Rapport annuel 2010
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Inventeurs du monde numériquePour communiquer, se soigner, voyager ou encore se divertir,notre société compte toujours plu...
VIE PRIVÉE NUMÉRIQUE« La place que prend l’informatique dans notreenvironnement quotidien est incontestablementune source ...
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L’équipe Magique-3D travaille sur l’imageriesismique et le calcul pour la sismologie.Elle met au point des méthodes numéri...
SANtÉ                               « La dépression est un problème majeur de santé                               publique...
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Le pLateau de SacLay :                                                                                     UN SITE CLé POU...
l’alliance Allistene, un espace commun de travail avec les universités et les écoles                                ainsi ...
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De grands outils pour fédérer le développement logiciel                                                 Une étape essentie...
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RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /19
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aujourd’hui au JLPC la coordination d’un programme mondial de recherche                                              sur l...
Transfert pour l’innovationLa recherche au servicedes enjeux contemporains          D                  epuis sa création, ...
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Bruno Sportisse, directeur du transfert et de l’innovation.Au sein de ce programme, des professionnels aident leschercheur...
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30/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
Au quotidien, les chercheurs d’Inria font appelà leur créativité, à leurs connaissances, à leurcuriosité intellectuelle et...
Présenter ses recherches est un moment inoubliable« Exposer le résultat de ses travaux devant un public d’enseignants-cher...
J’ai choisi de vivre ma passion dans la recherche« Depuis toujours, j’aime me creuser la tête pour trouver des solutionsà ...
Le fruit d’une passion« Le parcours d’un chercheur est jalonné d’opportunités qui façonnentune carrière. J’étais passionné...
Chercher pour améliorer les conditions de vie« En septembre 2010, j’ai assisté en tant que simple spectatrice à unatelier ...
Un moment privilégié de la vie d’un chercheur« Tous les chercheurs envisagent un jour ou l’autre de soutenir l’Habi-litati...
Partager les connaissances :une mission mais aussi un plaisir« Faire découvrir nos travaux de recherche au grand public es...
Travailler à l’international est très enrichissant« Avant de rejoindre Inria, j’ai passé un an à faire de la recherche àl’...
Une recherche nourrie par les enjeux applicatifs« Nous disposons aujourd’hui de modèles capables de prévoir la qua-lité de...
40/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
Dans les pages suivantes, vous allez découvrir le cycle devie d’une équipe-projet (d’une durée moyenne de huit ans).Pour l...
ThèMES : PERCEPTION, COgNITION, INTERACTIONL’ÉQUIPE-PROJET MAGRIT EN 2006n   2 ChERChEURS INRIA n 3 MAITRES DE CONféRENCES...
ThèMES : ARChITECTURE, PROgRAMMATION,                                                   COMPILATION, LANgAgESL’ÉQUIPE-PROJ...
fÉVRIER 2008                                            Second prix de thèse décerné          augmentée, une application  ...
2007          alchemY renforce son                          alchemY : des partenariats      travail sur les méthodes      ...
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Inria - Rapport annuel 2010

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Le rapport annuel 2010 d'Inria témoigne de la richesse des partenariats conclus l'an passé, et du dynamisme de l'activité de recherche, de développement technologique et de transfert. Il met en évidence un engagement toujours plus important au service des grands enjeux de notre temps (énergie, environnement, qualité de vie).

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Inria - Rapport annuel 2010

  1. 1. Rapport annuel 2010
  2. 2. 02 _ Paroles de chercheurs08 _ Inventer Pour servIr09 _ Éditorial12 _ Une organisation repensée pour un nouveau mode de fonctionnement20 _ Des partenariats plus structurés et plus ambitieux25 _ Transfert pour l’innovation : la recherche au service des enjeux contemporains30 _ PlaIsIr d’Inventer40 _ Inventer, sur le terraIn50 _ Penser demaIn58 _ Débats70_ Indicateurs, budgets, effectifs74 _ Équipes-projets actives en 201080 _ Partenaires académiques81 _ Organigrammes et conseils
  3. 3. Inventeurs du monde numériquePour communiquer, se soigner, voyager ou encore se divertir,notre société compte toujours plus sur les technologies numériques.Souvent invisibles, ces technologies tendent à simplifier nos tâcheset enrichir notre quotidien.Au cœur des sciences informatiques et mathématiques, en allantde la recherche fondamentale au développement technologiqueet au transfert industriel, les chercheurs d’Inria, institut publicde recherche, inventent les technologies numériques de demain.La recherche Inria est collaborative, comme en témoignent la diversitédes talents réunis dans les équipes de recherche et les nombreusescollaborations avec les acteurs de la recherche publique et privée,en France et à l’étranger.En compétition avec les meilleurs spécialistes mondiaux dans leurdomaine, les chercheurs et collaborateurs d’Inria se donnent aussi pourmission de partager leurs connaissances avec le plus grand nombre. RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /1
  4. 4. VIE PRIVÉE NUMÉRIQUE« La place que prend l’informatique dans notreenvironnement quotidien est incontestablementune source de progrès… qui pourrait vite devenirun cauchemar si nous ne veillons pas à protégerla vie privée de chacun. »Claude Castelluccia, directeurde recherche, équipe-projet Planète,centre de recherche Grenoble — Rhône-AlpesL’objectif des travaux de recherche del’équipe Planète est d’analyser les logicielset les services numériques existants, commeles réseaux sociaux et les téléphonesintelligents. Dans un monde où tout estconnecté… et repérable, ces travaux visentà développer de nouvelles solutions pourprotéger la vie privée des utilisateurs, tout engarantissant une qualité optimale de service.2/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  5. 5. INtERNEt« Quelques grammes de sémantique dans un monde deliens permettent de mieux gérer les données posées etconsultées sur internet, de faciliter leur recherche et leurutilisation. Mes travaux visent à donner aux internautesles moyens de maîtriser leur présence sur le Web. »Fabien Gandon, équipe-projet Edelweiss,centre de recherche Sophia Antipolis – MéditerranéeLes recherches menées par l’équipe Edelweissse consacrent aux raisonnements sur ces massescroissantes de données en ligne. Les chercheurss’intéressent aux métadonnées, donnéesqui caractérisent d’autres données etpermettent de les trier et d’en évaluer lapertinence. Contrôler les métadonnées, c’est,demain, pouvoir contrôler le Web. RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /3
  6. 6. ENVIRoNNEMENt-ÉNERgIE« Les mathématiques permettent de voir l’invisible.Notre projet consiste à cartographier précisément le sous-sol,pour optimiser l’exploitation des sources d’énergies fossiles(pétrole, gaz). Nous cherchons également à modéliserles phénomènes géophysiques destructeurs, pour déterminerles zones à risques et ainsi pouvoir protéger les populations. »Hélène Barucq,responsable de l’équipe-projetMagique-3D,centre de rechercheBordeaux – Sud-Ouest4/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  7. 7. L’équipe Magique-3D travaille sur l’imageriesismique et le calcul pour la sismologie.Elle met au point des méthodes numériquespour recueillir, traiter et agréger de grandesquantités d’informations. Elle élabore desmodèles complexes et tire parti des ressourcesdu calcul haute performance pour les exploiterdans des études géophysiques. Regarder RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /5
  8. 8. SANtÉ « La dépression est un problème majeur de santé publique. à travers mes travaux, je cherche à améliorer les réponses thérapeutiques apportées par la neurostimulation. Chaque jour, à l’hôpital de Rennes, les solutions mises au point servent à traiter un grand nombre de patients. » Pierre Hellier, chargé de recherche au sein de l’équipe-projet Serpico, centre de recherche Rennes — Bretagne-Atlantique. C’est avec l’équipe-projet Visages que Pierre Hellier a contribué à imaginer un dispositif de neuronavigation. L’équipe Visages a développé un appareil de neuronavigation, véritable “gPS du cerveau ”, qui permet de guider le geste médico-chirurgical en temps réel avec simplicité et précision. Ce système de contrôle par l’image est utilisé dans le cadre de la stimulation magnétique transcrânienne, réponse thérapeutique à la dépression.6/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  9. 9. hANDICAP« Les lésions du système nerveux central peuvent entraînerdes paralysies de certains membres alors que leurs musclessont préservés. Dans mes travaux, je cherche à assisterou restaurer des mouvements fonctionnels de membresparalysés, en exploitant leurs capacités motrices résiduelles,en particulier dans les cas d’hémiplégie et de paraplégie. »Christine Azevedo Coste,chercheuse de l’équipe-projet Demar, centre de rechercheSophia Antipolis – Méditerranée L’équipe Demar tend à améliorer les méthodes de stimulation électrique : c’est l’application savamment calculée de courants électriques qui déclenche des contractions musculaires coordonnées dans les membres paralysés. Pour obtenir des mouvements fonctionnels (marche, posture, préhension), il est en effet nécessaire de contrôler les activités de l’ensemble des muscles impliqués, ceux des membres valides et ceux des membres déficients. RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /7
