La région de
Montmagny, entre
littoral et arrière-
pays :
L’émergence d’une
agglomération urbaine
École supérieure d'aména...
Table des matières
Introduction à l’atelier .................................................................................
Préface
Cette année, la cohorte 2014-2015 du volet
urbanisme de l’essai-laboratoire a étudié le territoire
de la Côte-du-S...
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Introduction à l’atelier
Introduction à l’atelier
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L’essai-laboratoire, volet
urbanisme
L’essai-laboratoire en urbanisme représente un défi
pour ses participants : celui d...
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Démarche et approche
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La recherche par le projet
D’autre part, la recherche par le projet, effectuée
simultanément, propose une démarche itéra...
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La région de Montmagny :
entre ville et campagne
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La situation régionale de la région de Montmagny
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La région de Montmagny est un territoire à la fois urbain
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Une synthèse : les données de
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La Normandie
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Système de rangs/montées
Hérité de son passé seigneurial, l’arrière-pays est
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Souhaitable urbanistique
On observe donc que les différents établissements de
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La réactualisation des
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Le cœur villageois, un ensemble qui se
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l’arrière-pays suivait donc le tracé de cette route vers
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Le littoral, un lieu de prestige
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La plage de Berthier-sur-Mer
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Victime de son succès, ce secteur est rapidement arrivé
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Souhaitable urbanistique
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Cap-Saint-Ignace: de village
agricole et forestier à faubourg
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En effet, de 1845 à 1881, une industrie forestière
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La municipalité a investi dans des installations de loisirs
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C’est pourquoi la MRC de Montmagny a fait une
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Souhaitable urbanistique
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Montmagny
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  1. 1. La région de Montmagny, entre littoral et arrière- pays : L’émergence d’une agglomération urbaine École supérieure d'aménagement du territoire et de développement régional (ÉSAD) Laurent Aubin Pascal Beaulieu Guillaume Bergeron Anne-Marie Busque-Dubois Audrey-Ann Fillion Félix Fortin-Lauzier Laure Garel Joëlle Gendron Johnatann Gordon Jérôme Grondin Étienne Lefebvre-Guimont Simon Lemieux Antoine Maranda Raphaëlle Mills-Montesinos Mohamed Amine Touhami Essai-laboratoire volet urbanisme, 2014-2015 Sous la direction de Johanne Brochu, David Paradis et Philippe Plante
  2. 2. Table des matières Introduction à l’atelier ......................................................................................... 4 L’essai-laboratoire, volet urbanisme .......................................................................... 5 Démarche et approche conceptuelle ......................................................................... 6 La région de Montmagny : entre ville et campagne : ............................... 8 Caractérisation .................................................................................................... 14 L’arrière-pays.............................................................................................................. 18 Les établissements du littoral .................................................................................. 29 Montmagny ................................................................................................................ 47 Construction d’une typologie des lieux d’arrimage………………………...… 62 Propositions d’interventions urbanistiques ............................................... 66 L’arrière-pays.............................................................................................................. 68 Les établissements du littoral .................................................................................. 80 Montmagny................................................................................................................. 96 Conclusion ............................................................................................................... 115
  3. 3. Préface Cette année, la cohorte 2014-2015 du volet urbanisme de l’essai-laboratoire a étudié le territoire de la Côte-du-Sud et plus précisément la région de Montmagny. Cette dernière s’est avérée être une grande source d’inspiration pour la réflexion en urbanisme physico-spatial et un territoire des plus appropriés pour la formation d’étudiants qui s’intéressent à cette démarche. La région représente l’ethos de l’établissement québécois: l’ensemble de ses manières d’être, de ses caractéristiques, de ses formes. Les différentes époques et les formes d’urbanisation qu’on leur associe ont tour à tour laissé des traces lisibles dans cette plaine entre fleuve et montagnes. Les étudiants du volet urbanisme ont été appelés à analyser et à se questionner sur ce territoire qui tend actuellement à se réactualiser dans le sillage de la métropolisation engendrée par sa proximité avec la grande région métropolitaine de Québec. NOTES Sauf avis contraire, tous les éléments graphiques et visuels du présent rapport sont le fruit du travail de l'équipe d'essai- laboratoire, volet urbanisme, ÉSAD, Université Laval, 2014- 2015 Sauf avis contraire, l'ensemble des cartes a été créé à partir des orthophographies provenant de l'Agence de mise en valeur des forêts privées des Appalaches, 2010 L’urbanisme Champ d’action, pluridisciplinaire par essence, qui vise à créer dans le temps une disposition ordonnée de l’espace en recherchant harmonie, bien-être et économie. (Merlin, 2009 : 3-4)
  4. 4. 4 Introduction à l’atelier Introduction à l’atelier
  5. 5. 5 L’essai-laboratoire, volet urbanisme L’essai-laboratoire en urbanisme représente un défi pour ses participants : celui de s’approprier une approche conceptuelle proposée par ses directeurs de recherche qui consiste en un travail d’analyse en urbanisme physico-spatial, appliqué au territoire de la région de Montmagny. Au cours de cet exercice, les étudiants à la maîtrise élaborent une vision stratégique pour le territoire afin d’envisager son devenir à travers trois étapes : la formulation d’une problématique urbanistique, l’identification de lieux spécifiques d’intervention, ainsi que l’élaboration de propositions de projets. Afin de guider la réflexion, les rapports à l’eau ont été choisis comme fil directeur et référent commun de l’analyse. En poursuivant cette ligne directrice, l’identification de potentialités urbaines des établissements, selon leurs activités économiques et leur situation, ainsi que la localisation des nouveaux ensembles résidentiels, ressortent comme les deux enjeux interdépendants conditionnant les propositions d’intervention urbaine. À terme, l’atelier permet la formulation de projets d’interventions selon la démarche de l’urbanisme physico-spatial et les lieux d’intervention identifiés. L’urbanisme physico-spatial Situé à la jonction de l’aménagement du territoire et de l’architecture, il relève d’une pratique qui consiste à penser des interventions sur le milieu bâti à l’échelle des ensembles urbains. Il est mobilisé par l’identification du «où et comment» intervenir et porte pour ainsi dire sur l’échelle intermédiaire. De ce fait, il est appelé à concevoir des interventions aptes à articuler les différents secteurs d’un établissement et à en arrimer les différentes échelles, allant de l’agglomération au voisinage. Dans tous les cas, la localisation des interventions, leur type et leurs paramètres sont pensés conjointement. Le travail sur l’espace public, est le moyen préconisé par cette démarche, et constitue une composante incontournable de l’ossature de l’établissement, alors que l’élément clé de sa méthodologie est l’analyse morphologique urbanistique. L’urbanisme-physico-spatial procède par itération de manière délibérée: l’alternance entre appréhension sensible et sentie, analyses et ’’projetations’’ permet de mettre à l’épreuve les intentions à la forme, le souhaité à l’existant, le souhaitable au faisable. (Brochu, Paradis, Plante, 2011)
