Stratégie et philosophie
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Le fou-rire de Parménide
L’être est, le non-être
n’est pas. Donc l’être est
immuable car pour
changer, il devrait devenir
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Des choses derrière les choses
Il y a des choses derrières les
choses.
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Connaître suppose de prendre
de la distance par r...
L’idéalisme platonicien
« J’ai rencontré un cheval, je
n’ai pas rencontré l’Idée du
cheval. »
Aristote
«  C o n c e n t r ...
Le réalisme au XVIIe siècle
Blaise Pascal démontre
par l’expérience que la
nature n’a pas «  horreur
du vide  », que la mo...
Karl Popper et le problème de la démarcation
Un savoir est scientifique s’il
produit des prédictions réfutables
c’est-à-di...
Tous les cygnes ne sont pas blancs
N o s c e r t i t u d e s n e
peuvent porter que sur le
faux. Il est possible de
prouve...
Conjecture et réfutation
Le scientifique doit élaborer des
conjectures, des «  hypothèses
hardies ».
Il doit tenter de réf...
«  L’entendement ne
puise pas ses lois
dans la nature, mais
t e n t e – e n y
réussissant dans des
proportions variables
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Les failles de la réfutation
Tout fait est observé dans le cadre
d’une théorie.
Constater un fait suppose toujours
de post...
Évolution et révolution
L’histoire des sciences fait
apparaître une alternance de
périodes d’évolution (science
normale) e...
Évolution et révolution
Le développement normal
se fait dans un cadre
donné et plus ou moins
explicite.
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La science révol...
Le paradigme : Thomas Kuhn
Le cadre de développement
– nommé paradigme – est
irréfutable.   Le paradigme
est irréfutable p...
«  À cinq ans, ma marraine me
rapporta un accordéon de Moscou.
P e n d a n t p l u s i e u r s j o u r s ,
j’empoisonnai l...
Le paradigme : Thomas Kuhn
La polémique scientifique ne
s ’ e x p l i q u e q u e p a r l a
concurrence entre paradigmes.
...
«  Si la science évolue, ce n’est
pas parce que les scientifiques
changent d’avis, c’est parce que
les vieux scientifiques...
Neandertal ou Cro-Magnon ?
Le moins adapté a survécu. Pourquoi ?
Homme de Neandertal Homo sapiens
Le malheur d’être intelligent
«  On dit que l’homme
intelligent s’adapte à
son environnement et
que l’imbécile cherche
à a...
Le jeu et le joueur
!
Zidane n’a jamais été
sélectionné dans l’équipe
de France de rugby.
!
Les facteurs-clés de
succès ne...
Qu’est-ce que la stratégie ?
La stratégie est le point de rencontre entre la
pensée et le réel.
La stratégie est donc l’in...
La Renaissance
La façon de connaître
le monde passe à la
Renaissance par une
rupture dans la façon
d o n t l e s h o m m e...
La quantification du réel
Le passage de la qualité à la
quantité se fait par la mesure.
La mesure donne accès à
l’objectiv...
« La philosophie est écrite
dans cet immense livre qui
se tient toujours devant nos
yeux, je veux dire l’Univers,
m a i s ...
Géocentrisme ou héliocentrisme ?
Isaac Newton
1642 - 1727
Tycho Brahé
1546 - 1601
Galileo Galilei
1564 - 1642
Johannes Kep...
« Les grandes personnes aiment
les chiffres. Quand vous leur
parlez d’un nouvel ami, elles ne
vous questionnent jamais sur...
La normalisation du temps
Il existe un temps universel,
e x t é r i e u r a u x p h é n o m è n e s ,
identique partout et...
La volonté de maîtrise
La connaissance sert à mettre la
nature au service de l’homme.
La connaissance permet de percer
en ...
Les trois questions de Kant
• Épistémologie :
Q u e p u i s - j e
connaître ?
• Morale : Que dois-
je faire ?
• Métaphysiq...
La modernité : Kant contre Platon
En séparant le bien et le vrai,
Kant s’oppose à la tradition
philosophique, à Platon en
...
Stratégie et utilitarisme
La modernité kantienne
permet de définir la
stratégie comme une
discipline où l’utilitariste
rej...
Les marchés sont persuadés que nous préparons un plan
social de 15000 personnes et nous ne pouvons absolument
pas nous per...
