois. Tout le système de propagande fut dévoilé et analysé. Faut-il une stratégie européenne pour répondre à la propagande russe dans les pays en danger (Pologne, pays baltes) ? Comment expliquer que même des personnes éduquées peuvent croire aux mensonges et absurdités contenues dans les versions émises par le Kremlin ? La propagande passe par cinq niveaux flexibles : 1. Propagande via TV : les médias sont préparés et contrôlés quasi-entièrement par l’Etat. Ils aident à créer une atmosphère de cynisme. Lorsqu’on ne sait plus où se trouve la limite entre journalisme et propagande, on devient plus crédule et la pensée critique est affaiblie. Assistant à de si nombreuses versions de l’actualité, le public russe se créé une version virtuelle basée sur la frustration accumulée et la vexation. La narrative utilisée par la télévision est sensationnaliste. Le premier canal russe vient à répondre au manque d’institutions, s’improvisant comme le seul moyen d’interaction entre le gouvernement et les citoyens. Les programmes sont basés sur l’audience de masses et l’entertainment, avec de très longs services informatifs suivis d’un film (effet locomotive). Le ton utilisé est émotionnel. On ajoute à cela des stratégies de marketing, comme les courts flashs contenant des images fortes accompagnées de musique. Tout est fait pour que le téléspectateur croie qu’il fait partie d’une communauté attaquée dans une atmosphère de menace constante. 2. Augmentation du budget de médias internationaux : médias qui ne font pas vraiment de la propagande, mais plutôt un travail de décrédibilisation à échelle mondiale, exposant des moments et des faits où l’Occident apparaît sous son pire jour. Russia Today (RT) est le meilleur exemple, qui a vu son budget augmenté. 3. Le travail fait avec les pays du voisinage : beaucoup de russophones vivant dans les républiques ex-soviétiques (Biélorussie, Kazakhstan) peuvent se sentir concernés par le sort des Russes (« communauté menacée » qu’ils devraient soutenir). 4. Le travail fait sur internet : cela concerne principalement les réseaux sociaux. Il n’a pas encore eu l’impact désiré. Trolls, fakes et autres propagent les idées. 5. Le travail fait par des organisations internationales : la délégation russe chez ICANN (autorité de régulation de l’Internet) a déjà proposé de créer des « internets souverains » (déglobalisation de l’Internet). Toutes les analyses convergent vers l’idée que les Russes sont frustrés par leur nouvelle position dans le monde (perte du statut de puissance mondiale). Plusieurs sondages présentés par Petr Bavine (historien, sociologue, Moscou) montrent que les raisons qui rendent les rendent fiers de leur patrie ne concernent pas la vie quotidienne mais des faits historiques. A contrario, les raisons qui inspirent la honte de leur pays sont les problèmes sociaux (alcoolisme, pauvreté). Cependant, l’amélioration de la prospérité ne rend pas les Russes plus fiers, tandis que la guerre et les victoires sportives le font. La rhétorique mobilisatrice a du succès (guerres de Géorgie et de Tchétchénie). Les faits de guerre sont devenus des sujets principaux grâce à l’aide des médias contrôlés par l’Etat, dans le but d’augmenter la satisfaction des Russes vis-à-vis de leur pays. 60% de la population pense que la Russie est traitée avec respect, dont 32% avec peur et respect. Le fait que la Russie provoque la peur à
  5. 5. l’étranger satisfait une grande partie de la population, sachant également que la notion de ‘respect’ en Russie est ressentie comme le respect qu’inspirerait un vainqueur chez un vaincu. La très rapide augmentation du pourcentage de Russes qui pensent que la Russie n’est pas traitée correctement pourrait confirmer que la propagande est extrêmement performante. Cette conférence a permis de poser des questions essentielles que beaucoup d’experts comme de gens ordinaires se posent. Les intervenants ont fait état d’un contexte général plutôt alarmant, vu que la situation en Russie peut éventuellement avoir un effet négatif sur de nombreux pays voisins (Pologne, Pays baltes) et cimenter une peur fondée en Scandinavie et en Finlande, qui vivent surveillées par le Kremlin. La Norvège fait partie de l’OTAN et le nord du pays ˗ frontalier avec la Russie ˗ est perçu comme une menace constante par Moscou. La Suède ne fait pas partie de l’OTAN mais le changement de ce statut pourrait provoquer de très graves conflits. La Finlande a vécu la Guerre froide sous l’ombre de l’Union Soviétique et possède une très longue frontière terrestre avec la Russie, étant conséquemment exposée de façon directe aux aléas des relations internationales et influencée par la peur que la Russie lui inspire.

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