La Parisienne sous toutes ses coutures
Juin 2016
1
2
L’histoire de Paris Page 4
Sommaire
Paris : ville du style Page 16 L’exposition universelle de 1900 Page 21
Les parisien...
3
Sommaire : suite
Et maintenant… Page 63 Le Prochain numéro. Page 67
L’histoire de Paris
 « Paris est une fête »
Ernest Hemingway
4
Paris ville lumière
L’an dernier fut éprouvant pour la ville de Paris . La ville lumière a subit deux attaques terroristes...
En 1237, Louis IX, également appelé Saint-Louis, veut faire
de Paris la capitale de l’Occident chrétien. Il dépense une
fo...
Louis XIV a de grandes ambitions pour Paris. Il veut bâtir une
nouvelle Rome. Colbert et Louvois se mettent au travail. Le...
De 1789 à aujourd’hui
Après l’ancien régime voici le second épisode sur l’histoire de la ville de Paris.
En 1804, Napoléon...
La commune est vaincue durant la semaine sanglante qui
se déroule du 21 au 28 mai ; les derniers combats ont lieu
au cimet...
Le XXe siècle est marqué par des constructions
modernes : le centre Beaubourg de 1977, la tour
Montparnasse soutenue par A...
Focus : La Belle époque, la fin d’un monde
Slalomons dans le Paris de la belle époque juste avant la catastrophe
de 39-45 !...
Maria Sklodowska arrive à Paris en 1891 pour suivre des études scientifiques à la Sorbonne. Elle découvrira que la
pechblen...
13
Proust par Otto Wegener (1849-1924)
Renoir : Bal du moulin de la Galette 1876 Musée d’Orsay
Colette : Claudines à Paris
14
Pierre-Georges Jeanniot
Le jardin café Ritz, Paris, France
15
Paris : ville du style
«  La mode est pour la France ce que les mines du Pérou sont pour l'Espagne."
Jean-Baptiste Colbert...
Au temps de la duchesse de Chartres
Paris, capitale de la mode au XVIIIe siècle ?
Marie-Antoinette, Louise Marie Adélaïde ...
Naissance de la haute
couture: Rose Bertin.
Le 2 juillet 1747 naît Marie-Jeanne Bertin, dite Rose Bertin,
en Picardie où p...
Sa devise : « Il n’y a de nouveau que ce qui est
oublié. » Son style : un luxe léger et fantasque qui
révolutionne la mode...
Naissance de la haute
couture : Frederick Worth
Avant Frederick Worth, il y avait seulement des maisons de
confection arti...
L’exposition universelle
de 1900.
«Ni la France, ni la Liberté, ni une République en bonnet phrygien ou une Ville de Paris...
La Parisienne :
sa naissance
Durant les deux cent douze jours que dura
l’Exposition universelle de 1900, la Parisienne fut...
L’exposition universelle de 1900
Le Globe Céleste
A la fin du XIXème siècle, l’attrait pour l’astronomie était
au cœur des ...
L'exposition coloniale
En pleine expansion coloniale et friande de ce qu’elle appelle l’exotisme, l’Europe de la fin du
XIX...
Le Palais de l'Electricité et son Château d'Eau
Tout au bout du Champ de Mars se trouvaient
le Palais de l’Electricité et ...
La Tour Eiffel
Construite à l’occasion de l’Exposition universelle de
1889, la Tour Eiffel est demeurée le monument phare ...
La Grande Roue de Paris
Située avenue de Suffren entre le Village Suisse et la
Galerie des Machines, la Grande Roue de Par...
La Gare des Invalides
Construite à l’occasion de l’exposition universelle de 1867 par la
Compagnie de l’Ouest, la gare des...
Le Petit Palais
Conçu par l’architecte Charles Girault, le Petit Palais servait
initialement à accueillir une rétrospectiv...
La première ligne du métro parisien
La grande entreprise témoin du progrès technique de la fin du XIXème
siècle se révéla d...
Les parisiennes
Bourgeoises ou aristocrates, midinettes ou mondaine et demi-mondaine.
Qui défend le mieux l’élégance franç...
32
Olympe de Gouges
Femme de lettres devenue femme politique, pionnière du
féminisme, rédactrice de la Déclaration des droits...
La comtesse Greffulhe
Elle passait avec complaisance des salons mondains à l’opéra. Marie-
Joséphine-Anatole-Louise-Élisab...
Marie-Joséphine-Anatole-Louise-Élisabeth de Riquet de Caraman-Chimay, comtesse Greffulhe
Thomon
Philip Alexius de LaszloPa...
Cora Pearl : la demi-mondaine
« Je n'ai jamais trompé personne, car je n'ai jamais été à
personne. Mon indépendance fut to...
Elle fréquente les bals de l’Opéra, le Bois de Boulogne, Bade ou Monte-Carlo ;
elle joue de l’argent sans compter, dîne ch...
Désormais, Cora Pearl voyage avec six chevaux, un
personnel nombreux et il lui faut louer un wagon complet
pour ses bagage...
Avec Cora Pearl, les plus grands officiers redeviennent des enfants : « On courait le soir dans
les rues, on changeait les ...
L’Exposition universelle est l’occasion pour Cora Pearl de
briller de nouveau en société. « Quand nous devions nous
rencon...
Le prince Achille Murat et Cora Pearl en 1865 par Louis-Jean Delton
41
Les midinettes.
Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, les modistes
gagnaient 3,75 F par jour de travail. D...
Un bibi pour Nana
Apparu au XIXe siècle, le bibi est un petit chapeau porté sur le côté de la
tête. Il remplace petit à pe...
44
Sarah Bernhardt dans le rôle de Junie dans «Britannicus» de Jean Racine
vers 1860 Gaspard Felix Tournachon Nadar Cleo de M...
46
Josephine Baker par Lucien Walery en 1927
de la production Folies Bergère «Un Vent de Folie »
Les parisiennes
Joséphine...
Liane de pougy par Paul Nadar
Les Parisiennes
47
Simone de Beauvoir
Un siècle et demi après la rédaction de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 179...
49
La parisienne à
Hollywood
« Paris est le cliché que les Américains préfèrent » Woody Allen
50
2012 : L’ exposition à succès Paris vu par Hollywood de l’hôtel de ville de Paris.
La Parisienne à Hollywood
Paris fascine...
La Parisienne à Hollywood
Un extrait du livre « photos souvenirs » de l’exposition
« Dans le cinéma hollywoodien, Paris es...
La Parisienne à Hollywood
Un extrait du livre « photos souvenirs » de l’exposition
53
La Parisienne à Hollywood
On
Gene Kelly dans un américain à ParisAudrey Hepburn dans Sabrina
On
54
La Parisienne à Hollywood
Marilyn Monroe dans les hommes préfèrent les blondes
On
Ingrid Bergman dans Casablanca
On
55
Le béret de la Parisienne
Les bergers béarnais sont les créateurs du béret français, qui était
notamment offert aux garçon...
57
58
La Collection capsule
Les quatre éléments
Avant l’avènement de la science moderne existait la science
naturelle les quatre...
L’ Eau
Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jam...
Que le vent qui gémit,
le roseau qui soupire
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend,
l’on voi...
62
Et maintenant…
“La Parisienne est une légende, donc, elle existe plus que les autres femmes, et ce pour l’éternité.”
Améli...
Inna Modja
Joséphine Japy
Clémence Poésy
Elles incarnent la parisienne
Et maintenant …
Georges Biard
Vittorio Zunino
Marco...
Focus : sur la vie des parisiennes d’aujourd’hui
Comme le dit Inès de la Fressange, la Parisienne n’est pas forcement née ...
Et maintenant …
Découvrez notre board spécial Parisienne sur Pinterest.
66
Le Prochain numéro:
Qui à tué Lily Bart ?
House of Mirth d’Edith Wharton
67
Edith Wharton : La plus française
des écrivains américains.
Édith Wharton née Édith Newbold Jones le 24 janvier 1862 à New...
La house of mirth portrait d’une
société cruellement humaine.
The House of Mirth fut à l’origine publié en feuilleton de 1...
Lily Bart, un exemple de la condition
féminine new-yorkaise au XIXe
siècle.
Lily Bart est le joyau que contient la mystéri...
Prochain numéro : Qui a tué Lily Bart ?
http://filys.fr/newsletter-qui-a-tue-lily-bart/
Pour en savoir plus sur le prochain...
Charles Dana Gibson
Prochain numéro : Qui a tué Lily Bart ?
http://filys.fr/newsletter-qui-a-tue-lily-bart/
Pour en savoir ...
