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Gazette n°5. Numéro double. Samedi 17 Dimanche 18 Octobre

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Gazette n°5. Numéro double. Samedi 17 Dimanche 18 Octobre 2015. Festival international du film de la roche sur yon.

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Gazette n°5. Numéro double. Samedi 17 Dimanche 18 Octobre

  1. 1. la gazette B IEN QU’ELLE SOIT actuellement en plein tournage de son 6e long-mé- trage, Demain et tous les autres jours, Noémie Lvovsky sera présente dimanche, à 15h45, au Théâtre de La Roche-sur-Yon, pour la première rétros- pective de son travail. Retour sur la car- rière de cette actrice, scénariste et réa- lisatrice devenue une figure du cinéma français. Révélation du cinéma d’auteur des années 90 et actrice accomplie, Noémie Lvovsky est une artiste complète. Tout comme son camarade de promotion, Arnaud Desplechin, elle s’attache à sup- primer les frontières entre les dif- férents métiers du cinéma. Avant tout réalisatrice, elle endosse également le rôle de directrice de casting, de scénariste, d’actrice et même de compositrice pour son film Les Sentiments. Avec ses films, elle arrive à nous transporter dans un univers drôle, inattendu, personnel et plein de fraîcheur. Son cinéma est tous sauf élitiste ; elle ne souhaite pas que son travail s’inscrive dans un cinéma d’auteur restrictif et impérieux. Comme elle le dit elle-même, «si un film d’auteur est celui qui nous donne un monde à voir et nous permet de faire connais- sance avec un cinéaste, alors James Cameron est autant un auteur qu’Arnaud Desplechin ou Riad Sattouf». Parmi ses films, on retrouve notamment le sujet de l’adolescence. Pour elle,«c’est un sujet inépuisable. Un âge où l’on a tous les autres à la fois, la candeur du petit enfant et la maturité du vieillard». Petites, La Vie ne me fait pas peur et Camille redouble évoquent cette période charnière et l’impor- tance qu’y prend l’amitié. Elle y met en scène des groupes de filles inséparables, dans lesquels elle-même se reconnaît: «Quand je vois des ados, je me sens très proche d’eux». Ce que montrent également ces trois œuvres, c’est la capacité de Noémie Lvovsky à explorer l’intime, caractéristique de sa filmographie. Elle arrive ainsi à décrire de façon juste et amu- sante les affres de la vieillesse dans Faut que ça danse! ou à transcender une anodine histoire d’adultère en une comédie grinçante, déjantée et émouvante dans Les Sentiments. Également actrice, Noémie Lvovsky a déjà joué dans une trentaine de films et dans l’épisode 1 et 2 de la saison 3 de la série Ainsi soient-ils, de Jeanne Valadon, diffusée depuis le 2 octobre sur Arte. En2001,elledébutesacarrièredecomédienne dans le premier long-métrage d’Ivan Atal, Ma Femme est une actrice, où elle joue Nathalie, la sœur du personnage principal. Elle commence par refuser ce qui sera son premier rôle, mais, après des essais,elle se prend au jeu et accepte de jouer. Elle confie alors: «j’ai eu un tel plaisir à le faire que j’ai eu envie de recommencer». Ainsi bien qu’elle ne considère pas son activité d’actrice comme son métier,elle enchaîne,avec brio, les rôles aussi bien dramatiques, comme dans L’Apollonide, que comiques avec le per- sonnage de Camille dans Camille redouble. Ce dernier sera d’ailleurs le premier de ses films qu’elle réalise et dans lequel elle joue. Expé- rience qu’elle réitère dans Demain et tous les autres jours, actuellement en tournage à Paris. amandine bocherel Sources (entretiens donnés à Télérama, L’Express et Les Inrocks) ©DR «C’EST UN SUJET INÉPUISABLE. UN ÂGE OÙ L’ON A TOUS LES AUTRES À LA FOIS, LA CANDEUR DU PETIT ENFANT ET LA MATURITÉ DU VIEILLARD» samedi 17 et dimanche 18 octobre 2015 no 5 NOÉMIE LVOVSKY: «QUAND JE VOIS DES ADOS, JE ME SENS TRÈS PROCHE D’EUX»
