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  1. 1. Licence PRO PEGEUR 2012-2013 « Harmonisation, suivi et mise en œuvre de prescriptions types des arrêtés Loi sur l’eau de la Police de l'eau à la Réunion » Rapport de stage BERNARD-COLOMBAT Guillaume 15 avril - 02 août 2013 Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) - Police de l’eau/ Service Eau et Biodiversité (SEB) 2 rue Juliette Dodu 97 400 – Saint Denis, La Réunion
  2. 2. 4 RESUME ’île de la Réunion, situé dans l’Océan Indien à environ 700km à l’ouest de Madagascar, est un territoire unique grâce à son environnement et sa biodiversité. Son urbanisation croissante impose de réglementer au mieux les IOTA (Installations, Ouvrages, Travaux, Activités) afin de protéger cette richesse exceptionnelle contre l’atteinte de l’homme sur la nature. C’est le rôle de l’Unité de la Police de l’eau et Domaine Public Fluvial du Service Eau et Biodiversité (SEB), sous la tutelle de la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL). Pour assurer au mieux cette fonction, le service s’est inscrit dans une « démarche qualité » en police de l’eau prise en 2011 par la Direction de l’Eau et de la Biodiversité du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie pour améliorer l’instruction des dossiers Loi sur l’eau qui leur sont confiés. C’est dans ce cadre et avec la nouvelle équipe qui se forme après le remaniement des services de l’Etat effectué en 2011, que le stage a été effectué. En effet, les instructeurs se sont aperçus d’un manque d’uniformité dans le traitement des dossiers d’autorisation Loi sur l’eau, d’un manque d’harmonisation dans les mesures imposés au maître d’ouvrage. Pour combler cette faille, mon rôle a été tout d’abord d’effectuer un recensement sur cinq années des prescriptions dictées dans les arrêtés préfectoraux et de les classifier selon des thèmes et rubriques inspirées du Code de l’Environnement. Par la suite il a fallu détecter le plus grand nombres de défaut en comparant ces prescriptions et en s’appuyant sur différents guides, arrêtés, et sur les conseils des instructeurs. Puis un cahier de données a été créé jouant le rôle d’un répertoire où viendront piocher selon leur besoin les instructeurs. Celui-ci permet d’amener un outil qui pose les bases du travail des instructeurs, outil sur lequel ils pourront s’appuyer en sachant que les prescriptions sont à jour dans la réglementation et ont été consolidées auparavant pour leur permettre d’effectuer un travail plus efficace, précis et complet. Ce cahier de donnée n’est cependant qu’un début, cette « démarche qualité » devant s’accentuer par la suite, en continuant à exploiter et renforcer ce cahier de données, et en mettant l’accent sur la formation des agents dans la prise en compte récente de la biodiversité dans les études d’impact par exemple. L
  3. 3. 5 SOMMAIRE I/ INTRODUCTION................................................................................................................................... 7 II/ CONTEXTE.......................................................................................................................................... 8 1/ La Réunion ..................................................................................................................................... 8 2/ La DEAL.......................................................................................................................................... 9 3/ La Police de l'eau- SEB:.................................................................................................................... 9 4/ Le cadre administratif de l’instruction de dossier............................................................................12 4.1/ Constitution du dossier Loi sur l'Eau .........................................................................................12 4.2/ La finalisation de l’Arrêté Préfectoral........................................................................................13 III/ LA CREATION D’UN OUTIL D’OPTIMISATION DES PRESCRIPTIONS........................................................15 1 / Description de l’approche..............................................................................................................15 2/ Le recensement des pratiques........................................................................................................17 3/ Bancarisation des données.............................................................................................................21 3.1/ Classement.............................................................................................................................21 3.2/ Outils disponibles et sources de données..................................................................................22 3.3/ Cahier de données...................................................................................................................23 4/ Application concrète......................................................................................................................24 4.1/ Plateforme stockage................................................................................................................24 4.2/ Eaux pluviales..........................................................................................................................26 4.3/ Buses en ravine et cours d’eau ................................................................................................27 VI/ SUIVIS TYPES....................................................................................................................................30 1/ Milieu marin- Dragage....................................................................................................................30 2/ Suivi en cours d'eau.......................................................................................................................32 3/ Suivi environnemental ...................................................................................................................33 4/ Tableur suivi-échéance : un outil au service de l’instruction .............................................................34 5/ Accident / Responsabilité...............................................................................................................35 VII/ CONCLUSION ..................................................................................................................................37 ANNEXE 1 : Cœur du Parc de la Réunion .................................................................................................38 ANNEXE 2 : Réserve naturelle Marine de la Réunion................................................................................39 ANNEXE 3 : Etude d'impact – Document d'incidence................................................................................40 ANNEXE 4 : Tableau des thèmes et rubriques..........................................................................................41 ANNEXE 5: Prescription type pour cas de pollution accidentelle ...............................................................42 ANNEXE 6: Emprises des eaux pluviales ..................................................................................................44 ANNEXE 7: pêche de sauvegarde selon la Fédération de Pêche ................................................................45 ANNEXE 8: RIVIERE DES MARSOUINS......................................................................................................46
  4. 4. 6 ANNEXE9: suivi dessédimentsDragage enmer(circulaire n°2010-62 du 14 juin2000 relative aux conditionsd’utilisationduréférentiel de qualité des sédimentsmarinsouestuariensprésentsenmilieu naturel ou portuaire défini par arrêté ministériel)....................................................................................49 ANNEXE 10: Chantier duPort.................................................................................................................52 ANNEXE 11: Etude de l’oxygène dansl’Etang du Gol par OCEA.................................................................54 GLOSSAIRE............................................................................................................................................56 BIBLIOGRAPHIE .....................................................................................................................................58
  5. 5. 7 I/ INTRODUCTION ’instruction d’un dossier Loi sur l’eau par la Police de l’eau impose de comprendre et d’identifier les enjeux présents pour l’environnement. C’est donc une appréciation personnelle de l’impact qui est demandée à la nouvelle équipe qui se forme depuis janvier 2011. Celle-ci ne peut néanmoins suffire et doit se conduire égalitairement envers tous les Installations, Ouvrages, Travaux ou Activités (IOTA). Pour cela elle est encadrée par un contexte réglementaire. Le travail du stage a contribué à faciliter cette démarche d’harmonisation des procédures mises en œuvre à la Réunion. En s’appuyant sur le recensement et l’analyse des arrêtés des cinq dernières années, il a été possible d’élaborer une base de données récapitulant les prescriptions prises pour la protection du milieu naturel. L’île de la Réunion, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, s’est en effet projetée dans « une démarche de protection maximale de l’environnement et de son écosystème remarquable ». Etangs, zones récifales, cours d’eau, zones humides abritent une biodiversité unique parmi les plus remarquables de l’outre-mer français. La pression anthropique –qui ne cesse de s’accroître– a pour conséquence une multiplication des risques d’atteinte à l’environnement. Il est donc essentiel de sauvegarder et de mettre en valeur dans l’intérêt général le patrimoine commun de la Nation, rôle auquel contribue actuellement au sein de la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL), le Service Eau et Biodiversité (SEB) et plus particulièrement l’Unité de la Police de l’Eau et du Domaine Public (UPEDP). Un manque d’uniformité dans le traitement des dossiers, variable selon les agents ainsi que le besoin de prendre en compte la biodiversité dans l’écriture des mesures visant à éviter, réduire ou compenser les conséquences des activités humaines sur la nature, ont démontré la nécessité de disposer de documents types, servant de base de travail commune à tous les agents et ciblant une homogénéité entre les manières d’instruire. Le modèle de consultation construit au cours de ces quatre mois de stage –inspiré par un classement en titre et rubrique du Code de l’Environnement– intervient donc dans une logique d’amélioration et de rationalisation des prescriptions, qui permettra notamment de faciliter et de renforcer l’accompagnement des IOTA au cours de leur réalisation en phase chantier, puis en phase d’exploitation avec des mesures de suivi claires, structurées et opérationnelles. L
  6. 6. 8 II/ CONTEXTE ette première partie présente tout d’abord l’île de la Réunion soumise à une urbanisation croissante. Elle s’applique également à détailler la Police de l’eau au sein de la DEAL et son travail d’instruction des dossiers loi sur l’eau, service placé sous l’autorité du préfet et issu de la récente fusion de plusieurs administrations en janvier 2011. 1/ La Réunion La Réunion, île de l’Océan Indien et département d’Outre-mer français reconnue patrimoine mondial de l’UNESCO, à environ 700 kilomètres à l’est de Madagascar et à l’ouest de l’île Maurice, présente bien des spécificités. Celles-ci se manifestent par une biodiversité importante offrant richesse naturelle, paysages uniques et relief escarpé. Ile de la Réunion L’île est caractérisée par :  un climat tropical caractérisé par une saison humide et cyclonique (records mondiaux de pluviométrie sur les périodes comprises entre 12 heures et 15 jours) et une saison sèche marquée ;  une forte pression démographique conduisant à un rythme d’urbanisation très rapide (entre 1989 et 2012, la surface urbanisée a été multipliée par 2 dans les bas, 3 dans les mi- pentes et 5,5 dans les hauts) renforçant la problématique amont-aval.  Des sites de très grande qualité environnementale placés sous des réglementations particulières. Le Parc National de la Réunion, créé par le décret n°2007-296 du 5 mars 2007, avec un cœur de Parc (cf. Annexe 1) présentant une valeur environnementale et patrimoniale particulièrement élevée. La Réserve Naturelle Marine (cf. annexe 2), créée par décret n°2007-236 du 21janvier 2007 pour la connaissance, la conservation et la C
