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  1. 1. Inde et Sénégal Miser sur la jeunesse Solidarcomm Nouveaux défis Haïti Nouveautés pour les restaveks Rapport annuel 2014 Extraits terre des hommes suisse n°118 juin 2015
  2. 2. terredeshommessuissen°118-juin2015
  3. 3. Rédactrices responsables Souad von Allmen Doris Charollais Ont participé à ce numéro Sylvie Dugeay Catherine Ojalvo Elena Sartorius Graphisme Sophie Marteau Impression Imprimerie Genevoise SA Tirage: 28800 exs. Terre des Hommes Suisse est une organisation de coopération au développement qui s'engage pour l'enfance et un développe- ment solidaire. Elle travaille avec ses partenaires dans 10 pays du Sud et sensibilise le public suisse aux réalités Nord-Sud. Elle fait notamment partie de Terre des Hommes Fédération Internatio- nale et de la Fédération genevoise de coopération. TdH est membre du bureau central des œuvres de bienfaisance (ZEWO) depuis 1988. Journal Terre des Hommes Suisse 31, ch. Frank-Thomas 1223 Cologny - Genève tél. 022 736 36 36 fax 022 736 15 10 secretariat@terredeshommessuisse.ch www.terredeshommessuisse.ch facebook.com/terredeshommes.suisse ccp 12-12176-2 compte bancaire CH56 0483 5036 4896 2102 2 crédit suisse 1211 Genève 70 Edito par Jean-Luc Pittet 3 8-9 Sommaire Obnubilées par la maximisation de leurs profits, de nombreuses multinationales provoquent des ravages humains et écologiques à l'échelle plané- taire. Destruction de la forêt vierge et pollutions causées par l'extraction minière, accaparement de l'eau communautaire pour sa privatisation et sa commercialisation en bouteilles, conditions de travail inhumaines dans les usines textiles, exploitation des enfants au travail dans les plantations de cacao: il est temps d'agir pour mettre fin à de telles pratiques. Des entreprises suisses ne font pas exception, bien au contraire, et profitent aussi des législations lacunaires de nombreux pays défavorisés et de la faiblesse de leurs institutions publiques pour violer, en toute impunité, droits humains et normes environ- nementales reconnues internationalement. Que faire pour que ces multinationales suisses agissent de manière responsable? Suite au désin- térêt du Parlement pour la pétition « Droits sans frontières», malgré ses 135000 signatures, une large coalition constituée de 66 organisations environne- mentales, de coopération au développement et de droits humains, dont Terre des Hommes Suisse, a lancé le 21 avril dernier l'initiative populaire «Pour des multinationales responsables» (voir document encarté). Une initiative qui prévoit d'introduire dans la loi un devoir de diligence des entreprises. Concrètement, cela signifie que les sociétés domici- liées en Suisse devraient s'assurer que leurs activités à l'étranger respectent aussi les droits humains et les standards environnementaux. Des peines, qui seraient infligées par des tribunaux suisses, sont prévues en cas de manquement. Récolter 100 000 signatures valables en 18 mois, pour que cette initiative soit présentée en votation populaire, est un réel défi. À nous toutes et tous de le relever! 10-11 13 Haïti Des centaines de restaveks ont accès à de nouveaux locaux pour étudier et se ressourcer. Inde Vision d'ensemble des projets soutenus par Terre des Hommes Suisse en Inde ou comment miser sur la jeunesse? Sénégal La participation des jeunes: un enjeu transversal à tous nos partenariats! L'exemple d'Eden. Solidarcomm 2000 élèves de la Ville de Lancy découvrent l'intérieur de leur téléphone portable... La parole à Martin Rohner Actions de soutien Infos Ça vous intéresse! Extraits du rapport annuel 2014 Les événements de l'été 6-7 4-5 12 14 16 15 Responsabiliser les multinationales Un grand MERCI à l'imprimeur qui contribue à cette publication. ©Couverture:TdH,Inde,ChristopheRoduit p.2:affichecampagne«Pourdesmultinationales responsables»,OliverGamperleSàrl terredeshommessuissen°118-juin2015