contact@filys.fr
73
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

La Parisienne sous toutes ses coutures Fily's magazine

154 vues

Publié le

La review

Publié dans : Internet
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
154
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
22
Actions
Partages
0
Téléchargements
0
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

La Parisienne sous toutes ses coutures Fily's magazine

  1. 1. La Parisienne sous toutes ses coutures Juin 2016 1
  2. 2. 2 L’histoire de Paris Page 4 Sommaire Paris : ville du style Page 16 L’exposition universelle de 1900 Page 21 Les parisiennes Page 31 La parisienne à Hollywood Page 50 La Collection capsule Page 59
  3. 3. 3 Sommaire : suite Et maintenant… Page 63 Le Prochain numéro. Page 67
  4. 4. L’histoire de Paris  « Paris est une fête » Ernest Hemingway 4
  5. 5. Paris ville lumière L’an dernier fut éprouvant pour la ville de Paris . La ville lumière a subit deux attaques terroristes. Pourtant rien de nouveau pour une ville qui a une histoire aussi sanglante que romantique. Voici un résumé de l’histoire de Paris. À l’époque préhistorique, ce qui deviendra Paris est un grand marécage où coule un fleuve entouré d’îles. Les premiers habitants, venus d’Europe centrale, s’installent sur les rives de la Seine. Vers 475 av. J.-C., les Celtes, dont font partie les Gaulois, fondent un oppidum du nom de Lutèce. Ses habitants se nomment les Parisii. L’oppidum prospère grâce au commerce. La citadelle a même l’honneur de frapper sa monnaie : le statère. En 53 av. J.-C., Jules césar conquiert la ville qui devient gallo-romaine. Elle s’habillera avec le temps de forums, de ternes, de théâtres, d’arènes où l’on assistera, en prenant exemple sur Rome, à des combats de gladiateurs. On plante des vignes au Mons Martis, notre actuelle butte Montmartre, et l’on érige le cardo-maximus, la présente rue Saint-Jacques, desservant les quartiers d’habitation. Vers 461 ap. J.-C, Attila, chef des Huns, dévaste la Gaule et se dirige vers Lutèce. Une jeune femme, Geneviève, qui a décidé de consacrer sa vie à Dieu (et qui est la seule femme à siéger au conseil de Lutèce), rentre dans l’histoire de Paris. Elle s’oppose fermement à la décision des hommes d’abandonner la ville aux barbares et prie Dieu pour que la citadelle soit sauve. Les Huns contournent la Seine afin d’attaquer Orléans. Paris est sauvée et Geneviève devient la sainte patronne de la ville. Au IXe siècle, les Vikings menacent également la commune. Paris négocie sa survie contre une rançon d’or. En 1180, Philippe-Auguste accède au pouvoir. Paris étant très insalubre, il fait clôturer le cimetière des innocents et impose de nouveaux impôts aux notables afin de faire nettoyer la ville. Durant l’année 1202-1203, les caisses du royaume sont pleines. Le roi réalise des travaux publics. Il fait paver les rues (Saint-Honoré, Saint-Jacques, Saint-Martin et Saint-Denis), puis fait construire la forteresse du Louvre qui a la charge de conserver l’arsenal, les archives et le trésor du royaume. La ville devient la plus grande capitale d’Europe, comptant plus de 50 000 habitants. En 1163, l’évêque Sully entreprend la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui est un hommage à la Vierge Marie. L’édifice mettra plus de deux cents ans à prendre forme et deviendra le plus majestueux monument d’Europe. Aujourd’hui, Notre-Dame de Paris reste un chef-d’œuvre d’art gothique. L’histoire de Paris Statue de sainte Geneviève par Pierre Hébert (Français, 1804-1869). JastrowCGB 5
  6. 6. En 1237, Louis IX, également appelé Saint-Louis, veut faire de Paris la capitale de l’Occident chrétien. Il dépense une fortune (environ dix-huit millions d’euros) pour se procurer la couronne d’épine du Christ ! Cette dernière, un fragment de la croix et un clou, est offerte à Paris en 1248. Saint-Louis fait ériger la Sainte- Chapelle pour conserver ses mystiques reliquaires. Ce qui reste de la Sainte-Chapelle se trouve aujourd’hui à l’intérieur de la Cour de Justice de Paris. Actuellement, on peut visiter les reliquaires dans l’église Notre-Dame. Au milieu du XIIIe siècle, l’université de la Sorbonne attire des étudiants de toute l’Europe. Elle gagne en renommée et devient un véritable centre éducatif. Au début du XIVe siècle, la ville de Paris compte plus de 200 000 habitants. Charles V accède au pouvoir en 1364 : le Louvre s’agrandit et devient alors la somptueuse résidence du roi et de sa cour. En 1589, Henri IV fait bâtir la grande galerie et, en 1564, Catherine de Medicis, alors régente, fait construire le palais des Tuileries, aujourd’hui disparu. L’histoire de Paris Louis XIV a de grandes ambitions pour Paris. Il veut bâtir une nouvelle Rome. Colbert et Louvois se mettent au travail. Le roi commande à l’architecte François Blonbel l’arc de triomphe de Saint-Denis et à Pierre Bullet l’arc de triomphe porte Saint-Martin. Sous son règne seront également construits la place Louis Le grand (notre présente place Vendôme), l’hôtel des Invalides sur la plaine de Grenelle, ainsi que l’Académie des belles-lettres et des arts (notre actuelle Académie française). Louis XV, quant à lui, fera construire le Panthéon, église dédiée à Sainte- Geneviève. Pendant la Révolution française, la Bastille Saint-Antoine, dont la construction dure de 1370 à 1383, est au cœur de toutes les discussions. Elle le symbole de la monarchie absolue. Le roi peut embastiller n’importe qui sur simple lettre de cachet. La forteresse s’élève à l’emplacement de l’actuelle place de la Bastille. Après sa prise par les émeutiers le 14 juillet 1789 (actuelle fête nationale française), elle est entièrement détruite. Les pierres seront utilisées pour la construction du pont de la Concorde. Le marquis de La Fayette fait parvenir une des clés de la Bastille à George Washington, premier président des États- Unis. Elle est aujourd’hui exposée à la résidence du héros de la Révolution américaine, à Mount Vernon, qui, pour l’heure, est transformée en musée. 6
  7. 7. Louis XIV a de grandes ambitions pour Paris. Il veut bâtir une nouvelle Rome. Colbert et Louvois se mettent au travail. Le roi commande à l’architecte François Blonbel l’arc de triomphe de Saint-Denis et à Pierre Bullet l’arc de triomphe porte Saint-Martin. Sous son règne seront également construits la place Louis Le grand (notre présente place Vendôme), l’hôtel des Invalides sur la plaine de Grenelle, ainsi que l’Académie des belles-lettres et des arts (notre actuelle Académie française). Louis XV, quant à lui, fera construire le Panthéon, église dédiée à Sainte-Geneviève. Pendant la Révolution française, la Bastille Saint-Antoine, dont la construction dure de 1370 à 1383, est au cœur de toutes les discussions. Elle le symbole de la monarchie absolue. Le roi peut embastiller n’importe qui sur simple lettre de cachet. La forteresse s’élève à l’emplacement de l’actuelle place de la Bastille. Après sa prise par les émeutiers le 14 juillet 1789 (actuelle fête nationale française), elle est entièrement détruite. Les pierres seront utilisées pour la construction du pont de la Concorde. Le marquis de La Fayette fait parvenir une des clés de la Bastille à George Washington, premier président des États-Unis. Elle est aujourd’hui exposée à la résidence du héros de la Révolution américaine, à Mount Vernon, qui, pour l’heure, est transformée en musée. L’histoire de Paris La Bastille dans les premiers jours de sa démolition Hubert Robert 17897
  8. 8. De 1789 à aujourd’hui Après l’ancien régime voici le second épisode sur l’histoire de la ville de Paris. En 1804, Napoléon devient empereur de France. Il a de grands projets pour la ville. Murrat, Cambacerres et Percier sont ses architectes. Il fera notamment construire l’arc de triomphe sur les Champs-Élysées, construction achevée en 1836 (quinze ans après sa mort) ! Les Champs-Élysées sont transformés en promenade durant l’Empire. En 1831, l’Égypte offre à la France deux obélisques provenant du temple de Louxor. Une seule sera montée place de la Concorde. Place Vendôme, on érige une colonne à la gloire de la Grande armée impériale qui s’inspire de la colonne Trajane de Rome. Napoléon met ainsi en scène ses victoires. La Madeleine est dédiée à la Grande armée et on construit le palais Broniard, futur siège de la bourse. En 1853, le baron Haussman est nommé, par l’empereur Napoléon III, préfet de paris. La capitale étant une cité insalubre et surpeuplée, il trace six cents kilomètres d’égouts, trois cents kilomètres de voies éclairées, plante un million d’arbres et abat les immeubles insalubres. Ses travaux (d’un montant d’un milliard et demi) sont financés par deux fils immigrés portugais, les frères Pereire. L’histoire de Paris 8
