"La troisieme vague..."du Wolfgang Bühne.

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Table des matières
Avant-propos 7
Introduction 9
Un survol des «trois vagues du Saint-Esprit» 13
La trosième vague: l'évangélisation de puissance 16
C. Peter Wagner 17
John Wimber 22
P.YonggiCho 52
R. Bonnke 68
«L'évangélisation de puissance»
à la lumière de la Bible 91
Récapitulation 101
L'alternative biblique 114
Appendice 1 : Ce que dit la Bible 128
Appendice 2: Le congrès de Nuremberg 163
Notes 181

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"La troisieme vague..."du Wolfgang Bühne.

  1. 1. Wolfgang Biihne LA TROISIEME VAGUE... ... le plus grand Réveil de l'Histoire de l'Eglise? Enseignements et pratiques de C. Peter Wagner, John Wimber, Paul Yonggi Cho et Reinhard Bonnke Maison de la Bible Christliche Literatur-Verbreitung
  2. 2. Diffusion Générale: La Maison de la Bible Le Trési 6, CH - 1028 Préverenges Distribution en France: La Maison de la Bible B.P. 19, F - 69813 Tassin Cedex Diffusion au Canada: Service d'orientation biblique Plaza Laval 2750 Chemin Ste Foy Ste Foy QUEBEC G1 VI V6 Canada Titre de l'original allemand: «Dritte Welle... Gesunder Aufbruch?» © 2ème édition augmentée 1992 Editions Christlische Literatur-Verbreitung, Bielefeld ©de l'édition française: Editions Christlische Literatur-Verbreitung, Bielefeld Traduction française: Antoine Doriath Toutes les citations bibliques sont tirées de la Bible Segond, Nouvelle Edition de Genève, 1979 Photocomposition: Dieter Otten, Bergneustadt Imprimé en Allemagne: Ebner Ulm ISBN 3-89397-707-4 (CLV• Bielefeld) ISBN 2-8260-3259-3 (La Maison de la Bible)
  3. 3. Table des matières Avant-propos 7 Introduction 9 Un survol des «trois vagues du Saint-Esprit» 13 La trosième vague: l'évangélisation de puissance 16 C. Peter Wagner 17 John Wimber 22 P.YonggiCho 52 R. Bonnke 68 «L'évangélisation de puissance» à la lumière de la Bible 91 Récapitulation 101 L'alternative biblique 114 Appendice 1 : Ce que dit la Bible 128 Appendice 2: Le congrès de Nuremberg 163 Notes 181 5
  4. 4. Avant-propos Dans le monde francophone, C.P. Wagner, J. Wimber, P. Yonggi Cho et R. Bonnke ne sont plus des inconnus. Ils figurent de plus en plus parmi les orateurs invités aux con- grès et séminaires qui drainent de grandes foules. Il nous a semblé opportun de présenter au public de langue française le présent ouvrage qui est la traduction partielle du livre alle- mand Die dritte Welle... gesunder Aufbruch?, de Wolfgang Biihne, augmentée de certains chapitres tirés de l'excellente étude Spiel mit dem Feuer, du même auteur. Refusant délibérément tout esprit polémique, Wolfgang Biihne désire aider le lecteur à examiner sa propre position et ses pratiques à la lumière de la Parole de Dieu. Il l'invite courageusement à réfléchir à l'alternative biblique, face aux carences des différents milieux chrétiens. Les éditeurs 7
  5. 5. Introduction La «troisième vague»: le plus grand réveil de l'histoire de l'Eglise? Je suis convaincu que nous assistons, en ce vingtième siècle, à une effusion du Saint-Esprit sur l'ensemble de la chré- tienté, plus importante qu'à aucun moment de son histoire. Cette effusion contemporaine surpasse même celle du pre- mier siècle, si ce n'est en qualité, du moins en quantité.»1 C.P Wagner «Dieu est actuellement en train de réhabiliter lafonction de prophète. Dans les années à venir, le prophète jouera un rôle essentiel dans la naissance et l'extension du Réveil... Dieu est aussi à l'oeuvre pour réintroduire lafonction apos- tolique dans l'Eglise. Il se lèvera des hommes qui auront vu le Seigneur Jésus et qui accompliront les signes et les miracles caractéristiques d'un apôtre. Depuis le prem siècle, nous n'avons plus connu de tels hommes. Mais si Dieu en a suscité aux débuts de l'Eglise, pourquoi ne le ferait-il pas à la fin?... Il y aura également une nouvelle approche du surnaturel. Les apparitions d'anges dans les réunions seront chose nor- * NdT. La plupart des citations sont tirées d'ouvrages de C.P. Wagner, John Wimber et Yongghi Cho traduits de l'anglais en français. Bien que leur qualité littéraire soit criticable, nous les avons reproduites telles qu'elles figurent dans ces ouvrages, sans les retoucher, afin que le lecteur qui désire s'y reporter puisse s'y retrouver.
  6. 6. maie, et le Seigneur lui-même apparaîtra dans les semaines, les mois et les années à venir. Les guérisons seront tellem entrées dans les habitudes que même des enfants seront en mesure de les opérer de façon régulière... même des résu rections d'entre les morts deviendront chose courante... Vous verrez des évangélistes ayant les dons de guérison ver leurs mains, et une lumière jaillira de ces mains. Si cette lumière atteint une personne malade, celle-ci sera instan- tanément guérie. Vous verrez repousser des membres am tés, lorsque la lumière émise par la main de /'évangéli tombera sur ces personnes infirmes...»2 John Wimber Par ces affirmations, C. Peter Wagner et John Wimber carac- térisent un mouvement qu'ils ont eux-mêmes nommé «La troisième vague du Saint-Esprit» ou le «power evangelism», expression que nous rendrons, faute de mieux, par «evangé- lisation de puissance». Ce mouvement a connu une relative accalmie ces derniè- res années, mais C. P. Wagner et J. Wimber, ses deux lea- ders, envisagent pour les mois à venir, à travers toute l'Euro- pe, de grandes manifestations qui rempliront de nombreuses colonnes dans la presse charismatique et évangélique, et sus- citeront de grands débats d'opinion au sein des églises. Les évangéliques européens ont donc devant eux des mois qui s'annoncent «chauds». Cette «vague» qui a pris naissance en Californie au début des années 80 se définit comme «un mouvement unificateur qui cherche à tout prix à réduire le fossé entre chrétiens»3. Pourtant la théologie de cette «troisième vague» contient des théories et des pratiques très contestées par les chrétiens attachés à la Bible. Ce mouvement présente plusieurs visa- ges et collabore avec des personnalités dont certaines sont très connues du monde évangélique. C'est pourquoi, l'intérêt suscité par une analyse objective de cette vague de 10
  7. 7. «nouvelles théories et pratiques» touchera non seulement les membres des églises mais également leurs responsables. Dans les décennies passées, la frontière entre les évangé- liques et les pentecôtistes était relativement nette et assez bien définie. La distinction fut plus difficile à faire avec le mouvement charismatique apparu dans les années 60. Elle est quasiment impossible à tracer avec la «troisième vague» aux frontières fluctuantes, aux contours imprécis et au large spectre d'opinions parfois contradictoires. Ainsi, au congrès sur l'Eglise qui se tint à Nuremberg, en novembre 91, aux côtés de C.P. Wagner, on trouvait une quarantaine d'orateurs connus, d'Allemagne et d'ailleurs. Parmi eux, des charismatiques notoires prêchaient le baptê- me de l'Esprit et son signe initial: le parler en langues. De même, des évangéliques qui, du moins je le suppose, ne par- tagaient pas cette doctrine du baptême de l'Esprit à cause de leur arrière-plan luthérien, ont fait cependant, ces dernières années, nettement cause commune avec le mouvement dit de «croissance de l'église» et avec la «troisième vague». D'autres encore qui ne défendent personnellement pas les théories et les pratiques de la «troisième vague», étaient là. N'ont-ils pu se soustraire à l'invitation, ou s'y sont-ils ren- dus comme autrefois les invités d'Absalom «qui l'avaient accompagné en toute innocence, ignorant tout de cette cons- piration» (2 S 15:11), nul ne le sait. Toujours est-il que, par leur présence, eux-mêmes - et les 120 organisations, éditeurs et écoles bibliques qui parti- cipèrent à l'exposition - ont cautionné cette manifestation et soutiennent, par conséquent, un mouvement qui se veut le plus grand mouvement de réveil de l'histoire de l'Eglise. La question est de savoir si, hormis le grand nombre, cette manifestation a d'autres points communs avec les réveils bibliques déjà survenus. Examinons donc attentivement les exposés suivants qui traitent de l'histoire, des doctrines et des pratiques de la «troi- sième vague». Je me suis efforcé de donner une information 11
  8. 8. objective et bienveillante, de ne pas tordre le sens des cita- tions ni de les détacher de leur contexte. Malheureusement, peu de responsables charismatiques sont prêts à se soumettre à un examen critique. John Wim- ber, lui-même, a souvent déclaré qu'il ne lisait, par principe, jamais les études critiques qui portent sur sa personne ou ses écrits, parce que Dieu le lui aurait interdit. Ces analyses cri- tiques le décourageraient et le rempliraient d'amertume. En agissant ainsi, il refuse un des dons de l'Esprit, celui du dis- cernement des esprits (1 Co 12:10) que Dieu accorde à l'Eglise pour qu'elle puisse corriger ses «docteurs» et se protéger de l'erreur. CH. Spurgeon déclara un jour avoir appris davantage des critiques de ses adversaires que des flatteries de ses admira- teurs. Nous devrions tous être reconnaissants pour les mises en garde, considérant notre propre cécité sur nos erreurs. Je voudrais cependant encore souligner avec force une chose importante: j'ai conscience que le développement des erreurs et des hérésies, dans la chrétienté, a pour cause prin- cipale notre infidélité. En tant qu'«évangéliques conserva- teurs», nous sommes évidemment très attachés à la Bible, mais nous avons aussi parfois malheureusement négligé des doctrines importantes de la Parole de Dieu et failli dans l'expression pratique de notre amour et de notre consécra- tion à Christ. C'est pourquoi, les «trois vagues du Saint-Esprit» consti- tuent pour nous tous un défi à relever et une pierre de touche pour éprouver notre fidélité à l'égard de ce que Dieu nous a déclaré dans sa Parole. 12
  9. 9. Un survol des «trois vagues du Saint-Esprit» Avant d'étudier la naissance, la théologie et la pratique de la troisième vague, je voudrais donner un aperçu de l'histoire de ce qu'on appelle «les trois vagues du Saint-Esprit» pour souligner ce qu'elles ont en commun et ce qui les différen- cie. Les leaders actuels du mouvement charismatique et du mouvement de la croissance de l'Eglise1 découpent l'histoi- re de ces mouvements en trois grandes périodes qu'ils quali- fient chacune de «vague du Saint-Esprit». Par ce terme de «vague», ils entendent un mouvement extraordinaire qui atteint une partie importante et particulière de la population et qui en modifie profondément le climat spirituel. La première vague: le mouvement de Pentecôte La première vague a, dit-on, secoué la chrétienté de tous les continents il y a 90 ans, donc au début du siècle, et a donné naissance aux églises pentecôtistes. Au début, l'enseignement et la pratique concernant le baptême de l'Esprit, le parler en langues etc., furent salués avec reconnaissance par une grande partie des évangéliques comme une réponse à leur attente d'un réveil. Mais, suite à des dérapages en différents endroits, le mouvement fut, notamment en Allemagne, sévèrement critiqué par certains leaders évangéliques et partiellement combattu. Ainsi, les chrétiens qui virent dans cette «vague» une intervention de Dieu, furent plus ou moins contraints de proclamer leurs nouvelles doctrines et de pratiquer leurs nouvelles expérien- ces dans leurs propres milieux: les églises pentecôtistes fon- dées vers 1909. 13
