Pollution de l’air et Santé Publique 
Denis Zmirou-Navier 
Faculté de Médecine, Université de Lorraine, Nancy 
INSERM U108...
Eléments de l’exposé 
•La pollution atmosphérique a changé 
•Enjeux de santé publique, dans les pays «développés» et dans ...
Pollution atmosphérique : les enjeux 
Une menace «historique» qui demeure présente et rebondit à l’échelle du globe 
Le sm...
Les mesures ont atteint des niveaux 
45 fois supérieurs aux seuils définis 
par l’Organisation mondiale de la santé 
(OMS)...
La pollution urbaine «moderne»: «LA» 
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Pollution atmosphérique et santé: un champ de recherche très nourri 
1967 1990 2012 
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PubMed: 26 229 public...
Source: Air quality and Health ERS 2010 
Health outcomes for which there 
Is at least some evidence of an 
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La baisse de la pollution atmosphériqueparticulaire se traduit par un gain d’espérance de vie (1an/15μg.m-3) USA, 1980-200...
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Source: Aphekom 2011 (S Medina et al) 
Perte d’espérance de vie et PM2.5 en Europe * 
* Par rapport à l’objectif OMS
Burden of disease from Air Pollution for 2012 (OMS 2014) 
Ambient air pollution (AAP) : 
Globally, 3.7 million 
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Global burden of disease 
Source: S Lim et al. A comparative risk assessment of burden of disease and injury attributable ...
Burden of disease from Air Pollution 
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Ambient air pollution (AAP) : Globally, 3.7 million deaths were at...
Des émissionsnationales qui poursuivent leur baisse … 
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Pourquoi l’Europe a-t-elle renoncé ? (Directive CAFE 2008) 
Des «normes» de qualité de l’air qui ne sont plus incitatives ...
Année 
Moyenne annuelle 
Valeurs réelles 
Ecrêtement des valeurs journalières 
à 50μg/m3 
Ecrêtement des valeurs journaliè...
Cessons la gesticulation sur les pics (suite) 
Agir sur les valeurs moyennes annuelles (le «fond») est beaucoup plus effic...
Inégalités sociales d’exposition à la pollution atmosphérique 
Lille-métropole 
Grand Lyon 
Marseille-métropole 
Paris et ...
Une situation fortement marquée par l’histoire de la construction urbaine 
Source: Padilla et al, 
Environ. Research, 2014...
Pollution atmosphérique et climat 
Pour une part, les même causes 
La mobilité va croître, ainsi que la consommation énerg...
Pollution atmosphérique et climat 
Pour une part, les même causes 
La mobilité va croître, ainsi que la consommation énerg...
Quelques enseignements généraux 
Ne pas se tromper de perspective: 
Un environnement localqui s’assainit dans les pays ric...
Conclusions 
•Une menace persistante, mieux comprise, aux impacts locaux encore importants, quoique moindres, inégalement ...
«L’homme, par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres intérêts, par son penchant pour jouir de tout ce qui est à...
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Pollution atmosphérique & santé publique / Journée Santé Environnement 2014 : l'Air

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Intervention du Professeur Zmirou-Navier
Journée Santé Environnement 2014 : l'Air
Organisée par la FRAPNA Loire à la Cité du design à Saint-Etienne.

