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JV52 FINANCE - INVESTIR EN BELGIQUE

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JV52 FINANCE - INVESTIR EN BELGIQUE

  1. 1. 170 l Juliette & Victor n° 52 Les marchés financiers belges et français sont voisins, mais affichent néanmoins de nombreuses différences. « Le marché fran- çais est nettement plus riche en grandes capi- talisations internationales, tandis que la place belge est davantage constituée de moyennes capitalisations, à l’exception du géant AB Inbev », souligne Rudy De Groodt (BNP Paribas Fortis), qui ajoute : « l’indice BEL20 est fortement exposé sur des producteurs d’électricité, sur les télécoms et sur les valeurs financières, avec inversement une proportion très faible de valeurs industrielles, avec un profil qui sera donc beaucoup plus défensif. » À l’inverse, le profil du CAC 40 est nettement plus diversifié avec un comportement bour- sier qui se rapprochera plus des grands indices boursiers européens. Au niveau obligataire, le marché belge est relativement étroit, avec peu d’émissions qui arrivent sur le marché en comparaison à ce qui peut être émis ponctuellement sur le mar- ché français. « Mais sur le marché belge, il sera plus facilement possible de trouver des émissions accessibles aux petits investisseurs avec des petites coupures, tandis que les émissions en France seront beaucoup plus tournées vers les acteurs institutionnels », souligne Xavier Timmermans (BNP Paribas Fortis). « En Belgique, il est également pos- sible de trouver davantage d’émissions non notées par les grandes agences internatio- nales, sur lesquelles il est possible d’avoir des rendements plus attractifs  », souligne Christophe Borreman (Belfius). Le revers de la médaille est que ces obligations peu liquides doivent être souvent détenues jusqu’à la maturité, le marché secondaire étant sou- vent peu liquide, à moins de s’exposer à une décote sur son investissement. Mentalités Les investisseurs français n’auront égale- ment pas les mêmes réflexes que les inves- tisseurs belges. « Le résident français aura plus tendance à se reposer sur les produits d’assurance-vie. Inversement, en Belgique, ces produits n’ont clairement pas le même intérêt au niveau successoral, en particulier depuis l’augmentation des droits d’entrée de 1,1 % vers 2 % au début 2013 », souligne Sébastien Chaumetou (Société Générale Private Banking). La mise en place de l’exit tax est également en train d’entraîner un changement de compor- tement chez les candidats à la délocalisation, avec « des entrepreneurs qui partent de plus en plus tôt, avant d’avoir créé trop de valeur en France », indique Christophe Borreman (Head of Wealth Management chez Belfius). « Ils peuvent continuer à gérer leur activité au départ de la Belgique, tout en en créant une nouvelle ou en en reprenant une existante. » Crises Durant les derniers mois, les marchés ont été secoués par de nombreuses crises (Grèce, Ukraine, pétrole, Syrie, attentats) qui ont fait augmenter la volatilité sur les marchés bour- siers. « Les opportunités existent, mais la prudence est donc clairement de mise. Dans un tel environnement, il faut être très réactif, et surtout diversifier au maximum ses inves- tissements, dans des actifs financiers peu corrélés entre eux  », souligne Sébastien Chaumetou (Société Générale Private Banking). « Les fonds mixtes flexibles, qui peuvent passer rapidement d’une classe d’ac- tifs vers une autre en fonction des circons- tances du marché, constituent une excellente solution pour nos investisseurs. Pour éviter toutefois de dépendre de la vision d’un seul gestionnaire, nous avons créé un fonds de fonds flexibles (entre 6 et 10 en fonction des circonstances du marché), géré activement par nos équipes. » Au niveau de la stratégie d’investissement, tant Sébastien Chaumetou (Société Générale Private Banking) que Stéphane Mercier (Mercier Vanderlinden) soulignent qu’il faut actuellement accorder sa préférence aux actions, en particulier si l’investisseur dis- pose d’un horizon supérieur à sept ans. Fiscalité La Belgique reste bien entendu attractive en raison de l’absence de taxation sur les plus-values boursières, même si une mesure visant la taxation des plus-values spéculatives (réalisées moins de 6 mois après l’achat) le profil du CAC 40 est nettement plus diversifié avec un comportement boursier qui se rapprochera plus des grands indices boursiers européens. Investir en Belgique fait sens d’un point de vue fiscal La Belgique dispose de caractéristiques attractives pour les investisseurs à la recherche de valeurs de croissance. La France est pour sa part plus riche en grandes capitalisations reconnues internationalement. TEXTE FRÉDÉRIC LEJOINT Charles de Saligny, Bertrand Marot,Jean-Jacques Debacker. finances JV52 Finances OK-CA HD-ajoutnomslegendecorentin.indd 170 30/11/2015 14:06