  7. 7. 9 restauration des zones récifales, avec pour principe fondamental « l’interdiction de tous les travaux susceptibles de modifier l’état ou l’aspect des lieux ». Des zones humides, très importantes dans la préservation de la biodiversité, la régulation quantitative des ressources, traitées dans l’article R.211-108 du Code de l’Environnement au titre II « Milieu aquatique ».  Des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF), inventoriées pour le compte du ministère de l’Ecologie, principales sources de connaissance du patrimoine naturel permettant d’identifier les zones les plus riches en termes de biodiversité, mais n’ayant qu’un impact réglementaire indirect au sens juridique du terme. C’est pour protéger et préserver au mieux cette exceptionnelle richesse naturelle, que le ministère en charge de l’environnement souhaite développer le contrôle des chantiers de plus en plus nombreux sur l’ile de la Réunion, en ciblant les dommages potentiels sur les espèces présentes, sur les différents types de milieu et les caractéristiques spécifiques de l’ile (moustiques, eaux pluviales, crues etc...). 2/ La DEAL Dans le domaine de l’eau, en France métropolitaine, les DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement), en partenariat avec les agences de l'eau, veillent à la bonne application des politiques liées à l’eau et à l’appropriation par les services instructeurs des principes et obligations édictés par la DCE (Directive Cadre Européenne). Dans les départements, les services instructeurs au sein des DDT(M) (Direction Départementale du Territoire et de la Mer), , assurent l’instruction et le suivi des divers dossiers, en s’appuyant sur leur connaissance des particularités des territoires. Ils appliquent en concordance avec le SDAGE et les SAGE les enjeux définis par les agences de l'eau et la DREAL. A la Réunion il existe une particularité territoriale. En effet, l’île est considérée à la fois comme région et département. Depuis le 1er janvier 2011, la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) a repris les missions de la Direction Départementale de l’Equipement (DDE), de la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN), de la police de l’eau, de la Direction de l’Agriculture et de la Forêt (DAF) et de la Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE, excepté le développement industriel et la métrologie). Sa création résulte de la réforme de l’Etat et des suites du Conseil Interministériel de l’Outre-mer recommandant la mise en place, dans les départements d’outre-mer, d’administrations adaptées aux contextes et besoins locaux. Dans le domaine de l’eau, cette administration assure le rôle des DREAL métropolitaines (notes de cadrage des enjeux et des outils d'aide à l'interprétation des documents de planification (SDAGE, DCE...), etc…), mais aussi celui des DDT(M). 3/ La Police de l'eau- SEB: Le Service de l’Eau et de la biodiversité de la DEAL de la Réunion exerce les deux types de police de l'eau :
  8. 8. 10  Administrative dont le rôle est de réglementer, contrôler les IOTA (Installations, Ouvrages, Travaux, Activités) susceptibles de porter atteintes aux ressources en eau et aux milieux aquatiques.  Judiciaire qui est un complémentaire de la police de l'eau administrative. Son rôle est de rechercher et de constater les infractions par des procès verbaux transmis au Parquet qui décidera des suites pénales à mettre en œuvre. Cette police judiciaire effectuée par des agents commissionnés et assermentés est assurée en complémentarité de la Brigade Nature Océan Indien (BNOI). Le Service Eau et Biodiversité (SEB), comprend 33 agents répartis en trois unités : Biodiversité Marine et terrestre, Politique de l’eau et des milieux aquatiques, et Police de l’eau et Domaine Public Fluvial. Dans cette dernière, les instructeurs sont répartis par secteur géographique (Sud, Est, Ouest, Nord) de la Réunion. De plus une antenne de secteur travaille en complément sur le terrain en rendant des comptes aux instructeurs. C’est dans cette unité Police de l’eau et domaine public fluvial (UPEDP) que j’ai effectué mon stage. L’UPEDP a deux types de missions AYANT TOUJOURS UN RAPPORT AVEC L'EAU ET LA BIODIVERSITÉ: 1. Donner un avis sur: Dossiers d'urbanisme avec le Service Aménagement Durable, Energie, Climat SADEC (ZAC/Route) Procédures ICPE (Installations Classées Pour Environnement) instruit par la DAF ou Service Prévention Risques et Environnement Industriel Code santé publique (Prélèvement et qualité eau) instruit par l'ARS (Agence Régionale de Santé) Type de demande d'avis traité par l’UPEDP 2. Instruire les dossiers liés à l’eau : Type de dossier traité par l’UPEDP et article correspondant Dossier loi sur l'eau (Autorisation/Déclaration): Code environnement article L 214-1 et suivants DUP : Code expropriation article R11-1 et suivants DIG: Code environnement article R214-88 et Code rural article L 151-36 Etude d'impact : Code environnement article L 127-1 et suivants
  9. 9. 11 DUP : Déclaration d'Utilité Public : acte d'expropriation pour acquérir un terrain pour y réaliser des travaux dessus. Les arrêtés sont pris par le préfet et n'ont pas été traités dans le stage. DIG : Déclaration d'Intérêt Général : acte pour effectuer des travaux sur un terrain dont on ne possède pas la propriété. Un apport financier du propriétaire peut être demandé. Ce type de dossier n'a également pas été traité dans le cadre du stage. Etude d'impact : en complément à un dossier loi sur l'eau, l'étude d'impact englobe lors de sa réalisation par le maître d’ouvrage les aspects tels que la biodiversité, le bruit éventuel, l’éclairage, les risques sanitaires, les impacts cumulés avec d’autres projets… Dossier loi sur l'eau : lorsqu'un pétitionnaire (public ou privé) a un projet ayant un impact direct ou indirect sur le milieu aquatique, celui-ci doit présenter dans un dossier de déclaration ou de demande d’autorisation son projet (déroulement chantier, impact, mesures de protection...). La police de l’eau instruit ce dossier et décide des suites à donner. L’unité police de l’eau et domaine public fluvial est composé d’agents issus de différentes administrations après le remaniement des services de l’Etat effectué en 2011. Auparavant, la DAF s’occupait des dossiers Loi sur l’eau au niveau continental, la DIREN des études d’impact et la DDE de la Police de l’eau sur le littoral et du domaine public fluvial. Dorénavant c’est l’UPEDP qui s’occupe de ces trois types de dossiers. Cette nouvelle équipe, venant de différents horizons, offre une diversité de méthodes de travail, de formations et de compétences. Source d’une très grande richesse potentielle, les cultures administratives différentes ont conduit, dans un premier temps à une hétérogénéité des traitements des dossiers. Le constat a été rapidement fait d’un manque de recul sur les procédures et sur les champs d’actions de la DEAL et d’un besoin d’outils d’homogénéisation (fiches types, doctrines, etc…). Ce constat s’inscrit également dans un processus interne commencé dernièrement au sein de la DEAL, suite de la décision de la mise en œuvre d’une démarche qualité en police de l’eau prise en 2011 par la Direction de l’Eau et de la Biodiversité du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. C’est dans ce cadre que mon stage s’est inscrit. Il a pour objectif d’améliorer l’écriture des procédures, d’élaborer des documents types afin d’harmoniser les manières d’instruire entre instructeurs et d’aider les agents en charge de ces thématiques. Alors comment réduire ces déficits, comment améliorer la mise en œuvre et le suivi des prescriptions dans les actes administratifs ?
  10. 10. 12 4/ Le cadre administratif de l’instruction de dossier 4.1/ Constitutiondudossier Loi sur l'Eau Il existe deux types de dossier et de procédure: la déclaration et l’autorisation. Pour distinguer à quelle catégorie le IOTA est soumis, le code de l'environnement propose une nomenclature à l'article L214-1 établie par Décret en Conseil d'Etat suivant les dangers qu'ils présentent et la gravité de leurs effets sur la ressource en eau et les écosystème aquatiques compte tenu notamment de l'existence des zones et périmètres institués pour la protection de l'eau et des milieux aquatiques. Celle-ci est définie en cinq titres divisés en plusieurs rubriques qui définissent les types d'impact: TITRE I: Prélèvements TITRE II: Rejets TITRE III: Impacts sur le milieu aquatique ou sur la sécurité publique TITRE IV: Impacts sur le milieu marin TITRE V: Régimes d'autorisation valant Autorisation au titre des articles L214-1 et suivants du code de l'environnement Titres de la nomenclature du Code de l'environnement article L214-1 Si l’opération se trouve soumise, selon les rubriques concernées, à la fois au régime de l’autorisation et à celui de la déclaration, le régime de l’autorisation prévaut. Nous ne nous intéresserons ici qu'aux dossiers d'autorisation, les dossiers de déclaration n'appelant pas obligatoirement à la rédaction d’un arrêté préfectoral. Une fois la ou les rubriques concernées et le type de dossier trouvé, le demandeur envoie son dossier à la Police de l'eau qui joue le rôle de guichet unique, c'est à dire qu'il regarde si le dossier est complet. Pour cela, d'après l'article R214-6 du Code de l’Environnement, il doit disposer des pièces suivantes:  Nom et adresse du demandeur, localisation des aménagements.  Caractéristiques des IOTA (nature, consistance, travaux, nomenclature).  Un document d’incidence ou une étude d’impact (cf. Annexe 3), qui précise les enjeux du site et les risques liés à l’implantation de l’IOTA. C’est sur ce document que les instructeurs s’appuient pour comprendre la problématique environnementale et prendre les mesures adéquates en conséquence.
  11. 11. 13  Une description des moyens de surveillance ou d’intervention en cas de danger (accident/incident). Lorsque la complétude est approuvée, la Police de l’eau instruit le dossier (voir page suivante). 4.2/ La finalisationde l’Arrêté Préfectoral Une fois le dossier complet il est instruit par les services de la police de l'eau. Il est ensuite présenté en enquête publique, puis un rapport de synthèse est envoyé au CODERST (Conseil De l'Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques). Un arrêté peut ensuite être signé par le Préfet qui autorisera selon les prescriptions spécifiées la mise en place de l’IOTA. Un arrêté est ainsi composé:  Des « VISA », qui reprennent toute la réglementation auquelle est soumis le IOTA.  La description du projet (IOTA°).  Les caractéristiques techniques des ouvrages et leur positionnement.  Les prescriptions relatives à la réalisation de l’installation ou à l’exécution des travaux (phase avant travaux et pendant travaux).  Prescriptions relatives à l’exploitation de l’ouvrage ou à l’exercice de l’activité. (phase exploitation).  Moyens de surveillance par le pétitionnaire et Police de l'eau et conditions de transmissions des résultats au Préfet (phase suivi).  Moyens d’intervention en cas d’incident ou d’accident.  Dispositions générales (Conformité du dossier, caractère de l'autorisation, remise en état des lieux).