  2. 2. Drame réalisé par Petra Costa et Lea Glob en 2014, Olmo and the seagull suit une période cruciale de la vie d’un couple jouant dans La Mouette, fameuse pièce de théâtre de Tchekhov. Les deux rôles principaux: Arkadina et Trigorin leur sont attribués mais leur vie per- sonnelle vient s’insinuer dans celle profession- nelle. La grossesse d’Olivia perturbe la tournée prévue à New York.Jalousie et états d’âme sont «Nous avons un message à faire passer. […] Vous êtes un peu trop désagréables, nous avons donc décidé de réduire votre nombre.» Cette phrase,prononcée par des voix d’enfants, annonce la couleur : bains de sang, course- poursuite et morts à répétition émaillent tout le film. Mitsuko, une jeune lycéenne ayant la à la base d’une réflexion sur la vie quotidienne, la solitude et la fuite du temps. Une histoire d’amour tendre mais rendue complexe sous l’œil délicat et bienveillant des réalisateurs. Les mois de grossesse d’Olivia Corsini l’exposent à une instabilité mentale ; ses limites physiques étant atteintes. Une immersion totale au sein d’un couple fragilisé,à la lueur de notre société qui ne laisse pas aux femmes la possibilité de s’épanouir dans leur voie professionnelle. Olivia va être confrontée au fait de devoir choi- sir entre sa maternité et le rôle de sa vie. élise leclerc faculté de voir les morts prochaines et rescapée d’une attaque surnaturelle, va tenter de sauver ses camarades de classe des assauts des fan- tômes maléfiques. Le résumé officiel présente ce film comme une comédie déjantée, mais ce dernier est aussi empreint d’une touche poétique et il questionne la place de la femme dans la société. La bande-son parfaitement réalisée et le talent des actrices rendent ce film convaincant. pauline riché ANTHROPOMORPHISME Se mettre dans la peau d’un buffle lors d’une rébellion menée par la Camorra est une expérience curieuse. Et si cet animal avait une âme que l’Homme ignore volontairement ? L’Homme, être étrange qui pense être seul dans cet univers, qui pense être le seul à avoir un âme et une conscience. Bella e perduta un film aux images magnifiques qui nous donne, à nous humains, de quoi se remettre en question. samedi 17-17h30-Manège dimanche 18-11h30-Manège G. I. ROAD MOVIE Alonso Ruizpalacios filme Mexico en pleine bataille pour l’éducation. Œuvre touchante d’un road trip en famille,Tomas et Sombra, accompagnés de leurs amis, cherchent à retrouver le chanteur qui un jour a fait pleurer Bob Dylan. Une histoire émouvante et drôle dans un Mexique transfiguré par les luttes sociétales. Güeros est un hymne à la liberté, où chaque protagoniste se lance dans une double quête, sublimé par des images tournées en noir et blanc. samedi 17-20h-Concorde 2 E. L. COMÉDIE Sin-Dee Rella est de retour.«Elle est de retour et elle ne rigole pas», affirme son amie Alexandra. Chester a trompé Sin-Dee, cette dernière l’apprend et elle devient furax. Tangerine de Sean Baker a reçu le prix du jury de Deauville en septembre dernier. Cette drôle de Cendrillon emporte Alexandra dans une balade folle, traversant les bas-fonds de la ville à la recherche de sa rivale. Entièrement réalisé avec trois smart- phones et surtout énergie et style, ce long-métrage explose de vitalité. Sean Baker signe un film réaliste, osé et décapant. D’une ambiance électrisante et innovante dans ses