Le rôle de la
morale dans la
stratégie
L’épitaphe de Kant : « Le ciel étoilé au-dessus de moi et
la loi morale en moi. »
L...
«  P o u r n o t r e
e n t r e p r i s e , c e t t e
question soulève un
g r a v e p r o b l è m e
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p...
Valeur ajoutée et valeur stratégique
La rémunération dans la chaîne de valeur
ajoutée n’est pas juste, elle dépend de la
d...
- Pour parler franchement : non, mes amis et moi ne
sommes pas intéressés par une solution négociée.
Humanisme et
maîtrise
L’humanisme défini au XVIIIe siècle se fonde sur
les idées suivantes :
•L’absolutisme de la raison,
...
«  […] il est possible de parvenir à des
connaissances qui soient fort utiles à la vie, et
qu'au lieu de cette philosophie...
Le tremblement de terre de Lisbonne
Le 1er novembre 1755, le tremblement de terre de Lisbonne
fait de 50 000 à 100 000 vic...
Complexité et limites
La science du XXe siècle a
apporté la notion de limite de
la connaissance :
•Théorie du chaos : un m...
La décision est incertaine
Les méthodes qui prétendent
ramener la décision à un
calcul ne font que masquer
l’aspect subjec...
La théorie standard de la décision
Il existe une
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d é c i s i o n e s t
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Je serai bref.
Les postulats de la théorie standard
Ce qui va arriver dépend de la décision
prise.
L’ensemble des données pertinentes
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- J’ai un problème, Daphné : trouvez immédiatement une
solution et apportez-la moi dans mon bureau.
Le paradoxe de la stratégie
Le paradoxe de la stratégie
selon Edward Luttwak : la
meilleure solution peut être la
plus mau...
Réconcilier la pensée et l’action
La philosophie peut se
définir comme l’art de
penser sa vie et de vivre
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La st...
Réconcilier le présent et l’avenir
L’homme est le seul animal à
savoir qu’il va mourir. D’où : la
morale, la religion et l...
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Stratégie et philosophie. La stratégie est de la philosophie en action. Il s'agit de réconcilier la pensée et l'action en privilégiant l'utilitarisme sur le moralisme.

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Strategie et-philosophie

  1. 1. Stratégie et philosophie http://www.bruno-jarrosson.com/strategie-et-philosophie/ www.bruno-jarrosson.com
  2. 2. Le fou-rire de Parménide L’être est, le non-être n’est pas. Donc l’être est immuable car pour changer, il devrait devenir ce qu’il n’est pas, c’est-à- dire participer du non- être. Par ménide place la question du changement au cœur et à l’origine de la philosophie.
  3. 3. Des choses derrière les choses Il y a des choses derrières les choses. ! Connaître suppose de prendre de la distance par rapport au monde sensible (cf. le mythe de la caverne). ! Connaître suppose de prendre de la distance vis-à-vis du mystère, de l’incompréhensible, des forces occultes, de la vision animiste du monde.
  4. 4. L’idéalisme platonicien « J’ai rencontré un cheval, je n’ai pas rencontré l’Idée du cheval. » Aristote «  C o n c e n t r o n s - n o u s s u r l e s problèmes [abstraits] en astronomie comme en géométrie, et négligeons les corps célestes si nous voulons vraiment pénétrer l’astronomie.  » Platon
  5. 5. Le réalisme au XVIIe siècle Blaise Pascal démontre par l’expérience que la nature n’a pas «  horreur du vide  », que la montée du mercure dans le tube est due à la pression atmosphérique. La nature est connue à partir de l’expérience (réalisme) plutôt qu’à partir d’une idée a priori (« horreur du vide »).
  6. 6. Karl Popper et le problème de la démarcation Un savoir est scientifique s’il produit des prédictions réfutables c’est-à-dire des prédictions qui peuvent être mises en échec par la réalité. Il existe des prédictions réfutables et des prédictions non-réfutables. La réfutabilité lie la théorie à l’observation. La démarcation entre savoir scientifique et savoir non- scientifique est nette. Le savoir scientifique est d’une nature différente des autres savoirs.
  7. 7. Tous les cygnes ne sont pas blancs N o s c e r t i t u d e s n e peuvent porter que sur le faux. Il est possible de prouver que l’affirmation «  tous les cygnes sont blancs  » est fausse par l’observation d’un cygne n o i r , m a i s i l e s t impossible de prouver que cette affirmation est vraie même si l’on n’observe que des cygnes blancs.
