Cancer des lèvres

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Cancer des lèvres

  1. 1. Les tumeurs des lèvres se développent principalement sur le versant cutané et le vermillon des lèvres et sont d’origine dermatologique. Plus rares sont les tumeurs développées sur le versant muqueux ce sont particulièrement des glandes salivaires accessoires. C’est au stade pré cancéreux qu’il faut les diagnostiquer et les traiter. Elles sont dominées par les épithéliomas épidermoides.
  2. 2. Le traitement est local soit chirurgical soit la curiethérapie lorsqu’elles sont limitées; pour les tumeurs étendues le traitement associera en plus une chirurgie ganglionnaire. Le pronostic dépend du stade auquel la tumeur est vue ainsi que de l’extension ganglionnaire.
  3. 3. Les lèvres sont un repli musculomembraneux constituant la partie ant de la cavité buccale et les bords de l’orifice buccal. Les lèvres supérieures et inférieures se réunissent latéralement par les commissures labiales. La lèvre supérieure est limitée en haut par une horizontale passant par le seuil narinaire et le pied de la columelle, latéralement par les 2 sillons nasogéniens. La lèvre inférieure est limitée en dehors par le prolongement de ces 2 sillons et en bas par le sillon labio mentonnier.
  4. 4. Chaque lèvre comprend une partie cutanée (lèvre blanche) et une partie muqueuse (lèvre rouge). La lèvre blanche sup présente une dépression médiane, le philtrum. on distingue 2 parties à la lèvre rouge: Lèvre intérieure dite lèvre humide constituée par un épithélium pavimenteux stratifié en continuité avec la face interne des joues. Lèvre sèche ou vermillon zone de transition entre la muqueuse et l’épithélium corné. La zone de jonction cutanéomuqueuse est saillante nette et constituant un repère esthétique qu’il faut restaurer dans la mesure du possible. La lèvre sup présente une incurvation appelée arc de Cupidon. La lèvre inf présente une incurvation à concavité sup.
  5. 5. Muscles: L’orbiculaire des lèvres constitue la pièce centrale de la musculature labiale avec un plan superficiel et un plan profond. La région commissurale voit converger au niveau de la commissure les muscles petit et grand zygomatiques, le canin, le risorius, le platysma. Tous ces muscles sont innervés par le nerf facial Innervation: Motrice: le nerf facial. Sensitive: le nerf trijumeau via le nerf sous orbitaire V2 pour la lèvre sup et le nerf mentonnier pour La lèvre inf Vascularisation : assurée par les artères coronaires Sup et inf provenant de l’artère faciale. Drainage lymphatique -suivent le trajet de la veine faciale pour la lèvre sup pour aboutir aux ganglions sous maxillaires puis sous digastriques -le drainage se fait directement vers les ganglions sous mentaux pour la partie médiane de la lèvre inf. et poir la partie latérale vers les ganglions sous maxillaires puis sous digastriques
  6. 6. Fréquence: -Représente entre : 0.6 à 1% de tous les cancers 10% des cancers cutanés 1.7% des cancers des VADS. -Le type histologique le plus fréquent reste le carcinome spino cellulaire 90%. Sexe: nette prédominance masculine 9/1. Age: le plus souvent à partir de 60 ans. Topographie: Cancer de la lèvre inf 87-98 % il s’agit essentiellement de carcinome epidermoide surtout sur le vermillon et au niveau de la région para médiane plus rarement prés de la commissure Cancer de la lèvre sup 2-7% les cancers sont surtout cutanés et il s’agit de carcinome baso cellulaire Cancer de la commissure moins de 2%
  7. 7. Facteurs de risque: Ils favorisent l’apparition de lésions pré cancéreuses -exposition prolongée aux rayons ultra violets du soleil(marins, agriculteurs)favorise la survenue de chéilite actinique chronique -traumatisme locaux divers(tic de succion, blessure d’origine dentaire). -la chique favorise les cancers de la face interne des joues que de la lèvre -le tabac irritation chronique par le mégot collé aux lèvres ou le tuyau de pipe -l’alcoolisme chronique également incriminé sans aucune preuve. -mauvaise hygiène bucco dentaire par irritation chronique.
