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  1. 1. 9HRLEMB*jeiaae+[FKKEB Vendredi-dimanche 10-12 octobre 2014 | Numéro 177 | Créé en 1950 | Vendu en kiosques et par abonnement | Prix 4,50 CHF (TVA 2,5% incl.) - 4,00 EUR | agefi@agefi.com | Rédacteur en chef: François Schaller ram-ai.com Le pessimisme dominant pondéré par les entreprises EXPORTATIONS. Les perspectives très positives vers les Etats-Unis relativisent le ralentissement en Europe. LE POINT SUR LA MARQUE «MONDAINE» L’horloge de gare refuse d’atterrir ANDRÉ BERNHEIM. La maison zurichoise dépasse de très loin toutes les projections de l’industrie horlogère. Après plus d’un quart de siècle de stratégie monoproduit dans l’entrée de gamme. PAGE 5 Le FMI révisait cette semaine ses projections de croissance mondiale à la baisse. Les considérants sont exogènes, sans surprise. Ils donnent le ton de toutes les prévisions conjoncturelles en cascade de ces dernières semaines, jusqu’aux niveaux les plus locaux: risques géo-politiques accrus, excès financiers, stagnation séculaire dans les Etats développés, persistance d’une infla-tion basse, faiblesse de la croissance potentielle. Un élément explicatif n’est en revan-che plus du tout évoqué: la cyclicité. Le fait qu’elle a disparu des raison-nements doit-il exclure la possibilité d’un facteur purement cyclique? Probablement occulté par les effets des injections monétaires et des plans massifs de relance, qui ont peut-être tendance à altérer la forme «normale» des cycles? Tant que ces plans perdurent, le sentiment s’ac-centue d’une phase perpétuelle de rebond. Rien ne serait pourtant plus normal qu’une pause. Aux dernières grandes phases d’expansion de la production et du commerce interna-tional (années 1980 à fin 1990, puis 2002-2007), succède apparemment une séquence dépressive. La problématique de l’innovation au sens de Schumpeter pourrait même MARCHÉS ACTIONS L’impossible accrochage PAGE 11 la prolonger. Les médias sociaux, applications informatiques et autres plateformes commerciales numéri-ques ont rapidement bouleversé les processus de production, de distribu-tion, de marketing. Les ventes de détail aux Etats-Unis ont enregistré des taux de croissance annuels entre 2002 et aujourd’hui trois fois moins élevés que ceux de la période 1970- fin des années 1990. Consommateurs et entreprises se félicitent rétrospectivement de l’ap-parition, dans un lointain passé, de l’électricité ou des chemins de fer. Celles et ceux qui ont vécu ces inno-vations les ont général subies dans un premier temps. Pertes d’emplois et/ou baisse significative de revenus. En dépit de la forte baisse du taux de chômage aux États-Unis (passé de 10% en 2009 à moins de 6%), mal-gré l’amélioration des indicateurs de long terme (intentions de recrute-ments et évolution du nombre d’em-plois) et de l’industrie manufactu-rière, en dépit de la hausse record depuis 2007 des projets d’investisse-ments des petites entreprises, les salaires demeurent les mêmes. Quand ils ne reculent pas. Entraînant avec eux le niveau général des prix. Avec une menace de déflation, c’est-à- dire de récession.! DOW JONES 16659.25 8600 8560 8520 16960 16860 16760 VIS INVESTIMENTOS AU BRÉSIL L’implantation du côté de Lausanne PAGE 24 PRIVATE EQUITY DE LA FAMILLE BERTARELLI Grande acquisition en Hongrie PAGE 7 IMAGERIE DANS LE SECTEUR IMMOBILIER La nouvelle relation clientèle PAGE 4 RÉSULTATS DE SOLVALOR 61 (LAUSANNE) Les niveaux d’investissement PAGE 4 INGÉNIERIE ENVIRONNEMENTALE PLANAIR Projet d’envergure en Afrique PAGE 3 LE TITRE SWISSCOM À CONTRE-COURANT Très rassurant actuellement PAGE 5 LES LOIS LSFIN ET LEFIN SONT À MODIFIER Les vues de l’asset management PAGE 8 BITCOIN SUISSE LANCE UN CERTIFICAT Crypto-monnaie version papier PAGE 24 L’expérience du tout-terrain JEAN-PIERRE DANTHINE. Le vice-président de la Banque nationale était hier à la Foire du Valais. La Banque nationale (BNS) à la Foire du Valais, ce n’est pas chaque année. On pouvait penser au dé-part que l’institution venait hier à la rencontre d’un très large public parce les Suisses voteront le 30 novembre sur l’initiative populaire visant à contraindre les autorités à rapatrier l’or de la BNS stockée à l’étranger. Un texte labellisé UDC que combat évidemment l’institution. Mais la compo-sition de la salle, grande et pleine, relativisait ce scénario. Il y avait surtout des représentants de l’économie: industrie, commerces, arts et métiers, services en général (sans oublier la banque canto-nale). Et de la politique bien entendu, à commen-cer par le conseiller d’Etat Maurice Tornay. Si Jean- Pierre Danthine a effectivement digressé sur le 30 novembre, ce n’était de loin pas son thème princi-pal. Il s’agissait plutôt de se demander si les ban-ques centrales en faisaient trop (titre de l’exposé) depuis la grande crise bancaire et financière. Question à laquelle on attendait évidemment que la réponse fût négative.Au moment des questions, l’ambiance s’est avérée plutôt sereine. Danthine a même eu l’occasion de faire un peu d’humour, avec un franc succès parmi ses auditeurs. Et il n’a pas manqué de rappeler à de nombreuses reprises, à l’attention du marché des changes (toujours en embuscade), la détermina-tion de la BNS à maintenir le taux plancher à 1,20 franc contre euro. EXTRAITS PAGE 6 ÉDITORIAL LÉVI-SERGIO MUTEMBA SMI 8482.90 -0.40% -1.97% 8480 16660 JA-PP/JOURNAL — CASE POSTALE 5031 — CH-1002 LAUSANNE Solutions pragmatiques en mode public-privé Genève www.lindegger-optic.ch GILLES MARTIN Les exportations vont-elles pren-dre le relais du marché intérieur dans le soutien à la conjoncture en Suisse? Il y a deux lectures possibles de l’in-dicateur export des petites et moyennes entreprises publié hier par Credit Suisse et Switzerland Global Enterprise (S-GE). L’une, négative, consiste à constater que ce baromètre est passé à 0,94, soit sous la moyenne à long terme de 1,00. Et la peur de voir la conjonc-ture se contracter a gagné en force dans toutes les branches: 52% des entreprises craignent la récession, contre 31% au dernier trimestre. L’autre approche, plus positive, consiste... à examiner le sondage plus en détail. Les attentes prévoient des expor-tations en hausse dans la majorité des secteurs pour le quatrième tri-mestre. Ce sont surtout les Etats- Unis qui justifient cette optimisme relatif, avec une hausse des pers-pectives, mais la très grande majo-rité des sondés (92%) prévoient une demande stable en prove-nance des pays européens. C’est autant qu’au trimestre passé. Mieux: la proportion de sociétés optimistes quant à une accéléra-tion de leurs ventes hors frontières a progressé de 1,6 point de pour-centage sur trois mois, à 45,7%, tan-dis que celle des entreprises tablant sur une stagnation s’est repliée de 5,2 points de pourcentage à 41,7%. La part des exportateurs redoutant une contraction a, elle, augmenté de 3,6 points de pourcentage à 12,6% seulement. L’Allemagne reste la principale destination nationale visée par les petites et moyennes entreprises suisses, avec 80% d’intentions d’y exporter des biens ou des services ces prochains mois. Globalement, toutes les branches abordent le dernier trimestre avec confiance. Avant tout dans le sec-teur de la métallurgie. Dans la construction mécanique aussi, les exportateurs tablent clairement sur une hausse des ventes à l’étran-ger. La crainte d’une concurrence accrue sur les prix s’accentue dans les branches les moins confiantes, à savoir l’industrie du papier, l’élec-trotechnique et l’industrie de pré-cision. PAGE 9 La dimension cyclique oubliée SCHWARZIE. Le premier Sommet mondial des régions pour le climat s’ouvre à Paris. Organisé depuis Genève. MARJORIE THÉRY Arnold Schwarzenegger rencon-tre le président François Hollande aujourd’hui à Paris. Il sera l’or-chestrateur du premier Sommet mondial des régions pour le cli-mat, qui s’ouvre demain dans la capitale française. Organisé depuis Genève par le R20 (association de droit suisse basée à Versoix depuis 2010), la structure co-créée par l’ancien gouverneur républicain de Cali-fornie rassemble plus de 500 ré-gions du monde (L’Agefi du 29 sep-tembre). Ce premier sommet a en fait été initié par Schwarzenegger et Mi-chèle Sabban, présidente et co-fondatrice du R20. Plus de 500 représentants locaux sont atten-dus. Villes, Régions, Cantons, etc. Mais aussi des représentants de sociétés privées de technologie et des investisseurs. L’objectif est de débattre de solutions concrètes ap-pliquées à l’échelle de ces diffé-rents territoires pour proposer des solutions bottom-up plutôt que top-down. C’est-à-dire venant d’entreprises ou de collectivités publiques plutôt que des Etats ou de l’international. Le sommet s’achèvera par une «Déclaration de Paris», qui ras-semblera initiatives et proposi-tions des régions, mais aussi du secteur privé, les partenariats pu-blic- privé étant valorisés. Des an-nonces devraient aussi être fai-tes sur des méthodes innovantes de financement. John Tidmarsh, Chief Investment Officer (CIO) du R20, précise le sens et les condi-tions de cette démarche. PAGE 3