Publié dans : Environnement
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Pollution atmosphérique & santé publique / Journée Santé Environnement 2014 : l'Air

  1. 1. Pollution de l’air et Santé Publique Denis Zmirou-Navier Faculté de Médecine, Université de Lorraine, Nancy INSERM U1085-IRSET, Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, Rennes (Président de la Commission des Risques liés à l’environnement, Haut Conseil de la Santé Publique)
  2. 2. Eléments de l’exposé •La pollution atmosphérique a changé •Enjeux de santé publique, dans les pays «développés» et dans le monde •Exposition, risques et inégalités sociales •Pollution atmosphérique et gaz à effets de serre : désormais un même combat
  3. 3. Pollution atmosphérique : les enjeux Une menace «historique» qui demeure présente et rebondit à l’échelle du globe Le smog de Londres, Décembre 1952
  4. 4. Les mesures ont atteint des niveaux 45 fois supérieurs aux seuils définis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les autorités de Pékin ont précisé que la densité de particules de 2,5 microns de diamètre (PM 2,5) –celles qui pénètrent le plus profondément dans les poumons –était «supérieure en de nombreux endroits à 700 microgrammes par mètre cube». Il a même atteint 900 en certains lieux. Le Monde, 13 janvier 2013 Pékin, janvier 2013 Fin décembre 2013, rapporte le service de veille technologique du ministère des affaires étrangères français, la concentration de particules fine d’un diamètre inférieur à 10 microns (PM10) tournait autour de... 700 g/m3en moyenne. Avec un pic à plus de 1000 à Delhi, le 26 décembre. Dehli, 26 décembre 2013
  5. 5. La pollution urbaine «moderne»: «LA» 5
  6. 6. Pollution atmosphérique et santé: un champ de recherche très nourri 1967 1990 2012 1587 194 258 PubMed: 26 229 publications depuis 1946 (août 2013) Epidemiology AND Air pollution Cancer Asthme Maladies cardio-vasc. 4437 43623286 International conference of ISEE/ISES/ISIAQ, Bâle 2013: 1700 participants; 2/3 des communications Août 2013
  7. 7. Source: Air quality and Health ERS 2010 Health outcomes for which there Is at least some evidence of an association with air pollution : Acute effects Daily mortality (heart infarction, respir. conditions) Respiratory hospital admissions Cardiovascular hospital admissions Emergency room visits for respir/cardiac pbs Primary care visits for respir/cardiac conditions U se of respiratory and cardiovascular medics Days of restricted activity Work absenteeism School days missed Physiological changes, e.g. in lung function Chronic effects Mortality for chronic cardio-respiratory disease Chronic respiratory diseases (asthma, COPD) Chronic change in physiological function (e.g. lung function) Lung cancer C hronic cardiovascular disease Other effects : Low birth weight; Pre-term delivery Adversely affected cognitive development in infants Bilan des connaissances sur les effets sanitaires de la pollution atmosphérique
  8. 8. La baisse de la pollution atmosphériqueparticulaire se traduit par un gain d’espérance de vie (1an/15μg.m-3) USA, 1980-2000 8 Source: Pope et al, 2009. New Eng J Med. Fine-particulate air pollution and life expectancy in the United States.
  9. 9. 9 Source: Aphekom 2011 (S Medina et al) Perte d’espérance de vie et PM2.5 en Europe * * Par rapport à l’objectif OMS
  10. 10. Burden of disease from Air Pollution for 2012 (OMS 2014) Ambient air pollution (AAP) : Globally, 3.7 million deaths were attributable to AAP in 2012. About 88% of these deaths occur in low-and middle-income countries, which represent 82% of the world population. (…) The increase is linked to recent increases in both air pollution concentrations and the total population affected as cities grow.
  11. 11. Global burden of disease Source: S Lim et al. A comparative risk assessment of burden of disease and injury attributable to 67 risk factors and risk factor clusters in 21 regions, 1990—2010: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2010 The Lancet, 2012
  12. 12. Burden of disease from Air Pollution for 2012 (suite) Ambient air pollution (AAP) : Globally, 3.7 million deaths were attributable to AAP in 2012. About 88% of these deaths occur in low-and middle-income (LMI) countries, which represent 82% of the world population. Household air pollution (HAP): Globally, 4.3 million deaths were attributable to HAP, almost all in low and middle income (LMI) countries. The South East Asian and Western Pacific regions bear most of the burden with 1.69 and 1.62 million deaths, respectively. Almost 600’000 deaths occur in Africa, 200’000 in the Eastern Mediterranean region, 99’000 in Europe and 81’000 in the Americas. The remaining 19’000 deaths occur in high income countries.
