Dirigeants et managers : vos mots parlent !
Quelques pistes de réflexion sur le pouvoir des mots dans le management.
Par F...
Prenons l’exemple du vouvoiement, si particulier en monde latin : de plus en plus
d’entreprises le remplacent par le tutoi...
Pas de relation managériale réussie non plus sans paroles de reconnaissance : ne dit-on pas
qu’un signe de reconnaissance ...
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Dirigeants et managers vos mots parlent -LHH-DBM Dirigeants

  1. 1. Dirigeants et managers : vos mots parlent ! Quelques pistes de réflexion sur le pouvoir des mots dans le management. Par Francis GIRARD. Informations, communication, paroles d’autorité, échanges, interview, néologismes, anglicismes, jargon … le langage est partout dans la vie de l’entreprise. Les mots véhiculent le sens, facilitent ou empêchent les relations, mobilisent ou découragent … Réflexions sur le langage dans l’entreprise. De la langue maternelle à la langue de bois… les paroles ne sont pas neutres ! Acquise depuis l’enfance, la langue maternelle comporte des variations importantes. On distingue en effet des niveaux de langues différents : familière, soutenue, technique, savante, populaire, argotique, « jargonnante » … Ces variations sont sources d’ambiguïté mais heureusement, la plupart du temps, elles ne nous empêchent pas de communiquer et de nous comprendre. Notre utilisation de notre langue maternelle traduit nos pensées, nos intentions ainsi que nos ressentis. Elle peut aussi nous trahir car elle est souvent interprétée et nos mots sont des miroirs de nos relations.
  2. 2. Prenons l’exemple du vouvoiement, si particulier en monde latin : de plus en plus d’entreprises le remplacent par le tutoiement. C’est à la fois un reflet d’une volonté de simplicité et de proximité mais certains vont reprocher au tutoiement de fausser les rôles respectifs d’autorité et de subordination et le soupçonner de démagogie… Dans l’entreprise qui se veut pragmatique, rigoureusement économique et parfois citoyenne, nous entendons communiquer sur les faits, les données, les projets en fonction d’objectifs afin d’atteindre des résultats. Nous déclinons une stratégie. Nous restructurons, nous faisons du reingeniering, du benchmark … tout cela dans le sens de l’efficacité de notre business ! En même temps nous revendiquons un « management des hommes » qui ne fasse pas fi de l’intelligence émotionnelle, d’une culture d’entreprise, de l’intelligence collective et de la créativité des personnes. Certains s’en gaussent parfois y décelant soit pédantisme soit une forme d’euphémisme ou de manipulation afin d’atténuer la « violence des échanges en milieu tempéré » (cf. le film). D’autres s’inquiètent de ce jargon reflet de la culture des entreprises anglo-américaines réputées socialement plus dures que les nôtres... Mais ne refusons pas qu’à réalités nouvelles correspondent des mots nouveaux ou empruntés et non traduisibles car plus riches dans l’idiome d’origine et vraiment ridicules dans une forme francisée. Le terme management illustre bien cela puisqu’il ajoute à encadrement et à gestion une dimension plus dynamique d’animation. Que dire aussi du mot restructuration que les acteurs sociaux qualifient volontiers de « langue de bois » tant il est vrai que chacun comprend le mot à partir de ses conséquences pour lui-même et ses semblables. C’est le cas aussi pour l’expression l’implication des salariés. Couramment utilisée par les dirigeants pour lesquels elle est souvent synonyme de performance pour leur entreprise alors que pour les salariés, ce paradigme recouvre plus leurs attentes ou leurs aspirations individuelles ou de lien social . Le langage au cœur de la relation managériale et de son efficacité. Le Prix Nobel Elie Wiesel a écrit « Je crois au pouvoir des mots, ils relient les êtres humains ». Si l’on pousse cette idée que ne dénieront pas les Sciences Humaines, dans l’espace de l’entreprise, la relation se fonde aussi sur le langage car il n’y a pas de « vision partagée » sans mots pour la dire … Ce langage commun n’est possible que dans la rencontre et des temps de partage plus ou moins formels, osons dire, de teambuilding ! Ces nécessaires temps de parole et d’échange, de « bon commerce » viennent entre autres compenser la sécheresse, voire la brutalité parfois, des mots échangés par mail …Il est indispensable pour la créativité d’une équipe que la relation de ses membres soit de qualité, celle-ci passe nécessairement par le langage, l’ajustement dans la compréhension des mots que les coachs appellent « méta communication ». Beaucoup de désaccords ne sont dus qu’à des acceptions différentes de mêmes mots, outils imparfaits et souvent très personnels. L’on sait aujourd’hui qu’une équipe qui ne communique pas et qui ne bénéficie pas d’une régulation ne produit qu’à 25% de ses capacités alors que, régulée, c’est-à-dire prenant le temps de se construire dans la relation et donc par le langage, l’équipe va donner 75% de ses moyens …
  3. 3. Pas de relation managériale réussie non plus sans paroles de reconnaissance : ne dit-on pas qu’un signe de reconnaissance positif, relié à la réussite ou à la qualité d’une réalisation, libère 10 fois plus d’énergie chez celui qui le reçoit qu’un signe négatif ? De là à penser que le langage peut être productif ou contre-productif, il n’y a qu’un pas ! Nous rejoignons ici la puissance d’agir du langage, sa force. Il est banal de dire que les mots peuvent blesser. Certains parlent alors de « blessure linguistique » aussi forte que la « blessure physique » … Car certaines expressions, certains mots accomplissant ce qu’ils énoncent, ce que le grand linguiste anglais .J L. Austin a appelé « le langage performatif ». La conscience que le manager a de ce qu’il exprime et la manière dont il le fait revêt dans ce sens un intérêt considérable. Que l’on pense seulement au remerciement ou à la félicitation qui peuvent restaurer un lien entre un collaborateur et son N+1. Dans « Le Meilleur des mondes », Aldous Huxley n’a pas hésité à écrire « les mots peuvent ressembler aux rayons X, si l’on s’en sert convenablement, ils transpercent n’importe quoi » la congruence, la cohérence entre son propos et ce que l’on est confère au langage un pouvoir redoutable. Gageons qu’avec la psychologie, l’analyse transactionnelle, la PNL, la sémantique générale, la sémiologie, tous outils ou approches des coachs intégrant la dimension fondamentale des « processus langagiers », gageons que les managers d’aujourd’hui et de demain créent aussi de la valeur par l’ajustement de leur langage à la réalité de leurs challenges ! Le dirigeant ou le manager dont on dit volontiers qu’ils sont ou devraient être « porteurs de sens », ont-ils toujours conscience de ce qui disent vraiment leurs mots ?

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