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Travail sur l’édition japonaise au travers de la librairie KOMIKKULa librairie Komikku située au 61 Rue des Petits-Champs ...
   Liste des 5 produits qui se vendent le mieux :Les mangas qui se vendent le mieux sont ceux qui intéressent les adultes...
   Montée en puissance de la culture japonaise ?La culture japonaise ne cesse d’évoluer ces dernières années en France. O...
Il y a eu en effet un ralentissement du marché ces dernières années mais la situation est paradoxale au vue deschiffres af...
Il faut ainsi renouveler sans cesse le lectorat. Si les éditeurs ne s’en rendent pas assez vite compte, les lecteursd’aujo...
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Médiation linguistique et culturelle

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Dossier de recherche datant de 2012 établit dans le cadre du Magistère Communication Interculturelle et Langues du Monde à l'INALCO. Cours ICL 4B02b d'Orly Toren Porte. Médiation linguistique et culturelle : Typologie d'activités, profils professionnels et champs d'action : traduction, édition et médias. Travail sur l’édition japonaise au travers de la librairie KOMIKKU.

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Médiation linguistique et culturelle

  1. 1. Magistère Communication Interculturelle ICL 4B02b Médiation linguistique et culturelle :Typologie dactivités, profils professionnels et champs daction : traduction, édition et médias Orly Toren Porte Mai 2012 Elsa COUTEILLER N° Etudiant : 20600227
  2. 2. Travail sur l’édition japonaise au travers de la librairie KOMIKKULa librairie Komikku située au 61 Rue des Petits-Champs dans le 1er arrondissement de Paris a été fondée enMars 2008 par Sam Souibgui. Après avoir œuvré 5 ans en Amérique du Nord chez Ubisoft, Sam Souibgui lanceavec sa sœur, la librairie spécialisée sur le Japon « Komikku ». Son marketing stratégique, acquis au sein de lacélèbre entreprise de jeux vidéos couplé à l’expertise de sa sœur en tant que libraire, font de Komikku une deslibrairies les plus en vogue du moment (http://www.komikku.fr/).J’ai pu rencontrer Johnny Gimenez, un des salariés de la librairie.Après une licence de japonais et un stage en maison d’édition de manga chez Pika Éditions (assistant marketingweb), Johnny décide d’entrer dans le monde de l’édition en intégrant le master Commercialisation du livre deVilletaneuse. Lors de sa première année, il fait un nouveau stage en maison d’édition, chez Glénat qui est alors lepremier éditeur de manga sur le marché et connu pour sa célèbre BD Titeuf. Il intègre finalement la librairieKomikku lors de sa deuxième année de master.  Etat des lieux de la concurrence entre les librairies spécialisées sur le Japon :Les concurrents sont relativement nombreux étant donné que Komikku se situe dans un quartier trèscommerçant et axé sur le Japon. Il faut noter ici que le 1er arrondissement de Paris et surtout les rues SainteAnne et Petits Champs composent ce qui est appelé « le quartier japonais ».Il n’est donc pas rare d’être en concurrence directe avec son voisin d’à côté ou même d’en face comme on peutle voir avec la boutique d’alimentation Kyoko. En effet, cette boutique est installée juste en face de Komikku et apour marché principal l’alimentaire. Cependant, Kyoko vend aussi des accessoires et des bentôs sans oublier deslivres de cuisine aussi bien en japonais qu’en français.Par conséquent, Kyoko et Komikku sont en concurrence sur ces ouvrages. Mais, cela reste relatif comparé àcelles des librairies d’occasion japonaises situées à proximité. Komikku est située non loin de Junku et Book-off,les leaders du marché en termes de livre exclusivement en japonais mais aussi sur certains livres traduits enfrançais comme les mangas.La boutique Komikku propose des ouvrages exclusivement en français. Etant spécialisée sur le Japon, elles’attaque à un marché assez rude qui est celui du manga entre autre. Komikku vend également beaucoupd’ouvrages qui suivent l’actualité littéraire japonaise et l’évolution de la culture japonaise. Malgré cetteconcurrence, Komikku a réussi à bien se placer sur le marché.En effet, depuis que Komikku a ouvert, Junku a diminué son rayon de manga français de 60%. Junku a donc du seconcentrer davantage sur les rayons en japonais sur lequel Komikku n’a pas souhaité se porter. On voit ici que lalibrairie de quartier n’est pas qu’une machine commerciale. La formule conseils et petits plus proposée parKomikku semble fonctionner auprès d’une clientèle de plus en plus éclectique.  Les produits vendus par Komikku :Komikku consacre une grande place dans sa boutique aux mangas (traduits en français) et une autre à lalittérature japonaise ou en lien avec le Japon (essai culturel, exemple Les japonais de Karyn Poupée). Une autrepartie de l’espace se spécialise dans les bento (lunch box japonaise) et à leurs accessoires, sans oublier tout cequi convient de vendre avec, c’est-à-dire livres de cuisine en tout genre.Enfin, la culture japonaise a aussi sa place au travers de carnets de voyage, de méthodes de langue, de guides devoyage, et des objets divers comme des tableaux, des peluches, des goodies, de la décoration japonaise.
