Alexander Cooley, Great Games, Local Rules: The New Great Power Contest in Central Asia, Oxford
University Press, 2012 Ant...
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Great Games, local Rules- The New Great power Contest in Central Asia, Alexander Cooley, Oxford University press, 2012

  1. 1. Alexander Cooley, Great Games, Local Rules: The New Great Power Contest in Central Asia, Oxford University Press, 2012 Antoine Faure 29/04/2016 Alexander Cooley est un professeur de sciences politiques au Barnard College et le Directeur du Harriman Institute de Columbia University. Ses recherches se concentrent essentiellement sur les acteurs extérieurs (multinationales, organisations internationales, ONG, bases militaires étrangères) et leurs influences sur le développement et la souveraineté des anciens États soviétiques, notamment dans le Caucase et en Asie centrale. En plus de ses recherches académiques, il conseille des officiels américains ainsi que des fonctionnaires internationaux sur la politique eurasiatique et participe à de nombreuses commissions. Il publie régulièrement dans des journaux (Foreign Affairs, New York Times…) pour son expertise concernant l’Asie Centrale. Son livre, Great Games, Local Rules, examine l’approche multi vectorielle des régimes autoritaires locaux se servant des intérêts des trois grands acteurs étrangers en Asie Centrale: la Russie, la Chine et les États-Unis. Au lieu de considérer l’hypothèse des grandes puissances aux mains libres dans la région, il montre, de manière convaincante, que les gouvernements locaux ont utilisé les agendas des puissances étrangères pour solidifier leur régime et permettre aux élites de prospérer en siphonnant les revenus de ces nouveaux échanges. Il démontre aussi que les objectifs des Trois Grands ne sont pas forcément antagonistes et qu’il existe un surprenant degré de coopération et de compromis parmi les puissances étrangères. Le paradigme du Grand Jeu, entre l’Empire Britannique et la Russie du XIXe siècle, est souvent utilisé pour expliquer la politique en Asie centrale post-Soviétique, mais il s’avère réducteur et dépassé. C’est ce qu’il s’attache à démontrer dans cet ouvrage. Les Trois Grands dont il parle, les Etats-Unis, la Russie et la Chine, poursuivent chacun des objectifs importants : la coopération sécuritaire et le droit d’exploitation de bases militaires pour les États-Unis ; l’accès à l’énergie pour la Chine ; un accroissement de l’influence politique pour la Russie. Mais, les gouvernements d’Asie centrale obligent les puissances extérieures à se plier aux « règles locales » pour continuer à opérer dans la région. Ces « règles locales » ont entravé les ambitions des gouvernements étrangers et limité les pressions extérieures tout en renforçant la souveraineté de l’Asie centrale et le développement économique régional. Mr Cooley nous explique que la stratégie des États-Unis est principalement au service de ses opérations militaires en Afghanistan. La collaboration des pays d’Asie Centrale est essentielle pour 1
  2. 2. Alexander Cooley, Great Games, Local Rules: The New Great Power Contest in Central Asia, Oxford University Press, 2012 Antoine Faure 29/04/2016 l’approvisionnement de ses troupes et la logistique que cela implique. L’accès à la base de Manas, au Kirghizistan, et la maintenance du Northern Distribution Network sont au coeur de sa politique en Asie centrale. Dans ce but, les États-Unis ont développé des partenariats sécuritaires avec les États de la région. Ils ont également mis en place des politiques économiques incitatives afin d’améliorer la coopération en Asie centrale. La stratégie chinoise est, pour sa part, centrée sur deux axes. Le premier de ces axes est de maintenir la sécurité dans la région autonome Uigur du Xinjiang. Cette région est frontalière avec le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et souffre de tensions internes entre la population locale des uigurs musulmans et la majorité Han arrivée dans les décennies récentes. Le deuxième axe est économique et concerne particulièrement l’accès à l’énergie dont regorgent ses voisins de l’Ouest. Bien que la stratégie chinoise dans la région soit souvent d’un ordre bilatéral, elle est aussi initiatrice d’engagements multilatéraux dans le cadre de l’Organisation de Coopération de Shanghai (SCO) sur des problématiques d’investissement et de développement économique, de sécurité, de coopération dans le secteur de l’énergie et d’accords transfrontaliers. La Russie, bien que disposant du plus large panel d’outils d’influence sur l’Asie Centrale, est diminuée par un manque de vision stratégique cohérente. Elle semble principalement intéressée par maintenir et sécuriser sa position proéminente dans les affaires centre-asiatiques même si ses objectifs sont bien moins concrets que ceux affichés par la Chine ou les États-Unis. Le Kremlin a utilisé ses relations économiques et commerciales, son réseau supérieur d’informations et de sécurité ainsi que ses liens historiques, culturels et démographiques pour atteindre cet objectif. Mais cette politique n’est pas consistante et des contradictions apparaissent. Ainsi, après avoir coopéré avec l’Ouest dans la région post 11 septembre, en offrant son soutien à Washington en Afghanistan, la Russie a essayé de renforcer son influence à travers sa rivalité avec les États-Unis. Un bel exemple étant la tentative de supprimer les bases américaines en Asie centrale via des accords économiques avec les pays hôtes. Les différents acteurs, qu’ils soient régionaux ou internationaux perçoivent la Russie à la fois comme un partenaire et un adversaire, rendant une stratégie cohérente pour traiter avec la Russie, difficile. Une des réalités dans les relations intergouvernementales en Asie centrale reste la consolidation, à 2
