Climat en peril giec

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Climat en peril giec

  1. 1. Climat en PérilGuide grand public des derniers rapports du GIEC
  2. 2. SWEDISH ENVIRONMENTAL PROTECTION AGENCYCeci est une coédition de GRID-Arendal et SMI, produite avec laide Une publication neutre pour le climatgénéreuse de lAutorité Norvégienne de Contrôle de la Pollution etde lAgence Suédoise de Protection de lEnvironnement. La production et le transport de chaque exemplaire de ce livret ont émis environ 1,31 kilogrammes déquivalent CO2 dans latmosphère, soit environ la quantité de CO2 rejetée par un véhicule tout terrain (consommant 14 litres aux 100 km) sur une distance de 3 kilomètres. zoï books Les facteurs pris en compte pour cette estimation sont lexpédition, les déplacements destinés à la coordination et à la collecte de fonds, le papier, limpression et laPNUE/GRID-Arendal consommation dénergie liée à lutilisation des bureauxPostboks 183, N-4802 Arendal, Norvège et ordinateurs.www.grida.no Lutilisation de papier recyclé issu dune productionProgramme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) durable et dencre à base végétale a contribué à limiterAvenue des Nations Unies, P.O. Box 20552, Nairobi, Kenya limpact sur le climat.www.unep.orgImprimé par GRAPHI 4 à Bresson, FranceCopyright©2009 GRID-ArendalISBN : 978-82-7701-053-3Cette publication est distribuée par SMI et peut être commandée surwww.earthprint.com Afin de compenser la quantité totale de 10,5 tonnes déquivalent CO2 générée par le projet, nous avonsUn merci tout particulier à Audun Garberg, Elisabeth Ørving, acheté la quantité correspondante de compensationChristoffer Grønstad et Marit Håseth Pettersen du SFT pour leur carbone avec laide de la fondation suisse myclimate.aide précieuse à la révision des maquettes. Largent (253 €) sera investi dans un projet Gold Standard.A condition den mentionner la source, la présente publication peut être reproduite intégralement ouen partie sous quelque forme que ce soit, à des fins pédagogiques ou non lucratives, sans autorisationspéciale des détenteurs des droits dauteur. Le PNUE, SMI et GRID-Arendal souhaiteraient recevoirun exemplaire de tout matériel utilisant comme source la présente publication. La présente publicationne peut être ni revendue ni utilisée à toutes fins commerciales sans l’autorisation écrite préalable des Le PNUE encouragedétenteurs des droits dauteur. Lutilisation à des fins publicitaires dinformations contenues dans laprésente publication concernant des produits déposés est interdite. lapplication de pratiques envi-Décharge de responsabilité : Les termes utilisés dans la présente publication et la présentation ronnementales saines dans le monde et audes données qui y figurent ne sont en aucun cas lexpression dune opinion quelconque de la part du sein de ses propres activités. Cette publication estProgramme des Nations Unies pour lEnvironnement ou de GRID-Arendal concernant le statut légaldun pays, dun territoire, dune ville, dune zone, ou de ses autorités, ou concernant la délimitation de ses imprimée sur du papier entièrement recyclé à partirfrontières ou ses limites. La mention dune société commerciale ou dun produit nimplique en aucun caslapprobation des partenaires coopératifs. Nous nous excusons pour les éventuelles erreurs ou omissions de déchets de consommables, certi é FSC, sans chlore.involontaires. De plus, les opinions exprimées ne représentent pas nécessairement la décision ou lapolitique officielle du Programme des Nations Unies pour lenvironnement ou de GRID-Arendal, de même Encres à base végétale et vernis à leau. Notre politique deque la mention de marques ou de méthodes commerciales ne constitue pas leur approbation. distribution vise à réduire lempreinte carbone du PNUE.
  3. 3. Climat en PérilGuide grand public des derniers rapports du GIECDécharge de responsabilité : Le présent guide sefforce de rester fidèle au sens du travail effectué par le GIEC dans le cadre de son Bilan 2007 deschangements climatiques : Rapport de synthèse du Quatrième Rapport dévaluation, tout en en simplifiant la langue et la structure. Les éditeurs de ceguide portent lentière responsabilité de lexactitude de son contenu. Les lecteurs se souviendront peut-être du précieux avertissement du GIEC précisantque "si le Rapport de synthèse est un document pratiquement autonome, il doit cependant être mis en relation avec les autres volumes du Bilan 2007des changements climatiques. Pour plus de détails, il est recommandé de consulter les contributions des trois Groupes de Travail, publiées dans lesvolumes "Changements climatiques 2007 – Les éléments scientifiques" ; "Conséquences, vulnérabilité et adaptation" et "Mesures d’atténuation", ainsique "Changements climatiques 2007 : Rapport de synthèse".6 Conclusions robustes et incertitudes clés8 Changements actuels, causes et impacts observés24 Les changements climatiques projetés et leurs impacts41 Adaptation et atténuation54 Développement durable, protection de lenvironnement et changements climatiques55 Vulnérabilités, impacts et risques clés – perspectives à long termeTexte CartographieAlex Kirby Viktor Novikov, GRID-Arendal/GENFSEC Matthias BeilsteinRédaction GRID-Arendal/GENFSECChristina Stuhlberger Révision des graphiques en anglaisClaudia Heberlein Harry Forster, Interrelate GrenobleExpert en chef et initiateur de la publication Mise en pageSvein Tveitdal, Klima 2020 GRID-Arendal