  3. 3.  Liste des 5 produits qui se vendent le mieux :Les mangas qui se vendent le mieux sont ceux qui intéressent les adultes. C’est une cible qui se laisse rarementconvaincre par ce type d’ouvrage habituellement. Mais, certains ouvrages comme Les Gouttes de Dieu, Ikigamiou encore Jésus et Bouddha se retrouvent en tête des ventes dès leur sortie.En littérature, les titres incontournables de Haruki Murakami (1Q84), Yasunari Kawakata et Kenzaburo Ôe (PrixNobel de littérature) font également partie du top 5 des ventes.Au niveau bentô, le top 10 peut être visible à partir de ce lien : http://www.komikku.com/best-sales.php.Concernant les livres de cuisine, arrivent en tête Mes petits bentô et Mes beaux Bentô de Mélanie Montanié,une célèbre bloggeuse culinaire.  La clientèle habituelle de Komikku :Komikku étant située dans un quartier dédié à la culture japonaise, on peut y trouver tous types de personnesintéressées par la culture japonaise.Par conséquent, Komikku n’accueille pas exclusivement la clientèle habituelle des mangas, c’est à direnormalement, des adolescents de 12- 17 ans qui lisent principalement Naruto ou One Piece.Les clients ont en moyenne entre 25 et 35 ans voire plus. Ils sont attirés par les rayons « culture japonaise » etparfois par les rayons mangas qu’ils ne connaissent pas du tout et sont donc curieux de découvrir. Là se joue le« petit plus » des libraires de Komikku en proposant leurs conseils et leurs connaissances sur les différentsouvrages.  L’évolution de la demande :Dernièrement, beaucoup de mangas sont sortis en étant destinés principalement à un lectorat adulte et nonadolescent.Jésus et Bouddha a fait un petit buzz retentissant dans le monde de l’édition manga à l’instar des titres LesGouttes de Dieu, Suicide Island et très récemment, 7 Shakespears et Thermae Romae.Tous ces titres ont la particularité d’être innovants et d’attirer un public nouveau qui ne connait pas forcément lemanga de base : le manga shônen tant plébiscité par les adolescents et qui reprend la combinaison action –combat - aventure.Ces ouvrages sont plus réfléchis, plus “lisibles” dans le sens où les mangas shônen sont souvent dessinés avecdes cases “dans tous les sens” déstabilisant souvent le profane.Les titres comme Pluto ou Billy Bat de Naoki Urasawa se rapprochent plus d’un découpage de BD franco-belge.Cela facilite donc la lecture d’une personne néophyte en manga.Jirô Taniguchi est d’ailleurs un des mangaka les plus appréciés par les adultes en France car son style serapproche grandement des BD franco-belge. Il est intéressant de souligner qu’au Japon, l’auteur n’est pas plusapprécié qu’un autre, le public japonais trouvant ses mangas trop esthétiques ou trop “lents” contrairement auxmangas populaires.Comme dit plus haut la clientèle de Komikku est assez atypique. Ainsi, Komikku offre une certainecomplémentarité entre la littérature classique et les mangas.Les lecteurs de mangas peuvent s’intéresser à la littérature parfois même grâce à un manga qui n’est autre quel’adaptation d’un roman. C’est quelque chose de fréquent au Japon.Quand un roman ou un manga marche bien au Japon, il se décline : dessin animé, film, jeu vidéo, figurine, lightnovel... Et les lecteurs de littérature classique se laisse aisément tenter par des mangas destinés justement poureux (Ikigami, Les Gouttes de Dieux).