  10. 10. 8/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  11. 11. Inria est prêtà aborder la décenniequi s’ouvreà l ’heure du tout numérique, Inria est plus que jamais prêt à assumer l’inté- gralité de ses missions : relever de nouveaux défis scientifiques, développer des interactions avec le monde économique et industriel, s’impliquer dansles grands enjeux sociétaux actuels et sensibiliser le grand public aux sciences dunumérique. Inria fait ainsi preuve d’une capacitéd’évolution qui illustre son agilité scientifique etsa solidité, dans un paysage français de la rechercheen pleine mutation. Regards croisés de MichelCosnard, président-directeur général de l’institut, etd’Antoine Petit, directeur général adjoint.Dans cette période de mutation,pour la société comme pour l’univers dela recherche, comment assurer et mainte-nir le dynamisme de l’institut ?Michel Cosnard : Le monde et la société devenantde plus en plus numériques, le besoin de rechercheet d’innovation dans nos disciplines ne cesse des’accroître. De nouveaux sujets de recherche appa-raissent, liés à nos métiers traditionnels, au cœurdes sciences informatiques et mathématiques. Ilsrenvoient de plus en plus systématiquement à desenjeux sociétaux majeurs comme l’environnement
  12. 12. et la santé, l’internet du futur (les réseaux de capteurs, les réseaux sociaux…), la sécurité et la fiabilité des logiciels ou encore le respect de la vie privée. Dans ce contexte particulièrement stimulant et pour répondre à ces nouvelles probléma- tiques, les chercheurs d’Inria lancent de nouveaux projets, suscitent de nouvelles collaborations, structurent de nouvelles équipes. Antoine Petit : Sur tous ces enjeux, la compétition est mondiale. En effet, au-delà de ses aspects cognitifs, le numérique est considéré à juste titre comme un facteur clé du développement économique et social, grâce à sa capacité d’innovation et de diffusion technologique. Notre ambition est clairement de continuer à œuvrer dans le cercle restreint des instituts de recherche faisant autorité au niveau mondial dans les sciences du numérique. Comment Inria parvient-il à trouver son élan et à maîtriser ces évolutions ? M. C. : Avant tout grâce aux fondamentaux qui nous caractérisent. Le premier d’entre eux tient à la nature de nos équipes de recherche : des équipes de taille réduite conduisant des projets à fort impact sociétal ou économique. Le deu- xième concerne nos huit centres de recherche qui disposent tous, au plus près des chercheurs, de services de développement, de support et de soutien à la recherche. C’est un atout précieux. Enfin, le caractère national de notre institut se traduit par la définition collective d’axes stratégiques nationaux mis en œuvre de manière transversale par nos directions scientifiques et fonctionnelles. Notre structure est peu hiérarchique. Elle offre des capacités d’évolution rapide pour aborder des sujets et des domaines nouveaux, et garantir une grande agilité. Ce qui est vrai pour les équipes de recherche est également vrai pour les différentes lignes métiers, qui démontrent régulièrement une grande capacité d’adaptation. A. P. : La structure très souple d’Inria permet de répondre avec efficacité à un certain nombre d’enjeux scientifiques et organisationnels actuels. Grâce à la réactivité de nos équipes-projets et à leur attractivité, nous pouvons mobiliser des forces sur des projets nouveaux, et attirer des talents du monde entier. Par10/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  13. 13. exemple, Inria a mobilisé ses forces dans le cadre du x2 En dix ans, l’institut a doubléProgramme Investissement d’Avenir. Il s’agissait pour en taille et en budget.Inria de confirmer son rôle d’acteur national du transfertet de l’innovation – témoin notre labellisation en tantqu’Institut Carnot –, de susciter de nouvelles collaborations avec les sciences duvivant, les sciences de l’environnement et la médecine, et de conforter ainsi sonimpact dans l’économie numérique.Quels sont les grands chantiers à venir pour soutenirle positionnement d’Inria et remplir ses missions ?A. P. : Inria a une longue tradition d’interaction avec le monde industriel et éco-nomique, dont il est un interlocuteur privilégié dans le domaine du numérique.Nous allons poursuivre dans cette voie, en faisant un effort particulier vers lesPME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire). Nous entendons aussi allerà la rencontre de nouveaux publics, afin d’apporter des éléments de réponse ànos concitoyens sur la question du numérique et de sa place dans la société. Entant qu’institut national, Inria veut également continuer à être un acteur de toutpremier plan dans la politique européenne de recherche et dans la constructionde l’espace européen de la recherche.M. C. : En dix ans, l’institut a doublé en taille et en budget. Notre objectif estdésormais de consolider notre organisation, d’asseoir notre présence nationale,de multiplier les partenariats avec les opérateurs universitaires français et euro-péens, et de renforcer notre complémentarité avec le CNRS. Ainsi, nos centresde recherche, fortement ancrés dans leurs écosystèmes régionaux, doivent jouerun rôle majeur dans l’élaboration et la construction de stratégies territorialesd’excellence dans les sciences du numérique, en partenariat avec tous les acteursconcernés. Ils contribueront ainsi à construire ces pôles régionaux à forte visibilitédont la France a besoin. Pour résumer et conclure, nous sommes aujourd’huiarmés pour aborder les mutations scientifiques, sociales et économiques des dixprochaines années, au cours desquelles le numérique va jouer un rôle majeur. RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /11
  14. 14. Une organisation repenséepour un nouveau modede fonctionnement M odernisation de la gestion, clarification des relations avec les autres instituts, concentration des investissements dans les jeunes centres, mise en place de l’alliance Allistene, augmentation des ressources propres : Inria a consolidé sa structure et pérennisé son mode de fonctionne- ment, dans un paysage de la recherche remodelé. « 2010 a été une année de grands travaux pour préparer l’avenir », résume Hervé Mathieu, délégué général à l’administration des ressources et des services. « Il a fallu s’adapter à de nouvelles règles et à un nouveau modèle de développement impulsé par l’état. De nombreux chantiers ont été menés, dont certains déboucheront essentiellement en 2011. » L’objectif, en effet, est de préparer l’institut à relever de nouveaux défis : réorganisation du paysage de la recherche, prise en compte de nouveaux enjeux scientifiques autour de grandes probléma- 45 tiques sociétales, adaptation aux changements dans le finance- ment des établissements, développement de nouveaux outils. Une refonte des procédures de gestion accords-cadres signés avec des établissements d’enseignement et des modes de pilotage et de recherche depuis 2009. Débutés en 2009, les chantiers destinés à moderniser la gestion ont abouti en 2010 à la certification des comptes de l’institut. Cette obligation réglementaire a demandé un énorme travail de révision des procédures financières, auditées par les commis- saires aux comptes. Parallèlement, la réorganisation des moyens12/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  15. 15. Le pLateau de SacLay : UN SITE CLé POUR INRIA Nozha Boujemaa, directrice du centre de rechercheinformatiques et l’évolution nécessaire du Inria Saclay — Ile-de-Francesystème d’information interne ont bienavancé, et se poursuivront en 2011. Cetteétape vers une plus grande harmonisation « L’effort consenti par Inria pour maintenir notre niveau dedes pratiques et un partage des données re- le centre de recherche implanté sur compétence dans nos disciplines,présente un progrès inestimable pour le pi- le plateau de Saclay est à la hauteur il est indispensable quelotage de l’institut. Elle facilitera la gestion des enjeux qui se jouent ici, dans l’augmentation du nombre dedes projets de recherche, par exemple pour un contexte scientifique chercheurs soit accompagnéeles contrats européens ou ceux de l’ANR. extrêmement riche qui constitue d’une augmentation des moyens le noyau de la « Silicon Valley à la humains et matériels pourUne croissance positive et orientée française » souhaitée par l’État. structurer le centre et sesvers les nouveaux centres Le centre est très présent sur ce services (support, juridique,Le modèle de fonctionnement de la re- projet puisque 25 des 28 équipes valorisation et transfert, etc.) etcherche qui se met en place s’accompagne qui le composent aujourd’hui ainsi garantir un bond’une stabilisation de la dotation directe sont communes avec d’autres fonctionnement des équipespar l’État. « Notre croissance est désormais ti- partenaires du plateau. Pour de recherche. »rée par les ressources propres », précise HervéMathieu. « Ces dernières ont été très impor-tantes cette année, avec une augmentation globale de 47 % et une croissance de 28 %pour les recettes liées aux contrats de recherche. Elles ont permis une progressionde nos moyens, en monnaie constante, de plus de 11 % en 2010. » Ainsi, malgré ladiminution du nombre de postes de fonctionnaires ouverts aux concours, lerecrutement est resté important. Les investissements ont porté en priorité surles trois plus jeunes centres – Bordeaux, Lille et Saclay –, dont les moyens debase ne sont pas encore tous en place et qui ont de gros besoins d’infrastruc-ture.Transition réussie vers l’avenirInria s’est aligné sur la nouvelle stratégie nationale de recherche et d’inno-vation (SNRI) adoptée en juillet 2009 et qui s’organise autour des universités.Un accord-cadre a notamment été signé dès décembre 2009 avec la conférencedes présidents d’universités (CPU). « En 2010 s’est mis en place, dans le cadre de RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /13
