Folie gestionnaire

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La société malade de la gestion de Vincent de Gaulegac, extraits. http://www.amazon.fr/dp/2757844458

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Folie gestionnaire

  1. 1. Extraits de la société malade de la Gestion De Vincent de Gaulejac
  2. 2. Vincent De Gaulejac Vincent de Gaulejac, né en 1946 à Croissy-sur-Seine, est sociologue, professeur de sociologie à l'UFR de Sciences Sociales de l'Université Paris - Diderot. Il est l'auteur d’une vingtaine d’ouvrages et anime la collection sociologie clinique chez ÉRÈS. Il a dirigé le Laboratoire de Changement Social depuis 1981. Membre fondateur de l’Institut international de sociologie clinique, il est l'un des principaux initiateurs de cette orientation scientifique qui s’intéresse à la dimension existentielle des rapports sociaux. Il a développé des groupes d’implication et de recherche dans une quinzaine de pays en Europe, en Amérique du nord et en Amérique du sud. Ses recherches l’ont conduit à explorer, la névrose de classe, les sources de la honte, la lutte des places, le coût de l’excellence, la société malade de la gestion ou encore les causes du mal être au travail.
  3. 3. La société malade de la gestion Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique, l’obsession du rendement financier et est largement responsable de la crise actuelle. La culture de la performance et de la compétition met tout le monde sous haute pression : épuisement professionnel, stress, suicides au travail. La société n’est plus qu’un marché, un champ de bataille où le remède proposé aux méfaits de la guerre économique consiste toujours à durcir la lutte. Face à cette mutation, la politique, également contaminée par le « réalisme gestionnaire », semble impuissante à dessiner une autre voie. Peut-on échapper à l’épidémie ? Peut-on repenser la gestion comme l’instrument d’organisation d’un monde commun ? C’est justement la piste qu’ouvre ici le diagnostic du sociologue clinicien.
  4. 4. « Devant le pragmatisme et  l’efficacité, les considérations éthiques  et humanistes doivent s’effacer. »
  5. 5. « La gestion managériale est une  idéologie qui traduit les activités  humaines en indicateurs de  performances, et ces performances en  coûts ou en bénéfices. »
  6. 6. « On construit une représentation de  l’humain comme une ressource au  service de l’entreprise, contribuant  ainsi à son instrumentalisation. »
  7. 7. « Les effectifs sont considérés comme  un coût qu’il convient de réduire par  tous les moyens, « une variable  d’ajustement » qu’il faut flexibiliser au  maximum Il s’agit de toujours faire plus, toujours  mieux, toujours plus rapidement, à  moyens constants ou même avec  moins d’effectifs. »
  8. 8. « Les emplois non protégés se  multiplient, jusqu’à représenter 30 à  40 % du personnel. Ils servent de  variable d’ajustement salarial  permettant de répondre rapidement à  la « demande des marchés. »
  9. 9. « Le management consiste à prêter  attention à l’ensemble de ceux qui  contribuent à cette mission pour  mieux les mobiliser en vue d’un but  commun, au profit de tous. »
  10. 10. « Le travailleur est considéré s’il est  rentable. Le client est roi s’il est  solvable. »
  11. 11. « La gestion se pervertit quand elle  favorise une vision du monde dans  laquelle l’humain devient une  ressource au service de l’entreprise. »
  12. 12. « L’homo economicus peut être  assimilé à un monstre  anthropologique habité par une  supposée rationalité qui ramène tous  les problèmes de l’existence humaine  à un calcul. »
  13. 13. « La rationalisation est du côté du  pouvoir, alors que la raison est du côté  de la connaissance. »
  14. 14. « L’approche solution c’est-à-dire de  n’évoquer un problème qu’à partir du  moment où on peut le résoudre. »
  15. 15. « La qualité est une utopie  mobilisatrice qui suscite d’emblée  l’enthousiasme et le consensus. »
  16. 16. « L'apport du salarié est mesuré en  fonction de ce qu’il rapporte à  l’entreprise et non l’inverse. À aucun  moment n’est “mesuré” ce que  l’entreprise rapporte à l’humain. »
  17. 17. « Au pouvoir des “chefs” se substitue  le pouvoir de l’expert, en l’occurrence  du qualititicien, qui institue les règles  et définit ses modalités de mise en  œuvre. »
  18. 18. « Nous passons plus de temps à  rendre compte de ce que nous faisons  qu’à le faire. »
  19. 19. « La qualité apparaît alors non pas  comme un outil d’amélioration des  conditions de production, mais comme  un outil de pression pour renforcer la  productivité et la rentabilité de  l’entreprise. »
  20. 20. « Il soumet les individus à des  injonctions paradoxales. »
  21. 21. « On l’obtient non pas par un contrôle  tatillon de l’activité pour adapter le  corps à l’exercice du travail, mais par  des dispositifs qui consistent à  mobiliser l’individu sur des objectifs et  des projets. »
  22. 22. « Les procédure ne sont pas établies à  partir d’une analyse concrète des  processus de production et les  activités réelles, mais pour des clients  parfaits, des travailleurs toujours au  sommet de leur forme. »
  23. 23. « Le deuxième ressort du pouvoir est  l’individualisation et la dissolution des  collectifs qui pourraient défendre des  orientations différentes de celles  préconisées par les directions. »
  24. 24. « La désyndicalisation, au sein de  l’entreprise managériale, est le  symptôme d’une situation dans  laquelle chaque employé est plus  préoccupé d’améliorer sa situation  personnelle ou de sauver sa place. »
