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Au cours de ses 5000 ans d’existence, la civilisation chinoise a vécu de nombreux changements, mais
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lorsque cela est nécessaire. Que ce soit en raison des besoins en énergies et matières premières
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La Chine et le Maghreb : partenaires de longue date
Une relation commencée dans les années 1950
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également reconnaître la RPC, puisqu’ils en ont alors la possibilité. Etant maintenant libres, l’Algérie,
le Maroc, l’Eg...
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tourner définitivement une page sur la période de colonisation et sur l’impérialisme des Etats
occidentaux, et affirmer ...
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assoirleur domination en les exploitants comme l’ont fait les puissancesimpérialistes européennes20
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Le Maghreb et l’Afrique : des marchés alléchants
Une importante population avec du potentiel
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inciter les chinois à investir de plus en plus au Maghreb, y compris dans l’éducation afin de garantir
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Chine, ce qui correspond environ à 15% du marché, et fait de ce pays l’un des plus gros importateurs
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De même pour le secteur de l’automobile, avec, comme dit plus haut, d’importantes commandes de
voitures chinoises au Ma...
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BTP chinoises remportent la majorité des contrats114
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Mais aussi des aides considérables
L’autre aspect le plus frappant des relations sino-maghrébines ne se rapporte pas au...
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Dans le but de créer un lien fort entre le Maghreb et la Chine
C’est peut-être la raison la moins évidente d’une implan...
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France qui elle comptait 4,7 milliards d’exportations vers l’Algérie137
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régime plutôt autoritaire avec une place prépondérante accordée à l’Etat, une similarité qui permet
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  1. 1. 1 Table des matières INTRODUCTION............................................................................................................................. 3 La Chine et le Maghreb : partenaires de longue date....................................................................... 5 Une relation commencée dans les années 1950 .......................................................................... 5 L’indépendance des pays colonisés......................................................................................... 5 La reconnaissance mutuelle.................................................................................................... 6 La conférence de Bandung de 1955......................................................................................... 7 Une relation cordiale................................................................................................................. 8 Une histoire similaire............................................................................................................. 8 Des caractéristiques similaires................................................................................................ 9 Chine et Maghreb : non-agression et partage.........................................................................11 Cependant une relation inégale.................................................................................................12 Différence majeure de « carrure » entre Maghreb et Chine.....................................................12 Inégalité dans leséchanges économiques ..............................................................................14 Inégalité dans les relations diplomatiques..............................................................................15 Les enjeux économiques...............................................................................................................16 L’augmentation des besoinsen ressources de la Chine ...............................................................16 Une formidable croissance économique en Chine...................................................................16 Ressourcesénergétiques qui se raréfient ...............................................................................17 La diversification desfournisseurs enénergies .......................................................................18 Le Maghreb etl’Afrique : des marchés alléchants.......................................................................20 Une importante population avec du potentiel ........................................................................20 Une demande croissante des produits chinois........................................................................21 Des marchés tests pourles produits chinois ...........................................................................22 Des investissements pour consolider la relation Chine-Maghreb.................................................23 Des investissements chinoisimportants.................................................................................23 Mais aussi des aides considérables.........................................................................................25 Dans le but de créer unlienfort entre le Maghreb et la Chine .................................................26 Les enjeux politiques....................................................................................................................27 Devenir une grande puissance diplomatique..............................................................................27 Gagner des alliés clés............................................................................................................27 Utilisation du « Soft Power » .................................................................................................28 De nombreux forums, sommets, et partenariats.....................................................................29 Assoir sa souveraineté et son intégrité nationale et territoriale...................................................31 Rupture des relations avec Taiwanexigée..............................................................................31
  2. 2. 2 Faire respecter les principes de non-ingérence et d’égalité relationnelle..................................32 Faire de la Chine un acteur majeur dans les relationsinternationales.......................................34 Réduire l’influence des Etats-Uniset de l’Europe........................................................................35 Chine peu exigeante envers ses partenaires africains..............................................................35 Volonté de réduire l’antagonisme Nord/Sud...........................................................................36 Avoir plus de poids diplomatique que les Etats-Unis ou l’Europe..............................................37 BIBLIOGRAPHIE............................................................................................................................41 Ouvrages :................................................................................................................................41 Chapitre dans un ouvrage :.......................................................................................................41 Articles de revues :...................................................................................................................41 Sourcesinternet :.....................................................................................................................42
  3. 3. 3 INTRODUCTION Au cours de ses 5000 ans d’existence, la civilisation chinoise a vécu de nombreux changements, mais aucun n’a eu l’importance ni l’impact de la toute dernière renaissance chinoise, l’ayant propulsé au rang de puissance économique majeure, au même titre que des nations occidentales comme les l’ordre mondial être profondément changé. La République Populaire de Chine (RPC) s’est lancée dans une bataille pour devenir la première puissance mondiale, et cela passe en particulier par l’occupation de l’espace, soit la présence de la Chine partout dans le monde, que ce soit une présence économique, idéologique, culturelle, ou même politique. Beaucoup de régions du monde ont désormais des relations étroites avec la Chine, depuis plus ou moins longtemps comme les anciens pays communistes comme la Russie actuelle. Cependant, il y a maintenant une région qui intéresse toutparticulièrementlaRPCetpourraitremplirsesambitions,l’Afrique. En effet le continent africain, longtemps délaissé par les puissances mondiales, intéresse désormais de nombreux acteurs, et même si la Chine est arrivée depuis peu, elle occupe une place prépondérante sur ce continent, etles relations qu’elle entretient avec s’accentue d’année en année. Elle exerce son influence de toutes sortes de manières, et les acteurs africains y voient une opportunité extraordinaire de développer leur continent qui est resté assez loin derrière certains pays asiatiques émergents, et veut occuper une place plus importante sur la scène internationale. Il existe deux grandes parties sur le continent africain qui diffèrent totalement l’une de l’autre : l’Afrique du Nord, et l’Afrique Subsaharienne. L’Afrique Subsaharienne se trouve au sud du désert du Sahara comme son nom l’indique, il contient la majeure partie des pays du continent africain, et se différencie culturellement, écologiquement et ethniquement des pays au nord du Sahara. L’Afrique du Nord est plus petite et contient des pays à ethnie blanche, dont la religion principalement pratiquée est l’Islam. Ces deux Afriques sont donc plutôt différentes, mais cela n’empêche pas la Chine d’entretenirdesliensétroitsaveccesdeux régionsducontinentafricain. En entrant à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense l’année dernière, j’avais pris connaissance de la nécessité d’écrire deux mémoires, un dans chaque langue pratiquée, pour la fin d’année. J’avais donc commencé à penser à d’éventuels sujets qui pourraient m’intéresser. Etant donné que le mémoire de Langue 2, le Chinois pour ma part, avait possibilité d’être écrit en Français à condition d’avoir un sujet qui concerne la Chine, j’ai donc exploré les possibilités qui s’offraient à moi. Il y a quelques temps, j’avais lu un article dans Jeune Afrique qui parlait des investissements chinois de plus en plus nombreux et présents en Afrique, un phénomène que je ne connaissais pas encore. J’ai donc décidé que mon sujet devrait traiter des investisseurs chinois en Afrique. Cependant, une camarade de classe a eu la même idée que moi, et pour nous différencier, j’ai donc choisi sur les conseils de Mme Ferhat, de me concentrer sur la région du Maghreb. Puisque je suis d’origine tunisienne, et que j’avais eu l’occasion de remarquer la présence chinoise en Tunisie, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un sujet intéressant et très actuel. Par conséquent, le titre final de mon sujet est devenu les suivant : L’implantation chinoise au Maghreb. La ligne directrice que je vais suivre tout au long de ce mémoire repose surl’importance etlesraisonsde cette implantation,enrépondantàlaquestion : Quelssontlesréelsenjeux d’uneprésence chinoiseauMaghreb ? Pour y répondre, je vais d’abord observer la chronologie des relations entre Maghreb et Chine, en regardant le début de l’établissement des relations, mais également quels types de relations ces deux régions du monde entretiennent. Puis, après avoir établis cela clairement, je vais décrire les enjeux économiques que la Chine tente de poursuivre au Maghreb, et plus largement en Afrique
  4. 4. 4 lorsque cela est nécessaire. Que ce soit en raison des besoins en énergies et matières premières grandissants de la Chine, l’opportunité de tester les produits chinois au Maghreb, la possibilité d’utiliser le Maghreb comme plaque tournant vers l’Europe et ailleurs, ou bien tout simplement l’utilisation d’investissements afin de consolider les relations Chine-Maghreb. Enfin, dans une dernière partie je décrirais les enjeux politiques cette fois ci, en me concentrant donc sur des enjeux un peu moins évidents pour la Chine, puisque plus discrets. Cela concerne tout d’abord la volonté de devenir une grande puissance diplomatique dans le monde, mais aussi la nécessité pour la Chine d’assoir et sa souveraineté et son intégrité territoriale et nationale, et enfin un but final de réduire l’influencedesEtats-Unisetde l’Europe,etdoncdevenirlapremière puissancemondiale.
  5. 5. 5 La Chine et le Maghreb : partenaires de longue date Une relation commencée dans les années 1950 L’indépendance des pays colonisés Lorsque l’on observe l’historique des relations politique et économique qu’entretient la Chine avec les pays du Maghreb, on se rend compte que ces dernières ont un point de départ marquant qui fut essentiel au bon développement de ces relations. Il s’agit, pour les pays du Maghreb, du passage d’un régime subissant le colonialisme des grandes puissanceseuropéennes, à un régime indépendant. En effet dans les années depuis la fin du 19ème siècle, les pays du Maghreb et une bonne partie d’autres pays africains étaient sous le joug de puissances impérialistes comme la France, l’Angleterre ou encore les Pays-Bas. Ces puissances avaient colonisé ces pays dans le but d’asseoir leur puissance et leur suprématie à l’égard des autres puissances, mais aussi évidemment afin d’avoir accès à des ressources énergétiques et humaines à faible coût nécessaires au développement de leurs pays. A l’aube du milieu des années 1950, certains pays africains obtenaient avec plus ou moins de violence leur indépendance. Ce fut le cas de l’Egypte de Nasser, qui en 19561 fut le premier pays arabe et africain à établir des relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine. Il est d’ailleurs important de rappeler que la Chine elle-même a vécu un changement majeur au même moment que ces pays nord-africains, puisqu’elle est passée sous le régime communiste de Mao Zedong en 1949, lorsqu’il a pris le pouvoir et déclaré la République Populaire de Chine en tant qu’unique et légitime gouvernement chinois. En conséquence, l’ancien gouvernement nationaliste chinois de Chang Kaï- Chek, alors fuyant la répression des communistes arrivants sur Pékin pour prendre le pouvoir, a dû s’exiler sur l’île de Taïwan, afin d’y installer un gouvernement indépendant appelé « République de Chine ». Nous reviendrons plus tard sur le conflit entre la Chine et Taïwan qui est un élément fondamental des relations entre Chine et Maghreb. Le fait de passer d’un gouvernement dirigé ou, dans certains cas particuliers, contrôlé par un autre pays, à un gouvernement indépendant ayant des dirigeants locaux, a permis aux pays maghrébins de s’ouvrir et d’entrer en contact avec le nouveau gouvernement chinois. Effectivement, avant les mouvements d’indépendance, il était impossible à ces pays d’établir des relations de quelques sortes que ce soit avec la Chine puisqu’ils étaient alors administrés par les puissances européennes. Ces puissances n’entretenaient que très peu de relation avec la Chine de Chang Kaï-Chek, et lors du renversement du gouvernement nationaliste vers un gouvernement communiste dirigé par Mao Zedong, elles ont drastiquement réduit les relations et échanges avec Pékin, en raison de la Guerre Froide qui sévissait à l’époque entre le Bloc communiste (URSS et Chine essentiellement), et le Bloc Atlantiste (Etats-Unis et Europe). C’est donc dès leur indépendance que le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte et la Libye dans les années 1950 (un peu plus tardivement pour l’Algérie qui obtient son indépendance en 1962), ont peu à peu commencé à établir un contact avec la République Populaire de Chine (RPC), ainsi qu’effectuer des échanges commerciaux. De plus, il est important de noter que la bonne entente entre les pays du Maghreb et la Chine, ainsi que la raison qui a poussé des pays, pourtant si éloignés géographiquement et si différents culturellement, à échanger et avoir des relations diplomatiques aussi tôt, est qu’il y a eu une 1 AliceEkman, Le Maghreb face aux nouveaux enjeux mondiaux ; Le Maghreb vu de Chine : perceptions et orientations au lendemain des printemps arabes, Note de l’IFRI,2013,p6.
