Le Monde Jan 2014

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Le Monde Jan 2014

  1. 1. La beauté en Technicolor SupplémentàMLemagazineduMondeno 131dusamedi22mars2014. Nepeutêtrevenduséparément. 22 mars 2014
  2. 2. www.dior.comDiorOnLine0149538888
  3. 3. Au programme.MesdAMesetMessieurs,voici lepremiernumérodeBparMLemagazineduMonde. Bcommebeauté,unthèmequiadéjàsaplace touteslessemainesdansM,maisauquelnousavions enviededonnerplusdeplace.Parcequelabeautéest undoMAinePAssionnAnt.unplaisiret unbusiness.unlangagepourcellesquiutilisent onguents,fragrancesetpigMents,et unsecteurd’activitémondialiséauxrèglesspécifiques. Lesasiatiquesneportentpasdeparfumetserêventavecdes teintstranslucides.QuelesoccidentAles ontfiniPAriMiter...Quantauxcheveuxdéfrisés, lissés,cirésqu’arborentlesafricaines,lesantillaisesmaisaussi beaucoupdeLatino-américaines,ilssontentraindedevenir lanormepourlescoquettesàbrushingdumondeentier. unitedcoLors?oui.Maislesloganestprisici danssonacceptionlaplusclassique.danscenuméro, lesteintesexPlosent,fluo,vives,saturées car–nousexpliqueLilibarbery-coulon–,laspécialiste delabeautéàM,ellessontdepuissantessourcesdu désir…d’acheter.desArguMentsdevente. Maisaussi,etc’estplusnouveau,desgagesde quaLitédansLedoMainedessoins. Jusqu’auxparfums.oui,lesodeursont unecouleur!PourmettreenscènecepremierB, l’équipedecréationdeMafaitappelàl’artisteMat Maitlandquiapoussétrèsloinl’hyPerréAlisMe. commedansunnuancierPantone,ilajouéla monochromie.onestplusprochedupopartquedu boudoir.labeauté,c’estaussiunephiLosophie. Marie-pierreLannelongue le supplément 4 —édito—
  4. 4. 6 —sommaire— Label sobriété Lisa Eldridge Colorama L’argument du pigment Arômes chromatiques Supplément à M Le magazine du Monde édité par la Société éditrice du Monde (SA). Président du directoire, directeur de la publication : Louis Dreyfus. Imprimé en France : Maury imprimeur SA, 45330 Malesherbes. Rédaction en chef : Marie-Pierre Lannelongue / Direction de la création : Eric Pillault (directeur), Jean-Baptiste Talbourdet (adjoint) / Rédaction en chef adjointe : Béline Dolat / Conception : Lili Barbery-Coulon / Rédaction : Carine Bizet, Vicky Chahine, Caroline Rousseau / Edition : Yoanna Sultan-R’bibo, Anne Hazard, Julien Guintard avec Elodie Ratsimbazafy / Photo : Cathy Remy / Correction : Michèle Barillot, Ninon Rosell avec Claire Diot. Ont collaboré : Mat Maitland, Artus de Lavilléon. page 8 page 12 page 14 page 26 page 30 Jean-BaptisteTalbourdet.CraigMcDean/Art+Commerce.MatMaitland/BigActivepourMLemagazineduMonde. BobbyDoherty.ArtusdeLavilléonpourMLemagazineduMonde le supplément
  5. 5. 8 le supplément —innovations— Labelsobriété.dans un monde en technicolor, l’épure fait de la résistance. pour une cosmétique à la fois technique et émotionnelle, les marques misent sur des packagings en noir et blanc. par Vicky chahine et caroline rousseau / stylisme lili barbery-coulon / photos Jean-baptiste talbourdet piquant En parallèle de ses parfums corsés aux notes boisées dans des flacons aux formes voluptueuses, Serge Lutens a lancé en 2010 une collec- tion d’eaux dans des bouteilles rectangulaires et élancées. Laine de Verre, la troisième à intégrer la ligne, est un jus glacé et piquant à l’odeur métallique, et dont l’empreinte olfactive s’accorde avec l’épure de son packaging. Laine de verre, Serge Lutens, 75 € les 50 ml. www.sergelutens.com nippon Diptyque s’était déjà essayé à la cosmétique avec une ligne pour le corps aux senteurs subtiles.Le parfumeur décline à présent son offre pour le visage en cinq soins. Dont la poudre pureté,un mélange d’argile blanche, de pétales de rose,de jasmin et de fleurs d’oranger,qui se transforme en une mousse nettoyante au contact de l’eau. une texture inspirée par les rituels de beauté japonais. Poudre Pureté pour le visage, Diptyque, 52 € les 40 g. www.diptyqueparis.com cELLuLairE L’aDn,nouvelle arme de la beauté? Son fort pouvoir évocateur est désormais mis en avant par plusieurs marques comme Dr Brandt, dont la dernière ligne anti-âge, Do not age, joue sur l’acronyme anglais Dna (pour aDn). La caution médicale est souli- gnée par un packaging blanc et des soins alignant les bre- vets haute technologie.ainsi, le sérum antirides contient de petites perles qui libèrent, lors de l’application, un complexe agissant sur les cellules pour combattre les effets du vieillissement. DNAsérumantirides,liftantet revitalisant,Dr.Brandt,99€les 40ml,enexclusivitésursephora.fr nomaDE L’esthète Francis Kurkdjian a imaginé un écrin nomade pour accueillir