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L’avertissementdeMerkelàCameron 
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Les Echos 04 novembre 2014

  1. 1. LEQUOTIDIENDEL'ÉCONOMIE// MARDI 4NOVEMBRE2014 // LESECHOS.FR DR Deux-roues Les japonais à l’offensive en Europe // P. 18 ENTREPRISES &MARCHÉS ALLÉGEMENT DE TAXES EN VUE POUR AIR FRANCE Les allégements de taxes propo-sés dans un rapport représentent plus de 100 millions d’euros d’éco-nomies pour Air France. // P. 19 TOKYO VEUT FAIRE LE MÉNAGE DANS LE SOLAIRE L’exécutifvaremettreàplatsapoli-tique de soutien au photovoltaï-que. Les projets japonais sont les plus rentables du monde. // P. 20 Budget :taxe surprisesur lesrésidences secondaires l L’exécutif veut relever de 20 % la taxe d’habitation pour les résidences secondaires en « zones tendues ». l La mesure doit inciter à libérer des logements et renflouer les collectivités locales mises à la diète. Un air de déjà-vu…L’exécutif devrait propo-ser, rectificative pour 2014, de mettre en place unesurtaxe d’habitationpourles résidences secon-daires situées dans les « zones tendues » (soit dans une trentaine de grandes agglomérations en France).Unemesure que le gouvernementAyrault avait déjà proposée fin2012, avant de fairemachine arrière face à l’opposition des parlementaires. Con-crètement, équivalente à 20 % de la taxe d’habitation les rési-dences Partenariat NEW FOR_Mise en page 1 14/12/12 14:03 Page1 SUR ISSN0153.4831 106e ANNÉE NUMÉRO 21807 38 PAGES Antilles-Réunion 2,70 €. Guyane 3,50 €. Belgique 2,40 €. Espagne 3 €. Grande- Bretagne 2£30. Grèce 2,60 €. Italie 3 € Luxembourg 2,50 €. Maroc 22 DH. Niger 2.300 CFA Roumanie 2,60 €. Suisse 4,20 FS. Tunisie 3.000 TNM. Zone CFA 2.000 CFA. Expert en gestion financière www.fidelity.fr DOMINIQUE SEUX DANS « L’ÉDITO ÉCO » À 7H20 DU LUNDI AU JEUDI danslecadreduprojetdeloidefinances l’exécutif entend permettre aux com-munesquilesouhaitentdesoumettreàunesurtaxe Publiciss’offreunepépite américainedunumérique PUBLICITÉ Le groupe rachète l’agence Sapient pour 3,7 milliards de dollars Les investisseurs en étaient restés aux résultats financiers décevants de Publicis pour le troisième trimestre. Maurice Lévy, président du directoire, a repris la main hier en annonçant l’acquisition de la pépiteaméricaineSapient,l’unedesdernièresagen-ces numériques indépendantes. Avec ce rachat prestigieuxmaiscoûteux,accueillidefaçonmitigée par le marché, Publicis réalisera dès 2015, avec trois ans d’avance, 50 % de ses revenus dans le numéri-que. Il poursuit ainsi la mutation de sonmodèle. // PAGE 25 ET « CRIBLE » PAGE 38 Pourune Europe fiscale renforcée Point de vue par Michel Sapin Vendredi, lesministres des Finances européens débattront à Bruxelles du projet de taxe sur les transactions financières. Il faut cesser de tergiver-ser, écrit Michel Sapin, et bâtir un dispositif efficace qui ne fasse pas fuir l’activité financière. La France avancera des propositions équili-brées qui seront l’occasion de mettre en oeuvre la première coopération renforcée en matière fiscale en Europe. // PAGE 13 ET NOSINFORMATIONSPAGE30 Cartes :lesinnovations pourcontrerlafraude Les initiatives se multiplient pour tenter de sécuriser le paiement mobile. PAIEMENT Alors que les attaques virales se multiplient sur les smartphones, la sécurisation des paiements mobiles sera au coeur duSalonCarteSecureConnexionsquis’ouvreaujourd’hui.Pourcon-trer les fraudes, les spécialistes rivalisent d’imagination, en misant notamment sur la biométrie ou la géolocalisation. // PAGE 29 secondaires dans ces zones. Tous les biens hors résidence principale sont potentiellement concernés, de la maison de vacances à l’apparte-ment d’appoint non loué en centre-ville, en passant parlesbiensdétenuspardesétrangers.Lesrésiden-ces secondaires détenues pour des raisons profes-sionnellesoupardespersonnesmodestesvivanten maisonde retraite, par exemple,bénéficieront d’un dégrèvement. La mesure doit rapporter 150 mil-lions et sera présentée la semaine prochaine. // PAGE 2 ET L’ÉDITORIAL D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 11 Obamasurlepointde perdrelamajoritéauSénat Haraz N. Ghanbari/AP/Sipa DÉCONFITURE Lesélectionsdemi-mandatquisetiennentaujourd’hui risquent d’infliger un sérieux revers aux démocrates. Les républicains onteneffettoutesleschancesderenforcerleurmajoritéàlaChambreet de gagner les six sièges qui leur donneront la majorité au Sénat. Les Américainsontàcoeurd’exprimerleurfrustrationfaceaupeuderéfor-mesaccompliesetàunredémarrageéconomiquedontlesfruitsnesont distribués qu’à une petite élite. Cela n’empêche pas Hillary Clinton de creuser son sillon pour 2016. // PAGES 8-9 ET L’ENQUÊTE PAGE 15 L’ESSENTIEL RÉFORME DES NOTAIRES : UN COMPROMIS À L’ÉTUDE Le rapport du député PS Richard Ferrand a été remis, hier, au gou-vernement. Il reprend la plupart des pistes évoquées par Bercy en les adoucissant. // P. 4 EUROPE : LA MISE EN GARDE DE MERKEL À CAMERON La chancelière allemande a menacéDavid Cameron de cesser de le soutenir s’il persiste à vou-loir remettre en cause la libre cir-culation des Européens. // P. 10 ET L’ÉDITORIAL DE JACQUES HUBERT-RODIER P. 11 LA GESTION D’ACTIFS DÉFIÉE PAR LES GÉANTS DU NET Les professionnels de l’« asset management » sont menacés par la vague numérique. Le chinois Alibaba a déjà lancé son propre fonds. // PROSPECTIVE P. 14 OCTOBRE NOIR POUR LE MARCHÉ AUTO FRANÇAIS Avec 166.495 voitures vendues le mois dernier, le marché français a connu sa pire performance en octobre depuis 1993. // P. 23 Défense Vers un contrat de 3 milliards au Liban // P. 23 Renault Trucks Defense Shutterstock
  2. 2. 02// Mardi 4 novembre 2014 Les Echos FRANCE Les politiques peuvent-ils penser positif ? Au PS et à l’UMP le diagnostic est posé, le « french bashing » alimente la dépression collective du pays. Mais du diagnostic aux remèdes, il y a un fossé. LE FAIT DUJOUR POLITIQUE Cécile Cornudet Il a fait sonentréedans le vocabulairepolitique en devenant aussitôt le responsable de tous les maux.Le « french bashing », cette tendance bien française à s’autodénigrer, entretient le pays dans sa dépression collective, diagnostiquent d’un seulchoeurla gauche et la droite. Il faut en sortir. Po-si-ti-ver !LaFrance vient de décrocher deux prixNobel, les magazines qui parlent des trains à l’heuredopent depuis peuleurs ventes, le petit mondedes start-uppousse les politiques àquitter leurs lunettes grises…C’est le moment.ManuelValls ne s’y est pastrompé. Il a visité hier le siège deL’Oréal en inventant le concept de « french celebrating » :« Il fautparler positivement de ce qui va dans le bon sens ».Etaufond, à l’exception de Marine LePen qui choisit d’être leporte-voix « delaFrancequisouffre », l’intention est largement partagée.François Hollande court àmi-mandataprès cette « confiance »qu’il voudrait redonnerauxFrançais, Nicolas Sarkozy rêve de faire à nouveau aimer lapolitique en dépassant le clivage gauche-droite, Cécile Duflot juge qu’« onestàlafind’un modèle »…L’intentionest là, maiscommentse traduit-elle ? Prenons le risque de concourir au « french bashing » : les politiques posent le diagnosticmais ne s’administrent aucun remède. La gauche au pouvoir demande aux Français de se serrer la ceinture ; l’UMP promet de faire davantage encore ; la gauche frondeuse promet l’inverse mais n’est pas crue.« Lamoindre annonce se fracasse sur l’incrédulité de l’opinion qui sait très bien que les caisses sont vides », analyse le sondeur Jérôme Fourquet (Ifop). Chacun conserve ses grilles d’analyse. Promettre la croissance paraît irréaliste, annoncer une purge est anxiogène.