  10. 10. La deuxième vague: le mouvement charismatique Environ un demi-siècle plus tard, vers 1960, une deuxième vague née aux Etats-Unis a déferlé d'abord sur l'Eglise Pres- bytérienne (Dennis Bennet), puis sur l'Eglise Luthérienne (Larry Christenson), sur la plupart des Eglises Libres, et enfin, depuis 1966, sur l'Eglise Catholique. L'expérience du «baptême de l'Esprit» ou du «renouvellement de l'Esprit» est, depuis lors, enseignée et pratiquée officiellement. En Allemagne, ce mouvement, connu rapidement sous le nom de «mouvement charismatique», remonte à 1963. Le terrain avait été préparé principalement par le pasteur Arnold Bittlinger et le prédicateur baptiste Wilhard Becker. Le mouvement charismatique avait pour but, non de for- mer de nouvelles églises charismatiques, mais de répandre les expériences charismatiques dans toutes les églises offi- cielles et libres existantes. On peut dire aujourd'hui que l'église protestante, l'église catholique et la plupart des églises libres se sont ouvertes au mouvement charismatique, même si localement certaines paroisses défendent un point de vue différent de celui de ce mouvement, et résistent à la pénétration charismatique. La troisième vague La troisième vague, connue sous le nom d'«évangélisation de puissance», a surgi au début des années 80 à partir du mouvement de croissance de l'Eglise, sous l'impulsion de C. Peter Wagner et de John Wimber. Il est intéressant de noter qu'à l'instar des deux vagues précédentes, celle-ci a égale- ment son point de départ en Californie. Elle évite toute allu- sion à l'étiquette «pentecôtiste» ou «charismatique» et vise essentiellement les groupes épargnés par les vagues précé- dentes: les fondamentalistes et les évangéliques conserva- teurs, jusqu'à présent non charismatiques2. 14
  11. 11. «L'une des caractéristiques de la troisième vague est l'absence d'éléments de discorde. Beaucoup d'églises qui n'ont aucun arrière-plan pentecôtiste ou charismatique, se mettent à prier pour les malades et font l'expérience de la puissance guérissante de Dieu.»3 Cette troisième vague doit renverser la dernière digue qui a résisté aux deux premières vagues. En Allemagne, il s'agit principalement des communautés rassemblées au sein du «Gnadauer Verband», de quelques églises fondamentalistes libres et du mouvement des Frères (les dispensationalistes); tous ceux-là sont particulièrement réfractaires. Résumé L'histoire du mouvement pentecôtiste et charismatique se décompose en trois grandes périodes: 1. la naissance et l'expansion des églises pentecôtistes à tra- vers le monde, à partir de 1900 environ; 2. la naissance et l'expansion du mouvement charismatique au sein des églises officielles et libres, à partir de 1960; 3. la naissance, à partir de 1980, de l'«évangélisation de puissance» en liaison avec le mouvement de croissance de l'Eglise, dans le but d'atteindre toutes les églises et tous les groupes non encore charismatiques. * On appelle dispensationalisme la doctrine des différentes dispensations de l'histoire du salut, au cours desquelles Dieu se serait révélé de diverses façons. Les dispensationalistes différencient très nettement l'Eglise de Jésus du peuple d'Israël, alors que leurs adversaires voient dans l'Eglise le prolongement d'Israël et lui appliquent toutes les promesses concernant le peuple de la nouvelle alliance (notamment le royaume millénaire). Parmi les représentants les plus connus du dispensationalisme, men- tionnons: J.N. Darby, E. Sauer, CI. Scofield (la Bible Scofield), Ch. Ryrie (Dallas Theological Seminary). 15
  12. 12. La troisième vague: l'évangélisation de puissance En 1980, le mouvement charismatique semblait avoir atteint son point culminant. Certains parlaient déjà d'une «ère post- charismatique», et David Watson, évangéliste, auteur anglais bien connu et conférencier au Fuller Theological Seminary sur les thèmes de l'évangélisation et du renou- veau, indiqua en 1980 à John Wimber les signes suivants de cette stagnation: - le déclin de l'assistance aux grandes conventions, tant aux Etats-Unis qu'en Grande Bretagne; - de fréquentes divisions entre les leaders; - un malaise général, marqué par le découragement et le mécontentement.1 Précisément, l'année même où la vague du mouvement cha- rismatique perdait de sa vigueur, se formait la «troisième vague du Saint-Esprit» qui cherche à atteindre les églises évangéliques conservatrices et non charismatiques, jusqu'à présent réfractaires aux deux premières vagues. L'histoire de cette «vague» est étroitement associée au nom de deux hommes qui ont marqué ce mouvement: C. Peter Wagner et John Wimber. 16
  13. 13. C. Peter Wagner On présente souvent C.P. Wagner comme le «père» du mou- vement mondial de croissance de l'Eglise. Il est membre fondateur du mouvement de Lausanne, fut un certain temps président du Comité de Lausanne et enseigne depuis 1971 au Fuller Theological Seminary de Pasadena en Californie. C'est après 16 ans passés en Bolivie comme missionnaire qu'ilfit,en 1967, la connaissance de Donald McGavran, le fondateur de «Fuller School of World Mission» ainsi que du mouvement de croissance de l'Eglise. En survolant de mémoire ses années au service de la mission, Wagner décla- ra qu'il ne se souvenait pas avoir été une seule fois «le canal emprunté par la puissance du Saint-Esprit pour guérir des malades ou chasser des démons»2. Il indiqua lui-même, outre le manque de foi et une consécration insuffisante, quatre autres causes à son manque de puissance: 1. «J'étais "dispensationaliste"... on m'avait toujours en- seigné que, depuis la formation du canon des Ecritures, les signes et les miracles n'étaient plus nécessaires pour attirer l'attention des incroyants sur Jésus... 2. J'avais adopté une attitude anti-pentecôtiste. Dans les cercles que je fréquentais, il était courant de considérer les Pentecôtistes comme des imposteurs... la théologie des Pentecôtistes nous semblait tout simplement trop superficielle... 3. J'avais une conception très limitée de la puissance de Dieu... 4. Ma vision du monde était marquée par l'humanisme séculier... Je me souviens encore à quel point j'étais cer- 17
  14. 14. tain qu'une partie de mon travail missionnaire consistait à persuader les indigènes, que les maladies étaient provo- quées par des microbes et non par des mauvais esprits, comme ils le croyaient dans leurs superstitions...»3 C.P. Wagner mentionne quatre raisons qui l'ont poussé à ne plus être dispensationaliste et qui ont par conséquent modi- fié son attitude à l'égard des Pentecôtistes: 1. Une rencontre avec Stanley Jones. Vers le milieu des années 60, alors que Wagner était encore un «fondamentaliste séparatiste», Jones, le célèbre missionnaire parmi les Indiens, fut invité à se rendre en Bolivie. A cette même époque, Wagner souffrait d'une plaie post-opératoire qui suppurait et refusait de guérir. Sceptique, il alla cependant écouter Jones, qui, à la fin de son sermon, pria pour les malades présents. Le lendemain matin, la plaie de Wagner était guérie. 2. L'observation d'églises qui croissaient rapidement. De D. MacGavran, Wagner avait appris à connaître les facteurs de croissance; à la fin des années 60, il étudia l'extraordinaire développement d'une église pentecôtiste au Chili, ce qui ébranla de plus en plus ses propres con- victions. En 1971, il donna des cours au «Fuller Semi- nary» et écrivit le livre «Spiritual Power and Church Growth», comme résultat de ses recherches sur la crois- sance de l'église. 3. Travail au sein d'une église de Pentecôte. Au milieu des années 70, Wagner enseigna, pendant un temps assez long, les principes de croissance de l'église dans une église pentecôtiste classique (une Assemblée de Dieu). Parmi les hommes et les femmes qu'il enseignait, il discerna de nouvelles «dimensions de la puissance de Dieu» auxquelles il aspirait tant. «Chaque fois queje sor- 18
  15. 15. tais de cette église et rentrais chez moi, j'étais spirituelle- ment revigoré. Souvent,j'ai souhaité être un Pentecôtiste, moi aussi!»4 4. John Wimber entre en scène. En 1975, Wagner fit la connaissance de J. Wimber, alors pasteur d'une église quaker, qui s'était inscrit pour suivre les cours sur l'édification de l'église. Dès la fin de la deu- xième semaine de cours, Wagner reconnut que Wimber avait le don pour être leader et conseiller dans l'édifica- tion de l'église. Il lui suggéra de quitter l'assemblée qua- ker pour devenir son associé dans la direction du «Fuller Institut of Evangelism and Church Growth» nouvelle- ment fondé. Une solide amitié se noua entre les deux hommes, amitié qui subsista même lorsque, deux ans plus tard, Wimber mit fin à sa collaboration pour créer le «Vineyard Christian Fellowship» à Anaheim. En 1982, C.P. Wagner fut sollicité pour donner un cours sur le thème «Signes et miracles» à «School of World Mission». Sous sa responsabilité en tant que professeur, Wimber donna les conférences. Ce cours fut mondiale- ment connu sous le signe «MC510». Wimber ne se borna pas à de simples exposés théoriques; il fit suivre ses leçons d'exercices pratiques sur la maniè- re de diriger des réunions de prières et de guérisons. Au cours d'un de ces services, Wagner lui-même fut guéri de sa tension artérielle trop élevée et se mit à imposer les mains aux malades et à prier pour eux. La troisième vague Après s'être enfin débarrassé des préjugés «anticharisma- tiques», C.P. Wagner enseigna un groupe d'adultes à l'école du dimanche de l'église traditionnelle et non charismatique «Lake Avenue Congregational Church». Avec deux disci- 19
  16. 16. pies de Wimber, il commença un «ministère de guérison efficace» au sein de ce groupe. «Je découvris les dons d'intercession, de relation d'aide, de guérison, d'exorcisme, de prophétie, d'organisation, de discernement des esprits, de parole de connaissance et bien d'autres encore.»5 Comme on ne voulait pas apposer à ce groupe l'étiquette «charismatique» et qu'il fallait quand même le caractériser par l'oeuvre qui s'y déployait, on inventa l'expression «troisième vague». «Par ces mots, nous exprimons que nous aussi, comme le mouvement de Pentecôte (la première vague) et le mouvement charismatique (la deuxième vague), nous faisons l'expérience de la puissance surnaturelle de Dieu, sans toutefois être ni vouloir être assimilés à ces deux premières vagues.»6 Il est intéressant de voir comment C.P. Wagner considère sa mission particulière et de quelle manière sa «vocation» lui est apparue clairement: «Seul l'avenir dira si le nom de "troisième vague" s'imposera ou non. Mais le ministère qui lui est associé fut confirmé en 1983 de différentes manières. Je reçus cinq prophéties de personnes totalement indépendantes les unes des autres, et toutes affirmaient quasiment la même chose. Dieu m'a apparemment appelé à être son messager. Pour que l'Eglise de Jésus-Christ puisse gran- dir, je dois faire connaître la puissance de Dieu à ceux qui ne l'ont pas encore expérimentée. Je dois le faire, cepen- dant, d'une manière non-pentecôtiste et non-charisma- tique. Mais les prophéties contenaient aussi une mise en garde contre les agissements du Malin... Car le Seigneur m'a fait savoir que j'étais placé comme une cible de choix sur la liste noire de Satan. En janvier 1983, après un entretien de relation d'aide avec John Wimber, je fus 20
  17. 17. délivré de la puissance d'un mauvais esprit qui m'occa- sionnait, depuis de nombreuses années, des maux de tête violents et très gênants. En mars, le diable essaya de me tuer en retirant une échelle de dessous mes pieds... Cet événement nous fit soupçonner l'ennemi d'avoir envoyé des démons dans notre maison. Cette supposition fut con- firmée plus tard, lorsque ma femme Doris aperçut ce gen- re d'esprit mauvais dans notre chambre à coucher. Con- duits par l'Esprit-Saint, George Eckart et Cathy Schaller firent usage du don du discernement des esprits et exor- cisèrent la maison de plusieurs démons. Depuis lors, nous n'avons plus jamais été importunés.»7 En 1984, Yonggi Cho, le pasteur de la plus importante église au monde (Central Gospel Church, à Séoul) et ami de longue date de Wagner, fut invité à donner des conférences annuel- les sur l'édification de l'Eglise. Cho avait entendu dire qu'entre-temps, Wagner avait reçu le don particulier «par la prière, de rallonger les jambes estropiées», et fut témoin oculaire d'un tel miracle: pendant que Wagner priait, la jam- be infirme d'un pasteur copte fut guérie. «Dieu agit avec ténacité, la jambe s'allongea et, pour la première fois depuis son accident, le pasteur put se tenir sur ses deux jambes.»8 Successeur de Donald McGavran, C. Peter Wagner a publié une trentaine d'ouvrages qui traitent essentiellement de la croissance de l'Eglise et de la mission. Dans les milieux allemands de ce mouvement, il est considéré comme «le chef de file du mouvement mondial de l'édification de l'Eglise»9 par ses livres et par de nombreux articles. 21