ses jus aux bou- quets délicats.ce vaporisateur de voyage est fabriqué en zamac (alliage de zinc,alumi- nium,magnésium et cuivre), comme les bouchons des flacons du parfumeur,un clin d’œil aux toits de paris.a rem- plir d’oud pour les adeptes de boisé ou d’apom pour les afi- cionados des senteurs florales. Globe Trotter, Francis Kurkdjian, 85 € la version en zinc (95 € en or), recharges de 11 ml, 60 à 130 € les trois. www.franciskurkdjian.com pionniEr Le noir et blanc fait partie des codes de la maison chanel. cette charte gra- phique est déclinée jusque dans la gamme de cosmé- tiques,notamment les soins nourrissants Hydra Beauty ré- cemment enrichis d’un baume pour les lèvres. Baume nourrissant lèvres Hydra Beauty Nutrition, Chanel, 36 € les 10 g. www.chanel.com comBiné La société iFF,créatrice de parfums pour de nombreuses marques et auteur de plu- sieurs best-sellers, lance la se- conde édition de son coffret Speed Smelling. Dix de ses plus grands nez ont été invi- tés à créer un parfum,sans aucune contrainte. résultat : un ensemble de fragrances singulières comme celle al- liant coca et yaourt,ou cette autre mariant sésame,noi- sette et chèvrefeuille. Coffret Speed Smelling, IFF, 100 € chez Colette. www.colette.fr gLiSSant Lancée par le géant suédois H&m, la marque & other Stories a appliqué à sa gamme de soins la même re- cette que pour sa mode : des produits bien travaillés et à prix abordable. proposée dans un conditionnement épuré, la ligne corporelle cotton care a pour base un ingrédient phare : l’huile de graine de coton. Crème de douche Winceyette, & Other Stories, 9 € les 350 ml. www.stories.com FLouté conséquence des selfies embellis à grands coups de filtres photo, un nouveau produit a vu le jour ces der- niers mois : le « blur ». Litté- ralement « flou » en anglais, ce type de correcteur permet de lisser la peau grâce à une texture qui comble les im- perfections. La marque de maquillage nars s’est lancée sur le créneau avec sa ligne pro-prime, dont le dernier-né est un stick qui corrige avec précision les petits défauts de la peau. Instant Line and Pore Perfector, Nars, 26 €, en exclusivité chez Sephora. www.narscosmetics.fr
  6. 6. 10 —innovations— amidonné avec la multiplication des tutoriels de coiffure sur inter- net,le shampoing sec,idéal pour faire tenir les chignons et les tresses,a connu un ré- cent essor.L’italien davines sort une version de ce produit matifiant à base d’amidon de riz,d’huile de citronnelle et d’extraits de yuzu. Hair Refresher, Davines, 19,90 € les 150 ml. Points de vente : 01-46-33-22-13. romanesque Pour la Londonienne Lyn Harris, les parfums sont d’abord ceux des jardins de son enfance : anglais, sauvages, foison- nants. mais ils sont aussi un terreau fertile pour l’imagination. elle a donc regroupé, à la manière d’un éditeur, cinq histoires olfac- tives. Par exemple le tome iV, La Feuille, bien vert mais étonnam- ment fruité, possède l’im- matérialité et la fraîcheur d’un changement de saison. Perfumer’s Library, Miller Harris, 225 € les 100 ml. www.millerharris.com Visionnaire depuis deux ans, les pro- duits censés allonger ou faire pousser les cils se sont multi- pliés. Les laboratoires Filorga ont intégré cette technologie à un soin complet, permet- tant en un seul geste d’amé- liorer l’aspect général du contour de l’œil (grâce à sa texture de comblement qui donne l’illusion immédiate d’une peau lissée) et d’aug- menter le volume des cils. Time-Filler Eyes, Filorga, 44,90€ le pot de 15 ml. www.filorga.com singuLier en parfumerie comme en mode, la tendance est à la personnalisation.avec ses huiles de musc, de rose, d’oud, ou d’ambre, dior pro- pose à chacun de jouer les nez en manipulant les ma- tières premières.ajouté à son parfum habituel, un discret point viendra en amplifier ou contraster certaines facettes. un jeu de superposition qui garantit un sillage singulier. Elixir Précieux, Christian Dior, 280 € les 3 ml. www.dior.com snob un conditionnement épuré pour présenter des soins qui répondent au mal de l’époque: les cheveux très abîmés par les lissages et les colorations. La gamme capil- laire développée par le duo de coiffeurs suédois sacha- Juan est l’un des snobismes beauté du printemps. Intensive Hair Oil, SachaJuan, 35 € les 50 ml, en exclusivité sur birchbox.fr sur mesure Poursuivant sa quête effré- née de précision et de résul- tats quantifiables, la marque de cosmétique ioma a mis au point des puces et des ma- chines capables d’établir un diagnostic précis de l’état