La Systemique en action - Immigration de masse

206 vues

Publié le

Publié dans : Actualités & Politique
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
206
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
2
Actions
Partages
0
Téléchargements
2
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

La Systemique en action - Immigration de masse

  1. 1. Didier BAUDOIS Ingénieur en génie logiciel HES Chemin de l'Ouche-Dessus 54 CH-1616 Attalens Email: d.baudois@sunrise.ch La Systémique en action Page 1 / 4 Billet Hors-Série Bonjour, Ce billet hors-série sera consacré à l'initiative contre l'immigration de masse. Des idiots et du carburant Idiot utile – idiot nuisible Tout le monde connait l'expression "idiot utile" et la relie à Lénine et l'Union Soviétique qui désignaient ainsi les faiseurs d'opinion qui soutenaient l'URSS en glorifiant ses réussites sans en percevoir le côté obscur. De nos jours, cette expression s'applique aux personnes qui soutiennent une cause dont les buts ultimes leur échappent, lesquels buts sont en contradiction avec les espoirs proclamés de ces supporters. Mais il existe une autre catégorie d'idiots utiles et qui est active dans le monde des manifestations publiques ainsi que des voyages organisés. Les idiots utiles désignent les candides qui demandent tout haut ce que les autres n'osent dire. Par exemple, "Quand est-ce qu'on mange ?", "Où sont les toilettes ?", etc. Ce sont des idiots au sens "personnes sans chichis, pas compliquées et naturelles" et leur utilité vient du fait qu'ils ne se gênent pas de poser des questions que d'autres jugeraient embarrassantes. L'idiot nuisible sévit également dans le même milieu social mais, à la différence de l'idiot utile qui se contente de poser les questions embarrassantes, l'idiot nuisible fournit également les réponses ou agrémente son discours d'anecdotes déplaisantes. L'immigration de masse, la Suisse, le moteur et le carburant Le système cible de l'initiative contre l'immigration massive est la Suisse. Selon les règles de la systémique (voir billets 2 à 5), la Suisse est représentée comme étant l'environnement dans lequel se déroulera l'analyse. Cet environnement est représenté par la ligne bleue. Toujours selon les règles de la systémique, les éléments pertinents sont au nombre de trois: La Suisse est représentée par une boite noire. Les immigrants sont représentés par une boite noire L'immigration en tant qu'événement mettant en relation les immigrants et la Suisse est symbolisée par la ligne noire reliant les deux boites noires. Argumentaire des initiants Les initiants prétendent que le rythme actuel de l'immigration outrepasse les capacités d'absorption de la Suisse et qu'il constitue un danger qu'il convient de réguler. La solution proposée par les initiants consiste à freiner l'immigration en établissant des quotas définissant le nombre d'étrangers autorisés à venir s'établir en Suisse durant une période donnée. Analyse systémique de la proposition des initiants Il est difficile de prendre parti de manière éclairée étant donné que les initiants n'ont pas donné de précisions sur les critères servant à établir les quotas futurs. Par conséquent, il est préférable de procéder à la mise en place d'une analogie qui permettra de mieux percevoir quels sont les tenants et aboutissants de cette situation.
  2. 2. La Systémique en action Page 2 / 4 Une analogie: le moteur et son carburant Une analogie pertinente consiste à comparer cette situation à celle d'un moteur et de son réservoir à carburant. En effet, les immigrants occupent une place importante dans l'économie suisse car ils occupent des emplois que le marché suisse ne peut pas satisfaire. A ce titre, l'immigration est le carburant dont le moteur suisse a besoin pour fonctionner correctement. Jouant le rôle de l'idiot utile, l'Union Démocratique du Centre a posé une question embarrassante mais salutaire : La Suisse peut être durablement supporter le rythme de l'immigration ? D'un point de vue factuel, force est de reconnaitre que ce rythme correspond aux besoins de l'économie. Par conséquent, une des réponses à fournir est que ce rythme doit être préservé afin de maintenir le niveau de vie et