  4. 4. Avant-propos En 2007, le Groupe dexperts Intergouvernemental sur lEvo- Le présent guide a pour principal objectif daider à réduire le lution du Climat (GIEC) et lancien Vice-Président américain fossé entre science et politique, et à promouvoir la prise de des Etats-Unis, Al Gore, se sont partagé le Prix Nobel de la conscience du public quant à lurgence dagir pour combattre Paix pour leur travail visant à fournir aux décideurs et au grand les changements climatiques et leurs impacts. Ce livret est public du monde entier les meilleurs éléments scientifiques destiné à ceux qui nont ni le temps, ni peut-être les compé- possibles pour comprendre et combattre la menace croissante tences scientifiques nécessaires à la lecture du Rapport de du changement climatique. Mais alors que les messages des synthèse du GIEC dans son intégralité. scientifiques se font de plus en plus explicites, le fossé entre les actions quils jugent nécessaires et la politique climatique Un grand merci à Svein Tveitdal de Klima 2020, ancien mise en place par les leaders mondiaux ne cesse de se creuser. directeur de Grid-Arendal, pour avoir été à linitiative de ce livret et pour sa précieuse contribution concernant son La tendance observée en termes de gaz à effet de serre en contenu. Nous souhaitons également exprimer notre gratitude est une parfaite illustration. Daprès le GIEC, il faudrait que les envers lAgence Suédoise de Protection de lEnvironnement émissions mondiales atteignent leur plus haut niveau entre et EarthPrint Ltd pour leur soutien financier. 2000 et 2015 pour pouvoir limiter la hausse de la température de la planète à une valeur comprise entre 2 et 2,4ºC par Arendal et Oslo, 10 février 2009 rapport à lère préindustrielle. En 2007, alors que les émissions devaient avoir atteint leur plus haut niveau, le monde a pour- tant enregistré un nouveau record annuel de hausse des émissions. Chaque jour qui passe sans que nous orientions Peter Prokosch, Ellen Hambro, notre développement vers une société à faibles émissions Directeur, Directrice Générale de carbone, les dommages subis par les écosystèmes de la GRID-Arendal Autorité norvégienne de planète saggravent, et les coûts nécessaires à latténuation contrôle de la pollution (SFT) et à ladaptation augmentent. Comment utiliser ce guide ? Sil a pour but de présenter en substance le sens du Rapport plus quà des spécialistes du climat, il contient inévitablement de synthèse original du GIEC, ce rapport est conçu pour être lu quelques termes scientifiques. Les lecteurs pourront trouver comme une narration. Il utilise ainsi un langage simplifié, tout en une explication plus complète de certains de ces termes dans prenant la liberté dabréger ou au contraire de mettre en valeur le court Glossaire situé à la fin du guide : ils apparaissent certaines parties du document. Le texte est par ailleurs illustré en italique dans le texte. Dans ses rapports dévaluation, le de graphiques. Si les informations fournies ne proviennent pas GIEC emploie des termes courants mais auxquels il attribue du GIEC, leur source est toujours précisée. Le guide aborde une signification très spécifique. Pour faciliter la compréhension, les six rubriques thématiques du Résumé à lintention des déci- ces termes ont été abandonnés dans le présent guide. Le deurs, mais dans un ordre différent de celui de la la publication GIEC utilise également différents termes dont le sens sera du GIEC. Il commence par présenter ce que le GIEC sait et ce probablement évident : par exemple forte adhésion/adhésion quil considère comme des questions clés. moyenne et preuves solides/moyennes. Le terme "adhésion" fait référence à ladhésion rencontrée au sein de la documen- Bien que le guide soit destiné à des lecteurs non avertis bien tation scientifique.4 Le climat en danger
  5. 5. IntroductionEn 2007, le Groupe dexperts Intergouvernemental sur lement des informations dans dautres rapports du GIEC.lEvolution du Climat a publié son Quatrième Rapport Lensemble des points pertinents du sujet est structurédévaluation (succédant aux rapports dévaluation pré- selon six rubriques thématiques :cédents de 1990, 1995 et 2001). Le rapport - AR4 enabrégé - est constitué de quatre volumes, publiés sous 1. Changements climatiques observés, et les effets desle titre Changements Climatiques 2007. Chacun des trois changements passésgroupes de travail du GIEC sest vu confier un volume : 2. Causes naturelles et humaines du changement clima- tique et leur lien avec les changements observésLe Groupe de Travail I (WG I) évalue les aspects 3. Changements climatiques futurs projetés et leurs impactsscientifiques physiques du système et des changements 4. Options permettant de sadapter au changement cli-climatiques ; matique et de latténuer ; quelles réponses dici 2030 ?Le Groupe de Travail II (WG II) évalue la vulnérabilité 5. Perspectives à long terme ; A quelle vitesse et àdes systèmes socio-économiques et naturels face au quelle intensité faut-il réduire les gaz à effet de serrechangement climatique, les conséquences négatives et pour limiter la température de la planète à un niveaupositives, ainsi que les options pouvant permettre de sy déterminé ? ; Pourquoi la situation du climat est-elleadapter ; et de plus en plus préoccupante ?Le Groupe de Travail III (WG III) évalue les options 6. Conclusions robustes et incertitudes clés.permettant datténuer le changement climatique en limitantou en empêchant les émissions de gaz à effet de serre et Le GIEC est un organisme scientifique intergouvernementalen augmentant les activités ayant pour but de les chasser fondé en 1988 par lOrganisation Météorologique Mondialede latmosphère. (OMM) et par le Programme des Nations Unies pour lEnvi- ronnement (PNUE). Il a été créé dans le but de fournir auxLe quatrième volume venant compléter lAR4 est le décideurs et aux autres personnes intéressées par le climatRapport de synthèse. Il résume les conclusions des trois une source dinformations objective. Le GIEC ne conduitautres volumes, aborde spécifiquement des questions aucune recherche. Son rôle est dévaluer, de manière com-préoccupantes à lintention des décideurs, et puise éga- plète, objective et