Les grands barrages : enjeux et stratégies
Analyse du projet « Grand Inga »
Juillet 2014
2
KAMITIS est une société spécialisée en expertise scientifique, en
veille stratégique et technologique et en financement ...
3
Les grands barrages : enjeux et stratégies
Si les grandes entreprises du Nord et les institutions financières internatio...
4
Enjeux et stratégies
Contexte général
Dans les prochaines décennies, de gigantesques travaux
hydrographiques vont modifi...
5
Figure 1. Hydroélectricité : les 10 premiers producteurs – données 2011-2012
L’échelle de volume est donnée par les volu...
6
Les grands barrages ont donc un bel avenir d’autant plus
que les besoins en eau ne cessant d’augmenter,
l’importance str...
7
Focus sur le projet « Grand Inga »
L’Afrique subsaharienne possède un potentiel
hydraulique capable d’alimenter la total...
8
Le projet pharaonique, Inga, est le fruit de la
collaboration de différents acteurs du monde des
finances (Banque africa...
9
Cependant, les voix dissonantes avertissent de l’arrivée
d’une catastrophe écologique et sociale : comme
l’indique l’org...
10
Les principales causes aux intérêts chinois en RD Congo
sont les ressources naturelles dont dispose ce dernier,
en part...
Grands barrages : enjeux et stratégies - Analyse du projet « Grand Inga »
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Grands barrages : enjeux et stratégies - Analyse du projet « Grand Inga »

523 vues

Publié le

Si les grandes entreprises du Nord et les institutions financières internationales se ruent vers les fleuves des pays du Sud pour y édifier de gigantesques barrages c'est en raison de la perspective de créer de nouveaux marchés autour de l’énergie hydroélectrique.
En effet, l’édification des grands barrages est l’une des solutions permettant de relever les grands défis de gestion de l’eau et de production d’énergie. Cependant leur construction engendre très souvent des impacts socio-économiques et environnementaux importants qui nécessitent de lourds investissements financiers et humains pour les atténuer.
La rentabilité de ces ouvrages n’est donc pas uniquement assurée par le marché de l’énergie hydroélectrique qui en découle. Elle nécessite également l’exploitation des richesses minières des pays du Sud.

Publié dans : Données & analyses
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
523
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
3
Actions
Partages
0
Téléchargements
11
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Grands barrages : enjeux et stratégies - Analyse du projet « Grand Inga »

  1. 1. Les grands barrages : enjeux et stratégies Analyse du projet « Grand Inga » Juillet 2014
  2. 2. 2 KAMITIS est une société spécialisée en expertise scientifique, en veille stratégique et technologique et en financement de l’innovation. Elle opère principalement auprès des entreprises innovantes mais également auprès des structures institutionnelles. KAMITIS réalise pour ses clients des états de l’art technologique, des études de marchés et des analyses technico-économiques. Elle les aide également à identifier et à obtenir les meilleurs financements pour leurs projets. Lyon 6 Place Bellecour 69002 Pour plus d'informations : contact@kamitis.com - www.kamitis.com
  3. 3. 3 Les grands barrages : enjeux et stratégies Si les grandes entreprises du Nord et les institutions financières internationales se ruent vers les fleuves des pays du Sud pour y édifier de gigantesques barrages c'est en raison de la perspective de créer de nouveaux marchés autour de l’énergie hydroélectrique. En effet, l’édification des grands barrages est l’une des solutions permettant de relever les grands défis de gestion de l’eau et de production d’énergie. Cependant leur construction engendre très souvent des impacts socio-économiques et environnementaux importants qui nécessitent de lourds investissements financiers et humains pour les atténuer. La rentabilité de ces ouvrages n’est donc pas uniquement assurée par le marché de l’énergie hydroélectrique qui en découle. Elle nécessite également l’exploitation des richesses minières des pays du Sud. La publication complète est disponible sur notre site : http://kamitis.com/Publication-Juillet-2014.html Résumé