  9. 9. La commune est vaincue durant la semaine sanglante qui se déroule du 21 au 28 mai ; les derniers combats ont lieu au cimetière du père Lachaise. On compte 20 000 à 30 000 fusillés arbitrairement par l’armée ! Les insurgés brûlent l’hôtel de ville et leur quartier général. Le palais des Tuileries est détruit par le feu et ne sera jamais reconstruit. Avec la Saint-Barthélemy, la terreur sous la Révolution française, l’insurrection de la commune de Paris est le pire drame humain de la capitale ! En 1873, on construit la basilique du Sacré-Cœur l’état à l’emplacement ou l’insurrection a débuté ! En 1889, on assiste à l’exposition universelle de Paris. La ville se pare de pavillons de fer et de verre ! On compte 32 millions de visiteurs qui se pressent pour voir les dernières innovations industrielles. Les touristes déambulent dans une ville du Caire reconstituée, entrent dans une sphère terrestre géante ou s’aventurent dans une mine de diamants d’Afrique du sud ! Construite en deux ans, la tour Eiffel est le joyau de l’exposition. Posée sur le Champ de Mars, cette tour de fer deviendra plus tard un relais radiophonique. En 1887, Charles Garnier et Guy de Maupassant notamment s’insurgent contre cette tour ! Afin d’empêcher sa réalisation, ils rédigent un manifeste qui sera signé par des personnalités du monde des arts et des lettres. Les autres expositions universelles légueront d’autres monuments à la ville de Paris tels que : le petit et paris 2024le grand Palais en 1900 et le Palais de Chaio en 1937. L’histoire de Paris Napoléon III et Haussman prolongent la rue de Rivoli du Louvre jusqu’à l’hôtel de ville. Le quartier du Louvre est à cette époque l’un des plus sordides de Paris. Ils décident de raser les taudis et de construire à la place des hôtels de luxe. Les frères Pereire achètent partout dans Paris des terrains et y construisent des immeubles pour les revendre : la place de l’Opéra, le carrefour de l’Odéon, le rond-point des Champs-Élysées, la plaine Monceau, la rue du Faubourg-Saint-Honoré, le boulevard Montparnasse, la rue Soufflot du boulevard Saint-Michel à la place du Panthéon, le boulevard Henri IV, l’île de la Cité, un nouveau palais de justice et la préfecture de police quai des Orfèvres sont quelques exemples de leur travail pharaonique. Le peuple quitte alors Paris pour les faubourgs, car les prix de l’immobilier ont augmenté de 300 %. En 1871, la France perd la guerre contre la Prusse. C’est la chute de napoléon III. Les Prussiens assiègent et affament Paris. Adolf Tiers accepte la capitulation de la ville aux dépens des communards qui veulent se battre jusqu’au bout. L’État entre en guerre contre le peuple. Les communards résistent sur la butte Montmartre. Le 18 mars, Thiers envoie l’armée régulière récupérer les canons qui y sont disposés. Les Parisiens s’y opposent et dressent des barricades à Montmartre, Ménilmontant et au faubourg Saint-Antoine. C’est l’insurrection. L’armée est composée de 130 000 soldats expérimentés contre 20 000 révoltés ! 9
  10. 10. Le XXe siècle est marqué par des constructions modernes : le centre Beaubourg de 1977, la tour Montparnasse soutenue par André Malraux, la Grande Arche de la Défense d’Otto Von Spreckelsenet et la pyramide du Louvre de 1989 qui viendra, non sans polémique, enrichir l’ancien site du Palais Royal. La ville de Paris a connu différents épisodes violents dans son histoire, c’est ce qui fait en partie son charme. Elle s’en est toujours relevée plus forte ! Cette fois ne fera pas exception, la ville est candidate aux Jeux olympiques de 2024. L’histoire de Paris 10
  11. 11. Focus : La Belle époque, la fin d’un monde Slalomons dans le Paris de la belle époque juste avant la catastrophe de 39-45 ! Les innovations techniques révolutionnaient la vie quotidienne des Parisiens. La veille de l’inauguration de l’Exposition universelle de 1900 à Paris, le Time écrit : « Tout ce que le cerveau humain et l’habileté manuelle sont capables de concevoir et de produire sera présenté au public dans des pavillons installés autour du champ de Mars pour représenter chaque pays. » Industriels, inventeurs, architectes exposent au public leurs merveilles. En six mois, l’exposition accueille 48 millions de visiteurs. On y voit fleurir l’art nouveau composé de courbes sensuelles et de motifs végétaux. Il y eut le métro. La ligne du métropolitain de Paris entre la porte de Vincennes et la porte Maillot est inaugurée en juillet 1900. En 1913, il y avait 167 millions de voyageurs avec 8 lignes en fonctionnement. Il y eut le Chat noir. En 1883, Rodolphe Salis ouvre le premier cabaret de Paris, Le Chat noir, décoré dans le style médiéval. Puis il y eut Le Lapin agile, L’Élysée Montmartre… On y goûte aux plaisirs de la nuit, au divertissement des parodies, à l’ivresse des poèmes et des chansons. Il y eut Marie Curie. Marie Curie reçoit le prix Nobel de physique en 1903 ( avec Pierre Curie, son époux et Henri Becquerel) et le prix Nobel de Chimie en 1911. L’histoire de Paris 11
  12. 12. Maria Sklodowska arrive à Paris en 1891 pour suivre des études scientifiques à la Sorbonne. Elle découvrira que la pechblende est beaucoup plus radioactive que l’uranium à cause des cristaux de sel de radium. Marie Curie identifie le radium métallique pur en 1910. Il y eut la naissance du fauvisme. Les critiques d’art rendant compte du Salon d’Automne de 1905 qualifièrent de « cage aux fauves » la salle où exposaient Dufy, Matisse, Derain, Van Dongen et Vlaminck. Le fauvisme explore de nouveaux domaines, c’est un mouvement à caractère expérimental. Matisse « dessine dans la couleur », préfère les lignes épurées et arabesques dynamiques, une sorte de minimalisme ou simplification extrême. Pablo Picasso arrive à Paris en 1900 et peint des œuvres figuratives. Il s’inspire des arts africains et océaniens (les masques). Il annonce le cubisme et crée de nouvelles perspectives en disloquant les formes et en multipliant les points de vue. Il y eut de l’innovation dans l’écriture. La poésie française entre dans la modernité avec Alcools d’Apollinaire en 1913. C’est une poésie révolutionnaire par le fond et ludique par la forme. Marcel Proust sublime l’écriture de la mémoire et de l’introspection. Avec ses obsessions personnelles, il analyse la « comédie mondaine » de Paris avec subtilité. Autre auteur : Colette qui publie la série des Claudine sur la vie « remuante des oisifs » entre 1900 et 1903. Il y eut les diktats de la mode parisienne. La mode parisienne règne sur l’Occident. Les robes longues, les manches bouffantes, les corsets à baleines et à lacets extrêmement serrés, les couleurs sombres, les chapeaux baroques dotés d’une voilette sont la règle ! En 1910, Paul Poiret remplace les couleurs sombres par des tons plus gais comme le violet, le bleu roi, le rouge, le jaune citron, le vert éclatant. Il supprime les corsets et impose la ceinture et le soutien-gorge. Il y eut tout ceci et tant d’autres merveilles juste avant la fin du monde ! L’histoire de Paris Appolinaire Calligramme 12
  13. 13. 13
  14. 14. Proust par Otto Wegener (1849-1924) Renoir : Bal du moulin de la Galette 1876 Musée d’Orsay Colette : Claudines à Paris 14
  15. 15. Pierre-Georges Jeanniot Le jardin café Ritz, Paris, France 15
  16. 16. Paris : ville du style «  La mode est pour la France ce que les mines du Pérou sont pour l'Espagne." Jean-Baptiste Colbert 16
  17. 17. Au temps de la duchesse de Chartres Paris, capitale de la mode au XVIIIe siècle ? Marie-Antoinette, Louise Marie Adélaïde de Bourbon-Penthièvre la duchesse de Chartres, Jean-Joseph Beaulard… Autant de noms qui consacrent Paris comme la capitale mondiale de la mode au XVIIIe siècle. Jean-Joseph Beaulard est le roi de l’innovation. Quel agréable cadeau que cette fleur artificielle parfaitement imitée qui exhale un parfum délicieux, fournie par son frère, parfumeur, à Marie- Antoinette ! Et quelle surprise quand la reine presse le bouton et que la fleur s’ouvre pour faire apparaître son portrait en miniature ! Rose Bertin créé la robe de mariage de la duchesse de Chartres qui réside à quelques mètres de sa boutique de la rue Saint-Honoré. La duchesse est la véritable it-girl de l’époque ! Mécène, elle promeut les jeunes talents. Casanova confirme sa popularité dans ses mémoires : « depuis que la duchesse de Chartres l’a mis [le tabac de la Civette] à la mode, on n’en veut point d’autre. » Marie-Antoinette est un peu chasseuse de mode, un peu styliste. Sa mère, Marie-Thérèse, suscite ces vocations en la priant de ne pas se « laisser aller à la négligence [...] ni sur sa figure ni sur les représentations ». Elle doit donner le ton à Versailles. Louis XVI la charge d’organiser les plaisirs de la cour et pour ce faire, il augmente sa chatouille ou cassette. Deux bals par semaine dont un costumé, deux représentations théâtrales, des veillées… nécessitent quantité de toilettes. La duchesse de Chartres lui présente la célèbre marchande de modes, Rose Bertin. Marie- Antoinette la reçoit au moins deux jours par semaine. En dépit du protocole interdisant à tout marchand de pénétrer dans l’intimité de la famille royale, les rencontres se font dans le cabinet intérieur de la reine. Munies d’un portefeuille rouge garni d’échantillons de tissus, les deux femmes vont révolutionner la mode ! Naissance de la haute couture La famille du Duc de Penthièvre , La tasse de chocolat , peinture de Jean-Baptiste Charpentier le Vieux (1768). De gauche à droite, assis: Duc de Penthièvre; prince de Lamballe; Princesse de Lamballe, comtesse de Toulouse; debout en arrière - plan: Mlle de Penthièvre. La duchesse de Chartres par Charles Lepeintre 1786. 17
  18. 18. Naissance de la haute couture: Rose Bertin. Le 2 juillet 1747 naît Marie-Jeanne Bertin, dite Rose Bertin, en Picardie où prospèrent l’industrie textile et la Manufacture royale des Rames fondée par la famille Van Rabais. Elle intègre la partie commerçante de la filière textile et se spécialise dans les coiffes. Elle décide de s’installer à Paris pour poursuivre sa carrière et devenir marchande de modes. Comme une certaine Madame du Barry, elle débute comme demoiselle de modes dans une boutique, puis elle décroche un emploi dans le magasin parisien le plus célèbre de l’époque, Au Trait galant. Son savoir- faire est récompensé par la patronne, Marie-Catherine Pecqueleur, qui lui confie l’habit de mariage de Louise-Marie Adélaïde de Bourbon Penthièvre. Cet ouvrage lui sert de rampe de lancement. Elle crée alors son enseigne, Le Grand Mogol, dans la fameuse rue Saint-Honoré. L’endroit féerique est un lieu de délices. Naissance de la haute couture 18