  6. 6. 6 Démarche et approche conceptuelle L’urbanisme physico-spatial met en œuvre deux méthodes de travail complémentaires, soit l’analyse morphologique urbanistique et la recherche par le projet. L’analyse morphologique urbanistique D’une part, l’analyse morphologique urbanistique consiste en l’étude du territoire selon trois principales dimensions : l’analyse de la forme urbaine (comprenant la morphogenèse), l’analyse des données sociodémographiques et l’étude de la volonté des acteurs à partir de la conception d’une revue détaillée de la littérature grise (revue de presse, analyse de rapports, etc.). Afin de saisir la relation entre ces dimensions, il convient d’interpréter ces sujets selon trois échelles: régionale, locale et de voisinage. De cette façon, l'analyse morphologique urbanistique permet de confronter l’existant (contexte actuel et milieux de vie bâtis) ainsi que le souhaité (désirs et intentions des acteurs du milieu) pour en dégager un souhaitable urbanistique. Ce dernier permet de mettre en évidence des lieux d’arrimage entre les logiques de fonctionnement à l'œuvre sur le territoire et des types d’intervention pertinents. L’analyse morphologique urbanistique
  7. 7. 7 La recherche par le projet D’autre part, la recherche par le projet, effectuée simultanément, propose une démarche itérative favorisant les allers-retours entre les échelles, les angles d’analyse et entre le diagnostic et la conceptualisation. L'exercice des regards alternés est possible par une première exploration du territoire, puis par la réalisation d'un inventaire des activités et la caractérisation de la forme urbaine. C'est cette alternance des regards qui permet de revisiter la compréhension des lieux. Dans le but d’opérationnaliser cette démarche, l’atelier d’urbanisme s’est organisé en deux types d’équipe. Tout d’abord, les travaux réalisés en équipes-projets (formées en fonction des trois grands cas de figure d’établissements urbains présents dans la région d’étude) ont permis aux participants de créer des carnets d’exploration, de réaliser une première caractérisation des établissements, puis de confectionner une carte de localisation des activités. Ces premières étapes furent suivies de travaux en équipe-sujets (formées en fonction des trois dimensions de l’analyse morphologique urbanistique) permettant d’effectuer des analyses de données thématiques. Ensuite, le retour en équipes-projets fut l’occasion de réaliser une deuxième caractérisation et une première synthèse d’analyse. Enfin, des éléments de problématique urbanistique, avec le fil conducteur des rapports à l’eau, ont été dégagés pour permettre l’identification de lieux et paramètres d’intervention, et finalement être en mesure de soumettre des propositions d’interventions urbanistiques. La recherche par le projet Le déroulement de l’atelier
  8. 8. 8 La région de Montmagny : entre ville et campagne La région de Montmagny : entre ville et campagne
  9. 9. 9 La situation régionale de la région de Montmagny
  10. 10. 10 La région de Montmagny est un territoire à la fois urbain et campagnard qui s’avère être à l’heure actuelle la principale agglomération urbaine de la Côte-du-Sud. Délimité par deux importantes barrières physiques, ce territoire est confiné par le fleuve Saint-Laurent au nord et par le piémont appalachien au sud. De surcroît, le territoire d’étude repose sur une étroite plaine agricole ponctuée de coteaux rocheux et traversée par deux importantes rivières: la rivière du Sud et le bras Saint- Nicolas. Cette topographie a posé les premières bases de l’organisation spatiale de la région et a contribué à sa singularité. À cela s’ajoute la richesse historique, patrimoniale et culturelle de cette région établie au tout début de la Nouvelle-France. Dès lors, on y retrouve les grands archétypes d’organisation spatiale, autant traditionnels que contemporains, qui ont marqué le Québec. Ainsi, le village maritime, le village agricole de l’arrière-pays, le bourg, les hameaux ferroviaires et industriels, les îlots résidentiels en pleine campagne, les noyaux de villégiature ainsi que le chef-lieu et ses banlieues- dortoirs se côtoient dans ce territoire aux paysages contrastés. Bien que ces contrastes tirent leurs origines d’une situation géographique et d’une histoire profondément ancrée dans le territoire, ils arrivent toujours à surprendre les nouveaux venus… qu’il s'agisse de passants non avertis ou des auteurs de ces lignes! Effectivement, alors que la plaine agricole, les villages côtiers avec leurs vues imprenables sur le fleuve et les petites villes aux allures traditionnelles résonnent dans l’imaginaire collectif, on peut toutefois être surpris par les quartiers aux allures de banlieues d’après-guerre, les villages et hameaux industriels ou encore les boulevards commerciaux qui parsèment la région de Montmagny. Somme toute, ces contrastes dans la forme urbaine sont parties prenantes de la région au même titre que sa topographie contrastée ou sa riche histoire. L’agglomération magnymontoise est située à environ 45 minutes de voiture de la région métropolitaine de Québec. Dans le contexte actuel de métropolisation, qui a pour effet d’agrandir le rayon d’influence des grands centres urbains, on pourrait affirmer qu’elle est à la porte de cette région métropolitaine. Cette situation l’expose à plusieurs défis, notamment celui de se réactualiser, compte tenu des effets potentiels connus de ce contexte au niveau des formes et structures urbaines. Face à cela, notons que les qualités paysagères distinctives, la richesse d’activités de toutes sortes et la convivialité de ses établissements confèrent à la région un fort pouvoir attractif, qui alimente de nombreuses potentialités en ce qui a trait à son nécessaire renouvellement. o Le fleuve Saint-Laurent àBerthier-sur-Mer La métropolisation «C’est un processus qui fait entrer dans l’ère de fonctionnement quotidien de ces grandes agglomérations, des villes et des villages de plus en plus éloignés et qui engendre ainsi des morphologies urbaines, mais aussi «rurales» d’un type nouveau» (Lévy et Lussault, 2003 612-615) La plaine agricole de Morigeau Un quartier résidentiel à Montmagny
  11. 11. 11 Le basculement hinterland- foreland : une morphogenèse révélatrice d’un changement de paradigme La région de Montmagny porte les traces de l’évolution lato sensu de l’occupation du territoire et de l’urbanisation du Québec. On recense trois grandes périodes qui caractérisent l’évolution de l’occupation du territoire de Montmagny : l’établissement des foyers de peuplement, l’arrivée des grandes voies de communication terrestre et enfin la suburbanisation et le développement récréotouristique. L’établissement des foyers de peuplement La première période d’occupation débute dès la colonisation de la Nouvelle-France. En effet, la région de Montmagny est l’un des premiers foyers de peuplement agricole sous le régime français. Cette colonisation s’est organisée selon le régime seigneurial de rangs et de montées, qui favorise l’adoption d’un mode de vie essentiellement rural (Grenier, 2012). Les premiers foyers de peuplement s’accrochent à la principale voie de communication de l’époque - le fleuve Saint-Laurent - ainsi qu’à un autre cours d’eau d’importance dans la région, la rivière du Sud. L’apparition des différents villages se fait à partir de la fin de la première moitié du XVIIe siècle jusqu’au début du XVIIIe siècle. Les proto-établissements de Berthier-sur-Mer, Cap- Saint-Ignace et Pointe-à-la-Caille ont tôt fait face à des problèmes d’érosion de leurs rives en raison notamment des grandes marées du fleuve Saint- Laurent et de sols instables causés par le déboisement des terres en bordure du fleuve (Laberge, 1993). Ces phénomènes naturels ont eu raison des églises de ces trois villages et le clergé a pris la décision, dans les trois cas, de déplacer le centre de la paroisse sur des coteaux rocheux à l’abri de l’érosion. Leur lieu de relocalisation correspond aux noyaux paroissiaux actuels. Quant à Saint-François et Saint-Pierre, les premiers habitants de ces villages ont été confrontés à des aléas naturels tels que d’importantes inondations printanières (Saint-François) et des glissements de terrain (Saint-Pierre). Ces sinistres ont incité les institutions religieuses à s’établir sur les crêtes rocheuses afin d’éviter que ces évènements ne se reproduisent. Cas singulier, le village de Saint-Pierre a été déménagé au sud de la rivière du Sud, au grand dam de ses habitants. Cette période est aussi caractérisée par le rôle de points d’ancrage que jouaient les établissements du littoral pour l’ensemble de la région magnymontoise. En effet, la région se trouvait dans une relation entre foreland (avant-pays) et hinterland (arrière-pays). Ces concepts des sciences géographiques, tant humaine qu’économique, permettent de distinguer ces deux espaces territoriaux : l’un représentant