  4. 4. 4 Enjeux et stratégies Contexte général Dans les prochaines décennies, de gigantesques travaux hydrographiques vont modifier l’aspect de notre planète et les barrages en seront les ouvrages les plus significatifs. Véritables chefs d’œuvre d’ingénierie, les barrages jouent deux rôles principaux : d’une part le stockage des apports en eau pour répondre aux besoins vitaux et économiques des populations (eau potable, agriculture irriguée, navigation, énergie) et, d’autre part, la protection contre les effets destructeurs de l’eau (protection contre les inondations et l’érosion, maîtrise des crues, etc.). Il est vrai que ces édifices de béton sont souvent présentés comme des solutions au manque d’eau comblant également les besoins en nourriture et en énergie. Ils participent à la croissance économique et à l’expansion industrielle et urbaine à travers la production hydroélectrique 1 . Ainsi depuis plusieurs années, on observe la relance de la construction des grands barrages soutenue par de grandes entreprises (notamment françaises telles que GDF Suez 2 et EDF qui sont bien positionnées sur ce marché) et des institutions financières nationales et internationales comme la Coface, la Banque européenne d’investissement et la Banque mondiale 3 . A l’échelle mondiale, la Chine est le plus grand constructeur de barrages. Près de la moitié des 50 000 grands barrages de la planète sont chinois et bon nombre d’entre eux ont été construits au 21 ème siècle. Des pays comme le Brésil, le Canada, les Etats Unis d’Amérique, l’Inde ou le Japon ont également érigé un nombre imposant d’ouvrages. Mais bâtir de grands barrages exige la mobilisation d’importantes ressources financières et humaines. Ce sont surtout les ressources financières qui freinent le développement de beaucoup de pays et c’est donc par ce biais que plusieurs investisseurs publics ou privés parviennent aujourd’hui à intégrer des projets de grande ampleur. Il est vrai que dans certaines régions, surtout en Afrique où la production hydroélectrique attise beaucoup de convoitise, les opportunités sont nombreuses, les ressources inexploitées et le marché immense. 1 L’hydroélectricité est la principale source d’électricité renouvelable. Toutefois, au cours du temps, sa part a un peu diminué, passant de 20% à 15% aujourd’hui. Car sa croissance n’a pas pu suivre la progression des besoins et que les grands barrages présentent un certains nombre de d’inconvénients : coûts d’investissements élevés, coûts humain et environnemental. La Chine est le plus grand producteur d’énergie hydroélectrique. En 2010, le pays a produit, 721 térawatts heure (TWh), ce qui a représenté 17% de sa consommation électrique. Selon l’Administration Nationale de l’Energie, la Chine a ajouté 29 gigawatts de capacité de production d'énergie hydroélectrique l'année dernière, pour un total de 278 GW. Si la Chine, le Canada et le Brésil sont aujourd’hui les plus gros producteurs, trois pays dépendent de l’hydraulique pour leur production électrique : la Norvège avec 98%, le Brésil avec 80% et le Venezuela avec 73%. 2 Le mégabarrage Jirau construit par GDF Suez en Amazonie, à proximité de la frontière bolivienne. 3 A l’image de la Chine et du Brésil, la Banque mondiale prévoit de financer ce type de structures particulièrement au Congo, Zambèze, Himalaya, etc.
  5. 5. 5 Figure 1. Hydroélectricité : les 10 premiers producteurs – données 2011-2012 L’échelle de volume est donnée par les volumes de production en TEP par an. Pourtant, il a été démontré que le développement de l’hydroélectricité cause beaucoup de problèmes notamment au niveau de la protection de l’environnement, et cela principalement à cause de l’échec des différents acteurs (promoteurs, autorités, investisseurs, etc.) à trouver un compromis entre le développement hydroélectrique, les intérêts des habitants locaux et la protection de l’environnement. Malgré ces problèmes, les différentes nations persistent à vouloir bâtir des barrages car pour beaucoup de gouvernement, le meilleur moyen d’assurer la croissance économique de leur pays est de mettre un terme à la pénurie d’électricité et de moderniser les infrastructures de transport d’énergie. L’un des arguments en faveur de l’hydroélectricité reste indéniablement son coût. L’énergie hydraulique est la moins chère du marché et malgré leurs coûts de construction colossaux, les barrages, une fois en place, présentent très peu de frais de fonctionnement et de maintenance. De ce fait, les gouvernements qui cherchent à développer les énergies renouvelables, encouragent la construction de ces ouvrages. Des