  2. 2. Juliette & Victor n° 52 l 171 devrait entrer en vigueur au début de l’année prochaine. Les dividendes seront pour leur part taxés prochainement à 27 % pour les dividendes perçus en Belgique. « Par contre, les résidents belges qui détiennent des actions françaises subiront une retenue à la source de 30 % en France, à laquelle il faudra ajouter le précompte mobilier belge de 27 %. Il sera pos- sible de limiter la retenue à la source à seule- ment 15 %, mais il faudra rentrer sa demande dans les temps sous peine de devoir entamer une procédure qui peut prendre deux ans », souligne Jean-Jacques Debacker (BNP Paribas Fortis Private Banking). Niveau immobilier, la taxation des plus-va- lues est également à l’avantage de la Belgique, avec une exonération totale au bout de cinq ans de détention, tandis qu’il faudra attendre jusqu’à 22 ans en France, avec une majorité des abattements intervenant durant les cinq dernières années de détention. Et au niveau des revenus immobiliers, le système belge est intéressant dans le cadre d’une location à titre résidentiel, avec une taxation qui sera souvent marginale par rapport aux loyers perçus. « Pour les revenus immobiliers perçus en France, le résident fiscal belge devra les rap- porter dans sa déclaration, mais de par la convention fiscale franco-belge, la Belgique devra exonérer ces revenus sous réserve de progressivité »,préciseJean-JacquesDebacker (BNP Paribas Fortis Private Banking). Au niveau de l’immobilier direct, Baudouin Roels (Belfius) souligne que la Belgique fait face à une modification des règles au niveau des avantages fiscaux liés aux emprunts hypothécaires, avec une diminution voire une suppression de ces avantages, avec entre autres le bonus logement qui fait l’objet de modifications importantes dans les trois régions. « Pour l’habitation propre où l’on vit, ce sera la région où elle est située qui sera responsable pour la détermination des avan- tages fiscaux. Pour les autres immeubles, ce sera au niveau fédéral que les avantages fis- caux seront déterminés. » Parce que nos enfants sont notre plus précieux patrimoine Gouvernance familiale • Structuration de patrimoine • Planification successorale Philanthropie • Comptoir français www.umani.be • +32 2 663 29 11 C’est la retenue à la source que subiront en France les résidents belges qui détiennent des actions françaises, à laquelle il faudra ajouter le précompte mobilier belge de 27 %. 30 % JV52 Finances OK-CA HD-ajoutnomslegendecorentin.indd 171 30/11/2015 14:06
  3. 3. 172 l Juliette & Victor n° 52 Recommandations Les différents spécialistes interrogés nous ont également donné beaucoup de conseils sur les valeurs belges et françaises qu’ils apprécient pour constituer un beau porte- feuille en Bourse. •ChezBNPParibasFortis,RudyDeGroodt (BNP Paribas Fortis Private Banking) sou- ligne que la Belgique se caractérise par une grande proportion de holdings qui n’ont qu’une seule société comme participation (aussi appelés mono-holdings). « C’est une caractéristique assez unique du marché belge. Dans ce groupe, nous apprécions notamment KBC Ancora (mono-holding de contrôle du groupe KBC) ou Tubize (mono-holding de contrôle du groupe UCB). Ces sociétés affichent souvent des décotes très impor- tantes par rapport à la valeur des actions détenues dans le portefeuille. Nous appré- cions un autre holding plus diversifié comme Sofina, une société biotech comme Ablynx, ou le distributeur Delhaize. » Sur le marché français, il apprécie quelques grands noms, comme l’assureur Axa (« qui vient de publier de bons chiffres trimestriels et qui affiche une solvabilité élevée »), la pharmaceutique Sanofi (« qui affiche une décote par rapport aux autres majors pharmaceutiques »), le constructeur automobile Renault («  sur lequel nous pourrions avoir une consolida- tion au niveau des actionnariats avec Nissan »), Bolloré (« pour son exposition sur la croissance africaine ») ou encore Vinci (« pour la stabilité de son activité »). • Chez Mercier Vanderlinden, Stéphane Mercier apprécie surtout le plus