  2. 2. PAGE 2 vendredi 10 octobre 2014 FORUM Nouveaux défis majeurs de l’industrie horlogère suisse Les smartwatches sont-elles vraiment des montres si intelligentes que l’on veut nous le faire croire? JEAN-PIERRE GHELFI* Les médias ont fait grand cas il y a quelques semaines de la «mon-tre » présentée par la société Ap-ple, qui ne peut apparemment pas être désignée autrement que comme intelligente (smart-watch). En effet, elle proposera à son titu-laire, à part l’indication de l’heure, de nombreuses applications deve-nues habituelles sur les télépho-nes portables, ainsi que de nouvel-les fonctions liées en particulier à la santé (mesure de flux corporels) et au paiement électronique. Le fonctionnement de cette smart-watch (montre connectée) impli-que d’avoir sur soi un téléphone portable du même producteur. L’un dans l’autre, c’est ainsi une dépense (un investissement?) de plus d’un millier de francs qu’il faut envisager. On notera que Apple, qui s’est fait une réputation d’être toujours à l’avant-garde des innovations technologiques, n’est ici que le dernier sur un marché déjà bien balisé, après d’autres, par Sony, Samsung ou LG utilisant le sys-tème d’exploitation Android de Google. Annoncé avec tout le fra-cas médiatique dont l’entreprise est coutumière, le modèle d’Ap-ple ne sera même disponible dans le commerce qu’au printemps prochain! L’intérêt, en Suisse, des annonces de ces géants mondiaux de l’in-formatique s’est concentré sur les répercussions éventuelles pour l’industrie horlogère. Serions-nous dans une situation analogue à celle des années 70 qui avait vu débarquer les premières montres numériques de fabrication japo-naise? A l’époque, notre industrie horlo-gère n’avait rien vu venir. En quel-ques années, la main-d’oeuvre em-ployée par la branche était passée de 90.000 à 30.000 personnes. Crise terrible qui, pour simplifier, a donné naissance à la Swatch et au groupe de feu Nicolas Hayek, dénommée initialement SMH (Société de microélectronique et d’horlogerie) devenu Swatch Group en 1998, et qui s’est imposé comme le premier groupe hor-loger mondial. Une autre manière de formuler ces questions serait de se demander pourquoi le Swatch Group n’a apparemment pas cherché à figurer parmi les premières sociétés dans le monde à s’intéresser à ce nouveau cré-neau? Car, aujourd’hui, les connaissances techniques existent en Suisse – du moins si l’on en croit un expert du Centre suisse d’électronique et de microtechni-que (CSEM) dans un entretien publié par Le Temps. La raison (ou plutôt l’une des rai-sons) tient probablement au fait que l’horlogerie helvétique a misé depuis une quarantaine d’années sur la valeur de sa production, et non sur le nombre de pièces pro-duites. Elmar Mock, co-inventeur avec Jacques Müller de la Swatch, ré-sume très bien la situation ac-tuelle: «Sur deux cents montres fabriquées dans le monde, une seule l’est en Suisse. En revanche, le bénéfice que l’on retire de cette montre est supérieur à la somme des bénéfices des 199 autres mon-tres. On a donc gagné la guerre de l’argent. L’horlogerie suisse a réussi à transformer du laiton en or, en créant un bijou mécanique symbolisant le travail et l’ingénio-sité de l’homme. (…) En revan-che, la Suisse a raté une magnifi-que opportunité. Il est choquant de constater que les barons de l’horlogerie suisse trouvent ce marché inintéressant. En prenant un chiffre réaliste de 100 millions de smartwatches vendues par an, ce marché pourrait peser dans les 30 milliards de dollars, soit davan-tage que l’ensemble de l’horloge-rie suisse.» Remarques qui nous renvoient aux questions relatives au choix de la valeur plutôt que de la quan-tité. Les analyses les plus pertinen-tes – à notre avis – que nous avons lues indiquent que l’apparition des smartwatches va faire mon-ter la pression sur les fabricants de montres électroniques de bas et milieux de gamme, installés pour la plupart en Asie, singuliè-rement en Chine. En prenant un cas extrême qui serait l’élimina-tion de toutes les montres de bas et milieu de gamme jusqu’à un prix de vente de 500 francs (Swatch, Certina, Mido et Tissot) les résultats d’exploitation du Swatch Group ne baisseraient que de 5%! Il est très vraisemblable que les horlogers helvétiques – ou du moins certains d’entre eux – pro-poseront lors de la prochaine foire de l’horlogerie (printemps 2015) des montres qui comporteront des senseurs spécifiques à certaines fonctions corporelles et/ou des ap-plications correspondant à des be-soins bien définis de leurs utili-sateurs – en matière de sécurité, de gestion d’agendas, de commu-nications, de trafic de paiements, par exemple. Les horlogers ont raison de ne pas vouloir copier les géants de l’élec-tronique et de l’informatique – d’ailleurs, dans tous les cas de fi-gure, ils n’y parviendraient pas. Ils doivent en revanche veiller à intégrer les bouleversements tech-nologiques pour continuer de pro-poser des produits qu’ils sont pra-tiquement les seuls à (savoir) offrir. * domainepublic.ch/articles/26483 LES HORLOGERS ONT RAISON DE NE PAS VOULOIR COPIER LES GÉANTS DE L’ÉLECTRONIQUE ET DE L’INFORMATI-QUE. ILS N’Y PARVIENDRAIENT PAS. Le grand danger pour la démocratie Les citoyens lambda n’ont bien souvent pas la compréhension du fonctionnement du système politique. DANI RODRIK* Dire que les riches ont plus de pouvoir politique que les pauvres, même dans les démocraties où chacun à un droit de vote égal, n’a rien de nouveau. Mais deux po-litologues, Martin Gilens de l’uni-versité de Princeton et Benjamin Page de l’université Northwes-tern, ont récemment publié des données révélatrices sur la situa-tion aux États-Unis, qui ont une incidence cruciale sur le fonction-nement de la démocratie – aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Les auteurs se sont appuyés sur des travaux antérieurs de Gilens qui a minutieusement compilé des sondages d’opinion sur près de 2000 questions politiques, ef-fectués entre 1981 et 2002. Les deux politologues ont ensuite dé-terminé si le gouvernement fédé-ral américain adoptait la politique en question dans les quatre ans suivant le sondage et à quel point le résultat correspondait aux pré-férences des électeurs à différents niveaux de l’échelle des revenus. Prises séparément, les préféren-ces de l’électeur «moyen» – c’est-à- dire situé dans le milieu de la ré-partition des revenus – semblent avoir une forte influence positive sur la réponse finale du gouver-nement. La politique souhaitée par l’électeur moyen a nettement plus de chances d’être appliquée. Mais, comme le notent Gilens et Page, cette constatation donne une impression faussement op-timiste de la représentativité des décisions gouvernementales. Les préférences de l’électeur moyen et de l’élite économique ne diffè-rent pas tant que ça sur la plupart des sujets politiques. Une appro-che plus juste serait de voir ce que fait le gouvernement lorsque ces deux groupes ont des points de vue divergents. Pour vérifier cette hypothèse, les chercheurs ont effectué une com-paraison entre les préférences des électeurs moyens et celles des plus riches – définis comme ayant un revenu situé dans les 10 pour cent du haut de la répartition des reve-nus – pour évaluer quels électeurs exercent la plus grande influence. Ils ont trouvé que l’impact des électeurs moyens devient prati-quement nul, tandis que celui de l’élite économique reste considé-rable. L’implication est claire: lorsque les intérêts de l’élite diffèrent de ceux du reste de la société, c’est son point de vue qui est pris en compte – presque exclusivement. (Comme l’expliquent Gilens et Page, nous devons voir les préfé-rences des 10 pour cent du haut comme le point de vue par procu-ration du 1 pour cent du haut – la véritable élite). Gilens et Page trouvent des résultats similaires pour les groupes d’intérêts orga-nisés, qui ont une très forte in-fluence sur l’élaboration des poli-tiques. Ils soulignent que «le point de vue de l’électorat général n’a pour ainsi dire aucun poids» dès lors que sont prises en compte les orientations des groupes d’inté-rêts et les préférences des riches Américains. Ces résultats démoralisants sou-lèvent une question importante: Comment les politiciens, peu sou-cieux des intérêts de la vaste ma-jorité des citoyens, font-ils pour être élus, et plus important, pour être réélus, alors qu’ils sont essen-tiellement aux ordres des plus ri-ches? Une partie de l’explication tient peut-être au fait que la plu-part des électeurs n’ont qu’une compréhension médiocre de la manière dont fonctionne le sys-tème politique et de la manière dont il est biaisé en faveur de l’élite économique. Gilens et Page pré-cisent que leurs résultats n’impli-quent pas que l’action gouverne-mentale s’exerce au détriment des citoyens moyens. Les citoyens or-dinaires obtiennent souvent ce qu’ils veulent, simplement parce que leurs choix sont souvent ali-gnés avec ceux de l’élite. Mais une autre partie de l’explication, plus pernicieuse, pourrait tenir aux stratégies employées par les diri-geants politiques pour être réélus. Un politicien qui représente en premier lieu les intérêts des éli-tes économiques doit trouver d’autres moyens de séduire le plus grand nombre. L’une des solu-tions est présentée par les politi-ques nationalistes, sectaires et identitaires – une approche poli-tique basée sur les valeurs cultu-relles et le symbolisme au lieu des intérêts de l’ensemble des ci-toyens. Lorsqu’une campagne électorale est menée sur ce front, elle est remportée par celui ou celle qui parvient le mieux à «amorcer» nos repères culturels et psychologiques latents, pas par celui ou celle qui représentent au mieux nos intérêts. Par son ex-pression célèbre, «la religion est l’opium du peuple», Karl Marx voulait dire que le sentiment reli-gieux peut dissimuler les priva-tions endurées quotidiennement par les travailleurs et d’autres per-sonnes exploitées. De manière analogue, l’émergence de la droite religieuse, accompagnée de conflits culturels sur les «valeurs familiales» et d’autres questions divisant les esprits (par exemple, l’immigration) ont servi à camou-fler la forte progression de l’iné-galité économique depuis la fin des années 1970. La politique identitaire est néfaste parce qu’elle tend à ériger des barrières autour d’un groupe de privilégiés et qu’elle requière l’exclusion de ceux qui n’en font pas partie. Les démocraties autoritaires, comme la Russie, la Turquie et la Hongrie, en sont des illustrations. Pour consolider leur base électorale, les dirigeants de ces pays font large-ment appel aux symboles natio-naux, culturels et religieux. Ce fai-sant, ils enflamment les passions contre les minorités ethniques et religieuses. Pour les régimes (sou-vent corrompus jusqu’à la moelle) qui représentent les élites écono-miques, c’est un stratagème payant dans les sondages. Les iné-galités croissantes dans les pays avancés et en développement in-fligent ainsi deux coups durs au système politique démocratique: elles se traduisent par la négation progressive des droits des classes moyennes et défavorisées et en-couragent une politique sectaire toxique au sein des élites. * Princeton Project Syndicate La législation menaçant l’alimentation La protection plus stricte des variétés végétales a des impacts négatifs sur l’accès à la nourriture des pays en voie de développement. Sous la pression d’Etats industria-lisés comme la Suisse, de nom-breux pays en développement sont contraints d’adopter une lé-gislation internationale plus stricte en matière de protection des variétés végétales. Une étude d’impact sur les droits humains intitulée «Owning Seeds, Acces-sing Food» montre pour la pre-mière fois la menace existentielle que cette mise à niveau forcée re-présenterait pour les familles de petits agriculteurs du Sud, qui dé-pendent de la reproduction conventionnelle des semences. En adhérant à l’Union internatio-nale pour la protection des obten-tions végétales (UPOV), un Etat s’engage à protéger plus fortement, dans sa législation, les semences commerciales vendues par des multinationales comme Syngenta. Lorsque les pays en développe-ment adoptent les standards de l’UPOV dans leur droit national, ils restreignent massivement la possibilité pour les familles de pe-tits