  8. 8. Conjecture et réfutation Le scientifique doit élaborer des conjectures, des «  hypothèses hardies ». Il doit tenter de réfuter ces hypothèses par des expériences car seule la réfutation peut appor ter la cer titude. La connaissance scientifique se définit donc comme un ensemble de conjectures non réfutées. En plaçant la réfutation – le fait – au cœur de la connaissance, Karl Popper signe le retour du réalisme contre l’idéalisme kantien.
  9. 9. «  L’entendement ne puise pas ses lois dans la nature, mais t e n t e – e n y réussissant dans des proportions variables – de lui prescrire des l o i s l i b r e m e n t inventées par lui. » Karl Popper
  10. 10. Les failles de la réfutation Tout fait est observé dans le cadre d’une théorie. Constater un fait suppose toujours de postuler l’exactitude de certaines théories. Il n’y a pas de fait en soi. Les théories impliquées dans l’élaboration du fait ne sont pas forcément explicites et conscientes. On ne peut donc pas savoir quelle théorie est réfutée par un fait. La réfutation ne peut donc pas rétablir, même de façon négative, l’objectivité de la connaissance.
  11. 11. Évolution et révolution L’histoire des sciences fait apparaître une alternance de périodes d’évolution (science normale) et de périodes de r é v o l u t i o n ( s c i e n c e révolutionnaire). ! L’existence de polémiques scientifiques montre que les faits ne permettent pas toujours de trancher entre les théories. La polémique réfute la réfutation.
  12. 12. Évolution et révolution Le développement normal se fait dans un cadre donné et plus ou moins explicite. ! La science révolutionnaire correspond à une remise en question de ce cadre. ! Le développement de la science fait interagir des faits et des cadres de pensée.
  13. 13. Le paradigme : Thomas Kuhn Le cadre de développement – nommé paradigme – est irréfutable.   Le paradigme est irréfutable par décision méthodologique. ! Le paradigme conditionne la lecture des faits, ce qui est scandaleux du point de vue de l’objectivité. On change des faits avec des p a r a d i g m e s p a s d e s paradigmes avec des faits.
  14. 14. «  À cinq ans, ma marraine me rapporta un accordéon de Moscou. P e n d a n t p l u s i e u r s j o u r s , j’empoisonnai l’existence de ma famille par mes exercices musicaux. Par bonheur, je m’en lassai rapidement. Je m’armai de ciseaux, m’isolai et découpai l’instrument en morceaux pour en percer le secret. Mais il n’y avait rien à trouver. Ma mère ne me punit pas pour avoir détérioré un objet de valeur. Elle se contenta de me dire des paroles qui se gravèrent pour toujours dans ma mémoire : c’est avant tout dans notre propre tête que les secrets doivent être cherchés. » Alexandre Zinoviev
  15. 15. Le paradigme : Thomas Kuhn La polémique scientifique ne s ’ e x p l i q u e q u e p a r l a concurrence entre paradigmes. Elle n’est donc pas résolue par les faits. La science normale est le développement du paradigme. Elle développe un mécanisme de défense – l’hypothèse ad hoc – e t e n c o u r t u n r i s q u e d’épuisement. La science révolutionnaire r e n v e r s e l e p a r a d i g m e dominant, profitant de son épuisement.
  16. 16. «  Si la science évolue, ce n’est pas parce que les scientifiques changent d’avis, c’est parce que les vieux scientifiques meurent avant les jeunes scientifiques. » Max Planck
  17. 17. Neandertal ou Cro-Magnon ? Le moins adapté a survécu. Pourquoi ? Homme de Neandertal Homo sapiens
  18. 18. Le malheur d’être intelligent «  On dit que l’homme intelligent s’adapte à son environnement et que l’imbécile cherche à a d a p t e r s o n environnement à lui. La conclusion que l’on peut tirer de cela est que tous les progrès de l’humanité a été faits par des imbéciles. » Gracchus Cassar   Lequel choisiriez-vous comme gendre ?
  19. 19. Le jeu et le joueur ! Zidane n’a jamais été sélectionné dans l’équipe de France de rugby. ! Les facteurs-clés de succès ne sont pas les mêmes pour tous les métiers. ! La stratégie bas de bilan consiste à développer des atouts sur les facteurs- clés de succès.