  6. 6. 6 reconnaissance mutuelle des gouvernements indépendants maghrébins envers le gouvernement communiste chinoisetvice versa. La reconnaissance mutuelle Au moment de l’indépendance des pays Maghrébins et comme décrit plus haut, le gouvernement en Chine subissait lui aussi un bouleversement majeur en devenant donc un régime communiste sous la coupe de Mao Zedong. Lors de sa déclaration, la République Populaire de Chine n’emporte pas alors tous les suffrages auprès des acteurs internationaux, puisque très peu de pays s’osent à reconnaître ce gouvernement qu’ils considèrent comme illégal et dangereux. En effet il faut rappeler le contexte historique de l’époque, où deux Blocs s’opposaient dans une Guerre Froide, appelée ainsi car il n’y a pas eu d’affrontement direct entre eux (même s’il y a eu des affrontements indirects)2 . Il s’agit du Bloc Atlantiste mené par les Etats-Unis, et le Bloc communiste lui mené par l’Union Soviétique, ou URSS. Le but des Etats-Unis et de ses alliés était d’isoler au maximum les régimes communistes qui florissaient à ce moment-là afin de les affaiblir et, donc, gagner la bataille. C’est ce qu’on appelle la politique du « containment» 3 . C’est pourquoi la plupart des pays du Bloc Atlantiste ne reconnaissaient alors pas encore la RPC, et donc les pays qu’ils avaient colonisé non plus. Cependant les pays soviétiques et autres pays neutre avaient d’ores et déjà reconnu le gouvernement communiste4 , le rendant alors plus légitime. Etant donné que le fait de reconnaître la Chine de Pékin entraînait inévitablement la non-reconnaissance et donc l’isolement de la Chine de Taïwan (qui s’appelait encore Formose5 ), il s’agissait alors d’une décision très délicate et les Etats-Unis faisaient tout leur possible pour éviter que certains pays s’y risquent. Mais, dès lors que les pays maghrébins ont obtenu leur indépendance, il leur fut enfin possible de reconnaître la RPC6 . Faisant alors partie des Etats du Tiers-Monde non-alignés (c’est-à-dire qu’ils ne faisaient partie d’aucun des deux Blocs), les pays maghrébin ont éveillé l’intérêt de la Chine qui a soutenu leur passage à l’indépendance, et immédiatement reconnu les gouvernements qui en ont résulté dans tous les pays concernés, à commencer par l’Egypte en 1956. Par ailleurs, le pays maghrébin qui entretient aujourd’hui avec la Chine une relation amicale particulièrement remarquable, est celui qui a obtenu le soutien diplomatique de la Chine et établit des relations privilégiées avec elle avant même son indépendance, lors de la déclaration de son gouvernement provisoire en 19587 . Il est question-là de l’Algérie, pays ayant subi une terrible guerre d’indépendance qui a duré de 1956 à 1962, et a très tôt trouvé en la Chine un partenaire diplomatique de premier ordre. Effectivement, lors d'une cérémonie à l'occasion de la célébration du 50ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre l'Algérie et la Chine, Mourad Medelci (Ministre algérien des Affaires Etrangères) a affirmé que l’Algérie « demeurera à jamais reconnaissante envers le peuple chinois et son gouvernement pour leur précieux soutien à la guerre de libération nationale »8 . Il y a donc une reconnaissance de la part du gouvernement chinois envers les nouveaux gouvernements maghrébins, qui à leurs tour vont 2 Jessica Bontemps, « 1964 : LA FRANCE RECONNAÎT LA RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE », Histoire à Sac à Dos, publiéle26 Janvier 2014.Articleconsultéle 4 Février 2015 3 UniversitéInter Âges du Nord Parisien,« La Franceétablitdes relations diplomatiquesavec la Chine Populaire»,La Chine et le Monde, consultéle4 Février 2015 4 Ibid. 5 Jessica Bontemps, op.cit. 6 UniversitéInter Âges du Nord Parisien,op.cit. 7 AliceEkman, op.cit 8 Xinhua,« Les relations algéro-chinoises n’ontjamaisété aussi denses,confiantes et fructueuses », Jeune Afrique, 21 Décembre 2008, consultéle4 Février 2015.
  7. 7. 7 également reconnaître la RPC, puisqu’ils en ont alors la possibilité. Etant maintenant libres, l’Algérie, le Maroc, l’Egypte, et la Libye vont successivement au cours des années 1950’s reconnaître le gouvernement de Pékin s’inscrivant donc dans le mouvement des non-alignés. Cependant, la Tunisie elle attendra jusqu’en 1964 pour établir des relations avec Pékin, au moment de la visite officielle de Zhou Enlai, alors chef du parti communiste chinois9 . D’ailleurs, c’est au même moment que la France va elle-aussi reconnaître Pékin, lors du Conseil des Ministres le 27 Janvier 1964, où le général Charles De Gaulle qui était alors président de la République affiche sa volonté de se détacher des Etats-Unis10 . A ce moment précis, la Chine sort de son isolementet occupe une place plusimportante sur la scène diplomatique internationale, en entrant dans l’Organisation des Nations Unies, et isolant donc Taïwan. Mais l’évènement international qui va réellement démontrer l’intérêt de la Chine pour les pays du Maghreb et de l’Afrique et marquer le début d’une relation qui s’intensifie reste la célèbre conférence de Bandungde 1955. La conférence de Bandung de 1955 Du 18 au 24 Avril 1955, la toute première conférence des pays africains, asiatiques et arabes a lieu à Bandung, Java11 . 29 délégations seront alors envoyées en Indonésie à la rencontre du président Soekarno, hôte de l’évènement, pour représenter leurs pays respectifs12 . Il s’agit alors d’un évènement majeur marquant l’entrée sur la scène diplomatique internationale des pays du Tiers- Monde, qui par conséquent prouve sa volonté d’occuper une place plus importante dansles relations internationales et donc réduire celle des pays développés. Il s’agissait également et surtout de sortir du conflit de la Guerre Froide13 ou en tout cas s’éloigner de ce conflit qui ne concernait finalement pas les pays du Tiers-Monde qui venaient tout juste de prendre leur indépendance pour la plupart. Cette conférence est une initiative de Nehru14 , premier ministre indien et pionnier du mouvement des non-alignés. Lors de cette conférence, la Chine tente de se placer en position de leader afin de proposer une alternative Tiers-Mondiste à la logique des deux Blocs15 , provoquant ainsi l’intérêt de ces pays pour la RPC. De plus, c’est à ce moment précis que la Chine rencontre les leaders maghrébins de l’opposition, tel Nasser, et commence alors à établir des contacts avec eux afin de préparer le terrain pour la coopération future. Effectivement, Zhou Enlai qui y représentait la Chine a tout de suite compris qu’il était nécessaire de créer une relation amicale avec les pays africains et arabes, afin de plus tard être un acteur incontournable de la scène internationale, et éventuellement prendre le pas sur les Etats-Unis et l’Europe, qui pourtant ont une longueur d’avance sur la Chine. Au terme de la conférence, les 29 pays présents adoptent finalement un texte qui : « rejette le racisme et le colonialisme, réclame une coopération économique mondiale pour lutter contre le sous- développement et tente de promouvoir une charte des relations entre États. »16 . Il s’agit donc de 9 AliceEkman, op.cit. 10 Jessica Bontemps, « 1964 : LA FRANCE RECONNAÎT LA RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE », Histoire à Sac à Dos, publiéle26 Janvier 2014.Articleconsultéle 4 Février 2015 11 Olivier Compagnon « BANDUNG CONFÉRENCE DE (1955) », Encyclopædia Universalis[en ligne],consultéle 4 février 2015. 12 Réseau Canopé, « L’émergence du tiers-monde : la conférence de Bandung », 1960,l’Année de l’Afrique, consultéle 4 Février 2015. 13 Ibid. 14 Ibid. 15 Jessica Bontemps, op.cit. 16 Olivier Compagnon,op.cit.
  8. 8. 8 tourner définitivement une page sur la période de colonisation et sur l’impérialisme des Etats occidentaux, et affirmer au monde leur détermination à faire respecter ces principes essentiels. Même si, pour des raisons évidentes, aucun pays magrébins, mis à part l’Egypte bien sûr, n’ont pu participer à cette conférence (vu que leur indépendance n’était pas encore proclamée), cela n’a pas empêché ces derniers de s’intéresser à cette conférence, s’instruire de ce qui s’y est déroulé, et s’appuyer dessus avec l’aide de l’Egypte. De plus, la Chine, en démontrant ainsi son intérêt pour les pays africains et arabes, en participant activement à cette conférence, et en échangeant des points de vues et opinions avec Nasser sur la situation internationale et sur des questions chères à la RPC, a ainsi pu faire le premier pas vers une relation stratégiquement irréprochable de rapprochement avec lespaysdu Maghreb17 . Ainsi, la Chine a mis les premiers éléments pour permettre l’établissement d’une relation de premier choix avec le Maghreb. Cependant, ce ne sont pas uniquement ces éléments évidents qu’il faut prendre en compte pour comprendre l’entente extraordinaire de la Chine avec le Maghreb. Il faut effectivement aller chercher plus loin dans l’histoire, et regarder plus en détails les caractéristiques respectivesde cespayspouravoirune visionplusclaire deschoses. Une relation cordiale Une histoire similaire Bien souvent, la présence de la Chine dans les pays du Maghreb et plus largement en Afrique est critiquée comme étant une sorte de « néocolonialisme »18 . En effet, il lui est reproché d’avoir une attitude similaire aux régimes impérialistes européens en place quelques siècles plus tôt. Cependant, il tout à fait incorrect d’affirmer cela, au vue de l’histoire de la Chine qui, en plusieurs points, rejoins l’histoire maghrébine. Comme expliqué plus haut lors des points précédents, le Maghreb a été colonisé par les puissances impérialistes européennes, qui cherchaient essentiellement à affirmer leur puissance en termes d’économie, de culture, ou même de force militaire. Donc, selon ces puissances de l’époque, le continent africain et le Maghreb en particulier étaient considérés comme des pays abritant des barbares, dont la culture et les mœurs étaient étranges et indésirables, et qu’il fallait donc asservir afin de diffuser leurs visions du monde, leurs cultures, leurs modèles économique et politique. De plus, sachant l’immensité de ce continent et le vivier énergétique et de matières premières qu’ils y ont trouvé, le but de la manœuvre coloniale était donc aussi d’exploiter tant que possible cette région afin d’alimenter les besoins en ressources de ces puissances. Or, lorsque l’on étudie l’histoire du continent africain et de la civilisation chinoise on constate que la Chine est fondamentalement anti-impérialiste car elle a subitle même sort que les pays du Maghreb. Effectivement, en 1420, un amiral chinois nommé Zheng He, sous les ordres de l’empereur, s’est lancé dans une expédition pour le continent africain avec une équipe comptant plus de 20 000 hommes19 . Une fois arrivé sur le continent, Zheng He s’est contenté de faire du commerce avec la population locale, ainsi que de créer des relations diplomatiques et d’étudier ces peuples et leurs environnement. Il n’était nullement question de s’installer sur place, coloniser les pays traversés et 17 Mohammed Troudi,« La Chine à la croiséedes chemins : La stratégiearabe de la Chine », Géostratégiques, N°33, 2011. 18 Eugénio BregolatObiols,« L’influence de la Chineen Méditerrannée », Annuaire IEMed de la Méditerranée, 2010,p. 23-27. 19 Ibid.