paysans d’utiliser des semen-ces protégées issues de leurs pro-pres récoltes. Ce renforcement de la loi sur la protection des varié-tés végétales met en danger le droit fondamental à l’alimentation, par exemple dans des pays comme le Kenya, le Pérou ou encore les Phi-lippines. C’est la conclusion du rap-port «Owning Seeds, Accessing Food», publié par plusieurs ONG, dont la Déclaration de Berne. Les accords bilatéraux de libre-échange (ALE) sont souvent utilisés pour pousser les pays en développement à adhérer à l’UPOV. La Suisse a d’ailleurs très souvent posé de tel-les exigences lors de la négociation d’ALE. Par ailleurs, elle a toujours refusé de réaliser des études d’im-pact sur les droits humains. Menées avant la conclusion de tels accords, ces études permettraient pourtant de s’assurer que les conditions exigées n’auront pas de répercussions négatives sur la situation alimentaire dans les pays partenaires. En collaboration avec des ONG partenaires et des chercheurs des pays concernés, la Déclaration de Berne a analysé de façon détail-lée les répercussions des restric-tions découlant de l’adhésion à l’UPOV sur les systèmes d’échan-ges informels de semences et sur le droit à l’alimentation de grou-pes de population marginalisés au Kenya, au Pérou et aux Philip-pines. Les revendications suivan-tes découlent de cette recherche inédite: !Avant de transcrire les standards de l’UPOV dans leur droit natio-nal, les gouvernements doivent impérativement mener une étude d’impact sur les droits humains. ! Afin de protéger les petits pay-sans, les gouvernements doivent utiliser la marge de manoeuvre ga-rantie par les accords de l’OMC sur la propriété intellectuelle (AD-PIC) ou par d’autres accords in-ternationaux comparables. – (La Déclaration de Berne) PARTICULES FINES: renforcement inutile de mesures de protection En mars 2014, Genève subit une brève pointe de pollution aux par-ticules fines, mais le Gouverne-ment ne prit pas de mesures tem-poraires, le seuil d’urgence n’étant pas atteint. Aussitôt, plusieurs dé-putés demandèrent le durcisse-ment de ces mesures. Durcir les mesures temporaires n’est pas ju-dicieux car les conséquences pour les personnes et les entreprises se-raient disproportionnées par rap-port à l’impact hypothétique sur la qualité de l’air et donc sur la santé humaine. Il est beaucoup plus efficace de se concentrer sur les programmes à long terme, qui ont montré leur efficacité, et qui ne visent pas uniquement le trans-port routier. Les particules fines (PM10) sont des poussières en suspension qui résultent des mé-canismes de frottement et d’abra-sion (rail, pneus, freins, travaux de chantier), des moteurs de vé-hicules, des machines de chantier, des chauffages et des incinérations industrielles. En Suisse, les émis-sions de PM10 ont pour origine l’agriculture et la sylviculture (27%), l’industrie (26%), les mé-nages (22%), le transport routier (18%) et le rail (6%). Grâce aux politiques en vigueur en Suisse et à Genève, les émissions de PM10, toutes sources confondues, ont connu en 30 ans une baisse spec-taculaire, baisse qui se poursuivra en raison du durcissement des normes antipollution s’appliquant aux véhicules, de la stratégie éner-gétique du canton et de la Confé-dération, et du plan cantonal de mesures Opair 2013-2016. Le Conseil d’Etat n’a jamais déclen-ché les mesures dont il dispose pour limiter la circulation, car les pics de pollution n’ont jamais été assez élevés. – (Groupement Trans-ports et Economie)
  3. 3. SUISSE vendredi 10 octobre 2014 PAGE 3 SUISSE Le local prend le relais du global R20. L’association créée par Arnold Schwarzenegger et basée à Genève ouvre demain le premier sommet mondial des régions pour le climat. A la veille du premier Sommet mondial des régions pour le cli-mat, John Tidmarsh, Chief In-vestment Officer du R20, précise les objectifs de cette réunion pu-blic- privé inédite. Quelle est la valeur ajoutée d’un sommet interrégional et d’actions locales sur la question du climat? Le rôle des autorités locales (Vil-les, Régions, Cantons etc) est très bien illustré dans la question du climat. Elles sont celles qui ont le plus à perdre et le plus à gagner dans la lutte contre le changement climatique. Elles sont aussi celles qui sont plus à même de prendre les initiatives dans cette lutte, de les prendre rapidement, et d’assu-rer le succès de leur réalisation. C’est toute la logique de notre ac-tion: nous mettons en place des ini-tiatives locales, avec des projets pi-lote qui servent d’exemple et de phase de test. Si le succès du pro-jet est avéré, nous mettons ensuite en place des procédures et un ca-dre qui permettra de répliquer, de faire le «scaling up» des solutions que nous proposons. Pouvez-vous donner un exemple de projets concrets du R20? Nous n’avons guère plus de trois ans, mais nous opérons déjà dans certaines régions du Brésil pour ac-célérer le déploiement d’éclairage public LED par exemple. En Algé-rie nous travaillons sur des pro-grammes pilotes dans le ramassage et la valorisation des déchets et l’éclairage public, mais aussi au Mali dans l’énergie solaire, au Ni-géria, au Sénégal, au Burundi, à la Réunion et dans bien d’autres ré-gions. Malgré une certaine discré-tion, nous avons été très actifs ces trois dernières années. Globale-ment, nous travaillons essentielle-ment sur des projets dans tous les secteurs de l’énergie renouvelable, de l’efficience énergétique, du trai-tement des déchets. Quels sont les objectifs de ce premier Sommet à Paris? Le but est d’échanger largement autours de bonnes pratiques loca-les et de lancer la «Road to Paris 2015», qui est une série de discus-sions et de Sommets destinés à ap-porter le soutien des autorités lo-cales aux négociations des Nations Unies, qui se déroulent au niveau étatique donc. Ce Sommet se conclura par la signature de la «Pa-ris Declaration», qui définira cer-tains engagements concrets des ac-teurs privés et des gouvernements sous nationaux, et appellera aux leaders étatiques à finaliser un ac-cord qui permettra de limiter le ré-chauffement climatique lors des négociations du COP21 à Paris en 2015. Vous êtes CIO dans une associa-tion. Que recouvre votre poste? L’emploi du terme CIO est une mesure de l’importance que nous attachons aux investisseurs. No-tre objectif est de faire en sorte que les projets qui arrivent sur le mar-ché soient réellement attirants pour les investisseurs, sans quoi, ils ne seraient jamais réalisés. Pour ce faire les intérêts de tous les ac-teurs dans la chaine de valeur de développement de projets doivent être conciliés, et ceci dès la concep-tion du projet et tout au long de sa réalisation. Les gouvernements sous-natio-naux ont leurs objectifs en tant que création d’emplois, fourniture d’électricité, accès à l’électricité et ainsi de suite, les industriels et investisseurs d’autres. Ces diffé-rents acteurs travaillent le plus sou-vent en silo rendant la réalisation de projet impossible. Un peu en chef d’orchestre nous faisons la synthèse, assurant un résultat qui convainc les investisseurs que les risques associés à l’investissement dans des projets sont compris, maî-trisés au mieux, et le retour sur in-vestissement suffisamment Inté-ressant pour s’engager. En support à ce but nous facilitons par exem-ple la création de joint-venture en-tre entreprises de différentes ré-gions. Nous collaborons aussi avec des multinationales, que ce soit pour des projets ou de la recher-che. Nous avons par exemple pu-blié un livre blanc avec Philips Lighting sur l’importance des LED et des solutions efficientes pur l’éclairage. Aujourd’hui, l’éclairage extérieur représente 40% de la facture d’électricité pour les municipalités. L’éclairage pu-blic des rues est souvent un des principaux postes du budget «uti-lity «des Villes, représentant entre 10 et 38%. Et le financement de l’organisation? En tant que CIO, il est également de mes responsabilités de créer des outils financiers qui nous permet-tent de financer notre activité de développement de projets, et d’as-surer leur viabilité, tout en restant une organisation à but non-lucra-tif. Nos débuts se sont surtout re-posés sur la générosité de notre fondateur Arnold Schwarzeneg-ger, qui continue à nous apporter son soutien et surtout son temps. Nos programmes par contre sont financés par nos membres, c’est à dire les gouvernements sous-na-tionaux et parfois nationaux, et par certains partenaires qui contri-buent de façon transparente en ap-portant leur expertise. Comment se passent relations avec la Suisse, pays hôte de l’association R20? Parfaitement bien. Il y a certaines synergies évidentes car la Suisse a de nombreux savoir-faire et est un pays d’innovation reconnu. Il peut donc y avoir certaines expertises dans les entreprises suisses en ma-tière d’efficience énergétique par exemple qui peuvent nous être uti-les. Nous sommes en relation avec l’Office de la promotion indus-trielle à Genève (OPI) également, qui peut faire le lien entre nos be-soins et des compétences d’entre-prises. Nous avons également le précieux soutien de l’Etat de Ge-nève qui accueille le Secrétariat à la Villa Montfleury à Versoix. Ge-nève accueille le secrétariat géné-ral et le siège du R20. Un bureau est aussi présent en Californie. En-fin nous avons des bureaux locaux dans plusieurs pays, mais unique-ment pour gérer des projets spéci-fiques, comme en Algérie, au Bré-sil ou au Sénégal par exemple. INTERVIEW: MARJORIE THÉRY Le grand projet énergétique au Mali géré depuis Neuchâtel PLANAIR. Le groupe d’ingénierie environnementale estime pouvoir produire suffisamment d’énergie pour 15.000 foyers. La société Planair à Neuchâtel cé-lèbre cette année ses 30 ans d’exis-tence. L’entreprise créée en 1984 est active sur cinq sites: La Sagne, Yverdon, Delémont, Plan-les- Ouates et Valdahon en France. Le directeur général, Pierre Re-naud explique comment le bu-reau d’ingénieurs spécialisé dans l’économie d’énergie et la produc-tion énergétique renouvelable projette de transformer, au Mali, les plantes aquatiques proliféra-trices nuisibles en électricité. En quoi consiste votre projet? Le Mali est un pays, comme beau-coup d’autres pays africains, qui manque singulièrement d’électri-cité. Comme plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, il est traversé par un grand fleuve, le Niger. Mal-heureusement, celui-ci est infesté de plantes aquatiques invasives, notamment les jacinthes d’eau et le typha. Celles-ci représentent un problème d’envergure nationale car elles entravent sérieusement le transport fluvial, elles empê-chent les poissons de se dévelop-per correctement, l’oxygène de l’eau étant en partie «mangée» par