  18. 18. John Wimber Wolfram Kopfermann qui présente J. Wimber comme «une figure marquante du christianisme occidental», décrit ainsi le rôle qu'il voit jouer par Wimber: «Il rassemble dans sa personne trois courants importants pour l'avenir du protestantisme: le mouvement évangéli- que dont Wimber est issu et auquel il se rattache, le mou- vement de la croissance de l'Eglise dont il est aujourd'hui encore l'un des représentants les plus célèbres aux Etats- Unis, et le mouvement du Saint-Esprit dans les rangs duquel il accomplit son ministère. Il pourrait donc deve- nir, pour beaucoup, un personnage favorisant la fusion de ces courants.»10 Wimber raconte lui-même qu'il a été élevé comme un païen dans une famille qui vivait sans Dieu depuis quatre généra- tions et qu'à l'adolescence, le seul but de sa vie était la musi- que. Il entra donc dans ce monde particulier et fit carrière comme musicien de jazz et de rock-'n roll. En 1962, il con- nut une crise grave lorsque sa femme Carol se sépara de lui avec leurs trois enfants et le menaça de demander le divorce. Dans son désarroi, John se tourna vers Dieu à sa façon, rechercha une expérience religieuse et se mit à prier. Sa fem- me lui accorda alors une nouvelle chance, assortie d'une exi- gence: étant catholique elle-même, elle lui demandait d'ac- cepter une cérémonie de remariage à l'Eglise catholique. Peu de temps après, John Wimber et sa femme vinrent à la foi, grâce à des réunions de maison; ils se joignirent alors à une assemblée quaker dont John devint rapidement le pas- teur-assistant puis le pasteur associé, et Carol fut admise dans le conseil d'Anciens. Peu après sa conversion, John se mit à parler en langues, mais sa femme, très réticente à l'égard de cette manifesta- 22
  19. 19. tion, le mit en garde. Dix-sept ans plus tard, Carol fit un rêve dans lequel elle donnait un message contre l'utilisation des dons de l'Esprit; arrivée au dernier point de sa prédication, elle fut cependant envahie par une vague de chaleur: «La vague de chaleur parcourut tout mon corps et sortit par ma bouche. Je me réveillai et me mis à parler dans une autre langue.»12 A cette époque, John était occupé au Fuller Institut pour l'évangélisation et la croissance de l'Eglise. En 1976, la famille Wimber créa à l'intérieur même de l'église quaker une activité nouvelle: tenir des réunions dans les maisons. Très rapidement, 125 personnes se joignirent à lui. En 1977, avec environ 150 personnes, John Wimber quitta l'église quaker et fonda une église qu'il nomma «Vineyard Christian Fellowship» et dont il devint le pasteur. En 1988, cette dénomination comptait déjà plus de 235 égli- ses et environ 80 000 membres. Dans les mois qui suivirent, John et Carol Wimber eurent le sentiment que la puissance de Dieu leur faisait encore défaut, et se mirent à prier pour l'obtenir. Un jour, après avoir parlé du baptême de l'Esprit, et à la demande du public, il se mit à prier en imposant les mains. Voici ce que rapporte Carol: «De ses mains sortait une puissance incroyable. Dès qu'il touchait les gens, ceux-ci tombaient à la renverse. Pour John, c'était comme si une force spirituelle jaillissait de ses mains, une sorte d'énergie électrique. C'était la pre- mière fois que John sentait qu'une force émanait effec- tivement de lui.»12 Quelques jours plus tard, John fut témoin d'une guérison suite à sa prière: la jambe trop courte d'une jeune fille se mit à trembler et à s'allonger jusqu'à atteindre sa taille normale. 23
  20. 20. Rentré chez lui après ce miracle, John qui en discutait avec sa femme, lui dit en se versant un verre de lait: «Je crois que si on enseigne la Parole de Dieu, le Saint-Esprit...» Il n'alla pas plus loin. Après avoir prononcé les mots «le Saint- Esprit», ses jambes se dérobèrent sous lui et il put juste se cramponner à un meuble. Il regarda Carol d'un air étonné et lui dit en riant: «Je crois que nous verrons encore de grandes choses, Carol.»13 L'heure de naissance de l'évangélisation de puissance Fête des Mères 1981. L'église compte alors 700 membres. Ce jour-là, suite à la prière d'un jeune homme, des centaines de personnes se mirent à trembler, à tomber et à parler en langues. En s'approchant de ces personnes comme fou- droyées, Carol sentit qu'une force émanait de leurs corps: «... c'était comme une vague de chaleur ou de l'électri- cité.»14 John, qui ne savait d'abord que penser de ces événe- ments, passa la nuit à lire la Bible et d'autres ouvrages pour leur trouver une explication. Finalement, à cinq heures du matin, il cria à Dieu: «Seigneur, si tout cela vient bien de toi, fais-le moi savoir clairement.» Immédiatement après, le télé- phone sonna; c'était un pasteur ami qui lui dit: «Excuse-moi de t'appeler à une heure si matinale, mais je me sens poussé à te communiquer quelque chose de remarquable. Je ne sais pas ce que cela signifie, mais Dieu m'a ordonné de te dire: "C'est de moi, John".»15 John interpréta cette communication comme une confirma- tion de Dieu, et tous ses doutes s'évanouirent. Depuis lors, «les signes et les prodiges sont ce que de nombreux visiteurs remarquent dans notre vie d'église»16. 24
  21. 21. En 1983, Wimber fonda «Vineyard Ministries Internatio- nal» qui se charge d'organiser aux Etats-Unis et ailleurs des conférences sur la croissance de l'église et sur l'évangélisa- tion de puissance, ainsi que des réunions de guérison et de prière. Ces dernières années, de telles conférences ont eu lieu en Europe dans les pays suivants: Angleterre, Ecosse, Irlande, France, Suède, Allemagne et Suisse. Aux dires de John Wimber, il a pu atteindre en Europe avec son équipe environ 100 000 personnes. Le nombre des participants à ses conférences, tenues dans le monde entier, est estimé entre 400 et 500 000. Le but visé par la troisième vague C.P. Wagner et J. Wimber sont unanimes pour affirmer que la troisième vague doit avant tout atteindre les évangéliques conservateurs et non charismatiques que les deux premières vagues n'ont pas, ou presque pas, touchés. John Wimber déclare: «La physionomie des groupes et églises évangéliques est en train de changer, et ce, très rapidement. Les évangéli- ques fondamentalistes et conservateurs, non charisma- tiques, ne peuvent plus se permettre d'ignorer les deux premières vagues du Saint-Esprit... La plupart des évangéliques, sinon tous, se tiennent à l'écart des deux premières grandes vagues du Saint-Esprit et s'accrochent à une critique vieille de cinquante ans sur les excès du pentecôtisme. Je crois que beaucoup sont d'autant plus violents dans leurs critiques contre les pentecôtistes et les charismatiques, que l'action du Saint-Esprit se fait pres- sante autour d'eux. Certains seront pourtant oints et trans- formés par le Saint-Esprit. Le groupe des évangéliques conservateurs montre déjà 25
  22. 22. des signes qu'il est bien la cible de la nouvelle vague, la troisième vague de l'action du Saint-Esprit. J'entends, par évangéliques conservateurs, les évangéliques qui ne sont pas charismatiques mais qui ne sont pas non plus foncièrement anticharismatiques. J'en ai fait partie pen- dant de longues années.»17 De son côté, C.P. Wagner constate: «La troisième vague a débuté vers 1980, lorsque des égli- ses et institutions évangéliques traditionnelles, en nombre croissant, ont commencé à s'ouvrir à l'action surnaturelle du Saint-Esprit, elles qui n'étaient auparavant ni pen- tecôtistes ni charismatiques, et ne voulaient pas le deve- nir.»18 Différences avec les deux premières vagues J. Wimber voit la différence essentielle dans le fait que la troisième vague ne cherche pas à revêtir de la force divine seulement les «pasteurs professionnels» (première vague), ou les «responsables laïques» (deuxième vague), mais «tous les chrétiens». «Au lieu de n'outiller que les évangélistes, ceux qui ont le don de guérison ou les responsables des communautés de maison, la troisième vague pourvoira tous les chrétiens de la puissance de l'Esprit, en particulier pour l'évangélisa- tion personnelle et pour la guérison divine.»19 «Si je suis l'un des leaders de la troisième vague et si ce que font les "Communautés de la Vigne" (Vineyard Fel- lowship) caractérise l'oeuvre de la troisième vague, alors celle-ci est une vague qui équipe tous les chrétiens, c'est- à-dire qu'elle les encourage à prier pour les malades et à 26
  23. 23. mettre en oeuvre tous les dons spirituels. C'est pour cette raison que j'organise des sessions de formation et non des réunions de guérison. Mon objectif est que tout le corps de Christ prenne en charge le ministère de guérison. Je ne voudrais pas que celui-ci soit limité à quelques chrétiens qui guérissent par la foi.»20 C.P. Wagner, de son côté, considère qu'il existe une dif- férence remarquable entre la troisième vague et les précé- dentes: «l'absence d'éléments générateurs de divisions»21. Plus loin, il ajoute: «La troisième vague se caractérise par un signe distinctif fondamental: elle veut à tout prix éviter les divisions.»22 Wimber est particulièrement sensible à cet aspect, lui dont le «voeu le plus cher est la paix et l'unité dans le corps de Christ»; et il cite D.G. Bloesch: «La seule voie spirituelle pour parvenir à cette unité (entre chrétiens) consiste à revenir au message et à l'enseignement de la Bible, avec le secours de la tradition de toute l'Eglise.»23 Ainsi donc, selon l'ancien principe de l'église catholique, c'est «la Bible et la tradition» qui devraient rendre cette unité possible. C'est pourquoi, on ne trouve pratiquement pas de doctrine claire et précise dans les ouvrages de Wim- ber. On ne doit pas non plus s'étonner de le voir évoquer, parmi les grands témoins de l'histoire de l'église, en matière d'évangélisation de puissance, des figures telles que le pape Grégoire le Grand, Tertullien (un Montaniste), Ignace de Loyola (le fondateur des Jésuites), et le voir s'appuyer même sur les miracles de Lourdes. 2^
  24. 24. Les deux sources de révélation: la Bible et l'expérience chrétienne Pour se faire une opinion sur la troisième vague, il est impor- tant de savoir que C.P. Wagner et J. Wimber ne considèrent pas seulement comme source de révélation de la théologie «la Bible et la tradition», mais aussi «la Bible et l'expérience». John Wimber: «Il est des vérités dans la Bible que nous ne pouvons comprendre qu'après avoir fait certaines expériences. J'ai constaté que cela s'appliquait aussi au domaine de la "guérison". Tant que je n'avais pas fait l'expérience que des gens pouvaient être guéris, beaucoup de passages bi- bliques sur la guérison restaient pour moi incompréhensi- bles... Dieu utilise donc nos expériences pour mieux nous faire comprendre ce qu'il nous enseigne dans la Bible. Et souvent il nous amène, par l'expérience, à rejeter par- dessus bord ou à modifier certains aspects de notre théo- logie ou de notre vision du monde.»24 C.P. Wagner: «Au fond, la théologie n'est ni plus ni moins qu'un essai humain pour expliquer d'une manière raisonnable et systématique la parole et l'action de Dieu. Deux sources lui sont essentielles: la Bible et l'expérience chrétien- ne.»25 Cette conviction explique pourquoi, dans les écrits de ce mouvement, il est souvent question «d'intime communion avec Jésus», condition indispensable pour recevoir des «révélations» particulières et des «paroles de connaissance». 28