  16. 16. l’alliance Allistene, un espace commun de travail avec les universités et les écoles ainsi que le CNRS et le CEA, dans le domaine des sciences et des technologies du numérique », indique Hervé Mathieu. Le travail de coordination engagé avec le CNRS débouchera en 2011 sur la signature d’un accord-cadre clarifiant no- tamment les modalités des partenariats construits par les deux établissements avec les universités, que ce soit au sein des unités mixtes de recherche (UMR) ou des équipes-projets communes (EPC). L’alliance des Sciences et technologies du numérique, Allistene, doit per- mettre d’identifier des priorités scientifiques et technologiques communes à ses membres, afin de renforcer les partenariats et de créer des liens avec des entreprises. « La structuration de l’alliance s’est faite cette année, avec la création d’un comité de coordination, présidé par Michel Cosnard, de cinq missions trans- versales et de six groupes programmatiques qui sont aujourd’hui actifs », explique Claude Kirchner, délégué général à la recherche et au transfert pour l’innova- tion. « En novembre 2010, une convention a également été signée avec l’ANR afin de préciser la manière dont les deux entités vont établir une programmation conjointe tenant compte des grands enjeux du domaine. Par ailleurs, le comité de coordination d’Allistene a voté la mise en place d’un comité d’éthique des sciences du numérique. » Enfin, les dispositifs de soutien à la création d’entreprises ont été refondus pour être plus efficaces et pouvoir s’insérer plus facilement dans une stratégie mutualisée avec les acteurs de l’alliance. Ainsi, Inria-Transfert a cédé la place à trois sociétés : Inria Participation (filiale à 100 % d’Inria) qui regroupe toutes les participations d’Inria dans des sociétés ; IT-Translation (IT2), dispositif d’aide aux porteurs de projets de création d’entreprise ; et IT2I, un fonds de capital-risque, monté en partenariat avec la Caisse des dépôts et consignation, qui injecte des moyens dans les projets de création d’entreprises. Organiser la science pour être performant et réactif Consolidée en 2010, la nouvelle organisation de la recherche est destinée à maintenir l’efficacité et la réactivité d’Inria, alors que le nombre de ses équipes de recherche a doublé au cours de la dernière décennie. Les activi- tés de recherche sont regroupées en cinq grands domaines animés par autant14/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  17. 17. « aider LeS communautéS émergenteS à SE CONSTITUER » Gilles Dowek, directeur scientifique adjoint, animateur du domaine Algorithmique, programmation, logiciels et architecturesde directeurs scientifiques adjoints (DSA),ce qui permet une grande proximité de cesdirecteurs avec les chercheurs et une meil- Quelle est aujourd’hui votre vision du domaine ?leure coordination, notamment dans l’éla- La visite des 43 équipes de mon domaine m’a permis de prendre conscienceboration de réponses collectives aux appels de la rapidité avec laquelle l’informatique évolue. J’ai été frappé par lesà projets. « Le DSA assure l’animation scienti- nombreuses révolutions qui se déroulent simultanément et dans lesquellesfique de son domaine et joue un rôle de liaison Inria joue un rôle important. J’ai aussi pu constater que des communautésen restant très proche des équipes et des cher- issues de mondes différents se créent autour d’un intérêt commun,cheurs », souligne Pascal Guitton, directeur par exemple la sécurité. Ma mission est d’identifier ces groupes émergentsde la recherche. « Les DSA doivent également et de les aider à se constituer.contribuer à mettre en œuvre la politique scien- Quel autre chantier vous paraît primordial ?tifique nationale d’Inria et à faire émerger des Contribuer aux débats publics pour les éclairer fait partie des missionsvisions collectives permettant une bonne syn- d’Inria, mais l’institut ne sait pas toujours répondre de façon synthétique àchronisation des travaux à réaliser dans les cinq des questions très générales, par exemple sur la sûreté des systèmesannées à venir. Ils doivent enfin aider à identi- ou la protection de la vie privée. Mon rôle est de faire émerger un discoursfier les thématiques nouvelles dans lesquelles il intelligible sur notre activité, que ce soit pour le grand public ou nosserait bon que l’institut s’implique. » ministères de tutelle.Dans ce cadre, les actions incitatives ditesexploratoires permettent de prospecter denouvelles hypothèses, en rupture avec l’existant, avant de créer une équipeautour du sujet, s’il s’avère prometteur. Scientifiquement risquées, ces actionsn’ont pas vocation à être nombreuses. En revanche, les actions d’envergure,qui regroupent durant quatre ans au moins des équipes Inria et des parte-naires extérieurs autour de sujets complexes, sont amenées à se développer.« Elles s’attaquent en effet à des problèmes très difficiles, qu’une seule équipe auraitdu mal à résoudre, et qui nécessite donc un regroupement de plusieurs acteurs »,explique Pascal Guitton. « Inria souhaite s’engager davantage dans de tels pro-jets, car ils sont représentatifs des défis scientifiques actuels dans nos domaines etcroisent souvent des enjeux sociétaux majeurs, comme la santé, l’environnement oul’énergie. » Deux actions d’envergure ont été créées cette année, ce qui porteleur nombre à sept. RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /15
  18. 18. De grands outils pour fédérer le développement logiciel Une étape essentielle pour qu’une recherche soit innovante est aussi de pouvoir expérimenter algorithmes et logiciels sur des plateformes technolo- giques. Soutien précieux pour les équipes de recherche, les services d’expé- rimentation et de développement se sont ainsi déployés et structurés en 2010. Inria a par ailleurs investi, avec des partenaires institutionnels et des collectivités locales, dans des équipements de haut niveau technologique. à Lille, l’institut a inau- guré le plateau Inria d’EuraTechnologies, espace de dialogue et de travail collabo- ratif ouvert aux chercheurs et partenaires d’Inria. Il héberge en particulier le nœud lillois d’une plateforme d’expérimentation de réseaux (SensLab) déployée sur les sites de Lille, Grenoble, Rennes et Strasbourg. à Nancy, le Laboratoire de haute sécurité a ouvert ses portes : il accueille les expéri- UNE MAISON ADAPTéE au handicap mentations d’Inria et de ses partenaires portant sur la sécurité du réseau, des Favoriser le maintien à domicile et l’autonomie des personnes âgées échanges et des équipements de télécom- ou handicapées : tels sont les objectifs de l’action d’envergure munications. Enfin, une salle de réalité vir- PAL (Personally Assisted Living). Un défi scientifique et technique qui tuelle a été inaugurée au centre de Sophia mobilise de nombreuses compétences : neuf équipes de quatre centres Antipolis – Méditerranée (voir p. 18-19). Elle de l’institut et de nombreux partenaires, dont le Centre scientifique sera ouverte à ses partenaires académiques, et technique du bâtiment et le ChU de Nice. tous se retrouveront industriels, régionaux ou européens. sur une infrastructure dédiée où ils pourront combiner et expérimenter des innovations impliquant de la robotique, des capteurs et des méthodes cognitives pour prévenir les chutes, détecter des signes de malnutrition, améliorer la mobilité ou favoriser le maintien du lien social.16/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  19. 19. RegarderLAborAtoIre HAute SéCurIté (LHS),centre de Nancy — Grand Est. Clusters decalcul et télescope pour la collecte et l’étudede menaces informatiques. Wadie Guizani,ingénieur au sein de l’équipe Carte. RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /17
  20. 20. Regarder envIronneMent IMMerSIf Pour Le trAIteMent de LA PHobIe deS CHIenS Le cube immersif est composé de trois écrans verticaux et d’un écran horizontal. L’objectif de ce système est d’obtenirune véritable sensation d’immersion pour un utilisateur unique. Ce cube est une des composantes de la salle Gouraud-Phong, salle immersive à dimensions variables d’Inria Sophia Antipolis – Méditerranée. 18/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  21. 21. RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /19
