Le paradigme du don
PlanIntroduction (6)Contextes relationnels d’échange (4)Place économique du don (2)Essai sur le don de Marcel Mauss (6)Mau...
«Aucune administration ne fonctionnerait sans un minimum de dévouement àl’esprit du service public, aucune association ne ...
Donner de son tempsDonner le bonjourDonner sa chemise, sa vie,donner la ou sa paroledonner son sangRenvoyer l’ascenseurJe ...
3 objectifs :   redonner sa place au don   démontrer qu’une société viable repose sur la coexistence et l’équilibre entre ...
Extrait vidéo Envoyé spécial «Michel On$ay : Vivre en philosophie»  Une participante : «Il transmet toute sa réflexion. C’e...
On$ay «Rendre la raison populaire»  Dans un monde libéral où la valeur se trouve constituée par la  vénalité, il est bon, ...
Les 4 contextes relationnels d’échange           Marché    Travail            Etat      Don
Les 4 contextes relationnels d’échange            Marché Travail             Etat   Don
Les 4 contextes relationnels d’échange             Marché Travail              Etat   Don
Les 4 contextes relationnels d’échange            Equivalence                                                      Contrat...
Les 4 contextes relationnels d’échangeMarché   Travail   Etat   = PIB soit 2000 mi%iards d’€          Don                 ...
Analyse économique d’Ahmet Insel (1) Evaluation économique de la part du don dans l’économie $ançaise(2) Derrida : «Le don...
Marcel MaussPère de l’anthropologie $ançaiseBeau-$ère d’Emile Durkheim, fondateur de la sociologie $ançaiseCompagnon de ro...
Marcel Mauss«Les conclusions de Mauss étaient surprenantes. Tout d’abord, il apparaissait que presque tout ce quela scienc...
«Essai sur le don»«...nous croyons avoir ici trouvé un des rocs humains sur lesquels sont bâties nos sociétés...»Dans les ...
«Essai sur le don»On sent quon ne peut plus bien faire travai%er que des hommes sûrs dêtre loyalement payés toute leur vie...
Généalogie philosophique et sociologique Aristote Sénèque Les religions George Simmel et l’interactionnisme L’intersubject...
Héritage philosophique et sociologique Groupe du Mauss L’interactionnisme de Goffman L’ethnométhodologie de Garfinkel La soc...
Le MAUSSOpposition à la vision économiciste de la société   conception généralisée de l’homo oeconomicus (individuel, rati...
Le MAUSSVision fondée sur l’utilitarisme benthamien   mathématique générale du calcul des peines et des plaisirs   A quoi ...
Le MAUSSPourquoi s’intéresser à ce débat ?  Ces différentes conceptions imprègnent les idéologies qui nous gouvernent    In...
Qu’est-ce que le don?Considérations généralesTentative de classificationObjectifs du donCaractéristiques du donLe cycle ver...
Qu’est-ce que le don?Un système de relations sociales fondamentales. Il est partout, il forme système. Pour Mauss = un fai...
Qu’est-ce que le don?           Mauss : la voie du milieu entre l’intérêt et le désintéressement(1)                       ...
Qu’est-ce que le don?           Mauss : la voie du milieu entre l’intérêt et le désintéressement                          ...
Objectifs du donNouer des relations pérennesRechercher de la reconnaissance, de l’amitié, de l’estime de soiRompre la soli...
Caractéristiques du donAu service du lien (3,4 et 5), la chose ou le service donnés sont accessoires (1)La liberté (2)Linc...
Le cycle vertueuxDonnerRecevoirRendre
Donner«SE» donnerDésir instinctuel justifié par des formules comme «ça se fait», «c’est humain», «ça fait sens»   «%s signi...
RecevoirAccepter de bonne grâce crée le lienLe don doit être proportionnel au possibilité du donataire sinon risque de rup...
RendreContre-dondette moralele cycle vertueux impose que rendre soit possible sinon risque derupture par ressentiment
Les lieux du don : La paroleLa parole est le 1er des actes de don, la politesse le 1er degré du recevoir et durendre(1)  «...
Les lieux du don : la socialité primaire                  La familleLieu par exce%ence du don de vie (1)Lieu d’apprentissa...