choix de tournage et esthétiques. samedi 17-14h15-Concorde 2 A. L. L. Glob&P. Costa PREMIÈRE FRANÇAISEsamedi 17-20h-Concorde 1 dimanche 18-14h-Concorde 2 La teuf du samedi soir qui va déchirer grave (‘stuveu !) Une dernière soirée est organisée au Fuzz’Yon, la salle de concert de La Roche-sur-Yon. Mais que va-t-il se passer? Réponse tombée sur le Facebook du Fuzz’Yon hier après-midi : ce sera un DJset de Kroma Klub accompagné d’une projection d’images. On vous donne donc rendez-vous à 22h30, 10 rue Pasteur. Rencontre dimanche : Noémie Lvovsky, actrice, scénariste, réalisatrice Après la rétrospective vient le temps de la rencontre.Noémie Lvovsky sera présente dimanche après-midi, 15h45, au Théâtre. Un temps privilégié pourrevenirsursontravaild’actrice,descénaristeetderéalisatrice.Ladis- cussion sera animée par Nicolas Thévenin et Erwan Floch’lay de la revue Répliques.Préparez vos questions et vos remarques,la parole est à vous ! The end, dimanche soir : clap de fin (puis clap-clap-clap, bravo, merci) Dimanche à 19h30 aura lieu la cérémonie de clôture du 6e Festival international du film. Voilà la dernière occasion de la semaine pour voir et parler cinéma, comme l’exprimait Paolo Moretti dans son dis- cours d’ouverture. Ce sera également le moment de la remise des prix de la compétition internationale, de la compétition Nouvelles vagues, le prix Trajectoires, le prix du public et enfin le prix Ésam. Le film présenté sera The Walk, Rêver plus haut (2015) en 3D. Une réali- sation de Robert Zemeckis qui vous fera prendre de la hauteur pour une clôture assurément majestueuse, à l’image de la salle du Manège. Ce week end : les ultimes projections de la dernière chance (juste à temps) Si vous n’avez pas eu le temps cette semaine d’aller voir ces films, ils repassent ce week-end  ! Au Concorde  : programmes de courts- métrages, Necktie youth, Poet on a business trip, Tangerine, Güe- ros, Tag, The End of the tour, Olmo and the seagull, La Peau de Bax, Cosmos, Results. Au Manège : L’Histoire du géant timide, Expe- rimenter, Moonwalkers. Au Théâtre : Les Chevaliers blancs, Dom Juan, Boy meets girl, Phantom boy, Francofonia: le Louvre sous l’occupation. Tous ou presque ont été chroniqués dans la gazette. Le film à voir absolument que si toi tu l’as vu les gens qui eux non, vont être total jaloux de toi Monster hunt, c’est le film du week-end à ne manquer sous aucun pré- texte !Actuellement leader du box-office chinois,il est considéré comme le plus gros succès de tous les temps en matière de production locale. Sorti le 16 juillet 2015 en Chine, Monster hunt de Raman Hui mélange film d’animation 3D et effets spéciaux à la vie réelle. Le réalisateur de Shrek s’est surpassé pour offrir une vision moderne de la comédie fa- miliale. Un monde imaginaire y est dépeint lorsqu’un homme donne naissance à un petit monstre attachant. Enfants et adultes s’y laisseront surprendre ! Le focus Franco Piavoli parce que le cinéma est un art majeur En tant que maestro vivant du cinéma italien, deux films de Franco Pia- voli seront projetés au cours du week-end : Il Pianeta azzurro et Voci nel tempo. Les images s’entremêlent avec beauté dans ce cinéma d’excep- tion. Un grand hommage à un grand cinéaste qui enchante par sa poé- sie.Ces deux films essentiels sont à la base d’une rétrospective intégrale qui se déroulera au Cinéma du réel (BPI/Centre Pompidou). lise jacob & élise leclerc IL SE PASSE QUOI CE WEEK-END? ©DIAPHANAW ©FOX SEARCHLIGHT © NADÈGE DELECOURT Sono Sion AVANT PREMIÈREsamedi 17-22h15-Concorde 2 OLMO & THE SEAGULL TAG