  4. 4. Haïti 4 «C’estl’histoired’unepetitegraine que l'on jette en terre… ça n’a l’air de rien, et puis ça devient quelque chose d’extraordinaire ! » Le Père Miguel Jean-Baptiste évoque de sa voix douce la parabole du grain de moutarde pour raconter l’histoire du Foyer Maurice Sixto (FMS). Cette institution scolarise tous les après-midis à Port-au-Prince des enfantsplacéscommedomestiques, les restaveks. Elle leur offre aussi un espace de protection, d’écoute et de loisirs. Terre des Hommes Suisse soutientceprojetdepuissacréation, il y a 25 ans. Des restaveks, ou enfants en domes- ticité, il y en aurait entre 100000 et 300 000 en Haïti. Issus de la cam- pagne, des filles en majorité, ils sont confiés à des familles de la ville par leurs parents qui espèrent pour eux une vie meilleure. Mais la réalité est tout autre. Le plus souvent exploités et maltraités, ces enfants, astreints à des corvées ménagères du matin au soir, mal nourris, privés d’école, deviennentpeuàpeuinvisibles,dés- humanisés,loindel’affectiondeleur vraie famille. L'estime de soi pour des enfants «Ces jeunes ont besoin de répara- tion pour les attacher à la vie et leur redonneruneestimed'eux-mêmes», explique Jivenel Napoléon, coordi- nateur de projets au FMS. L’insti- tution tente de rendre à ces jeunes employés domestiques leur enfance volée. Elle leur offre tendresse et réconfort ainsi qu’un repas chaud et un verre de lait, un «luxe» pour beaucoup en Haïti. Les enfants y suivent une scolarité ou une for- mation professionnelle de qualité, adaptée à leurs horaires de travail. Ilsbénéficientégalementd’unenca- drement psychosocial rassurant, pour faire face à leurs conditions de vie et surpasser les traumatismes subis (physiques, psychologiques et parfois sexuels). Le centre organise des activités manuelles, artistiques et sportives, et n’oublie pas de fêter l’anniversaire de chacun! Changement des mentalités Le coordinateur souligne l’impor- tance du travail effectué auprès des «familles-patronnes».Haïtiasigné la Convention relative aux droits de l’enfant,maispasencorecellesurles pires formes de travail des enfants. Pour le FMS, le renforcement du cadre légal n’est cependant pas suf- fisant. «Ce n’est pas par manque de lois que les enfants sont maltraités, estime Jivenel Napoléon, mais c’est dans la mentalité des gens d’être indifférentsàleursortetd’appliquer des mauvais traitements.» « Le monde a besoin d’hommes nouveaux, affirme le Père Miguel, des hommes qui renoncent à une tradition rétrograde, qu’elle soit religieuse, sociale ou historique.» Dans son livre Moi, le Père des sans famille, il décrit cet «homme nou- veau» et raconte son combat pour lesenfantsendomesticité,quiprend sa source au fond de ses tripes: son propre père avait été placé comme domestique après l’exécution, pour des motifs politiques, de son grand- père. Et lui-même a été envoyé très jeune dans une congrégation religieuseoùsafamilleluimanquait terriblement. En œuvrant pour les jeunes restaveks, c’est aussi son histoire et celle de sa famille qu’il tente de réparer. par Elena Sartorius Un «homme nouveau» pour abolir l’esclavage moderne en Haïti LePèreMiguelJean-BaptistecombatpourlesdroitsdesenfantsrestaveksenHaïti. Partenaire de Terre des Hommes Suisse depuis 25 ans, il témoigne à Genève, cinq ans après le séisme meurtrier qui a ravagé son pays. terredeshommessuissen°118-juin2015 ©TdH,Haïti,SouadvonAllmenetFMS
  5. 5. Le Foyer Maurice Sixto (FMS) est le plus ancien partenaire de Terre des Hommes Suisse en Haïti. Son fondateur, le Père Miguel Jean-Baptiste, connaît bien la Suisse, car il a étudié la théologie à Fribourg. Accompagné de son adjoint, Jivenel Napoléon, il a profité de la tournée de promotion du livre Moi, le Père des sans famille, publié en février 2015 chez Flammarion, pour nous rendre visite à Genève. Comment les enfants restaveks ont-ils accès au FMS? Notre Comité d’appui, de suivi et d’encadrement (CASE) s’occupe de l’admission des enfants. D’une part, certains sont directement amenés lors de l’ouverture des inscriptions: dans ce cas, le CASE doit déterminer s’ils sont effectivement en domesti- cité. D’autre part, nos collaborateurs du CASE vont dans la rue pour détecter les jeunes en domesti- cité, celle ou celui qui porte un poids visiblement trop lourd ou qui n’est pas à l’école alors que les autres y sont... Lors de vos visites auprès des « familles- patronnes», comment êtes-vous reçus? Nous visitons régulièrement le domicile de l’enfant, ou au cas par cas, par exemple quand nous décou- vrons une cicatrice douteuse. Nous questionnons, dialoguons. Nous évitons de juger : la « famille- patronne» n’est pas foncièrement méchante, mais elle est en proie à une mentalité qui vient de loin, peut-être d'aussi loin que l'esclavage. Dans le temps, c’était difficile, les familles d’accueil nous voyaient comme la «bête noire». Aujourd’hui, il y a plus d’ou- verture, elles viennent à notre rencontre et se laissent exposer à nos messages de sensibilisation. Quels