ces plantes. Elles posent égale-ment problème en ce qui concerne les installations hydro-électriques réparties le long du fleuve, en freinant l’eau au travers des dégrilleurs. Notre projet a pour objectifs de collecter ces plantes aquatiques nuisibles, les transformer en gaz par processus de méthanisation et d’utiliser ce biogaz pour faire tourner une gé-nératrice et produire ainsi de l’électricité. Quels sont les intérêts potentiels de ce projet pour les Maliens? La production annuelle d’électri-cité à Bamako, grâce à une usine de méthanisation de la jacinthe d’eau, sera d’environ 10 gigawatt-heure par année. Soit l’équivalent de la consommation de 3000 fa-milles selon le standard européen ou, si l’on admet que la consom-mation est cinq fois moins élevée dans la capitale malienne, l’équi-valent de la consommation de 15.000 familles locales. La répéti-tivité de ce type d’installation aura ensuite un impact déterminant sur la production d’électricité au Mali. Le projet développera éga-lement des emplois; pour la ré-colte des plantes et l’exploitation de la production d’électricité. A moyen terme, l’installation de mé-thanisation pourra être reproduite dans d’autres endroits. La récolte des plantes invasives aura aussi des effets positifs pour le fleuve Niger? Elle favorisera la circulation de l’eau dans les canaux d’irrigation ainsi que l’irrigation des rizières et la pêche. Elle permettra l’amé-lioration du rendement énergéti-que des installations hydroélectri-ques disposées sur le Niger en éli-minant les plantes qui entravent le bon fonctionnement des turbi-nes. Elle libérera le fleuve pour la navigation, tout en améliorant l’oxygénation de l’eau, y favori-sant la vie aquatique. Au niveau environnemental, elle produira également de l’engrais de haute valeur pour l’agriculture. Le subs-trat issu des plantes après le pro-cessus de méthanisation peut être utilisé comme engrais. Celui-ci améliorera la qualité des sols et li-mitera leur érosion. Outre les plantes invasives, vous envisagez à la fois recueillir les déchets organiques présents dans le fleuve? Les bio-déchets, essentiellement constitués des lisiers de batteries de poules, du fumier, et des dé-chets alimentaires des restaurants et des hôtels, pourraient être ré-coltés aussi. Ceux-ci correspon-dent à 20.000 tonnes par année. Quant à la jacinthe d’eau, seule-ment dans la région de Bamako, elle représente environ 80.000 tonnes de récoltes annuelles. Où en êtes-vous jusqu’à présent? Une étude de faisabilité exhaus-tive a été menée par l’ONG ma-lienne ERA, qui est très active pour le développement biologi-que de l’agriculture et qui est di-rigée par le Dr Roger Michel qui a oeuvré de manière très efficace et engagée pour le projet, deux personnes du ministère de l’Eau, de l’Environnement et de l’Assai-nissement du Mali et Planair qui a pris en charge la partie techni-que et la coordination du projet. L’étude a démontré que la réalisa-tion de celui-ci est tout à fait en-visageable. Des contacts ont été pris avec diverses instances, no-tamment avec le bureau de la coo-pération au consulat de Suisse au Mali et avec le ministère de l’Eau, de l’Environnement et de l’Assai-nissement malien. La finalisation de l’étude de faisabilité et diver-ses démarches locales sont pré-vues pour 2015 et la réalisation de l’installation de méthanisation et sa mise en service devraient avoir lieu en 2016. Quels sont les principaux défis qu’un tel projet représente? Les défis majeurs, lorsque l’instal-lation sera en place, seront l’exploi-tation de la centrale et la récolte régulière de la matière première, les plantes. Ces activités deman-dent une très bonne organisation et un suivi très régulier. La diffi-culté actuelle est d’obtenir un fi-nancement pour finaliser la faisa-bilité, notamment pour mieux connaître la valeur énergétique des jacinthes d’eau. Nous avons besoin d’environ 200.000 euros. Un appui devrait ensuite être trouvé pour la réalisation de l’ins-tallation de méthanisation, soit en-viron 8 millions d’euros. Celle-ci sera vraisemblablement mise en place par un fournisseur allemand, jouissant d’une expertise dans ce secteur. Jusqu’à présent, nous avons fait des demandes de finan-cement auprès de diverses organi-sations gouvernementales, notam-ment suisses, pour financer la partie étude et faisabilité. Pour la réalisation de l’installation, nous nous adressons à des instituts ban-caires spécialisés dans ce type de financement, comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. INTERVIEW: ANDRÉE-MARIE DUSSAULT PIERRE RENAUD. La difficulté actuelle est d’obtenir le financement nécessaire à la finalisation. Le vaste déploiement en Amérique du Sud LANDIS+GYR. Le groupe zougois contrôlé par Toshiba signe un contrat pour 246 millions d’euros au Brésil. La compagnie d’électricité brési-lienne Light a annoncé hier la si-gnature d’un accord pour la réa-lisation du plus vaste projet de réseau électrique intelligent en Amérique du Sud, en partenariat avec le groupe zougois Landis+Gyr. Estimé à 750 millions de réaux (246 millions d’euros) brésiliens, ce contrat de cinq ans couvre l’approvisionnement, la mise en place, l’exploitation et l’en-tretien du système Gridstream de Landis+Gyr. La collaboration porte également sur le déploie-ment de 1,1 million de compteurs, comprenant l’installation de compteurs anti-fraude, ainsi que l’automatisation de réenclen-cheurs et de serveurs de stockage en réseau (Power Vault). Landis+Gyr, détenu par le japo-nais Toshiba depuis 2011, fabri-que des compteurs au Brésil de-puis 1994 et emploie aujourd’hui plus de 450 personnes dans son centre de production de Curitiba. Le partenariat conclu avec Light est le dernier d’une série d’impor-tants contrats. Depuis le début de l’année 2013, Landis+Gyr s’est as-surée de participer aux deux plus vastes déploiements de l’histoire du secteur, en coopération avec British Gas et Tokyo Electric Po-wer Company, et a aussi signé des contrats de premier plan avec Salt River Project, Ameren et, plus ré-cemment le français ERDF.! ABB: nouvelle usine en Indonésie Le groupe d’ingénierie ABB a an-noncé hier l’ouverture d’une nou-velle usine pour la production de disjoncteurs miniatures basse ten-sion à Cibitung, en Indonésie. L’usine permettra de doubler la capacité de production déjà en place. Plus de 200 personnes y tra-vailleront. Le montant de l’inves-tissement n’a pas été précisé. Cette ouverture vient confirmer la stra-tégie d’expansion et d’innovation du groupe. HOLCIM-LAFARGE: proche de notifier le projet de fusion Lafarge est «très proche» de noti-fier officiellement son intention de fusionner avec son concurrent st-gallois Holcim auprès de la Commission européenne, a dé-claré hier le dirigeant du cimen-tier français, Bruno Lafont. Le projet progresse conformément au calendrier prévu. Bruno La-font n’a cependant pas indiqué précisément quand la notification serait présentée à Bruxelles.
  4. 4. PAGE 4 vendredi 10 octobre 2014 SUISSE Les moyens technologiques accélérateurs de processus GROUPE MK. La réalité augmentée permet de rendre tangible des projets non réalisés jusqu’ici bien abstraits. CHRISTIAN AFFOLTER Les nombreuses décisions politi-ques impactant le domaine de l’im-mobilier comptent parmi les prin-cipaux facteurs ayant rendu ce marché beaucoup plus difficile en deux années seulement. Les pro-moteurs doivent proposer des so-lutions offrant un meilleur service aux acquéreurs potentiels d’objets immobiliers tout en visant un réta-blissement du rythme des affaires d’avant ces changements de para-digme. La réalité augmentée appliquée au domaine de l’immobilier repré-sente une solution de ce type. C’est du moins ce qu’espèrent Anthony Collé, administrateur délégué du Groupe MK, et Daniel Moser, di-recteur de MK Realitim Manage-ment, qui ont présenté hier sur le terrain «Vert l’horizon» à Cossonay leur nouvel outil. Il permet aux in-téressés se rendant sur le site d’un projet de s’y déplacer et de regar-der en même temps sur l’écran d’une tablette ou d’un smartphone (iOS ou Android) la forme qu’il prendra après sa réalisation en trois dimensions. Jusqu’ici, ces applica-tions s’étaient heurtées à plusieurs obstacles, avec essentiellement le choix entre une énorme puissance de calcul nécessaire du côté des ser-veurs et, du côté de l’utilisateur, le téléchargement d’une application pour un appareil disposant d’une carte graphique puissante. Avec la solution développée par la société française Artefacto, les calculs s’ef-fectuent tous à l’avance, les données étant ensuite transférées sur un ser-veur. L’appareil mobile utilisé sur place n’a ainsi que deux fonctions à assumer: l’écran permettant de visionner les objets, ainsi que la géo-localisation. Tout en rendant les sé-quences nettement plus fluides. Tous les étages et tous les bâtiments prévus ayant été modélisés, l’ache-teur potentiel peut voir très concrè-tement comment se présentera «son» appartement. Par rapport à l’ancienne démarche de proposer des images fixes et quelques vidéos, cette solution offre un avantage im-portant: elle «donne à l’utilisateur la possibilité de décider lui-même ce qu’il veut voir, et donc la meil-leure information possible», a sou-ligné Anthony Collé. Le développement d’innovations, auquel le Groupe MK s’est montré très attaché hier, est encore plus cru-cial dans un marché dont les condi-tions se sont très sensiblement dur-cies. Elles peuvent faire la différence dans la concurrence en-tre promoteurs immobiliers et ac-célérer le processus à plusieurs ni-veaux. Tout d’abord celui de la vente: «C’est un plus qui fait gran-dement sens dans un marché qui se resserre. Les gens qui prenaient la décision d’acquérir un objet en quelques jours seulement n’exis-tent plus. Mais l’un des objectifs de l’application de la réalité augmen-tée est de retrouver des rythmes de vente soutenus dès le lancement de la commercialisation. Les acqué-reurs peuvent encore se décider ra-pidement, lorsque tous les éléments sont réunis», a détaillé Anthony Collé. Cette solution, que le Groupe MK est le premier à avoir acquise en Suisse, devrait ainsi éga-lement pouvoir servir dans la com-mercialisation d’objets dont les pro-priétaires ont confié la promotion à Domicim. Une autre fonctionnalité de la so-lution peut intervenir encore plus en amont du processus de réalisa-tion d’un projet. La vue aérienne détaillée de tout un quartier futur le rend «accessible aux non-profes-sionnels des projets de développe-ment immobilier, souvent com-plexes », selon les termes du communiqué. Le directeur de MK Realitim Management Daniel Mo-ser, qui gère un véhicule d’investis-sement spécialisé dans le dévelop-pement