Les lieux du don : la socialité primaire            Les amis, les voisinsLien amical repose sur le système du donLe plaisi...
Les lieux du don aux étrangers La vie associative (52% des $ançais de plus de 18 ans. 13 mi%ions avec une participation ac...
Les lieux du don dans la société marchande Les relations de travail (1)    Cai%é : «aucune entreprise capitaliste , grande...
Critiques et conceptions différentes du donLe don est systématiquement intéressé, tout acte reposant sur une recherche de m...
Critiques et conceptions différentes du don La société marchande est préférable car e%e libère (1)   fluidifie les échanges p...
Critiques et conceptions différentes du don Le don est avant tout un échange qui crée des obligations (théories structurali...
ConclusionsDubitatif ? et pourtant (1)Nécessité de nous délivrer de nos myopies idéologiques (2)«Le don, cest létat dune p...
Conclusions« Mélanger dans une banque un kilo déchanges avec trois centsgrammes de réciprocité et de socialisation. Ajoute...
Bibliographie                                                                                                             ...
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Paradigme du don

  1. 1. Le paradigme du don
  2. 2. PlanIntroduction (6)Contextes relationnels d’échange (4)Place économique du don (2)Essai sur le don de Marcel Mauss (6)Mauss (mouvement anti-utilitariste en sciences sociales) (4)Qu’est-ce que le don ? (18)Conclusions (2)
  3. 3. «Aucune administration ne fonctionnerait sans un minimum de dévouement àl’esprit du service public, aucune association ne survivrait si ses militantsn’étaient là que pour se servir, aucune vie de famille, aucune relation amoureuseou amicale ne serait viable si chacun ne s’y engageait qu’au vu des bénéfices(matériels, sexuels, affectifs) qu’elles pourraient procurer» Chanial«il est possible de montrer qu’aucune entreprise capitaliste , grande ou petite, nepeut fonctionner sans mobiliser à son profit l’énergie donatrice et la loyauté deses employés.» Caillé
  4. 4. Donner de son tempsDonner le bonjourDonner sa chemise, sa vie,donner la ou sa paroledonner son sangRenvoyer l’ascenseurJe te le revaudrai...
  5. 5. 3 objectifs : redonner sa place au don démontrer qu’une société viable repose sur la coexistence et l’équilibre entre deux paradigmes : le don et l’intérêt économiquement utile et rentable rompre avec le pessimisme ambiant induit par le biais cognitif du «verre à moitié vide» tout en démontrant la persistance du don
  6. 6. Extrait vidéo Envoyé spécial «Michel On$ay : Vivre en philosophie» Une participante : «Il transmet toute sa réflexion. C’est d’une générosité immense. Sinon moi, au stade où j’en suis, je n’aurais pas accès à ça. Je ne suis pas universitaire, donc c’est un don qu’il nous fait» Une autre participante : «Il nous rend inte%igent». Michel On$ay : « Mon plaisir a été de rencontrer la philosophie quand j’avais 17 ans et d’être sauvé par la philosophie. Il y a juste un moment où l’on a envie de rendre ça aux gens, de le partager, de ne pas le garder pour soi.»
  7. 7. On$ay «Rendre la raison populaire» Dans un monde libéral où la valeur se trouve constituée par la vénalité, il est bon, et de saine résistance politique, daffirmer la force du bénévolat et la puissance de la gratuité. Ils (les bénévoles) constituent la vigueur populaire invisible, la dynamique solidaire dune Nation ontologique, ils incarnent dans lombre la dignité dun monde qui résiste à la veulerie marchande.
  8. 8. Les 4 contextes relationnels d’échange Marché Travail Etat Don
  9. 9. Les 4 contextes relationnels d’échange Marché Travail Etat Don
  10. 10. Les 4 contextes relationnels d’échange Marché Travail Etat Don
  11. 11. Les 4 contextes relationnels d’échange Equivalence Contrat Rapport essentie%ement monétaire Rapport monétaire +++ et non monétaire + Mesurable et quantitatif Mesurable (E/S) et qualitatif (S/S) Maximisation des profits et Homo faber minimisation des pertes et charges Homo Oeconomicus Marché Travail Etat Don Redistribution Réciprocité Solidarité GratuitéRapport monétaire et non monétaire = Rapport non monétaire +++ et monétaire + Mesurable et qualitatif Difficilement mesurable, essentie%ement qualitatif Réduction des inégalités Homo donator Homo aequalis
  12. 12. Les 4 contextes relationnels d’échangeMarché Travail Etat = PIB soit 2000 mi%iards d’€ Don = ????????