  4. 4.  Montée en puissance de la culture japonaise ?La culture japonaise ne cesse d’évoluer ces dernières années en France. On peut donc supposer qu’il y a unvéritable engouement pour le Japon.L’évolution positive de Komikku en est un bon exemple. Les prix en rapport avec la culture japonaise décernés àdifférents acteurs de la littérature japonaise par exemple sont également une bonne illustration. En effet, cetteannée le manga Bride Stories a reçu le Prix inter génération au Festival International de la Bande Dessinéed’Angoulême. Chose impensable il y a de cela 15 ans.Jirô Taniguchi a également reçu la médaille de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, tandis que Yûko etShin Kobayashi ont tous deux été faits Chevaliers de l’Ordre du Mérite Agricole par Frédéric Mitterrand pourleur travail au profit de la découverte du vin français au-delà de nos frontières au travers de leur ouvrage LesGouttes de Dieu.  Un effet perceptible du dernier Salon du Livre sur les ventesLe Salon du Livre a grandement joué sur le mois de Mars 2012 aussi bien sur les ventes que sur la grandediversité de titres en rapport avec le Japon.En effet, beaucoup de titres sont sortis pour l’occasion : livre de cuisine, roman de Kenzaburo Ôe ou autre auteurtrès connu comme Murakami.Il ne faut pas oublier que c’était aussi le triste anniversaire de la catastrophe du 11 Mars 2011. Ainsi, unevingtaine d’ouvrages est sortie en hommage aux sinistrés : essais, chroniques, récits, bandes dessinées.  Observations concernant l’édition japonaise L’édition japonaise est très riche. Avec 125 millions de personnes regroupées sur l’archipel japonais, le Japon rassemble de nombreux types delecteurs. Le manga y est devenu par exemple une institution.Tout le monde lit des mangas car chacun peut trouver un manga qui lui plait. L’édition japonaise a constitué unesegmentation très poussée de son lectorat. En effet, il existe un nombre incalculable de magazines deprépublication de manga de manière très segmentée : par exemple des magazines pour les jeunes garçons de 11à 12 ans ou encore des magazines pour femmes adultes de 24 à 26 ans.Les magazines de prépublication fonctionnent de la manière suivante : chaque semaine (ou chaque mois), lemagazine publie une trentaine de chapitres différents d’autant de séries (anciennes ou nouvelles). Celareprésente des magazines assez volumineux facilement reconnaissables sur les étagères des bouquinistes.À la fin, le lecteur peut envoyer un coupon réponse notant les titres des mangas qu’il a préféré.Si c’est une nouvelle série et que le titre reçoit beaucoup de votes il est alors sérialisé et publié régulièrementdans le magazine avant de sortir enfin en volume relié.A contrario si un titre qui est déjà sérialisé voit sa côte de popularité baissée, le titre s’arrêtera définitivement.Cela permet aux lecteurs d’avoir une certaine influence sur le marché de l’édition au Japon.En France, le manga actuellement le plus vendu est One Piece avec un tirage à 100 000 exemplaires alors qu’auJapon le tirage est de 4 millions dont 3 millions qui se vendent en à peine 4 jours ! Avec 150 nouveautés mangasqui sortent par mois, la France reste très loin de toutes les richesses de l’édition japonaise alors même qu’elle estle 2e pays sur le marché du manga au monde.Il est extrêmement difficile d’analyser le marché du manga en France. Il a évidement connu des heures de gloiremais il est toujours attendu au tournant. Il y a beaucoup de détracteurs de manga qui effectivement ont attendulongtemps que cette fameuse croissance à 2 chiffres s’arrête.