changements constatez-vous chez les enfants qui fréquentent le foyer? Après quelques semaines déjà, nous voyons un changement dans leur comportement, surtout sur le plan de l’estime de soi. Un enfant restavek est stig- matisé car il est souvent sale, pieds nus, mal coiffé. Lorsque vous entrez dans une maison où il y a un ou deux jeunes en domesticité, vous ne les voyez pas, ils sont silencieux, invisibles. Au FMS, les enfants portent un uniforme comme les autres écoliers. Nous leur apprenons aussi à être là et à regarder les gens dans les yeux. Le foyer est un centre vivant et animé où les jeunes sont réellement présents. Le FMS a tenu ses promesses en dépit des difficultés, y compris le séisme meurtrier qui, en 2010, a durementtouchélefoyer.Ilaccueille aujourd’hui300enfantsetpourraen recevoir jusqu’à 450 dans ses nou- veaux locaux, reconstruits grâce à la coopération internationale. La qualité de l’enseignement, dis- pensé jusqu’à la 6e primaire, a payé: 14 jeunes sur 15 ont terminé avec succès le premier cycle du primaire en 2013 et 2014, un taux plus élevé que dans les autres écoles du pays. Le Père Miguel a reçu plusieurs prix poursontravail,dontàdeuxreprises le Prix des droits de l’homme de la République française, le premier sur la recommandation de Terre des Hommes Suisse. Il espère aug- menter ses effectifs pour scolariser les jeunes employés domestiques jusqu’à la 9e année et établir des antennes dans les autres districts; cela permettrait de relayer son mes- sage de sensibilisation à travers tout lepays.«Lapetitegrainecontinuera de grandir au bénéfice de milliers d’enfants, assure-t-il. Pas seulement en Haïti, mais dans le monde entier, ils sont l’avenir d’un pays.» Ce projet reçoit le soutien de la Fondation Air France. terredeshommessuissen°118-juin2015
  6. 6. Inde 6par Gaëtan Corthay Un avenir pour les jeunes des villages en Inde Ashish Ghosh, coordinateur national en Inde de Terre des Hommes Suisse, était à Genève à la fin du mois de janvier dans le cadre du Congrès international pour la justice juvénile. À cette occasion, nous lui avons demandé de faire le point sur les risques auxquels la jeunesse indienne est confrontée. L'Inde est une terre de contrastes. D'un côté, une grande puissance émergente, au taux de croissance élevé et au potentiel économique, scientifique et intellectuel reconnu. De l'autre, un pays où près d'un tiers de la population, soit environ 350 millions de personnes, vit sous le seuil de la pauvreté. Les jeunes en mal d'avenir Ces inégalités touchent particulière- ment les jeunes. Tout d’abord en rai- son d’un système éducatif déficient. En dehors des villes, l’enseignement public est peu fiable, les moyens sont faiblesetlesabsencesdesenseignants fréquentes. Àcelas'ajoutel’extrêmepauvretéde certaines régions rurales, délaissées par l'aide gouvernementale. Là où la vie se transforme en survie, les jeunes s'en vont en quête de travail. Mais le voyage vers les villes est périlleux. Ceux qui partent sans famille s'exposent à toutes sortes de dangers, dignes des scènes du film Slumdog Millionaire : trafiquants, réseaux criminels… Par ailleurs, certaines traditions persistent, accentuant les inégalités, tell’emploidejeunescommedomes- tiques par des familles aisées. Un travail précaire qui expose souvent les jeunes aux mauvais traitements, à l'exploitation et aux abus. Pour les jeunes filles, la problématique de la dot est toujours d'actualité, malgré un recul du phénomène. «Les tra- ditions, dans notre société, n'aident pasàgrandir,constateAshishGhosh, celanécessitedescampagnesd'infor- mation, de l'éducation.» Prévention et participation Terre des Hommes Suisse mise sur des actions ciblées et locales avec neuf projets dans sept Etats en Inde qui réduisent significativement le nombre d'enfants migrants soumis aux risques de trafic ou de violences. L'assistance aux jeunes prend la forme d'un accompagnement dans leur périple migratoire, des emplois plus sûrs, des centres scolaires ruraux, la participation à la vie civique et une sensibilisation aux droits de l’enfant. Dans le sud de l’Inde, des structures proches de la coopérative ont été mises sur pied pour les pêcheurs et les petits producteurs de riz. Une occasion de faire pression sur les lobbies et de rétablir des prix qui permettent aux populations de survivre. Ainsi, les jeunes, autrefois condam- nés à migrer vers la précarité des villes, peuvent envisager un avenir dans leur village. terredeshommessuissen°118-juin2015 ©TdH,Inde,ChristopheRoduit