  22. 22. Des partenariats plusstructurés et plus ambitieux L’ action d’Inria s’inscrit plus que jamais dans un projet national large- ment ouvert sur l’europe et le monde. définir les modalités de colla- borations et s’accorder sur les thématiques de recherche communes est indispensable pour faciliter les partenariats et les rendre plus perfor- mants. un chantier de longue haleine, mené depuis 2009, et dont l’institut récolte déjà les fruits. « Préparer l’avenir concerne l’ensemble de nos relations avec les partenaires académiques et industriels », souligne Claude Kirchner, délégué général à la recherche et au transfert pour l’innovation. « Ces collaborations sont amenées à se renforcer. Elles doivent être plus ambitieuses et plus abouties dans leur développement, afin que nous puissions mieux en maîtriser le transfert et participer ainsi à la création de richesses. Elles doivent être structurées de façon à gagner en performance et en lisibilité. » C’est le défi qu’Inria souhaite relever en s’appuyant sur les colla- borations de grande qualité qu’il a toujours cultivées avec les 40 % équipes de recherche et les industriels. Une démarche déclinée aussi bien au niveau national qu’européen et international. Un partenariat pour l’environnement En 2010, les financements par les accords industriels bilatéraux et le développement durable ont progressé de 40 %. En septembre 2010, Inria et le Cemagref ont signé un accord de partenariat renforçant les collaborations entre les deux organismes sur les problématiques environnementales et les grands défis posés à l’heure actuelle par les changements cli- matiques globaux et le développement durable. En effet, en20/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  23. 23. deS partenariatS induStrieLSMIEUx STRUCTURéS ET PLUS AMbITIEUx côté, bénéficie de l’expertise de haut définies en commun. Ces projets mobilisent niveau de l’institut sur des questions une douzaine d’équipes d’Inria et prioritaires pour elle. Elle y gagne une concernent les environnements de vision à plus long terme qui lui permet programmation parallèle, l’optimisation d’identifier des défis ou des sujets énergétique, ou encore la résilience et la potentiellement intéressants pour son tolérance aux fautes des futurs activité future. » calculateurs. Le deuxième, avec l’Agence Un partenariat stratégique de ce type nationale pour la gestion des déchets a été signé avec Alcatel-Lucent et il radioactifs (Andra), implique six équipes a donné naissance à un laboratoire sans d’Inria dans des recherchesInria a mis en place depuis 2008 des murs qui a célébré en 2010 son sur la modélisation et la simulation despartenariats bilatéraux stratégiques, qui troisième exercice. « Une dizaine de processus physiques et chimiques qui vontcontribuent à structurer les compétences brevets communs ont été déposés à partir affecter les déchets enfouis tout au long dede l’institut autour de grands défis des trois grandes actions de recherche leur existence. Pour l’Andra, ce partenariatindustriels. Ces collaborations reposent sur initiées en 2008, et des projets avec des contribue entre autres à optimiser l’usagel’élaboration commune de programmes de tiers ont été lancés, notamment dans le de ses codes de calculs, de plus en plusrecherche ambitieux, sur quatre à cinq ans, cadre du 7 e Programme-cadre européen lourds, et à mieux gérer la quantité sansportant sur des thématiques prioritaires de R&D », souligne olivier trébucq. « C’est cesse croissante de données. Le troisièmepour l’industriel, par exemple sur la une belle illustration du haut niveau de accord-cadre, signé avec EDF, précisesimulation et le calcul haute performance compétence et d’émulation existant au sein les termes d’une collaboration en matièrepour EDF, sur les réseaux auto-organisés du laboratoire ! » Une réelle communauté de calcul intensif et de simulation hautepour Alcatel, ou sur la sécurité pour d’expertise a ainsi pu se constituer performance pour l’énergie. DouzeMicrosoft. Un accord-cadre définit les autour de problématiques clés pour équipes-projets Inria collaborent avecconditions de cet exercice en termes de l’internet du futur. six départements R&D d’EDF pourpropriété intellectuelle, de pilotage, ou développer des outils de visualisationencore de régime de publication. « L’objectif De nouveaux accords autour d’enjeux de grands volumes de données ouest de promouvoir des partenariats de socio-économiques forts l’élaboration de modèles de programmationqualité permettant aux chercheurs d’Inria trois nouveaux accords-cadres se sont des architectures hybrides multicœurs.de valider leurs idées et leurs logiciels sur concrétisés en 2010, portant à neuf trois start-up issues de travaux dedes scénarios réels d’application fournis le nombre de partenariats stratégiques recherche Inria (Distene, Sysfera et Capspar l’industriel », explique olivier trébucq, signés à ce jour. Le premier d’entre eux, entreprise) sont d’ailleurs impliquées dansresponsable Partenariats stratégiques signé avec Bull, a conduit à sélectionner le montage de ces actions de recherche.et grands comptes. « L’entreprise, de son cinq projets sur des priorités thématiques RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /21
  24. 24. matière d’environnement comme dans beaucoup d’autres disciplines qui traitent de problèmes complexes, les chercheurs ont un besoin croissant des sciences du numérique. Modélisation et simulation, techniques d’observation et de détec- tion, gestion de très grandes quantités de données, etc. sont au cœur des métiers d’Inria et de son engagement au service des autres disciplines. Créer un maillage européen pour renforcer l’innovation Inria est aujourd’hui fortement impliqué dans la grande alliance européenne EIT ICT Labs dont il coordonne la participation française. Cette communauté de la connaissance et de l’innovation (KIC) doit renforcer les synergies entre recherche, formation et innovation pour appuyer l’industrie européenne des services et applications liés à la société de l’information. Un secteur considéré comme crucial pour nos économies. L’année 2010 a été dévolue à la structuration de ce programme très ambitieux, se déployant sur cinq sites (Berlin, Eindhoven, Helsinki, Paris et Stockholm) et comptant 21 partenaires principaux dont 8 industriels, 6 organismes de recherche et 7 universités de tout premier plan, sans oublier les centres d’innovation comme les pôles de compétitivité. Depuis septembre 2010, la communauté a un P-dg, Willem Jonker, et une gouvernance répartie sur les 5 sites, dits de colocalisation. « En 2010, nous avons créé des outils pour favoriser l’exploitation et le transfert des résultats de recherche », 8 explique Bruno Le Dantec, directeur du “nœud” français. Un club d’entrepreneurs européens offre désormais un point d’entrée aux entreprises nationales désireuses d’atteindre le En 2010, huit des prestigieuses marché des autres pays membres. En parallèle, le Technology bourses de l’ERC (European Research Transfer Program facilitera à l’échelle européenne le transfert Council) ont été attribuées à des des résultats de recherche vers les industriels et PME européens. chercheurs d’équipes-projets Inria. « Cet outil va permettre une bien meilleure exploitation et diffusion des résultats de recherche », précise Bruno Le Dantec. « Le projet européen Contrail, dans le domaine du cloud computing, a ainsi pu bénéficier d’un soutien lui permettant de valider ses résultats sur Regarder des bancs de tests européens, avant de les diffuser largement auprès22/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  25. 25. une deuxième éQuipe TRANSFRONTALIèREde partenaires et d’étudiants européens par le biaisd’ateliers et d’une école d’été. » Inria a créé la première équipe-projet commune avec une université européenne, deuxième équipe transfrontalière, après celle crééeRecherche et formation en 2008 avec l’organisme hollandais CWI. Cette équipe-projet,aux sept coins de l’Europe Focus, est basée à l’université de Bologne, en Italie, et illustreParallèlement, les activités de recherche centrées la stratégie d’ouverture européenne de l’institut. Elle est dirigéesur les thématiques d’EIT ICT Labs se mettent en par Davide Sangiorgi, chercheur de renommée internationale dansplace. « La partie française coordonne le thème Ville le domaine des modèles de calculs mathématiques pour l’étudenumérique du futur », indique Bruno Le Dantec. des systèmes distribués. Un sujet fondamental mais qui répond« Il s’agit de concevoir des services qui facilitent la vie à un besoin croissant bien concret : celui de mieux maîtriserdes citadins en intégrant également des travaux réalisés l’informatique intégrée dans des objets ou activités du quotidiensur d’autres thèmes (santé et bien-être, efficacité éner- et sur des réseaux à grande échelle.gétique). Nous avons obtenu cette année l’accord desmaires des grandes villes des cinq nœuds pour réaliserdes expérimentations in situ. »Côté formation, sept masters européens ont été créés et se dérouleront en anglaisdès 2012 dans les universités partenaires, encourageant la mobilité des étudiantsaussi bien que celle des professeurs. Les Français sont impliqués dans les mastersInternet Technology and Architectures, Distributed Systems and Services etHuman Computer Interaction and Design.Consolider les partenariats avec le continent américainStructuration et lisibilité sont aussi les maîtres mots de la politique de relationsinternationales adoptée par Inria. Créé en 2009, le JLPC (Joint Laboratoryon Petascale Computing), laboratoire commun avec le National Center forSupercomputing Application de l’université de l’Illinois (États-Unis) a donnélieu à de fructueuses collaborations.Il a permis aux chercheurs français de s’associer au grand projet américaind’ordinateur pétaflopique Blue Waters, et de contribuer à la conception de logi-ciels autorisant un fonctionnement optimal de ce supercalculateur. Dix articleset cinq logiciels ont déjà été produits. Une contribution de qualité qui vaut RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /23
