Université Charles-de-Gaulle – Lille III
DESS Asie du Sud-Est: Consultation, Coopération et Développement Économique (2000...
SOMMAIRE
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE
DESCRIPTIONDU MYTHE
L'ASIE D'AVANT...
LE MODELE ET SESMECANIQTJES
DET]XIEMEPARTIE
LE...
INTRODLICTION
A
Après plusde deuxdécenniesde fortecroissance,leséconomiesdynamiquesd'Asie
traversentà partirde l'été 1997u...
Lesnouveauxdragonsentrentalorsdansunedansemacabremonétairepuisboursièrequi les
obligeraa dévaluerà leurtour leursmonnaiesn...
oAsiatismeoet mondialisme? - globalisationou bipolarité?
Afin d'illustrercesconcepts,j'ai souhaitéarticulercetravailautour...
PREMIERE PARTIE
DESCRIPTIONDIJMYTHE
L'ASIED'AVANT
L" monde des années 1990 s'est afIàiré vers un continent qui lui semblai...
Tou, semblaientavoirévitélesproblèrnesauxquelsfont habituellernentfacelespays
en voie de développement.Ils avaientréussià ...
Grâce à des rnarchésintérieursprotégéssouventirnpénétrables,les pays asiatrquesont
bénéticiéd'un protectionnismefbrt donto...
Ces taux d'épargneconstituentune des sourcesles plus irnportantesde flnancementpour
l'économie, et plus particulièrementpo...
En 5 ansla rnajoritédespaysasiatiquesvoientleursprêtsendevisesdoublerpourreprésenter
jusqu'à 15%du total de leursengagemen...
développementsmutuels.Lesbiensd'équipementet de consommationsontalorsproduitsen
masse sur une échelle exponentiellegrâce à...
DETIXIEMEPARTIE
LES CATISESDE LA CRISE
I
Les interprétationsdivergentsur la causede l'effondrementde ces économtes:
certai...
organismesont péchépar manquede transparence,mais aussipar excèsde confianceenvers
certainsclientsdouteux.
Pourla rnaiorit...
I -l Mégalomanieet surcapacitésindustrielles
Le surinvestissementn'a paspourseuleconséquencele gonflementdesbullesimrnobil...
Dans un systèmede changefixe, la mécaniqueest implacableet oblige les ar"rtorités
monétaires à créer artificiellernent de ...
3-l Le rôledesbanquesdanslescontrôlesinternes
L'expansiondu créditbancaireet I'envoléedu prix desactifsn'ont cesséd'augmen...
3-3 Sous-développementdes couverturesfinancières- Les Opérationsde couverturesur
contratsà terme
Le sous-développementdu p...
L'ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL ET LA THAILAN{DE
LA CAS D'ECOLL
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LA TTIAILANDE
1997
mar,: Vugue de spéculcttion conlre le buht'l'hal'landuis surte ù l'e//imdremenl tle l'une de,s
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problèmesauxquelsle paysfàisaitface,d'autresont retiréleursfondsdu pays,et le marché
boursiers'esteffondré.
A la tin 1997,...
En outre, l'intérêt des investisseursétrangers
I'endettementen devises,plaçantles emprunteurs
vis-à-visdu risquedechange.
...
Cetteabondancede liquiditéa conduità la forrnationd'unebulleimmobilièreet à un excèsde
l'offre sur la demande: < près de 8...
Parailleurs,la faiblessedesrèglesprudentiellesaioué un rôleprépondérant.L'incapacitédes
pouvoirspublicsà imposerunediscipl...
Les marchésn'étantpasraisonnésni pondérésdansleursmouvements,lespaysdébiteursse
trouventbrutalementincapablesde leverdesfb...
Bien que ce ne fût pasle fruit d'unepolitiqueconcertée,les4 principauxpaysde I'ASEAN
avaientchoisid'ancrerleurmonnaieaudol...
Cetteattitudesingulièretendaità prouverquelespouvoirspublicsne s'estimaientnullernent
responsablesdesdifficultésrencontrée...
TROISIEMEPARTIE
RAISONNEMENTD' UNE INTERVENTION
LA VISION DTIFMI ET LES INTERPRETATIONS TI{STITUTIONNELLES
La crisesemblem...
La libéralisationdes mouvementsde capitauxa été mal planifiée,favorisantl'empruntà
court tenne alorsmêmequela souplesselim...
La vulnérabilitédestauxde changesignifiehabituellernentquela nronnaieestsurévaluéepar
rapportà celle desconcurrents.Ceci p...
Par ailleurs,les programmesne pouvaientse déployercomme prévu que sl un montant
substantielde capitauxprivés demeuraitsur ...
L'objectif premier étant de restaurerla santédes institutionsfinancièreset de porter la
surveillanceet la réglementationba...
L'ampleur des prêtsd'urgencedernandéspour honorerles créancesexigiblesdépassaitde
beaucouplesressourcesdu FMI, rnalgréleur...
Le contreexemple: la défaitedu FMI en lndonésie
En Indonésieleschosesont ététrèsdifférentes: la politiquemonétairea dérapé...
chercherailleurs dans le budget des ressourcespour couvrir le coût prévisible de la
recapitalisation desbanques.
Rétrospec...
CRITIQTJESD'TINEINTERVENTION
Lors de I'applicationdu programmed'aide,le FMI fut vivementcritiqué.En ef-fet,les
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Le rapportannuel1998fait clairementétatde cesmesuresengagéesen prioritéen Thaïlande
et en Indonésie;ellessontà l'imagede l...
QUATRIEME PARTIE
LECONS ET MESURESPREVENTIVES
Suite à la mise en æuvrede programmed'assainissementmacroéconorniqueet de
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Mémoire DESS-Master 2 Spécialisé Asie - Crise asiatique -J.Gabriel(2001)
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Mémoire DESS-Master 2 Spécialisé Asie - Crise asiatique -J.Gabriel(2001)

  1. 1. Université Charles-de-Gaulle – Lille III DESS Asie du Sud-Est: Consultation, Coopération et Développement Économique (2000-2001) MÉMOIRE CRISE ASIATIQUE ASIE DU SUD EST: Du mythe à la mondialisation Une réflexion sur l'entrée des états d'Asie du Sud Est dans la mondialisation Auteur: M. Jérôme GABRIEL Sujet: La crise asiatique (1997) Nature: Analyse géopolitique et géo économique Mémoire remis en septembre 2001 Note:17/20 Pages: 45 Mémoire de DESS (Master2) – Crise asiatique – Jérôme GABRIEL - 2001
  2. 2. SOMMAIRE INTRODUCTION PREMIERE PARTIE DESCRIPTIONDU MYTHE L'ASIE D'AVANT... LE MODELE ET SESMECANIQTJES DET]XIEMEPARTIE LESCAUSES LES CAUSESDE LA CRISE L' ENVIRONNEMtrNT INTERNATIONAL fT LA THAÏLANDE LA LOGTQIjE DE CONTAGTON TROISTEMEPARTIE RAISONNEMENTD' UNE NTERVENTION LA VISION DU FMI [T LES INTERPRETATIONS INSITUTIONNELLES LE FMI ET LES REFORMESSTRUCTURELLES LES CRITIQUES D'TINEINTERVENTTON QUATRIEME PARTIf, LECONS ET MESURES PREVENTIVES - REFLEXION ET SOLUTIONS PRECONISEES - LES REFORMES SOCIALES CONCLTJSION UNE CERTAINE MONDIALISATION ? - LES DERNIERESNOUVELLES... 2-4 5 - O 6- 10 11-16 t7 -23 23-25 26-29 29-33 34-3s 36-40 4t-43 BIBLIOGRAPHIE 44-15
  3. 3. INTRODLICTION A Après plusde deuxdécenniesde fortecroissance,leséconomiesdynamiquesd'Asie traversentà partirde l'été 1997unezonedeturbulencefinancièresansprécédent.La criseest exceptionnelleà plus d'un titre : Elle a non seulementfrappé les économiesles plus dynamiquesau mondemais aussidéclenchéles opérationsde sauvetagefinancierles plus irnportantesde l'histoiredurFMI et surtoutpristouslesobservateursparsurprise. Les difficultésrencontréespar certaineséconomiesde l'Asie de I'est( Thailande,Indonésie, Malaisie,Philippineset Coréedu Sud) depuis1996sesontmuéesdansle courantde I'année 1997en une gravecrisemonétairepuis en une véritablecrisede croissance,qui constitue encoreaujourd'huile principalfait marquantde l'actualitééconomiqueinternationale. Le l4juillet 1997,leiournalLibérationtitraitsonquotidienselonuneformulesouventreprise par sesconfrèresde la presseFrançaiseet internationale: < I'ypht.tnmonélairesur le miracleusiultque>l et auxjournalistesdecolorerun florilèged'abondantesinterrogations: - ( une cri,çe.financièrehrutulepeut elle.fiapper l'ensembleclespuy,t émergentstl'A:;ic c{u Sud-]i,çt ') >>' - < Le miracle économiqueusiutiqueesr-ilentlunger'/ >t - ( '|hai'lunde unecri,ye,çctlutaire '? t;1 ou enfin,cequi m'a conduità meneruneréflexiondanscerapport: < La crrseusiatiqueétuit-elleprévisible'/ ;t Sensationnalisnrejournalistique,pessimismeprudentou réalismeéclairé?. En juillet 1997, le monde est loin de pouvoir imaginer les effets pervers et dévastateursde ces prophétiesalarmistesautoproclamées.Plusquejamaisun crashestannoncémalgrédessignes avantcoureursd'une surchauffespéculative. En moinsde 12jours, du 02 juillet 1997au 14juillet 1997,la ThaTlande,tenailléepar des impondérablesmonétaireset financiersdévaluaitsamonnaiede plus20oÂet provoquaitsurla régionunedynamiquebaissièrejarnaisobservéejusqu'alors. Attaquéedepuisle mois de mai 1997sur sa rnonnaienationalele bahtpar plusieursfonds d'investissementsinternationauxdont celui de l'Américain GeorgeSoros,la lame de fond spéculativesanctionnelesdifficultésfinancièresliéesà l'immobiliersurBangkok. I : Libération- 14juillet 1997 2 : Le Monde - 22juillet 1997- ValérieBrunschwig 3 : La Tribune l5 juillet 1997- Ilélène Vissière 4 : Le Nlonde-29 Aofit1997
  4. 4. Lesnouveauxdragonsentrentalorsdansunedansemacabremonétairepuisboursièrequi les obligeraa dévaluerà leurtour leursmonnaiesnationales. Tour à tour aprèsle royaumedeshommeslibres,lesPhilippines,Ia Malaisie,1'lndonésieet la Binnanieserontconfrontésà cettelamedefond sansprécédentdansl'histoireéconomiquede ces pays. Progressivement,c'est toute I'Asie qui sombreradans un cercle vicieux de dévaluationsbrutales,d'attaquesspéculativeset de lourdesdépréciationsboursières. Le fameux effet 'domino' tant redoutéa finalementjoué à plein et poursuivrason effèt dévastateuravecunearnplitudeaccruedansles mois qui suivront.Le 29 août I 997ce serale 'jeudi noir' surlesplacesboursièresd'Asie du Sud-Est.Ce seral'effet 'boule de neige'pour les opérateursdes différentesboursesasiatiques;' lu chuledesdevi,sesenlruînanlcellc de:; uclions el inver,genTent ' . Au mois d'aoùt, enrnoins d'un mois, ce sont 200 mrlliardsde dollarsqui s'évaporentdesboursesasiatiques... -' Plusieursannéesaprès,la situationsembles'apaisersurun certainnombrede fronts,maisles fàcteursd'incertitudesdemeurentnombreux. Les récentsévènementsdu 1l Septernbre2001 aux USA de par leurs gravitéspourraient inf-luencerle cours des boursesmondialeset déstabiliserune fois encore les fiagiles fondationséconomiqueset financièresconvalescentesde la région. Pour le moment le phénomènepsychologiquesemblen' avoir eu qu'un irnpactrégionallirnitésur l'éventualité maintenantcertained'un embrasementenAsiecentrale. L'objectif de cetteétude,outresonrapportdirectavecnotre/)/r^5ASIITl){/ S(11)IiS'l'etle traitementde faveurdont ce sujeta nourri les thèrnescentrauxabordéspar nos intervenants Mr S. Sai'daneet Mr. Octuve Giokung, est l'étude d'une situation qui m'a touchée personnellementpuisqu'ellefut l'unedescausesdemonretouren Francetin 1997. En efïet,baséà HongKongde 1993à 1997,j'ai pu au traversde mesnombreuxvoyagessur la région constaterphysiquernentcertainsdécalagessociaux,économiqueset financiersqui ont provoquécettecrise.A cetteépoque,nous étionsloin de pouvoir et de savoir fàire les liens entreces 'décalages économiques'devenusdescausespuis des 'conséquences' dans leursinteractionsquotidiennes. Mêrne si des spéculations de tous ordres étaient omniprésentessur les fondations irnrnobilièreset les tlnancesdespaysd'Asie, personnen'auraitpu prévoir l'enchaînement méthodiquede cettespiralesoudaine... etencoremoinsd'ou et quand... J'ai souhaitéapprofbndirle sujetqui me sembleplusquejamaisd'actualitédansunmondeen pleineintégration.Y avartt'il un modèleasiatiquedevenu 'rnythe' de développementdurable différentdes 'canons' et 'doctrines' de l'économielibéraledetypeoccidentale? Ou n'était- ce tout simplementqu'une crise d'adolescencehistorique dont les effets permettrontde renforcerlesfbndationsdesentrepreneursdu mondialisme... Et si, admettonsle, l'erreurde jeunessefasseécolesurla région, dépasserat'elle unjour sonmaître?. 5 : Le Monde - Jeudi noir sur lesplacesboursièresd'Asie du Sud-Est- 29 Août 1997
  5. 5. oAsiatismeoet mondialisme? - globalisationou bipolarité? Afin d'illustrercesconcepts,j'ai souhaitéarticulercetravailautourdedeuxthèmescentraux: le développementéconomiqueasiatiqure; son mythe et ses déboires- et la nature de l'assistancedu FMI ; accompagnateurnécessaireou instigateurd'ingérenceséconomiques? Amorcéepar la Thaïlandeen juillet 1997,la crisefinancièreasiatiquede la fin du siècle dernierposedèsson annonceuneproblérnatiqued'interprétationaux differentsexpertsde la zone. Pour Michel Fouqurn,directeuradjoint au Centred'EtudesProspectiveset d'lnfonnations Internationales,la justessedesréponsesn'engagentquela qualitéet lajustessedesquestions traitées. <<S'ugirail il d'une crisetle croissanceou d'une remiseen cau:iedes/ôndentenlsdu cléve[oppententenAsie'1,6 Pourd'autresexpertsde la zonecommeEdouardParker,directeurdu cabinetXA-EP Etudesprospectivesinternationales,spécialistedansl'évaluationde la stratégiedesgrandes firmes rnultinationaleset ex-conseillerauprèsde 5 ministresde la recherchescientifique,cette cri,rene ,reruilinlerventrquepar ttnedëviancedu modèleoriginal cledéveloppemenlet quela questioncentraleposéepar les expertsseraitplutôt de savoir si our ou non les drugon,sen crise vonl opérer les réforme.çnéce,ç,çairespour redevenir'Dragons', auquel cas ils iront, colrrûlele Brésil,stagnerà un certainpalieretdégringoler... ' 6 : Michel FOUQUIN - L'Industrialisation par I'exportation- Crisesen Asiedu Sud-Est- Pressesciences Po- 1999 7 : Edouard PARKER - JeuneAfrique Economie- 16 Février 1998- pp 122( Interview de Mamadou Alpha BARRY 4