  8. 8. Etats pré cancéreux des lèvres: Kératose actinique: Se voit surtout chez des sujets travaillant au grand air maçons, agriculteurs, marins et siège sur le revêtement cutané. Elle se localise sur la lèvre inf rarement sur la lèvre sup. son incidence est plus élevée chez les sujets à peau claire. Cette lésion fait le lit du carcinome spino cellulaire Elle s’installe progressivement donne au plus une sensation de lèvre sèche mais est très peu gênante fonctionnellement. Le quadrillage normal de la lèvre disparaît remplacé par un épiderme mince et sur lequel se développent des squames parfois elle prend l’aspect de leucoplasie. Histologiquement il existe un éventail entre des anomalies mineures(hyperkératose, parakératose, hyperplasie épithéliale irrégulière, atrophie) et des modifications plus sévères (cellules dyskératosiques, atypie nucléaire, mitoses anormales) constituant un carcinome in situ lorsque la couche basale est préservée et un carcinome spinocellulaire lorsqu’elle est envahie.
  9. 9. Chéilite tabagique: Peut s’associer à la forme précédente et augmenter le risque de carcinome. l’hyperkératose peut être lenticulaire parfois située à l’endroit où est portée la cigarette ou bien diffuse sur les faces extérieure et intérieure de la lèvre inf.sur la face externe ce sont des squames sèches adhérentes mais à bords décollés et tendent à devenir noirâtres (kératine oxydée)alors que sa partie intérieure reste blanche (kératine hydratée)
  10. 10. Chéilite glandulaire: Elle est liée à une hyperplasie de glandes salivaires ectopiques. Cause classique mais très rare de transformation carcinomateuse. La chéilite glandulaire simple dite de Puente forme de petits orifices punctiformes cernés par un tout petit liseré blanc et d’où s’écoule une gouttelette de salive lors de la pression. Un œdème chronique de la lèvre peut l’accompagner surtout dans la forme suppurée dite de Wolkmann qui comporte une suppuration des glandes salivaires ectopiques .
  11. 11. Chéilite en rapport avec une dermatose caractérisée: 1/Lupus érythémateux: La localisation à la lèvre inf surtout se voit dans les lupus érythémateux photosensibles; typiquement se présente sous forme d’une ou plusieurs plaques bien délimitées à centre déprimé d’aspect atrophique rouge violacé ou piqueté de points blancs et avec une bordure sillonnée de petites arborisations blanches. Bien plus souvent c’est un aspect de chéilite sèche kèratosique.
  12. 12. 2/lichen plan La localisation à la lèvre inf est aussi une de celles qui peut se cancériser. L’aspect le plus habituel à cet endroit est celui d’un réseau lichénien. Les papules typiques sont bien rares, il y a généralement D’autres localisations lichéniennes sur la langue uo sur la face interne des joues. 3/candidose chromique Peut être le siège d’une kératose susceptible de dégénérer en particulier dans la région retro commissurale. 4/kératoses de surface sur naevi épidermique Elles sont exceptionnelles et dégénèrent rarement.
  13. 13. 5/papillomatose orale floride Se caractérise par une prolifération de l’aspect papillomateux sous forme de villosités blanches ou rosées, siégeant sur une muqueuse kératosique intéressant la cavité buccale: face interne des joues, le plancher de la bouche, et très rarement le versant muqueux de la lèvre inférieure. Ces tumeurs bénignes sur le plan histologique présentant un caractère évolutif véritablement malin et local justifiant des exérèses larges. 6/ mélanoses de Dubreuilh Etat pré cancéreux du mélanome malin elle est favorisée par l’exposition solaire, elle se développe aux dépens du versant cutané des lèvres sup et inf. elle implique une exérèse chirurgicale limitée et un examen histologique pour prévenir l’évolution vers un authentique mélanome malin.
  14. 14. Leucoplasie tabagique. Chéilite actinique. Leucoplasie de la face interne de la lèvre inférieure (tabac chiqué).