  25. 25. L'accomodation La description que donne le théologien évangélique J.I. Packer du mouvement charismatique, «une espèce de caméléon qui s'adapte à la couleur de la théologie et de la piété de son milieu ambiant, et qui est capable de changer de couleur lorsque les facteurs environnants se modifient»26, s'applique aussi fort bien à la troisième vague et en particu- lier à J. Wimber. Pour atteindre les non-charismatiques con- servateurs, Wimber se trouve dans des conditions très favo- rables. Il connaît bien la façon de penser et d'argumenter des évangéliques et des fondamentalistes, et se définit lui-même comme «dispensationaliste»27, bien qu'il défende une idée de l'église que la plupart des dispensationalistes rejettent, à savoir: «Le Nouveau Testament identifie Israël à l'église de Christ»28, et qu'il voie parmi les dispensationalistes les adversaires les plus résolus de ces conceptions. «Les défenseurs les plus obstinés de la théorie de la disparition des signes et des miracles se recrutent parmi les dispensationalistes. Ils croient que l'histoire du salut se décompose en "dispensations" ou ères distinctes au cours desquelles Dieu a agi d'une manière particulière. La Bible Scofield, dont les notes infrapaginales expri- ment très fortement les conceptions dispensationalistes, a popularisé chez des millions de chrétiens évangéliques et fondamentalistes anglophones la théorie de la disparition des dons.»29 A juste titre, Wimber a reconnu que de nombreux évangéli- ques sont davantage choqués par l'apparition sur scène des charismatiques que par leur enseignement et leurs pratiques. Lui-même déclare, à propos de la célèbre «télé-évangéliste» Kathryn Kuhlman: «En ce qui me concerne, elle me parais- sait affectée dans sa manière de s'exprimer, flamboyante dans sa manière de s'habiller, théâtrale dans sa présentation 29
  26. 26. et mystique dans son attitude... Plutôt que de m'attirer vers les oeuvres de Dieu, son style m'en détournait.»30 Mais Wimber s'empresse d'ajouter entre parenthèses: «Depuis, j'en suis venu à l'apprécier et à apprendre d'elle»31. Wimber s'indignait aussi des réunions où d'autres charis- matiques priaient pour les malades: «Carol et moi avons assisté à plusieurs réunions où l'on priait pour les malades... et nous avons éprouvé de la colère devant ce qui paraissait être de la manipulation des gens pour le gain matériel du guérisseur. Même quand il apparaissait que certaines personnes étaient guéries, nous étions incapables d'accepter cela comme venant de Dieu; Jésus, nous disions-nous, ne se prêterait jamais à une telle exhibition! S'habiller comme une vedette, pousser les gens par terre et dire que c'est la puissance de Dieu... et puis l'argent! Ils en demandaient toujours plus, amenant les gens à croire que s'ils donnaient ils seraient guéris.»32 C'est pourquoi, dans ses propres réunions, John Wimber procède autrement. Au congrès de Francfort en 1988, il se tenait principalement à l'arrière-plan et ne venait sur le devant de l'estrade - sauf s'il prêchait, bien entendu - que pour saluer l'auditoire au commencement de la réunion. Il était vêtu de manière plutôt sobre, presque négligée, et par- courait l'assistance avec beaucoup de décontraction. Le so- briquet «Teddy-l'ourson» lui va bien; il se présente comme un père tranquille qui inspire confiance et n'indispose jamais par une quelconque arrogance. Rien de ce qui caractérise le spectacle des autres réunions charismatiques: pas d'extase, pas de verbiage ni d'effets d'éloquence pour jouer sur les sentiments, pas d'appels répétés pour de l'argent. Les exposés de ses collaborateurs sont précis, très équili- brés sur de nombreux points, parfois même autocritiques, si bien que l'auditeur non charismatique voit fondre beaucoup de ses préjugés et qu'il est très tenté de s'avancer pour la 30
  27. 27. séance de guérison et d'exorcisme qui suit, séance qui se déroule dans une ambiance beaucoup plus exaltée. L'enseignement de Wimber sur l'évangélisation de puissance Qu'est-ce donc que cette «evangélisation de puissance»? Wimber la définit comme «une présentation de l'évangile qui est rationnelle, mais qui en même temps transcende la raison. Elle va de pair avec la démonstration de la puissance de Dieu par des signes et des miracles, et permet ainsi de fai- re l'expérience de la grandeur de Dieu .»33 Wimber est con- vaincu que «les signes et les prodiges sont., les cartes de visite du Royaume de Dieu»34 et qu'ils n'étaient pas unique- ment valables pour l'époque de Christ et des apôtres: «... les choses que Christ a faites, y compris les signes et les prodi- ges, devraient faire partie de la vie chrétienne normale»35. «L'explication de l'évangile se fait par une démonstration de la puissance de Dieu au travers de signes et de prodiges. L'évangélisation de puissance est une présentation de l'évangile, spontanée, inspirée par l'Esprit et revêtue de sa puissance. L'évangélisation de puissance est cette evangéli- sation qui est précédée et sous-tendue par des manifestations surnaturelles de la présence de Dieu. Par ces rencontres sur- naturelles, les personnes font l'expérience de la présence et de la puissance de Dieu. Cela se fait le plus souvent au tra- vers de paroles de connaissance... de guérisons, de pro- phéties ou de délivrances d'esprits mauvais. Dans l'évangé- lisation de puissance, la résistance à l'évangile est vaincue par la démonstration de la puissance de Dieu au travers d'événements surnaturels.»36 Wimber reproche aux dispensationalistes tels que Sco- field et Warfield de ne pas pouvoir justifier bibliquement leur affirmation que les signes et les miracles ont pris fin avec les apôtres: 31
  28. 28. «La grande faiblesse de la position de Warfield est qu'il ne peut se servir des Ecritures pour soutenir sa prétention que les miracles divins ont cessé à la mort des apôtres et de leur génération. Rien dans les Ecritures n'énonce ni ne laisse entendre ce qu'il soutient.»37 Wimber enseigne que, de nos jours encore, l'expulsion de démons, la guérison de malades et la résurrection de morts constituent les signes de l'irruption du Règne de Dieu dans ce qui est encore - etjusqu'au retour de Christ - un territoire ennemi. Selon Wimber, l'évangélisation de puissance en- traîne un choc violent entre la puissance de Dieu et celle du diable. Il en résulte souvent un affrontement et des conflits avec des démons. «Quand le royaume de Dieu entre en conflit direct avec le royaume du monde (Jésus envahit le territoire de Satan), il se produit une collision. Elle est désordonnée, elle fait du gâchis - il nous est difficile de la maîtriser.»38 Ici, il faut cependant rendre hommage à Wimber qui inclut, dans sa prédication sur le royaume de Dieu, la nécessité de suivre Jésus; on apprécie de le voir ainsi se démarquer de ce qui est trop souvent enseigné, et pas seulement dans les milieux charismatiques: «La proclamation d'un évangile bancal produira des chrétiens bancals ou, au mieux, faibles. Ceci est hélas bien trop souvent le cas aujourd'hui. Au lieu d'un appel à la seigneurie de Christ et à l'admission dans les rangs de son armée, on entend un évangile égoïste: "venez à Jésus et vous verrez tel ou tel besoin assouvi", "soyez person- nellement accomplis", "atteignez votre plein potentiel". On est loin de l'évangile coûteux que proclamait Jésus: "Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera" (Marc 8:35).»39 32
  29. 29. L'objectif de l'évangélisation de puissance D'après Wimber, l'évangélisation de puissance triomphe des préjugés et de la résistance des incroyants, de sorte qu'on assiste à de nombreuses conversions; de plus, elle crée «une réceptivité aux exigences de Christ généralement très élevée». Wimber enseigne aussi que les signes visibles sont souvent d'abord accordés à ceux qui évangélisent et, ensuite seulement, aux personnes qui doivent être atteintes: «Il arrive souvent qu'une rencontre de puissance qui mène à la conversion se produise d'abord chez ceux qui évangélisent, puis chez ceux qui sont évangélisés. A la Pentecôte, les gens étaient "hors d'eux-mêmes et per- plexes". Néanmoins, nombre d'entre eux firent rapidement le pas, ils passèrent sur l'autre bord: ils devinrent partici- pants de la grâce divine. Une rencontre de puissance se produisant chez un chrétien, en présence de non-chré- tiens, ouvrira ces derniers de manière surnaturelle à l'évangile du royaume de Dieu.»40 «Il est rare que la croissance de l'église puisse être attri- buée à la seule prédication.»41 Pourjustifier ses conceptions, Wimber s'appuie sur les oeu- vres de Jésus, sur la mission confiée aux apôtres et la maniè- re dont ils s'en sont acquittée (cf. Luc 9:1-6; Marc 16:15-18), et sur les témoins suivants de l'histoire de l'église: Justin (100-165), Irénée (140-203), Tertullien (160/170-215/220), Novatien (210-280), Antoine le Grand (261-356), Hilaire (291-371), Macrine (328-379/380), Ambroise (339-397), Augustin (354-430), Grégoire de Tours (vers 538-594), Gré- goire 1er (le Grand) (540-604), François d'Assise (1181- 1226), les Vaudois, Vincent Ferrier (1350-1419), Colette de Corbi (morte en 1447), Martin Luther (1483-1546), Ignace de Loyola (1491-1556), Thérèse d'Avila (1515-1582), Valentin 33
  30. 30. Greatlakes (mort en 1638), les Quakers, les Huguenots, les Jansénistes, John Wesley (1703-1791), les miracles de Lour- des, ainsi que le Réveil d'Azusa Street, à Los Angeles (1909). Parmi les auteurs contemporains de signes et de miracles, Wimber mentionne Reinhard Bonnke, Erlo Stegen, le prophè- te noir Harris, Jacques Giraud, Tommy Hicks et Suba Rao. On constate donc que Wimber inclut des personnes qui, pour la guérison, prônent l'emploi des sacrements ainsi que les reliques et les prières des Saints. A ce propos, il cite Augustin: «Pourquoi, demandent-ils, n'arrivent-ils plus de nos jours ces miracles dont vous dites qu'ils ont eu lieu jadis?... Même aujourd'hui, il se fait des miracles au nom de Christ soit par les sacrements, soit par les prières et les reliques de ses saints.»42 Les réunions de guérison Parmi les signes fondamentaux de l'évangélisation de puis- sance, Wimber cite la guérison des malades. Il déclare que Dieu lui aurait dit: «Oui, les chrétiens sont appelés à guérir les malades de la même façon qu'ils sont appelés à évangéli- ser».43 Il voit dans les guérisons publiques une confirmation puissante de l'évangélisation et une extension du royaume de Dieu: «Une autre raison de prier pour les malades réside en ce que la guérison favorise l'évangélisation. Elle est un "promoteur de l'évangile". J'ai appris cela des étudiants du tiers monde... qui affirmaient qu'il était plus facile de prier pour la guérison de quelqu'un que de lui parler de Christ. A vrai dire, expliquaient-ils, il est très facile de présenter Christ à une personne après qu'elle ait été guérie.»44 34
  31. 31. «Bien sûr, quand nous prions pour les malades, notre but est qu'ils soient guéris et qu'il en résulte une extension du royaume de Dieu.»45 Wimber raconte comment une vision a corrigé son ancienne attitude réservée à l'égard des guérisons et a transformé sa vie «plus que toute autre expérience»: «Brusquement, dans mon esprit, je vis un banc de nuages se surimprimer à l'horizon. Je n'avais jamais vu une for- mation nuageuse comme celle-là, alorsj'ai garé la voiture sur le bas-côté de la route pour regarder de plus près. A ce moment-là, j'ai pris conscience qu'il ne s'agissait pas d'un banc de nuages, mais d'un rayon de miel dont le miel gouttait sur des gens en-dessous. Ces gens étaient dans toutes sortes de positions. Certains étaient émus, ils pleuraient et tendaient les mains pour attraper le miel et le goûter, invitant d'autres à prendre un peu de leur miel. D'autres paraissaient irrités, essuyant le miel qui tombait sur eux, rouspétant contre la saleté. J'étais ébahi. Ne sachant qu'en penser, j'ai prié: "Seigneur, qu'est-ce?" - C'est ma miséricorde, John. Pour certains, c'est une bénédiction, mais pour d'autres, c'est un obstacle. Il y en a largement assez pour tout le monde. Ne m'implore plus jamais pour la guérison. Le problème n'est pas de mon côté. Il est sur terre... Ce fut une expérience émouvante et profonde; certainement, elle révolutionna ma vie plus que toute autre expérience quej'avais faite depuis ma conver- sion. Depuis ce jour, je n'ai jamais plus considéré la guérison de la même manière qu'avant.»46 Wimber a aussi été encouragé, dans son ministère de guéri- son, par le Père Francis MacNutt et ses livres qu'il men- tionne fréquemment, et dont l'ouvrage Healing a été remis à tous les participants à la conférence sur «les signes, les pro- 35