immobilier à partir d’un stade très précoce (en accompa-gnant par exemple le processus d’élaboration d’un nouveau plan général d’affectation à Cossonay, le terrain ayant été en ligne de mire depuis cinq ans environ), l’appré-cie ainsi par exemple en tant qu’«outil de travail avec les pou-voirs publics. Sinon, il est trop abs-trait de communiquer un projet à un grand public. Car nous acqué-rons des terrains dans des situations où il y a encore toute une démar-che à faire.» Ses projets, plutôt à l’échelle du quartier («Vert l’hori-zon » comprend dans une première étape 42 appartements en PPE ré-partis sur trois immeubles), impli-quent souvent des réaffectations de terrains constructibles qui requiè-rent l’approbation des autorités po-litiques, que ce soit de l’industriel/artisanat vers l’habita-tion ou une augmentation de la densité autorisée. En raison de la nouvelle Loi sur l’aménagement du territoire (LAT), l’ordonnance imposant des dispositions encore plus restrictives (malgré l’interven-tion du Conseil d’Etat vaudois, et notamment Jacqueline de Quattro, à Berne), les terrains intermédiai-res sont en revanche considérés trop risqués en ce moment. Sur une centaine de dossiers, Realitim en a ainsi concrétisé sept, ces quartiers représentant 200-250 apparte-ments. ! ANTHONY COLLÉ. Les déclinaisons possibles de la réalité augmentée dans l’immobilier sont multiples. L’UN DES OBJECTIFS EST DE RETROUVER DES RYTHMES DE VENTE SOUTENUS DÈS LE LANCEMENT DE LA COMMERCIALISATION. Annulation des amendes infligées par la Comco SIEGENIA-KOCH-SFS. Des doutes subsistent quant à la preuve d’accords illicites selon le TAF. Les amendes pour entente illégale infligées à trois entreprises de fer-rures de fenêtres (pièces de déco-ration ou de maintien en métal) sont annulées. Le Tribunal admi-nistratif fédéral (TAF) lève les sanctions en raison des doutes qui subsistent quant à la preuve d’ac-cords illicites. En octobre 2010, la Commission de la concurrence (Comco) avait infligé trois amen-des pour entente illicite. Elle avait sanctionné l’entreprise Siegenia d’une amende de 4 millions. Koch écopait de trois millions et SFS d’un demi-million. Sur recours, le TAF annule ces dé-cisions. Selon lui, il subsiste des doutes quant à la preuve d’accords commerciaux horizontaux dans les procédures concernant Siege-nia et Koch, le plus grand com-merçant de ferrures de fenêtre et de portes-fenêtres en Suisse et principal utilisateur des ferrures de Siegenia. En ce qui concerne SFS, la parti-cipation à l’entente horizontale de ce commerçant économiquement indépendant n’a pas pu être prou-vée. Pour cette raison, le TAF ap-prouve son recours en vertu de la présomption d’innocence. L’instance fédérale rappelle que les amendes pour participation à un cartel ont un caractère quasi pénal. En conséquence, la règle de présomption doit aussi s’appli-quer, explique le TAF. Un recours au Tribunal fédéral reste possible. Les procédures ouvertes par la Comco sont en lien direct avec le cartel de fabricants européens qui a été sanctionné et condamné à une amende sévère au prin-temps 2012 par la Commission européenne. Dans le cadre de ce cartel, les fabricants allemands de ferrures de fenêtres et de porte-fe-nêtres s’étaient entendus sur des augmentations communes de prix également valables pour la Suisse. – (ats) Le plus grand investissement jamais réalisé par Solvalor 61 IMMOBILIER. Les résultats du fonds sont stables. Déjà 100 millions d’investissements prévus dont un projet à presque 60 millions. MARJORIE THÉRY A l’occasion de la présentation des résultats annuels du fonds Solva-lor 61, la société Solvalor Fund Management (Lausanne) a an-noncé qu’elle allait réaliser le plus important investissement de toute l’histoire du fonds. Rappelons que ce fonds en immobilier direct suisse a été lancé en 1961 et est côté sur le Six Swiss Exchange. Le projet en question est situé à Os-termundigen, une commune pro-che de la ville de Berne. Il repré-sente 101 appartements pour un investissement de 57 millions de francs. Le début des travaux est officiellement prévu pour le 15 octobre et les bâtiments seront li-vrés par étape entre 2016 et 2017. D’autres projets ont également été annoncés pour l’exercice en cours. Solvalor Fund Management in-vestira par exemple 8,5 millions dans un nouveau projet à Saint Sulpice (où elle disposait déjà du terrain). Le début des travaux de l’immeuble qui comprend 12 ap-partements est fixé au 15 octobre également, avec livraison en 2016. A la Tour-de-Peilz, un im-meuble a été acquis il y a quelques jours pour 6 millions. A Lausanne, c’est un projet de 40 appartements à 32 millions qui verra le jour à l’avenue Sainte Luce. A Genève en revanche, un projet de surélé-vation d’immeuble est en procé-dure d’autorisation depuis deux ans... Le dernier projet dans le can-ton remonte à quatre ans (Ver-soix). Globalement, les investis-sements du fonds se répartissent comme suit : 62% sur Vaud, 33% sur Genève et reste dans le canton de Berne. Presque 80% du parc immobilier concerne des appa-remment compris entre 2,5 et 4,5 pièces. Philippe Truan, directeur, a éga-lement donné quelques indica-tions sur le marché de l’immobi-lier. «Nous venons de vivre 15 ans de marché haussier, alors que les cycles sont plutôt de 6 à 8 ans. Il semble évident que le cycle actuel touche à sa fin». Même constat du côté des hypothèques: «Le taux moyen pour les hypothèques est environ de 4,5% sur les 50 derniè-res années. Aujourd’hui les taux à 10 ans sont à 1,5%. Ces niveaux ne sont pas naturels et vont re-monter ». Enfin, Philippe Truan s’est dit «effrayé» du nombre de construction qui sont encore en cours, alors que tous les signaux macroéconomiques sont au rouge. «Je sens qu’il y a un excédent de projets dans le pipeline et il fau-dra être très prudent. Le marché de la PPE est à l’arrêt et le stock de PPE à vendre a quadruplé en un an». Mais la stratégie du fonds permettra de se positionner pour saisir les bonnes opportunités d’après Diego Reyes, responsable finances et comptabilité. «Nous avons aujourd’hui une politique de «zéro dettes». Nous travaillons exclusivement en fonds propres, ce qui sera clairement un atout et nous pourrons nous ainsi nous positionner de manière agressive pour des acquisitions». Au niveau des résultats, le fonds Solvalor 61 a dégagé sur l’exer-cice décalé 2013/2014 (clos au 30 juin) un bénéfice net en faible augmentation de 0,78% sur un an à 19,6 millions de francs. La for-tune nette du fonds s’élève à 719 millions, contre 711,7 millions en 2013. Rappelons que ce montant était d’environ 200 millions au dé-but des années 2000. Quand au volume d’échange annuel sur le Six Swiss Exchange, il se situe au-tour de 150 millions. Les charges de l’exercice ont aug-menté marginalement, de 0,06% à 24,5 millions et les revenus de 0,38% à 44,2 millions. Cette sta-bilité est la conséquence de la pla-nification décennale des travaux sur les immeubles du fonds d’après la société de gestion. Le coupon de 5 francs par porteur est en revanche inférieur aux an-nées précédentes. «Mais cette an-née il n’y a pas de redistribution de capital ca nous n’avons pas vendu d’immeubles. La moyenne du coupon ordinaire est de 4,9 francs les années précédentes, donc nous sommes légèrement au dessus de la moyenne» précise Benjamin Favre, responsable im-mobilier. Sur l’exercice, le parc immobilier a augmenté de 4,78%. Cet accrois-sement est principalement dû à la réalisation du projet Champs- Meunier au Mont-sur- Lausanne, avec deux nouveaux immeubles en portefeuille.! L’ascension du no1 suisse du mobilier de cuisines AFP. Le chiffre d’affaires de l’ex-filiale d’AFG Arbonia-Forster a progressé de 5% après neuf mois. Le fabricant de meubles de cuisi-nes AFP, anciennement AFG Cuisines, a accru ses ventes après neuf mois en 2014. L’entreprise zurichoise, désormais propriété du groupe allemand Alno, a dé-gagé un chiffre d’affaires de 101,6 millions d’euros (123,3 millions de francs), 5,2% de plus qu’un an auparavant. La société établie à Dietlikon, nu-méro un du marché suisse avec les marques Piatti et Forster et reprise en début d’année au groupe thur-govien AFG Arbonia-Forster par Alno, a contribué à près du quart des revenus de son propriétaire, a annoncé jeudi ce dernier. Le groupe allemand a ainsi vu ses ventes s’envoler de 36% à quelque 400 millions d’euros. Hors conso-lidation d’AFP, les revenus ont en-registré une croissance de 1,5%. Pour mémoire, Alno a annoncé en juin dernier la suppression de 100 emplois sur les quelque 400 que compte le site de Dietlikon. La me-sure implique le transfert de la pro-duction des cuisines Piatti vers le siège d’Alno à Pfullendorf (Bade- Wurtemberg) dans la région du lac de Constance. La filiale d’Alno dédiée aux cuisines, AFP Küchen, conservera près de Zurich le déve-loppement, la distribution et l’ad-ministration. Du coup, elle conti-nuera d’employer près de 400 personnes en Suisse. Le groupe allemand, qui se trouve en phase de restructuration depuis deux ans, n’en est toutefois pas quitte avec les mesures d’écono-mies. Son CEO Max Müller indi-que que l’entreprise envisage tou-tes les options en la matière. – (ats) IMPLENIA: mandats pour 65 millions à Zurich La société de construction Implenia s’est assurée dans la région de Zu-rich des contrats de modernisation d’immeubles d’un montant global d’environ 65 millions de francs. La société basée à Dietlikon a no-tamment gagné le projet d’Allianz Suisse sur l’assainissement d’un complexe de deux immeubles à Zurich. Implenia a été chargée de le moderniser de fond en comble en qualité d’entreprise totale. V-ZUG: avancée du projet de cluster à Zoug Le fabricant d’appareils électroménagers V-Zug a déposé auprès des autorités communales de la Ville de Zoug une demande de plan d’amé-nagement pour son «cluster» technologique. Le projet vise à trans-former le site actuel de l’entreprise en un nouveau quartier urbain. De nouvelles entreprises industrielles et des start-up, ainsi que des cen-tres de recherche et de formation, sont prévus, précise Metall Zug, sans détailler les modalités financières de l’opération. ACRON HELVETIA VII: forte hausse du bénéfice net Acron Helvetia VII annonce un bénéfice net semestriel de 2,72 mil-lions de francs, contre 1,68 million au premier semestre 2013. La société immobilière zurichoise attribue cette hausse de près de 60% à des frais de conseil d’administration réduits et à des impôts plus bas. Les revenus locatifs sont restés stables, à 4 millions, conformément au budget. L’endettement hypothécaire a été réduit de près de 1,1 million, à 81,8 millions de francs, soit un degré de financement de tiers de 62,3%.