  12. 12. 14 Instruction et délais d’un dossier soumis à autorisation par la Police de l’eau Différents avis des services peuvent être utiles avant l’enquête publique et pour la contribution départementale à l’avis de l’autorité environnementale* (si besoin). Retour des avis pour établir la contribution à l’avis de l’autorité environnementale à joindre à l’enquête publique (si nécessaire), et dans tous les cas pour le rapport au CODERST. A défaut de respect des délais, les avis sont considérés comme favorables. Les avis des communes où se déroule l’enquête publique doivent être de retour 15jours après la clôture de celle-ci. DELAIS: S’il n’y a pas d’avis d’ouverture durant plus de 6mois à compter de la complétude du dossier, ceci vaut rejet de la demande d’autorisation. Délais: A compter de la réception du rapport du commissaire enquêteur, le préfet dispose de 3 mois pour faire connaître sa décision au pétitionnaire. Ce délai peut être prorogé de 2 mois *Glossaire
  13. 13. 15 III/ LA CREATION D’UN OUTIL D’OPTIMISATION DES PRESCRIPTIONS our comprendre au mieux les besoins des instructeurs, un recensement sur cinq années d’arrêtés de dossiers d’autorisation loi sur l’eau a été effectué. On peut citer un manque de données fixées, un manque d’harmonisation, d’égalité… Pour répondre à cette problématique, les prescriptions recensées ont été classées par thèmes et rubriques, puis ont été retravaillées grâce aux indications de guides, arrêtés, mais aussi des instructeurs. L’aboutissement est un cahier de données, qui se veut pratique et facile d’utilisation, rapide d’apprentissage, et qui comble les failles détectées. 1 / Description de l’approche Pour répondre à la mission confiée durant les quatre mois de stage, une approche par étape à été nécessaire :  Le départ du travail est un recensement sur cinq ans des différents arrêtés d’autorisation Loi sur l’eau, soit entre 2008 et 2012 (41 dossiers au total), ces dossiers incluant le plus souvent des études d'impact. Cette approche sur cinq ans permet à terme de toucher à un maximum de sujets en ayant des cas particuliers, tel que des espèces protégées répertoriées sur le site et de constater les besoins du service en s’appuyant sur les problèmes rencontrés.  Ensuite une analyse des prescriptions et un classement par thèmes et rubriques ont été réalisés, en s’appuyant entre autre sur le Code de l’Environnement, afin d’obtenir des entrées suivant une logique connue par les instructeurs pour permettre l’apprentissage rapide du classement.  Grâce à ce classement et une analyse approfondie, il a dès lors été possible de choisir les « meilleures prescriptions » et de les réorganiser pour obtenir des prescriptions types, qui semblaient les plus complètes.  L’amélioration des prescriptions n’a pas été qu’une réorganisation des mesures, celles-ci ont également été optimisées avec des guides, textes, arrêtés et par des dialogues avec l’équipe d’instructeurs pour s’assurer d’être le plus à jour dans la réglementation et de proposer de plus de nouvelles mesures.  L’aboutissement de ce travail à permis d’instaurer durant le stage un cahier de données, jouant le rôle de répertoire où les instructeurs viendront piocher selon leurs besoins; il assurera la coordination du service dans l’application des mesures et leur harmonisation. Le tableau suivant permet de comprendre la démarche effectuée et qui a permis d’aboutir à un cahier de données : p
  14. 14. 16 Etape Schéma Recensement Analyse et regroupementpar thème et rubrique Optimisation et propositions validation X Cahier de données Prescription1 Prescription2 Prescriptionn Prescription5 Prescription4 Prescription3 Prescription1 Prescription3 Prescriptionn Prescription5Prescription4 Prescription2 Prescription1’ Prescriptionn’ Prescription3’ Prescription2’ Prescription1’ Prescription3’ Prescriptionn’ Prescription2’ Prescription1’ Prescription3’’ Prescriptionn’ Prescription2’
  15. 15. 17 2/ Le recensement des pratiques Comme dit précédemment, un total de 41 arrêtés de dossiers d’autorisation loi sur l’eau ont été traités. Les arrêtés sur l'assainissement ont été exclus car un agent spécialisé est en place à la police de l’eau et l’arrêté du 22 juin 2007 fixe des normes de rejet en fonction des milieux, des autos surveillances etc... Le premier titre du CE « Prélèvements » n’a également pu être abordé, les fichiers comportant les arrêtés étant introuvables ou peu exploitables, et les mesures reprenant les conseils de l’hydrogéologue agréé. Ces dossiers sont généralement instruits avec l’ARS, car souvent associés à des périmètres de protection des captages, destinés à l’alimentation en eau potable. Aucun arrêté du titre V n’a été trouvé, correspondant par exemple à des réinjection dans une même nappe des eaux prélevées pour la géothermie. Ci-après on retrouve les différents problèmes qui ont pu être rencontrés dans les arrêtés loi sur l’eau : Egalité de traitement des dossiers La première remarque concerne la multitude de consignes plus ou moins sévères qui peuvent s’appliquer sur un même type de travaux (ex : SOGED, Schéma d’organisation de gestion et d’élimination des déchets).  On note des discordances sur des ouvrages qui peuvent se ressembler parfois avec des impacts et des enjeux pour le milieu semblables. La complexité de l’égalité entre IOTA réside dans l’appréciation des instructeurs qui n’ont pas tous la même sensibilité environnementale. Prise en compte Faune/flore L'apparition de la prise en compte de la faune et de la flore dans les dossiers Loi sur l’eau est une véritable avancée. La multiplication des études d'impacts instruites par la Police de l'eau - avec l'article R122.4 du CE qui préconise dorénavant une étude d'impact plus facilement, les critères l’imposant étant de plus en plus sévères – dirige dorénavant le service vers une plus forte sensibilité de la faune et de la flore.  Comme souligné précédemment, les agents doivent depuis janvier 2011, instruire également les études d'impacts, alors qu'ils n'ont pas forcément une formation et les compétences adaptées.
  16. 16. 18  Il existe un manque d’échange entre les agents de l’Unité Police de l’Eau et Domaine Public fluvial (UPEDP) et l’Unité BIOdiversité marine et terrestre (UBIO). En effet l’expertise faune/flore est à la charge de l’UBIO, qui n’a pas pour rôle de faire l’instruction à la place de l’UPEDP, mais d’apporter un appui. Or l’UBIO ne peut, par manque de temps, fournir autant d’aide que souhaiterai les instructeurs pour les études d’impacts. Prescriptions de suivi-échéance Des failles existent dans le caractère opérationnel des prescriptions de suivi : manque de précision, formulations hasardeuses, qui laissent au demandeur de l’IOTA une trop grande marge de manœuvre. Au niveau du suivi imposé, il y a cependant, au sein de l’UPEDP, une réelle avancée et une prise de conscience de la nécessité de vérifier et d’accompagner le maître d’ouvrage par un catalogue de mesure. Années 2008 2009 2010 Passage sous le sigle UPEDP 2011 2012 Nombre prescription de suivi 5 6 11 17 44 Nombre de prescriptions de suivi par année  Aucun tableau de bord récapitulant les contrôles à effectuer ou déjà effectués n’est présent. Certes ceux imposés entre 2008 et 2010 sont peu nombreux - malgré un nombre de dossiers d’autorisation semblables chaque année – mais ils deviennent conséquents à partir de 2011.  Au niveau de la formulation, des erreurs fréquentes affaiblissent encore les inspections. Exemple type: « Les compterendusdestravaux seront transmis régulièrementpour information à la Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DEAL 974) ». Il n'existe aucune échéance et l'emploi du terme « régulièrement » n’impose pas assez clairement de fermeté aux exploitants et amène à un accompagnement hésitant. Il convient de se rattacher à une échéance plus précise.  Des oublis : L’ordre de service aux entreprises de démarrer les services, ou la demande de plan de récolement des ouvrages à la fin des travaux. Entre autre les suivis se rattachent à une échéance par phasage des travaux (chantier, exploitation et suivi), ex : « avant les travaux l'entreprisedevra fournir... » ou « à la fin de travaux,l’entreprise... ». L’oubli par exemple
  17. 17. 19 de l’ordre de service peut entraîner la non-connaissance du démarrage des travaux et suscite une donnée manquante primordiale au bon fonctionnement des contrôles qui s’appuient sur ces renseignements. Arrêté 2011-78, Ferme Houlomotrice Saint Pierre.  Ici est pris en compte le risque incendie alors que cette précision fait déjà obligatoirement partie de l'organisation d'un chantier. L'accès pompier, les sites de rassemblements font partie des articles L. 311-1 à L. 314-4 du Titre Ier - Sécurité au travail du Livre III - Protection, Sécurité et Santé des travailleurs du Code du travail et de ses règlements d'exécution. Il n’y a donc pas besoin de le préciser dans l'arrêté. Un deuxième cas de manque de connaissance, à Saint Benoît, commune de l’est de l’île : l’utilisation non déclaré dans les dossiers d’autorisation de polystyrène pour des gabions envoyés en mer qui servent de support pour que la canalisation de rejet de la STEU ne remonte à la surface. Le polystyrène est donc directement injecté dans le milieu marin. Cageotde supportà la canalisation derejet de la STEU de SaintBenoît Harmonisation  Un très grand nombre de formulation de prescriptions qui résume la même chose (ex : pollution accidentelle, installation chantier...). Il s’agit d’un éparpillement des écritures, chaque instructeur reprenant ses formulations, ce qui les multiplie. Or les derniers arrêtés ne sont pas forcément les meilleurs en termes de qualité d’écriture, car des prescriptions Manque de connaissance des processus Ex : « Un plan degestion du risqueincendie sera élaboré par l’entreprise au préalable. Les moyens de lutte contre le feu classiques et complétés en fonction des caractéristiques spécifiques aux produits employés seront disponibles en permanence sur le chantier en quantité suffisante».
  18. 18. 20 innovantes entre autre ont pu être oubliées. Il apparaît important de reprendre d’anciennes prescriptions et de les intégrer dans les plus récentes afin d’avoir une véritable complétude et homogénéité dans les arrêtés. Amélioration dans la précision des techniques « Afin de réduire la pollution lumineuse, en phase de travaux, le travail de nuit sera à exclure. Si un éclairage est requis, il sera strictement limité aux besoins (gardiennage de chantier) et suivra les recommandations techniques préconisées par la SEOR ». Prescriptions sur l'éclairage, arrêté 2010-20 « Pour intégrer les périodes de sensibilité des oiseaux marins, les périodes de travaux seront adaptées en fonction de la nature des opérations à réaliser. Pendant les périodes sensibles, à savoir de décembre à février pour le Puffin de Baillon et en avril et mai pour le Pétrel de Barau, tout éclairage nocturne du chantier sera strictement interdit, ceci afin de réduire le risque d’échouage de ces oiseaux sensibles aux éclairages. Dans le cas où des éclairages seraient nécessaires, il conviendra de les adapter afin de limiter le risque d’échouaged’oiseauxmarins,en respectantlesobligationssuivantes :mettreen placedes réflecteurs limitant l’éblouissement, éviter le sur-éclairage, orienter les lumières plus efficacement en particulier vers le sol, éteindre les lumières quand elles ne sont plus utiles, préférer à toutes autres, les lampes à vapeur de sodium basse pression (jaune monochromatique) qui sont les moins attirantes pour les jeunes pétrels et d’autres animaux nocturnes (comme certains insectes, les jeunes tortues…), éviter l’usage de lampes à vapeurdemercure hautepression ou à ioduremétallique (lumière blanche) quisontles plus attractivespour les pétrels, éviter les surfaces réfléchissantes. Avant le début du chantier, un écologue s’assurera de l’absence d’avifaune sensible et de nidification sur le secteur. Le compte-rendu de cette intervention ainsi quela localisation deséventuelssites de nidification identifiés seront transmis au service Eau et Biodiversité de la DEAL. » Prescriptions sur l'éclairage, arrêté 2011-23  Ici malgré la bonne définition de la prescription prenant en compte l'avis d'un écologue pour l'avifaune et les périodes de nidification et/ou reproduction (le Pétrel par exemple qui s'envole le soir des Hauts de l'île - zone de nidification - et qui utilise des corridors écologiques comme les ravines pour descendre en mer afin de se nourrir, est attiré par la lumière et s’échoue), l'utilisation recommandée de lampe à sodium pose problème. En effet elle est contradictoire avec sa faible luminosité à la sécurité des ouvriers sur le