  13. 13. Des émissionsnationales qui poursuivent leur baisse … 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 kilotonnes Emissions nationales de SO2, NH3, Nox, et COVNM (dont benzène) SO2 NOx COVNM NH3 Evolution des émissions nationales des particules TSP, PM1, PM2.5 et PM10, du SO2, du NH3, des NOx et des COVNM (dont benzène) entre 2000 et 2011 (Source: Citepa, Traitement: HCSP, Evaluation du PNSE2)
  14. 14. … et pourtant, les immissions urbaines stagnent 0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0 2007 2008 2009 2010 2011 PM2,5 μg/m3 Evolution des teneursmoyennesannuellesnationalesen PM2,5 selonle type de stations Trafic Fond Urbain 0 10 20 30 40 50 60 70 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 NO2 μg/m3 Evolution des teneursmoyennesannuellesnationalesen NO2 selonle type de station Industrielle Trafic Rural Fond Urbain 0 20 40 60 80 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 O3 μg/m3 Evolution des teneurs moyennes annuelles nationales en ozone (O3) selon la typologie des stations Rural Fond Urbain (Source: Citepa, Traitement: HCSP, Evaluation du PNSE2)
  15. 15. Pourquoi l’Europe a-t-elle renoncé ? (Directive CAFE 2008) Des «normes» de qualité de l’air qui ne sont plus incitatives •Des lobbies industriels puissants (pétroliers, motoristes, travaux publics) dans secteurs traditionnels •Les nouveaux Etats entrants ? Mais D, Gr et Nl… •La défense des «intérêts économiques» de l’Europe •Le poids des collectivités territoriales et leurs élus •Mutation de la pollution atmosphérique : Nous sommes «tous» pollueurs (habitat/tertiaire, transports)
  16. 16. Année Moyenne annuelle Valeurs réelles Ecrêtement des valeurs journalières à 50μg/m3 Ecrêtement des valeurs journalières à 40μg/m3 Ecrêtement des valeurs journalières à 30μg/m3 2010 24,4 23,9 23,2 21,6 2009 25,2 24,4 23,6 21,7 2008 24,4 23,9 23,2 21,6 2007 26,1 25,0 23,9 21,8 Gains sur la moyenne annuelle des PM10des sites urbains et périurbains des agglomérations de plus de 100 000 habitants en France au cours des années 2007-2010 si les valeurs journalières ne dépassent pas respectivement 50, 40 et 30 μg/m3 L'impact moyen de l'écrêtement sur la moyenne annuelle des PM10est modeste, variant de l'ordre de 1 μg/m3pour un écrêtement à 50 μg/m3, à 3 μg/m3pour un écrêtement à 30 μg/m3  Une politique centrée sur la gestion des «pics» a donc peu d’impact sur l’exposition au long cours de la population à la pollution particulaire. Valeurs réelles = valeurs mesurées. Écrêtement des valeurs journalières à respectivement 50, 40 ou 30 μg/m3= Valeurs moyennes annuelles recalculées en forçant toutes valeurs moyennes journalières supérieures à respectivement 50, 40 ou 30 μg/m3à cette valeur. Source: HCSP (2012). Pollution par les particules dans l’air ambiant. Recommandations sur les seuils d’information. Rapport de la Commission spécialisée Risques liés à l’environnement Cessons la gesticulation sur les pics !
  17. 17. Cessons la gesticulation sur les pics (suite) Agir sur les valeurs moyennes annuelles (le «fond») est beaucoup plus efficace Sur la qualité de l’air: une baisse de la moyenne annuelledes PM10de 26 μg/m3(situation observée en 2010 à Paris) à 20 μg/m3réduirait le nombre de jours où au moins un site de fond urbain de l’agglomération dépasse 50 μg/m3en moyenne journalière de près d’un tiers (de 29 à 20jours). La réduction du nombre de jours excédant 40 μg/m3serait encore plus forte, soit 44% (respectivement 72 et 40 jours de dépassement). Pour la santé publique: -Impact sanitaire à court terme d’un écrêtage à 40 μg/m3 desconcentrations journalières en PM10permettrait de réduire la mortalité à court terme de seulement 88 cas en moyenne par an sur 7 grandes agglomérations.* Ce nombre serait même réduit à 45 si l’on se contentait de respecter la valeur limite actuelle de 50 μg/m3. -Impactàlong-termesurlamortalitéd’unediminutionduniveaumoyendePM2,5respectivementà20,15et10μg/m3:lenombrededécèsprématurésvarieraitde179à2864décèsenmoyenneparansur9villes**.Legaind’espérancedevieàLyonà30ansatteindrait13moispour10μg/m3. * Bordeaux, Le Havre, Lyon, Paris, Rouen, Strasbourg, Toulouse (**+ Lille et Marseille) Source: HCSP (2012)