de la peau, que l’on effectue en boutique. on en ressort avec une base, et huit sérums à y additionner en fonction du diagnostic, pour obtenir une crème sur mesure. ainsi, sous un nom simple, ma Crème, se cache une formule assez complexe. Ma Crème, Ioma, 139 € les 50ml. www.ioma-paris.com narCissique Les 25-35 ans sont devenues la cible privilégiée des marques de cosmétique. actives,informées,encore sans enfant,elles ont un bon pouvoir d’achat.Le défi est de satisfaire cette génération obsédée par son image,qui attend d’un soin qu’il embel- lisse aussi efficacement qu’un filtre sur instagram.sisley s’attaque donc à la préoccupa- tion principale,l’apparition des premiers signes de vieillis- sement (peau sans éclat,moins lisse,fatiguée),grâce à une émulsion fraîche au fini mat. Sisleyouth, Sisley, 123 € les 40 ml. www.sisley-paris.com gaLbé Les huiles en roll-on permet- tent de se parfumer autre- ment. Le geste qui consiste à faire rouler la bille sur les points de pulsation serait plus sensuel qu’une vapori- sation. Le débat est ouvert par byredo, qui vient de décliner dans ce format mo- derne et adapté aux voyages ses sept parfums les plus populaires, parmi lesquels la délicieuse blanche. sept fragrances de haute tenue, habillées de la même charte graphique épurée qui fait l’identité de la marque lancée en 2006 par le charismatique ben gorham, ex-basketteur et ami des branchés. Blanche, Byredo, 50 € les 7,5 ml, www.byredo.com le supplément
  7. 7. 12 CraigMcDean/Art+Commerce
  8. 8. 13 —portrait— SeS vidéoS ont été viSionnéeS par deS millionS de personnes dans le monde. Pourtant, Lisa Eldridge est beaucoup moins connue que Beyoncé. Cette Anglaise, maquilleuse professionnelle, est devenue une star du Net grâce à ses tutoriels (des leçons en ligne,et en vidéo, face à la caméra). Mais contrairement à beaucoup de jeunes blogueuses amatrices de fards et de fonds de teint,Lisa Eldridge n’est pas un produit de la génération Facebook-Instagram : elle est née en 1974. Sa force et son originalité résident plutôt dans une solide carrière construite « B.I. » :before Internet. C’est grâce aux femmes de sa famille qu’elle a découvert le maquillage.« A 6 ans, j’ai trouvé d’anciennes boîtes de fards chez ma grand-mère, raconte-t-elle, et dans la chambre de ma mère, un livre sur le sujet. Je n’avais pas vraiment envie de me maquiller moi- même, je préférais dessiner avec les produits. Le packaging aussi me fascinait. Pour mes 13 ans, j’ai reçu un livre sur le ma- quillage de théâtre, écrit par les meilleurs professionnels de cette discipline. Je n’avais pas réalisé que cela pouvait être une car- rière. Cela m’a donné envie d’en faire mon métier. » Mais comment s’y prendre quand on est une gamine de Liverpool qui veut travailler dans la mode? Quand Lisa Eldridge se lance, au début des années 1990, les ma- quilleurs ne sont pas encore ces make-up artists que les griffes de luxe s’arrachent.Ce sont des artisans de la cou- leur qui œuvrent dans l’ombre. On est loin du statut de VIP,acquis aujourd’hui par des personnalités comme Pat McGrath ou Peter Philips. Aucune formation précise n’est alors proposée aux aspirants.Mais la jeuneAnglaise finit par trouver un cours de maquillage photographique, animé par des professionnels qui lui ouvrent les portes du milieu.Commence alors un apprentissage classique : elle s’essaie sur de jeunes mannequins et collabore avec de nouveaux photographes.Autant d’exercices pratiques non rémunérés qui lui permettent d’étoffer son portfolio dans un contexte créatif innocent et festif. « Quand j’ai commencé à travailler sur les défilés, les grandes marques de cosmétiques ne sponsorisaient pas encore ces événements, la pro- fession n’avait pas cet aspect commercial. Nous étions plus libres. » Sa carrière s’épanouit comme son sens de la dis- cipline :de FashionWeeks en couvertures de magazine, Lisa Eldridge travaille beaucoup, depuis vingt ans, avec les femmes les plus belles et les plus célèbres. Les ac- trices Kate Winslet, Keira Knightley ou Liv Tyler, les top-modèles Lara Stone ou Mariacarla Boscono lui ont confié leur visage. Pour une bonne raison. Naturelles ou hautes en couleur, toutes les créations de la maquilleuse ont une chose en commun : elles embel- lissent. Il y a beaucoup de bienveillance dans sa façon d’aborder son métier. Et de sens pratique, puisqu’elle applique aux autres ses propres recettes.Pas celles d’une créature de mode, mais celles d’une personne qui vit à Londres avec mari,enfants et chats.Son CV impression- nant l’amène un jour sur les plateaux de télévision bri- tanniques pour une émission de relooking à succès « Ten Years Younger », qui lui donne accès à un autre public, celui des femmes de la rue.