transparente, les dernières documenta- Organisation du GIEC tions scientifiques, techniques et socio-économiques utiles à la compréhension du risque inhérent au changement cli- Assemblée plénière du GIEC matique provoqué par lhomme, de ses impacts observés Ouverte aux pays membres de l’OMM et du PNUE PNUE et à venir, et des options permettant de sy adaptater et de latténuer. Les rapports du GIEC doivent être politiquement Bureau du GIEC Secrétariat Coprésidents et vice-présidents des groupes de travail du GIEC neutres, bien quils doivent traiter en toute objectivité des élus par l’Assemblée plénière pour la durée d’un rapport d’évaluation (5-6 ans). Actuellement 30 membres. Basé à l’OMM à Genève facteurs scientifiques, techniques et socio-économiques sy rapportant. Ils doivent se faire lécho de différents points Groupe de Groupe de Groupe de Équipe de vue et dune grande expertise et ils doivent couvrir une travail I travail II travail III spéciale pour les large étendue géographique. Le GIEC continue dêtre une Les éléments Conséquences, Mesures inventaires scientifiques vulnérabilité et d’atténuation nationaux de gaz source dinformation majeure pour les négociations se dé- adaptation à effet de serre roulant dans le cadre de la CCNUCC (Convention-CadreUnité d’appui technique Unité d’appui technique Unité d’appui technique Unité d’appui technique des Nations Unies sur les Changements Climatiques). 5
  6. 6. Conclusions robustes et incertitudes clés Conclusions robustes Changements observés Le réchauffement du climat est une certitude, comme le démontrent les observations suivantes : dans le climat, leurs - augmentation des températures moyennes globales de la terre et de la mer et du niveau moyen des mers, - fonte généralisée des neiges et de la glace. effets et leurs causes Des changements observés dans de nombreux systèmes biologiques et physiques confirment le réchauffement : - De nombreux systèmes naturels sur tous les continents et les océans sont affectés. Croissance de 70 % des émissions de gaz à effet de serre en termes de potentiel de réchauffement de la planète entre 1970 et 2004. La concentration de méthane (CH4), de dioxyde de carbone (CO2) et d’oxyde nitreux (N2O) est maintenant bien supérieure à son niveau naturel depuis plusieurs milliers d’années avant l’industrialisation (1750). Une grande partie du réchauffement ces 50 dernières années a " très certainement " été causée par les augmentations anthropiques de gaz à effet de serre (GES). Causes et estimation Les émissions de GES globales vont continuer à croître pendant des décennies à moins que de nouvelles directives des changements n’atténuent le changement climatique et promeuvent le développement durable. climatiques futurs et On prévoit un réchauffement de 0,2°C par décennie pour les vingt prochaines années (plusieurs scénarios du GIEC). leurs conséquences Il est " très probable " que les changements de ce siècle soient plus grands que ceux du 20ème siècle. Le réchauffement sera plus important sur terre que dans la mer et dans les hautes latitudes de l’hémisphère nord. Plus la planète se réchauffe, moins elle peut absorber de CO2 naturellement. Le réchauffement et la montée du niveau des mers pourraient continuer pendant des siècles, même si les émissions de GES étaient réduites et les concentrations stabilisées, en raison du feedback et du décalage entre cause et effet. Si le niveau des GES dans l’atmosphère double par rapport à l’ère préindustrielle, il est " très peu probable " que les températures moyennes globales augmentent de moins d’1,5°C comparé à cette période. Mesures contre le Des mesures d’adaptation au changement climatique sont prévues, mais il en faut bien plus pour réduire notre vulnérabilité. changement climatique Des changements climatiques non-atténués à long terme dépasseront " probablement " la capacité des hommes et de la nature à s’adapter. De nombreuses technologies pour atténuer le changement climatique sont déjà disponibles ou le seront certainement d’ici à 2030. Cependant, il faut des mesures incitatives et de la recherche pour améliorer les performances et réduire les coûts. Le potentiel économique d’atténuation, à un prix du carbone allant de 0 à 100$US par tonne d’équivalent CO2, est suffisant pour décaler la croissance prévue des émissions globales ou les réduire en dessous du niveau actuel, d’ici à 2030. Une atténuation rapide peut faire gagner du temps pour stabiliser les émissions et réduire, retarder ou éviter leurs conséquences. Le développement durable et une politique appropriée dans des secteurs qui ne sont pas apparemment liés au climat peuvent aider à stabiliser les émissions. Un retard dans la réduction des émissions augmente le risque de conséquences plus graves du changement climatique.6 Le climat en danger
  7. 7. Incertitudes majeuresPeu d’informations sur le climat disponibles dans certaines régions. Changements observésAnalyser et surveiller des changements concernant des évènements extrêmes, comme par exemple, les sécheresses, dans le climat, leurs effetsles cyclones tropicaux, les températures extrêmes et les précipitations intenses (pluie, grêle et neige) est plus difficile et leurs causesque d’identifier des moyennes climatiques, car il faut des relevés plus détaillés sur des périodes plus longues.Il est difficile de déterminer les effets du changement climatique sur les hommes et certains systèmes naturels,car ils peuvent s’adapter aux changements et d’autres causes non liées peuvent exercer une influence.