le lieu d’échanges économiques et de convergence des rapports pour la région, le foreland, l’autre présenté comme le lieu de production des ressources, l’hinterland. Les établissements sont caractérisés selon leur situation, leurs activités propres et les échanges qu’ils entretiennent entre eux. De plus, les deux concepts impliquent une relation d’interdépendance, le foreland dépendant de l’hinterland pour la production des ressources et l’hinterland dépendant du foreland pour ses échanges commerciaux. Dans le cas à l’étude, l’organisation seigneuriale de la Nouvelle-France, avec une structure de côtes (qui implique un système de rangs et de montées), a favorisé l’émergence, dans la région de Montmagny, d’une relation entre les établissements de l’arrière-pays (hinterland), Saint-François et Saint-Pierre, avec les établissements bordant le fleuve (foreland), Berthier- sur-Mer, Montmagny et Cap-Saint-Ignace. Les montées, voies nord-sud, constituaient les connexions entre ces deux territoires, où l’ancrage au littoral permettait l’articulation de l’échelle intermédiaire, arrimage entre les échelles de voisinage et régionale. Les rangs est- ouest, quant à eux, constituaient l’épine dorsale de l’urbanisation du territoire, principalement pour réduire l’espace occupé par les résidences sur les terres perpendiculaires à ces voies. Ainsi, il existait un équilibre entre les rapports est-ouest et ceux nord-sud pour la région. La maison Étienne-Paschal-Taché (1826)
  12. 12. 12 Arrivée des grands axes structurants La seconde grande période d’urbanisation de la région magnymontoise correspond à la construction des deux grands axes de communication terrestres entre 1855 et 1972, soit le chemin de fer et l’autoroute 20. Néanmoins, dès 1713, le grand-voyer Pierre Robineau balise le «chemin du Roy», dont le tracé correspond approximativement à l’actuelle route 132. Il relie la trentaine de seigneuries de la Côte-du-Sud à Québec et constitue la seule grande voie de communication terrestre à l’est de celle-ci (Grenier, 2012). En 1855, le chemin de fer du Grand Tronc arrive à Montmagny. On trouve alors des gares à Saint-François, Saint-Pierre, Montmagny et Cap-Saint-Ignace. L’arrivée, très attendue, du chemin de fer connecte alors la région de Montmagny à l’ensemble du nord-est de l’Amérique du Nord, de Chicago à New York. C’est à partir de 1970 que Montmagny est reliée par l’autoroute 20 au reste du réseau autoroutier québécois. De surcroît, elle correspond au segment québécois de la route Transcanadienne. Si l’arrivée du chemin de fer a amorcé le basculement d’une portion du territoire du foreland vers l’hinterland au XIXe siècle, il s’est concrétisé par la réalisation de l’axe autoroutier dans la deuxième partie du XXe siècle. L’arrivée de ces axes de transport a entraîné un drainage de l’urbanisation en direction de Montmagny, en raison d’une prédominance des rapports est-ouest au détriment des liens nord-sud. L’un des effets de cet affaiblissement a été la perte d’importance du rôle des berges, autant celles du fleuve ainsi que des rivières comme lieu d’ancrage des établissements. Ainsi, on observe, suite à celui-ci, un détachement du littoral entraînant le basculement des établissements du littoral que sont Berthier-sur-Mer et Cap-Saint-Ignace du foreland vers l’hinterland. Le foreland devient ainsi constitué de Montmagny et du corridor est-ouest (l’autoroute 20 et le chemin de fer). Si les liens nord-sud sont toujours existants, ils ne relient plus les établissements entre eux, mais bien ceux-ci au corridor est-ouest formé par les grands axes structurants et aux logiques régionales. Étalement urbain et dissolution de l’échelle intermédiaire Le basculement d’une portion du territoire du foreland vers l’hinterland dès le XIXe siècle a eu deux effets principaux sur la forme prise par l’urbanisation dans la région de Montmagny. D’une part, on observe que les lieux d’échanges et de production, tels les commerces et les industries, se sont concentrés près du corridor est-ouest formé par le chemin de fer et l’autoroute 20. D’autre part, la concentration des emplois le long de ce corridor et l’attraction de l’autoroute 20 a engendré la création d’importants ensembles résidentiels le long des axes nord-sud menant à cette dernière. Si ces ensembles d’habitations sont situés dans des établissements différents, leur fonctionnement s’en détache parfois complètement. Ces ensembles sont presque exclusivement tournés vers la ville de Montmagny et de la région métropolitaine de Québec. Les rapports entretenus entre Montmagny et les villages l’entourant correspondent aujourd’hui davantage à une relation entre une ville et ses banlieues. Tout cela a contribué à accélérer la dévitalisation des noyaux traditionnels. Dans le contexte actuel, l’urbanisation diffuse prévaut dans la région magnymontoise, mais elle tend à devenir de l’étalement urbain. Les rapports actuels au littoral Les rapports seigneuriaux au littoral
  13. 13. 13 La perte d’importance des connexions entre les différents ensembles de la région de Montmagny ainsi qu’entre les établissements à l’étude correspond aux caractéristiques de l’étalement urbain, ainsi qu’à une réaction du territoire pour la survie des établissements. Ce constat est appuyé par la dissolution de l’échelle intermédiaire, soit la perte d’articulation entre les échelles de voisinage, locale et régionale. Cet étalement prend différentes formes selon les établissements, que ce soit la suburbanisation, l’éclatement urbain ou encore la présence de lotissements épars, différentes formes de l’étalement urbain, selon le cas de figure. Ces cas seront montrés dans les sections subséquentes. Les industries sur lebord de l’autoroute 20 Urbanisation diffuse L’urbanisation diffuse – également nommée «rurbanisation» et «exurbanisation» – ne commande pas la disparition de la campagne, mais une insertion en son sein. [...] En n’associant pas exclusivement campagne et rural, [la notion d’urbanisation diffuse] donne ainsi le moyen d’explorer l’idée que la campagne possède en propre une dynamique urbaine s’exprimant autant dans le monde concret et actuel (un domaine construit) que dans une potentialité (un domaine constructible) susceptible, du coup, de favoriser la formation ou la consolidation d’un habitat urbain, qu’il soit concentré ou diffus. (Mercier et Côté 2012 : 140-143) Une vue aérienne de Levittown,PA en 1959 Étalement urbain «Modèle de développement de faible densité, consommateur d'espace, orienté vers l'usage de l'automobile qui se déplace de plus en plus loin des limites urbaines existantes» (Gratz et Mintz, 1998 : 139) Éléments souvent cités dans les définitions de la notion d’étalement urbain 1. Les faibles densités et la consommation d'espaces viables (généralement naturels ou agricoles) au développement urbain; 2. Les modèles de développement orientés vers l'usage exclusif de l'automobile, notamment par un réseau de routes vers des lots de grande taille et offrant peu d'accessibilité d'un lieu à l'autre; 3. Une dynamique d'extension des aires urbanisées vers les périphéries dépassant les projections démographiques et une diminution significative des densités résidentielles; 4. Une séparation physique des maisons, commerces et édifices de travail; 5. Une décentralisation de l'emploi et une absence de centres d'activités distincts et prospères, tels que des centres-ville ou des centres de banlieues attrayants (Recension de Rondier, 2012 : 12)
  14. 14. 14 Questions de recherches et éléments de problématique Comment tirer parti de l’urbanisation diffuse, sans tomber dans le piège de l’étalement urbain ? Quelles interventions urbanistiques permettraient de redéfinir l’échelle intermédiaire (échelle locale) pour un arrimage des échelles du territoire? C’est essentiellement autour de deux grands enjeux interdépendants qu’a été abordée l’élaboration des projets urbains dans l’essai-laboratoire du volet urbanisme de cette année. Le premier concerne la nature potentielle de l’urbanité des établissements de la région de Montmagny en termes de relation et de position (littoral ou arrière-pays), tandis que le second concerne la nature, la position et les formes que prennent les activités dominantes et les nouveaux ensembles résidentiels qu’ils accueillent. De plus, les relations à l’eau, en l'occurrence le fleuve Saint-Laurent, la rivière du Sud et le bras Saint-Nicolas, ont constitué le fil conducteur des réflexions et du travail de conceptualisation réalisé dans le cadre de cet atelier d’urbanisme. Trois formes d’établissements caractérisent la région magnymontoise. D’une part, Montmagny avec ses 11 400 habitants, sa grande diversité d’activités et son statut de pôle institutionnel régional, incarne avec éloquence son rôle de chef-lieu. D’autre part, les petits établissements en rive de Berthier-sur-Mer, joyau de la villégiature, et de Cap-Saint-Ignace, faubourg industriel, accueillent respectivement 1 476 et 3 065 habitants. Enfin, les municipalités de l’arrière-pays, qui comptent 2 522 habitants, sont composées de plusieurs villages et hameaux regroupés autour de petites industries diversifiées et disséminées dans la vallée de la rivière du Sud. Ces cas de figure incarnent trois types de rapports distincts à l’eau, qui requièrent autant de différentes interventions urbanistiques, qui seront décrites et caractérisées de manière plus approfondie dans les sections suivantes. Caractérisation