« Il faudraitparler une nouvelle langue qui ne soit pas la langue de la dépense publique », poursuit le sondeur. Le couple Hollande- Valls n’y parvient pas ;Nicolas Sarkozy revient sans avoir donné corps à ses intuitions ; les écologistes renouent avec le gauchisme au lieu de repenser « lemodèle ». Seule SégolèneRoyal s’y essaie, dessine autre chose avec sa loi de transition énergétique. Voilà qui explique sa bonne popularité actuelle.Et les pincettes qu’elle prend dans le dossier Sivens. La « positive attitude » est chose fragile. ccornudet@lesechos.fr en bref Inégalités hommes-femmes : Bercy lance une enquête de relevés des prix CONSOMMATION —Le cabinet du ministre de l’Economie a annoncé avoir lancé hier une enquête pour faire « une évalua-tion de relevés de prix » sur des produits visés par un collectif, établissant que pour un même produit ou service, comme des rasoirs ou le pressing, lesfemmespayent plus cher que leshom-mes. « On s’est rendu compte que sur des produits de la consom-mation quotidienne, les femmes étaient systématiquement taxées », dénonce Gaëlle Couraud, du collectif féministe Geor-gette Sand. Les résultats de cette enquête pourraient être con-nus « dans les semaines à venir », selon Bercy. Prestations familiales : des indus versés à 2,6millions d’allocataires en2013 ALLOCATIONS —En 2013, sur 13,4 millions de foyers bénéfi-ciaires de prestations familiales, 5 millions ont été concernés par un rappel (sommes dues aux allocataires), et 2,6 millions par un indu (trop-perçus). Le RSA et les allocations logement sont particulièrement visés (près de 80 % des indus bruts), en raison d’un grand nombre de bénéficiaires, 2,3 millions et 6,3 millions respectivement. Les allocations familiales versées à 4,8 millions de foyers ne font que 5 % des indus en l’absence de condition de ressources. Unenouvelletaxeenvue surlesrésidencessecondaires Elsa Conesa econesa@lesechos.fr A l’époque, elle avait étébaptisée la « taxeweek-end ».Deux ans après avoir renoncé à instaurer une sur-taxe d’habitation sur les résidences secondaires, le gouvernement revient à la charge. Une mesure créant un surcroît de taxe d’habita-tion pour les résidences secondai-res situées dans les « zones ten-dues » devrait figurer dans le collectif budgétaire présenté la semaine prochaine. En clair, tous les biens hors résidence principale sontpotentiellement concernés,de la maison de campagne à l’apparte-ment complémentaire non loué en centre ville,enpassantparles biens détenus par des étrangers. Pour l’exécutif, l’objectif est dou-ble :libérerdeslogementslàoùc’est nécessaire en incitant les proprié-tairesàlouerleursbiens, maisaussi dégagerdesressourcespourlescol-lectivités locales. Cette surtaxe rap-porterait en effet 150 millions d’euros aux communes, qui pour-raientchoisirounondelamettreen application.Lasurtaxedevraits’éle-ver à 20 % de la taxe d’habitation payée sur le bien, avec un dégrève-ment pour les résidences détenues pour desmotifs professionnels et pourlespersonnesmodestesvivant en maison de retraite ou en établis-sement de soins de longue durée. Elle concernera les résidences en « zone tendue », c’est-à-dire dans une trentaine de grandes agglomé-rations enFrance (en Ile-de-France, sur la côte Atlantique et méditerra-néenne, ainsiquedanscertainesvil-les des Alpes et du Sud-Ouest...). Le dispositif ressemble à s’y méprendre à celui que le gouverne-ment Ayrault avait proposé en décembre 2012, et qui instaurait une surtaxe d’habitation sur les logements sous-occupés, fixée à 5 % de la valeur locative du loge-ment – ce qui équivaut à environ 20 %dela taxe d'habitation.Al’épo-que, la mesure, qui devait financer le logement social, avait suscitéune levée de boucliers, y compris au sein de la majorité. L’exécutif avait dû faire marche arrière et préféré durcirlafiscalitésurlesplus-values de cessions immobilières des rési-dences secondaires. C’est d’ailleurs le dispositif proposé par l’actuel secrétaire d’Etat au budget, Chris-tian Eckert, alors rapporteur du budget à l’Assemblée et hostile à ce qu’il avait alors appelé la « taxe week-end », qui avait été adopté. 150 millions pour les communes La nouvelle version recueillera-t- elle cette fois davantage de sou-tiens au Parlement ? L’exécutif a en tout cas travaillé son dispositif : contrairement à la précédente mouture, le produit de la surtaxe sera fléché vers les collectivités, au moment où celles-ci se plaignent des effets délétères sur l’investisse-ment de la baisse des dotations de l’Etat dans le budget 2015. La sur-taxe seraenoutre à leurmain : elles pourront choisir de ne pas l’appli-quer. Reste que la mesure risque d’ajouter de la complexité à un sec-teur qui subit desmodifications fis-cales quasiment chaque année. Le budget 2015 comporte une série de mesuresduplan logement, censées doper l’investissement dans l’immobilier : dispositif Pinel étendu,abattementsurlesdroitsde donation, plus-values de cessions allégéessurlesterrainsàbâtir...Des mesures dont le coût total avoisi-nera 1,5 milliard d’euros à terme. ( Lire l’éditorial d’Etienne Lefebvre Page 11 FISCALITÉ L’exécutif devrait proposer une surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires en « zone tendue ». Une mesure similaire avait déjà été présen-tée fin 2012. Apprentissage :coupdepouceauxPME Derek Perrotte dperrotte@lesechos.fr Promesse tenue. L’Assemblée nationale devait, sauf improbable surprise,adopterhierdanslasoirée un amendement gouvernemental au projet de budget pour 2015 met-tant en oeuvre une nouvelle aide à l’apprentissage annoncée le 19 sep-tembre dernier par François Hol-lande. L’amendement étend aux entreprises de moins de 250 sala-r i é s l a prime a n n u e l l e de 1.000eurosàl’accueild’unapprenti, quiavaitétéannoncéeenjuilletlors de la conférence sociale, mais alors pour les seules entreprises de moinsde50salariés.L’extensiondu champs’accompagneenoutre d’un assouplissement des conditions pourenbénéficier :elleneseraplus réservée, comme prévu en juillet, aux seules entreprises accueillant un premier apprenti, mais concer-nera aussi celles embauchant des apprentis supplémentaires. Cette aide financière, versée par les régions, sera accordée rétroacti-vement pour les contrats d’appren-tissage éligibles signés depuis le 1erjuillet.DanslesTPE,ellesecumu-lera avec l’aide, de 1.000 euros aussi et déjà en place depuis l’été 2013, à l’embauche d’un apprenti. Le coût de la mesure est estimé à 60 mil-lions d’euros. « Stopper la chute » Pour les années suivantes, le verse-ment de la prime sera réservé aux entreprises dont la branche aura signé, d’ici à juin 2015, un accord fixant les contreparties, en matière notamment d’accueil d’apprentis, au pacte de responsabilité. L’exécu-tif espère ainsi accélérer des discus-sions qui patinent encore dans beaucoup de branches (lire aussi page 4). A son annoncemi-septembre, le geste avait été bien accueilli par le patronat. Dans un contexte budgé-taire très tendu, il reste toutefois limité et ne fait que compenser en partielescoupessurd’autresaidesà l’apprentissage effectuées mi-2013. Lerisqueestaussique,après15mois de refontes successives et comple-xesdesaides, lesemployeurss’yper-dent. Là aussi comme promis mi-septembre, le gouvernement s’attache en outre à lever les freins non financiers à l’apprentissage, via des simplifications administratives et réglementaires. Tous les acteurs du dossier n’en concèdent pas moins que, faute d’une forte croissance, l’objectif pré-sidentiel d’atteindre 500.000 jeunes en alternance en 2017, contre 426.000 aujourd’hui, est quasi uto-pique. Les huit premiers mois de 2014témoignentd’unnouveaurecul inquiétant des entrées en apprentis-sage et « stopper la chute serait déjà bien », confient des syndicalistes. D’autantque,letempsquelesmesu-res soient mises en oeuvre, « c’est troptardpourcetteannée,c’estlaren-trée 2015 qu’on prépare en réalité », expliquaient des conseillers gouver-nementauxenseptembre dernier. n EMPLOI Un amendement au budget élargit la prime apprentissage aux PME jusqu’à 250 salariés. Ce geste avait été promis mi-septembre par François Hollande. La surtaxe devrait s’élever à 20 % de la taxe d’habitation payée sur le bien. Elle concernerait les résidences d’une trentaine de grandes agglomérations en France. Photo Shutterstock 1.000 EUROS Le montant de la prime annuelle à l’accueil d’un apprenti dans les PME de moins de 250 salariés. AParis, unappartement sur six est une résidence secondaire AParis, lasurtaxesurlesrésidencessecondairesvisera avant tout à libérerdes logementspeuoupasoccupés. Lacapitalecompteeneffetquelque174.000 résidences secondaires. Surtout, la partduparcconstituée derésidences secondairesnecessedecroître, passantde13% deslogementsilyacinq ans,à16%aujourd’hui. Danscertainsarrondissements(6e,7e et8e arrondissements), elle atteint même35à40%.Lamairie plaideducoupdepuis desannéespourdesmesurescorrectrices.Lasurtaxe fixée à20%delataxed’habitationincitera-t-ellelespropriétaires àlouerleursbiensetdégagerainsideslogementsinoccupés dansla capitale ? Cela n'estpascertain.Lataxe d’habitation moyennes’élevantà464eurosàParis, le surcoûtavoisinerait les90euros...Adéfaut, cela constituerauncomplément deressourcespourlaVille.
  3. 3. Les héritiers ont bien changé. Aujourd’hui, on ne choisit plus une banque privée simplement pour valoriser et transmettre son patrimoine. On la choisit aussi pour aider et protéger ses enfants quand ils en ont le plus besoin. Crédit Agricole Banque Privée vous accompagne pour préparer chacune de ces étapes : études, 1er logement, projet professionnel, etc… Pour rencontrer nos experts patrimoniaux, renseignez-vous auprès de votre agence Crédit Agricole. Offre soumise à conditions. credit-agricole.fr/banque-privee 10/2014 – Édité par Crédit Agricole S.A., agréé en tant qu’établissement de crédit – Siège social : 12, place des États-Unis, 92127 Montrouge Cedex – Capital social : 7504769991€ – 784 608 416 RCS Nanterre.