  26. 26. aujourd’hui au JLPC la coordination d’un programme mondial de recherche sur la simulation climatique à l’aide du calcul très haute performance, initié par le conseil du G8 et associant des partenaires américains, canadiens, allemands, japonais, espagnols et français. D’autres collaborations avec des chercheurs américains méritent de devenir plus visibles. « Une trentaine de nos équipes ont tissé des liens avec des chercheurs de Berkeley et de Stanford, qui figurent parmi les meilleures universités dans les domaines de compétence d’Inria », note Hélène Kirchner, directrice des relations internationales. « Nous désirons renforcer ces relations et mieux les mettre en valeur. » Cet objectif s’est concrétisé en 2010 par la signature d’un accord avec le Citris (Center for Information Technology Research in the Interest of Society), afin de structurer les collaborations existantes dans un projet commun intitulé Inria@Silicon Valley. Soutenir une recherche Assembler des accords fédéraux et nationaux africaine bIEN vIvANTE Un autre chantier, destiné à structurer des colla- borations éparses, a débuté au Brésil. Inria entre- Le Colloque africain sur la recherche tient depuis de nombreuses années des relations en informatique et mathématiques avec les chercheurs brésiliens et cofinance des appliquées (Cari) a fêté cette année échanges entre équipes. « Inria souhaite renfor- sa 10e édition. Cette manifestation, initiée cer, structurer et fédérer les relations avec les diffé- par Inria et l’université des Nations unies rents états brésiliens afin d’affirmer sa présence dans en 1992, est devenue au fil des ans ce pays très dynamique et prometteur », souligne une référence pour les chercheurs africains Hélène Kirchner. L’accord de coopération signé et francophones. Elle est prête aujourd’hui avec 11 agences fédérales pour la recherche et leur à changer d’échelle et à s’étendre à d’autres coordination au sein de la confédération nationale pays, notamment anglophones. Un pas a permis de lancer en 2010 un appel à projets com- qui pourrait être franchi dès le prochain mun à tous ces États. Seize projets franco-brésiliens Cari en Algérie en 2012. ont déjà été soumis.24/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  27. 27. Transfert pour l’innovationLa recherche au servicedes enjeux contemporains D epuis sa création, Inria a pour mission d’assurer le transfert des connaissances et des technologies développées dans ses équipes, vers l’industrie. Son objectif ? faire en sorte que sa production de r&d se transforme en produits et services et contribue à la création de valeur économique. Actuellement, les PMe sont des partenaires précieuses de l’institut dans cet effort commun d’innovation. Faire bénéficier les entreprises de l’expertise, des connaissances et des nouvelles technologies d’Inria, est une des missions confiées par l’État à l’institut. Il s’agit tout d’abord du transfert de connaissances réalisé dans le cadre de partenariats stratégiques avec des grands groupes industriels, évoqués précédemment. Plus largement, il s’agit de transformer des technologies issues de travaux de recherche en produits ou services mis sur le marché. Un vrai travail d’ajustement. Dans ce but, Inria a mis en place une offre spécifique à destination des PME, pour susciter de nouveaux partenariats. L’institut a également installé en 2010 un programme interne pour accompagner les scientifiques porteurs de projets de transfert. « C’est précisément pour accélérer et dynamiser ce transfert que nous nous sommes associés en 2010 à OSEO, l’organisme français de soutien aux PME innovantes », souligne David Monteau, adjoint au directeur du transfert et de l’innovation. « Ce rapprochement vise à donner aux PME une meilleure visibilité sur la recherche publique dans notre domaine. Il nous permet aussi d’identifier des secteurs innovants à fort potentiel de croissance et des leviers d’action pour intensifier le transfert de technologies dans ces secteurs. » RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /25
  28. 28. LyATISS, La 100e Start-up Pascale Vicat-Blanc, directrice de recherche Inria Accélérer le transfert vers les PMEDirectrice de recherche Inria aujourd’hui en disponibilité, Pascale Le partenariat OSEO-Inria permet de mieux faireVicat-Blanc a dirigé pendant une dizaine d’années une équipe connaître aux PME les compétences et les techno-spécialisée dans les réseaux de support aux applications internet, logies issues de la recherche publique, et les oppor-de grilles ou de clouds, exigeantes en débit et en délai. « Dès 2005, tunités de développement qu’elles offrent. Inria aj’ai eu l’idée d’un nouveau modèle pour internet, modèle baptisé ainsi multiplié en 2010 les occasions de rencontresaujourd’hui “Cloud 2.0 ”, confie-t-elle. J’ai monté plusieurs projets entre chercheurs et entreprises. Quatre journées deau niveau français et au niveau international et, en 2009, j’ai décidé « Rencontres Inria-Industrie » nationales ont étéde concrétiser le déploiement de cette approche, grâce au concours organisées sur des thèmes spécifiques (aéronau-d’un petit groupe de doctorants convaincus. C’est avec l’un d’eux, tique, e-santé, ville durable), associant démons-qui a été lauréat du prix Marconi Young Scholar, que j’ai créé LYatiss. » trations technologiques et ateliers prospectifs, afinCette start-up est la première à proposer une plateforme centrée sur de mettre en évidence les attentes respectives desle réseau, qui permet de déployer et d’optimiser des infrastructures différentes parties. D’autres rencontres, plus ciblées,dynamiques de calcul et de communication, et de maximiser la se sont tenues dans les centres de recherche, don-performance et l’agilité des applications externalisées. « Les usagers nant lieu à des collaborations prometteuses. Maisd’internet vont souvent plus vite que la recherche et ils mettent le partenariat entre OSEO et Inria a surtout permisles entreprises sous pression », explique-t-elle. « grâce à notre logiciel, de mettre en place deux initiatives d’envergureces entreprises vont pouvoir adapter très efficacement leurs offres en faveur de l’innovation : la première, “Initiativede services en ligne et rester compétitives. » Services Mobiles”, rassemble de très nombreux acteurs de la téléphonie et des services mobiles ; la deuxième, “Initiative HPC-PME”, conjointe avec le Grand Équipement national de calcul intensif (GENCI), facilite l’accès des PME au calcul intensif grâce à un programme d’expertise et d’accompagnement. Des modèles économiques pour les technologies de rupture Enfin, OSEO apporte son expertise à un programme de suivi des actions de trans- fert. « La règle générale est qu’on ne connaît pas a priori le bon chemin pour amener une technologie sur le marché, le programme nous aide à accompagner les chercheurs qui s’inscrivent dans cette dynamique, et nous permet de les aider financièrement », explique 26/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  29. 29. Bruno Sportisse, directeur du transfert et de l’innovation.Au sein de ce programme, des professionnels aident leschercheurs à construire leur projet de transfert en prenant en « Le transfert est un processus lentconsidération, au-delà des aspects technologiques, des aspects et complexe : un cycle de productionéconomiques ou managériaux. Le programme s’appuie de prototypes de recherche varieégalement sur un comité d’experts externes à l’institut qui de quelques mois à plusieurs dizainesétudie les projets et produit des recommandations. « Le d’années. »transfert est un processus lent et complexe : un cycle de produc-tion de prototypes de recherche varie de quelques mois à plusieurs dizaines d’années »,poursuit Luc Grateau. Les situations sont donc extrêmement variées. Le comitéd’experts indique les voies de transfert les plus pertinentes (partenariat, créationd’entreprise ou transfert direct) et fournit des éléments sur l’environnementéconomique dans lequel vont opérer les porteurs de projet. Objectif commun :faire en sorte que les nouveaux produits et services répondent à une demandesociétale, que les modèles économiques associés soient pérennes et totalementindépendants d’Inria. Luc Grateau précise : « Pour cela, nous devons souvent suggé-rer un changement de posture assez radical… en amenant les porteurs de projet d’unevision technologique strictement fonctionnelle, à une vision de fonctions conditionnéespar les demandes, les usages ou la réglementation. » En 2010, 39 projets sont entrésdans le programme, 11 projets prendront la forme de créations d’entreprises et2 donneront lieu à des I-Labs, structures légères de laboratoires associant deséquipes-projets Inria et des PME.Ouvrir et partager l’expertise du transfert En 2010 est né Connect,Enfin le programme de suivi des actions de transfert peut détecter des travaux magazine à destination des PMEsusceptibles d’être valorisés, et choisir de les accompagner. C’est, par exemple, qui souhaitent innover avec les sciences du numérique.le cas des travaux de l’équipe Aviz de Saclay sur la visualisation interactive dedonnées. « Nos travaux mettent en œuvre des technologies que les ingénieurs françaisne maîtrisent pas », indique Jean-Daniel Fekete, responsable d’Aviz. « Pour êtretransférables, ils doivent donc avoir en amont un certain niveau de qualité industrielle.C’est un modèle particulier qu’Inria a décidé de soutenir, en permettant à Aviz de Regarder RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /27