  9. 9. 9 assoirleur domination en les exploitants comme l’ont fait les puissancesimpérialistes européennes20 . Alors même que la Chine de l’époque était largement supérieure sur le plan technique et économique (tout comme l’Europe à ce moment), elle ne s’est pas imposée sur le continent Africain, et s’est juste contentée d’échanger, ce qui montre donc une attitude non-impérialiste de celle-ci contrairement aux pays européens. Par ailleurs, la Chine, tout comme le Maghreb, s’est vue elle- même colonisée à son tour au cours du 19ème siècle. En effet, de 1939 à 1942, une terrible guerre oppose la Chine à la Grande Bretagne, appelée « Guerre de l’Opium »21 . Celle-ci fut déclenchée lorsque le gouvernement chinois a réussi à s’emparer de toute une cargaison d’opium et l’a détruite. Rappelons que l’opium était commercialisé en Chine par la Grande-Bretagne afin qu’elle puisse renflouer son économie en baisse de régime avec ce commerce très lucratif22 . Cependant, l’opium est également une drogue dévastatrice qui a fait des ravages en Chine, ce pourquoi le gouvernement chinois a pris cette décision de détruire les stocks britanniques. C’est alors que la Grande-Bretagne a déclaré la guerre à la Chine, et finit par gagner en s’appropriant au passage une partie du territoire chinois (notamment l’île de Hong Kong). Plus tard, la Chine verra son territoire distribué entre France, Grande Bretagne, Russie et Etats-Unis à la suite d’une série de traités inégaux que celle-ci était dans l’obligation de signer23 . S’en suit alors une seconde « Guerre de l’Opium » et un nouveau partage du territoire, avec également des droits et avantages particuliers offerts aux puissances occidentales (telle l’ouverture des ports chinois aux commerçants étrangers). Une autre similitude historique entre la Chine et l’Afrique repose sur l’exploitation des populations. La population chinoise a, similairement à la population africaine, été exploitée sur le territoire des puissances occidentales. Effectivement, l’exploitation des « coolies»24 chinois était monnaie courante au 19ème siècle, et ce jusqu’au début du 20ème siècle. Cependant il est vrai qu’il y a tout de même une différence entre ces deux exploitations : les chinois n’étaient pas réduit en esclavage mais seulement exploités en tant que main d’œuvre très bon marché (rappelons que les esclaves africains en Amérique se verront ensuite exploitésde lamême manière aprèsl’abolitionde l’esclavage). On constate donc qu’il y a une sorte d’histoire commune entre ces deux régions du monde, qui ont toutes deux été exploitées par les puissances occidentales. Cela a donc engendré un profond sentiment anti-impérialiste et un certain mépris à l’égard des occidentaux en Chine et en Afrique. Il s’agit donc d’une particularité qui rapproche le Maghreb et la Chine malgré leurs différences. Cependant, il y a également d’autres similitudes qui ont permis une meilleure élaboration d’une relationconjointeetcordiale. Des caractéristiques similaires Lorsque l’on observe en grand angle la population chinoise et la population maghrébine, on peut penser, à tort, que celles-ci n’ont strictement rienen communet sont diamétralement opposées que ce soit sur le plan culturel, idéologique, ou même politique. Cela est en effet une erreur puisqu’il suffit de regarder l’immense diversité qu’il existe à la fois en Chine et au Maghreb pour se rendre compte que malgré leurs apparences différentes, ces peuples partagent des points et caractéristiques communes. Tout d’abord, il existe en Chine une partie de la population qui partage la même religion que celle majoritairement pratiquée au Maghreb, c’est-à-dire l’Islam. Différents groupes ethniques importants se déclarent musulmans tels que les « Huis» (des « Hans islamisés), 20 Eugénio BregolatObiols,op.cit. 21 Benchmark Group, « Histoirede la Chine» publiéesur le sitelinternaute.com, consultéle 16 Février 2015. 22 Ibid. 23 Ibid. 24 Eugénio BergolatObiols,op.cit.
  10. 10. 10 ou encore les Ouighours25 . Ils sont disséminés sur tout le territoire chinois, et plus particulièrement dans les régions du Nord-Ouest de la Chine. On en compte plus de 20 millions aujourd’hui26 , ce qui en fait un des grands pays abritant une population musulmane, même si ce chiffre reste imprécis (ils ne sont basés que sur un recensement datant de 2000 et dans lequel ne figuraient pas de question sur la religion, mais sur l’appartenance ethnique)27 . La région possédant la plus grande partie des musulmans de Chine se trouve elle aussi dans le Nord-Ouest, il s’agit de la région autonome du Xinjiang, région d’une importance capitale pour le gouvernement chinois (en effet il y a au Xinjiang du pétrole)28 . L’histoire de l’Islam en Chine remonte à 651 après JC, lorsqu’une délégation musulmane fut envoyée en Chine par le troisième calife Othmân ibn Affân, afin d’y diffuser la parole prophétique de Mahomet. C’est alors que des premières mosquées aux allures chinoises vont se construire en Chine, à commencer par la région de Guangzhou au Sud-Ouest29 . De plus, vue leur proximité avec la Mongolie et la Turquie, les populations habitants les régions du Nord-Ouest de la Chine partagent des similarités culturelles avec ces pays à majorité musulmane, et donc de même pour les pays Maghrébins (cependant cela ne veut pas dire que la culture ouïgoure et la culture tunisienne par exemple se ressemblent en tous points bien évidemment). Par ailleurs, c’est un aspect sur lequel la Chine s’appuie pour renforcer la relationet les échanges économiques avec le Maghreb, afin de stimuler son économie intérieure, particulièrement dans ces régions pauvres du Nord-Ouest comme le Ningxia30 . Ce dernier accueille depuis 2012 le Forum économique et commercial sino- arabe, au cours duquel se rencontrent des dirigeants arabes et chinois, ainsi que des acteurs économiques et culturels arabes et chinois. Ce forum s’inscrit donc dans la stratégie chinoise de « bringing in strategy », stratégie qui cherche à attirer plus des investissements étrangers sur le territoire chinois31 . Cependant, il ne faut pas se sortir de l’esprit que la religion musulmane reste, malgré tout, un problème pour le gouvernement chinois qui tente tant bien que mal de contenir les émeutes et contestations se produisant dans la province du Xinjiang32 . Effectivement, et ce depuis des dizaines d’années, la population à majorité musulmane de cette région du Nord-Ouest s’efforce d’obtenir plus de droits, et de reconnaissance vis-à-vis du gouvernement chinois, et surtout afin d’arrêter l’oppression de la population ouïgoure. Les bouleversements engendrés par la révolution culturelle (1966-1976) 33 ont poussé ces populations aujourd’hui à ne jamais plus laisser le gouvernement les contrôler et obtenir plus de visibilité internationale. C’est pourquoi depuis la fin des années 1990, même si la répression desémeutiers se poursuit afin de garder l’unité nationale, le gouvernement chinois a concédé beaucoup de droits à cette population et à son culte musulman maintenant toléré34 . Un dernier point qui rapproche la Chine et le Maghreb est que tous deux se considère comme faisant partie du « sud »35 c’est-à-dire les pays en voie de développement ou 25 AliceEkman, op.cit. 26 Ibid. 27 FrançoiseAUBIN, Olivier CARRÉ, NathalieCLAYER, Andrée FEILLARD, Marc GABORIEAU, Altan GOKALP, Denys LOMBARD, Robert MANTRAN, Alexandre POPOVIC, Catherine POUJOL, Jean-Louis TRIAUD, Universalis,« ISLAM (Histoire) - Le monde musulman contemporain », Encyclopædia Universalis [en ligne],consultéle 17 février 2015. 28 Ibid. 29 Élisabeth Allès,Leïla Chérif-Chebbi et Constance-Hélène Halfon,« L’islamchinois,unitéet fragmentation », Archives de sciences sociales des religions,115 | 2001,15-47. 30 AliceEkman, op.cit. 31 Ibid. 32 Ibid. 33 Élisabeth Allès,Leïla Chérif-Chebbi et Constance-Hélène Halfon,op.cit. 34 Ibid. 35 Mohammed Troudi,op.cit.
  11. 11. 11 faisant partie du Tiers-Monde. C’est d’ailleurs pour cette raison que la Chine et de nombreux autres paysarabes,africainsetasiatiquesontparticipé àlaconférence de Bandung. On peut donc en conclure que même si ces deux « régions » du monde sont très éloignées, cela ne les empêche nullement de partager bien des points communs. Cela renforce donc l’épanouissement des relations qu’elles entretiennent et permet une prolifération des échanges. Par ailleurs, la stratégie chinoise exercée au Maghreb et de manière plus générale avec les pays africains permet de nousexpliquerpourquoi cette relationfonctionne aussibienetcontinuede s’intensifier. Chine et Maghreb : non-agression et partage Ce qui permet de comprendre mieux la relation si spéciale qu’entretien la Chine avec le Maghreb et surtout avec l’Algérie qui est le partenaire privilégié de la Chine, est de regarder la stratégie exercée par cette dernière pourobtenirlaconfiance etle respectde cespays.Effectivementla Chine ne se contente pas seulement de commercer avec les pays du Maghreb, elle essaye également de développer meilleure connaissance mutuelle, et de mettre en place un rapprochement culturel Sud- Sud36 . Il s’agit là d’un élément essentiel de la stratégie géopolitique chinoise puisque cela transcrit une véritable volonté de comprendre ses partenaires maghrébins afin de mieux pouvoir échanger et commercer avec eux. La pensée stratégique en Chine est fondamentalement basée sur le long terme, cherchant à influer sur les tendances lourdes en faisant preuve de respect mutuel, d’écoute et en étant débarrassé de tous préjugés qui pourraient entraver la relation avec d’autres pays37 . Il n’est jamais question d’arrogance, de supériorité mais d’égalité, de non-agression, de coexistence pacifique ou encore de relation « win-win »38 (ce qui signifie « gagnant-gagnant»). Cette pensée stratégique prend son origine du célèbre livre du stratège Sun Tzu ayant écrit le premier livre de stratégie militaire au monde intitulé « Stratégie militaire du maître Sun ». Dans ce livre, il est dit que l’utilisation des armes est une mauvaise idée pour vaincre son ennemi car ce-dernier haïra le vainqueur et donc les ressources qu’il possède seront plus difficiles à exploiter longtemps39 . Ce livre est considéré comme l’un des fondements majeurs de la stratégie de politique étrangère en Chine, qui cherche à amadouer ses partenaires et en faire des alliés. L’arabisme, considéré comme variante arabe du Tiers-mondisme, est le maître mot de la géopolitique en Chine, afin de renforcer la dualité Nord-Sud en échangeant plus avec des pays du Tiers-Monde, afin que le Sud rattrape le Nord40 . De plus, comme dit plus haut, la Chine cherche aussi à se rapprocher culturellement de ses partenaires maghrébins. En effet, depuis quelques années en Chine de nombreux efforts sont faits pour mieux connaître la culture maghrébine, tel des forums sino-arabes ou des partenariats culturels. Mais il est aussi question de diffuser sa propre culture et de faire en sorte que les pays arabes et maghrébins puissent mieux comprendre et connaître à leur tour la Chine. Un exemple intéressant qui illustre bien cette volonté de pénétration en douceur dans le monde arabe est la création d’une chaîne de télévision en langue arabe par un groupe de télévision chinois. Initiative de Zhang Changming, vice- président de CCTV (la chaîne en question) encouragée par le gouvernement chinois, cette chaîne fut créée en 2009, et diffuse tous les jours et à toute heure des programmes vers 22 pays arabophones, soit près de 300 millions de téléspectateurs potentiels41 . Ainsi, des téléspectateurs dans des pays 36 Mohammed Troudi,op.cit 37 Ibid. 38 Ibid. 39 Ibid. 40 Ibid. 41 Ibid.
