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Kotsap Duclair
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Que savons nous de la guerre asymétrique

  1. 1. 1 Que savons-nous de la guerre asymétrique ? Kotsap Duclair Depuis la fin de la guerre froide et plus n fait tous les conflits armés sont asymétriques et c’est en raison même de l’impossibilité de mesurer précisément le rapport des forces dans une négociation (avec une unité de mesure commune, symétrique, permettant le marchandage des enjeux) qu’on passe à la guerre pour établir, en quelque sorte, par le combat, l’évaluation des enjeux et l’accord possible, par la comparaison pratique des forces (militaires, économiques, politiques et morales) que révèle la guerre elle-même1. Cependant, depuis la fin de la guerre froide, et plus encore depuis le 11 septembre 2001, l’affirmation selon laquelle la guerre aurait définitivement changé de visage, est pratiquement devenue un topos de la littérature guerrière et sécuritaire. Dorénavant la guerre ne serait plus un affrontement entre les armées de deux Etats, mais un affrontement asymétrique entre des forces gouvernementales et des groupes armés de divers type, conduisant une guérilla(…)2. Le Maréchal Tito, héros de la résistance yougoslave durant la seconde guerre mondiale, avait pour habitude de dire à ses hommes "ne combattez jamais l'adversaire sur son 1 Alain Joxe, Le concept américain de guerre asymétrique et son application à l’hégémonie mondiale : Une contribution à une description critique de la stratégie israélienne locale, CONFLUENCES Méditerranée - N° 43 AUTOMNE 2002 2 Pascal Brouillet, Guerre asymétrique et terrorisme. E
  2. 2. 2 terrain. Baissez-vous et cachez-vous, et frappez-le ensuite, lorsqu'il n'est pas en position de vous dominer". Sa force a été de battre les nazis en refusant de les affronter frontalement, mais en tirant profit du déséquilibre qui existait entre ses troupes et l'occupant. Une guerre asymétrique avant l'heure. Guerre ou menace asymétrique: le terme a fleuri dans la presse et sur les ondes. Mais qu'est-ce qu'une guerre asymétrique?" Nous devons éviter de faire une confusion entre une guerre asymétrique et une guerre dissymétrique. La résurgence de la notion d’asymétrie est le corollaire direct de la dissymétrie. La dissymétrie se définit comme une stratégie reposant sur l’imposition d’une suprématie qualitative et/ou quantitative. En effet, un conflit dissymétrique en est un où la disproportion entre deux armées est telle que l’issue du combat ne fait aucun doute3. Le colonel Philippe Boone, responsable des études prospectives au ministère de la défense livre cette définition de la guerre asymétrique : « la guerre asymétrique, c'est l'absence de correspondance entre les buts, les objectifs et les moyens des forces belligérantes." une guerre asymétrique est un conflit qui oppose des combattants dont les forces sont incomparables; où le déséquilibre militaire, sociologique et politique entre les camps est total… »4. La guerre asymétrique est donc celle qui oppose deux acteurs dont les forces militaires et Humaines sont totalement opposées. Il s’agit également d’une guerre non règlementée par les traités internationaux et les conventions internationales relatives à la pratique de la guerre. LA GUERRE ASYMETRIQUE : UNE GUERRE OPPOSANT DEUX ENTITES AUX FORCES MILITAIRES ET HUMAINES TOTALEMENT DESEQUILIBREES Semblable à la guerre dissymétrique, que nous avons eu à définir plus haut, la guerre asymétrique est un cas de guerre du faible au fort. Cette relation faible-fort se fait ressentir d’une part au niveau de la force militaire, d’autre part au niveau des hommes, des combattants. LE DESEQUILIBRE MILITAIRE L’aspect militaire ici peut se décliner en deux sous branches. Nous pouvons parler de la sous branche stratégique et de la sous branche logistique. 3 Pascal Brouillet, op.cit. Brouillet 4 Alexandre Martin et Loïck Coriou, « définir un conflit asymétrique », Le Monde, 2003
