Rabelais - Gargantua, 2 textes

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Commentaire de 2 extraits de Gargantua (1534) autour du personnage de Frère Jean des Entommeures : récit épique de son combat déchaîné lors de la guerre picrocholine, et épisode de sa "pendaison" accidentelle (récit chevaleresque)

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  • Ah j'ai en effet une autre édition, les Éditions du Seuil, tant pis, je vais me débrouiller. Merci de votre rapidité et de ce document très utile.
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  • Les références sont celles de l'édition Hatier 'Classique et Cie', qui propose des extraits de Pantagruel et de Gargantua, ainsi qu'un dossier. En général, les éditions scolaires présentent une traduction /adaptation plus ou moins proche du texte original de Rabelais ; personnellement, j'ai choisi cette édition qui m'a paru la plus accessible aux élèves.
    http://www.editions-hatier.fr/livre/rabelais-francois-pantagruel-gargantua
    Les références correspondent aux lignes numérotées dans les extraits sélectionnés. C'est vrai que c'est un peu compliqué pour ceux qui n'ont pas exactement le même texte sous les yeux...
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  • Je ne comprends pas votre numérotation des pages, chapitres -> 105, 80, 74, ... je n'arrive pas à retrouver tout cela dans mon livre. Quelqu'un pourrait m'aider?
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  • Rabelais - Gargantua, 2 textes

    1. 1. Gargantua 1534
    2. 2. Introduction : Avant d’écrire des romans, Rabelais a fait des études de théologie, de droit et de médecine ; il a été moine, puis juriste et médecin. Il a publié des traités de médecine, mais ce sont ses romans qui l’ont rendu célèbre dès leur publication en 1532. Tout en s’inspirant de contes populaires qui mettent en scène des géants, il va chercher à développer l’art du récit et faire passer sa vision du monde comme dans ce passage où un moine prend le armes pour mener un combat épique et néanmoins comique. Situation de l’extrait - chap. 25 de Gargantua : Guerre (contre Grandgousier) déclarée (par Picrochole) suite à un malentendu entre bergers-vendangeurs et vendeurs de fouaces. (prétexte dérisoire, conséquences désastreuses...) Même la peste n’arrête pas l’armée de Picrochole qui s’attaque aux vignes d’une abbaye. Tandis que les moines se réfugient dans la prière, l’un d’eux prend les armes pour combattre... ➠ introduction de la problématique + plan
    3. 3. 1. Un combat épique.
    4. 4. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626)
    5. 5. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier)
    6. 6. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale :
    7. 7. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106)
    8. 8. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi.
    9. 9. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi. 2. le grandissement du héros (l.99 et 100) + l. 140 à 142
    10. 10. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi. 2. le grandissement du héros (l.99 et 100) + l. 140 à 142 se distingue en combat singulier (l.91 à 101), mais aussi seul contre tous : opposition entre sujet des verbes d’action au passé simple (il, singulier) et objets de ces actions (aux uns, aux autres, 13 occurences)
    11. 11. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi. 2. le grandissement du héros (l.99 et 100) + l. 140 à 142 se distingue en combat singulier (l.91 à 101), mais aussi seul contre tous : opposition entre sujet des verbes d’action au passé simple (il, singulier) et objets de ces actions (aux uns, aux autres, 13 occurences) + adverbes
    12. 12. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi. 2. le grandissement du héros (l.99 et 100) + l. 140 à 142 se distingue en combat singulier (l.91 à 101), mais aussi seul contre tous : opposition entre sujet des verbes d’action au passé simple (il, singulier) et objets de ces actions (aux uns, aux autres, 13 occurences) + adverbes il s’élança brusquement (74) ...cogna si rudement (80) - il frappait si farouchement (103)
    13. 13. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi. 2. le grandissement du héros (l.99 et 100) + l. 140 à 142 se distingue en combat singulier (l.91 à 101), mais aussi seul contre tous : opposition entre sujet des verbes d’action au passé simple (il, singulier) et objets de ces actions (aux uns, aux autres, 13 occurences) + adverbes il s’élança brusquement (74) ...cogna si rudement (80) - il frappait si farouchement (103) 3. procédés stylistiques de l’épopée :
    14. 14. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi. 2. le grandissement du héros (l.99 et 100) + l. 140 à 142 se distingue en combat singulier (l.91 à 101), mais aussi seul contre tous : opposition entre sujet des verbes d’action au passé simple (il, singulier) et objets de ces actions (aux uns, aux autres, 13 occurences) + adverbes il s’élança brusquement (74) ...cogna si rudement (80) - il frappait si farouchement (103) 3. procédés stylistiques de l’épopée : • accumulations (des actes du héros, des références anatomiques, des saints invoqués par les victimes, ...)