  19. 19. Sa devise : « Il n’y a de nouveau que ce qui est oublié. » Son style : un luxe léger et fantasque qui révolutionne la mode de l’époque. La cour la surnomme « la ministre de la Mode ». Pour l’écrivain et journaliste de l’époque, Louis-Sébastien Mercier, Mlle Bertin a simplifié les codes de l’habillage féminin. « La seule parure des princesses » se compose d’« un chapeau de paille avec un ruban, un mouchoir sur le col, un tablier. » En effet, mademoiselle Bertin préfère les linons et les mousselines aux étoffes lourdes et brochées. Le confort devient une exigence ! L’âge d’or du chapeau se situe sous son « règne » : chapeau à l’anglaise, cornette à la paysanne ou calèche (capeline de gaze) font fureur. Auparavant, le chapeau, tricorne masculin était réservé à la chasse. Rose Bertin, en élevant son savoir-faire au niveau artistique, devient pour l’histoire la mère fondatrice de la haute couture, suivie plus tard par les talentueux Worth, Paquin, les sœurs Callot… Naissance de la haute couture Son commerce devient florissant grâce aux nombreuses recommandations de ses clientes. Elle a du personnel salarié fixe et à demeure. Elle travaille avec au moins 734 fournisseurs d’étoffe de soie, d’or, d’argent, d’aigrettes en épi de blé… Mais aussi avec des gaziers, chapeliers, bonnetiers, plumassiers, fleuristes, rubaniers, fourreurs, marchands de blondes (dentelles en soie blanche), de linon, de perle… À leur tour ces artisans s’approvisionnent auprès de fabricants, petits producteurs ou manufactures de la grande production textile employant une nombreuse main-d’œuvre ouvrière, notamment chez les célèbres canuts de Lyon. 19
  20. 20. Naissance de la haute couture : Frederick Worth Avant Frederick Worth, il y avait seulement des maisons de confection artisanales en France ; tout le monde se vêtait sur mesure. Rose Bertin, « ministre de la Mode », selon Louis XVI, conseillait la reine Marie-Antoinette sur ses toilettes. La cliente donnait, en ce temps-là, une sorte de cahier des charges à la modiste qui se contentait de le mettre en œuvre fidèlement. Puis vint Worth. L’Anglais brillait dans sa carrière de chef de rayon des matériaux précieux, chez le marchand de nouveauté* parisien Gagelin. On y vendait, dans la galerie du Palais-Royal, des accessoires de mode et du textile. Worth proposa un partenariat innovant à son patron : ouvrir une section « couture » et créer des modèles qu’ils présenteraient aux clientes sur des mannequins vivants. Une révolution ! Plus tard, en 1857, Worth décida d’ouvrir sa propre maison de nouveauté. Ses demoiselles de magasin présentèrent alors aux clientes conquises les modèles potentiellement reproductibles sur mesure. Chaque œuvre d’art portait le sceau de la marque Worth sur le cordon de taille à l’intérieur des corsages. C’est la naissance des maisons spéciales de modèles confectionnés, mères des maisons de haute couture. *Ancêtre du grand magasin. Naissance de la haute couture Photographie du couturier Charles Frederick Worth par Nadar 20
  21. 21. L’exposition universelle de 1900. «Ni la France, ni la Liberté, ni une République en bonnet phrygien ou une Ville de Paris à la couronne crénelée: la Parisienne est apolitique et satisfaite. Sous couvert de ne pas offenser les nations autocrates invitées, elle annonce un avenir galant.» Christophe Leribault, directeur du Petit Palais 21
  22. 22. La Parisienne : sa naissance Durant les deux cent douze jours que dura l’Exposition universelle de 1900, la Parisienne fut admirée par au moins cinquante millions de visiteurs. La Parisienne, celle qui porta la première le nom de l’archétype qui deviendra tellement célèbre, est une statue de six mètres cinquante créée par Paul Moreau- Vauthier. Elle porte une robe de bal bleue de la maison Paquin. Elle est placée au-dessus de la porte de l’Exposition universelle de 1900, place de la Concorde, au seuil du Cours-la-Reine. Elle est principalement admirée pour sa toilette. Le journal La Mode illustrée propose, au vu de son succès, un numéro permettant de réaliser son manteau chez soi. L’exposition universelle de 1900 Exposition universelle de 1900 : le bilan d’un siècle L’Exposition universelle de 1900, la cinquième organisée à Paris, est sans doute celle qui a connu le plus de succès. Emblématique de la Belle Époque, l’événement durera du 14 avril au 12 novembre 1900, soit deux cent douze jours consécutifs. Ce sera l’occasion pour quatre-vingt-trois mille exposants, répartis sur deux cent seize hectares, de faire profiter au quelque cinquante millions de visiteurs des innovations techniques sur le thème du « Bilan d’un siècle ». Retour sur les plus grandes attractions exposées entre le Champ-de-Mars et l’esplanade des Invalides. Paul Moreau-Vauthier 22
  23. 23. L’exposition universelle de 1900 Le Globe Céleste A la fin du XIXème siècle, l’attrait pour l’astronomie était au cœur des préoccupations scientifiques et attisait la curiosité de la foule lambda. En réponse à cette nouvelle lubie, l’exposition universelle de 1900 ouvrit au public le Globe céleste, une attraction gigantesque visant à immerger les spectateurs aux confins de l’espace. L’édifice d’une superficie de 2 000 m² et de 50 mètres de diamètre était soutenu par quatre piliers qui le maintenaient à une hauteur de 60 mètres au-dessus des quais. Le premier étage constituait la base du bâtiment. Au second étage, dans la partie inférieure du globe, on trouvait un grand café-restaurant. Le troisième étage, quant à lui, se résumait en une sphère céleste de 36 mètres de diamètres dans laquelle le public assistait aux révolutions planétaires. Il faut également savoir que le Globe céleste attira le mauvais œil dès son ouverture puisque la passerelle reliant l’attraction à l’exposition se brisa, entrainant le décès de cinq visiteurs ainsi qu’un grand nombre de blessés. Le Palais de l'Optique et la Grande lunette Pavillon couvrant quelques 8 470 m², le Palais de l’Optique de Prosper Bobin réunissait plusieurs attractions dans son enceinte, dont la Grande lunette, commandée en 1892 par François Deloncle, membre de la Chambre des Députés. Longue de 120 mètres et composée de 24 cylindres, la Grande lunette reposait sur sept piliers en bétons et en acier. Disposée dans l’axe nord-sud, elle permettait d’observer la Lune à 67 mètres grâce à un dôme mobile s’ouvrant directement sur la voûte céleste. Le mécanisme de la lunette nécessitait deux lentilles. Or, à l’ouverture de l’exposition universelle, seule la lentille de l’objectif photographique était prête. La Grande lunette n’a donc pu ouvrir au public que bien après l’inauguration, une fois la seconde lentille livrée. N’ayant trouvé repreneur après l’exposition, la lunette a été démantelée à la fin de l’année 1900. Toutefois, on peut toujours en admirer les lentilles et le miroir à l’Observatoire de Paris. Un télescope géant sur l' écran en 1900 (via Wikimedia ) Le Globe céleste lors de l'Exposition universelle de 1900, Paris (France), photographiés par les Neurdein. 23
  24. 24. L'exposition coloniale En pleine expansion coloniale et friande de ce qu’elle appelle l’exotisme, l’Europe de la fin du XIXème siècle ne cachait plus son désir de civiliser les peuples dits « inférieurs ». L’exposition universelle de 1900 fut la première à accueillir une exposition coloniale. Une telle entreprise permettait à la fois de prouver la fierté et la puissance des empires coloniaux ainsi que de justifier toutes les dépenses humaines et financières déployées pour maintenir les colonies. L’exposition coloniale regroupait divers pavillons représentant le Cambodge, la Réunion, le Tonkin, la Martinique, le Soudan, le Sénégal, l’Algérie ou encore les Indes ainsi que de véritables zoos humains sur la colline du Trocadéro. En effet, des autochtones ramenés des colonies était exhibés tels des trophées au milieu du sable, des dromadaires, des éléphants et des tentes sahariennes. Ce genre de démonstration se répètera en 1931, à l’occasion d’une exposition entièrement consacrée aux colonies au bois de Vincennes. L’exposition universelle de 1900 MAP 24
  25. 25. Le Palais de l'Electricité et son Château d'Eau Tout au bout du Champ de Mars se trouvaient le Palais de l’Electricité et son Château d’Eau conçus respectivement par les architectes Eugène Hénard et Edmond Paulin. La particularité du Palais de l’Electricité résidait dans sa capacité à alimenter en courant électrique l’ensemble de l’exposition. On pouvait ainsi lire dans l’Annuaire de l’exposition universelle de 1900 : « Que le palais de l'Electricité vienne, pour une cause ou pour une autre, à s'arrêter et, toute l'Exposition s'arrête avec lui. Dans le palais de l'Electricité se fabrique, en effet, toute l'énergie nécessaire à l'éclairage et à la marche des organes divers de l'Exposition ». Un exploit attesté par l’allégorie de l’Humanité conduite par le Progrès, s’avançant vers l’Avenir émergeant des immenses vasques lumineuses du Château d’Eau. Bien que clairement dissociés, les deux édifices ne semblaient en faire qu’un à l’architecture très complexe et très chargée, mais également majestueuse. L’exposition universelle de 1900 Le Palais de l'électricité et le Château d'eau en 1900 F. Meaulle 25
  26. 26. La Tour Eiffel Construite à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889, la Tour Eiffel est demeurée le monument phare de l’exposition de 1900. Avec plus d’un million de tickets vendus, la Dame de Fer ne devait pourtant pas survivre à la fin du XIXème siècle. En effet, deux partis se sont affrontés : ceux qui étaient pour sa destruction, arguant que l’exposition de 1900 se devait d’être le gage d’une ère nouvelle, et ceux qui pensaient que l’on devait la conserver pour le prestige de la ville de Paris. Un troisième parti trancha finalement en faveur de la conservation de la Tour de 300 mètres pour des raisons financières : la concession avait été louée jusqu’en 1909, il fallait la rentabiliser. C’est donc aux pieds du symbole de puissance qu’était la Tour Eiffel que l’exposition universelle de 1900 fut inaugurée. Par ailleurs, la Tour a gardé le titre de plus grande tour du monde jusqu’à la construction du Chrysler Building à New York, en 1930. L’exposition universelle de 1900 magazine "L'Exposition Universelle 1900» 26
