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article bilan de Ban

  1. 1. Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 1 1/6 L’ONU se prépare au départ de «l’affligeant» Ban Ki-moon PAR CELHIA DE LAVARÈNE ARTICLE PUBLIÉ LE JEUDI 22 SEPTEMBRE 2016 Pendant cinq ans, l'ONU a nié contre toute évidence sa responsabilité dans le déclenchement de l'épidémie de choléra en Haïti. © Reuters Choisi par l’administration Bush en 2007, Ban Ki- moon aura en deux mandats grandement affaibli l’institution internationale. Cédant en permanence aux membres permanents du Conseil de sécurité, étouffant les scandales à répétition, il n’a jamais réussi à s’imposer et très rarement à influer. Son départ à la fin de l’année donne lieu à de complexes tractations. New York (Nations unies), de notre correspondante.-« Affligeant », « catastrophique », « décevant » sont quelques-uns des qualificatifs qui reviennent le plus souvent pour décrire le bilan du secrétaire général des Nations unies, qui quittera ses fonctions fin décembre 2016. Tous, qu’ils soient fonctionnaires internationaux ou diplomates, s’accordent sur un point : Ban Ki-moon ne laissera pas le souvenir d’un grand secrétaire général de l'ONU. Ban Ki-moon achève son mandat de secrétaire général de l'ONU à la fin de l'année. © Reuters On lui reproche, en vrac, son incapacité à gérer la « maison », son besoin de contrôle qui frôle la paranoïa ainsi que sa mainmise sur tout ce qui pourrait ternir son image, et enfin son népotisme. Depuis son entrée en fonctions, en 2007, il se conduit comme s’il n’avait que faire des règles de l’institution. Dernier scandale en date, en août 2016 : il a nommé son gendre, l’Indien Siddharth Chatterjee, au poste de représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Kenya, au mépris des règles. En principe, le poste doit être publié afin de permettre aux fonctionnaires de postuler. Ban Ki-moon n’en était pas à son coup d’essai : Andrew Gilmour, son directeur politique, dirigera à partir du 1er octobre le bureau des droits de l’homme à New York. Cette promotion s’est faite sans que les États membres ne soient sollicités pour présenter des candidats, comme c’est le cas pour les postes de haut niveau. Pourquoi cet homme affable suscite-t-il tant d’animosité ? Est-ce parce que, dès son arrivée, il s’est entouré d’une cour de Coréens qui n’avaient aucune idée de l’ONU, n’en connaissaient aucun des rouages ? Pour Stéphane Dujarric, son porte-parole, « Ban a appris à aimer les Nations unies. Il n’était pas du sérail. Il avait été ministre des affaires étrangères. Il avait été directeur du cabinet du président de l’Assemblée générale, mais il n’avait jamais été ambassadeur ici. Il y a une énorme différence entre un secrétaire général issu de la maison et un secrétaire général qui arrive de l’extérieur. Kofi Annan était un pur produit de la maison. Tous les secrétaires généraux sont venus avec leurs collaborateurs. Par exemple, quand Kofi est arrivé, tous ceux dont il s’est entouré venaient du département des opérations du maintien de la paix (DPKO), qu’il avait dirigé », explique Dujarric. Le désamour entre Ban et les fonctionnaires remonte à ses premiers pas aux Nations unies, comme le raconte un diplomate proche de lui : « Ce que beaucoup ignorent, c’est que quand Ban Ki-moon a pris ses fonctions en 2007, il était très proche de John Bolton [ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU nommé par Bush fils et farouche néoconservateur – ndlr]. C’est Bolton qui l’a choisi. C’est lui qui lui a conseillé de se séparer de tous ceux qui étaient des proches de Kofi. Bolton lui a donné de très mauvais conseils. Cela a contribué à déstabiliser la maison pendant les deux premières années et a laissé des traces qui perdurent aujourd'hui. »
