ETAT DES LIEUX DE
LA GESTION DE L’EAU
A TSEVIE-TOGO
Mémoire de stage de master 1er année
Spécialité Eau-Société
Année 2015...
Sommaire
Introduction .......................................................................................................
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Acronymes
AFD : Agence Française de Développement
ALPE-TOGO : Association de Lutte pour la Protection de l’Environnement a...
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Introduction
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souffre aujourd’hui d’un retard évi...
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I. Contexte
1. Le Togo et sa gestion de l’eau
Situé en Afrique occidentale, le Togo
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Solutions Objectifs
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Conclusion
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Bibliographie
Association Etudiants sans frontières, 2014. Dossier de présentation projet tog’eau 2013-
2014.
Banque Mo...
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Annexe 1: Plan des quartiers de la commune de Tsévié
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Annexe 2: Questionnaire quantitatif auprès de la population
Q1- Date
Q2- Sexe
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Q4- Pr...
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Q14- Quelles solutions pensez-vous qu’on
puisse mettre en œuvre pour pallier les
problèmes de l’eau en termes de :
- Qu...
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Annexe 3: Questionnaire des
entretiens
Niveau national
Quelle est la politique togolaise de l’eau ?
Ex : en France l’ea...
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Annexe 4: Récapitulatif des outils de développement de la commune de
Tsévié
Outils de
développement
Avantages Inconvéni...
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BERNARD-COLOMBAT_Societe_2015

  1. 1. ETAT DES LIEUX DE LA GESTION DE L’EAU A TSEVIE-TOGO Mémoire de stage de master 1er année Spécialité Eau-Société Année 2015 BERNARD-COLOMBAT Guillaume Stage du 20/04/2015 au 05/06/2015
  2. 2. Sommaire Introduction ................................................................................................................................ 1 I. Contexte ............................................................................................................................. 2 1. Le Togo et sa gestion de l’eau......................................................................................... 2 2. Présentation de l’association ........................................................................................... 3 3. La commune de Tsévié ................................................................................................... 3 II. Méthodologie ..................................................................................................................... 4 1. Les stratégies d’action..................................................................................................... 4 2. La Togolaise des eaux..................................................................................................... 5 3. L’enquête quantitative..................................................................................................... 5 4. Entretiens et Bibliographie.............................................................................................. 6 III. La Togolaise des eaux..................................................................................................... 7 1. Les ressources en eau et son traitement........................................................................... 7 2. Le réseau ......................................................................................................................... 9 3. La tarification .................................................................................................................. 9 IV. L’enquête quantitative................................................................................................... 10 1. Source d’approvisionnement en eau de la population................................................... 10 2. Usages de l’eau.............................................................................................................. 11 3. La qualité de l’eau et les solutions préconisées par la population................................. 12 4. La disponibilité en eau et solutions............................................................................... 13 V. Visites et entretiens avec les acteurs de la gestion de l’eau à Tsévié............................... 16 1. Problèmes quantitatifs/qualitatifs.................................................................................. 16 2. La politique de l’eau & le manque de transparence...................................................... 16 3. Le Plan de Développement Communal......................................................................... 18 3.1 État des Lieux............................................................................................................. 18 3.2 Des ressources financières inadéquates...................................................................... 18
  3. 3. 4. La mobilisation des ressources...................................................................................... 19 VI. Analyse croisée des résultats......................................................................................... 20 Conclusion................................................................................................................................ 25 Bibliographie............................................................................................................................ 26 Liste des annexes Annexe 1: Plan des quartiers de la commune de Tsévié ......................................................... 27 Annexe 2: Questionnaire quantitatif auprès de la population................................................ 28 Annexe 3: Questionnaire des entretiens ................................................................................. 30 Annexe 4: Récapitulatif des outils de développement de la commune de Tsévié................. 31 Liste des figures Figure 1: Emplacement géographique du TOGO (Banque Mondiale 2010) ............................. 2 Figure 2: Organigramme des institutions de gestion de l’eau (Banque Mondiale 2010).......... 2 Figure 3: Prix du m3 en FCFA suivant le palier de tarification................................................. 9 Figure 4: Source d'approvisionnement en eau de la population............................................... 10 Figure 5: Répartition de l'usage combiné des sources d'approvisionnement ........................... 11 Figure 6: Usages de l’eau suivant sa source d’approvisionnement.......................................... 12 Figure 7: Saisons de mauvaise qualité des eaux ...................................................................... 12 Figure 8: Solutions pour la mauvaise qualité de l'eau ........................................................ 13 Figure 9: Saisons de pénurie d'eau ........................................................................................... 14 Figure 10: Ressources alternatives utilisées............................................................................. 14 Figure 11: Solutions pour pénurie d'eau................................................................................... 15 Figure 12: Coût de l'eau ........................................................................................................... 15 Liste des tableaux Tableau 1: Couverture en eau potable et assainissement au TOGO (banque mondiale 2010) .. 3 Tableau 2:Répartition des personnes enquêtées par quartiers.................................................... 6 Tableau 3:Recensement des solutions possibles ...................................................................... 24
  4. 4. Acronymes AFD : Agence Française de Développement ALPE-TOGO : Association de Lutte pour la Protection de l’Environnement au Togo CDQ : Comité de Développement du Quartier FCFA : Franc Communauté Financière Africaine (1€ = 655FCFA) GIRE : Gestion Intégrée des Ressources en Eau GIZ : Gesellshaft für Internationale Zusammenarbeit OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS : Organisation mondiale de la Santé ONG : Organisation Non Gouvernementale PANGIRE : Plan d’Action National pour la Gestion Intégrée des Ressources en Eau PDC : Plan de Développement Communal RGPH : Recensement Général de la Population de l’Habitat TdE : Togolaise des Eaux