  5. 5. SUISSE vendredi 10 octobre 2014 PAGE 5 Le monde émergent de la communication SALON COMMUNICA. L’événement a réuni plusieurs personnalités qui ont débattu des enjeux du secteur. Le web continue de modifier les codes en profondeur. FRI UP: deux nouvelles start-up incubées Les entités Actiware et F&M (Freymond&Muller) sont les deux nouvelles start-up admises par l’association de soutient aux start-up Fri Up à l’incubateur Sud (Vaulruz). Active dans les nouvel-les technologies, Actiware a conçu différents produits dont des vitri-nes interactives pilotées par re-connaissance gestuelle et des agendas partagés en ligne permet-tant non seulement de prendre rendez-vous dans des instituts liés à la beauté et au bien-être ou au-près de spécialistes tels que des avocats ou des vétérinaires. F&M Freymond&Muller, quant à elle, s’est spécialisée dans le dévelop-pement et la distribution de so-lutions innovantes dans les sec-teurs de la santé et du bien-être. Dans un premier temps, la start-up entend se concentrer sur des produits de niche conçus aux Etats-Unis à l’instar de protections étanches pour plâtres, pansements et cathéter. Grâce à leur système de vacuum breveté, celles-ci s’adaptent à l’anatomie de chacun pour garantir l’étanchéité et per-mettre de bouger librement dans l’eau sans couper la circulation sanguine. La société, aujourd’hui hébergée à l’incubateur Sud, a été créée par Didier Freymond, dro-guiste, et Christian Muller, phy-siothérapeute. Au total, Fri Up suit douze jeunes entreprises dans son incubateur à Vaulruz. AXEL SPRINGER SUISSE: vente de Haustech à AZ Medien Axel Springer Suisse vend le ma-gazine spécialisé Haustech au groupe de presse argovien AZ Medien. Axel Springer veut ainsi se concentrer sur ses autres titres suisses (HandelsZeitung, Bilanz, PME Magazine, Schweizer Bank et Schweizer Versicherung), a-t-il indiqué hier. Avec l’acquisition de Haustech, AZ Medien com-plète sa palette de magazines spé-cialisés dans la construction comme HK-Gebaüdetechnik, Elektrotechnik ET et Bâtitech. La reprise est effective avec effet ré-troactif au 1er octobre, ont précisé les deux éditeurs. – (ats) NOSER: le fondateur abandonne la présidence Le groupe Noser réorganise sa di-rection. Le conseiller national PLR Ruedi Noser, fondateur et propriétaire de la société, aban-donne la présidence du conseil d’administration, dont il reste membre. Il s’agit pour lui de ré-gler sa succession et de donner une nouvelle organisation à son groupe. La présidence est reprise par Geri Moll, directeur général (CEO) de Noser Engineering. Le salon Communica s’est déroulé entre mercredi et hier à la Praille-Genève. L’événement était com-posé de plusieurs conférences avec des intervenants de différents secteurs économiques en lien avec la communication. Jacques Séguéla, consultant chez Havas, Raymond Loretan, président de la SSR, Ar-naud Grobet, de chez Emakina et François Besen-çon, président de Publicité Suisse, ont débattu hier des enjeux et des perspectives de la communica-tion. Pour Jacques Séguéla, la télévision ne sera pas tuée par le net. «Seule la télévision peut représen-ter l’ADN des marques.» Cependant, les habitu-des de consommation du support audiovisuel évo-luent. «Du côté de la SSR, nous devons nous adap-ter à cette révolution, expliquait Raymond Lore-tan. Nous ne pouvons pas faire de la publicité sur le web, mon rôle en tant que président de la SSR est de négocier avec la presse écrite pour que nous nous partagions ce marché.» Du côté des entrepri-ses, ce qui complexifie les relations avec le client, c’est selon Arnaud Grobet l’absence de points de contact. «Le net a profondément modifié le rapport entre les marques et les consommateurs.» La Suisse, un luxe de tradition? C’était le thème d’une conférence donnée à l’occasion du salon Communica mercredi par Antoine Hubert, admi-nistrateur délégué d’Aevis, Jean-Marc Jacot, CEO de Parmigiani et Franck Belaich, CEO de Sophas. «Nous cherchons à mettre en valeur la jeunesse de notre marque», a assuré de son côté Jean-Marc Ja-cot. L’ancienneté est-il un gage de luxe? Selon Franck Belaich, la notion du luxe en Suisse est très particulière. L’ancienneté prime sur la créativité. Même s’il reconnaît qu’il y a eu d’importants ef-forts. Jean-Marc Jacot a rappelé qu’un nombre im-portant de marques horlogères affichent leur date de création, alors qu’elles n’ont jamais rien créé pendant des décennies, voire des siècles. Du côté du secteur de la santé, la communication est très particulière parce que réglementée. «Nous nous adressons avant tout aux médecins», a expliqué Antoine Hubert. «Notre différence avec les hôpi-taux publics se situent aussi dans le segment hô-telier, car nous pouvons proposer des repas diffé-rents. Mais ce n’est pas seulement ça. Nous avons modifié certains codes. On peut dire que nous vou-lons proposer des hôpitaux qui n’ont pas l’odeur des hôpitaux.» (Grégoire Barbey) L’exception horlogère intégrale MONDAINE. La marque (Zurich-Soleure) a tout construit sur le monoproduit et continue d’enregistrer une croissance à deux chiffres. STÉPHANE GACHET Plus qu’une exception, c’est un véritable pied-de-nez à l’horloge-rie suisse haut de gamme tradi-tionnelle. Les montres Mondaine (siège à Zurich, 30 collaborateurs, centre de production à Biberist, Soleure, 80 collaborateurs) exclu-sivement connue pour le modèle CFF, profite d’une tendance po-sitive dont le secteur peut tou-jours rêver. André Bernheim (56 ans), président et copropriétaire avec son frère aîné Ronnie, pro-jette une croissance supérieure à 10% cette année, après avoir en-registré une progression de plus de 20% en 2013. Tout à fait ines-péré alors que l’industrie n’a affi-ché sur les huit premiers mois de l’année qu’un petit 2,7% (à l’ex-portation). Mondaine contredit aussi vertement la prédiction de Hamdi Chatti, président des montres Louis Vuitton, qui décla-rait dans une interview au Temps (édition de mardi) que plus au-cune marque ne fait de croissance à deux chiffres. Le seul autre chif-fre que consent la direction de Mondaine est un volume de près de 500.000 montres produites en Suisse (essentiellement quartz), sous la marque maison et en pri-vate label. Le chiffre d’affaires ne peut être qu’estimé sur cette base, sachant que le positionnement s’étire de 180 à 870 francs, prix publics. La croissance n’est pas le seul do-maine où Mondaine exprime son exception. La marque a entière-ment construit sa renommée sur une culture monoproduit: la mon-tre CFF, immanquable par son vi-sage d’horloge de gare, déclinée dans tous les formats, poignet, po-che, table, mur. Une icône qui a sa place dans les manuels de culture suisse et dans les musées de des-ign du monde entier. En soit, une leçon de management de marque, qui dure depuis 28 ans, l’accord passé avec la régie nationale des chemins de fer remontant à 1986 - Mondaine est plus ancienne, créée par le père de Ronnie et An-dré en 1967. Cette focalisation extrême s’est avérée payante. Mondaine est maintenant distribuée dans une quarantaine de pays, à travers une distribution hybride tout à fait inédite par la présence dans les guichets CFF. Près de 70 au total, qui constituent la première plate-forme commerciale de la marque. Suivis de Manor et d’un réseau étoffé de boutiques à vocation tou-ristique, dont les Swiss shops de Dolmetsch et Casagrande, à Lu-cerne, que complètent quelques détaillants horlogers multimar-ques. Logiquement, la Suisse reste le premier débouché, suivi de près par la Grande-Bretagne, qui pour-rait même passer numéro un cette année. La performance, particulière-ment fortes sur les dernières an-nées, reflète avec exactitude les vertus des segments d’entrée et moyen de gamme que décrivent inlassablement Nick Hayek (Swatch Group) et François Thié-baud (Tissot) et qui se vérifient de mois en mois dans les statisti-ques d’exportations: +7,8% (en valeur) sur le segment 200-500 francs, prix export, en août, contre +0.6% sur l’ensemble du secteur. Selon André Bernheim, c’est aussi le reflet de la taille du groupe: «Nous sommes relative-ment modeste, nous ne subissons pas toutes les variations du mar-ché. » La marque continue d’ail-leurs de bien fonctionner en Asie (Chine, mais aussi Japon, Taiwan, Hong Kong, Thaïlande) et aux Etats-Unis. Si l’on parle de Mondaine au-jourd’hui, ce n’est pourtant pas pour la stabilité du modèle. La di-rection a tenu hier à Zurich une conférence de presse à caractère «historique». Une brèche vient de s’ouvrir avec le lancement d’un second modèle, la Mondaine Hel-vetica. A nouveau une montre concept, qui décline l’un des monstres les plus omniprésents mais les plus discrets aussi de la culture nationale: la typographie Helvetica. Cela fait des années que l’envie chauffait les frères Bernheim. André explique que le point de fusion a été atteint en 2010, quelque temps après la re-lance des montres Luminox, dont la fratrie a repris 50% (l’autre moi-tié étant toujours en mains du co-créateur, aux Etats-Unis) en 2006, à titre privé. La reconstruction complète d’une marque. L’ivresse du déploiement aux Etats-Unis (premier débouché de Luminox). Et l’étincelle finalement qui vien-dra de la distribution de Mon-daine en Asie: «Le marché nous fait confiance. L’accueil est bon, bonne collection, bons prix. Mais nous n’avions qu’un seul visage...» Il fallait un concept de caractère: suisse, historique, neutre. Un ca-ractère d’imprimerie mis au point à Bâle en 1957 finira par s’im-poser, logique, naturel, universel. L’Helvetica ne polarise pas. L’Helvetica est partout. Impossi-ble d’y échapper, des instructions de lavage des chaussettes au mé-tro new-yorkais, le monde s’écrit en Helvetica. Mondaine le décli-nera en montres, light, regular et bold, sur le même mode long terme que la maison a tenu jusqu’à présent. Que sait-on encore de Mondaine? C’est le premier pilier des activi-tés des frères Bernheim, parallè-lement aux montres M-Watch (entrée de gamme lancée trois se-maines avant la Swatch, en 1983, et source d’un litige avec Migros depuis plus de quatre ans, actuel-lement au Tribunal de commerce de Zurich) et à l’activité private la-bel (dont Luminox et Givenchy) sous pavillon swiss made. Avec deux autres partenaires, ils déve-loppent aussi Marlox Group, avec siège international à Hong Kong, dédié à la gestion de licences hor-logères (Esprit, Puma, Givenchy, Joop) principalement produites en Asie. Marlox vient de faire l’ac-quisition de la marque Pierre Car-din pour les montres et les bijoux. Comme pour parachever leur sin-gularité au sein de l’industrie hor-logère, André et Ronnie Bern-heim se sont aussi illustrés en défendant le statu quo contre le renforcement du swiss made et ils confirment toujours leur op-position é l’ordonnance sur le Swissness. Avec des arguments commerciaux et industriels qui soulignent selon eux les immen-ses paradoxes du projet: «Le ren-forcement revient à renforcer la pression sur les segments infé-rieurs, une erreur qui pourrait avoir des effets très néfastes. L’in-dustrie profite déjà d’une image excellente et le bénéfice des nou-veaux critères sont inexistants pour le consommateur. La Suisse enfin ne possède pas les capacités supplémentaires que la révision exige.»