  32. 32. diges et la croissance de l'église» qui s'est tenue à Sheffield en 1985.47 MacNutt se définit lui-même comme un «huma- niste chrétien»48. Ses écrits attestent clairement qu'il croit notamment à la puissance de guérison des sacrements et, en particulier, de l'Eucharistie. Parmi les auteurs que Wimber cite souvent et qui ont façonné ses conceptions, on peut encore mentionner Agnès Sanford et Jung Morton Kelsey, un disciple de Jung, tous deux amis intimes de MacNutt. De Kelsey, Dave Hunt dit, dans son remarquable ouvrage la Séduction de la chrétien «qu'il prétend que le Saint-Esprit n'est autre que le "moi" et qu'il assimile les dons du Saint-Esprit à des pouvoirs psychi- ques occultes».49 Voici ce que croit Kelsey: «Clairvoyance, télépathie, précognition, psychokinésie et guérison ont été observées dans la vie et dans l'environ- nement de nombreux conducteurs religieux, et chez pres- que tous les saints chrétiens... C'est un pouvoir psychique de la même nature que celui que Jésus Lui-même pos- sédait.» «Jésus était un homme de puissance. Il était plus grand que tous les chamanes. Mes étudiants ont commen- cé à voir le rôle que jouait Jésus lorsqu'ils ont lu le livre de Mircea Eliade sur le Chamanisme, et celui de Carlos Castaneda: Journey to Ixtlan (Voyage à Ixtlan)... C'est un pouvoir psychique de la même nature que Jésus Lui- même possédait.»50 La définition de la maladie En plein accord avec de nombreux pentecôtistes et charis- matiques, Wimber enseigne que la maladie est une extension et un effet du péché, ainsi qu'une arme utilisée par Satan et ses démons: «Dans le Nouveau Testament, la maladie est considérée 36
  33. 33. comme une extension et un effet du péché, donc d'origine mauvaise, représentant le royaume de Satan.»51 «Les chrétiens du premier siècle voyaient dans la maladie une oeuvre de Satan, une arme de ses démons, une maniè- re pour le mal de régner sur le monde.»52 Mais, contrairement à beaucoup d'autres prédicateurs de la guérison tels que Oral Roberts, K. Hagin et Kenneth Cope- land, Wimber ne considère pas toute maladie comme étant une conséquence directe d'un péché ou d'une désobéissance. «Contrairement à l'Ancien Testament, de tous les cas de maladie rapportés par le Nouveau Testament, seule une minorité se trouve être le résultat du péché habituel dans la vie d'un individu... il est aussi vrai que la maladie n'est pas nécessairement le fruit d'un péché. Satan est la cause de beaucoup de maladies.»53 Wimber, qui souffre lui-même de troubles cardiaques, d'une tension artérielle trop élevée, d'ulcères d'estomac et de surcharge pondérale54, avoue: «J'aimerais pouvoir écrire que je suis maintenant complètement guéri, que je ne con- nais plus de problèmes physiques, mais si je le faisais, je mentirais.» Sa propre expérience l'amène à reconnaître: «Les exemples d'Epaphrodite, Timothée, Trophime et Paul - ainsi que mon propre état - sont des souvenirs humiliants de ce que la plénitude de notre salut attend encore d'être révélée au retour de Christ et de ce que, malgré la guérison divine possible par l'expiation, nous n'avons aucun droit de prétendre qu'en l'absence de guérison divine, il y a forcément quelque chose qui ne va pas avec notre foi ou avec la fidélité de Dieu.»55 «J'ai décidé, il y a bien longtemps, que si je prie pour cent 37
  34. 34. personnes et qu'une seule est guérie, cela vaut mieux que si je ne prie pas du tout et que personne n'est guéri.»56 Malgré tout, Wimber est d'avis que, dans la plupart des cas, la cause de la non-guérison réside dans le péché et le man- que de foi. Il explique ainsi pourquoi tous ceux pour lesquels on a prié ne sont pas guéris: «J'en conclus que la guérison n'est pas incluse dans le sacrifice d'expiation au même titre que le salut. Pourtant, Dieu veut guérir; je propose donc de considérer qu'il y a dans l'oeuvre du royaume de Dieu des moments de flux et des moments de reflux. Cette explication permet de comprendre pourquoi, à certaines périodes, tous ne sont pas guéris; elle nous aiderait aussi à mieux saisir que beaucoup, pour d'autres raisons, ne seront pas guéris. Quand je regarde sur mon expérience passée de l'action de Dieu, je constate qu'il y a eu des moments de flux et d'autres de reflux. Il est des moments où la présence guérissante de Dieu opère des choses incroyables, et d'autres où il ne se produit aucune guérison. La guérison est donc un phénomène secondaire de l'expiation; elle s'explique beaucoup mieux dans le cadre de la théologie du royaume de Dieu.»57 La pratique Un service de guérison se déroule habituellement de la manière suivante: Wimber, de préférence en présence d'autres chrétiens «qui ont la foi», prie pour les malades, pendant que lui-même ou ses collaborateurs posent les mains sur ou à proximité des parties malades du corps. «A chaque fois que je prie pour les malades, je cherche 38
  35. 35. toujours dans l'assistance des personnes qui ont la foi - que ce soient d'autres membres de l'équipe de guérison, la personne pour laquelle on prie, la parenté (même les enfants qui généralement ont une grande foi pour la guérison), les amis auxquels je m'associe évidemment. Quand je les ai repérées, je leur demande de placer la main sur ou près de la partie du corps qui a besoin de guérison, puis je demande à Dieu de manifester sa puis- sance de guérison.»58 Cette imposition des mains s'accompagne généralement d'un transfert de flots de chaleur et d'énergie. Il est intéres- sant de rappeler la première expérience au cours de laquelle des flots d'énergie émanèrent de Wimber une nuit pendant son sommeil: «Afin de tester sa théorie, elle (Carol Wimber) conçut un plan détaillé en se servant d'une arthrite très douloureuse dont elle souffrait dans une épaule. Une nuit, alors que nous étions en congé dans un chalet de montagne, elle attendit que je sois endormi, puis elle prit une de mes mains et la plaça sur son épaule. Ensuite, elle dit: "C'est bon, Seigneur, fais-le." Une vague de chaleur et d'énergie pénétra son épaule et la douleur disparut. Elle était guérie. Je me suis réveillé en me demandant pourquoi ma main était chaude.»59 L'exemple suivant est caractéristique de la manière dont Wimber dirige une réunion de guérison. Pendant une con- férence sur la guérison tenue dans une église baptiste de Gôteborg, il reçut une «parole de connaissance» selon laquelle une femme, atteinte d'un cancer du sein et qui venait de quitter l'hôpital le jour même, devait être guérie: «En réponse, une femme vêtue d'un long manteau de lai- ne de couleur sombre se leva et dit en suédois: "C'est 39
  36. 36. moi, c'est moi." Je lui ai demandé de s'avancer pour la prière et pendant qu'elle le faisait, j'ai demandé à des volontaires de venir prier pour elle. Trois hommes du premier rang s'avancèrent, deux se tin- rent debout derrière la femme et un en face d'elle. J'ai demandé à la femme si cela ne l'ennuierait pas de croiser les mains sur son sein et de permettre à l'un des hommes de poser la main sur les siennes. Elle donna son accord... Les hommes qui étaient derrière mirent une main sur ses épaules. Puis j'ai fait un pas en arrière et leur ai demandé de m'attendre pour prier. Mais avant que l'interprète ait pu leur transmettre mes instructions, j'ai ressenti un commandement de foi jaillir en moi et j'ai crié en anglais: "Soyez guérie au nom de Jésus." Les paroles avaient à peine franchi mes lèvres que la puissance de Dieu descendit sur les quatre personnes; elles commencèrent à trembler et furent projetées par ter- re! C'était comme si la puissance de guérison de Dieu était entrée dans la femme pour ressortir au travers des trois hommes ou vice-versa... Tous quatre se relevèrent pleurant et louant Dieu, la femme témoigna plus tard de sa guérison.»60 Paroles de connaissance Wimber entend par là des expériences et des pratiques que d'autres chrétiens considèrent plus ou moins comme de la clairvoyance. L'exemple le plus connu à ce propos s'est produit dans un avion. Wimber raconte: «Sur le siège situé à la même hauteur que le mien, de l'autre côté de l'allée, était assis un homme d'un certain 40
  37. 37. âge: homme d'affaires, à enjuger par son allure. Il n'avait rien d'inhabituel ou de remarquable mais, durant la frac- tion de seconde où mon oeil se trouva tourné dans sa direction, je vis quelque chose qui me fit sursauter. En travers de son front, écrit en lettres claires et nettes, je crus voir le mot "adultère". Je clignai des yeux, me les frottai et regardai à nouveau. Il était encore là: "adultère". Etje le voyais, non de mes yeux naturels, mais de ceux de mon esprit... C'était l'Esprit de Dieu qui m'envoyait un message.»61 Les paroles de connaissance jouent également un grand rôle dans le ministère de guérison de Wimber. Parfois, il aperçoit des boules de lumière étincelantes sur certaines personnes, ce qui lui indique quelles sont celles qui doivent être guéries; à d'autres moments, il ressent des douleurs qui l'informent des maux dont souffrent les personnes qu'il doit guérir. «Pendant l'une des rencontres (à Londres), Dieu me dit qu'une personne de l'auditoire était aveugle et que la cau- se de sa cécité était le diabète. Dans ce cas précis, j'avais reçu la vision mentale des yeux de l'homme en même temps que le mot diabète me venait à l'esprit. (Il m'arrive parfois de ressentir dans une partie de mon corps une souffrance qui correspond à la maladie de la personne que Dieu veut guérir. D'autres fois, j'ai comme un éclair d'intuition concernant quelqu'un...»62 J. Wimber définit ce don de la manière suivante: «Il y a "parole de sagesse", lorsque Dieu révèle sa sages- se ou sa façon de voir dans une situation particulière. Il y a "parole de connaissance", lorsque Dieu révèle des faits en rapport avec une situation sur laquelle la personne ne savait rien auparavant. Par exemple. Dieu donne à quel- qu'un des détails précis sur la vie d'une personne afin de 41
  38. 38. révéler un péché, de mettre en garde et d'offrir une sécu- rité, de révéler les pensées, de donner la guérison ou de fournir des instructions.»63 «Se reposer dans l'Esprit» Un autre phénomène, qui accompagnait déjà les rassemble- ments d'autres charismatiques tels que Kathryn Kuhlman, Kim Kollins, Reinhard Bonnke, se manifeste aussi dans les réunions de Wimber. Il s'agit du «repos dans l'Esprit» que Wimber définit ainsi: «Tomber (ou, selon certains: "être terrassé par l'Esprit"). L'histoire de l'Eglise et les expériences contemporaines contiennent de nombreux exemples de personnes tom- bant et restant étendues sur le dos ou sur le ventre pendant plusieurs heures. La plupart des personnes sont conscien- tes d'une sensation de calme et d'indifférence sublime aux circonstances. On ne note en général aucun effet secondaire, bon ou mauvais. Il arrive que cet état se pro- longe pendant douze à quarante-huit heures, auquel cas il a été témoigné de profonds changements spirituels consé- cutifs à cet état. Les chutes les plus spectaculaires sont celles de pasteurs ou responsables spirituels, dont certains semblent être jetés face contre terre par l'Esprit, ils restent prostrés et frappent parfois le sol en cadence avec leur tête pendant environ une heure... Les changements qui suivent cette expérience peuvent aussi être très profonds. Le ministère de ces pasteurs est pétri d'une puissance et d'une effica- cité nouvelles.»64 Cette expérience est parfois liée à un parler en langues, à des visions et à des rires. Murray Robertson, pasteur d'une égli- se baptiste de Nouvelle Zélande, rapporte à ce sujet sa pro- pre expérience. Lors d'une conférence sur «Signes, miracles 42