  5. 5. 1 Introduction e Togo, pays d’Afrique occidentale peuplé de 6,2 millions de personnes, souffre aujourd’hui d’un retard évident d’accès à l’assainissement et à l’eau potable par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le Développement de 2015. La commune de Tsévié n’est pas exemptée par ce constat, constat qui s’aggrave de part sa position géographique. A 35Km de Lomé la capitale, elle s’étend à la limite Nord du bassin sédimentaire côtier du sud Togo. Plus précisément, elle est située sur le biseau sec dudit bassin, rendant difficile les forages. Additionné à cet accès difficile aux ressources souterraines, elle n’est drainée par aucun cours d’eau. Avec une population de 54 000 habitants, la plupart des habitants de la commune de Tsévié se plaignent dès lors de pénuries d’eau régulières, amplifiées durant la saison sèche de novembre à mars, période de l’année où la demande en eau est la plus conséquente. Seconde observation, l’eau apparaît parfois de couleur rougeâtre, trouble, un dépôt important visible après simple décantation. Pour combler les besoins en eau, la population a souvent recours à la récupération des eaux de pluies, présentes particulièrement en saison des pluies. Les forages privés prolifèrent également un peu partout dans les quartiers, avec une eau vendue quelques fois plus cher qu’aux traditionnelles bornes fontaines, équipement où les ménages viennent s’approvisionner sous condition de paiement à un gérant privé. Les problèmes sont connus de tout un chacun depuis plusieurs années, mais aucune solution n’a émergé. Pourtant un cadre juridique contraignant existe (Code de l’eau, Gestion Intégrée de la Ressource en Eau, Charte Togolaise etc.), un plan de décentralisation a été voté pour ramener les compétences à un niveau le plus local possible et nombre d’ONG sont présentes sur le terrain. C’est pourquoi un état des lieux de la gestion de l’eau de Tsévié est nécessaire, afin de comprendre, clarifier et appréhender les obstacles à une gestion efficace et efficiente de l’eau. Par la suite, pourront être élaborées et adoptées des stratégies d’actions cohérentes tenant compte d’une part des besoins de la population, et d’autres part des réalités administratives et techniques rencontrées sur le terrain. Pour répondre à cette demande, nous établirons dans un premier temps le contexte de la zone d’étude, puis les stratégies d’actions choisies pour aborder le sujet avec leurs méthodologies. Enfin les résultats de chacune d’elles seront exposés, pour finir sur une analyse croisée et une liste de quelques propositions. L
  6. 6. 2 I. Contexte 1. Le Togo et sa gestion de l’eau Situé en Afrique occidentale, le Togo dont la capitale est Lomé est l’un des pays les moins vastes de l’Afrique avec seulement 56 785 km². Il se trouve entre le Bénin (Est), le Ghana (Ouest), le Burkina-Faso (Nord) et est ouvert sur l’Océan Atlantique à son extrémité Sud. Sa population en 2010 était d’environ 6,2 millions de personnes (RGPH 2010). Figure 1: Emplacement géographique du TOGO (Banque Mondiale 2010) Le contexte politique du Togo lors de la période de la mission est marqué par les élections présidentielles qui se sont tenues le 25 avril 2015, provoquant notamment des difficultés pour rencontrer des fonctionnaires de l’Etat, alors « en campagne », et parler aux populations concernant les problèmes liés à l’eau sans sous entendus politiques. De plus la ville de Tsévié possède un accès internet très limité, ajoutant à la lenteur des démarches. La gestion de l’eau au Togo est sous la tutelle du ministère des mines et de l’énergie comme le présente l’organigramme ci contre, avec les différents acteurs impliqués: Figure 2: Organigramme des institutions de gestion de l’eau (Banque Mondiale 2010) Le cadre institutionnel du secteur de l’eau s’articule autour du Code de l’eau, adopté le 8 juin 2008, reposant sur le Plan d’Actions Nationales pour la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (PANGIRE) et la Charte Togolaise amenant à une décentralisation. Le Togo reste un
  7. 7. 3 pays très peu couvert en termes de réseau d’eau potable et d’assainissement, et il n’a pas atteint les Objectifs du Millénaire pour le Développement en 2015 (OMD), au vu des écarts affichés entre les objectifs de 2015 et les chiffres de 2007. Tableau 1: Couverture en eau potable et assainissement au TOGO (banque mondiale 2010) Couverture 2007 Objectifs OMD 2015 Eau potable - tout milieu confondu 33% 76% Eau potable - milieu rural 30% 68% Eau potable - milieu urbain 39% 90% Assainissement - tout milieu confondu 15% 58% Assainissement - milieu rural 3% 54% Assainissement - milieu urbain 24% 63% 2. Présentation de l’association ALPE-TOGO L’étude présentée est inscrite dans une démarche de développement initiée par ALPE-TOGO (Association de Lutte pour la Protection de l’Environnement au Togo), organisation apolitique et à but non lucratif constituée d’une dizaine de membres actifs dont Mr ETSE K. Delano est le président. Elle est engagée dans la protection de l'environnement en s’articulant autour de plusieurs domaines d’intervention. On peut ainsi citer l’agriculture et le développement durable, la gestion des déchets et la gestion de l’eau. L’association élabore des conseils entre autre de techniques culturales appropriées à la lutte contre la dégradation des terres agricoles, effectue des campagnes de sensibilisation auprès de la population (débats, émission radio…) et en milieu scolaire, participe à la réalisation des études d’impacts environnemental et social, propose des projets destinés au développement de la ville de Tsévié et ses environs. 3. La commune de Tsévié Le stage s’est effectué dans la commune de Tsévié, située à 35km au Nord de la capitale. Elle est le chef lieu de la Préfecture de Zio et de la Région Maritime. Tsévié regroupait en 2010 environ 54 000 habitants (RGPH 2012) sur une superficie de 25km2 . La population est composée de plusieurs ethnies : Ewé, Mina, Kabyè, etc... Le climat est de type équatorial guinéen avec quatre saisons alternées : une grande saison des pluies de mars à juillet, une petite saison sèche de juillet à septembre, une seconde petite
  8. 8. 4 saison des pluies de septembre à novembre et une grande saison sèche de novembre à mars. Les moyennes annuelles de pluie varient entre 1000mm et 1200mm d’eau par an. Le mois de juin est le mois le plus pluvieux de l’année. La commune de Tsévié s’étend à la limite Nord du bassin sédimentaire côtier du sud Togo. Elle se trouve sur le biseau sec du bassin, ce qui rend difficile l’installation de forages d’exploitation en eau du fait de la grande profondeur des nappes phréatiques. Les ressources en eau sont alors réparties entre les forages, les eaux de pluie et les eaux de surface à l’extérieur de la ville (la ville de Tsévié n’étant drainée par aucun cours d’eau). La distribution d’eau potable à Tsévié est du ressort de la Togolaise des Eaux (TdE), société privée à capitaux 100% publics. Elle assure le rôle de Maître d’Ouvrage des programmes d’investissement. Il existe également à la périphérie de la ville une société privée de production et de commercialisation d’eau minérale, Voltic TOGO. Depuis sa création la ville de Tsévié connait des problèmes en termes de besoin en eau. Ces problèmes s’accentuent avec l’accroissement de la population. Le réseau de distribution d’eau ne couvre pas toute la ville. Dans les 25 quartiers que compte la ville, seulement 20 sont raccordés au réseau de distribution de la TdE et l’eau n’est pas disponible de manière constante. Des pénuries régulières persistent surtout pendant la saison sèche. Ajoutés à ces difficultés, les coûts de branchement sont élevés, et les bornes fontaines parfois éloignées des habitations. La qualité de l’eau est également douteuse. Elle est souvent d’une couleur rougeâtre au robinet et contient presque toujours des matières en suspension. Elle est donc potentiellement dangereuse pour la santé. L’insalubrité représente aussi un fort impact, avec des proliférations de dépotoirs sauvages, des lieux de défécation anarchiques, un manque de latrines dans certains quartiers etc. qui peuvent ternir la qualité de la ressource en eau et porter atteinte à la santé. Ainsi l’objectif est aujourd’hui d’établir un état des lieux de la gestion de l’eau potable à Tsévié, pour mieux cerner les difficultés de mise en place d’actions concrètes de résolution de ces problèmes II. Méthodologie 1. Les stratégies d’action Afin de répondre au mieux à la problématique, une stratégie d’action a été réfléchie pour permettre de balayer les différents rouages de la gestion de l’eau et d’en comprendre le rôle de l’ensemble des acteurs sur le territoire de l’étude.