À une échelle inférieure au continent, il est difficile de savoir si ce sont des causes naturelles ou humaines qui influencentles températures car, par exemple, la pollution et les changements du terrain peuvent être aussi responsables.On ne connaît pas encore avec certitude la quantité d’émissions de CO2 due aux changements de l’utilisationdes terres, ni celle de méthane provenant de sources individuelles.On ne sait pas avec certitude quelle part du réchauffement sera due à un certain niveau de concentration de CausesGES et par conséquent, et estimationon ne connaît pas avec certitude quel niveau et quel rythme de réduction d’émissions sera nécessaire pour des changementsgarantir un niveau de concentration de GES déterminé. climatiques futursLes estimations varient largement concernant l’impact des aérosols et la force du feedback, en particulier et leurs conséquencesles nuages, l’absorption de la chaleur par les océans et le cycle du carbone.Des changements à venir potentiels dans la calotte glaciaire du Groenland et de l’Antarctique sont une grandesource d’incertitude concernant la montée du niveau des eaux.Les estimations des conséquences du changement climatique au delà de 2050 dépendent grandement desscénarios et des modèles.On ne sait pas exactement comment les dévoloppeurs prennent en compte le climat dans leurs décisions. Mesures contre leLes mesures d’adaptation efficaces sont très spécifiques aux différentes conditions politiques, financières et changement climatiquegéographiques, ce qui rend difficile l’évaluation de leurs limites et de leurs coûts.L’estimation des coûts et des potentiels d’atténuation dépend d’hypothèses concernant la croissancesocio-économique, les progrès technologiques et les schémas de consommation futurs.On n’en sait pas assez concernant la façon dont les politiques non liées au climat vont affecter les émissions. Conclusions robustes et incertitudes clés 7
  8. 8. Changements actuels, causes et impacts observés Changements observés au niveau du climat Comme le montrent les constats effectués de laugmen- Augmentation de la température tation générale des températures mondiales moyennes Parmi les 12 dernières années (1995-2006), 11 comptent de lair et des océans, de la propagation de la fonte des au nombre des 12 années les plus chaudes depuis 1850. neiges et des glaces ainsi que de la hausse des niveaux Dans son Troisième Rapport dévaluation publié six ans globaux moyens de la mer, le réchauffement du système plus tôt en 2001, le GIEC estimait que la tendance au climatique est incontestable. Certains des changements réchauffement enregistrée au cours du siècle précédent les plus frappants déjà en voie de progression sont décrits se traduisait par une augmentation des températures de et illustrés dans les paragraphes suivants. 0,6ºC : aujourdhui, elle est de 0,74ºC. Laugmentation de la température touche l’ensemble du globe mais se Température de surface (moyenne mondiale) manifeste particulièrement dans les régions polaires du nord. Le réchauffement du système climatique a été détecté Différence de température Estimation de la à la surface de la Terre et jusque dans latmosphère, ainsi entre 1961 et 1990 température mondiale que dans les premières centaines de mètres de surface des Moyenne, °C moyenne actuelle, °C océans. Les terres se sont réchauffées plus vite que les mers. 0,6 14,6 Les températures moyennes dans lhémisphère Nord 0,4 14,4 après 1950 ont été supérieures à toutes celles recen- Changement de température entre 1970 et 2004 0,2 14,2 0,0 14,0 - 0,2 13,8 - 0,4 13,6 - 0,6 13,4 1880 1900 1920 1940 1960 1980 2000 -1,0 -0,2 0,2 1,0 2,0 3,5°C Source : US National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), 2008. Source : GIEC, 2007.8 Le climat en danger
  9. 9. sées sur une période de 50 ans au cours des 500 dernièresannées. Laugmentation de ces températures a inévitable- Niveau des mers (moyenne mondiale)ment une influence sur de nombreux phénomènes naturels Changement du niveau des mersconsidérés jusque là comme immuables. En centimètres + 20La preuve dun monde en réchauffement se traduit pardes périodes plus courtes de gel des lacs et des rivières,par la diminution du permafrost et par laugmentation destempératures du sol. Les principaux changements observéspar les scientifiques, mais également par un nombre de + 10plus en plus important de personnes à la surface du globe,sont résumés dans les paragraphes suivants. Niveau de 1870Augmentation du niveau de la mer 0Les niveaux de la mer à la surface du globe ont augmenté Observation de l’échelle des marées Intervalle de confiance de 66 - 95 %proportionnellement au réchauffement, soit en moyennede 1,8 millimètres par an depuis 1961, et de 3,1 millimètres Observations effectuées parpar an depuis 1993. Les scientifiques ne savent pas avec satellite altimétrique - 10certitude si la hausse plus importante des dix dernières 1880 1900 1920 1940 1960 1980 2000années est due à une variation dune décennie à lautre, ou 1870 2005si elle constitue une tendance à long terme. Au 20ème siècle, Source : Hugo Ahlenius, GRID-Arendal, mis à jour à partir de Church et White, 2006.laugmentation globale totale sest élevée à 17 centimètres. Qu’est-ce qui fait changer le niveau de la mer ? Pompage des eaux souterraines, construction de lacs artificiels ou de réservoirs de stockage, Modification de la circulation globale des océans modifications du ruissellement (eaux de surface et eaux profondes), et ondes de tempête. et de l’infiltration vers les aquifères L’eau stockée à terre sous forme de glaciers et de calotte glaciaire Niveau de surface bas L’eau se dilate à mesure se disloque ou fond et dans les régions de delta, que sa température rejoint l’eau des océans mouvements de terrain et déplacements tectoniques augmente Source : Philippe Rekacewicz (GRID-Arendal) Vital Climate Graphics 2002, d’après : David Griggs, dans Changement climatique 2001, Rapport de synthèse, contribution des groupes de travail I, II et III au Troisième Rapport d’évaluation du Groupes d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Cambridge University Press, 2001. Changements actuels, causes et impacts observés 9