  15. 15. -Tumeurs épithéliales malignes 1- Epithéliomas spinocellulaires ou carcinomes épidermoide siègent à la lèvre inf dans la majorité des cas le plus souvent sur le vermillon mais aussi sur la partie sup du versant muqueux de la lèvre inf, plus rarement sur le versant cutané. L’extension se fait de proche en proche, latéralement vers la ou les 2 commissures, en bas vers la région mentonnière. Redoutable est l’extension vers le paquet vasculo nerveux émergent du trou mentonnier, l’infiltration vasculo nerveuse peutalors se faire très rapidement et de façon incontrôlée le long du canal dentaire inf et s’étendre à l’hémimandibule correspondante.
  16. 16. Macroscopie: ulcération superficielle ou creusante à bords surélevés et reposant sur une base indurée. Les tumeurs végétantes érosives sont plus rares. Le risque de métastases ganglionnaires cervicales est limité pour les petites tumeurs Histologie: Le degré de différenciation cellulaire est un élément pronostique
  17. 17. 2- Epithéliomas basocellulaires Se développent électivement sur le versant cutané de la lèvre sup et sont 10 fois moins fréquents que ceux de la lèvre inf.il peut s’agir de: -épithéliomas plans superficiels. - Épithéliomas ulcéreux - épithéliomas superficiels pagétoides ou érythémateux - Épithéliomas saillants nodulaires ou bourgeonnants - Épithéliomas sclérodermiformes. - Épithéliomas basocellulaires tatoués Dans la plupart des cas ces carcinomes sont caractérisés par l’existence de perles translucides bien visisbles à la loupe entourant la tumeur. Ils ne donnent pas de métastases ganglionnaires en revanche le risque local est superposable à celui d’un carcinome spinocellulaire.
  18. 18. 3-autres tumeurs malignes épithéliales: Toutes les tumeurs développées au dépens des annexes de la peau sont retrouvées aux lèvres : -Adénocarcinomes annexiels. -Tumeur de Merkel; tumeur endocrine de pronostic redoutable tant sur le plan local que ganglionnaire et métastatique général. -épithéliomas des glandes salivaires accéssoires (adénocarcinome, cylindrome, tumeur muco épidermoide, ou même tumeur mixte). 4-tumeurs conjonctives primitives malignes: Bien qu’exceptionnelles, la plupart des tumeurs conjonctives ont pu être décrites aux lèvres: rhabdomyosarcome, sarcome, histiocytofibrosarcomes.
  19. 19. 5-mélanomes malins: Se développent -soit sur le versant cutané des lèvres (soit d’emblée soit précédés d’une mélanose de Dubreuilh) ils n’on aucune particularités vis- à-vis des autres mélanomes malins -soit sur le versant muqueux et présentent un pronostic très péjoratif(dissémination rapide locorégionale et métastases viscérale).
  20. 20. Type de description: épithélioma spinocellulaire de la lèvre inférieure initialement développé au vermillon. Signes fonctionnels: La doléance est souvent une gêne buccale lors de l’alimentation ou de la phonation. Les douleurs sont tardives et certains patients négligents et âgés viennent encore consulter pour des tumeurs étendues de la lèvre inférieure atteignant une voire les deux commissures. La douleur est souvent due à l’infiltration tumorale ou à une surinféction surajoutée.
  21. 21. Examen physique: Inspection: Ulcération tantôt superficielle, tantôt profonde saignant au contact mais surtout reposant sur une base indurée. Parfois l’aspect est plus trompeur, plus limité avec érosion muqueuse tenace recouverte d’une croûte ne cicatrisant pas, impliquant au moindre doute une biopsie. Une kératose associée du vermillon est possible. Dans les formes plus étendues le diagnostic est évident devant un aspect ulcérovégétant ou bourgeonnant d’une grande partie de la lèvre inf et débordant sur le versant muqueux et cutané. Les formes infiltrantes recouvertes d’une muqueuse et d’une peau saine sont rares . 