  6. 6. PREMIERE PARTIE DESCRIPTIONDIJMYTHE L'ASIED'AVANT L" monde des années 1990 s'est afIàiré vers un continent qui lui semblait providentieltantlesbesoinsen développementet lesopportunitésde spéculationpromettaient uneabondanceaccessibleà tous.En Asie,de Singapourà la Malaisieun discoursde plusen plus 'asratiste' faisaitla manchedesjournaux économiqueset financierà grandstirages.La recherched'une identitérégionaleforte s'étaitprofiléesur les basesde taux de croissances jarnaisobservésjusqu'alorslaissantle restedu mondedubitatifdevantce 'miracle' surprenant et inégalé. Avec unepartde l'économiemondialepasséede 40Âen 1960à25% en 1992,ledécollage économiquerégional pouvait légitirner un discoursbasésur un modèle de développement éconorniqueréussi.C'est un triomphede fondernentséthiques,confucianisteou islarniste danslesquelson retrouvele plussouventla valorisationde l'éducation,le respectdesanciens, le goût du travail, la disciplineindividuelleet collective,le sensde l'épargne... valeurs synonymesde stabilitéet de sérieux. Cetteattituderégionalefbrtecomportaitlestraitsd'unelogiquecivilisationnellede résistance faceà la rnondialisationvéhiculéeparl'occident. 8 En fàit,la crisequi a secouél'Asie dérangesurtoutparcequeriennela laissaitprévoir... Lorsquele Mexique a été frappépar une crise semblableen 1994,personnen'avait été surpris.Les pays d'ArnériqueLatine ont une longuehistoired'inflation tbrte, de déficits gouvernementauxchroniqueset d'endettementextérieurélevé. Il était facile pour les économistesdecomprendred'où viendraientlesproblèmes. Selon les observateurs,institutionnelset expertsrégionaux,la Chine était le seul pays asiatiquesusceptibled'être frappé par une crise économique.Le gouvernementreste profondémentimpliqué dans l'économie.En termesde propriété,les grandesentreprises nationales,inefficacespour la plus part , continuentde compterpour unegrandepartiede la capacitéindustrielledont l'état maîtriseencorela destinée.Malgré tous les pronostiques,la Chine s'est retrouvéepeu touchéepar les troublesfinanciersde sesvoisins,bien quresa croissanceait ralentidevantlesrécessionsrésionales. Les autrespays de la zone,connussousle nom de 'tigres' de l'Asie - Thaïlande.Tairvan, HongKong,Corée,lndonésie,Malaisie,Philippineset Singapour étarentconsidéréscorrme deséconomiesmodèles.Cespaysont toujourssutirer parti d'une solide éthiquede travail, un taux d'épargne élevé, des gouvernementsfiscalement responsableset de taux d'endettement'ofliciellement'tàibles. 8 : SamuelHUNTINGTON - The clashof civilizations- Foreignaffairs- Août 1993- pp 22
  7. 7. Tou, semblaientavoirévitélesproblèrnesauxquelsfont habituellernentfacelespays en voie de développement.Ils avaientréussià maintenirI'inflation à un niveauacceptable, habituellernentsousla barredes10%o,et à financerenpartieleurcroissanceà mêmel'épargne locale. Ils cornptaientsur I'investissementextérieurdirect, dans lequel les investisseurs construisentou achètentlesentreprisescréatricesderichessedanslespayshôtes. Mais outre cesconstatationschiflréeset cesexplications 'statistiquement" rationnelles,une autresapprochecelle-ciplus hurnainefàit étatde l'existenced'une autreAsie; cellede sa populationla plusdépendanteestiméeà 80%parleséconomisteset qui danssafrangela plus pauvrecompteraitplus de 100millions de personnesdont60 dansla seulelndonésie.Cette Asie de I7 millionsde famillesvivanten dessousdu seuilde pauvretéet dontle quotidienest rythmé en moyenne par un seul repas.Avec une croissancedémographiqueélevée,une productivitédécruede la richesseagricoleparla pollutionet 1'appauvrissementdesterreset la lente détériorationdes ressourcesnaturellesde la plupart de ces pays, on est en droit de s'interrogersurle sensdecemiracleet encoreplusdesconséquencessocialesdecette ".ir".9 Loin de paraphraserles (lasszzndred'un échecsocialquelconque"cettecriseestun révélateur extraordinaired'une bornbesocialeà retardementqu'il conviendraitde désarnorcerd'une autremanièrequ'en y prônantun assistanatf.inancierou humanitaire.C'est du capitalsocial dont il s'agitici et qui ne peutêtreoccultédanslesleçonset interventionsliéesà cettecrise. A l'imagedu monde,c'estpeutêtreaussiuneautreAsiequ'il conviendraitderéinvent"....10 LE MODELE ET SESMECANIQTJES S'il est vrai que le mythe fascine,il n'est néanmoinspas dénué de rationalité économiqueet de stratégies.Les élémentscomposantsles développementséconomiques fulgurantsne proviennentpasde I'imaginationfertile de quelquesmystérieuxgourousni de modèlesfinancierscomplexes.Ce qui manqueà la plupartdesexpertsdansleursanalysesdu phénornèneest la < compréhensiondes enchaînementset des synergiescommunesaux diflérentspaysde la zoner.tt Pou. Michel Fouquin,directeuradloint au Centred'études prospectiveset d'informationsinternationales,le modèleà proprementparler'asiatique'peut êtrerésurnéen quatrepointsprincipaux: Les caractéristiquesdesindustriesd'exportationo La formation des revenus et de l'épargne, le rôle de I'Etat et les étapes du développementéconomique. Le développementéconomiquede l'Asie s'est fait en plusieursphaseset sur plusieurs générations.Mais depuisle Japonil y a 50 ansà la Chined'aujourd'hui,le schérnaadoptéa suivila mêmetrame.Un développementprincipalementtiré parlesexportationsdeproduitsà fort contenu de main d'æuvre ( textile et petite industrie ) avec une montée en gamme progressiveversdesproduitsplus sophistiquéspuis uneindustrielourdeet destechnologies depointes. 9 : Bruce KOPPEL - Fixing the other Asia- ForeignAffairs -1.2-1998- pp 98-120- Page5 l0 : Chris PATTEN - Beyondthe myths- The Economist- 4 janvier 1997- pp l7-19 I I : Michel FOUQIIIN - L'Industrialisationpar l'exportation- PressesciencesPo- 1999
  8. 8. Grâce à des rnarchésintérieursprotégéssouventirnpénétrables,les pays asiatrquesont bénéticiéd'un protectionnismefbrt donton développeralesatoutsplusloin danscetteétude. Vient ensuiteune approcheultra-libéraled'un capitalisrnedébridévoir sauvage,organisé autourde conglornératsdont les liensmorauxavecl'appareilpolitiquen'estplusà prouver. Les principalesétapesde cette évolution n'auraientpas pu avoir lieursans le concours précieuxdesmassessalarialesdont la main d'æuvreabondanteet trèsmalléablea pennit de préserverdescoûtssalariauxparrnilesplusbasmaisaussilespluscompétents. A I'inversedespaysoccidentaux,lespaysd'Asie enregistrentdetrèsfort tauxd'épargne.Les ménagesépargnentpar précaution,vu la faiblessede la protectionsociale,de plus, cespays possèdentdescomptespublicsenéquilibre,voir enexcédent.Cetauxd'épargneélevéestune source de financement abondantepour l'économie. Une secondesource importante de financementprovientdecapitauxétrangers.En effet,la faiblessedestaux d'intérêtjaponaiset américainspousseles investissementsdansles marchésémergents.De plus, les rnarchés asiatiquesparaissenten bonnessantéde par desrésultatsmacro-économiquesapparemment sains,le risquede changeparaîtfaible de par la paritéau dollar ( plus précisémentuneparité fixe à un panierde monnaiescornptant80%de dollars). Lescapitauxlibellésen dollarssont ainsitrèsirnportants. 1/Destauxd'épargneélevés Entre l9oÂau Philippinesel5lo à Singapouret à la différencedespaysoccidentaux,I'Asie enregistreun très fbrt taux d'épargnedornestique.Pour Yves Gounin,maîtredesrequêtesaur conseild'étatet spécialistede I'Asie du Sud-Est,cettetbrteépargneestdueà touslesagents éconorniqu", 12 ; lesménagesépargnentparprécautionenraisond'un systèmede retraitepar capitalisationindividuelleet la faiblessedes protectionssociales,les entreprisesépargnent pour financerleur croissance,l'Etat enlin épargnedansla majoritédescasgrâceà unegestron sainede sesfinancespubliquessouventexcédentaire( + 2,4 % du PIB en Thaïlande,- 0,59lo du PIB en Malaisieet en Coréedu sud,- 0,2yoen lndonésie) à I'exceptiondesPhilippines dontle soldedéficrtaireen 1996étaitde 1.9oÂ.13 Source: http://wrvw.stern.edu 12: YvesGOUNIN - La criseasiatique- PUF - 1999 l3 : Asian DevelopmentBank - Rapport Annuel 1996- Manille 1997 PAYS COREE DU SUD INDONESIE MALAISIE PHILIPPINESSINGAPOUR EPARGNE ( ,,ÂDL] PIB ) 33% 28% 39% r9% 51% PAYS THAILANDE HONGKONGCHINE TAIWAN EPARGNE( " DIJPrB ) 33% 31% 41% 2s%
  9. 9. Ces taux d'épargneconstituentune des sourcesles plus irnportantesde flnancementpour l'économie, et plus particulièrementpour nourrir les crédits commerciauxissus de I'intermédiationbancaire,les marchésfinanciersn'étantpassuffisammentdéveloppéspour financeret protégerlesdéveloppements 2/ L'alflux de capitauxétrangers Depuisle débutdesannées90, lesfondsoccidentauxbénéficientdetauxd'intérêtspeuélevés ce qui lespousseà investirsurlesmarchésémergeantsparle biaisdefondsd'investissements dit 'risqués' car plus rémunérateurs.Ces fonds bénéficientpleinementde l'absence d'infonnationséconorniqueset financièresprécisesdes organisationsinternationaleset des agencesde notation,dontle rnétierestd'évaluerla gestionmacro-économiquedespaysvisés. Des prises de risques inconsidéréesmême suicidairesont emmenéles tnvestisseursà surinvestirdansdesprojetsde développementsouventnon-productifs.En 1996,lescapitaux libellésen dollarsatteignent500milliardsde dollarset plusde 300 rnilliardspourle premier semestre 1997. L'aléa moral aidant, la majeur partie de ces fonds d'investissements spéculatifsparientsLlrune interventiondu FMI et desinstitutionspubliquesen casde crise grave,cornûreau Mexiqueen 1994-1995. En 1996,Iamassedescapitauxdisponiblesreprésenteen Thaïlandeplusde 40oÂde sonPIB, 35oloen Corée du Sud et 27oÂà Singapour.La massedes capitauxdisponiblespermet d'animer de manièreanarchiquedesprojetsde développementdémesuréset sansfbndements sérieuxde rentabilité; alorsqueles équipementsinfra structurelsmanquentcruellementdans certainspays, l'allocation de ces ressourcesspéculativesse fàit principalementsur des secteursnon-productifset inefficients. Cette abondancese reflète surtoutpar l'attitude desbanquessur le marchélocal devantcet afflux de liquidité facile. On peutrnontrerobserverce phénomèneen analysantle rythrnede croissancede l'économieréelle( croissancedu PIB ) et la croissancede I'ofTrede rnonnaie( en l'occurrenceM2 pour leséconomistes) véhiculéeparlesbanquescommerciales.Dansla majeurpartiedespaysasiatiques,les excèssontvisiblesau premiersemestre1997avecdes ratiosM2/PNB de I I Io enMalaisieet de 123oÂenThaïlandepour lesplusirnportants. 14 3/ La paritédollar- le piègedeschangesfixeset sesimplicationssurl'ernprunt La plurpartdesmonnaiesasiatiquesont adoptéà la fin desannées1980un systèrnede change quasi-fixed'accrochageau dollar ou un panierde monnaiecomposéde plus de 80% en dollars.Ce systèmea étéI'unedescomposantesde la croissanceasiatiquepuisqu'ilassuraitla stabilitédeschangespour lesexportateursétrangerset lesinvestisseursdansle pays. Le 'peg' ( ou parité) protègeen d'autresmotsles investissementsétrangersdesvariations monétaireset desvolatilitésdu coursdeschanges. Ce lien monétaireassureun courantd'investissenrentattirépar le différentieldetaux d'intérêt en I'absencede risque de change.Ces fonds d'investissementpermettentaux entreprises localesd'emprunteren dollarsà destaux d'intérêtplus faiblesqueceuxpratiquéset libellés en monnaielocale.Le risqueestalorspris en chargepar l'Etat et la banquecentraledontle rôle estde détèndresestaux dechaneeextérieurs. 14 : CécifeSELLIER - Revued'EconomieFinancière- l2ll997 - No 44- La crisemonétaireen Asie