grand bras- seur mondial AB Inbev. « ABInbev est notre plus importante position. Nous apprécions la stabilité des flux financiers, l’excellente équipe dirigeante, l’actionnariat familial et le fabuleux projet qu’est l’acquisition de SABMiller. En faisant main basse sur le numéro deux mondial, ABInbev répond à son manque de présence sur le marché afri- cain. Même si l’action n’est pas spécialement bon marché, nous pensons qu’elle offre un excellent potentiel avec un risque relative- ment faible. Il y a les synergies évidentes qu’offre la fusion de ces deux groupes, et l’ex- périence de la direction dans l’intégration de nouvelles sociétés qui devrait entraîner une augmentation considérable des marges d’ex- ploitation chez SABMiller. Ce qui paraît un peu trop cher aujourd’hui paraîtra beaucoup plus raisonnable dès que cette acquisition sera digérée. » Parmi les autres actions fran- co-belges détenues par Stéphane Mercier, nous notons également Ageas, Danone, LVMH et Sanofi, avec un niveau de convic- tion qui est toutefois moindre que pour AB Inbev. • Pour Wealtheon, Charles de Saligny met pour sa part quatre valeurs franco-belges en évidence. Il apprécie Orpea, le spécialiste français des maisons de repos et des cliniques spécialisées dans les soins psychiatriques, la convalescence et la revalidation. « Le groupe est désormais actif dans huit pays en Europe, au travers de 690 établissements, avec des acquisitions récentes en Allemagne, Suisse et Autriche, ainsi que l’ouverture prochaine d’un établissement haut de gamme en Chine. Orpea permet de se positionner sur la théma- tique du vieillissement de la population. Le chiffre d’affaires a progressé de 26,1 % durant le premier semestre. » Essilor est une autre valeur exposée sur la santé et le vieillissement, dans le domaine des verres de lunettes. Le groupe français est un des principaux acteurs au niveau mondial, avec un fort rythme de croissance en Europe, aux États-Unis, ainsi que sur les activités en ligne. « Bien qu’un peu cher en terme de valorisation, le titre offre de bonnes perspectives à moyen et long terme. » Axa est le troisième nom français repris dans les valeurs préférées de Charles de Saligny (Wealtheon). « Étant un des assureurs les plus diversifiés au monde, avec une très bonne solvabilité, le groupe a encore beaucoup de possibilités notamment sur les marchés émergents (Chine par exemple). » Enfin, sur le marché belge, il recommande également le brasseur AB Inbev en raison de son exposi- tion internationale, de son portefeuille de marques, et des perspectives offertes par la fusion avec SABMiller. • Sur le marché belge, pour Belfius, Christophe Borreman apprécie la pharma- ceutique UCB, en raison des perspectives favorables pour les médicaments commercia- lisés par le groupe, qui dispose également de nombreux programmes alléchants dans le pipeline de recherche et développement. « J’apprécie également certains grands hol- dings, qui se rapprochent d’un fonds d’inves- tissement dont nous apprécions le gestion- naire, à savoir Ackermans, GBL ou GIMV. » Parmi les valeurs françaises, il met en avant des noms tels qu’Airbus, Air Liquide, Total ou Sanofi. Ensuite, sur les deux marchés, il apprécie des valeurs immobilières comme les belges Cofinimmo et Aedifica; ou des fran- çaises comme Orpea ou Unibail. • Pour la Société Générale Private Banking, Sébastien Chaumetou apprécie les valeurs financières comme KBC, AXA ou Ageas, « qui se sont fortement réorganisées ces der- nières années pour s’adapter à un environne- ment règlementaire nettement plus strict. Elles sont désormais prêtes à se concentrer à nouveau sur leur rôle fondamental, le finan- cement de l’économie. L’environnement est de plus favorable à cette activité, les condi- tions de financement étant très bonnes et les demandes de crédit en légère reprise. En Belgique, UCB est une autre valeur que nous apprécions, avec une forte croissance atten- due du résultat, des nouveaux produits en phase de test, et une exposition sur la force du dollar face à l’euro via ses exportations. En France, notre préférence va vers une action comme Essilor, un leader mondial dont l’ac- tivité bénéficie par nature du vieillissement de la population (augmentation des cas de myopie et presbytie à traiter), et qui s’est de plus positionné de manière adéquate sur les ventes en ligne. Veolia est pour sa part déte- nue au vu de son dividende élevé et des plans stratégiques ambitieux qui ont été entrepris ces dernières années. » Pour les revenus immobiliers perçus en France, le résident fiscal belge devra les rapporter dans sa déclaration. Sébastien Chaumetou, Stéphane Mercier, Rudy De Groodt. finances JV52 Finances OK-CA HD-ajoutnomslegendecorentin.indd 172 30/11/2015 14:06