  18. 18. Inégalités sociales d’exposition à la pollution atmosphérique Lille-métropole Grand Lyon Marseille-métropole Paris et petite couronne Source: Padilla et al, Environ. Research, 2014 Prix de l’immobilier (achat, années 2000) Source: chambre Notaires Projet Equit’Area : www.equitarea.org Indicateur composite de «défaveur»
  19. 19. Une situation fortement marquée par l’histoire de la construction urbaine Source: Padilla et al, Environ. Research, 2014 (avec l’aide des ASQA) Evolution des teneurs en NO2 (terciles, μg/m3) entre 2002-2005 et 2006-2009 Très fort contraste: D=15 Fort contrastes: D= -8 Contrastes: D= 6 Faible contraste: D= 4 Contrastes: D (μg/m3)=P80-P20 (2002-2009)
  20. 20. Pollution atmosphérique et climat Pour une part, les même causes La mobilité va croître, ainsi que la consommation énergétique Une économie moins «énergie intensive»: habitat/3iaire, industrie, transports (modes doux, transports collectifs, circuits courts d’approvisionnement … mais aussi motorisations moins émettrices: véhicules hybrides, électriques, énergies du futur (hydrogène?), nouvelle sévérisationdes normes •Les énergies faiblement émettrices de GES (géothermie, solaire, éolien, nucléaire …) … et de polluants L’action pour la préservation de l’environnement n’est pas une «charge» mais une facteur de croissance* : * Stern 2006 -The economics of climate change : Une augmentation de 5-6°de la T°moyenne du globe au XXIème siècle pénaliserait le PIB mondial de 5 à 10 %. Sa maîtrise coûterait 1% du PIB d’ici 2050 Le 26 janvier 2013 (Davos) : «I got it wrong on climate change –it's far, far worse » AIE WEO 2013 Cartogramme de densité des émissions cumulées CO2 par pays, 1950–2000 Prévisions de l’AIE en 2035 : Shares of energy sources in world primary energy demand in the New Policies Scenario WEO 2012
  21. 21. Pollution atmosphérique et climat Pour une part, les même causes La mobilité va croître, ainsi que la consommation énergétique Une économie moins «énergie intensive»: efficacitéénergétiquehabitat/3iaire, industrie, transports (modes doux, transports collectifs, circuits courts d’approvisionnement … mais aussi motorisations moins émettrices: véhicules hybrides, électriques, énergies du futur [hydrogène?], nouvelle sévèrisationdes normes) •Les énergies faiblement émettrices de GES (géothermie, solaire, éolien, … le nucléaire …) … et de polluants L’action pour la préservation de l’environnement n’est pas une «charge» mais une facteur de croissance* : * Stern 2006 -The economics of climate change : Une augmentation de 5-6°de la T°moyenne du globe au XXIème siècle pénaliserait le PIB mondial de 5 à 10 %. Sa maîtrise coûterait 1% du PIB d’ici 2050 Le 26 janvier 2013 (Davos) : «I got it wrong on climate change –it's far, far worse »
  22. 22. Quelques enseignements généraux Ne pas se tromper de perspective: Un environnement localqui s’assainit dans les pays riches Mais des connaissances qui s’aiguisent beaucoup plus vite D’où un sentiment de dégradation Il reste encore beaucoup à faire •Un état de l’environnement localqui se détériore vite dans les pays émergentset mégapoles des PVD(air, eau, déchets) •Un état de l’environnement général en grand péril : le changement climatique … et ses massives conséquences de santé Articuler lutte contre la PA et contre les GES 2013 IPCC report (hausse depuis années 1861-1880)
  23. 23. Conclusions •Une menace persistante, mieux comprise, aux impacts locaux encore importants, quoique moindres, inégalement distribués •Une menace globale majeure dans un monde aux dimensions finies. De l’holocène à «l’anthropocène*» •Une «éthique du futur» (H. Jonas§: « La responsabilité nous en incombe sans que nous le voulions, en raison de la dimension de la puissance que nous exerçons quotidiennement») * Paul Crutzen. Prix Nobel de Chimie 1995 §Le principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, Paris, Cerf 1993 Goya
  24. 24. «L’homme, par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres intérêts, par son penchant pour jouir de tout ce qui est à sa disposition, en un mot par son insouciance pour l’avenir de ses semblables, semble travailler à l’anéantissement de ses moyens de conservation et à la destruction même de son espèce […]. On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable.» Système analytique des connaissances positives de l’homme, 1820Jean-Baptiste Lamarck

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