  12. 12. 12 arabes tels que l’Algérie, le Maroc, ou même l’Egypte peuvent regarder une chaîne chinoise parlant des actualités en Chine mais aussi dans le monde, et ce en langue arabe. Les présentateurs et autres intervenants de cette chaîne sont pour la grande majorité des chinois qui maîtrisent parfaitement la langue arabe. Ceci n’est pas un phénomène nouveau puisque l’on constate partout que de plus en plus de chinois se mettent à apprendre l’arabe, et aussi surprenant que cela puisse être, ils parlent parfois mieux que des personnes qui sont elles-mêmes d’origine arabe. Il y a donc un véritable effort pour transmettre une vision pluraliste du monde, et prouver au monde arabe que la Chine est disposée à les traiter d’égal à égal, en allant jusqu’à pratiquer une langue aussi compliquée et délicate que l’arabe. Cependant une relation inégale Différence majeure de « carrure » entre Maghreb et Chine Il n’est pas nécessaire d’être géologue pour savoir qu’entre la Chine et le Maghreb il y a une très grande différence au niveau de la taille, des ressources territoriales et humaines disponibles, ainsi qu’auniveaude la« force » générale de cesdeux régionsdumonde. En premier lieu, la différence la plus évidente entre un pays comme la Chine et une région comme le Maghreb réside dans la taille totale et la surface habitable du pays. En effet, la Chine possède un territoire immense de plus de 9 597 000 Km242 , soit une superficie équivalente à 17 fois celle de la France, ce qui en fait le 4ème pays le plus grand au monde (derrière la Russie, le Canada et les Etats- Unis). La superficie totale du Maghreb, elle, est d’à peu près 6 millions de Km243 , cependant il existe de grandes disparités entre les différents pays qui le composent. Effectivement, il faut se rappeler que le Maghreb est une région composée de 5 pays indépendants que sont le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, et la Mauritanie. En outre, ces pays se distinguent tant sur le plan politique qu’économique, sur le plan démographique, et même au niveau du dialecte pratiqué (chacun de ces pays parle un dialecte de l’arabe, même si l’arabe littéraire reste la langue officielle de la majorité d’entre eux à l’exception de la Mauritanie). Cependant, il est vrai que le territoire chinois connait lui aussi des disparités en son sein, comme par exemple les dizaines de dialectes différents pratiqués sur le territoire,ainsi que lesnombreusesrégionsautonomes. De plus, la superficie du territoire n’est pas la seule caractéristique sur laquelle la Chine se distingue du Maghreb, elle possède également des ressources qui lui permettent d’être en position de force par rapport à ce-dernier. Tout d’abord, la Chine a accès à environ 14 500 km de côte sur l’océan44 , avec de nombreuses villes portuaires comme dans le sud à Canton, lui permettant un commerce florissant et une multitude de possibilités économiques. En plus de ces larges côtes donnant sur l’océan pacifique, le territoire chinois est également un vivier de ressources naturelles comme le charbon, les minerais de fer, le gaz naturel, et l’énergie hydro-électrique45 . En revanche, le Maghreb possède deux façades maritimes (une donnant sur la mer méditerranée,et une sur l’océan atlantique) mais qui sont d’une grandeur totale bien inférieure au littoral chinois, avoisinant les 5 700 km au 42 Chine Nouvelle, « Chine : fichepays détaillée», consultéle 3 mars 2015. 43 LarousseEncyclopédie,« Maghreb », consultéle 3 mars 2015. 44 Chine Nouvelle, op.cit. 45 Ibid.
  13. 13. 13 total46 . De plus ces côtes sont très étroites par rapport aux côtes chinoises, même si elles sont d’une importance capitale pour ce qui est des échanges économiques dans la région puisqu’elles font la jonction entre pays européens et pays africains. L’imposant désert du Sahara recouvre la quasi- totalité de la superficie du Maghreb47 , rendant la culture des terres difficile et réduisant les zones habitables. C’est pour cela que la question de l’explosion démographique et de la possibilité de nourrir la population se pose maintenant au Maghreb48 . En effet la population augmente rapidement, mais les zones habitables sont moindres, et les gouvernements se voient dans l’obligation d’importer en grandes quantités de la nourriture pour subvenir aux besoins croissants de la population maghrébine. En contraste, la Chine, qui possède un plus grand territoire avec une surface habitable bien plus importante et une culture des terres parmi les plus grandes de la planète, est moins concernée par ce problème même si les multitudes d’évènements dévastateurs naturelles49 (tels les ouragans,lestremblementsde terresoulesinondations) ysontplusfréquentqu’auMaghreb. Enfin, la majeure et réelle différence se trouve bien entendu dans la démographie de ces deux partenaires. Forte de plus d’1,3 milliards d’habitants50 , la Chine est le pays abritant la plus grande population au monde (cependant l’Inde est en train de rattraper la Chine), ce qui est un avantage extrême pour ce qui est de sa croissance économique. Cette population est relativement jeune, avec un âge moyen d’environ 32 ans, une croissance annuelle de 0,59%, et une population majoritairement masculine avec pratiquement 52% d’hommes51 . Il s’agit d’une population dont le taux d’alphabétisation est assez bon, à environ 91%52 , ce qui en fait une force de travail importante et qualifiée. Les possibilités sont donc infinies pour la Chine grâce à cette population grande et dense, potentielle main d’œuvre pour tout nouveau commerce et réserve d’innovation apportée par la créativité de chacun. A la grande différence de la Chine, le Maghreb lui n’a que 83,2 millions d’habitants53 sur son territoire, soit environ 1/14ème de la population chinoise. La répartition homme/femme est plutôt stable à 49% - 50%54 . Cependant, le taux d’alphabétisation de la population au Maghreb est bien plus faible qu’en Chine également, même si la Libye et la Tunisie ont des taux plutôt bon (respectivement 89% et 74% 55 ), en raison de la forte concentration d’analphabètes en Mauritanie et au Maroc. Donc, la population maghrébine est moins susceptible d’être moteur d’innovation et d’avancées technologiques ou autres, et sa main d’œuvre est beaucoupmoinsimportante,ce qui impacte le processusde croissance économique. Ainsi, il existe bel et bien une grande différence sur les caractéristiques naturelles entre la Chine et le Maghreb, ce qui rend la relation entre ces deux partenaires plus susceptible d’être inégalitaire. Effectivement, avec une Chine densément peuplée et aux ressources variées et un Maghreb dont les disparités sont nombreuses et la population moins importante et moins éduquée, il ne peut pas vraiment y avoir de relation d’égal à égal comme le voudrait et le clame pourtant le gouvernement Chinois. 46 LarousseEncyclopédie,op.cit. 47 Ibid. 48 Ibid. 49 Chine Nouvelle, « Chine : fichepays détaillée», consultéle 3 mars 2015 50 Ibid. 51 Country meters, « Chine population »,consultéle 3 mars 2015. 52 Index Mundi, « Taux d’alphabétisation »,consultéle3 mars 2015. 53 LarousseEncyclopédie,« Maghreb », consultéle 3 mars 2015. 54 Country meters, « Maroc population » « Algérie population » « Tunisiepopulation » « Libye population » et « Mauritaniepopulation »,consultéle3 mars 2015. 55 Index Mundi, op.cit.
  14. 14. 14 Inégalité dans les échanges économiques La première chose qui saute aux yeux lorsque l’on observe la relation et les échanges économiques entre la Chine et le Maghreb, c’est l’inégalité qui y règne. Effectivement, et de manière générale, la Chine est en position de force par rapport aux différents pays du Maghreb avec qui elle commerce. Cependant, dans le cas des grands exportateurs d’énergie et de matières premières, ces derniers enregistrent un excédent commercial par rapport à la Chine56 . Puisque la Chine est surtout à la recherche de nouveaux fournisseurs d’énergies et d’hydrocarbures, il est logique que les pays qui en possèdent comme l’Algérie et la Libye aient un excédent commercial par rapport à la Chine, ce qui signifie qu’ils exportent plus vers la Chine qu’ils n’importent de produits chinois. En 2008, l’Algérie a exporté l’équivalent de 3 751 millions de dollars vers la Chine, et importé seulement 849 millions de dollars57 , ce qui est donc un très important excédent commercial de ce pays nord-africain. Mais comme dis plus haut il n’y a guère que l’Algérie et la Libye qui ont une balance commerciale à leur avantage, car les autres pays comme la Tunisie et le Maroc subissent eux un écrasant déficit commercial aveclaChine. Effectivement, le taux de couverture du commerce tunisien avec la Chine n’est que de 6%, alors que celui de l’Algérie est de 42%58 , ce qui traduit un grand déséquilibre au sein même du Maghreb. Ce déséquilibre s’explique principalement par le fait que des pays comme la Tunisie ou le Maroc qui ne sont pas des fournisseurs d’énergies rares ou recherchées, peinent à trouver de quoi échanger avec la Chine qui possède déjà tellement de ressources et de produits. En tant que tel, le Maghreb est en position de faiblesse par rapport à la Chine au regard du volume des échanges économiques car : «les importations des cinq pays nord-africains équivalent à 1 % des exportations totales chinoises, et leurs exportations seulement à 0,3 % du total des importations chinoises »59 . C’est une différence écrasante, qui s’explique notamment par le fait que les entreprises chinoises très présentes en Afrique du Nord remportent de nombreux contrats dans cette région. Ces contrats concernent surtout le domaine du BTP (Bâtiment et Travaux Publiques), il s’agit donc de la construction d’infrastructures principalement60 . C’est un marché très important dans des pays comme l’Algérie où la Chine a obtenu pas moins de 4 202 milliards de dollars en 2008 de projets comme la construction d’autoroutes ou d’aéroports61 , ce qui fait de l’Algérie le premier client africain de la Chine dans ce domaine. De plus sur le plan desexportations à proprement parler, la Chine est devenue le premier fournisseur de l’Algérie62 , le troisième de la Libye et le septième de la Tunisie63 . La Chine y exporte principalement des biens d’équipement, des produits électroniques ainsi que des appareils électroménagers et de télécommunication64 . Malgré les chiffres énoncés plus haut montrant le fort déséquilibre entre la Chine et le Maghreb, il faut noter que depuis les quelques dernières années ces chiffres sont en constante augmentation avec une croissance de 30 à 40 % par an en moyenne du 56 Eugénio BregolatObiols,op.cit. 57Ibid. 58 FrançoiseLafargue,« La Chine en Afrique du Nord », Annuaire IEMed de la Méditerranée, 2008, p 68. 59 Bergolat Obiols,op.cit. 60 Rachid Rhattat, « La relation économique et commercialesino-marocaine:De la coopération au partenariat stratégique », L’Année du Maghreb, IX | 2013, 235-249. 61 Bergolat Obiols,op.cit. 62 Amir Rabah, « La France perd sa placede premier fournisseur del’Algérieau profitde la Chine», Jeune Afrique, 18 Novembre 2014. 63 Bergolat Obiols,op.cit. 64 Ibid.