  4. 4. 174 l Juliette & Victor n° 52 La fin de l’année a souvent été l’occasion de mauvaises surprises en provenance de Paris pour les détenteurs de patrimoine. Les projets de loi de finances pour 2016 et de loi de finances rectificative pour 2015 ne devraient pas contenir trop de mauvaises nouvelles, avec un impact essentiellement concentré sur les faibles revenus. « C’est vraiment une année de vaches maigres par rapport aux années précédentes », souligne Bertrand Marot (Degroof Petercam). « Cette absence est probablement liée aux échéances électorales qui s’annoncent durant les pro- chains mois, ainsi qu’à un agenda budgé- taire dicté par les autorités européennes. Dans les circonstances actuelles, je ne suis pas certain que les mesures prises par un gouvernement de droite auraient été fonda- mentalement différentes. » « Je pense qu’il fallait marquer une pause, après les nombreuses mesures sur le patri- moine qui ont été passées ces dernières Mauvaise nouvellepour lespropriétaires enFrance La saga de la taxation des revenus locatifs et des plus-values immobilières devrait connaître un nouveau rebondissement. TEXTE FRÉDÉRIC LEJOINT années », souligne Hélène Cohadon (Banque Transatlantique). Enfin, chez Tiberghien, Alain Van Geel souligne que le gouverne- ment français semble aujourd’hui se concen- trer davantage sur les problèmes nationaux que sur les raisons qui motivent à quitter le pays. « Ils ont également été forcés de se rendre compte que les mesures électoralistes n’ont pas abouti à grand chose. » Prélèvements sociaux Mais la principale mesure pour les pro- chains mois est à trouver dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2016. « Le produit des prélèvements sociaux ne sera plus affecté au financement de la sécurité sociale, mais au financement exclusif de prestations sociales non contri- butives prises en charge par le fonds de soli- darité vieillesse (FVI) et la caisse nationale pour l’autonomie (CNSA). Cela permettrait de contourner la décision rendue par la Cour de justice européenne (CJUE) dans l’affaire de Ruyter  », souligne Bertrand Marot (Degroof Petercam). « L’État français semble ne pas vouloir lâcher sur ce point, et cet amendement est une manière créative de contourner la condam- nation du prélèvement de la CSG dans le cadre des plus-values immobilières pour des non-résidents français. Mais cette mesure va rencontrer tout autant de critiques, et la bataille judiciaire ne va probablement faire que recommencer de plus belle », constate encore Alain Van Geel (Tiberghien). « Il est encore trop tôt pour savoir comment cette initiative va évoluer. » « À partir du moment où l’État français change la base légale de la perception de cette taxe, nous rentrons dans une catégorie qui est moins facilement attaquable », sou- ligne toutefois Hélène Cohadon (Banque Transatlantique). « À ce titre, le rembourse- ment de la CSG n’a concerné que 13,5 % et non pas 15,5 %, car les 2 % consacrés à la contribution de solidarité ne finançaient pas la sécurité sociale. » Et pour le futur Il existe aujourd’hui un grand débat, sur le passage d’un modèle déclaratif vers un modèle de prélèvement à la source pour l’impôt sur le revenu. Tous les signes pointent actuellement vers une transition vers un modèle qui permettrait une meil- leure perception de l’impôt et faciliterait fonctionnement de l’État. « Le problème est que durant la période de transition, les contribuables pourraient être amenés à payer l’impôt à deux reprises durant un exercice, ce qui nécessitera de prendre des mesures afin d’assurer cette transition », souligne Jean-Louis Waucquez (Degroof Petercam). « C’est un vrai projet politique pour l’année prochaine. » Une autre modification importante, actuel- lement en train d’être discutée, est de fusionner la CSG à l’impôt sur le revenu. « Si cette mesure était adoptée, cela supprime- rait d’office la question de l’application ou non aux non-résidents de la CSG sur les plus-values immobilières », précise Hélène Cohadon (Banque Transatlantique). ©FOTOLIA finances JV52 Finances OK-CA HD-ajoutnomslegendecorentin.indd 174 30/11/2015 14:06

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