  2. 2. Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 2 2/6 Si les fonctionnaires expriment leurs sentiments sans langue de bois (off the record tout de même : Ban a beau être sur la dernière ligne droite, la culture du silence qu’il a instaurée perdure), les diplomates tentent dans un premier temps de lui trouver quelques qualités avant d’avouer que son bilan négatif et son manque de charisme et d’autorité ont largement contribué à ternir l’image de l’ONU. Quelques-uns lui reprochent d’avoir voulu faire de la diplomatie à tout prix. Et d’avoir voulu plaire non seulement aux P5 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité : Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) mais à tous les États, surtout les plus riches. « Auparavant, seuls les P5 appelaient le secrétaire général pour lui imposer leurs diktats. Maintenant, ils le font tous : l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats, le Congo. Avant, on se plaignait entre nous : les États- Unis ont fait cela, la France exige ceci. Dorénavant, tout le monde impose ses vues au secrétaire général qui cède sur pratiquement tout. Si le prochain est comme Ban Ki-moon, alors ce n’est pas la peine d’en choisir un nouveau. Autant prendre un petit fonctionnaire à qui on dictera sa conduite, et basta ! », ironise le représentant permanent d’un pays nordique. Sa réticence à critiquer les violations des droits de l’homme commises par des pays « alliés », en particulier la Chine ou la Turquie, en est le parfait exemple. « Nous savons pertinemment que l’actuel secrétaire général a été choisi précisément par les Américains parce qu’il aurait le doigt sur la couture du pantalon, qu’il ne s’opposerait à aucune des décisions prises par les P5 qui ne voulaient pas d’un second Kofi Annan, à leurs yeux trop charismatique et trop indépendant », affirme un diplomate lusophone. C’est un fait que le pouvoir du patron de l’ONU est limité. Toutefois, grâce à l’article 99 de la Charte qui stipule que « le secrétaire général peut attirer l’attention du Conseil sur les situations de conflits qui font peser de graves menaces sur la paix et la sécuritéinternationales », il a la possibilité d’intervenir auprès des États membres. Sur la Crimée, il s’est tu. Probablement pour ne pas déplaire à Vladimir Poutine. Sur la question des réfugiés, on ne l’a pas beaucoup entendu non plus. « Il y a des tas d’endroits dans le monde où l’ONU fait aujourd’hui profil bas : en Syrie, en Libye, pour ne citer que ces deux pays. Par conséquent, la parole de son secrétaire général n’est pas respectée, encore moins écoutée. C’est facile de dire “Ce n’est pas de ma faute,c’est celledes États”. OK, mais alors, que fait-il ? Il aurait dû être plus proactif », s’emporte le diplomate d’un pays qui ne compte que lorsqu’il y a un vote à l’Assemblée générale. « Il n’a jamais vraiment eu d’interaction avec les P5. Il s’est contenté d’un déjeuner par mois. Peut-être aurait-il dû assister un peu plus aux réunions du Conseil. Ce que j’en retiendrai, c’est sa méconnaissance totale des dossiers, son manque de vision sur les idéaux de l’ONU, sur ce que doit être l’ONU. Il n’a rien compris au projet collectif. Il laissera une structure administrative à bout de souffle, et un personnel démotivé. Il n’y a jamais eu autant de démissions que sous son ère », affirme un diplomateeuropéen. « Une immense maladresse et un manque de courage » Pour un haut fonctionnaire allemand, ce qu’on retiendra de Ban Ki-moon, ce sont « une immense maladresse et un manque de courage évident sur des dossiers sensibles tels que le Sahara occidental, le processus de paix au Moyen-Orient ou le Yémen, sans bien sûr oublier la Syrie. Il ne s’est jamais vraiment impliqué, ou alors en prenant garde à ne pas déplaire aux dirigeants des pays concernés ». « Faux », s’insurge son porte-parole : « Ban aurait très bien pu ne pas remplacer Annan ou Brahimi [ses envoyés spéciaux – ndlr]. Il y a eu des moments au cours de ces 18 derniers mois où beaucoup de diplomates disaient à Staffan de Mistura qu’il devrait démissionner. Pourtant, malgré cela, il a continué de prôner la voie diplomatique. Il a été extrêmement dur et direct dans ses critiques du gouvernement de Damas, probablement plus direct et plus dur que quelques-uns de ses prédécesseurs dans des situations