  13. 13. Analyse économique d’Ahmet Insel (1) Evaluation économique de la part du don dans l’économie $ançaise(2) Derrida : «Le don n’est un don, il ne donne que dans la mesure où il donne le temps... Là où il y a le don, il y a le temps.» Dons de temps domestiques + temps des actions bénévoles 48 700 000 000 heures annue%es (30% de plus que le temps travai%é) base 1560 heures annue%es : 31 210 000 équivalents temps plein + dons humanitaires, invitations à dîner, les services rendus et non monétarisés 75% du PIB (1500 mi%iards d’euros) « Et les économistes continuent à enseigner, à parler et à faire vivre la fiction d’une société de marché»
  14. 14. Marcel MaussPère de l’anthropologie $ançaiseBeau-$ère d’Emile Durkheim, fondateur de la sociologie $ançaiseCompagnon de route de Jaurès et BlumL’Essai sur le don est à l’origine du paradigme du don«Ce que Mauss nous a appris et que lanthropologie contemporaine a amplement confirmé par de nombreusesenquêtes, cest que le don réciproque est la forme fondamentale dexpression des relations entre groupes dans lessociétés traditionne%es.» Marcel Hénaff La société vue du don p 504«un universel sociologique et anthropologique d’une importance capitale» Alain Cai%é L’obligation de donner p25Rupture avec l’individualisme méthodologique
  15. 15. Marcel Mauss«Les conclusions de Mauss étaient surprenantes. Tout d’abord, il apparaissait que presque tout ce quela science économique avait à dire sur l’histoire économique était faux. L’hypothèse partagée par tousles fanatiques de la libre concurrence, à l’époque comme aujourd’hui, est que le mobile essentiel desêtres humains est le désir de maximiser leurs plaisirs, leur confort et leurs possessions matérielles (enun mot, leur « utilité ») et qu’en conséquence toute interaction humaine significative peut être analyséeen termes de relations marchandes.» GraeberL’Essai sur le don (1924), est sans doute la plus magnifique réfutation jamais écrite des hypothèses quisont à la base de la théorie économique. À une époque où l’on nous serine à longueur de temps que le« libre marché » est le résultat à la fois naturel et nécessaire de l’humaine nature, le travail de Mauss —qui démontre que non seulement la plupart des sociétés non occidentales ne s’organisent pas enfonction de quoi que ce soit qui ressemble aux principes du marché, mais que cela est vrai égalementde la plupart des Occidentaux modernes — apparaît plus pertinent que jamais.» Graeber
  16. 16. «Essai sur le don»«...nous croyons avoir ici trouvé un des rocs humains sur lesquels sont bâties nos sociétés...»Dans les économies et dans les droits qui ont précédé les nôtres, on ne constate pour ainsi dire jamais de simples échanges de biens, derichesses et de produits au cours dun marché passé entre les individus.De plus, ce quils échangent, ce nest pas exclusivement des biens et des richesses, des meubles et des immeubles, des choses utileséconomiquement. Ce sont avant tout des politesses, des festins, des rites, des services militaires, des femmes, des enfants, des danses,des fêtes, des foires dont le marché nest quun des moments et où la circulation des richesses nest quun des termes dun contratbeaucoup plus général et beaucoup plus permanent.Ce sont nos sociétés dOccident qui ont, très récemment, fait de lhomme un « animal économique ». Mais nous ne sommes pas encoretous des êtres de ce genre. Dans nos masses et dans nos élites, la dépense pure et irrationne%e est de pratique courante ; e%e est encorecaractéristique des quelques fossiles de notre noblesse. Lhomo oeconomicus nest pas derrière nous, il est devant nous; commelhomme de la morale et du devoir; comme lhomme de la science et de la raison. Lhomme a été très longtemps autre chose ; et il nya pas bien longtemps quil est une machine, compliquée dune machine à calculer.