  27. 27. La Grande Roue de Paris Située avenue de Suffren entre le Village Suisse et la Galerie des Machines, la Grande Roue de Paris faisait partie des attractions démesurées de l’exposition universelle de 1900. D’un diamètre de 100 mètre et pesant 400 tonnes, le manège se constituait de 40 nacelles sous forme de wagon de 13 mètres de long et pouvant accueillir chacune jusqu’à 30 personnes. Parmi ces wagons-nacelles, certains contenaient des salles de réception, de réunion ou encore de restaurant. Très massive, la Grande Roue impressionnait également de par le contraste qui existait entre sa structure de mastodonte et le silence qui s’en échappait lorsqu’elle était en mouvement. Démantelée en 1921, elle est cependant restée la plus grande roue du monde jusqu’en 1989, avec la construction de la Cosmo Clock 21 au Japon. L’exposition universelle de 1900 La Rue de l'Avenir et son trottoir roulant Comme son nom l’indique, la Rue de l’Avenir matérialisait le progrès technique fulgurant et caractéristique de la fin du XIXème siècle. Inventée par les ingénieurs américains Schmidt et Silsbee lors de l’exposition universelle de 1893 à Chicago, la Rue de l’Avenir prit vie à l’exposition universelle de 1900 à Paris sous la forme de trois trottoirs roulants perchés sur un viaduc en bois à sept mètre de hauteur. Roulant à une vitesse variant de 4 à 8 km/h, ces trottoirs parcouraient 3 500 mètres au cœur de l’exposition, passant successivement par l’esplanade des Invalides, le Quai d’Orsay, l’avenue de la Bourdonnais, l’avenue La Motte-Piquet avant de revenir aux Invalides. Neuf stations ponctuaient le parcours et permettaient de desservir les nombreux pavillons d’expositions du quartier. Grande Roue de Paris, ca. 1900 Library of congress Le trottoir roulant du Quai d'Orsay Exposition Universelle de 1900 Photo Neurdein 27
  28. 28. La Gare des Invalides Construite à l’occasion de l’exposition universelle de 1867 par la Compagnie de l’Ouest, la gare des Invalides devait initialement servir à faire le lien entre les différents chantiers navals le long de la Seine. Longues de trois kilomètres entre le Champ de Mars et le lieu-dit le Point du Jour, les voies se sont progressivement rallongées en direction de Versailles jusqu’à l’exposition universelle de 1900. Une navette a alors été mise en place pour transporter les voyageurs entre le Champ de Mars et les Invalides, mettant un terme à la fonction purement logistique des voies. Selon les plans de Juste Lisch, le bâtiment de la gare a été érigé à l’est de l’esplanade des Invalides sous la forme d’une orangerie. Il faut rappeler que le projet initial voulait que la gare soit construite de façon symétrique de part et d’autre de l’esplanade des Invalides avant d’être invalidé par le Conseil municipal de Paris. L’exposition universelle de 1900 Le Pont Alexandre III Symbole de l’alliance entre la Russie et la France, ce n’est qu’à l’occasion de l’exposition universelle de 1900 que le Pont Alexandre III a été inauguré, alors même que la première pierre avait été posée en 1896 par le Tsar Nicolas II de Russie. Confié aux ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby ainsi qu’aux architectes Cassien-Bernard et Gaston Cousin, cet immense pont de 40 mètres de large et de 107 mètres de long servait à relier l’esplanade des Invalides, sur la rive gauche, aux Grand et Petit Palais, sur la rive droite. De part son importance symbolique, le Pont Alexandre III n’a jamais été détruit, et l’on peut encore lire gravé sur l’une des colonnes de la rive droite : « Le 14 avril 1900, Emile Loubet, président de la République Française a ouvert l’exposition universelle et inauguré le Pont Alexandre III ». Le pont Alexandre III et le Grand Palais Brown University libraryPalais de l'Esplanade des Invalides, façade sur la rue de Grenelle Brown university library 28
  29. 29. Le Petit Palais Conçu par l’architecte Charles Girault, le Petit Palais servait initialement à accueillir une rétrospective de l’art avec pour thématique « le beau » depuis les temps antiques jusqu’à la fin du XIXème siècle. D’un style architectural tout à fait inédit, les spécialistes de l’époque s’accordèrent à conférer le « style Girault ». La particularité du palais réside dans sa conception « lumineuse » : coupoles transparentes, verrières, baies vitrées, chaque pièce a été pensée pour n’être éclairée que par la lumière naturelle. Aujourd’hui transformé en musée, le Petit Palais acquière le statut de « Palais des Beaux-Arts de la Ville Paris » en 1902 et accueille depuis des expositions permanentes et temporaires. L’exposition universelle de 1900 Le Grand Palais Juste en face du Petit Palais, à la place du Palais de l’Industrie, fut érigé le Grand Palais par trois architectes différents. Vainqueurs du concours d’idées organisé à l’occasion de l’exposition universelle de 1900, Henri Deglane et Albert Thomas se chargèrent des deux blocs constitutifs du palais alors qu’Albert Louvet entreprit la construction de ce qui servit à réunir les travaux de Deglane et Thomas. Le temps de l’exposition, le Grand Palais rassembla les œuvres d’art d’artistes venus du monde entier. Par ailleurs, les sous-sols furent investis par les services spécialement mis en place pour l’exposition universelle, à savoir police, services médicaux, bureaux de Poste, etc. Inauguré le 1er mai 1900, le Grand Palais accueille depuis 1937 le Palais de la Découverte dans l’aile ouest, ainsi que de nombreuses expositions et salons d’art temporaires. Le Grand Palais, Exposition universelle, 1900, Paris, France Library of congressLe Petit Palais en 1900. Library of congress 29
  30. 30. La première ligne du métro parisien La grande entreprise témoin du progrès technique de la fin du XIXème siècle se révéla dans la mise en service de la première ligne de métro en France effectuant le trajet Porte Maillot-Porte de Vincennes. En effet, il ne s’agissait plus de faire rouler des trains à vapeur mais d’innover à l’exemple de Londres en mettant en place un projet de trains souterrains électriques. Confiée à l’ingénieur Fulgence Bienvenüe, la construction du réseau débuta le 4 octobre 1898 et le premier tronçon de ce qui sera plus tard la Ligne 1 fut inauguré le 19 juillet 1900. L’arrivée du métro de Paris tombait à point nommé : d’une part il permettait de déposer les visiteurs aux portes de l’exposition universelle, d’autre part il menait tout droit vers les Jeux Olympiques d’été qui se déroulaient au bois de Vincennes. Il faut également savoir que les entrées souterraines avaient été dessinées par Hector Guimard, architecte de l’Art Nouveau qui sombra presqu’aussitôt dans l’oubli. L’exposition universelle de 1900 Le Vieux Paris reconstitué Conçu par le dessinateur Albert Robida, le Vieux Paris était certainement l’une des manifestations les plus impressionnantes de l’exposition universelle. Reconstruction architecturale très complète, la vieille ville offrait un panorama de ce que fut Paris entre le XIIIème et le XVIIIème siècle. Il existait deux façons possibles de visiter cette reconstitution. Les moins riches et les plus avares devaient se contenter de prendre le bateau et de longer le Vieux Paris depuis la Seine, sans pouvoir y pénétrer. Quant aux plus aisés, ils pouvaient s’immerger au cœur de la vieille ville et flâner dans les rues sinueuses de la vieille capitale, admirant les maisons de Molière, Nicolas Flamel ou encore les tavernes où se retrouvaient poètes et musiciens tels que Boileau, La Fontaine et Lully. On pouvait même y trouver le Gazette du Vieux Paris, éditée et vendue dans l’enceinte de la reconstitution au cours de l’exposition universelle. Paris - Bastille - Juillet 1900 Le vieux Paris Library of congress30
  31. 31. Les parisiennes Bourgeoises ou aristocrates, midinettes ou mondaine et demi-mondaine. Qui défend le mieux l’élégance française ? 31
  32. 32. 32
  33. 33. Olympe de Gouges Femme de lettres devenue femme politique, pionnière du féminisme, rédactrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791, guillotinée sous la Terreur, un siècle et demi avant la publication du Deuxième Sexe par Simone de Beauvoir, Olympe de Gouges affirme le droit des femmes à décider de leur sort !Olympe de Gouges Ce carré de soie rend hommage à la plus efficace des féministes du XVIIIe siècle. Olympe de Gouges écrit des pièces de théâtre malgré les critiques de ses contemporains masculins qui pensent, à l’instar de Beaumarchais, qu’« il faut de la barbe au menton pour faire un bon ouvrage dramatique » ! Dans ses œuvres, elle prend la défense de tous les opprimés, et notamment des esclaves noirs dans Zamoré et Mirza ou dans L’Heureux Naufrage. Olympe de Gouges ne souhaite pas la destruction de l’institution monarchique, mais plutôt sa réforme, ce qui lui mettra à dos royalistes et républicains misogynes. Même les femmes critiquent sa liberté de ton et sa méfiance à l’égard du mariage. Olympe dénonce également les dérapages sanglants durant la Terreur : « J’avais toujours cru qu’une goutte versée en fît verser des torrents. Le sang même des coupables versé avec cruauté et profusion souille éternellement les révolutions. » Ainsi, elle s’indigne de l’exécution du roi ! En mars 1793, elle échappe à une agression populaire proche des Girondins. Elle est accusée de conspirer contre la République et, le 3 novembre 1793, quinze jours après Marie-Antoinette, elle est guillotinée. Les parisiennes 33