  15. 15. 15 1 Caractérisation
  16. 16. 16 L’arrière-pays
  17. 17. 17 L’arrière-pays Les villages On trouve dans l’arrière-pays magnymontois deux municipalités locales régies par le Code municipal : Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud et Saint-Pierre-de- la-Rivière-du-Sud. Bien qu’officiellement instituées selon l'Acte des municipalités et des chemins du Bas- Canada de 1855, ces municipalités ont une histoire qui remonte à la fondation de la seigneurie de Bellechasse- Berthier en 1672. D’apparence semblable, les deux noyaux villageois, sis sur des coteaux rocheux (Saint-Pierre et Saint-François), par opposition à leurs hameaux, implantés sur la plaine agricole (Morigeau, les Stations et La Normandie), ont connu un destin contrasté qui influence encore aujourd’hui leur forme urbaine et leurs activités industrielles et commerciales. D’une part, Saint-François abrite 1600 personnes qui résident dans les quelque 684 logements que compte la municipalité. D’autre part, Saint-Pierre compte 922 résidants habitant les 434 logements de son territoire. *La légende ci-dessus est la légende pour l’ensemble des cartes de localisation des activités du présent rapport. La cartede localisation des activités deSaint-François
  18. 18. Caractérisation 18 L’arrière-pays Les principales similitudes urbanistiques Tissus urbains des établissements Les deux villages de l’arrière-pays possèdent un tissu urbain analogue. En guise de rappel, le tissu urbain est d’abord composé de la trame, c’est-à-dire les voies, les îlots et le parcellaire, mais également du cadre bâti, soit l’implantation, le gabarit et la volumétrie des édifices. Bien que nous apporterons des nuances a posteriori (notamment en ce qui concerne le parcellaire), la trame des noyaux villageois présente certaines similitudes : voies primaires assez étroites, bordées de trottoirs et d'arbres matures, présence de quelques voies secondaires qui sont sommairement aménagées, ainsi que de parcelles de petite taille aux formes variées. Le cadre bâti de ces établissements est typique du village québécois de la vallée du Saint-Laurent. Saint- François et Saint-Pierre possèdent, en premier lieu, un noyau institutionnel traditionnel au gabarit monumental, qui comprend l’église, le presbytère, l’école (ou le couvent), l’hôtel de ville et le cimetière. Le cœur paroissial de Saint-François est classé site patrimonial par le Ministère de la Culture et des Communications depuis 1988, et l’église de Saint- Pierre est quant à elle classée immeuble patrimonial par le même ministère depuis 1978 (MCC, 2013). Ces titres leur accordent une attention particulière par leurs communautés. En second lieu, on trouve dans les centres villageois des deux établissements, quelques commerces de détail et des services de proximité tels qu’un bureau de poste, une caisse populaire, un centre communautaire et un dépanneur. La cartede localisation des activités deSaint-Pierre Le cœur villageois de Saint-Pierre Le cœurvillageoisde Saint-François L’anciencouvent de Saint-François Chez Philo, coopérative d’alimentationde Saint-Pierre
  19. 19. Caractérisation 19 L’arrière-pays En troisième et dernier lieu, les bâtiments résidentiels sont caractérisés par un faible gabarit (un à deux étages) et une implantation du bâti qui, la plupart du temps, se situe en début de parcelle. De plus, l'implantation des bâtiments en dent de scie par rapport à la route s’observe par des marges de recul variables, ce qui témoigne d'époques différentes de construction. Les types architecturaux dominants à Saint-François et Saint-Pierre sont la maison néoclassique québécoise, la maison à toit mansardé et le bungalow de l’après- guerre. L’entretien des immeubles est soigné, tant pour la rénovation des bâtiments que les aménagements paysagers. Morphogenèse des établissements Jusqu’à la moitié du XVIIIe siècle, la rivière du Sud est la principale voie de communication de l’arrière-pays en l’absence, entre autres, de routes carrossables. Celle-ci arrose une plaine fertile et permet l’accès des premiers habitants à leurs terres, le long des côtes Saint-Blaise sur la rive nord et Sainte-Marie sur la rive sud. Les proto- établissements (églises, presbytères, moulins) sont établis sur le bord de ses méandres au début du XVIIIe siècle (Côté et Giguère, 1984). Néanmoins, la rivière du Sud se révèle rapidement une zone de contrainte par ses inondations fréquentes au printemps et ses sols instables. Ceci explique pourquoi les foyers primitifs de peuplement de ces villages sont aujourd’hui désertés. Encore aujourd'hui, la rivière du Sud est identifiée comme zone de contraintes naturelles par les autorités supralocales, mais également comme un site archéologique important reconnu par le gouvernement. Source: MRC de Montmagny, 2007 Les principales différences urbanistiques Malgré des visages similaires, les villages de l'arrière- pays magnymontois présentent d'intéressants contrastes qui dévoilent leur singularité urbanistique. Leurs distinctions s'illustrent particulièrement par rapport à leurs formes urbaines. À cet égard, leur physionomie a grandement influencé la localisation des activités et leur rapport avec le territoire. Village de Saint-François À l'instar de la majorité des établissements du régime français de la vallée du Saint-Laurent, Saint-François prend la forme d'un village linéaire (Grenier, 2012). La forme du lotissement des terres pendant le régime seigneurial (1627-1855) ne favorise guère les concentrations, mais bien l'étalement des activités. Ainsi, chaque terre concédée voit apparaître une habitation, un phénomène constaté à Saint-François (Bonneau et Lamonde, 1979). Le noyau historique du village s'étend sur près de 1,5 km2 le long du chemin Saint-François Ouest, et ce, en parallèle avec la rivière du Sud. Seules deux ou trois voies tertiaires s'implantent perpendiculairement à cette côte jusqu'aux années 1960. La principale caractéristique du noyau villageois de Saint-François est la présence de l’important complexe industriel de l’entreprise Garant, fondée en 1895, qui s’attache timidement à la rue principale. Elle emploie près de 350 personnes. Son chemin d’accès est d’ailleurs le seul lien physique que Garant entretient avec le village. Néanmoins, sa forte emprise au sol (18 % du périmètre d’urbanisation), les contraintes qu’elle engendre (bruit, camionnage) et les revenus en taxes foncières qu’elle En bleu, les zones inondables. En orange, les zones de sol instable. Le chemin Saint-François Ouest Le chemin Saint-François Ouest
  20. 20. Caractérisation 20 L’arrière-pays génère [près de 110 000 $ (Municipalité de Saint- François-de-la-Rivière-du-Sud)] font ce cette entreprise un incontournable pour la municipalité de Saint- François-de-la-Rivière-du-Sud. On constate également la requalification réussie du noyau paroissial de Saint-François. Effectivement, l’ancien couvent abrite la mairie, le bureau du médecin et les locaux de divers organismes locaux tandis que les deux presbytères ont été convertis en habitations. Par ailleurs, on trouve dans le village un quartier de type suburbain qui comporte une trame simple de quatre rues. Ce quartier est physiquement rattaché au noyau paroissial par la 1re Avenue, une voie secondaire très large, peu aménagée, notamment d’un point de vue paysager. Construit majoritairement dans la décennie 1970, ce quartier suburbain est caractérisé par des voies plus larges avec d’étroits trottoirs. La division des lots a laissé des terrains d’une superficie relativement importante, qui accueille un bâti résidentiel majoritairement unifamilial de type bungalow. On trouve également dans cet ensemble des maisons de ville (propriétés de l’Office municipal d’habitation de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud), une résidence de personnes âgées ainsi qu’un salon funéraire. Enfin, la municipalité de Saint-François-de-la-Rivière-du- Sud agit comme promoteur immobilier et possède une banque de 29 terrains municipalisés (raccordés aux réseaux d’aqueduc et d’égout) d’une grandeur moyenne de 750 m2. Ces terrains sont situés dans un développement domiciliaire qui s’inscrit dans la continuité de la trame du quartier de type suburbain et sont compris à l’intérieur du périmètre d’urbanisation du village. Le complexe industriel de l’entreprise Garant Le premier presbytère (1763) transformé en logements La 1re Avenue, épine dorsale duquartier Le projet résidentiel dela municipalité Source : Municipalité de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, 2014 La 4e Rue à Saint-François