  17. 17. «Essai sur le don»On sent quon ne peut plus bien faire travai%er que des hommes sûrs dêtre loyalement payés toute leur vie, du travailquils ont loyalement exécuté, en même temps pour autrui que pour eux-mêmes. Le producteur échangiste sent de nouveau- il a toujours senti - mais cette fois, il sent de façon aiguë, quil échange plus quun produit ou quun temps de travail,quil donne quelque chose de soi ; son temps, sa vie, Il veut donc être récompensé, même avec modération,de ce don. Et lui refuser cette récompense cest linciter à la paresse et au moindre rendement.Les sociétés ont progressé dans la mesure où e%es-mêmes, leurs sous-groupes et enfin leurs individus, ont su stabiliser leursrapports, donner, recevoir, et enfin, rendre. Pour commercer, il fa%ut dabord savoir poser les lances. Cest alorsquon a réussi à échanger les biens et les personnes, non plus seulement de clans à clans, mais de tribus à tribus et denations à nations et - surtout - dindividus à individus. Cest seulement ensuite que les gens ont su se créer, se satisfairemutue%ement des intérêts, et enfin, les défendre sans avoir à recourir aux armes. Cest ainsi que le clan, la tribu, lespeuples ont su - et cest ainsi que demain, dans notre monde dit civilisé, les classes et les nations et aussi les individus,doivent savoir - sopposer sans se massacrer et se donner sans se sacrifier les uns aux autres. Cest là un des secretspermanents de leur sagesse et de leur solidarité.
  18. 18. Généalogie philosophique et sociologique Aristote Sénèque Les religions George Simmel et l’interactionnisme L’intersubjectivité (Dewey, Mead, Cooley)
  19. 19. Héritage philosophique et sociologique Groupe du Mauss L’interactionnisme de Goffman L’ethnométhodologie de Garfinkel La sociologie économique de Granovetter et Swedberg La sociologie de la compétence de Boltanski L’économie des conventions de Dupuy et Orléan
  20. 20. Le MAUSSOpposition à la vision économiciste de la société conception généralisée de l’homo oeconomicus (individuel, rationnel, égoïste, monadique) André Orléan «Pour l’économiste néoclassique, la relation aux objets prime sur la relation aux autres individus ou à la société» Paul Jorion : tableau clinique d’un psychopathe vision exacerbée par Gary Becker qui impose le calcul économétrique dans toutes les sphères de la société colonisation progressive à toutes les sciences humaines (Boudon, Touraine, Bourdieu, Rawls...) et même aux sciences dites exactes (gène égoïste de Dawkins,
  21. 21. Le MAUSSVision fondée sur l’utilitarisme benthamien mathématique générale du calcul des peines et des plaisirs A quoi ça sert? Combien ça coûte? Combien ça rapporte?Le don : 3ème paradigme d’analyse du rapport social entre l’individualisme et le holisme méthodologiques holisme méthodologique : modèle hyper déterministe. Les structures sociétales conditionneraient les individus qui, de fait, ne disposeraient d’aucune liberté individualisme méthodologique : Toute société est la somme des comportements individuels. Tout indivdu étant par nature égoïste et intéressé, sa nature altruiste et coopératrice est niée. 3ème alternative avec le paradigme du don fondé sur la liberté l’individu est à la fois soumis aux règles sociales du don, indispensables pour créer du lien et faire société tout en gardant sa liberté individue%e de donner, recevoir et rendre
  22. 22. Le MAUSSPourquoi s’intéresser à ce débat ? Ces différentes conceptions imprègnent les idéologies qui nous gouvernent Individualisme : libéralisme, le libertarianisme Holisme : étatisme, voire le totalitarisme Relationnisme : socialisme associatif de Mauss, convivialisme de Cai%é, le post-anarchisme d’On$ay
  23. 23. Qu’est-ce que le don?Considérations généralesTentative de classificationObjectifs du donCaractéristiques du donLe cycle vertueuxLes lieux du donCritiques du don