  20. 20. Qu’est-ce que la stratégie ? La stratégie est le point de rencontre entre la pensée et le réel. La stratégie est donc l’inverse de l’idéologie.
  21. 21. La Renaissance La façon de connaître le monde passe à la Renaissance par une rupture dans la façon d o n t l e s h o m m e s questionnent la nature. 1.  La quantification du réel (Galilée). 2.La normalisation du temps (Newton). 3.L a v o l o n t é d e maîtrise (Descartes).
  22. 22. La quantification du réel Le passage de la qualité à la quantité se fait par la mesure. La mesure donne accès à l’objectivité (elle ne dépend pas de celui qui effectue la mesure). Ce passage de la qualité à la q u a n t i t é n ’ e s t p a s u n appauvrissement mais un enrichissement. Une fois que la nature est mesurée, représentée par des nombres, on peut raisonner à son sujet en utilisant les mathématiques.
  23. 23. « La philosophie est écrite dans cet immense livre qui se tient toujours devant nos yeux, je veux dire l’Univers, m a i s o n n e p e u t l e comprendre si l’on ne s’applique d’abord à en comprendre la langue et à connaître les caractères avec lesquels il est écrit. Il est écrit dans la langue mathématique […] » Galileo Galilei, L’Essayeur    
  24. 24. Géocentrisme ou héliocentrisme ? Isaac Newton 1642 - 1727 Tycho Brahé 1546 - 1601 Galileo Galilei 1564 - 1642 Johannes Kepler 1571 - 1630 Nicolas Copernic 1473 - 1543
  25. 25. « Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d’un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l’essentiel. Elles ne vous disent jamais : « Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu’il p r é f è r e  ? E s t - c e q u ’ i l collectionne les papillons  ?  » Elles vous demandent  : «  Quel âge a-t-il  ? Combien a-t-il de frères  ? Combien pèse-t-il  ? Combien gagne son père  ?  » Alors seulement elles croient le connaître. » Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince
  26. 26. La normalisation du temps Il existe un temps universel, e x t é r i e u r a u x p h é n o m è n e s , identique partout et s’écoulant uniformément. Le temps métaphysique est plus réel que le temps phénoménologique. On ne peut pas se fier à la sensation du temps. Le temps est connu par la mesure. La mesure du temps (la montre) sert à recaler le temps ressenti sur le « vrai » temps, le temps mesuré. Le temps est un cadre dans lequel s’inscrivent les phénomènes.
  27. 27. La volonté de maîtrise La connaissance sert à mettre la nature au service de l’homme. La connaissance permet de percer en partie les ténèbres de l’avenir, de rendre le monde moins imprévisible. La réduction de l’imprévisible débouche sur une possibilité d’éclairer les décisions par la connaissance. La connaissance permet de mettre la nature au service de l’homme de façon efficace. L’humanisme se définit comme une volonté de donner plus de valeur à l’homme qu’à la nature.  
  28. 28. Les trois questions de Kant • Épistémologie : Q u e p u i s - j e connaître ? • Morale : Que dois- je faire ? • Métaphysique : Q u e m ’ e s t - i l permis d’espérer ?
  29. 29. La modernité : Kant contre Platon En séparant le bien et le vrai, Kant s’oppose à la tradition philosophique, à Platon en par ticulier. Il définit la modernité. La philosophie morale devient une partie de la philosophie i n d é p e n d a n t e d e l a connaissance. «  Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle. »
  30. 30. Stratégie et utilitarisme La modernité kantienne permet de définir la stratégie comme une discipline où l’utilitariste rejoint la philosophe : ça marche ou ça ne marche pas. Ce regard sur le monde est différent du regard moral : c’est bien ou ce n’est pas bien.
  31. 31. Les marchés sont persuadés que nous préparons un plan social de 15000 personnes et nous ne pouvons absolument pas nous permettre de les décevoir. Or nous ne sommes que 14000 : il va donc falloir embaucher.
  32. 32. Le rôle de la morale dans la stratégie L’épitaphe de Kant : « Le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi. » La morale appartient aux individus, pas aux systèmes. C’est une volonté qui surplombe la stratégie. Seule la volonté de l’individu peut l’inciter à suivre la loi morale. « Je dois parce que je dois », dit Kant. La morale n’a pas de source extérieure.