  21. 21. Caractérisation 21 L’arrière-pays En décembre 2014, 12 terrains étaient construits et une seconde phase de 17 autres terrains étaient à vendre. Ce développement immobilier municipal est accompagné d’un généreux programme d’aide fiscale pour la construction et de crédit de taxes foncières octroyés par la municipalité. Village de Saint-Pierre Comme énoncé antérieurement, il existe un certain nombre de dissemblances entre le noyau villageois de Saint-François et de Saint-Pierre. La plus importante en terme d’urbanisme physico-spatial est la forme urbaine de type village-noyau de Saint-Pierre, unique dans le territoire d’étude. En effet, le cœur historique de Saint- Pierre ne fait que 500 mètres de longueur et concentre toutes les institutions et commerces de l’établissement, ainsi que majorité de ses habitations. Cet ensemble à la trame vaguement orthogonale se caractérise par une forte densité du cadre bâti, des espaces privés aux limites floues et des parcelles aux formes incongrues. Ces formes irrégulières ont favorisé l’implantation d’un cadre bâti résidentiel de faible gabarit. Cela se transpose par une plus faible valeur marchande des habitations par rapport à l’ensemble de la Côte-du-Sud (Centris, 2014). Source : RPCQ, 2014 On peut essayer d’expliquer cette forme singulière par la situation géographique de Saint-Pierre qui est situé au pied d’un affleurement rocheux et au milieu d’une montée nord-sud dans une plaine agricole fertile, mais à la taille restreinte. Cette situation particulière a historiquement confiné le développement de Saint- Pierre, notamment en ce qui concerne les difficultés de lotissement et la relative dépendance économique (pour le travail entre autres) de la municipalité au pôle régional qu’est la ville de Montmagny. Par ailleurs, le noyau paroissial a conservé sa vocation institutionnelle et comprend, contrairement à Saint- François, l’école primaire et la bibliothèque municipale. Il garde ainsi son caractère rassembleur et collectif traditionnel. Cette proximité distinctive se reflète également par le fort esprit communautaire des habitants qui s’illustre par une multitude d’organismes et la relance du magasin général sous la forme d’une coopérative d’alimentation. Dans le cas de cette communauté, l’expression québécoise « être tricoté serré » semble s’appliquer parfaitement. Dans un autre ordre d’idée, peut-être en raison de son confinement historique, le développement immobilier depuis les années 1960 est désordonné et semble détaché de la planification régionale. Il est essentiellement le résultat du lotissement de fines bandes de lots agricoles le long des montées, dans une logique d’étalement urbain. En effet, entre 1996 et 2011, 62 des 72 nouvelles constructions à Saint-Pierre ont été réalisées à l’extérieur du périmètre urbain (MRC de Montmagny, 2014). Cela va à l’encontre des affections du territoire prévues au schéma d’aménagement et de développement de 1987. De plus, les premier, deuxième et troisièmE projets de schéma d’aménagement et de développement, datant respectivement de 2002, 2009, et 2014 contiennent des objectifs de consolidation des zones urbaines existantes. Une vue aérienne du cœur villageois L’église et l’école primaire deSaint-Pierre L’étalement urbainsur la rue Principale La 1re Rue etses nouvelles constructions
  22. 22. Caractérisation 22 L’arrière-pays Une synthèse : les données de recensement Les données du recensement et de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 menés par Statistique Canada corroborent avec les principaux éléments de description des villages de Saint-François et Saint-Pierre tout en amenant un éclairage nouveau sur d’autres aspects. Le premier élément est sans aucun doute l’importance indéniable du secteur secondaire dans l’économie de notre territoire d’étude, particulièrement à Saint-François. Effectivement, 37,9 % de la population sudfranciscoise travaille dans l‘industrie de la construction (65 personnes) ou encore de la fabrication (295 personnes). À Saint-Pierre, ce pourcentage atteint 32,4 % tandis que pour l’ensemble de la MRC de Montmagny, il est de 31,4 %. À des fins de comparaison, le pourcentage de la population qui travaille dans ce secteur à l’échelle de la province est significativement plus bas soit 17,1 %. Dans le même ordre d’idée, la formation des individus est en corrélation avec ce type de travail. En effet, c’est 29,1 % et 31,3 % des gens de 15 à 64 ans respectivement pour Saint-François et Saint-Pierre qui détiennent un certificat ou diplôme d'apprenti ou d'une école de métiers en comparaison avec 18,9 % de la population québécoise. Le deuxième élément qui caractérise nos noyaux villageois est la présence de jeunes familles. Ainsi, l’âge médian de la population de villages de l’arrière-pays du territoire à l’étude est nettement moins élevé que le reste de la MRC de Montmagny. Il se situe à 42,1 ans à Saint-François et 43,2 ans à Saint-Pierre, tandis que pour la municipalité régionale de comté, il est plutôt de 48,7 ans. Plus précisément à Saint-François, c’est près de 30,7 % de la population qui est âgée de moins de 25 ans, par rapport à 23,8 % pour la MRC. De surcroît, la taille des ménages privés recensés est également plus élevée : 35,7 % des familles comprennent 4 personnes et plus par rapport à la MRC où ce chiffre n’est que de 23,1 %. En ce qui concerne Saint-Pierre, les données sont moins spectaculaires, mais restent plus élevées que dans le reste de la région magnymontoise. Ce visage familial concorde avec la forte prédominance d’habitations unifamiliales isolées (plus de 85 % des logements) et l’élaboration d’une politique familiale par la municipalité. Les hameaux : des réalités différenciées On retrouve quatre hameaux dans l’arrière-pays : Morigeau, les Stations (Saint-François-Station, Saint- Pierre-Station) et La Normandie. Morigeau fait partie de la municipalité de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud et est situé au sud de son territoire. Les Stations se sont développées à l’extrémité nord des villages, tout près du chemin de fer du Grand Tronc, aujourd’hui propriété du Canadien National, ainsi que de l’autoroute 20. Enfin, La Normandie, une entité rattachée à la ville de Montmagny, se trouve au sud de l’autoroute dans le piémont des Appalaches. Les hameaux sont des territoires qui, malgré leur taille modeste, présentent des réalités différentes à plusieurs niveaux. Que ce soit par leur fonctionnalité, leur caractère ou leur rapport avec la région, on constate plusieurs aspects distincts qui forgent la personnalité de chacun d’entre eux. Morigeau Morigeau se distingue par son fort caractère industriel. Étroitement lié à Saint-François par une montée, il compte sur son territoire plusieurs petites et moyennes entreprises, dont certaines d’envergure internationale. Cette étonnante concentration d’habitations et d’industries se trouve à la limite du piémont des Appalaches. Sa forme urbaine se présente comme un ensemble de constructions structuré essentiellement le long d’une route, sans trottoir, qui forme une esse à la rencontre de la rivière Morigeau, autrefois nommée rivière Chiasson (Bonneau et Lamonde, 1979). La montée de Morigeau permet une liaison rapide avec le village de Des activités variées pour les jeunes à Saint-François L’usined’EmballagesLM à Morigeau
  23. 23. Caractérisation 23 L’arrière-pays Saint-François, mais également un accès direct vers la voie de communication principale de la région, soit l’autoroute 20. Au centre du hameau, on retrouve un barrage hydroélectrique formant une petite chute. Le parc Olivier-Tremblay, un espace vert à caractère historique, s’y rattache. Il est d’ailleurs le seul accès public à un cours d’eau de tout le territoire de l’arrière-pays. On recense deux principaux types de cadre bâti à Morigeau. D’une part, à l’ouest de la rivière et sur ses rives, on retrouve des maisons plus anciennes (première moitié du XXe siècle) aux styles architecturaux et aux matériaux variés. On constate également que certaines maisons sont implantées de manière à ce que la façade ne donne pas sur la rue. Ces constructions s’entremêlent aux industries présentes. D’autre part, un autre type bâti se distingue à Morigeau à l’est de la rivière. Il est caractérisé par des constructions plus contemporaines qui s’étendent jusqu’au carrefour avec l’entreprise Emballage LM. Cette dernière semble ainsi s’imposer comme barrière au développement résidentiel du hameau. À l’inverse des bâtiments situés près de la rivière, ces résidences, majoritairement des bungalows, sont implantées sur des parcelles uniformes en bordure de rue, sur laquelle donnent directement les façades Un hameau valorisé par les industries Dans un autre ordre d’idées, la MRC de Montmagny désigne Morigeau, à travers son troisième projet de schéma d’aménagement et de développement, comme parc industriel (MRC de Montmagny, 2014). Cette reconnaissance permet à cette concentration de se distinguer et d’assurer son développement. En effet, la présence d’industries sur le pourtour de la rivière Morigeau n’est pas un hasard. La rivière Morigeau, en raison de sa force hydraulique et de son important dénivelé, a été propice autant à l’aval qu’en amont à l’établissement de nombreux moulins à eau (Saint-François, 2006). L’eau a donc joué un rôle utilitaire de premier plan dans l’implantation et le développement de Morigeau, que ce Une cohabitation harmonieuse entre industries et résidences L’usine de Produits métalliques Roy Source : Bonneau, 1979 La cartede localisation des activités deMorigeau Le parc Olivier-Tremblay à Morigeau Source : Bonneau, 1979