  5. 5. Il y a eu en effet un ralentissement du marché ces dernières années mais la situation est paradoxale au vue deschiffres affichés par Komikku ou ses concurrents.Il y aurait plusieurs raisons : le fait est qu’on a épuisé en 20 ans toute la crème de la création de manga. Tout aété proposé très rapidement et très massivement au lectorat français et du coup le marché est dorénavantconfronté à une nouvelle réalité. Au Japon, on a du mal à créer de nouveaux contenus qui soient aussi forts queles hits historiques.Il semblerait qu’il y ait un certain essoufflement créatif qui vient peut-être du vieillissement des piliers, des« tanto » (directeur éditoriaux) qui gèrent le scénario avec les auteurs. Ces personnes là ont vieilli et il y a uncruel manque de renouvellement éditorial avec des personnes aussi talentueuses que capables de créer deshistoires pour des dessinateurs qui suivent l’évolution du public.On serait donc confronté à un premier problème qui est un manque créatif. Par conséquent, en France lesventes sont légèrement en baisse. Les licences développées au Japon sont achetées par les éditeurs français sebattant pour avoir les plus intéressantes. Le fait est qu’il y en a de moins en moins.La deuxième réalité serait liée au fait que les hits historiques du marché ont du mal à se trouver desremplaçants. On peut citer par exemple Death Note ou Samourai Deepers Kyo. Ils faisaient des ventes à 30 ou50.000 exemplaires par tome. Il est parfois bien difficile de trouver une autre série qui va faire le même scoring.Ensuite, des séries historiques comme Naruto ou One Piece sont pratiquement au même numéro au Japon qu’enFrance. La traduction française a rattrapé le Japon. Les éditeurs sont donc obligés de ralentir le nombre de tomespubliés par année.Cela pourrait sembler être un élément à faible impact mais Naruto met en place pas loin de 150.000 exemplairespar tome. Quand on a deux tomes de moins par an, cela fait tout de même 300.000 ouvrages en moins.Ensuite, on pourrait supposer une problématique liée à la qualité. Les éditeurs français sembleraient ne pas êtreassez vigilants sur la qualité commerciale des titres. L’offre serait peut-être trop riche.Le fait de sortir beaucoup de titres et de ne pas être capable de tous les mettre en avant noie le lectorat.Certains titres ont moins de potentiel que d’autres, il faudrait donc davantage établir un calendrier des sortiespour donner toutes ses chances à chaque titre. Il faut également faire attention à ne pas lasser le lecteur.Après, il y a le phénomène « scan » où un tout nouveau public émerge. Il est composé des plus jeunes lecteursde manga et n’est pas nécessairement arrivé par le livre. Ces personnes sont connectées à Internet dès leur plusjeune âge, elles ont vu des dessins animés à la télévision et ont entendu parler de tel ou tel manga. Ce jeunelectorat cherche sur Internet et découvre le manga en premier lieu sur Internet en version « scannée ».Ces lecteurs sont plus jeunes et sont nés au moment de la bulle Internet. Ils n’ont pas nécessairement unattachement particulier au livre, au papier.Il semblerait donc qu’il existe tout un lectorat que les éditeurs papiers n’ont pas su gagner par le livre.Pourtant ces lecteurs sont avides de nouveautés et très dynamiques au niveau de la « consommation » demangas ou même de la littérature japonaise en général.Ils sont donc arrivés au manga par un moyen « gratuit ». Par conséquent, même avec l’âge ils ne se rayonnentpas dans la vente en librairie. Ils restent pour la plupart sur des versions numérisées gratuites dites « pirates ».Le dernier point serait que justement dans l’édition japonaise liée aux mangas en France, on a beaucoup vécusur ses acquis. On peut le constater en analysant les hits aujourd’hui sur le marché : ce sont les mêmes qu’il y a5/6 ans, voire 10 ans en arrière. Un fossé s’est donc creusé entre une nouvelle créativité liée à des mangas dits« plus adultes » et les mangas pour adolescents qui ont été laissés de côté sans renouvellement.Les éditeurs semblent ne pas avoir su médiatiser suffisamment ou découvrir des licences qui s’adressent aux plusjeunes. Les choses changent petit à petit depuis l’année dernière avec des licences pour les enfants commeInazuma, Le Professeur Layton, Beyblade…
  6. 6. Il faut ainsi renouveler sans cesse le lectorat. Si les éditeurs ne s’en rendent pas assez vite compte, les lecteursd’aujourd’hui de manga grandiront, rentreront dans la vie active et auront moins de temps pour lire.Mécaniquement, plus les lecteurs vieillissent plus la cible est réduite. Il faut donc savoir mettre en avant ladiversité que propose l’édition japonaise pour tous les publics sans en épuiser trop vite les richesses.  Note :Un lien très intéressant regroupant des synthèses concernant l’édition au Japon :http://www.bief.org/Pays-434-Asie---Oceanie/Japon.html  UNESCO : Index TranslationiumLe japonais se place à la 8ème position dans le top 50 des langues les plus traduites – juste après le suédois. Parcontre, en langue cible, le japonais remonte à la 5ème place.L’anglais, le français et l’allemand sont les langues les plus traduites au Japon. En France, le japonais est lacinquième langue la plus traduite. Toriyama Akira, Murakami Haruki et Mishima Yukio sont les trois auteursjaponais les plus traduits dans le monde.

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