  10. 10. En 5 ansla rnajoritédespaysasiatiquesvoientleursprêtsendevisesdoublerpourreprésenter jusqu'à 15%du total de leursengagementsen 1996.En Malaisieet en Thaïlandelesplaces financièresoffshorefavorisentles empruntsen devisesce qui créeun engouementirnportant pour cesemprunts 'fàcilités' et en mêmetempsa accrulesdépendancesrégionalesà l'égard desinvestissementsétrangers. En Thailande,la mise en place dès 1993 des BIBF ou Bangkok lnternationalBanking Facilitiesa précipitéun mouvementd'empruntincontrôlémalgré des réservesde change insufïsantepourprotégeret défendresamonnaielocale.Dès 1993le passifdesentrepriseset institutionsétrangèresendettéesendevisesétrangèress'accroîtdansl'indifférencegénérale. 4/ Prépondérancedesexportssurlesimports Que ce soit HongKong,Taiwan, la Corée du Sud, Singapour,la Malaisie,la Thaïlande, l'lndonésieou lesPhilippines,cespayssontlargementouvertsauxexportationstlsont pourla pluparttoustirésleurdéveloppementdesexportations.et ont suiviencelale modèleJaponais, mais avec vingt ans de retard.Tout d'abord par la fabricationde produitsmanufacturésà hauteteneuren main-d'æuvrecommele textile,puispar unemontéeversdesproduitsplus sophistiqués.Ce succèsa été obtenugrâceà desmarchésintérieuresprotégés,autantpar la législationquepardesmarchésintérieurestrèsorganisés. Source : Chelem - CEPII ( L'industrialisstion pur I'evportotion - Michel Fouquin ) Les produitsà fort contenude rnaind'ceuvrecommedanslesbranchestextilesou artisanales ont permis l'essor des pays asiatiquespar I'export à bon marché. La stratégiede développementdansle tempsleura ensuitepennisde faireévoluerla qualitéde leursmains d'æuvressoupleset qualif,réesvers des produitsplus complexesirnpliquantde plus lourds investissementsindustriels.Avec des marchésde surcroîtprotégéspar des conglomérats soutenuspar d'importantsappuispublics,les pays d'Asie du Sud-Est ont suivi la voie engagée30 ans plus tôt par le Japon.Le modèle Japonaisa fait des émules.Premier exportateurmondialdetextileen 1955,il élargirasesgammesà l'exportmoinsde l0 ansplus tard en engageantdes investissementsmassifs vers les produits de manufacture plus complexescomme l'électroménageret I'automobile.En 1968, le Japon est la seconde économiemondiale.Le rnodèlede développementJaponaisserasuivide prêtparlestigreset lesdragonsdu gironPacifique.Aidéspar l'ouverturedu marchéArnéricainet de sonsoutien financier continu, les économies émergeantesd'Asie seront stimulées dans leurs PAYS 1967 1979 t985 r992 JAPON 93,4 96,8 97.4 97 COREE 67 1 82 86.6 qt I TAIWAN 93-5 93-5 qt6 94.2 HONGKONG 93.3 88.9 88,7 91"7 SINGAPOTIR 21.4 4t.9 5 0 ? 76.8 TNDONESIE a a 57 12 46,7 THAILANDE 12.6 27.8 35 61,5 MALAISIE 24.9 28,5 6 ) 5 PHILIPPINES 9,9 31,7 51,7 68.4 CHINE 42,6 41.2 38.2 79.1
  11. 11. développementsmutuels.Lesbiensd'équipementet de consommationsontalorsproduitsen masse sur une échelle exponentiellegrâce à une interdépendanceaccrue des échanges cornmerciaux intra-régionauxet internationaux. 5/ Desétatsimpliquésvoir interventionnistes Protectionnismeettaux d'ouverturefaible Finalement,et ce dernierpoint et fortementlié au précédent,les gouvernementsde cespays ont pris une part très importante dans le développementéconornique.Presquetous les gouvernementsde la zoneont appliquéunepolitique industrielleou sontintervenusdansles systèmesflnanciersnationauxpour favoriserles entreprisesà un taux avantageux.Il n'y a gurèrequeHongKonget Singapourà avoirun régimelibéral.Sinon,lesautresonteurecoursà des barrièrestarifaires,à des subventionset des avantagesfiscaux pour fàvoriser les entreprisesrégionales. Loin des rnodèles libéraux tant prônés par certains économistes occidentaux, l'interventronnismede l'état est souventornniprésentdansles décisionsd'inr,estissenrentet allocationsde prêts au développement.Plus protectionnisteque libéral, les interventions étatiquessontfortementressentiespar le biaisde banquespubliquesou d'institutsfinanciers nationaux contraintspar des politiques de prêts stratégiquesà taux particulièrementbas. Exceptionsfaitesà Singapouret HongKong,lesautrespays,et en particulierla CoréedurSud et Taiwan avaient recoursà d'importantesbarrièrestarifàirespour fàvoriser les rndustries nationales.Avec des initiativesfiscalesabondantescornrneles prélèvementsobligatoires comptant pour moins de 20oÂdu PlB, et les contrôlesstricts des états sur les produits alirnentairesde base,les économiesasiatiquess'apparentaientplus à deslogiquesde rnarché Colbertistequ'à deséconomieslibéralesau senslargedu terme.PourPhilippeChalmindans sonarticlesurla criseasiatiquede 1997dela SFAC,c'estunedescomposantesprincipalesde la crise.nAri".15 On pourraobserverles taux d'ouverturefaiblessur le graphiqueci-joint avec en tnauvais élèvedu libéralisrnel'lndonésieet HongKongà l'opposéqui elle dépendpresquetotalement de saplaced'intermédiairerégionale( avecla Chineprincipalement) et qui afficheun taux de 1330Â. Source : http.stern.nyu.edu PAYS COREE INDONESIE MALAISIE PHILIPPINES TAUX D'OUVERTLRE (%DU PIB.1997) 38% 28% 94% 54% PAYS THAILANDE HONGKONG TAIWAN TAUX D'OUVERTURE (%DU PrB"r997) 470 133% 48% l5 : PhilippeCHALMIN - La criseasiatiquede 1997- Bulletin EconomiqueSFAC -( 03/98) - No2.559 10
  12. 12. DETIXIEMEPARTIE LES CATISESDE LA CRISE I Les interprétationsdivergentsur la causede l'effondrementde ces économtes: certainsy voient essentiellementdesphénomènesde paniquenon fbndéssur deséquilibres macroéconomiquesalors que d'autresmettent en avant la vulnérabilitédes économies asiatiqueset tiennentles mauvaischoix de politiqueséconomrquespour responsablesdes dérèslernents. En dépit de cesdivergences,un consensussemblese dégagersur certainspoints.La crise asiatiquediffère des précédentes,et notammentde celles qui ont frappé les pays latino- arnéricainsdans les années80 et de nouveauen 1994-1995: elle sanctionneles dérives financièresdanslesquellesle secteurprivé ajoué un rôle detout prernterplan. Desfaiblessesstructurelles Commençonspar lesprincipalesfaiblessesstructurelles.On peutremarquerquecequi fait la force de cespays,représenteaussileur faiblesse: Le prernierpointtoucheà I'investissement.En effet,commeon a put le remarquer,cespays bénéficientde taux d'investissementintérieurtrès élevéet desentréesmassivesde capitaux étrangers. Toutefois, le problème qui se pose avec ces investissementsconcerne la productivitédesdébouchés.Danslesannées90, les investissetnentsseconcentrèrentsurdes secteursfàiblementproductifs.Les nouveauxcréditsallèrentà l'imrnobilier,placementà fàibleimpactà moyenterme. Cela eut pour conséquencesla créationde bullesirnmobilières,rnaisausside surcapacités indurstrielles.La plupart de ces pays se lancèrentdansdes projetsindustrielsincroyables, commepar exernplelestoursjumelles Petronasen Malaisie.Qui plusest,certainsafÏnnèrent quela croissances'étaitfaiteplusparla transpirationqueparl'inspiration,c'està dire,qu'ils avaientplusutiliséle travailet le capitalquele progrèstechnique. Le deuxièmepoints 'attaque au déficit du comptecourant. Suiteà la surévaluationdu taux de changeeffectif réel et une détériorationde la cornpétitivité,les exportationsont diminué. Ce déficit s'estsoldépar uneentréede capitaux.Le problèmeen taux de changetixe, c'est qu'un déficit du comptecourantcorrespondà unecréationde monnaieet quecettemonnaie estplusfacilementla ciblede spéculations.De plus,le financernentdu déficits'estfait à court termece qui rendcespaysplusvulnérablesà unecrisedeconfiance. Le troisièmepointconcernela faiblessedu contrôleinterne et la responsabilitédesbanques. En effet,denombreuxpayspossédaientun systèmede législationpeudéveloppé.De plus,les états financiers des banquesn'offraient pas la transparencesouhaitéeet souhaitable.Ces tl
  13. 13. organismesont péchépar manquede transparence,mais aussipar excèsde confianceenvers certainsclientsdouteux. Pourla rnaioritédesexpertsde la région,cesfacteursanalysésmaintenantdansleursdétails sont à la sourcedes défautsde paiementset de détàillancesstructurellesobservéesdurant cettecrise. I/ le surinvestissement L'appantion d'une croissanceirnmodéréedu prix des actifs boursierset irnrnobiliers, autrementappelér,rnebulle financièreestapparueen 1995.Jusquelà l'épargnedomestiqr"re coupléeaux entréesmassivesde capitauxétrangersavaientpennisdestauxd'investissements de35oÂdu PIB pourlesquatretigreset la Coréedu Sud.A partirde 1995,lesinvestissetnents glissentprogressivementversdessecteursà faibleproductivité,voir nonrentables. Le surinvestissementdansl'immobilierestconséquentcommele démontrele tableauci-joint qui intègrelesdonnéesrégionalesdesprogressionsdesvaleursboursièresde 1990à 1993. Source : wrlll.stern, nyu.edtt Lié à une perte de compétitivité en raison de l'abaissementdes barrières douanières consécutivesà la miseen placedesaccordsde I'UruguayRound,lestigresvoientdescoûts unitaires salariauxaugmenteravec le développementde crédits intérieursvenus soutenir l'inflation sur les salaireset le pouvoird'achat.Cescréditsintérieursatteignaient160%du PIB Thailandaisen 1996et 100%en Coréedu Sud,provoquantdesrisquessur les dettes contractées. L'immobilier: Depuis 1990,40o/odescréditsnouveauxétaientinvestisdansI'immobilierau détrirnentdes actifs productifset des investissementsà long terme. Les investissenrents immobiliers ont rapidementpris la forme d'investissementsspéculatifsau détrimentdu serviceinitial qu'il apporteauxagentséconornrquesdansI'améliorationdeleurniveaude vie. Si l'investissementimrnobiliercomprendla constructionde bureauxet d'usinesqui sontdes moyensde production,ils n'ont pas le même impactà long terme que la rechercheet le développementou l'innovationdansleurdynamiquedecréationderichesse. L'imrnobilier subitde plus destaux de dépréciationirnportantsi sa fonctionnalitése limite simplementà l'hébergementd'agentset demoyenséconomiquescourants. t2 PAYS SINGAPOUR INDONESIE MALAISIE PHILIPPINES Progression des valeurs boursières dansI'immobilier + l35o + 80% + 227Yo + 1530 PAYS THAILANDE HONGKONG TAIWAN Progression des valeurs boursières dansI'immobilier + 3960 + 3460 + 1250
  14. 14. I -l Mégalomanieet surcapacitésindustrielles Le surinvestissementn'a paspourseuleconséquencele gonflementdesbullesimrnobilièreset financières,il créedessurcapacitésindustrielleset provoquedesrisquesirnportantsquandles choix d'investissementsdeviennentirrationnels.La faiblessedu coût du capital lié aux irnportantssubsidesdesEtatset la facilrtéde créditdueà I'offre financièreen dollars( grâceà destaux de changeadministré) , démultiplientles risquesd'abusdansle cadrede projets démesurésetanarchiques. C'est une aire de lancementprivilégiéepour des politiques'nrégalomanes'd'industries nationalesouverteà tourtesleslogiqr,rescontrairesà la rentabilitééconomiqueou desstratégies dedéveloppementà longterme. En Indonésie,le présidentSuharto,inspiréepar sonhomologueMalaisinitiateurdu véhicule national 'la Proton', se lance dans une aventurecoûteuseavec la constructiond'un site rndustrielexceptionnelà desfins de productiond'un véhiculebaptisé 'la Timor'. Le même gouvernement,sousl'impulsion de son ministrede la technologieet successeur'Habibie' décidede mettreen chantierle premieravionà réactionIndonésien. En Malaisie,Mahathirdévoileun projetde SiliconValleypour 2020appelé 'Cyberjaya'.Le plus connu de ce qui s'appellera 'éléphantblanc' restesanscontesteles toursjumelles Petronasà KualaLumpurà cejour considéréescommelesplushautesdu monde. 2 - Déficit de la balancedespaiementscourants Malgrédesfondamentauxmacro-économiquessolides,faibletauxd'inflation,délicitspublics réduitset taux d'épargneélevé,lestigresont omis de contrôlerleursdettescontractéessurles soldescourants( ou balancedespaiementscourants). Doubléou triplé surunepériodede 3 annéesde 1994à 1996( de 2% du PIB en moyennesur les tigresjusqu'à à 8% du PIB en Thailandeen 1996) , ces déficitsreprésententdansla rnajorité des cas des balances de paiements structurellementdéficitatres dues à des irnportations de biens d'équipementset de servicestrop importants. Couplé avec une surévaluationdu taux de changeeffectif réel et une lente détériorationde la cornpétitivité( doncmoinsd'exportations) qui plafonneà70ÂduPlB en 1996alorsqu'il dépassaitles l8% troisansauparavant,ce phénomèneobligeracertainsde cespaysa s'endettermassivementen empruntantdescapitauxétrangerspourcomblerlesécartsaveclestauxd'épargn..l6 La situationpouvaitparaîtresoutenabletantquela croissanceéconomiquesemaintenaità des niveauxélevés.Lesdifficultéssesontfaitjour lorsquecettecroissancea cornlnencéà ralentir au cours de l'année 1996, notammentsous l'efIèt d'une très nette décélérationdes exportationsprovoquéepar l'appréciationcontinuedu dollar ( et doncdu baht) faceau yen et à la plupartdesmonnaieseuropéennes( saufla livre sterling) depuisle milieu de 1995.La pertede compétitivitédesexportationsThaïlandaisestenaitégalernentà la haussedescoûtsde production,notammentsalariaux,non accompagnéed'une haussede la productivité.Cette évolutions'estrévéléeparticulièrementdéfàvorableà la Thaïlandeen raisonde la rnontéeen puissancede nouveauxconcurrentsrichesen main-d'æuvrebon marchételsquela chineou encorele Vietnarn. 16: JérômeSGARD - La crisefinancièreen Asie- CEPTI- No2.559- pp 8-20 l3