  3. 3. Alexander Cooley, Great Games, Local Rules: The New Great Power Contest in Central Asia, Oxford University Press, 2012 Antoine Faure 29/04/2016 tout prix, du pouvoir et des élites en place. Beaucoup de pays, et pas uniquement dans la région, précise Mr Cooley, utilisent les menaces envers la sécurité intérieure, comme le terrorisme, pour renforcer le pouvoir politique. En politique extérieure, les gouvernements d'Asie centrale manipulent les intérêts externes pour le profit personnel de leurs élites, souvent très proches du pouvoir. La compétition entre les Trois Grands a eu un impact profondément négatif sur le développement des valeurs politiques et humaines en Asie centrale. Les pays de cette région souffrent d’une corruption endémique et de violations régulières des droits de l’homme selon Alexander Cooley. Les États-Unis ont peu à peu abandonné la politique de valorisation des droits de l’homme face aux nécessités de partenariats avec des États autoritaires voyant d’un très mauvais oeil les pressions de diverses ONG occidentales de promotion des droits de l’homme. Les autorités locales profitent du patronage des puissances extérieures: le massacre de centaines de manifestants à Andijan, Ouzbékistan, en 2005 quand les Russes et les Chinois ont aidé Tachkent à éviter une enquête internationale qui aurait aussi mis dans l’embarras les Etats-Unis, fournisseur de l’équipement des forces de sécurité ouzbeks. Un autre point intéressant à noter est un produit dérivé de l’implication des grandes puissances : les organismes de vérification des processus électoraux. Avant les années 2000, seule l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) vérifiait le bon déroulement des élections en Asie centrale. Cependant, face aux critiques des régimes en place, d’autres instances comme l’Organisation de Coopération de Shanghai (SCO) et la Communauté des États indépendants (CIS) ont pris part au processus de vérification ; Ces organismes ont été bien moins critiques à l’égard des gouvernements. Ce qui a permis aux pays d’être moins concernés par les institutions démocratiques et l’image à l’international de ces institutions. Le terrorisme a apporté une dimension nouvelle dans laquelle l’Asie centrale est devenue le sous-traitant des extraditions et des détentions de terroristes pour les États-Unis, la Chine et la Russie. L’administration Bush a justifié ces accords par la « Guerre contre la Terreur », la Russie et la Chine, elles, dans le cadre de la convention anti-terroriste de la SCO. Cette pratique a autorisé de fait, une utilisation plus souple des moyens de pression, notamment physiques, à l’encontre des prisonniers. L’Asie centrale reste très fragmentée et on ne peut pas parler de région unifiée. Les États-Unis ont essayé de stimuler le développement économique et les liens économiques entre les pays mais les politiques protectionnistes et les barrières non-tarifaires au commerce et aux investissements empêchent cette région de former un bloc économique. La Chine et la Russie ont essayé, à travers des initiatives multilatérales, d’unifier la région dans de grands ensembles ; La Chine via la SCO et la Russie par l’intermédiaire de l’Organisation du traité de sécurité collective (CSTO) et d’une initiative d’union douanière. 3
  4. 4. Alexander Cooley, Great Games, Local Rules: The New Great Power Contest in Central Asia, Oxford University Press, 2012 Antoine Faure 29/04/2016 Quels sont les gagnants et les perdants ? Pour Mr Cooley, les États-Unis sortent affaibli à cause d’une image interventionniste via les ONG occidentales de promotion de la démocratie, qui ont depuis été interdites. Les accords pour l’exploitation de bases militaires ont causé beaucoup de problèmes pour les Américains mais surtout ils se sont pliés aux règles locales dégradant ainsi leur réputation. La domination économique, commerciale et financière des États-Unis a été remise en cause par la Chine et le poids économique de plus en plus énorme qu’elle représente dans la région. La Chine, passant outre la Banque Mondiale, profite du système de patronage pour se créer des leviers politiques et économiques dans les différents pays de la région en faisant pression sur les Etats et les acteurs individuels. La Russie, malgré ses atouts historiques, se voit elle aussi remplacée par le dynamisme chinois sur le plan commercial. Là, où les Russes craignaient de perdre leur monopole de transport