  7. 7. 7Protection de l'enfant En Inde comme dans les autres pays d'actions, Terre des Hommes Suisse s'engage pour protéger les enfants et les jeunes, mais aussi pour leur donner accès à une éducation et à une formation, et les encourager à défendre leurs droits. Et ce travail passe aussi par les mères! Ci-contre, Ashish Ghosh dans une communauté villageoise. terredeshommessuissen°118-juin2015
  8. 8. 8par Olivier GrobetSénégal Les enfants d’Eden Au Sénégal, de nouveaux partenaires issus de la société civile, porteurs d’une initiativeoriginale,permettentàTerredesHommesSuissed'accroîtresesactivités pour la protection de l’enfance. LabanlieuedeDakars’estdéveloppée de manière anarchique sous la pres- sion démographique, conséquence notammentdel’exodemassifdescam- pagnes vers les villes après des séche- resses répétées. Dans ces communes côtières défavorisées, les conditions de vie sont difficiles pour les jeunes qui constituent plus de 50 % de la population. Les familles, qui peinent à trouver un logement et du travail, vivent grâce au petit commerce et à l’artisanat, des activités relevant du secteurdit«informel».Lesservices sociaux de base manquent égale- ment pour couvrir les besoins spéci- fiques à la jeunesse, comme la santé, l’éducation, le sport ou les loisirs. De nombreux enfants se retrouvent déscolarisés, en situation de vulné- rabilité ou d’exploitation. Parmi eux, des enfants orphelins, en rupture familiale ou porteurs d’un handicap, travailleurs ou mendiants, qui néces- sitent une attention particulière. Protection, éducation et citoyenneté Terre des Hommes Suisse se joint à un projet novateur qui allie droit à l’éducation, protection de l’enfance et promotion de la citoyenneté, mené par l’association sénégalaise Eden (Education et développement de l’enfant). Dans un environne- ment sécurisé, des milliers d'enfants et d'adolescents bénéficient d’un soutien parascolaire adapté à leurs besoinsainsiqued’animationssocio- éducativesaxéessurlesdroitsdel’en- fant. Ils apprennent en particulier à identifier les risques d’abus, à favori- ser leur signalement et à orienter les victimes vers les services concernés. ©Illustration,SylvieBleeckx © Sénégal, Eden terredeshommessuissen°118-juin2015
  9. 9. Droit à l'éducation Les activités d’Eden ont commencé en 1992 dans la commune de Pikine où de nombreux enfants décèdent, victimes de noyade, alors qu’ils jouent seuls sur la plage. Pour éviter de tels drames, un travail de préven- tion et des activités, principalement descampsdevacances,sontd'abord proposésàcesenfantsdéfavoriséset désœuvrés.Puis,fortedesonsuccès, l’organisation décide d'offrir des animations toute l’année. Au Sénégal, le double flux (classe le matin ou l’après-midi) dans les écoles nationales débordées par le nombre d’élèves a souvent pour conséquence des difficultés sur le plan scolaire. Eden introduit des cours de rattrapage qui obtiennent de très bons résultats, au point que l’école régulière adopte cette même pratique. Parailleurs,Edentravailleaussiavec des enfants talibés. Ces jeunes gar- çons issus de familles pauvres sont confiés par leurs parents à un maître coranique pour qu’il se charge de leur éducation religieuse. Le plus souvent, les talibés sont contraints de mendier dans les rues afin de subvenir à leurs besoins et ceux de leurmaître,etdeviennentdesproies faciles pour des personnes peu scru- puleuses. Eden développe des acti- vités sociales et de sensibilisation, un travail en partie financé par des collectes dans les écoles. Bénéficiaires hier, militants aujourd'hui En2002,EdenintègrelePaden(Plan d’action des droits des enfants). Dès lors,lapromotionetlaprotectiondes enfants deviennent leurs principaux leitmotivs. L’association développe les «clubs Eden» dans lesquels les enfants et les jeunes sont conscien- tisés et s'affirment comme protago- nistes de leurs propres droits. Ainsi, ils se transforment en agents de par- ticipationetdepromotioncitoyenne au sein de leur communauté. Les clubs se développent dans les divers degrés : écoles primaires, collèges et universités. L'appui de nombreux 9 cadres illustre bien la réussite de ses programmes:cesontd'anciensbéné- ficiairesqui,unefoisdevenusadultes, continuentàmiliterpourlesdroitsde l’enfant au sein de l’association. Parmisesactivités,Edenaégalement crééunréseaude«marraines»pour laprotectiondel’enfance,quis’étend sur dix communes. Ces femmes