  34. 34. La comtesse Greffulhe Elle passait avec complaisance des salons mondains à l’opéra. Marie- Joséphine-Anatole-Louise-Élisabeth de Riquet de Caraman-Chimay se maria, à 18 ans, au riche vicomte Henri Greffulhe, de onze ans son aîné. Ils sont tous deux aristocrates, elle descend des Mérovingiens par les ducs d’Aquitaine notamment. Après une enfance heureuse et privilégiée, elle se retrouve dans un mariage ennuyeux et décevant : son mari la trompe assidûment avec toutes les femmes qu’il pourra séduire et certaines en ont fait un métier. La comtesse s’occupe alors en cultivant son jardin, comme le dit Voltaire : musique – elle lance les ballets russes avec Diaghilev –, politique – c’est notamment une fervente dreyfusarde –, peinture… Elle finance des scientifiques, dont Marie Curie. Proust s’inspire de sa personne pour créer la non moins légendaire duchesse de Guermantes dans son œuvre littéraire. Gabriel Fauré a composé sa pavane en son honneur. Femme libre, elle fréquente des républicains comme Waldeck Rousseau. Son salon est au cœur de la vie sociale : elle côtoie Rodin, Clemenceau, le tsar Nicolas II… Elle s’engage aussi pour les droits des femmes et finance, rue de Charonne, une école de formation sociale. Par contre, elle ne divorcera jamais de son colérique et manipulateur époux. Le rôle essentiel de la comtesse de Greffulhe fut de mettre en relation financiers et entrepreneurs, mécènes et artistes ou scientifiques. Elle était une véritable icône de la mode parisienne ; ses stylistes préférés étaient Worth, Maggie Rouff, Paquin et les sœurs Callot. Les parisiennes Paul Nadar 34
  35. 35. Marie-Joséphine-Anatole-Louise-Élisabeth de Riquet de Caraman-Chimay, comtesse Greffulhe Thomon Philip Alexius de LaszloPaul Nadar Otto Wegener Paul Nadar 35
  36. 36. Cora Pearl : la demi-mondaine « Je n'ai jamais trompé personne, car je n'ai jamais été à personne. Mon indépendance fut toute ma fortune je n'ai pas connu d'autre bonheur. » Femme du monde, Emma Elizabeth Crouch, dite Cora Pearl, aura été la « it-girl » du Second Empire. Née dans une famille nombreuse d’artistes britanniques, cette jolie femme, qui voit son père mourir quand elle a cinq ans, passera par un pensionnat français de jeunes filles à Boulogne. De retour en Angleterre, logeant chez sa grand- mère, elle suit dans la rue, tel le Chaperon-Rouge, un homme qu’elle ne connaît pas et qui la viole. Avec l’argent que l’homme lui a donné, elle loue un gîte, s’achète des vêtements et quitte définitivement sa famille. C’est le début de l’indépendance avec ses avantages et ses inconvénients. Rapidement, son élévation passe par les hommes, un propriétaire d’immeuble de vingt-cinq ans, tout d’abord, avec qui elle a un flirt. Elle a tout juste quinze ans et c’est à cette époque, d’ailleurs, qu’elle prend le surnom de Cora Pearl. C’est cet homme qui l’emmènera à Paris, la ville qui changera à jamais sa destinée. Ils admirèrent « la grâce naïve avec laquelle les Parisiennes du lieu exhibaient à l’œil du public continental et insulaire la cambrure plus ou moins pimpante de leurs pieds. » Lui repartira au Royaume-Uni, elle restera à Paris. La voilà éprise d’un marin, puis d’un bourgeois qui l’introduit dans la haute société ; enfin vient un héritier d’un grand nom du Premier Empire. Et d’autres, tout aussi riches, qui lui offrent notamment des chevaux, qu’elle monte à Maisons-Laffitte où elle a une campagne. Les parisiennes 36
  37. 37. Elle fréquente les bals de l’Opéra, le Bois de Boulogne, Bade ou Monte-Carlo ; elle joue de l’argent sans compter, dîne chez les hommes riches qu’elle déniche et reçoit d’eux, notamment pour sa conversation, montre en or, services en argent… Désormais maîtresse d’un duc, elle reçoit colliers de perles, fourrures et autres présents coûteux. Elle n’est pas du tout fidèle, à part si ces « protecteurs » sont prêts à payer pour l’exclusivité, alors ils doivent prendre une sorte d’abonnement « premium » : douze mille francs par mois au moins pour un certain duc. « Quoi qu’il en fût, il ne m’était plus possible de rester avec de Rouvray, mais il était non moins délicat de brusquer une rupture. Le duc nous épiait, la corde était terriblement tendue, et j’avais toutes sortes de bonnes raisons pour me ranger du côté du plus fort. » Elle multiplie les conquêtes et croque les fortunes à pleines dents. Pour les trouver, Cora se rend assidûment aux courses. Fille de la petite bourgeoisie britannique, elle connaît les usages de ce milieu. Elle aime l’art, le théâtre… Pourquoi des hommes fortunés payent-ils pour fréquenter ou être l’amant de cette jolie jeune femme ? C’est simple ! Pour fuir l’ennui d’une vie bien rangée ! Cora sait comment les distraire, elle devient un produit de luxe que les hommes veulent posséder pour montrer leur importance en société. Elle joue avec habileté de la compétition qui anime le monde masculin en se rendant au bal de l’Opéra au bras d’un jeune diplomate, qu’elle décrit comme « très titré, très décoré, très envié ». Elle compte ainsi donner envie de la posséder aux hommes qui veulent rivaliser entre eux afin de montrer eux aussi de quoi ils sont capables. « Le duc parut touché de mon repentir. Pour cimenter la réconciliation, il m’acheta, rue Bassins, un petit hôtel de quatre cent vingt-cinq mille francs, sur lequel il donna tout de suite deux cent mille francs » Elle tient aussi salon et devient celle qu’il faut connaître pour rencontrer les personnes les plus en vue de l’Empire. Cora Pearl, c’est Nana en plus chic. Tout comme l’anti-héroïne de Zola, « les grandes dames » l’envient et la méprisent tout à la fois. Mais, surtout, elles la redoutent. Les parisiennes 37
  38. 38. Désormais, Cora Pearl voyage avec six chevaux, un personnel nombreux et il lui faut louer un wagon complet pour ses bagages. C’est sûrement plus rentable que de devenir ouvrière dans une usine ! On la prend pour une princesse, mais elle est, en règle générale, bien plus jolie. Mais cela ne veut pas dire que tout le monde accepte la demoiselle ! Combien de fois lui a-t-on refusé l’entrée d’un salon ! Elle est victime d’une mesure de restriction qu’elle réussit à contourner en se trouvant l’un des invités les plus en vue de la soirée comme cavalier. Il y a de toute façon toujours au moins quinze personnes autour de sa table ! Elle engage un cuisinier qui redouble d’efforts pour impressionner ses convives. L’attrait de la nouveauté, de l’excellence, être un produit de luxe, cela se cultive. À Vichy, où elle loue une propriété, elle brille et reçoit « amis et amis des amis ». On y danse le matin, on y danse le soir. On allume des lanternes vénitiennes de couleur dans le jardin où on tire des feux d’artifice. On y joue aux charades et aux fameux tableaux vivants, vus également dans la « maison de liesse », House of Mirth d’Edith Wharton. Le punch coule à flots. Et tout le monde veut être de la fête : « J’ignorais jusqu’au nom du plus grand nombre de mes convives et c’étaient ces appétits anonymes qui me procuraient une satisfaction bien chère » Les parisiennes Photographie originale de Cora Pearl par Eugène Disdéri. 38
  39. 39. Avec Cora Pearl, les plus grands officiers redeviennent des enfants : « On courait le soir dans les rues, on changeait les enseignes des boutiques, on cassait les réverbères. » « Une farce amusante consiste à prendre un nom aussi bizarre que possible et à s’en aller demander de maison en maison si l’on n’est pas chez l’individu porteur de ce nom imaginaire. » Cora Pearl devient une vraie Parisienne avec le temps : « Vous êtes anglaise ? me demanda-t- il. – Je suis née en Angleterre, monsieur le duc. – Oui, reprit-il, avec son sourire malin, française à la mode d’outre-mer ? – Non, à la mode du cœur. – Bah ! la mode change et le cœur a des caprices. – On ne s’en plaint pas toujours, lui dis-je. » « J’ai le sale en horreur, et quoique n’ayant pas l’avantage d’être parisienne par la naissance, j’ai scrupuleusement suivi le conseil de Musset : je n’ai jamais laissé traîner mon bras sur la manche du premier venu. Maîtresse de mon choix, j’ai gardé envers et contre tous mon indépendance. C’était le seul moyen de me faire aimer des gens à sac, ou de chambarder les malins. » Cora a beaucoup possédé, Cora a beaucoup gaspillé : « J’ai eu beaucoup d’argent, beaucoup de bijoux, des parures magnifiques […] L’hiver, je donnais des soupers avec quinze cents francs de violettes de Parme. » « Mon désir de contenter ceux qui me faisaient l’amitié d’accepter chez moi une invitation me poussait parfois à des excentricités plus ou moins divertissantes. Un soir on prend le café. Un monsieur casse un petit verre et paraît très vexé. J’ai la maladresse, cherchée, d’en casser quatre. Et notez que je tenais beaucoup à ce service. Je ne pouvais moins faire pour un galant homme, je n’aurais voulu pour rien au monde le laisser partir avec l’arrière-pensée qu’il m’eût contrariée en quelque chose. » Les parisiennes 39
  40. 40. L’Exposition universelle est l’occasion pour Cora Pearl de briller de nouveau en société. « Quand nous devions nous rencontrer à l’Exposition universelle, nous nous y rendions isolément. Le duc avait un salon turc spécial, où je le retrouvais chaque jour à la même heure. » « C’était avec un plaisir extrême qu’il examine, dans les plus petits détails, les objets d’art, les procédés de fabrication étrangère, les machines, particulièrement celles qui présentent une application nouvelle de l’électricité. » Le duc finira ruiné et Cora ira pêcher sur d’autres rivages : « J’ai été en effet bien occupé à mon arrivée, et je le suis encore souvent peu agréablement. Vendre ma maison, vendre tous mes débris, déménager une partie en Suisse, tout cela est plus qu’ennuyeux. | …] j’espère que tu reconnaîtras toi-même combien ce que tu m’écris est injuste. Réfléchis, tu connais la vie. Eh bien, as-tu trouvé beaucoup d’hommes aussi empressés que moi à t’être utiles et agréables ? Je ne parle pas seulement quand j’étais riche et puissant, mais depuis quelques mois même, que le sort ne me gâte pas ! Et toi ? » Cora Pearl continuera à séduire les fortunes et fera une belle carrière de courtisane. Voilà ce que Cora Pearl dira sur les relations amoureuses : « Je puis dire que je n’ai jamais eu d’amant de cœur. Cela s’explique par le sentiment même qui m’a toujours inspiré une horreur instinctive pour le sexe fort. » « Mais pour ce qu’on est convenu d’appeler les passions aveugles, les entraînements fatals, non ! Je ne les ai pas connus pour mon repos et mon bonheur. » « J’ai toujours regardé l’amant de cœur comme un racontar, un mot creux. Parmi les femmes que j’ai fréquentées, et elles sont nombreuses, j’en ai vu des masses qui s’abusaient étrangement sur la matière. Elles finissaient par croire à l’amant de cœur, par leur seul désir d’y croire, confondant le masque avec le visage, le singe avec l’homme, Clichy- la-Garenne avec une forêt vierge du Nouveau Monde. » Les parisiennes Le prince Achille Murat et Cora Pearl en 1865 par Louis-Jean Delton 40