  39. 39. et croissance de l'Eglise», il fut soudain pris de violents tremblements dans la main, comme s'il avait actionné un marteau-piqueur. Voici la suite de son récit: «John Wimber poursuivit son sermon: "Certains d'entre vous sont depuis longtemps dans le ministère, ils se sen- tent fatigués et ont perdu courage. L'Esprit-Saint va venir sur eux et les renouveler." Une envie de rire s'empara de moi. Je la réprimai car il eût été malséant de s'égayer à ce moment précis ! "L'Esprit viendra en vagues successives, ajouta Wimber, et chaque vague entraînera derrière elle un nombre de personnes plus grand que celui de la vague précédente." Quelques personnes des premiers rangs se mirent à rire. Puis quelqu'un à un autre endroit de l'audi- toire. C'est sûrement l'oeuvre rafraîchissante de l'Esprit, me dis-je en éclatant de rire. Cette joie dans l'Esprit par- courut l'assistance pendant dix minutes environ, puis elle s'évanouit lentement. Tous ceux qui avaient ri se turent, sauf moi. Impossible de m'arrêter! Impossible aussi de rester debout! J'oscillai d'avant en arrière et finis par tomber et me rouler par terre, plié en deux par mes éclats de rire! Entretemps, des personnes avaient fait cercle autour de moi. Je faisais le spectacle, et quel spectacle! Chose intéressante, dans cet état de fou rire, j'arrivais cependant encore assez bien à m'analyser. Je savais ce qui m'arrivait: des mois, des années de frustrations et de déceptions dans le ministère, tout cela s'envolait... Je restai ainsi trois quarts d'heure à rire. Lorsque je cessai enfin, un collègue et ami intime posa sa main sur ma tête et dit: "Seigneur, donnes-en lui encore". Et je m'esclaffai à nouveau pendant trois quarts d'heure! Je suppliai alors mon ami de ne plus prier pour moi, tellement j'avais les côtes endolories! Le lendemain, je rencontrai brièvement John Wimber et lui dis que mes côtes me faisaient encore mal! Il raconta mon expérience à tous les participants de la conférence et 43
  40. 40. ajouta que j'étais le premier "saint rieur" baptiste qu'il eût connu.»65 Le ministère de délivrance A l'instar de nombreux non-charismatiques, Wimber estime qu'il est de son devoir de chasser les démons qui ont élu domicile chez des chrétiens ou des non-chrétiens. Il ne con- sidère plus la rencontre avec les démons et la lutte contre eux comme une chose exceptionnelle car, d'après lui, de tels conflits sont inévitables dès lors que «le royaume de Dieu affronte le royaume de Satan». Le premier exorcisme pratiqué par Wimber remonte à 1978. Cette nuit-là, un jeune homme désespéré l'avait sup- plié de venir au secours de Mélinda, son amie, qui se débat- tait avec une rare violence et émettait des sons proches de grognements bestiaux: «La jeune fille (ou plutôt ce qui habitait la jeune fille) parla: "Je te connais" furent les premiers mots qui m'assaillirent - émis par une voix rauque, à vous dresser les cheveux sur la tête - "et tu ne sais pas ce que tu dois faire." "Tu as raison", pensai-je. Alors le démon dit au travers de Mélinda: "Tu ne peux rien faire d'elle. Elle m'appartient." "Tu as tort", pensai-je. C'est alors que commencèrent dix heures de combat spi- rituel, où j'ai invoqué les armées célestes pour vaincre Satan. Pendant tout ce temps, il me fallut supporter des odeurs fétides, des yeux révulsés, une transpiration abon- dante, des blasphèmes et une activité physique sauvage... J'étais horrifié et très effrayé. Pourtant, j'ai refusé d'abandonner la partie. Je pense qu'en fin de compte, le démon est parti parce 44
  41. 41. que j'avais réussi à l'épuiser, et non parce que j'avais quelque aptitude à chasser des esprits mauvais. Depuis lors, j'ai beaucoup appris sur ce genre de rencontre. Si j'avais su à l'époque ce que je sais maintenant, je suis certain que l'épisode n'aurait pas duré plus d'une heure... La rencontre avec des démons m'est devenue une expéri- ence courante.»66 Wimber enseigne que les chrétiens qui tombent et vivent dans le péché peuvent, eux aussi, être assujettis à des démons. C'est pourquoi le ministère de délivrance occupe une place importante dans chacune de ses conférences. «Mais les chrétiens peuvent être atteints et même con- trôlés par des esprits mauvais s'ils persistent à vivre dans une situation de péché grave non confessé... Le Nouveau Testament enseigne que si des chrétiens vivent dans le péché, ils risquent d'être livrés entre les mains de Satan... Les chrétiens peuvent aussi être démonisés quand des démons héréditaires (qui sont transmis de parents à enfants) ou des démons qu'ils attrappent en cours de rou- te par d'autres moyens ne sont pas chassés de leur vie.»67 D'après Wimber, le chrétien soumis à des puissances démo- niaques peut soit procéder à une «auto-délivrance»68 en bri- sant le lien tout seul, sans le secours de la prière des autres, soit demander la «délivrance fraternelle» ou la «délivrance pastorale». «Viens, Esprit Saint!» Wimber ne donne pas au «baptême de l'Esprit» la même signification que les pentecôtistes ou les charismatiques qui l'assimilent à une «deuxième expérience» associée au parler en langues. Il préfère, quant à lui, insister sur la «plénitude du Saint-Esprit»; en revanche, il défend certaines idées cri- 45
  42. 42. tiquées en partie par les charismatiques mais qui revêtent une grande importance pour ses réunions de guérison et de délivrance. En général, la conférence ou le sermon de Wimber ou de ses collaborateurs est suivi d'une partie pratique, introduite par la supplique: «Viens, Esprit Saint!» Après un certain temps de silence, le Saint-Esprit révèle - suivant le thème du séminaire ou de la conférence - les possessions démonia- ques, les maladies, les blessures psychiques, etc. Le «Saint- Esprit» est donc invoqué comme une puissance extérieure à nous qui doit signaler sa venue ou sa présence au milieu de l'auditoire par certaines réactions. «Une bonne vue spirituelle rend capable de reconnaître Dieu et de travailler avec lui dans le processus de guéri- son. Pendant que nous écoutons la voix de Dieu et prions pour les malades, l'Esprit Saint vient sur eux. Alors se produisent, dans la personne pour laquelle on prie, des phénomènes émotionnels et physiques qui nous indiquent que l'Esprit est présent. Certains de ces phénomènes sont manifestes: pleurs, cris, expression de louanges prolongées et exubérantes, trem- blements, calme, contorsions et distorsions du corps, chute à la renverse (appelée parfois "terrassement par l'Esprit"), rires et sauts.»69 Communication des «dons» par imposition des mains Wimber est convaincu qu'aujourd'hui encore, les dons spiri- tuels et la puissance de l'Esprit peuvent se transmettre par imposition des mains. Il s'appuie sur les exemples de Moïse et d'Elie qui ont transmis à d'autres leur «puissance». Carol, sa femme, décrit ainsi la première expérience de John Wim- ber dans ce domaine: 46
  43. 43. «John se demandait comment il pourrait aider les autres à faire l'expérience de la présence et de la force de Dieu, comme lui-même la vivait de plus en plus intensément. Nous n'avions pas encore découvert que ce que Dieu nous donne, nous pouvons le transmettre à d'autres par l'imposition des mains. Puisque Moïse et Elie avaient agi de la sorte, nous savi- ons que c'était possible, mais nous n'avions pas appliqué ce principe à notre situation. Alors, Dieu s'adressa à John. Il devait oindre d'autres personnes pour le ministè- re. Un dimanche matin, à la fin du culte, John pria tous ceux qui soupiraient après davantage de puissance pour accomplir leur service, de bien vouloir s'avancer. Il leur fit ôter leurs chaussures et les oignit d'huile, conformé- ment à ce qui est écrit dans le Lévitique - sur le lobe de l'oreille droite, sur le pouce droit et sur le gros orteil du pied droit (c'est ainsi que Moïse avait consacré Aaron et ses fils pour le sacerdoce). John leur imposa les mains pour leur transmettre le don de guérison. Au début, il était quelque peu fébrile mais il savait pertinemment que Dieu lui avait ordonné de procéder ainsi. Puis il invita tous les malades à s'avancer. Les personnes sur lesquelles il venait juste d'imposer les mains furent chargées de prier pour les malades. Ce qui arriva nous remplit d'étonne- ment: beaucoup furent guéris.»70 Il raconte lui-même que pendant un certain temps, il avait été réticent à transmettre ses dons par imposition des mains, ce qui lui valut quelques expériences négatives: «Je me souviens de la première fois où Dieu m'a donné le don spirituel de la parole de connaissance - des faits et informations qui ne peuvent être connus que de manière surnaturelle et qui se rapportent à des situations, person- nes ou choses précises. Je pouvais révéler les secrets du coeur de tel ou tel. C'était un don agréable à posséder, et 47
  44. 44. puisque personne d'autre ne pouvait l'exercer dans l'Eglise, des sentiments d'orgueil jaillirent en moi. Alors Dieu me montra qu'il fallait que je transmette ce don; c'est-à-dire qu'il fallait que j'impose les mains à d'autres et prie pour qu'ils reçoivent ce don eux aussi. Je n'avais qu'à prier: "Seigneur, veuille donner à cette per- sonne des paroles de connaissance" et la plupart rece- vaient des paroles de connaissance. Mais Satan com- mença à me chuchoter à l'oreille que si je continuais à distribuer ce don, je le perdrais. Aussi, je me suis arrêté de prier pour que d'autres reçoivent le don... et pendant les quatre mois qui suivirent, je ne reçus aucune parole de connaissance. A la fin, je suis allé trouver quelques amis et je leur ai demandé de prier pour moi, et j'ai à nouveau reçu des paroles de connaissance.»71 Wimber ne croit pas que tout chrétien ait reçu un ou plu- sieurs dons; pour lui, les dons du Saint-Esprit sont accordés seulement dans des situations particulières: «Nombre de personnes enseignent que chaque chrétien a un ou deux dons en sa possession. Les chrétiens sont encouragés à "découvrir leurdon", ce qui implique que peu nombreux sont ceux qui sont appelés àdes ministères com- me celui de la guérison divine. Je crois que cet enseigne- ment - tout chrétien ne possède que deux ou trois dons et ne peut fonctionner qu'avec ces dons - est faux...»72 L'étude de 1 Co 12 conduit Wimber à affirmer que les dons ne sont pas accordés en premier lieu aux membres individu- els mais au corps tout entier, de sorte que «tous peuvent... faire l'expérience de chacun des dons». «Ainsi, il y a une distribution spécifique des dons aux individus qui survient à l'occasion de besoins spécifi- ques. C'est-à-dire que les dons sont donnés dans une 4S
  45. 45. situation précise pour être employés par l'individu pour la bénédiction des autres. Ce qui veut dire que tout chré- tien peut prier pour les malades... L'Esprit Saint apparaît au milieu du peuple, revêtant les chrétiens de dons pour répondre à des besoins spécifiques. Les dons de guérison viennent souvent aux chrétiens de cette manière.»73 «Lorsque je parle de l'Esprit avec les évangéliques, je leur demande s'ils ont reçu l'Esprit quand ils sont nés de nouveau. S'ils répondent affirmativement (ce qu'ils devraient), je leur dis que tout ce qu'il leur reste à faire, c'est d'actualiser ce que l'Esprit possède, tout ce qui leur est demandé, c'est de libérer les dons. Je pose alors les mains sur eux en disant: "Soyez remplis de l'Esprit" - et ils le sont.»74 A cet égard, il est intéressant de citer l'extrait suivant d'un article publié par Siegfried Grossmann, longtemps respon- sable du mouvement «L'appel» et du groupe de travail baptis- te «Charismes et Eglise». L'article est intitulé: «L'évangé- lisation dans la puissance de l'Esprit. Impressions recueillies au congrès de John Wimber à Francfort.» L'auteur fait part de ses impressions et de ses observations à propos du trans- fert des dons: «Je partage l'idée que nous devrions davantage prendre au sérieux les dons du Saint-Esprit et que nous devrions prier pour leur éclosion. Ce congrès nous en a donné l'occasion. Mais pourquoi a-t-on laissé entendre ensuite que tout chrétien possédait en principe chacun des dons, et que, si ce n'était pas le cas, il lui suffisait de prier pour les recevoir? Pour bien faire comprendre cet aspect du problème, j'évoquerai plus en détails ce qui a été dit lors d'une con- férence tenue un matin par McClure: 49