  24. 24. Caractérisation 24 L’arrière-pays soit pour faire fonctionner les moulins, approvisionner les industries en hydroélectricité ou fournir de l’eau portable au village de Saint-François. Les Stations La naissance des Stations est liée à la construction du chemin de fer au milieu du XIXe siècle. En effet, entre 1858 et 1860, Saint-François et Saint-Pierre inaugurent leur première gare (Bonneau et Lamonde, 1979). Même si ces gares sont aujourd’hui démolies et l’effervescence d’antan évanouie, on y recense toujours un certain nombre d’industries et de résidences. Si les Stations ont profité hier de la présence du chemin de fer pour se développer, elles profitent aujourd’hui de leur proximité avec l’autoroute 20 qui assure leur prospérité. Saint-François-Station est située au croisement du chemin Saint-François, qui mène tant au village du même nom qu’à Montmagny et de la montée de Saint- François, qui relie Morigeau et Berthier-sur-Mer. Quant à elle, Saint-Pierre-Station est au carrefour d’un rang vers Montmagny et de la rue Principale du village de Saint-Pierre. Comme mentionné précédemment, les Stations bénéficient de la présence d’entreprises en raison de la proximité avec l’autoroute. On y retrouve, entre autres, une meunerie, une industrie de structure de bois et des stations-services. Quelques résidences d’architecture et d’époques différentes s’insèrent dans le tissu urbain de ces hameaux. Les Stations, selon l’étude de leur morphogenèse, constituent, en quelque sorte, une forme de dédoublement des noyaux villageois permettant aux municipalités de s’accrocher aux grandes voies de communication limitrophes de leur territoire. En effet, leur apparition correspond à l’époque de la construction du chemin de fer le Grand Tronc au milieu du XIXe siècle. Ces deux hameaux constituaient le moyen pour les villages de s’accrocher à cette nouvelle logique régionale. C’est l’une des raisons pour lesquelles les activités des Stations sont variées (résidentielle et industrielle) bien que peu intenses. La gare de Saint-François-Station en 1881 L’usinede Structurex en bordure de l’autoroute 20 Le centre communautaire de LaNormandie La carte de localisation des activités de Saint-François- Station La cartede localisation des activités deSaint-Pierre- Station
  25. 25. Caractérisation 25 L’arrière-pays La Normandie Une apparente modestie La Normandie est située entre deux montées d’importance variable : la route de la Normandie (voie secondaire) et la route 283 (qui relie le territoire d’étude au reste de la MRC). Celles-ci croisent le chemin Saint- Léon et la population de la Normandie se concentre principalement le long de ce dernier. De taille très modeste, on constate que le hameau de La Normandie est caractérisé par une quasi- monofonctionnalité résidentielle. En effet, on remarque une très faible diversité d’activités sur son territoire, mis à part un centre communautaire et l’autodrome de Montmagny. Le hameau est constitué en majorité de résidences unifamiliales en bordure d’une voie serpentant sur la crête rocheuse. Il est difficile de savoir les raisons exactes de la formation de ce hameau. Or, on constate sur un panneau d’information historique érigé au centre communautaire la mention d’éléments importants sur la personnalité de La Normandie Il est indiqué que le hameau abritait une population relativement défavorisée en raison de son éloignement par rapport à la ville de Montmagny (Gagné et Giguère, 1999). Cette information peut expliquer la conception et l’organisation du cadre bâti. Néanmoins, on ne peut analyser ces données socio- économiques en raison des découpages administratifs de Statistique Canada, notamment en ce qui concerne les secteurs de recensement. Par ailleurs, la présence de cette population pourrait s’expliquer, tout comme à Morigeau, par la présence d’un barrage et d’un moulin sur la rivière Minguy. Un hameau, deux noyaux Par ailleurs, on remarque une certaine hétérogénéité dans La Normandie. Le cadre bâti diffère selon la proximité d’une ou l’autre des montées. Tout d’abord, on remarque que le segment près de la route 283 semble plus attractif et prospère possiblement attribuable à la proximité de cette voie importante pour la région. On y retrouve une concentration de bungalows construits au courant des trente dernières années. On remarque également la présence d’un projet domiciliaire d’une quinzaine de terrains. À l’ouest, où se trouve le noyau initial du peuplement de La Normandie, le cadre bâti est beaucoup plus modeste, sobre et ancien. Les deux entités partagent néanmoins des caractéristiques communes, telles que de grands lots, une implantation des bâtiments en milieu de parcelle et des constructions de faible gabarit. Information intéressante, le hameau est considéré comme étant un îlot déstructuré depuis 2011 en vertu de la décision 366315 de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Par conséquent, cette décision permet le lotissement et l’aliénation à des fins résidentielles. La fatale proximité de Montmagny La Normandie se trouve à la fois trop loin de Montmagny pour profiter de l’urbanisation directe de celle-ci, mais également trop proche pour être en mesure de développer naturellement une identité propre. Le cadre bâtimodeste deLa Normandie Les deux noyaux deLaNormandie par rapport à Montmagny
  26. 26. Caractérisation 26 L’arrière-pays Système de rangs/montées Hérité de son passé seigneurial, l’arrière-pays est organisé selon un système de rangs et de montées, permettant les accès aux différents établissements. Les rangs constituent l’épine dorsale de l’urbanisation de ce territoire. En effet, ces voies est-ouest, principalement le chemin Saint-François et le rang du Coteau Sud, menant à Montmagny ont constitué les lieux d’implantation privilégiés du cadre bâti, principalement en raison de l’orientation des terres agricoles qui leur sont perpenticulaires. Cette implantation réduit ainsi l’empiétement sur le territoire agricole et permet un accès à chacune des terres. Ainsi, les montées, voies nord-sud, étaient des espaces non aeficandi, libres de constructions. Ces axes représentaient plutôt les liens entre les établissements de l’arrière-pays ainsi qu’avec les villages et la ville du littoral, et donc des rives et des berges. Or, ces rangs, aujourd’hui, sont urbanisés presque entièrement. En effet, aux bâtiments de ferme se sont ajoutés, soit en leur marge avant ou latérale, des bâtiments principalement résidentiels, constituants de longs fils urbanisés parralèles à l’autoroute ainsi qu’à la rivière. À cette constatation, s’ajoute une autre considération. En effet, on observe de nombreuses constructions résidentielles hors des périmètres d’urbanisation des villages, et ce, principalement le long des montées. À Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, entre 1996 et 2011, 86% des résidences furent bâties hors de son périmètre d’urbanisation. Ces nouveaux ensembles représentent des îlots déstructurés d’un point de vue administratif. Le secteur de La Normandie est constitué principalement de deux îlots déstructurés notamment (Projet PSADR, 2014). Ainsi, l’urbanisation dans l’arrière-pays a tendance à s’effectuer par lotissements individuels épars, particulièrement sur les montées. Les effets de cette forme d’urbanisation s’expriment de deux façons différentes. D’abord, ce mode d’urbanisation renforce la structuration est-ouest du territoire. Si les nouveaux ensembles et les lotissements épars se font sur les montées, ces développements s’accrochent tout de même à cette logique en direction de Montmagny et de la grande région de Québec, stratifiant le territoire d’une manière est-ouest autour des rangs et de l’autoroute. Cette concentration de l’urbanisation se fait au détriment des liens nord-sud de l’arrière-pays, désarticulant les liens entre les établissements de ce territoire, participant ainsi à leur marginalisation. Ce mode d’urbanisation, correspond a un étalement urbain, dans la mesure où il a des effets lui correspondant. Ensuite, l’étalement urbain observé entraîne aussi un affaiblissement de la capacité des cours d’eau à structurer l’espace. La perte d’importance des montées nord-sud, voies croisant la rivière du Sud ou menant au fleuve, décourge un rôle d’acrange à leurs intersections notamment. Ainsi, ces deux effets illustrent la dissolution de l’échelle intermédiaire dans l’arrière-pays, soit l’arrimage entre les échelles de voisinage et régionale. L’urbanisationdiffuse le longdes rangs Unlotissementépars lelongdelamontéeprincipaleà Saint-Pierre