  4. 4. 04//FRANCE Mardi 4 novembre 2014 Les Echos Professionsréglementées : uncompromissedessine Pactederesponsabilité :sixbranches n’ontencoreentaméaucunenégociation Annoncé par le Premier ministre lors de la Grande Conférence socialeenjuillet,leComitéd’évalua-tion des aides publiques se réunira cet après-midi pour la première fois. C’est la concrétisation de l’Observatoire des contreparties, dont le président de la République parlait déjà en janvier dernier lors du lancement du pacte de respon-sabilité. Son objet principal est de fairelepointsurlesnégociationsde branches sur l’emploi, censées être la contrepartie aux versements combinésducréditd’impôtcompé-titivité emploi (les premiers chè-ques ont été touchés en mai par les entreprises) et des baisses de char-ges sur les bas salaires qui seront effectives à partir de janvier. «L’efficacitédesaidesnesemesure pas en nombre d’euros versés, d’un côté, et en nombre d’emplois créés, de l’autre,prévient-ondansl’entourage du Premier ministre. D’une branche àl’autre,d’uneentrepriseàl’autre,les engagements peuvent être très diffé-rents. »Mais aussi différents soient-ils (formation, apprentissage, créa-tion d’emplois...) ces engagements doivent être formalisés dans des accords de branche. C’est du moins l’engagement qui a été pris par les trois organisations patronales représentatives et trois organisa-tions syndicales le 5 mars dernier. Une réunion a déjà eu lieu le 10 sep-tembre, sous l’égide du ministre du Travail, pour faire le point sur les négociations. A cette date, sur les 50principales branches profession-nelles (soit 60 % des salariés), 17 n’avaient encore entamé aucune discussion sur le pacte de responsa-bilité. D’après le décompte du gou-vernement, partagéparlespartenai-res sociaux, ce chiffre esttombé à 6. Deux accords signés Parmi les branches récalcitrantes figurent des professions actuelle-mentsurlasellette, commelaphar-macie d’officine ou les cabinets médicaux. On trouve aussi la res-tauration collective, les établisse-ments d’enseignement privé, les gardiens d’immeuble ou encore les experts-comptables. Au total, ces 6 branches représentent moins de 500.000 salariés, à comparer aux 15 millions de salariés concernés par le pacte. Par ailleurs, 19 bran-chesn’ontpasencoreentamédedis-cussions mais ont manifesté la volonté de le faire, 10 ont tenu une première séance de travail, mais sans calendrier formel. Et seules 15 ont engagé des négociations sérieu-ses, dont 2 ont signé un accord (la chimie et la métallurgie). Quel que soit leur niveau d’engagement, tou-tes ces branches sont éligibles au Cice si elles le demandent, et toutes bénéficieront de la première tran-che des allégements de charges au 1er janvier. CettepremièreséanceduComité sera reconduite à intervalles régu-liers, selon le gouvernement, mais la périodicité n’est pas encore fixée. Le Premier ministre, qui présidera le Comité demain, ne manquera pas de rappeler aux entreprises leurs promesses en matière d’emplois. « Les engagements des unset de autres vont ensemble, insis-te- t-on à Matignon.Celui du gouver-nement, celui du Parlement, qui a votélepactederesponsabilité,etcelui des entreprises. »Undiscours censé rassurer la CFDT, devant laquelle Manuel Valls s’exprimera égale-ment jeudi, à l’occasion des cin-quante ans de la centrale.— M. B. EMPLOI Le Comité d’évaluation des aides publiques se réunit aujourd’hui pour la première fois. Le Premier ministre va rappeler au patro-nat ses engagements en matière d’emplois. Pierre Gattaz et Manuel Valls. Le Premier ministre ne manquera pas de rappeler demain aux entreprises leurs promesses en matière d’emplois. Photo Fred Dufour / AFP Marie Bellan mbellan@lesechos.fr Après le rapport choc de l’Inspec-tion générale des finances, c’est la version« soft »deRichardFerrand qui est sortie hier. Le député PS du Finistère a remis aux ministres Emmanuel Macron et Christiane Taubira une liste de 28 proposi-tions visant à réformer les profes-sions juridiques réglementées et une partie des professionnels de santé (pharmaciens notamment). Ce travail a été rapidement mené puisque le député a été chargé d’une mission par le Premier ministre il y a à peine un mois. Son contenu se veut consensuel, car, s’il reprend l’ensemble des pro-positions formulées directement ouindirectementparBercycesder-nières semaines, il reste souventun cran en dessous des pistes les plus radicales,demanièreàménagerles professionnels concernés. Par exemple, sur la libre installation de certaines professions juridiques. Sans aller jusqu’à une libéralisation totale, le rapport préconise « la création d’un nombre significatif de postes et d’offices pour les notaires, lescommissaires-priseursetleshuis-siers de justice ». Les notaires ont eux-mêmes formulé une proposi-tion similaire il y a dix jours en sug-gérant l’ouverture de 300 offices supplémentairesdanslesdeuxpro-chaines années (contre une ving-taine par an actuellement). Pour s’assurer que ces créations sont bien effectives, le rapport Ferrand entend confier à une ins-tanceindépendantelesoindefixerà l’avenirlenombred’officesetdepos-tes à créer (aujourd’hui supervisé parlaseulechancellerie).Pourassu-reruneégalitédeschancesàtousles candidats à l’installation, le rapport propose également de soumettre la nomination aux offices à un con-cours. Actuellement, seule l’attribu-tion d’une charge dans un office nouvellement créé doit se faire par voie de concours. Pour les cessions d’office, les nominations sont réali-sées par la chancellerie sur présen-tation du successeur par le notaire sortant. Ce qui tend à favoriser les cessions intrafamiliales au détri-ment de la méritocratie. Ce droit de présentation serait ainsi supprimé. « Legalprivilege »pour les juristes d’entreprise Le rapport se penche aussi sur la situation des clercs de notaire, en proposant de rendre obligatoire la réception des actes notariés (lectu-res des actes et recueil de la signa-ture des parties) par les seuls notai-res. Cette tâche est parfois effectuée par le clerc de notaire en lieu et place du notaire lui-même. Le rapport estime que les clercs « devraient pouvoir bénéficier d’une démarche de valorisation des acquis de l’expérience […] pour faciliter leur promotion au statut de salarié ou de notaire associé ». Quant aux avocats, les recom-mandationssontlàaussiprudentes. Pourledéputé,iln’estpasnécessaire de créer un statut d’avocat en entre-prise, comme Bercy le souhaiterait. Il suffirait de faire bénéficier le juriste d’entreprise du « legal privi-lege »pourassurerlaconfidentialité deseséchangesavecsonemployeur, ce qui le mettrait sur un pied d’éga-lité avec ses homologues anglo-saxons. Enfin, le rapport préconise non pas de supprimer la territoria-lité de la postulation (qui oblige le justiciable à s’adresser à un avocat rattaché au ressort d’unTGI en par-ticulier), mais de l’élargir au niveau du ressort de la cour d’appel. n CONCURRENCE Le rapport du député Richard Ferrand (PS) a été remis hier au gouvernement. Il s’inscrit dans le droit-fil des proposi-tions de Bercy tout en ménageant les profes-sionnels concernés. Faciliter la vente en ligne de médicaments Laventeenlignedemédica-mentsn’estaujourd’hui autoriséequ’àpartird’une officinephysique.Lerapport dudéputéRichardFerrand veutsupprimercetadosse-mentafinquedenouveaux acteurscapitalistiquespuis-sentinvestirlesecteur, com-meauRoyaume- Uni.Mais lespharmaciensjugentau contrairequeceseraitune aubainepourlesdeuxprin-cipauxgrossistes- réparti-teurs, OCPetAlliance,déte-nuspardescapitauxaméri-cains. Parailleurs,iln’est plusquestiondanscerap-portd’ouvrirlecapitaldes pharmacies.Onsecontente-raitdefaciliterlesregroupe-mentsavecrelocalisation dansuneautrecommune, prèsd’unemaisondesanté pluridisciplinaire. Le rapport préconise la « création d’un nombre significatif d’offices », rejoignant une proposition similaire des notaires. Photo Fred Dufour / AFP Deséconomies surlespôles decompétitivité l’internationalisation des PME ou le lancement des plates-for-mes d’achats qui exigent une animation plus forte des pôles. Les présidents des régions, plus forts contributeurs publics avec l’Etat, sont également tombés des nues. La région Rhône-Alpes a, par exemple, chiffré hier le manque à gagner pour sa dizaine de pôles à 660.000 euros. Ce signal passe d’autantplusmalquelesrégions et l’Etat s’apprêtent à négocier le transfertd’unepartdelagouver-nance des pôles aux conseils régionaux, dans le cadre de la réforme territoriale. L’Associa-tiondesrégionsdeFranceplaide notamment pour la reprise des moyens de l’Etat en région con-sacrésauxpôles, soit25millions d’euros. Un expert interprète la coupe comme une volonté de Bercy de favoriser les pôles les plus importants et de laisser les régionsfinancerlesautres.Pour Jean-Louis Gagnaire, « si la sor-tie de l’Etat est programmée, il faut qu’elle soit moins brutale pourpermettreauxpôlesdecom-pétitivité de se repositionner ». Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a promis jeudi dernier aux députés un débat sur le sujet à l’occasion des discussions sur la réforme territoriale.— M. Q. et F. S. BUDGET Bercy ampute de 30 % ses aides au fonctionnement des pôles en 2015. Les pôles de compétitivité n’en reviennent toujours pas. C’est via un courrier électronique de Bercy reçu il y a quelques jours qu’ils ont appris que leurs cré-dits de fonctionnement allaient baisserl’anprochain.Concrète-ment, leurs crédits dits d’« ani-mationetdegouvernance »dis-tribués par le ministère de l’Economievontbaisserdeprès de 30 %, à 11,5 millions d’euros, comme l’ont révélé nos confrè-res de l’AEF. « Cette baisse ne représente que 10 % des moyens de fonctionnement des pôles de compétitivité », temporise-t-on àBercy,préférant insistersur le maintien de la dotation de 100 millions d’euros du fonds unique interministériel, qui financenotammentlespôlesde compétitivité. Sans paraître énormes, les économies en jeu suffisent à inquiéter. Bercy prévoit de ménager les pôles ayant le plus de projets de recherche et ceux qui ont réussi à attirer le plus de financements privés. Les autres subiront des coupes jusqu’à 50 %. « Le financement public permet un fort effet de levier auprèsdesinvestisseursprivés.La réduction et l’extinction progres-sive de l’aide à la gouvernance des pôles de compétitivité risquent d’affecter leur croissance et leur dynamisme »,craintledéputéPS Jean-LouisGagnaire, vice-prési-dent de la région Rhône-Alpes, qui a déposé hier un amende-mentpour rétablir les crédits. Macron promet un débat Le président de l’Association française des pôles de compéti-tivité, Jean-Luc Beylat, vient d’interpeller le Premier minis-tre sur le sujet. Pour lui, cette coupe contredit l’appel de l’Etat à amplifier le développement économique des pôles via
  5. 5. Les Echos Mardi 4 novembre 2014 FRANCE//05 CGT :affaibli, Lepaondoit sejustifier Leïla de Comarmond lcomarmond@lesechos.fr Rendez-vous à haut risque pour le secrétaire général de la CGT, aujourd’hui, au siège de la confédé-ration, à Montreuil. Il va en effet retrouverpourdeuxjours les secré-taires généraux des 33 fédérations et des 96 unions départementales dusyndicat,réunisencomitéconfé-déral national (CCN). Cette réunion, dontlesdatesontétéfixéesilyaplu-sieurs semaines, devait être seule-ment pimentée par l’avenir de la «NVO»,lebimensueldelaCGT,qui avait déjà provoqué de vifs débats. Mais la divulgation, la semaine der-nière, des 130.000 euros de travaux réalisés dans l’appartement de 120m2louéparlaCGTpourThierry Lepaon a changé la donne. Le scandale n’a pas porté sur le principe d’unlogement de fonction, mais sur le montant de sa rénova-tion et sa localisation dans« le carré magique »deVincennes.Pourripos-ter, c’est le trésorier de la CGT, Eric Lafont, qui a encore une fois été envoyé au feu. Et a de fait attisé les flammes,affirmant :«Onn’apasosé le loger à Clichy ou à Aubervilliers », banlieues populaires limitrophes de Paris, à rebours de toute la cul-ture de laCGT.Acroire que Thierry Lepaon n’a pas embauché, il y a quelques mois, une directrice de la communication… Annonce a aussi été faite d’une enquête interne pour démasquerle« corbeau »,etlathéo-rieducomplotmédiatiqueaétésur-jouée dans une « note interne » du bureau confédéral, dont le principe n’a été votémercredimatin que par 6voix,dontcelledeThierryLepaon, contre 4, celles d’EricAubin,Sophie Binet,ValérieLesageetMohammed Oussedik, qui ont boycotté la réu-nion, le soir, pour finaliser le texte. La colère est montée d’en bas, nombrededirigeants cégétistes fai-sant état de vives réactions de mili-tants et d’adhérents. Aussi beau-coup d’organisations ont pris soin de réunir leurs instances de direc-tion avant le CCN et sont porteuses d’une demande ferme d’explica-tions précises de la part du secré-taire général en personne. Reste à savoir, face àThierryLepaonet son entourage, qui manient à l’envi la théorie du complot, qui osera se lancer le premier. Secondmandat compromis Pour tenter de déminer, le leader de laCGTestalléchercherl’appuidela commission financière de contrôle, étonnammentmuettejusque-là.Ila même été un temps prévu qu’elle visite l’appartement hier. Ce qui est sûr, c’est que, s’il veut