    15. 15. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi. 2. le grandissement du héros (l.99 et 100) + l. 140 à 142 se distingue en combat singulier (l.91 à 101), mais aussi seul contre tous : opposition entre sujet des verbes d’action au passé simple (il, singulier) et objets de ces actions (aux uns, aux autres, 13 occurences) + adverbes il s’élança brusquement (74) ...cogna si rudement (80) - il frappait si farouchement (103) 3. procédés stylistiques de l’épopée : • accumulations (des actes du héros, des références anatomiques, des saints invoqués par les victimes, ...) • hyperboles (105, 106) + 117
    16. 16. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi. 2. le grandissement du héros (l.99 et 100) + l. 140 à 142 se distingue en combat singulier (l.91 à 101), mais aussi seul contre tous : opposition entre sujet des verbes d’action au passé simple (il, singulier) et objets de ces actions (aux uns, aux autres, 13 occurences) + adverbes il s’élança brusquement (74) ...cogna si rudement (80) - il frappait si farouchement (103) 3. procédés stylistiques de l’épopée : • accumulations (des actes du héros, des références anatomiques, des saints invoqués par les victimes, ...) • hyperboles (105, 106) + 117 • parallélisme et antithèse (l.118)
    17. 17. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi. 2. le grandissement du héros (l.99 et 100) + l. 140 à 142 se distingue en combat singulier (l.91 à 101), mais aussi seul contre tous : opposition entre sujet des verbes d’action au passé simple (il, singulier) et objets de ces actions (aux uns, aux autres, 13 occurences) + adverbes il s’élança brusquement (74) ...cogna si rudement (80) - il frappait si farouchement (103) 3. procédés stylistiques de l’épopée : • accumulations (des actes du héros, des références anatomiques, des saints invoqués par les victimes, ...) • hyperboles (105, 106) + 117 • parallélisme et antithèse (l.118) • anaphores
    18. 18. 1. Un combat épique. reprise des procédés caractéristiques du registre épique (cf manuel p. 626) le contexte : guerre (bataille entre 2 royaumes - Picrochole vs Grandgousier) 1. l’inspiration médiévale : référence explicite à la chanson de geste de Maugis (dernière phrase) avec intervention du narrateur (106) son arme avec laquelle il pratique l’ancienne escrime objet triplement symbolique : le bâton de la croix tient lieu d’arme («long comme une lance»), il est aussi le symbole de la chrétienté et de la royauté («parsemé de fleurs de lys…») en danger («… presque toutes effacées») qu’il va défendre contre l’ennemi. 2. le grandissement du héros (l.99 et 100) + l. 140 à 142 se distingue en combat singulier (l.91 à 101), mais aussi seul contre tous : opposition entre sujet des verbes d’action au passé simple (il, singulier) et objets de ces actions (aux uns, aux autres, 13 occurences) + adverbes il s’élança brusquement (74) ...cogna si rudement (80) - il frappait si farouchement (103) 3. procédés stylistiques de l’épopée : • accumulations (des actes du héros, des références anatomiques, des saints invoqués par les victimes, ...) • hyperboles (105, 106) + 117 • parallélisme et antithèse (l.118) • anaphores • allitérations (l. 86-87)
    19. 19. II. Un épisode parodique et critique
    20. 20. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie :
    21. 21. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie : • les forces en présence :
    22. 22. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie : • les forces en présence : - le héros de ce combat est un moine (destiné en principe à une vie contemplative)
    23. 23. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie : • les forces en présence : - le héros de ce combat est un moine (destiné en principe à une vie contemplative) ➙ personnage à la limite de l’anti-héros (frère Jean du hachis...), emporté par la fureur guerrière, il est l’auteur d’un véritable carnage (l.83 à 106) ; son action est totalement dénuée de style (cf : «il les renversait comme porcs, frappant à tort et à travers»)
    24. 24. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie : • les forces en présence : - le héros de ce combat est un moine (destiné en principe à une vie contemplative) ➙ personnage à la limite de l’anti-héros (frère Jean du hachis...), emporté par la fureur guerrière, il est l’auteur d’un véritable carnage (l.83 à 106) ; son action est totalement dénuée de style (cf : «il les renversait comme porcs, frappant à tort et à travers») - les ennemis font piètre figure (l.78 à 80)
    25. 25. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie : • les forces en présence : - le héros de ce combat est un moine (destiné en principe à une vie contemplative) ➙ personnage à la limite de l’anti-héros (frère Jean du hachis...), emporté par la fureur guerrière, il est l’auteur d’un véritable carnage (l.83 à 106) ; son action est totalement dénuée de style (cf : «il les renversait comme porcs, frappant à tort et à travers») - les ennemis font piètre figure (l.78 à 80) • détournement de la noblesse épique
    26. 26. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie : • les forces en présence : - le héros de ce combat est un moine (destiné en principe à une vie contemplative) ➙ personnage à la limite de l’anti-héros (frère Jean du hachis...), emporté par la fureur guerrière, il est l’auteur d’un véritable carnage (l.83 à 106) ; son action est totalement dénuée de style (cf : «il les renversait comme porcs, frappant à tort et à travers») - les ennemis font piètre figure (l.78 à 80) • détournement de la noblesse épique - les bannières deviennent des jarretières (l. 135)