« J’ai reçu beaucoup de questions auxquelles je ne pouvais pas répondre. Je me suis dit qu’il y avait une niche pour quelqu’un avec mon expertise. J’ai relancé mon site avec des vidéos en tutoriel. Aucune marque ne sponso- rise mon site personnel, je ne parle que de produits que j’aime vraiment. C’est un espace de liberté et d’intégrité. » En 2009, Lisa Eldridge, qui par ailleurs produit des vi- déos pour Chanel et conseille plusieurs marques de maquillage, commence une vie parallèle de blogueuse vidéaste. « Au début, j’avais peur de ruiner ma carrière, car les gens de la mode peuvent être très snobs. J’ai commencé chez moi, le dimanche. J’ai fait ma première vidéo avec une sévère gueule de bois. Mon mari m’a dit que j’étais folle, mais je voulais montrer aux femmes qu’on a toutes nos bons et nos mauvais moments. Je ne voulais pas d’un site intimidant ni jouer à la professionnelle autoritaire. C’est davantage une conversation avec une amie. » Et d’expliquer comment camoufler une poussée de boutons ou se faire un teint frais.Très vite, le bouche- à-oreille fonctionne, le site devient un succès, tout comme sa chaîne YouTube, où certaines vidéos ont séduit plus d’un million et demi d’internautes. Le secret : la pureté du fond blanc,l’élégance du cadrage – son mari,ancien directeur artistique de Vogue UK, lui a visible- ment donné quelques conseils – et des thèmes aux antipodes de la dernière tendance recom- mandée par la presse féminine. Pas question d’accumuler sur les paupières le colorama entier de la palette branchée.L’artiste maquilleuse considère la cou- leur comme une alliée dans une quête de mieux-être.« Il existe beaucoup de règles. Je n’y crois pas. La couleur est très émotionnelle ; donc s’il y a une nuance que vous aimez, essayez- la. Si elle illumine votre visage, c’est une bonne couleur pour vous et vous trouverez une façon de l’utiliser. » A trois condi- tions :toujours avoir un joli teint,toile de fond indispen- sable à toute pose de pigments réussie ; choisir les yeux OU la bouche ; résister aux achats compulsifs. « Dans les magasins, les éclairages sont réglés soigneusement, il faut essayer les produits à la lumière du jour et voir comment ils réagissent avec la peau sur la durée. Si, une fois à la maison, c’est toujours beau, alors achetez le lendemain. » Lisa Eldridge a choisi la franchise et la proximité avec les internautes : une stra- tégie payante. lisaeldridge.com Blogueuse sansfard.la maquilleuSe-Star liSa eldridge diSpenSe conSeilS et leçonS de beauté à madame tout-le-monde danS deS vidéoS, conSultéeS deS millionS de foiS. leS cléS de Son SuccèS : pédagogie et franchiSe. par carine bizet le supplément
  9. 9. 14 —portfolio— Colorama.parfums, soins, vernis à ongles… rien n’échappe au pouvoir de la couleur. jouant sur la gamme, l’artiste mat maitland a créé des tableaux, entre surréalisme et hyperréalisme. par lili barbery-coulon / illustrations mat maitland Vernis infaillible, L’OréaL. crème Haute exigence Jour multi-intensiVe, CLarins. rouge à lèVres addict fluid stick Pandore, DiOr. crème Powerful wrinkle reducing, KiehL’s. le supplément
  10. 10. page de gauche, eau de parfum Bella Notte pour homme, Cer- ruti 1881. eau de toilette giNepro di Sar- degNa, ACquA di PArmA. gel Jour Super aqua- crème, GuerlAin. maSque éclairciSSaNt pétillaNt BrightSeal, Shu uemurA. ci-coNtre, BroNzage iNteNSif teiNté SuN Beauty, lAnCASter. eau de toilette exotic, Jimmy Choo. Baume coNceNtré aux agrumeS pour le corpS, AéSoP.
  11. 11. page de gauche, eau de parfum couleur Kenzo Violet, kenzo. soin anti-âge réner- gie french lift, Lancôme. huile-sérum très régénérante, Sephora. ci-contre, gloss lust for lacquer lip Vinyl, marc JacobS. crayon lacquer Balm colorBurst, revLon. eau de parfum BonBon, viktor & roLf. anti-âge magnificence sérum rouge reVitalisant intensif, Lierac.
  12. 12. Sérum Anti-Cellulite, PerfeCt Slim lASer SCulPt, L’OréaL. gel AminCiSSAnt Body SCulPter, BiOtherm. eAu de toilette CK one Summer, CaLvin KLein.
  13. 13. page de gauche, eau Fraîche See by chloé, Chloé. eau de toilette prada candy, Prada. VerniS à ongleS you callin’ Me a lyre, o.P.I. ci-contre, crèMe Future Solution lX, régénérante totale, ShISeIdo. creMa nera eXtreMa, gIorgIo armanI.eau de toilette pour hoMMe, Karl lager- feld.crèMe le liFt, Chanel.