  46. 46. L'orateur invite tous ceux qui veulent confesser leurs péchés à s'avancer, de sorte que le Saint-Esprit puisse venir sur eux. Quelques centaines de personnes se diri- gent vers l'avant de la salle. McClure déclare: "Le Sei- gneur est fier de toi et t'accordera des succès remarqua- bles." Suit une prière pour que le Saint-Esprit descende sur tous et que se produisent des signes et des miracles. L'ambiance est calme et recueillie, l'auditoire est dans l'attente. McClure exhorte tous ceux qui aspirent au don d'évangélisation à lever la main. "Recevez le don d'évangélisation!" Suit une prière en langue, signe que l'Esprit est en train de répandre ce don... A la fin de la réunion, le conférencier offre au public l'occasion de demander le don de guérison. Plus de la moitié des per- sonnes présentes expriment leur désir de posséder ce don. Me Clure confirme l'exaucement de cette prière. Il con- clut: "Je vous le dis, en lieu et place de Christ: guérissez les malades, chassez les démons, annoncez l'évangile. Recevez ce don de la part de Christ." Puis l'orateur rend grâces à Christ d'avoir exaucé cette prière, et l'assistance répond par des applaudissements nourris. Pendant le par- tage des sujets de prière, principalement lors de la prière pour recevoir le don de guérison, il s'était formé de petits groupes dans lesquels les participants se bénissaient mutuellement par imposition des mains; certains tom- baient à la renverse, d'autres étaient secoués de rires... Le vendredi soir, John Wimber exhorte tous les pasteurs, tous les responsables d'église et de groupes de maison à s'avancer. Il déclare avoir le don particulier de communi- quer la puissance aux leaders spirituels. "Je ne sais pas pourquoi, mais cela aide." Puis il prie plusieurs fois: "Viens, Esprit Saint!" De temps en temps, le silence de la salle est déchiré par des cris souvent prolongés; ici et là se manifeste une certaine agitation parce que quelqu'un est tombé; ailleurs, des personnes sont prises d'un rire irrésis- 50
  47. 47. tible. Wimber tranquillise: "Ne vous effrayez pas, c'est le Saint-Esprit qui agit."... Le dernier soir, John Wimber entraîne la plus grande partie de l'assemblée à s'égayer, à faire l'expérience du "saint rire" - selon sa propre expres- sion -, puis à donner libre cours à son exubérance et finalement à danser. Pour ma part, cette réunion, comme la plupart des autres lors de ce congrès, me laissa avec un sentiment mitigé... Cela me gênait qu'on identifie cet événement psychique, aux accents d'auto-suggestion populaire, à une «descente» du Saint-Esprit. Dans ce cadre, il est facile de faire de la manipulation des foules... et des charismes!»75 51
  48. 48. Paul Yonggi Cho - Pasteur de la «plus grande église du monde», à Séoul (Corée) Contrairement à C.P. Wagner et J. Wimber, P. Yonggi Cho ne peut pas être considéré comme un des fondateurs de la troisième vague. Mais, par l'extraordinaire croissance de son église, par ses livres et ses conférences, Cho a exercé une influence considérable sur le mouvement de pentecôte, sur le mouvement charismatique et sur la troisième vague. C.P. Wagner présente Cho comme «son ami de longue date»76 et l'invite chaque année pour donner des exposés à la «Fuller School of World Mission», à Pasadena. De nombreuses théories de P. Yonggi Cho ont été reprises par les dirigeants de la troisième vague. P. Yonggi Cho, pasteur de 1'«église Yoido du Plein Evan- gile» qui comptait plus de 700 000 membres en 1989, est issu d'une famille bouddhiste. A 18 ans, il tomba malade et on diagnostiqua une tuber- culose au stade terminal. On ne lui donnait plus que 3 ou 4 mois à vivre. Sur son lit de mort, il reçut la visite d'une jeune chrétienne qui l'exhorta à lire le Nouveau Testament, suite à quoi il se convertit. Il se remit de sa maladie, put quitter le lit six mois plus tard, et ne connutjamais de rechute dans ce domaine. Y. Cho se rattacha ensuite à une église pentecôtiste, à Busau. Après avoir suivi les cours d'une école biblique, il fonda une église dans la périphérie de Séoul, puis à Séoul même. C'est la croissance extraordinaire de cette église qui a fait connaître Cho dans tous les milieux chrétiens. Beaucoup de spécialistes qui étudient la croissance de l'église, voient, dans la vie de prière intense de cette com- munauté, le secret de son prodigieux développement. Cho déclare que, chaque année, environ 300 000 membres de son 52
  49. 49. église gravissent la «colline de la prière» afin d'y prier avec ferveur pour différents sujets. «Environ 60% s'y rendent pour demander le baptême du Saint-Esprit et le don du parler en langues. Le deuxième groupe, par ordre d'importance, y cherche la solution à des problèmes familiaux, et le troisième va y prier pour la guérison.»77 Dans sa vie personnelle, Cho attache une grande importance au parler en langues: «Je prie aussi beaucoup en langues. Le parler en langues est la langue du Saint-Esprit et, lorsque je parle en lan- gues, j'expérimente sa présence dans mon subconscient. Dans ma vie de prière, je consacre plus de 60% de mon temps à prier en langues. Je prie en langues en dormant. A mon réveil, je prie en langues. Je prie en langues quand j'étudie la Bible et encore dans mon culte personnel. Si je devais perdre le don du parler en langues, je crois que mon ministère serait amputé environ de moitié. Pendant tout le temps où je prie en langues, je retiens le Saint- Esprit dans mon subconscient... La prière en langues m'aide donc à rester en contact permanent avec le Saint- Esprit.»78 Entretemps, Y. Cho est devenu un conférencier très deman- dé dans de nombreux pays et ses livres ont été traduits en plusieurs langues. Fondateur du CGI (Church Growth Inter- national), il est une personnalité influente, non seulement dans les milieux pentecôtistes et charismatiques, mais aussi dans le mouvement de croissance de l'Eglise. Son église et le «World Mission Center» qu'il a fondé, sont le but de nombreux voyages d'études de groupes chré- tiens qui s'intéressent à la croissance de l'église. Les sermons et les ouvrages de Cho abordent surtout 53
  50. 50. quelques thèmes particuliers qui caractérisent son ministère et qui sont considérés comme le secret de son succès: - la pensée positive, la motivation, le succès, - la visualisation (rêves et visions) et la «quatrième dimen- sion», - le pouvoir créateur de la parole exprimée. Ses prédications et ses expériences prouvent que Cho parta- ge des points de vue très proches de ceux de Wimber et d'autres leaders de la troisième vague. Je vais d'abord tenter de dégager, à partir de ses écrits, ce que Cho enseigne, sans porter de jugement de valeur. 1. Pensée positive. Motivation positive Les exposés de Cho sur la réussite et le bien-être rappellent très fortement les prédications de Robert Schuller, sans dou- te le plus connu des télé-évangélistes contemporains. Ses sermons sont retransmis chaque dimanche sur plus de 200 chaînes de télévision. Mieux que quiconque, Schuller a su propager la philosophie de la pensée positive parmi les évangéliques. Voici comment Schuller interprète la croix, le péché et le renoncement à soi: «Il est urgent de repenser l'interprétation traditionnelle des paroles de Christ, que nous devons nous charger de notre croix... La prédication de la pensée du possible, c'est l'annonce positive de la croix!... Jésus-Christ était le plus grand penseur du possible que le monde ait jamais porté. Osons-nous l'imiter?»79 «Je ne pense pas qu'il y ait eu quoi que ce soit d'accompli au nom de Christ ou sous la bannière du christianisme, 54
  51. 51. qui ait été prouvé plus destructeur de la personnalité humaine et qui ait donc eu autant d'effets contraires aux efforts d'évangélisation, que la stratégie souvent brutale, grossière et peu chrétienne visant à essayer de rendre les gens conscients de leur condition de pécheurs perdus.»80 Schuller, convaincu que Christ « a souffert la croix pour sanctifier son estime de soi, qu'il a porté la croix pour sanc- tifier l'estime de soi, et que la croix sanctifiera la glorifica- tion de soi-même»81, compte parmi les prédicateurs qui ont enthousiasmé, et sans doute façonné, Yonggi Cho. «Aux Etats-Unis, le Dr Robert Schuller jouit d'une très grande audience à travers tout le pays. En voici la raison: il prêche toujours "l'attitude mentale positive", grâce à laquelle il fait germer dans le coeur de ses auditeurs la foi, l'amour et l'espérance. Quand je me trouve le diman- che matin dans un hôtel aux Etats-Unis et que je désire suivre un office religieux télévisé, je me branche toujours sur l'émission "L'heure de la puissance" du Dr Schuller car j'ai l'assurance qu'il remplira mon coeur de foi, d'amour et d'espérance. Sa prédication m'édifie. J'ai écouté d'autres prédicateurs et des messages d'évangélis- tes bien connus mais, dès que je les entends, je préfère éteindre la télé. Ils ne font que condamner les gens; je me sens alors si déprimé que je n'ai même plus envie de prier.»82 On comprend donc sans peine pourquoi R. Schuller a écrit la préface du livre de Cho «La quatrième dimension». Voilà deux hommes qui se sont rencontrés et qui ont compris com- ment, de manière différente mais tout aussi efficace, faire passer un message à l'homme. Les extraits suivants des ouvrages de Yonggi Cho montrent à l'évidence qu'il partage les mêmes conceptions que Robert Schuller et Norman Vin- cent Peale: 55
  52. 52. «L'Esprit ne cessait de me répéter: "Tu es un enfant du roi, tu es une personne importante. Continue de te com- porter comme la personne importante que tu es."»83 «"Cela ne peut pas se produire ici. Le terrain est trop dur." Ces déclarations négatives doivent, une fois pour toutes, disparaître de notre vocabulaire. Remplaçons-les par la manière de parler du Saint-Esprit, et habituons nos gens à penser en termes de réussite.»84 «Pour amener les autres à cultiver la confiance en soi, nous devons nous-mêmes nous habituer à penser en ter- mes de succès, et l'exprimer non seulement par nos paro- les mais aussi par notre façon de vivre. Beaucoup d'égli- ses stagnent du fait que leurs pasteurs n'ont pas une ima- ge particulièrement positive d'eux-mêmes. Or, un sentiment juste et sain de sa propre valeur est indispen- sable pour assumer une fonction de direction. Il faut rechercher l'absence ou la déformation d'une bonne ima- ge de soi parmi les causes suivantes: une présentation peu attrayante de sa personne, une formation intellectuelle insuffisante, une discipline qui laisse à désirer, une origi- ne modeste, un pouvoir limité et une santé déficiente. On pourrait compléter cette liste, mais ces exemples sont caractéristiques des excuses avancées par les personnes qui n'ont pas une opinion favorable d'elles-mêmes.»85 «Quelle était la clé du succès de notre entreprise? Nous avons appris à nos membres comment se servir de la puis- sance de leur quatrième dimension. Ils visualisent leur réussite. La pensée négative ne nous intéresse pas. Ayant cultivé une façon de penser positivement, nous parlons positivement.»86 Bien que Yonggi Cho mène une vie simple - il faut le souli- gner à son honneur - et qu'il dise: «Tout ce que j'ai en plus, 56
  53. 53. je le donne à notre Mission internationale»87, il prêche néan- moins l'évangile de la prospérité: «Je crois que c'est la volonté de Dieu que nous vivions dans le bien-être spirituel, physique et financier.»88 «La pauvreté est une malédiction de Satan. Dieu voudrait que tout son peuple connaisse la réussite et qu'il soit bien- portant, physiquement comme spirituellement (3 Jn 1,2)»89. «Pour ce qui est de ma propre expérience, la première chose que je fais chaque matin, au moment où j'aborde une nouvelle journée sans visage ni consistance, c'est de lui donner un nom et de définir sa nature; je dessine ainsi son visage. J'aime à dire: "Père,je te remercie de me don- ner cette nouvellejournée. Journée nouvelle, que ton nom soit "succès". Aujourd'hui, depuis le clair matin jusqu'aux heures sombres du soir, tu serviras à mon succès et à mon efficacité." Assurément, cette "créa- tion" - le jour nouveau - sera alors au service d'une réus- site profonde et de grande ampleur.»90 La visualisation 1l'«incubation », les visions et les rêves) Norman Vincent Peale, l'un des pères de la pensée positive, définit la visualisation comme «la pensée positive poussée à un stade plus avancé»91. Dans l'occultisme, dans les religions païennes et par- tiellement aussi en psychologie, on définit et on pratique la visualisation comme un «moyen de matérialiser les choses par la construction d'images mentales fortes». On enseigne que «les images mentales peuvent être améliorées et embel- lies de manière progressive, jusqu'à ce qu'elles agissent sur la réalité, au point de se matérialiser effectivement!»92 57