  19. 19. 21 chantier qui peut s'avérer dangereuse dans les travaux précis ou en tranchés. Données non fixées La période cyclonique est une particularité de la Réunion. Bien souvent les arrêtés empêchent aux demandeurs d’effectuer des travaux, notamment dans les ravines ou cours d’eau, durant cette période. Toutefois les dates réglementant cette période portent à confusion. Parfois allant de novembre à fin mars, d’autre fois ne précisant même pas les dates, cet exemple illustre clairement le manque de coordination des instructeurs (A savoir qu’après proposition la date a été fixée du 15 novembre au 15 avril pouvant s’élargir en fonction des bulletins météos). 3/ Bancarisation des données Après avoir déterminé les différents problèmes dans l’écriture des prescriptions, la création d’un répertoire permet de rentrer plus techniquement dans le sujet et de répondre aux besoins des instructeurs. 3.1/ Classement Pour parvenir à la mise en œuvre d’un cahier de données, il a fallu déterminer au préalable des thèmes et rubriques permettant de classifier les prescriptions de manière logique en se calquant sur les méthodes de fonctionnement de l’unité de Police de l’eau. On retrouve en annexe 4 le tableau regroupant les thèmes et rubriques décrits ci-dessous. Pour effectuer le classement, une colonne de thèmes principaux a été réalisée avec :  Trois titres du Code de l’Environnement (« Rejets », « Milieu aquatique », « Milieu marin » (en jaune sur le tableau de l’annexe 4), ainsi que le thème « Eaux souterraines/ Superficielles » correspondant à des travaux à proximité de captage/forage mais qui ne concernent pas le titre I « Prélèvements ».  Un thème « biodiversité » qui permettra dans le cas d’étude d’impact d’avoir un thème spécialement dédié.  Un thème « Chantier», récapitulant les dossiers que l’on peut retrouver comme le Dossier de Consultation des Entreprises (DCE), regroupant les documents nécessaire à la consultation des candidats à un marché.  Un thème « Règle générale », qu’il a semblé important de rajouter. En effet, la base de travail a été de fixer des prescriptions de bases qui devront toujours être appliquées lors de l’écriture d’un arrêté. Au lieu d'un travail individuel où chacun utilisait ses propres formulations et conseils, il a fallu démêler la multitude d’écritures et réorganiser l’ensemble. On obtient sur l’annexe 5 à titre d‘exemple la prescription type pour la
  20. 20. 22 pollution accidentelle. Une seconde colonne « Rubrique » s’inspirant des rubriques du Code de l’Environnement. Quelques lignes ont été rajoutées, par exemple « Piste accès engins », concernant l’accès aux engins sur les berges ou dans le lit mineur, donc qui est applicable pour chaque rubrique du titre « Milieu aquatique ». Enfin deux colonnes de sous thèmes plus précis complètent le classement. On obtient par exemple : THEME RUBRIQUE SOUS-THEME Milieu aquatique Modification profil Dérivation lit vif Chenal dérivation 3.2/Outils disponibles et sources de données Le classement s’accompagne de rectifications et d’améliorations des prescriptions. Voici les sources de données utilisées pour effectuer ce travail:  CASCADE, logiciel qui regroupe des arrêtés nationaux plus ou moins accessibles, avec leur date d'application, les instructeurs, la région…, proposant également une carte récapitulant par région les IOTA implantés.  Quantum Gis, SIG (Système d'Information Géographique) avec des couches présentant diverses données, par exemple des habitats sensibles, les espèces protégées répertoriées, les différents ouvrages instruits par la police de l'eau... On peut noter ici qu'une stagiaire a effectué des fiches aux niveaux de la faune, avec leur période de reproduction, de nidification, afin de connaître les dates possibles des travaux. Elle a également mis à jour les données reprenant l’état de connaissance sur leur emplacement dans l'île, ce qui d’identifier les zones à enjeu pour les espèces protégées et/ou endémiques, et ainsi d’en tenir compte dans l’instruction des dossiers.  Fiche ONEMA (Office national de l’eau et des milieux aquatiques). Il connait bien le terrain, et à proposé des fiches qui identifient différents types d'impact en rivière (Titre III du CE) et les solutions envisageables pour les éviter, les réduire ou les compenser.  Le code de l’environnement, avec toutes les grandes procédures à respecter.  Une bibliothèque d’ouvrages (guides publiés ou financés par la DEAL, manuel …).  Tous les arrêtés d'autorisation entre 2008 et 2012 qui ont été instruits par la Police de l'eau, rappel sauf du Titre I « Prélèvement ».  SDAGE 2010-2015 de la Réunion pour connaître les grandes orientations en accord avec la Directive Cadre sur l’eau.
  21. 21. 23  Visite de terrain afin de s’apercevoir de la réalité et de la réelle application des prescriptions avec l’ARDA (Association Réunionnaise de Développement de l’Aquaculture), l’ONF (Office National des Forêts), les bureaux d’études BIOTOPE et SBTPC, et les instructeurs de la Police de l’eau. 3.3/Cahier de données Le travail en amont se concrétise avec la mise en place du cahier de données. Il se présente sous forme de tableau Excel. Il reprend donc le classement par thèmes, rubriques et sous thèmes avec une entrée qui se fait par filtre avec des choix déroulants, ce qui permet de se repérer facilement : c’est le même principe qu'un logigramme qui permet aux instructeurs d’accéder rapidement aux données. C’est un outil qui se veut accessible à tous, car les instructeurs ont des horizons très différents et pas les mêmes méthodes de travail. L’entrée par sous thème définit spécifiquement les besoins et une nouvelle colonne propose les prescriptions. La Réunion est un territoire très diversifié, avec des zones à forts enjeux, et donc une palette de prescriptions très importante (plus de 120). Avec ce très grand nombre, il n’a pas été possible de tout traiter, c’est à dire que certaines prescriptions ont néanmoins été classées, mais n’ont pu être revues et améliorées. Après discussion avec l’équipe, a finalement été décidé de rajouter une colonne où sont répertoriés les guides et autres ouvrages en lien avec chaque sous-thème, afin de leur permettre un accès plus facile aux données de base. L’outil se présente simplement, les entrées ont été choisies pour permettre l’apprentissage rapide du classement (gain de temps et suivant une logique connue par les instructeurs). Des liens vers des guides complètent leur recherche. En plus de ceci, des marquages par un code couleur rouge permettent de repérer les incertitudes de formulations qui peuvent persister. C’est donc un signal qui est lancé aux instructeurs pour les rappeler à la vigilance et de ne pas agir avec un unique copier/coller. De plus a été fait en fin de stage, une phase de formation des instructeurs pour présenter l’utilisation de la base avec transmission de consignes pour se diriger au mieux et faciliter le travail : Un seul coordonnateur pour les mises à jour de cette base a été désigné : JULIETTE RODICQ, Chargée de la démarche qualité en police de l’eau. Prise en main: Tout d’abord l’entrée se fait par le thème « Règle générale », qui reprend toutes les prescriptions-types toujours applicables et clairement formulées comme définis plus haut. Ensuite il convient de rechercher la (les) rubrique (s) concernant le dossier, puis lister tous les sous thèmes pour avoir les outils globaux disponibles et se donner une vision d’ensemble de ce qui a pu être appliqué sur d’autres projets afin d’avoir un maximum de choix. Enfin l’instructeur peut rentrer dans les détails des prescriptions et utiliser la formulation proposée et semblable pour tous les arrêtés du même type, quelque soit l’agent responsable du dossier. La mise en place de thème et sous thème pour les prélèvements sera réalisée par le coordinateur au fur et à mesure d’instructions d’arrêtés du titre 1er du Code de l’environnement.
  22. 22. 24 4/ Application concrète En imaginant le parcours d’une goutte d’eau et les obstacles d’origine humaine qu’elle rencontre, on se rend compte de l’utilité et de la nécessité de ce cahier de données permettant entre autre l’harmonisation des rédactions. Il s’agit d’un outil réellement profitable aux instructeurs et qui rend également compte des réalités du terrain. Il se devait d’être opérationnel, en trouvant un équilibre entre généralités pour qu’il englobe tous les cas possibles, et précision pour être efficace dans l’instruction. Il doit être « rendu vivant », c’est à dire utilisé régulièrement afin que tous les agents utilisent la même base de données des prescriptions. En premier lieu la goutte d’eau est contenue dans un nuage, se condense puis tombe sous forme de pluie sur un chantier, voyons les difficultés rencontrées et les solutions apportées: 4.1/Plateforme stockage « Les dispositionsdu présent titre ont pour objet une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau et vise à assurer : La protection des eaux et la lutte contre toute pollution par déversements, écoulement, rejets, dépôts directs ou indirects de matière de toute nature et plus généralement par tout fait susceptible de provoquer ou d'accroitre la dégradation des eaux en modifiant leurs caractéristiques physiques, chimiques, biologiques ou bactériologiques. Article L211-1 du Code de l'environnement. D'après cet article, il faut donc traiter et confiner toutes pollutions susceptibles de porter atteinte aux eaux superficielles, souterraines ou marines. Pour cela, est aujourd’hui appliqué la mise en place d’une plateforme en béton qui sert de stockage des engins (stationnement, entretien, ravitaillement), des déchets, avec des goulottes de récupération des eaux et un bassin en aval avant rejet dans le milieu naturel ou un réseau collectif.  Difficulté : Lors de la réalisation de travaux longs en linéaire (pose de canalisation par exemple), impossibilité pour les gros engins lents de toujours revenir sur la plateforme de stockage. De plus se sont des plateformes qui resteront souvent après le chantier, s’insérant ultérieurement peu dans l'environnement. A noter également le coût des bassins de décantation en aval. La proposition faite pour solutionner ce problème a été définie avec l’aide du bureau d’étude BIOTOPE. Elle, consiste en une nouvelle réflexion technique plus flexible : la création, dès lors qu'il y a peu de contraintes hydrogéologiques sur la zone, d’une plateforme recouverte de terre. Elle est, constituée de trois couches afin qu'elle soit étanche mais tout de même facilement évacuable au moment du repli : une couche de polyane, une couche de géotextile, une couche de matériaux fins (sable ou graves) afin de ne pas déchirer les couches du dessous. Les avantages en sont la facilité de fabrication et le faible coût de pose, qui s’adapte aux contraintes de mobilité sur des longs chantiers.
  23. 23. 25 Il reste primordial pour les pétitionnaires de se renseigner sur les différents centres agréés afin de récupérer et traiter cette terre en cas de pollution accidentelle. Par conséquent, lors du repli de chantier, dans le cas où des produits polluants (type hydrocarbures) se sont déversés sur la plateforme lors des travaux, l'entreprise doit s'assurer que les matériaux peuvent être évacués en tant que déchet non dangereux, au moyen d'analyses. Dans le cas où la terre souillée est considérée comme déchet dangereux, l'entreprise doit s'assure de son évacuation vers la filière appropriée (uniquement entreprise STARDIS à la Réunion). Ces prescriptions seront reprises dans les arrêtés. Il suffit dorénavant pour obtenir cette nouvelle solution de se référer au cahier de donnée, dans le thème « Règle général », puis dans la rubrique « Installation de chantier ». Pelle stationnée sans plateforme avec fuite visible sur le terrain. Néanmoins pour les travaux de grosses ampleurs, les plateformes en béton resteront prioritaires. Plateforme de stockage en béton, avec groupe électrogène, toilette, zone de stationnement des engins et déchets La goutte d’eau traverse donc le chantier, se charge en polluants divers, elle est ensuite récupérée pour être traitée en aval du chantier.