  15. 15. 15 volume des importations et exportations65 . Pour ce qui est du Maroc par exemple, les chiffres les plus récents montrent une croissance significative des échanges avec une augmentation des exportations vers la Chine de 80 % entre 2009 et 201066 . Cela peut s’expliquer principalement par les nombreux accords et partenariats stratégiques conclus entre la Chine et les pays du Maghreb. En exemple, nous pouvons parler du partenariat de stratégie globale entre la Chine et l’Algérie signé le 25 Mai 2014 visant à accroître et diversifier les échanges dans tous les domaines67 , ou encore l’accord de commerce et économique et commercial signé le 28 mars 1995 (entrée en vigueur en 1999) entre la Chine et le Maroc afin d’encourager le développement de la prospection commerciale et de dynamiserleséchangesbilatéraux entre lesdeux partenaires68 . Il y a donc bien une différence majeure de poids entre la Chine et le Maghreb, et cela se traduit par une forte inégalité des échanges commerciaux. Cependant, il y a du progrès dans ce domaine, avec un volume des échanges plus importants qui permet une relation moins inégalitaire et moins favorable à la Chine. Cette inégalité que l’on trouve dans les échanges commerciaux, on la trouve égalementdanslesrelationsdiplomatiquesentre lesdeuxpartenaires. Inégalité dans les relations diplomatiques De manière générale sur le plan international, lorsqu’un pays a de la puissance économique, il possède alors également un poids diplomatique en conséquence. En effet lorsqu’on regarde les Etats-Unis par exemple, un des grands vainqueurs de la seconde Guerre Mondiale, on voit bien que la force diplomatique est bien liée à la force économique. Un pays qui commerce des produits indispensables, a une forte croissance, effectue de nombreux investissements à l’étranger et possède d’importantes réserves monétaires, peut alors exercer plus d’influence sur les affaires internationales. Du fait de sa présence au Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en tant que membre permanent au même titre que les Etats-Unis, la France ou encore la Russie, la Chine possède un pouvoir de décision qu’aucun pays du Maghreb n’a encore eu. Effectivement, si on regarde par exemple le vote pour la décision numéro 1567 sur le Darfour adoptée en 2004, on voit en effet que la Chine a véritablement un poids diplomatique non négligeable,puisque c’estgrâce àelle que cette décisionfutadoptée69 . Encore un autre exemple de la puissance diplomatique chinoise sur le plan international à l’ONU est bien évidemment le véto apposé par cette dernière pour les résolutions concernant une intervention militaire en Syrie (partenaires commercial de la Chine). Effectivement, malgré le fait que les autres pays membres de l’ONU en majorité ont voté pour une résolution visant à mettre le régime dictatorial de Bachar Al Assad sous pression en utilisant des sanctions (en 2011, 2012 et 2014) 70 , le véto de la Chine et de la Russie empêchent toute action de l’ONU. On voit donc bien à quel point la Chine influence les décisions primordiales internationales, et : « joue ainsi de son double statut de 65 Eugénio BergolatObiols,op.cit 66 Rachid Rhattat, op.cit. 67 Lachemi Brahmi,« L’Algérie et la Chine scellentleur partenariat»,L’Econews, 8 Juin 2014. 68 Rachid Rhattat, op.cit. 69 ValérieNiquet, « La stratégie africainedela Chine », Politique étrangère, 2006 (Été), p. 361-374. 70 LeMonde.fr et AFP Reuters, « A l'ONU, la Russieet la Chine opposent leur veto à une résolution sur la Syrie », Proche-Orient, consultéle10/03/15.
  16. 16. 16 pays en développement et de grande puissance capable de peser sur les grandes orientations stratégiquesdu monde.»71 . A l’inverse, un pays comme le Maroc ou la Tunisie possède un pouvoir d’influence sur le plan international relativement faible, pour ne pas dire inexistant. Malgré le rayonnement international qu’a connu la Tunisie au moment de sa révolution du jasmin en 2010-2011, on ne peut pas dire qu’elle possède désormais un pouvoir diplomatique plus fort. Effectivement, le pays déclencheur du printemps arabe n’est pas considéré comme un pays ayant une influence diplomatique. De la même manière, c’est le Maghreb en général qui, du fait de la situation politique relativement instable dans cette région des suites des révolutions arabes et de régimes autoritaires, n’exerce pas vraiment d’influence sur les prises de décisions au niveau international. Il n’est pas plausible aujourd’hui qu’un paysmaghrébinentre dansle Conseil de Sécuritéde l’ONUparexemple. Ce poids, cette force diplomatique certaine qu’a la Chine est un avantage considérable dans l’établissement de ses relations avec la région du Maghreb. Car en effet, la diplomatie a tout autant d’importance, si ce n’est pas plus, que la puissance commerciale, car les deux sont interdépendants. C’est grâce à une forte influence diplomatique internationale que la Chine peut alors avoir un pouvoir de négociation et de décision plus important, et donc réussir à parvenir à des accords avec ses partenaires commerciaux qui pourront lui apporter des bénéfices. Nous pouvons citer par exemple les grandes zones de pêches accordées à la Chine par des pays africains à la suite d’accords commerciaux de construction d’infrastructures72 , décisions fortement critiquées par la communauté internationale. Par conséquent, de par sa nature en tant que pays émergent le plus peuplé du monde, avec une formidable diversité de ressources tant humaines que naturelles, ainsi qu’une politique économique efficace en faisant un pays parmi les plus influents dans le commerce international et également au niveau diplomatique, la Chine possède un énorme avantage sur le Maghreb qui se voit dans ses relations avec ce dernier. Cependant, malgré les grandes différences qui les opposent, la Chine porte un intérêt grandissant à l’égard du Maghreb et plus globalement de l’Afrique, en raison d’enjeux déterminantspourl’avenirde laChine. Les enjeux économiques L’augmentation des besoins en ressources de la Chine Une formidable croissance économique en Chine Après une longue période de troubles, de désastres naturels et humains sur fonds de famines dévastatrices et de guerres civiles, la Chine durant la présidence de Mao Zedong, fondateur du Parti Communiste Chinois et de la République Populaire de Chine en 1949, était un pays au bord du gouffre. A la suite de diverses réformes et autres programmes quinquennaux ratés, comme le Grand Bond en Avant de Mao lancé en 1957 qui a entraîné des pertes considérables tant sur le plan économique qu’humain (cette politique a engendré une famine sans précédents ayant tué des 71 ValérieNiquet, op.cit. 72 François Lafargue, op.cit.
  17. 17. 17 millions de chinois)73 , le pays souffre d’une économie à la traine. Puisen 1976, lorsque Mao meurt, la Chine s’ouvre peuàpeuau monde extérieur. En effet, Deng Xiaoping, successeur de Mao à la présidence du Parti Communiste Chinois et donc dirigeant de la Chine lance dès 1978 toute une série de réformes économiques et d’ouverture sur l’extérieur afin de redresser le pays alors dans une situation économique inquiétante74 . Grâce à la décollectivisassions des terres agricoles, à la privatisation de l’économie, la restructuration des entreprises et le « socialisme de marché »75 , Deng Xiaoping a réussi à permettre à la Chine de connaître une croissance exceptionnelle qui reste encore aujourd’hui reconnue comme l’évolution la plus spectaculaire de l’histoire du monde. En seulement une trentaine d’années, la Chine a vu son PIB (Produit Intérieur Brut) se faire multiplier par douze, et sa croissance annuelle est passée de 8% à 10%76 . La libéralisation de l’économie chinoise atteint réellement son point culminant lorsqu’en 2001 la Chine devient le 143ème membre de l’Organisation Mondiale du Commerce, ce qui lui permet d’éliminer les barrières tarifaires et douanières et donc d’attirer des investisseurs et capitaux étrangers77 . Au cours des 10 dernières années, cette croissance économique reste la plus forte au monde, et même si le monde occidental connaît depuis 2007 une crise économique qui a réduit fortement la croissance annuelle des pays concernés, la Chine fait figure d’exception affichant toujours une croissance qui dépasse les 7%. Certes, cette croissance est relativement ralentie depuis le début de la crise des subprimes, passant à 7,4% en 2014 au lieu des 7,5% estimés par le gouvernement chinois, mais le PIB chinois continue d’augmenter de façon remarquable, dépassant maintenant les 10 000 dollars78 . La Chine est désormais la deuxième puissance mondiale, après les Etats-Unis, et le premier exportateur mondial. Cependant, un développement si intense et rapide entraîne des demandes en augmentationdanstouslesdomaines,etsurtoutenmatièresénergétiques. Ressources énergétiques qui se raréfient Il est logique que, lorsqu’un pays comme la Chine avec une population aussi importante se développe rapidement, les besoins en énergies et en matières premières augmentent fortement. Même si, comme expliqué dans la première partie de ce mémoire, la Chine possède d’importantes sources d’énergies sur son territoire, ces dernières ne comprennent pas certains éléments essentiels au maintien d’une économie croissante tel le pétrole ou certaines matières premières. De plus, les ressources disponibles sur le territoire chinois sont en forte baisse depuis une dizaine d’années au vue de l’exploitationcroissantedesréservesnaturelles79 . 73 Dinosoria.com,« La Chinede 1949 à 1976 », 2005,consultéle 16 mars 2015. 74 Sophie Kuno, « La construction de l'économie socialistede marché », LeMonde.fr, le 21 Janvier 2004, consultéle 16 mars 2015. 75 Ibid. 76 Eugénio BregolatObiols,« L’influence de la Chineen Méditerrannée », Annuaire IEMed de la Méditerranée, 2010,p. 23. 77 Sophie Kuno, op.cit. 78 Harold Thibault,« La croissancechinoiseau plus bas depuis 24 ans »,LeMonde.fr, le 20 janvier 2015, consultéle 16 mars 2015. 79 Sylvain Fontan,“La recherche de sécurisation des ressources naturelles par la Chine”,Leconomiste.eu, le 05 novembre 2013,consultéle 16 mars 2015.