  3. 3. EXPERIMENTER FRANCOFONIA Michael Almereyda Alexandre Sokourov AVANT PREMIÈRE AVANT PREMIÈREdimanche 18 - 9h30- Manège dimanche 18 - 14h - Théâtre ©ABBAS FAHDE©STUDIO CANAL ©CHARLINE LAMBERT Le travail de Laurie Anderson n’est pas sans susciter l’émoi du public. 29 ans après avoir ré- alisé Home of the Brave,l’artiste expérimentale revient avec Heart of a dog, un long-métrage évoquant la relation entre la vie et la mort. Débordant de cette philosophie bouddhiste qui lui est chère et poétique dans sa réalisa- tion, Laurie Anderson nous immerge dans un univers de tendresse et de mélancolie, où la disparition de son mari Lou Reed occupe une place prédominante. Une remarquable mise en scène au coeur des sentiments de l’artiste, entre rêves et souvenirs, entre imaginaire et mémoire. En compétition à la Mostra de Ve- nise, Heart of a dog est émouvant et parvient à transposer habilement le deuil d’un être cher et la pérennité de son amour. kévin villaumé Ces petits monstres radis ont émerveillé le public chinois! Ce long-métrage est devenu célèbre en deux semaines grâce à son cas- ting exceptionnel, réunissant certaines des stars chinoises les plus influentes! Réalisé par Raman Hui, ce film, mi-animation mi-réel mêle arts martiaux et comédie familiale. Il met en scène un petit être hybride, né de l’union entre un homme et la reine des monstres. Le bébé semble être le seul à pouvoir mettre fin à la guerre qui a éclaté entre les humains et les créatures magiques. Le sang royal qui coule dans ses veines serait la clef pour arrêter le conflit entre les deux espèces. Qualité des images et effets spéciaux coupent le souffle durant deux heures qui filent aussi vite qu’un monstre légume. Fantastique et éblouissant! johanna blond & annaïc leroux HEART OF A DOG MONSTER HUNT Laurie Anderson Raman Hui PREMIÈRE EUROPÉENNE PREMIÈRE FRANÇAISEsamedi 17 - 16h- Concorde 1 dimanche 18 - 11h45 - Concorde 2 samedi 17 - 15h - Manège dimanche 18-15h-Manège T OUT NOTRE TRAVAIL ne servirait à rien si elles n’étaient pas là pour distribuer,tousles jours,lagazette dans les différents lieux de la Ville. Sans elles, vous n’auriez pas cette gazette dans les mains. Ludmila et Jessica sont les deux courageuses étudiantes Infocom de l’IUT de La Roche-sur-Yon qui arpentent les rues de la ville afin de distribuer les exemplaires dans les lieux clés du Festival : le chapiteau de la place Napoléon,le Fuzz’Yon,la mairie,le Grand R, la maison Gueffier, le Théâtre, le Bistrot du Boucher, le 14bis, l’hôtel Mercure, l’hôtel Marie-Stuart et l’hôtel Napoléon; le duo aura parcouru des kilomètres en une semaine ! Ludmila estime que la température ne les aide pas ! : «on marche beaucoup, mais on s’arrête aussi pour distribuer, alors on alterne sans cesse entre le froid et le chaud». Il ne s’agit pas d’une promenade tranquille. Au début de leur tournée, leur chariot pèse plusieurs kilos. Au fur et à mesure de leur progression, toutes ces difficultés sont remplacées par une grande satisfaction... Et elles se sentent plus légères ! Au nom de toute l’équipe et de tous les festivaliers, merci à vous. alexis poulain ZOOM SUR LES LIVREUSES DE LA GAZETTE ©CELLULOID DREAMS©POTEMKINE FILMS Dans Experimenter, on suit les travaux du Dr. Milgram à partir de sa célèbre étude sur la soumission à l’autorité en 1960. Almereyda, fasciné par les travaux du sociologue voulait «partager ses idées avec urgence». Peter Sar- sgaard (Le Prodige), incarne avec brio l’esprit bouillonnant de Milgram. S’exprimant par interludes face caméra, à l’instar des documen- taires de recherche du réel docteur, l’acteur