Consommation collaborative Alexandra Penel french

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La consommation collaborative est un nouvel espoir économique dans un contexte où la production trouve de moins en moins de destinataires. Mais au delà de ses vertus commerciales, certains y voit la possibilité d’un mode d’organisation plus sociale, plus environnementale et plus juste. Elle serait un nouvel étendard contre l’individualiste libéralisme et l’immoral capitalisme. Alors, oui ou non, la consommation collaborative amorce-t-elle la fin de notre monde ?

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  • Par contre, la location entre particuliers traduit pour moi d’une consommation plus consciente, et plus sophistiquée.
    Plus conscients parce qu’elle porte de forte attente sociale. Si les consommateurs ne disent pas qu’elle est écologique, ils nous disent au moins qu’elle est sociale. Pourquoi, on n’a pas d’explication, mais le fait qu’ils le disent signifie qu’ils sont conscients de l’impact de leur consommation sur le monde qui les entoure.

    Plus sophistiqué car les consommateurs ont plus de possibilité et d’arbitrages à faire : non seulement ils doivent choisir un objet, mais ils doivent aussi choisir par quel moyen ils veulent accéder à l’objet.
  • Par contre, la location entre particuliers traduit pour moi d’une consommation plus consciente, et plus sophistiquée.
    Plus conscients parce qu’elle porte de forte attente sociale. Si les consommateurs ne disent pas qu’elle est écologique, ils nous disent au moins qu’elle est sociale. Pourquoi, on n’a pas d’explication, mais le fait qu’ils le disent signifie qu’ils sont conscients de l’impact de leur consommation sur le monde qui les entoure.

    Plus sophistiqué car les consommateurs ont plus de possibilité et d’arbitrages à faire : non seulement ils doivent choisir un objet, mais ils doivent aussi choisir par quel moyen ils veulent accéder à l’objet.
  • Par contre, la location entre particuliers traduit pour moi d’une consommation plus consciente, et plus sophistiquée.
    Plus conscients parce qu’elle porte de forte attente sociale. Si les consommateurs ne disent pas qu’elle est écologique, ils nous disent au moins qu’elle est sociale. Pourquoi, on n’a pas d’explication, mais le fait qu’ils le disent signifie qu’ils sont conscients de l’impact de leur consommation sur le monde qui les entoure.

    Plus sophistiqué car les consommateurs ont plus de possibilité et d’arbitrages à faire : non seulement ils doivent choisir un objet, mais ils doivent aussi choisir par quel moyen ils veulent accéder à l’objet.
  • Consommation collaborative Alexandra Penel french