limiter la casse, Thierry Lepaon, qui a pris soin de demeurer totalement muet, ne pourra pas le rester devant le CCN. Il n’a pas le choix, le cercle des mécontents s’est fortement élargi avec cette affaire. Si la tension est trop forte, le leader cégétiste a dans sa manche une carte qui ne résou-dra pas tout, mais qui pourrait au moins temporairement calmer le jeu : utiliser son trésorier, Eric Lafont, comme fusible. On parle déjà, pour le remplacer, de Philippe Lattaud, membre du bureau qui a pour caractéristique première d’être non seulement un fidèle de Thierry Lepaon, mais aussi un pro-che d’entre les proches du précé-dent trésorier, Michel Doneddu, réputé pour son autoritarisme et sa gestion très particulière de la mai-son, qui a fait un retour discret il y a quelques mois. Pour l’heure, rares sont ceux qui osent imaginer un départ prématuré du secrétaire général de laCGTde la direction de la centrale, très légitimiste. Mais l’hypothèse d’unsecondmandatest clairement compromise. n l Le comité confédéral national de la CGT se réunit aujourd’hui et demain. l Son numéro un va devoir s’expliquer sur son logement de fonction. Lacentraleappelleàla grèveensoloaujourd’hui danslestransports Cinq fédérations des transports de la CGT appellent ensemble à une mobilisation, qui s’annonce très limitée. Tandisqueleparlementconfédéral de la CGT se réunit aujourd’hui, sa branche transports organise une journée d’action. De nombreux préavis de grève ont été déposés, mais les perturbations s’annoncent très limitées. « 97% des trains vont rouler », a annoncé dimanche la SNCF en pronostiquant un trafic « normal ou quasi normal » sur ses grandes lignes et en Ile-de-France. Même pronostic de la RATP. Ailleurs, et en particulier dans les transports urbains de voyageurs, il pourra ponctuellement y avoir des pics de mobilisation. Mais cela ne fera pas masse. Dans les transports routiers, quelques actions coups de poing devaient être organisées hier soir. Elles permettront de prendre le pouls du secteur à la veille, mer-credi, d’une réunion de toutes les organisations syndicales. Le gou-vernement surveille les transports routierscommele lait sur le feu. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, recevra une déléga-tioncégétisteàl’issuedelamanifes-tation inter-fédérale prévue à Paris. Un point n’aura très certaine-ment pas échappé à ce fin connais-sance du social. Si elle n’est pas intersyndicale, l ’ i n i t i a t i ve d’aujourd’hui est malgré tout plu-riellecar, làoùlaCFDTparexemple n’a qu’une seule organisation, la CGTn’encomptepasmoinsdecinq. Les fédérations des cheminots, des transports (aérien, routier…), de l’équipement-environnement, des syndicats maritimes et des officiers de la marine marchande ont lancé un appel commun. C’est là que se situe l’événement en réalité. De mémoire de cégétiste, en effet, il n’y ajamaiseuunetelledémarcheuni-taire dans les transports. Le senti-ment de supériorité des cheminots auseindelaCGT,quiseconsidèrent comme l’aristocratie de l’organisa-tion, mais aussi des affrontements de ligne avec une fédération des transports sur un positionnement moins « lutte des classes » n’y ont pas été pour rien. La journée de mobilisation d’aujourd’hui estdoncaussi etpeut-être surtout à visée interne. « Au niveau des fédérations, le dialogue fonctionne, maintenant il faut que l’habitude se prenne dans les territoi-res », commente un responsable fédéral, qui insiste sur l’intérêt pour cela de la trentaine de rassemble-ments en province devant des pré-fectures, point d’orgue de la mobili-sation. Et d’ajouter : « On nous tape dessus si on appelle à la grève, et si on tente d’autres modes d’action, on nousditquenotremobilisationestun échec. » Le souvenir de la grève de juin des cheminots très peu suivie n’est en tout cas pas loin.—L. deC. SYNDICATS De mémoire de cégétiste, il n’y a jamais eu une telle démarche unitaire dans les transports. Thierry Lepaon, qui a pris soin de rester muet jusqu’ici, ne va pas pouvoir conserver cette attitude devant le CCN. Photo Denis Allard / RÉA
  6. 6. [ ] Spécial santé et sécurité au travail Priorité à la santé des salariés Processus [ Fabriquer des camions en toute sécurité Dans quelques semaines, les priorités du Plan santé au travail 3 vont être précisées. Comme le confirme François Rebsamen, ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social, le Comité d’orientation sur les condi-tions de travail (Coct) en annoncera les grands axes en décembre. Ces derniè-res années, l’évolution, qui porte sur 18,3 millions de salariés, est signifi-cative. En 2005, 697 960 accidents du travail nécessitant un arrêt de travail étaient comptabilisés. En 2010, ce total se réduisait à 657 407. Les statistiques de 2013 s’établissent à 618 263. La tendance baissière se maintient. De 2011 à 2012, elle était à -4,3%d’ac-cidents, et de 2012 à 2013 à -3,5 %. Pour autant, le nombre de décès acci-dentels ne suit pas lamême tendance. 476 morts par accident du travail en Quelle est la démarche de Renault Trucks en matière de santé et sécurité ? Le groupe Volvo, dont Renault Trucks fait partie depuis 2001, a toujours pri-vilégié la santé, la sécurité et les bon-nes conditions de travail, tant sur les produits finis que sur les processus de fabrication de ses camions. Dans nos usines françaises, à Lyon, à Blainville-sur- Orne ou à Bourg-en-Bresse, nous avons développé depuis longtemps un mode de plus en plus proactif dans ces domaines. Cette démarche est très novatrice parce que non seulement elle permet d’éviter des accidents, mais elle prend en compte les conditions de tra-vail de nos employés, et notamment tout ce qui touche à l’ergonomie, et ce, dès la conception même. Ce fut le cas, ces dernières années, avec le développe-ment de notre nouveau camion Euro 6, le Renault Trucks T. Nous avons beau-coup travaillé en amont, avec le bureau d’études pour que sa conception et son mode de production prennent en comp-te ces thématiques. Europe [ Les nouveaux défis communautaires «Depuis l’entrée en vigueur de l’Acte unique européen, en 1986, la sécurité et la san-té au travail en Europe ont fortement progressé. Les principes généraux de prévention décrits dans les directives (dont la directive-cadre 89/391 CEE, adoptée en 1989) et dans les normes auxquel-les celles-ci font référence y ont considérablement contribué. Aussi le nom-bre d’accidents du travail a-t-il chuté, tandis que la culture de prévention s’est intensifiée en Euro-pe. Depuis 2008, la crise économique et financière a fortement impacté le marché et l’organisation du travail. Les risquesprofessionnels ont évolué, d’autres ont émergé (stress et TMS, notamment). 2014 marque une étape importante. Les institutions européennes – Commission et Parlement – ont été renouvelées, et un nouveau cadre stratégique de l’Union européenneenmatièredesanté-sécurité au travail 2014-2020 a été adopté. Dans ce texte, la Commission identifie trois principaux défis : mieux appliquer les règles existantes, notamment dans les TPE/PME; améliorer la prévention des maladies professionnelles ; tenir compte du vieillissement de la main d’oeuvre européenne. Comment relever ces défis ? La question sera posée notamment aux repré-sentants des institutions européennes, aux parte-naires sociaux européens – très investis dans le domaine de la santé-sécurité au travail – et aux institutionnels fran-çais (Direction générale du Travail, Direction des risques professionnels à la Cnamts) lors des Débats d’Eurogip qui se tiendront le 19 mars 2015 à Paris. En organisant des conférences européennes depuis plus de dix ans sur des thèmes d’actualité, Eurogip a pour mission de stimuler le partage d’informations sur les risques professionnels en Europe. » Propos recueillis par Arnauld Denville ] EN SAVOIR PLUS sur Les débats d’Eurogip du 19 mars 2015 : www.eurogip.fr Pour le groupe Volvo, la sécurité et le bien-être au travail doivent se vivre par l’exemple. Le constructeur de véhicules industriels a donc mis à profit le renouvellement de l’ensemble de la gamme Renault Trucks pour repenser entièrement les processus de fabrication. Trois questions à David Brard,manager santé-sécurité au travail pour les fabrications en Europe. Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ? Sur notre ancienne gamme, le garnis-sage des cabines se faisait en passant par l’intérieur. Pour l’opérateur, cela voulait dire travailler en hauteur, bras levés pour placer l’habillage du plafond, installer les lumières, etc. Nous avons donc réfléchi avec notre bureau d’études pour concevoir un pro-cessus novateur lors de la conception du nouveau Renault Trucks T. L’idée rete-nue a été de couper la partie supérieure du toit, puis de la retourner pour que les opérateurs puissent la garnir à l’envers, avec les bras à hauteur d’homme. Ensui-te, un robot la recolle sur la cabine. Une fois réalisé, cela paraît simple. Mais l’idée n’allait pas de soi, à l’époque, et encore aujourd’hui nous sommes les seuls à procéder de cette manière pour assurer un tel confort de travail à cette étape de la production. Autre exemple : dans le châssis d’un camion, il y a beaucoup de câbles électriques et de faisceaux de toutes sortes. Pour les rassembler, nous utilisons ce qu’on appelle des colliers Colsons. Ce sont des liens en plastique qu’il fallait serrer en pompant plusieurs fois à la main avec une pince. Cela pou- COMMUNIQUÉ En près de trente ans d’acquis communautaires, directives et normes ont porté leurs fruits: moins d’accidents du travail et davantage de prévention. Sur fond de crise économique,un nouveau cadre stratégique 2014-2020 a été adopté. Raphaël Haeflinger, directeur d’Eurogip. vait engendrer des troubles musculo-squelettiques chez nos opérateurs. Du coup, avec le passage aux nouvelles gammes, nous avons conçu l’assem-blage de façon à limiter le nombre de Colsons, et surtout nous avons mis au point une pince électrique qui ne nécessite quasiment aucun effort. Cet outil a pu être développé avec une entreprise de la région, mis en oeuvre à Bourg-en-Bresse et démultiplié sur plusieurs sites en Europe. Quels sont les coûts et les résultats de votre démarche ? Développer une démarche proactive dès la conception nécessite du temps, mais le coût de l’investissement est modéré. Il est dans tous les cas nette-ment plus lourd et plus traumatisant lorsqu’une démarche curative s’im-pose. Signalons que dans les ateliers produisant la gamme Renault Trucks, le taux d’accidents du travail est 5 à 6 fois inférieur à la moyenne nationale, notamment grâce à l’engagement fort des managers. Nous prévoyons même que des sites entiers pourront parvenir, à moyen terme, au « zéro accident ». Arnauld Denville ] COMMUNIQUÉ/NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT / 4 novembre 2014/ P1 ©RENAULT TRUCKS /DR 2005, 569 en 2008, 535 en 2010, ou encore 541 en 2013. Dans 55%des cas, il s’agit d’accidents de la route 30 % des autres cas mortels étant le fait de chutes. Ils justifient la campagne lan-cée au printemps dernier : « Travaux en hauteur, pas droit à l’erreur », lancée par plusieurs établissements parmi lesquels l’Organisme de prévention du bâtiment et des travaux publics, parti-culièrement concerné. Les maladies professionnelles, qu’elles soient la cause d’incapacités temporai-res (-5,1 % entre 2012 et 2013) ou per-manentes (-6,2 %), sont moins nom-breuses depuis une époque récente. Mais entre 2000 et 2010, le nombre de cas pris en compte par la médecine du travail est passé de 20000 à plus de 50000. Le cumul des accidents et des maladies professionnels est à l’origine de la perte annuelle de 45 millions de ©SCHILIERNER - FOTOLIA.COM/DR ©EUROGIP /DR journées de travail. C’est ainsi que, depuis 2005, les Plans de sécurité au travail se succèdent. Selon la feuille de route rédigée lors de la grande conférence sociale de juin 2013, le prochain plan 2015-2019 pourrait se concentrer sur plusieurs thèmes. Le risque de désinsertion profession-nelle liée à l’usure du travail et à sa pénibilité est particulièrement cité ; mais aussi la prise en compte plus lar-ge des risques psycho-sociaux, ou des risques environnementaux, ou encore des risques émergents liés, par exem-ple, aux nanomatériaux, aux biotech-nologies, à l’exposition aux champs magnétiques, etc. Une attention par-ticulière serait également portée aux petites entreprises, souvent moins in-formées sur les modes de prévention et exerçant parfois leur activité en sous-traitance. Si la volonté politique semble évidente, quelques partenaires sociaux craignent une baisse des moyens mis par l’État dans les agences comme l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’ali-mentation, de l’environnement et du travail (Anses) et l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact). Des gains importants d’efficacité sont cependant attendus dans la coordina-tion de tous les acteurs et la gouver-nance de la santé au travail. Arnauld Denville ] Le Plan santé au travail 3,dont les axes seront déterminés en décembre prochain,devrait renforcer la surveillance de la santé des salariés,et notamment mieux prendre en compte la pénibilité.Bilan et perspectives.