  30. 30. recruter un ingénieur pendant un an. Sa mission sera justement de réécrire nos sys- tèmes les plus populaires, afin qu’ils atteignent un niveau de qualité industrielle. » Entièrement dédié aux sciences du numérique, l’institut détient aujourd’hui une expérience reconnue en matière de transfert de technologies logicielles. Afin de pouvoir proposer son expertise et ouvrir ses dispositifs à ses partenaires universitaires, souvent généralistes, l’institut a signé en 2010 des conventions avec une dizaine de pôles universitaires français. Sur le plan européen, Inria a fédéré des institutions de recherche reconnues pour la qualité de leur acti- vité de transfert dans le secteur de logiciel et préside à présent l’EIT ICT-Labs Technology Transfer Program. Le double avantage des logiciels open source « Les logiciels libres que nous fournissons sont d’abord des objets de recherche », souligne Stéphane Ubeda, directeur du développement technologique. « Ils illustrent la nature de nos travaux et démontrent nos savoir-faire. Pour convaincre, nous les mettons à la disposition de la communauté scientifique et de nos partenaires industriels. » Le logiciel libre, ou logiciel open source, présente plusieurs avantages. « Le fait de rendre disponible le code du logiciel nous oblige à une certaine qualité », poursuit-il. Mais c’est surtout la « communauté open source » qui fait la richesse du logiciel libre, pris dans un processus d’amélioration constante. « Nous entretenons cette communauté, car ses acteurs qui utilisent, adaptent et développent les logiciels libres, apportent une valeur ajoutée qui profite à tous », commente Stéphane Ubeda. « La recherche est un monde de partage : l’objectif est de multiplier les énergies pour que le code reste efficace. » « La communauté qui se crée autour du logiciel libre, par nature, génère du transfert » , ajoute Patrick Moreau, responsable du patrimoine logiciel. C’est précisément l’une des raisons de la création de l’Irill : montrer que l’on peut faire du transfert par le biais de la recherche et du développement open source. « La moitié de nosL’Irill, Initiative pour la recherche etl’innovation sur le logiciel libre, a été logiciels est diffusée en open source : il faut ensuite se préoccuper du devenir de cescréée en partenariat avec les universités logiciels. S’assurer qu’ils sortent véritablement de nos murs, et que les utilisateurs etParis 6 et Paris 7 en octobre 2010. les éditeurs de logiciels s’approprient le fruit du travail de nos chercheurs », explique Regarder Patrick Moreau. De ce point de vue, l’Irill peut être un bon catalyseur.28/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  31. 31. RegarderPerCevoIr, CoMPrendre et AgIrà l’heure où les masses d’informations augmententde façon exponentielle, la visualisation analytiquecouple les méthodes d’analyse et les méthodes devisualisation interactives, afin de donner à l’utilisateurle contrôle et l’initiative sur les analyses au vu desrésultats déjà calculés et visualisés.
  32. 32. 30/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  33. 33. Au quotidien, les chercheurs d’Inria font appelà leur créativité, à leurs connaissances, à leurcuriosité intellectuelle et à leurs savoir-fairespécifiques pour inventer les technologiesnumériques de demain. Ils exercent un métier faitde petites joies et de grandes découvertes,mais aussi de fréquentes remises en question.Présenter avec enthousiasme ses premiers résultatsde recherche, communiquer sa passion en donnantdes conférences, favoriser les échanges dans le cadred’un projet international… Huit chercheurs d’Inriapartagent quelques temps forts de leur viede scientifiques. RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /31
  34. 34. Présenter ses recherches est un moment inoubliable« Exposer le résultat de ses travaux devant un public d’enseignants-cher-cheurs vous place dans une situation excitante. J’en ai fait l’expériencelors du congrès qui décerne chaque année le prix de thèse – GillesKahn à de jeunes chercheurs en informatique. C’est un privilège des’exprimer sur un sujet sur lequel on a travaillé, et de le partager avecun auditoire. Encore faut-il trouver les bons mots pour vulgariser,retenir l’attention et mettre en exergue le potentiel de ses recherches.Car il n’est pas seulement question de convaincre mais aussi de susciterl’intérêt pour établir de futures collaborations. Le fait même de devoirreformuler est d’ailleurs en soi très motivant : cet exercice impose uneréflexion qui permet de voir les résultats de ses recherches d’un œilnouveau. Une occasion à ne pas rater pour accroître sa connaissance ! »Xavier allamigeon logicielle, effectués au sein un outil sous licence libre.Diplômé de l’École polytechnique, de l’équipe de recherche SE/IS Recruté la même annéeXavier Allamigeon a reçu le prix d’EADS Innovation Works et par Inria, il a rejointSpecif - Gilles Kahn 2010 pour du laboratoire MeASI du CEA. Il a l’équipe-projet Maxplusses travaux sur la vérification ainsi développé et rendu public où il poursuit ses travaux.
  35. 35. J’ai choisi de vivre ma passion dans la recherche« Depuis toujours, j’aime me creuser la tête pour trouver des solutionsà des problèmes. Ce trait de personnalité est à l’origine de mon atti-rance pour les mathématiques appliquées. C’est en effectuant monmaster puis mon stage chez Air Liquide R&D que j’ai découvert larecherche opérationnelle. Ma passion pouvait avoir une utilité pro-fessionnelle ! J’ai alors effectué une recherche sur Google à partirde mots qui me tenaient à cœur – optimisation, probabilités, statis-tiques, etc. – et trouvé une offre de thèse ! J’ai alors décidé, plutôt qued’accepter un emploi après mon master, d’entrer avec passion dansle monde de la recherche en travaillant sur l’optimisation combina-toire, qui consiste à trouver pour un problème une solution ayant lameilleure qualité souhaitée. Une vie de problèmes à résoudre, c’estune vraie chance ! »marie-ÉlÉonore marmion doctorat en informatique dans modélisation et la résolutionDiplômée d’un master en le domaine de l’optimisation parallèle de problèmesmathématiques appliquées, combinatoire. Elle a rejoint en d’optimisation combinatoire.Marie-Éléonore Marmion 2008 l’équipe-projet Dolphin Elle a déjà réalisé quatreprépare actuellement un d’Inria, qui travaille sur la publications dans ce domaine.
  36. 36. Le fruit d’une passion« Le parcours d’un chercheur est jalonné d’opportunités qui façonnentune carrière. J’étais passionné d’images de synthèse dès le lycée, je medestinais au monde du jeu vidéo ou du cinéma. Je ne savais mêmepas que la recherche existait dans ce domaine. Et puis il y a eu cesrencontres qui, de fil en aiguille, m’ont conduit aux travaux récompen-sés par le prix Eurographics, distinction internationale qui salue descontributions dans le domaine de l’informatique graphique. Recevoirun prix fait bien entendu plaisir, mais cela valide surtout un travaild’équipe et des choix. Un chercheur explore des pistes sans jamaisêtre sûr qu’elles vont en intéresser d’autres que lui ; un prix apportela certitude qu’on ne fait pas fausse route, que notre travail est utile.Mais je n’ai pas travaillé pour, ma passion l’a simplement provoqué ! »Sylvain lefebvre de Microsoft en 2005 avant Récompensés en 2010 par leAprès une thèse dans le domaine de rejoindre Inria. Dès le départ, prix Eurographics, ses travauxde l’image de synthèse, Sylvain il a cherché à optimiser le calcul ont eu un impact considérableLefebvre a passé un an des textures qui habillent les dans les mondes académique età Seattle dans les laboratoires images de synthèse. industriel.
  37. 37. Chercher pour améliorer les conditions de vie« En septembre 2010, j’ai assisté en tant que simple spectatrice à unatelier sur l’utilisation des nouvelles technologies en faveur des per-sonnes en perte d’autonomie. Cet événement a modifié la façon dontje percevais les missions de la recherche publique. Il m’a incité nonà prendre un virage à 180 degrés, mais à projeter mes travaux dansune nouvelle perspective : fournir à ces personnes des outils techno-logiques leur permettant de mieux vivre. Appliquer mes recherchesà cette problématique sociale, en travaillant avec des équipes pluridis-ciplinaires, composées de chercheurs en informatique, en psycholo-gie et en sciences cognitives… l’idée m’a enthousiasmée. Nous avonsdonc commencé à lancer plusieurs collaborations, en particulier avecl’association Trisomie 21, l’université de Bordeaux II et l’université duQuébec à Trois-Rivières (Canada). »Émilie balland MIAS. Elle envisageait alors chargée de recherche dansDiplômée de l’université de de devenir orthophoniste. l’équipe-projet Phœnix,Nancy en informatique, Émilie De cette découverte de consacrée à la technologie desBalland a découvert cette l’informatique est née une langages de programmation pourmatière en préparant son Deug passion. Elle est aujourd’hui les services de communication.