  9. 9. 5 Le stage s’est appuyé sur trois démarches. La première est la visualisation du schéma d’approvisionnement de l’eau dans la ville de Tsévié, avec des données plutôt techniques sur la nappe, la station de traitement, le réseau de distribution, les châteaux d’eau etc. La seconde est l’enquête quantitative, réalisée auprès de la population avec l’accord de la Mairie, permettant d’obtenir les expériences, ressentis et avis de la population. Enfin le dernier point a consisté en une série d’entretiens avec les acteurs de la gestion de l’eau à Tsévié, pour comprendre les difficultés et les forces de la juridiction, de l’administration dans la réalisation des projets d’eau potable. Durant le stage, deux séances de formations de 6 jours ont été suivies, sur la mobilisation des ressources (financières, matérielles et humaines) et le suivi des actions municipales en tant que citoyen, sous l’égide de la Gesellshaft für Internationale Zusammenarbeit GIZ, coopération germano-togolaise. 2. La Togolaise des eaux Afin d’obtenir des renseignements techniques auprès de la TdE, plusieurs moyens ont été mobilisés. Une demande de stage a été faite depuis le début du mois d’avril, pour une durée d’un mois, dans la commune de Tsévié. Malgré plusieurs relances effectuées à la Direction Générale et Régionale (située respectivement à Lomé et à Tsévié), la rencontre des directeurs de ces institutions, une demande de soutien adressée à la Mairie et au Préfet, le stage n’a jusqu'à présent pas été accepté. Pour tout de même avoir quelques informations sur les installations, les équipements présents tout le long de l’acheminement de l’eau, une rencontre a pu être faite (sous condition d’une lettre d’accréditation d’appartenance à ALPE-TOGO). Cette rencontre s’est alors effectuée en deux étapes, la première a consisté à recueillir auprès de la Direction Régionale des informations liées aux données concernant les moyens et stratégies d’action de la TdE, puis une seconde avec la visite de l’usine de traitement et des forages que gèrent la TdE. Rappelons cependant que ces informations restent malheureusement assez partielles et qu’un travail d’approfondissement est nécessaire. 3. L’enquête quantitative Préalablement aux enquêtes de terrain, une phase exploratoire a été jugée nécessaire, afin de tester la pertinence du questionnaire. Des entretiens individuels et de groupe ont été organisés, pour permettre d’analyser et de réadapter le questionnaire, principal outil de la collecte des données. Les enquêtes à proprement dites ont été réalisées en mai 2015 et ont duré un mois. Les interviews semi-structurées individuelles et par focus groupe ont été réalisées dans 120 ménages choisis au hasard, de manière directe. Elles ont pris place dans 10 quartiers de la
  10. 10. 6 ville de Tsévié (Tableau 2 & Annexe 1). La diffusion du questionnaire par internet, pour obtenir un nombre supérieur de personnes interrogées, a été impossible de part le manque de connexion. Tableau 2:Répartition des personnes enquêtées par quartiers Le choix du site d’échantillonnage est motivé par leur proximité par rapport au château d’eau de la ville. Au total, 10 quartiers on été ciblés à raison de cinq quartiers en zone périphérique et cinq en centre ville, pour que les résultats soient représentatifs. Le sexe féminin est le plus représentée, car ce sont les femmes qui sont directement touchées par les questions d’eau (approvisionnement en eau et entretien des ménages). En annexe 2 on retrouve le questionnaire proposé aux habitants de Tsévié. Les données collectées se rapportent :  aux caractéristiques de l’enquêté (sexe, âge, fonction, …) ;  aux sources d’approvisionnement de l’eau par la population ;  à la qualité des eaux ;  à la disponibilité de l’eau ;  aux solutions face aux questions relatives à l’eau. 4. Entretiens et Bibliographie Les entretiens se sont déroulés sur la base d’un questionnaire présenté en annexe 3 pour aborder les thèmes suivants :  La politique nationale de l’eau au Togo avec la GIRE et la gestion décentralisée,  Les problèmes de gestion d’eau dans la commune de Tsévié, l’existence d’un état des lieux et les grandes solutions plausibles, Quartier Nombre de personnes Atitoe 11 Blévé 12 Démé 13 Adiakpo 13 Tékanyi 15 Assiama 12 Zongo 14 Wemé 9 N’danyi 12 Akakpokondji 9 Total 120
  11. 11. 7  Le plan de développement communal, avec son avancé, ses forces et faiblesses ainsi que les obstacles inhérents à sa mise en place,  Les projets de l’acteur interrogé en lien avec l’eau potable et ses moyens de financement. Ils ont concerné un total de neuf personnes, toutes impliquées directement dans la gestion de l’eau potable à Tsévié. Il s’agit de quatre représentants d’ONG, de deux agents de la Mairie et d’un agent du service de l’eau et de l’assainissement, d’un représentant d’un Comité de Développement de Quartier (CDQ) et d’un membre du comité des bornes fontaines, leurs bureaux étant présents à Tsévié. Les réponses obtenues ont été par la suite analysées, traitées et synthétisées puis recoupées avec des informations tirées de différentes publications, articles scientifiques, études de projets etc…, soit récupérées auprès des acteurs interrogés, soit sur internet. Une des limites de cette étude est le rôle des ONG, avec des actions situées plutôt dans les milieux ruraux. III. La Togolaise des eaux 1. Les ressources en eau et son traitement La Togolaise des eaux est l’entité qui a pour mission l’approvisionnement en eau du milieu urbain au Togo. Pour satisfaire la demande en eau de la population de Tsévié, la TdE est gestionnaire de trois forages réalisés à Davédi. Actuellement sur les 3 forages qui alimentent la ville de Tsévié ainsi que les villages environnants (Védéku, Gbatopé, Davédi, Davié, Gblainvie, Havé) seulement deux fonctionnent encore. Il n’a pas été possible de récupérer de données numériques (les bureaux de la TdE ne possédant pas d’ordinateurs) et de documents format papier. Les forages sont situés à Davédi, à environ 7 kilomètres à l’Est de la ville. La nappe utilisée a une profondeur de 150 mètres, mais aucune étude plus précise n’a pu être fournie quant à sa capacité en mètre cube d’eau, la hauteur d’eau et sa fluctuation au cours des saisons. Cette nappe semble avoir été choisie car elle était la plus proche de la ville et la plus facile d’accès comparée aux forages en ville situés dans les fractures rocheuses du biseau sec. Toutefois il peut paraître étrange de constater que la TdE ne possède aucun forage en centre ville au vu du nombre de forages privés qui ne cesse d’augmenter. Certes ils ne pourraient satisfaire toute la demande mais seraient des forages d’appoints. De plus, l’eau alors disponible semble être de meilleure qualité (même si aucune étude n’a été faite), la couleur rougeâtre ne paraît pas être un problème de ce côté au vu des observations. Ainsi très peu de données techniques sont
  12. 12. 8 disponibles quant au choix du site des forages actuels, ou tout du moins ont été fournies lors des enquêtes auprès de la TdE. Il convient alors de se demander si le niveau de la nappe est suivi régulièrement, avec les différentes coupures d’eau qui restent sans explications. On peut dire que les différentes coupures d’eau sont dues à la baisse du niveau d’eau de la nappe car la plupart des acteurs interrogés ont fait remarquer que les coupures régulières surviennent en saison sèche. La baisse du niveau de l’eau de la nappe pendant la saison sèche semble être expliquée par la surexploitation de celle-ci. En effet, durant la saison sèche, la principale source d’approvisionnement en eau de la population est celle des robinets de la TdE et pendant la saison des pluies, ce problème ne se pose pas car les populations ont alors accès à l’eau de pluies qui est utilisée par cette dernière pour divers usages. Alors, la TdE pense avoir un surplus d’eau ; lequel surplus (environ 10%), est envoyé à Lomé. Les agents de la TdE nous ont affirmé qu’il n’y avait plus de problème de quantité d’eau (même pendant la saison sèche) depuis 2013 sauf en cas de panne donc de problèmes techniques ou de coupures d’électricité. Les coupures sont en effet un problème assez récurrent en ville, et même si la TdE possède un groupe électrogène, celui-ci ne permet que d’alimenter les quartiers de la ville situés en basse altitude. Les forages sont faits dans une couche continentale argileuse, ce qui expliquerait la couleur rougeâtre observée dans l’eau. Une station de traitement est située à 5 kilomètres de la ville, utilisant la décantation et la désinfection (chloration) pour traiter l’eau. L’usine de traitement de Davédi n’est pas autonome, c'est-à-dire que c’est la direction générale de la TdE à Lomé qui leur prescrit la dose d’injection du chlore. On remarque ici que la décentralisation des services de l’Etat ne reste que superficielle. La décantation se fait dans deux bâches d’eau brute de 500 m3 chacune. Lors des visites, les eaux n’étaient que peu décantées, dans le sens où un flux d’entrée d’eau permanent arrivait dans les bassins de décantation en même temps qu’un flux de sortie destiné à la désinfection (d’où un remous perpétuel). De plus le nettoyage du château d’eau une fois par mois serait également un facteur de mauvaise qualité de l’eau, l’eau du nettoyage étant ensuite envoyée dans le réseau de distribution pour usage de la population. Les analyses de qualité se font par un laboratoire situé à Lomé, et aucun rapport de suivi de qualité des eaux n’a pu être obtenu, limite supplémentaire de notre étude. Toutefois d’après des communiqués de la TdE, l’eau reste tout à fait potable après traitement. Quatre pompes sont utilisées pour alimenter les deux châteaux d’eau actifs, avec aujourd’hui trois en état de marche (la pompe en panne attend d’être remplacée depuis plus de 6 mois d’après le gérant de l’usine).