  14. 14. page de gauche, le parfum, EliE Saab. eau de parfum fruit défendu, TErry dE gunzburg. crème de jour Super-defenSe Spf20, CliniquE. l’eau de toilette, CarvEn. ci-contre, Sérum contour lifting, CrèmE dE la mEr. Shampooing reStauration extrême, Shu uEmura. gel douche corpS et cheveux eau d’orange verte, hErmèS. verniS à ongleS Sage green, burbErry.
  15. 15. 26 —enquête— 20,8 millions d’euros en 2013, contre 11,8 en 2006 : c’est le chiffre d’affaires généré en France par le marché de la couleur pour les ongles. Toutes les marques ont développé leurs propres nuanciers de vernis, certains comme Formula X (Sephora) atteignant près de deux cents teintes.« L’explosion récente du vernis à ongles a modi- fié notre rapport à la couleur, nous permettant de la considérer comme un accessoire de mode », considère Alexandra Jubé, chef de projet chez NellyRodi.Moins ostensible qu’une robe de teinte vive, moins coûteuse qu’une paire de chaussures, la touche de couleur « permet d’apporter une pointe de créativité politiquement incorrecte dans un monde très standardisé », estime Aurélie Chaffel, directrice conseil chez Perspectives Lab,un cabinet de prospective.Et pas seulement sur les ongles. « Le secteur du rouge à lèvres comme celui de la coloration des cheveux sont également en pleine mutation, admet Eva Yean, coloriste pour L’Oréal Paris. Adopter une couleur tranchée sur labouche,c’estunenouvellefaçondes’affirmeràmoindresfrais.» Lacouleurs’afficheaussisurlescheveuxdesadolescentes, avec le hair chalking, un maquillage éphémère en poudre quipigmenteleslongueurspendantunàtroisjours.Déve- loppés par des marques comme L’Oréal Professionnel, Bumble and Bumble ou Body Shop, ces produits fluo ne sontpasdestinésàséduiredesadeptesvieillissantsdupunk maisdesjeunesfillessuivantlesmétamorphosesrégulières de leurs chanteuses préférées. « La coloration correspond à l’effacement de l’histoire individuelle et aussi à la permission de se réinventer,analyseAnnedeMarnhac,historienneetauteure de Beauté : histoire, florilège et astuces aux éditions de La Mar- tinière.Ces phénomènes sont amplifiés par la confrontation per- manente à notre propre image, à travers la culture des selfies, ces autoportraits partagés sur les réseaux sociaux. » Dans les domaines du maquillage ou de la coloration ca- pillaire, on se doutait que la palette des possibilités fini- rait par s’élargir. Cependant, on n’imaginait pas que la couleur deviendrait un argument de vente à part entière. Ce n’est pas la durabilité du vernis qui donne envie de l’acquérir,ni les bienfaits hydratants d’un gel douche qui poussent à consommer l’intégralité d’une collection pour le bain, mais bien leur couleur. « On vit dans un monde concurrentiel hostile, on n’arrive même plus à envisager l’ave- nir, souligne Mai Hua, créatrice de couleurs de packa- gings et de maquillage pour l’industrie de la beauté. La couleur répond à un besoin d’émerveillement immédiat. » Premier à l’avoir compris,Steve Jobs révolutionne le rap- portauxmachinesenlançant,chezApple,desordinateurs decouleuràlafindesannées1990.«Jusqu’alors,onpensait le design par la ligne et non par le plein, rappelle Mai Hua.On proposait des appareils électroménagers gris ou noirs, des ordi- nateurs beiges, dont la fonction était définie par le contour, pas par la couleur. Avec l’innovation de Steve Jobs, l’ordinateur a quitté le discours technologique pour devenir intuitif et sensoriel. Et tous les autres secteurs de la consom- mation ont suivi. » Les appareils électroniques ont été déclinés sur tous les tons, les capsules de café se sont distinguées grâce à leur palette de couleurs,les boîtes de thé se collectionnent empilées comme un arc-en-ciel… Même la so- ciété Pantone, qui a démarré à la fin du xixe siècle en proposant des nuanciers pour fabri- cantsdecosmétiquespuisadéveloppédansles années 1960 un système de couleurs pour l’im- primerie, a surfé sur la vague en créant des ob- jetsauxcouleursducatalogue.SelonAlexandra Jubé,« l’utilisation de la couleur par ces marques a élargi le spectre du produit de mode. Avant, seul le vêtement était considéré comme saisonnier. Au- jourd’hui, la couleur est un moyen de pousser les gens à consommer toujours plus, quel que soit le produit ». dans l’industrie de la beauté, les marques de ma- quillage ont ouvert le champ. Des précurseurs comme François Nars dans les années 1990, des marques desti- nées aux professionnels comme M.A.C, Make Up For Ever, ou encore Fred Farrugia, qui a créé les premiers gloss colorés chez Lancôme en 2000…,tous ont participé àl’élargissementdelapalettepourlevisage.Aujourd’hui, le nombre de collections de maquillage va parfois jusqu’à huit par an, reprenant le rythme effréné des collections de mode des grands noms du luxe. « Les couleurs les plus flashy ne se vendront pas forcément mieux, mais elles permettent de retenir l’intérêt des journalistes et des consommatrices. Ainsi, elles vont provoquer de l’émotion autour de la marque », dé- crypte Alexandra Jubé. Lors du défilé haute couture Ar- mani Privé en janvier 2013 à Paris,la maquilleuse Linda Cantello a installé un color lab dans les coulisses, une sorte de laboratoire avec des pigments purs permettant de créer des teintes exclusives pour le défilé.La mise en scène a entretenu l’engouement chromatique.