  7. 7. [Expert]ises Santé et sécurité au travail Entretien[« Renforcer l’information de tous sur la qualité de vie au travail » Les travaux d’élaboration du 3e Plan santé au travail ont été lancés en juin dernier.Le ministre François Rebsamen en décrit les principales thématiques qui seront proposées à tous : acteurs, partenaires sociaux et salariés,afin d’allier intelligence collective et bien-être individuel. Le deuxième Plan santé 2010-2014 ©MINISTÈRE - DR François Rebsamen] Ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social. Expertise [ Le meilleur de la protection à portée de main Les équipements de protection individuelle (EPI) constituent un élément clé de la sécurité au travail. Ansell, leader mondial en solutions de protection, propose avec la méthode Ansell Guardian®,un ensemble unique d’outils d’analyse et de conseil permettant aux industriels d’améliorer la sécurité de leurs travailleurs, d’identifier et de mettre en oeuvre des solutions renforçant la productivité et d’optimiser le coût total d’utilisation. Ce groupe a vu le jour en Australie voilà près de cent dix ans. Au dé-part spécialisé dans la transfor-mation du latex, il s’est forgé une forte réputation pour la haute qualité de ses produits. Aujourd’hui, son expertise concerne les solutions de protection, secteur dans lequel il est leader mondial. Jérôme Feuvrier, vice-président d’Ansell Guardian, montre que l’élaboration de gants toujours plus performants peut désormais s’accompagner d’une vérita-ble mission de conseil dans des secteurs aussi différents que l’industrie automo-bile, l’aérospatiale, la chimie ou les labo-ratoires pharmaceutiques. En quoi consiste votre méthode Guardian ? Ansell est passémaître dans l’intégration des nouvelles technologies au sein de ses solutions permettant le renforcement de la sécurité et l’amélioration de la produc-tivité de ses clients. Aussi comprenons-nous mieux que toute autre entreprise combienperformanceset rentabilité vont de pair. L’approche Ansell Guardian est un véritable partenariat avec les clients et fait partie intégrante de la culture de l’entreprise Ansell. En se concentrant sur les aspects clés de la production les plus pertinents, Ansell Guardian fournit des recommandations qui ont un impact substantiel sur les ré-sultats de l’entreprise. La solution Ansell Guardian peut être déployée dans un seul année plus de 337 millions d’accidents du travail et 2,34 millions de décès à la suite d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Ce qui est nouveau et qui est l’un de nos points forts, c’est qu’avec notre appro-che globale, nous pouvons réaliser des études sur une usine qui peuvent ensui-te être répliquées dans d’autres usines très éloignée de la première. L’industrie pharmaceutique, par exemple, apprécie beaucoup cette démarche qui permet de réduire les variabilités d’une usine à l’autre. Elle emploie beaucoup de main d’oeuvre travaillant dans des zones confinées tout en exigeant un strict ali-gnement nous sommes les seuls à pouvoir pro-poser de tels standards de protection. Dans quels domaines cela permet-il une réelle optimisation des coûts ? Le renforcement de la sécurité et de la productivité des travailleurs est un fac-teur clé de l’amélioration des performan-ces cheznos clients. En outre, il ressortde notre expérience avec des milliers d’in-dustriels visent à réduire leurs coûts de 3 à5%en moyenne chaque année. Les clients ayant adopté Ansell Guardian réalisent quant à eux, aprèsmise en place, jusqu’à 30%de réduction des coûts d’utilisation. Une fois émises vos préconisations, comment assurez-vous la mise en place COMMUNIQUÉ/NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT / 4 novembre 2014 /P2 au travail s’achève. Est-il prévu de présenter un troisième plan, et quelles sont aujourd’hui, selon vous, les priorités d’action pour améliorer la santé au travail ? Les Plans santé au travail (PST) ont permis de donner une visibilité politi-que aux objectifs de développement de la santé et de la sécurité au travail et d’amélioration des conditions de travail, qui constituent un enjeu majeur pour notrepolitiquesociale mais aussi pour la compétitivité des entreprises. Ces PST, pluriannuels et déclinés au niveau de chaque région, ont permis d’afficher des priorités claires, de renforcer les moyens d’intervention de l’administration du travail en partenariat avec tous les ac-teurs de la prévention, et de progresser dans la connaissance et l’évaluation des risques professionnels. Le bilan intermédiaire du Plan 2010- 2014 a permis de constater que des progrès indéniables ont été réalisés en matière de santé et de sécurité au cours des dernières années. Néanmoins, il reste encore à faire. C’est pourquoi, lors de la réunion du comité permanent du Conseil d’orientation sur les conditions de travail (Coct) du 30 juin 2014, j’ai pro-cédé au lancement officiel des travaux d’élaboration du troisième Plan santé au travail (PST 3). La démarche d’élaboration de ce PST 3 est largement participative puisqu’elle associe, lors de toutes ses phases, non seulement les administrations concer-nées et les organismes de Sécurité so-ciale, mais également les organismes de prévention, des experts et l’ensemble des partenaires sociaux réunis au sein du Coct. Les acteurs régionaux seront également mobilisés dans un second temps par les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte). Sur le fond, les thématiques à inscrire dans le prochain PST sont en cours de discussion au sein du groupe permanent du Coct et seront présen-tées en décembre. L’un des objectifs du PST 3 serait de réussir à limiter le nom-bre des priorités affichées en ciblant sur certains risques ou certains types d’en-treprises tout en explorant de nouvelles thématiques. Ainsi, j’ai demandé que soient mises au débat la question de la prévention de l’usure et de la désinser-tion professionnelles, et celle du main-tien dans l’emploi, un thèmepour lequel des expérimentations sont en cours et qui devrait devenir une problématique structurante dans le cadre du plan senior, mais aussi la question du lien à renforcer entre santé au travail et santé publique. J’ai demandé également de travailler sur les moyens de diffusion de la démarche de Qualité de vie au tra-vail (QVT) dans les entreprises, comme nous y invitent les partenaires sociaux dans l’accord national interprofession-nel (ANI) signé le 19 juin 2013. Une enquête récente montre qu’un salarié sur deux s’estime pas ou peu informé sur les dispositifs de suivi de la santé au travail. Comment mieux les informer ? De nombreux acteurs sont mobilisés pour mieux informer les salariés sur les dispositifs de suivi de la santé au travail. Outre l’information de l’em-ployeur dans le cadre de son obligation de formation à la sécurité et celle des partenaires sociaux, via notamment le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécu-rité et des conditions de travail), des acteurs proches de l’entreprise partici-pent à cette information : les médecins du travail, les agents de prévention de la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) et aussi, de-main, les complémentaires santé qui vont devenir obligatoires dans toutes les entreprises et qui pourront contri-buer à la diffusion de l’information. Pour apporter sa contribution à la lisi-bilité de l’information sur ces sujets, le ministère du Travail a ouvert un site Internet : www.travailler-mieux.gouv.fr Ce site regroupe les principales thé-matiques pour aider les salariés et les employeurs à mieux connaître et donc à mieux comprendre et mieux appliquer la réglementation sur la santé et la sécu-rité au travail. Les risques psychosociaux sont-ils aujourd’hui bien appréhendés par les entreprises, et les plans de prévention vous paraissent-ils de nature à améliorer le bien-être au travail ? Le thème des risques psychosociaux constitue une bonne illustration de ce que l’on peut trouver sur le site : www.travailler-mieux.gouv.fr pour aider les employeurs, les salariés et les re-présentants du personnel à appréhen-der cette question, à l’intégrer dans leur document unique d’évaluation des risques et à construire un plan de pré-vention adapté. Aujourd’hui, la prise de conscience de ce risque psychosocial est désormais acquise, me semble-t-il, mais les solu-tions sont désormais à rechercher dans une démarche plus large qui implique de revisiter les relations individuelles et collectives de travail. C’est pourquoi je porte et valorise l’ANI du 19 juin 2013 et demande aux en-treprises d’expérimenter la démarche Qualité de vie au travail. Elle donne des résultats très intéressants en termes de dynamique positive qui rassemble direction et salariés autour de projets communs, et qui allie intelligence col-lective et bien-être individuel. Propos recueillis par Arnauld Denville ] « Aujourd’hui, la prise de conscience est désormais acquise, me semble-t-il, mais les solutions sont désormais à rechercher dans une démarche plus large qui implique de revisiter les relations individuelles et collectives de travail. » département, tout un site de produc-tion, à travers un réseau international d’usines. La méthode Guardian com-mence par une écoute de chaque client afin de comprendre sa problématique le plus clairement possible. Et ce, en se situant à trois niveaux. Tout d’abord, on étudie les améliorations nécessaires pour assurer l’intégrité des travailleurs. Vient ensuite la question des coûts parce qu’avec une sécurité maximale, il faut encore que l’entreprise reste con-currentielle. Le troisième aspect concerne la pro-ductivité. En effet, il existe aujourd’hui des gants assurant une protection optimale tout en offrant une flexibilité ou une adhé-rence permettant de travailler mieux qu’à mains nues. Une fois définis les critères de sélection du client, nous paramétrons notre lo-giciel et effectuons une évaluation de chaque poste de travail en lui attribuant une note sur différents critères tels que la nécessité de protection contre la cou-pure, l’impact, les produits chimiques, les liquides, ou encore le besoin d’une bonne adhérence, etc. Cette évaluation repose sur dix années d’analyses dans des industries que nous connaissons bien. L’essentiel des critères de protec-tion et leurs évolutions liées aux chan-gements des méthodes de production ou à l’utilisation de nouveaux matériaux ont été intégrés dans la base de don-nées d’Ansell. Ainsi, notre outil d’éva-luation est unique au monde. Notre logiciel va tenir compte des critères définis avec le client et des contraintes liées à sa production pour établir une re-commandation optimale combinant les trois impératifs de sécurité, de produc-tivité et de coût. Elle peut d’ail-leurs comporter des points complémentaires comme une réduction du nombre de gants utilisés ou des procédures d’utilisation ou de placement dans l’espace de travail, etc. Depuis 2010, Ansell Guar-dian a dépassé les 5000 ap-plications. La recherche d’amélioration des processus industriels n’est pas récente, en quoi la méthode Guardian est-elle une nouveauté ? Pour de nombreux industriels, les ini-tiatives portant sur la sécurité, la pro-ductivité et la réduction des coûts ne sont pas dénuées de risques. Ces risques surviennent lorsque les employeurs n’établissent pas de recommandations en matière d’équipements de protection individuelle (EPI) ou que le personnel commence à modifier la façon d’utiliser les EPI. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on enregistre chaque Jérôme Feuvrier, vice-président d’Ansell Guardian. ©ANSELL GUARDIAN /DR et le suivi ? En France, sur le marché des équipe-ments de protection individuelle, nous travaillons à travers un réseau de distri-buteurs. Ceux-ci offrent aux clients fi-naux toutes les solutions d’approvision-nement et de conseil correspondant aux besoins spécifiques de leur industrie.Nos distributeurs apportent en complément une gamme complète d’équipements à des clients qui recherchent l’ensemble des protections pour leurs opérateurs : la tête, les yeux, des masques de respi-ration, etc. La conduite d’une approche d’optimisation de la protection de la main jusqu’à sa mise en place demande une réelle expertise, aussi interve-nons- nous directement auprès des uti-lisateurs finaux, à leur demande ou sur recommandation de nos partenaires qui en ont détecté le besoin. Le choix des solutions optimales et autres actions vi-sant à améliorer la productivité et réduire les coûts étant validé, nos partenaires distributeurs et clients finalisent alors ensemble la mise en place spécifique du contrat. Arnauld Denville ] des processus. Aujourd’hui, que les entreprises en général Daté du 4 novembre 2014, [Expert]ises est édité par CommEdition agence de communication éditoriale • Directeur général Éric Lista • infos@commedition.com • Rédaction Arnauld Denville • Création/maquette Aline Joly • Secrétaire de rédaction Anne-Marie Busnel • La rédaction du quotidien Les Échos n’a pas participé à la rédaction de ce communiqué.