  41. 41. Le prince Achille Murat et Cora Pearl en 1865 par Louis-Jean Delton 41
  42. 42. Les midinettes. Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, les modistes gagnaient 3,75 F par jour de travail. Du coup, beaucoup préféraient faire dînette dans un parc, c’est-à-dire apporter de chez soi de quoi manger à midi. C’est de là que vient l’expression « faire dînette ». L’expression « midinette » apparaît exactement en 1890. Le peintre Jean Béraud et le graveur Henri Boutet immortalisent alors la midinette dans de nombreux tableaux et dessins. Les modistes étaient fort nombreuses à Paris en 1900, c’était le secteur économique qui employait le plus de femmes de la classe populaire. Le marché américain florissant constituait notamment la clientèle des maisons de haute couture parisiennes célèbres telles que Paquin, Worth ou Callot Sœurs… Les parisiennes Jean Béraud La Modiste Sur Les Champs ElyseesSortie des ouvrières de la Maison Paquin, rue de la Paix (vers 1902), Jean Béraud - Exposition "Paris 1900, la ville spectacle", Petit Palais, Paris VIIIe 42
  43. 43. Un bibi pour Nana Apparu au XIXe siècle, le bibi est un petit chapeau porté sur le côté de la tête. Il remplace petit à petit les hautes coiffures sublimées par la célèbre modiste Rose Bertin et les chapeaux volumineux.Béret noir d'ivoire (Quintessence) On prétend qu’à l’origine, ce mini chapeau élégant était prisé des femmes vertueuses, lasses des couvre-chefs trop voyants. Ce bibi a été réalisé en l’honneur de l’héroïne du roman d’Émile Zola, Nana, qui aime offrir des chapeaux ! Métaphore du Second Empire qui, d’un côté, censure, notamment Baudelaire, et de l’autre, met en scène de façon ostentatoire des demi- mondaines, Nana, ou « la mouche d’or », est l’une de ces cocottes évoluant dans les salons fastueux du XIXe siècle. Fille de Gervaise et Coupeau (L’Assommoir), elle est issue de la classe ouvrière miséreuse de l’époque. Jugée comme la corruptrice par excellence, Nana serait responsable de tous les maux de la société : « Avec elle, la pourriture qu’on laissait fermenter dans le peuple remontait et pourrissait l’aristocratie. » Elle vengeait « les gueux et les abandonnés dont elle était le produit ». C’est avec son corps qu’elle gravit la pyramide sociale, avalant au passage quelques fortunes, en passant par l’escalier du demi- monde. Mais a-t-elle vraiment d’autres choix ? Ce monde décrit dans Nana semble en même temps fasciner et rebuter les fallacieux et conventionnels contemporains de Zola, qui en profitent pourtant sans commune mesure. Avec cette analyse sociale engagée de l’époque, l’auteur met à nu le Second Empire et son jeu social permanent des apparences. Ce bibi en pure laine vierge mérinos, produit d’un savoir-faire traditionnel et artisanal, donne du caractère à vos tenues raffinées. Les Parisiennes Nana d'Édouard Manet, tableau de 1877 43
  44. 44. 44
  45. 45. Sarah Bernhardt dans le rôle de Junie dans «Britannicus» de Jean Racine vers 1860 Gaspard Felix Tournachon Nadar Cleo de Mérode vers 1903 Les danseuses et icônes de mode de la belle époque Les Parisiennes 45
  46. 46. 46 Josephine Baker par Lucien Walery en 1927 de la production Folies Bergère «Un Vent de Folie » Les parisiennes Joséphine Baker par Walery en 1926 Josephine Baker danse le Charleston au Folies-Bergère , Paris
  47. 47. Liane de pougy par Paul Nadar Les Parisiennes 47
  48. 48. Simone de Beauvoir Un siècle et demi après la rédaction de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791, la publication du Deuxième Sexe est un séisme qui divisa fortement la société française, et qui la divise toujours ! Il y a ceux qui crient au scandale et traitent l’auteur de névrosée ou de frigide et il y a celles qui, féministes ou non, prendront pour référence ce livre qui décrit franchement leurs préoccupations : contraception, avortement, masturbation féminine… Pour Simone de Beauvoir comme pour son compagnon, Jean-Paul Sartre, l’être humain n’est pas prédéterminé. Il définit par ses actes sa propre essence. Partant de ce postulat, pour Simone de Beauvoir, il existe entre les sexes masculin et féminin une « structure ontologique commune » ; la domination sociale de l’homme sur la femme est donc purement culturelle. Simone de Beauvoir se met à rêver de femmes totalement libres, égales de l’homme. Le Deuxième Sexe devient la bible de bon nombre de féministes de l’après-guerre. Même s’il fut critiqué par beaucoup d’autres qui pensent que la femme n’est pas « un homme comme les autres » et peut être l’égale de l’homme, tout en ayant une « structure ontologique différente ». Simone de Beauvoir 100% pratique! Les parapluies « Simone de Beauvoir et Little Simone» sont en hommage à cette femme de lettre française, indépendante et libre! Il sublimeront vos tenues minimalistes avec leurs couleurs lumineuses inspirées du drapeau national français. Les parisiennes Alberto Korda 1960 Milner Moshe 1967 48
  49. 49. 49
  50. 50. La parisienne à Hollywood « Paris est le cliché que les Américains préfèrent » Woody Allen 50
  51. 51. 2012 : L’ exposition à succès Paris vu par Hollywood de l’hôtel de ville de Paris. La Parisienne à Hollywood Paris fascine les réalisateurs : «  C'est la ville de toujours qui les intéresse. Ces films nous apprennent moins sur Paris que sur le fantasme américain. Ils nous parlent de tension, de désir, de phobie. Ils nous parlent de l'inconscient américain » affirme l’historien Antoine de Baecque. Comme le dit Inès de la Fressange la Parisienne n’est pas forcement née à Paris. C’est une femme qui incarne la ville. Voici quelques parisiennes mythiques dans les films américains. Audrey Hepburn dans Charade *Retrospective Voici le livre souvenir de l’exposition 51
  52. 52. La Parisienne à Hollywood Un extrait du livre « photos souvenirs » de l’exposition « Dans le cinéma hollywoodien, Paris est, de loin, la ville étrangère la plus représentée. On peut estimer à prés de huit cents le nombre de films américains tournés à Paris, ou qui y sont situés par la reconstitution en décors. Ce que reconnaît le spectateur moyen, ce sont quelques clichés de la ville fabriqués par Hollywood, que l'on peut égrener en convoquant les quelques plans d'ouverture d'Un Américain à Paris (An American in Paris, 1951) de Vincente Minnelli, l'un des plus célèbres de ces "Paris-films". Paris n'est pas une parenthèse touristique, mais bel et bien l'exposé d'un art de vivre chic. Un Paris-film hollywoodien, c'est un air de réalité. Hollywood, grand dévoreur de folklore urbain, refabrique une cité dans son propre creuset, selon ses propres décors, avec ses propres idées et émotions, en s'inspirant de ce que ses plus habiles techniciens, dans tous les domaines, pensent être la plus juste image de la ville. Paris vu par Hollywood explore cent ans de cinéma et propose une analyse inédite et réjouissante sur le cinéma d'Ernst Lubitsch, Blake Edwards, Woody Allen, mais aussi sur l'incarnation de la Parisienne ou sur la façon dont le cinéma d'action envisage Paris. Invitant les plus brillants critiques français et américains à écrire sur le sujet, Paris vu par Hollywood est le livre de cinéma indispensable pour comprendre l'apport et l'influence de Paris dans le cinéma américain, une passionnante balade cinéphilique illustrée avec nombre de photos et documents inédits. » Antoine de Baecque 52
  53. 53. La Parisienne à Hollywood Un extrait du livre « photos souvenirs » de l’exposition 53
  54. 54. La Parisienne à Hollywood On Gene Kelly dans un américain à ParisAudrey Hepburn dans Sabrina On 54
  55. 55. La Parisienne à Hollywood Marilyn Monroe dans les hommes préfèrent les blondes On Ingrid Bergman dans Casablanca On 55
  56. 56. Le béret de la Parisienne Les bergers béarnais sont les créateurs du béret français, qui était notamment offert aux garçons pour marquer leur entrée dans le monde des adultes. C’est au XIXe siècle que les femmes le garniront d’une doublure en soie : un énorme succès, surtout auprès des militaires ! Le petit béret que l’on appelait mutin, piqué, c’est celui de la Parisienne, qui est, selon l’écrivain Colette, une « propriété nationale » de la France. Selon Françoise Müller, commissaire de différentes expositions, Paris est la « ville qui invente, fait et défait les modes ». La Parisienne serait plus savante que les autres femmes dans la science de l’être, mais aussi du paraître. Modèle d’élégance et d’attitude, la Parisienne est un symbole de l’art de vivre : elle encourage la vie intellectuelle de son temps, elle cultive le don de la conversation et le sens de la repartie. Prenant part à la vie de Paris dans tous ses aspects, la Parisienne est multiple, faite de diversité ; elle regroupe la duchesse Greffulhe, la demi- mondaine Cora Pearl, ou une midinette, jeune ouvrière parisienne de la couture, élégamment vêtue… La Parisienne n’est pas apprêtée : tout semble chez elle inné et naturel, mesuré, « elle est toujours entre classicisme et avant-garde ». Mélange de sobriété et d’affirmation de soi, elle apporte toujours sa touche personnelle « qui est dans le ton et qui donne le ton ». C’est surtout durant les années trente que les Parisiennes adoptent réellement le béret. Coupe « à la garçonne », vêtements confortables, l’heure est à la liberté ! Le petit chapeau devient la coqueluche des actrices de cinéma occidentales de l’époque : Jean Harlow, Marlène Dietrich, Greta Garbo… en feront un accessoire indissociable de leur style vestimentaire. On le porte alors basculé, cachant un sourcil. La Parisienne à Hollywood 56