« On n’est pas loin de la mouvance culinaire : les couleurs se consomment et se préparent comme des pâtisseries, on devient boulimique de nouvelles teintes, que l’on va photographier et partager sur L’argument dupigment.des teintes de vernis déclinées par centaines, des fragrances coordonnées à des flacons… jusqu’ici décorative, la couleur est devenue un argument marketing. en exploitant ses pouvoirs évocateurs, la cosmétique en a fait un atout de séduction. par lili barbery-coulon le supplément BobbyDoherty
  16. 16. Acide hyaluronique et extraits d’Orchidée. Effet injection de matière. Densité, volume et éclat retrouvés. ée. re. és. VOS CHEVEUX AUSSI ONT LEUR ANTI-ÂGE TOUTE LA COMPÉTENCE PROFESSIONNELLE DESSANGE CHEZ VOUS Des conseils coiffure sur secrets-dessange.com LASCAD - SNC au capital de 20 160 € - siège social : 7 rue Touzet - 93400 SAINT OUEN - RCS Bobigny n° 319 472 775 NOUVEAU SOIN NUTRI-REPULPEUR
  17. 17. 28 —l’enquête— Instagram », remarque Mai Hua. D’où l’apparition de gammes, toutes catégories cosmétiques confondues, construites autour de la couleur, comme la collection de fragrances baptisée Couleur, de Kenzo, dont chaque opus parfumé est coordonné à la teinte du flacon. Idem chez Jo Malone qui lance en avril la ligne London Rain, quatre parfums dans des bouteilles colorées à collection- ner. L’enseigne Sephora s’est même inspirée des cap- sules de café pour mettre au point un nuancier de mono- doses de gel douche. « Ces trois dernières années, les spas, les lieux consacrés au bien-être, les médecines alternatives et les neurosciences nous ont sensibilisés à l’idée que la couleur pou- vait avoir une inflexion sur l’humeur, pointe Aurélie Chaf- fel. La couleur est ainsi utilisée comme un soin, la chromothé- rapie. » Et peu importe l’efficacité de la formule à l’intérieur du contenant. Cette vague chromatique n’aurait pas pu se propager sans Internet. « Il y a désormais les blogs, les chaînes de té- lévision en continu, les applications sur téléphone mobile et Tumblr qui font la promotion du design et de la couleur », confirme Laurie Pressman,vice-présidente de Pantone Color Institute. Des blogs comme Plentyofcolour.com répertorient les plus beaux nuanciers,qu’ils soient issus de la nature, d’expositions artistiques ou de la société de consommation. Sans compter l’influence de Pinte- rest, réseau social qui permet de partager des mood- boards (des murs d’inspirations) selon les thèmes de son choix. La requête « Pinterest colors » dans Google in- duit plus d’un milliard de résultats. « Que ce soit dans le domaine de la décoration ou de la beauté, les internautes sont devenus des experts, poursuit Alexandra Jubé. On ne parle plus de vert, de violet ou de jaune : on dit menthe-à-l’eau, lavande et mimosa. » Et si l’on hésite encore à utiliser un eyeliner turquoise au ras des cils ou qu’on ne sait pas quels vêtements porter avec un orange vif sur les lèvres, le Web a réponse à tout. « Les tutoriels sur YouTube, ces leçons de beauté filmées, ou les do it yourself sur les blogs, ont permis aux femmes d’acquérir une confiance dans leur capa- cité à utiliser la couleur, raconte Eva Yean. La mode des cheveux colorés tie and dye [coloration en dégradé] par exemple est née sur Internet avant d’inspirer à L’Oréal Paris la création de son kit Ombré. Plus notre œil absorbe de cou- leurs, plus on s’habitue à elles, plus c’est facile de les adopter au quotidien. » Les consommatrices étant désormais considérées comme des spécialistes, l’industrie de la beauté n’hésite pas à jouer avec leur centre d’intérêt : on ne parle pas de crèmes teintées pour camoufler les imperfections mais de CC creams, deux initiales pour colour control (contrôle de la couleur). Une appellation déclinée du supermarché à la parfumerie de luxe. Il ne s’agit plus d’être belle mais de « gérer la colorimétrie » de sa peau au pixel près. Tout un programme… Aussi attirantes que déterminantes dans l’acte d’achat,la couleur du conditionnement du produit de beauté et celle du maquillage ne se créent ni au hasard ni à l’ins- tinct. Les marques font appel aux bureaux de style qui leur vendent des cahiers de tendances pour savoir quelle