  3. 3. 3 La sous branche stratégique. La stratégie ici renvoi à l’organisation des forces militaires, les techniques d’approche et de frappe. Dans une guerre asymétrique, la tendance est généralement celle selon laquelle l’un des antagonistes, généralement un Etat, bien organisé, use des techniques telles que observées dans des guerres conventionnelles5, tandis que l’autre partie use de la surprise comme principal choix tactique : faute de pouvoir attaquer frontalement l’ennemi, on le harcèle, le but étant de provoquer des pertes les plus importantes possibles mais aussi de faire régner l’insécurité. La bataille frontale n’est engagée que lorsque le rapport de forces est nettement en faveur des partisans. Pour parvenir à ses fins, le partisan se dissimule dans des zones difficiles d’accès ou au sein de la population, dont il est obligé d’obtenir le soutien soit par la persuasion, soit par la terreur. Il joue aussi du cycle provocation-répression : toute réaction disproportionnée de l’ennemi envers les populations fait basculer celles-ci dans le camp des partisans. Enfin, ces derniers transportent la lutte sur le plan politique6. L’exemple le plus proche de nous estcelui de la guerre que livre depuis un certaintemps, les armées camerounaise, tchadienne, nigérienne et nigériane contre la secte Boko Haram, groupe terroriste qui depuis un certain temps, terrorise les populations de ces pays, semant mort tristesse et désolation dans les familles. Cette secte terroriste apour tactique depuis quelque temps, des attentats suicides, les partisans se fondant au seindes populations munis d’explosifs, dans le but de se donner la mort, tout en engendrant par la même occasion, des pertes considérables sur les territoires des pays de la coalition. Cette dernière très bien organisée et suffisamment équipée pour faire face à des attaques frontales. Confronté donc à cette réalité, le groupe terroriste Boko Haram a opté pour la tactique de la surprise, rendant ainsi difficile toute contre-acte de la coalition. Il s’agit là d’une position qui suscite en nous un certain questionnement. En effet, cette position selon laquelle les partisans évitent à tout prix la confrontation frontale est-elle toujours vérifiée de nos jours? La surprise ne peut-elle pas être considérée comme une tactique de combat à part entière pouvant également être utilisée dans le cadre d’une guerre conventionnelle? Est-elle uniquement spécifique aux groupes, aux partisans, aux terroristes et pirates? 5 Une guerre conventionnelle,à l’opposé de la guerre asymétrique, est une guerre qui oppose deuxentités Etatiques, et règlementée par les traités internationaux et les conventions internationales surla pratique de la guerre. Il s’agit ici de la guerre sous sa forme traditionnelle. 6 Pascal Brouillet, op.cit.
  4. 4. 4 La mutation observée dans les guerres asymétriques sur le plan stratégique Cette forme de guerre n’est pas nouvelle ; Sun Tsu a été le premier à en faire la base de sa pensée stratégique, notamment dans son livre intitulé L’ART DE LA GUERRE. Les marxistes l’ont théorisée, notamment Mao Zedong qui a en donné une définition synthétique : « Lorsquel’ennemiprogresse,nousbattons enretraite!Lorsque l’ennemi s’arrête, nous harcelons ! Lorsque l’ennemi cherche à éviter le combat, nous attaquons! Lorsque l’ennemi bat en retraite, nous poursuivons! » Selon les défenseurs d’une culture guerrière spécifique à chaque civilisation5, cette forme de lutte serait contraire au modèle occidental qui serait l’affrontement direct à armes égales7. Ainsi, au regard de ce précédent argument, ne s’agit-il donc pas tout simplement d’un simple problème de conception culturelle? La culture Occidentale ne chercherait-elle pas à nouveau, à travers ce concept de Guerre asymétrique, à s’imposer sur toute la planète? En effet, pour l’occident, la guerre conventionnelle renvoi à une guerre à armes égales et à stratégie militaire classique. Et toute guerre ne respectant pas cette façon de faire est qualifiée de guerre asymétrique, hors en Asie, il s’agit d’une stratégie de guerre comme toutes les autres, objet même d’une apologie faite par Sun Tsu. Le cas le plus frappant de cettepratique dans lesarmées asiatique, est cellede la stratégie adoptée par l’armée du Viêt nam contre celle des Etats Unis d’Amérique, dans le cadre de la guerre connue sous le nom de « guerre du Viêt nam » de 1969 à 1975. En effet, Le 7 juillet, les forces américaines ont évacué la base de Khe Sanh, après l'avoir pourtant renforcée et défendue bec et ongles