  27. 27. Caractérisation 27 L’arrière-pays Souhaitable urbanistique On observe donc que les différents établissements de l’arrière-pays réagissent par leur forme de façon différente aux différents défis du territoire de la région de Montmagny. Cette perte d’importance des montées au profit d’une urbanisation est-ouest qui sépare le territoire en strates dans l’arrière-pays est majeure. De plus, l’incapacité des cours d’eau à structurer l’espace retire des points d’ancrage pour l’articulation des établissements, résultant en une échelle intermédiaire amoindrie. Cette perte de l’articulation entre les établissements du territoire, ainsi qu’entre les lotissements épars et les noyaux villageois, représente un défi certain. Pour cette raison, on propose de les transformer en des liens nord- sud stratégiques. Ce rôle stratégique passe bien sûr par le lien aux axes autoroutiers, mais surtout par le retour d’une connexion étroite avec les établissements du littoral et des berges du fleuve. Retrouver des liens qualitatifs entre ces éléments permet leur articulation, de redonner un rôle d’ancrage à la rivière du Sud et un renforcement de l’échelle intermédiaire. Liens nord-sud amoindris Liens nord-sudstratégiques
  28. 28. 28 Les établissements du littoral
  29. 29. Caractérisation 29 Les établissements du littoral La réactualisation des ensembles littoraux: vers un mariage heureux entre banlieue et village? Les établissements du littoral, des entités en mutation? Berthier-sur-Mer et Cap-Saint-Ignace incarnent deux cas de figure de la transformation des rapports entre village de périphérie et chef-lieu régional. Berthier-sur-Mer, ancien village maritime, prend aujourd’hui les traits d’une banlieue cossue tirant profit d’un accès privilégié au fleuve et de paysages exceptionnels. De son côté, Cap-Saint-Ignace est depuis sa fondation tournée vers des activités de production, vocation qu’elle poursuit aujourd’hui; en cela elle se présente comme un faubourg dynamique façon 21e siècle. Certes, ces orientations permettent une réactualisation de ces établissements apte à assurer leur survie. Cependant, elles soulèvent des enjeux de taille ayant trait, notamment, à la disparition de terres agricoles et la dévitalisation des cœurs villageois. Berthier-sur-Mer: de village maritime à banlieue cossue Situé en bordure du fleuve Saint-Laurent sur une plaine agricole, Berthier-sur-Mer se trouve à 16 kilomètres à l’ouest de Montmagny et à environ 60 kilomètres à l’est de Québec. Son territoire s’étend de l’autoroute 20 (au sud) aux rives du Saint-Laurent (au nord) sur environ six kilomètres de longueur et 2,5 kilomètres de largeur. On y retrouve 1 484 résidants, dont une bonne part de saisonniers. Cet établissement maritime se présente sous trois composantes distinctes. Premièrement, on retrouve un cœur villageois, articulé autour de deux voies d’importance, soit la route 132 et la rue Principale. Cet ensemble de la municipalité tend de plus en plus à se tourner vers l’autoroute 20, ce qui transforme les dynamiques locales qui s’opèrent à Berthier-sur-Mer. La présence de maisons d’époque, d’un tissu serré et de rues étroites relate les origines de la municipalité. De nouveaux ensembles résidentiels situés en périphérie du cœur villageois s’accrochent aux voies de transit que sont la 132 et l’autoroute 20. Celles-ci sont reliées par la montée Saint-François. La proximité de ces voies de communication d’importance facilite l’accès à Montmagny et à Québec, afin de profiter des commerces et services qui s’y retrouvent. La deuxième composante est celle du littoral. La proximité du fleuve de l’établissement lui assurait un rôle maritime d’importance par la présence de pêcheurs et de capitaines. Cependant, aujourd’hui, l’emplacement est prisé par une importante population saisonnière, à laquelle s’ajoutent de plus en plus de retraités aisés. L’âge médian des habitants de Berthier- Berthier-sur-Mer
  30. 30. Caractérisation 30 Les établissements du littoral sur-Mer est de 50 ans et le revenu médian est de 31 887$. Le paysage exceptionnel que l’on retrouve à Berthier-sur-Mer, ainsi que la tranquillité, attirent donc une clientèle particulièrement aisée, majoritairement de retraités. Bref, cette proximité au fleuve est favorable à des opportunités d’affaires prometteuses et les rives se retrouvent à être en constante urbanisation. Enfin, l’ensemble du Trou de Berthier est caractérisé par une activité récréotouristique à rayonnement régional par la présence de la marina et du Parc fluvial. On y retrouve également une majorité d’activités résidentielles, principalement des résidences isolées à fort gabarit, installées en bordure de l’anse, empiétant sur les terres agricoles. L’établissement est donc disposé dans l’espace en trois ensembles distincts : le cœur villageois, le littoral et le Trou de Berthier. La proximité et l’accessibilité des voies de transit entraînent l’effritement des rapports entre les ensembles. Ceux-ci développent donc des liens de dépendance envers les centralités que sont Montmagny, Lévis et Québec, pour les commerces et services, ce qui accentue le caractère suburbain de Berthier-sur-Mer. Comme les ensembles ne sont plus significativement interdépendants, cela entraîne une dissolution de l’échelle intermédiaire et une marginalisation du cœur villageois. La municipalité de Berthier-sur-Mer se transforme donc de plus en plus d’un village maritime à une banlieue dortoir. La cartede localisation des activités deBerthier-sur-Mer
  31. 31. Caractérisation 31 Les établissements du littoral Le cœur villageois, un ensemble qui se dédouble Traversé par un long coteau et deux voies d’importance disposées dans un axe est-ouest, le cœur villageois est établi de part et d’autre de ce cran rocheux. Au sud du coteau se trouve la rue Principale, lieu du premier foyer définitif de l’établissement, et au nord, la voie de contournement de la route 132. Ces deux routes forment une ellipse et créent le dédoublement du cœur villageois. La rue Principale Le tracé actuel de la rue Principale apparaît vers 1730 et constitue l’un des tronçons du chemin du Roi reliant Pointe-de-Lévy à Rivière-du-Loup. Ce tracé fut adopté après le déplacement plus au sud de l’ancien chemin qui était situé sur la ligne des hautes eaux (Côté, 1984). Il s’agit donc d’un axe de transit est-ouest qui servait à unir les villages de la Côte-du-Sud entre eux. Ce n’est qu’un siècle plus tard, avec l’abolition du régime seigneurial, la fondation de la municipalité de Notre- Dame-de-l’Assomption-de-Bellechasse (aujourd’hui Berthier-sur-Mer) et la construction de l’église actuelle (1859) que les services, institutions et résidences s’agglutineront autour de cette voie, lui conférant le rôle de rue principale. Plus précisément, les bâtiments se sont concentrés à la jonction de la rue Principale et de la montée de Saint- François, qui relie le village à celui de Saint-François-de- la-Rivière-du-Sud. La dynamique de l’époque s’opérait donc dans un axe nord-sud, soit de l’arrière-pays vers l’avant-pays. L’acheminement des ressources de Le cœur villageois de Berthier-sur-Mer La dispositiondu coteau àBerthier-sur-Mer
  32. 32. Caractérisation 32 Les établissements du littoral l’arrière-pays suivait donc le tracé de cette route vers Berthier-sur-Mer. La rue Principale qui traverse Berthier-sur-Mer sur près de cinq kilomètres est caractérisée par son emprise étroite, un tissu urbain relativement serré et la présence de parcelles et d’îlots de petite taille. L’absence de trottoir sur une large portion de la voie ainsi que la présence d’arbres matures sont également des traits distinctifs de cet axe viaire. On retrouve une majorité de résidences d'époques distinctes ce qui rendant le portrait du type bâti hétéroclite. De plus, on retrouve la présence de quelques bâtiments de fermes et de granges à l'arrière de plusieurs résidences, qui ne sont toutefois plus utilisées à des fins agricoles. Les bâtiments agricoles anciens représentent donc les vestiges d'une importante activité agricole de subsistance qui survenait jadis à Berthier-sur-Mer. De manière générale, ces bâtiments résidentiels sont isolés, d’apparence soignée, avec une mince marge de recul à la rue. Également, le long de la rue Principale, à proximité de l’église, on retrouve une petite concentration de commerces et de services notamment, un marché, deux auberges et une boulangerie qui constituent l’essentiel des services de proximité de Berthier-sur-Mer. La route 132 L’ensemble du cœur villageois repose également sur une trame urbaine articulée sur la route 132. Cette voie de transit d’importance nationale traverse Berthier-sur- Mer sur environ six kilomètres au sud, en haut du coteau. Le tracé de la route 132 s’inscrit dans la construction de voies de contournement au milieu du XXe siècle en raison de la forte augmentation du trafic automobile à la suite de la Seconde Guerre mondiale (Bourget et al., 1995). Essentiellement destinée au trafic lourd et de haut débit, cette voie large et rectiligne offre des percées visuelles remarquables sur le fleuve. Ses abords ne comptent pas de trottoir et son tissu beaucoup plus lâche que celui observé sur la rue Principale. À l’époque de sa construction, les rares bâtiments furent implantés au centre de vastes parcelles, en retrait de la voie. Toutefois, l’apparition de l’autoroute 20 en 1970 viendra rendre caduque la L’étroitesse de la rue Principale Le vestige agricole de larue Principale Une maison d’époque à Berthier-sur-Mer La route 132 àBerthier-sur-Mer La dynamique Nord-Sudde Berthier-sur-Mer