garantir la prospérité de la Suisse et de ses habitants. D'un point de vue écologique, il est tout autant patent que cette immigration a un impact marqué sur les besoins en logement et en mobilité. Dans sa réponse à cette question légitime, l'Union Démocratique du Centre affirme que l'impact de l'immigration est trop fort et qu'il convient de le limiter par des contingents. Traduit dans notre analogie du moteur et du carburant, cela revient à affirmer que le moteur consomme trop et qu'il convient de réduire cette consommation abusive. La solution proposée par l'Union Démocratique du Centre revient à déclarer: "Un plein par jour, c'est trop !" et à proposer de se contenter d'un plein tous les deux jours. A l'évidence, la mise en place de cette solution implique que le moteur fonctionnera bien un jour sur deux, lorsque le plein est fait, mais qu'il aura des ratés chaque fois que le carburant viendra à manquer. Nul besoin d'être grand clerc en mécanique pour comprendre qu'un tel régime va fatiguer le moteur, qu'il va devenir plus fragile et qu'il risque même de tomber en panne à plus ou moins brève échéance. Par conséquent, l'Union Démocratique du Centre a donné une réponse qui transforme son rôle d'idiot utile en idiot nuisible, voire même en idiot toxique pour la prospérité suisse ! Car la seule bonne réponse est de savoir pourquoi le moteur a besoin d'autant de carburant. Lorsque cette question aura été répondue, on pourra passer à la suivante, à savoir comment diminuer la consommation du moteur et lorsque cela aura été accompli, tout naturellement le besoin en carburant se réduira et l'immigration massive se tarira sans nuire à la prospérité du pays. Ite missa est Liens vers les sites de l'initiative: Site de l'initiative: http://www.immigration-massive.ch/ Administration fédérale Site sur l'initiative: http://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis413.html Texte officiel de l'initiative: http://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis413t.html Sites commun aux principaux partis politiques au sujet de l'initiative http://www.bilaterales.ch/ Site d'economiesuisse (lobby) au sujet de l'initiative http://www.economiesuisse.ch/fr/PDF%20Download%20Files/Immigration_fiche-info_8.pdf Au plaisir de vous retrouver ici ! Ce texte est soumis aux conditions Creative Commons CC-BY-NC-SA.
  3. 3. La Systémique en action Page 3 / 4 Addendum du 9 février 2014 Résultats de la votation La votation a eu lieu et les résultats sont désormais connus. L'initiative a été acceptée par 1'463'954 oui contre 1'444'428 non. Toutes les informations concernant ce texte législatif se trouvent ici: https://www.bfm.admin.ch/content/bfm/fr/home/dokumentation/rechtsgrundlagen/laufende_gesetzgebungsprojekte/vi_masseneinwan d.html https://www.bfm.admin.ch/content/ejpd/fr/home/dokumentation/mi/2014/2014-02-09.html D'un point de vue systémique, rien ne change, les besoins en personnel des entreprises suisses devront toujours être comblés. Les entreprises iront encore et toujours chercher les personnes dont elles ont besoin dans les pays de l'Union Européenne et les questions de préférence régionale ou nationale donneront de vains espoirs aux demandeurs d'emploi résidents en Suisse même si elles resteront lettre morte dans les faits. Le seul point qui changera sera l'adjonction d'une nouvelle couche de bureaucratie aussi bien entre la Confédération et les entreprises suisses qu'entre la Suisse et ses partenaires européens. Cette initiative est principalement du vaporware, c'est-à-dire beaucoup de fumée et de brouillard. L'initiative demande: Une gestion autonome de la politique migratoire Une limitation de l'immigration globale par plafonnement Une limitation de l'immigration ayant pour but une activité lucrative La gestion autonome est une baliverne car chaque pays gère sa politique migratoire de manière autonome, quel que soit le nom qui recouvre la réalité de cette gestion. La limitation, quel que soit son mode de plafonnement, pose un problème plus grave car l'Union Européenne est opposée à toute réduction de la liberté de circulation. La loi d'application qui garantira la gestion autonome peut par conséquent prévoir un mécanisme de