  13. 13. 9 190 380 400 425 500 0 100 200 300 400 500 600 1-10 m3 11-30m3 31-50m3 51-100 supérieur à 100 Prix du m3 en FCFA 2. Le réseau Le réseau de Tsévié est un des plus anciens du Togo (environ 50-60 ans). Ce réseau achemine l’eau vers deux châteaux d’eau, l’un situé à quelques mètres de la station avec une capacité de 250 m3 , et le second au centre de la ville avec une capacité de 1000 m3 (mis en service en 1980). On peut observer plus à l’est de la ville un autre grand château d’eau. Cet ancien édifice est aujourd’hui hors d’usage, ayant été abandonné car ses caractéristiques ne répondaient plus aux besoins, avec la présence de nombreuses fissures. De même, les anciens équipements alimentant celui-ci (forage, usine de traitement) ont été délaissés au profit des nouvelles installations. Un tel changement reste difficile à concevoir aujourd’hui, et peu d’explications ont été données quant à celui-ci outre la vétusté des équipements. En moyenne, 2500 m3 /mois sont mis en distribution, à travers 93 km de réseau majoritairement en PVC ou en fonte. Notons qu’un agent de la TdE nous a affirmé que la couleur rougeâtre de l’eau provenait des canalisations en fer. Le rendement est de 90%, ce qui semble être un très excellent rendement pour un réseau d’une soixantaine d’années au taux de renouvellement inférieur à 4%. Ce faible taux de renouvellement est lié aux faibles moyens financiers nécessaires pour changer les canalisations, mais également à un problème de maîtrise foncière et d’accès, avec des habitations construites au dessus du réseau et donc un accès difficile pour des opérations de maintien. 3. La tarification Un des grands problèmes de la ville reste le taux de raccordement au réseau de la TdE, avec un prix qui varie selon le diamètre du compteur (100 000 FCFA pour 15 mm et 139 503 FCFA pour 20 mm). Celui-ci est à la charge des habitants et représente un lourd budget. La TdE compte 1 310 abonnés, dont 1 122 privés, 50 administratifs et 138 bornes fontaines. Pour les abonnés privés et administratifs, la tarification s’effectue par tranches : Figure 3: Prix du m3 en FCFA suivant le palier de tarification Le principe est qu’un usager moyen (hypothèse de 150 l/j selon la moyenne française, soit 4,6 m3 /mois, sachant qu’au Togo la moyenne doit être inférieure) paie au total 10 m3 chaque
  14. 14. 10 mois, soit 1 900 FCFA. Ajouté à cette facturation, l’abonné paie des frais de prestations (relevé de compteur…) d’un montant d’environ 750 FCFA (selon le diamètre du compteur). Au final, sa facture lui revient au minimum à 2 650 FCFA par mois. On observe un doublement du prix au dessus de 10m3 , passant de 190 FCFA à 380 FCFA. Toutefois, une fois ce palier passé, le prix n’augmente plus de manière conséquente, entre 20 et 25 FCFA par palier, soit une augmentation de 45 FCFA entre 11m3 et 100m3 ce qui semble assez faible. Ainsi ce tarif est avantageux pour des entreprises qui dépassent facilement les 10 m3 de consommation, mais restent en dessous de 100 m3 . Avec cette tarification, la TdE n’arrive pas à équilibrer ses comptes, leurs charges dépassant leurs recettes. Les bornes fontaines ont un prix unique pour tarification, ce prix étant de 265 F/m3 . Les bornes fontaines sont aujourd’hui privatisées, le gérant privé devant signer un contrat de gérance et d’abonnement avec la TdE et un contrat de cession et d’exploitation avec la commune. La facture de la borne fontaine sera alors payée par le gérant à la TdE, et une taxe sera reversée par celui-ci à la Mairie. Il faut de plus préciser que tous les quartiers n’ont pas de bornes fontaines, et que l’extension de la ville ne fait qu’accentuer le problème d’approvisionnement en eau de la population de la commune. IV. L’enquête quantitative 1. Source d’approvisionnement en eau de la population L’enquête quantitative se veut définir les habitudes dans l’usage de l’eau des habitants de Tsévié et de décrire leur ressenti et problèmes rencontrés. Figure 4: Source d'approvisionnement en eau de la population 4% 96% 0% 26% 99% 0% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% Pourcentage de réponses pour 120personnes
  15. 15. 11 Bornes Fontaines 3% Bornes Fontaines & Eau de pluie 67% Bornes Fontaines & Forage 2% Bornes Fontaines & Forage & Eau de pluie 25% Abonnements 1% Abonnement & Eau de pluie 2% La figure 4 montre clairement que les sources les plus utilisées sont en premier lieu l’eau de pluie que quasiment toute la population utilise, récupérée soit dans des citernes soit dans des récipients. La deuxième source est la borne fontaine (96%), robinet mis en place dans les quartiers, où les personnes viennent se servir en eau contre paiement. Les forages extérieurs (gérés par une tierce personne autre que la TdE) sont la troisième source. On constate le très faible pourcentage d’abonnés au réseau de la TdE, avec seulement 4% des 120 personnes sondées raccordées. Les forages personnels et les eaux de surface ne sont pas présents, le premier cours d’eau à disposition étant situé à 15km de la ville. Figure 5: Répartition de l'usage combiné des sources d'approvisionnement Les bornes fontaines ainsi que l’eau de pluie sont la combinaison la plus fréquente dans les habitudes (67%) puis le trio borne fontaine/Eau de pluie/Forage. Le reste des données n’est que dérisoire. D’autre part, les questionnaires ont permis de mettre en avant que les eaux minérales (PureWater) ne constituent pas une ressource d’eau de boisson permanent pour la population mais étaient utilisées par la plupart des personnes uniquement hors de chez eux lors de leurs sorties. Il a alors été décidé « de mettre de côté » cet aspect car l’utilisation de cette eau ne se fait pas régulièrement. Très rapidement, les sources d’approvisionnement ne diffèrent guère selon la distance du ménage par rapport au château d’eau de la ville, excepté un recourt plus fort (26%) aux forages extérieurs pour les quartiers éloignés que pour ceux proches (5%). 2. Usages de l’eau L’étude de l’usage suivant sa source d’approvisionnement montre que l’eau de pluie est utilisée pour les lessives, vaisselles, douches, brossages de dents et débarbouillages de manière presque systématique (entre 119 et 109). Toutefois son utilisation est plus restreinte pour la cuisine, mais surtout la boisson et les biberons. En effet l’eau de pluie n’est que rarement traitée dans les ménages togolais, et sa qualité n’est pas toujours très bonne. Tous les
  16. 16. 12 115 115 115 115 115 115 115 115 115 119 119 118 114 109 110 65 93 54 32 32 32 32 32 32 32 32 32 5 5 5 5 5 5 5 5 5 0 50 100 150 200 250 300 Nombredepersonnes Abonnement Forage Eau de pluie Bornes Fontaines 77 1 42 0 20 40 60 80 100 Sèche Pluvieuse Les deux Nombre de personnes utilisateurs de bornes fontaines, robinets privés et forages se servent de cette eau pour tous les usages. Figure 6: Usages de l’eau suivant sa source d’approvisionnement Nous savons que l’eau distribuée par la TdE est parfois de mauvaise qualité, information confirmée par 118 habitants qui déclarent que l’aspect physique de l’eau fournit par la TdE (Bornes fontaines + Abonnement) n’était pas toujours de bonne qualité. Cette mauvaise qualité se répercute alors à tous les niveaux, notamment a priori sur la santé (boisson, cuisine, biberon, douche). Pour le vérifier des enquêtes doivent être menées au niveau des centres de santé de la ville. 3. La qualité de l’eau et les solutions préconisées par la population Figure 7: Saisons de mauvaise qualité des eaux Les problèmes de qualité d’eau de la TdE surviennent principalement durant la période sèche, même si 42 individus sur 120 l’observent durant les deux saisons, donc on les observe globalement presque toute l’année. Celles-ci surviennent d’après les interrogés quelques temps après de longues périodes de coupures d’électricité (délestage) et pendant les entretiens sur les réseaux ou sur le château d’eau. L’eau d’entretien qui, en principe devrait être évacuée, est fournie à la population pour son usage.
  17. 17. 13 107 0 13 0 20 40 60 80 100 120 Sèches Pluvieuses Les deux Nombres de personnes 4% 4% 5% 69% 19% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% Meilleure disponibilité produits désinfections Effort de l'Etat Entretien équipement Meilleur traitement TDE Ne sais pas Pourcentage de réponses pour 120personnes Les habitants sont majoritairement conscients que la consommation d’une eau de mauvaise qualité eau peut entrainer des maladies (118 réponses positives à la question). La question sur la conscience des maladies peut être limitée par sa formulation qui incite à répondre positivement (Voir Annexe 2 question 11). Toutefois très peu de personnes traitent l’eau avant usage (11 particuliers sur 120 interrogées). Pour les personnes concernées, elles utilisent principalement une désinfection chimique avec de l’eau de javel et/ou du sel de cuisine. Etonnamment, très peu pratique la cuisson de l’eau pour la rendre potable. L’unique source d’eau traitée est l’eau pluviale, qui est alors utilisée pour tous les usages, mais surtout pour la boisson. Figure 8: Solutions pour la mauvaise qualité de l'eau Quant à ce qui concerne les solutions préconisées par la population pour une eau de meilleure qualité, les habitants préconisent un meilleur traitement de la TdE (69%), puis un entretien des réseaux et des efforts de l’Etat pour améliorer la qualité de l’eau. Ces réponses montrent que la population n’a en cible que la TdE. La seule solution proposée à seulement 4% alors applicable reste la meilleure disponibilité de produits de désinfections. Ce qui peut amener à supposer que les habitants ne sont peut être pas assez conscients que l’eau de pluie n’est pas toujours de bonne qualité même si ils ont conscience des maladies que peut amener l’eau, qu’ils ne se sentent peut être pas impliqués quant à leur rôle pour une amélioration de l’eau potable, qu’ils ne savent pas comment améliorer la qualité de l’eau (tout de même 19% de réponse). 4. La disponibilité en eau et solutions Le questionnaire démontre également les problèmes de quantité d’eau, prenant de l’ampleur lors la saison sèche avec l’eau de pluie qui tend à diminuer et donc qui augmente la demande
  18. 18. 14 26% 0% 67% 74% 7% 11% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% Autres Bornes Fontaines Forage personnel Forage extérieur Eau de pluie citerne Eau de pluie récipient Eau de surface Pourcentage de réponses pour 120personnes en eau de robinet. 100% des personnes questionnées confirment qu’elles ne possèdent pas de l’eau au robinet toute l’année et qu’elles sont victimes de coupures fréquentes. Figure 9: Saisons de pénurie d'eau On constate sur la figure 9 que ces lacunes en eau apparaissent pendant la saison sèche et quelques fois durant la période pluvieuse. Cette figure tend à expliciter que la nappe ne peut assurer la demande en eau durant cette saison. Les habitants se tournent alors vers des ressources alternatives. Figure 10: Ressources alternatives utilisées Concernant les ressources alternatives en périodes de pénurie, les résultats montrent que les habitants utilisent en conséquence les eaux de pluie des citernes, donc le stockage d’eau réalisé durant la saison des pluies. Il faut remarquer que 1/3 des personnes sollicitées utilisent les citernes comme source principale d’approvisionnement, elles possèdent donc une citerne chez eux. Les 2/3 restants doivent alors se tourner vers d’autres personnes qui disposent des citernes, achetant donc l’eau.