  54. 54. La théorie est simple et apparemment plausible: les scien- ces affirment, ajuste titre, que la matière peut se transformer en énergie. De là, les défenseurs de la visualisation pensent que l'inverse est vrai aussi et, par conséquent, que «l'énergie doit pouvoir se transformer en matière. Le mental est de l'énergie. La pensée est de l'énergie»; il doit donc être possi- ble de matérialiser des choses grâce à certaines techniques mentales ou à une imagination créatrice. Dans la traduction des ouvrages de Yonggi Cho, le con- cept de «visualisation» est aussi rendu par «incubation», dans le sens de «période pendant laquelle ... une création se prépare sourdement» (définition du Petit Robert). Y. Cho parle encore de «visions et de rêves», de «développement du subconscient», de «représentations intenses». Cho déclare que la découverte de la puissance de l'imagination créatrice, en rapport avec la quatrième dimension, lui a été donnée par une révélation spéciale de Dieu. Lorsqu'il était encore bouddhiste, Cho connaissait les guérisons par le yoga et la méditation, et savait que lors de rencontres de «Sokagakkaï» japonais, des sourds, des aveugles et des muets étaient guéris. La constatation que, contrairement à ce qui se passait dans les religions orienta- les, aucun miracle ne se produisait dans les églises chrétien- nes,fitnaître en lui une grande perplexité: «J'ai été un temps quelque peu troublé par le fait que la plupart des chrétiens n'avaient pas l'air d'attacher une grande importance aux miracles de Dieu. Ils disaient: "Mais comment pouvons-nous croire en la grandeur absolue de Dieu? Comment pouvons-nous appeler le Dieu Jéhovah l'unique créateur qui habite les cieux? Nous voyons aussi des miracles dans le bouddhisme, dans le yoga et dans le Sokagakkaï. Nous voyons de nom- breux miracles dans les religions orientales. Pourquoi devrions-nous prétendre que le Dieu Jéhovah est le seul créateur de l'univers?"... J'ai donc décidé de présenter 5 S
  55. 55. leurs questions à Dieu dans la prière... C'est alors qu'une révélation glorieuse m'a été donnée, et j'ai reçu une explication claire. Depuis ce jour, j'ai entrepris d'expli- quer ces choses à mon église en Corée... Dieu a ensuite parlé à mon coeur: "Mon fils, comme la se- conde dimension contient et contrôle la première, et la troi- sième contient et contrôle la seconde, ainsi la quatrième dimension contient et contrôle la troisième, produisant par là-même une création ordonnée et belle. L'esprit est cette quatrième dimension. Tout être humain est un être à la fois spirituel et physique. Il possède dans son coeur la quatriè- me dimension aussi bien que la troisième.»93 «Le rêve, ou la vision, constitue le support qu'utilise l'Esprit Saint dans le but de construire quelque chose pour nous. La Bible déclare: "Quand il n'y a pas de révélation, le peuple est sans frein" (Pr 29:18). Sans vi- sion, on n'aboutit à rien. Les rêves et les visions constituent les matériaux avec lesquels le Saint-Esprit va travailler. Je dis toujours que les rêves et les visions sont le langage du Saint-Esprit. Si l'on ne parle pas cette langue, il ne peut y avoir aucun fruit. Le Saint-Esprit veut dialoguer avec nous mais il ne peut le faire sans nos rêves et nos visions. Dans la Bible, quand Dieu voulait agir de manière particulière en faveur de quelqu'un, il le lui faisait d'abord savoir par le moyen de rêves ou de visions.»94 Cette découverte entraîne les conséquences suivantes: «Ainsi donc, en explorant la sphère spirituelle de la qua- trième dimension, par le développement des visions et des rêves qui se concentrent dans leur imagination, les hommes peuvent couver et incuber la troisième dimen- sion, l'influencer et la transformer. C'est ce que le Saint- Esprit m'a enseigné.»95 59
  56. 56. «Si Dieu vous a accordé une vision, vous devez appren- dre à consacrer du temps pour la "couver". Vous devez littéralement porter en vous cette représentation, comme une femme enceinte porte son bébé, quoi que les autres puissent penser. Les visions et les rêves constituent l'élément central de ma philosophie chrétienne, autour duquel gravitent tous les principes mis en oeuvre pour la croissance de l'église. De par le monde entier, j'ai vu de nombreux exemples où la pratique des recommandations sur les visions et les rêves a effectivement élargi les capacités de visualisation d'une personne.»96 Dans son souci d'étayer sa «philosophie chrétienne» avec des arguments bibliques, Y. Cho déclare: «Dans la Genèse, l'Esprit du Seigneur couvait et planait au-dessus des eaux. Il était comme la poule qui couve ses oeufs et amène aujour les poussins»97. «Le Père lui a répondu: "Tes enfants seront aussi nom- breux que ces étoiles." Abraham a certainement été bou- leversé... En regardant les étoiles, il ne pouvait voir que les visages de ses enfants. Soudain, il a cru les entendre tous l'appeler: "Père Abraham!"... Il n'a pas pu dormir quand il a fermé les yeux car les étoiles devenaient le visage de ses enfants et s'écriaient ensemble: "Père Abraham!" Ces images lui sont souvent revenues à l'esprit et sont devenues ses propres rêves. Elles faisaient désormais par- tie intégrante de sa quatrième dimension, dans un langage fait de visions et de rêves spirituels. Ces visions et ces rêves ont commencé à dominer son corps, âgé de cent ans, et l'ont peu à peu transformé en un corps plus jeu- ne.... Une vision et un rêve ont changé Abraham, non seulement quant à son esprit mais également quant à son corps.»98 60
  57. 57. «La quatrième dimension agit de telle manière en Abra- ham qu'elle rendit cet homme centenaire capable de procréer de façon naturelle. Cela fut possible parce que les lois qui régissent la quatrième dimension s'exercent à fortiori dans l'univers physique à trois dimensions.»99 Cho voit d'autres exemples de ce principe dans la vie de Jacob (lors de la multiplication de ses troupeaux), dans les rêves de Joseph, dans la construction du Tabernacle dont Moïse avait eu une «vision», dans l'histoire des prophètes et dans celle de Pierre. A en croire Yonggi Cho, cet apôtre serait devenu «Pierre», c'est-à-dire «Roc» parce qu'il en avait la vision dans son coeur. Par contre - toujours selon Cho -, Isaac a mené une vie banale et terne parce qu'il ne rêvait pas. Expériences de «visualisation» dans la vie courante Pour bien montrer l'importance que revêt la quatrième dimension et l'«incubation» dans l'enseignement de Cho, je vais rapporter quelques exemples tirés de ses ouvrages. Les lecteurs quelque peu au courant de la «pensée positive» admettront sans peine que l'histoire suivante pourrait figurer dans le bestseller de Napoléon Hill, «Think and Grow Rich» (Pensez à la richesse et devenez riche). Un jour, un boulanger vint trouver Cho et le supplia d'intercéder pour lui car, en dépit de tous ses efforts, il était au bord de la faillite. Cho raconte: «Après avoir prié pour lui, je lui exposai le principe des visions et des rêves. Je lui dis: "Monsieur Ho, retournez dans votre boulangerie. Imaginez que votre commerce redevienne florissant. Commencez à compter l'argent dans la caisse vide. Voyez la clientèle qui s'étire en une queue interminable devant votre magasin!"
  58. 58. ... Environ deux mois plus tard, Monsieur Ho revint me voir, le visage radieux. "Dr Cho, vous aviez raison. Je n'ai pas tout de suite compris ce que vous m'aviez dit. Honnêtement,j'ai considéré vos propos comme des paro- les insensées. Mais vous êtes un homme de Dieu, et je crois qu'il faut faire ce que dit le pasteur. Aujourd'hui, ma femme et moi venons vous remettre un chèque pour l'église." Je regardai le montant inscrit: plus de mille dollars! C'était la dîme du boulanger.»100 L'histoire suivante se passe en Allemagne. Après une con- férence de Cho, deux prédicateurs s'approchèrent de lui dans l'espoir de recevoir une Volkswagen par son moyen. Il leur conseilla: «..."Pourquoi ne couvez-vous pas dès maintenant l'idée d'une telle voiture?" "Comment faire?" me demandèrent- ils, étonnés. "L'incubation est un processus important de la prière. Si vous ne faites qu'espérer, vous ne pourrez jamais incuber... Commencez donc à incuber. Ouvrez votre agenda à des pages encore vierges. Représentez- vous exactement la voiture que vous désirez. Combien de places doit-elle avoir? Quelle sera sa couleur?" "Elle est verte et offre quatre places", me répondirent-ils. "Bien. Ecrivez ces indications. Fermez les yeux et repré- sentez-vous cette voiture. Commencez à envisager toutes les solutions pour réunir la somme nécessaire à son achat. Accrochez une image de la voiture souhaitée au mur de votre chambre à coucher. Avant de vous endormir, lisez la feuille sur laquelle vous avez indiqué les caractéris- tiques du véhicule... Imaginez que vous montez dedans, que vous mettez la clé de contact... Dites-vous ensuite: «C'est mon auto.» Remerciez Dieu pour cette voiture et croyez fermement que vous la possédez . L'espoir seul ne permet pas de donner corps à une idée, mais si votre foi 62
  59. 59. couve une représentation que Dieu vous a donnée, elle la transforme en une réalité."»101 Quelques mois plus tard, les deux prédicateurs possédaient la Volkswagen en question. A cette occasion, Cho déclara: «Nous devons appliquer le principe de l'incubation et transformer ainsi l'embryon conçu dans la pensée en un miracle bien réel.»102 Voici une autre histoire rapportée par Cho. Il s'agissait d'une femme qui priait depuis des années - en vain - pour trouver un mari. Cho lui demanda de consigner par écrit les caractéristiques du mari rêvé: nationalité, taille, corpulence, profession, violon d'Ingres, etc. Après que la jeune femme lui eut lu les indications portées sur sa feuille, Cho lui dit: «"Fermez les yeux. Vous pouvez imaginer votre mari, maintenant? - Oui, je le vois très clairement. - Très bien. Nous allons passer commande maintenant. Voyez-vous, tant que vous ne voyez pas clairement votre mari dans votre imagination, vous ne pouvez pas en pas- ser commande. Car Dieu ne va jamais pouvoir vous répondre..." Puis j'ai ajouté: "Ma soeur, emportez cette feuille de papier avec vous, s'il vous plaît, et collez-la sur votre miroir. Chaque soir, avant de vous mettre au lit, relisez cette liste à voix haute et, chaque matin, en vous levant, faites de même. Puis louez le Seigneur pour la réponse à votre prière."»103 Un an plus tard, cette soeur épousa l'homme de ses rêves. Le jour des noces, la mère de la mariée lut, devant les invités, la fameuse feuille avec ses dix points, puis elle la déchira. 63
  60. 60. 3. La puissance créatrice de la parole exprimée Cho part de la théorie suivante que lui inculqua un neuro- chriurgien: le siège de la parole, dans le cerveau, règne sur tous les autres nerfs. Le centre nerveux de la parole a un tel pouvoir sur tout le corps que le seul fait de parler peut permettre à une personne de contrôler son corps et de le manipuler de la manière dont il le désire. Le savant lui expliqua: «Si quelqu'un persiste à dire: Je suis très âgé, je suis très fatigué, je ne peux rien faire, alors, très vite, le centre de contrôle du langage répond et donne des instructions en conséquence. Les nerfs répondent: "Oui, nous sommes vieux. Nous sommes prêts à descendre dans la tombe. Préparons-nous à nous désintégrer." Celui qui se répète toujours qu'il est vieux va bientôt mourir.»104 Cette rencontre a profondément marqué Cho, comme il le reconnaît lui-même: «Cette conversation a revêtu une grande signification pour moi et a eu une grande influence sur ma propre vie. J'ai compris depuis lors qu'il est important d'utiliser la parole pour créer une vie réussie.»105 Cho prétend cependant que c'est Dieu lui-même qui lui aurait révélé ce principe. Au début de son ministère, il avait l'impression de regarder mentalement la télévision. Sur «l'écran de son esprit», il voyait des tuberculoses guérir, des tumeurs disparaître, des infirmes jeter leurs béquilles et se mettre à marcher. Il avait interprété cela comme un obstacle que Satan dressait sur son chemin. Aussi, chaque fois que ce phénomène se reproduisait, disait-il: «O toi, esprit d'obsta- cle, éloigne-toi de moi. Je t'ordonne de partir. Eloigne-toi de moi.»106 64

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