palette adopter deux ans plus tard. « On réalise des études sur les consommateurs, des études de marché, on observe la création émergente, relate Alexandra Jubé. Puis on analyse ces données avec des créatifs, des sociologues et des économistes afin de dresser des scénarios pour l’avenir. Exemple : nous avons construit un cahier sur le besoin de déconnexion. Nous sommes partis d’une expérience d’espace de vente silencieux lancé par Selfridges à Londres, et nous avons traduit notre analyse par une palette de pastels, très présents dans le design scandinave. » Des teintes qu’on retrouve au printemps, déclinées en ombres à paupières par plusieurs marques. Chez Pantone,on élit à présent la couleur de l’année.En 2012, il s’agissait d’un orange appelé « tangerine » inter- prété par de nombreux créateurs de vernis à ongles. En 2014, l’expert du nuancier parie sur la teinte « radiant orchid », un rose violacé qui semble avoir déteint sur les flacons de parfum de ce printemps. Cependant, les marques ne se Contentent pas des cabinets de tendance traditionnels. En maquillage, elles comptent beaucoup sur les conseils des maquilleurs stars des défilés qui ont un regard privilégié sur les tendances. D’autres font appel à des experts, consultants extérieurs ou coloristes. « Pour créer les couleurs de maquillage, je me nourris d’expositions, d’architecture, de voyage, d’actualités économiques et, évidemment, je suis très attentive aux défilés de mode, détaille Eva Yean. On est beaucoup plus libre dans ce domaine que dans le soin, où tout est très codé. » Chaque cou- leur de packaging a une fonction : le jaune, l’orange et le bronze pour les produits solaires ;le vert pour les produits amincissants ; le blanc pour les soins antitaches ; le noir pour les crèmes antirides les plus chères, le bleu pour les produits hydratants.« Les usages ont formaté les inconscients, reconnaît Mai Hua. Mais il y a quand même des ruptures notoires, comme celle du flacon bleu d’Angel de Mugler. » Lan- cée en 1992, cette essence boisée, intense et très gour- mande ose une teinte habituellement utilisée pour expri- mer la fraîcheur olfactive. « C’était compliqué parce qu’il fallait décolorer le jus et stabiliser les pigments bleus, se sou- vient Vera Strubi, qui élabore alors ce best-seller avec Thierry Mugler. Aujourd’hui, les marques vantent la cohé- rence entre la couleur et le jus. Je pense que c’est une erreur. Si tout est lissé par le marketing, on s’ennuie! » Mais ne risque- t-onpasdesaturerlesconsommateursaveccefluxcontinu de nouvelles teintes? Certains,comme Mai Hua,s’atten- dentàuneffetdebalancierpourreposerlarétine.D’autres pensent au contraire qu’on n’en est qu’aux prémices.Les prochaines années le diront. QuandSteveJobs acréédesordinateurs decouleur,lamachine aquittélatechnologie pourlesensoriel. Ettouslesautres secteursdelaconsom- mationontsuivi. BobbyDoherty le supplément
  18. 18. 30 —rencontres— Créateur des parfums Chanel depuis 1978, JaCques polge a déJà Composé plusieurs parfums aux noms de Couleur : Bleu, Beige ou enCore CoCo noir. « On m’avait pré- senté le flacon opaque de Coco Noir bien avant la création du parfum.Ce noir intense m’a donné envie de senteurs de toujours, comme les baumes des Rois mages. Mais, au-delà des ingré- dients qui pou- vaient évoquer la couleur, il fallait réfléchir à la place du noir chez Cha- nel. La petite robe.La veste.La nuit. C’est riche poétiquement. Pour Beige, qui est une teinte inscrite dans la grammaire de la marque, mon instinct m’a guidé vers les fleurs blanches, amandées, miellées. Et puis il y a une facette confortable,velou- tée comme une étoffe en daim.Les évo- cations des couleurs dans les parfums sont toujours soumises à l’esthétique d’une maison, à son histoire. On doit en être conscient lorsqu’on crée. » auteur de Best-sellers Comme le mâle de Jean paul gaultier ou for her de narCiso rodriguez, franCis KurKdJian a lanCé une marque de parfums à son nom en 2009. «Je déteste créer des parfums à partir d’une couleur.D’ailleurs,je viens de perdre un projet où l’on me demandait une collection de sen- teurs fondées sur des teintes.Je suis sensible à la lu- mière dans une fragrance, mais je ne vois pas de couleurs quand je sens. Bien sûr, on peut caricaturer en disant que le marron rappelle les notes boisées ; lejaune,lesjasmins,lesmimosas,leschè- vrefeuilles ; le vert, la jacinthe, la tige, le gazon et le lierre ; le noir peut aussi se restreindre aux odeurs de goudron, de chocolat,de caramel carbonisé.Mais que fairedubleu?Commentcapturerl’odeur du ciel ? D’autant que si une essence de patchouli peut sembler sombre, il suffit de lui associer un accord lumineux pour lui donner une odeur de propre. » instigateur de féminité du Bois, de