UNIVERSITE DE NGOZI
FACULTE DE DROIT ET DES SCIENCES ECONOMIQUES ET
ADMINISTRATIVES
DEPARTEMENT D’ECONOMIE ET HAUTES ETUDE...
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DEDICACE
A la mémoire de mon cher père très tôt parti,
A ma chère mère,
A mes chers frères et sœurs,
A ma chère épouse E...
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REMERCIEMENTS
Une œuvre de recherche scientifique, si modeste soit-elle, ne peut en aucune façon
résulter des seuls eff...
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SIGLES ET ABREVIATIONS
% : Pourcentage
ACP : Afrique - Caraïbe- Pacifique
AGOA : African Growth and Opportunity Act
AP...
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ISE : Industrialisation par Substitution des Exportations
ISI : Industrialisation par Substitution des Importations
ISO...
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ZFIE : Zone Franche Industrielle d’Exportation
ZLE : Zone de Libre Echange
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LISTE DES TABLEAUX
Tableau nº 1 : Echanges de biens entre le Portugal et la G.B. (en homme-année) .............9
Tablea...
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LISTE DES GRAPHIQUES
Graphique n° 1 : Contribution de chaque secteur au PIB de 2002-2012 (en MBIF) ........35
Graphiqu...
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TABLE DES MATIERES
DEDICACE.............................................................................................
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I.2.1. La théorie Linderienne ou la loi des avantages comparatifs....................................19
I.2.2. La théor...
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Conclusion du 2ème
chapitre................................................................................................
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IV. CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS....................................86
1. Conclusion Générale...................
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0. INTRODUCTION GENERALE
L’histoire du commerce mondial montre que les échanges mondiaux des marchandises et
des service...
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d’exportations comprenant les fruits tropicaux, légumes, fleurs, plantes exotiques, huiles
essentielles, produits minéra...
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0.2. Problématique de la recherche
Les implications des stratégies visant à promouvoir les exportations sur la croissanc...
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0.3. Hypothèse
Notre recherche va s’appuyer sur l’hypothèse suivante : «La faible croissance de
l’économie burundaise es...
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CHAPITRE I : LES FONDEMENTS THEORIQUES DU COMMERCE
INTERNATIONAL
Les théories en rapport avec les exportations s’inspire...
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qu'il n'importe, alors sa « balance du commerce » (appelée balance commerciale de nos
jours) est excédentaire, ce qui se...
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vouloir échanger ce qu’il a en trop chez lui contre ce qu’il n’a pas et qu’il désire, se
répercute sur dix, vingt indivi...
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I.1.2. David Ricardo, Théorie des avantages comparatifs
La théorie de David RICARDO (1772-1823), continue jusqu’à mainte...
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chaque bien (output), définit com...
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 L’autarcie :
L’autarcie correspond à la situation où un pays n’effectue aucune échange de biens ou de
services avec l...
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spécialiser dans celle du vin qui rapporte mieux. Il va exporter le vin pour
l’échanger contre le drap dont il a besoin...
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Tableau nº 2 : Echanges entre la G.B et le Portugal avant la spécialisation (en
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Après cette spécialisation, les deux pays dégagent un excédent de force de travail de 30
hommes-année, soit une réducti...
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I.1.2.2.Limites du modèle ricardien
Le modèle de Ricardo sur le principe des avantages comparatifs n’est pas bien préci...
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la production et il devient difficile de fonder l’explication des échanges internationaux
sur la seule différence de pr...
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aura un prix relativement peu élevé...
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abondants contre des facteurs rares: un pays exporte les biens dont la production exige
une grande quantité de facteur ...
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1° Les forces productives :
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- Les ressources naturelles comme les potentialités d...
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- Il est partiel parce que les taxes à l’importation ne frapperont ni les matières premières,
ni les produits agricoles...
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se saturer qu'il va chercher de nouveaux débouchés»17
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quelle que soit la part d'une pro...
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La théo...
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revanche, les importations des biens d'équipement se développent car elles sont rendues
nécessaires par le développemen...
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Etant donné que « sous-développement est synonyme de retard », la plupart des PVD ont
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aux prix mondiaux (perte de l...
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1°) Dans un premier temps, le pays (en voie de développement) utilise sa main d’œuvre
bon marché pour produire et expor...
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en Asie et en Amérique latine »31
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ANALYSE BASEE SUR LES EXPORTATIONS BURUNDAISES
ET LEUR EVOLUT...
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En 2012 « le taux de croissance de l’économie du Burundi est de 4,2%, le taux
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IRIHO Quentin Memoire- Analyse de la strategie Burundaise de Promotion des Exportations

  1. 1. UNIVERSITE DE NGOZI FACULTE DE DROIT ET DES SCIENCES ECONOMIQUES ET ADMINISTRATIVES DEPARTEMENT D’ECONOMIE ET HAUTES ETUDES COMMERCIALES Par : Quentin IRIHO Composition du jury : Directeur :Eric UWIMANA, MBA Président : Membre : Ngozi, Juin 2015 ANALYSE DE LA STRATEGIE BURUNDAISE DE PROMOTION DES EXPORTATIONS (2002-2012) Mémoire présenté et défendu publiquement en vue de l’obtention du grade de Licencié en Hautes Etudes Commerciales
  2. 2. i DEDICACE A la mémoire de mon cher père très tôt parti, A ma chère mère, A mes chers frères et sœurs, A ma chère épouse Elyse NSHIMIRIMANA, A mon cher fils Ken Simon Dorel IHORAHO, A tous ceux qui nous sont chers et qui nous tiennent à cœur.
  3. 3. ii REMERCIEMENTS Une œuvre de recherche scientifique, si modeste soit-elle, ne peut en aucune façon résulter des seuls efforts individuels de son auteur. L’aboutissement de ce travail a bénéficié d’enrichissantes contributions tant morales, intellectuelles que matérielles de la part des personnalités à l’endroit desquelles nous aimerions exprimer notre profonde gratitude. Nos sincères remerciements vont d’abord à l’endroit du Professeur Eric UWIMANA, Directeur de ce mémoire, pour avoir sagement accepté de nous accompagner dans nos recherches et avec grand intérêt, pour nous avoir soutenu dans nos efforts, pour nous avoir fait bénéficier de son illustre expérience scientifique et de ses précieux conseils et commentaires ; il n’a ménagé ni son temps, ni son énergie pour que ce travail soit ce qu’il est aujourd’hui. Nous lui témoignons notre gratitude la plus totale qui soit. Il est pour nous un agréable devoir d’exprimer nos francs remerciements au Recteur de l’Université et à tous les Professeurs de la Faculté de Droit et des Sciences Economiques et Administratives, et plus particulièrement ceux du Département des Hautes Etudes Commerciales, qui nous ont accompagné dans notre parcours académique. Nous estimons être le produit des efforts de chacun. Votre formation intellectuelle et morale demeurera pour nous un agréable souvenir et une présence continuelle dans notre carrière professionnelle et sociale. Nous ne saurions également terminer, sans exprimer notre gratitude à notre famille et plus spécialement notre chère mère RUDAGUZA Léonie, qui a toujours fait de notre succès une de sa profonde préoccupation. Loin de nous l’idée de vous décevoir de quelque manière que ce soit. Nous réaffirmons que nous demeurons le seul auteur de ce mémoire et que par conséquent, aucune éventuelle imperfection ne saurait nullement imputable à ceux qui nous ont supervisé mais que nous en assumons seul l’entière responsabilité. Que tous ceux, qui ont apporté leur pierre à l’édification de notre personnalité, qui nous ont encouragé et apporté un concours à quelque degré que ce soit, trouvent en ce travail le gage de notre humble reconnaissance. Quentin IRIHO
  4. 4. iii SIGLES ET ABREVIATIONS % : Pourcentage ACP : Afrique - Caraïbe- Pacifique AGOA : African Growth and Opportunity Act APEE : Agence de Promotion des Echanges Extérieurs API : Agence Burundaise de Promotion des Investissements B.O.B : Bulletin Officiel du Burundi BAD : Banque Africaine de Développement BBIN : Burundi Business Incubator BBN : Bureau Burundais de Normalisation BRARUDI : Brasserie et Limonaderie du Burundi BRB : Banque de la République du Burundi CCIB : Chambre de Commerce et d’Industrie du Burundi CEEAC : Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale CEPGL : Communauté Economique des Pays des Grands Lacs CER : Communauté Economique Régionale CFCIB : Chambre Fédérale de Commerce et d’Industrie du Burundi CI : Commerce International CNUCED : Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement COMESA : Common Market and for East and South Africa CSLP : Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté DSRP : Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté EAC : East African Community EDIC : Etude Diagnostic sur l’Intégration Commerciale FMN : Filiales Multinationales FOB : Free On Board FPE : Fonds de Promotion des Exportations G.B : Grande -Bretagne GSP : Système Généralisé de Préférences HOS : HECKSCHER - OHLIN - SAMUELSON IDE : Investissements Directs Etrangers III : Industrialisation par les Industries Industrialisantes INECN : Institut National pour l’Environnement et la Conservation de la Nature
  5. 5. iv ISE : Industrialisation par Substitution des Exportations ISI : Industrialisation par Substitution des Importations ISO : International Organisation for Standardisation K : Capital L : Travail MBIF : Million de Francs Burundais MPACEA : Ministère à la Présidence chargé des Affaires de la Communauté Est Africaine NPI : Nouveaux Pays Industrialisés NTIC : Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ODM : Objectifs du Millénaire pour le Développement OMC : Organisation Mondiale du Commerce ONUDI : Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel PALIPEHUTU-FNL : Parti pour la Libération du Peuple Hutu- Front National de Libération PIB : Produit Intérieur Brut PMA : Pays Moins Avancés PME : Petites et Moyennes Entreprises PNB : Produit National Brut PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement PVD : Pays en Voie de Développement R&D : Recherche et Développement RDC : République Démocratique du Congo RSA : République Sud-Africaine SINOBU : Société Locale d'exportation Ta : Taux d'échange TaOTg : Bissectrice de l'angle O Tg : Taux d'échange intérieur Ti : Taux d'échange international TIFA : Trade and Investment Framework Agreement TSD : Traitement Spécial et Différencié UA : Union Africaine UE : Union Européenne US : United States USA : United States of America USD : United States Dollar
  6. 6. v ZFIE : Zone Franche Industrielle d’Exportation ZLE : Zone de Libre Echange
  7. 7. vi LISTE DES TABLEAUX Tableau nº 1 : Echanges de biens entre le Portugal et la G.B. (en homme-année) .............9 Tableau nº 2 : Echanges entre la G.B et le Portugal avant la spécialisation (en homme- année)...................................................................................................................................9 Tableau nº 3 : L’Angleterre et le Portugal après la spécialisation ....................................12
  8. 8. vii LISTE DES GRAPHIQUES Graphique n° 1 : Contribution de chaque secteur au PIB de 2002-2012 (en MBIF) ........35 Graphique n°2 : Le commerce extérieur du Burundi de 2002 à 2012 (en MBIF). ...........36 Graphique n° 3 : Structure de la Balance Commerciale burundaise de 2002 à 2012 (en MBIF) ................................................................................................................................38 Graphique n°4: Structure de la Balance Commerciale de 2002-2012 (en % du PIB) ......39 Graphique n°5 : Le taux de couverture des importations par les exportations,de 2002- 2012 (en %) .......................................................................................................................40 Graphique n°6: Les exportations burundaises des produits 2002-2012 (en %) ...............41 Graphique n° 7: Part des exportations des produits dans le PIB de 2002-2012(en %).....42 Graphique n°8 : Evolution du commerce burundais des Services, de 2002- 2012 (en MBIF) ................................................................................................................................44 Graphique n° 9: Part des exportations et des importations dans le total des échanges desservices de 2002 à 2012 (en MBIF) .............................................................................44 Graphique n° 10 : Les exportations burundaises des services de 2002 à 2012 (en MBIF) ...........................................................................................................................................46 Graphique n° 11: Part des services dans le PIB burundais de 2002-2012 (en %).............46 Graphique n° 12: Part des biens et des services dans le total des exportationsde 2002- 2012 (en %) .......................................................................................................................48 Graphique n° 13: Evolution géographique des exportations burundaisesde 2002-2012 (en %).......................................................................................................................................49 Graphique n°14: Part de chaque continent dans le total des exportations burundaisesde 2002 à 2012 (en %)............................................................................................................52 Graphique n° 15: Evolution des échanges intra-EAC de 2005 à 2010 (en Millions de USD)..................................................................................................................................56 Graphique n°16 : Exportations intra-EAC de 2005 à 2010 (en Millions de USD)..........57 Graphique n° 17 : Les importations intra-EAC de 2005 à 2010 (en Millions de USD). ..59