dispositifs financiers et fiscaux sont également mis en œuvre pour soutenir ces projets. Ainsi, afin d’accélérer la construction des barrages et de stimuler les investissements industriels, la Chine, plus grand producteur d’énergie hydroélectrique, envisage de modifier les prix de la production de cette énergie : Début 2014, la Commission des Réformes et du Développement National (NDRC) a annoncé une réforme visant à augmenter le prix payé par les opérateurs du réseau afin d’utiliser les ressources des centrales hydroélectriques 4 . En effet, le prix de l’énergie hydroélectrique, plus bas que l’électricité générée par d’autres formes traditionnelles (y compris le charbon), est un obstacle pour le développement de l’hydroélectricité puisqu’il ne permet pas aux opérateurs d’amortir les coûts de construction. Désormais, à l’issue de cette réforme, les prix de l’hydroélectricité seront basés sur le prix général de l’achat de l’'électricité ainsi que sur le coût de construction des centrales hydroélectriques. 4 China's Policies and Actions for Addressing Climate Change (2013). http://en.ndrc.gov.cn/newsrelease/201311/P020131108611533042884.pdf
  6. 6. 6 Les grands barrages ont donc un bel avenir d’autant plus que les besoins en eau ne cessant d’augmenter, l’importance stratégique des pays disposant de cette ressource ira croissant. Si les prévisions climatiques se révèlent exactes et que la répartition de ces ressources naturelles devient encore plus inégale, les pays riches en eau vendront de plus en plus souvent leurs surplus à ceux qui en manquent. Les nations capables de « couper le robinet » à d’autres auront alors un pouvoir énorme. Mais si les pays situés en aval d’un bassin fluvial sont de loin les plus riches et les plus puissants, le développement économique des pays châteaux d’eau, politiquement faibles, pourrait être entravé. Le déplacement des populations locales est un problème majeur que les décideurs et les législateurs doivent résoudre. Impactées directement par l’édification des barrages, ces population sont sujettes à la pauvreté compte tenu des contraintes socio-économiques imposées par les zones de déplacement (rareté des terres arables, absence d’activités professionnelles, etc.). Selon certains rapports 8 : entre 40 et 80 millions de personnes ont ainsi été déplacées à cause des barrages au cours du siècle dernier. Et quelques 472 millions de personnes ont été affectées par les impacts en aval des barrages (la diminution des terres fertiles et des ressources halieutiques, la déforestation, la dégradation de la qualité de l’eau, avec pour conséquence l’apparition de maladies, etc.). 5 "BARRAGES ET DEVELOPPEMENT- Un nouveau cadre pour la prise de décisions", le rapport de la commission mondiale des barrages, 2001.
  7. 7. 7 Focus sur le projet « Grand Inga » L’Afrique subsaharienne possède un potentiel hydraulique capable d’alimenter la totalité du continent africain en électricité 4 . Un fleuve en particulier est au centre de tous les intérêts : c’est le fleuve Congo, le deuxième au monde par son débit (40.000 m 3 /sec) après l'Amazone. Il présente un potentiel hydroélectrique estimé à 100.000 mégawatts (MW), soit plus du tiers du potentiel africain. Près de la moitié de ces capacités de production énergétique est concentrée sur le seul site d'Inga (40000 MW) à une trentaine de kilomètres de la ville portuaire de Matadi. Le barrage Inga 3, le premier des six barrages formant le complexe du Grand Inga, est la solution imaginée pour la région du Katanga. D’une puissance de 4 800 MW, ce barrage servirait à fournir en électricité l’Afrique du Sud (2 500 MW) et le réseau congolais 5 : pour les populations (1 000 MW) et les opérateurs miniers (1 300 MW) dont la production est limitée par le manque d’énergie disponible (spécialement la région du Katanga 6 ). Le projet pharaonique, Inga, est le fruit de la collaboration de différents acteurs du monde des finances (Banque africaine de développement, Banque européenne de l’investissement), du développement (Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale ; Agence française de développement) ou encore de l’ingénierie (China International Water & Electric Corporation ; EDF ; GDF Suez). 1 Exploité par la Société nationale d’électricité (SNEL) 2 Les besoins de l’industrie minière dans la région de Katanga sont estimés à 1 000 MW, et pourrait atteindre 2 300 MW d'ici à 2020.