  15. 15. Dans un systèmede changefixe, la mécaniqueest implacableet oblige les ar"rtorités monétaires à créer artificiellernent de la devise et expose la monnaie à des attaques spéculatives,ce qui fut le casde la Thaïlandeen 1996un an avantd'abandonnersaparitéau dollars. De plus le flnancementde cesempruntss'estmonnayésur desopérationsà court termesans contrepartiessécuritairescommedesplacementsde'couverture'.Les prêtsdevraientêtreà long terme plutôt qu'à court terme,afin d'éviterles retraitssoudainsde fbnds.De plus, la dettedevraitêtreprotégéeparcesopérationsprudentielles.Commeje l'ai déjàmentionné,les opérationsde couverturepermettentde se protégerdes fluctuationsd'une monnaielocale. L'achat d'un contrut ù terme permet d'acheterla monnaie de votre créancierà une date précisedansl'avenir,autnomentou vousdevezrembourservotreemprunt 3- faiblessesdescontrôlesinternes Un des reprochesles plus souventremarquésfait aux gouvernementsdu sud-estasiatique porte sur la natureopaquedes relationsentre l'Etat, les entrepriseset les banques.Ces "copinages'ou 'cronyisme'sontdus à despratiquesconsensuellesmillénairesdanscertains paysdontlesconséquencespeuventapporterle meilleur,comfiIele pire. En effet le cadrelégislatiféconomiquesouventdéfàillantvoir inexistantdansdespayscorrme l'lndonésiepermetaux institutionsfinancièreset politiquesdesgestionsde fondsopaquesou des modes de fonctionnernentsincestueuxsans que la moindre trace comptable puisse émergeraux yeux des institutionsinternationalesde credit rating. L'lndonésie est l'un des pays qui représentele plus fort taux de corruption en Asie avec une nrainmise quasi centraliséede la famille du présidentdevantchaquemarchépublic et le monopoledetousles certificatset licencescommercialesstratégiques.L'efficiencejuridico-légaleet la qualitéde I'administrationdansla préservationde leur indépendanceest un excellentbarornètrede la présencede corruptionet d'opacitéanti-productive. PourdeséconomistescolrrmeDani Rorik : lesdifférencesde croissancedanslespaysd'Asie s'explique presque entièrernentpar la qualité des rnstitutionséconomiqueset leur indépendancelégaleet moralefàceaux gouvernementsen plu...17 les meilleurs exemplessont ceux de Singapouret HongKong qui de par leur nature stratégiquede placefinancièrephareen Asie ont du seforgerun solideclinratde transparence et deconf.iancevis a vis desinstitutionsinternatlonales. L'émergenced'un systèmede pyrarnidede dettesest souventle fruit de I'absencede publicationsde comptesconsolidés.Le manqued'informationestsymptomatrqued'un mode de fonctionnementconsensuelque les occidentauxappellentvolontiersun 'alea moral' ou 'cronyisme'pourlespolitologues. 17 : Dani RORIK - Controversies,lnstitute and economicperformance in South East Asia, NBER working paper, No 5914- 1997 t4
  16. 16. 3-l Le rôledesbanquesdanslescontrôlesinternes L'expansiondu créditbancaireet I'envoléedu prix desactifsn'ont cesséd'augmenter dansla liessegénéraleà partirde 1993.Les débiteursont continuéà emprunterpoLlracheter desactifsdont la valeurs'appréciaitrapidement,et lesbanquesont continuÉà prêtercar la valeurde leursgarantiesaugmentaient.L'investissementimmobilierspéculatiftraitépluslotn n'estpasle fiuit d'un développementéconomiquesain. Un phénornèned'amplificationvirtuelledesliquiditésa provoquéun échauffernentde la partiepurementspéculativedesinvestissements. Dans la majeur partie des pays asiatiquessans contrôle monétairepréventif, les risques d'expositionsse sont ampliflés sur des marchésboursierset imrnobiliersartificiellernent nourris en prêts compétitifs.L'inflation du prix des actifs intégrésà l'actif des bilans de consolidationdes institutsfinancierset des banquesa conduit la majeur partiesde ces institutionnels,détenteursde garantiessur les biens immobiliersà négliger l'évaluation adéquatedu risquede crédit.La sous-évaluationdesrisquesleur serafatale. Pourparerà cesexcèset auxrisquesqu'ils provoquent,desdispositifsde préventionsexistent mais ne sont pas toujours respectésà la lettre. Les ratios de solvabilitéconstituentun mécantsmeprudentielessentielau bon fbnctionnementdes institutions.Le ratio de fbnds propresdétenuspar les banquesdoit être au minirnum de 8 oÂ. un minimum souvent inférioriséquandla compétitionspéculativebât sonplein.Dansla plupartdescas,la maiorité desprêtsbancairesnon-pertbrmantsn'étaientpasprovisionnés.Il existeen outredesmodèles rnathématiquesde gestiondesrisques( exernple: les modèlesde valeursen risques) dont l'utilisation est essentiellepour palier aux défautset aux sous-estimationsde mouvements extrêmesentrantsou sortantsou en suspenddansles flux gérés.Cesmodèlesmathérnatiques sontgénéralementutilisésdanslesprévisionnelset lesstratégiesde placementstelle quesur lesévolutionsdetauxd'intérêtsou lescoursde.hunn".18 3-2 Uneévaluationapproximativedesrisques Lesprincipauxpoint fàiblesdeséconorniesasiatiquessontl'évaluationfàntaisistedesrisques de crédit, le sous-développementdesportefèuillesd'instrumentsfinanciers,les entreles secteursfinancieret politiqueet un ratioélevéd'investissementsdans comparativementà l'équipementindustriel. L' évaluationfantaisistedesrisquessignifieque lesprêteursn'exatninentpassuflisamment en profondeurla valeuréconorniquedesprojetsqui leur sontprésentés.Parexemple,ils ne demandentpas s'il y a un marchépour les produits proposés,à un prix qui permettrade réaliser un profit. Les prêteurs négligent aussi trop souvent la santé financière des emprunteurs.Ils ne s'assurentpastoujoursquelesentrepnsestàssentsuffisammentde profits pour continuerà faire faceà leur obligationssi lesventesralentissent.SeuleSingapour,panni lesneufpaysétudiés( leshuit tigreset la Chine) n'étaitpasvulnérablesurcepoint. liensétroits l'irnrnobilier 18 : Martin WOLF - Financial Times - 20/01198- CEPII - No 2.559- pp 26-27 15
  17. 17. 3-3 Sous-développementdes couverturesfinancières- Les Opérationsde couverturesur contratsà terme Le sous-développementdu portefeuilled'instrumentsfinancierssignifiequelesentrepriseset les investisseursn'ont pas accèsà sutïsammentde produitsdérivéspour minirniserles risques. Les produits dérivés protègentles entrepriseset les investisseurscontre les mouvementsirnprévusdes taux de changede la valeurd'un produit de baseou du cours volatiled'un portefeuilled'actions;un conlratù lermeestun produitdérivé. Parexemple,uneentrepriseFrançaisequi vendsesproduitshorsCEE peutacheterun contrat à termeen vertuduquelelle peutvendresesFrancsou Euroà r,rncertatnprix le jour où elle devraitêtrepayéepour unevente. Ceci s'appelleuneopérationde couverture. Si la valeur de franc françaispassede 4 Baht Thaïlandaisà 5 Baht Thaïlandaisentre le momentde la venteet celuidu paiement,l'entreprisene recevraque8000Frf pour unevente en monnaielocalede 10.000Frf ( 40.000Bahts). De cettefaçon,I'entreprisereçoit40.000 Bahtqu'elle vendsurlesmarchésà 4 Bahtscequi lui fait 10.000Frf moinsle coùtpeuélevé desopérations. Lesopérationsde couverturepermettentainsiau vendeur( ou à I'acheteur) de garantirqu'il recevra( ou paiera) le prix entenduau momentde la transaction.Dansun marchéfinancrer sophistiquécomme celui de l'Europe ou des Etats-Unis,les produits dérivés peuvent permettreaux entreprisesde seprotégercontrela quasi-totalitédesrisquesconrmerciaux,ce qui n'était pasencorepossibleen 1997.Singapouret HongKongsontactuellementles seuls marchésde réfërenceen la matière et disposentd'une variété conséquented'instruments l 9 Ïlnanclers. l9: PhilipP. TURNER- EconomieInternationale-No76-40 Trimestre1998- pp 25 - 3l l6
  18. 18. L'ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL ET LA THAILAN{DE LA CAS D'ECOLL f)epuis lesannées80,le Japonconnarssaitunetrèsfbrtecroissanceet rnanifestaitdes risques de surchauffe.De plus, une bulle spéculativeétait apparuesur les actifs. I-e gouvernementdécidad'exploserla bulleau moyend'unepolitiquemonétaire( triplernentdu taux d'escornpte). Le japon luttacontrela dépressionqui s'ensuivitpar unebaissedestaux d'intérêts.Les investisseursen profitèrentdonc pour emprunterà un yen dévaluéà un taux trèsfaible,pour investirdansles paysdu sud-estasiatiqueet à un tauxplusélevé dansune monnaieindexéeaudollars. Ainsi la bulle s'exportadu Japonen Asie du sud-est,avectous les dangerspotentielsd'un éclatement. Le secondpointconcernela dévaluationdu yuanChinoisen 94.Cettedévaluationa donnéun grand avantageen termede compétitivitéà ce pays,ce qui dégradales comptescourantsdes paysde l'Asie de l'Est toutenredressantcelledela Chine. Un desfacteursde déclenchementde la criseestprobablementle renchérissementdu dollarà partirde 95.PrenonsI'exemplede la Thailande,paysou la crisea débuté.Cerenchérissement du dollars auraitdu entraînerunehaussedesexportations.Mais du point de vue de ce pays, c'est plus la dépréciationdu Yen qui importe,car cetteappréciationdu dollarsreprésenteune diminutiondesexportationsverslespaysà la monnaienon indexéeau dollars,dontle Japon et l'Europe,qui représententunepartienonnégligeablede l'exportationdecespays. De plusl'augmentationde la valeurdu dollaret la chutedu yenparrapportau dollarrendait la parité insoutenable.A mesureque le marchéperdaitconfiancedansle baht, la monnaie thaïlandaise,la fuite des capitauxs'accélérait,les actionsdes spéculateursétrangerset des investisseurslocauxexerçantde fortespressionsà la baissesur la deviselocale.Dansses efforts pour ernpêcherle baht de s'écrouler,la BanquecentraleThaïlandaisea pratiquetnent épuisé,en secret,les réservesfinancièresdont elle disposait.Lorsque,en juillet 97, la Thailandedécide d'abandonnerla parité, c'est le début de la crise. En effet, la crise Thailandaiserévélalesproblèrnesqueconnaissaitla plupartdespaysasiatiqueset seseffets de propagationsoudain. Comme la forte croissancedes exportationsconstituaitjusque-làle principalmoteurde la croissance éconornique,la confiance s'est trouvée ébranlée avec le retournementde conjoncture,d'autantquelespertesou faillitesde certainesentreprisesont mis en lumièrela faible profitabilité des projets d'investissementpassés.La nécessitéde procéderà une dévaluationdu bahts'esttàite de plusen plus pressanteau coursdu premiersemestre1997, laissantprésagerune montée des difficultés financièrespour les entrepriseslourdement endettéesà court tenne, en monnaieétrangèreet sanscouverturede change.Dès lors, la crédibilitéde la politiquede fixité du taux de changes'estérodée,conduisantaux attaques spéculativesdu printemps1997. t7
  19. 19. LA TTIAILANDE 1997 mar,: Vugue de spéculcttion conlre le buht'l'hal'landuis surte ù l'e//imdremenl tle l'une de,s premières sociétés.financière du pults : Finance One. Mui : Lu hourse de llangkok chute tle B'%suile ù ele,çrumeurs d'élargi,r,remenlde,çhundes de fluctuution du Baht, ulors relié ù 80'% au dollars. Intervenlion tle lu Bunque Oenlrale, aidéc clc HongKonS4el Singapour pour éviler un e//bndremenl tlu luur clechange. .Juin: l)émi,ssion du Minisrre des l.'inunces 'l'hui'landais. Inslaurulton des conlrôles de,t change,s. 2 juillet : lVowelle,; ultaques spécululrves conlre le llultt. [,u monnaie perd 20'% cn quelque,s fours. 2B iuillet : La'l'hui'lunde clemunded/iciellemenl I'aide cluI;M1. Août: Signature tlc l'accortl du I"MI pour lu'l'har'luncle d'un nnnlant de 17 milliard,ç tle doilars. Le puys annonce un plan tl'ctu:;lérilé. l1 Octobre : Mise enpluce d'un plan tle restrucluralion buncutre en'l'hui'lande 27 Octobre : IJaissetles cour,ç,;ur les boursesmondiules : Wall Slreetperd 7,8'%. 5 nrnemhre : I)énti,s,çiondu mini,;lre Chaolit Yonpchuivudh en'l'hai'lctnde 8 Décembre: Iiermeturede 56 sociétésfinancièresen'l'lrui'laruJesur 9l queconrptelepuys. Repèreschronologiqueset statistiquesen Thailande ( Problèmeséconomiques- No 2.559- I I mars 1998) Rappeldesfaits r f-:a crise a 'ofïciellernent' éclatéau début du rnois de iuillet 1997 avec la décision desautoritésThailandaises,sousIa pressiond'attaquesspéculativesrépétéesdepuisle début le débutde cetteannée,de laisserflotterla monnaienationale,le baht,puisde faireappelau FMI. Les attaquesqui se sont portéssur la monnaieThaïlandaisetout au long du prernier semestre1997sernblentavoirétéalirnentées,nonpardesdéséquilibrestraditionnels( déficit budgétaireet/ou excèsde créationmonétaires), mais comme on a pu le constaterpar des dérapagesfinanciersconduisantà douterde la capacitéde l'économieà faire fàceà un niveau d'endettementj ugéexcessif. Le retraitdesfondsà court termedont le paysétaittrop dépendantestle deuxièrnefàcteurle plus souventmentionnépar les expertspour définir les causalitésde la criseThaïlandaise. L'impact s'estd'abordfait sentirsur la monnaie,et les prernièresbaissesfurentrapidement suiviesde plusieursautres.Lorsqueles investisseursont commencéà réaliserI'ampleurdes l8