  9. 9. viii TABLE DES MATIERES DEDICACE..........................................................................................................................i REMERCIEMENTS .......................................................................................................... ii SIGLES ET ABREVIATIONS ......................................................................................... iii LISTE DES TABLEAUX ...................................................................................................v LISTE DES GRAPHIQUES ............................................................................................ vii TABLE DES MATIERES............................................................................................... viii 0. INTRODUCTION GENERALE..................................................................................1 0.1. Intérêt du sujet...........................................................................................................2 0.2. Problématique de la recherche ..................................................................................3 0.3. Hypothèse..................................................................................................................4 0.4. Objectifs de la recherche ...........................................................................................4 0.5. Méthodologie de travail.............................................................................................4 0.6. Délimitation du travail...............................................................................................4 0.7. Articulation du travail ...............................................................................................4 CHAPITRE I :LES FONDEMENTS THEORIQUES DU COMMERCE INTERNATIONAL………………….……………………………………………………5 I.1. Les théories traditionnelles du commerce international ...............................................5 I.1.1. Adam Smith (1776)....................................................................................................6 I.1.1.1. La loi smithienne des avantages absolus.................................................................6 I.1.2. David Ricardo, Théorie des avantages comparatifs...................................................8 I.1.2.1. Exposé du modèle ricardien....................................................................................8 I.1.2.2. Limites du modèle ricardien..................................................................................14 I.1.3. Le Modèle HECKSCHER-OHLIN-SAMUELSON (ou Modèle HOS)..................14 I.1.3.1. Préambule..............................................................................................................14 I.1.3.2. Exposé du modèle HOS ........................................................................................15 I.1.4.1. Friedrich List et sa théorie protectionniste............................................................15 I.2. Théories contemporaines de l'échange international ..................................................17
  10. 10. ix I.2.1. La théorie Linderienne ou la loi des avantages comparatifs....................................19 I.2.2. La théorie du développement en vol d'oies sauvages ..............................................19 I.2.3. La Politique industrielle, outil efficace de promotion des exportations ..................21 I.2.3.1.L’Industrialisation par Substitution des Importations(ISI) ....................................22 I.2.3.2. L’Industrialisation par les Industries Industrialisantes (III)..................................23 I.2.3.3. L’Industrialisation par Substitution des Exportations (ISE).................................25 I.2.3.4. La Zone franche, outil de promotion des exportations .........................................28 Conclusion du 1er chapitre.................................................................................................30 CHAPITRE II : LE BURUNDI DANS LE COMMERCE EXTERIEUR : UNE ANALYSE BASEE SUR LESEXPORTATIONS BURUNDAISES ET LEUR EVOLUTION ....................................................................................................................31 II.1. Brève aperçue de la situation économique du Burundi .............................................33 II.1.1. Le Secteur primaire.................................................................................................33 II.1.2. Le Secteur secondaire .............................................................................................33 II.1.3. Le Secteur tertiaire..................................................................................................34 II.2. Le commerce extérieur du Burundi ...........................................................................35 II.2.1. La Balance Commerciale........................................................................................36 II.2.2. Le taux de couverture .............................................................................................40 II.3. Analyse des exportations burundaises et leur évolution............................................40 II.3.1. Les exportations burundaises des produits .............................................................41 II.3.2. Les exportations burundaises des services..............................................................42 II.3.2.1. Bref aperçu des échanges burundais des services................................................43 II.3.2.2. Structure des exportations des services ...............................................................46 II.3.3. Evolution des exportations des biens et des services..............................................48 II.4. Répartition géographique des exportations burundaises ..........................................49 II.5. L’intégration régionale du Burundi. ..........................................................................52 II.5.1. Le Burundi dans l’EAC ..........................................................................................52 II.5.1.1. Présentation de l’EAC .........................................................................................54 II.5.1.2. La place du Burundi dans les échanges intra-EAC .............................................54 II.5.2. Les Défis du Burundi dans l’EAC ..........................................................................60
  11. 11. x Conclusion du 2ème chapitre...............................................................................................60 CHAPITRE III : ANALYSE DE LA STRATEGIE BURUNDAISE DEPROMOTION DES EXPORTATIONS ....................................................................................................62 III.1. Le Burundi vers une relance de la politique de promotion des exportations ...........63 III.1.1. Expérience du Burundi en matière de politique de promotion des exportations ..63 1° La ristourne de droitsde douane ou le « drawback » ....................................................64 2° L’Agence de Promotion des Echanges Extérieurs (APEE)..........................................64 3° La Zone franche d’exportation......................................................................................65 4° Le Fonds de Promotion des Exportations (FPE). .........................................................66 5° Le code de promotion des exportations ........................................................................67 6° Le Code des investissements et autres dispositions réglementaires touchant à lapromotion des exportations. ...........................................................................................68 III.1.2. Limite des outils de promotion des exportations au Burundi................................68 III.1.3. Relations entre le Burundi et l’OMC.....................................................................69 III.1.4. Relations entre le Burundi et les USA : le programme AGOA.............................71 III.2. Les institutions intervenant dans la promotion des exportations .............................72 III.2.1. L'Agence Burundaise de Promotion des Investissements (API)...........................74 III.2.2. Le Bureau Burundais de Normalisation (BBN) ....................................................77 III.2.3. Les Ministères........................................................................................................77 III.2.4. Le secteur privé avec la Chambre Fédérale de Commerce et d’Industriedu Burundi (CFCIB)...............................................................................................................79 III.3. La politique industrielle burundaise ........................................................................79 III.3.1. Les obstacles à l’industrialisation (défis à relever) ...............................................80 III.3.1.1. La paix et la sécurité...........................................................................................81 III.3.1.2. Les sources énergétiques ....................................................................................81 III.3.1.3. Les voies de communication ..............................................................................82 III.3.1.4. Les moyens de télécommunication ....................................................................82 III.3.1.5. Les textes légaux lacunaires ...............................................................................83 III.4. Des directives de promotion des exportations dans la stratégie burundaise deréduction de la pauvreté.................................................................................................84
  12. 12. xi IV. CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS....................................86 1. Conclusion Générale...................................................................................................86 2. Recommandations.......................................................................................................87 BIBLIOGRAPHIE.............................................................................................................92 ANNEXES.........................................................................................................................97
  13. 13. 1 0. INTRODUCTION GENERALE L’histoire du commerce mondial montre que les échanges mondiaux des marchandises et des services s’accroissent de plus en plus entre les pays. « C’est à partir du XIXe siècle que le commerce international de marchandises prend véritablement son essor. En moins de cent ans, le volume des échanges mondiaux a fortement augmenté. En 1913, ce commerce représente 1/3 de la production mondiale. Le XXe siècle a commencé par une très forte contraction entre 1913 et 1950 : la croissance des exportations quasi nulle, n’est alors qu’en dessous de celle de la production. A partir des années 1950, l'on assiste à l'explosion du commerce international qui connaît une période faste jusqu'au milieu des années 1970. Cet âge d'or de la croissance prend fin brutalement en 1974, date à partir de laquelle les productions intérieures brutes stagnent, voire régressent. La fin des années 1990 marque le redémarrage de la croissance »1 . Les exportations et les importations de marchandises en Europe occidentale ont progressé plus vite que le commerce mondial en 2003, grâce surtout à l’évolution du taux de change qui a stimulé le commerce évalué en dollars. Les exportations de marchandises de l’Allemagne ont été supérieures à celles des États-Unis pour la première fois depuis 1990. En 2012, le commerce mondial s’est ralenti (2,8 contre 5,9 %) en raison de la faiblesse de l’activité économique mondiale2 . En effet, la crise qui a touché l’économie mondiale, particulièrement les pays de la zone euro, a contraint les Etats et les ménages à réduire les dépenses d’investissement et de consommation. Avant la guerre civile de 1993, la performance commerciale du Burundi était mieux que celle de la majorité des autres pays de l’Afrique Sub-saharienne dont les exportations étaient en nombre limité de produits. Le café était de loin le principal produit d’exportation, suivi par le thé et le coton. « L’économie burundaise avait enregistré une croissance de 6,4% en 1991. De même, entre 1997 et 1998, la croissance économique a connu un bond de 4,4points, passant de 0,4% à 4,8% »3 . Cependant, pour que le pays progresse, il doit poursuivre la politique de la diversification des exportations et moderniser ses infrastructures pour la production des produits finis pour plus de valeur ajoutée plutôt que la matière brute. D’autres nouveaux domaines 1 OMC ;Croissance en Volume de la production et des exportations de marchandises de 1720 à 1996, OMC, Genève, 1996 ; (in M. Alain DEPPE ; Fondement du commerce international ou Marketing international, Université Jules Vernes de Picardie, séquence 1, Document 5, Source : http://fr.scribd.com/doc/219239728, consulté le 26/03/2014). 2 Banque de la République du Burundi ; rapport de l’année 2012.Bujumbura, 2012. 3 République du Burundi, Deuxième Vice-présidence de la République; Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte Contre la Pauvreté (CSLPII), Bujumbura, 2012, p130.
  14. 14. 2 d’exportations comprenant les fruits tropicaux, légumes, fleurs, plantes exotiques, huiles essentielles, produits minéraux, et les services (e.g. tourisme) sont possibles. L’amélioration du fonctionnement des structures publiques sera essentielle pour la réussite de cet effort. À l’instar de nombreux pays africains, le Burundi reconnaît que le commerce international peut être un outil puissant de promotion de la croissance et du développement, et qu’il peut contribuer sensiblement à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). En s’ouvrant au commerce international, le Burundi encourage à la fois une compétition interne et externe authentique ainsi qu’un développement harmonieux de son industrie, jugée la moins performante au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est. 0.1. Intérêt du sujet La stratégie commerciale suscite un intérêt particulier à l’étude des effets qu’elle occasionne. Actuellement, on observe des phénomènes de croissance ou de récession de l’économie dans tous les pays du monde entier qui varient d’un pays à un autre, d’une région à une autre ou d’un continent à un autre. Ce n’est pas par hasard qu’il existe des pays riches et des pays pauvres, ce n’est également pas par hasard que certains pays pauvres deviennent riches à un moment donné. Inflation, crise financière, performance économique, insuffisance des capitaux, chutes des cours mondiaux des matières premières, croissance la production, absence d’investisseurs, éducation, santé, etc. sont quelques-uns des mots clefs qui rassemblent les grandes préoccupations du monde entier en général et du Burundi en particulier. A plus d’un titre, le choix d’une stratégie commerciale est une préoccupation de tout un chacun. La population se sent concernée, l’homme politique doit agir en prenant des décisions déterminantes et l’économiste doit intervenir. Ce sont ces différents scénarios tragiques qui nous ont poussés à contribuer à ce débat pour parler des différentes stratégies utilisées au Burundi pour promouvoir les exportations. A l’endroit de ceux qui sont pessimistes en considérant que les pays pauvres économiquement resteront en éternelle pauvreté et à ceux qui pensent qu’une bonne stratégie commerciale peut conduire à un développement économique, ce travail leur apportera des éclaircissements. Du point de vue scientifique, ce travail sera l’une des données de référence pour tout autre chercheur qui s’intéressera au commerce extérieur du Burundi.