  8. 8. 8 Le projet pharaonique, Inga, est le fruit de la collaboration de différents acteurs du monde des finances (Banque africaine de développement, Banque européenne de l’investissement), du développement (Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale ; Agence française de développement) ou encore de l’ingénierie (China International Water & Electric Corporation ; EDF ; GDF Suez). En 2013, un accord est signé entre ces mêmes entités dans le but de construire « Grand Inga », le plus grand complexe hydraulique au monde, à proximité des chutes éponymes en République Démocratique du Congo. La Banque mondiale a donné son feu vert pour ce projet de grande envergure, qui viendra détrôner le barrage des Trois Gorges en Chine. Ce plan intègre plusieurs sous-projets : la construction d’un troisième barrage dans la région, l’Inga 3 ; ainsi que des travaux de rénovations pour l’ensemble de ces constructions préexistantes datant des années 1970, l’Inga 1 et l’Inga 2, qui nécessitent d'importants travaux de rénovations. Contexte difficile L’Afrique subsaharienne souffre d’un déficit durable et chronique d’énergie électrique : seulement 31 % de la population a accès à l’électricité, ce qui laisse près de 600 millions de personnes sans accès (selon des chiffres officiels, 9% de la population congolaise dispose aujourd’hui d’un accès à l’électricité). Effectivement, le prix moyen de l’électricité dans cette région du monde est de 0,12 dollar/kWh, soit deux fois plus élevé que dans les autres pays en développement. De par les constructions existantes, complétées par ce projet, le Congo serait ainsi doté d’un énorme potentiel hydroélectrique estimé à 100 GW (soit le troisième plus grand au monde derrière la Chine et la Russie). Cette source d’énergie renouvelable serait disponible en grande quantité, rentable grâce à son faible coût de production (environ 0,05-0,07 dollar/kWh), permettant ainsi de concurrencer d’autres technologies comme l’énergie thermique, éolienne et solaire. Selon Jim Yong Kim, directeur de la Banque Mondiale, et fervent défendeur du projet Grand Inga: « Le développement responsable de l’énergie hydraulique peut fortement contribuer à mettre fin à la pauvreté et à promouvoir une prospérité partagée sur le continent africain par la fourniture d’une source d’énergie rentable pour les ménages et les entreprises et l’amélioration du bien-être humain. ». La centrale d’Inga 3 fournira un nouvel accès à l’électricité à sept millions d’habitants de la région métropolitaine de Kinshasa. Par ailleurs, le développement de trois projets hydroélectriques de moyenne puissance permettra à deux millions de personnes d’accéder à l’électricité dans l’arrière-pays rural. Etat actuel du projet Projet « Grand Inga »
  9. 9. 9 Cependant, les voix dissonantes avertissent de l’arrivée d’une catastrophe écologique et sociale : comme l’indique l’organisation Les Amis de la Terre dans son rapport intitulé « A qui profitent vraiment les grands barrages ? » 3 , de telles constructions alimenteraient ainsi la corruption et les conflits locaux, laissant notamment la majorité des Congolais sans électricité contrairement à ce qui était annoncé par la Banque Mondiale. Sans compter le nombre important de locaux à déplacer puisqu’afin d’élever le réservoir d’Inga 3, la vallée de la Bundi (d’une superficie de 330 km 2 ) sera rayée de la carte, forçant ainsi la délocalisation de ses habitants vers des villes proches telles que Matadi. Il est également nécessaire de relativiser la propreté de cette énergie, dite « non émettrice de CO2 ». Si le processus de production n’émet pas lui-même de gaz à effet de serre, la construction de ces barrages, parfois pharaoniques, implique l’utilisation et le transport de matériaux qui alourdissent considérablement le bilan carbone de cette énergie. Par ailleurs, le réservoir du barrage est constitué en inondant des zones de culture et de forêts riches en matières organiques. Ces matières se décomposent ensuite dans le réservoir, émettant de grandes quantités de gaz (méthane, protoxyde d’azote) à très fort effet de serre. Au total, les grands barrages sont responsables de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (soit plus que le secteur aérien). De plus, suite à la mauvaise gérance sous le régime Mobutu et la situation de guerre depuis 1997 au Congo, le barrage Inga 2 et son voisin Inga 1 sont dans un état de délabrement réduisant leur capacité de production électrique à 20 %, faute de pièces de rechange. Par