  25. 25. « L’essentiel n’est plus de bien faire,  mais de faire toujours mieux, de  gagner toujours plus. »
  26. 26. « Le sentiment d’appartenance à des  collectifs sociaux capables de se  mobiliser pour changer la société se  délitent. »
  27. 27. « Le travail fait sens dans la mesure où  il donne le sentiment de contribuer à  une œuvre collective et que chaque  activité a une fin en dehors d’elle- même. »
  28. 28. « La “modernisation” fait éclater les  collectifs au profit d’une collection  d’individus interchangeables. »
  29. 29. « Plus l’univers du travail semble  perdre son “âme”, plus l’entreprise  demande d’y croire. »
  30. 30. « Le manager croit conquérir pouvoir  et autonomie alors qu’il devient le  serviteur zélé d’entreprises qui  peuvent le congédier à tout  moment. »
  31. 31. « La technocratie entraîne une  normalisation de l’être humain. »
  32. 32. « La société devient une vaste  entreprise qui intègre ceux qui lui sont  utiles et rejette les autres. »
  33. 33. « Les parents investissent leurs  enfants comme un capital qu’il  convient de valoriser appliquant la  logique d’une gestion des ressources  humaines à leur éducation. »
  34. 34. « L’humain a un potentiel qu’il s’agit  de développer pour le mettre en  synergie avec les objectifs de  rentabilité de l’entreprise. »
  35. 35. « On constate cependant des tensions  de plus en plus vives liées au  raccourcissement des délais à  l’impératif des flux tendus à l’exigence  du juste temps. »
  36. 36. « Les salariés se sentent trahis,  détruits et tentent de s’en sortir par la  maladie ou la fuite. La répétition des  symptômes psychologiques comme la  démotivation. »
  37. 37. « Les drames personnels, les  conséquences subjectives doivent  s’effacer devant les nécessités  économiques. »
  38. 38. « Ce sont les salariés des sous- traitants qui sont les plus exposés  dans la mesure où les grandes  entreprises évacuent le risque en  interne par ce biais, en imposant par  ailleurs à leurs sous-traitants des  cadences à des prix aberrants. »
  39. 39. « Les violences innocentes sont des  violences dont la source est brouillée  par un système opaque. Elles se  dissimulent derrière le paravent  d’orientations stratégiques. »
  40. 40. « 28 % des salariés européens seraient  touchés par le stress, soit 41 millions  de travailleurs, dont une grande  majorité de femmes, le stress arrive  juste derrière le mal de dos comme  problème de santé au travail. »
  41. 41. « L’écart entre les objectifs fixés et les  moyens attribués ; le décalage massif  entre les prescriptions et l’activité  concrète. »
  42. 42. « Entre l’idéologie humaniste (“la vie  humaine n’a pas de prix”) et  l’idéologie gestionnaire (“la santé à un  coût”), le débat est ouvert. »
  43. 43. « Les tâches non qualifiées et les  emplois ouvriers sont soit  automatisés, soit confiés à des  entreprises externes qui ne font pas  bénéficier leur personnel des mêmes  avantages. »
  44. 44. « Si la croissance contribue à créer de  nouveaux emplois, elle transforme les  emplois protégés en emplois volatils,  instables, incertains. »
  45. 45. « Le déclin de la classe ouvrière n’est  pas seulement quantitatif. Il est avant  tout qualitatif. les personnes non  qualifiées ne se trouvent plus en  équipe sur de vastes chaînes de  montage des années 60. elles sont  éparpillées dans des sociétés de  nettoyage ou de surveillance,  auxquelles les nouveaux  établissements industriels. »
  46. 46. « Faire fructifier son capital non pas  dans un projet social, animé par une  préoccupation du bien commun, mais  dans un projet individuel qui ne se  donne aucune finalité autre que de  s’enrichir. »
  47. 47. « Les travailleurs non qualifiés  bénéficient de quatre à cinq fois moins  de formation professionnelle que les  techniciens or la formation est un  enjeu déterminant pour affronter les  reconversions. »
  48. 48. « À l’opposé, la lutte des places  confronte chacun à une contradiction  entre un projet individuel de s’en sortir  et un projet collectif d’améliorer le  sort de ceux qui partagent sa  condition. »
  49. 49. « On préconise plus de flexibilité, une  réduction des effectifs jugés  pléthoriques et une amélioration du  service rendu. »
  50. 50. « Le discours entrepreneurial se  substitue au discours politique le bon  sens contre l’idéologie, le  pragmatisme contre les convictions,  l’efficacité contre les principes, l’action  contre les discours. »
  51. 51. « Les hommes ne peuvent pas  travailler et vivre sans donner de sens  à leur action. »
  52. 52. « La quantophrénie, le parler creux,  insignifiance, la normalisation de  l’idéal sont autant de processus qui  illustrent la faillite symbolique des  discours gestionnaires. »
  53. 53. « Proposer de gérer les stress ne fait  que l’entretenir en apprenant au  mieux, à le supporter, pour échapper  au stress, le sujet doit sortir de  l’univers de la gestion. »
  54. 54. « Il peut exister des développements  harmonieux dans un jeu d’opposition  ou l’accroissement du profit est payé  par une diminution des salaires et la  réduction des effectifs. »
  55. 55. « On assiste à un triomphe de la  rationalité instrumentale face à la  raison, de l’intelligence commutative  sur l’intelligence compréhensive. »
  56. 56. Extraits du livre « la société malade de la gestion » de Vincent de Gaulejac. Travail de compilation réalisé par Olivier Coudurier DSC Syndicat CFTC Société Commerciale Citroën. Ver 1.0 20/06/15 Cftc.citroen.suc@gmail.com http://www.cftc-citroen-suc.com https://twitter.com/CFTCcitroensuc https://www.facebook.com/CFTC.SCC

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