  24. 24. 26 4.2/Eaux pluviales Le Comité de Bassin a adopté le 2 décembre 2009 le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux 2010-2015 de La Réunion. Une des orientations de ce SDAGE vise à « réduire l’aléa inondation en améliorant la prise en compte du risque pluvial ». Cette ambition est également affichée dans l’orientation fondamentale 3 relative à la lutte contre les pollutions. Il apparaît primordial de gérer de la manière la plus efficace possible les eaux pluviales à la Réunion, avec les spécificités citées dans le contexte (saison cyclonique, lagons, cours d’eau en exutoire, urbanisation donc imperméabilisation). Un « guide sur les modalités de gestion des eaux pluviales à la Réunion » élaboré par l’Etat, permet d’orienter les pétitionnaires dans le mode de gestion des eaux pluviales selon une doctrine commune à tous les chantiers de l’île. Le guide définit des bases d’exigences sur la qualité de rejet, avec les normes applicables à l’exutoire, principalement lors d’un rejet en cours d’eau, les rejets par infiltration étant peu contrôlables et proscrits s’il y a présence de nappe à proximité. Lors du recensement et du classement des prescriptions, plusieurs seuils de qualité pour le paramètres MES ont été notés. Le guide des eaux pluviales indique : La définition d’un seuil clair et fixe pour l’égalité de traitement des dossiers a été nécessaire. En l’absence de normes réunionnaises, il a fallu se baser sur l’Article D.211-10 du Code de l’environnement, qui concerne la qualité des eaux douces ayant besoin d’être protégées ou améliorées pour être aptes à la vie des poissons. Ce seuil devrait être contrôlé à l’exutoire. Seuils applicables au paramètre MES et pH pour le rejet des eaux pluviales. Ce seuil est également utilisé pour des suivis MES dans les cours d’eau. Ainsi une logique de continuité à été trouvée entre rejet et vie aquatique. « En métropole, la définition des objectifs de qualité des cours d’eau a permis de définir précisément les valeursde pollution chroniqueà ne pasdépasser pour chacun des polluants. A la Réunion, en l’absence de ces données, une approche au cas par cas, lors du dépôt du dossier loi sur l’eau précisera les objectifs assignés au projet (en fonction notamment de la vulnérabilité du milieu récepteur et de la nature de l’aménagement). Le principe de base imposé pour la gestion qualitative des eaux pluviales est la non- dégradation du milieu récepteur.» Paramètres MES pH Seuils <30 mg/l Ou n’augmentant pas la concentration naturelle de plus de 30mg/l après dilution 7<pH<9
  25. 25. 27 Il convient de comprendre que l’entretien et le suivi doivent reposer sur une approche pragmatique, car il n’est pas toujours possible d’indiquer des règles générales précises quant à la périodicité des interventions. La lutte contre les gites larvaires par exemple pose une problématique d’autant plus prégnante à la Réunion. L’entretien doit donc être adapté au contexte, il doit s’effectuer de manière régulière et avant et après les épisodes de fortes pluies. Il faut proposer des solutions cohérentes plutôt que de se baser à tout prix sur ce taux. Ce taux sert surtout en cas de dysfonctionnement pour avoir une base réglementaire. Est cité en annexe 6 le rajout systématique de fossé amont et aval lors de la réalisation de chantiers sur des reliefs escarpés, mesures qui ont également été retravaillées et généralisées. Comme pour les plateformes de stockages, on retrouve cette prescription dans le thème « REJETS », la rubrique « Eaux pluviales » et le sous thème « Qualité de l’eau ». La goutte d’eau poursuit son parcours et est ensuite rejetée dans un exutoire, le plus souvent un cours d’eau ou une ravine. 4.3/Buses enravine et cours d’eau Le SDAGE de la Réunion de 2010-2015 intègre au regard des Orientations fondamentales l’hydromorphologie et la Biodiversité dans le thème « Préserver, restaurer et gérer les milieux aquatiques continentaux et côtiers ». Le SDAGE dresse l’état des cours d’eau à la Réunion ainsi que les travaux préconisés (aménagement des ouvrages, réalisation de passes à poissons, rétablissement de la continuité écologique) pour chaque cours d’eau. Les visites de terrain ont mis en lumière la nécessité d’une réflexion sur les passages busés, pour savoir quelles règles sont applicables, afin de recadrer les procédures dans la rubrique « Ouvrages en lit mineur » du titre III du Code de l’environnement. Passage busé dans la rivière du Mât Sur cette photo on observe plusieurs défauts techniques récurrents: des buses rondes, une chute d’eau en aval trop grande pour permettre la remontée des poissons, des vitesses d’écoulement accélérées en sortie de buse, la pente générale du cours d’eau peu respectée. Ces passages busés avec les prescriptions dictées ne sont plus suffisants aujourd’hui, une mise à jour semblant
  26. 26. 28 nécessaire. L’arrêté 2011-53 sur des travaux urgents de réparation après une crue a servi de base de travail, complété par des notes techniques de l’ONEMA, d’OCEA Consult’ et de l’ARDA. Rappelons que ces ouvrages restent des ouvrages provisoires « ou fusibles » soumis fortement aux crues et qui peuvent ainsi nécessiter une reprise totale suite à une crue (saison cyclonique ou non). De plus, les buses pouvant éventuellement être emportées lors d’une crue cyclonique, d’ores et déjà la mise en place de buses en matériau de type béton ou acier est préconisée. La prescription proposée pour les passages busés est la suivante : La circulation d’engins dans le lit mineur des cours d’eau est proscrite, sans mise en place d'un dispositif de franchissement adapté des lits vifs par passage hors d’eau sur dalots (préférés aux buses rondes pénalisantes pour la remontée de certaines espèces). Afin de préserver la continuité biologique durant la période de travaux, toutes les traversées de lits vifs seront réalisées de manière à : permettre l’écoulement permanent de l’eau sans modifier sensiblement la vitesse d’écoulement des eaux ; faciliter au maximum la migration (montaison et dévalaison) des espèces notamment des cabots bouche ronde ainsi que les déplacements des autres espèces de poissons ou de macro crustacés (anguilles, crevettes,…) ; Le dimensionnementexact du ou des ouvrages de franchissement des lits vifs sera proposé par l’entreprise préalablement aux travaux. Le dimensionnement, obéira obligatoirement aux principes suivants : Les dalotsserontimplantéssur unelargeur decours d’eau maximaledefaçon à ne pas réduire la largeur du cours d’eau de plus de 10 %, de façon à respecter le plus possible la section d’écoulement et préserver ainsi les vitesses d’écoulement naturelles. Une hauteur d’eau minimale de 15 cm doit être maintenue dans l’ouvrage pour permettre le passage en étiage des plus gros individus de poissons ; L’ouvrage sera enfoui de 30 cm dans le lit afin de ne pas créer de chute susceptible de bloquer les poissons et les macrocrustacés à l’entrée du passage busé ; L’ouvrage devra, à minima rester franchissable, entre le débit d’étiage et 1,5 fois le module* ; Un tirant d’air de 50 cm entre le haut de l’ouvrage et la ligne d’eau à 1,5 fois le module sera garanti pour éviter les risques de colmatage par des embâcles ; Les dalotsserontimplantésen respectantle plus possiblela pente naturelle du tronçon, sans recalibrage du lit ; Un seuil de contrôle, franchissable par toutes les espèces et une fosse de dissipation seront mis en place à l'aval des dalots, pour éviter les problèmes d’érosion et l’abaissement de la ligne d’eau en aval. PointImportant : Il sera demandéaux entreprises de mettre scrupuleusement en œuvre ces préconisations lorsque les travaux dureront 3 semaines ou plus (surtout si la période d’intervention recoupe avec des « lunes » favorables à la montaison des poissons). Pourdes travaux depluscourtedurée,il ne sera pasdemandéderéaliser de modifications conséquentes du substrat(pasd'enfouissementdela basedes buses),leseffetsnégatifsd’une modification du fond du cours d’eau pouvant serévéler plusimportantssurla faune aquatique que ceux inhérents à une mise en place de dalots de façon non optimale. Les dalots devront être « propres » de toutes MES avant leur implantation dans le lit ; *Glossaire
  27. 27. 29 La partie roulanteau dessusdesdalotssera composéeuniquementde matériaux issus du site, restitués lors du démantèlement de l’ouvrage. L’utilisation de matériaux extérieurs, type géotextiles, blocs béton ou ferrailles, est interdite ; En cas de dispersion dans le milieu des matériaux non naturels de la piste (buses, canalisations) consécutifs à une crue, ceux-ci seront récupérés par l’entreprise, évacués hors du site et déposés en décharge ; Une fiche de procédure de mise en place des dalots et un cahier des charges d’entretien seront annexés au Dossier de Consultation des entreprises. Nouvelle prescription type pour les passages busés. La pose d’aménagement de type buse doit en théorie se faire à sec (cas de dérivation impossible, pose de filet en amont et aval uniquement avec pêche électrique, donc dégagement de fines en aval lors de la pose des buses). Ces travaux nécessitent le plus souvent le déplacement temporaire du lit vif, qui à la Réunion correspond très rarement au lit mineur, ils relèvent en conséquence de la rubrique « Modification du profil » du Code de l’environnement. Cette dérivation peut se faire de plusieurs manières selon un cas par cas:  De préférence par un batardeau réalisé en tête de dérivation avec des matériaux inertes, composant un barrage fait de matière autre que la terre, notamment des barrages mobiles remplis d’eau, des sacs de gravier roulé ou de sable, des blocs de béton, des murets d’acier ou de bois, des graves propres, des palplanches ou d’autres moyens appropriés pour isoler le chantier.  Par un chenal trapézoïdal, réalisé et dimensionné de sorte que le régime hydraulique soit le moins impacté possible avec des caractéristiques les plus proches du lit vif dérivé. Dans tous les cas, les travaux doivent suivre cinq phases : Phases de travaux pour la dérivation d’un cours d’eau ou ravine- OCEA Consult’ et ECOGEA Les prescriptions concernant les pêches électriques (cf. annexe 7) renvoyaient obligatoirement vers la Fédération de pêche, une ouverture vers des organismes agréées à été proposée et acceptée.