  3. 3. Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 3 3/6 similaires. En 2012, il s’est rendu en Iran pour le sommet des non-alignés, contre l’avis des Américains. Une fois sur place, il a prononcé un discours dans lequel il mentionnait le droit d’Israël à exister et dénonçait les négationnistes de la Shoah. À son retour, le New York Post a publié un éditorial dans lequel il saluait son courage. Ce qui est rare pour une publication de Murdoch ! »,assure Dujarric. Des supporters de Kadhafi prennent à partie Ban Ki-moon, au Caire, le 21 mars 2011, à l'issue d'une rencontre avec la Ligue arabe. © Reuters Dès son entrée en fonctions, Ban Ki-moon avait déclaré que les droits de l’homme seraient sa priorité. « Lorsqu’on voit ce qu’il se passe au Yémen, et si on ne parle pas des enfants tués, cela diminue considérablement l’impact qu’il voulait avoir sur les droits humains », estime un représentant permanent sud-américain. Un bilan là encore contesté par son porte-parole : « Il a défendu les journalistes. Que ce soit en Égypte, en Iran, il a utilisé une diplomatie parfois publique, parfois plus privée, expliquant à ses interlocuteurs que s’acharner contre la presse, c’est une position intenable. Quece soit en Afrique ou dans le monde arabe, il a ouvertement défendu les droits des homosexuels. Il a aidé à la libération d’un couple homosexuel au Malawi. En Occident, on oublie parfois l’importance de ces actions qui relèvent des droits de l’homme. Se rendre en Afrique et parler des droits des homosexuels, c’est quelque chose de courageux car ce sont des pays où les gens meurent encore parce qu’ils aiment des gens du même sexe. » Ses détracteurs lui reprochent ses positions mitigées sur les conflits en Afrique, au Moyen-Orient ou en Syrie. Souvent, disent-ils, il s’est contenté d’une déclaration dans laquelle il déplorait les choses, dans un langage diplomatique ampoulé. Les trois quarts des personnes interrogées pour cet article pensent que l’engagement personnel d’un secrétaire général est important. Qu’il est celui qui doit prendre des risques et qu’à ce titre, il aurait dû se rendre à Damas. Ce qu’il n’a jamais fait, en tout cas pas depuis le début du conflit. Et de rappeler qu’en 1998, Kofi Annan n’avait pas hésité à se rendre en Irak afin de convaincre Saddam Hussein d’accepter le retour des inspecteurs des Nations unies. Autre raté, en mars 2016 notamment, lors d’une visite en Algérie. Ban Ki-moon rencontre des réfugiés sahraouis à Tindouf, et utilise le terme « occupation » pour qualifier la présence marocaine dans les provinces du Sud. Une bourde diplomatique qui provoque l’ire du Maroc, lequel expulse dans la foulée la quasi-totalité des experts civils de la Minurso (mission de l’ONU au Sahara occidental) et ferme le bureau de liaison militaire. « Il a pris une initiative qui n’était pas mauvaise, mais il a eu peur de ce qu’il avait déclenché et n’a pas su persévérer. Il aurait pu s’adresser à la presse, direqu’il n’étaitpas d’accord avec le renvoi des casques bleus.Il ne l’a pas fait. Comment peut-il ensuite exiger qu’au Soudan, au Congo ou au Darfour, les casques bleus soient respectés ? », interroge un analyste politique du Conseil de sécurité. Pourtant, dans certains cas, Ban s’implique. En Birmanie en 2012 où, juste après le passage du cyclone et sous couvert d’humanitaire, ses efforts soutenus et ceux de ses envoyés ont joué un rôle capital pour amener le gouvernement à céder le pouvoir. Le point noir de son mandat restera toutefois le rapport de Leila Zerrougui, sa représentante spéciale pour les enfants dans les conflits armés, lequel accusait la coalition dirigée par l’Arabie saoudite d’être responsable de la mort de centaines d’enfants yéménites lors des bombardements. Après la présentation de son rapport devant les membres du Conseil de sécurité, le secrétaire général s’est adressé à la presse pour se plaindre des pressions exercées sur lui par l’Arabie saoudite qui le menaçait de couper le financement de toutes les agences onusiennes. Devant la colère de Riyad, Ban s’est senti obligé de retirer le nom de l’Arabie saoudite de la liste noire des pays qui violent les droits des enfants.