  10. 10. La dilatation thermique des océans, la fonte des glaciers, ties dAmérique, du nord de lEurope et dAsie centrale, de la banquise et des calottes glaciaires sont autant mais il a diminué au Sahel, en Méditerranée, dans le sud déléments qui contribuent à cette augmentation. de lAfrique et dans certaines régions du sud de lAsie. Le GIEC conclut par ailleurs à une probable étendue des Fonte des neiges et des glaces zones touchées par la sécheresse depuis les années 1970. La diminution de létendue des neiges et des glaces suit également une évolution proportionnelle au réchauffement. Les journées et les nuits froides, ainsi que les périodes Les données recueillies par satellite depuis 1978 montrent de gel sont devenues moins fréquentes dans la plupart que la surface annuelle moyenne de la banquise arctique des pays au cours des 50 dernières années, à linverse a diminué de 2,7% tous les dix ans, avec des diminutions des journées et des nuits chaudes. Le GIEC pense quil plus fortes en été. Les glaciers des montagnes et la cou- est probable que les vagues de chaleur soient deve- verture neigeuse moyenne ont diminué de volume dans nues plus fréquentes dans la plupart des zones conti- les deux hémisphères. nentales, que les cas de fortes précipitations (orages par exemple) aient augmenté dans la plupart des régions, et Evénements climatiques extrêmes que depuis 1975, les niveaux extrêmement élevés de la De 1900 à 2005, le taux de précipitations (pluie, grésil et mer aient augmenté dans le monde entier, en plus de la neige) a considérablement augmenté dans certaines par- hausse des niveaux moyens de la mer. Masse globale des glaciers Étendue minimum de la banquise Déviation annuelle par rapport Perte de masse Anomalies de la banquise de l’hémisphère nord à la moyenne En centaines de En millions de kilomètres carrés En centaines de milliards de tonnes 1.5 milliards de tonnes 1 1.0 1992 Augmentation Moyenne 0.5 sur la période 0 0 1966 - 1990 0.0 -1 - 20 -0.5 -2 - 40 -1.0 Diminution -1.5 -3 - 60 -2.0 -4 - 80 -2.5 Relevé le plus bas de tous les temps en septembre 2007 -5 -3.0 1960 1970 1980 1990 2000 2003 1980 1985 1990 1995 2000 2005 1978 2008 Source : GIEC, 2007. Source : US National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), 2008.10 Le climat en danger
  11. 11. Recul du permafrost Extention des zones arides Déviation de l’étendue du sol gelé dans Part des zones arides et semi-arides l’hémisphère nord 40% En millions de kilomètres carrés Couverture spatiale : 75N-60S 2,0 35% 1,5 Augmentation 30% 1,0 0.5 25% 0,0- 0,5 20%- 1,0 Recul 15%- 1,5 2005- 2,0 10% 1900 1920 1940 1960 1980 2000 1950 1960 1970 1980 1990 2000Source : GIEC, 2007. Source : GIEC, 2007. Changements dans les précipitations annuelles entre 1901 et 2004 -20 indique une baisse de 20 % au cours d’un siècle comparé à la moyenne calculée pour la période 1961-1990 Sources : Atlas Environnement du Monde Diplomatique, 2007, GRID-Arendal, 2005 Changements actuels, causes et impacts observés 11
  12. 12. Le graphique ci-dessous montre que, tandis que les ca- tendance : tandis que la fréquence des tremblements de tastrophes naturelles recensées ont augmenté de manière terre ne varie que très peu, les inondations et les cyclones générale, cette hausse peut être imputée au développe- en revanche ont été plus fréquents au cours des 30 der- ment de la communication : en effet, si des catastrophes nières années. Toutefois, même si le nombre de cyclones naturelles se produisaient auparavant, seuls peu de gens tropicaux violents a augmenté depuis 1970, la grande étaient au courant. Mais la distinction entre les catas- variabilité enregistrée au cours de plusieurs dizaines trophes liées au climat, comme les cyclones tropicaux, dannées et le manque dobservations de qualité systé- et les catastrophes indépendantes du climat (comme les matiques avant lapparition des observations par satellite tremblements de terre) affiche une nette différence de rendent difficile la détection de tendances à long terme. Nombre de catastrophes par an 450 Tendances concernant le nombre de catastrophes signalées 400 L’augmentation du nombre de catastrophes Toutes catastrophes naturelles rapportés est probablement due en partie à une amélioration significative de l’accès 350 à l’information, ainsi qu’à l’augmentation de la La catégorie “Toutes catastrophes” comprend : population. Cependant, le nombre d’inondations sécheresse, séisme, et de cyclones rapportés continue d’augmenter 300 températures extrêmes, comparé aux séismes. Le réchauffement de la famine, inondation, planète affecterait-il la fréquence des catastrophes invasion d’insectes, naturelles ? glissement de terrain, 250 éruption volcanique, 250 raz-de-marée et cyclones, incendie de végétation, Évolutions comparées 200 tempête. 200 du nombre de seismes et de catastrophes strictement climatiques 150 150 Inondations 100 100 Séismes 50 50 Cyclones Séismes 0 0 1900 1920 1940 1960 1980 2000 2010 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 Source : CRED Annual Disaster Statistical Review 2006, 2007.12 Le climat en danger