  15. 15. 3 0.2. Problématique de la recherche Les implications des stratégies visant à promouvoir les exportations sur la croissance économique ont de tout temps soulevé beaucoup de controverses et ont donné lieu à des thèses divergentes. Pour certains économistes, le libre-échange creuse des écarts entre les nations, favorise les entreprises des pays riches au détriment de ceux des pays pauvres et les empêchent de se développer. Ils soutiennent l’idée selon laquelle un pays doit intervenir pour protéger les entreprises locale contre la concurrence étrangère et protéger les emplois. Pour d’autres, le libre-échange entre les nations est source de richesse pour tous les pays, qu’ils soient pauvres ou riches, puisqu’il donne une ouverture sur un vaste marché et des opportunités de développement. C’est dans cette confrontation entre arguments en faveur du protectionnisme et du libre-échange que nous allons effectuer nos recherches afin de proposer une stratégie capable d’aider le Burundi à promouvoir ses exportations. En effet, les performances du Burundi en matière d’exportation laissent à désirer malgré les efforts fournis pour développer son commerce extérieur. Tout intéressé pourrait par conséquent se demander le pourquoi de ce maigre résultat alors que le Burundi dispose de nombreux atouts entre autre : un climat tropical favorable à différentes cultures d’exportations, les lacs et rivières pouvant à la fois fournir des produits d’exportations et également répondre aux besoins en eau et électricité, un sous-sol riche en minerais, une main d’œuvre abondante et bon marché, l’appartenance aux différentes institutions internationales et communautés économiques régionales etc. Est-ce parce que les différentes stratégies jusqu’alors utilisées sont tellement inefficaces au point qu’ils ne puissent pas donner des résultats voulus ? Ou bien c’est plutôt par manque de volonté politique pour mettre en pratique ceux-ci ou encore c’est par manque de cadre qualifié dans ce domaine pour faire face à ce défi ? Ce sont là quelques-unes des questions qu’on s’est posé pour entreprendre cette recherche afin de comprendre la réalité qui prévaut dans le domaine du commerce extérieur du Burundi, et plus spécifiquement le domaine des exportations afin de trouver une issue favorable pour promouvoir ce secteur combien de fois utile pour la santé économique du Burundi.
  16. 16. 4 0.3. Hypothèse Notre recherche va s’appuyer sur l’hypothèse suivante : «La faible croissance de l’économie burundaise est handicapée par l’absence d’une stratégie nationale efficace de promotion des exportations ». 0.4. Objectifs de la recherche Ce travail a pour objectif de : - Identifier les stratégies efficaces de promotion des exportations - Promouvoir les exportations burundaises - Donner une orientation claire aux investisseurs locaux et étrangers qui voudraient investir au Burundi. 0.5. Méthodologie de travail Ce travail nécessite une documentation assez abondante. Nous avons consulté plusieurs ouvrages scientifiques, les sites internet ainsi que les publications faites par différentes institutions tant nationales qu’internationales 0.6. Délimitation du travail Ce travail concerne essentiellement la situation qui prévaut au Burundi en matière de promotion des exportations pendant la période allant de 2002 à 2012. Il cadre également avec notre spécialité de formation car il est corollaire avec les enjeux commerciaux. 0.7. Articulation du travail Ce travail est subdivisé en Trois chapitres. Le premier chapitre met en évidence les différentes théories du commerce international. Le second chapitre est une analyse des exportations burundaises. Dans le troisième chapitre, nous allons mettre en évidence les données obtenues et les différentes stratégies utilisées au Burundi pour promouvoir les exportations ; et enfin terminer sur une conclusion générale et des recommandations.
  17. 17. 5 CHAPITRE I : LES FONDEMENTS THEORIQUES DU COMMERCE INTERNATIONAL Les théories en rapport avec les exportations s’inspirent des théories du commerce international qui existent depuis le XVIe siècle. Il s’agit notamment des théories classiques comme "La loi des avantages absolus" d’Adam Smith ; "La loi des avantages comparatifs" de David Ricardo, suivies des théories néoclassiques comme " la loi des proportions des facteurs" ou " le modèle HOS" construite par HECKSHER, OHLIN et SAMUELSON ; d’autres auteurs comme LINDER, LIST, AKAMATSU ont également développé des théories concernant le développement du commerce international dans les Pays en développement. Les exportations entrent dans la logique des échanges de biens, de services ou de capitaux qui se font à l’extérieur des frontières d’une nation, d’une région ou d’un continent. Aucun pays, quelque soit sa grandeur, ne peut se suffire à lui seul pour pouvoir se passer du reste du monde. En effet, il suffit de comprendre l’intérêt qu’un pays trouve à participer au commerce international, les moyens qu’il utilise et le rôle joué par les exportations dans le développement de l’économie d’une nation. Les exportations jouent un rôle non négligeable dans l’économie d’une nation, en ce sens qu’ils sont l’un des moyens d’approvisionnement du pays en devises nécessaires pour pouvoir acheter à l’extérieur. Dans ce premier chapitre, nous allons développer certaines de ces théories et ensuite analyser la situation qui prévaut en matière de commerce international et de la stratégie de promotion des exportations dans les PVD en général. I.1. Les théories traditionnelles du commerce international La théorie du commerce international est l’une des branches les plus anciennes de la théorie économique. Elle date de la pensée mercantiliste. Le mercantilisme, de l’italien mercante, qui signifie marchant, est une conception de l'économie qui prévaut entre le XVIe siècle et le milieu du XVIIIe siècle en Europe. Les penseurs mercantilistes prônent le développement économique par l'enrichissement des nations, grâce au commerce extérieur qui permet de dégager un excédent de la balance commerciale. Pour les mercantilistes, l'Etat joue un rôle primordial dans le développement de la richesse nationale, en adoptant des politiques protectionnistes établissant notamment des barrières tarifaires et encourageant les exportations. Les mercantilistes prônent l’interventionnisme de l’Etat. Pour eux, si un Etat exporte plus
  18. 18. 6 qu'il n'importe, alors sa « balance du commerce » (appelée balance commerciale de nos jours) est excédentaire, ce qui se traduit par une entrée nette d'argent. Pour eux, une nation ne peut s’enrichir par le commerce que si au moins l’un de ses partenaires ne s’appauvrit. Ils en concluent que le commerce est un jeu à somme nulle : "l’un ne gagne que ce que l’autre ne perd"4 . Il existe parmi les écoles mercantilistes : - Le bullionisme (mercantilisme espagnol) qui préconise l'accumulation de métaux précieux dont l’or ; - Le colbertisme (mercantilisme français) qui est tourné vers l'industrialisation ; - Le commercialisme (mercantilisme britannique) qui voit, dans le commerce extérieur, une source de la richesse d'un pays. Les théories mercantilistes ont été critiquées par Adam Smith qui propose un modèle de libre-échange où, par le biais de la spécialisation et sur base des avantages absolus, tous les pays participant au commerce international accroissent leur richesse. Pour lui, ce genre de commerce est un jeu à somme positive. I.1.1. Adam Smith (1776) Adam Smith voit le commerce international comme le résultat d'une division du travail qui s'opère à l'échelle du monde. Les échanges internationaux sont nécessaires car les pays ne peuvent produire l'ensemble des biens et des services dont ils ont besoin. Les théoriciens classiques démontrent que chaque pays peut s'enrichir matériellement grâce à l'échange avec le reste du monde. Cela nécessite une spécialisation dans le cadre de la division internationale du travail. Il a beaucoup parlé de la loi des avantages absolus. I.1.1.1. La loi smithienne des avantages absolus Pour Smith, un pays ayant un avantage absolu est un pays qui est capable de produire ou d’offrir un bien ou un service à un coût unitaire inférieur à celui de ses partenaires commerciaux ou ses concurrents. A l’échelle nationale, cela veut dire que ce pays a intérêt à importer tout produit dont la production intérieure lui exige un coût supérieur au coût de la production étrangère. En cherchant à expliquer la fonction du commerce international, il compare les besoins individuels aux besoins d’une nation. Il démontre que ce qui pousse une personne à 4 Maurice BYE ; Relations économiques internationales, 4è Edition Dalloz, Paris, 1977, p116.
  19. 19. 7 vouloir échanger ce qu’il a en trop chez lui contre ce qu’il n’a pas et qu’il désire, se répercute sur dix, vingt individus, voir même vingt millions et par conséquent sur toute une nation. Par conséquent, une nation doit se spécialiser dans la production pour laquelle elle dispose d’un avantage absolu. C’est « la loi de la spécialisation internationale » dans le cadre d’un système de libre-échange entre les nations. Il écrit à ce propos : « La maxime de tout chef de famille prudent est de ne jamais essayer de faire chez soi la chose qui lui coûtera moins à acheter qu’à faire. Le tailleur ne cherche pas à faire ses souliers, mais il les achète au cordonnier ; ce dernier ne fait pas ses habits, mais il a recours au tailleur. Quant au fermier, il ne fait ni l’un ni l’autre de ces travaux, mais il s’adresse à ces deux personnes et les fait travailler etc. Ce qui est prudence dans la conduite de chaque famille en particulier, ne peut guère être folie dans celle d’un grand empire. Si un pays étranger peut nous fournir une marchandise à meilleur marché que nous ne sommes en état de l’établir nous-mêmes, il vaut bien mieux que nous la lui achetions avec quelque partie du produit de notre propre industrie…dans lequel nous avons quelques avantages »5 . En résumé, un pays ne doit pas hésiter à acheter à l'extérieur ce que les producteurs étrangers peuvent produire moins cher que les producteurs nationaux, et à se spécialiser dans les productions où il possède un avantage absolu (possibilité de produire moins cher en utilisant moins de travail et moins de capital que les produits concurrents). Cette explication présente néanmoins l'inconvénient d'exclure de l'échange toutes les nations en situation de productivité inférieure. En effet, si un pays a une productivité élevée et des coûts de production bas dans la majorité des branches de production (avantages absolus dans ses produits), il est le seul à pouvoir vendre. Dans ce cas, tous les autres seraient ses importateurs, avec le risque de voir leurs industries disparaitre à cause de leurs produits chers sur le marché. Ces pays se retrouveraient ainsi sans avantages absolus dans tous leurs produits et ils n’auraient aucun intérêt à participer à l’échange international. David Ricardo vient combler l’insuffisance de la théorie smithienne en développant une autre théorie qui explique la nécessité du commerce entre les nations. 5 Adam SMITH, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Editions Gallimard, Paris, 1976, p257-258.