  28. 28. 30 A titre d’information sur les travaux en cours d’eau, l’endiguement de la rivière des Marsouins en annexe 8 est présenté. Une fois acheminée par un cours d’eau, la goutte d’eau se précipite dans son exutoire final : l’océan entourant l’île de la Réunion. VI/ SUIVIS TYPES es modalités de suivis présentés ci-dessous ont montré des faiblesses dans leur utilisation, que ce soit au niveau de leur formulation ou de leur mise en pratique. Il s’agit donc d’une remise à plat, d’une généralisation, qui va permettre de les renforcer et d’être au plus près des pratiques du maître d’ouvrage. 1/ Milieu marin- Dragage Les travaux en milieu marin instruits le plus fréquemment sont les dragages réalisés dans la commune du Port. Il s’agit d’extraction de matériaux situés sur le fond d’un plan d’eau. Dragage dans la commune du Port. Deux seuils ont été définis correspondant à des niveaux d'impact croissant sur un même milieu. Ces seuils (N1 et N2) spécifiés par l’arrêté du 9 août 2006, proposés par GEODE (Groupe d’Etudes et d’Observation sur les Dragages et l’environnement) déterminent les niveaux à prendre en compte lors de l'analyse de rejets de sédiments marins. A la Réunion, les sols contiennent naturellement des éléments traces métalliques, et notamment de cuivre, chrome et nickel. Ces fonds géologiques d’origine volcanique induisent un dépassement quasi-systématique du niveau N1 lors de rejets de sédiments en mer. L’autorisation des rejets peut être délivrée après évaluation de la toxicité des sédiments au cas par cas. Voici les prescriptions que l’on retrouve (il ne s’agit que d’une partie, d’autres prescriptions comme l’usage de dragline aspirante, ou encore l’usage d’engins préalablement nettoyés, l’information et la sensibilisation du personnel sur le chantier…, sont présentes) : L
  29. 29. 31 «En cas de perturbation majeure constatée et de risque de dégradation des peuplements, les travaux pourront être interrompus momentanément, le temps de retourner à des conditions de milieu plus tolérables (pics environnementaux critiques). Observation du panache de matières remises en suspension lors du dragage et mise en place d’un système d’alerte auprès du Maître d’œuvre grâce à des contrôles périodiques (prélèvements) calés sur des phases « à risque » du chantier. » Arrêté Dragage Port Sud de 2012 Plusieurs problématiques se présentent :  Les travaux peuvent être interrompus lors « de perturbations majeures », perturbations qui ne sont aucunement définie et restent dans le flou. Les zones récifales aux alentours sont un enjeu qu’il ne faut pas négliger, l’importance d’un suivi prend tout son sens ici.  Il n’est préconisé aucune analyse des sédiments, mais uniquement une observation des MES alors que d’autres éléments sont à prendre en compte. De plus des visites sur le terrain et des discussions avec certains maîtres d’ouvrage et d’œuvre a permis de s’apercevoir que, dans la dernière opération sur un chenal proche d’un port de plaisance, les sédiments dragués étaient réutilisés plus loin dans le milieu marin à des fins de renforcement de terrains maritimes alentours, victime d’érosion. Il s’agit ici d’un manque de connaissance des processus, les arrêtés Loi sur l’eau pris ne prévoyant pas ce cas de figure et n’imposant aucune restriction alors même que ces pratiques peuvent avoir un impact fort sur le milieu naturel. De ce fait les sédiments réutilisés sont pourvus de nombreux déchets en plastiques accompagnés de matières fréquemment retrouvées sur ces sites (peinture comme anciennement le Tributylétain aujourd’hui interdit mais qui pouvait induire une masculinisation des femelles,…) qui terminent alors dans le milieu marin. Le rajout d’une prescription allant dans ce sens a donc semblé important. C’est ce genre de problème que permettra de résoudre le tableur des prescriptions types, améliorer et renforcer la gestion des chantiers en recadrant au mieux les maîtres d’ouvrage et en détaillant les exigences. « Il sera prévu la mise en place d’un suivi des sédiments en prévoyant l’arrêt des travaux en fonction d’un seuil à établir au vu des résultatsdessuivis réalisés sur la zoneau titre de la directive cadre surl’eau. Le plan d’échantillonnageetles prélèvementsdesmatériaux draguéssonteffectuéssousla responsabilitédu maître d’ouvrage de l’opération, le plan d’échantillonnage devant être déterminé en concertation avec le service chargé de la police de l’eau (prise en compte des phases « à risque » du chantier). Seuls les laboratoires agrééspour ce type de matériaux peuvent effectuer les analyses. Un compte rendu sera adressé à la Police de l’eau-Service Eau et Biodiversité après chaque analyse. En vue des résultats obtenus, le devenir de la terre draguée se fera en concertation avec les services de la Police de l’eau». Nouvelle prescription de suivi type pour dragage L’annexe 9 présente le protocole de suivi des sédiments réglementé par la circulaire n°2010-62 de juin 2000. Cette circulaire impose le nombre d’échantillonnages en fonction du lieu et du type de dragage que doit effectuer le maître d’ouvrage. Elle est directement utilisée pour les contrôles réalisés par le service de la Police de l’eau. Elle permet de définir le seuil d’arrêt des travaux et le planning d’échantillonnage. Il est important de connaître, pour l’opération de dragage elle-même, ainsi que pour la détermination et la gestion des sédiments, les paramètres physiques et
  30. 30. 32 chimiques. On retrouve à l’Annexe 10 la description des travaux de renforcement des points d’accostage au Port, avec un suivi MES et un suivi sonore pour comprendre au mieux les enjeux du site et les mesures liées aux travaux. On relève un travail sur la prise en compte des récifs coralliens, organismes très sensibles aux variations de paramètres physico-chimiques en s’inspirant d’exemple de la Polynésie française limitant à 10mg/l de MES. Les récifs coralliens de la Réunion sont le siège d’une biodiversité parmi les plus remarquables de l’outre-mer. 2/ Suivi en cours d'eau Nous nous intéresserons ici plus précisément aux suivis de l’oxygène dissous pour les travaux en cours d’eau. Le suivi de l’02 est important pour évaluer l’impact des travaux sur les cours d’eau, pourtant aucun arrêté ne le prescrivait. Il a donc été nécessaire de proposer une prescription type entièrement nouvelle. Pour cela, l’idée de départ a été de trouver quand s’appliquait un suivi de l’02. Celui-ci peut être mis en place lors d’opération avec des risques de relargage de laitance de béton ou toutes autres pollutions chimiques accidentelles. Il s’applique également pour les opérations de Curage/Remblais au titre du Code de l’environnement R214-1, titre III rubrique 3.2.1.0 (entretien de cours d’eau et de canaux). Ainsi il a été possible de s’appuyer sur l’arrêté du 30 mai 2008 relatif aux opérations d’entretien et de curage qui défini en France deux seuils selon le type de cours d’eau: Au regard des concentrations mesurées sur le terrain lors de la campagne du réseau piscicole à la Réunion réalisé en 2007 par l’ARDA (capture des espèces piscicoles selon une sectorisation des rivières pour l’étude de faisabilité d’un Indice Poisson à la Réunion*), une concentration de 6mg/l semble très faible. Il s’agit donc d’un seuil très tolérant. Toutefois il est précisé dans l’arrêté que le préfet peut adapter ces valeurs au contexte auquel il doit faire face, cet arrêté faisant foi pour les dossiers de déclaration, les dossiers d’autorisation étant plus stricts au niveau de la réglementation, il s’agit de seuil minimal. Cette prescription a été rajoutée au cahier de données car elle pourrait permettre, certes malgré sa faiblesse de représentativité, de constituer un premier référentiel pour les impacts et une première étape vers son amélioration. Afin d’aboutir à des valeurs seuils plus représentatives à la Réunion, il faudrait à minima rechercher des données en continu sur certaines rivières, intégrer les données des autres années et les corréler avec la température de l'eau (loi de Henry). L’annexe 11 présente un suivi d’O2 dans un plan d’eau, apportant des exemples pour la récupération des données de base qui manquent 1er catégorie piscicole* 2e catégorie piscicole* < 6mg/l < 4mg/l
  31. 31. 33 aujourd’hui à la Réunion pour la mise en place d’un suivi d’oxygène dissous. La prescription type suivante est proposée : Le suivi de l’oxygène dissous se fera de manière continue durant toute la période des travaux, en aval des opérations de curage/remblais dans le cours d’eau, sous la responsabilité du maître d’ouvrage. Ces données serviront à l’amélioration des connaissances des cours d’eau et permettront l’exploitation de données. Les modalités de ce suivi (acquisition des données, fourniture des données…) seront définies par le maître d’ouvrage en lien avec le Service de la Police de l’eau-Service Eau et Biodiversité. Elles seront présentées pour validation à l’unité de la Police de l’eau au plus tard X mois après la publication de l’arrêté d’autorisation au titre du Code de l’environnement, avant le début des travaux. Le taux d’oxygène dissous ne devra pas être inférieur à 6mg/l d’oxygène dissous pour un cours d’eau en 1er catégorie piscicole et 4mg/l pour la 2nde catégorie piscicole. Lorsque les paramètres mesurés ne respectent pas les seuils prescrits pendant une heure ou plus, le bénéficiaire doit arrêter temporairement les travaux et en aviser le service chargé de la police de l’eau. La reprise des travaux est conditionnée par le retour à des concentrations mesurées à un niveau proche de l’état initial. Prescriptions types pour suivi d’oxygène dissous. 3/ Suivi environnemental Le suivi environnemental, généralement réalisé par un bureau d’étude, est un outil important de la Police de l’eau. Non obligatoire et non imposable, il reste tout de même très fortement conseillé pour les travaux d’envergure et de durée importante ainsi que les travaux en milieux sensibles, que ce soit pour le maître d’ouvrage ou pour le service de la Police de l’eau. Afin d’assurer l’égalité entre les ouvrages, il a été proposé de trouver un « seuil d’application », c'est-à-dire qu’à partir d’un certain enjeu le suivi environnemental devient obligatoire et imposé dans les arrêtés. Une prescription type a toutefois été rajoutée au thème « Règle générale », Rubrique « Suivi/Surveillance », afin d’être systématiquement proposé pour les dossiers d’autorisation. Le maître d’ouvrage y trouve une double utilité :  La contractualisation entre le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre grâce à un PAE (Plan d’Assurance Environnement). Ce plan doit contenir l'organisation de l’entreprise en terme d'environnement et notamment les mesures prévues de mettre en place en fonction des enjeux environnementaux présents sur le site. Il est donc important que ce document soit adapté au chantier et à son contexte, il ne doit pas s'agir d'un document générique. Ces mesures doivent impérativement prendre en compte celles qui sont énoncées dans les arrêtés relatifs à l’opération. Ce plan devient une exigence contractuelle et le Maître d'Ouvrage peut décider de ne pas commencer les travaux tant que le PAE n'est pas validé.  Un gain en terme de qualité de chantier, avec des solutions techniques qui permettent la protection du chantier. C’est donc un atout, même si la charge du suivi est un surcoût pour le maître d’ouvrage, celui-ci peut être compensé en évitant des dégradations du milieu et ses conséquences.