  19. 19. 15 41% 2% 85% 2% 2% 0% 20% 40% 60% 80% 100% Adduction Château d'eau Forage Réducton prix Ne sais pas Pourcentage de réponses pour 120personnes 20% 48% 9% 23% 0% 10% 20% 30% 40% 50% Très cher Cher Acceptable Peu cher Pourcentage de réponses pour 120personnes Les forages extérieurs sont le deuxième grand recours en eau avec 67% de réponses. Les autres bornes fontaines encore en fonctionnement sont également sollicitées avec 26%. Celles-ci peuvent parfois être situées à quelques mètres ou à quelques kilomètres, donc devenir une difficulté en termes de distance. Cette contrainte se retrouve dans 11% des réponses pour les eaux de surfaces. Notons aussi qu’étant rares, les quelques points d’eau qui existent en période de pénurie sont tellement sollicités qu’il faut rester pendant plusieurs heures dans une queue pour trouver une bassine d’eau. Pour ce, certains (11% des réponses) préfèrent parcourir plus d’une quinzaine de kilomètres pour s’approvisionner en eau de surface qui présente pourtant une qualité douteuse. Figure 11: Solutions pour pénurie d'eau Les solutions proposées sont essentiellement de deux ordres : 85% de la population préconisent la mise en place de nouveaux forages essentiellement privés pour apporter de nouvelles sources d’eau aux habitants, d’autres (41%) préconisent l’extension du réseau de distribution de la TdE et le raccordement de nouveaux abonnés afin de disposer de plus de points d’approvisionnement. Quelques-uns aussi préconisent la réduction du coût de l’eau car selon 68% des enquêtés, l’eau de robinet est chère dans la commune. Toutefois il faut bien noter que 23% le trouve peu cher. Figure 12: Coût de l'eau
  20. 20. 16 V. Visites et entretiens avec les acteurs de la gestion de l’eau à Tsévié 1. Problèmes quantitatifs/qualitatifs Pour débuter cette partie, un résumé des problèmes quantitatifs et qualitatifs explicités est opportun pour marquer la reconnaissance du problème par tous les acteurs interrogés, en corrélation avec les données recueillies lors de l’enquête quantitative.  La couleur rougeâtre à la sortie du robinet (pluralité de réponses pour la saison d’apparition). Plusieurs explications ont été données, comme la vétusté des équipements du réseau, ou encore le fort taux en fer présent dans l’eau (recommandation de 2 mg/L maximum selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à Tsévié environ 4 mg/L d’après la Mairie). Je cite « si l’eau était fortement chargée en fer toute l’année, l’eau devrait être rouge de manière constante. Or ce problème intervient durant 4-5 jours de suite, puis l’eau redevient claire et ainsi de suite. Il s’agit donc d’un autre problème, comme les dépôts observés lorsqu’on laisse décanter 5-10 min ».  De fortes pénuries et chutes du débit d’eau durant les mois de novembre à mars. La ville est située comme dit dans la partie contexte sur un biseau sec, avec impossibilité d’atteindre la nappe à partir d’un puits d’où la difficulté d’approvisionnement en eau. La ville s’élargit et les nouveaux quartiers ne sont pas raccordés, avec de plus un coût de branchement élevé pour la plupart de la population qui a un faible pouvoir d’achat. La TdE s’exprime dans Le Messager du 24 juin 2013, invoquant un manque de matériel pour les besoins et un mauvais état des machines qui tombent régulièrement en panne. Notons également une incompréhension de la facture d’eau même par les ONG, et la lenteur d’action de la TdE lors des pannes et de fuites dans le réseau. 2. La politique de l’eau & le manque de transparence La politique nationale de l’eau au Togo se définit comme décrit précédemment dans le Code de l’eau et plus particulièrement avec la Gestion Intégrée des Ressources en Eau. Les objectifs de cette GIRE sont selon l’article 3 de la loi 2010-004 portant code de l’eau du 14 juin 2010:  le principe d’équité (droit d’accès à l’eau pour tous),  le principe de planification,  le principe d’information avec la vulgarisation de la loi portant code de l’eau (PANGIRE Plan d’Action National GIRE 2010),  la participation des usagers au niveau le plus bas possible.
  21. 21. 17 Bien que la politique soit élaborée (arsenal juridique présent), il existe un manque de diffusion et d’explicitation de celle-ci auprès de la population. La Banque Mondiale confirme ce constat en définissant un objectif de diffusion de la politique urbaine. Outre ce manque de clarté dans les lois établies, la Charte togolaise de 2012 a, entre autre, pour objectif de renforcer les pouvoirs des élus locaux pour une gestion de proximité efficace. L’objectif est d’organiser de façon durable et efficace les liens qui unissent le Gouvernement (gardant une responsabilité intégrale sur les politiques des services de bases) et les Autorités locales (fournissant l’accès à ces services). Ainsi une loi de décentralisation a été adoptée avec la loi 2007-011 du 13 mars portant Décentralisation et liberté locale. Toutefois les acteurs locaux s’inquiètent de sa non- effectivité à Tsévié, avec des structures certes décentralisées (ex : une direction secondaire de la TdE maintenant à Tsévié) mais avec encore beaucoup de décisions prises à Lomé. De plus, la ville est pénalisée par l’absence d’une vraie autorité locale, les dernières élections communales datant de 2000. En effet, il n’y a pas de Maire élu, mais un représentant (président de la délégation spéciale) nommée par le chef de l’État, au pouvoir à Tsévié depuis environ 15 ans. En conséquence un manque de crédibilité de cette instance se fait sentir auprès de la population. Pour continuer sur les problèmes d’élections à Tsévié, les membres des CDQ, premiers concernés par le développement du territoire de leur ressort, doivent en principe être élus mais certains ne le sont pas. Ils sont simplement nommés par les autorités locales et donc imposés à la population. Ils ne possèdent pas de légitimité pour prouver et établir leur rôle, et sont souvent membre d’un parti politique alors que la loi l’interdit. De plus, l’existence de conflits entre ces CDQ et les chefs de quartiers empêchent la bonne cohésion de la société et de la gestion du pouvoir en place dans la ville de Tsévié. Le processus de décentralisation doit, selon la Charte, être renforcé par le transfert de compétences et de ressources. Ici encore les interviewés ont réagi vivement en expliquant le besoin de création d’un service à la Mairie qui s’occuperait uniquement de l’eau. Celui-ci permettrait de regrouper les informations et d’établir une transparence dans la gestion de l’eau par la TdE, transparence qui n’est aujourd’hui que dérisoire (la Mairie ne connait que peu les activités et les moyens d’action de la TdE). L’existence de conflits et de concurrences déloyales entre les ONG tendent à l’augmentation de ce manque de synergie. Toutes les organisations doivent faire l’objet de déclaration comme association au sens de la loi (reprise du cadre de la Loi française de 1901), mais nombre d’entre elles ne sacrifient pas à cette exigence réglementaire. Ainsi l’analyse du paysage fait ressortir un grand émiettement (absence d’enregistrement et de structuration de ces acteurs au niveau national). Seules celles à renommée nationale voire internationale et les regroupements d’ONG (réseau) sont
  22. 22. 18 reconnus. En conséquence, les associations plus locales, moins structurées ne jouent aucun rôle dans l’élaboration des stratégies nationales (Coalition eau juin 2011) 3. Le Plan de Développement Communal 3.1 État des Lieux La ville de Tsévié a tout de même le mérite d’avoir élaboré un Plan de Développement Communal (PDC) pour la période 2015 à 2019. Celui-ci a été déclenché par la volonté de la commune s’exprimant à travers plusieurs rencontres (en septembre 2012) qui ont rassemblé les autorités, acteurs et représentants des différentes couches de la population de la commune de Tsévié (approche participative privilégiée). La délibération 02/2013/RM/CT du 15 avril 2013 portant décision d’élaboration du plan communal, soutenue par la GIZ (coopération allemande), a débattu des questions de développement de la commune et abouti à des orientations stratégiques. (Diagnostic de la commune de Tsévié au Togo, septembre 2012). Celles-ci ont été retenues de commun accord à partir d’une analyse diagnostique des divers problèmes auxquels est confrontée la ville de Tsévié dans son ensemble. Au cours des entretiens, la question de l’existence d’un état des lieux de la gestion de l’eau a été soulevée. Tous les acteurs ont répondu par la négative, avec une étude de faisabilité a proprement parler inexistante, justifiant cette présente étude. Le PDC fait référence à l’eau et assainissement, en décrivant globalement les manques et besoins de la commune. Le PDC définit toutefois un projet d’état des lieux pour un montant de 6 000 000 de FCFA, mais il n’est prévu qu’en 2017. Afin d’établir un véritable plan d’action qui serait efficace, englobant tous les aspects de la gestion de l’eau, je cite « un véritable diagnostic approfondi est le point de départ essentiel et se doit d’être réalisé par une institution autre que la TdE » et « Le PDC ne fait que survoler l’aspect, n’entrant pas assez explicitement dans les détails, au grand regret de certaines personnes ». 3.2 Des ressources financières inadéquates En plus de ce constat, la Mairie connait des difficultés de budget. Ainsi d’autres projets, comme le renforcement du réseau d’adduction et de distribution d’eau (faibles montants d’investissement, environ 2 000 000 FCFA chaque année), ou encore la création de 22 bornes fontaines supplémentaires avec finition des travaux début 2015 (non réalisée), appuient les propos recueillis faisant état d’un budget peu réaliste. La Mairie a peu de moyens financiers, et pour avoir accès à d’autres ressources financières, il faudrait que la décentralisation soit effective, avec un transfert réel des pouvoirs. Aujourd’hui, d’après l’Agence Française de Développement (AFD), l’absence des principaux partenaires financiers et la faiblesse du