de janvier à avril contre un véritable siège par trois divisions de l'armée nord-vietnamienne. Ce siège se révélera par la suite une manœuvre de diversion par les Nord-Vietnamiens destinée à attirer le plus de forces américaines possible dans cetterégion montagneuse éloignée des centres de population côtiers, avant de déclencher l'offensive du Têt sur les principaux centres urbains du Sud-Vietnam8. Il s’agit ici d’une illustration de la stratégie adoptée par l’armée vietnamienne, qui pourrait être qualifiée de stratégie partisane par les américains, les vietnamiens ayant profité de la maîtrise de leur relief et de la surprise afin d’infliger à l’armée américaine de lourdes pertes matérielles et humaines. La pratique de la surprise n’est donc pas seulement présente au cours des guerres asymétriques, il s’agit donc d’une stratégie de combat comme toutes les autres, aussi priséedans des guerres asymétriques que dans des guerres conventionnelles. A côté de cela, nous nous demandons également si les partisans dans les guerres asymétriques, de nos jours, ont toujours cette stratégie d’éviter les attaques frontales? En effet, il s’agit là également, selon nous, d’un point de vue aujourd’hui dépassé, au regard de la pratique en cours des guerres asymétriques dans le monde. En effet, de nos 7 Pascal Brouillet, op.cit. 8 Encyclopédie Wikipédia
  5. 5. 5 jours, dans des guerres asymétriques, les partisans ont tendance à mener des attaques frontales, la guerre entre eux et les entités Etatiques, se déroulant désormais face à face. L’exemple le plus patent de cette nouvelle pratique est celui de la guerre qui se déroule en ce moment dans le moyen orient, opposant l’Organisation de l’Etat Islamique (OEI) encore appelé DAERSH, et la coalition constitué des pays membres de l’OTAN et de la Ligue Arabe. L’asymétrie dans cette guerre est flagrante, cependant l’OEI n’hésite pas à mener des attaques frontales, se mesurant ainsi directement et à armes égales, aux pays de la coalition, nettement plus équipés et mieux armés, contrairement à ce que nous conseille Sun Tsu, qui dit que : « l’armée efficace est celle qui se cache »9 La sous branche logistique Comme nous avons déjà eu à le mentionner plus haut, L’asymétrie se définit comme la recherche de l’avantage stratégique par le contournement de la supériorité technologique et politique d’un adversaire en utilisant des solutions et des moyens alternatifs. Sur le plan militaire, l’asymétrie est un effort du faible afin d’obtenir une capacité de réponse rétablissant un équilibre avec le fort. La force de l’asymétrie réside dans : la simplicité des moyens mis en œuvre et l’innovation dans leur utilisation ; la disproportion entre les moyens et lesrésultats escomptés : au-delà des dommages causés par l’acte en lui-même, cela crée un choc psychologique important chez l’adversaire. L’incontestable supériorité des armées équipées et entraînées à l’occidentale oblige leurs adversaires à adopter une forme de combat du faible au fort, peu respectueuse, voire délibérément contraire au droit de la guerre.10 Cependant l’on est en droit de se poser la question de savoir si cette conception de la chose se vérifie encore de nos jours? Les partisans dans une guerre asymétrique sont-ils toujours caractérisés par un manque de logistique ou par une logistique modeste? La guerre asymétrique : une guerre désormais à armes égales A cette question, nous pouvons répondre par la négative, au regard des guerres de type asymétriques en cours sur la surface du globe. En effet, l’on observe de plus en plus que les partisans dans une guerre asymétrique possèdent désormais des moyens de locomotion, de communication et de combat modernes et en grand nombre pour faire face à leurs adversaires. C’est par exemple le cas de la lutte menée contre la secte terroriste Boko Haram, lutte qui au départ, opposait les forces du Cameroun, Niger, Tchad et Nigeria, face à une secte suffisamment armée, semblable à une armée régulière. L’on assistait de plus en plus à la destruction de nombreux véhicules de combats appartenant à la secte terroriste, à la saisine de nombreuses armes lourdes, certaines de marque françaises comme nous l’on fait 9 Sun Tsu, l’art de la guerre, P.22 10 Pascal Brouillet, op.cit.