  20. 20. 8 I.1.2. David Ricardo, Théorie des avantages comparatifs La théorie de David RICARDO (1772-1823), continue jusqu’à maintenant à servir comme modèle standard dans l’analyse des échanges internationaux. Pour lui, « …même si un pays est en mesure de produire la totalité des biens qu’il consomme et cela aux meilleurs coûts relatifs (ou comparatifs) par rapport aux autres pays, il est néanmoins dans son intérêt de limiter sa production aux seuls biens dont le coût de production est relativement le plus faible comparé aux coûts étrangers, et d’échanger la part non consommée de ces biens contre ceux dont le coût de production est relativement plus élevé et que l’on a laissé produire par l’étranger »6 . Ainsi en l’absence d’avantages absolus, les pays peuvent tirer profit de l’échange international. I.1.2.1. Exposé du modèle ricardien L’exemple de RICARDO porte sur deux pays, le Portugal et la Grande-Bretagne, qui échangent deux biens à savoir le drap et le vin. Il pose comme restriction que les deux pays ne sont différents que par la technologie, vivent en autarcie et en situation de libre- échange ; et que le travail est le seul facteur intervenant dans la production des biens. Ainsi, la productivité du travail confère un avantage comparatif à un pays par rapport à un autre. Dans ce modèle à deux pays, deux biens et un seul facteur de production qui est le travail, il avance les hypothèses suivantes7 : Hypothèse 1 : Les facteurs de production sont disponibles en quantité fixe et homogène. Ils sont immobiles internationalement même à l’ouverture des échanges et sont exprimés en équivalent travail. Hypothèse 2 : Le marché des facteurs de production est un marché en concurrence parfaite, supposant la mobilité parfaite de ceux-ci à l’intérieur du pays entre les productions des différents biens. Hypothèse 3 : Il existe une seule technique disponible pour la production d’un bien et elle est différente d’un pays à l’autre, même après ouverture à l’échange. Les fonctions de productions sont à facteurs complémentaires et sont différentes sur le même produit d’un pays à l’autre. A l’intérieur d’un pays, la connaissance du coefficient d’input- 6 J.L.MUCCHIELLI ET M. SOLLOGOUB ; L’échange international, fondements théoriques et analyse empirique, Economica, Paris, 1980, p.7. 7 Ibid. P8
  21. 21. 9 output, indiquant la quantité de travail (input) nécessaire pour produire une unité de chaque bien (output), définit complètement la technique de production utilisée. Hypothèse 4 : Le plein emploi des facteurs de production est assuré. Les rendements et les coûts sont constants. Les chiffres donnés dans cet exemple peuvent être considérés comme des coefficients de main d’œuvre directe et indirecte, l’unité étant ici l’homme au travail pendant une année (homme-année). La matière des coûts de production avant échange pour les deux pays est la suivante : Exemple 1 : Logique de la loi des avantages comparatifs entre le Portugal et la G.B. Tableau nº 1 : Echanges de biens entre le Portugal et la G.B. (en homme-année) Biens Portugal Angleterre Vin 80 120 Drap 90 100 Source : L’auteur, à l’aide du livre de J.L. MUCCHIELLI& M.SOLLOGOUB Dans ce petit tableau, on remarque que pour produire un litre de vin, le Portugal doit y consacrer une quantité de travail équivalente à 80 hommes-années et la Grande Bretagne une quantité de 120 hommes-année. Pour produire un mètre de drap, le Portugal doit dépenser une quantité de travail équivalente à 90 homme-année et la Grande-Bretagne une quantité de 100 hommes-année. Le coût comparatif de la fabrication du vin par rapport à celui du drap est de 80/90 pour le Portugal et de 120/100 pour la Grande- Bretagne. Alors, la G.B. ne dispose d’aucun avantage absolu, puisqu’elle est moins efficace pour la production des deux biens. Elle utilise plus de travail que son partenaire, et ses produits vont coûter plus chers. Le Portugal quant à lui possède un avantage absolu dans la production des deux biens. Ricardo affirme que les deux pays peuvent participer à l’échange, en se spécialisant dans le bien pour lequel ils ont l’avantage comparatif le plus élevé, ou le désavantage comparatif le moins important. Pour cela, il prend deux situations : L’autarcie et le libre- échange.
  22. 22. 10  L’autarcie : L’autarcie correspond à la situation où un pays n’effectue aucune échange de biens ou de services avec le reste du monde, il n’importe ni n’exporte. Les coûts comparatifs pour le Portugal et la G.B. sont: Portugal Grande-Bretagne - Coût comparatif vin/drap : 80/90 = 0,88 120/100 =1,2 - Coût comparatif drap/vin : 90/80 = 1,12 100/120 = 0,83 Pour produire une unité supplémentaire de vin (un litre de vin), le Portugal doit renoncer à 0,88 unité (mètre) de drap; le coût d’opportunité d’une unité de vin en drap étant de 80/90. De même, pour obtenir une unité de drap supplémentaire, il doit renoncer à 1,12 unités de vin. Pour obtenir une unité de vin supplémentaire, la G.B. doit dépenser 1,2 unités de drap, et produire une unité supplémentaire de drap lui coûte 0,83 unité de vin. En termes de coût d’opportunité, on remarque que le vin coûte plus cher à produire en Grande-Bretagne qu’au Portugal. Inversement, le drap coûte moins cher à fabriquer en Grande-Bretagne qu’au Portugal.  Le libre-échange : Le libre-échange correspond à la situation où un pays participe pleinement à l’échange de biens ou services avec le reste du monde. Il n’existe pas de limite à l’entrée de biens ou services sur son territoire. Les vignerons portugais, si bien entendu ils disposent de ces informations, vont se rendre compte qu’en vendant une unité de vin sur le marché anglais, ils peuvent obtenir au mieux 1,2 unités de drap britannique en échange, alors que sur leur marché intérieur ils n’auraient pu obtenir que 0,88 unité de drap. Et de la même façon, les drapiers anglais en exportant au Portugal une unité de drap, pourront obtenir, dans l’éventualité la plus favorable, 1,12 unités de vin au lieu de 0,83 unité seulement sur leur propre marché. Chacun des deux pays se spécialisera dans la production pour laquelle il détient un avantage comparatif :  Le Portugal ne trouvera aucun intérêt à continuer à fabriquer le drap qui lui coûte plus cher à fabriquer qu’à importer. Il pourra abandonner sa production, pour se
  23. 23. 11 spécialiser dans celle du vin qui rapporte mieux. Il va exporter le vin pour l’échanger contre le drap dont il a besoin.  La Grande-Bretagne de son côté abandonnera la production du vin pour se spécialiser dans celle du drap qu’il échangera contre le vin dont il a besoin. La main d’œuvre qui était affectée à la fabrication du drap au Portugal sera transférée dans la fabrication du vin afin d’accroître sa production pour répondre à la demande de la Grande- Bretagne, et inversement celle affectée à produire le vin en Grande- Bretagne sera transférée à produire le drap pour augmenter sa production et répondre à la demande du Portugal. Au fur et à mesure que les échanges entre ces deux pays vont augmenter, le rapport des prix des deux biens va être modifié dans chacun des deux pays. Il est évident que si plusieurs négociants se mettent à faire de même, entre ventes de drap et achats du vin, les transactions continues vont contribuer, après un certain temps, à faire monter le prix du vin au Portugal et à faire baisser celui du drap ; modifiant ainsi le rapport des prix intérieurs. Le mouvement sera inverse en Grande-Bretagne. Ceci persistera jusqu’à ce qu’un nouveau rapport entre les prix du vin et du drap s’établissent au niveau international, équilibrant simultanément les marchés des deux pays. A partir de ce moment, les rapports des prix intérieurs des deux pays ne se différencieront plus qu’en fonction des coûts de transport et de commercialisation (ou distribution). Pour ces deux pays entretenant des échanges commerciaux, Ricardo précise une zone dans laquelle peuvent s’établir les termes de l’échange (dans notre exemple, les termes de l’échange mondial est le rapport entre le cours mondial du vin et celui du drap). C’est ce rapport qui détermine la répartition du bénéfice total (le gain) tiré de l’échange entre les deux pays. En l’absence de commerce international, chaque pays a son propre rapport d’échange intérieur entre chacun de ces produits (0,88 mètre de drap pour 1 litre de vin au Portugal). Ricardo situe cette zone, entre deux limites. La limite inférieure correspond à la situation où une unité de vin = 0,88 unité de drap, limite pour laquelle la Grande-Bretagne seule peut bénéficier de l’échange. La limite supérieure, une unité de vin=1,2 unités de drap, pour laquelle la situation ne peut profiter que le Portugal, celle de la Grande-Bretagne demeurant inchangée. Le prix P s’établit entre ces deux limites c'est-à-dire : 0,88< P < 1,2 Illustrons cela par ces deux tableaux suivants :
  24. 24. 12 Tableau nº 2 : Echanges entre la G.B et le Portugal avant la spécialisation (en hommes-année) Biens Angleterre Portugal Total Vin 120 80 200 Drap 100 90 190 Total 220 170 390 Source : L’auteur, à l’aide du livre de J.L. MUCCHIELLI & M.SOLLOGOUB Avant la spécialisation et en hommes-année, le total de la quantité de travail nécessaire pour la fabrication des deux biens est de 390, soit 220 pour la Grande Bretagne (Angleterre) pour la fabrication des deux biens, et plus spécifiquement, 100 pour le bien auquel il dispose d’un avantage comparatif (le drap). De son côté, le Portugal utilise 170 comme quantité totale de travail nécessaire pour la fabrication des deux biens en consacrant, 80 au vin pour lequel il dispose d’un avantage comparatif. Tableau nº 3 : L’Angleterre et le Portugal après la spécialisation Biens Angleterre Portugal Total Vin - 160 160 Drap 200 - 200 Total 200 160 360 Source : L’auteur, à l’aide du livre de J.L. MUCCHIELLI& M.SOLLOGOUB Dans cet exemple, la spécialisation est totale car, la G.B. abandonne la production du vin, et le Portugal celle du drap. En se spécialisant dans la production du bien auquel il dispose d’un avantage comparatif (le drap), la Grande - Bretagne va augmenter la quantité d’homme- année nécessaire pour la production de celui- ci, voire même la doubler. Le Portugal, de son côté augmente la quantité d’homme- année nécessaire pour produire le vin à 160 hommes- année.