    27. 27. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie : • les forces en présence : - le héros de ce combat est un moine (destiné en principe à une vie contemplative) ➙ personnage à la limite de l’anti-héros (frère Jean du hachis...), emporté par la fureur guerrière, il est l’auteur d’un véritable carnage (l.83 à 106) ; son action est totalement dénuée de style (cf : «il les renversait comme porcs, frappant à tort et à travers») - les ennemis font piètre figure (l.78 à 80) • détournement de la noblesse épique - les bannières deviennent des jarretières (l. 135) - lexique : la richesse des verbes d’action met en évidence le massacre du moine, et contraste avec le voc vulgaire -l.105 et 94 - et patois, l.98) ;
    28. 28. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie : • les forces en présence : - le héros de ce combat est un moine (destiné en principe à une vie contemplative) ➙ personnage à la limite de l’anti-héros (frère Jean du hachis...), emporté par la fureur guerrière, il est l’auteur d’un véritable carnage (l.83 à 106) ; son action est totalement dénuée de style (cf : «il les renversait comme porcs, frappant à tort et à travers») - les ennemis font piètre figure (l.78 à 80) • détournement de la noblesse épique - les bannières deviennent des jarretières (l. 135) - lexique : la richesse des verbes d’action met en évidence le massacre du moine, et contraste avec le voc vulgaire -l.105 et 94 - et patois, l.98) ; - glissement de l’épique au comique par l’exagération des procédés :
    29. 29. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie : • les forces en présence : - le héros de ce combat est un moine (destiné en principe à une vie contemplative) ➙ personnage à la limite de l’anti-héros (frère Jean du hachis...), emporté par la fureur guerrière, il est l’auteur d’un véritable carnage (l.83 à 106) ; son action est totalement dénuée de style (cf : «il les renversait comme porcs, frappant à tort et à travers») - les ennemis font piètre figure (l.78 à 80) • détournement de la noblesse épique - les bannières deviennent des jarretières (l. 135) - lexique : la richesse des verbes d’action met en évidence le massacre du moine, et contraste avec le voc vulgaire -l.105 et 94 - et patois, l.98) ; - glissement de l’épique au comique par l’exagération des procédés : accumulations (des actes du héros, des références anatomiques, des saints invoqués par les victimes, ...)
    30. 30. II. Un épisode parodique et critique 1. la parodie : • les forces en présence : - le héros de ce combat est un moine (destiné en principe à une vie contemplative) ➙ personnage à la limite de l’anti-héros (frère Jean du hachis...), emporté par la fureur guerrière, il est l’auteur d’un véritable carnage (l.83 à 106) ; son action est totalement dénuée de style (cf : «il les renversait comme porcs, frappant à tort et à travers») - les ennemis font piètre figure (l.78 à 80) • détournement de la noblesse épique - les bannières deviennent des jarretières (l. 135) - lexique : la richesse des verbes d’action met en évidence le massacre du moine, et contraste avec le voc vulgaire -l.105 et 94 - et patois, l.98) ; - glissement de l’épique au comique par l’exagération des procédés : accumulations (des actes du héros, des références anatomiques, des saints invoqués par les victimes, ...) • détournement de l’intervention de forces surnaturelles (appels vains aux saints, et suaire qui brûle)
    31. 31. II. Un épisode parodique et critique
    32. 32. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion :
    33. 33. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion : • des hommes d’église dénués de compassion
    34. 34. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion : • des hommes d’église dénués de compassion ➙ emporté par la fureur guerrière, frère Jean ne fait preuve d’aucune compassion(l.89 à 106) et renvoie ses victimes «à tous les diables» (l.98) ; son arme est «le bâton de croix» ( l.70,74 et 132)
    35. 35. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion : • des hommes d’église dénués de compassion ➙ emporté par la fureur guerrière, frère Jean ne fait preuve d’aucune compassion(l.89 à 106) et renvoie ses victimes «à tous les diables» (l.98) ; son arme est «le bâton de croix» ( l.70,74 et 132) ➙ action stérile du prieur qui confesse les blessés au lieu de les soigner (cf Rabelais)
    36. 36. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion : • des hommes d’église dénués de compassion ➙ emporté par la fureur guerrière, frère Jean ne fait preuve d’aucune compassion(l.89 à 106) et renvoie ses victimes «à tous les diables» (l.98) ; son arme est «le bâton de croix» ( l.70,74 et 132) ➙ action stérile du prieur qui confesse les blessés au lieu de les soigner (cf Rabelais) ➙ intervention des «moinillons» pour la curée (petites mains qui viennent achever la besogne, cf les diminutifs)
    37. 37. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion : • des hommes d’église dénués de compassion ➙ emporté par la fureur guerrière, frère Jean ne fait preuve d’aucune compassion(l.89 à 106) et renvoie ses victimes «à tous les diables» (l.98) ; son arme est «le bâton de croix» ( l.70,74 et 132) ➙ action stérile du prieur qui confesse les blessés au lieu de les soigner (cf Rabelais) ➙ intervention des «moinillons» pour la curée (petites mains qui viennent achever la besogne, cf les diminutifs) • critique de pratiques superstitieuses
    38. 38. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion : • des hommes d’église dénués de compassion ➙ emporté par la fureur guerrière, frère Jean ne fait preuve d’aucune compassion(l.89 à 106) et renvoie ses victimes «à tous les diables» (l.98) ; son arme est «le bâton de croix» ( l.70,74 et 132) ➙ action stérile du prieur qui confesse les blessés au lieu de les soigner (cf Rabelais) ➙ intervention des «moinillons» pour la curée (petites mains qui viennent achever la besogne, cf les diminutifs) • critique de pratiques superstitieuses ➙ l’invocation des saints est ridiculisée