  32. 32. 34 Pour la DEAL, le suivi environnemental soulage la responsabilité du suivi, en apportant un accompagnement régulier sur toute la période des travaux, avec des visites de chantier, des contrôles externes et des recommandations environnementales. Le bureau d’étude est également présent lors des réunions de chantiers, il est donc au plus près du projet. 4/ Tableur suivi-échéance : un outil au service de l’instruction Lors de la partie recensement du stage, les prescriptions de suivi reprenant les échéances et les documents demandés, que ce soit en phase travaux ou exploitation, ont été reprises dans un tableau de suivi-échéance. Il permet de récapituler tous les dossiers en cours (à partir de 2008), de connaître les contrôles qui doivent être faits, et de s’apercevoir de certains manquent qui affectent la bonne marche du suivi. Il apporte également un document type qui peut être repris par la suite. Une fois présenté à l’équipe d’instructeurs, il a permis de faire comprendre simplement les différents problèmes. Le tableau se détaille en colonnes :  Le numéro d’identification du dossier.  La date de notification de l’arrêté.  La formulation des prescriptions avec les types de contrôles (visite technique, compte rendu chantier, rapport surveillance etc…).  Les suivis réalisés en fonction des phases des travaux (avant travaux, pendant travaux, exploitation, livraison ouvrage...).  Les dates associées, avec des formules qui affichent lorsqu’un contrôle doit être effectué ou qu’un document doit être délivré à la Police de l’eau. Un feuillet par arrêté permet de réaliser un suivi plus fin de toutes les prescriptions à respecter et ainsi de mieux cibler les contrôles. Les échéances à respecter sont reprises pour faciliter le suivi de l’arrêté par le service de la Police de l’eau. Cependant, dans de nombreux arrêtés manque le point de départ précis des échéances. L’idée a donc été d’instaurer des dates butoirs qui permettent en complétant le tableur de s’apercevoir très rapidement des contrôles à effectuer. Pour se faire, la prescription suivante est proposée dans le tableau de prescriptions types: «Dans les X mois qui suivent la notification du présent arrêté, le titulaire de l’ouvrage devra adresser à la Police de l’eau l’ordre de service de démarrage des travaux, ou devra le cas échéant adresser un justificatif expliquant le non-démarrage des travaux et éventuellement demandant un report». Nouvelle prescription pour ordre de service. On se rattache à une date connue (la notification de l’arrêté) qui permet d’avoir des échéances claires. Le délai reste flexible en fonction de l’appréciation de l’instructeur selon les IOTA. C’est à
  33. 33. 35 dire qu’un très gros chantier (ex: future route du littoral) aura un délai plus long pour envoyer l’ordre de service, qu’un dossier relatif à un chantier plus léger. On a pu voir que les ordres de services, ou plan de récolement n’étaient pas toujours demandés. Une clarification des prescriptions a été faite, en les incorporant dans les règles générales pour le suivi/surveillance. De plus une visite de fin de chantier est dorénavant obligatoirement prescrite. Une demande a été faite pour un suivi plus régulier pour des travaux assez importants (durée supérieure à 6 mois), ajoutant un retour d’expérience essentiel pour juger de l’efficacité des mesures. Ainsi la prescription suivante a été proposée et acceptée : «Pour les travaux de plus de 6 mois, le déclarant adresse à la DEAL-Service de la Police de l’eau un compte rendu d’étape à la fin des 6 mois, puis tous les 3 mois, dans lequel il retrace le déroulement des travaux, toutes les mesures qu’il a prises pour respecter les prescriptions édictées dans l’arrêté ainsi que les effets, qu’il a identifiés, de son aménagement sur le milieu et l’écoulement des eaux ». Nouvelle prescription pour compte rendu des travaux de plus de six mois. 5/ Accident / Responsabilité Pour avoir toute la palette du rôle de la Police de l’eau, il convient de voir la finalité des actions en cas d’incident ou d’accident. En effet le service de la Police de l’eau suit le dossier depuis son instruction jusqu’au contrôle du projet. Le tableau, en page suivante, délimite le rôle que doit tenir l’exploitant et l’autorité compétente en cas de dommage sur le milieu naturel. Lorsqu’intervient un dommage sur le milieu naturel, les instructeurs ont la possibilité d’instaurer des mesures compensatoires, correspondant à des mesures de réparation. Les mesures compensatoires peuvent aussi intervenir directement lors de l’instruction d’un dossier Loi sur l’eau lorsqu’un dommage est inévitable au vu de l’intérêt du projet, en tout dernier recours. Elles peuvent correspondre à des mesures « originales », c'est-à-dire qu’elles peuvent ne pas concerner le site impacté directement. Par exemple si un lors d’un projet une espèce endémique est détruite, la mesure possible peut être une restauration d’habitat équivalente à l’impact, dans une zone extérieure au projet. Il s’agit d’une piste d’amélioration, concernant les mesures compensatoires qui peuvent prendre plusieurs formes, mais également au niveau des contrôles d’un projet. En effet le besoin d’agents supplémentaires qui travailleraient uniquement sur les aspects contrôles et suivi d’un projet s’est fait sentir dans l’équipe d’instructeur. Il existe certes une police judiciaire, la BNOI, qui travaille en collaboration avec la Police de l’eau, mais qui reste sous la tutelle de l’ONEMA et ne peut s’occuper de tous les arrêtés Loi sur l’eau.
  34. 34. 36 Exploitant responsable du dommage Autorité administrative compétente  En cas de menace imminente de dommage, l’exploitant met en œuvre immédiatement les mesures de prévention visant à empêcher la réalisation du dommage ou à en limiter les effets.  En cas de dommage, l’exploitant met en œuvre immédiatement les mesures visant à mettre fin à ses causes, à prévenir ou à limiter son aggravation.  Il en informe immédiatement l’autorité administrative compétente.  Si l’autorité administrative le lui demande, il doit effectuer sa propre évaluation de la nature et des conséquences du dommage.  Il prépare le dossier formalisant les mesures de réparation appropriées et soumet son instruction à l’approbation de l’autorité administrative compétente.  Il met en œuvre les mesures de réparation prévues par l’arrêté de prescriptions.  Il procède au suivi de ces mesures et à la rédaction d’un rapport de suivi, à destination de l’autorité administrative.  En cas de menace imminente de dommage ou en cas de dommage, l’autorité administrative compétente peut à tout moment demander à l’exploitant de lui fournir toutes les informations nécessaires.  En cas de dommage, elle vérifie si, par sa nature, le dommage rentre bien dans le champ d’application du régime de responsabilité environnementale.  Elle établit le lien de causalité entre le dommage et la (ou les) activité(s) d’un (ou plusieurs) exploitant(s).  Elle vérifie les conditions d’application du régime de responsabilité et rassemble les éléments qui prouvent la négligence ou la faute de l’exploitant.  Elle évalue la nature et les conséquences du dommage.  Elle instruit le dossier de réparation déposé par l’exploitant et élabore l’arrêté de prescription des mesures de réparation.  Elle suit la mise en œuvre des mesures de réparation.  Elle statue sur l’atteinte des objectifs (et donc la fin du processus) et peut décider en cas de nécessité de mettre en œuvre des mesures correctives (dans la limite d’un délai de 30 ans après la survenance du dommage). Tableau de comparaison des responsabilités entre exploitants et autorité compétente
  35. 35. 37 VII/ CONCLUSION a Réunion est une île qui présente un environnement exceptionnel. Nous nous devons de protéger ces ressources inestimables. Pour mieux protéger ce potentiel vis-à-vis de l’impact de l’homme sur la nature, la Police de l’eau a fait le choix ambitieux de s’inscrire dans une dynamique d’amélioration de ses pratiques. La mise en place de documents types, tel que le cahier de données, regroupant et classifiant selon le Code de l’environnement (logique qui correspond au cadre d’instruction) les prescriptions issues de cinq années d’arrêtés d’autorisation Loi sur l’eau répond à un des plus gros besoin du service. En effet, les instructeurs ont ressenti la nécessité de se reposer sur des outils qui fondent les bases de leur travail, afin que chacun puisse démarrer de la même manière, juger équitablement les IOTA et savoir où se diriger sans omettre de détail. Le but était d’avoir une sorte de « schéma directeur » des prescriptions. La bancarisation des données qui a été effectuée ne s’est pas arrêtée à ce simple objectif ; elle permet également de renforcer les écritures des mesures accompagnant les maîtres d’ouvrage en définissant et délimitant au mieux leurs obligations et leur marge de manœuvre. Il a fallu mettre en place un outil utile à la Police de l’eau, qui soit un appui pour la réflexion des agents, facile d’accès tout en étant le plus précis possible et surtout opérationnel. Ce travail, bien que nécessaire, ne peut suffire. Il existe, entre autre, une grande diversité d’IOTA, d’impact et de mesures adéquates, et tous n’ont pu être traités durant les quatre mois de stage. Le service de Police de l’eau doit continuer cette recherche de perfectionnement, par exemple en continuant ce cahier de données, c’est à dire en le reprenant rubrique par rubrique et en poussant les recherches grâce aux guides et différentes notices réglementaires à la disposition des instructeurs. De plus depuis janvier 2011, de nouveaux enjeux dans l’instruction d’un dossier sont apparus. La prise en compte de la biodiversité dans les études d’impact de plus en plus présentes reste la principale. Celle-ci amène en effet à un renouvellement et une amélioration des connaissances pour les instructeurs, que ce soit au niveau réglementaire ou directement lié à leur jugement sur l’incidence du IOTA sur la faune/ flore. Des formations, et ici encore la création de doctrine (ex : fiche par espèce avec leur période de nidification/reproduction à prendre en compte, les mesures applicables pour les protéger...) sont les outils à développer. Terminons par un des rêves, inaccessible tant il est illusoire, qui a été exprimé lors du 32e congrès des Réserves naturelles de France : « Mettre sans crainte la nature entre toutes les mains, s’occuper d’elle pour la rendre à elle même et non pas le réduire à l’homme, qu’il n’y ait plus besoin d’espaces protégés puisqu’elle serait partout préservée ». L
  36. 36. 38 ANNEXE 1 : Cœur du Parc de la Réunion Les modalités d’application des règles (protection milieu naturel, aux travaux et activités (agricoles, chasses, pêches,…) notamment en forêt (débroussaillements,…), sont précisées par la charte du parc national en cours d’adoption. La charte définit un projet collectif pour le territoire du Parc National. Elle s’impose aux documents de planification (SCOT, PLU) qui doivent être compatibles avec les objectifs de protection du cœur de Parc. Elle définit des orientations pour le développement durable de son aire d’adhésion.
  37. 37. 39 ANNEXE 2 : Réserve naturelle Marine de la Réunion
  38. 38. 40 ANNEXE 3 : Etude d'impact – Document d'incidence Il faut faire le distinguo entre document d'incidence et étude d'impact : le premier est obligatoire dans un dossier loi sur l'eau, alors que l'étude d’impact n'est elle pas toujours obligatoire (cependant une étude d'impact peut valoir document d'incidence).C'est grâce à l'article R122.4 du Code de l'environnement et après avis de l'Autorité Environnementale (AE) qu'il est possible de savoir si le projet est soumis ou non à étude d’impact. L'article se définit par grands types d'impacts, selon un modèle un peu identique à la nomenclature Loi sur l’eau. Le dossier d'étude d'impact est un dossier distinct du dossier loi sur l'eau. Elle peut faire office de document d’incidence. Si tel est le cas, les deux documents doivent être déposés en même temps. Sinon, il peut y avoir une instruction disjointe des deux dossiers. L'étude d’impact doit présenter les différents choix possibles de travaux et la solution retenue par la maître d'ouvrage en démontrant qu'elle est la moins impactante pour l'environnement, ou du moins qui apparaît la plus équilibrée entre enjeux environnementaux et intérêts économiques ou publics. C'est dans ce dossier qu'apparaît la prise en compte de la faune et de la flore. De plus, aujourd'hui, l'étude d'impact comprend une analyse des effets cumulés entre le projet objet du dossier et les autres projets connus (c'est-à-dire passé à enquête publique) situés dans l’aire d’impact potentiel. Le document d'incidence n'impose pas ces spécificités. Celui-ci indique les incidences de l'opération sur la ressource en eau, le milieu aquatique, l'écoulement, le niveau et la qualité des eaux, y compris le ruissellement. Il précise, s'il y a lieu, les mesures compensatoires ou correctives envisagées et la compatibilité du projet avec le schéma directeur (SDAGE) ou le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) et avec les objectifs de qualité des eaux. Dans ces deux types de dossier, l'objectif est d'identifier clairement les enjeux du site et les impacts du projet, afin que la Police de l'eau puisse dans l'instruction du dossier s’assurer que tout est mis en œuvre pour, soit les éviter, soit les réduire ou à défaut les compenser.