  25. 25. 13 Après cette spécialisation, les deux pays dégagent un excédent de force de travail de 30 hommes-année, soit une réduction des dépenses de production ; c’est ce qu’on appelle le bénéfice total, ou le bénéfice combiné tiré de l’échange entre ces deux pays. Toutefois, ce gain n’est pas le même pour les 2 pays, le Portugal va utiliser 160 travailleurs contre 170 avant la spécialisation (un gain de 10 hommes-année), et la G-B, 200 contre 220 avant la spécialisation (un gain de 20 hommes-année). Les consommateurs peuvent acheter à moins cher sur le marché local et en important. Cet exemple nous permet de conclure que la spécialisation internationale conduit chaque pays à économiser le travail d’un certain nombre de personnes pour une même production. Toutefois, il faudrait que le potentiel productif de chacun suffise à satisfaire la demande mondiale égale à la somme des demandes intérieures des deux pays considérés. L’analyse ricardienne est à la foi positive et normative." …L’aspect positif affirme que, la condition nécessaire et suffisante pour qu’il y ait échange entre les nations est qu’il existe une différence entre les coûts comparatifs. Chaque pays peut alors se spécialiser dans l’activité pour laquelle sa productivité comparative est la plus forte"8 . L’aspect normatif quant à lui prône que le libre-échange profite à tous, et qu’il accroit la richesse nationale et la richesse mondiale. M. E. BENISSAD l’illustre en ces mots : " Le gain à l’échange des deux nations découle de la réallocation du facteur production-travail et de la spécialisation qui élève le volume du bien produit (vin ou drap), modifie la structure de la production nationale, abaisse la courbe de coûts et améliore le bien- être des peuples après l’échange international…"9 . Cependant, cette théorie ricardienne elle aussi n’est pas complète. Elle est ce qu’on peut appeler un modèle standard de la théorie expliquant ce qui fait que les nations échangent des biens. Comme le dit Samuelson (1971), "…ce théorème est l’un des plus beaux et des moins évidents de la théorie économique… il est loin d’être trivial et peut paraître quelque peu contre- intuitif "10 . Aussi, elle présente quelques limites. 8 J.L.MUCCHIELLI ET M. SOLLOGOUB ; Op.cit, p 9. 9 M. E. BENISSAD; Economie internationale, office des publications universitaires, Paris, 1983.p.185 10 Paul SAMUELSON, L’avenir des relations économiques internationales, Calmann-Lévy, Paris, 1971, p.54
  26. 26. 14 I.1.2.2.Limites du modèle ricardien Le modèle de Ricardo sur le principe des avantages comparatifs n’est pas bien précis. En effet, il n’explique pas le niveau des prix du côté du producteur et de l’offreur et fait abstraction du rôle de la demande dans la formation des prix. Il limite l’utilisation du facteur travail comme explication des coûts de production. Il ne parle pas de la répartition du gain né de la spécialisation. Si on se réfère à l’exemple précèdent, le Portugal et la G.B gagne à l’échange international, mais le gain n’est pas pour autant le même. Aussi, il ne considère que la valeur du travail dans le commerce international et se contente de limiter une zone de l’échange international sans en préciser les termes effectifs. Si chaque pays industrialisé se spécialise dans sa branche, l’industrialisation du tiers-monde est freinée. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé durant tout le XIXe siècle et durant la plus grande partie du XXe siècle. Comme l’a écrit NAIMUDDIN un économiste indien : «La logique de l’analyse ricardienne n’incite pas les pays en développement à s’industrialiser parce que leur avantage comparatif réside dans les secteurs de l’agriculture et des matières premières»11 . Après le modèle des avantages comparatif, une autre théorie du commerce international nommée : « la loi des proportions des facteurs » a été développée par Eli HECKSCHER, Bertil OHLIN et Paul SAMUELSON. I.1.3. Le Modèle HECKSCHER-OHLIN-SAMUELSON (ou Modèle HOS) I.1.3.1. Préambules Le modèle HOS est le deuxième modèle standard généralement utilisé dans la théorie du commerce international. Il insiste sur les différences en quantité des facteurs de production entre les pays, comme cause principale des échanges. L’histoire a retenu ces trois auteurs HECHSHER, OHLIN et SAMUELSON comme principaux tenants du modèle HOS (Heckscher-Ohlin-Samuelson) ; bien que d’autres comme Abba P. Lerner (1952) et Wolfgang Stolper (1941), l’ont également développé. En effet, au début du XXe siècle, les grandes économies industrielles ont acquis un niveau de développement technologique important et les échanges entre eux deviennent de plus en plus complexes. Le capital technique joue un rôle de plus en plus grand dans 11 M. NAIMUDDIN; Irrelevance of Ricardian Economics to the Underdeveloped Economies, in David Ricardo, Critical Assessments, Londres, 1985, tome IV, p. 140.
  27. 27. 15 la production et il devient difficile de fonder l’explication des échanges internationaux sur la seule différence de productivité du travail. Le modèle ricardien n’est donc plus suffisant pour expliquer les échanges entre ces grandes nations. Un autre modèle qui justifie la raison des échanges commerciaux entre pays a vu le jour. Bertil OHLIN, dans Interregional and International Trade (1933), propose un autre modèle qu’il expose de manière littéraire. Il s’agit du développement de la théorie de son Directeur de Thèse du nom d’Eli HECKSCHER. Ce modèle retient la rareté (ou l’abondance) relative des ressources productives comme différence entre les nations. Ces deux auteurs remarquent que les pays ont des dotations différentes en facteurs de production. Certains pays ont plus de capital, d’autres ont plus de travailleurs. Pour eux, « les avantages comparatifs sont liés à la relative abondance des différents facteurs de production possédés par les divers pays ». Si les économies se ressemblent parce qu’elles utilisent la même technologie, elles diffèrent parce qu’elles ne disposent pas des mêmes sources productives (les facteurs de production : travail, capital dont la terre cultivable, les ressources naturelles etc.) réparties inégalement au niveau mondial. I.1.3.2. Exposé du modèle HOS Sur base d’un modèle de 2 pays (un pays national X et un pays étranger Y), 2 biens (le bien A et le bien B), utilisant 2 facteurs de production (le capital K et le travail L), Heckscher et Ohlin démontrent que : "Chaque pays est incité à produire et à exporter les biens dont l’élaboration a exigé relativement plus de facteurs abondants, et à importer les produits dont la production domestique aurait nécessité relativement plus de facteurs rares, puisque les facteurs sont relativement moins coûteux dans le pays où ils sont relativement plus abondants"12 Autrement dit, si le bien A nécessite plus de K que de L dans sa production et que B nécessite plus de L que de K, avec K qui est abondant dans le pays X et L abondant dans le pays Y ; le pays X a intérêt à produire et exporter le bien A (abondant en K : moins coûteux) et importera le bien B (rare et donc coûteux pour lui). De l’autre côté, le pays Y devra exporter le bien B nécessitant plus de L dont il dispose en abondance et importera le bien A, nécessitant plus de K rare sur son territoire. Disposer relativement de plus de Capital (K) pour le pays X que pour le pays Y, signifie que le rapport Capital / Travail (ou K/L) du pays X est plus élevé que le rapport K/L du pays Y. On aura donc : Kx/Lx > Ky/Ly. 12 J.L.MUCCHIELLI ET M. SOLLOGOUB ; Op.cit, annexe 3, p 203
  28. 28. 16 « ….Le facteur relativement abondant dans un pays, du fait même de cette abondance, aura un prix relativement peu élevé par rapport au facteur rare. Le prix des produits intensifs dans ce facteur abondant sera, par là même, relativement moins élevé que celui des produits intensifs en facteur rare. Cette différence de prix relatifs fera des produits intensifs en facteur abondant des exportables, et des autres produits des importables.»13 . Plus tard Paul SAMUELSON et (Wolfgang STOLPER) dans Protection and Real Wages (1941) démontrent de façon plutôt mathématique que la rémunération réelle du facteur rare (dans leur exemple, le travail) est plus faible en libre-échange qu’en autarcie. Dans ce même cadre d’analyse, ils démontrent que si on protège par des barrières douanières la production du produit intensif en facteur rare, cela occasionne l’augmentation du revenu relatif de ce facteur rare au détriment du facteur abondant. Ensuite Samuelson complétera cette analyse en 1948 en montrant que le prix des facteurs de production a tendance à s’égaliser d’un pays à l’autre dans sa théorie dite «la loi de l’égalisation des revenus des facteurs» en démontrant que : « lorsque deux pays s’ouvrent au commerce international, si les fonctions de production de chaque bien sont identiques en chaque pays, alors les deux facteurs en chaque pays seront égalisés». Comme le disent J.L MUCCHIELLI et M. SOLLOGOUB, les échanges de produits sont en quelque sorte des substituts aux échanges de facteurs eux-mêmes. C'est-à-dire que plus un produit intensif en facteur abondant est échangé, plus le prix de ce facteur aura tendance à augmenter, car son abondance relative diminuera du fait de la plus grande production du produit. Par contre, l’importation du produit intensif en facteur rare aura pour conséquence d’augmenter l’abondance de ce facteur à travers la croissance de l’offre de ce produit et par là même à en diminuer sa rareté et son prix. On voit donc que, l’échange tend à égaliser les prix de chacun des facteurs de production pour les deux pays ; bien que dans la réalité ces prix ne seront jamais égaux. En résumé, la théorie HOS encourage les PVD à se spécialiser dans la production des biens utilisant surtout la main d’œuvre ; et les pays développés dans celle nécessitant plus de capital. Ce modèle semble plus pertinent et diffère de celui des avantages comparatifs. Ainsi, « les pays en voie de développement riches en main d'œuvre ont intérêt à développer des activités dont la production exige une forte utilisation de facteur travail, s'ils veulent se faire une place dans le commerce international. Ohlin résume cette proposition de la manière suivante: « l'échange international est un échange de facteurs 13 Ibid., p.17.
  29. 29. 17 abondants contre des facteurs rares: un pays exporte les biens dont la production exige une grande quantité de facteur qu'il possède en abondance »14 . Jusqu’ici, tous les auteurs apprécient le libre-échange. Toutefois, il y a certains auteurs de cette époque qui ne l’apprécie pas totalement, comme F. List et sa théorie protectionniste. I.1.4.1. Friedrich List et sa théorie protectionniste. F. LIST (1844) dans « Le système national d’économie politique », prend en compte, dans son analyse, l’inégalité de développement des différentes nations. Il est beaucoup connu pour son concept de «protectionnisme-éducateur». Les auteurs comme G. de BERNIS15 le qualifiant de «théoricien du développement» du fait qu’il développe une théorie visant à protéger les industries dans l’enfance. Pour LIST, les nations les plus avancées cherchent à maintenir leurs avantages en entravant, par le biais de diverses mesures, le développement des concurrents potentiels. Il propose une forme de protectionnisme au PVD au niveau des douanes arguant que : la protection douanière est une voie que tout PVD doit emprunter pour atteindre, le libre- échange. Il ne refuse pas le libre-échange, mais il ne l’accepte que quand les nations ont approximativement atteint le même niveau de développement économique. De ce fait, le protectionnisme de List est une sorte de barrière temporaire qui protège les «industries- enfants» ou« naissantes» dans les pays moins développés. Cette protection doit être d’intensité décroissante et combler un retard. En d’autres termes, on ne pourra supprimer les barrières que lorsque l’industrie locale se sera suffisamment développée. Dans sa théorie, la première étape de développement d’un pays est l’industrialisation et il faut bien créer les conditions du fonctionnement des premières industries, ce qui n’est pas toujours le cas. La stratégie de développement de F. List repose principalement sur deux notions : la notion des forces productives et la Nation. 14 René SANDRETTO ; Le commerce international, Armand Colin, Paris, l989, p73. 15 A. Meyer, Un économiste du développement au XIXe siècle : F. List, s. l. 1982 (préface de G. de Bernis, p. 3).
