Guide de la relocalisation

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Guide de la relocalisation

  1. 1. Guide de la Relocalisationou de la Reconquête de marchés Emmanuel VIELLIARD Mars 2010
  2. 2. S ommaire Introduction Quelques définitions : Délocalisation Sourcing en pays low cost Implantation à l’étranger Relocalisation Reconquête de marché1. Quelles sont les causes de la délocalisation ou du sourcing en pays low- cost et pouvons-nous modifier ces causes.2. Comment créer une dynamique de relocalisation au niveau des entreprises3. Comment créer une dynamique de re-sourcing en France au niveau des donneurs d’ordre4. Comment créer une dynamique d’offre au niveau des fournisseurs français5. Quelles actions faut-il engager pour obtenir des résultats - au niveau des donneurs d’ordre - au niveau des fournisseurs6. Conclusion Relocalisation Page 2 sur 12
  3. 3. IntroductionAvant d’essayer d’identifier les facteurs propices à la relocalisation, nousdevons rappeler quelques définitions pour bien cerner le problème.Délocalisation : Pour nous, ce terme définit en priorité l’action de fermer uneusine ou un atelier pour le transférer, plus ou moins à l’identique, dans unautre pays ou une autre région pour des raisons économiques (la plupart dutemps pour des raisons de coûts de main d’œuvre).Le « Sourcing » en pays « low-cost » : Ce terme englobe essentiellement unedécision d’acheter dans un autre pays pour profiter du différentiel de coût de lamain d’œuvre, ce qui permet normalement d’avoir un prix de revient rendumoins élevé.Il faut noter que l’analyse du coût complet (incluant les coûts qualité, les coûtsde stockage ou autres) est rarement faite au départ, mais surtout six mois ouun an après pour vérifier si l’affaire est toujours aussi bonne.L’implantation à l’étranger : C’est le fait de créer un bureau ou une filiale dansun pays étranger. Cette création peut être commerciale, logistique ou deproduction. Une implantation à l’étranger n’est pas forcément unedélocalisation (5% des cas). Ce peut-être un développement international deconquête de nouveaux marchés (95% des cas).Relocalisation : Il s’agit pour nous de l’opération inverse de la délocalisation,cest-à-dire de rapatrier dans le pays d’origine un atelier ou une usine qui avaitpréalablement été délocalisé. Relocalisation Page 3 sur 12
  4. 4. La Reconquête de marchés : Dans le cadre de notre étude, nous nouslimiterons à la reconquête de marchés partis préalablement à l’étranger(souvent en pays low-cost), et donc à la concurrence. La reconquête de ce typede marchés consiste à analyser dans quelles conditions il est possible d’effacerle différentiel qui a été la cause de la perte du marché. Ceci est possible, parexemple, par une évolution de la technologie ou du process permettant deréduire significativement la part de la main d’œuvre dans la fabrication. Relocalisation Page 4 sur 12
  5. 5. 1. Quelles sont les causes de la délocalisation ou du sourcing en pays low-cost et pouvons-nous modifier les causes.Avant de déterminer quels sont les facteurs susceptibles d’initialiser unerelocalisation, voyons d’abord quelles sont les causes de la délocalisation.1 – Causes de la délocalisationSi nous éliminons les causes indirectes telles qu’un outil vieillissant, desdifficultés de recrutement ou des effets d’aubaine comme des exonérationsd’impôts ou de taxe, la raison essentielle de la prise de décision d’unedélocalisation, c’est le différentiel du coût de la main d’œuvre.Ainsi, par exemple le salaire d’un ouvrier non qualifié français est quatre foissupérieur à celui d’un ouvrier polonais et dix fois supérieur à celui d’un ouvrierchinois. Ceci se révèle de moins en moins vrai plus on monte dans la hiérarchie.Cette différence s’aggrave bien souvent avec un taux de charges sociales plusélevé en France que dans d’autres pays.Ce différentiel de coût de main d’œuvre auquel s’ajoute éventuellement undifférentiel de charges sociales entraîne une augmentation du prix de revientd’un produit d’autant plus importante que la part main d’œuvre est grandedans la fabrication du produit. Cette différence sera très significative pour unproduit d’habillement où la part main d’œuvre est importante, alors qu’ellesera plus faible pour un produit dont la fabrication est très automatisée.2 – Pouvons-nous modifier ces causes ?Au premier abord cela paraît difficile. Il n’est en effet pas pensable de baisserles salaires bruts. Au contraire, la loi sur les 35 heures n’a fait qu’aggraver ledifférentiel, puisque, en grande majorité dans le service public mais aussi dansle privé, elle a aboutie à une augmentation des salaires bruts de 11,48%. Relocalisation Page 5 sur 12
