Financement et Inégalités de santé en Tunisie

509 vues

Publié le

Présentée par Chokri Arfa, Maitre-assistant à l'Institut National du Travail et des Etudes Sociales de Tunis.
Conférence « Les inégalités sociales en Tunisie, le constat et les leviers d’action », 11 Juin 2014, Tunis - Tunisie.

Publié dans : Santé & Médecine
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
509
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
5
Actions
Partages
0
Téléchargements
16
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive
  • OOP : out-of-pocket payments
  • Maintenant l’identification des défis peut être envisagée de plusieurs manières, nous avons choisi de les présenter selon le rôle des pouvoirs publics qui est de faciliter l’accès aux soins préventifs, curatifs et promotionnels. Or si le Maroc a pu instaurer depuis longtemps une politique de prévention assez efficace, il a toujours du mal à assurer aux citoyennes et citoyens marocains un accès aux soins appropriés. Notre politique, en matière de soins curatifs, se limitait à un débat sur l’extension de l’offre de soins, or comme vous allez le remarquer, c’est un domaine où on accuse un grand retard aussi bien au niveau de la disponibilité de l’offre ou de la suffisance et la qualité des services. Notre 1e grand défi en matière de santé est sans aucun doute lié à la difficulté d’accès aux soins. Ce n’est donc pas un hasard si le rapport du cinquantenaire pour le développement l’ait identifié parmi les 5 nœud du future au Maroc à côté du savoir, de l’économie, l’inclusion du développement et la gouvernance.
    Le secteur de la santé est à la fois un secteur social et secteur de services, le rôle des ressources humaines y est fondamental. Nous ne pouvons envisagé aucun développement de ce secteur sans leur mobilisation. Or malheureusement c’est à ce niveau que le bas blesse nous sommes dans une situation de déficit qui nous met à côté de pays comme le Yemen, le Djibouti et d’autres pays qui ne sont pas au même niveau de développement que le Maroc. C’est pour cela que les RH de santé constitueront pendant longtemps le tendon d’achille de notre système de santé.
    Comme je l’ai dit avant le financement est certes insuffisant comme vous allez le remarquer mais il est davantage par rapport à ce qui adviendra puisque la demande de soins et la consommation médicale ne font qu’augmenter au même titre que les ALD et les ALC.
    Avec l’avènement du printemps arabe la population marocaine a rompu le silence pour nous dire dans la rue qu’elle n’ai pas satisfaite de notre système de santé et de nos services. Nous avons une mauvaise image auprès de la population et une mauvaise presse dans les médias, si nous ne corrigeons pas cela, quelque soit l’importance des investissements dans la santé, ils ne contribueront pas à la paix sociale.
    Enfin, je considère que parmi tous ces défis, celui de la bonne gouvernance est le plus important parce qu’il facilite la résolution des autres. Or la gouvernance d’un secteur social et de service qui souffre de manque dans ses ressources stratégiques n’est pas à la portée de chacun de nous. C’est pour cela que nous devons chercher cette bonne gouvernance dans la transparence, le partenariat et la mutualisation des efforts de l’ensemble des acteurs de notre système de santé.
  • Financement et Inégalités de santé en Tunisie