  18. 18. 18 Mis à part les terres rares, appellation donnée à une classe de métaux rares nécessaires à la construction militaire et de certains produits technologiques actuels comme les smartphones ou les télévisions, dont la Chine possède plus de 50% du total des réserves mondiales80 , les ressources se raréfient fortement en Chine, entraînant un effort du gouvernement chinois pour sécuriser ses besoins énergétiques. La Chine est devenue une puissance industrielle majeure, et son industrie électrique est grande consommatrice de charbon et de pétrole. Le charbon est la principale source d’énergie locale puisque des quantités importantes sont disponibles sur le territoire chinois, cependant l’éloignement géographique entre la production et la consommation (le charbon se trouve surtout au Nord de la Chine alors que la demande vient principalement des villes côtières) et la nocivité du charbon sur l’environnement ont considérablement réduit son utilisation81 . L’industrie électrique étant aujourd’hui encore dépendante du charbon, le gouvernement tente des réformes afinde réduire sonutilisationetle remplacerplutôtparunhydrocarbure plusefficace,le pétrole. En effetle pétrole est considéré comme un des piliers de l’économie nationale, et comme le meilleur moyen d’aider le pays à se développer, priorité incontestable du gouvernement chinois82 . La découverte de gisements de pétrole au nord de la Chine dans les années 1960 et 1970 ont permis à cette dernière de développer rapidement, et à cette époque elle était encore exportatrice de pétrole83 . Mais dès 199384 , la Chine est devenue un pays importateur net de pétrole, et la demande ne cesse d’augmenter. Cette augmentation rapide de la consommation de pétrole en Chine estliée à la demande accrue en produits pétroliers raffinéset pétrochimiques85 . Avec l’urbanisation du pays,le développement industriel et des richesses personnelles accrues, le trafic aérien et automobile a fortement augmenté, et cela entraîne une hausse de la consommation de produits raffinés. De plus, le développement de la production de certains produits de consommation grâce à l’amélioration des conditions de vies et l’arrivée de la société de consommation de masse en Chine, il y a une demande de plusenplusimportante ende produitspétrochimiques. Il y a là un véritable défi pour les autorités chinoises qui cherchent à sécuriser les ressources énergétiques autant que possible, mais aussi à contrôler l’utilisation de ces dernières. La nécessité d’importer des quantités qui ne cessent de croître devient une question primordiale de sécurité nationale, et la stratégie chinoise de sécurisation des besoins en énergies naturelles passe avant tout par la diversificationdesfournisseurs. La diversification des fournisseurs en énergies La Chine considère l’Afrique comme un réservoir de matières premières ainsi qu’une source non négligeable d’hydrocarbures, dont elle a désespérément besoin pour maintenir son développement économique et pour s’affirmer en tant que grande puissance mondiale, deux priorités nationale (une troisième étant d’assurer la pérennité du Parti Communiste Chinois). Jusqu'en 1990, Pékin importait ses besoins énergétiques principalement d'Indonésie, du sultanat d'Oman, d'Arabie saoudite et d'Iran86, mais la raréfaction des 80 SylvieFontan, op.cit. 81 Pun-Lee Lam, « Faiblesses et perspectives du secteur énergétique chinois », Perspectives chinoises, le 09 octobre 2006, consulté le 16 mars 2015. 82 Ibid. 83 Ibid. 84 Ibid. 85 Ibid. 86 Mohammed Troudi,op.cit.
  19. 19. 19 ressources disponibles dans ces pays et l'augmentation de sa consommation pétrolière a poussé la Chine à diversifier ses sources d'approvisionnement. C’est pour cette raison qu’elle a mis en place une véritable diplomatie pétrolière87, visant à diversifier ses fournisseurs d’hydrocarbures et ainsi assurer une sécurité énergétique sur le long terme. Conscient que les réserves du Moyen-Orient sont sous contrôle américain depuis la guerre en Irak sous l’administration Bush en 2003, qui a entraîné une occupation de ce pays producteur de pétrole, l'Afrique reste le continent privilégié pour Pékin qui y voit une alternative intéressante pour se fournir en pétrole et en matières premières. En l’espace d’une dizaine d’années, la Chine est devenue le deuxième consommateur du pétrole africain88, derrière les Etats-Unis. Les importations de pétrole par la Chine viennent d’Afrique pour 25%89 et du Moyen-Orient pour 50%90. Des pays comme le Gabon, l'Algérie, ou bien la Libye répondent parfaitement aux besoins chinois en pétrole, et ces derniers privilégient la Chine en tant que partenaire vue les bonnes relations qu’ils entretiennent avec celle-ci, basées sur le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires internes, principe si cher à la Chine. En effet les pays africains producteurs de pétrole affirment que la Chine présente quelques avantages non négligeables en tant que partenaire commercial, vu qu’elle offre très souvent son savoir-faire, sa main-d’œuvre ainsi que des crédits avantageux pour la construction d’infrastructures comme en Algérie91. De plus l’aspect le plus attractif qui pousse les pays africains producteurs à commercer en priorité avec la Chine est qu’elle n'impose aucune condition politique préalable afin de commercer92. Effectivement la totalité des pays occidentaux imposent des conditions spécifiques avant de pouvoir commercer avec les pays africains, comme le respect des Droits De l’Homme, ou de l’environnement, et ne sont souvent pas prêts à offrir leur expertise dans certains domaines. La position chinoise semble donc un choix avantageux pour ces pays qui cherchent eux aussi à développer leur économie. Par conséquent, parvient donc à diversifier autant que possible ses fournisseurs d’énergies, en consolidant sa relation avec les pays du Maghreb et de l’Afrique, sur coup de coopérations et de partenariats économiques. L’enjeu économique de sécuriser les besoins en ressources énergétiques afin de permettre un développement économique accru et un rayonnement de la Chine en tant que puissance mondiale est un enjeu primordial pour cette dernière, mais ce n’est qu’un des enjeux qui motive la Chine à être de plus en plus présent au Maghreb. 87 Mohammed Troudi,op.cit. 88 Ibid. 89 Ibid. 90 Sylvain Fontan,op.cit. 91 Mohammed Troudi. Op.cit. 92 Ibid.
  20. 20. 20 Le Maghreb et l’Afrique : des marchés alléchants Une importante population avec du potentiel Il faut noter que la présence chinoise au Maghreb ne s’explique pas seulement par la présence de matières premières et hydrocarbures dont elle a cruellement besoin, mais aussi par la population même du Maghreb qui en fait un marché plutôt alléchant pour les investisseurs chinois. En effet, la population totale du Maghreb représente un marché de plus de 80 millions de consommateurs potentiels pour les entreprises chinoises, voir 150 millions lorsque l’on compte également l’Egypte93 . C’est une raison de plus pour une intensification des échanges et surtout des exportations vers le Maghreb, qui plus est sachant que son PIB total représente 1/3 du PIB total du continent Africain94 . Car en plus d’avoir une population assez importante, le pouvoir d’achat de cette dernière est plus fort que celui de la plupart des autres populations habitant sur le continent africain. Il s’agit là d’un élément essentiel voir déterminant pour l’établissement et la maintenance de bonnes relations commerciales avec le Maghreb, puisqu’une population qui a un pouvoir d’achat relativement bon pourra doncconsommerplusde produits,etdoncgénérerplusd’échanges. De plus, la population au Maghreb est une population plutôt jeune, avec l’Algérie qui a la plus grande proportion de jeune de tout le Maghreb, avec un âge médian de 27,3 ans en 2014. La Tunisie est quant à elle le pays qui possède la population la plus âgée non seulement du Maghreb, mais également de tout le continent africain avec un âge médian de 31,4 ans, soit une majorité de trentenaires dans le pays. Cette population plutôt jeune comparé à celle de l’Europe, dont l’âge médian avoisine les 40 ans, est une source d’attraction supplémentaire pour les investisseurs chinois qui voient en elle une population prometteuse possédant une éducation pratiquement du même niveauque celle enEurope ouenChine95 . Effectivement, le niveau d’éducation au Maghreb est parmi les plus élevésen Afrique, avec la Tunisie placée en tête de liste au niveau du Maghreb, et à la 4ème position en Afrique, ainsi qu’on peut le voir dans les chiffres des Nations Unies96 . Avec un Indice de Développement Humain (IDH) de 0,721, la Tunisie grimpe de 4 places en 2014 et se place au 90ème rang mondial97 . Rappelons que l’IDH est un indice statistique qui prend en compte le niveau d’éducation, le niveau de vie, et l’espérance de vie à la naissance afin de déterminer le niveau de développement d’un pays, le chiffre final variant entre 0 et 198 . Plus l’IDH est proche de 1, plus le pays est développé, et donc la Tunisie fait figure de bonne élève, suivie de près par la Libye, puis vient l’Algérie, et plus loin encore le Maroc, qui lui atteint la 129ème place mondiale99 . Plus étonnant encore, la Tunisie devance également la Chine dans cet indicateur, d’une seule place cependant. Le fait que le niveau d’éducation au Maghreb est meilleur que la plupart des pays subsahariens est une donnée capitale pour expliquer l’installation chinoise dans cette région, puisqu’une populationéduquée va générer une main d’œuvre qualifiée, mais aussi des futurs entrepreneurs, et collaborateurs fiables, et un PIB en hausse. Tout cela pourrait donc 93 Rachid Rhattat, op.cit. 94 Ibid. 95 Les informations de ce paragraphe sont tirés delectures des pages Wikipédia des différents pays du Maghreb. 96 Information prisedu site de l’Indicede développement Humain, Rapport 2014 IDH, consultéle 13 mars 2015 97 Ibid. 98 Ibid. 99 Ibid.
  21. 21. 21 inciter les chinois à investir de plus en plus au Maghreb, y compris dans l’éducation afin de garantir lesrelationsfutures. Enfin, la Chine voit aussi dans cette région un moyen d’atteindre d’autres marchés alentours. En effet, la Chine voit le Maghreb comme une base pour échanger avec l’Europe occidentale, ainsi qu’avec l’Afrique subsaharienne100 . Vu la disposition géographique du Maghreb, la Chine a pour ambition d’y établir une base d’exportation vers d’autres régions du monde plus difficilement atteignable de là où elle se trouve. De plus le fait que la plupart de ces pays ont conclu des accords préférentiels avec des pays situés en Europe, en Amérique ou même au Moyen-Orient, et cela permettrai donc à la Chine d’exporter plus facilement vers ces régions101 . L’Egypte se place comme le pays idéal pour accueillir cette base d’exportation de produits chinois, vu les nombreux accords préférentiels qu’elle a conclu avec l’Union Européenne, les Etats-Unis, l’Afrique de l’Est et du Sud, le monde arabe et l’Afrique du Nord102 . Il est donc nécessaire de prendre en compte le facteur de la population maghrébine avec un potentiel prometteur, ainsi que sa disposition géographique intéressante pour expliquer la présence chinoise au Maghreb. Cependant, il y a aussi un facteur en direct rapport avec la production chinoise qui pousse leschinoisàs’yimplanterplutôtqu’ailleurs. Une demande croissante des produits chinois Comme dit précédemment, les maghrébins ont de plus en plus de pouvoir d’achat. Cependant ce dernier reste relativement faible par rapport à d’autres pays où les chinois exportent leurs produits comme l’Europe ou l’Amérique. Mais, il ne faut pas perdre de vue que les caractéristiques des produits chinois, en général qualifiés de « low cost » et privilégiant la standardisation et la compétitivité au niveau des prix plutôt que de la qualité du produit, font qu’ils correspondent tout à fait aux demandes maghrébines. En effet, la Chine fabrique aujourd’hui 12 % des produits manufacturés peu sophistiqués dans le monde qui sont destinés essentiellement au marché extérieur, avec des produits de biens de consommations tels que des jouets, du matériel de bureau, des motocyclettes, des produits électriques pour la maison, et également des produits textiles en tous genres103 . C’est bel et bien le fait que les produits chinois sont essentiellement des produits simples et bon marché qui incite les maghrébins à en consommer de plus en plus. Car pour les maghrébins, étant donné que les produits européens ou américains ont des tarifs d’importation excessivement importants et des prix de base déjà trop élevés, l’alternative des produits chinois abordables et pratiquesest une véritable aubaine. Lorsqu’il aura le choix entre un téléviseur de fabrication chinoise et un téléviseur de fabrication française, le maghrébin aura forcément beaucoup plus tendance à pencher pour le produit le moins cher, donc le chinois. Il s’agit là d’une opportunité à ne pas manquer pour les producteurs chinois, d’autant plus avec la crise que traversent actuellement tous les pays occidentaux, et les poussent donc au protectionnisme et à écarter ou rendre plus difficile l’accès aux marchés occidentaux pour les produits chinois. La demande de produits chinois est en constante augmentation dans cette région, rien qu’en 2006, l’Algérie a importé 26 000 voitures de 100 Rachid Rhattat, op.cit. 101 Ibid. 102 Ibid. 103 ValérieNiquet, op.cit.