  20. 20. problèmesauxquelsle paysfàisaitface,d'autresont retiréleursfondsdu pays,et le marché boursiers'esteffondré. A la tin 1997,le bahtétaitenbaissede37oÂ.lernarchéboursieravaitchutéde340,6et le pays étaitplongédansla récession.Moinsde 12rnoisaprèslesévènernents,à l'été 98, Standard& Poor's BRI, f-innede conseillerséconomiquesbaséeà Boston,prévoyaitune baissede productionde 6,17opourl'annéeet de0,4%pour 1999.Afin de réduiretoutespiralebaissière supplérnentaireet contrecaffer les effetspsychologiquesdévastateurssur sasantéfinancière, la ThaTlandesetourneraalorsversle FMI et demanderauneaided'urgence. Encoreaujourd'huila Thailandeesten proieà desfacteursdefragilité.Elle estvulnérablesur la majoritédesindicateurséconomiqueset financiers.Sesrarespointsfortscomprennentdes taux d'intérêt réels ( aprèsinflation ) relativementbas, un taux d'épargneélevé, un petit déficitdansle commercedesbienset unebonneallocationdesressourcesselonle FMI. Cesélémentspositifssontcependantrapidementeffacésparle ralentissementde la croissance économique,uneinf-lationrelativementélevée,destaux plusélevésqueceuxde sesvoisins, une dette extérieure trop fbrte, une réglernentationfàible du secteur financier, la fragmentationde cedernieret un pourcentageélevéde prêtsimproductifs. De plus, le paysne disposepasou trop peu d'investissementsextérieursdirectssufÏsants. ldéalement, les pays en développementdevraient compter la plus grande partie de f investtssementextérieur sous fonne d'engagementsà long terme. La préfërenceva à l'investissementdirect, par la constructiond'installationsde productionou des prisesde parttcipationsdans une entrepriselocale. Les prêtsdevraientêtre à long terme plutôt qu'à court tenne, afrn d'éviter les retraits soudainsde tbnds. De plus, la dette devrait être systématiquementprotégéepar des opérationsde couverture.Comme nous I'avons déjà mentionnéplus haut, les opérationsde couverturepermettentde seprotégerdesfluctuations d'une monnaielocale.Pourrappel,l'achatd'un contratà termepermetd'acheterla monnaie de votre créancierà une date précisedansI'avenir" au moment ou vous devezrembourser votreemprunt. La position de la Thailandeen termes de niveau ou de répartitionde la dette ressemble beaucoupà celledu Mexiqueen 1994.C'est un typede vurlnérabilitétypiquede l'Amérique latine,maisquel'on ne s'attendpasà rencontreren Asie.Seulela Coréeestaussivulnérable surce point,bienquela Malaisieet lesPhilippinesprésententauxaussiunefaiblessedansla proportionde I'investissementdirect. Dérapagesdu secteurprivé La crisefinancièreThailandaiseestle fruit de la combinaisonde fàcteursinterneset externes. Au niveau interne, les dérapagesdu secteurprivé ont été encouragéset aggravéspar de mauvaischoixdepolitiqueséconomiques. Premièrernent,contrairementà ce que l'on avaitpu observer,tant au Mexiqueen 1994que dansl'ensemblede l'ArnériqueLatinedesannées80,c'estla dynarniquede la detteprivéqui a alirnentéla crise.Elle représentaiten effet plus de 80% de l'endettementtotal étrangerdr"r paysen 1996.Sa forte croissanceparaissaitcerteslogiquedansuneéconomieou le secteur privé estessentiellementcomposéd'affairesde famillemanquantde capitaux.Mais unepart importantede cettedettea étécontractéeà court termealorsqu'elle étaitdestinéeà financer desprojetsà longterme,créantun nsqued'échéance. l9
  21. 21. En outre, l'intérêt des investisseursétrangers I'endettementen devises,plaçantles emprunteurs vis-à-visdu risquedechange. Réticencessurlesconsolidationsstratéqiques s'est traduit par une forte pousséede locauxdansunesituationde vulnérabilité Un autreproblèmeétaitlié au fait quelesentreprisessontréticentesà radierlesprojetsqui ne connaissentpasle succèsou à abandonnerles activitésnon rentables.Lesprofits généréspar les activités rentablessont utilisés pour subventionnerles pertes des autres secteurs, augmentantainsi le risquede faillite. Les entreprisesde cespayséprouventégalernentdes réticencesenversles fusions,ce qui peut les amenerà raterde bellesoccasionsd'aflaires. C'est ainsi qu'il arrivesouventque,lorsquedeuxentreprisesrelativementpeuperfbrmantes fusionnent,la complémentaritéde leursforcespennetde donnernaissanceà uneentreprise qui croîtsoudainementplusrapidement L'un des rnotiti derrièrecetteréticenceenversles fusions est probablementle manquede concurrence entre les institutions financières.Chacun des tigres a mis en place une réglementationqui réduit I'accès des institutionsfinancièresétrangères.Les règles de propriétéprécisentque des investisseursnationauxdoivent détenirla plus grandepartie du capital des institutions financières étrangères.Une plus grande concurrenceétrangère permettraitd'arnéliorerla qualité des conseilset des servicesofferts par les institutions financièreset deréduirele coûtpourlesconsommateurset lesentreprises. L'immobilierdémesuré Un ratioélevéd'investissementdansI'imrnobilierparrapportà l'équipementsignifiequetrop d'argent est investi dans l'immobilier. Lorsquevous investissezdans l'équipetnent.vous augmentezvotre capacité de production. En parallèle, vous avez besoin d'une certaine quantitédebureauxet de logements.Lorsquel'équilibreestrompuen faveurde l'immobilier, vous devenezà risque de ne pas être en mesurede générersufTsammentde revenuspour payer I'immobilier. Singapour,la Coréeet Taiwan étaientles seulspaysdanslesquelsce risqueétaitabsent. Parailleurs,lesentréesde capitauxpeuventconstituerd'importantsmoteursde la croissanceà condition d'être affectéesde manière adéquate; or en Thaïlande,les prêts se sont assez fortementconcentréssur les secteursnon-productifsou à faible productivité,dontjustement l'immobilier.L'envoléedesprix a permisla formationd'unebulleimrnobilièrequi a alimenté à son tour la spirale de I'endettementpuisque de nombreux prêts sont adossésà des collatérauximmobiliers.Avec desfondsde réservesbas,cela signifiaitque les banquesne disposaientpasde liquiditépour couvrirles prêtsimproductifs.Cettesituationa entraînéde nombreuxproblèrnesenChine,enIndonésie,enCoréeetenMalaisieetThaïlande. Fin 1996,le secteurenregistraitdesexcédentsconsidérables: deslogernentset immeubles commerciauxd'une valeur totale de 20 rnilliards de dollars environ étaientalors vacantsà Bangkok.Dansun articledu Mondedu29 août 1997,on obtenaitlesprécisronssuivantes'.Llu débutde,sunnëes1990,ce,çecleuravuil hénéficiétl'investissemenlsmu,ssi/ir,dun,çun crtnlexle de contlitionsmonétairesftnoruhles( taur d'intérêts bus) et d'afflnr tle cupitauxélrunger.t, rupidentent Irans/ctrnté,ren dépôt,,bon, oi, n,,.20 20 : Le Monde - sectionfinance- 29/08/97 20
  22. 22. Cetteabondancede liquiditéa conduità la forrnationd'unebulleimmobilièreet à un excèsde l'offre sur la demande: < près de 800.000logementsont étéof/èrt,sù Bungkoken 1996.l'rè,t de 100.000sonlrcslésvucunt,ç, ." Cettebulleexpliquequele tauxd'investissementait pu atteindre42oÂdu PIB sansquele taux de croissancen'excède80Â.Une telle pyrarnidede dettesétaitdurabletantquela crotssance se maintenaitet avecelle la haussedesprix de I'imrnobilier; l'ensembledu dispositifétait cependantà la merci du moindreretournementdeconjoncture. Echangescommerciaux En 1997,1adétériorationdeséchangescommerciauxentraînaitl'apparitiond'énonnesdéficits courantsdans chacun des 'tigres'. Le cornptecourantcouvre l'ensembledu cornmerce international.incluantles serviceset les entréeset sortiesde fonds( intérêtet dividendes) reliéesà l'investissementaussibienquelesbiens.La Coréeet la Thaïlandeont égalementété affectées par l'efTondrementdu marché des semi-conducteurs,une composanteclé des équipementsinformatiques.Les ventesextérieuresde ces pays ne sufÏisarentplus alors à payer les importations.lls ont dû releverles taux d'intérêtafin d'attirer suffisammentde capitauxpour couvrirle déficit.Or lestaux d'intérêtplusélevésfont augmenterlescoûtsde production,ce qui à sontour entraîneuneréductiondesventeset un abaissementdesniveaux de production. LesAléa moraux - Le laxismedespouvoirspublics Ces dérapagesdu secteurprivé ont en quelquesorteété encouragéspar I'inexpériencedes institutionsnéesde la déréglernentationfinancièreet par le laxisrnedespouvoirspublics.La prisede risqueexcessifdela partdesinstitutionsflnancièrespeuts'expliquerainsipourpartie parle phénornènedit 'd'aléa moral' ; comptetenudesliensextrêmementétroitsqui unissaient leurs dirigeants et les milieux politiques, les intermédiairesfinanciers se sentaient vraisemblablementprotégéscontred'éventuelsrisques,car ils pensaientpouvoircomptersur I'interventiondes pouvoirspublics en cas de coup dur, même en l'absencede garanties explicitesdel'Etat. Ces liens étroitsentrele secteurfinancieret la classepolitiquesignifientque les pressions politiquespeuventsetraduirepar I'octroi de prêtsqui ne sontpaséconorniquementviables. Dansun systèmefinancierfort, lesbanquesaccordentdesprêtsselonlesméritesdu projet,et non selon les contactsde l'emprunteur.Par exemple,un politicienpeut demanderà une institutionfinancièreaveclaquelleil a desliensd'accorderun prêtà uneentreprise.Si untrop grand nombre de ces entreprisess'avèrentincapablesde laire face à leurs obligations,les institutionsfinancièress'exposentà desrisquesde faillite.La corruptiondu systèmesignifie égalernentque les entreprisesqui présententdesprojetssolidesn'arriventpasà obtenirle financementdontellesont besoin.Singapourou HongKongsontlesseulspaysdanslesquels il n'existepasdeliensétroitsentrelessystèmespolitiqueet financier. 2l z Le Monde- extrait du rapport de la Caissedesdépôtset consignations- 29 août 1997 21
  23. 23. Parailleurs,la faiblessedesrèglesprudentiellesaioué un rôleprépondérant.L'incapacitédes pouvoirspublicsà imposerunedisciplinestricteau systèmebancaireestapparueclairement dès 1996, lorsqu'endépit de pratiquesirrégulières,la Banquede Thailandea choisi de renflouer la Bangkok Bank of Commerce,qui était en quasi-faillite,plutôt que de la sanctionner. Certainesdispositionsont en outre fàcilité les entréesde capitauxétrangers.qui viennent alimenterlesprêtsausecteurprivé.Ainsi, la miseenplaceen 1993desBangkokInternational Banking Facilities(ou liacilités BancuiresInlernationulesc{eBungkttË) a probablenrentjoué un rôle d'entraînernent.Ce centrefinancier offshore, initialementcrée pour rivaliser avec Singapour en permettant aux rnstitutions ayant reçu une licence de jouer le rôle d'intermédiaire auprès d'opérateursétrangers,a rapidement été utilisé en priorité pour faciliterlesentréesmassivesdecapitauxsurle marchéThaïlandais Les flux transitantpar les BIBF destinationde la ThaTlande.Sur la plus de l0% du PIB Thaïlandais: banquesou desentreprisesprivées, ont atteintjusqu'à 84% des flux de capitauxprivés à période1990-1996,1esentréesde capitauxs'élevaientà l'essentiela pris la forme d'empruntsofïshorepar les alorsque les flux de portefeuilleset les investissements 22 directsétrangersnejouaientqu'unrôlemtneur. Cornplaisanceaveugledescréanciersétrangers Enfin, les prêteursportent une responsabilitédans I'accumulationdes déséquilibres.La fàiblessedestaux d'intérêtdu Japonet aux Etats-Unisa encouragélesf-luxde capitauxvers l'Asie, ou les possibilitésde protit étaientnettementsupérieures.Le comportementgrégaire desinvestisseursà égalemententretenula dynamique: le mythedu miracleasiatiqueexplique l'enthousiasme,probablementexcessif,suscitéparleséconomiesémergenteset I'ampleurdes f'lux financiersqu'il a alimenté.La complaisancedes investisseursétrangersà l'égard des économiesasiatiquesen général,et de la ThaTlandeenparticulier,apparaîtégalernentà travers lesnotationsdesagencesinternationalesqui n'ont pasétémodifiéesà la baisseen dépitde la détérioration des fondamentaux macroéconomiques. L'apparent aveuglement des investisseursétrangersest aussi à mettre sur le compte de la pressionconcurrentielleà laquelleils sontsoumiset qui lesinciteà irniterleursconcurrentsde peurd'êtredistancéset de perdredespartsde marché,mêmes'ils ont desdoutessurle bienfbndédesprêts. PourPhilip P.Turner, si dansla premièrephasede cecyclelesgouvernementsontfait fàceà des entréesmassivesde capitaux permettantune augmentationartificielle des réservesde changeet donc'tme,çlérilisalion intparfùitetles entréestle cupitaux el en crtrrtllaire une expun,sionexce,r,rivedu créclitdome,sticlue,lu seatntlephuseprovoquetlescléficitscouranlsde plus enplus important'.-" La cornplaisancedescréanciersétrangerset desmarchésfinanciers sont restéssereinscar l'artifice de la réservede changeest restéintact la plupart du temps sansque desmesurespréventivesde couverturessoientengagés,ce qui n'a pasété mis en transparenceparlesautoritésmonétairesdel'époque. Le détonateurfinanciera été précisémentcelui-ci, les réservesde changesont devenustrop fàiblespar rapportà la detteextérieureà courttermedu pays. Phitip P. TURNER - EconomieInternational - No 16 - pp25 Philip P. TURNER - EconomieInternational- pp 17 22: 232 22