d’énergie au profit de l’Ouest, c’est finalement par l’Est qu’est venue la menace. La Chine fait partie des gagnants au côté des États d’Asie centrale qui ont su profiter de ce « Grand Jeu » et imposer les « règles locales ». Cet ouvrage est sans conteste une mine d’informations pour comprendre les forces à l’oeuvre en Asie centrale. Je dois bien avouer avoir été conquis par les différentes approches stratégiques, économiques, politiques et sociologiques, de ce livre. Chaque thématique est abordée de manière lucide et agrémentée d’exemples qui illustrent au mieux les mécanismes à l’oeuvre. Les négociations entre les Trois Grands et les États de la région sont détaillées, notamment sur le sujet de prédilection de l’auteur : les bases militaires extérieures. La mise en perspective des différentes initiatives multilatérales d’organisations régionales montre aussi la transformation actuelle des relations internationales où les anciennes institutions issues de la Seconde Guerre Mondiale perdent du terrain face à de nouvelles initiatives venues des puissances émergentes. CSTO, STO, CIS était des notions très vagues pour moi. Apres la lecture de l’ouvrage, j’ai enfin saisi l’importance, le rôle et les limites de ces organisations. Une analyse d’une partie du monde souvent négligée, et qui, pourtant, apporte un éclairage salutaire sur les enjeux et les tensions qui peuvent traverser les acteurs nationaux et internationaux. Bien que le paysage soit assez complet, il n’en manque pas moins quelques éléments d’importances. La perception des politiques étrangères par l’opinion publique est centrale pour comprendre les stratégies des gouvernements. Il me semble que cette facette est bien mise en avant pour les pays de la région mais moins pour les Trois grands. Une deuxième remarque concerne la diversité des acteurs au sein de chaque État. En fonction de l’angle d’approche (militaire, économique, régional), les opinions peuvent diverger. Or, ces mouvements internes et 4
  5. 5. Alexander Cooley, Great Games, Local Rules: The New Great Power Contest in Central Asia, Oxford University Press, 2012 Antoine Faure 29/04/2016 ces approches différentes ne sont pas présents. Sur ce point, je comprends que par soucis de limpidité du propos, il ne peut en être question de manière exhaustive. Mais une nuance dans l’approche monolithique des protagonistes étatiques aurait été la bienvenue. Ensuite, l’approche est trop basée sur les États et ne s’abreuve pas assez des autres acteurs. Ils sont bien sûr évoqués mais dans le seul but d’expliquer des évènements conjoncturels qui ont influencé les gouvernements. Ces acteurs (entreprises, diasporas, groupes religieux, …) jouent un rôle important en parallèle des Etats dans l’interdépendance complexe de nos sociétés, chère à Joseph Nye. L’envoi de nombreux travailleurs chinois dans ces pays pour mener à bien les projets du voisin de l’Est n’est pas vu d’un bon oeil par les locaux. Ce phénomène n’est pas à prendre à la légère et se retrouve sur l’axe entreprise/diaspora. Enfin, l’Union européenne, bien qu’elle soit un acteur présent dans la région, est minimisée dans son rôle de puissance partenaire alors que sa présence en Asie centrale est notable, notamment l’Allemagne qui est le seul pays à posséder une ambassade dans chaque pays de la région. Depuis la publication du livre, des initiatives importantes pour développer les infrastructures de transport, visant à faire de l’Asie centrale un hub pour les marchandises allant principalement de Chine vers l’Europe, commencent à prendre forme. La Chine, via sa nouvelle politique « One Road, One Belt », accélère ses investissements dans la région. L’énergie est devenue un enjeu encore plus pressant pour les autorités chinoises qui multiplient les initiatives afin de rendre le pays moins dépendant des infrastructures et des approvisionnements russes. Un nouvel acteur commence à s’intéresser de près à ces terres à la croisée des chemins : l’Inde. Les États-Unis se sont progressivement désengagés d’Afghanistan et n’ont plus besoin du support logistique qu’impliquaient ses opérations passées. Le développement du terrorisme déstabilise la région qui est de plus en plus sous la menace de groupes extrémistes. Les régimes autoritaires d’Asie centrale sont toujours en place, les libertés sont menacées et les nouveaux partenaires (Turquie, Inde, Pakistan, Iran) ainsi que les principaux acteurs externes (Russie, Chine) ne sont pas très regardants sur les concepts de démocratie et de droit de l’homme qui semblent perdre du terrain. Great Games, Local Rules est une introduction efficace pour comprendre la situation de ces États enclavés entre trois continents et qui, portés par une Chine conquérante, une Russie revitalisée, aspirent désormais à entrer dans la mondialisation. Encore faut-il régler les problèmes de corruption, de paternalisme, de privation de liberté, de terrorisme et de coopération intra régionale. L’argent chinois suffira-t-il à faire tomber toutes les barrières qui empêchent le renouveau de cette « Route de la Soie » ? 5

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