  22. 22. 22 Chine, ce qui correspond environ à 15% du marché, et fait de ce pays l’un des plus gros importateurs de voitureschinoises aumonde104 . Cependant, du fait qu’elles sont assez similaires, les productions chinoises et nord-africaines dans le domaine du textile et des chaussures sont en concurrence intense, et la Chine est le maillon fort de ce bras de fer commercial. L’arrivée massive des produits chinois a un effet destructeur sur la production maghrébine dans le domaine du textile, et surtout depuis l’expiration des accords multifibres de l’Union Européenne en janvier 2005105 . Par sa concurrence presque déloyale, la Chine a réussi à écarter le Maroc du marché européen et a même envahit le marché marocain. En un an, le pays a perdula moitié de ses 200 000 postes de travail dans le secteur et s’est vu dans l’obligation de prendre des mesures protectionnistes afin de défendre sa productivité106 . Aujourd’hui lorsque l’on va faire son marché au Souk de Nabeul en Tunisie, les produits chinois sont omniprésents et ont totalement anéanti l’artisanat traditionnel que l’on ne trouve plus que dans les petites villes rurales du sud, tant l’attractivité de ce type de produits est forte. Même le petit chapeau traditionnel tunisien, ou l’argenterie traditionnelle avec écrit « Tunisie » dessus aura été fabriqué en Chine (même si le commerçantvousgarantirale contraire). Il s’agit là d’un deuxième élément à prendre en compte lorsque l’on étudie les raisons d’une implantation chinoise de plus en plus intense au Maghreb. Il reste enfin un dernier aspect qui attire lesinvestisseurschinoisdanscette région,qui constituepoureux unmarché testde premierchoix. Des marchés tests pour les produits chinois Vu les caractéristiques décrites ci-dessus, le marché maghrébin et le marché africain sont deux marchés tests alléchants pour les producteurs et investisseurs chinois qui cherchent à assurer leurs prospérité. En effet, de nombreux industriels et producteurs chinois voient le Maghreb comme une formidable opportunité pour tester leurs produits, et ainsi déterminer si ceux-ci pourront marcher également dans d’autres régions proches culturellement et physiquement du Maghreb. Comme par exemplel’Afrique subsaharienneoumême l’Europe occidentale. Plusieursindustries se sont implantées en Afrique afin d’y tester le potentiel de leurs produits,et ont rencontré plus ou moins de succès. L’exemple de l’industrie des télécommunications montre bien que la Chine considère les pays du Maghreb comme une marché test qui permettra ou non d’exporter vers l’Union Européenne. La société leader de télécommunication chinoise Huawei est désormais le premier fournisseur d’infrastructures de Maroc Telecom, la principale société de télécommunication au Maroc107 . La société chinoise est de plus en plus présente sur le marché des smartphones, et commence à sérieusement défier le géant actuel, Apple. En prouvant l’efficacité de son réseau de télécommunications au Maghreb, les dirigeants de Huawei espèrent obtenir plus de place sur le marché en Europe, et ainsi arriver à détrôner le leader à la Pomme. Nombreuses également sont les grandes entreprises chinoises présentes dans le secteur des équipements électroniques, comme l’entreprise de fabrication de PC Lenovo qui a récemment installé un bureau régional auMaroc108 . 104 Eugénio BergolatObiols,op.cit. 105 Ibid. 106 Ibid. 107 FrançoiseLafargue,« La Chine en Afrique du Nord », op.cit. 108 Rachid Rhattat, op.cit.
  23. 23. 23 De même pour le secteur de l’automobile, avec, comme dit plus haut, d’importantes commandes de voitures chinoises au Maghreb. Ce qui pourrait être interprété comme un test pour une éventuelle exportation vers l’Union Européenne dont les pays en crise économique comme l’Espagne, ou la Grèce, seraient les éventuelles cibles. Effectivement, vu la perte du pouvoir d’achat de la population, les voitures allemandes ou françaises par exemple ne sont désormais plus à la portée du grec moyen, c’est donc l’occasion pour les sociétés automobiles chinoises de tenter une percée de ce marché. D’une manière général, la Chine considère le Maghreb et surtout un pays comme le Maroc, comme une plaque tournante idéale pour les exportations vers l’Union Européenne, et c’est pourquoi il est primordial pour les producteurs chinois de s’implanter dans ces pays, afin d’entrer plus facilement sur le marché européen. Etant donné les multiples accords signés entre l’Union Européenne etle Maroc, de même qu’avec les Etats-Unis, en matière de libre échange, mais aussi dans d’autres secteurs comme la possibilité d’une intégration marocaine plus complète dans l’espace aérien européen ainsi que les accords « Open Sky » signés avec les Etats-Unis, le Maroc représente une belle opportunité pour les producteurs chinois109 . Grâce à tout cela, ainsi qu’à l’infrastructure plutôt développée de ce pays maghrébin, la Chine espère pouvoir atteindre plus facilement et efficacement le marché européen. De même donc pour des éventuelles exportations vers l’Afrique subsaharienne, qui est également un marché qui attire leschinois,etvuladispositiongéographique duMaroccela reste une possibilité attrayante110 . Donc, étant donné sa situation géographique, les multiples accords de libre-échange signés avec l’Union Européenne et autres, sa population importante qui a un intérêt grandissant pour les produits chinois, ainsi que la stabilité politique et l’infrastructure suffisante dont il dispose, le Maghreb est un marché plus qu’alléchant pour la Chine. Il est n’est donc pas étonnant que la Chine y soitde plusen plusprésente,etce particulièrementsousforme d’investissements. Des investissements pour consolider la relation Chine-Maghreb Des investissements chinois importants Depuis le début des relations économiques entre Chine et Afrique du Nord, les investissements sont au centre des échanges, même si ces derniers restent marginaux. En effet, les Investissements Directs Etrangers (IDE) chinois versl’Afrique du Nord en 2007 ne représentaient qu’environ 14% de la totalité des IDE chinois vers le continent111 Africain. Cependant, l’investissement chinois cumulé en Algérie est de l’ordre de 700 à 800 million de dollars, et ces chiffres sont en augmentation constante depuisune dizained’annéespourtoutle Maghreb112 . Le secteur qui capte la plupart des IDE chinois au Maghreb est sans contestations le secteur du Bâtiment et Travaux Publics (BTP)113 . Ainsi, dans l’ensemble du Maghreb, qui rappelons est actuellement en train d’essayer de perfectionner et améliorer son infrastructure, les entreprises de 109 Rachid Rhattat, op.cit. 110 Ibid. 111 ValérieNiquet, op.cit 112 Eugénio BregolatObiols, op.cit. 113 Ibid.
  24. 24. 24 BTP chinoises remportent la majorité des contrats114 . En Algérie, par exemple les entreprises chinoises ont remporté de nombreux marchés publics, parmi lesquels l’hôpital universitaire et 50 000 logements à Oran115 . Le montant total des projets déposés dans ce pays ont atteint 2 340 milliards de dollars en 2007 et 4 202 milliards de dollars en 2008116 , soit une augmentation exponentielle des investissements chinois. De plus, un nouveau contrat a été signé récemment pour la construction de la nouvelle aérogare de l’aéroport d'Alger. Ce projet au coût estimé à 70 milliards de dinars (650 millions d’euros), a été confié au groupe chinois China State Construction Engineering Corporation (CSCEC),pourune livraisonen2018117 . De même au Maroc, la société chinoise Transtech engineering corporation (TEC) a construit le tunnel ferroviaire de Borj Moulay Omar en 2004, puis a géré les travaux de la liaison ferroviaire entre Tanger et le port de Ras R’mel118 . Le montant total des projets déposés au Maroc étaient de 308 millions de dollars en 2007 et 280 millions en 2008119 , ce qui reste donc très modeste comparé à l’Algérie. Cela dit, le Maroc représente un pont naturel et une plateforme appropriée pour l'intensification des relations d'investissement et d'échanges entre la Chine et le continent africain120 , ce chiffre est donc amené à augmenter. D’autant plus que le Maroc effectue actuellement de nombreux efforts pour arriverà capter lesIDE chinois,toutcomme laTunisie121 . Il faut rappeler que les investissements chinois sont nettement plus nombreux dans les pays disposant de ressources énergétiques importantes, et notamment les pays pétrolier122 . C’est pourquoi des pays comme l’Algérie, la Libye, ou encore le Nigéria captent la plupart des IDE chinois. De nombreux pays africains tentent d’attirer de plus en plus les investisseurs chinois, et la raison pour laquelle ces derniers choisissent presque toujours un contracteur chinois plutôt qu’un européen lors des appels d’offre pour des constructions, est que les entreprises chinoises sont beaucoup plus efficaces,etmoinschères. En effet, Javier Solana, homme politique espagnol, a déclaré : « D’après le président sénégalais, s’il entamait aujourd’hui des négociations simultanées avec la Chine et l’UE, au bout d’un mois la Chine aurait signé ; deux mois plus tard, des milliers d’ouvriers chinois seraient sur le terrain et construiraient des routes, et, quand les travaux seraient terminés, la négociation avec l’UE ne serait toujours pas conclue »123 . Il existe donc bien une différence fondamentale qui poussent les africains à contracter plusavecleschinois,ettoutfaire pourattirerde nombreux IDE. 114 FrançoiseNicolas, LeMaghreb dans son environnement régional et international ; La présence économique chinoise et indienne au Maghreb, Note de l’IFRI,2010,65 p. 115 Rachid Rhattat, op.cit. 116 Eugénio BergolatObiols,op.cit. 117 Jeune Afrique, « Le chinois CSCEC va construirela nouvelleaérogarede l'Aéroport d'Alger », Jeune Afrique, 11 Juillet2014,consultéle12 Mars 2015. 118 Rachid Rhattat, op.cit. 119 Eugénio BergolatObiols,op.cit. 120 Rouane El Mahjoub, «Premier Forum économique Maroc-Chine : Pékin et Rabat scellent un nouveau partenariattriangulaireet stratégique », Le Matin, 27 Novembre 2014. 121 Rachid Rhattat, op.cit. 122 ValérieNiquet, op.cit. 123 Eugéion BergolatObiols,op.cit.