accueillentlesenfantsensituationde vulnérabilitéetdeviennentleursréfé- rentes. Elles recueillent plaintes ou dénonciationsetoriententlesenfants vers les institutions adéquates. Le droit à l’éducation, la protec- tion de l’enfance et la promotion de la citoyenneté sont donc au cœur des activités d’Eden qui, dans une approche alternative et novatrice, privilégie l’aspect participatif des enfants.L’institutionasuobtenirdes effetsàlafoissurlerenforcementsco- laire et sur le changement des men- talités pour promouvoir les droits de l’enfant. Plutôt que d’être victimes, les enfants deviennent les émissaires de leur propre action citoyenne. L’association est aujourd’hui forte- ment appréciée par les communau- tés bénéficiaires et reconnue par les autorités locales. Les jeunes deviennent agents de participation et de promotion citoyenne au sein de leur communauté. terredeshommessuissen°118-juin2015
  10. 10. 10 Votre téléphone portable vaut de l’or! À travers la campagne solidarcomm, Terre des Hommes Suisse, le Département de l'instructionPublique(DIP)etlaVilledeLancysesontalliéspoursensibiliser2000 élèves au développement durable et aux droits de l’enfant. par Elena SartoriusSuisse Ils sont invités à décortiquer de vieux appareils et à identifier leurs composants:plastique,caoutchouc, verre, métaux et plus de 60 produits chimiques, dont des métaux lourds tels que l'arsenic et le lithium. Ils participent ensuite à une discussion surl'impactenvironnementalliéàla productiondecescomposantsetsur les conditions de vie souvent infer- nalesdespopulations quitravaillent dans les sites d'exploitation minière (parmi elles, un cinquième sont des enfants!) et les villages qui se déve- loppent autour. Quel est le point commun entre le contenu d'un coffre-fort d'une banque suisse et un téléphone por- table?Ehbien,tousdeuxcontiennent de l'or! C'est ce fil de l'or que Terre des Hommes Suisse a proposé de suivreauxélèvesdesécolesdelaVille de Lancy, afin de les sensibiliser aux conséquences sociales et environne- mentales de notre consommation, voire surconsommation de télé- phones portables, et leur permettre de devenir acteurs d'un changement. De janvier à mai 2015, 2000 enfants et adolescents de 10 à 19 ans et leurs professeurs, soit une centaine de classes dans 11 écoles, ont participé à l'aventure. Une première de cette ampleur pour la campagne solidar- comm qui, depuis 2003, a permis de récupérer, puis recycler ou revendre 400 000 natels qui dormaient dans des tiroirs. Les bénéfices financiers de cette action servent à soutenir des projets de Terre des Hommes Suisse. Concrètement, des ateliers d'1h30 sont proposés dans les classes. Les élèves se sentent immédiatement concernés car ils possèdent tous un téléphone, et même plusieurs. Anna: «Le travail de sensibilisation auprès des enfants, c’est une graine que l’on sème et qui reste quelque part dans leur cerveau. Nous espérons former de futurs adultes engagés.» Natalia: «Nous sommes bien reçues car nous apportons des solutions, des alternatives, pas seulement des problèmes. Les enfants apprennent comment ils peuvent avoir un impact.» Des animatrices aux compétences pédagogiques reconnues Driiing, driiing! La cloche sonne, les élèves arrivent dans la classe tout excités. «Je peux m’asseoir là?» Aujourd’hui, c’est un jour différent, on a le droit de changer de place. La classe devient tout à coup silencieuse. Les enfants sont attentifs, ils ne veulent rien perdre de ce qui va suivre. «Qui a un téléphone portable?» Toutes les mains se lèvent. «Mais qu’est-il arrivé à ton dernier téléphone?» «Le mien s’est perdu», «Il s’est cassé», «Je l’ai donné à ma petite sœur», «Je sais pas, je l’ai jeté!» Le ton est donné. 1h30 pour échanger, participer à un jeu de l’oie, décortiquer un téléphone portable, voir un reportage, se glisser dans la peau de Luis, un enfant chercheur d’or dans une mine du Pérou… «Il gagne combien?» S’ensuit une discussion animée sur les droits de l’enfant. «Qu’est-ce qu’on peut faire?» De nombreuses mains se lèvent. «Recycler!» Le message est bien passé. Driiing, driiing! La cloche sonne. «C’est déjà fini?» Les enfants en redemandent. À eux de jouer maintenant! Plusd'infossur www.solidarcomm.ch terredeshommessuissen°118-juin2015