! Le caractère défensif spécialement recherché SWISSCOM. L’action a progressé de près de 3% lors des quatre dernières semaines contrairement au marché. PHILIPPE REY L’action Swisscom figure d’ores et déjà parmi les gagnants des blue chips en termes de performance boursière pour 2014, avec un gain proche de 16% depuis le début de l’année. Sa progression s’élève à environ 24% sur un an. Depuis le début 2013, ce titre a gagné plus de 35%. Cela confirme le caractère défensif de ce groupe, lequel rassure en période d’incer-titudes boursières comme à pré-sent. En outre, des rumeurs ont à nouveau surgi tout récemment sur la possibilité d’une cession de Fastweb, tout en sachant que le contexte boursier actuel est pro-pice à la propagation de rumeurs. Comme en 2007 par exemple. Il est vrai que Swisscom fait preuve d’une stabilité s’agissant de ses résultats depuis 2009 si l’on se réfère à une période de cinq ans. Toutefois, on observe également que Swisscom a accompli une performance inférieure à celle du marché sur cinq ans. L’action a en effet stagné de 2004 à fin 2012 en-tre 300 et 450 francs avant de dé-coller au début de l’année sui-vante. Swisscom, qui publiera ses résul-tats du troisième trimestre le 6 no-vembre prochain et son rapport intermédiaire de janvier à fin sep-tembre, prévoit pour 2014 une croissance modérée du chiffre d’affaires, avec un bénéfice d’ex-ploitation (EBITDA) plus élevé. A savoir un EBITDA de plus de 4,4 milliards pour un chiffre d’af-faires de 11,5 milliards. Certes, Swisscom doit investir en 2014 environ 2,4 milliards de francs (dont 1,75 milliard en Suisse) pour l’extension de l’infrastruc-ture réseau en Suisse et en Italie. Les dépenses d’investissement sont croissantes depuis 2009. Les investissements du groupe ont augmenté de 9,4% à 1,117 mil-liard de francs au total lors du pre-mier semestre. En Suisse, les in-vestissements ont principalement bénéficié à l’infrastructure à haut débit. Si les objectifs sont atteints, Swiss-com proposera, selon toute vrai-semblance, un dividende 22 francs par action lors de l’as-semblée générale 2015. Le ratio de distribution/bénéfice par ac-tion (payout ratio) s’est situé à plus de 60% lors des deux dernières an-nées. La capitalisation boursière de Swisscom dépasse 28 milliards de francs, ce qui correspond à envi-ron 14 fois le cash-flow libre moyen du groupe lors des cinq dernières années et à 16x celui de 2013. Cela signifie que Swisscom s’avère bien valorisé à son prix ac-tuel par le marché et que le poten-tiel de hausse supplémentaire est du coup limité. Swisscom doit compenser l’éro-sion des prix dans les activités de base par l’augmentation du nom-bre de clients et des volumes ainsi que des nouveaux services et des acquisitions ciblées. Lors des der-niers mois, Swisscom a donné d’importants signaux sur le mar-ché grâce à de nombreuses inno-vations, notamment en lançant Swisscom TV 2.0, le service Cloud Docsafe et LTE Advanced. Cette évolution favorable des af-faires a, du reste, amené Swisscom à relever ses prévisions concer-nant l’EBITDA pour 2014.! URS SCHAEPPI. Une bonne année 2014 mais des investissements élevés pour le CEO de Swisscom. BLOOMBERG LA MAISON A TOUJOURS TENU UNE POSITION UN PEU EN MARGE DE L’INDUSTRIE HORLOGÈRE TRADITIONNELLE. ASSUMÉE ET AVEC SUCCÈS.
  6. 6. PAGE 6 vendredi 10 octobre 2014 SUISSE Nécessaire évolution réglementaire BANQUES CENTRALES. Le vice-président de la Banque nationale s’est exprimé hier en Valais sur les enjeux de la politique monétaire. JEAN-PIERRE DANTHINE* Ces dernières années, les banques centrales ont multiplié les mesu-res pour contenir la crise finan-cière et en atténuer les répercus-sions. De plus, elles ont joué un rôle majeur dans les efforts de ré-glementation visant à empêcher l’émergence de nouvelles crises. Cette évolution a conduit bon nombre d’observateurs à se poser la question mise en exergue dans le titre de mon exposé: les banques centrales en font-elles trop? Ma réponse – et vous n’en serez cer-tainement pas surpris – tient en un mot: «non». Les dispositifs mis en place par les banques centrales depuis le début de la crise finan-cière en 2007 sont directement liés à la gravité des événements. Car premièrement, les mesures conventionnelles que les banques centrales ont prises – abaisser les taux d’intérêt, fournir des liqui-dités et intervenir en tant que prê-teur ultime – étaient indispensa-bles pour éviter l’effondrement du système financier. Deuxième-ment, le recours subséquent aux diverses mesures non convention-nelles représentait un acte respon-sable pour contrer la faiblesse de la reprise en l’absence d’autres so-lutions. Enfin, troisièmement, les banques centrales doivent réin-terpréter leur mandat en matière de stabilité financière, de sorte à jouer un rôle plus actif dans la pré-vention afin de pouvoir réduire leurs efforts dans la gestion des prochaines crises. (...) Ayant ramené les taux d’intérêt nominaux à court terme à un ni-veau proche de zéro, les banques centrales ont atteint la limite na-turelle au-delà de laquelle la po-litique monétaire conventionnelle n’a plus d’effet. Leurs actions ré-solues, associées aux mesures bud-gétaires prises par les gouverne-ments, ont réussi à interrompre la chute libre; cependant, les écono-mies demeuraient fragiles, les taux de chômage, élevés, et la re-prise, atone. Il était indubitable-ment nécessaire de faire un pas de plus. Selon les théories économi-ques classiques, la politique bud-gétaire est le levier le plus efficace pour soutenir l’économie lorsque les taux directeurs sont proche de zéro. Malheureusement, la majo-rité des gouvernements jugeaient qu’ils n’étaient pas en mesure d’al-ler plus loin, pour diverses raisons. Avant tout, beaucoup d’Etats étaient entrés dans la crise avec un fort endettement public; la crise mettant leur budget sous pression, ils étaient réticents à dépenser da-vantage. Ainsi, même après avoir épuisé leurs instruments moné-taires conventionnels, les banques centrales ont dû se rendre à l’évi-dence qu’elles étaient les seules à pouvoir soutenir la reprise écono-mique. Comme bon nombre d’en-tre elles avaient pour mission de réagir face à une production infé-rieure à son potentiel, elles se sont tournées vers des mesures non conventionnelles. (...) La situation de la BNS est quant à elle un peu particulière. En été 2011, la Suisse a connu une ap-préciation excessive de sa mon-naie en raison de la crise qui sévis-sait alors dans la zone euro; cette surévaluation s’est poursuivie jusqu’à représenter une grave me-nace pour la stabilité des prix. Nous avons donc eu recours à dif-férents instruments non conven-tionnels afin d’accroître les liqui-dités en francs et avons, finalement, été contraints d’intro-duire un cours plancher de 1 franc 20 pour 1 euro en septembre 2011. Sur cette toile de fond, je re-viens à la question initiale: les ban-ques centrales en font-elles trop lorsqu’elles adoptent des mesures LES BANQUES CENTRALES N’EN ONT PAS TROP FAIT. ELLES ONT AFFRONTÉ LA CRISE ET ONT MIS EN PLACE DE NOUVELLES MESURES RÉGLEMENTAIRES AFIN D’ÉVITER D’AUTRES CRISES. ELLES ONT FAIT CE QUI ÉTAIT NÉCESSAIRE. de politique monétaire non conventionnelles? La réponse est toujours «non», mais ce «non» est moins catégorique que dans le cas des mesures conventionnelles. (...) D’une part, le fait d’être seules à pouvoir agir face à la faible reprise de même que les taux de chômage élevés ont contraint de nombreu-ses banques centrales à prendre des mesures supplémentaires – mesures qui étaient justifiées par leur mandat. D’autre part, le ver-dict final portant sur l’ensemble des mesures non conventionnel-les n’est pas encore tombé. Les faits attestent certes que l’assou-plissement quantitatif, par exem-ple, a permis de réduire les taux d’emprunt à long terme; mais ses conséquences sur l’économie réelle demeurent incertaines. En outre, de telles mesures peuvent provoquer des effets collatéraux non négligeables: elles peuvent inciter les acteurs des marchés fi-nanciers à prendre des risques supplémentaires et contribuer ainsi à l’instabilité du système fi-nancier; elles peuvent aussi se ré-percuter sur d’autres régions – no-tamment sur les marchés émergents, où la quête de rende-ments plus élevés stimule l’afflux de capitaux et, partant, les prix des actifs et les variations des cours de change. Pour dresser le bilan final des effets positifs et négatifs, nous devrons donc attendre que toutes les données soient disponibles, c’est-à-dire en particulier que les mesures non conventionnelles soient définitivement abandon-nées. L’efficacité du cours plan-cher instauré par la BNS est plus facile à évaluer: cette mesure a joué un rôle décisif dans la lutte contre le risque imminent de dé-veloppements déflationnistes. Elle peut donc être considérée comme un succès. Au vu de la faiblesse de l’environnement économique ac-tuel, le cours plancher demeure, aujourd’hui encore, l’instrument central pour garantir un cadre monétaire approprié et permettre à la Banque nationale d’accomplir son mandat dans le domaine de la stabilité des prix. Les événements qui ont suivi la faillite de Lehman Brothers ont également souligné à quel point il importe qu’une banque centrale puisse réagir avec flexibilité face à des circonstances inattendues. (...) La crise a révélé deux lacunes dans le dispositif ré-glementaire en place. Comme les banques centrales sont bien pla-cées pour les combler, elles ont été amenées à réinterpréter leur man-dat en matière de stabilité finan-cière et à se concentrer désormais sur la prévention plutôt que sur la gestion des crises. (...) La première lacune était la concentration sur la gestion des crises. Avant 2007, on jugeait pré-férable que les banques centrales agissent avec détermination après l’éclatement d’une crise, plutôt qu’elles ne cherchent à prévenir leur éclosion. Mais les coûts éle-vés, en termes de bien-être social, que la récente crise a provoqués ont clairement montré la néces-sité