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Pouvons-nous, au moins dans ce domaine, compter sur nos partenaires européens ?Les besoins sont immenses d’autant que lund...
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Intervention de bernard deflesselles, député des bouches du rhône, sur l'intervention militiaire française au mali asemblee nationale le 27 février 2013

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Intervention de bernard deflesselles, député des bouches du rhône, sur l'intervention militiaire française au mali asemblee nationale le 27 février 2013

  1. 1. Débat sur le Mali Au-delà de l’intervention militaire, quelles perspectives de reconstruction et de développement Mercredi 27 février 2013Monsieur le Président,Messieurs les Ministres,Mes chers Collègues,Le 11 janvier dernier, devant l’avancée foudroyante de groupes terroristes menaçantBamako, le Président de la République engageait les forces françaises sur le territoire malien.Notre Groupe par la voix de Jean-François COPE a manifesté immédiatement un soutien sansfaille au gouvernement et à notre armée, car l’idée même de voir se transformer un paysami en un sanctuaire terroriste au cœur de l’Afrique était insoutenable.Aujourd’hui, Je tiens, en tout premier lieu, au nom du groupe UMP, à rendre hommage à nosforces armées engagées sur le terrain.Leur préparation opérationnelle, leurs capacités de réaction, leur professionnalisme toutautant que leur sens du devoir et leur courage ont été au cœur de la réussite de la France ausecours du peuple Malien.Plusieurs de nos militaires ont été blessés et deux sont tombés au champ d’honneur : le chefde Bataillon Damien BOITEUX, mort dès les premières heures de combats, et le sergent-chefHarold WORMEZEELE, légionnaire du 2ème REP tué dans les combats au Nord du Mali le 19février dernier.Leur sacrifice nous rappelle le prix à payer pour vivre libre et en paix.Leur sacrifice est celui de soldats de métier qui sont allés jusqu’au bout de leur engagementau service de la France.Leur sacrifice nous rappelle que notre pays est en guerre au Mali, guerre qui peut parfoisparaître bien lointaine, mais guerre bien réelle et meurtrière.Nos soldats accomplissent là-bas leur mission avec une très grande maîtrise du terrain et unprofessionnalisme unanimement reconnu. 1
  2. 2. Nous le disons et c’est bien légitime, mais ce sont surtout les armées alliées qui,compagnons d’armes de la France sur de nombreux théâtres d’opérations, le rappellent.Cela n’en a que plus de sens et plus de valeur.Le débat d’aujourd’hui, s’il revêt une importance marquée quant aux perspectives dereconstruction et de développement du Mali, concerne, chacun le comprendra, au toutpremier chef, la situation militaire.Nous sommes en guerre.Et cet état de guerre nous invite à poser de légitimes questions.Des questions qui touchent : à notre stratégie militaire à notre tactique terrestre à notre objectif politique à l’engagement de nos alliés à la reconstruction du Maliet bien sûr, à la situation de nos otages.A ce jour, avec près de 5000 soldats engagés dont 4 000 directement au combat, c’estl’équivalent de notre engagement en Afghanistan quand il était à son paroxysme.Ceux-ci ont permis d’engranger de beaux succès avec la sécurisation de Bamako et la reprisede villes telles que Tombouctou, Gao, Kidal et Tessalit.Mais aujourd’hui, la situation est plus complexe, car nos forces sont engagées dans la vastezone montagneuse de l’Adrar des Ifoghas, considérée à juste titre comme un repaire dudjihadisme international.L’engagement sera d’évidence plus long et plus périlleux.Messieurs les Ministres, la seule question qui vaille, c’est comment protéger nos hommesdevant la tentation de ces djihadistes qui, pressés au Nord, semblent vouloir porter le ferdans les centres urbains ?Nous le constatons depuis déjà quelques semaines, les accrochages sérieux à Gao, à Tessalit,dans la région de Kidal, où hier encore un attentat suicide à la voiture piégée a fait 7 morts,ouvrent une période de difficultés à venir.Dans les zones que nous avons libérées, les forces françaises trouvent très régulièrement descaches d’armes, des laboratoires artisanaux de fabrication de bombes, des gilets prêts pourdes attentats kamikazes, des déclencheurs à distance d’IED, des armes à vision nocturne ….de quoi faire de cette région « un véritable sanctuaire terroriste » ! 2
  3. 3. La deuxième question touche à l’engagement de nos amis maliens et à ceux de la MISMA.Les uns doivent être formés, encadrés, équipés et le général LECOINTRE, qui commandecette mission de formation, a « appelé à une véritable refondation de l’armée malienne »tandis que des officiers français reconnaissent la très « grande faiblesse de celle-ci », et «l’indigence » des matériels qui l’équipent.Quant à la mission internationale de soutien au Mali - la MISMA – elle s’agrège lentementcar la provenance et l’hétérogénéité de ses troupes nécessite une coordination qui prendra àl’évidence du temps.L’engagement de nos alliés et des européens suscite également des questions.Certes, début avril, l’Union Européenne déploiera 500 hommes pour former et encadrerl’armée malienne, mais nous n’avons, pour l’instant, aucun signe d’une volonté quelconqued’engagement terrestre.Toutes ces questions, Messieurs les Ministres, doivent vous amener à clarifier les objectifsde la France. Sommes-nous