    39. 39. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion : • des hommes d’église dénués de compassion ➙ emporté par la fureur guerrière, frère Jean ne fait preuve d’aucune compassion(l.89 à 106) et renvoie ses victimes «à tous les diables» (l.98) ; son arme est «le bâton de croix» ( l.70,74 et 132) ➙ action stérile du prieur qui confesse les blessés au lieu de les soigner (cf Rabelais) ➙ intervention des «moinillons» pour la curée (petites mains qui viennent achever la besogne, cf les diminutifs) • critique de pratiques superstitieuses ➙ l’invocation des saints est ridiculisée par l’accumulation (...et mille et un autres petits saints)
    40. 40. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion : • des hommes d’église dénués de compassion ➙ emporté par la fureur guerrière, frère Jean ne fait preuve d’aucune compassion(l.89 à 106) et renvoie ses victimes «à tous les diables» (l.98) ; son arme est «le bâton de croix» ( l.70,74 et 132) ➙ action stérile du prieur qui confesse les blessés au lieu de les soigner (cf Rabelais) ➙ intervention des «moinillons» pour la curée (petites mains qui viennent achever la besogne, cf les diminutifs) • critique de pratiques superstitieuses ➙ l’invocation des saints est ridiculisée par l’accumulation (...et mille et un autres petits saints) par la redondance
    41. 41. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion : • des hommes d’église dénués de compassion ➙ emporté par la fureur guerrière, frère Jean ne fait preuve d’aucune compassion(l.89 à 106) et renvoie ses victimes «à tous les diables» (l.98) ; son arme est «le bâton de croix» ( l.70,74 et 132) ➙ action stérile du prieur qui confesse les blessés au lieu de les soigner (cf Rabelais) ➙ intervention des «moinillons» pour la curée (petites mains qui viennent achever la besogne, cf les diminutifs) • critique de pratiques superstitieuses ➙ l’invocation des saints est ridiculisée par l’accumulation (...et mille et un autres petits saints) par la redondance par sa dimension locale (folklore)
    42. 42. II. Un épisode parodique et critique 2. un décalage critique envers la religion : • des hommes d’église dénués de compassion ➙ emporté par la fureur guerrière, frère Jean ne fait preuve d’aucune compassion(l.89 à 106) et renvoie ses victimes «à tous les diables» (l.98) ; son arme est «le bâton de croix» ( l.70,74 et 132) ➙ action stérile du prieur qui confesse les blessés au lieu de les soigner (cf Rabelais) ➙ intervention des «moinillons» pour la curée (petites mains qui viennent achever la besogne, cf les diminutifs) • critique de pratiques superstitieuses ➙ l’invocation des saints est ridiculisée par l’accumulation (...et mille et un autres petits saints) par la redondance par sa dimension locale (folklore) ➙ la superstition est tournée en dérision : mentionner la coexistence de 2 suaires revient à souligner une superstition ridicule (l. 113-114) Rabelais, comme les Évangélistes, attaque ici les pratiques superstitieuses, archaïques puisque plus proches du paganisme que de la foi chrétienne.
    43. 43. Chambéry (Turin) ligne 113 ou Cadouin ligne 114 ? Dès 1214, il est certain que l’abbaye de Cadouin détenait le saint Suaire, celui qui enveloppa la tête du Christ à sa mise au tombeau. Cette relique était admirée, adorée mais aussi convoitée ; qui la possédait, possédait la richesse et la gloire. Personne, à part Luther qui dénombrait cinq «vrais» suaires, ne mettait en doute son authenticité. Cité du Vatican, le 02 juin 2008 - (E.S.M.) - Benoît XVI a autorisé une nouvelle « ostension du Saint Suaire » qui aura lieu à Turin au printemps 2010. C'est ce qu'a annoncé le Saint-Père dans le discours adressé aux fidèles du Diocèse de Turin qui ont accompli un pèlerinage au Vatican
    44. 44. II. Un épisode parodique et critique
    45. 45. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre :
    46. 46. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés
    47. 47. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» :
    48. 48. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» : ➙ déshumanisation des blessés traités comme des bêtes
    49. 49. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» : ➙ déshumanisation des blessés traités comme des bêtes
    50. 50. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» : comme une bande de porcs ➙ déshumanisation des blessés traités comme des bêtes
    51. 51. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» : comme une bande de porcs ➙ déshumanisation des blessés traités comme des bêtes les dents au fond de la gueule
    52. 52. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» : comme une bande de porcs ➙ déshumanisation des blessés traités comme des bêtes les dents au fond de la gueule comme une chien
    53. 53. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» : comme une bande de porcs ➙ déshumanisation des blessés traités comme des bêtes les dents au fond de la gueule comme une chien tripes ... boyau
    54. 54. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» : comme une bande de porcs ➙ déshumanisation des blessés traités comme des bêtes les dents au fond de la gueule comme une chien tripes ... boyau • une violence injustifiée
    55. 55. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» : comme une bande de porcs ➙ déshumanisation des blessés traités comme des bêtes les dents au fond de la gueule comme une chien tripes ... boyau • une violence injustifiée ➙ dérision du mobile qui déclenche la guerre : un malentendu entre voisins au sujet des fouaces