  38. 38. Un moment privilégié de la vie d’un chercheur« Tous les chercheurs envisagent un jour ou l’autre de soutenir l’Habi-litation à diriger des recherches (HDR), le diplôme de l’enseignementsupérieur le plus élevé en France. Pour s’y préparer, un chercheur doitcirconscrire son propre périmètre scientifique et le mettre en perspec-tive. Cette préparation implique une dimension psychologique,un bilan introspectif, tant sur le plan personnel que professionnel.Certains chercheurs se sentent prêts au bout de cinq ans, d’autresvingt ; personnellement j’ai mis neuf ans avant de m’engager, périodependant laquelle j’ai accompagné de nombreux thésards. À leurcontact, la certitude que mon avenir était bien tracé dans mon domainede prédilection, à savoir les interactions 3D avec les univers virtuels,s’est confortée. Passé en 2010, ce diplôme me permet aujourd’hui desuperviser les travaux d’autres futurs chercheurs, ce qui en soi est trèsmotivant. »anatole lÉcuyer un cycle universitaire. En 2001, industrielle dans l’aéronautique.Diplômé de l’École Centrale il soutient une thèse sur Il rejoint par la suitede Lille, Anatole Lécuyer a les interactions tactiles avec l’équipe-projet Bunrakud’abord commencé une carrière les univers virtuels dans les pour travailler dans le domained’ingénieur avant de reprendre opérations de maintenance de la réalité virtuelle.
  39. 39. Partager les connaissances :une mission mais aussi un plaisir« Faire découvrir nos travaux de recherche au grand public est à la foisdifficile et très satisfaisant. Je me suis récemment livrée à l’exerciceau Palais de la découverte, à Paris, dans le cadre de l’opération « Unchercheur, une manip », sur le thème de la reconnaissance du locu-teur, c’est-à-dire « reconnaître qui parle » dans un enregistrement, àpartir de la signature vocale de chaque personne. Choisir les mots etle rythme adaptés à l’explication d’un sujet complexe est un réel défi etne s’improvise pas, les méthodes mises en œuvre pour authentifier lavoix faisant appel à des connaissances mathématiques avancées. Et masatisfaction ? Elle naît du plaisir à accomplir l’un des devoirs essentielsdu chercheur : donner des clés de compréhension à partir desquelleschacun peut se forger une opinion. En outre, les questions posées parle grand public nous aident à nous remettre en question. »nancy bertin de la musique. Passionnée l’équipe-projet MetissDiplômée de l’école d’ingénieur par les mathématiques, elle (Modélisation etTélécom ParisTech, Nancy Bertin pratique plusieurs instruments : expérimentation pour lea réalisé sa thèse sur la piano, violon et chant. Elle a traitement des informationstranscription automatique rejoint Inria en 2010, au sein de et des signaux sonores).
  40. 40. Travailler à l’international est très enrichissant« Avant de rejoindre Inria, j’ai passé un an à faire de la recherche àl’université de Washington. Cela peut sembler banal aujourd’hui, maisen 1992 c’était un parcours plutôt original. Depuis, j’ai toujours penséque la recherche se concevait à l’échelle internationale, la confronta-tion de formations et de cultures différentes constituant une sourced’enrichissement. À partir du moment où je suis devenue chercheur,j’ai toujours été impliquée dans des projets européens, tel Connect quiréunit dix partenaires européens (universités, organismes et entreprises)autour de travaux portant sur des problématiques de communication enréseau. Si une collaboration internationale nécessite une coordinationchronophage, diriger des équipes dans ce cadre est plutôt motivant. Ilsuffit d’un noyau de personnes habituées à travailler ensemble pourque les dynamiques se créent. Au bout du compte, l’effort est toujourslargement compensé par la qualité des échanges. »valÉrie iSSarny où elle dirige l’équipe Arles naissance en 2011 à la start-upDiplômée de l’université (Architectures logicielles et Ambientik spécialisée dansde Rennes, Valérie Issarny systèmes distribués) qui collabore les services applicatifs mobilesest titulaire d’un doctorat à des projets internationaux. Ses coopératifs dont Valérie Issarnyen informatique. Elle a rejoint Inria travaux ont notamment donné est cofondatrice.
  41. 41. Une recherche nourrie par les enjeux applicatifs« Nous disposons aujourd’hui de modèles capables de prévoir la qua-lité de l’air, et de moyens d’observation qui se diversifient (satellites,microcapteurs). Nous devons relever le défi d’exploiter au mieux toutesces sources d’information. Nous avons la chance de couvrir un largespectre, depuis le développement de méthodes mathématiques avan-cées jusqu’à leur application avec des logiciels que nous concevons.Par exemple, avec l’entreprise Numtech et l’association Airparif, nousconstruisons un prototype estimant en quasi-temps réel l’expositionà la pollution le long d’un trajet qu’un Parisien définit lui-même surson téléphone mobile. Ce type de projet permet de confronter nosméthodes aux applications, de soulever de nouveaux problèmes derecherche et de nous orienter vers des solutions parfois inattendues. »vivien mallet et chaussées, Vivien Mallet est notamment responsableIngénieur de l’École Centrale chargé de recherche depuis 2007 du projet Polyphemus,de Lyon et docteur en à Inria dans l’équipe-projet Clime plateforme multimodèles pourmathématiques appliquées (modélisation dans les sciences la pollution atmosphériquede l’École nationale des ponts de l’environnement). Il est et l’évaluation des risques.
  42. 42. 40/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  43. 43. Dans les pages suivantes, vous allez découvrir le cycle devie d’une équipe-projet (d’une durée moyenne de huit ans).Pour l’illustrer : retour sur les quatre premières annéesde la jeune équipe Magrit et les quatre dernières annéesde l’équipe Alchemy sur le point d’essaimer.Les recherches de l’équipe-projet Magritconcernent la réalité augmentée. Dirigée par Marie-OdileBerger, Magrit est une équipe-projet commune avec leCNRS et les universités de Nancy. Créée en 2006, elle avu son activité renouvelée pour quatre ans en 2010.Les recherches de l’équipe-projetAlchemy, commune avec le CNRS et l’universitéParis-Sud, portent sur les architectures, les langages etles compilateurs pour les processeurs haute performanceembarqués ou généralistes. Après huit ans d’activité,de résultats marquants et de francs succès d’applications,les travaux d’Alchemy se poursuivent dans de nouveauxprojets. RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /41
  44. 44. ThèMES : PERCEPTION, COgNITION, INTERACTIONL’ÉQUIPE-PROJET MAGRIT EN 2006n 2 ChERChEURS INRIA n 3 MAITRES DE CONféRENCESn 5 DOCTORANTS n 1 POST-DOCTORANT n 2 INgéNIEURS OCTOBRE 2006 un nouveau chercheur permanent au sein de maGrit Développement de l’utilisation de méthodes probabilistes en vision par ordinateur, avec l’arrivée dans l’équipe de Frédéric NOVEMBRE 2006 Sur, maître de conférences à l’École des mines de Nancy. prix du meilleur papier à ismar Prix du meilleur papier à la conférence de réalité augmentée, Ismar (International Symposium on Mixed and Augmented reality), consacré à l’influence des erreurs de calibration de la caméra sur la qualité de la scène augmentée. 2006 ÉQUIPE-PROJET MAGRITDémarrage du projet MagritLA RéALITé AUgMENTéE EST UN DOMAINE RéCENT, qUE MAgRIT poursuivi par Magrit : développer lesA fORTEMENT DévELOPPé DURANT SES qUATRE PREMIèRES ANNéES recherches sur la réalité augmentéeDE vIE. CONTExTE ET TEMPS fORTS. (RA), discipline visant à augmenter la perception d’un individu enL’histoire de Magrit commence Au sein du groupe Vision qui ajoutant dans son champ de visionen 2006 avec la fin de l’équipe-projet comptait cinq chercheurs des informations lui donnant uneIsa (image, synthèse, analyse), permanents (dont deux chercheurs meilleure compréhension de sondirigée par Jean-Claude Paul au Inria, et trois maîtres de conférences), environnement. Premier temps fort :centre Inria Nancy – Grand-Est. cinq doctorants, un post-doctorant « Pour renforcer nos travaux, nousIsa comprenait à l’époque plus de et un ingénieur, Marie-Odile Berger, avons soutenu la candidature de30 personnes travaillant dans trois chercheur Inria, agrégée de Frédéric Sur à un poste de maître dedomaines distincts : la vision par mathématiques, a décidé de franchir conférence », se souvient M.