plafonnement qui sera activé lorsque des critères aussi flous qu'improbables seront réunis. De cette manière, autant les initiants que l'UE seront satisfaits de ce bel exemple de realpolitik. Les coc[censuré] de l'histoire étant les adhérents ayant voté pour l'initiative. Quant à la gestion de la migration à but lucratif, rien ne sera plus simple que l'introduction de quelques formulaires-alibi dont l'usage n'engagera que ceux qui croiront à leur effet. Les plus pénalisés seront les entreprises devant faire appel à des ressortissants de l'UE et qui devront consacrer un temps conséquent à la rédaction et au traitement de ces formulaires. D'un autre côté, cette bureaucratie superfétatoire imposera la création de nombreux postes de fonctionnaires chargés de la gestion de ces procédures. Lesquels postes seront certainement occupés par des citoyens suisses à moins que ce ne soient des citoyens européens qui doivent s'en charger, faute d'individus suisses suffisamment qualifiés. Il faut hélas constater que la politique est aussi le fait de personnes réalistes et que, malheureusement, ces personnes, ces gouvernements, pourraient se servir de cette votation pour des questions de politique intérieure. Par exemple, la France pourrait se servir de ce prétexte pour jouer des muscles et montrer à l'externe une force qui lui manque à l'interne. Par exemple, l'Espagne, la Grèce ou le Portugal pourraient arguer à juste titre que cette initiative est une entrave à la liberté d'établissement de ses citoyens et qu'elle les prive injustement d'une possibilité d'emploi. L'acceptation de cette initiative constitue donc une brillante démonstration du fait qu'on ne saurait forcer quiconque à se servir de son intelligence.
  4. 4. La Systémique en action Page 4 / 4 En conclusion, tous les partis politiques importants ont failli à préserver la prospérité suisse. Bien qu'ils aient été avertis de la capacité de l'analyse systémique à fournir une réponse adaptée à cette problématique, ces partis ont négligé cette possibilité, faisant volontairement preuve d'aveuglement et de présomption. Tous ces partis ont choisi de jouer le rôle d'idiots nuisibles. En utilisant l'argumentation présentée ci-dessus, ces partis et organisations opposées à l'initiative avaient la possibilité de ménager la susceptibilité des adhérents à l'initiative en reconnaissant la validité de la question posée, c'est-à-dire la notion "idiot utile" de l'initiative, tout en leur demandant, au nom de la préservation de la prospérité suisse, le rejet de la proposition des initiants (partie "idiot nuisible" de l'initiative). Ce faisant, il leur était plus facile d'amener ces adhérents à reconsidérer leur position et à rejeter cette proposition menaçant les relations entre la Suisse et son principal partenaire économique et politique. Si le résultat de la votation avait été inversé avec un rejet par 20'000 voix d'écart, aussi bien les perdants que les gagnants auraient pu se sentir entendus, ce qui aurait minimisé la rancœur des perdants et réduit l'impact du sentiment victorieux des gagnants tout en ouvrant la voie au compromis nécessaire à la sortie de la crise. Lorsqu'une votation se décide par moins de 20'000 voix d'écart, 19'526 pour être précis, il est indubitable qu'aucun des deux fronts ne sera satisfait du résultat, les vainqueurs regrettant qu'une marge aussi faible les empêche de proclamer une victoire nette, alors que les perdants rumineront le fait qu'un dernier coup de collier avant la votation aurait pu inverser le résultat. C'est pourquoi il était si important de prévoir des arguments susceptibles de ménager toutes les susceptibilités, ainsi que nous l'avons fait dans notre analyse. Nous avons pris soin de bien expliquer que la question originelle est bel et bien correctement posée, reconnaissant de facto la réalité de l'inquiétude des adhérents, tout en affirmant clairement que si l'inquiétude est justifiée, la réponse proposée aggravera le problème et doit être rejetée au profit d'une réponse systémique qui soigne la cause au lieu de n'être qu'un emplâtre sur une jambe de bois. Au plaisir de vous retrouver ici ! Ce texte est soumis aux conditions Creative Commons CC-BY-NC-SA.

×