    56. 56. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» : comme une bande de porcs ➙ déshumanisation des blessés traités comme des bêtes les dents au fond de la gueule comme une chien tripes ... boyau • une violence injustifiée ➙ dérision du mobile qui déclenche la guerre : un malentendu entre voisins au sujet des fouaces (allusion aux guerres de religion)
    57. 57. II. Un épisode parodique et critique 3. les horreurs de la guerre : • des corps violentés ➙ verbes commençant par le préfixe «dé-» : comme une bande de porcs ➙ déshumanisation des blessés traités comme des bêtes les dents au fond de la gueule comme une chien tripes ... boyau • une violence injustifiée ➙ dérision du mobile qui déclenche la guerre : un malentendu entre voisins au sujet des fouaces (allusion aux guerres de religion) ➙ disproportion de la violence de Frère Jean qui passe à l’action uniquement parce qu’on s’en prend aux vignes de l’Abbaye
    58. 58. Conclusion : réponse à la question posée L’apparition du moine Frère Jean des Entommeures met fin aux ambitions guerrières de Picrochole. Rabelais lui donne une dimension héroïco-comique qui rappelle Panurge. Mais l’épisode a d’autres objectifs : la parodie épique critique l’étroitesse d’un certain esprit religieux et procure au lecteur une vision horrifique de la guerre civile. Pour le prochain cours : rapporter le manuel
    59. 59. Mardi 1er Décembre 2009 Évaluation
    60. 60. Ecriture d’invention Pantagruel décide d'attaquer les Almyrodes. En l'absence d'Alcofribas, réfugié dans la bouche du géant, vous racontez l'attaque de la cité des Almyrodes par l'armée de Pantagruel. Vous imiterez un récit épique en veillant à respecter les caractéristiques de tout récit, en particulier l'emploi du passé simple et de l'imparfait. Vous réglerez le problème du point de vue en choisissant un narrateur, le plus proche possible d'Alcofribas. Commentaire composé - Texte pp. 105-106 ➠L’énonciation Posez-vous la question de la manière dont l’auteur s’immisce dans son oeuvre (comment ? pourquoi ?) Qu’est-ce qu’il définit ? Qu’est-ce qui est visé/critiqué dans ce texte ?
    61. 61. Gargantua - 1534 Chap. 40 (p.191) L’épisode du moine pendu
    62. 62. Introduction : Avant d’écrire des romans, Rabelais a fait des études de théologie, de droit et de médecine ; il a été moine, puis juriste et médecin. Il a publié des traités de médecine, mais ce sont ses romans qui l’ont rendu célèbre dès leur publication en 1532. Tout en s’inspirant de contes populaires qui mettent en scène des géants, il va chercher à développer l’art du récit et faire passer sa vision du monde comme dans ce passage où ressort l’inspiration médiévale de Rabelais. Situation de l’extrait - chap. 40 de Gargantua : Au cours de la guerre qui oppose Picrochole, le belliqueux et Grandgousier, le pacifiste père de Gargantua, un personnage a fait une entrée remarquée lors d’un combat épique : le moine frère Jean des Entommeures ; on le retrouve ici dans un épisode cocasse qui précède une nouvelle bataille. ➠ introduction de la problématique + plan
    63. 63. I. Lʼinspiration médiévale
    64. 64. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste)
    65. 65. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste) Situation de mobilisation dʼune armée (héros - Gargantua ; compagnons - Gymnaste et Eudémon ; autorité religieuse : le moine, frère Jean)
    66. 66. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste) Situation de mobilisation dʼune armée (héros - Gargantua ; compagnons - Gymnaste et Eudémon ; autorité religieuse : le moine, frère Jean) les personnages quittent le château pour aller combattre
    67. 67. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste) Situation de mobilisation dʼune armée (héros - Gargantua ; compagnons - Gymnaste et Eudémon ; autorité religieuse : le moine, frère Jean) les personnages quittent le château pour aller combattre 2. Recours à des formules stéréotypées des récits de chevalerie
    68. 68. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste) Situation de mobilisation dʼune armée (héros - Gargantua ; compagnons - Gymnaste et Eudémon ; autorité religieuse : le moine, frère Jean) les personnages quittent le château pour aller combattre 2. Recours à des formules stéréotypées des récits de chevalerie Lʼextrait sʼinscrit entre deux «parenthèses» qui lui confèrent son unité et son identité : «ouverture» et «fermeture» de lʼépisode : «Or sʼen vont les nobles champions...»
    69. 69. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste) Situation de mobilisation dʼune armée (héros - Gargantua ; compagnons - Gymnaste et Eudémon ; autorité religieuse : le moine, frère Jean) les personnages quittent le château pour aller combattre 2. Recours à des formules stéréotypées des récits de chevalerie Lʼextrait sʼinscrit entre deux «parenthèses» qui lui confèrent son unité et son identité : «ouverture» et «fermeture» de lʼépisode : «Or sʼen vont les nobles champions...» «Ainsi sʼen vont-ils joyeusement, sur le chemin de la Saulaie»
    70. 70. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste) Situation de mobilisation dʼune armée (héros - Gargantua ; compagnons - Gymnaste et Eudémon ; autorité religieuse : le moine, frère Jean) les personnages quittent le château pour aller combattre 2. Recours à des formules stéréotypées des récits de chevalerie Lʼextrait sʼinscrit entre deux «parenthèses» qui lui confèrent son unité et son identité : «ouverture» et «fermeture» de lʼépisode : «Or sʼen vont les nobles champions...» «Ainsi sʼen vont-ils joyeusement, sur le chemin de la Saulaie» ➙ tournure caractéristique : «Or» (connecteur initial), + inversion du sujet + système du présent qui signale lʼentrée dans un univers autre que celui du banquet précédent : celui du récit de chevalerie.