  6. 6. 6 comprendre certains médias privés Camerounais, au démantèlement d’un cas de formation de djihadistes de la secte, camp bien équipé en armes. A notre avis donc, cette conception selon laquelle une guerre asymétrique en est une opposant deux protagonistes à la logistique inégale, tend désormais à être caduque, car, avec le phénomène de mondialisation que l’on observe partout sur le globe depuis plusieurs années déjà, les groupes de personnes constituant les rebellions, les sectes ou groupes terroristes, les pirates, sont désormais dans la possibilité de s’offrir des armes de pointe, des moyens de transport et des moyens de communication à la pointe de la technologie civile et militaire. Ce qui laisse donc désormais planer l’ombre d’un doute sur la nouvelle capacité de frappe et de nuisance de ces nouveaux adversaires, dont les conditions de formation diffèrent de celles des armées régulières. LE DESEQUILIBRE AU NIVEAU DES HOMMES, DES COMBATTANTS. Il sera principalement question pour nous, dans cette partie, de parler de la formation des différents combattants impliqués dans une guerre asymétrique. Il s’agit notamment de leur formation en techniques de combat, en connaissance des stratégies de combats. Ces combattants sont d’une part les Hommes des armées des différents Etats, et d’autre part les partisans ou groupuscules d’Hommes. La formation des combattants d’un Etat Généralement, les soldats des armés des Etats sont formés au sein d’école militaires spécialement instituées à cet effet par les lois de ces Etats, et donc la situation géographique est connue par tous. Ces écoles futur combattants des armées régulières inculquent à leurs Hommes la connaissance et le maniement des armes de combats, la connaissance des conventions et traités internationaux régissant la pratique de la guerre, la connaissance des stratégies et tactiques de guerres conventionnelles, tout ceci pour permettre la formation d’un soldat apte à faire face à toute sorte de situation pendant une guerre ou une situation de crise. Comme exemple d’écoles militaires, nous pouvons citer entre autres : l’Ecole Militaire InterArmes ou EMIA du Cameroun, l’école militaire américaine PowerPoint, qui forme les officiers de la grande armée américaine, le Centre militaire de formation professionnelle (CMFP) destiné aux militaires contractuels de l'armée de Terre française, de la marine, de l'armée de l'Air et de la gendarmerie en période de reconversion, etc. Tous ces Hommes, après cette formation théorique dans ces écoles, passent à la formation pratique, sur le terrain, au sein des centres de formations militaires principalement mis sur pied à cet effet. A titre d’exemples, nous pouvons citer entre autres, le centre de formation militaire de Nkutaba au Cameroun, dans la région de l’Ouest. Nous ne nous attarderons pas à citer tous les centres de formation militaire du monde, notre principal objectif étant, à travers ces quelques exemples, de montrer
  7. 7. 7 comment est-ce que les combattants des armés des Etats sont formés, d’une manière différentes de ceux des combattants d’un groupe d’insurrection ou terroriste par exemple. La formation des combattants d’un groupe de rebelles ou de terroristes Qui parmi nous peut dire avec exactitude où sont formés les combattants de la secte terroriste Boko Haram, les combattants de la secte terroriste OEI, ou encore les combattants du groupe terroristeAl-Khaïda au Maghreb islamique? Qui parmi nous peut dire avec exactitude quel est le contenu total de leurs enseignements théoriques, mis à part ceux s’inspirant selon eux, du livre sacré musulman, Le Coran ? Il s’agit là de nombreuses préoccupations dont il est difficile pour notre part, d’apporter des réponses exactes, non pas par peur d’être interpellé par lesservices de renseignement d’un quelconque Etat, mais par simple ignorance, nous l’avouons. En effet, tous ces groupes sont très cachés. Au regard de leur technique de combat, nous pouvons supposer que les enseignements qui leurs sont dispensés dans leurs centres de formation visent principalement à les emmener à faire de la nature leur principal allié. En effet, ils ont l’art de se fondre dans la nature, d’utiliser les défauts et les bienfaits de la nature pour affliger de nombreuses pertes à leurs