  30. 30. 18 1° Les forces productives : Par forces productives, List entend : - Les ressources naturelles comme les potentialités de l’Agriculture, les possibilités d’exportation des matières premières au début de l’industrialisation et l’approvisionnement de l’industrie locale. - Les forces de travail (le facteur-travail) avec leur degré de formation technique et professionnelle, et leur esprit d’entreprise ou d’organisation, etc. - Un ensemble de facteurs liés à l’organisation sociale, aux institutions, aux coutumes, etc. c'est-à-dire tout ce qui peut freiner ou augmenter le développement des forces matérielles de la production, entre autres, la recherche, l’éducation, les infrastructures de transport, l’administration,... C’est à dire des facteurs produisant la richesse à long terme. 2° La Nation: Pour lui, le développement des forces productives ne peut se faire que dans le cadre d’une «Nation». Il faut également que la nation soit indépendante pour que son secteur industriel puisse se développer. Il apparait ici comme défenseur d’«un système productif national». C’est à dire un système où les branches particulières de l’industrie sont étroitement solidaires, où le perfectionnement de l’une prépare et encourage le perfectionnement de toutes les autres. Selon List, les nations se développent en respectant quatre grandes étapes16 : Dans un premier temps, l’agriculture est le cœur de l’économie, et les produits industriels sont importés. Par la suite, l’industrie commence et tend à se développer mais ne répond que partiellement à la demande nationale, il faut donc continuer d’importer. La troisième étape est celle de l’autosuffisance : le pays peut répondre à l’ensemble des besoins de ses consommateurs et n’a plus besoin d’importer. Enfin, la dernière étape est celle de l’exportation : l’industrie nationale produit suffisamment pour répondre à la demande intérieure, mais aussi pour exporter. Ainsi, pour un pays n’étant pas au premier stade, List lui propose dans ce cas un protectionnisme temporaire et partiel : 16 Friedrich LIST ;Le Système National d’Economie Politique, édition française de 1857, Gallimard, Paris, 1998 (rééd.) Source : Internet : Friedrich List _ Ministère de l'Economie et des Finances.html. (Site du Ministère français de l’économie et des finances).
  31. 31. 19 - Il est partiel parce que les taxes à l’importation ne frapperont ni les matières premières, ni les produits agricoles. Lorsque la production nationale est en position de lutter contre la concurrence étrangère, les protections douanières doivent disparaître. - Il est temporaire, puisqu’à l’abri des barrières douanières, les producteurs risquent de négliger les découvertes et la recherche scientifique. Même si le protectionnisme serait une nécessité pour implanter des manufactures, il peut devenir une entrave à leur épanouissement à partir d’un certain niveau de développement en bloquant leur ouverture sur le monde extérieur. List apparait ainsi à la fois comme un protectionniste (éducateur), et un libre-échangiste (lorsque le pays est développé). Bien que la théorie économique ne le retienne pas comme un grand théoricien, son analyse a inspiré fortement les gouvernements allemands, chinois, japonais, et américains dans la période d’avant la 2ième guerre mondiale. Même actuellement, beaucoup de pays protègent leurs industries de la concurrence étrangère. Depuis les années 1945, un autre courant vient remplacer les théories traditionnelles, il s’agit de la nouvelle théorie du commerce international. I.2. Théories contemporaines de l'échange international I.2.1. La théorie Linderienne ou la loi des avantages comparatifs La loi des avantages comparatifs de Ricardo comme les principales théories de l'échange international qui l'ont suivie, notamment le théorème de HOS, sont fondées sur des analyses des capacités de production, c'est-à-dire de l'offre. Stefan Burestam Linder dans « Théories contemporaines de l'échange international » présente quant à lui une nouvelle explication de l'échange international dans laquelle la demande joue un rôle prépondérant. Selon B. Linder, « un industriel n'entreprend une production que pour répondre à des besoins économiques clairement discernables ». Or, il est vraisemblable qu'il s'apercevra de l'existence de tels besoins dans son pays plutôt qu'à l'étranger. Par conséquent, il va orienter sa production vers le marché domestique et ce n'est que quand celui-ci tendra à
  32. 32. 20 se saturer qu'il va chercher de nouveaux débouchés»17 . Linder note à ce propos que « quelle que soit la part d'une production consacrée à l'exportation, celle-ci est la fin et non le commencement d'un sentier d'expansion typique du marché. Le marché international n'est rien d'autre qu'une extension au-delà des frontières nationales de la propre activité économique d'un pays »18 Le marché domestique apparaît donc comme un banc d'essai des innovations qui, en cas de succès, peuvent être ensuite exportées. Linder fait remarquer que même dans l'hypothèse où un industriel voudrait répondre en priorité à un besoin extérieur, il y aurait peu de chances qu'il puisse concevoir le produit correspondant exactement au besoin ressenti par le consommateur étranger. Du reste en serait-il capable que sa méconnaissance des conditions du marché étranger lui rendrait difficile la commercialisation de ce produit. Linder précise toutefois que sa thèse ne s'applique qu'aux échanges de biens manufacturés, les échanges de produits primaires pouvant être expliqués par des dotations différentes en facteurs de production. Il est de fait qu'au moins en ce qui concerne les produits primaires exportés par les pays en développement, le rôle du support de la demande domestique paraît en général négligeable. Pourtant, la théorie énoncée par Linder semble pouvoir être étendue, dans une certaine mesure, à l’ensemble des échanges internationaux à condition d'introduire le paradoxe suivant : en réalité, le plus souvent, les exportations des pays en développement ont été entreprises par les firmes étrangères et sont encore, le fait d'entreprises multinationales, aujourd'hui ; Or, la production de ces firmes visait bien à répondre à la demande domestique. Seulement, il ne s'agissait que de la demande domestique du pays d'accueil (pays étranger pour la firme) mais du pays d'origine de celle-ci. Dans un second temps, l'entreprise envisagée pourra, conformément au principe linderien, exporter les surplus vers d'autres pays et, éventuellement vers le pays en développement sur le territoire duquel la firme s'est implantée. Pour Linder, plus les pays sont semblables, c'est-à-dire plus ils sont également développés, et plus la gamme des produits exportables est identique ou incluse dans la gamme des produits importables. Les échanges s'effectuent donc entre pays semblables (économiquement et pour des produits comparables ou proches). Leur proximité en 17 Stefan Burestam LINDER ; Théories contemporaines de l'échange international, in Les cahiers français n° 229, Janv/févr. 1987 18 Ibid.
  33. 33. 21 termes de développement va accroitre leur demande réciproque des qualités comparables de produits différenciés. La théorie de Linder sera plus tard confirmer par les auteurs de la nouvelle théorie du Commerce International comme P. KRUGMAN19 (principal auteur de ce nouveau courant). Ainsi, l’analyse des demandes nationales ("demandes représentatives" de Linder) permet de prévoir les spécialisations optimales de chaque nation et d'adapter par voie de conséquence les politiques économiques. I.2.2. La théorie du développement en vol d'oies sauvages C’est vers les années 1930 que l’économiste japonais Kaname AKAMATSU (1896- 1974), étudiant plus particulièrement le développement de son pays, a utilisé l’Image du vol d’oies sauvages pour illustrer le processus de développement industriel que permet l’interaction entre un pays en développement et des pays plus avancés. Pour lui, « L’évolution dans le temps des importations, de la production nationale puis des exportations d’un pays en phase de rattrapage économique évoque en effet un vol d’oies sauvage, en V inversé »20 . Cette théorie apparaît, dans une certaine mesure, comme une théorie de croissance économique adaptée à des Pays en Voie de Développement (PVD). Pour K. AKAMATSU, la croissance économique d’un PVD est subdivisée en quatre temps : Dans un premier temps, le PVD n'exporte que des matières premières. La demande intérieure de produits manufacturés ne peut être satisfaite que par des importations en provenance des pays développés. A ce stade, le PVD développe essentiellement ses échanges, non avec ses voisins dont les structures économiques sont généralement semblables aux siennes, mais avec des pays développés qui ont des structures économiques très différentes. Dans un deuxième temps, la croissance de la demande domestique permet de rentabiliser la fabrication sur place des produits de consommation manufacturés. Pour ces produits, la production nationale tend progressivement à se substituer aux importations dont la régression peut, éventuellement, être encouragée par des mesures protectionnistes. En 19 KRUGMAN Paul & OBSTFELD Maurice ; Economie Internationale, 4ième éd., De Boeck, Bruxelles, 2003. 20 Source :http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/06/21/kaname-akamatsu-et-le-vol-d-oies-sauvage-par- pierre-jacquet1376018_3234.html (article du journal le monde parue le 21/06/2010, consulté le 17/7/ 2013).
  34. 34. 22 revanche, les importations des biens d'équipement se développent car elles sont rendues nécessaires par le développement des industries locales de consommation. Dans un troisième temps, l’industrie locale devient une force exportatrice, sa production s’homogénéise avec celle des pays industrialisés. Les producteurs locaux s'attaquent aux marchés des pays voisins. En même temps, les importations de matières premières en provenance de pays moins développés augmentent. On constate donc une expansion des échanges entre PVD. Enfin, dans un quatrième temps, on remarque un déclin de l’exportation des biens de consommation qui sont produits par les pays moins avancés, le PVD commence à exporter des biens d’équipement et devient une force dans la concurrence internationale. C’est sur ce modèle que les « 4 dragons » d’Asies (Singapour, Corée du Sud, Hong Kong et Taiwan ont entamé leur industrialisation dans les années 1960. Ainsi, ce modèle montre comment un PVD parvient à développer son économie, en exploitant et en transformant ses avantages comparatifs ; ce qui lui permet de réaliser une transition entre des activités intensives en main d’œuvre et d’autres plus intensives en capital. Dans le même sens que K. AKAMATSU, d’autres théories économiques mettent en évidence le choix de la politique industrielle comme outil efficace dans le processus de développement économique de toute nation, région ou continent. C’est ce que nous allons voir dans le point qui suit. I.2.3. La Politique industrielle, outil efficace de promotion des exportations La politique industrielle ou tout simplement l'industrialisation est définie comme « la structuration de tout un ensemble économique par l'emploi de système de machines dans le dessein et avec l'effet d'augmenter cumulativement, et à un coût décroissant en effort individuel, le pouvoir qu'a un groupe humain d'obtenir les objets qui lui sont bénéfiques »21 . C'est-à-dire qu’elle est censée procurer aux nations la prospérité et la puissance économique. C’est pour cette raison que les PVD plus précisément les « Pays du Tiers monde » ou « Pays Sous-développés», ont placé beaucoup d’espoir dans l’industrialisation comme l’une des stratégies de développement qui contribuerait ainsi à leur croissance économique et à leur intégration dans le commerce international. 21 F. Perroux ; L'économie des jeunes nations, PUF, Paris, 1962, p.21.
  35. 35. 23 Etant donné que « sous-développement est synonyme de retard », la plupart des PVD ont essayé de mettre en œuvre des politiques de rattrapage appelées "politiques industrielles, stratégies commerciales, ou stratégies industrielles". Historiquement, les différentes politiques industrielles adoptées par certains pays ont fait l’objet de nombreuses controverses et ont occasionné des résultats distincts selon le modèle d’industrialisation. Pour certains pays, le type d’industrialisation adopté les a conduit à une croissance économique phénoménale et ont rattrapé le retard de développement et exportent actuellement des produits manufacturés dans les Pays occidentaux. C’est le cas des Nouveaux Pays Industrialisés d’Asie et certains pays d’Amérique Latine. Pour d’autres, le type d’industrialisation qu’ils ont adopté ne les a pas conduits à une croissance économique bien que le nombre d’industries sur leur territoire ait augmentée. L’histoire économique distingue trois types d’industrialisation : - l’Industrialisation par Substitution des Importations (ISI), - l’Industrialisation par les Industries Industrialisantes (III), - l’Industrialisation par Substitution des Exportations (ISE). I.2.3.1.L’Industrialisation par Substitution des Importations(ISI) L’ISI est une stratégie qui consiste à remplacer progressivement les produits importés par leur production au niveau local. D’une façon globale, cette stratégie vise à accélérer le développement des pays en développement par la réduction de leur dépendance vis-à-vis des produits manufacturés provenant des pays industrialisés en orientant les investissements dans la production au niveau local des produits habituellement importés. L’ISI comporte deux phases principales : 22 La première phase consiste au développement des industries de biens de consommation entres autres les industries agro-alimentaires, les industries textiles, ainsi que toutes les industries qui nécessitent des techniques aisément accessibles aux PVD et qui peuvent 22 Source: http://conte.u-bordeaux4.fr/enseig/lic-ecod/docs_pdf/stratindus.htm(Site de l’Université de bordeaux, consulté le 20/06/2014).