  4. 4. Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 4 4/6 « Il dit avoircédé sous les menaces financières de l’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats. Il était protégé par un mandat du Conseil de sécurité, par conséquent, lui et Leila Zerrougui avaient le devoir de dire aux membres du Conseil ce qui s’était passé. Pourquoi parlerait-on du Soudan ou d’autres pays si on ne parle pas de l’Arabie saoudite ? », s’emporte un diplomate arabe. Pour Stéphane Dujarric, « ce qui s’est passé avec l’Arabie saoudite est intéressant. Nous en avons discuté avec lui le lendemain. La couverture médiatique était édifiante. La seule façon de nous défendre, c’était de dire la vérité. Il l’a fait. Ce fut un grand moment pour lui. Il s’est senti un peu libéré. Il a suspendu les Saoudiens de la liste, mais ce qui est écrit dans le rapport n’a pas changé d’un mot. Le résultat, c’est qu’on n’a jamais autant parlé de ce rapport ». « Scandales et affaires étouffées » Jamais il n’y a eu autant de scandales, d’affaires étouffées, d’enquêtes bâclées, d’abus de pouvoir que sous Ban. Pour beaucoup, il a préféré privilégier sa réputation et son image à la bonne marche de l’institution et à sa crédibilité, ce qui l’aurait poussé à dissimuler les manquements graves des casques bleus sur le terrain. Telle l’affaire du choléra, qui a contribué à ternir un peu plus la crédibilité des Nations unies. En 2010, à Haïti, soit neuf mois après le tremblement de terre qui a tué des centaines de milliers de personnes, les casques bleus népalais ont été accusés – les preuves sont irréfutables – d’avoir importé et propagé le choléra, une maladie inconnue jusqu’alors sur le sol haïtien. Quelque 10 000 Haïtiens sont morts, et près de 800 000 personnes ont été touchées par la maladie. L’ONU qui, depuis le début de l’épidémie, a toujours farouchement nié son implication, vient tout juste de reconnaître, du bout des lèvres, sa responsabilité. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Pendant cinq ans, l'ONU a nié contre toute évidence sa responsabilité dans le déclenchement de l'épidémie de choléra en Haïti. © Reuters À cela, il faut ajouter les scandales sexuels, en augmentation constante au Mali, en République démocratique du Congo, en République centrafricaine, à Haïti, sans que quiconque, et surtout pas le secrétaire général, ne prenne de mesures drastiques à l’encontre des pays contributeurs de troupes, auxquels il incombe de juger les coupables, qu’ils soient casques bleus ou civils. Lors des abus sexuels en Centrafrique, Susana Malcorra, à l’époque chef de cabinet de Ban et ses acolytes, avait préféré prendre des mesures de rétorsion à l’encontre de ceux qui dénonçaient les abus sexuels. Ban se voulait le grand ordonnateur des réformes exigées par les États-Unis. Pour que l’ONU et ses agences bénéficient d’un système informatique harmonisé, il a voulu mettre en place un système de gestion intégré, conçu pour moderniser toute une série de modes opératoires cruciaux pour l’efficacité de l’organisation : UMOJA. Budget approuvé sur le papier : 385 millions de dollars. Coût estimatif : 439 millions. À ce jour, on parle d’un dépassement de 100 millions de dollars sur le budget initial. En cause, le népotisme qui sévit au plus haut niveau : au lieu d’engager des experts en informatique, les responsables ont engagé leurs amis, qui ont engagé leurs copains… La mobilité pour tous est une autre des grandes idées de réforme de Ban. Les fonctionnaires internationaux en dessous du grade de directeur, qu’ils soient en poste à New York, Genève, Nairobi, Juba, Kaboul, Bagdad ou autre, devront postuler pour un autre poste après cinq ou sept ans, s’ils sont basés au siège, après deux ans s’ils sont basés sur une mission qualifiée
  5. 5. Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 5 5/6 de dangereuse. Si ce projet ne fait pas l’unanimité, c’est avant tout pour des raisons d’ordre pratique. Qu’adviendra-t-il de la famille du fonctionnaire qui rejoint les rangs d’une mission ici ou là ? Elle devra partir soit pour son pays d’origine, soit pour le lieu d’affectation du fonctionnaire, si la situation sécuritaire le permet (les familles bénéficient du visa G4 du fonctionnaire international et ne peuvent, par conséquent, pas rester sur le sol américain après son départ). Car une fois parti du siège, impossible d’y revenir et de retrouver son poste. On comprend mieux la grogne des fonctionnaires. Le système devrait être obligatoire en 2017. Pour l’heure, il fonctionne sur la base du volontariat. Pour beaucoup, Ban Ki-moon restera l’homme