  24. 24. Qu’est-ce que le don?Un système de relations sociales fondamentales. Il est partout, il forme système. Pour Mauss = un fait social total» (universelsociologique et anthropologique) «Aujourd’hui encore, rien ne peut s’amorcer ou s’entreprendre, croître et fonctionner qui ne soit nourri par le don» (Godbout et Cai%é in L’esprit du don p 20) «Le don constitue, aujourd’hui comme hier, le système même des relations sociales en tant que ce%es-ci sont irréductibles aux seules relations d’intérêt économique ou de pouvoir, aussi prégnantes ces dernières soient-e%es.» (Philippe Chanial La société vue du don p 10)Un universel sociologique et anthropologique, l’alpha et l’oméga de la construction sociale, le primum movens de nos relations sociales «Le geste du don et le lien qu’il tisse instituent conjointement le Je, le Tu et le Nous.» (Chanial p31)un créateur de lien social, de reconnaissance mutue%e dont le substrat est la confiancele système universel de la socialité primaire
  25. 25. Qu’est-ce que le don? Mauss : la voie du milieu entre l’intérêt et le désintéressement(1) R/I Don ProfitSacrifice Echange marchand 1 = sacrifice 2 = don plaisir sans aucune attente en retour, don compassionnel 3 = don de reconnaissance, de valorisation, de «capital symbolique» 4= don pour créer un échange social, avec espoir non exprimé d’un retour matériel ou immatériel 5= don agonistique (pouvoir, prestige,...) 6 = troc, marchandage 7= échange marchand classique (achat de biens et de services monnayés) 8= échange gagnant/gagnant (moral) 9= recherche unique de profit et de retour sur investissement (amoral) 10= échange gagnant/perdant (immoral)
  26. 26. Qu’est-ce que le don? Mauss : la voie du milieu entre l’intérêt et le désintéressement R/ISacrifice Profit Echange marchand Don Le don n’est pas un acte neutre dépouvu d’effets. il crée des obligations, au premier rang desque%es ce%e de rendre. Il fonctionne sur la base de la réciprocité qui crée un contrat moral et de la dette morale (2) il crée des relations de dépendance, 2 formes : le don non agonistique et le don agonistique(4)
  27. 27. Objectifs du donNouer des relations pérennesRechercher de la reconnaissance, de l’amitié, de l’estime de soiRompre la solitudeSe sentir appartenir à la vie, au monde, à l’humanitéPacifier (transformer un ennemi en ami, un étranger en familier)...
  28. 28. Caractéristiques du donAu service du lien (3,4 et 5), la chose ou le service donnés sont accessoires (1)La liberté (2)Linconditionnalité (3).L’acceptation d’un non-retour, d’une perte (4)Une chaîne initiée pour être sans fin générant de la confiance (5)La diachronie (6)
  29. 29. Le cycle vertueuxDonnerRecevoirRendre
  30. 30. Donner«SE» donnerDésir instinctuel justifié par des formules comme «ça se fait», «c’est humain», «ça fait sens» «%s signifient par la que donner est un moyen de participer simplement, quotidiennement, à la construction de la société.» Philippe Chanial La société vue du don p 66On donne pour créer un lien, plus pour «faire quelque chose» avec l’autre qu’obtenirquelque choseLe bien ou le service est le support au lien, le moyen pas une finLe don-potlach (agonistique)
  31. 31. RecevoirAccepter de bonne grâce crée le lienLe don doit être proportionnel au possibilité du donataire sinon risque de rupture(risque de perception négative)Maladresse du «y fa%ait pas» qui peut donner l’impression d’ennuyer le donataireet mettre mal à l’aise le donateurRefus de recevoir ou dédommagement monétaire = rupture «Refuser de prendre équivaut à déclarer la guerre; c’est refuser l’a%iance et la communion» (M.Mauss Sociologie et anthropologie)
  32. 32. RendreContre-dondette moralele cycle vertueux impose que rendre soit possible sinon risque derupture par ressentiment
  33. 33. Les lieux du don : La paroleLa parole est le 1er des actes de don, la politesse le 1er degré du recevoir et durendre(1) «Nous ne sommes hommes et nous ne tenons les uns aux autres que par nos paroles» Montaigne «avant même de fonctionner au don des biens, la socialité primaire se nourrit du don des mots» (Alain Cai%é La société vue du don p187)
  34. 34. Les lieux du don : la socialité primaire La familleLieu par exce%ence du don de vie (1)Lieu d’apprentissage du don par exce%ence (2) entre deux conjoints envers les enfants (3)Un moment privilégié du don : Noël (4)L’héritage (5)Critique utilitariste (6)
  35. 35. Les lieux du don : la socialité primaire Les amis, les voisinsLien amical repose sur le système du donLe plaisir de donner à ceux ou ce%es pour lesque%es on éprouve unsentiment d’affectionLa pérennité d’une amitié se construit sur de la réciprocité impliciteLes voisins : don de légumes du potager, prêt de machine etc...