ennemies. C’est dans cette perspective que Sun Tsu dans L’art de la Guerre, a distingué neuf sortes de lieux qui peuvent être à l’avantage ou au détriment de l’une u de l’autre partie dans un combat. Il s’agit et selonses termes : des lieux de division , des lieux légers, des lieux qui peuvent être disputés, des lieux de réunion, des lieux pleins et unis, des lieux à plusieurs issues, des lieux graves et importants, des lieux gâtés ou détruits, des lieux de mort11. Bref, la guerre asymétrique est une guerre qui oppose des combattants de deux univers différents, les uns ayant une très grande connaissance des textes internationaux sur la pratique de la guerre et dotés de structures adaptées à leur formation, les autres n’ayant qu’une très grande connaissance de la nature, et utilisant cette dernière pour ce dont ils ont besoin, y compris pour leur formation. Cependant y a-t-il forcément de ce fait un déséquilibre dans les capacités de combat de ces Hommes ou combattants ? Le fait de ne pas avoir de structures connues et adaptées pour leurs formations, le fait de ne pas connaitre les textes internationaux régissant la pratique de la guerre, fait-il de des combattants des groupes, des Hommes moins aguerris que ceux des armés Etatiques ? Pourquoi est-il donc si difficile pour les Etas d’en finir avec ces groupes? Le mot « asymétrie » a-t-il toujours sa place ? Les combattants des groupes : une véritable plaie pour les armés des Etats Pourquoi est-ce que la coalition constituée par les Etats membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et ceux de certains de la ligue arabe n’a –t-elle toujours pas jusqu’à présent mit fin à la véritable menace que constitue 11 Sun Tsu, op.cit., P 74
  8. 8. 8 le groupe terroriste DAERSH ? Pourquoi est-ce que tous les pays constituant le Bassin du Lac Tchad et le Nigeria n’ont-ils toujours pas jusqu’à présent mit un terme aux exactions du groupe terroriste Boko Haram ? Toutes ces interrogations, loin de nous permettre de mettre en lumière une certaine absence de coordination dans les politiques de combat de ces Etats, ayant à leurs têtes de véritables Hommes de guerre, mieux aguerris et mieux informés que nous en la matière, nous permettent au contraire de mettre en lumière le danger que constituent ces groupes à travers leurs Hommes, pour ces Etats. En effet, leur résistance montre en même temps leur force de combat, leur capacité à trouver des solutions alternatives afin de faire face à leurs ennemies. Ce qui prouve que la formation de ces Hommes, loin d’être semblable à celle des soldats des entités étatiques, est toutefois autant efficace. La connaissance des textes internationaux n’ayant donc aucun effet sur la capacité de combat des Hommes, mais permettant tout au plus de distinguer une guerre asymétrique d’une guerre conventionnelle. LA GUERRE ASYMETRIQUE : GUERRE NON REGLEMENTEE PAR LES TEXTES INTERNATIONAUX REGISSANT LA PRATIQUE DE LA GUERRE ET LA PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME Les textes internationaux régissant la pratique de la guerre sont entre autres : les conventions de Genève du 12 août 1949 et leurs protocoles additionnels qui visent à protéger les victimes, le droit nommé "droit de La Haye", issu des conférences sur la paix de 1899 et 1907, qui porte sur le contrôle des moyens et des méthodes utilisés pendant une guerre. Ces principes et ces règles ont deux objectifs : protéger les personnes qui ne participent pas ou plus aux hostilités et limiter les méthodes et les moyens de faire la guerre, et constituent le Droit International Humanitaire. Il s’agit de règles que doivent observer les Etats tout au long d’une guerre de type conventionnelle. En effet, chaque Etat participant à une guerre doit veiller au respect de la protectiondes civiles dont les femmes et les enfants, la protection des blessés de guerre, la protection des prisonniers de guerre, du personnel médical présent sur le terrain de guerre et des locaux qui lui permettent d’exercer ses fonctions. Chaque Etat doit éviter d’utiliser une certaines catégories d’armes, tellesarmes létales, l’arme atomique, lesarmes chimiques. Toutes ces règles ne sont pas observables durant une guerre asymétrique, notamment lorsqu’il s’agit de la confrontation opposant un Etat à un groupe terroriste.