  8. 8. 08// Mardi 4 novembre 2014 Les Echos MONDE ZONE EURO : LE SECTEUR MANUFACTURIER STAGNE LePMImanufacturier de la zone euro, publié par le cabinet Markit, s’est établi à 50,6 points, contre 50,3 en septembre. «Lacroissancedusecteur manufacturier reste quasi nulle en octobre, la faiblesse de la demande continuant de freiner l’expansion de la production et de l’emploi dans la zone de la monnaie unique », indique Markit. LÉGÈRE ACCÉLÉRATION DE LA PRODUCTION CHINOISE La croissance de la production manufacturière chinoise aatteint enoctobresonplus haut en trois mois, selon l’indice PMI des directeurs d’achats deHSBC. Il s’est établi à50,4pointscontre50,2 en septembre.«L’économie montre toujours des signes de faiblesse de la demande », acommentéQuHongbin, économiste chezHSBC. 500 MILLIONS DE DOLLARS Le milliardaire et philanth-rope américain Bill Gates se prépare à donner plus de 500 millions de dollars pour la lutte contre diverses épidé-mies dans les pays en déve-loppement, au premier rang desquelles la malaria, selon un communiqué publié hier. en chiffres BarackObamamenacédeperdre lamajoritédémocrateauSénat l Les républicains n’ont besoin que de six sièges pour contrôler la Chambre haute après les élections d’aujourd’hui. l Les milieux économiques regardent le scrutin avec flegme et espèrent un résultat clair et rapide. Karl De Meyer kmeyer@lesechos.fr —Bureau de New York C’est une sorte de fatalité à laquelle bien peu de présidents américains ont échappé. Comme GeorgeW. Bush en 2006, Bill Clinton en 1994, et Ronald Reagan en 1986, Barack Obama risque fort de perdre sa majoritéauSénat, à l’issue des élec-tions de mi-mandat qui se tiennent aujourd’hui.LesAméricainsseren-dent aux urnes pour renouveler les 435siègesdelaChambredesrepré-sentants (qui restera à majorité républicaine) et un tiers du Sénat. Le hic, pour les démocrates : beau-coup des sièges de sénateur remis en jeu cette année ont été conquis, en 2008, sur des circonscriptions traditionnellement républicaines, qui ont alors succombé au charme d’Obama. Cote de popularité en baisse Six ans plus tard, l’ambiance n’est plus la même. Le président, qui doit composeravecunCongrèstrèshos-tile, avusacotedepopularitéchuter. Lasituationéconomiques’estcertes améliorée, avec une croissance en haussede3,5%autroisièmetrimes-tre, en rythme annualisé, après une vigoureuse progression de 4,6%au deuxième. Le chômage est tombé en dessous de la barre des 6 %. Mais le sentiment général reste celui d’une reprise qui profite essentielle-ment aux Américains les plus aisés. LapolitiqueétrangèredelaMaison- Blancheestmalperçue.« Iln’yapas beaucoupdesujetsdontlesgenspuis-sentsediresatisfaits »,résumeDavid Yepsen, politologue de la Southern IllinoisUniversity.JoeBiden,levice-président, acertesconfiéhieràCNN sa confiance : « Je ne suis pas d’accord avec les prévisions qui sont faites.Moi, je prédis que nous allons conserver le Sénat. » Mais le GOP a seulement besoin de six sièges pour s’assurer la majo-rité à laChambrehaute, ce qui sem-ble à sa portée. Les républicains ne pourront toutefois pas occuper les soixante sièges qui leur assure-raient lasuper-majorité et leur don-neraient les coudées franches. En termes purement législatifs, la con-quête du Sénat ne changerait donc pas radicalement la donne. « Il y aurait toutefois un impact majeur, prévient Jeanne Zaino, politologue de NYU, si jamais un juge de la Cour suprême venait à démissionner ou à décéder. Le Sénat aurait alors son motàdirepourdésignerleoularem-plaçante. » Il n’en reste pas moins que les républicains ont bien cons-cience de risquer une victoire à la Pyrrhus. S’ils gagnent le Sénat mais nepeuvent afficherunbilan législa-tifconvaincantdansdeuxans, leris-que est grand que les démocrates puissent les taxer, en 2016, d’immo-bilisme, rester à la Maison-Blanche et faire un retour en force au… Con-grès. «Nous devrons prouver qu’un Congrès républicain peut gouver-ner », a déjà prévenuRichard Burr, sénateur de Caroline du Nord. En termes concrets, un Sénat à majo-rité républicaine s’efforcerait sans doute de faire approuver, après des années de tergiversations, la cons-truction de l’oléoduc Keystone. Barack Obama a tout fait jusqu’ici pour différer le projet, très critiqué par l’aile la plus verte de son parti. Les républicains ne devraient pas s’attaquerde front à la loid’assuran-ce- santé Obamacare, mais peut-être à certaines de ses dispositions, comme la taxe sur les équipements médicaux. Les milieux économiques regar-dent le scrutin avec flegme, mais redoutent l’incertitude. « Si nous avons une situation vraiment incer-tainedanslaquelleleSénatestdiviséet oùlescandidatsmenacentderecomp-terlesbulletinsdevote, ceneseravrai-ment pas bon », avertit Robbert van Batenburg, responsable de la straté-giedemarketingchezNewedgeUSA LLC àNew York. Or, en Louisiane et en Géorgie, un second tour sera peut-être nécessaire, ce quimenace de retarder de plusieurs semaines l’annonce de la majorité au Sénat. n LES ÉLECTIONSDEMI-MANDATAUXÉTATS-UNIS 36 postes de gouverneur en jeu Les Américains vont aussi élire, dans 36 Etats, leur gouverneur. Les républi-cains défendent 22 postes. Certains gouverneurs du GOPélus en 2010 avec le soutien du Tea Party sont cette année à la peine, puis-que le mouvement populis-te est sérieusement essouf-flé. C’est le cas de Scott Walker dans leWisconsin. Une réélection de ce der-nier conforterait sa place dans le vivier des candi-dats possibles aux primai-res républicaines de 2016. Les républicains espèrent de bons résultats enNou-velle- Angleterre, terre tra-ditionnellement « libéra-le ». Les démocrates comp-tent bien défendre les 14 postes de gouverneur détenus par les leurs et remis en jeu. Ils espè-rent aussi pouvoir repren-dre des Etatscomme la Floride ou le Michigan. «LesAméricainscomptentsanctionnerlesélusenplace » Propos recueillis par Lucie Robequain lrobequain@lesechos.fr —Bureau de New York Dans quel état d’esprit les Américains se rendent-ils aux urnes aujourd’hui ? Les Américains expriment une haineprofondeàl’égardduCongrès. Ils ne sont que 12 % à approuver son action. Le sentiment prévalent est que rien ne se décide plus à Washington aujourd’hui. On observe une certaine forme de désespoir. Cette haine n’est pas nou-velle, mais elle était assez désincar-née jusqu’alors : « J’appréciemonélu local, mais je n’aime pas le Congrès », semblaientdirelesélecteurs.Cen’est pasle cas cette fois-ci : lespersonnes que nous sondons comptent sanc-tionnersévèrementlesélusenplace. Les parlementaires vont donc être plus nombreux à céder leur siège ? Exactement. Les parlementaires ont toujours été une immense majorité (96 % ou 97 %) à conser-ver leur siège au cours des derniè-res élections. Le taux de renouvel-lement devrait être plus bas cette fois-ci, de l’ordre de 85 % à 90 %. Vouspensezpeut-êtrequelabaisse est modeste. Il s’agit en fait d’une petite révolution. On risque d’observer des changements iné-dits dans certains Etats. Le Kansas, qui a toujours voté massivement républicain, pourrait ainsi bascu-ler dans le camp démocrate. On observe un scénario identique dans le Kentucky : le républicain Mitch McConnell, qui incarne à lui seul la paralysie des républicains au Congrès, pourrait bien devoir céder son siège à la démocrate Ali-son Grimes. C’est l’une des compé-titions les plus serrées du pays, et l’une de celles qui ont occasionné les plus grosses campagnes publi-citaires. Les démocrates, à l’inverse, pourraient perdre l’Iowa et le Colorado. Ce sont deux Etats qui ne leurposent pas problème en temps normal. Ils ont également toutes les chances de perdre la Louisiane et l’Arkansas. Le rejet de Barack Obama n’influence-t-il pas cette élection davantage que la haine du Congrès ? Lapopularitéduprésidentestsupé-rieure à celle du Congrès, ce qui ne l’empêche pas d’être extrêmement faible,elleaussi :ellenedépassepas 42 % aujourd’hui. Aucun président américain, ou presque, n’a jamais subi une telle défiance. Cela expli-que pourquoi les candidats démo-crates ont tant de difficultés sur le terrainaujourd’hui.C’estassezfrus-trant pour Barack Obama car l’économie va beaucoup mieux que lorsqu’il a pris le pouvoir, en 2009. Maisc’estunerèglequenousobser-vons souvent : l’opinion publique évolue avec quelques mois de retard sur la réalité. Le Tea Party joue-t-il un rôle dans ces élections ? Les membres du Tea Party ont connuleur heure de gloirependant les élections de 2010. Leur image a beaucouppâlil’andernierlorsqu’ils ontsoutenuleblocagedubudgetau Congrès, paralysant le pays pen-dant deux semaines consécutives. 2014 n’est pas une bonne année pour les démocrates,mais elle est encore pire pour les membres du Tea Party. Cela étant dit, ils conser-ventunegrandeinfluencedanscer-tains Etats du Sud. n DR INTERVIEW JEFREY POLLOCK Sondeur et fondateur du cabinet Global Strategy Group «Onrisqued’observer des changements inédits dans certains Etats,commele Kansas et leKentucky. » « Il n’y a pas beaucoup de sujets dont les gens puissent se dire satisfaits. » DAVID YEPSEN Politologue de la Southern Illinois University