  22. 22. Palpation: Elle constitue un élément fondamental pour apprécier la taille véritable de la tumeur, l’induration dépasse largement la taille de l’ulcération. La palpation vérifie l’absence d’extension au niveau du menton, du cul de sac gingivolabial et des commissures. La sensibilité de la lèvre et du menton est habituellement conservée; à moins de tumeurs très étendues envahissant le nerf mentonnier (pronostic réservé) Recherche d’adénopathies dans les territoires sous- mentonniers, sous-maxillaires, jugulocarotidiens spinaux et sus-claviculaires. la palpation est toujours symétrique Un ganglion palpable n’est pas forcément envahi de même l’absence d’adénopathies n’exclut pas un envahissement microscopique.
  23. 23. Carcinome épidermoïde labial inférieur
  24. 24. Examen ORL complet: Il est important de rechercher une deuxième localisation an niveau des VADS et en particulier de réaliser un examen complet de la cavité buccale, l'oropharynx, le larynx et de l’hypopharynx.
  25. 25. Examens complémentaires: Imagerie: TDM ou IRM n’ont pas d’intérêt dans le bilan d’extension locale à moins de tumeurs très étendues et pour préciser la présence d’adénopathies cervicales en préciser la taille, la topographie et guider la conduite thérapeutique. Echographie: présence d’adénopathies cervicales en préciser la taille, la topographie par rapport aux vaisseaux du cou. Panendoscopie: Recherche d’une 2ème localisation surtout chez un fumeur avéré.
  26. 26. Biopsie/ étude histologique: La biopsie sera faite si possible au bistouri de façon à avoir un examen histologique complet des cellules non déformées et confirmant l’épithélioma spinocellulaire.
  27. 27. Selon le code de l’UICC Tis: carcinome in situ T1:tumeur inférieure ou égale à 2 cm dans sa plus grande dimension. T2:tumeur supérieure à 2 cm mais inférieure à 4 cm dans sa plus grande dimension. T3:tumeur plus de 4cm dans sa plus grande dimension. T4:tumeur envahissant les structures adjacentes: os mandibulaire cortical, langue, etc.
  28. 28. N0:pas d’adénopathie palpable N1: métastase ganglionnaire ipsilatérale de moins de 3 cm dans sa plus grande dimension. N2a: métastase ganglionnaire unique ipsilatérale de plus de 3 cm et de moins de 6 cm dans sa plus grande dimension. N2b: métastases ganglionnaires multiples ipsilatérales de moins de 6 cm dans sa plus grande dimension. N2c: métastase bilatérale ou controlatérale de moins de 6 cm dans sa plus grande dimension. N3: métastase ganglionnaire de plus de 6 cm dans sa plus grande dimension.
  29. 29. Formes topographiques: -À la lèvre sup l’épithélioma basocellulaire siègent habituellement sur le versant cutané. Les carcinomes spinocellulaires y sont plus rares. -les cancers de la commissure labiale ont souvent les modalités d’extension des cancers de la lèvre inf. -les formes très étendues sont le fait de patients négligents où on observe un atteinte du nerf mentonnier et une extension le long de ce nerf à l’intérieur de la mandibule dans tout le canal dentaire.
  30. 30. Tumeurs des glandes salivaires accessoires: Elle se développent sue le versant muqueux sous forme d’une induration parfois douloureuse soulevant la muqueuse. Ces tumeurs ulcèrent rapidement la muqueuse. La biopsie confirme le diagnostic . Le diagnostic se pose avec un adénome pléiomorphe qui reste sous muqueux mais dont la dégénérescence est possible.
  31. 31. Carcinome épidermoide des lèvres et greffe d’organes: Le risque de survenue de cancer chez les patients ayant subi une greffe de cœur, de poumon ou du rein est beaucoup plus important que dans le reste de la population, favorisé par les traitements immunosuppreseurs.
  32. 32. Repose sur l’aspect clinique : ulcération profonde ou superficielle à base indurée parfois douloureuse de la lèvre, sans tendance à la cicatrisation. Cet aspect doit conduire à réaliser une biopsie l’étude de la pièce de cette biopsie confirmera le diagnostic.
  33. 33. 1 états pré cancéreux d’autant plus que l’association est fréquente (ana path). 2 ulcération traumatique en regard d’une dent offensante, l’ulcération devant disparaître avec le traitement de la cause. 3 le lichen érosif, lésion superficielle tenace susceptible de dégénérer 4 les ulcérations tuberculeuses ou syphilitiques qui sont actuellement exceptionnelles. Au moindre doute un contrôle anatomo pathologique s’impose soit par biopsie soit par exérèse de la lésion prénéoplasique.