    1. 1. Chokri Arfa Observatoire National des Inégalités Sociales de Santé 11 Juin 2014 Financement et InégalitésFinancement et Inégalités de santé en Tunisiede santé en Tunisie
    2. 2. Plan
    3. 3. World Health Organization The Financing Function “Collection” “Purchasing” “Pooling” Les fonctions du financement de la Santé Collecte des fonds Mise en Commun Achat
    4. 4. Mise en Commun AgeRisque Santé Ressource Subvention croisée du Faible risque à haut risque (subvention de risque) Faible Risque Haut Risque $ $ Revenu Subvention croisée des Riches aux pauvres (subvention de l'équité) Pauvres Rich es $ $ Subvention croisée du productive à la partie non-productive du cycle de vie Produc tive Non- produc tive $ $
    5. 5. Principaux acteurs et circulation des flux financiers du secteur de la santé Tunisie 2010 Prestataires Publics Government (26.3%) Enterprises Publiques ( 12.7%) Enterprises Privées (15.9%) Ménages (45.1%) Autres Ministères (Défense/Intérieur ) ( 1.3%) Assurance Privée / Mutuelles (4.5.0%) Assurance maladie sociale (28.6%) MS (coverture des pauvres ) (25.1%) Prestataires Privées Pharmacie PrivéePaiements directs de santé (40.5%) Sources Agents Prestataires Extérieur ( 0.1%) Prestataires parapublics
    6. 6. Fonds publics Vs. Fonds privés (2000-2010)
    7. 7. Dépenses de Santé par Habitant ($) Pays 1995 2000 2010 2012 Suisse 4308,5 3540,9 7696,5 8980,0 Allemagne 3129,0 2386,6 4667,7 4683,2 États-Unis 3788,4 4790,0 8254,2 8895,1 France 2744,5 2209,2 4633,6 4690,0 Canada 1820,5 2090,2 5273,0 5740,7 Djibouti 29,0 43,7 111,5 129,2 Égypte 37,4 78,6 125,8 151,6 Maroc 48,0 53,9 168,1 190,3 Qatar 601,6 651,5 1496,3 2028,8 Tunisie 129,8 122,5 281,7 296,9 Yémen 39,4 25,4 66,5 71,0
    8. 8. Part des dépenses directes de santé / DTS par groupe de pays 2010 (Région EMRO) Group 3 50–80% Group 2 25–60% Group 1 12–19%
    9. 9. Part des DPuBS /PIB Source: GHED April 1, 2014 Moyenne Monde Moyenne EMRO Moins de 4-5% : problematique pour atteindre CSU
    10. 10. % DPubS / DTS et / PIB Année 2011 Pays % DPubS / DTS % DPuBS/ PIB GROUPE 1 Bahrain 71.0 2.7 Kuwait 82.2 2.2 Oman 80.8 1.9 Qatar 78.6 1.5 Saudi Arabia 68.9 2.5 UAE 74.4 2.5 GROUPE 2 Egypt 40.5 2.0 Iran 39.7 2.4 Iraq 80.7 6.7 Jordan 67.7 5.7 Lebanon 25.5 1.6 Libya 68.8 3.0 Morocco 34.3 2.1 Palestine 37.0 5.4 Syria 49.0 1.8 Tunisia 55.1 3.4 GROUPE 3 Afghanistan 15.6 1.5 Djibouti 68.1 5.4 Pakistan 27.0 0.7 Somalia No data N/A Sudan 28.4 2.4 Yemen 20.9 1.1
    11. 11. Couverture Sociale en Santé Assurance Maladie Obligatoire (CNAM) Assistance Médicale Gratuite • Population active- assujettis à la sécurité sociale et pensionnés des deux secteurs, privé et public et leurs ayant- droits; selon trois filières: publique, remboursement et privée. • Taux de cotisation 6.75% pour la population active et 4% retraité. • Taux de couverture • 68% de la population (MAS 2010) • Personnes démunies sans sécurité sociale selon deux sous-régimes: Gratuité des Soins et Tarifs Réduits • Accessibilité aux structures publiques de santé. • Affiliation sur demande • Financement par la fiscalité • Taux de couverture : • 24% (8% vs 16%) de la population en 2011 (MAS 2011). • 27.1% (7,2% vs 19,9%) de la population (INS 2010 )
    12. 12. Couverture sociale en santé 2010 CNAM Urban Rural Total Milliers % Milliers % Milliers % Filière Publique 1451,0 85,5 404,9 64,1 1855,9 67,7 Filière privée 399,3 8,1 38,34 17,6 437,6 16,0 Filière de remboursement 416,4 6 28,6 18,3 445,0 16,2 autres 0,6 0,4 1,9 2,5 0,1 2267,3 100 473,7 100 2741,0 100  Assistance Médicale Urban Rural Total   ménages (mille) % ménages (mille) % ménages (mille) % Gratuité de Soins 107,3 6,1 74,6 9,7 181,9 7,2 Tarifs Réduit 240,1 13,6 262,6 34,1 502,7 19,9 Sans carte 1411,8 80,3 433,9 56,3 1845,7 72,9 Total 1759,2 100,0 771,1 100 2530,3 100 Couvert 8531.8 78.3%   Non Couvert 2370.1 21.7%   Urbain17.9% Rural 29.8%
    13. 13. Chiffres clés et faits saillants Fragmentation, faible coordination des dispositifs de financement et de couverture du risque maladie Coûts administratifs élevés. Gouvernance verticale, fortement centralisée Disparités régionales dans l’offre  de services DTS / PIB : 6.3% 2010 vs. 5.5 1995 DPubS / DGG : 8,1% en 2000 vs 10,7% en 2010 DTS par habitant : 164,1 DT en 2000 vs 382,8 DT en 2010.