nous fait saisir l’intense curiosité du person- nage. Les adresses à la caméra, les projections sur écrans sont pour Almereyda «un moyen d’impliquer le spectateur, au point de devenir partie prenante du déroulement de l’histoire». Une plongée émouvante dans la vie person- nelle et professionnelle de Stanley Milgram, des débuts de son expérience jusqu’à sa mort. paul boschet VINCENT MACAIGNE INTERVIEW V INCENT Macaigne a transposé le sombre Dom Juan, grand clas- sique en cinq actes de Molière du XVIIe au XIXe siècle. Éclaircissements... Faut-il avoir lu la pièce de Molière pour comprendre le film ? Vincent Macaigne  :Non. L’exercice du film est une commande de la Comédie-Française et d’Arte qui fait partie d’une collection. Il y a des règles et des contraintes. L’idée est de choisir une mise en scène du répertoire de la Comé- die-Française qui se joue actuellement, de gar- der les mêmes comédiens qui jouent la pièce, et de l’adapter en film. Alors que Dom Juan est un séducteur chez Molière, votre personnage semble tourmenté et perdu. Tantôt tendre, tantôt violent, était-ce pour vous une façon de traduire ce mal-être ? Dans la pièce de Molière, Dom Juan n’est pas un séducteur. C’est quelqu’un qui cherche une sorte de vérité sociale.C’est comme si Bill Gates allait voir une nana qui a très peu d’argent et qu’il lui disait : «je te propose de me marier avec toi». C’est comme s’il sortait quelqu’un de son trou. Par exemple, Charlotte le choisit sans se poser de question parce qu’elle sent qu’elle peut s’échapper de sa classe sociale. Donc, on est pas dans une sorte de vraie séduction, ce n’est pas Casanova, et il n’est pas craquant. Avec ce film, avez-vous une réelle intention de faire réagir le public, peut-être même sur des questions d’actualité ? Évidemment, c’est assez fou de faire jouer des acteurs de la Comédie-Française dans un film dont la mise en scène n’est pas classique. Quand Molière a écrit la pièce, il avait une sorte de rage un peu punk pour son époque, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle la pièce a été interdite au bout de dix jours.Il pose des questions. Qu’est-ce que la morale ? À quel point sommes-nous libres ? L’idée de la mora- lité n’est ni sincère, ni honnête. Tout le monde serait amoral dans un monde de liberté, mais chacun décide de le dire ou non. C’est la ques- tion de Molière que j’ai essayé de retranscrire. Dans la deuxième scène du film, des hommes et des femmes nus regardent un couple en plein ébats. Ils arrivent à l’orgasme, la femme pleure. Ceux, qui étaient spectateurs, se mettent alors à chanter La Marseillaise... Je trouvais bizarre, drôle et intéressant de mélanger une immoralité avec La Marseillaise. C’est comme mettre l’État dans une partouze. Ceux qui correspondent à l’image de l’État n’en sont pas plus pures ou honnêtes parce qu’ils entrent dans ses codes. «L’hypocri- sie est un vice à la mode, tous les vices à la mode passent pour ver- tus», écrit Molière. Mais ce n’est pas forcément associé à une idée liber- tine. Dom Juan ne se bat pas pour être libertin, il se bat pour être libre et montrer que les gens ne le sont pas. aurélie basseux&lise jacob Une foule multi-générationnelle a occupé hier après-midi le Théâtre, attirée par un film trai- tant, lui aussi, d’une occupation. Mais cette fois celle du Louvre par les Allemands durant la guerre. Francofonia, Le Louvre sous l’Occupa- tion est une archive imaginaire, entre prises de vue et documents d’époque.