au Mali dans l’optique de passer le témoin militaire à la force d’intervention africaine et le témoin politique à l’Union africaine, ce qui, vous en conviendrez, prendra au bas mot de nombreuses semaines ?Ou alors, Sommes-nous au Mali jusqu’au rétablissement de son intégrité territoriale, à l’établissement de ses institutions, de son armée, de sa justice, en clair, à la reconstruction complète du pays ? Cela serait d’une tout autre ampleur et s’évaluerait en mois, voire beaucoup plus … S’agit-il aussi de prévenir en priorité une menace terroriste directe contre notre territoire ?Cette question vaut, Mes chers Collègues, toutes les autres et la récente déclaration duMinistre des affaires étrangères, dans un coutumier empressement à porter une parole pourtout dire « éparse », ne nous a pas rassuré lorsqu’il a déclaré récemment, dès le mois demars, qu’un retrait des troupes pourrait être envisagé.Il devient donc urgent de tracer un cap et, dans la clarté, de le faire partager à lareprésentation nationale.Le Mali, nous en sommes convaincus, ne pourra pas retrouver de perspectives réelles etsérieuses de reconstruction et de développement si ces questions ne sont pas tranchées.A ce propos, des motifs d’inquiétudes subsistent plus que jamais.Ils tiennent d’abord à la faiblesse même de l’Etat malien.Un processus politique semble timidement s’engager avec l’espoir d’organiser des électionsavant la fin juillet. 3
  4. 4. Comment sérieusement envisager l’organisation de ces élections, dans des zones quiseraient encore soumises aux combats ?Comment sérieusement envisager l’organisation de ces élections, lorsqu’on connaît l’histoiredu Mali, ses déchirements, ses affrontements ethniques, ses tourments vis-à-vis d’exactionstoujours présentes dans les esprits ?Il faudra là encore du temps et une volonté farouche de réconciliation nationale entre lespopulations du sud et celles du nord, en particulier les Touaregs, seul facteur destabilisation pour le pays.Le Gouvernement français souhaite le déploiement rapide d’observateurs internationaux,afin de veiller au respect des droits de l’homme. Le Vice-Président américain Joe BIDEN a ditsoutenir cette demande, lors de son passage à Paris début février.Pouvez-vous nous dire, Messieurs les Ministres, où en sommes-nous ?Le conflit armé de ces derniers mois et l’instabilité politique issue du coup d’état ontincontestablement renforcé l’extrême pauvreté de ce pays.Les infrastructures - centrales électriques, pompage d’eau, écoles, hôpitaux - ont gravementsouffert de l’avancée des forces islamistes dans le pays.Peu après le coup d’état, la France avait suspendu son aide au développement, elle lareprend.Vous étiez, Monsieur le Ministre délégué au Développement, en déplacement ces derniersjours au Mali, pouvez-vous nous dire quelles décisions concrètes ont été prises ?Quels seront les axes prioritaires de notre aide ?Au regard de la situation sécuritaire sur place qui rend la présence d’ONG difficile, commentcette aide sera-t-elle mise en place ?Enfin, la question du retour des réfugiés est cruciale, pour le Mali mais aussi pour les payslimitrophes … La Conférence des donateurs, réunie fin janvier à Addis Abeba, a essentiellement levé des fonds pour la mise en œuvre de la MISMA, et donc la réorganisation à terme de l’armée malienne.Les efforts consentis sont-ils suffisants ? Le président de la Commission européenne a annoncé la semaine dernière une nouvelle conférence des donateurs mi-mai à Bruxelles. Cette conférence est destinée à aider à la reconstruction du pays dans son ensemble.Que pouvons-nous en attendre ? 4
  5. 5. Pouvons-nous, au moins dans ce domaine, compter sur nos partenaires européens ?Les besoins sont immenses d’autant que lundi, à l’ouverture d’une réunion des ministres de laCEDEAO, le ministre ivoirien des Affaires étrangères a indiqué que le financement desopérations militaires au Mali nécessiterait 950 millions de $, soit plus du double des 455millions promis à Addis Abeba !Mes Chers Collègues, chacun le ressent pleinement, la France fait face à une tâche ardue :aider un pays ami, lutter contre un terrorisme aveugle, protéger ses ressortissants dans uneimmense zone africaine qui s’étend bien au sud du Sahel.Enfin, à l’unisson des Français, je ne peux passer sous silence notre colère, le sentiment derévolte, d’émotion et d’inquiétude qui nous habitent, suite à la diffusion d’une vidéo abjecterappelant douloureusement l’enlèvement dramatique de 7 de nos ressortissants, dont 4jeunes enfants, au nord du Cameroun.Le groupe UMP souhaite assurer de son soutien le Gouvernement dans tout ce qui pourraêtre fait pour libérer nos ressortissants.Pour autant, deux conditions s’imposent : prudence et discrétion.De grâce, sur un sujet aussi douloureux, ne nous gratifiez plus de déclarationsintempestives. Elles révèlent une fébrilité qui ne sied pas en de telles circonstances !Messieurs les Ministres, Mes chers collègues,Notre pays assume avec courage son engagement contre le terrorisme et nous nous enfélicitons. Le réalisme exige cependant que nous soyons capables de reconnaître que nousne pouvons plus être seuls face à l’ampleur des défis.Ce relatif isolement diplomatique et militaire nous inquiète, mais il ne saurait bienévidemment remettre en cause le soutien à nos armées et au Gouvernement. 5

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