  6. 6. En ce qui concerne les charges sociales, une diminution semble délicate enregard de l’allongement de la durée de vie et de la retraite. Tout au pluspouvons-nous envisager une redistribution de la charge totale qui permettraitune baisse du coût du travail.Par contre, nous pouvons espérer que les salaires des pays émergentsprogressent rapidement et que le différentiel s’amenuise, jusqu’au moment oùles gains obtenus s’équilibrent avec les coûts engendrés par la délocalisation.Mais n’y aura-t-il pas toujours des pays pauvres, prêts à accueillir des usines deproduction ?3 - La main d’œuvre est-elle la seule composante ?Tout d’abord quelles sont les principales composantes dans la décision dedélocalisation ?Nous pouvons les résumer à quatre : # la matière première # les investissements et les frais généraux # le coût de l’énergie # la main d’œuvre a) Les matières premières et l’Energie La mondialisation des marchés a entraîné un nivellement des prix des matières premières et du coût de l’énergie. Il n’y a donc aujourd’hui que très peu de différence sur les coûts de ces deux postes d’un pays ou d’un continent à un autre. Seules des politiques de subventions (PAC) ou des décisions politiques anciennes (tarif EDF) peuvent provoquer des différences sensibles dans ces domaines. Relocalisation Page 6 sur 12
  7. 7. b) Les investissements et les frais généraux Pour autant que les moyens de production soient acquis dans des pays à bas coûts de main d’œuvre ou que les services soient achetés localement, il peut y avoir un différentiel sur ce poste. Cependant, si on installe un équipement identique dans le cadre d’une délocalisation, le différentiel n’est en général pas significatif. Il ne faut donc pas espérer un gain sur ce poste.L’essentiel du gain dans le cadre d’une délocalisation vient doncessentiellement du différentiel de coût de la main d’œuvre, et plusparticulièrement de la main d’œuvre de production.4 - Différents types de délocalisationNous voulons ici différencier la délocalisation complète d’un atelier ou d’uneusine, de la délocalisation de l’approvisionnement d’une pièce ou d’une famillede pièce.Dans le premier cas, il s’agit de la fermeture d’une usine dans un pays pour larouvrir dans un autre. Outre la volonté de faire des économies, il y a denombreuses autres composantes économiques, politiques et fiscales.Dans ce document nous nous attarderons sur le second cas, à savoir ladélocalisation de l’achat de pièces ou de composants dans un pays dit « lowcost ». Ces actions, beaucoup moins médiatiques que des déménagementsd’usines, n’en sont pas moins destructrices d’emplois, mais surtout elles ne sevoient pas car elles touchent la plupart du temps des Petites et MoyennesEntreprises. De plus, ce sont des décisions qui sont bien souvent prises par deséchelons intermédiaires (Services Achats) qui ne se réfèrent qu’au prix d’achatde la pièce sans prendre en considération le coût complet, notamment lescoûts induits de non-qualité (rebuts, contrôles, stockage, etc…), sans parler desarrêts de chaîne. Relocalisation Page 7 sur 12
  8. 8. 5 - Quelles questions faut-il se poser avant de délocaliser l’achat ou lafabrication d’une pièce dans un pays dit « low cost » ?La première question à se poser est la décomposition du prix de revient de lapièce dans les quatre postes de dépenses citées plus haut : # la matière première # l’énergie # les équipements (machines utilisées) # la main d’œuvrePrenons deux exemples :Le premier, un article textile de base, type tee-shirt ou pantalon. Pour fabriquercet article, supposons que nous arrivions à la répartition suivante des coûts enEurope de l’Ouest : la matière première …………………………………. 10% l’énergie ……………………………………………………… 5% les équipements …………………………………………. 10% la main d’œuvre …………………………………………. 75%Nous voyons immédiatement que si nous fabriquons ou achetons ces produitsen Chine où la main d’œuvre est dix fois moins chère, nous obtenons uneéconomie d’au moins 65% sur la valeur totale, ce qui couvre très largement lesfrais de transport, douane ou même non-qualité. Dans ce cas, il est préférablepour l’entreprise fabriquant ce type de produits en Europe de l’Ouest des’orienter vers des produits plus « haut de gamme ». Relocalisation Page 8 sur 12
  9. 9. A contrario, si nous prenons en deuxième exemple, un produit nécessitant unematière première chère et qui peut être fabriqué en série avec des machinescomplexes, automatisées utilisant peu de main d’œuvre non qualifiée, nousobtenons une répartition des coûts très différente : la matière première …………………………………. 30% l’énergie ……………………………………………………… 10% les équipements …………………………………………. 40% la main d’œuvre …………………………………………. 