  11. 11. accueilli des classes du primaire et du cycle pour aller plus loin dans l'animation.Cesapprentisélectroni- ciens sont en effet particulièrement à même de parler de téléphones portables aux plus jeunes, de leur montrer comment en extraire les composantsetdeleurexpliquerplus en détail le processus de recyclage. Ils sont fiers de pouvoir présenter leur métier tout en exposant aux écoliers les enjeux liés au dévelop- pement durable. Ainsi, la boucle est bouclée, entre les enfants et leurs aînés, entre le Nord et le Sud. Solidarcomm, c'est cela: une grande chaîne de solida- rité qui relie de nombreux acteurs en Suisse et dans le monde, pour le développement durable et les droits de l'enfant. 11 Quel lien avec les droits de l'enfant au Pérou? L'orprésentdansnostéléphonespor- tables permet de faire le lien avec les projets de Terre des Hommes Suisse auPérou,6e producteurmondiald'or. Les élèves sont surpris et souvent indignés lorsqu'ils découvrent, en visionnant un reportage sur l'extrac- tion d'or dans la région de Madre de Dios, que des gens risquent leur vie pour quelques grammes de métal précieux ! Et que 450 000 hectares de forêt, soit 15 fois la superficie de Genève,ontétédévastésenquelques années,transformantcetteluxuriante région d'Amazonie en désert ; que pour chaque gramme d'or récolté (équivalent au contenu de 30 télé- phones portables), 2 à 3 grammes de mercure, métal liquide hautement toxique,sontdéversésdansl'eau,pol- luant toute la chaîne alimentaire, des poissons aux êtres humains. Durant l'animation, articulée autour d'un jeu de l'oie, d'un jeu de rôles et d'un débat, les élèves prennent conscience qu'acheter le dernier modèle de téléphone portable n'est pas sans conséquences. Faut-il vrai- ment changer de téléphone tous les 12à18mois?Parcetteapproche,dite SRA (Sensibilisation – Réflexion - Action), Terre des Hommes Suisse permet aux enfants de réfléchir à leurs responsabilités, ainsi qu'à des solutions et des gestes concrets en faveur d'un développement plus durable et des conditions de vie plus décentes pour les populations des pays du Sud. Après l'animation, les élèves peuvent notamment faire don deleursancienstéléphonesportables en les déposant dans l'une des urnes mises à disposition à l'école. Une seconde vie… Les téléphones récoltés sont tout d'abord testés et triés par l'entreprise sociale PRO, basée à Genève, qui les achemine ensuite auprès d'Hel- vetrade, une PME lausannoise. Les appareils en état de marche ou répa- rables sont vidés de leurs données, remisàneuf,reconditionnésetreven- dusdansdespaysenvoiededévelop- pement, notamment en Afrique. Ces portablesdedeuxièmemainsonttrès recherchés car ils sont bon marché et durent plusieurs années, contrai- rement à d'autres appareils vendus localement, souvent des contrefa- çons, qui tombent en panne après quelques mois à peine. Les compo- sants des téléphones qui ne peuvent être réparés sont recyclés en Suisse. Une chaîne de solidarité Au-delà de la prise de conscience des élèves et du geste écologique et solidaire, le partenariat entre Terre des Hommes Suisse, le DIP et la Ville de Lancy permet également de favoriser les échanges entre petits et grands,entreécoliersetcollégiensou apprentis. Le message passe souvent mieux lorsqu'il est transmis par un jeune qui, lui-même, se retrouve dans une position valorisante. Ainsi, une dizaine d'étudiants du collège de Saussureontpucoanimerdesateliers de sensibilisation dans les écoles primaires avec l'appui des représen- tants de Terre des Hommes Suisse. Et des élèves du centre de formation professionnelle technique ont ©TdH,Genève,SouadvonAllmenetElenaSartorius Ce projet a reçu le soutien de l'Etat de Genève et de la Ville de Lancy. terredeshommessuissen°118-juin2015
  12. 12. Interview 12 La parole à Martin Rohner Martin Rohner préside la direction générale de la Banque Alternative Suisse SA (BAS), dirige la fondation Max Havelaar (Suisse) et est membre du comité de Fairtrade International. Il défend un engagement éthique et solidaire. TdH : Parmi les banques suisses, la Banque Alterna- tive se distingue de quelle façon? M. R.: Par son activité, la BAS s’engage en faveur de l’envi- ronnement et de l’être humain. Nos clientes et nos clients nous confient leur argent pour l’investir dans l’éco- nomie réelle et à long terme, dans des entreprises et des projets sociaux et écologiques – une ferme bio, un projet novateur de service e-bike, ou encore un cirque de jeunes. La banque œuvre selon des critères économiques, mais nous renonçons sciemment à la recherche d'un profit maximal. TdH: Agir selon des valeurs éthiques est l'un de vos mots d'ordre: comment y parvenez-vous? M. R. : Lors