qui fut conforme à ce que les États-Unis attendaient de lui. Pour tous, il restera avant tout « l’homme invisible », un surnom dont l’avait affublé la presse américaine il y a quelques années, devant ses déplacements à répétition. Du 1er janvier 2007, date de son entrée en fonctions, à ce jour, on dénombre environ plus de 600 voyages, soit deux fois voire trois fois plus que Kofi Annan, qu’il avait pourtant critiqué lors de sa prise de fonctions pour avoir « abusé des voyages ». Le seul risque qu’il ait pris, dit-on, c’est celui que les historiens et la presse disent que son passage à la tête de l’Organisation fut médiocre. « Je crois que les critiques contre lui sont un peu racistes. Il vient d’une autre culture. Il aime les Nations unies. Ses livres, lorsqu’il était à l’école et qu’il n’avait pas de toit, lui étaient donnés par l’Unesco. La nourriture venait des Nations unies. Pour ce qui concerne ses capacités de communicant, il est souvent mieux en petit comité que devant une grande foule. Je l’ai vu parler à des familles de réfugiés et de migrants, raconter son enfance pendant la guerre de Corée. Ils l’ont écouté attentivement parce qu’il est authentique », estime son porte- parole.Selon lui, Ban Ki-moon est quelqu’un qui n’a pas été assez connu, ni assez apprécié. « Il a fait toute sa carrière en Corée. Il vient de cette culture où on ne se met jamais en avant. Or les Nations unies sont basées dans la capitale médiatique du monde et lui, contrairement à son prédécesseur, ne sort pas en ville avec sa femme, ni à l’opéra ou au théâtre. » Contrairement à ses collègues diplomates qui ont choisi de commenter le passage de Ban Ki-moon à la tête de l’ONU en off, Peter Wilson, le représentant permanent adjoint de la Mission britannique, a préféré le faire en on : « Au cours de ces dix dernières années, Ban Ki-moon a œuvré sans relâche pour l'Organisation des nations unies. Sous son égide, toute la communauté internationale s’est mise d’accord sur de nouveaux objectifs de développement durable. Il y a eu l'Accord de Paris sur les changements climatiques et son implication personnelle en vue d'améliorer l'égalité et les droits des homosexuels. » Des mots en parfait décalage avec ceux prononcés par ses collègues. La grande majorité des fonctionnaires et quelques diplomates rêvent de voir quelqu’un de la trempe d’Antonio Guterres, ancien premier ministre portugais, ancien haut commissaire de l’ONU pour les réfugiés, prendre les rênes de la maison de verre. Un homme intègre, disent-ils, qui ne pratique pas la langue de bois et qui donnera, ils en sont sûrs, une nouvelle impulsion à l’ONU. Quel qu’il soit, le prochain secrétaire général devra gérer des rapports de force de plus en plus compliqués en raison des conflits et composer avec un Conseil de sécurité sur lequel souffle depuis quatre ans, depuis la guerre en Libye et le renversement de Kadhafi, un vent de guerre froide.
  6. 6. Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 6 6/6 Directeur de la publication : Edwy Plenel Directeur éditorial : François Bonnet Le journal MEDIAPART est édité par la Société Editrice de Mediapart (SAS). Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 24 octobre 2007. Capital social : 28 501,20€. Immatriculée sous le numéro 500 631 932 RCS PARIS. Numéro de Commission paritaire des publications et agences de presse : 1214Y90071 et 1219Y90071. Conseil d'administration : François Bonnet, Michel Broué, Gérard Cicurel, Laurent Mauduit, Edwy Plenel (Président), Marie-Hélène Smiéjan, Thierry Wilhelm. Actionnaires directs et indirects : Godefroy Beauvallet, François Bonnet, Laurent Mauduit, Edwy Plenel, Marie- Hélène Smiéjan ; Laurent Chemla, F. Vitrani ; Société Ecofinance, Société Doxa, Société des Amis de Mediapart. Rédaction et administration : 8 passage Brulon 75012 Paris Courriel : contact@mediapart.fr Téléphone : + 33 (0) 1 44 68 99 08 Télécopie : + 33 (0) 1 44 68 01 90 Propriétaire, éditeur, imprimeur : la Société Editrice de Mediapart, Société par actions simplifiée au capital de 28 501,20€, immatriculée sous le numéro 500 631 932 RCS PARIS, dont le siège social est situé au 8 passage Brulon, 75012 Paris. Abonnement : pour toute information, question ou conseil, le service abonné de Mediapart peut être contacté par courriel à l’adresse : serviceabonnement@mediapart.fr. ou par courrier à l'adresse : Service abonnés Mediapart, 4, rue Saint Hilaire 86000 Poitiers. Vous pouvez également adresser vos courriers à Société Editrice de Mediapart, 8 passage Brulon, 75012 Paris.

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