  24. 24. Les marchésn'étantpasraisonnésni pondérésdansleursmouvements,lespaysdébiteursse trouventbrutalementincapablesde leverdesfbndspouralimenterleurspolitiquesmonétaires et économiques. En outre,un autrephénomèned'aléamoral a pu jouer: les investisseursétrangerssavaient qu'encasdedifficultés,uneinterventiondu FMI leurpermettraitdes'ensortirhonorablement commecelaavaitétéle casauMexique,3 ansauparavant. Paradoxalernent.le succèsde l'interventiondu FMI au Mexiquepeutdoncavoircontribuéà l'érnergencede la crisefinancièreenAsie. Enfin et pour rappel,lu politique tl'uncrugedu bahtau dollar ajoué un rôle déterminant: en supprimantle risquede changepour lesprêteursétrangerset lesemprunteurslocaux,elle a en efTetencouragéles entréesde capitauxet I'endettementvis-à-visde l'étranger,mais aussi découragéle recoursaux opérationsde couverture.Les emprunteurssesontalorstrouvésen position de vulnérabilitéface à l'éventualitéd'une dépréciationbrutale et importantede la monnaienationale.En résumé,les déséquilibressontnéstout à la fois de la prisede risque excessifet du cumuldesrisquesdechangeet d'échéance. LA LOGIQTIE DE CONTAGION L'anrpleurde la criseet la rapiditéaveclaquelleelles'estpropagéeà traversl'ensernblede la région ont surpris tous les observateurs.Sirnilitudesdes situations,effet compétitivité, mouvementsde panique,plusieursfacteursont alimentéla contagionmarsont probablement variéen fbnctiondu payset du moment. Après la mise en flottementdu baht, les attaquessesontreportéessur les monnaiesd'autres paysde la région: Malaisie,Philippineset lndonésiedansun premiertetnps.puisHongKong et Coréedu Sud.La crisede changen'a pastardéà sepropager,poussantI'lndonésieet la Coréedu Sudà faireappelà leurtour au FMI. Le rapidedéveloppementdesdragonsa aussifavoriséunecontagioninéluctablesurla région. Cette communeappartenanceà une spiralede développementéconomiqueles lie à des besoinsd'importationscroissantsquandbienmêmeleurmodèleestfondéà la sourcesurles exports. Les besoinscroissantsen machineset outils de productionsde plus en plus sophistiquéslesemmèneà tirer le soldede leursbalancesde paiementscourantsversle bas( soldedu commerceextérieur) . Pour E. Parker,tant que la croissancese poursuitet que le future est prometteurcela peut êtrejustifié. La prudences'imposeraau contrairedansle cas inverse.Malgré le bon senséconomiquedespayscommela Thaïlandeet la Malaisieen tête ont nié leursdéficitsde la balancecommercialeet ont bénéficiéde la cornplaisanceet de l'aveuglementdesbanquesà leur uuuntug".z4 La similitudedespolitiquesde change,desdéséquilibresmacroéconomiques( notammentle creusementdu déficit de la balance des paiements courants et le ralentissementdes exportations) et de certainespratiquesen vigueur dansle monde des afIàiresexplique en partiela contagion.L'effèt 'miracleasiatique'a fonctionnéen quelquesorteà l'envers: une fois la ThaTlandeà terre,la probabilitéquelespaysvoisinssuccombenteuxaussiauxattaques a considérablementaugmentéaux yeuxdesopérateurs. 24 : Edouard PARKER - JeuneAfrique Economie- 16Février 1998- pp 123 1,)
  25. 25. Bien que ce ne fût pasle fruit d'unepolitiqueconcertée,les4 principauxpaysde I'ASEAN avaientchoisid'ancrerleurmonnaieaudollar.Or, lesdifférenteséconomiesde la régionsont en grande partie concurrentessur des marchésextérieurscommuns.L'abandon par la ThaTlandede l'ancragede sa monnaieau dollar fàisaitnaîtrela probabilitéque les autres f'assentde mêmeafin de ne pasperdreen compétitivitéet de ne paslaisseréchapperdesparts de marché.Lesspéculateursont réagià ce risqueen attaquantlesmonnaiesdesvoisinsde la Thallande,notamnrentle ringgitmalais. En outre,touslesélémentsde faiblessedel'économieThaïlandaiseseretrouventà desdegrés diversdanslespaysvoisins,L'endettementfondésurdesmécanismesdetype 'aléamoral' en Indonésieet en Corée a aussidébouchésur des excès; les prêtsn'ont pas alimentédes investissementsdansle secteurimmobilieren Coréernaisplutôtdansdesprojetsindustrielsà rentabilitédouteuse.L'lndonésiea étéégalementpénaliséparI'absencede transparencedans lesrnodalitésdefonctionnementde sonéconomie. Enfin,cesfaiblessesrégionalesdu secteurbancarre,qui constituentun autrepointcommunà toutesceséconomies,ont aussicontribuéà miner la crédibilitéde la politiquede changeet à rendrelesmonnaiesplusvulnérables.C'estle casenCoréedu Sud,dernièreéconomieà avoir été frappéepar la contagion,qui ne pratiquaitpas une politique d'ancragede sa monnaie nationaleau dollar. Lesfàiblessesde la réglementationprudentielleet lesliensétroitsqui unissentdanscespays le monde de la finance,celui de l'industrieet l'Etat expliquentla contagion.Dans ces conditions,toute entreprisede réformeestdélicatepuisqu'il s'agit tout autantde renfbrcerle cadreréglementairequede rnodiflerdespratiquesliéesauxmceurspolitiques. La Malaisie- Etaped'unelogique Mêrnesi ellen'a, à cejour pasétécontraintedefaireappelau FMI,la Malaisiea elleaussiété violemmentmahnenéepar les investisseursrnternationaux.La situationde ce paysestassez particulière: à plus de 150 % le rapportde la detteau PIB y est extraordinairementélevé, maisl'essentielde cetendettementa étécontractéen monnaienationaleet nonen dollars. En outre,la vulnérabilitémacroéconomiquede ce paysn'estpasaussiinrpor-tantqu'il paraît de prime abord: le déficit du comptecourantest par exemplenettementmoins gravesi les flux d'investissementsdirects sont déduits. Néanmoins avec le ralentissementdes exportationset de I'activité économiquedepuiscesdernièresannéesen général,la capacité des entreprisesd'honorerleurs dettesse trouve largemententamée,ce qui a expliquéles inquiétudesdescréancterset lesattaquescontrele ringgit. Les surinvestissementssont égalementlégion en Malaisie, notammentdans des projets pharaoniquescommela constructiond'unenouvellecapitale,d'un nouvelaéroportou encore d'un gigantesquebarragehydroélectriqu".25 Parailleurs,la gestiondesattaquesestloin d'avoir été irréprochable.Ainsi, les accusations portéespar le premier ministre de Malaisie à l'encontredes spéculateurs( GeorgeSoros), puis la décisiond'interdirelesventesà termede certainstitrescotéssur le marchéde Kurala Lumpur,ont trèsprobablementaggravél'inquiétudedesinvestisseurs.Cesdéclarationset les décisions abruptesteintées d'anti-américanismeprimaire ont eflrayé les investisseurs internationaux. 25 : David CAMROUX - La Malaisiefait bandeà part - pp 127- 140( PressesSc;Po 1999) 1 / 1 L 1
  26. 26. Cetteattitudesingulièretendaità prouverquelespouvoirspublicsne s'estimaientnullernent responsablesdesdifficultésrencontréespar le payset laissaitdoncpenserqu'ils seraientpeu enclinsà procéderà desajustementsstructurels.Progressivement,toutefois,sousl'eflèt des pressionsdesattaquesspéculativesrépétéescontrele ringgit,les autoritésMalaisiennesont pris desmesuresd'ajustementdestinéesà restaurerla confiance,mettanten quelquesorteen placeun prograrnmed'ajustement,sansl'interventionexplicitedu FMI. Certainsfàcteursd'inquiétudeet d'incertitudedemeurentà ce jour. Les crisespolitiques gravesqui ont opposéle premierministre a sonministredesfinancesAnrvar Ibrahim puis à son successeurDaim Zainnudinresterontgravéesdansles annalesde ce pays. On notera,en particulier,la tentation pour les pouvoirs publics de faire main bassesur une source importantede fonds,à savoirceuxdétenuspar lesfondsde pension.D'autrepart,I'ampleur des diff-icultésdu secteurbancaireconstitueune inconnuede taille, c'est pourquoila crise nourraitbienencorerebondir. 25
  27. 27. TROISIEMEPARTIE RAISONNEMENTD' UNE INTERVENTION LA VISION DTIFMI ET LES INTERPRETATIONS TI{STITUTIONNELLES La crisesemblemaintenanttenninéedepuissimplernentquelquesmois: lesmarchés sesontstabiliséset desreprisesvigoureusessonten cours,mômes'il resteà réaliserun bon nombre des nécessairesréformes structurelles.Cependant,les évènementsdes 3 dernières années( 1998- 2000 ) ont soulevédes questionsimportantes.Pourquorces paysont-ils connu une telle crise? - Pourquoiles programmesappuyéepar le FMI en Thaïlande,en Indonésie( et parextensionen Corée) n'ont-ilspaspermisde stopperla paniquedesmarchés et d'ernpêcherune brutale récessionqui a suivit?. Pour Michel Camdessus,l'homme considérécommele pluspuissantd'Asie en 1998par le magazineAsiarveek,l'essentieldes mesuresd'urgencedu FMI découlaientd'une donnefondamentalede 'bonnegouvernance'. Soutenudans sesdérnarchespar l'Américain StanleyFischer,son numéro deux et Hubert Neissalorspatrondu départementAsie Pacit'ique,les prescriptionsdu FMI font étatde la fin d'un modèlede croissanceet d'une profonderemiseen causede I'organisationsocialequt caractérisele miracleasiatique. I - La fiaeilité financièreperçueparle FMI Pour le FMI et selon le rapport annuel 1998, plusieursfacteursont pu contribuerau déclenchementet à la propagationde la crrseasiatique,maisle principala été,semblet'il, la fragilité financière. Pour le Fond Monétaire quatre aspects interdépendantsretiennent particulièrement l'attention: 1/ Beaucoupd'institutionsfinancièreset d'entreprisesavaientcontracté, sanscouverture adéquate,des empruntsen devisesqui les rendaientvulnérablesà la dépréciationde la monnaienationale. 2/ Il s'agissaitpour I'essentielde dettesà courttermealorsquelesactifsétaientà plus long tenne,d'oir le risquede liquiditéauxefTètssernblablesà ceuxd'uneruéesurlesguichetsdes banques. 3/ Avant la crise,les prix s'étaientenvoléssur les marchésboursierset imrnobiliers,et une chutebrutaledesprix desactifsétaientdoncà craindre 4l L'allocation du crédit étaitsouventdéficientece qui a contribuéaux problèmesde plus en pluscriantsdesbanquesetautresinstitutionsfinancières. 26 Commentlessystèmesfinanciersdecespayssontils devenussi fragilesauxyeuxdu FMI ? - Pourle FMl, La dégradationtient en partieà l'inefficacité du contrôleet de la réglementation du systèmefinancier,dansle contextede salibéralisation. 26 : Rapport Annuel du FMI - 1998- pp 36 ( La Surveillance) 26
  28. 28. La libéralisationdes mouvementsde capitauxa été mal planifiée,favorisantl'empruntà court tenne alorsmêmequela souplesselimitée destaux de changepoussaitles emprunteurs à sous-estimerle risquedechange. Les politiquesmonétairesont autoriséI'explosiondu crédit intérieur.L'imprudencedes banqueset desentrepriseemprunteusesn'a eu d'égaleque celledesprêteursétrangersqui trahissaitune gestiondéficientedes risques"sinon une perceptionerronéedes saranties publiquesimpliciteset I'insuffisancedesinfbnnationsdisponibles. Dans ces conditions,la crise financière,une fois déclenchée,a été difficile à arrêter.La débandadedesinvestisseursnationauxet étrangersa crééun cerclevicieux: la dépréciation des monnaiesnationalesa rendu un nombrecroissantd'institutionsinsolvables,réduisant encoreleschancesde remboursementdescréancierset accélérantl'hémorragiede capitaux. En outre,de nombreuxfacteursdéfavorablessontvenusaggraverla situationaprèsla mtseen place des programmesappuyés par le FML les évènementspolitiques et le peu d'empressementdesautoritésà appliquerles mesuresconvenuesont seméle doutequantà leur volonté de réforme; des chiffres inquiétants sur le faible niveau des réserves internationales,jusquelà occultés,ont étédévoilésau plusfort de la crise; en Indonésie,les indispensablesfermetures des banquesinsolvablesn'ont été assortiesque de garanties limitéespour les déposantssansassuranceclairequantà leur protectiondansl'éventualité d'autresfermetures; en outre,I'incertituderégnaitquantau n'lontantdesconcoursqui serait eflectivementdisponible. Selonle rapportdu FMI sur la criseasiatique,La riposteau traversdesprograllmes appuyéeparle Fond,s'estorganiséesurtroisfionts : de vastesplansofficielsdefinancement, assortisde mesurevisantà contenirl'exodedescapitauxprivés, un ensemblesansprécédent de réformes structurelles; et des politiquesmacroéconomtquesvisant à lutter directement contrela crise. 2 - La politiquemacroéconomiquedu FMI enaction En synthèse,les faiblesseslargement répanduesdans les développementsrégionaux comprennent: la vulnérabilitédestauxdechange,lesdéficitscourantsélevés,la fàiblessedes exigencesrelativesaux fondsde réservedesbanques,la réticenceenversles radiations,les fermetureset les fusions, et un accèslimité au marché intérieur pour les institutions étrangères. Pour chacunde ces indicateurs,cinq paysétaientà risque,bien qu'il ne s'agissepas des mêmesdanstouslescas. Commençonsparla politiquemonétairequi fut la politiquela plusimportante.Contrairement à la politiquemonétaireclassiquequi consisteà baisserlestauxd'intérêtspourquel'activité reprenne,pour le FMI la prioritéétaitde stabiliserle taux de changeavantqueI'inflationne commence.La stratégiefut donc unepolitique monétairerestrictiveet donc d'augmenterles taux d'intérêts à court terme pour stopper la chute du taux de change.Puis d'abaisser graduellementces taux à mesureque la monnaiese stabilise.Si la monnaien'est pas stabilisée,le servicede la dette devient trop important. surtout dans ces pays ou la dette extérieureesttrès importante.D'autrespart,si le taux de changecontinuaità descendre,cela correspondraità unebaissecontinuelledeconfianceet il faudraitalorsunehausseencoreplus grande. 27