  25. 25. 25 Mais aussi des aides considérables L’autre aspect le plus frappant des relations sino-maghrébines ne se rapporte pas au volume des échanges en soit, mais plutôt aux nombreux avantages et aidesfinancières que la Chine prodigue aux pays maghrébins. C’est également une des raisons principale qui fait que les pays africains en général et plus particulièrement au Maghreb ont tendances à vouloir augmenter les échanges avec la Chine,etcapterplusd’investissementschinois. En effet les investisseurs et producteurs chinois, lorsqu’ils concluent un contrat avec un pays maghrébin, vont offrir certains avantages très intéressants, comme par exemple l’offre d’un savoir- faire spécifique et d’une expertise, notamment dans le domaine de la construction124 . Alors que les co-contractants européens ou occidentaux en général refuseraient de partager leurs techniques et leur savoir-faire dans des domaines comme la construction, la Chine elle ne rechigne pas à partager ses connaissances et ainsi offrir bien plus qu’une infrastructure au Maghreb. C’est un point essentiel pour déterminer les relations entre des régions aussi éloignées tant géographiquement que culturellement. Ainsi, en acceptant de partager son expertise, la Chine s’assure une loyauté des clients maghrébins qui voient enelle un partenaire idéal. De plus, la Chine offre également d’autres avantages financiers très intéressants pour les pays maghrébins. Effectivement, la Chine propose des prêts à taux réduits et des avantages financiers pour construire des infrastructures chez ses fournisseurs en matières premières125 . Grâce à ces crédits à taux réduits, il est alors plus facile pour les pays maghrébins de créerplusde projetsBTP,etde rembourserenmoinsde temps. De plus, la Chine met en œuvre d’importants programmes de soutien économique pour l’Afrique, dont bénéficient également les pays méditerranéens126 . Un exemple marquant est celui du Caire, où la Chine a promis 10 milliards de dollars supplémentaires pour des prêts à faible taux d’intérêt, de même que l’annulation de la dette de plusieurs pays et une réduction de 60 % des tarifs douaniers pour les exportations africaines127 . Une autre annonce du gouverneur de la Banque populaire de Chine (la banque centrale), est une belle illustration des avantages financiers pour les pays africains. Il a en effet recommandé la création d’un fonds d’investissement dans les pays en voie de développement, une sorte de « nouveau plan Marshall »128 en quelques sortes. Force est de constater que la Chine encourage le développement des pays nord-africains afin de créer une plus forte demande de produits chinois129 . Chose qui lui permettrait de compenser les lourdes pertes liées à la baisse de lademande européennes(enraisonde lacrise financière). Les nombreux investissements chinois au Maghreb et en Afrique sont donc couplés avec des avantages financiers et en nature (en matière de partage de savoir-faire et d’expertise), qui sont les raisons principales qui poussent les maghrébins bien souvent à préférer un co-contractant chinois à un autre. Ces investissements et aides chinoises ne viennent pas forcément uniquement d’une poussée d’altruisme,maissurtoutd’une penséestratégique de longue durée. 124 François Lafargue,« La Chine, une puissanceafricaine»,op.cit. 125 Eugénio BergolatObiols,op.cit. 126 Ibid. 127 Ibid. 128 Ibid. 129 Ibid.
  26. 26. 26 Dans le but de créer un lien fort entre le Maghreb et la Chine C’est peut-être la raison la moins évidente d’une implantation chinoise au Maghreb, mais il s’agit d’un élément capital qui explique l’intensification des échanges et investissements chinois dans cette région pourtant éloignée de l’Asie. En effet, afin de créer une relation stable qui repose sur le respect mutuel etl’égalité,laChine faitde nombreux efforts. Ces efforts se voient tout d’abord dans l’intensification des échanges depuis ces 30 dernières années130 , malgré des débuts timides. Mais aussi dans les avantages cités plus haut offerts aux pays maghrébins afin de permettre donc une relation longue durée. Grâce à ces éléments, le Maghreb place maintenant la Chine parmi ses plus importants partenaires économiques, et tente par tous les moyens possibles de capter un maximum d’investissements chinois, afin de se développer. Il s’agit pour le Maghreb d’un objectif capital, tant les capitaux étrangers sont nécessaires au bon développement de cette région, surtout pour des pays non-pétroliers comme le Maroc ou plus encore laTunisie. Cette dernière n’a pratiquement pas de matières premières ou d’énergies qui pourraient intéresser la Chine, et se retrouve donc dans une situation où les possibilités pour capter les IDE chinois sont très réduites131 . La Tunisie espère donc, par le biais de différents accords signés dernièrement, augmenter la présence chinoise par des constructions d’infrastructure, des prêts à taux réduits, ou encore le développementdutourisme chinoisdansce pays132 . De plus, il faut rappeler que le fondement de la pensée stratégique chinoise repose sur le respect mutuel, la coexistence pacifique, le principe de non-ingérence et de non-agression, ainsi que l’égalité et le respect de la souveraineté des Etats133 . C’est donc pour cela que la Chine souhaite avant tout créer une relation qui puisse durer le plus longtemps possible avec le Maghreb, tant pour les avantages économiques que cela peut procurer pour les deux protagonistes, que pour la possibilité de gagner plusd’influence danscette régiondumonde. En effet, un autre objectif plus déguisé et caché de la Chine est son désir de gagner en force diplomatique et faire ainsi en sorte que les pays occidentaux, jusqu’à lors dominant sur le plan des relations économiques et diplomatiques internationales, soient amoindris134 . Et on peut le voir par la bataille menée par la Chine pour obtenir de plus en plus de marchés qui étaient autrefois accordés à des pays comme la France, au Maghreb135 . En résulte un recul du commerce franco-maghrébin,et en Novembre 2013 la France a même perdu la place de premier fournisseur de l’Algérie au profit de la Chine136 . Effectivement la perte de régime des entreprises françaises et le dynamisme avéré des entreprises chinoises ont fait que la Chine, avec 4,95 milliards de dollars d'exportations, a dépassé la 130 Rachid Rhattat, op.cit. 131 René Naba,« La Déferlante chinoiseau Maghreb », Mondafrique, 14 Janvier 2014. 132 René Naba,op.cit. 133 Mohammed Troudi,op.cit. 134 Ibid. 135 Fabien Piliu,« Commerce exétrieur : la Chinetente de doubler la Franceau Maghreb », La Tribune, 11 Décembre 2014. 136 Amir Rabah, « La France perd sa placede premier fournisseur del’Algérieau profitde la Chine », Jeune Afrique, 18 Novembre 2014.
  27. 27. 27 France qui elle comptait 4,7 milliards d’exportations vers l’Algérie137 . Une première pour l’Hexagone qui fut pourtantdurantde nombreusesannéesunpartenaireprivilégiéde sonancienne colonie. En gagnant plus de marché que les occidentaux, la Chine tente de limiter leur influence, et par la même occasion d’augmenter la sienne. C’est une véritable stratégie diplomatique qui se met en place, et les objectifs qui l’alimentent ont chacun une importance capitale pour la Chine, dans le souci du développement de la nation, de son statut de grande puissance, et de maintenir un régime communiste aupouvoir138 . Les enjeux politiques Devenir une grande puissance diplomatique Gagner des alliés clés Dans le monde actuel, les relations internationales sont devenues les clés de voute d’une stabilité internationale, et peuvent entraîner des conséquences positives ou négatives pour les pays concernés selon le type de relations entretenues. Il est désormais essentiel pour chaque pays d’avoir une voix qui puisse être portée internationalement afin de promouvoir et défendre ses intérêts, mais aussi afin d’acquérir plus de puissance. C’est un point fondamental que la Chine a bien compris, et c’est pourquoi elle s’efforce, depuis son ouverture économique en 1978, d’avoir plus de poids internationalement. Le premier moyen utilisé par la Chine pour parvenir à ses fins dans le domaine des relations internationales, est de faire en sorte de gagner des alliés clés. Dans notre cas, la Chine tente d’obtenir des alliés sur le continent africain. Les moyens qu’elle utilise pour y parvenir sont ceux cités plus haut, c’est-à-dire en entretenant de bonnes relations commerciales, mais aussi et surtout par les nombreux avantages financiers et autres qu’elle prodigue à ces pays. En effet, grâce aux crédits à taux réduits qu’elle accorde à certains pays, aux multiples annulations de dettes auxquelles elle procède, mais aussi les différentes bourses d’études accordées pour des étudiants africains et maghrébins,laChine se faitdesalliésqui pourrontl’appuyeràl’international. Il s’agit d’un point essentiel de la stratégie chinoise en Afrique et au Maghreb plus particulièrement. Grâce à sa politique de main tendue139 , la Chine s’est fait des alliés en très grand nombre sur le continent africain. Même si les pays africains n’ont pas forcément un rôle de premier plan sur la scène internationale, le fait qu’ils soient aussi nombreux à tenir la Chine comme allié apporte plus de soutien diplomatique à cette dernière, d’autant plus qu’ils représentent plus du tiers des effectifs de l’Organisation des Nations unies140 . De plus, avec le développement en cours de ce continent, les choses sont amenées à changer avec plus de place et de poids accordé aux intérêts et propositions africaines, ce qui fait de la Chine un fin stratège. Rappelons également que la nature des régimes en présence dans la majorité de l’Afrique, ainsi que celui en place en Chine actuellement sont qualifié de 137 Amir Rabah, op.cit. 138 Mohammed Troudi,op.cit. 139 Ibid. 140 ValérieNiquet, op.cit.
  28. 28. 28 régime plutôt autoritaire avec une place prépondérante accordée à l’Etat, une similarité qui permet de créer unliende solidarité trèsfort141 . La Chine est vue comme un allié extrêmement utile et un soutien primordial pour les pays africainset maghrébins, puisqu’à la différence de ces derniers elle a une place de choix sur la scène internationale, en témoigne par exemple sa présence au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Le pays asiatique est un véritable protecteur puissant, et peu exigeant, pour les pays africains, tant par son statut de grande puissance économique, que par son soutien aux gouvernements locaux142 . En effet, la Chine ne reconnaît pas le Front Polisario, mouvement armé au Maroc luttant contre le gouvernement pour le contrôle du Sahara occidental143 . Un soutien que les pays africains rendent à la Chine sur la question de la définition des zones économiques exclusives qui l’oppose à Tokyo en mer de Chine144 . En plus d’être puissante économiquement, la Chine joue également sur son statut de pays du Sud, et joue ainsi sur plusieurs plans. Elle n’a pas d’exigences particulières en matière de Droits De l’Homme comme les autres puissances, et c’est un point qui facilite le développement des relations entre Chine et Afrique145 . Lionel Vairon, le célèbre sinologue, le souligne très efficacement : « la Chine émerge progressivement dans cet espace méditerranéen comme un partenaire certes moins puissant que les États-Unis, mais plus habile, plus stable et moins dominateuretmoralisateurque lesEuropéens »146 . C’est donc grâce à son double statut de grande puissance présente au Conseil de Sécurité de l’ONU et de pays du Sud qui s’oppose à l’hégémonie américaine que la Chine parvient à solidifier ses relations avec les pays de l’Afrique et du Maghreb et qu’elle peut maintenant compter de très nombreux alliés sur ce continent massif. Il s’agit là d’un enjeu diplomatique majeur pour la Chine, qui utilise égalementd’autrestechniquesplusdiscrètespourgagnerduterrainau Maghreb. Utilisation du « Soft Power » En matière de diplomatie, il existe deux grands types de moyens pour exercer son influence sur un autre pays. Ces deux types sont catégorisés en « Soft Power» et « Hard Power ». Chaque pays a la possibilité de choisir d’utiliser plutôt l’un que l’autre de ces concepts afin d’obtenir les résultats escomptés dans le domaine des relations internationales. Comme le défini si bien le site assistancescolaire.com : « le hard power (« puissance dure ») est la capacité d'influencer le comportement d'autres acteurs par la contrainte, la coercition, voire par la violence »147 . Il s’agit donc de faire pression sur un autre pays en utilisant des moyens essentiellement économique ou militaires, qui prennent souvent la forme de sanctions économiques du type embargo (lorsqu’un pays interdit l’acheminement d’une marchandise vers un autre pays) ou autres. C’est donc une méthode très sévère qui heureusement n’est appliquée qu’avec les pays où il y a un problème majeurcomme par exempleenCorée duNord,enIran,ou bienenSyrie. A la différence, le soft power a lui une dimension idéologique et culturel, et est par conséquent la méthode utilisée en majorité dans le monde par les grandes puissances pour exercer leur influence. 141 Eugénio BergolatObiols,op.cit. 142 Rachid Rhattat, op.cit. 143 Ibid. 144 ValérieNiquet, op.cit. 145 Rachid Rhattat, op.cit. 146 Ibid. 147 Assistancescolaire.com,« La puissanceaméricaine:le hard power », consultéle 24 avril 2015.

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