  36. 36. Les lieux du don aux étrangers La vie associative (52% des $ançais de plus de 18 ans. 13 mi%ions avec une participation active dont 8 mi%ions dans des associations dites ouvertes (intérêt général). Enquête sur les valeurs des Français 2008) (1) les groupes d’entraide (2) la liberté l’inconditionnalité le bénévolat (3) l’acceptation d’un non retour l’absence du rapport marchand Internet avec les logiciels libres, les sites informatifs et gratuits, La communauté scientifique (4)
  37. 37. Les lieux du don dans la société marchande Les relations de travail (1) Cai%é : «aucune entreprise capitaliste , grande ou petite, ne peut fonctionner sans mobiliser à son profit l’énergie donatrice et la loyauté de ses employés.» Chanial : «le climat de violence et de sou*ance tient au fait que léconomique ne peut sérieusement assurer à lui seul la régulation des rapports sociaux de travail, lesquels supposent, pour être fonctionnels, toujours au moins une part déchange social. Cest très précisément cela que les psychologues du travail nomment le « travail réel» ; et lorsque ce type déchange est sanctionné, la question du sens de lactivité professionne%e se pose douloureusement, parce que leffort consenti perd en efficacité et en capacité créative.» Les petits plus non monnayés (2) Les cadeaux d’affaire (3)
  38. 38. Critiques et conceptions différentes du donLe don est systématiquement intéressé, tout acte reposant sur une recherche de maximisation du profit ou du plaisir.Conception économiciste et utilitariste qui se base sur l’individualisme méthodologique argument massue : le mensonge à soi-même (1) don = hypocrisie (absence de nuance de la notion d’intérêt) (2) postulat irrévocable : il y a des égoïstes égoïstes et des égoïstes altruistes, bref que des égoïstes Quid de l’action bénévole ? des activités des retraités ? des visiteurs de prison ? des donneurs de sang ? Appât du gain? (3) Conception unicausale qui méconnaît la diversité de nos motivations : l’amitié, l’amour, la solidarité, la créativité, l’intérêt pour autrui, la compassion, le sens du devoir, de l’honneur, etc... Une te%e conception engendre une méfiance généralisée
  39. 39. Critiques et conceptions différentes du don La société marchande est préférable car e%e libère (1) fluidifie les échanges par un prix fixé à l’avance pas de compte à rendre une fois l’achat fait, pas de nécessité de créer un lien Simmel : désocialisation des échanges marchands poussée à son extrême, création d’un monde de solitude et de solitaires Le don doit être pur désintéressement, pur amour. Il devient la traduction du sacrifice (conception chrétienne, René Girard)
  40. 40. Critiques et conceptions différentes du don Le don est avant tout un échange qui crée des obligations (théories structuralistes, Lévi-Strauss)(1) Théorie évolutionniste de la disparition progressive du don au profit du marché (Finley, Lévi-Stauss, Polanyi, Godelier, Duby) (2) in François Athénée Le don Histoire du concept, évolution des pratiques p 316 Alain Testart. Redéfinition du don qui conduit à en minorer la place et à le considérer comme aristocratique. (3) La permanence du don (Le Mauss)
  41. 41. ConclusionsDubitatif ? et pourtant (1)Nécessité de nous délivrer de nos myopies idéologiques (2)«Le don, cest létat dune personne qui, résistant à lentropie, trans-cende lexpérience... de la perte en se reliant à lexpérience de la vie, àlapparition, à la naissance, à la création.» (3) Godbout Le langage du don p23