  13. 13. Changements dans les systèmes physiques et biologiques entre 1970 et 2004 Amérique du Nord : 355, 94% 455, 92% Europe : 119, 94% 28 115, 89% Asie : 106, 96% 8, 100% Afrique : 5, 100% 2, 100% Amérique latine : 53, 98% 5, 100% Australie et Nouvelle-Zélande : 6, 100% Systèmes marins et d’eau douce : 0 1 85, 99% NB : Seuls la localisation approximative Systèmes physiques Systèmes biologiques et le nombre d’observations sont reproduits. (neige, glaciers, ruissellement, etc.) (altérations des écosystèmes, disparition d’espèces, etc.) Le pourcentage indique le nombre d’observations cohérentes avec le réchauffement. Régions polaires : 106, 96% 8, 100% Source : GIEC, 2007.Systèmes naturels affectésLes observations faites dans le monde entier montrent prises pour sadapter aux changements climatiques,que de nombreux systèmes naturels sont affectés par les et en raison de facteurs autres. Ces facteurs, multiples,changements régionaux de climat, et notamment par les vont de la plantation plus précoce des semences au prin-augmentations de température. temps, aux modifications de la répartition des pollens allergènes dans l’hémisphère Nord, en passant par desDautres effets des changements climatiques régionaux changements dans l’extension des zones de transmis-sur lhomme et sur les écosystèmes, différents de ceux déjà sion des maladies infectieuses, ou encore des effets surdécrits, font progressivement leur apparition. Beaucoup les activités liées à la couverture neigeuse, comme lessont difficiles à identifier, à la fois en raison des mesures sports d’hiver. Changements actuels, causes et impacts observés 13
  14. 14. Causes des changements Le cycle du carbone 121 Croissance et décomposition Échanges des plantes sol-atmosphère 0.5 A 60 Biosphère 60 Il ny a plus beaucoup de doute quant à lhypothèse que de 540 à 610 Changements Feux dans l’utilisation la plupart des augmentations des températures mon- des sols diales moyennes constatées depuis le milieu du 20ème siècle sont dues à la hausse observée des émissions 1.5 de gaz à effet de serre (GES) par laction de lhomme. Il est probable que lactivité humaine ait entraîné un ré- Sol et matière organique 1 580 chauffement important au cours des 50 dernières an- nées, pondéré sur tous les continents, à lexception de lAntarctique. Pendant cette période, leffet combiné des variations naturelles du rayonnement solaire et des érup- tions volcaniques aurait produit des températures plus basses et non pas plus élevées. Il sest en effet produit un refroidissement de latmos- phère, engendré par les aérosols, certains dorigine naturelle, rejetés lors des éruptions volcaniques, par exemple et dautres causés par des activités humaines, notamment par les émissions de sulfates, de carbone Sources : Philippe Rekacewicz, GRID-Arendal, 2005, basé sur et mis à organique et de charbon, de nitrates et de poussières. jour avec : Centre for Climatic Research, Institute for Environmental Studies, University of Wisconsin at Madison (USA); Okanagan University Ces aérosols refléchissent une partie des rayons du so- College (Canada), Geography Department; World Watch, novembre- leil, en renvoient certains vers lespace et en absorbent décembre 1998; Nature; GIEC, 2001 et 2007. dautres, les empêchant dans les deux cas datteindre la surface de la Terre.14 Le climat en danger
  15. 15. Les chiffres indiquent les stockages et flux de carbone, exprimés en gigatonnes (milliards de tonnes) de carbone. Les flèches sont proportionnelles au volume de carbone. Les chiffres concernant les flux indiquent les quantités échangées chaque année. Vitesse du processus d’échange Très rapide (moins d’une année) Rapide (un à dix ans) Lent (dix à cent ans) Très lent (plus de cent ans) Émissions liées aux 92 combustibles fossiles 6à8Atmosphère 750 Échange océan-atmosphère Organismes marins 3 Eaux de surface 40 Carbone 90 1 020 organique 4 dissous Hydrosphère 92 700 38 000 Gisement houiller 6 50 3 000 Lithosphère : Échanges sédiment marin eaux de surface- et roches sédimentaires eaux profondes 60000 à 100 millions Gisements de gaz naturel et de pétrole 300 100 Sédiment 150 Changements actuels, causes et impacts observés 15
  16. 16. Activité humaine En comparant un certain nombre de facteurs naturels et fluences humaines. Les activités humaines ont contribué dactivités humaines, ainsi que leur impact sur le climat, à laugmentation du niveau de la mer au cours de la seconde les scientifiques ont démontré que lactivité humaine moitié du 20ème siècle ; elles ont probablement favorisé était en partie responsable de laugmentation des tem- les changements des modèles de vent et augmenté les pératures. Ainsi, des modèles informatiques prenant en températures durant des nuits extrêmement chaudes ou compte linfluence de lhomme sur le climat montrent une froides, et pendant les journées froides. Par ailleurs, nos nette hausse des températures. Ils traduisent fidèlement actions ont peut-être contribué à la hausse du risque le modèle réel de réchauffement auquel nous assistons. des vagues de chaleur, à lextension des zones touchées A lopposé, les températures prévues par les modèles qui par la sécheresse depuis les années 1970, ainsi quà prennent uniquement en compte les facteurs naturels res- la fréquence des épisodes de fortes précipitations. Le tent bien inférieures aux températures actuelles mesurées. réchauffement causé par lhomme au cours des trente dernières années a eu une influence générale manifeste Les températures moyennes mais également dautres sur les changements observés au sein de nombreux sys- aspects du climat changent en raison de différentes in- tèmes physiques et biologiques. Changement de température observé et modélisé entre 1906 et 2005 Anomalie de température 1.5 EUROPE comparée à la moyenne pour 1901-1950 Degrés Celsius 1.0 1.5 0.5 AMERIQUE DU NORD 1.5 1.0 0.0 ASIE 1.0 0.5 -0.5 1906 2000 0.5 0.0 0.0 -0.5 1906 2000 1.5 -0.5 AFRIQUE 1906 2000 1.0 1.5 0.5 1.5 AMERIQUE DU SUD AUSTRALIE 1.0 0.0 1.0 0.5 -0.5 0.5 1906 2000 0.0 0.0 -0.5 -0.5 1906 2000 1906 2000 Modèles ne prenant en compte que les facteurs naturels qui influencent le climat (volcans et activité solaire) Modèles prenant en compte les facteurs naturels et anthropiques (liés à l’activité humaine) Température continentale moyenne observée (moyenne décennale) Source : GIEC, 2007.16 Le climat en danger