  34. 34. Non traitée la lésion continuera à évoluer de proche en proche infiltrant: -Commissure labiale -Région mentonnière -Structures de la cavité buccale -Mandibule et canal dentaire. -Ganglions cervicaux (plus fréquemment atteints dans les cancers de la commissures 15-18%) -viscères (poumon, foie), os. Les surinfections sont possibles st source de douleurs.
  35. 35. Buts: Exérèse totale de la tumeur Arrêter son évolution éviter les complication et récidives.
  36. 36. Moyens: A-Chirurgie Utilisée soit d’emblée soit en rattrapage en cas d’échec à la radiothérapie Le traitement consiste à faire une exérèse large de la lésion suivie d’une reconstruction. La reconstruction des pertes de substance des lèvres doit aboutir à un minimum de séquelles fonctionnelles et esthétiques. Cette chirurgie fait appel à de nombreuses techniques qui ont évolué au cours des siècles. Leur nombre témoigne de la difficulté de ce type de reconstruction. Il comporte un traitement local et éventuellement un traitement sur les aires ganglionnaires. Il est préférable de demander un examen extemporané pour apprécier la bonne qualité de l’exérèse avant la réparation.
  37. 37. Cette réparation est habituellement assurée dans le même temps opératoire ; elle vise à reconstituer le caractère esthétique de la lèvre et à restaurer la qualité fonctionnelle importante pour la déglutition et la phonation.
  38. 38. Principes d’exérèse des tumeurs cutanées des lèvres États précancéreux Les lésions précancéreuses sont fréquentes au niveau de la face. On distingue : les lésions précancéreuses acquises (kératoses solaires, lésions chimiques, radiodermites, cicatrices anciennes), les tumeurs fibroépithéliales. Il s’agit de lésions intraépidermiques qui sont susceptibles dans un premier temps de se transformer en carcinome épidermoïde infiltrant. L’appréciation des limites lésionnelles est souvent difficile.
  39. 39. Carcinomes cutanés Principes généraux d’exérèse Si les règles d’exérèse restent identiques pour les épithélioma basocellulaire et spinocellulaire , les marges de sécurité sont, elles, différentes. Le traitement de ces lésions doit être efficace d’emblée, car la récidive rend le traitement plus mutilant et le résultat moins sûr. Il faut noter que les récidives sont fréquentes par insuffisance du premier traitement.
  40. 40. Il doit exister une totale indépendance entre l’exérèse et la reconstruction ; la guérison ne doit pas être compromise en raison d’une exérèse insuffisante par souci esthétique. L’exérèse est réalisée à l’emporte-pièce. La pièce est orientée et accompagnée d’un schéma. Comme dans toute chirurgie carcinologique, les instruments utilisés pour l’exérèse sont changés avant de commencer le temps de reconstruction.
  41. 41. Marges d’exérèse Le problème des marges d’exérèse est délicat car il s’agit d’éviter un sacrifice inutile de peau saine en ayant des limites carcinologiques correctes en tenant compte de l’extension infraclinique. • Carcinome basocellulaire : marge de 3-5 mm atteignant en profondeur l’hypoderme ; marge de 8-10 mm en cas de carcinome basocellulaire sclérodermiforme. • Carcinome spinocellulaire : marge de 8-10 mm.