  36. 36. 24 trouver des clients sur le marché local. Dans cette phase, l’Etat joue le rôle protecteur en instaurant des barrières à l’entrée pour protéger ces industries naissantes, tel que F. LIST l’a présenté. La deuxième phase, consiste soit à s’orienter vers l’exportation du surplus, soit à poursuivre le processus de substitution, en développant cette fois-ci, les industries des biens intermédiaires, les biens d’équipement et biens de consommation qui nécessitent une intensité capitalistique et l’échelle de production plus élevée. Pour Dani Rodrik (1997), l'ISI a donné de bons résultats sur une période d'environ 20 ans. Elle a entraîné un accroissement des taux d'investissement et conduit à une croissance économique sans précédent en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et même dans certains pays d'Afrique subsaharienne. " Sur la période 1960- 1975 plus de cinquante pays ont enregistré une croissance de 3% par an du PNB par habitant ou plus. Cette liste inclut les Tigres d'Asie de l'Est mais également dix pays en Amérique centrale et du Sud (Barbade, Brésil, Panama, Equateur, République Dominicaine, Mexique, Jamaïque, Bolivie, Nicaragua, Costa Rica), sept au Moyen Orient et en Afrique du Nord (Syrie, Israël, Iran, Maroc, Tunisie, Turquie, Egypte), et même neuf en Afrique sub-saharienne (Gabon, Botswana, Lesotho, Swaziland, Nigeria, Togo, Afrique du Sud, Tanzanie, Cote d'Ivoire). Le pays ayant connu la plus forte croissance avant 1975 n'était pas Singapour ou la Corée du Sud, mais le Gabon. Le taux de croissance du Botswana sur la période 1960-1975 était plus élevé que celui de Hong Kong et Taiwan "23 Cependant, les pays ayant utilisés l’ISI n’ont pas pu profiter à long terme de cette stratégie. Pour les néoclassiques, l'ISI a engendré un secteur industriel inefficace caractérisé par une faible productivité, des coûts élevés, une faible utilisation des capacités de production, une création insuffisante d'emploi, etc. Par exemple, surtout dans la deuxième phase du processus d'ISI, les pays ont adopté des techniques de production capitalistiques grâce à la surévaluation du taux de change qui facilitait l'importation de biens d'équipement et grâce à des taux d'intérêt réels faibles, voire négatifs. Par après, l’importation des produits d’équipement s’est avérée croissante ; ce qui s’est traduit par un déséquilibre de la balance des paiements et une dépendance extérieure accrue. L’autre problème qui s’est manifesté est que les industries de substitution étaient coûteuses et peu compétitives. Le fait qu’elles soient protégées de la concurrence 23 D. RODRIK; Has globalization Gone Too Far? Institute for International Economics, Washington D.C, 1997, pp 3-4.
  37. 37. 25 étrangère en tant qu’industries naissantes a fait qu’ils maintiennent des prix supérieurs aux prix mondiaux (perte de la compétitivité mondiale). En multipliant leurs interventions, les Etats ont aggravé les déficits publics. Ainsi, malgré l’industrialisation qu’a permis le processus d’ISI, les résultats qu’il a occasionné sont différents des attentes des pays qui l’ont adopté. La seconde méthode que nous allons voir semble être le contraire de la première. I.2.3.2. L’Industrialisation par les Industries Industrialisantes (III) L’auteur de ce concept est G. Destanne de Bernis. Pour lui, l’III consiste à accorder une priorité au développement des industries ayant des effets d’entrainement sur les autres afin d’aboutir à terme à l’autonomie du pays. Il s’agit des industries lourdes. L’III repose sur l’idée que « pour maximiser son taux de croissance, une économie doit, non seulement épargner davantage, mais aussi produire elle-même les biens d’investissement nécessaires »24 . Cette stratégie semble privilégier l’investissement par rapport à la consommation. Plus on investit dans les industries des biens de consommation, plus la production des biens de consommation pourra être élevée dans le futur. Selon G. de BERNIS, les branches les plus industrialisantes qu’on doit commencer à développer sont les branches qui donnent aux autres le capital technique comme la sidérurgie, la métallurgie, les constructions électriques, la chimie minérale (soufre, engrais) et la chimie organique (caoutchouc, plastiques). Concernant le secteur énergétique, en tant que fournisseur à la pétrochimie et aux industries grosses consommatrices d'énergie ou en tant que client des forages et des tuberies, il suscite des innovations puisqu’il abaisse le coût des autres industries quand l'énergie est vendue en dessous des cours mondiaux. G. de BERNIS souligne également le rôle de l’agriculture. Ce secteur joue un double rôle. D'une part, il doit fournir de la main d'œuvre au secteur industriel ainsi que des subsistances. D'autre part, par la modernisation des techniques culturales (mécanisation), elle doit servir de marché à l'industrie qui à son tour doit fournir des biens d'équipement, des services de base (électricité, irrigation) et des produits chimiques (engrais, pesticides…). Ainsi, les industries lourdes industrialisent l'agriculture en augmentant sa productivité et l'agriculture accroît son surplus permettant à ces industries de se 24 Source: http://conte.u-bordeaux4.fr, Op.cit.
  38. 38. 26 reproduire de façon élargie pour industrialiser encore plus l'agriculture et construire d'autres industries. Les résultats de l’III sont contraires aux attentes de l’Auteur. Le cas le plus donné est celui de l’Algérie qui a adopté cette politique et qui s’est retrouvée doublement dépendante de l’extérieur (dépendance technologique et financière). En effet, l’investissement dans les industries lourdes nécessite un grand capital et une technologie avancé que l’Algérie ne pouvait pas avoir la veille de son indépendance (1962) sans recourir à la dette extérieure. En plus, le secteur industriel n'a pas créé suffisamment d'emploi pour absorber la main d'œuvre disponible, aggravant ainsi le chômage et l'émigration. Par ailleurs, le marché algérien caractérisé par son étroitesse et le faible pouvoir d’achat de la population, n'a pu absorber qu'une faible part des biens intermédiaires produits, l'écoulement du reste de la production devant s'opérer à l'exportation à des prix peu rémunérateurs. En exportant, les entreprises algériennes ont été confrontées à un problème de taille. Les prix des produits algériens étaient supérieurs aux prix mondiaux. « Les coûts de production se sont maintenus à un niveau élevé en raison de la faible dimension (au niveau international) des unités de distribution ainsi qu'à la faible utilisation effective des capacités de production. Ainsi des prix internes généralement supérieurs aux prix mondiaux ont constitué un handicap pour les entreprises clientes des autres secteurs. Parfois, des prix administrés fixés très bas ont engendré des déficits profonds pour certaines entreprises et ont initié un processus de subventionnement permanent de la part de l’Etat. Avec ce subventionnement, ces entreprises n’ont pas pu innover, étant à l’abri de la concurrence ; d’où l’échec de l’III. Ainsi l’III, bien qu’elle ait permis à l’Algérie à s’industrialiser, elle n’a pas conduit ce pays à une croissance qu’elle attendait. L’autre stratégie que nous allons voir est beaucoup suggéré par de nombreux économistes pour des PVD, du fait du résultat qu’elle a occasionné. I.2.3.3. L’Industrialisation par Substitution des Exportations(ISE) Egalement appelée industrialisation par promotion des exportations, l’ISE est une stratégie qui vise à accroître la production nationale en remplaçant les exportations traditionnelles par de nouvelles et en profitant des avantages comparatifs, entre autres : le faible coût de la main d’œuvre, l’exploitation et la valorisation progressive des matières premières et surtout en exportant sur le marché international des produits finis. Cette stratégie comporte deux étapes principales :
  39. 39. 27 1°) Dans un premier temps, le pays (en voie de développement) utilise sa main d’œuvre bon marché pour produire et exporter des produits finis à faible valeur ajoutée comme les produits textiles, agro-alimentaires, et autres ne nécessitant pas de gros investissements et pouvant trouver un marché d’écoulement à l’extérieur à bas prix. 2°) Par la suite, après s’être équipé des industries à basse consommation, le pays entreprend une deuxième phase de diversification par branche et une remontée en filière vers la production des biens à plus forte valeur ajoutée en l’occurrence, les biens de consommation durables, les biens intermédiaires, les biens d’équipement et autres. L’ISE est une stratégie prônée par les néoclassiques. Elle semble performante dans toutes les formes d’industrialisation à cause des résultats qu’elle a engendrés. Le cas le plus cité est celui des NPI d’Asie appelés également les tigres d’Asie de l’Est. Selon les néoclassiques, l’ISE présente de nombreux avantages par rapport à l’ISI25 : (i) une production à moindre coût par rapport à une industrie protégée, (ii) des gains en devises supérieurs à ceux procurés par la réduction des importations (iii), des produits importés à moindre coût, (iii) un accès au marché mondial permettant au pays d’étendre sa production nationale et génère des économies d’échelle, des effets d’apprentissage et une compétitivité accrue. Selon ces mêmes promoteurs, l’ISE offre un environnement favorable aux investisseurs étrangers. En témoigne les flux des IDE qui se sont orientés vers les pays asiatiques et d’autre pays en développement ayant pratiqué cette stratégie comme l’Ile Maurice. Pour les néoclassiques, la mise en œuvre de l’ISE nécessite plusieurs mesures d’accompagnement comme la libéralisation du commerce extérieur (le libre-échange et suppression des barrières tarifaires et non tarifaires), un code des investissements attractifs pour les firmes étrangères, une politique de change active, bref un environnement propice des affaires. Pour Bradford (1993), le dynamisme des pays ayant utilisé l’ISE est fondé sur la libéralisation du commerce et la réforme des taux de change. Pour Rodrik (1997), l'ouverture et les mécanismes du marché seraient à l'origine des miracles asiatiques. « En effet, les NPI n'ont pas fondé leur industrialisation sur l'invention et l'innovation technologique (comme les pays occidentaux), mais sur l'apprentissage impliquant une intervention soutenue de l'Etat. De plus, En Corée du Sud et à Taïwan, l'intervention de l'Etat est fondé, non sur une action passive de résolution des dysfonctionnements du marché, mais sur une stratégie active de fixer incorrectement 25 Source: http://conte.u-bordeaux4.fr , Op.cit.