  17. 17. PRINCIPAUX ASPECTS DU CLIMAT Processus et effets à l’échelle Changements dans Température mondiale du changement climatique Fonte des calottes les précipitations Salinité de l’eau glaciaires Bouleversement de la circulation Changements PROCESSUS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE dans la couverture océanique nuageuse Perturbations du cycle du carbone Réchauffement ACTIVITES HUMAINES Augmentation climatique (hausse de la Changement de l’effet de serre température brutal du Augmentation moyenne) Perturbations des surfaces de la mousson climat imperméables CO2 Modification du Gulf Stream Urbanisation N2O CH4 Changement Montée du Déforestation niveau de l’utilisation des mers des sols Émissions de Conversion gaz à effet des sols en de serre Sociétés terres agricoles traditionnelles Réfugiés Agriculture en danger écologiques Produits chimiques et pêche Disparition de subsistance en danger des zones Béton humides côtièresAgriculture Engrais Malnutrition Industrie Incendie Sécheresse de végétation Cyclone Raz-de Centrales Diarrhée électriques Utilisation de Expansion Famine Inondation -marée combustibles des maladies Catastrophes Électricité fossiles Maladies cardio- respiratoires Production Maladies Disparition d’énergie Voitures des zones infectieuses (changement humides côtières de vecteur) Chauffage Transport Perte de Mortalité diversité Trafic Fret par camion Pertes biologique aérien économiques Blanchiment Fret maritime du corail PRINCIPALES MENACES Changements actuels, causes et impacts observés 17
  18. 18. Gaz à effets de serre Émissions mondiales de gaz à effet de serre (2004) Le protocole de Kyoto, accord international1 sur le Gaz à effet changement climatique, dresse la liste des six gaz à effets de serre fluorés : 1,1% de serre (ou groupes de gaz) pour lesquels les pays ayant signé le Protocole sengagent à réduire les émissions. Il N 2O existe également dautres GES que ceux abordés par le 7,9% Protocole. Cependant, ces six gaz ou groupes de gaz CH4 représentent une grande partie des émissions globales 14,3% de GES provenant de lactivité humaine, et ils sont les plus pertinents en termes de responsabilité humaine Autres CO2 2,8% Utilisation des 56.6% combustibles immédiate : fossiles dioxyde de carbone (CO2) Déforestation 17,3% CO2 méthane (CH4) oxyde nitreux (N2O) hexafluorure de soufre (SF6) Source : GIEC, 2007. hydrofluorocarbones (HFC) hydrocarbures perfluorés (PFC) Les trois derniers (SF6, HFC et PFC) sont parfois connus sous le nom collectif de gaz F. Émissions mondiales de gaz à effet de serre par secteur (2004) Déchets et Les émissions mondiales de gaz à effet de serre prove- eaux usées nant des activités humaines ont augmenté depuis lère Bâtiments résidentiels 2.8% préindustrielle, avec une hausse de 70% entre 1970 et et commerciaux 2004. Les concentrations atmosphériques mondiales de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et doxyde 7,9 % nitreux (N2O) ont sensiblement augmenté en raison des Production activités humaines depuis 1750 (cest-à-dire lannée qui Transport d’énergie marque le début des activités industrielles), et elles sont 13,1 % 25,9 % 1. Le protocole de Kyoto définit les règles et les procédures néces- Agriculture saires pour atteindre lobjectif ultime de la Convention, à savoir : 13,5 % Industrie “(...) aboutir à (...) la stabilisation des concentrations de gaz à effet 19,4 % de serre dans latmosphère à un niveau qui empêcherait toute inte- Déforestation raction anthropique dangereuse avec le système climatique.” Un tel 17,4 % niveau devrait être atteint dans un délai suffisant pour permettre aux écosystèmes de sadapter naturellement au changement climatique, pour sassurer que la production alimentaire ne soit pas menacée et Source : GIEC, 2007. pour permettre à léconomie de se développer de manière durable.18 Le climat en danger
  19. 19. Principaux gaz à effet de serre Concentration Concentration Durée de vie Principales sources Nom du gaz préindustrielle en 1998 atmosphérique PRP ** d’activité humaine ( ppmv * ) ( ppmv ) (années) Vapeur d’eau 1à3 1à3 Quelques jours - -Dioxyde de carbone Combustibles fossiles, (CO2 ) 280 365 variable production de béton,chan- 1 gement d’utilisation des sols Méthane Combustibles fossiles, (CH4 ) 0,7 1,75 12 rizières, décharges, bétail 21 Oxyde nitreux Engrais, combustion, (N2O ) 0,27 0,31 114 procédés industriels 310 HFC 23 (CHF3 ) 0 0,000014 250 Électronique, réfrigérants 12 000 HFC 134 a (CF3CH2F) 0 0,0000075 13.8 Réfrigérants 1 300 HFC 152 a (CH3CHF2) 0 0,0000005 1.4 Procédés industriels 120Perfluorométhane (CF4) 0,0004 0,00008 >50 000 Production d’aluminium 5 700Perfluorométhane (C2F6) 0 0,000003 10 000 Production d’aluminium 11 900 Hexafluorure de soufre (SF6) 0 0,0000042 3 200 Fluide diélectrique 22 200* ppmv = parties par million en volume ** PRP = Potentiel de réchauffement planétaire (dans une perspective de cent ans) Changements actuels, causes et impacts observés 19
  20. 20. Émissions mondiales de gaz à effet de serre par secteur Secteur Utilisation finale / activité Gaz Route 9,9% Transport 13,5% Aérien 1,6% Chemin de fer, bateau et 2,3% autres types de transport E Bâtiments résidentiels 9,9% I G Bâtiments commerciaux 5,4% Électricité et 24,6% chauffage R Combustion de 3,5% carburant non-affectée Fer & acier 3,2% E Aluminium / métaux non ferreux 1,4% Dioxyde de carbone Machinerie 1% N Pâte à papier, papier et imprimerie 1% Combustion Alimentation & tabac 1% (CO2) 77% d’autres carburants 9% E Produits Chimiques 4,8% Béton 3,8% Industrie Autres industries 5,0% 10,4% Pertes durant transport et distribution 1,9% Extraction de charbon 1,4% Émissions fugitives 3,9% Extraction, raffinage & 6,3% consommation du pétrole/gaz Procédés industriels 3,4% Déforestation 18,3% HFCs, Boisement -1.5% PFCs, Changement 18,2% Reforestation -0.5% SF6 d’utilisation des sols Récolte / gestion 2.5% 1% Autres -0.6% Utilisation de l’énergie dans 1,4% l’agriculture Méthane Terrains agricoles 6% (CH4) 14% Agriculture 13,5% Bétail & fumier 5.1% Culture du riz 1,5% Autres types d’agriculture Décharge 0,9% 2% Oxyde nitreux Déchets 3,6% Eaux usées, autres déchets 1,6% (N2O) 8% Toutes les données concernent l’année 2000. Tous les calculs sont faits à partir d’équivalents CO2, en prenant en compte les potentiels de réchauffement planétaire du GIEC (1996), et se fondent sur une estimation mondiale totale de 41 755 Mt d’équivalent CO2. Le changement d’utilisation des sols comprend à la fois les émissions et les absorptions. Les lignes pointillées représentent les flux de moins de 0,01 % du total des émissions de GES. Source : World Resources Institute, Climate Analysis Indicator Tool (CAIT), Navigating the Numbers: Greenhouse Gas Data and International Climate Policy, décembre 2005; GIEC, 1996 (données pour l’année 2000).20 Le climat en danger