  57. 57. 57
  58. 58. 58
  59. 59. La Collection capsule Les quatre éléments Avant l’avènement de la science moderne existait la science naturelle les quatre éléments permettaient alors de saisir l’essence du monde. Selon Marc-Aurèle il faudrait : « Se rappeler toujours cette sentence d’Héraclite : La mort de la terre, c’est de se changer en eau ; la mort de l’eau, c’est de se changer en air ; la mort de l’air, de se changer en feu ; et réciproquement. » (Pensées pour moi- même – Livre IV). Notre collection capsule les quatre éléments est un hommage à la science naturelle ! Nous avons choisit d’illustrer les éléments naturelles en poésie. 59
  60. 60. L’ Eau Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges Jeter l’ancre un seul jour ? Extrait « Le Lac » d’ Alphonse de Lamartine Les quatre éléments Le Brasier J’ai jeté dans le noble feu Que je transporte et que j’adore De vives mains et même feu Ce Passé ces têtes de morts Flamme je fais ce que tu veux Extrait le Brasier de Guillaume Apollinaire 60
  61. 61. Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire, Tout dise : Ils ont aimé ! Alphonse de Lamartine Extrait du lac Les quatre éléments La terre est bleu La terre est bleue comme une orange Mousseline marron glacé Jamais une erreur les mots ne mentent pas Ils ne vous donnent plus à chanter Au tour des baisers de s’entendre Les fous et les amours Elle sa bouche d’alliance Tous les secrets tous les sourires Et quels vêtements d’indulgence À la croire toute nue.Les guêpes fleurissent vert L’aube se passe autour du cou Un collier de fenêtres Des ailes couvrent les feuilles Tu as toutes les joies solaires Tout le soleil sur la terre Sur les chemins de ta beauté. Paul Eluard, L’amour la poésie, 1929 61
  62. 62. 62
  63. 63. Et maintenant… “La Parisienne est une légende, donc, elle existe plus que les autres femmes, et ce pour l’éternité.” Amélie Nothomb 63
  64. 64. Inna Modja Joséphine Japy Clémence Poésy Elles incarnent la parisienne Et maintenant … Georges Biard Vittorio Zunino Marco Conti Sikic 64
  65. 65. Focus : sur la vie des parisiennes d’aujourd’hui Comme le dit Inès de la Fressange, la Parisienne n’est pas forcement née à Paris. Mais c’est une femme qui incarne la ville. Voici quelques Parisiennes mythiques des films américains. Parisiennes dans l’air du temps, Cassandre, Marianne, Claire, Minh-Chau et Aminata nous permettent de découvrir la vie parisienne d’aujourd’hui avec beaucoup d’humour. Et maintenant … 65
  66. 66. Et maintenant … Découvrez notre board spécial Parisienne sur Pinterest. 66
  67. 67. Le Prochain numéro: Qui à tué Lily Bart ? House of Mirth d’Edith Wharton 67
  68. 68. Edith Wharton : La plus française des écrivains américains. Édith Wharton née Édith Newbold Jones le 24 janvier 1862 à New York est issue d’une famille fortunée de la bourgeoisie américaine. Durant son enfance elle voyage en Europe de 1866 à 1872 , puis de retour en Amérique elle passe ses hivers à New York et ses étés dans la maison familiale de Pencraig à Newport (Rhode Island). Elle épouse en avril 1885, Edward Wharton (Teddy) banquier issu d’une riche famille de Boston. Edith se passionne pour la décoration de leur résidence. Elle modifie avec Ogden Codman la demeure. Ils écrivent The decoration of Houses qui est la pierre angulaire de sa carrière d’écrivain entamée à 15 ans avec Fast and Loose. Edith publie à partir de 1900 de nombreuses nouvelles et achète un grand terrain sur laquelle elle fait construire une villa somptueuse The mount où elle reçoit ses amis. Elle se lance dans le roman avec The valley of decision et entame une correspondance avec Henry James son » Cher Maître ». 1905 est l’apogée de sa carrière The house of Mirth (Chez les heureux du monde) best-seller sera vendu en quelques mois à plus de 140 000 exemplaires. Elle vient alors s’établir en France et divorce en 1913 de son mari. La guerre éclate Édith s’engage: aide les réfugiés , crée des ouvroirs pour les femmes sans travail, voyage au front et écrit des articles réunis dans fighting France, from Dunkerque to Belfort.Wharton En 1920 le prix pulitzer lui est attribué et elle triomphe avec The Age of Innocence. En 1922 elle retourne une dernière fois aux États-Unis où elle est nommée docteur honoris causa par l’université de Yale. De 1933 à 1936 elle écrit ses mémoires dans The Backward Glance (les chemins parcourus) et Life and I (La Vie et Moi), ce dernier sera posthume . Edith Wharton meurt dans le Val d’Oise ( France) le 11 août 1937 d’une attaque à l’âge de 75 ans. Elle repose à Versailles auprès de son ami Walter Berry. Voici la collection Lily For Fily’s inspirée de l’héroïne du roman House of mirth d’Edith Wharton Lily Bart. Prochain numéro Otto Wegener 68
  69. 69. La house of mirth portrait d’une société cruellement humaine. The House of Mirth fut à l’origine publié en feuilleton de 11 épisodes dans le Scribner ‘s Magazine(1887-1939) avant de devenir un best-seller sous la forme d’un roman en 1905. L’auteur choisie de peindre un univers qu’elle a bien connu, celui de la haute société new-yorkaise la fameuse « classe de loisir ». Les journaux diffusent les valeurs autour desquelles la vie sociale se construisait : « l’ idéal d’un monde pour qui la distinction consiste à être en vue, et qui considère les « échos » mondains comme les annales de la renommée. » Avec House of Mirth on assiste à de véritables parades sociales, on va à l’opéra non pas pour voir mais pour y être vue, si possible dans les plus riches accoutrements et avec la plus en vue des compagnie. Chacun se place dans cette pièce mondaine « les parvenus » essayent tous de se frayer un chemin afin d’atteindre le sommet de la pyramide sociale, certains en louant les services d’une coach, Carry Fisher, tels les Bry et d’autres ne comptant que sur leur argent et leur talent comme Simon Rosedale. Dans la maison de liesse il faut absolument respecter les codes imposé par cette société . Ce sont ces codes auxquels Lily Bart, l’héroïne, va déroger et c’est ce qui l’a perdra: » Lily savait qu’il n’est rien dont la société se venge plus durement que d’avoir couvert de sa protection des gens qui n’ont pas su en profiter: c’est pour avoir trahi sa complicité que le corps social punit le coupable qui se laisse prendre. » House of Mirth Voici la collection Lily For Fily’s inspirée de l’héroïne du roman House of mirth d’Edith Wharton Lily Bart. . Prochain numéro : Qui a tué Lily Bart ? Mme Richard Bennett Lloyd 1775 – 1776 Collection privée Huile sur toile, 146 x 236 cm 69
  70. 70. Lily Bart, un exemple de la condition féminine new-yorkaise au XIXe siècle. Lily Bart est le joyau que contient la mystérieuse caste sociale aristocratique new-yorkaise du XIXe siècle. « Rayonnante [...] jeune femme à marier », elle est « de teint pur et lisse », avec un « pas léger et allongé » On note « quel haut échelon elle occupait dans l’échelle des êtres. » On affirme que « tout en elle était à la fois vigoureux et exquis, à la fois fort et fin. » On a l’intuition que, telle une Galatée, « elle avait dû coûter beaucoup à créer ». Ou, mieux encore, « qu’un grand nombre, incolores et laids, avaient été, de quelque mystérieuse façon, sacrifiés pour la produire ».Dans un sursaut de lucidité, le narrateur se questionne : « Les qualités par où elle se distinguait de la masse étaient surtout de surface, comme si un émail rare et délicat avait été appliqué sur une argile commune. » « Se pouvait-il faire que la matière fût précieuse, mais que les circonstances lui eussent donné une forme futile ? » Ces questions centrales nous taraudent peut-être parce qu’elles turlupinent l’héroïne elle-même !Lily Bart est l’idéal féminin physique du début du siècle dernier. À vingt-neuf ans, l’orpheline pauvre, hébergée par sa riche tante, est une femme fatale avec un sens instinctif du décor. Prédatrice, elle doit absolument trouver un époux pour pouvoir tenir son rang : « C’était à elle d’imaginer quelque moyen d’approche qui ne semblât pas une avance de sa part ». Pourtant, apparemment, le destin de riche épouse simplement décorative ne lui suffit pas. Se sachant enchaînée à cette aristocratie financière new-yorkaise, héritière des marchands hollandais du siècle précédent, elle rêve d’appartenir à « la république de l’esprit » dont Selden, le grand confident de sa psyché, lui montre la porte. House of Mirth étant un roman darwiniste, rapidement, le destin de Lily Bart se scelle : soit elle tiendra le haut de la pyramide sociale, soit elle mourra. Voici la collection Lily For Fily’s inspirée de l’héroïne du roman House of mirth d’Edith Wharton Lily Bart. Prochain numéro : Qui a tué Lily Bart ? Mme Richard Bennett Lloyd 1775 – 1776 Collection privée Huile sur toile, 146 x 236 cm 70
  71. 71. Prochain numéro : Qui a tué Lily Bart ? http://filys.fr/newsletter-qui-a-tue-lily-bart/ Pour en savoir plus sur le prochain numéro n’hésitez pas à vous inscrire sur notre newsletter spéciale Lily ! 71
  72. 72. Charles Dana Gibson Prochain numéro : Qui a tué Lily Bart ? http://filys.fr/newsletter-qui-a-tue-lily-bart/ Pour en savoir plus sur le prochain numéro n’hésitez pas à vous inscrire sur notre newsletter spéciale Lily ! 72
  73. 73. contact@filys.fr 73

×