de nos décisions quotidiennes, nous nous demandons si elles sont en cohérence avec nos valeurs. Sur le plan stratégique, nous renonçons à certains types d’affaires comme le financement de biens immobiliers qui contribuent au mitage du ter- ritoire, même si ceux-ci sont performants d’un point de vue écologique et d’efficacité énergétique. L'une de nos clientes nous a dit un jour:«L’argent est une force et nous devons accepter d’en assumer la responsabilité.» Et il est dans le pouvoir de chaque personne d’utiliser cette force pour atteindre des objectifs sensés. TdH : Quelles relations entretenez-vous avec des associations telles que Terre des Hommes Suisse? M. R.: La section alémanique de Terre des Hommes Suisse figure parmi les organisations fondatrices de la BAS, qui est issue des mouvements écologiques, alternatifs et de l’autogestion des années 1980. De nombreux scandales et abus de la place financière suisse sortaient au grand jour. Finalement, une cin- quantaine d’entreprises, d’organisations et d’ONG, ainsi qu’un grand nombre de personnes privées ont permis la création de la BAS en 1990. TdH : La Banque Alternative Suisse soutient la Marche de l'espoir depuis 2013. M. R. : La Marche de l’espoir est un événement reconnu dans la région genevoise, qui s’adresse à toutes celles et à tous ceux qui sont soucieux d’un développement solidaire et durable de notre société. La Banque Alternative Suisse poursuit les mêmes objectifs et nous avons donc estimé qu’un partena- riat avec la Marche de l’espoir allait de pair. Nous pouvons ainsi élargir notre cercle de connaissances à Genève et entrer en contact avec de nombreuses personnes qui parlent avec le cœur. propos recueillis par Souad von Allmen Plus sur www.terredeshommessuisse.ch/bas ©TdH,Genève,SouadvonAllmen terredeshommessuissen°118-juin2015
  13. 13. Terre des Hommes Suisse propose des cartes de vœux personnalisées pour les entreprises. Trois types de cartes sont disponibles: belles photos d'enfants, illustration (ci-dessus) ou version graphique plus moderne. Intéressé-e? Contactez Laurence Froidevaux: l.froidevaux@terredeshommessuisse.ch ou 022 736 36 47 Anticipez la fin de l'année! SAVE THE DATE! La prochaine Marche de l'espoir aura lieu le 11 octobre 2015. Entreprises ou institutions: devenez partenaire de cet événement annuel de solidarité! Prestations selon le montant de votre don. Contactez Laurence Froidevaux l.froidevaux@terredeshommessuisse.ch tél. 022 737 36 47 www.marchedelespoir.ch La vie en héritage Un legs en faveur de Terre des Hommes Suisse pour offrir une protection aux plus vulnérables et redonner espoir à des milliers d’enfants. Pour plus d'information, vous pouvez prendre contact avec M. Frédéric Monnerat, responsable du secteur communication et recherche de fonds, qui saura vous conseiller en toute confidentialité. f.monnerat@terredeshommessuisse.ch / tél. 022 737 36 32
  14. 14. Sécurité pour les enfants migrants Des millions d’enfants migrent chaque année, que ce soit à l’intérieur de leur propre pays ou en traversant des frontières internationales. Fuyant la guerre, la pauvreté ou le manque d’opportunités en matière d’éducation, ils se lancent dans des périples dangereux, sans jamais être sûrs d'arriver à destination. Sous l’égide de la Fédération Internationale de Terre des Hommes, la campagne inter- nationale Destination Inconnue regroupe une cinquan- taine d'organisations et a pour objectif de développer des mécanismes de protection pour les enfants migrants, de sensibiliser le grand public à leur situation et d’effectuer unplaidoyerauprèsdesdifférentspays(paysd’origine,de transitetdedestination)afinqu’ilsprennentdesmesures pour assurer la protection de ces enfants. Lors de la der- nière assemblée générale qui s'est tenue à Marrakech en mars 2015, la campagne a notamment formulé 10 recom- mandations pour la protection des enfants en situation de migration. Voirsouswww.terredeshommessuisse.ch/destination- inconnue-marrakech2015 Horizons 21 Le 9 mai à Berne, Terre des Hommes Suisse a participé au congrès national marquant la fin de la décennie de l’ONU pour l’éducation en vue d’un développement durable.ElleyaprésentéleprojetRobindesWattsmené en étroite collaboration avec Terragir. L’événement, organisé par le réseau Education 21, a rassemblé de nombreux acteurs de l’éducation (enseignants, direc- teurs d’école, acteurs extra-scolaires, etc.). Trois globes de l'exposition «Notre Terre» à «Exoplanètes» Du 21 mars 2015 au 4 avril 2016 , le Muséum d'histoire naturelle de la Ville de Genève accueille dans son parc troisdesvingt-septglobesdel'exposition« NotreTerre » queTerredesHommesSuisseavaitprésentéesurlesquais genevois à l’occasion de ses 50 ans. Ces globes grand format ont été conçus pour réveiller les consciences face auxenjeuxduchangementclimatique,toutenoffrantune palette d’astuces à mettre en pratique, individuellement ou collectivement. Carnet de route au Brésil Avril 2015, deux collaborateurs de Terre des Hommes Suisse visitent les projets soutenus par l'association au Brésil. Un carnet de route témoigne des rencontres avec les partenaires et les bénéficiaires des projets : faits, émotions et images. À lire sous www.terredeshommessuisse.ch/carnetde- route_bresil2015 Infos ©TDHIF,Maroc,ElisaBuccolini©TdH,Suisse,GregoryScalena©TdH,Genève,BetoDurães©TdH,Brésil,BetoDurães 14 terredeshommessuissen°118-juin2015
  15. 15. Ça vous intéresse! 15par Jean-Luc Pittet Résultat intermédiaire 563'502 Résultat financier 96'742 RESULTAT AVANT ATTRIBUTION DES FONDS AFFECTÉS 660'244 Variation des fonds affectés -339'314 Variation des fonds libres -7'775 Résultat avant attribution au capital de l'association 313'156 Extrait du rapport annuel 2014 L’année 2014 s’est caractérisée par un double record pour notreassociation:prèsde7,9 millionsdefrancssuissesde recettes et environ 7,3 millions de charges. Les comptes se sont donc bouclés avec un excédent de recettes de 660244 francs suisses. Une situation due en particulier à d’importants soutiens de fondations et à un appui accru de la Confédération. Ce précieux excédent permet d’aug- menter nos réserves, vitales pour assurer le financement de l’ensemble de nos activités lors d’années moins favo- rables. Grâce notamment au fidèle et important travail de À toutes et à tous, nos chaleureux remerciements, ainsi qu’à vous, donatrices et donateurs, institutions publiques et privées, pour votre fidèle et précieux soutien. Résumédescomptes2014 enfrancssuisses Répartition des dépenses Projetsparpaysd'intervention (y.cCoordinationnationale) nombreusespersonnesbénévoles,nosfraisadministratifs s’élèvent à seulement 7% de l’ensemble de nos charges. Ainsi, plus de 80% de nos dépenses sont consacrées à nos programmes au Sud et en Suisse. Rappelons-le: cette gestion équilibrée de nos fonds et ce beau résultat financier sont le fruit de l’engagement, de la créativité, du dynamisme et des efforts déployés tout au long de l’année par l’ensemble de nos collaboratrices et collaborateurs, bénévoles et salarié-e-s, sur le terrain et à Genève. TOTAL DES RECETTES 7'869'975 100% Dons privés, successions, cotisations 2'227'671 28,3% Contributions publiques 3'177'727 40,4% Événements grand public 513'625 6,5% Fondations et entreprises 1'426'230 18,1% Recettes diverses 524'722 6,7% TOTAL DES PROJETS 55 PROJETS Bolivie 7 projets 391'201 Brésil 5 projets 542'807 Burkina Faso 6 projets 433'812 Colombie 5 projets 442'010 Haïti 7 projets 606'620 Inde 10 projets 361'438 Madagascar 1 projet 32'061 Mali 4 projets 223'780 Pérou 7 projets 545'043 Sénégal 3 projets 276'513 TOTAL DES CHARGES 7'306'473 100% Programme Sud 4'055'402 55,5% Afrique 966'166 13,2% Amérique latine 1'921'060 26,3% Asie 361'438 5,0% Caraïbes 606'620 8,3% Humanitaire 39'813 0,5% Axe transversal citoyenneté 90'198 1,2% Axe transversal genre 39'488 0,5% Politique sauvegarde enfance KCS 30'620 0,5% Programme Global 587'861 8,0% Information, sensibilisation en Suisse 537'567 7,4% Accompagnement programmes 697'806 9,6% Total charges programmes 5878'636 80,5% Acquisition de recettes 902'237 12,3% Administration 525'600 7,2% Programmes à l'étranger et en Suisse Acquisition de recettes Administration 80,5% 12,3% 7,2% Le rapport annuel complet est disponible sur demande auprès de: secretariat@terredeshommessuisse.ch tél. 022 736 36 36 / fax 022 736 15 10 ou téléchargeable en pdf sur: www.terredeshommessuisse.ch, rubrique documentation/rapport annuel terredeshommessuissen°118-juin2015
  16. 16. Alternatiba Léman 18 au 20 septembre Stand Terre des Hommes Suisse à l'espace «solidarité internationale» Paléo festival de Nyon 20 au 26 juillet Venez nous retrouver au stand d'information interactif aux Tournesols! Nager pour aider 13 juin www.nagerpouraider.ch Inscrivez-vous comme participant ou comme bénévole! Evénements terredeshommessuissen°118-juin2015

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