  40. 40. 28 les prix (to get prices wrong) ; c'est-à-dire, sur une politique dirigée à dénaturer délibérément les prix afin de stimuler l'investissement et le commerce extérieur »26 Toutefois, les NPI ont profité d'un contexte géopolitique favorable : les pays occidentaux qui souhaitaient absolument que ces pays enregistrent une croissance de leur niveau de développement afin d'éviter qu'ils ne basculent vers le bloc communiste, leur ont fourni une aide conséquente et ont ouvert leur marché aux exportations en provenance des dits pays. Ainsi, les stratégies d’industrialisation diffèrent par le degré d’ouverture ou de protection du marché interne, ainsi que le rôle de l’Etat dans leur mise en application pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixé. Il existe une autre stratégie qui est beaucoup utilisée en matière d’industrialisation et de promotion des exportations. Il s’agit de la création des zones franches. C’est ce que nous allons voir dans le point suivant. I.2.3.4. La zone franche, outil de promotion des exportations D’une façon générale, on peut définir la zone franche comme un espace géographiquement délimité, au sein de laquelle s’exercent des activités industrielles et / ou commerciales (biens ou services) qui bénéficient d’un régime particulier en matière de fiscalité. La zone franche peut prendre plusieurs formes et plusieurs noms selon le domaine d’activité ainsi que les objectifs poursuivis. On distingue par exemple des "zones franches commerciales", "zones d’entreprises" ou "zones franches bancaires". Mais, celles qui nous intéressent sont les « Zones Franches Industrielles d’Exportation » ou « zone franche de transformation pour l’exportation ». Elle correspond à la forme la plus adaptée pour les PVD. Selon l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), une Zone Franche Industrielle d’Exportation (ZFIE) est une : « Aire délimitée administrativement, parfois géographiquement soumise à un régime douanier autorisant la libre importation des équipements et autres produits en vue de la production des biens destinés à l’exportation. Ce régime s’accompagne généralement de dispositions 26 A.H.AMSDEN; A theory of government intervention in late industrialization, p53. (cité par L. Putterman, D.RUESCHEMEYER; States and markets in development, synergy or rivalry? , Boulder: Lynne Rienner, pp53-84.)
  41. 41. 29 législatives de faveur, notamment fiscales, qui constituent autant d’incitations à l’investissement étranger »27 Dans certains PVD, outre les privilèges douaniers, les ZFIE offrent d’autres avantages tels que « les subventions à l’investissement, des congés fiscaux prolongés, la possibilité de rapatrier tous les profits, des allègements des formalités réglementaires, de l’aide à la main-d’œuvre ainsi que des lois sur la prévention des grèves »28 . Pour F. BEAUREGARD (2003), la ZFIE a pour principaux objectifs : la promotion de l’emploi dans le pays hôte, l’obtention de revenus en devises, le transfert de technologie de pointes et de connaissances de gestion moderne, la croissance de l’industrie manufacturière et le développement économique. A cela, ajoutons qu’une ZFIE favorise à long terme la réalisation d’économies d’échelles au niveau des unités de production, stimule le commerce orienté vers l’extérieur et constitue l’un des éléments essentiels pour attirer les Investissements Directs Etrangers (IDE). Dans certains pays, la création de ZFIE permet, de répondre à un certain nombre de besoins plus spécifiques tels que « un développement régional équilibré, une utilisation accrue des richesses et productions nationales (matières premières, composants, produits semi-manufacturiers, etc.) »29 . Historiquement, la ZFIE a été créée pour la première fois en Irlande, à Shannon en 1959. « Très modeste au début, elle s’est transformée en un complexe industriel groupant en 1984 une centaine d’entreprises employant 5.000 personnes dont les recettes d’exportation dépassent 200 millions de dollars par an. On lui attribue d’être à l’origine du développement réussi, pendant toute la décennie des années 1960, du secteur industriel de l’Irlande travaillant pour l’exportation »30 . Cette expérience a beaucoup inspiré certains PVD, qui ont de leur côté implanté plusieurs ZFIE. « …on en compte 8 en 1970, installées en Inde, à Taiwan, aux Philippines, en République Dominicaine, au Mexique, au Panama et au Brésil. Leur nombre dépassait 60 en 1980. En 1993, elles sont plus d’une centaine dispersées dans plus d’une trentaine de pays ; la plupart se situant 27 P. LOROT et T. SCHWOB, Les zones franches dans le monde, Notes et études documentaires (La documentation Française), n°4829,1987 cité par F. BEAUREGARD, Les zones franches et le développement régional, Bibliothèque du Parlement Canadien, Ottawa (Ontario), 2003, p3. 28 Frédéric BEAUREGARD-TELLIER, op.cit. p5. 29 B.M. IMAMO ;L’impact de la Zone franche Industrielle d’exportation Mauricienne sur l’emploi et sur le Produit Intérieur Brut, Université de Moncton, Moncton, 1997, p20. 30 UNCTAD; Export processing zones in development countries, UNCTAD, Genève, 1985. p.1
  42. 42. 30 en Asie et en Amérique latine »31 . D’après l’auteur, ces ZFIE ont connu des succès surtout en Asie et en Amérique Latine. Cependant, la majorité des ZFIE créées en Afrique n’ont pas connu de succès. Le seul cas ayant le plus réussi, depuis les années 1980, est celui de l’Ile Maurice, qui a opté pour le système d’ISE en créant des ZFIE. D’après J-F NTOUTOUME-EMANE (1989), les facteurs ayant empêché le développement des ZFIE en Afrique sont dus à l’environnement sociopolitique qui y règne. Pour lui, ces facteurs sont: « l’instabilité des régimes politiques et la précarité des institutions, ainsi que pour la plupart des pays, l'absence d'une stratégie de développement claire et volontariste, les interférences de l'administration et du pouvoir dans la vie économique, le poids de la bureaucratie et surtout le défaut de capacité entrepreneuriale et les carences d'un secteur industriel organisé »32 . Ainsi, la création d’une ZFIE apparaît comme un des outils efficaces de promotion des exportations d’un PVD, mais elle nécessite une réflexion poussée dans sa création. Conclusion du 1er chapitre En synthèse les différentes idées justifiant le "pourquoi " du commerce international avancé par les économistes appartenant, d’un côté au courant traditionnel et de l’autre au courant moderne Smith, Ricardo, et les auteurs du courant HOS nous ont montré que les pays participent au commerce international, parce qu’ils sont différents économiquement et qu’ils sont dotés différemment en facteurs. Avec Linder, nous avons vu que le commerce international se développe entre pays ayant des dotations factorielles semblables. Au moment où le libre-échange semble être une solution optimale pour le développement des échanges entre les nations, List nous a montré qu’il est impératif de se protéger partiellement de la concurrence extérieure, pour s’équiper en industries et ensuite s’ouvrir au monde extérieur. A la question de savoir les moyens utilisés pour promouvoir le commerce international, nous avons vu que l’industrialisation est l’objectif ultime de toutes les nations mais que les stratégies utilisées diffèrent de par leurs objectifs, leur mise en œuvre et leurs résultats. En définitive, nous avons montré que la création d’une Zone Franche Industrielle d’Exportation peut, sous certaines conditions, aider à promouvoir les exportations. 31 J-M. BURGAUD; Les zones franches industrielles dans le monde, Problèmes économiques, 1993 no 2355, pp 16- 22. 32 B.M. IMAMO, Op.cit, p14.
  43. 43. 31 CHAPITRE II : LE BURUNDI DANS LE COMMERCE EXTERIEUR : UNE ANALYSE BASEE SUR LES EXPORTATIONS BURUNDAISES ET LEUR EVOLUTION Le Burundi est un pays enclavé d’Afrique situé dans la région des Grands Lacs. Il est entouré par la RDC à l’ouest, le Rwanda au nord et la Tanzanie à l’est et au sud. Jouissant d’un climat tropical, il est riverain du lac Tanganyika et possède plusieurs rivières. Selon le recensement de 2008, la population burundaise s’élevait à 8.053.574 habitants, répartie sur 27.834 km², soit une densité moyenne de 334 habitants au km². Seulement10,9% de la population est urbaine, le reste vivant à la campagne. « Le taux de croissance moyen de la population burundaise est de 2,4% par an… Ce taux de croissance résulte de la combinaison de deux facteurs : un niveau de fécondité extrêmement élevé (en moyenne 6 enfants par femme) et un niveau de mortalité également élevé (15‰) »33 . En dépit de son enclavement, le Burundi est un carrefour entre les régions australes, orientales et centrales de l’Afrique, une situation géographique qui lui offre l’opportunité de devenir une plaque tournante et un point de relais. C’est dans cette optique qu’il a entrepris le processus d’ouverture de son économie, en intégrant les ensembles économiques régionaux et sous régionaux comme l’EAC, le COMESA et la CEEAC. « La libéralisation du commerce et l'intégration à l'économie régionale et mondiale font partie de la stratégie nationale de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté du Burundi (CSLP II) »34 . Pays post-conflits, le Burundi est confronté à de multiples contraintes résultant des effets négatifs de la crise sociopolitique qu’il a vécue au début des années 1990 et de la faible diversification de l’économie. Il en résulte une grande vulnérabilité de son économie face aux chocs internes et externes accentués par la faiblesse de son commerce extérieur. Cette situation traduit également la fragilité du tissu productif caractérisé à la fois par la prédominance du secteur primaire et par le faible niveau du développement du secteur privé. 33 CSLP II, Op.cit , p10. 34 OMC; Examen des politiques commerciale de l’EAC, OMC, Genève 2012, pA1-80. (Rapport du secrétariat de l’OMC sur le Burundi).
  44. 44. 32 En 2012 « le taux de croissance de l’économie du Burundi est de 4,2%, le taux d’inflation annuel de 6,4%, le solde de la balance courante (-6,2%), le déficit budgétaire (-5%), le taux de couverture des exportations (3,5 mois) et le taux d’épargne brute (21,24% du PNB), sont en nette amélioration en 2012 »35 . D'autres indicateurs économiques tels que la sécurité alimentaire, l'accès à la santé et le développement des infrastructures restent très faibles. Le rapport de la BRB (2012) montre une augmentation d'environ 4% du PIB par an entre 2006 et 2012. Les explications que ce rapport donne, sont entre autre la stabilité politique et la fin de la guerre civile, plus une augmentation de l'aide étrangère et l'activité économique qui auraient amélioré l'économie nationale. Mais fort est de constater que le Burundi enregistre toujours des taux élevés de pauvreté. Les indicateurs de l'éducation sont faibles, le système juridique reste inefficace, le réseau de transport est peu développé, les services publics sont surchargés etc. Tout ceci augmente le risque de saper les réformes économiques prévues. Le pouvoir d'achat de la plupart des Burundais a diminué parce que les augmentations de salaires n'ont pas suivi l'inflation galopante de la monnaie burundaise. Le Burundi reste fortement dépendant de l'aide des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. D’après le rapport annuel de la BRB de 2011, l'aide étrangère représente 42% du revenu national brut du Burundi en 2011. Ainsi, le Burundi doit relever un bon nombre de défis afin de promouvoir son développement économique, parmi ceux-là, figure la promotion des exportations. Au cours de ce chapitre, nous allons d’abord faire une brève aperçue de la situation économique, suivi d’un survol du commerce extérieur en général. En troisième lieu, nous allons analyser d’une façon détaillée la structure des exportations burundaises en suivant leur évolution au cours de notre période d’analyse. En quatrième lieu, nous allons observer leur orientation géographique ; et en définitif, nous pencher sur la participation du Burundi dans le commerce intra-EAC avant de conclure. 35 MPACEA & PNUD ; Analyse stratégique de la participation du Burundi dans différents cadres d’intégration régionale : Défis et opportunités, Bujumbura, 2012, p9 (Rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement-PNUD à la requête du Ministère des Affaires EAC).

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