20%Nous voyons dans ce cas que l’économie sur la main d’œuvre ne représenteplus (dans le cas d’une délocalisation en Chine) que 18%. Si on y ajoute les fraisde transport et de douane, le différentiel devient inférieur à 5% - autrement dit- inintéressant.La connaissance de la décomposition du prix de revient d’un produit est doncessentielle dans la prise de décision.6 - Comment créer une dynamique de relocalisation au niveau des clients ?Il convient d’abord de faire l’analyse précédente pour tous les produits qui ontété délocalisés. Dans tous les services achats des sociétés françaises d’unecertaine taille, il faut confier à un ingénieur la décomposition de ces prix derevient, comme nous l’avons fait plus haut. Si dans cette décomposition, la part main d’œuvre directe - en prix français est supérieure à 50% du prix de revient total, ou - en prix chinois est supérieure à 7% -------------------------  il est alors probable que l’on ne revienne pas en arrière. Mais si le coût de la main d’œuvre directe : - en prix français est inférieur à 30% du prix de revient total, ou - en prix chinois est inférieur à 5% -------------------------  il est quasiment certain que la décision de délocaliser a été une mauvaise décision et qu’il faut revenir en arrière. Relocalisation Page 9 sur 12
  10. 10. Si nous nous trouvons au milieu, il faudra trouver un fournisseur « intelligent »pour envisager une relocalisation.7 - Comment créer une dynamique d’offre de relocalisation au niveau desfournisseurs ?Lorsque l’on est fournisseur et que l’on a vu au cours des années, un certainnombre de produits partir dans les pays « low costs », il faut repenser sastratégie produits.Si les produits existent toujours, il faut en choisir une dizaine, qui ont lescaractéristiques suivantes : # des séries suffisantes # des formes et des opérations complexes mais qui peuvent être automatisées, # des produits qui n’ont pas forcément été dessinés pour une technologie de fabrication particulière.Il faut alors rechercher tous les gains potentiels sur la matière et sur la maind’œuvre directe en optimisant les paramètres de notre technologie. Nouspouvons citer par exemple : # des parois plus minces, # des angles transformés en rayon, # l’utilisation de machines automatiques , # la suppression d’une ou plusieurs opérations en repensant le process, # la robotisation d’un process, # une nouvelle technologie de finition. Relocalisation Page 10 sur 12
  11. 11. Que faut-il rechercher ?Avant tout une baisse significative du prix de revient en réduisant la matière,mais surtout la main d’œuvre.Bien évidemment, la réduction de la part main d’œuvre se fera par des processautomatisés, peu créateurs d’emplois. Mais en tout état de cause, larelocalisation d’un produit en France sera toujours plus créatrice d’emplois quesi l’on continue de s’approvisionner dans les pays à bas coûts de main d’œuvre.8 - Quelles actions faut-il engager pour obtenir des résultats ? a) Au niveau des entreprises acheteuses (grandes et moyennes entreprises) Il faut favoriser la création de postes d’ingénieurs analystes au sein des services achats en leur donnant des objectifs chiffrés de relocalisation (en termes de nombre de pièces, de C.A. ou de % sur les achats). Ils devront être suffisamment autonomes et indépendants pour trouver des solutions innovantes. Ils devront identifier les éventuels fournisseurs capables de réétudier le process du produit, c’est-à-dire ceux qui sont pourvus d’un Bureau d’Etudes suffisant et qui seront prêts à reconcevoir les produits avec de nouveaux process compétitifs. En contrepartie, les donneurs d’ordre devront s’engager sur des périodes plus longues pour garantir les investissements réalisés par les fournisseurs. Une action de ce type entre parfaitement dans les objectifs de « Pacte PME » et des actions pilotes devraient être entreprises par plusieurs grands groupes français. Relocalisation Page 11 sur 12
  12. 12. b) Au niveau des entreprises vendeuses (moyennes et petites entreprises) Il faut encourager les entreprises qui le souhaitent à entreprendre des actions de ce type. Cela suppose qu’elles mettent en place au niveau de leurs Bureaux d’Etudes au moins un poste d’ingénieur spécialisé dans la reconception. Ce type de poste pourrait être éligible et financé en totalité par le Crédit d’Impôt Recherche (C.I.R.), ce qui faciliterait le développement de ce type d’actions. Cet ingénieur pourrait entreprendre une étude sur les produits partis à la concurrence depuis plusieurs années, en prenant en priorité les produits dont les quantités à fabriquer sont significatives. Il s’assurerait en premier lieu que le produit existe toujours, et qu’il se fabrique en pays low-cost. Un encouragement du client à la reconception serait évidemment un atout. Par la suite, l’ingénieur repenserait le produit dans ses formes, ses dimensions, ses épaisseurs, son process de fabrication, en fonction des améliorations technologiques faites depuis la perte du produit. Dans un cas sur deux, il est fort probable qu’il obtienne un prix de vente égal voire inférieur au prix acheté en pays low-cost. Il ne restera plus qu’à convaincre le client qu’au même prix, il a tout intérêt à avoir un fournisseur de proximité. Face à la mondialisation, nous devons nous battre avec nos armes : LA TECHNIQUE ET L’INNOVATION.  Relocalisation Page 12 sur 12

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