  23. 23. 19 schéma institutionnel expliquent les retards accumulés. Et si présence de bailleurs de fonds il y a, l’argent passe souvent par l’intermédiaire de l’État et met beaucoup de temps à finalement être recueilli et investi par la commune. Au cours des recherches, nombres d’ONG et d’associations ont évoqué ce problème de responsabilités sociales et l’habitude d’assistanat, avec une forte dépendance aux aides extérieures, comme la Coopération allemande (GIZ) ou l’Union Européenne et la banque mondiale qui sont les principaux partenaires financiers. Un récapitulatif des avantages et inconvénients des outils de développement est proposé en annexe 4. 4. La mobilisation des ressources Au vu du constat de la faible mobilisation des citoyens autour des affaires communautaires, le projet et le présent travail s’inscrivent alors dans une compréhension plus globale du tissu social et de ses conflits internes. Comme nous avons pu le voir dans l’enquête quantitative, les bornes fontaines ainsi que les forages privés sont deux des trois composantes principales d’accès à l’eau des habitants de la ville de Tsévié.  Les forages privés, outre le fait de n’effectuer aucun traitement de l’eau, prolifèrent, mais de manière non contrôlée. En effet, au préalable des travaux, il faut un accord de l’administration et une étude d’impact environnementale, démarches non réalisées par la population, trouvant source d’une part dans la non connaissance de la réglementation (en lien avec la vulgarisation nécessaire des lois), mais aussi dans le coût qu’implique ces démarches. Les agents interrogés à la Mairie ont précisé que la Mairie a en projet de faire un recensement des forages privés avant la fin de l’année 2015.  Les fontaines publiques, auparavant à la charge de la TdE, sont privatisées depuis cinq ans. Cette privatisation a permis de diminuer le manque de civisme et le nombre de bagarres qui pouvaient éclater dans les queues pour l’accès à ces bornes (selon les réponses recueillies). Le prix de l’eau, bien qu’officiellement fixé par les autorités (10 FCFA pour 20 litres), n’est pas respecté et est en réalité plus élevé. Les habitants, ne sachant pas qu’un prix fixe a été déclaré, ne peuvent se plaindre. Toutefois, on constate aujourd’hui un meilleur entretien des bornes autrefois publiques et une meilleure gestion du recouvrement de la facture de la TdE, grâce à la présence d’un gérant. Notons pourtant des faiblesses dans ce système, avec des prix qui sont donc différents selon chaque borne fontaine, l’inégale répartition dans les quartiers de celles-ci, notamment due à un réseau pas assez étendu, et enfin l’apparition de bornes illégales. Les gérants des bornes fontaines doivent payer des taxes, des redevances à la mairie pour l’exploitation des bornes, mais très peu respectent cette
  24. 24. 20 règle. Il faut mieux faire comprendre aux personnes les besoins de payer les taxes (en lien direct avec les problèmes financiers de la mairie). Les personnes sollicitées mettent en avant la nécessité de l’acceptation, de l’implication et de la volonté d’action de la communauté pour aboutir à un projet performant. En effet, une mobilisation sociale, ou tout du moins l’adhésion au projet par la population, sont indispensables pour réussir à mobiliser des ressources financières et matérielles et assurer la pérennité du projet. Pour donner un exemple de mobilisation, nous pouvons citer les projets de mise en place de forages (ex : Projet TOG’EAU 2014). Lors de leurs réalisations, certaines ONG préconisent la création d’un Comité Eau avec au moins cinq personnes ressources pour l’animer (Président, secrétaire, trésorier etc.). Ce comité aurait pour rôle le suivi de l’ouvrage et son bon fonctionnement. Plusieurs acteurs recommandent une proportion plus importante de femmes que d’hommes, car les femmes ont une relation rapprochée avec l’eau, approvisionnant généralement les ménages. Ce comité se doit de regrouper 150 000 FCFA, provenant des habitants, afin d’assurer un suivi et la réparation si nécessaire du forage. De manière plus large, la sensibilisation de la population sur le PDC (projet d’eau potable) et le changement de mentalité doivent passer par une identification et une formation de leaders, qui seront mobilisés à travers les CDQ et la chefferie. Mais la mobilisation sociale se doit également d’être beaucoup plus large et s’étendre au ramassage des ordures, celles-ci n’étant aujourd’hui pas collectées et traitées, mais jetées au sol et brulées en petit tas. Ou encore par un règlement d’usage et d’hygiène par exemple, pour l’amélioration de l’assainissement, grande nécessité au Togo (Voir tableau 1). VI. Analyse croisée des résultats La première source d’approvisionnement dans la commune de Tsévié est l’eau de pluie, stockée dans des citernes ou dans de simples récipients. Cette eau est rarement traitée malgré la conscience des habitants de maladies liées à l’eau, rareté éventuellement expliquée par le prix de l’eau déclaré majoritairement cher. La seconde ressource est l’eau distribuée par la TdE. Aux dires des ses agents, aucun problème ne concerne directement la quantité d’eau disponible dans la nappe et dans la capacité (en termes de mètre cube) du château d’eau à satisfaire la demande de toute la ville, même durant la période sèche. Les coupures d’eau observées interviennent uniquement lors de problèmes techniques (coupures de courant, panne de pompe etc.). Or l’enquête quantitative a montré que ces pénuries se répétaient
  25. 25. 21 régulièrement durant la saison sèche (où la demande augmente avec la diminution de l’eau de pluie) et durant la saison humide, à cause du nombre plus conséquent des coupures d’électricité. L’hypothèse pour expliquer cette situation serait donc une incapacité en termes de capacité hydraulique disponible de la nappe. Des coupures d’eau arrivent même durant la saison des pluies (où normalement la nappe peut satisfaire la demande) car, comme la visite de la station l’a apportée, son niveau d’eau peut varier brusquement indépendamment des saisons. Il est donc opportun de trouver des ressources de substitutions (nouvelle nappe) ou du moins d’appoints lors des périodes de coupures (forages privés en centre ville, 3ème source d’approvisionnement). La création de nouveaux forages, ou du moins la recherche d’une ressource de substitution a été très fortement explicitée par la population et par certains acteurs interrogés. Trois solutions s’offrent alors : la première serait la création d’un nouveau forage dans la nappe exploitée par la TdE, solution qui semble inadaptée car les résultats tendent à montrer qu’elle ne peut déjà satisfaire la demande. La deuxième serait la création de forages en centre ville, mais la question d’une ressource facilement exploitable (forage d’au moins 50 mètres de profondeur et eau uniquement dans les fractures rocheuses) se pose. Des études supplémentaires seraient donc nécessaires, pour connaître l’écoulement de l’eau dans ces cavités, le nombre de forages nécessaires pour satisfaire la demande et le risque d’une surexploitation. De plus, pour parfaire ce système, la gérance de ces forages devrait se faire en parallèle et en combinaison avec les forages de la TdE déjà existants. La troisième solution est l’exploitation d’autres nappes alentours, mais aujourd’hui aucune donnée n’est disponible à ce propos (il existe des hypothèses de l’existence d’une nappe à Vové, qui reste à confirmer), et il subsiste l’obstacle d’une adduction de cette eau jusqu’en ville à créer. L’aspect rougeâtre ne peut uniquement être expliqué par le fort taux de fer dans l’eau (non démontré par ailleurs), car celui-ci serait plutôt constant toute l’année et les problèmes qualitatifs sont plus aléatoires. Cette couleur provient vraisemblablement de la couche argileuse d’où est puisée l’eau. La population locale plaide pour un meilleur traitement de la TdE, qui n’est toujours pas en phase avec ces attentes, avec une simple décantation/désinfection effectuée aujourd’hui. Comme l’eau de la TdE est utilisée pour tous les usages (boisson, douche, lessive etc.), sa qualité impacte directement ses habitants et peut être même au niveau de la santé, même si la TdE affirme la potabilité de son eau (données supplémentaires nécessaires auprès des centres
  26. 26. 22 de santé). Ce sont par conséquent les habitants qui subissent le fait d’être exposés à de l’eau « impropre » à la consommation humaine, et sont obligés de se tourner vers des ressources alternatives, comme les forages privés avec une eau supposée de meilleure qualité (du moins au niveau visuelle) mais plus chère qu’aux bornes fontaines, ou avec de l’eau de pluie, très rarement traitée, et très rare pendant la saison sèche. Le recours a des ressources alternatives lors des périodes de crises, plus précisément les forages privés, présentent plusieurs problèmes :  aucune taxe n’est récoltée sur ces forages pour la Mairie,  un accroissement non contrôlé car les forages ne sont pas déclarés et n’ont fait l’objet d’aucune étude d’impact,  une perte de clientèle pour la TdE,  et enfin un prix plus cher pour les habitants. Alors pourquoi le problème qualitatif et quantitatif reste présent depuis autant d’années alors que le problème est reconnu par tout le monde ? Le problème financier est finalement le principal argument exposé pour expliciter la situation. Il est vrai que c’est ici le point le plus sensible dans le développement des infrastructures. La TdE ne peut être blâmée à elle seule car le budget de l’Etat n’est pas toujours suffisant. Depuis la Charte Togolaise de 2012, la commune de Tsévié est responsable du service d’eau, même si placée en régie, et a le devoir de satisfaire les besoins de sa population pour les services de base, tels que l’eau. Elle doit donc augmenter ses recettes localement, notamment à travers un budget citoyen (taxe des bornes fontaines, du marché etc.). De plus, la GIRE, le Code de l’eau, exposent en premier lieu le principe d’équité. La République Togolaise dicte donc certaines lois, mais cet arsenal juridique n’est pas respecté à Tsévié (un exemple simple, la nomination du président de la délégation spéciale au poste de Maire, par le chef de l’Etat, à la place d’élections, d’où le peu de crédibilité accordé par la population aux actions menées par les autorités locales, qui finissent régulièrement par ne pas aboutir). Toutefois les Organisations de la Société Civile (CDQ par exemple) ne doivent pas utiliser cette excuse pour justifier les difficultés, mais doivent suivre les activités de la délégation spéciale qui reste aujourd’hui le décideur et représentant des citoyens. Pour alourdir le tableau des lenteurs administratives et du manque de coopérations entre les acteurs, il existe de nombreux conflits entre chefferie et Comité de Développement du Quartier, Mairie, ainsi qu’un manque de transparence des activités de la TdE.