  42. 42. Conclusions« Mélanger dans une banque un kilo déchanges avec trois centsgrammes de réciprocité et de socialisation. Ajouter une tasse damitié,trois cui%erées de sympathie, deux jaunes dœuf de confiance et épaissiravec un sachet de joie. Bien mixer le tout avec une pincée de folie, unede magie et une de mystère. Asperger de couleur. Enfourner à la bonnetempérature pendant le temps qui convient. Pour finir, saupoudrer despontanéité, garnir de culture et dart, et servir avec douceur la banquedu temps (BdT)» Rosi d’Amico, citoyenne italienne (Le Mondediplomatique Octobre 2012)
  43. 43. Bibliographie Recherches RECHERCHES L’obligation de donnerLa découverte sociologique capitale de Marcel Mauss La revue du M.A.U.S.S. semestrielle (n° 8, 2e semestre 1996) Dans son Essai sur le don (1923-1924), Marcel Mauss, neveu de L’obligationDurkheim et son successeur à la tête de l’école sociologique française,établissait que dans nombre de sociétés archaïques les échanges s’opèrentsous la forme de cadeaux obligatoirement donnés, acceptés et rendus. Ilest aujourd’hui permis de penser que ce qu’il découvrait ainsi, ce n’est de donnerrien de moins qu’un universel sociologique et anthropologique capital.De tous, le plus essentiel peut-être. Mais si l’obligation de donner, mutatismutandis, est bien universelle, est-il une découverte plus importantejamais effectuée par les sciences sociales que celle de Mauss ? Et quiconcerne toutes les disciplines. Ne remet-elle pas en cause la portée L’obligation de donnerméthodologique que les économistes attribuent au schématisme de l’homoœconomicus ? Et si M. Mauss a raison lorsqu’il suppose avoir découvertlà le « roc » de la morale éternelle, n’est-ce pas de cette découverte que La découverte sociologiqueles philosophes devraient au premier chef s’inspirer lorsqu’ils interrogentle bon, le bien et le juste ? Or, si Mauss est célèbre, chez les anthropologues notamment, il semble capitale de Marcel Maussbien que le sens de sa découverte ait été perdu et que sa portée soit trèssous-estimée. Les sociologues notamment, qui se réclament de Weber etde Durkheim, ont du mal à mesurer à quel point le neveu est allé au-delàde son oncle et combien l’école sociologique française, si elle s’initiebien avec Durkheim, culmine avec Mauss. Synthétisant les recherches menées par la Revue du MAUSS cesdernières années, mettant en perspective le mouvement de redécouvertede M. Mauss qui s’opère aujourd’hui (M. Fournier, M. Godelier. etc.), La revue du M.A.U.S.S.ce numéro redonne tout son éclat à l’Essai sur le don et renoue les filsd’une tradition de pensée qui s’était peu à peu perdue, au grand détrimentdes sciences sociales et de la philosophie. semestrielle Sur ce thème, on trouvera ici des contributions de : L. Babès, N°8, 2e semestre 1996J.-L, Boilleau, A. Caillé, M. Chabal, J. Dewitte, D. Fairchild, P. Fustier,J. Godbout, J.-J. Goux, B. Karsenti, J. Larcebeau, B. Ouedraogo,P. Rospabé, I. Silber, C. Tarot, D. Temple, S. Trigano. On lira aussi lesrubriques habituelles de la Revue du MAUSS semestrielle. -:HSMJLE=]V^U ]: LA DÉCOUVERTE Maquette de couverture : Daniel Leprince M.A.U.S.S.Éditions La Découverte, 9 bis, rue Abel-Hovelacque, 75013 Paris LA DÉCOUVERTE/M.A.U.S.S.ISBN 2-914819-00-5 ISSN 1247-4819 P22622-0 10-96 195 F(ouvrage reproduit : ISBN 2-7071-2627-6 Éditions La Découverte) 29,73 €

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