    71. 71. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste) Situation de mobilisation dʼune armée (héros - Gargantua ; compagnons - Gymnaste et Eudémon ; autorité religieuse : le moine, frère Jean) les personnages quittent le château pour aller combattre 2. Recours à des formules stéréotypées des récits de chevalerie Lʼextrait sʼinscrit entre deux «parenthèses» qui lui confèrent son unité et son identité : «ouverture» et «fermeture» de lʼépisode : «Or sʼen vont les nobles champions...» «Ainsi sʼen vont-ils joyeusement, sur le chemin de la Saulaie» ➙ tournure caractéristique : «Or» (connecteur initial), + inversion du sujet + système du présent qui signale lʼentrée dans un univers autre que celui du banquet précédent : celui du récit de chevalerie. 3. Un lexique puisé dans la littérature médiévale
    72. 72. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste) Situation de mobilisation dʼune armée (héros - Gargantua ; compagnons - Gymnaste et Eudémon ; autorité religieuse : le moine, frère Jean) les personnages quittent le château pour aller combattre 2. Recours à des formules stéréotypées des récits de chevalerie Lʼextrait sʼinscrit entre deux «parenthèses» qui lui confèrent son unité et son identité : «ouverture» et «fermeture» de lʼépisode : «Or sʼen vont les nobles champions...» «Ainsi sʼen vont-ils joyeusement, sur le chemin de la Saulaie» ➙ tournure caractéristique : «Or» (connecteur initial), + inversion du sujet + système du présent qui signale lʼentrée dans un univers autre que celui du banquet précédent : celui du récit de chevalerie. 3. Un lexique puisé dans la littérature médiévale les hommes : nobles champions, sire, mon mignon
    73. 73. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste) Situation de mobilisation dʼune armée (héros - Gargantua ; compagnons - Gymnaste et Eudémon ; autorité religieuse : le moine, frère Jean) les personnages quittent le château pour aller combattre 2. Recours à des formules stéréotypées des récits de chevalerie Lʼextrait sʼinscrit entre deux «parenthèses» qui lui confèrent son unité et son identité : «ouverture» et «fermeture» de lʼépisode : «Or sʼen vont les nobles champions...» «Ainsi sʼen vont-ils joyeusement, sur le chemin de la Saulaie» ➙ tournure caractéristique : «Or» (connecteur initial), + inversion du sujet + système du présent qui signale lʼentrée dans un univers autre que celui du banquet précédent : celui du récit de chevalerie. 3. Un lexique puisé dans la littérature médiévale les hommes : nobles champions, sire, mon mignon leur équipement : harnache, visière, heaume, éperons, gousset, armure
    74. 74. I. Lʼinspiration médiévale 1. Le thème guerrier (propre à la chanson de geste) Situation de mobilisation dʼune armée (héros - Gargantua ; compagnons - Gymnaste et Eudémon ; autorité religieuse : le moine, frère Jean) les personnages quittent le château pour aller combattre 2. Recours à des formules stéréotypées des récits de chevalerie Lʼextrait sʼinscrit entre deux «parenthèses» qui lui confèrent son unité et son identité : «ouverture» et «fermeture» de lʼépisode : «Or sʼen vont les nobles champions...» «Ainsi sʼen vont-ils joyeusement, sur le chemin de la Saulaie» ➙ tournure caractéristique : «Or» (connecteur initial), + inversion du sujet + système du présent qui signale lʼentrée dans un univers autre que celui du banquet précédent : celui du récit de chevalerie. 3. Un lexique puisé dans la littérature médiévale les hommes : nobles champions, sire, mon mignon leur équipement : harnache, visière, heaume, éperons, gousset, armure leur action : aventure, grande et horrible bataille
    75. 75. II. Un élément perturbateur L’intervention de frère Jean constitue un élément doublement perturbateur
    76. 76. II. Un élément perturbateur L’intervention de frère Jean constitue un élément doublement perturbateur
    77. 77. II. Un élément perturbateur elle perturbe l’action L’intervention de frère Jean constitue chevaleresque un élément doublement perturbateur
    78. 78. II. Un élément perturbateur elle perturbe l’action L’intervention de frère Jean constitue chevaleresque un élément doublement perturbateur elle fait glisser le récit vers un décalage parodique
    79. 79. II. Un élément perturbateur elle perturbe l’action L’intervention de frère Jean constitue chevaleresque un élément doublement perturbateur elle fait glisser le récit vers un décalage parodique 1. L’action chevaleresque perturbée
    80. 80. II. Un élément perturbateur elle perturbe l’action L’intervention de frère Jean constitue chevaleresque un élément doublement perturbateur elle fait glisser le récit vers un décalage parodique 1. L’action chevaleresque perturbée - le caractère noble des sentiments de vengeance et de trahison est ici ridiculisé par un comique de situation (l. 32)
    81. 81. II. Un élément perturbateur elle perturbe l’action L’intervention de frère Jean constitue chevaleresque un élément doublement perturbateur elle fait glisser le récit vers un décalage parodique 1. L’action chevaleresque perturbée - le caractère noble des sentiments de vengeance et de trahison est ici ridiculisé par un comique de situation (l. 32) - l’équipement de chevalier est mis en pièces par le moine vexé (l. 66,67)