  9. 9. Les Echos Mardi 4 novembre 2014 MONDE//09 Impossible d’allumer sa télévision sans tomber sur une publicité qui n’attaque lemauvaisbiland’unpar-lementaire ou le laxisme d’un juge. Les candidats dépensent des fortu-nespour discréditer leurs adversai-res et espérer remporter ainsi le maximum de sièges de parlemen-taires, gouverneurs et procureurs remis en jeu aujourd’hui. Les deux partisyont consacré l’équivalentde 4milliards de dollars, soit le plus gros montant jamais versé pour ce type d’élections aux Etats-Unis. Les trois quarts des publicités sont financées par les républicains. « Des records sont franchis aux qua-tre coins du pays », commente Bert Brandenburg, qui traque lesdépen-sesélectoralesauseindel’ONGJus-tice at Stake. Les montants ont explosé au cours de la dernière décennie : la campagne de 2004 avait coûté deux foismoins. L’argent coule davantage Cette inflation n’aurait jamais été possible sans la décision de la Cour suprême de déplafonner, à deux reprises, les contributions financiè-res aux campagnes électorales. Depuis 2010, les entreprises peu-vent ainsi financer – sans limite aucune – des comités d’action poli-tique (Super Pacs) qui soutiennent un candidat de leur choix.Au prin-temps dernier, la Cour a également déplafonné les donations des parti-culiers. Ces deux arrêts, rendus au nom de la liberté d’expression, ont ouvertlavoieàundéferlementsans précédent d’argent, versé de façon souvent anonyme et obscure. L’argentabeaucoulerdavantage, il provient paradoxalement d’un cercle plus réduit de dona-teurs. Ils étaient plus de 800.000 en 2010, et seraient moins de 700.000 aujourd’hui, indique le Centrepour des politiques responsables – une autre ONG qui suit le financement des campagnes. « Le débat électoral estdominéparunnombre de plus en plus réduit de personnes. C’est l’inverse de ce que l’on attend d’une démocratie »,regretteBobBiersack, qui travaille pour cette ONG. Les démocrates, qui ont souvent dénoncé le système, en profitent quasiment autant que les républi-cains. Lesdeuxplus gros donateurs du pays leur sont ainsi acquis : il s’agit de l’écologiste Tom Steyer et de l’ancien maire de New York MichaelBloomberg. Surles20plus gros donateurs,unequinzainepen-chent toutefois pour les républi-cains.— L. R. Lesélectionsparlementaires lespluschèresdel’histoire Les donateurs sont moins nombreux, mais ils donnent davantage. Les grandes fortunes dominent de plus en plus le débat politique. Le 20 octobre, le président Barack Obama a voté à Chicago pour les élections demi-mandat. Photo Brendan Smialowski/AFP Aregarder lepassé, l’impopularité d’Obama n’est toutefois pas surprenante. Lesdémocratesdoivent mobiliserl’électoratnoir pourgarderleSénat Les démocrates multiplient les actions de terrain pour motiver des Afro-Américains déçus. Nombre record de candidats noirs au Congrès. C’est unmémo qui a sérieusement fait réfléchir à la Maison-Blanche. Un mémo rédigé par un expert des sondages, début octobre, qui a fuité dans la presse américaine. La con-clusion : sans mobilisation forte de l’électorat noir au cours de ces élec-tions de mi-mandat, les démocrates perdront le contrôle du Sénat. Au moment où le document a été rédigé, ses auteurs estimaient que « lamoitié des électeurs noirs ne saventpasexactementquandcesélec-tions auront lieu ». Or les Afro-Amé-ricainsontassuré, en2008et2012,la victoire de BarackObamaet garanti quelques précieux sièges à laCham-bre et au Sénat. La mobilisation est moins forte cette année, c’est traditionnel pour des « midterms ». Ce qui ajoute à la démotivation, c’est le relatif échec de Barack Obama (voir ci-contre), qui n’a pas pu répondre aux immenses espoirs que sa campa-gne de 2008 avait soulevés. Essayant de renouer avec les méthodes qui ont fait leur succès pour les présidentielles de 2008 et 2012, lesdémocrates se déploient sur le terrain. En Caroline duNord, par exemple, ils ont recruté des relais importants dans les commu-nautés noires, des coiffeurs, des gérants de petits magasins, pour engager les Afro-Américains à s’enregistrer et à aller voter. Bill Clinton, très populaire parmi les populationsnoires,s’estrendudans desEtatscritiques.BarackObamaa donné des interviews radio à des émissions très écoutées des Noirs. « J’ai besoin que tout lemonde aille voterle4novembre »,a-t-ilexpliqué. Mais il s’est fait lui-même très dis-cret, de nombreux candidats sou-haitantenfaitéviterdesemontrerà ses côtés, tant sa popularité s’est dégradée au cours des derniers mois.L’anciennestardelapolitique américaine est presque devenueun boulet. La démocrate Mary Lan-drieu, en Louisiane, a par exemple diffusé des spots télévisés dans les-quels elle explique que le président « a tort au sujet de la production de gaz et de pétrole ». Ses électeurs n’apprécient guère le discours du président en faveur des énergies non fossiles. Un record Cequipourraitmotiverlesélecteurs noirs,c’estlenombrerecorddecan-didats de couleur.Aumoins 83 can-didats noirs tentent de remporter un siège à la Chambre. Mia Love, dans l’Utah, tente de devenir la pre-mière représentante républicaine noire. Quatrefemmesnoiresdémo-crates se présentent pour la pre-mièrefoisàlaChambreetsiaucune sortante noire n’échoue à se faire réélire, cette assemblée compterait vingt femmes noires, du jamais-vu. Il y a environ 25 autres personnes noires qui convoitent d’autres man-dats, de sénateur ou de gouverneur, c’est également un record.— K. M. 4MILLIARDS DE DOLLARS Le budget consacré à la campagne des « midterms », deux fois plus qu’il y a dix ans. Prospéritéetpaix: lesdeuxéchecsd’Obama ANALYSE Lucie Robequain Le s é l e c t e u r s o n t une fâcheuse tendance à brûler leurs idoles. Adoré en 2008, réélu en 2012, Barack Obama est considéré aujourd’hui comme le grand responsable de la défaite électorale qui s’annonce pour les démocrates au Congrès. Ceux-ci en semblent aussi convaincus que les républicains. Ils ont fait campagne sans lui, voire parfois contre lui.Un choix totalement inexplicable pour la Maison-Blanche. « Le président ne comprend pas que les candidats démocrateslefuient.Ilapourtantun message très fort à défendre sur l’amélioration de l’économie », con-fiait récemment un conseiller de la Maison-Blanche. Les sondages semblent plutôt prouver le contraire. Ils sont d’ailleurs cruels pour le président. Lesdeuxsujetsquil’ontfaitélire–la paix et la prospérité – sont ceux qui lepénalisentleplusaujourd’hui.En 2008, les Américains le jugeaient beaucoup plus apte que son adver-saire John McCain à traiter les grands dossiers économiques (écart de 18 points). Les républi-cains affichent un avantage de 10 points aujourd’hui. Un comble, quand on se souvient qu’ils ont paralysé le pays pendant deux semaines l’an dernier, en refusant de voter le budget ! Mais les Améri-cains en veulent surtout au prési-dent, pour toutes les promesses qu’il n’a pas tenues : il avait juré d’enrichir les classes moyennes, de lutter contre le changement clima-tiqueetdematerles « voyous »dela finance. Il n’a finalement pu impo-ser aucune des mesures promises lors de sa réélection. Malgré une croissance solide, les salaires res-tent inférieurs à ceux d’avant-crise (–8%pour la médiane). La Maison- Blanche avait fait miroiter une aug-mentation de 25 % du salaire mini-mum. Cause perdue. Il y a six ans, Barack Obama était également le mieux perçu pour commander la diplomatie améri-caine. Il affichait un avantage de 9pointsparrapportàJohnMcCain. Il traîne désormais 19 points der-rière les républicains. Le président, quiareçuleprixNobeldelapaixen 2009, a déçu son propre camp en défendant les écoutes de la NSA et en maintenant ouverte la prison de Guantanamo. Il avait promis d’en finir avec dix ans de guerre (Irak et Afghanistan) et se retrouve empê-tré aujourd’hui dans un conflit larvé contre les djihadistes, qui devrait durer plusieurs années selon les experts. Les républicains n’hésitent pas à évoquer les san-glantes décapitations de l’été pour dénoncer le manque de leadership de Barack Obama et le climat d’insécurité dans lequel il a plongé lepays.Sonrefus d’attaquer laSyrie l’an dernier a été interprétécomme une lâcheté – y compris par la France qui était prête à frapper. A regarder le passé, l’impopu-larité d’Obama n’est toutefois pas surprenante : les élections de mi-mandat n’ont jamais été favorables auprésidentenplace,quelqu’ilsoit. Elles le sont d’autant moins quand celui-ci exerce un second mandat : l’opposition ravit en moyenne 29 sièges à la majorité. C’est ce que les Américains appellent la malé-diction des six ans. Bill Clinton fait figure d’exception : en pleine affaire Lewinsky, il est paradoxalement le seul à avoir vu son camp conquérir des sièges au Congrès. Mais cela n’a pas suffi à lui faire regagner la Chambre des représentants. n En 1870, non loin de la ville de Maragogype, au Brésil, les variétés d’Arabica ont subi une évolution naturelle qui a donné naissance à un grain géant. Ce grain présente une délicatesse et un raffinement qui le distinguent de tout autre grain de café cultivé dans le même environnement. Les Experts Café Nespresso ont sélectionné pour vous les meilleurs grains Maragogype d’Amérique centrale et du Sud pour créer l’Édition Limitée Special Reserve Maragogype. Ils ont également créé, en collaboration avec les maîtres verrier de Riedel, www.nespresso.com/maragogype I M M E N S É M E N T P R É C I E U X un duo de verres de la collection Reveal, révélant toute la finesse aromatique de ce Grand Cru. S P E C I A L R E S E R V E *Quoi d’autre ? *