  27. 27. 23 La loi de décentralisation et la formation des acteurs concernés devraient être une réponse à ce dernier problème, la Mairie ayant droit de regard sur le travail de la TdE. Pourtant très vite il a été remarqué qu’elle n’était ni effective, ni revendiquée. La Mairie n’effectue donc elle non plus les démarches auprès de la TdE pour regrouper les documents, mieux comprendre les obstacles rencontrés par le service. En résulte alors une absence d’état des lieux approfondi, pourtant indispensable, qui permettrait de mieux visualiser les forces et faiblesses, d’obtenir toutes les données nécessaires à une enquête et des projets réalistes qui tiendraient compte des obstacles à surmonter. Enfin il faudra lever la contrainte de la mobilisation financière insuffisante. Celle-ci comme expliquée doit passer par la cohésion des autorités, de la TdE, mais aussi de la population, qui pourrait ainsi mieux susciter l’intérêt de futurs financeurs potentiels. Cette faible mobilisation autour des affaires communautaires demeure un obstacle majeur, mais pourrait être levé par le travail de terrain des ONG, qui restent souvent proches des personnes et sont présentes en nombre à Tsévié. Cependant les ONG, ayant depuis quelques années observé ce manque d’efficacité des acteurs, préfèrent alors utiliser une autre voie. Elles montent des projets internes à leur propre structure, recherchent des financements, mobilisent les ressources humaines et concrétisent certains de leurs objectifs. Encore une fois si il y a création de nouveaux forages en ville, ils devraient fonctionner en concordance avec les forages de la TdE (ex : non fonctionnement quand la TdE peut satisfaire la demande, et mise en marche lors des pénuries). Toutefois ce choix met souvent en défaut la nécessaire relation qu’il devrait y avoir entre les autorités locales et les services de l’Etat, qui sont là pour représenter leur population et l’intérêt général. C’est ce qu’essaie de proposer le Plan de Développement Communal, qui reste une idée novatrice en coordonnant tous les acteurs autour du développement de leur territoire. Il reste néanmoins encore beaucoup à faire, notamment à mettre en œuvre un suivi des orientations, et améliorer l’élaboration du budget de la Mairie en augmentant l’accès à la transparence des informations. Le tableau suivant propose un recensement de solutions, qui restent très globales, conceptuelles (sans chiffrage de leur coût de mise en œuvre, entre autre), peu techniques mais qui peuvent être de réelles pistes de réflexions et d’orientations à approfondir pour améliorer la gestion de l’eau à Tsévié.
  28. 28. 24 Solutions Objectifs Diffusion et vulgarisation des textes de loi Concerter la population sur ses droits et ses devoirs, notamment pour la création des forages privés. Décentralisation du pouvoir public Améliorer la crédibilité, la confiance et l’adhésion de la population vis à vis des autorités locales dans leurs actions. Déconcentration des services de l’Etat liés à l'eau Meilleure transparence des informations entre Mairie-TdE- Population en regroupant toutes les données dans un service précis. Reconnaissance et organisation des ONG Harmoniser, reconnaitre et améliorer par un travail collectif les actions des ONG, tout en s’alignant dans le cadre du PDC. Définir un diagnostic de base approfondi et arrêter des actions stratégiques Poser une base de réflexion qui revêt tous les aspects importants de la gestion de l’eau et ainsi définir des stratégies efficaces, efficientes et cohérentes. Etat des lieux des ressources en eau de la ville Recenser les forages privés (surveillance qualité également), étudier la nappe actuellement utilisée (surexploitation, pourquoi la variation brusque du niveau d’eau, …). Vérifier l’existence d’une nappe profonde et abondante à Vové. Mieux comprendre le problème de qualité et ajuster le traitement Pour éliminer les problèmes de couleur d’eau rougeâtre qui apparaissent régulièrement, car aujourd’hui il y a trop de discours divergents sur son origine Mobilisation des ressources financières propres de la ville Meilleur recouvrement des taxes, harmonisation des prix aux bornes fontaines (prix officiels différents selon TdE ou Mairie), Offrir à la population de nouveaux point d’accès en eau (avec disponibilité de place). Suivi du PDC et des actions de la marie S’assurer de la bonne marche et de la mise en place réelle du PDC et des actions proposées notamment au travers le budget communal même si les élections locales ne sont pas encore effectives,. Mobilisation et implication sociale Permettre aux projets d’aboutir et d’être durables dans le temps, avec un suivi des habitants de leurs nouvelles installations dans leurs intérêts. Utiliser par ex. les CDQ pour les démarches de mobilisation de fonds par quartier. Mesures d'hygiènes Ramassage des déchets, amélioration de l’assainissement, pour maintenir un cadre de vie sain. Tableau 3:Recensement des solutions possibles
  29. 29. 25 Conclusion a gestion de l’eau à Tsévié est une problématique prioritaire et un besoin d’actualité. Les stratégies d’enquêtes ont démontré que les problèmes de quantité d’eau étaient principalement dus à une incapacité de la nappe exploitée par la Togolaise des Eaux à répondre à la demande de la population. Ceux-ci sont aggravés par des coupures d’électricité et des problèmes techniques. La nature argileuse du sol eu sous-sol de la commune semble être le facteur explicatif de la mauvaise qualité de l’eau, couplée à un traitement non adéquate car trop simple. Ce diagnostic initial nécessite toutefois de plus amples études qui permettraient d’étayer ces propos avec des données plus scientifiques et techniques que celles récoltées par l’enquête quantitative auprès de la population et les interviews de différents acteurs. Par la suite des pistes de solutions ont été proposées, comme la création de nouveaux forages, point qu’il faut toutefois nuancer car intimement liés à des actions d’amélioration de la coopération entre les autorités locales et les services décentralisés de l’Etat pour des résultats maximaux. L’augmentation des recettes est également un élément clé de la réflexion, avec une meilleure compréhension du budget de la Mairie à travers la décentralisation mais également le Plan de Développement Communal (PDC). ALPE TOGO se doit maintenant d’approfondir cette phase de diagnostic, en étudiant par exemple plus précisément le budget de la commune 2015 et les projets prévus par la Plan d’Actions Opérationnelles (PAO), pour contrôler et vérifier leurs mises en œuvre et états d’avancement. Ensuite une phase de diffusion auprès des acteurs de la commune sera nécessaire pour obtenir une cohérence et une acceptation des futures actions proposées. Une fois cette étape établie, un choix de stratégie doit se faire entre les différentes solutions présentées afin de formuler un projet. Ce projet doit s’intégrer dans le PDC et s’appuyer sur des partenaires tels que la Coopération Allemande, fortement présente à Tsévié pour les actions de coordinations des acteurs. Une recherche de financement devra par la suite être créée, puis il faudra effectuer des actions de mobilisation sociale pour faciliter l’adoption du projet par les décideurs (Mairie). La mise en place du projet, son exécution et son suivi passeront obligatoirement par une vraie adhésion de toutes les parties prenantes autour de cet objectif commun qu’est l’amélioration de la gestion de l’eau de la commune de Tsévié. C’est dans ce cadre qu’ALPE-TOGO doit poursuivre sa démarche, en élaborant un projet qui obtiendrait l’accord de tous, mais aussi leur mobilisation concrète. L