de redoubler les efforts de pré-vention. Le dispositif réglemen-taire avait pour second défaut de ne pas tenir compte d’une dimen-sion importante du risque. Du fait qu’il se concentrait sur la préven-tion de difficultés pouvant affec-ter des établissements pris indivi-duellement (réglementation microprudentielle), il ne parve-nait pas à appréhender l’accumu-lation de risques à l’échelle du sys-tème financier. Or le risque systémique peut provenir de deux sources. Premièrement, il peut émaner d’établissements finan-ciers dont la faillite menacerait la stabilité du système financier dans son ensemble, que ce soit en rai-son de leur taille (par exemple UBS ou AIG), ou de leurs nom-breuses interdépendances (pen-sez à Lehmann Brothers ou à Bear Stearns). La défaillance de Leh-mann Brothers a montré à quel point le problème est réel. Deuxiè-mement, le risque systémique peut provenir d’entreprises finan-cières plus petites, dont l’interac-tion procyclique amplifie les brus-ques mouvements d’expansion et de contraction sur les marchés fi-nanciers. Pour faire directement face au risque systémique, il faut disposer d’une série d’instruments dits macroprudentiels; ces instru-ments, qui ont pour la première fois fait l’objet de discussions il y a plus de dix ans, se répartissent en deux grandes catégories: la pre-mière regroupe les instruments destinés à renforcer les établisse-ments qui sont d’importance sys-témique du fait de leur taille ou de leurs interdépendances; la lé-gislation suisse too big to fail en fournit un bon exemple. La se-conde catégorie comprend les ins-truments qui ont pour but d’amé-liorer la résilience du système financier et d’influer sur le com-portement collectif des établis-sements financiers afin qu’il soit moins procyclique. (...) L’histoire est source d’enseigne-ments, et les banques centrales ont beaucoup à apprendre des épiso-des critiques. A ce titre, la crise ré-cente représente une occasion ex-ceptionnelle. Les banques centrales ont géré activement la crise en recourant à des instru-ments conventionnels et non conventionnels. Leurs efforts ont largement contribué à éviter l’ef-fondrement du système financier au tout début de la crise, puis à li-miter les dommages économiques consécutifs. Le recours à ces me-sures n’aurait pas été possible si les banques centrales, y compris la BNS, n’avaient pas été à même d’agir avec flexibilité face à ces cir-constances exceptionnelles. Sou-venons- nous en lorsque nous de-vrons voter sur une initiative restreignant drastiquement la marge de manoeuvre de la Banque nationale. Mais la crise a généré – et génère encore – des coûts so-ciaux considérables. Les banques centrales doivent surtout en tirer une leçon: elles sont appelées à ré-interpréter leur mandat dans le do-maine de la stabilité financière, en mettant moins l’accent sur la ges-tion des crises et davantage sur leur prévention. Pour ce faire, elles doi-vent contrer directement et effi-cacement le risque systémique. El-les sont idéalement placées pour y parvenir. Si nous réussissons dans cette voie, les besoins d’interven-tion dans la gestion des crises di-minueront d’autant. En d’autres termes, les banques centrales doi-vent redoubler d’efforts sur un front pour se permettre d’être moins actives sur l’autre. Je conclu-rai en reformulant la réponse que j’ai donnée au tout début de mon exposé: en affrontant la crise et en mettant en place de nouvelles me-sures réglementaires afin d’éviter d’autres crises, les banques centra-les n’en ont pas trop fait; elles ont fait ce qui était nécessaire et conti-nuent de le faire. * Extraits de l’alloculation du vice-président de la BNS lors du rendez-vous économique de la Foire du Va-lais hier. Arguments contre l’initiative sur l’or (...) Le 30 novembre, une initiative sera soumise au vote populaire qui, si elle était acceptée, restreindrait considérablement la capacité d’action de la BNS et l’empêcherait de réagir lors de la prochaine crise comme elle a pu le faire lors de la crise récente. Je veux parler de l’initiative sur l’or («Sauvez l’or de la Suisse», de son titre complet). Permettez-moi ici de faire une brève digression pour expliquer les rai-sons pour lesquelles la BNS s’oppose à cette initia-tive. L’initiative pose trois exigences: premièrement, que la BNS détienne au moins 20% de ses actifs sous forme d’or; deuxièmement, que ses réserves d’or soient inaliénables; et, troisièmement, que la tota-lité de ses réserves d’or soit stockée en Suisse. Je com-mencerai par le dernier point. Aujourd’hui, 70% de nos réserves d’or sont stockées en Suisse, 20% sont entreposées auprès de la Banque d’Angleterre et 10%, auprès de la Banque du Canada. Comme vous le savez, les réserves d’or d’un pays ont traditionnel-lement la fonction d’actifs ne devant servir qu’en cas d’urgence. C’est pourquoi il est pertinent non seulement de diversifier les lieux de stockage, mais aussi de choisir un emplacement où l’or est négocié, pour qu’il puisse être vendu plus rapidement et à des coûts de transaction moindres. Tant le Royaume- Uni que le Canada répondent à ce critère. De plus, ces deux pays bénéficient d’un système juridique solide et fiable. Notre or y est en mains sûres. Quant à l’exigence de l’initiative selon laquelle nous de-vrions détenir au moins 20% de nos actifs sous forme d’or, son acceptation entraverait fortement la conduite de la politique monétaire. En effet, les opé-rations de politique monétaire ont une incidence di-recte sur notre bilan. Des prescriptions sur la com-position de ce dernier restreindraient donc notre marge de manoeuvre dans le domaine de la politi-que monétaire. A ce sujet, notre décision d’instau-rer un cours plancher vis-à-vis de l’euro, que j’ai men-tionné plus tôt, est un exemple parlant: si la restriction légale de l’initiative avait été en vigueur lorsque nous défendions le cours plancher, nous au-rions été contraints d’acheter non seulement des eu-ros, mais aussi de l’or en grandes quantités. La dé-fense du cours plancher aurait ainsi entraîné des coûts très élevés qui auraient vraisemblablement amené les marchés des changes à douter de notre détermination à le faire prévaloir par tous les moyens. Des conséquences encore plus décisives dé-couleraient de l’interdiction de vendre de l’or. L’aug-mentation du stock d’or serait irréversible, quelles que soient les exigences de politique monétaire. Jointe à l’obligation de détenir au moins 20% des ac-tifs sous forme d’or, l’interdiction de vente pour-rait peu à peu obliger la BNS à détenir la grande ma-jorité de ses actifs en or: toute extension du bilan pour des raisons de politique monétaire entraîne-rait des achats d’or, mais lorsque le bilan pourrait à nouveau être réduit, nous n’aurions pas le droit de revendre même une partie de cet or. Ces disposi-tions restreindraient ainsi dangereusement notre ca-pacité d’action. De plus, l’or n’offrant ni intérêts ni dividendes, la BNS serait moins à même de géné-rer un bénéfice et de le distribuer à la Confédéra-tion et aux cantons. Enfin, il convient de souligner que des actifs inaliénables ne peuvent véritablement être considérés comme des réserves. Il est aberrant d’exiger, d’une part, une augmentation des réserves d’urgence – en l’occurrence, des stocks d’or – et, d’au-tre part, d’interdire leur utilisation, même dans des situations d’urgence. En substance, la BNS rejette l’initiative sur l’or principalement parce que celle-ci menace la bonne conduite de la politique moné-taire. Son acceptation entraverait gravement la ca-pacité de la BNS à remplir son mandat constitutionnel et légal, soit à conduire la politique monétaire dans l’intérêt général du pays et à assu-rer la stabilité des prix en tenant compte de l’évo-lution de la conjoncture. (JPD) TRAJECTOIRES UBS: Kevin Lecocq nommé Global Head of Products UBS a procédé à divers change-ments aux étages de direction du secteur Global Asset Manage-ment (Global AM). Kevin Lecocq prendra au 1er novembre le poste de Global Head of Products, basé à Zurich, et deviendra simultané-ment membre du Global AM Executive Committee. M. Lecocq s’appuie sur 20 ans d’expérience et vient de la Deutsche Bank, où il était récemment Global Chief Investment Officer de Deutsche Bank Private Wealth Manage-ment, selon un mémo interne du CEO Global AM, Ulrich Körner. Contactée par AWP, une porte-parole d’UBS a confirmé l’exis-tence de ce mémo. Par ailleurs, Andreas Schlatter devient Global Head of Distribution. Il a travaillé depuis de nombreuses années pour l’Asset Management de la grande banque et est déjà mem-bre du Global AM Executive Committee. UBP: recrutement au sein de l’équipe obligations marchés émergents Union Bancaire Privée (UBP) an-nonce l’engagement de Karine Je-siolowski en qualité de spécialiste de l’investissement senior au sein de l’équipe Obligations marchés émergents, composée de sept pro-fessionnels dirigée par Denis Gi-rault. Karine Jesiolowski bénéfi-cie de plus de vingt ans d’expérience dans la gestion de fonds. Elle travaillait, depuis 2003, en tant qu’Analyste chez BNP Paribas Fortis/Fortis Invest-ments - Asset Management. NORDEA: équipe renforcée à Genève Nordea Asset Management étoffe son équipe commerciale de Ge-nève. Depuis début septembre, Nicola Bianchi assume la fonc-tion de Sales director et s’occupe des investisseurs professionnels en Suisse romande et au Tessin. Depuis les bureaux de Genève, Nicola Bianchi mettra en ouvre la stratégie de Nordea Asset Ma-nagement et consolidera les rela-tions avec les clients wholesale et les investisseurs institutionnels en Suisse romande et au Tessin. Avant de rejoindre Nordea As-set Management au moisde sep-tembre, Nicola Bianchi a dirigé pendant 19 ans l’équipe commer-ciale de J.P. Morgan Asset Mana-gement pour la Suisse romande et le Tessin. Il avait débuté sa car-rière professionnelle au sein de l’ancienne Banque Populaire Suisse. Nordea Asset Manage-ment gérant 160 milliards d’eu-ros, fait partie du groupe Nordea, le plus grand groupe financier du Nord de l’Europe, avec 248 mil-liards d’euros d’actifs sous gestion. CROSS: nouvelle responsable marketing Frédérique Richard a rejoint Cross le 11 août dernier au poste de responsable marketing&com-munication. Elle sera en charge de promouvoir l’orientation stra-tégique de la société et d’appor-ter son soutien aux équipes inter-nes. Implantée à Genève, Cross est une société de conseil et d’in-génierie spécialisée dans les do-maines de la transformation digi-tale, du pilotage de la performance et de la gouvernance des données.

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