tuBé- reuse Criminelle ou d’amBre sultan, serge lutens aime Jouer aveC les perCeptions sensorielles. « Je ne décris pas un par- fum avec des couleurs, mais l’ambiance est donnée par le nom : Serge Noire, allier senteurs et Couleurs pour Créer des Jus uniques et poétiques, telle est l’amBition des grands parfumeurs. par lili BarBery-Coulon / illustration artus de lavilléon Arômeschromatiques. le supplément “La couleur d’un parfum renvoie toujours à l’histoire d’une maison.” Jacques Polge “Je suis sensible à la lumière dans une fragrance.” Francis Kurkdjian “Les pigments conditionnent nos perceptions olfactives.” François Demachy “Les couleurs évoquent des sentiments liés à notre culture.” Jean-Claude Ellena Clair de Musc, Gris Clair.Dans le cas de Serge Noire ou Datura Noir, je me suis intéressé au déca- lage entre l’évo- cation du nom et l’attente suscitée : j’aime être là où l’on ne m’attend pas. Pour De Profundis, dont le jus est coloré en violet, j’ai piqué la formule au cimetière. C’est un chrysanthème lié à laToussaint.On peut dire que la couleur s’est jetée au nez. » parfumeur maison Chez guerlain, thierry Wasser a Composé la petite roBe noire, l’un des plus gros suCCès en parfumerie. «J’aiunami,RonWinnegrad,directeurde l’écoledeparfumerieIFFàNewYork,qui est synesthète. Je ne sais pas ce qu’il prend, mais ses théories sont gé- niales. Il est convaincu qu’un parfum exprime toujours une cou- leur dominante et quelques nuances. Dans le processus de création, l’éla- boration d’une fra- grance se fait sou- ventparallèlement à celle du nom et du flacon. C’est différent pour La Petite Robe Noire, car le nom existait déjà. J’ai tout de suite pensé au patchouli, à la ré- glisse, à la cerise noire. C’est pourquoi il mesembleessentielquelemarketingqui liel’appellation,l’histoire,leflaconaupar- fum soit cohérent. » frédériC malle travaille aveC des nez à l’élaBoration des fragranCes pour sa marque. la Couleur lui permet d’enriChir l’éChange aveC le Compositeur. « Si je dis à un parfu- meurqu’ilmanque du cassis dans la formule, je ferme la discussion. Si je disquejelaverrais bien plus pourpre, alors j’oriente la création tout en laissant le parfu- meur libre. Libre de me surprendre et d’avoir une meilleure idée que le cassis. On dispose aujourd’huidebeaucoupplusdematières pour s’exprimer.Un peu comme en déco- ration : avant, il y avait cinq choix de mo- quette rouge.Aujourd’hui, il y en a deux cents. Le spectre des parfums verts, par exemple, s’est beaucoup élargi. On est passé du vert foncé, le galbanum, à des multitudes de verts aqueux, diaphanes, transparents, ozoniques. Même si l’on n’estpassensibleauxcomparaisonssynes- thésiques,lesallusionsàlacouleurpermet- tent de faire avancer la création. » pour françois demaChy, parfumeur-Créa- teur de dior, les Couleurs assoCiées aux odeurs diffèrent d’un individu à l’autre. «Aujourd’hui,ondéco- lore les solutions alcoo- liquespourlespigmen- ter à nouveau, en rose, envert,enbleu…Cela conditionne notre ma- nièredesentir.Prenons levétiver,parexemple. A cause de sa phoné- tique,beaucoup imagi- nentqu’ilestvert.Ega- lement parce que de nombreuses marques ontchoisidecolorerenvertlesparfumsau vétiver, leurs étuis ou leurs flacons. Pour- tant,àl’aveugle,jenecroispasqu’ilévoque cette teinte si clairement.Lorsqu’on parle de fleurs blanches, le public peut croire qu’ellessontgentillettes.Alorsquecesont les plus puissantes de la palette florale.Au fond, il y a la réalité et l’imaginaire. Et le chemin entre les deux est aussi poétique quesinueux.» Chez hermès depuis 2004, le parfumeur Jean-Claude ellena affeCtionne les méta- phores Colorées pour ses Créations : l’eau de pamplemousse rose, l’eau de narCisse Bleu… « C’est un amusement poétique. Pourl’EaudeNarcisse Bleu, je joue sur une confusion habituelle du public, qui prend les narcisses pour des iris. J’entretiens l’am- biguïté. Je ne pense pas qu’il y ait une réa- lité scientifique dans les correspondances entre parfum et cou- leur. Un jour, j’ai fait sentir à l’aveugle la même matière à cinq experts de la soie chez Hermès. Ce sont des coloristes hors pair. Je leuraidemandédeme dire quelle couleur ils voyaient en sentant. Ils m’ont tous donné uneréponsedifférente.Lescouleursévo- quent des sentiments liés à notre culture, très différents d’un pays à l’autre. Le blanc en Europe est associé à la pureté. En Inde,c’est la couleur de la mort… » “Je m’intéresse au décalage entre l’évoca- tion d’un nom et l’attente suscitée.” Serge Lutens “Pour La Petite Robe Noire, j’ai pensé à la réglisse et à la cerise noire.” Thierry Wasser “Evoquer une teinte permet d’orienter la création tout en laissant le par- fumeur libre.” Frédéric Malle

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