    82. 82. II. Un élément perturbateur elle perturbe l’action L’intervention de frère Jean constitue chevaleresque un élément doublement perturbateur elle fait glisser le récit vers un décalage parodique 1. L’action chevaleresque perturbée - le caractère noble des sentiments de vengeance et de trahison est ici ridiculisé par un comique de situation (l. 32) - l’équipement de chevalier est mis en pièces par le moine vexé (l. 66,67) - Frère Jean prend la place de Gargantua pour mobiliser les troupes
    83. 83. 2. Une harangue démobilisatrice
    84. 84. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales
    85. 85. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales
    86. 86. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales lignes 8, 15,16, 20, 40 et 60
    87. 87. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales lignes 8, 15,16, 20, 40 et 60
    88. 88. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales lignes 8, 15,16, 20, 40 et 60 lignes 9, 15,19 à 22
    89. 89. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales lignes 8, 15,16, 20, 40 et 60 lignes 9, 15,19 à 22 Comique lié à la disproportion et à l’antithèse
    90. 90. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales lignes 8, 15,16, 20, 40 et 60 lignes 9, 15,19 à 22 Comique lié à la disproportion et à l’antithèse petite prière de sous-sacristain
    91. 91. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales lignes 8, 15,16, 20, 40 et 60 lignes 9, 15,19 à 22 Comique lié à la disproportion et à l’antithèse petite prière de sous-sacristain VS
    92. 92. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales lignes 8, 15,16, 20, 40 et 60 lignes 9, 15,19 à 22 Comique lié à la disproportion et à l’antithèse petite prière de sous-sacristain VS tous les canons
    93. 93. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales lignes 8, 15,16, 20, 40 et 60 lignes 9, 15,19 à 22 Comique lié à la disproportion et à l’antithèse petite prière de sous-sacristain VS tous les canons or : «Elle ne sera d’aucune utilité car je n’y prête pas foi»... ➙ inanité de cette référence
    94. 94. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales lignes 8, 15,16, 20, 40 et 60 lignes 9, 15,19 à 22 Comique lié à la disproportion et à l’antithèse petite prière de sous-sacristain VS tous les canons or : «Elle ne sera d’aucune utilité car je n’y prête pas foi»... ➙ inanité de cette référence
    95. 95. 2. Une harangue démobilisatrice À la pureté de soutien spirituel des 3 premières phrases, s’opposent les évocations blasphématoires et triviales lignes 8, 15,16, 20, 40 et 60 lignes 9, 15,19 à 22 Comique lié à la disproportion et à l’antithèse mon bâton de la croix fera diable petite prière de sous-sacristain VS tous les canons or : «Elle ne sera d’aucune utilité car je n’y prête pas foi»... ➙ inanité de cette référence
    96. 96. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ;
    97. 97. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ;
    98. 98. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ; réduit à néant par sa «pendaison» Sermon d’encouragement de ridicule, source de moquerie pour frère Jean ses compagnons prière «qui protège contre tous les canons» «d’aucune utilité» Discussion au sujet de la qualifiée de «jacasserie» par celui comparaison avec Absalon qui crie «Aidez-moi» retarde son intervention Proverbe et anecdote de Gymnaste et excite la colère du pendu inefficace : mieux vaut se revêtir thèse De Frigidus et maleficiatis d’un froc de moine
    99. 99. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ; réduit à néant par sa «pendaison» Sermon d’encouragement de ridicule, source de moquerie pour frère Jean ses compagnons prière «qui protège contre tous les canons» «d’aucune utilité» Discussion au sujet de la qualifiée de «jacasserie» par celui comparaison avec Absalon qui crie «Aidez-moi» retarde son intervention Proverbe et anecdote de Gymnaste et excite la colère du pendu inefficace : mieux vaut se revêtir thèse De Frigidus et maleficiatis d’un froc de moine
    100. 100. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ; réduit à néant par sa «pendaison» Sermon d’encouragement de ridicule, source de moquerie pour frère Jean ses compagnons prière «qui protège contre tous les canons» «d’aucune utilité» Discussion au sujet de la qualifiée de «jacasserie» par celui comparaison avec Absalon qui crie «Aidez-moi» retarde son intervention Proverbe et anecdote de Gymnaste et excite la colère du pendu inefficace : mieux vaut se revêtir thèse De Frigidus et maleficiatis d’un froc de moine
    101. 101. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ; réduit à néant par sa «pendaison» Sermon d’encouragement de ridicule, source de moquerie pour frère Jean ses compagnons prière «qui protège contre tous les canons» «d’aucune utilité» Discussion au sujet de la qualifiée de «jacasserie» par celui comparaison avec Absalon qui crie «Aidez-moi» retarde son intervention Proverbe et anecdote de Gymnaste et excite la colère du pendu inefficace : mieux vaut se revêtir thèse De Frigidus et maleficiatis d’un froc de moine