  29. 29. La vulnérabilitédestauxde changesignifiehabituellernentquela nronnaieestsurévaluéepar rapportà celle desconcurrents.Ceci peut aussiêtre causépar la spéculation,et c'est ce qui s'estproduit à Singapour.Les spéculateursse sontdit que la dernandepour les dollarsde Singapourallait diminuer en raison des événementsqui secouaientla région,même en I'absencede toutejustificationéconorniquepour unedévaluation.En Indonésie,en Malaisie, aux Philippineset en Thailande,la pressionsur lestaux de changeétaitréelleet causéepar unemonnaiesurévaluée.C'estlà,à plusieurségard,quesesituele pointtournantdela crise. En 1994,la chinea dévaluésamonnaie,ce qui lui a indéniablementpennisd'enleverdes parts de marchésà sesvoisins. Au début,cette situationa été contrebalancéepar une plus grandecornpétitivitédestigresfaceauJapon,dontle yens'appréciait.En 1997,cependant,la valeurdu yen a cotrmencéà dirninuer,et les tigresse retrouvaientprogressivementmoins concurrentielsà la fois faceà la ChineetauJapon. TandisquelesprogrammesinitiauxdesoutienauFMI étaientenpréparation,lesautoritésdes trois pays en crise ont été contraintespar la pressionmassivedes marchésà laisserflotter leurs monnaies; cette mesureétant tenue pour acquise,les politiquesdu FMI ont été formuléesen conséquence.La décisionde ne paschercherà rétablirl'arrimagedu taux de changeétait principalementjustifiée par l'insuffisancedes réserveset par la réticencedes autoritésà adopterunepolitiquemonétairerigoureusepourdéfendrela parité. Le flottementdes monnaieset les turbulencesqui secouaientles marchésà l'époqueont contraint la politique monétaireà faire un arbitragedélicat entre le désir de résisteraux pressionsdu rnarchépour éviter la spirale de dépréciation-int'lationet celui de limiter les effetsnéfàstesde I'austéritémonétairesur le secteurréel de l'économie.Lesrésultatsont été très différentsselon le pays. La Corée et la Thailandeont présentédes cas d'école de stabilisationréussie. les taux d'intérêtsnominaux,aprèsunecertainepériodede flottement, ont connuunehaussesensible,et les taux réelsont atteintdessommetsde plus de 20oÂen Coréeet I5oÂen ThaTlande,avantde baissergraduellement.A partir du milieu de I'année 1998,les taux d'intérêtsnominauxet réelsdesdeuxpaysétaientégauxou inférieursà ceux d'avantla crise,tandisquelestensionss'atténuaientet quelesmonnaiesseraffennissaient. 3 - Le financernentet sesmodalités impressionnantà prernièrevue, lesmontagesfinanciersélaboréspour venir en aideaux pays Asiatiquesfrappéspar la crise( 43 milliardsde dollarspourl'lndonésie,58 milliardspour la Coréeet 17 nrilliardspour Ia Thailande) ne l'étaientplus autanten comparaisondes flux potentielsde capitauxprivés.De plus,cessommesn'étaientpasentièrementdisponibles- du moinsau départ pourcontrerlestensionsdu marché.D'abord,lesconcoursdu FMI étarent décaissablespar tranchesrépartiessur la duréeprévuedes programmes,selon une formule habituellequi doit inciterles autoritésdespaysbénéficiairesà ne pasdévierdespolitiques d'ajustementconvenues,mais qui les a en fait empêchéesde contrerirnmédiatementles pressionsdu marché.En outre, une partie de l'aide bilatéraleprorniseà la Corée et à l'lndonésie- la secondelisnededéfense- n'a iamaisétédécaissée. -' 27 : YvesGOUNIN - Le FMI faceà la crise- ( La CriseAsiatique) PUF- pp 106 28
  30. 30. Par ailleurs,les programmesne pouvaientse déployercomme prévu que sl un montant substantielde capitauxprivés demeuraitsur place.L'obiectif initial était de rassurerles rnarchéspour que les investisseursdécidentd'eux-mêmesde ne pasretirerleurscapitaux. Seule la Thailandea cherchéd'entréede jeu à conclureun accord implicite avec ses créanciers.En Indonésie,un moratoirede fàit a été imposé,et les discussionsavec les créanciersont étéentaméesen février 1998.La restructurationa étécompliquéeparle fàtt qure prèsde la rnoitiéde la detteextérieuretotaleavaitétécontractéepardesentrepriseset nondes banques. Ce qui estinhabituel,c'estquela gravitédesconditionsdeprêtdu FMI estremiseenquestion par de nombreusespersonnes,et mêmepar deséconomistesorthodoxescomlneJoeStiglitz, économisteenchefdela banquemondiale. PourJosephStiglitzcelava à l'encontredu but recherchéquede hausserlestaux d'intérêtà tel point que même les entreprisesviables ne peuventpas obtenir de crédit de roulement. Aussi, les experts soutiennentqu'on risque de provoquerune très grave contractiondes économiesdes pays asiatiquesplutôt qu'une adaptationdilficile dans un cadred'austérité général.Danscesconditionslespaysasiatiquespeuventdilficilement rembourserleursdettes par I'export si la fàillite guètedes entreprisesviablesà causedes taux trop élevéset des dépensesintérieuresfreinés. Il y a lieu de sedemanders'il n'y auraitpaseu moyend'agir plustôt et plusvigoureuselnent pour associerles créanciersprivésaux opérationsde sauvetage,c'està dire de les obligerà maintenirleur niveaude flnancementnet danslespaysdébiteurs parla restructurationde la dette et la régulationdes sortiesde capitaux. tt C.n. idée est intéressante. elle permetde briser le cerclevicieux ' sortiesde capitaux- dépréciation- insolvabilité ', et de laire comprendreaux créanciersprivés que les concours financiers officiels ne suffiront pas nécessairementà leur sauverla mise. Cependant,il n'est pas aisé, en pleine crise, de convaincrelesinvestisseursprivésde prendrepartautour detable.Uneinterventionmusclée auraitpresquecertainementexacerbéla contagionet risquéautotal decauserun exode,et non un atflux, descapitauxprivésdanslespaystouchés.La réflexionde fond qui a suivi la crisea donc principalementporté sur la mise en place de dispositifspréventifspour maintenir l'expositiondu secteurprivé,plutôtquesurl'adoptiondemesureradicalesaprèscoup. LE FMI ET LES REFORMES STRTICTT]R-E,LLES Il a été accordé davantaged'importance aux réfonnes structurellesque dans les programmes habituels du FMI. La nécessité de réformes du secteur financier était particulièrementpressante,étantdonnéeles originesde la crise.Les politiquesappliquées danslestroispayscomportaienttouslesélémentsessentielssuivants: clôturedesinstitutions financièresen défautde paiement,afin d'éviterlespertessupplémentaires,recapitalisationdes institutionsfinancièrespotentiellementviables,souventavec l'aide de l'état, surveillance étroite par la banque centrale des institutions financièresfragiles et renforcementde la surveillanceet de la réglernentationbancaire,afin d'éviter la réapparitiondes fiagilités à l'orisinede la crise 28 : JosephSTIGLITZ - IRPP - PolicyOptions- Must Financialcrisesbe this frequent and this painful- pp 23 29
  31. 31. L'objectif premier étant de restaurerla santédes institutionsfinancièreset de porter la surveillanceet la réglementationbancaireaux nonîes internatronales.Ensuite,la nécessité d'une restructurationde la dette des entreprises,notammentde l'établissementd'un mécanisme de renégociationviable, était égalementconsidérécomme une contrepartie capitalede la restaurationde la santédu systèmefinancier.Sur ce point les progrèsont été lentsdanslestroispays( lndonésie,Corée,Thaïlande), avecdesconséquencesdéfavorables sur le rythmede la repriseéconomique.D'autresmesuresvisaientnotammentà protégerles secteurssociauxpauvreset vulnérablesdespires effets de la crise en approfondissantet en élargissantles dispositifsde protectionsociale,à accroîtrela transparencedansles secteurs f-inancier,public et des entrepriseset à améliorer I'efficacité des marchéset accroîtrela concurrence.Le but flnal étaitderegagnerle plusvitepossiblela confiancedestnvestisseurs. Parsuitede l'effondrementde leur monnaieet de la fuite descapitauxétrangerset nationaux causéspar la paniqueboursière,lespaysasiatiquesdoiventfaire faceau problèmedu service de leurs fortes dettesextérieures,payableprincipalementen dollars arnéricains.Puisquela valeur de la plupart desdevisesen questiona diminuéde 50% ou plus par rapportau dollar américainen à peinequelquesmois,le fardeaude detteextérieura augmentéénormément.La possibilitéréelled'un défàutde paiementdesdettesinternationalesdespaysen questionqui s'ensuitauraitprécipitéunespiraled'effondrementdont lesbanquesjaponaisesauraientpar ricochetpayéle prix le plus fort ; la cessationbancairede la majontéde sesinstitutionset par ricochetceluidesEtats-Unispuisdel'Europe. Lesprêtsdu FMI et lesautresprêtsd'urgencesontdestinésà ernpêcherquelespaysendettés ne cessentd'honorer leurs dettes. lls servent donc à renflouer les grandesbanques internationales.Commeau coursdescrisesfinancièresantérieures,la principaleprioritéétait de soutenirle systèmetlnancierinternational.Lesbanquesn'ont pasététenuesde participer au règlernentdu problèrnemême si ellesen étaientdes principalescauses.Le FMI et les gouvernementsn'ont demandéauxbanquesqued'assouplirlescalendriersde paiements.Les banques internationales incitent fortement les gouvernementsdes pays asiatiques à transformer les dettes privées en dettes garanties par l'état en échange contre le rééchelonnementdedette. Au coursde la négociationdesconditionsdesprêtsd'urgence,le FMI et le gouvernementdes Etats-Unisont insisté pour que soient adoptésnon seulementles mesuresd'austérité habituellescomprenantune réductiondesdépensespubliqueset la fixation de taux d'intérêt élevés mais aussi l'élimination des restrictionsrestantesapplicablesà I'investissement étranger.Les paysasiatiquesont étéobligédanscertainscasde vendreleursbanqueset leurs actifs de productionà desprix dérisoirespour obtenirle capitalétrangernécessaireau service de la dette.De grandesentreprisesoccidentalesou Japonaisesont profitéde la situationpour s'accaparerdesactifsde productionasiatique. La crisea en effet imposéuneouvertureforcéede certainsmarchéset à imposerunmodèlede marchélibre face au capitalisrneadministréavec son précédentd'aléasûloraLrxmentionnés plushaut.29 29 : Finance.gouv.ca- Notesde conjonctureInternational- Conséquenc€spour les économiesdu Gl0 - pp 17-20 J U
  32. 32. L'ampleur des prêtsd'urgencedernandéspour honorerles créancesexigiblesdépassaitde beaucouplesressourcesdu FMI, rnalgréleuraccroissementrécent.Celaa exigéquedesprêts supplémentairesà courttermesoientconsentispar les Etats-Unis,le Japonet d'autrespays. Le totalde cesprêtsestactuellementd'environ120milliardsdedollars.En outre,on reproche de plr-rsen plusau FMI sonmanquedetransparence.Lesconditionsde prêtontétéétabliesen secretaveclesgouvernementset n'ont pasétérendupubliquesdansla majoritédescas. Destinésà provoquerun revirementrapidede la balancedespaiementsd'un paysafin de créer un excédentqui serviraà rembourserla detteextérieureet à rétablir la confiancedes investisseursétrangers,lesprêtsd'urgencedu FMI ont pennisderepoussertemporairementla gravitéde la crise. Lesexigencesprincipalesdu FMI imposaientsurtoutquelespaysconcernésparle sauvetage, hausseleurstaux d'intérêtsde façontrèsmarquéeet réduiseleursdépensespubliques.On a ordonnéauxpaysasiatiquesde laissers'effondrerlesbanquesayantdépasséleurspossibilités de crédit et de laisserles entreprisesfortementendettéesfaire fàillite. La rnécaniqueest impitoyable,on comprime les économiesnationaleset les salairesafin de dégagerles ressourcesnécessairespourrembourserla detteetjugulerI'inflationqui découle. En synthèse,lesréformesstructurellesont étéd'embléeau cæurdesprogrammesnationaux conçuspour s'attaqueraux causeset aux conséquencesde la crise,et créerdesconditions propicesà la croissanceà moyenterme.Les détailsde cesréformes,qui sortaienten général du champ de compétencedu FMI, ont, dansbien descas"été mis au point en collaboration avecla Banquernondialeet la Banqueasiatiquededéveloppement. En conclusion,les réformesstructurellesvisaientessentielletnentle secteurflnancieret les entreprises,avecun doubleobjectifs. I / préparer les dégâts causéspar la crise ( fermeture des institr-rtionsinsolvables et renforcementde cellesjugéesviables;miseenplacedemesuresvisantà limiterlesrisquesde ruéesurlesguichetsdesbanqueset I'expansionincontrôléedesliquidités) 2/ Remettrele systèmesur une assisesolide- notammenten améliorantle contrôleet la réglementationdu secteurfinancier- afinderéduirelesrisquesdenouveauxproblèmes. Cesdeuxvoletsessentielsde la politiquede sauvetagedu FMI étaientinterdépendants.Il était considérévain de remettresur pied desinstitutronsfaiblespour qu'ellespoursuiventleurs activitésdansun systèmernal réglementé,et il y auraiteu trèspeu d'avantagesfinalementà mettreen placeun systèmemodernede réglementationpour desinstitutionsinsolvablesou au bordde la faillite. Les réformesstructurellesenglobaientbeaucoupd'autresdomaines.En vue d'améliorerla gestiondesaffairespubliqueset la concurrence,deseffortsont étéengagéspour réforrnerles monopoleset les cartels d'Etat, renforcer les lois sur la concurrenceet accroîtrela transparencedesdonnéeséconomiqueset financière.Lesréformesdu commerceinternational visaientprincipalementà favoriserla poursuitede la libéralisation,afin d'éviterun retourà la politiquedu chacttnp,ru,,ui.3o 30 : YvesGOUNIN - Réflexionsmenéessur la nature de la crise- PUF- pp I 16 3l