«La plus heureuse des villes n’était pas à l’abri d’un drame» :un officier allemand et le directeur de musée vont s’allier pour préserver le patrimoine.83 min de réellevisiteguidéeduLouvreconstituentcedo- cumentaire. Napoléon et Marianne s’opposent et hantent le lieu. Marianne, allégorie de la li- berté,guide le peuple à travers les vestiges des civilisations passées. L’art est la mémoire de la société, il nous faut le préserver : « qui voudrait d’une France sans Louvre ? ». romane boulanger & laurène cognon Directrice de publication: Claudine Paque Encadrement éditorial: Francis Mizio et Samuel Jan Rédaction: étudiants de l’IUT de La Roche-sur-Yon, département Information et communication Impression: Belz, La Roche-sur-Yon Festival international du film de La Roche-sur-Yon @Festival_Film85 #FestFilmLRSY Tout le programme du Festival sur www.fif-85.com et sur tinyurl.com/fif2015 VINCENT MACAIGNE,MARDI DEVANT LE CHAPITEAU,INTERVIEWÉ PAR AURÉLIE BASSEUX ©CHARLINE LAMBERT «MOLIÈRE AVAIT UNE SORTE DE RAGE UN PEU PUNK» LUDMILLA EN TOURNÉE ©BETRILLE VIOLAIN
  4. 4. LES AVIS ENTRETIEN L’équipe de la gazette UNE PARTIE DE LA RÉDACTION © ÉTUDIANTS INFOCOM DE LA RÉDACTION ÉLISE La révélation Sibs Shongwe-La Mer tout sim- plement ! Necktie youth est un portrait ma- gnifique de sincérité et bouleversant sur la jeunesse sud-africaine post-apartheid. Entre amitié, amour et dérives, une immersion dans la banlieue riche de Johannesburg touchante et poignante. Une première réalisation qui convaincra assurément le jury de la compéti- tion Nouvelles vagues. Parce que oui, ce film, il va en faire des vagues et pas qu’à La Roche-sur- Yon. Une jeunesse décadente et perturbée pas si éloignée de la nôtre.La claque de ce festival ! PAULINE Les Chevaliers blancs de Joachim Lafosse mé- riterait de rafler le prix du public. Nous suivons les membres de l’ONG«Move for kids»chargés de récupérer des orphelins dans les villages africains afin de les placer dans des familles d’accueil françaises. La force de ce film réside dans les réactions de chaque personnage, qu’il soit membre de l’ONG ou d’un village. Les mutiples points de vue et actions en cours ne permettent pas au spectateur de s’identifier à un seul groupe ou personnage, mais l’incitent plutôt à s’ouvrir l’esprit. AMANDINE I’m in Pitsburg and it’s raining. Le dernier court-métrage de Jess McLean révèle une des faces cachées d’Hollywood en donnant la parole à une des doublures d’Anne Hathaway. Toujours de dos, l’actrice, rarement mention- néedanslesgénériques,expliquecommenton devient une doublure. En parallèle, les images de la fabrication d’un miroir font écho à son discours. Être une doublure, c’est être un reflet. Jusqu’à la fin du générique, ce film surprend et mène à se questionner : qui est réellement cette personne de dos ? À qui appartiennent ces mains filmées en gros plan ? Qui est cette personne qui marche au loin ? LISE Coup de coeur pour The End of the tour de James Ponsoldt ! Jesse Eisenberg et Jason Segel sont brillants. Le premier est un jeune auteur et journaliste qui rêve de célébrité alors que l’autre est un écrivain en plein essor : David Foster Wallace.Dépêché pour rédiger un repor- tage, David Lipsky est aussi jaloux qu’admiratif de l’homme solitaire et marginal dont il fait la rencontre. Une tendre tension s’installe entre les deux personnages. L’interview se trans- forme en une discussion parfois drôle, explo- sive, passionnée, riche et pudique. AURÉLIE Necktie youth. Nostalgie du passé en Afrique du Sud, le discours de deux jeunes amis, em- prunt d’une grande simplicité, ne m’a pourtant pas laissée insensible.J’ai été particulièrement touchée par la solitude