manque d’entretien également, les jacinthes d'eau sont l'une des principales causes d'encombrement du barrage et de dégradation de ses turbines. Les centrales électriques ne parviennent même plus à assurer une alimentation fiable à la seule ville de Kinshasa, alors que les projets initiaux prévoyaient une alimentation de toute l'Afrique australe, justifiant également la construction de la ligne électrique Inga-Shaba. Cependant, le potentiel désastre écologique que représente le projet Grand Inga ne semble pas effrayer les fonds d’investissement et les autorités locales. La Banque africaine de développement, la Banque mondiale et d’autres investisseurs vont prêter 150 millions de dollars pour lancer le chantier, dont la première phase d’Inga 3 coûtera la somme de 12 milliards de dollars. Soit un investissement représentant plus du tiers du PIB annuel du RD Congo (30,63 milliards en 2013). Alors, pourquoi un tel engouement des organisations, notamment chinoises, pour ce projet alors qu’elles détiennent déjà le plus grand complexe hydroélectrique au monde (le barrage des Trois-Gorges) ? Figure : Ressources minières du RD Congo 3 http://issuu.com/amisdelaterre/docs/plaquettebarrages/1?e=0
  10. 10. 10 Les principales causes aux intérêts chinois en RD Congo sont les ressources naturelles dont dispose ce dernier, en particulier les régions boisées du Bundi ainsi que les richesses minières de l’est et du sud du pays (notamment dans le Katanga). En effet, la RD Congo possède des gisements contenant une cinquantaine de minerais recensés, même si uniquement une douzaine de ces derniers est exploitée: le cuivre, le cobalt, l’argent, l’uranium, le plomb, le zinc, le cadmium, le diamant, l’or, l’étain, le tungstène, le manganèse et quelques métaux rares comme le coltan. Le pays recèle plus de la moitié des réserves mondiales de cobalt, 10% de celles de cuivre, 30% de celles de diamant et plus de 70% des réserves de coltan (3/4 des réserves mondiales), un minerai qui entre dans la composition de produits de haute technologie. De plus, plusieurs gisements d’Or, de germanium, de manganèse, de bauxite et de minerai de fer restent encore inexploités. Consciente du poids stratégique du RD Congo, la Chine a noué des partenariats d’investissements en infrastructures contre des concessions minières. Ainsi la province du Katanga compte aujourd’hui environ 300 entreprises métallurgiques chinoises, la plupart installées dans la région du Lubumbashi surnommée « la capitale du cuivre » où, à l’image de la CDM, le plus gros producteur de cobalt chinois, 50 entreprises chinoises se sont établies et fondent le minerai pour l’exportation. Figure : Les 14 matières premières minérales qualifiées de « critiques » par l’UE - http://globalmetal.fr/metaux-strategiques/ L’intérêt de la Chine pour les richesses minières des pays africains s’explique principalement par le besoin de sécuriser ses approvisionnements en minerais. En effet, l’empire du milieu, qui détient aujourd’hui un quasi- monopole dans la production de minerais et notamment les terres rares 4 , a besoin d’assurer un accès de plus en plus important aux ressources dont il a besoin pour nourrir sa croissance soutenue. D’autre part, les problématiques de pollution 5,6 (qui ont provoqué des conflits sociaux très durs récemment) 7,8 ainsi que le coût de réhabilitation des sites d’extraction de minerais (qui dépasse très souvent les bénéfices de l'extraction) 7,8 ont amené le gouvernement chinois à adapter sa stratégie en explorant d’autres horizons (Africains notamment) afin de continuer son expansion tout en diminuant les risques associés. Etats-Unis Béryllium 85% Brésil Niobium 92% RD Congo Cobalt 41% Afrique du Sud Platine 79% Chine Antimoine 91% Germanium 72% Graphite 72% Indium 58% Magnésium 56% Terres rares 97% Tungstène 78% 4 Du fait de l'impact environnemental désastreux, les exploitations de ces minerais se sont arrêtées partout dans le monde, hormis en Chine où les autorités se sont montrées peu regardantes sur la pollution générée. Ainsi depuis 2010, la Chine assure un quasi- monopole de la production de terres rares dans le monde. 5 Cécile Bontron, "En Chine, les terres rares tuent des villages", Le Monde, 2012. 6 Daniel Krajka, "La Chine accentue la lutte contre la pollution", L’Usine Nouvelle, septembre 2013. 7 http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7782297.html 8 Jonathan Kaiman, "Rare earth mining in China: the bleak social and environmental costs", The Guardian, 2014.

×