  30. 30. 26 Bibliographie Association Etudiants sans frontières, 2014. Dossier de présentation projet tog’eau 2013- 2014. Banque Mondiale, 2010. Water supply and sanitation in Togo : turning finance into services for 2015 and beyond, Ministres Africains en charge de l’Eau (AMCOW). Boukari Ousmane & al, novembre 1993. Programme d’hydraulique villageoise deuxième phase. République du Niger ministère de l’hydraulique et de l’environnement. CNP LDI DASETT 24 août 2012. Charte togolaise pour la mise en œuvre de la décentralisation et l’accès à l’eau pour tous, République Togolaise Constant M., 24juin 2013. Face au manque récurrent d’eau potable à Tsévié, Le Messager n°357, p.2. GIZ, Commune Tsévié, septembre 2014. Plan de développement communal 2015-2019, Togo : République Togolaise Humlede Joachim, juin 2011. Etat des lieux des collectifs, plateformes et réseaux d’organisations de la société civile du secteur eau et assainissement dans 7 pays de l’Afrique de l’ouest et du centre, Coalition eau. J.Colombani, mars 1970, L’hydrologie au Togo. Office de la recherche scientifique et technique outre mer. Ministère de l’eau, de l’assainissement et de l’hydraulique villageoise, 2002. Plan d’actions national de gestion intégrée des ressources en eau-Togo, Togo : République Togolaise. Ministère de l’eau, de l’assainissement et de l’hydraulique villageoise, 04 août 2010. Politique nationale de l’eau, Togo : République Togolaise. ONG FIADI, octobre 2012. Diagnostic communal dans la ville de Tsévié, Togo : Concertation nationale de la société civile du Togo. République togolaise, 14 juin 2014, Loi n 2010-004 portant code de l’eau. Bureau central du recensement, novembre 2012. Quatrième recensement général de la population et de l’habitat, Togo : Direction général de la statistique et de la comptabilité nationale, République togolaise
  31. 31. 27 Annexe 1: Plan des quartiers de la commune de Tsévié
  32. 32. 28 Annexe 2: Questionnaire quantitatif auprès de la population Q1- Date Q2- Sexe Q3- Âge : Jeune /adulte /vieillard Q4- Profession : ménagère / fonctionnaire / élève Q5- Quels sont les sources d’approvisionnements d’eau que vous utilisez?  Robinet(R) (abonnement)/ (bornes fontaines)  Forage(F) (p : personnel)/ (e : extérieur)  Eau minérale (M)  Eau de pluie (Ep) citerne(c)/récipient(r)  Eau de surface(Es) Q6- L’aspect physique de l’eau du robinet (TdE)) est il toujours bon ? Oui / Non Si non, à quelle saison l’eau n’est pas claire? Saison sèche / Saison pluvieuse/Les deux Q7- Quels sont les usages que vous en faites ?  Lessive ---/-----/----/----- /-----/  Vaisselle ---/-----/----/----- /-----/  Douche ---/-----/----/----- /-----/  Brossage des dents---/-----/----/----- /  Débarbouillage---/-----/----/----- /-----/  Boisson---/-----/----/----- /-----/  Cuisine---/-----/----/----- /-----/  Biberon et bouillie des bébés ---/-----/----/ Q8- Quels sont les types de récipients que vous utilisez pour transporter l’eau ? Récipients ouverts / Récipients fermés/ Les 2 types Q9- Quels sont les récipients que vous utilisez pour le stockage de l’eau à la maison? Récipients ouverts / Récipients fermés / les 2 types Q10- Traitez vous l’eau avant de l’utiliser à la maison ? Oui / Non Si oui, quels sont les traitements que vous effectuez sur les eaux avant leur usage  Coagulation  Filtration  Cuisson  Décantation  Désinfection chimique  Autres : …… Si oui, quels usages faites-vous des eaux traitées à la maison :  Lessive---/-----/----/----- /-----/  Vaisselle ---/-----/----/----- /-----/  Douche ---/-----/----/----- /-----/  Brosser les dents---/-----/----/----- /-----/  Débarbouiller---/-----/----/----- /-----/  Boisson---/-----/----/----- /-----/  Cuisiner---/-----/----/----- /-----/  Biberon et bouillie des bébés ---/-----/----/-- Q11- Êtes-vous conscient que l’utilisation des eaux non désinfectées peut entrainer des maladies ? Oui / Non Q12- Disposez-vous de l’eau de robinet (TdE) toute l’année ? Oui / Non - Si non, à quelles saisons l’eau est-elle inaccessible ? Saison sèche / Saison pluvieuse/Les deux - Quelles sont alors vos ressources alternatives ?  Robinet(R) (p : personnel)/ (e : extérieur)  Forage(F) (p : personnel)/ (e : extérieur)  Puits (P)  Eau minérale (M)  Eau de pluie (Ep) citerne(c)/récipient(r)  Eau de surface(Es)  Autres Q13- Que pensez-vous du coût de l’eau du robinet ? Très cher / cher/ acceptable/ peu cher
  33. 33. 29 Q14- Quelles solutions pensez-vous qu’on puisse mettre en œuvre pour pallier les problèmes de l’eau en termes de : - Quantité - Qualité
  34. 34. 30 Annexe 3: Questionnaire des entretiens Niveau national Quelle est la politique togolaise de l’eau ? Ex : en France l’eau paye l’eau. Qui a la responsabilité du service d’eau, la compétence eau ? La gestion décentralisée est-elle effective dans le domaine de l’eau ? Si oui, Avez- vous observé des changements notables depuis la décentralisation dans l’eau ? Existe-t-il une GIRE au Togo ? Est-elle effective et appliquée plus particulièrement à Tsévié ? Niveau commune de Tsévié Quels sont les problèmes à Tsévié au niveau qualitatif et quantitatif ? Durant quelles périodes ? Quels sont les problèmes de mobilisation des ressources ? (Ex : conflits entre population, mairie peu crédible etc.). Existe-t-il un état des lieux de l’eau potable à Tsévié ? Quelles sont les ressources qu’utilise la ville ? Au niveau de l’eau potable, quels sont les projets actuels ou futurs à Tsévié ? Leur état d’avancement ? Les obstacles à leurs mises en place ? Qui sont les acteurs du Plan de Développement de la Commune (PDC) ? Quel a été le déclencheur de la démarche ? Ex : imposé par le gouvernement ? Quelles ont été les étapes de la mise en place du PDC ? Quels sont les obstacles pour la mise en place du PDC ? Quelles peuvent être les solutions plausibles pour améliorer la gestion de l’eau potable à Tsévié ? Niveau de l’acteur interrogé Quels sont vos projets actuels ou passés ? Quel a été le plan de la procédure d’élaboration de vos projets sur l’eau potable ? Quelles ont été vos aides pour le financement ? Quelles ont été vos difficultés pour mobiliser ces ressources ?
  35. 35. 31 Annexe 4: Récapitulatif des outils de développement de la commune de Tsévié Outils de développement Avantages Inconvénients Code de l’eau, GIRE Juridiction en place PANGIRE Gestion des ressources Accès a l’eau pour tous Manque de diffusion, de vulgarisation et de transparence Décentralisation Effective pour certaines structures de l’Etat Volonté d’agir à un niveau local Lien entre Gouvernement et autorités locales Non effective à Tsévié avec manque crédibilité de la Mairie (élections) Conflits d’autorité (CDQ, chefferie) Besoin de création d’un service d’eau pour meilleure transparence avec TdE Plan de Développement Communal Processus de participation, de concertation Planification d’orientations stratégiques avec les manques et besoins de la commune Proposition de projets Formation des CDQ, agents de la mairie, ONG pour planification et suivi des actions Pas de véritable état des lieux, d’étude de faisabilité approfondie Première étape, application concrète maintenant difficile Manque financier, besoin de récolte des taxes Recensement et gestion des fontaines et forages

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