    102. 102. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ; réduit à néant par sa «pendaison» Sermon d’encouragement de ridicule, source de moquerie pour frère Jean ses compagnons prière «qui protège contre tous les canons» «d’aucune utilité» Discussion au sujet de la qualifiée de «jacasserie» par celui comparaison avec Absalon qui crie «Aidez-moi» retarde son intervention Proverbe et anecdote de Gymnaste et excite la colère du pendu inefficace : mieux vaut se revêtir thèse De Frigidus et maleficiatis d’un froc de moine
    103. 103. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ; réduit à néant par sa «pendaison» Sermon d’encouragement de ridicule, source de moquerie pour frère Jean ses compagnons prière «qui protège contre tous les canons» «d’aucune utilité» Discussion au sujet de la qualifiée de «jacasserie» par celui comparaison avec Absalon qui crie «Aidez-moi» retarde son intervention Proverbe et anecdote de Gymnaste et excite la colère du pendu inefficace : mieux vaut se revêtir thèse De Frigidus et maleficiatis d’un froc de moine
    104. 104. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ; réduit à néant par sa «pendaison» Sermon d’encouragement de ridicule, source de moquerie pour frère Jean ses compagnons prière «qui protège contre tous les canons» «d’aucune utilité» Discussion au sujet de la qualifiée de «jacasserie» par celui comparaison avec Absalon qui crie «Aidez-moi» retarde son intervention Proverbe et anecdote de Gymnaste et excite la colère du pendu inefficace : mieux vaut se revêtir thèse De Frigidus et maleficiatis d’un froc de moine
    105. 105. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ; réduit à néant par sa «pendaison» Sermon d’encouragement de ridicule, source de moquerie pour frère Jean ses compagnons prière «qui protège contre tous les canons» «d’aucune utilité» Discussion au sujet de la qualifiée de «jacasserie» par celui comparaison avec Absalon qui crie «Aidez-moi» retarde son intervention Proverbe et anecdote de Gymnaste et excite la colère du pendu inefficace : mieux vaut se revêtir thèse De Frigidus et maleficiatis d’un froc de moine
    106. 106. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ; réduit à néant par sa «pendaison» Sermon d’encouragement de ridicule, source de moquerie pour frère Jean ses compagnons prière «qui protège contre tous les canons» «d’aucune utilité» Discussion au sujet de la qualifiée de «jacasserie» par celui comparaison avec Absalon qui crie «Aidez-moi» retarde son intervention Proverbe et anecdote de Gymnaste et excite la colère du pendu inefficace : mieux vaut se revêtir thèse De Frigidus et maleficiatis d’un froc de moine
    107. 107. 3. Un épisode où se confrontent discours et action L’extrait met en scène des interventions oratoires aux prises avec différentes situations qui exigent une réponse en action plutôt qu’un discours ; réduit à néant par sa «pendaison» Sermon d’encouragement de ridicule, source de moquerie pour frère Jean ses compagnons prière «qui protège contre tous les canons» «d’aucune utilité» Discussion au sujet de la qualifiée de «jacasserie» par celui comparaison avec Absalon qui crie «Aidez-moi» retarde son intervention Proverbe et anecdote de Gymnaste et excite la colère du pendu inefficace : mieux vaut se revêtir thèse De Frigidus et maleficiatis d’un froc de moine
    108. 108. L’inanité de la parole face aux actes est d’autant plus sensible que la mort est proche, comme le fait remarquer frère Jean :
    109. 109. L’inanité de la parole face aux actes est d’autant plus sensible que la mort est proche, comme le fait remarquer frère Jean : - référence aux prédicateurs décrétalistes, plus soucieux du respect du dogme que de l’intégrité de son prochain en danger de mort
    110. 110. L’inanité de la parole face aux actes est d’autant plus sensible que la mort est proche, comme le fait remarquer frère Jean : - référence aux prédicateurs décrétalistes, plus soucieux du respect du dogme que de l’intégrité de son prochain en danger de mort - le recours aux «sermons» est systématiquement opposé à l’aide demandée par les blessés (l. 44 , 46, 59/60)
    111. 111. L’inanité de la parole face aux actes est d’autant plus sensible que la mort est proche, comme le fait remarquer frère Jean : - référence aux prédicateurs décrétalistes, plus soucieux du respect du dogme que de l’intégrité de son prochain en danger de mort - le recours aux «sermons» est systématiquement opposé à l’aide demandée par les blessés (l. 44 , 46, 59/60) - les «sermons» sont même présentés comme un instrument de vengeance destiné à garantir d’une mort certaine (l. 46 à 48)
    112. 112. Conclusion : réponse à la question posée Alors que le lecteur s’attend à un récit de bataille, Rabelais ouvre une parenthèse comique et légère qui lui donne une nouvelle occasion de ridiculiser un prêtre et l’attitude de l’Eglise. Pour ce faire, il puise dans le large éventail de ses sources littéraires, médiévales et théologiques, mais aussi dans un terreau plus trivial et populaire. Par l’intervention du moine, nous passons ainsi du projet stéréotypé d’une «aventure», d’une «horrible bataille», à l’image finale, simple et anecdotique, d’un cheminement «joyeux» sur une petite route de Touraine.

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