  9. 9. 9 Les groupes terroristes se caractérisent par leur violence, leurs actes barbares. Les terroristes sont des personnes dépourvues de toute humanité.12 Notons que le non-respect de ces textes internationaux est souvent, la plus part du temps d’ailleurs, imputable aux groupes terroristes, qui tuent, violent les femmes, détruisent les villes et villages, procèdent aux enlèvements ou kidnapping, utilisent toute sorte d’armes, leur préoccupation première étant d’user de tous les moyens possibles afin de déstabiliser leurs ennemis. Pour les terroristes, les pirates et autres, la fin ne justifie pas les moyens. La guerre asymétrique est donc celle dans laquelle l’on observe l’inobservation des règles régissant la guerre, de la part de l’un des protagonistes. Vu sous cet angle, nous pensons qu’il serait plutôt mieux de requalifier la guerre asymétrique. Proposition de requalification du concept de guerre asymétrique à ce niveau En tant que juriste de formation, nous savons que tout ce qui va dans le même sens que la loi est légal ou licite, et tout ce qui va à l’encontre d’une loi est illégal ou illicite. Pour nous donc, si une guerre respecte toutes les dispositions des traités et conventions internationales relatives à la pratique de la guerre ou au droit humanitaire, l’on est donc en présence d’une « guerre légale ou licite ». Dans le cas contraire, en notre avis, au lieu d’employer le concept de « guerre asymétrique », il serait préférable d’employer le concept de « guerre illicite », le terme « asymétrique » pouvant plutôt se limiter à l’aspect disproportionnel des moyens de combat entre les différents combattants. En guise de conclusion, cette étude nous a permis de comprendre le concept de guerre asymétrique, qui renvoie à une guerre pleine de disproportions entre les différents protagonistes, d’une part au niveau des moyens de combat, d’autre part au niveau du respect des textes internationaux. Cependant, au sortir de cette analyse aussi, nous constatons qu’Il y a réellement un problème avec la définition des conflits asymétriques. S’agit-il vraiment d’un nouveau concept ou simplement d’une formulation nouvelle désignant le risque de défaite impliqué pour la puissance dominante dans tous les cas de mouvements nationaux de 12 Déclaration du Ministrede la Communication du Cameroun, porte-parole du Gouvernement camerounais M. Issa Tchiroma Bakary,lorsd’unesortiemédiatique à la suitede la publication d’un rapportd’Amnesty International,rapportsur la situation des Droits del’Homme au Cameroun. Dans ce rapport, l’ONG Amnesty International,alléguaitque les soldats camerounais,dans leur combatcontre la secte terroriste Boko Haram, violentles Droits fondamentaux des populations dela région de l’extrême Nord du Cameroun.
  10. 10. 10 libération ou des mouvements de réforme sociale qui, par définition sont, au départ, en situation de faiblesse par rapport à l’appareil d’Etat dominateur ?13 En effet, toute la description de la guerre asymétrique vise à apporter une sorte d’échappatoire à l’Etat, qui peut se prévaloir de l’argument de nouveauté du concept pour justifier l’inefficacité de son armée face à des adversaires de plus en plus redoutables. Le concept de « Guerre asymétrique » sonne donc comme un aveu de faiblesse de la part de l’Etat qui, face à l’ennemi, ne sait à qu’elle saint se vouer. Il s’agit donc d’une situation qui prouve la nécessité d’une mise à jour radicale de la formation des soldats de l’Etat, qui doivent être capables de s’adapter à l’évolution du temps, à l’évolution de la société humaine. 13 Alain Joxe, op.cit.

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