  21. 21. Émissions mondiales de gaz à effet de serre depuis 1970 Potentiel de réchauffement global (PRG) et équivalent CO2 Gigatonnes d’équivalent CO2 Chaque gaz à effet de serre affecte latmosphère à un 50 degré différent et survit pendant une durée plus ou moins Gaz à effet de serre fluorés N2 O Agriculture longue. Le rôle attribué à un GES dans le réchauffement et autres climatique global est décrit en tant que Potentiel de CH4 Agriculture, 40 déchets, énergie réchauffement global (PRG). Afin de comparer les effets des différents gaz, le PRG correspond au facteur de Déforestation nocivité que la même masse de CO2 entraînerait sur 30 une période de temps donnée, de sorte que le PRG CO2 du CO2 est toujours de 1. Les gaz qui entraînent un réchauffement bien plus important que le CO2 peuvent 20 cependant se décomposer plus vite que lui, si bien quils risquent de causer un problème considérable pendant Combustibles quelques années, qui satténue au fil du temps. De la 10 fossiles même manière, dautres gaz peuvent se décomposer plus lentement et poser un problème plus important sur une longue période. 0 1970 1980 1990 2000 2004 Parler démissions d’équivalents-CO2 consiste à prendre Source : GIEC, 2007. le dioxyde de carbone comme référence et à définir le volume de CO2 qui donnerait le même volume dedésormais largement supérieures aux niveaux enregis- réchauffement, sur une période de temps donnée, quetrés au cours de lère préindustrielle, comme le mon- celui créé par dautres GES.trent les carottes glaciaires remontant à plusieurs milliersdannées. Les niveaux des deux premiers gaz sont nette- Par exemple, le PRG du méthane sur 100 ans est dement supérieurs aux taux naturels des 650 000 dernières 25, et de 298 pour loxyde nitreux. Cela signifie queannées. La concentration atmosphérique globale de CO2 les émissions dune tonne de méthane ou doxyde ni-avant le début de la Révolution industrielle était denvi- treux équivalent aux émissions respectives de 25 et 298ron 280 parties par million (ppm). En 2005, elle atteignait tonnes de dioxyde de carbone. Lun des gaz F, à savoir379 ppm. Et la hausse ne fait que saccélérer : le taux lHFC23, est 12 000 fois plus puissant que le CO2 sur 20de croissance annuel na jamais été aussi élevé quentre ans, et il devient même encore plus puissant (et donc1995 et 2005 depuis le début des mesures atmosphé- "dangereux" pour le climat) sur 100 ans, période pendantriques dans les années 1950. laquelle son PRG atteint le niveau de 14 800. Changements actuels, causes et impacts observés 21
  22. 22. Demande en énergie actuelle et projections Feedbacks En milliards de tonnes Lexistence de feedbacks constitue un facteur qui com- d’équivalent pétrole plique la science du climat, et qui entraîne dans un même temps toute une série dincertitudes. Les feedbacks sont Projections 15 des interactions entre différentes parties du système clima- tique, qui peuvent impliquer des changements de déclen- chement de processus ou dévénements, qui à leur tour ont Pétrole 12 une influence sur le déclencheur initial. La diminution des étendues de glace et de neige, à terre comme en mer, en est un exemple. La glace, de par sa couleur blanche, reflète 9 jusquà 90% des rayons du soleil qui atteignent la surface Charbon de la Terre, et les renvoie vers lespace, les empêchant ainsi dintensifier le réchauffement atmosphérique. Mais lorsque 6 la glace fond, elle risque dexposer à sa place la terre, la Gaz végétation, les roches ou leau, qui sont tous des éléments Nucléaire plus sombres et qui auront donc plutôt tendance à absor- 3 Énergie Biomasse ber les rayons quà les réfléchir. Ainsi, la fonte initiale peut hydraulique Autres entraîner un feedback qui contribue à accélérer son rythme. 0 énergies La fonte du permafrost dans les latitudes élevées du nord renouvelables 1980 1990 2000 2010 2020 2030 est un autre feedback possible. Au fur et à mesure quil NB : Toutes les statistiques se rapportent à l’énergie dans sa forme originelle fond, il pourrait libérer de grandes quantités de dioxyde de (comme le charbon), avant qu’elle ne soit transformée en une énergie plus carbone et de méthane qui sont pour linstant encore rete- pratique à utiliser (comme l’énergie électrique, par exemple). nues en dessous de la couche de sol gelé. Le cas échéant, Source : International Energy Agency (IEA), World Energy Outlook 2008. cela accélèrerait le réchauffement déjà en cours. Autre fee- dback attendu : des températures plus élevées au niveau des terres comme de locéan ont tendance à réduire lab- sorption de dioxyde de carbone, augmentant ainsi le vo- lume de CO2 restant dans latmosphère. Il sagit là de feed- backs positifs car ils intensifient le processus dorigine. Les feedbacks négatifs, en revanche, sont des changements de lenvironnement qui conduisent à un processus compensa- toire et atténuent ainsi le changement en question.22 Le climat en danger

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