  42. 42. Mélanomes L’exérèse doit être réalisée en deux temps [20] car les marges d’exérèse dépendent de l’indice de Breslow (épaisseur maximale entre la surface de la couche granuleuse de l’épiderme et la cellule tumorale la plus profonde dans le derme) donné par l’étude anatomopathologique. • En théorieEn théorie : indice de Breslow < 1 mm, marge d’exérèse= 1 cm ; indice de Breslow entre 1 et 4 mm, marge d’exérèse= 2 cm, indice de Breslow > 4 mm, marge d’exérèse = 3 cm. • En pratiqueEn pratique : au niveau du visage, la possibilité d’appliquer ces marges est appréciée au cas par cas avec toutefois un minimum de 1 cm pour les mélanomes invasifs, en sachant qu’une exérèse supérieure à 2 cm n’influence pas la survie à 5 ans pour les mélanomes dont l’épaisseur est supérieure à 4 mm [21]. La tendance actuelle est d’adopter la marge d’exérèse non pas à l’épaisseur mais au diamètre de la tumeur et de proposer 1,5 cm de marge si le diamètre est inférieur à 3 cm et 2,5 si celui-ci est supérieur
  43. 43. Traitement chirurgical des tumeurs de la lèvre inférieure Le vermillon est souvent touché ce qui impose une chirurgie interruptrice de la lèvre, la réparation restaure immédiatement la sangle labiale inférieure. Les pertes de substance de la lèvre inférieure sont de loin les plus fréquentes à réparer, Schématiquement, on peut appliquer la règle des tiers pour la réparation des pertes de substance : • pour une exérèse inférieure au tiers de la lèvre inférieure, la fermeture peut se faire par suture directe ; • pour une exérèse comprise entre un tiers et deux tiers, la reconstruction se fait par un lambeau local pris sur la lèvre supérieure ; • enfin pour une exérèse supérieure à deux tiers (amputation subtotale), on fait appel à un lambeau régional.
  44. 44. -résection en V o u Wrésection en V o u W : méthode simple à condition que la résection ne dépasse pas la tiers de la lèvre inf; la réparation est assurée en 3 plans: Plan musculaire au fil non résorbable de façon à éviter une désunion postopératoire. Le plan muqueux et le plan cutané réalisés séparément. Il est important de restaurer le bord libre de la lèvre surtout à la jonction peau-vermillon.
  45. 45. -épithélioma compris entre le tiers et la moitiéépithélioma compris entre le tiers et la moitié de la lèvre inf:de la lèvre inf: -perte de substance médiane: technique du double escalier. - perte de substance médiane étendue: plastie jugale limitée avec incision de la commissure permet de gagner 2 cm au niveau de la joue, la commissure est refaite.
  46. 46. - Perte de substance latérale juxta commis- -surale: Technique de l’éventail de Gillies (ou de buck) Ces 2 lambeaux utilisent le tiers de la lèvre sup homolatérale qui est translaté pour réparer la perte de substance plus étendue de la lèvre inf correspondante en préservant le pédicule vasculaire coronaire. La suture est toujours réalisée en 3 plans. la déformation de la commissure impose une commissuroplastie quelques semaines plus tard.
  47. 47. Lambeau en éventail de Gillies
  48. 48. Commissuroplastie suivant la technique de Gillies.
  49. 49. Technique d’Abbé Estlander: rarement proposée pour réparer les pertes de substance médianes de la lèvre inf, en cas de perte de substance latérale juxta commissurale : le recours à un lambeau pris au niveau du tiers externe de la lèvre sup; ce qui implique un 2ème temps : commissuroplastie.
  50. 50. Lambeaux hétérolatéraux d’Abbé Estlander
  51. 51. Lambeau naso génien en ilot: Pour les pertes de substance étendues intéressant les deux tiers ou la quasitotalité de la lèvre inf; 2 procédés: Technique de Camille-Bernard: Qui a subi plusieurs modifications notamment celle de Webster. La réparation est assurée par 2 lambeaux horizontaux pris de la joue comprenant peau et muscle. La modification de Webster modifie le tracé inf qui suit le pli séparant la lèvre inf du menton . Les lambeaux sont symétriques. Le vermillon est reconstitué par un lambeau muqueux pris de la face interne de la joue . 2 triangles de peau sont sacrifiés au niveau du sillon naso génien au dessus de l’incision pour permettre un glisement des 2 lambeaux
  52. 52. Lambeau de Camille Bernard
  53. 53. Procédé de Camille Bernard modifié par Webster.
  54. 54. Dans les tumeurs très étendues avec envahissement de la mandibule ou du menton; soit lambeau myopectoral, soit lambeaux libres antebrachial, grand dorsal, et en ces de résection mandibulaire interruptrice: lambeaux ostéocutanés surtout lambeau du péroné.