  10. 10. 10//MONDE Mardi 4 novembre 2014 Les Echos L’avertissementdeMerkelàCameron l La chancelière allemande déclare que la liberté de circulation des personnes en Europe n’est « pas négociable ». l Selon la presse allemande, elle est prête à accepter une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Réformes: Berlin plaide ànouveaupourunepression accrue sur les Etatsmembres Italie : les baisses d’impôt aurontuneffet très limité suivante à 12,4% (et 12,1% en 2016). Seul signalpositif significatif : après trois années consécutives de baisse, la consommation des ménages devrait augmenter de 0,3%en 2014 (et + 0,5 %en 2015), du fait du ralen-tissement de la propension à l’épar-gne des ménages. Les nouvelles prévisions de l’Istat interviennent au lendemain du « cri d’alarme » lancé par l’industriel Carlo De Benedetti (groupe Espresso) sur la menace persistante de déflation en Europe et en Italie. Tout enregrettant queMatteoRenzi n’aitpasprissurluidenepasrespec-ter la règle «préhistorique » des 3% de déficit, l’ex-patron d’Olivetti estimequelesbaissesd’impôtsadop-tées dans le budget 2015 ne suffiront pas à faire sortir l’Italie de la « spirale récession-déflation », a estimé Carlo De Benedetti dans une lettre publiée par le quotidien « Il Foglio » du 27 octobre. Les prévisions de l’Istat semblentconfirmersonpronostic. n gnesurlaprévisiond’unecroissance de 1%du PIB pour 2016. Le taux de chômage devrait rester élevé « Une quatrième année de récession doit être évitée par tous les moyens, carilseraitextrêmementproblémati-que de ne pas sortir le pays d’un tel environnementéconomique »,aécrit leministredel’Economie,PierCarlo Padoan,danssaréponsedu27octo-bre au commissaire européen aux Affaires économiques et monétai-res, Jyrki Katainen, en vue de justi-fier les mesures mixtes annoncées danslebudget2015.Insuffisant,tou-tefois, selon l’Istat, qui prévoit un « impact net positif marginal » des mesures budgétaires sur 2014, mais un « effet cumulatif net nul » sur les deux ans successifs. Selon les nou-vellesprévisionsde l’institut, le taux de chômage devrait rester élevé, à 12,5 %, en 2014, avant de commen-cer à reculer « légèrement » l’année du gouvernement Renzi, avec la publicationdesesprévisionsécono-miques sur deux ans. Selon l’Insee italien,malgréunlégersignalpositif sur le front de la consommation des ménages, les mesures de relance et les baisses d’impôts de 18 milliards d’eurosannoncéesparMatteoRenzi auront un « effet cumulatif net nul » sur2015-2016,dufaitdelahaussede laTVAprévue par la « clause de sau-vegarde ». En revanche, l’Istat s’ali- Pierre de Gasquet pdegasquet@lesechos.fr —Correspondant à Rome Après trois années de récession, il n’yaurapasdereprisesignificativeà court terme pour la troisième éco-nomie de la zone euro.Tout en révi-santàlabaissesaprévisiondecrois-sance à – 0,3 % pour 2014 (contre +0,6%enmai), l’Istatadouchéhier lesespoirsderelancedelademande !"#$"% &'()*"% 2,'%*$&"5 26,*&)'% !"#$%&''%( )*+%$,%( !"#$%&''%( -../01/2 4 3 @ABCA DEF@GA ;< /=>11 $< /?>11 +,-+./!,0 -./-,1 2,1 .33+,1 1/+ 33345'%*'()65''7,'8'9-"84:) !"##$%&' ($) *+,+(-"%' . / 01/ 2/2 /12 &'(4 566"7 78957 :2;#<(=!"#<'"<( > ?@=AB@CD EUROPE Thibaut Madelin tmadelin@lesechos.fr —Correspondant à Berlin Cette fois-ci, ça suffit. Angela Mer-kel a signalé à David Cameron que sa patience avait des limites, hier, laissant son porte-parole déclarer que la liberté de circulation dans l’Union européenne (UE) n’était « pas négociable ». Confronté, à quelques mois des élections, à la concurrence croissante du parti europhobe Ukip, le Premier minis-tre britannique veut limiter dans son pays l’immigration en prove-nance d’autres pays de l’Union. Si David Cameron insiste, « c’est un point de non-retour », indique-t- on à Berlin, selon l’hebdomadaire «DerSpiegel ».Autrementdit,dans ce cas, la chancelière serait prête à laisser la Grande-Bretagne quitter l’Unioneuropéenne.Unrisqueréel. Avantdetenirunréférendumsurle maintien du Royaume-Uni au sein del’Europe,lePremierministrebri-tannique veut obtenir des conces-sions de ses partenaires européens. « Angela Merkel n’a pas ménagé ses efforts jusqu’ici pour garder laGran-de- Bretagne au sein de l’Union mais son message est clair, estime Julian Rappold, expert de l’Union euro-péenneàl’Institutallemanddepoli-tique étrangère (DGAP) : Vous êtes sur une ligne dangereuse, essayez de changer de cours dans les temps. Sinon ne comptez pas sur l’Allema-gne pour vous soutenir. » Le tourisme social : un sujet en débat De fait, la chancelière allemande a tout fait pour que Londres ait une place importante au sein de la nou-velle Commission européenne en échangedesonsoutienauprésident Jean-Claude Juncker. Elle a égale-ment signalé sa volonté de trouver un arrangement au sujet des 2 mil-liards d’euros que Londres est tenu de rembourser au budget européen à lasuitedenouveauxcalculs. Mais pour Angela Merkel et son gouvernement,lalibertédecircula-tion est fondamentale. « La liberté de circulation des personnes et des marchandises est un principe fonda-teurdel’Unioneuropéenneetnepeut pasêtrelimitée,déclaraitleministre des FinancesWolfgang Schäuble aux « Echos » en octobre. Ce ne serait d’ailleurs pas conforme aux traités européens… Il serait impensa-ble d’ériger de nouveau des barrières en Europe. » Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de sujet. En Allema-gne aussi, le « tourisme social » fait l’objet d’un débat politique. La CSU, l’alliéebavaroisedelaCDUd’Angela Merkel, a ainsi fait campagne sur le slogan « Celui qui triche fout le camp ». » Berlin attend ce mois-ci avec intérêtunjugement de laCour de justice européenne sur le sujet. ( Lire l’éditorial de Jacques Hubert-Rodier Page 11 Surtout, n’allez pas faire le lien avec laFrance !Lesministèresallemands des Finances et de l’Economie ont insistépourdissipertouteconfusion possible à la suite de la publication hier d’une lettre adressée le 20 octo-bre au commissaire européen sor-tant chargé des Affaires économi-ques et monétaires, Jyrki Katainen. Dans celle-ci,Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel se plaignent du manque de pression sur les Etats membreset souhaitent une mise en oeuvre plus efficace des recomman-dations de la Commission. Certes, le cas français illustre « untoutpetitpeu »lesfaillesdusys-tème, admet-on à Berlin : certaines recommandations, notamment sur lemarchédutravail, restent let-tre morte et ne font pas l’objet d’un débatnationalquiseraitnécessaire. Mais la lettre publiée dans le maga-zine « Der Spiegel » n’a aucun lien avec la discussion en cours sur le budgetdelaFrance,insiste-t-onàla fois au ministère des Finances et à celui de l’Economie. En l’espèce, le courrier répond à l’invitation, en juin, du Conseil des ministres des Finances d’ouvrir un débat sur le nouvel exercice du semestre européen, censé intro-duire plus de coordination en matière de politique économique. Le constat allemand est cinglant : « L’évaluation initiale de la mise en oeuvre des recommandationsspécifi-ques par pays est inquiétante. Les Etats membres mènent à peine un débat politique sur les recommanda-tions. Il n’y a pas assez d’appropria-tion parmi les Etats membres et cer-tainesréformesurgentesnesonttout simplement pas conduites. » Discuter des défis prioritaires Face à cela, lesministres proposent que les recommandations se con-centrent sur des défis prioritaires et soient discutées dans les capitales, avec les ministres en charge. Ils observent que seuls les pays sous programme, comme la Grèce ou l’Irlande,ontdémontréleurvolonté de se réformer. Il faut donc une pression extérieure forte. Si cette position de Wolfgang Schäublede ne diffère pas de celle défendue par Angela Merkel, elle peut surprendre venant du vice-chancelier, Sigmar Gabriel. Le pré-sident du Parti social-démocrate (SPD) est parfois perçu comme un allié du gouvernement socialiste français dans le débat européen. Ses récentes positions, en faveur de l’équilibre budgétaire allemand et contre un vaste programme d’investissement public signalent cependant une ligne plus nuancée. « Lapolitiqueeuropéennedugouver-nementfédéral en faveur de la conso-lidation budgétaire n’a pas changé avec l’arrivée du SPD, même si celui-cimetplusl’accentsurlesinves-tissements », juge un expert alle-mand.— T. M. Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel ont envoyé une lettre à Bruxelles pour améliorer le « semestre européen ». ITALIE L’Istat révise à la baisse sa prévision de crois-sance à – 0,3%pour 2014 et + 0,5%pour 2015. L'institut estime que les mesures de relance auront peu d’impact. Le Premier ministre britannique, David Cameron, veut limiter dans son pays l’immigration en provenance d’autres pays de l’Union. La chancelière allemande, Angela Merkel, a prévenu que sa patience avait des limites. Photo Yves Herman/AFP « Il serait impensable d’ériger de nouveau des barrières en Europe. » WOLFGANG SCHÄUBLE Ministre des Finances allemand en bref François Hollande devant le Parlement canadien CANADA —LeprésidentFran-çois Hollande a salué hier devant le Parlement canadien audeuxièmejourdesonvoyage officiel, la manière dont « la France et le Canada agissent ensemblepourprendreleursres-ponsabilités »faceauxdjihadis-tesenIrak. Ildevaitaussiparler environnement, après avoir appelé le chef du gouverne-ment canadien, Stephen Har-per, à oeuvrer pour la réussite de la conférence internationale sur le climat de fin 2015 à Paris, tout en signalant la disponibi-lité des entreprises françaises pour l’exploitation des hydro-carbures dans le nord-ouest canadien. FMI: le chefdela troïkaenGrècede retouràWashington CRISE DE L’EURO — L’ancien chef de mission du FMI en Grèce, le Danois Poul Thomsen,aéténomméhieràla tête du département Europe de l’institution où il supervisera le plan d’aide à l’Ukraine, a annoncé le Fonds. Thomsen a jouéun« rôleclefdansquelques-uns des programmes les plus compliqués » de l’institution en Europe, a déclarédansuncom-muniqué la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

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