-O. Berger.ordinateur, l’informatique graphique le pas et de se lancer dans la gestion « C’est un spécialiste de l’utilisationet la visibilité géométrique. Lors de d’une équipe en créant Magrit. de méthodes probabilistes, un aspect trèsl’évaluation de cette équipe en 2005, Elle travaillait sur cette thématique important pour tenter d’automatiserla création de trois nouvelles depuis sa thèse en 1989-1991, sous la construction de modèleséquipes-projets avait été proposée. la direction de Roger Mohr. Objectif d’environnements complexes. »42/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  45. 45. ThèMES : ARChITECTURE, PROgRAMMATION, COMPILATION, LANgAgESL’ÉQUIPE-PROJET ALCHEMY EN 2006 :n 3 ChERChEURS INRIA n 1 MAITRE DE CONféRENCES 10 DOCTORANTS ET POST-DOCTORANTS OCTOBRE 2006n alchemY innove trois projets conjoints Alchemy étudie des architectures avec l’union européenne informatiques d’un nouveau type, Milepost, Sarc et Acotes, trois projets dites neuro-inspirées. Cet axe de de recherche, présentés par Alchemy recherche original vise à concevoir auprès des instances européennes des architectures alternatives, reçoivent en 2006 un important capables de répondre aux contraintes financement pour une période technologiques qui s’imposent de trois ans. Ces projets portent dans la conception des processeurs respectivement sur la conception de : économie d’énergie, éventuels méthodes de compilation efficaces défauts des composants. Pour pour les architectures complexes, la explorer cette voie, dès 2006, création de nouvelles architectures l’équipe a recruté en tant que multiprocesseurs hétérogènes et chercheur Inria, Hugues Berry, le développement de méthodes de biologiste de formation, spécialisé programmation en flux pour la vidéo. dans la modélisation du vivant. 2006 ÉQUIPE-PROJET ALCHEMYAlchemy : une équipe déjà bien structurée en 2006LES APPARITIONS DE NOUvELLES APPLICATIONS, DE NOUvEAUx COMPOSANTS éLECTRONIqUES ET L’éMERgENCEDE CONTRAINTES fORTES (éCONOMIES D’éNERgIE, ROBUSTESSE) fONT CONSTAMMENT évOLUER LA REChERChE ENARChITECTURE, PROgRAMMATION, COMPILATION ET LANgAgE. UNE ExPéRIENCE véCUE PAR L’éqUIPE ALChEMY.L’histoire d’Alchemy remonte modernes provenaient du manque activement à la mise en placeà 2003. L’équipe-projet est née de de communication entre la compilation de ce réseau avec cette mêmel’union entre l’équipe A3, comptant et l’architecture », indique Olivier philosophie qui nous avait incitésà l’époque deux chercheurs Temam, ensuite responsable de à créer Alchemy : rassemblerpermanents, Christine Eisenbeis l’équipe. D’emblée, Alchemy, qui les chercheurs de l’architectureet Albert Cohen, qui travaillaient venait de s’installer à Saclay, s’est et de la compilation sur les domainessur la compilation, et de l’équipe engagée dans un projet européen des systèmes embarqués et de la hauteArchitecture animée par Olivier de grande envergure, qui s’est performance. Mais cette fois, l’idéeTemam, professeur au LRI. révélé fondateur. Il s’agissait du était de les réunir à l’échellePourquoi ce rapprochement ? réseau Hipeac (European Network européenne. »« Nous pensions que la plupart of Excellence on High Performancedes problèmes de performance des and Embedded Architecture andprogrammes sur les architectures Compilation). « Nous avons participé RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /43
  46. 46. fÉVRIER 2008 Second prix de thèse décerné augmentée, une application en 2008 par la région Lorraine de la réalité augmentée dans sur le concept de fluoroscopie le domaine de la neuroradiologie interventionnelle. Ces recherches ARC (2007-2008) ont été réalisées en collaboration Participation à une action de avec l’industriel GE Healthcare. recherche collaborative (ARC) Elles ont consisté à superposer en collaboration avec le CHU des images 3D préopératoires de Nancy et l’équipe-projet à des images peropératoires Alcove (Inria Lille-Nord Europe) permettant au neuroradiologue concernant la simulation du de mieux guider son geste vers la déploiement de coils (petites zone cible (anévrisme), où il doit spires de métal) dans le intervenir pour poser un stent, traitement des anévrismes un ballonnet, etc. intracrâniens. Prix de thèse de la région Lorraine. 2007 ÉQUIPE-PROJET MAGRITDes recherches fondamentalessur la modélisation interactiveMagrit cherche à développer des calculer le point de vue de l’observateur participer l’utilisateur à l’application.solutions pour le calcul de pose à chaque instant », indique Celles-ci permettent d’une partet la reconstruction visuelle, Marie-Odile Berger. « L’autre pierre d’acquérir des modèles structurésdeux principaux défis à relever angulaire est la reconstruction 3D de la scène et d’autre part, de contrôler lapour que les applications de l’environnement observé. » qualité des modèles reconstruitspotentielles de réalité augmentée Ainsi la modélisation est en temps réel en les confrontantpuissent passer à l’échelle et fondamentale, par exemple pour à la vue réelle. L’enjeu est de concevoirfonctionner dans la durée, dans prendre en compte les interactions des modes d’interaction simplesde grands espaces. Pour l’heure, lumineuses entre des objets pour l’utilisateur, et assurant unel’essentiel des applications concerne virtuels (ajoutés) et réels (dans la grande fiabilité. » Un domaine deen effet des espaces restreints et scène). « Pour aborder ces problèmes recherche académique qui se situedes durées limitées. « Intégrer de fondamentaux, nous avons étudié des entre la communauté “vision” etl’information au bon endroit dans méthodes entièrement automatiques. la communauté “informatiquele champ de vision, quel que soit le Depuis 2008, nous étudions également graphique” que Magrit a fortementmouvement de l’utilisateur, nécessite de des méthodes interactives faisant développé ces dernières années.44/ RAPPORT ANNUEL INRIA 2010
  47. 47. 2007 alchemY renforce son alchemY : des partenariats travail sur les méthodes industriels importants de compilation itératives Le sur l’aspect « proGrammation » recrutement de Grigori Fursin au Des contrats directs et des contrats sein d’Alchemy en 2007, docteur Cifre ont été signés avec : de l’université d’Édimbourg, – Hewlett Packard France sur des notions permet de développer les d’optimisation de programmes (2004-2007) ; méthodes de compilation, – Philips (devenu NXP) sur des approches dites itératives. Cette nouvelle de programmation en langages approche a permis d’adapter les synchrones (2000-2009) ; compilateurs aux architectures – ST Microelectronics sur des aspects de complexes. Les travaux ont programmation pour des architectures débouché sur la conception d’un complexes de microprocesseurs (2006-2010). compilateur intelligent Autant de relations aujourd’hui poursuivies (Milepost GCC) en partenariat sur d’autres thématiques de recherche avec IBM Research. liées à la programmation et l’architecture. 2007 ÉQUIPE-PROJET ALCHEMYL’interaction compilation/architecture,au cœur des recherches d’AlchemyL’idée de mettre en interaction la Grigori Fursin. Sa mission :compilation et l’architecture a fait développer des techniques deson chemin… y compris au niveau compilation itératives. De 2006 àdes instances européennes. 2009, les activités de recherche deL’implication dans le réseau Hipeac a l’équipe se sont concentrées sureu de nombreuses conséquences. l’interaction compilation/architectureEntre autres, les financements pour répondre aux objectifs des trois Au fil de ces pages, retrouvez l’équipe Alchemy autour de Christine Eisenbeisobtenus pour les trois projets de projets européens. « De sorte que nous (p.47) et Olivier Temam (p.43).recherche (Milepost, Sarc et Acotes) avons eu moins de liberté pourauprès de la commission approfondir l’autre axe que nouseuropéenne, au total 800 000 euros voulions développer dans Alchemy : lespar an sur trois ans (2006-2009). incertitudes croissantes liées à l’évolution de l’acronyme Alchemy, qui, déroulé,Succès qui a permis l’accueil de de la technologie (loi de Moore) et leur signifie : Architectures, Languagesnombreux doctorants et impact », explique Olivier Temam. and Compilers to Harness the Endpost-doctorants, et le recrutement de « Cette voie concerne la deuxième partie of Moore Years. » RAPPORT ANNUEL INRIA 2010 /45

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