    14. 14. International $ • Dépenses directes des ménages : 41% des DTS. • Forte augmentation des dépenses de la CNAM dans le secteur privé (2007-2012), actuellement 44%, 42.3% en 2010 et 27.6% en 2007 • CNAM bénéficiaire en 2007 à 2010 grâce au régime des accidents de travail et des maladies professionnelles qu’elle gère, pour réaliser des pertes en 2012. Chiffres clés et faits saillants
    15. 15. Urbain Rural Pays Une seule Maladie 10,6 9,6 10,3 Deux maladies 4,6 2,3 3,9 aucune maladie 84,7 88 85,8 HTA 28,5 27 28,1 Diabètes 25,7 14,7 22,7 autres maladies 45,7 58,3 49,2 Urbain Rural Pays Oui 17,2 4,6 13,8 Non 70,1 72,7 70,8 Aucune idée 12,2 22,1 15 Prévalence Maladie Chronique Prise en charge CNAM des maladies Chroniques Morbidité et couverture sociale 2010
    16. 16. Maladies ordinaires et accidents  Prévalence : 10% maladie / 0.6% accidents / 0.7% contrôle préventif Morbidité et couverture sociale 2010 Urbain Rural Pays Médecine Généraliste 42,9 51,8 45,2 Dentiste 3,5 3,6 3,5 Médecin spécialiste 25,3 19,1 23,7 guérisseur traditionnel 0,2 0,1 0,1 Infirmier 0,9 0,3 0,7 pharmacien 12,8 9 11,8 Autres 0,3 0,4 0,3 pas de recours 14,2 15,8 14,6 Lieu de recours aux soins
    17. 17. Choix de l'institution Urbain Rural Pays La plus proche du domicile 84,2 86,2 84,8 n'est pas la plus proche 15,6 13,4 15 Critères de choix de l'institution Fonctionnelle 24/24 10,4 15 11,5 Connaissance Particulière 29,4 18,8 27 Qualité des Services 41,9 43,6 42,3 autres raisons 18 21,2 18,7
    18. 18.   1er   2 3 4 5 6 7 8 9 10ème   Soins ambulatoires 1.3 2.8 3.6 5.0 6.8 8.5 11.0 13.7 17.6 29.6 Hospitalisation 1.4 2.5 3.2 4.4 6.2 7.1 8.2 12,0 18.6 36.4 Médicaments et  Produits  pharmaceutiques  2.1 4.1 5.5 6.6 8.4 9.6 11.5 12.6 16.0 23.6 Dispositifs médicaux 0.2 0.9 1.7 3.8. 2.1 5.3 10.9 13.6 15.2 46.3 Part des paiements  en santé 1.7 3.2 4.3 5.5 7.2. 8.5 10.4 12.7 17.2 29.3. Type de Soins et PDS par décile 2010 (%)
    19. 19. % des ménages exposés aux DCS et appauvris à cause des DCSRatio de Prépaiement 54% Idéalement ≥ 70%  % des ménages Exposés aux DCS Année 2005: Au seuil de 40%, la proportion est estimés à 4.4% contre 12% si seuil de 10% et par rapport aux DT des ménages Réduire la proportion des ménages exposés aux DCS à 1% en réduisant le paiement direct des ménages et en assurant la progressivité du financement de la santé et d’utilisation. En 2010 : En 2010, au seuil de 10% des DT , 17.1% des ménages sont exposés aux DCS. Etudier les déterminants socio- économiques des DCS % des ménages appauvris à cause des DCS En 2005 : 0.9 % de la population En 2010: 1.1 % de la population Zéro appauvrissement à cause des dépenses de santé
    20. 20. Distribution des DCS (40% dépenses non-alimentaires des ménages) par régions socio-économiques et par quintile) 2010
    21. 21. Pourcentage des Ménages Exposés DCS (Seuil de 10%, par rapport aux dépenses totales des ménages)
    22. 22. Défis  Difficulté d’accès aux soins (couverture)  Secteur public: financement/ Performance et qualité  Déficit en ressources humaines  Crise de confiance  Problématique de l’information financière
    23. 23. Extension de la protection sanitaire aux non- couverts Ajuster la relation entre l'Assurance Malade de "base" et l'assurance complémentaire Réduire le déficit de la CNAM Ajuster le financement des structures publiques à ses activités Régulation du secteur privé Réduire les inégalités
    24. 24.  Décentraliser les décisions o Régionalisation effective o Autonomie de gestion des établissements de santé  Elaboration de politique claire de médicaments, de ressources humaines…sur tout le térritoire  Créer une complémentarité entre le public et le privé  Mettre en œuvre des interventions visant les déterminants sociaux de la santé En matière de gouvernance
    25. 25. Le développement de régimes de prépaiement permet de réduire le risque financier lié à la maladie aux dépenses catastrophiques, donc l’appauvrissement et les inégalités Des choix stratégiques de santé (par exemple, mieux prévenir les maladies non transmissibles) en faveur des plus démunies Des choix structurels (par exemple, une nouvelle organisation des soins de premier recours) en milieu défavorisé Conclusion
    26. 26. MERCI DE VOTREMERCI DE VOTRE ATTENTIONATTENTION

    ×