inavouée de ces jeunes et l’indifférence dont ils sont victimes. Le noir et blanc illustre le mal-être de cette jeunesse incomprise comme si le futur n’avait déjà plus de couleurs. Émouvant, il évoque également le pouvoir d’Internet, la vitesse de diffusion et la propriété des informations. Un premier film très riche que je conseille absolument. GABRIELLE Pour des décors et des costumes magnifiques, L’Apollonide m’a charmé. Des personnages attachants et des musiques à réécouter après le film. L’univers de ce film, sombre et à la fois plein de paillettes, m’a transporté en 1900. Enfin,on connaît tous l’expérience de Milgram. Mais dans Experimenter on découvre une autre manière de voir ce chercheur. Saviez- vous que Milgram avait mené de nombreuses autres expériences  ? Un scénario intéressant avec des décors décalés à prendre au second degrés, comme si seul l’histoire comptait. JOHANNA L’Apollonide est le film que j’ai le plus apprécié dans la programmation du Festival internatio- nal du film. J’ai un intérêt particulier pour les histoires se déroulant au XIXe siècle, aussi j’ai tout de suite été attirée par le résumé de ce long-métrage. Les personnages étaient magni- fiquement vêtus. Les couleurs, les décors et le maquillage étaient tout simplement splen- dides et l’intrigue en elle-même était très intéressante: des prostituées dans une maison close n’est pas chose que l’on montre souvent à l’écran.J’ai été captivée du début à la fin. ADELINE Cette semaine, j’ai découvert La Vie ne me fait pas peur de Noémie Lvovsky.Bien qu’il date de 1999, j’ai l’impression que les spectateurs de tous âges peuvent s’y retrouver. Les premiers émois, les premières expériences, l’adoles- cence: on revit cet ensemble à travers ce film bouleversant. Plongé dans leurs délires, on partage leurs bizarreries.J’ai souri, j’ai rigolé et j’ai été déroutée en regardant ces quatre ado- lescentes de 12-13 ans passer du plus grand bonheur au plus grand désastre en une jour- née ou même en une demi-seconde. ANNAÏC Petites, un film de Noémie Lvovsky qui a par- ticulièrement attiré mon attention au Festival international du film de La Roche-sur-Yon. J’ai suivi la vie de ces quatre adolescentes très attachantes dans leur histoire d’amour et leurs péripéties toutes plus décalées les unes que les autres.Un film pétillant,débordant de joie et de bonne humeur qui m’a fait passer un moment inoubliable. J’ai adoré partager leurs émotions et leurs mésaventures, me reconnaissant par- fois dans certaines situations, les rendant d’au- tant plus amusantes.Une aventure déjantée ! PAUL Mon coup de coeur du Festival est Cymbeline, de Michael Almereyda.Ce film m’a impression- né par sa modernité. Bien que la pièce de Sha- kespeare date du XVIIe , elle reste intemporelle. Durant toute la projection, j’avais l’impression de vivre la pièce qui, couplée aux techniques cinématographiques, permet de s’évader da- vantage. Almereyda a su manier le génie de Shakespeare à la perfection grâce à une atmos- phère dense et douce, sublimée par un casting convaincant. KÉVIN Profondément ancré dans la réalité politique et sociale, Welcome parvient habilement à expo- ser le sujet épineux de l’immigration à coup de tendresse et de mélancolie, le tout teinté d’hu- mour. Un film puissant qui ressortira du Festi- val,à coup sûr,avec les acclamations du public. Tempête s’ancre à merveille dans la réalité en dépeignant le quotidien d’une famille à laquelle on s’identifie parfaitement. Le film est porté à l’écran par des acteurs amateurs très convaincants. Remarquable.ROMANE Incontestablement : La Loi du marché. La rai- son ne se prénomme pas simplement«Vincent Lindon», même si ça y participe grandement. Non, la réponse à cette question tient en trois points : un film poignant, à hauteur d’homme et ancré dans notre réalité contemporaine. Lorsque le générique de fin est lancé et que l’on reprend ses esprits, une colère gronde en nous,des sentiments contradictoires émergent et l’on se demande alors : comment un homme peut-il se sacrifier et subir la vie à ce point pour le bonheur de sa famille ? Impossible d’y être indifférente. LAURÈNE Tempête m’a véritablement émue. Le réalisa- teur a réussi à me transporter dans la peau du marin, à me faire partager son vécu, son res- senti, ses doutes et ses remises en question. La dureté du synopsis et des conditions de vie du personnage, m’ont fait porter un œil bienveil- lant sur cet homme qui, tel un navire, chavire doucement et inconsciemment pour finale- ment relever la tête hors de l’eau. La passion qui anime sa vie et l’amour qu’il porte à ses proches ne peuvent qu’attendrir. J’ai apprécié l’importance accordée aux acteurs amateurs. JUSTINE Le film d’ouverture de cette 6e édition du Fes- tival international du film: Tempête. Très réaliste, le film m’a plongée dans la vie de ce pêcheur et de sa famille. Un film authentique tant par son jeu d’acteur que par sa réalisation. Une vraie claque,du cinéma vrai comme on les aime.Autre moment fort, L’Apollonide est une véritable immersion dans les maisons closes à l’aube du XIXe siècle. Ce huis-clos sensuel et décadent est bouleversant. Mention spéciale à la bande originale mélancolique et envoûtante à souhait. La rédaction de la gazette a écumé les salles depuis lundi. Passage en revue des coups de cœur à la date du vendredi 16, pendant le bouclage. NOËLLINE Profond et intense, La Loi du marché est un véritable chef-d’œuvre. Salué au Festival de Cannes en recevant le prix d’interprétation masculine, Vincent Lindon interprète avec brio la vie quotidienne de Thierry. Beaucoup de per- sonnes se retrouveront dans les problèmes tant personnels que professionnels qu’il rencontre. La véracité du récit de Stéphane Brizé est bril- lante. Ce film est incontournable pour mieux comprendre la société du XXIe siècle. Coup de projecteuraussisurSleepinggiant.Amusantet émouvant, le temps d’un été, trois adolescents s’embarquent dans des aventures débordantes d’humour. Soulignons la beauté des paysages et des plans présents tout le long du film. ALEXIS Pour moi, c’est dans des rôles comme Fred que VincentLindonestàsonmaximum.Lerôled’un chômeur, prolétaire (voire révolutionnaire), vieux loubard : Fred n’est pas un homme qui se laisse faire facilement, malgré la vie lourde qui pèse sur lui. Dix-huit ans plus tard, dans La Loi du marché,j’ai retrouvé un personnage dans la galère qui se bat contre la vie.
  5. 5. PAR L’ÉQUIPE PHOTOGRAPHIE DES ÉTUDIANTS D’INFOCOM DE L’IUT DE LA ROCHE-SUR-YON; DES MOMENTS CAPTURÉS DURANT CETTE SEMAINE INOUBLIABLE. 1 Laurane et Audrey à l’accueil des invités ©PIERRE-YVES LÉON 2 Retrouvailles entre Paolo Moretti et Eva Sangiorgi © CARLA SAINDRENAN 3 Équipe audiovisuelle © CHARLINE LAMBERT 4 Tamaki Okamoto sous le chapiteau © CHARLINE LAMBERT 5 Pause déjeuner dans le Bus 137 © PIERRE-YVES LÉON 6 Interview sur Graffiti © PAULINE GAUTIER 7 Équipe du Festival © DR 8 Interview d’Étienne Labroue par France 3 © BERTILLE VIOLAIN 9 Séance El Club au Théâtre © BERTILLE VIOLAIN 10 Cérémonie d’ouverture avec l’équipe de Tempête © CARLA SAINDRENAN 9 10 7 6 1 2 4 3 5 8

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