    1. 1. POINT DE VUE SUR LA __ __ CONSOMMATION COLLABORATIVE Réflexion découlant du mémoire La location entre particuliers ou la remise en cause d’un modèle de consommation fondé sur la propriété - Alexandra Penel - Master Information & Communication - CELSA-Paris IV - Juillet 2014
    2. 2. La consommation collaborative a de quoi effrayer les marques tant elle semble remettre en cause notre modèle de société.
    3. 3. Elle serait le signe d’une prise de « conscience de l’essoufflement du modèle économique mondial actuel » Tout se loue sur Internet, mais à quel prix - Le Figaro - 09.02.2012
    4. 4. Dont elle amorcerait la fin : « ce n’est pas une crise, c’est un changement de monde. » Michel Serres
    5. 5. Les entreprises y perdraient leur pouvoir : « un style de vie qui replace l’initiative de l’activité économique entre les mains de la société civile » La révolution du partage - Le Monde - 20.09.2013
    6. 6. Et les marques leur sex appeal : « On cherche le fonctionnel » Question de choix - France Info - 20.12.2013
    7. 7. D’un autre côté, elle apparaît aussi comme une solution à la crise du pouvoir d’achat
    8. 8. à la détérioration de notre environnement : « la consommation collaborative va également de pair avec une consommation durable. » Kiwizz
    9. 9. voire même à l’immoralité du système actuel : « les pratiques collaboratives illustrent la gestation d’un monde où l’entraide a remplacé l’égoïsme » La révolution du partage - Le Monde - 20.09.2013
    10. 10. Peut-être parce qu’elle réconcilierait notre système capitaliste avec des valeurs marxistes.
    11. 11. “ Perhaps what is the most exciting about Collaborative Consumption is that it fulfills both the hardened expectations on both sides of the socialist and capitalist ideological spectrum without being an ideology in itself. ” What is mine is yours - Rachel Botsman & Roo Rogers
    12. 12. Qu’elle séduise ou qu’elle effraie, la consommation collaborative ne laisse pas indifférent, tant elle semble bouleverser le monde tel que nous le connaissons.
    13. 13. Dans quelle mesure la consommation collaborative propose un nouveau modèle de société ?
    14. 14. La consommation collaborative n’a pas de limites, et touche l’ensemble des catégories.
    15. 15. Elle se présente par conséquent comme une évolution du système d’hyperconsommation
    16. 16. La fin de l’hyperconsommation ?
    17. 17. « On n’est pas toujours heureux d’hyperconsommer » The Age of Acces - Jeremy Rifkin
    18. 18. La consommation collaborative permettrait « de continuer à hyperconsommer » L’avènement de la consommation collaborative - Edouard Dumortier
    19. 19. Si « hyperconsommation » est un terme ambigu, « pouvoir d’achat » est une notion qui met tout le monde d’accord. Source : Site Ilokyou - avril 2014
    20. 20. L’objectif de la consommation collaborative reste l’abondance et la consommation de masse.
    21. 21. À la différence qu’elle revendique des valeurs qui manqueraient à notre système actuel.
    22. 22. Parce qu’elle remettrait en cause la propriété, pour lui préférer l’accès, l’usage et l’utilité.
    23. 23. La fin de la propriété et l’avènement de l’ère du partage?
    24. 24. Prenons l’exemple de la location entre particuliers qui semble questionner le plus la propriété. Product service system Redistibution market Collaborative lifestyle What is mine is yours - Rachel Botsman & Roo Rogers
    25. 25. Même si le mot « propriétaire » disparaît du vocabulaire comme Airbnb qui l’a remplacé par « hôte », la propriété reste au coeur d’une location entre particuliers. Système d’assurance Garantie Sécurisation des paiements
    26. 26. La location entre particuliers reste un échange interpersonnel marchand, garanti par un tiers. Start-up $ Location Start-up
    27. 27. Ce modèle, où la propriété est bel et bien présente, est aussi celui d’autres activités collaboratives. La revente Propriétaire Acheteur Le financement Le troc Propriétaire d’une idée supporter Propriétaire Propriétaire
    28. 28. La propriété n’est remise en cause que pour une seule partie de l’échange : le consommateur, qui n’a plus besoin de posséder pour utiliser.
    29. 29. Du côté du propriétaire, il s’agit de rentabiliser l’objet en prolongeant son utilisation par sa location, la revente, le troc…
    30. 30. La consommation collaborative n’est donc pas une mise en commun des biens, mais une rentabilisation de la propriété.
    31. 31. D’où le malentendu sur l’usage du mot « partage » : ni dans le troc, ni la revente, ni la location, ni le crowdfunding ou crowdsourcing, ce qui est à moi n’est à toi.
    32. 32. Plutôt qu’une révolution du modèle, la consommation collaborative est une évolution des modes d’accès.
    33. 33. Avec ces nouvelles possibilités d’accès apparaît une nouvelle sophistication des arbitrages et un consommateur de plus en plus expert.
    34. 34. On pourrait croire que ces arbitrages se jouent dans l’opposition entre rationnel et émotionnel
    35. 35. « On cherche le fonctionnel »1 « Optimiser ses ressources »2 « On réalise des économies concrètes et immédiates »3 « le besoin de praticité »4 Préférence de marque Achat Plaisir Investissement Sources : 1Question de choix - France Info - 20.12.2013, 2Je loue ta voiture, tu loues mon costume, on sauve la planète - Rue 89 Le Nouvelobs - 18.08.2011, 3 site Sharewizz, 4 site Zilok
    36. 36. PRIX UTILITÉ PRATICITÉ QUALITÉ PLAISIR STATUT