  33. 33. Le contreexemple: la défaitedu FMI en lndonésie En Indonésieleschosesont ététrèsdifférentes: la politiquemonétairea dérapésous I'ef-fetde l'injection massivede liquiditédansun systèmebancaireen voie d'eflondrement, sur fond de gravestroubleséconomiqueset sociaux.L'expansionmonétairea précipitéla dépréciationde la roupiealorsque le taux d'inflation rnontaiten flèche.Les taux d'intérêt nominauxont étépoussésà desniveauxélevés,maiscettehaussea étéprovoquéeentièrement parla dépréciationet par I'augmentationdesprimesde risque, lestaux d'intérêtsréelssont demeurésnégatifsà partir du début du programmeappuyépar le FMI et pendanttout l'été I 998 La massemonétaireau senslarge,en tennesréels,et le créditont poursuivileur expansion. avectoutefoisd'importantesfluctuationsmensuellesliéesaux sursautsde l'inflation.En août 1998, la crise touchait de plein fbuet l'lndonésie,qui était à risque sur neuf des onze indicateursflnanciers.Malheureusement,lesproblèmeséconomiquesinitiauxont rapidement dégénéréen troublespolitiques,qui ont enveniméla situationéconornique.Les scènes d'émeutes,de pillage et autresformes de violence- particulièrernentdirigéesvers la populationd'origineChinoise,cellequi exploiteunegrandepartiedesentreprisesdu pays- ont détruit des pans entiersdu secteurcommercial L'lndonésieencoreauiourd'huireste plongéedansunerécessionplussévèrequesespavsvoisins Ainsi, la situationmonétairea échappéà tout contrôleet les perturbationsdu marchéont persisté,créantun cerclevicieux.La situationne s'esttlnalementstabiliséequ'au coursdes derniersrnoisde 1998. L'expériencede cespaysdonneà penserqurele resserrementde la politiquemonétairea été un moyen efficace de stabiliserles monnaie.En fait, il aurait peut-êtreété rnoins coùteux d'agir plus tôt et plus énergiquementdansce sens.La périodede taux d'intérêtélevésa été pratiquementéphémèreet n'a pas provoquél'implosion de la monnaieni du crédit. Les portetèuillesdesbanquesen ont pâti,maisellesauraientencoreplus souf-fertsi on avaitlaissé filer la dépréciation.Toutetbis,desquestionssubsistentquantau degréde rigueurvoulu et à I'etïicacité d'une telle politique dans un contexte d'insolvabilité généralisée.Et les conséquencesnéfastesdu resserrementdu crédit sur nombre d'emprunteurspotentiels, notammentlespetitesentreprises,sontégalementpréoccupantes.Celarnontrebien l'urgence de poursuivrela restructurationdu secteurfinancierinternationalafin d'éliminer lesobstacles qui nuisentà 1'allocationefficacedu crédit. Avant la crisela situationbudgétairede cespaysétaitrelativementsolide,et ils affichaient desexcédentsdepuisplusieursannées.La politiquebudgétaireexpansionnisten'a contribué au déclenchementde la crise qu'en Thailande.Lorsqueles politiquesbudgétairesont été élaboréesau départ,dansle cadredesprogramlnes, on pouvaits'attendaità unepoursuitede la croissance,malgréun possibleralentissernent,et on auraitpu prévoirque lestransactions courantesavaientbesoind'êtrerenforcéespour fairefàceà un ref-luxdecapitauxétrangers. Certaines mesures de rééquilibragebudgétaire devaient servir à alléger le fàrdeau de l'ajustementpour le secteurprivé et à absorberles coùtsde la restructurationtinancièreet la haussedesdépensessociales.Lesmesuresprévuesétaientplus radicalepour la Thaïlande,oir le déflcit avait augmentél'annéeprécédente.En Coréeet en Indonésie,par contre,mêmeles programmesinitiauxprévoyaientpeude mesuresglobalesd'assainissementet selimitaientà J1.
  34. 34. chercherailleurs dans le budget des ressourcespour couvrir le coût prévisible de la recapitalisation desbanques. Rétrospectivement,au vu de la chutede la dernandeprivée,la politiquebudgétaireauraitdû ôtreplusexpansionnisteet ellea complètementchangédecaplorsquececonstats'estimposé. La détériorationdu climatéconomiquea conduitdirectementà deshaussessubstantiellesdes déficits budgétaires,accotrpagnées,à partir de 1998,par un assouplissementdes objectifs budgétairesdesprogru*-.r.tt 3l : JosephSTIGLITZ - IRPP - PolicyOptions- Must Financialcrisesbe this frequent and this painful- pp 23-27 J J
  35. 35. CRITIQTJESD'TINEINTERVENTION Lors de I'applicationdu programmed'aide,le FMI fut vivementcritiqué.En ef-fet,les opinionsdtvergentd'unepartà proposde la politiquemenéeparle FMl, en particuliersurles conditionsngoureusesdesprêtset surlesgravesconséquencesqu'ellesentraînententermede salaire,d'ernploi et sont donc irnpopulaires.Ainsi pour les adversairesde cetteapproche agressiveet globalele fait d'assortirles prêtsdu FMI de conditions,aggravegrandementla situationde l'économieréelledespaysconcernés. Les plus virulentescritiquesadresséesau FMI ne viennentpasaussiétrangementque cela puisseparaîtredespaysconcernéspar les réformesrnaisde la BanqueMondialeet du Sénat Américain.Lesdétracteursles plusrnédiatisésen 1999serontJosephStiglitz,vice président de la BanqueMondialeet TrenLott LeaderRépublicaindu Sénatà cetteépoque. Pour FrançoiseNicolas, Economisteet Chargéede rechercheà I'lnstitut Françaisdes RelationsInternationales"les critiquesles plus virulentesà l'encontredu FMI se sont articuléesendeuxgrandsaxes: I'incapacitéà prévenirla criseet leserreurscommisesdanssa .32 gestron. L'échec de la préventionest la causela plus souventtraité par les économistesdansleurs critiquesdu système ' FMI '. Cet échecde l'anticipationestlié aux sourcesd'informations émanant de certains servicesou instancesdes pays membreset font souvent l'objet de rnanipulations.On a reprochéà la Coréedu sud, I'Indonésie,la Thaïlandeet la Malaisie d'avoir volontairementoccultéles donnéesexactesde leursendettementsrespectifs.abordé dans la partie bancairede cet exposé,la 'myopie' des grandesagencesinternationalesde notationqui ont attendr-rla crisepourréviserà la baisseleursnotationsdespaysasiatiques. Les sensibrlitésfinancièresextrêmessur des marchés on ne peut plus volatiles est fréquemmentinvoqué comme prétexteà l'étouffementde l'information. L'ironie de la situationestque le FMI n'ignoraitpasles risquesqui pesaitsur certainesde ceséconomies régionalesmaisaveugléspar le seulindexde croissanceconstantdepuisdesannées,aucunes des autoritésn'a souhaitéréagir entamantdu même coup une parrie suicidairede poker menteurfinancier. En deuxièmemain,lesreprochesfaitsauFMI seplacentvis a vis despréconisationsr-nodèles 'toutesfbites'dont les mécaniquessontinsensiblesaux particularitésdespaysbénéticiaires. Certainesmesurestypiquesdesprogrammesd'ajustementfont étatd'austéritésbudgétaireset de resserrementde la politique,ltonétuir..33 Cesmesuresont trop souventun impactrécessifdanslespaysou le systèmebancairea décritcommerestéà 'l'age de pierre'parle DirecteurGénéraldu FMI Michel Camdessus menacéde surcroîtpar unermplosionde leursfonctionnements. 32 : FrançoiseNICOLAS - Une criseaux multiplesfacettes- Pressesde SciencesPo- 1999- Pp 248- pp 253 33 : StevenRADELET et Jeffrey SACHS - What havewe learnedsofar from the asiancrisis- MIMEO - Janvier 1999 été :et 34
  36. 36. Le rapportannuel1998fait clairementétatde cesmesuresengagéesen prioritéen Thaïlande et en Indonésie;ellessontà l'imagede la sévéritédesplansd'austéritésainsiquele poidsde l'ingérencedu FMI engagésdanscespays: (Inc restructurationdu secteur.finunciervisunftlansunpremier tempsù idenli/ier el ù .fërmerle,;étublissements.financier,;non viuhles( 56 sociétés.financières1. (In runneaucadredepolitirlue mrnétuire,confôrnteuu nouveuurégimede.flotlemenl dirigé. I)es initiutives structurellesvisunl ù uccroîlre /'eflicience,ù clévelopperle rôle tlu ,çccteurprivé clunsl'économie; nolummentpar le biai,çtl'une réfbrmetle lu /ônction puhlique,deprivatisulionsel d'initiativesvisanlù allirer lescupiluuxélrungers. /.'établi,ç,çernentcl'un culentlrier préci:; tle reslructuralion du syslèmefinuncrer, préwryant not(lmmentl'exécution de ,:trutégiesde recapitali,rutionprévenlive el c{c renfircemenl du système.finuncicr. ( Extrait du Rapport Annuel du FMI 1998- Chupitre 2 - I's crise usiutique) Cesmesuresd'austéritéspeuventêtreunesourcesd'humiliationpourlesétatsbénéficiaireset perçu comme une sévèreappropriationde leur indépendancepolitique et éconornique.La globalisationsuit desrèglesde santésouventdrastiqueset çommenousle verronsplus loin n'ont pastoujoursles effetsescomptés( Le casIndonésientraité en amonten estun exemple précis). D'autrespart, les interventionsdu FMI s'éloignentde sa missionpremière,qui est de fournir des liquidités à court terme aux pays frappéspar des problèmesde balancedes paiements.ll était urgentdere-financerlescréancesà courttermedesgrandessociétés,et non pasd'irnposerle programmetraditionneld'austériténationaledu FMi, mesuresqueplusieurs jugentpeuutilespourrésoudredesproblèmesdebalancedespaiernents.Seloneux,c'estaux gouvernementsde s'occuperdesréformeset despolitiqueséconomiques. De plus certainsaffirmentquecettepolitiqueinterventionnistea fait fuir lesinvestisseurscar un taux d'intérêts élevé signifie que le risque de voir des emprunteursen cessationde paiernents'estaccru,qu'elle est à l'origine d'un resserrementdu crédit,l'augmentationdu nombred'entreprisesen faillite et du niveauxde fuite du capitalet ne répondpasà la unedes causesprincipalesde la crise qui est la faiblessedu secteurfinancier.Commeon peut Ie remarquer,unegrandepartiedesreprochesconcerneentreautrel'associationde progralnmes d'austéritéaux initiativesde sauvetagef-inancier. Il estvrai qued'habitude,lesproblèmesquerencontraientle FMI sontdesdéficitsbudgétaires et commerciauxélevés.Ici, les problèmesvenaientdessystèrnesfinanciersimproductifset s'attaqueà unecrisede liquiditétemporairechezles grandessociétéset les banques,plutôt qu'à un problèrned'insolvabilrté.Cettecriseméritaitd'autresremèdescommepersuaderles créanciersétrangersde continuerd'avancerdes fbnds en les persuadantque le manquede réserven'estquetemporaire. Ce qui ressortfinalernent,est la nécessitéde transparence.Cettetransparenceest fbrtement exigéeparle FMI à touslespaysconcernéspourpouvoirjuger de leurréellesantéfinancière. Mais encoreune fois la critique se retournecontrele FMl" qui vraisemblablernentn'a pas assezdiftuséd'infonnationscapitalessurcespays. 35
  37. 37. QUATRIEME PARTIE LECONS ET MESURESPREVENTIVES Suite à la mise en æuvrede programmed'assainissementmacroéconorniqueet de restructurationdu systèmebancairesous la houlette du Fond International,la situation a commencéà s'amélioreren Thailandeet en Corée.L'Indonésiedemeurele principalfacteur d'incertitudeet de déstabilisationpotentielledansla région.Avec le changementde pouvoir, I'espoirpeutpartiellementrenaître;maisil estencoretrop tôt pourtout savoir,d'unepart,si cette fbis les engagementsseronttenuset, d'autre part, quelle seraI'ampleur exactede la récessionimposéeaupays.Lespremiersindicateursne sontguèreencourageants. Le coût socialde l'ajustement,particulièrementaiguen Indonésieestégalernentitnportanten Thailandeet en Corée.Dansce derniercas,le chômagea atteintau pretniersemestre1998 prèsde 7o/ode la populationactivesoit plusdu doubledu chiffre observéà la veille de la crise financière. Jusqu'àl'été 1998,le boom attendudesexportationsen provenancede la régionAsiatique sousI'efIèt de la dépréciationmassivedesmonnaiesne s'estpasconcrétisé,Lesdévaluations massives conduisent souvent à une contraction des importations avant I'expansion des exportations.Encoreaujourd'huiet dansle casprécisdeséconomiesasiatiques,le manquede liquidité engendrépar le désordredu systèmebancaireet I'eflondrementde la confiance constitueI'un desprincipauxfieinsà la reprisedesexportations.Le niveauélevédu contenu en importationde certainesexportationsexerceunecontraintesupplémentaire,en particulier enThailande.Lesperspectivesnesontguèreencourageantedansl'ensemble. Le comportementde la Chine sur le long tenne sera décisif. En l'absenced'une forte croissancesur les prochainesannées( supérieureà 8 oÂselonles experts) , la tentationde dévaluerle yuanréapparaîtra,faisantcourir un risquesystémiqueà l'ensemblede la région. La déterminationaffichéeparlesautoritésdePékinde ne pasdévaluerne signifiepasqu'elles ne changerontpasd'avissi un nouveaurisquedevaitr.ru.gi..34 34 : Edouard PARKER - JeuneAfrique f,conomie- 16Février 1998- pp 124-125-Page3l 36

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