  33. 33. «  P o u r n o t r e e n t r e p r i s e , c e t t e question soulève un g r a v e p r o b l è m e é t h i q u e e t u n p r o b l è m e é c o n o m i q u e . S i personne n’y voit d ’ i n c o n v é n i e n t , passons directement a u p r o b l è m e économique. »
  34. 34. Valeur ajoutée et valeur stratégique La rémunération dans la chaîne de valeur ajoutée n’est pas juste, elle dépend de la détention d’une valeur stratégique (théorie de la valeur d’échange). Les composantes du rapport de forces dans la chaîne de valeur ajoutée : 1. La concentration relative des secteurs, 2. La détention d’actifs spécifiques (brevets, savoir-faire rares, qualité liée, etc.), 3. La détention d’une marque, 4. Le coût de transfert (vers un autre client ou un autre fournisseur).
  35. 35. - Pour parler franchement : non, mes amis et moi ne sommes pas intéressés par une solution négociée.
  36. 36. Humanisme et maîtrise L’humanisme défini au XVIIIe siècle se fonde sur les idées suivantes : •L’absolutisme de la raison, •La volonté de maîtrise, •La transcendance de la valeur humaine par rapport à la nature.
  37. 37. «  […] il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie, et qu'au lieu de cette philosophie spéculative, qu'on enseigne dans les écoles, on peut en trouver une pratique, par laquelle connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Ce qui n'est pas seulement à désirer pour l'invention d'une infinité d'artifices, qui feraient qu'on jouirait, sans aucune peine, des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s'y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie. » Descartes, Discours de la méthode
  38. 38. Le tremblement de terre de Lisbonne Le 1er novembre 1755, le tremblement de terre de Lisbonne fait de 50 000 à 100 000 victimes. Pour les philosophes de l’époque, cet événement montre que la nature est mauvaise et qu’il faut s’en extraire ou protéger. Aujourd’hui, face à un tel événement, nous pensons que l’homme est coupable car imprudent.
  39. 39. Complexité et limites La science du XXe siècle a apporté la notion de limite de la connaissance : •Théorie du chaos : un monde déterministe et imprévisible, •Relativité de la mesure du temps, •Physique quantique et le t r i p l e n o n : 1 ) n o n déterminisme, 2) non localité, 3) non identité.
  40. 40. La décision est incertaine Les méthodes qui prétendent ramener la décision à un calcul ne font que masquer l’aspect subjectif de la décision. L a d é c i s i o n o b l i g e à comparer ce qui n’est pas comparable. Les matrices de décision sont construites avec des c o e f f i c i e n t s q u i f o n t intervenir la subjectivité.
  41. 41. La théorie standard de la décision Il existe une m e i l l e u r e décision et cette d é c i s i o n e s t c a l c u l a b l e à p a r t i r d e s m a t r i c e s d e décision.  
  42. 42. Je serai bref.
  43. 43. Les postulats de la théorie standard Ce qui va arriver dépend de la décision prise. L’ensemble des données pertinentes pour évaluer la situation peut être complètement connu. Le critère d’optimisation des conséquences de chaque choix peut être défini selon une dimension unique. Les scénarios d’avenir peuvent être probabilisés. L a s u b j e c t i v i t é d u d é c i d e u r n’intervient pas dans l’évaluation chiffrée des avantages et inconvénients des différents scénarios.
  44. 44. - J’ai un problème, Daphné : trouvez immédiatement une solution et apportez-la moi dans mon bureau.
  45. 45. Le paradoxe de la stratégie Le paradoxe de la stratégie selon Edward Luttwak : la meilleure solution peut être la plus mauvaise car elle est attendue et suscite la résistance, la moins bonne solution peut être la meilleure car elle n’est pas attendue. La philosophie commence avec le paradoxe : para doxa, renversement de la doctrine.
  46. 46. Réconcilier la pensée et l’action La philosophie peut se définir comme l’art de penser sa vie et de vivre sa pensée. La stratégie est un effort de pensée pour mettre de la pensée dans l’action. Elle apparaît donc comme une branche de la philosophie.
  47. 47. Réconcilier le présent et l’avenir L’homme est le seul animal à savoir qu’il va mourir. D’où : la morale, la religion et la stratégie. Les trois questions de Kant («  Que puis-je connaître ?  », «  Que dois-je faire ?  », «  Que m’est-il permis d’espérer ?  ») renvoient à la réconciliation entre présent et avenir.

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