  55. 55. Traitement chirurgical des tumeurs de la lèvre supérieure On doit distinguer deux zones, la lèvre rouge et la lèvre blanche, ces deux zones étant séparées par la ligne cutanéomuqueuse dont l’altération est toujours disgracieuse. La reconstruction de la lèvre supérieure doit veiller à garder une symétrie de l’arc de Cupidon pour éviter une distorsion par rapport à la base du nez : on ne peut donc réaliser des sutures directes que pour de petites lésions sous peine de déformations cosmétiques très visibles. La nécessité du placement des cicatrices, du respect des repères anatomiques et la symétrie de la lèvre supérieure oblige à faire souvent appel à la lèvre inférieure pour sa reconstruction. En effet, la lèvre inférieure n’a pas de sous-unité esthétique et une résection inférieure au tiers n’entraîne pas de dissymétrie visible.
  56. 56. Cas de la lèvre supérieure blanche La symétrie de la lèvre supérieure et ses rapports intimes avec la base du nez rendent sa reconstruction délicate. De plus, chez l’homme, il faut tenir compte de la pilosité de la moustache. On fait ici appel principalement à des lambeaux de voisinage.
  57. 57. -dans les formes superficielles: réparation assurée par : une greffe de peau totale rétro auriculaire. une plastie d’avancement de la lèvre latérale. En respectant la jonction peau-vermillon. Des plasties en LLL peuvent être proposées pour éviter les cicatrices linéaires. -dans les pertes de substance superficielles et médianes de la peau: La réparation se fait par plastie en H prise au dépens des parties latérales de la lèvre sup on en contournant l’aile du nez. La cicatrisation dirigée est proposée par certains paraît peu conseillée du fait des risques de rétraction et de déformations qu’elle engendre.
  58. 58. Pertes de substance interruptrices: la réparation se fait en 3 plans; Le recours au lambeau d’Abbé- Estlander à pédicule inf est une méthode de choix lorsque la perte de substance intéresse le philtrum . Pertes de substance latérales: Réparation selon le lambeau en éventail de Gillies.
  59. 59. Lambeau d’Abbé ou lambeau tournant hétérolabial pédiculé.
  60. 60. Lambeau d’avancement de Webster.
  61. 61. Sur les aires ganglionnaires:Sur les aires ganglionnaires: Curage ganglionnaire sous-mento-sous- mandibulaire, sou digastique et sus omo hyoidien bilatéral.
  62. 62. Radiothérapie: Radiothérapie externe: préconisée soit dans les très volumineuses tumeurs ou le plus souvent en cas d’envahissement ganglionnaire . curiethérapie: irradiation par les fils d’iridium Le volume cible comporte le volume de la tumeur plus un volume de sécurité. La dose est de 65 à75 Gy. Les suites de la curiethérapie sont habituellement favorables
  63. 63. Chimiothérapie: Son utilité n’ a pu être prouvée elle est toutefois souvent proposée dans les tumeurs très étendues ou en association à une radiothérapie comme traitement palliatif.
  64. 64. Dépendent de l’âge, de l’état général du patient et de l’expérience de l’opérateur. -T1 OU T2 : chirurgie et radiothérapie ont des taux de guérison superposables de l’ordre de 90% pour les tumeurs T1 et de moins de 85 % pour les T2. -Pour les petites tumeurs de moins de 3 cm accessibles à un geste chirurgical la chirurgie paraît préférable. -tumeur de 3-4 cm: chirurgie ou curiethérapie. - T1,T2 N0 abstention thérapeutique ganglionnaire mais impose une surveillance. - T1 ,T2 N1,N2: curage ganglionnaire systématique + radiothérapie si envahissement ganglionnaire histologique. - T3 le curage sera là aussi systématique.
  65. 65. Le carcinome épidermoïde est la tumeur maligne la plus fréquente des lèvres. Il survient surtout chez les hommes. Les causes essentielles sont l’exposition solaire, l’usage du tabac, des irritations chroniques. La leucoplasie est la plus fréquente des lésions précancéreuses. L’aspect clinique du carcinome épidermoïde peut être une érosion croûteuse ou une ulcération. Le traitement habituel est la chirurgie d’exérèse avec plastie de reconstruction

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