  39. 39. 41 ANNEXE 4 : Tableau des thèmes et rubriques THEMES RUBRIQUES Nombre de PRESCRIPTIONS Rejets Eaux pluviales 8 Rejets dans les eaux de surface Impacts milieu aquatique et sécurité publique Ouvrages dans le lit mineur 49 Modification profil cours d'eau Consolidation berges Barrages, digues Entretien Cours d’Eau Aléas hydrométéorologiques Impact vie aquatique Piste accès engins Zone humide Assèchement, drainage Impacts milieu marin Aménagements portuaires 13 Dragage, rejets milieu marin Règle générale Installation Chantier 8 Pollution accidentelle Cadre de vie Gestion des déchets Suivi/ Surveillance Période travaux Chantier Dossier Consultation Entreprise 12 Chantier vert PAE Gestion des déchets (SOGED) Consigne écrite Sous traitance Eaux superficielles/souterraines PPR 4 Captage à proximité Biodiversité terrestre Eclairage 27 Défrichement/ Débroussaillage Espaces remarquables Flore Faune Revégétalisation/ Restauration habitats Insertion paysagère Topographie Eclairage Thème et rubrique hors Code de l'environnement Thème et rubrique du Code de l'Environnement
  40. 40. 42 ANNEXE 5: Prescription type pour cas de pollution accidentelle  Mesures d’urgence à suivre en toutes situations : Si la pollution provient d’une fuite de fluide d’un engin, arrêt immédiat de celui-ci ; Mettre en place des produits absorbants (sciure de bois, boudins, granulés, feuilles absorbantes, etc.) pour récupérer le maximum de produits polluants déversés ; Si la fuite persiste, poser un bac de vidange ou un autre contenant pour récupérer les produits polluants continuant à se déverser ; Si la fuite s’étend, reconnaître le cheminement du produit et limiter au maximum l’étendue du polluant à l’aide de barrages de terre, de boudins, etc.  En cas de déversement de polluants (hydrocarbures) directement dans les eaux de la rivière, il conviendra de compléter les mesures d’urgence définies ci-dessus par :  La mise en place de barrages absorbants flottants au plus près de la zone de contamination dans les zones de faible turbulence de la rivière de manière à contenir la progression de la pollution ;  La mobilisation d’une société spécialisée dans le pompage des eaux de surface souillées.  En cas de pollution accidentelle localisée dans la ravine, le pétitionnaire s’engage à tout mettre en œuvre pour éviter une propagation de cette pollution. Il conviendra de prévenir la Fédération de pêche. Notamment l'entreprise devra disposer d'un ou plusieurs kits absorbant et de barrage de confinement anti-pollution hydrocarbures.  En cas de déversement de polluants (hydrocarbures) sur le sol (aire d’installation de chantier, piste), il conviendra de compléter les mesures d’urgence à suivre en toute situation par :  Le décapage soigneux de la zone polluée avec une pelle jusqu’au sol sain ;  Le stockage de la terre polluée à l’écart du milieu sensible ;  L’évacuation rapide des sols pollués par une entreprise spécialisée vers un site agréé.
  41. 41. 43  Accident/Incident: Le pétitionnaire est tenu de déclarer, dès qu'il en a connaissance, au préfet les accidents ou incidents intéressant les installations, ouvrages, travaux ou activités faisant l'objet de la présente autorisation, qui sont de nature à porter atteinte aux intérêts mentionnés à l'article L 211-1 du code de l'environnement. Sans préjudice des mesures que pourra prescrire le préfet, le maître d'ouvrage devra prendre ou faire prendre les dispositions nécessaires pour mettre fin aux causes de l'incident ou accident, pour évaluer ses conséquences et y remédier.  Les produits polluants, les sols et matériaux pollués devront impérativement être évacués en centre agréé pour être éliminés conformément à la réglementation, un justificatif de dépôt sera transmis à la DEAL- Service de la Police de l'Eau (40-26-26). Le maître d'ouvrage est tenu de prévenir la DEAL- Service de la Police de l'Eau (40-26-26) dans les meilleurs délais et lui transmettre un compte rendu de tout incident et les mesures prises pour y faire face. Le permissionnaire demeure responsable des accidents ou dommages qui seraient la conséquence de l'activité ou de l'exécution des travaux et de l'aménagement.
  42. 42. 44 ANNEXE 6: Emprises des eaux pluviales Il est conseillé de prescrire automatiquement un double réseau de fossés implantés en aval et en amont lors de la phase chantier lors de travaux en relief assez important. A savoir qu’avec les fortes pentes présentes à la Réunion et les périodes de pluies intenses, il convient de se protéger contre les glissements de terrain ou l’érosion:  Des fossés seront implantés en amont des installations de chantier et des zones de travaux, dimensionnés pour une crue X (voir norme NF EN 752, qui définit le choix de la période de retour à prendre en compte selon le lieu d’installation -zones rurales, zones résidentielles, centre ville …-). Les eaux récoltées seront renvoyées vers le milieu naturel, sans être impactées par les travaux et ses éventuelles pollutions (MES, hydrocarbures...).  Des protections anti-affouillement et anti-érosion seront mise en œuvre aux points de rejet des eaux (enrochements liés ou du béton projeté).  Des fossés implantés en aval des plateformes de travail, des installations de chantier, des zones de stockages ou de parking. Les eaux récoltées seront décantées et/ou filtrées avant rejet dans le milieu naturel. Le traitement des eaux pluviales prendront en compte les différentes nuisances (odeur, moustiques, …). Ce n’est pas aux instructeurs de choisir et de dimensionner les différents ouvrages de dépollution, mais au maître d’ouvrage de prouver que la solution choisie était la plus efficace lors de la remise de son dossier Loi sur l’eau. L’instruction consiste à s’assurer que celui-ci n’aura pas d’impact sur le milieu, qu’il est dimensionné pour les bonnes crues en gardant toujours un œil critique sur les choix proposés. A la Réunion, compte tenu du contexte local (fort transport solide, risques d’embâcle,…) il semble préférable de privilégier les ouvrages de décantation, sachant que des ouvrages complémentaires de type filtration peuvent être mis en œuvre. D’autres techniques sont disponibles pour limiter l’impact des eaux pluviales sur le terrain naturel et son érosion, comme le génie végétal : la pose de fibre de coco avec un fossé (ou noue) est une option communément utilisée. Exemple de bassin de décantation provisoire Fibre de coco et nouepourlimiter l’érosion
  43. 43. 45 ANNEXE 7: pêche de sauvegarde selon la Fédération de Pêche Face aux perturbations engendrées sur le milieu lors de travaux nécessaires, des mesures de protection (articles R.21444 et L.211--1 du CE) ou d’évitement sont intégrées dans l'exécution des chantiers afin de limiter l'impact sur le milieu ; c'est dans ce contexte que la Fédération de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique intervient en mettant en place des opérations de pêche de sauvegarde des espèces piscicoles présentes dans le périmètre de cours d’eau/plan d’eau soumis aux travaux. La première étape consiste à la détermination de la longueur de la station (environ 20fois la largeur du cours d’eau). Puis une étude des faciès d’écoulement (radiers, rapides, cascades, chutes...) ainsi que de leur superficie permettra de caractériser les rivières d’un point de vue morphologique. La pêche de sauvegarde à réaliser consistera donc à pêcher à l’aide de l’électricité (matériel homologué) par épuisement des captures (2 passages minimum) sur toute la surface d’un tronçon de rivière à dériver, et à comptabiliser les espèces déplacées et/ou estimer les quantités de poissons présentes sur la station par des méthodes statistiques. Sur l’image un agent porte l’appareil électrique terminé par une canne qui permet en passant dans l’eau de faire sortir les poissons des frayères et de les récupérer grâce aux épuisettes en aval. Dans le cas de travaux soumis à un confortement de pile, la pose de filets autour de la pile à conforter est préconisée afin que les poissons et les macros crustacées ne reviennent pas dans le périmètre. Ces filets resteront en place le temps des travaux puis seront récupérés par les agents. La restitution des données se fera sous forme de Procès Verbal avec le tableau de détermination des espèces et l’analyse des données. Ce PV sera accompagné des photos des espèces et du déroulement de l’intervention avec les préconisations environnementales éventuelles. La pêche de sauvegarde est payée par le demandeur, avec donc une double fonction : la sauvegarde des espèces et l’amélioration de la connaissance du milieu aquatique. Etude et mesure des faciès et de leur superficie et de la largeur du cours d’eau Pêche électrique en cours d’eau
  44. 44. 46 ANNEXE 8: RIVIERE DES MARSOUINS Les travaux aux abords de la rivière des Marsouins situées sur l’Est de l’île, sont, comme son nom l’indique, un projet en cours d’eau qui relève du titre III du Code de l’environnement « impact en milieu aquatique ». Les travaux consistent à un endiguement des berges pour une crue centennale, avec en premier temps un débroussaillage qui obligera les ouvriers à faire passer des engins dans le cours d’eau à certain endroit, puis la création d’un mur pour la sécurité de la population de Saint Benoît lors de crue. De plus des pistes cyclables et piétonnes vont être créées de part et d’autre du cours d’eau pour aménager la zone. Cette photo montre les premiers travaux de débroussaillage. Les déchets verts sont laissés sur site 4 à 5 jours afin de laisser le temps à la faune de s’échapper et d’émigrer vers des zones moins dangereuses pour elle. Ces déchets sont ensuite envoyés vers une filière agréée. Travaux dedébroussaillagedesbergesà la rivière des Marsouins. Sur la photo suivante, on peut voir le prochain emplacement du mur d’endiguement qui protégera les habitants de futures crues. Un enjeu du projet consiste à l’acceptation de cette future digue par les riverains. Une communication spécifique auprès des riverains a permis de leur expliquer le principe du chantier qui est dans leur intérêt, de leur demander un chemin d’accès parfois dans leur jardin ou encore de leur demander l’autorisation de destruction de leur barrière qui sera remplacée par ce mur. Les zones endiguées sont soumises à un risque d’inondation par rupture brutale des ouvrages, c’est pourquoi aucune nouvelle habitation ne pourra s’implanter. Futur emplacement du mur d’endiguement sur la berge à la Rivière des Marsouins
  45. 45. 47 Exemple d’endiguement réalisé à la rivière du Mât, commune de Bras-Panon. Futur emplacement de la piste d’accès aux engins Une piste d’accès devra être créée afin de permettre l’accès à la rive droite, après concertation entre l’entreprise, le maître d’ouvrage et la DEAL et une reconnaissance fine du terrain. Les galets dans la rivière seront utilisés (utilisation de matériaux en priorité venant de la rivière ou des alentours proches afin de ne pas dénaturer ou implanter d’autres espèces nocives). La «trace» ainsi créée pourra être rapidement décompactée lors du repli des engins. Cette piste sera recouverte d’un bidime (géotextile servant de matériel de rétention) afin d’éviter le transport de sédiments fins dans l’eau, et les ouvriers devront mettre en place une bouée anti pollution en aval des travaux en cas de pollution accidentelle. Les engins stationneront en dehors du lit, la largeur de la piste ne devra pas dépasser quatre mètres et sera arrosée régulièrement pour éviter les émissions de poussières. Une pêche de sauvegarde est également préconisée avant tout travaux dans le lit mineur.

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