    37. 37. CONSOMMATION MALIGNE PLAISIR CONSOMMATION PLAISIR
    38. 38. Pourtant la consommation collaborative exacerbe les attentes sur la qualité et le service.
    39. 39. Parce qu’elle permet l’accès à des marques, considérées comme plus qualitatives que le low-cost. « ça te donne accès à pleins de choses que tu n’achèterais pas » « meilleur rapport qualité-prix » « Pour des travaux ponctuels, un bricoleur n’ira jamais investir dans des outils performants en raison de leur coût. La location entre particuliers permet justement d’éviter cela. La différence d’usage et de résultat entre une meuleuse à 15€ et une meuleuse à 100€ est pourtant clairement notable ». Source : groupe qualitatif organisé en avril 2013, et échange avec un e-loueurs.
    40. 40. Et parce que le mode de fonctionnement peer-to-peer exige un niveau de service garantissant l’échange. « il y a quand même un degré d’emmerdes » « Je trouve que le fais que ce soit entre particuliers, c’est plutôt un handicap parce que tu as un risque sur la qualité. » Source : groupe qualitatif organisé en avril 2013, et échange avec un e-loueurs. « Tiers de confiance »
    41. 41. Plutôt que la recherche du plus bas prix ou le signe du désamour des marques, les pratiques « collaboratives » sont vécues comme un mode d’accès plus économique à la qualité.
    42. 42. En ce sens, la consommation collaborative menace sans doute davantage les produits low-cost que les marques plus premium.
    43. 43. Des arbitrages de L’utilité n’a pas anéanti les attentes émotionnelles et de statut. plus en plus conscients et sophistiqués.
    44. 44. Parce que les systèmes collaboratifs Des arbitrages de sont valorisants, et plus bénéficient en plus d’une image conscients plus moderne, et plus sophistiqués. incarnée, sociale et environnementale. « un modèle de consommation meilleure pour la société » « un acte militant » Source : Les français et les pratiques collaboratives. Qui fait quoi ? Et pourquoi ? - Ipsos - janvier 2013.
    45. 45. Parce que ces Des arbitrages de solutions révèlent nos rapports émotionnels à certains objets, plus plus en plus conscients et sophistiqués. qu’elles ne les remettent en cause. « Moi je préfère avoir une robe pas chère, limite Zara ou H&M, mais que ce soit ma robe » « J’aime bien avoir mes bouquins, alors que mon mec, quand il achète un Source : groupe qualitatif organisé en avril 2013, et échange avec un e-loueurs. bouquin, après il le jette. » « Il y a des gens qui ont un rapport qui est pratique à la voiture. Et puis il y a des gens pour qui c’est du statut. »
    46. 46. Au delà d’un usage purement rationnel, nos choix de consommation restent vecteurs de statut et révélateurs de notre rapport aux objets.
    47. 47. Au final, les pratiques collaboratives ne révèlent pas un « anti-consommateur » haïssant les marques, mais un consommateur expert, fort de solutions toujours plus variées pour satisfaire ses besoins en qualité et statut.
    48. 48. La consommation collaborative n’est ni la fin du capitalisme et de la propriété, ni la fin d’un modèle basé sur la consommation ni l’avènement d’un consommateur sceptique.
    49. 49. Au contraire, on peut la considérer comme la généralisation du rapport marchand à l’échelle de l’individu, une société d’hyper libéralisme où chaque propriétaire devient un commerçant, et où le capitalisme a investi jusqu’à nos garde-meubles.
    50. 50. Ce qui, bien loin d’une menace, dessine pour les marques établies des opportunités.
    51. 51. Garantir les échanges entre particuliers.
    52. 52. C’est à dire Proposer des plateformes facilitant l’échange entre particuliers et se porter ainsi garant de la qualité de la transaction et des biens échangés.
    53. 53. À l’image du Trocathlon qui permet de revendre ou d’acheter du matériel Decathlon d’occasion.
    54. 54. Et de façon plus indirecte, Habitat vintage qui rachète et revend du mobilier d’occasion de la marque.
    55. 55. Étendre la cible d’utilisateurs au-delà de la cible d’acheteurs.
    56. 56. C’est à dire proposer non plus seulement l’achat, mais aussi la location de son stock.
    57. 57. DriveNow et la mise à disposition d’un parc de BMW en location dans les villes.
    58. 58. Partager la conception de ses projets.
    59. 59. C’est à dire passer du « client » au « co-actionnaire ».
    60. 60. En proposant à tout un chacun de financer une partie du projet.
    61. 61. Ou plus simplement, en utilisant les plateformes existantes de crowdsourcing comme Popularise ou Quirky pour concevoir son projet ou ses produits.
    62. 62. Rentabiliser son réseau en imaginant des services au profit de cette économie.
    63. 63. C’est à dire mettre à disposition des zones d’échange dans son réseau, ce qui constitue un nouveau service, autant qu’une raison de venir en point de vente.
    64. 64. À quand la possibilité chez La Poste, chez les buralistes, chez les distributeurs de déposer ou retirer des objets loués, troqués, revendus ?
    65. 65. Étendre l’expérience de sa marque à de nouveaux services.
    66. 66. C’est à dire proposer des services complémentaires à l’achat et ainsi offrir des solutions globales à ses clients.
    67. 67. Par exemple, à quand la possibilité de louer sa décolleuse à papier peint ou sa ponceuse chez Ikea ?
    68. 68. Voilà seulement 5 applications parmi de nombreux modèles à venir…

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