  33. 33. Caractérisation 33 Les établissements du littoral raison d’être de cette voie de contournement, qui doit redéfinir son rôle dans l’organisation spatiale de Berthier-sur-Mer (MTQ, 2012). Aujourd’hui, la route 132 accueille une part importante du cadre bâti de Berthier- sur-Mer et constitue désormais le “centre-ville” contemporain de la municipalité. En effet, les abords de cette portion de la route 132 se transforment peu à peu, accueillant quelques bâtiments commerciaux, publics et résidentiels. De plus, on y dénote la présence de grands édifices à caractère public, notamment la mairie, l’école primaire et le centre de loisirs, ainsi qu’un garage et quelques commerces, tous implantés au centre de vastes parcelles avec de grands espaces de stationnement. En périphérie de cette voie s’accroche un nouvel ensemble monofonctionnel résidentiel qui comprend des résidences isolées à fort gabarit. Ce nouvel ensemble, tourné vers l’autoroute s’inscrit dans la perspective des mouvements pendulaires propres à une banlieue. En somme, on y dénote un mode d’appropriation axé pour la voiture dont les perspectives dégagées et linéaires favorisent le transit rapide vers les centres urbains avoisinants ce qui contribue à la dissolution de l’échelle intermédiaire. Une marginalisation du coeur villageois À partir de ces observations, il est possible de constater une dynamique propre à l’ensemble du coeur villageois de Berthier-sur-Mer. Installé au croisement de la montée de Saint-François et de la rue Principale (aussi de la route 132), le cœur du village formait donc le centre économique de Berthier-sur-Mer. Toutefois, avec l’arrivée de la route 132 qui favorise le transit automobile, l’organisation spatiale se transforme par le délaissement de nombreux services et commerces aux profits des grands centres urbains. Cela entraîne l’effritement des rapports d’interdépendance nord-sud entre Berthier-sur-Mer et Saint-François au profit de rapports est-ouest par la route 132. Puis, au tournant des années 1970, l’arrivée de l’autoroute 20 vient sceller la prépondérance des rapports est-ouest. Dans la foulée des rapports est-ouest dominants, Berthier- sur-Mer se transforme et cherche à se redéfinir. Le littoral hétéroclite Le deuxième ensemble que l’on retrouve à Berthier-sur- Mer se dispose le long des rives du fleuve Saint-Laurent. Occupé par des résidences cossues, des jumelés, de coquettes maisons secondaires et des chalets rustiques, l’ensemble du littoral accueille également quelques installations publiques d’envergure. Caractérisées par des paysages de qualité exceptionnelle, les rives sont vues comme des opportunités d’affaires prometteuses. Le développement immobilier y est omniprésent et les terrains vacants sont de plus en plus construits, engendrant une certaine rareté qui tend forcément à faire augmenter le prix d’achat des propriétés. Au gré des époques et des opportunités, différents lotissements résidentiels ont été réalisés le long des rives. Leur organisation physicospatiale propre ne tient pas nécessairement compte de liens entre eux ou avec le cœur villageois. Ceci a pour effet de créer trois sous- ensembles littoraux qui incarnent, à leur façon et de manière autonome, le rapport étroit, mais éclaté qu’entretient Berthier-Sur-Mer avec le fleuve. Les premières formes d’appropriation résidentielle du littoral sont apparues au cours du XIXe siècle, avec l’arrivée de familles notables qui se sont installées principalement à l’abri des aléas naturels dans des villas, protégées par les coteaux situés à cet endroit. La route 132 et ses grands espaces Source : Google Map, 2014 L’autoroute20etlaroute132perpétuantl’effritementdes rapports d’interdépendance locaux et consolident la dépendance à Montmagny et Québec
  34. 34. Caractérisation 34 Les établissements du littoral Le littoral, un lieu de prestige Ce sous-ensemble du littoral comprend des résidences de grand gabarit, de type isolées et implantées en fond de vastes parcelles, le long du coteau. Les larges cours avant sont circonscrites de l’espace public par d’imposantes clôtures. Par ailleurs, le fleuve s’avère être la cour arrière de ces maisons cossues qui disposent d’un accès privé. Ce type d’occupation des rives a eu cours jusqu’à la Première Guerre mondiale et profitait essentiellement à la petite bourgeoisie locale. La cour avantsur rive etaccès privé au fleuve Des résidences dulieu de prestige La localisationdu lieude prestige Les ensembles de Berthier-sur-Mer : 1 Le littoral2 Letrou et les terres agricoles3 le cœur villageois 1 2 3
  35. 35. Caractérisation 35 Les établissements du littoral La plage de Berthier-sur-Mer À l’est du village, on retrouve le sous-ensemble résidentiel de la plage, détaché du noyau villageois par près de 500 mètres de terres agricoles. Cette seconde phase de l’appropriation des rives survient dans le contexte d’effervescence technologique et économique de l’après-guerre. À cette époque, la classe moyenne des grands centres urbains profite d’un réseau routier plus performant et d’un meilleur accès à l’automobile. Elle s’approprie alors les rives des petits établissements littoraux à des fins de villégiatures. Cette portion du littoral est marquée par la présence d’une plage au creux de l’anse Verte (ou anse de Berthier). La plage de Berthier-sur-Mer constitue un lieu à effervescence régionale qui attire bon nombre de touristes. On retrouve notamment la présence d’un restaurant, d’un motel et de chalets rustiques. Par ailleurs, de nombreux amateurs de planche à voile fréquentent le site durant l’été grâce à un accès public à la plage. Toutefois, cet accès est relativement limité et peu indiqué et peu aménagé. Le secteur de la plage est également relié à la route 132 par deux rues parallèles. Celles-ci sont caractérisées par une forte concentration de modestes résidences isolées, majoritairement de petit gabarit et de volumétrie simple. Ces caractéristiques, arrimées au choix de matériaux modestes (bois, tôle, etc.), confèrent aux résidences en question une apparence de chalet et donnent à ce sous-ensemble une ambiance de villégiature notoire. Les résidences situées près de la plage possèdent des accès privés à celle-ci et un soin particulier est apporté aux façades des maisons donnant sur la plage. Cette effervescence a permis à un restaurant et un casse-croûte de s’installer à l’entrée de ce secteur, aux abords de la route 132, afin de profiter de la présence de touristes, des vacanciers et des résidents saisonniers (Lavallée, 1973). Une résidence dusous-ensemble de la plage Des résidences sur les terres agricoles L’accès àla plage de Berthier-sur-Mer Les cabines du Motelde la plage Le motelde la plage àBerthier-sur-Mer La localisationde la plagede Berthier-sur-Mer
  36. 36. Caractérisation 36 Les établissements du littoral Victime de son succès, ce secteur est rapidement arrivé à saturation. L’effet de rareté a donc entraîné une certaine spéculation que seule une population aisée en recherche de quiétude a pu s’approprier. Ainsi, des résidences secondaires ont été transformées en habitations permanentes, alors que d’autres ont simplement été construites dans les rares interstices disponibles. Cela explique une certaine hétérogénéité dans le type bâti, mais surtout la forte densité et la faible taille des parcelles sur lesquelles sont implantées les résidences. On constate par ailleurs que dès son origine, de par sa nature même, le sous-ensemble de la plage, physiquement ségrégué du cœur villageois par les terres agricoles, est directement lié aux grands axes de transit (route 132) et qu’il accueille une population saisonnière et étrangère. En somme, de par sa forme et son emplacement, cet ensemble contribue à l’éclatement de Berthier-sur-Mer. Une privatisation des rives menant à l’éclatement de l’ensemble À la lumière de ces observations, on constate donc un important développement immobilier des rives de Berthier-sur-Mer. De l’entrée du village à l’ensemble de la plage, les rives sont donc loties de plus en plus et les quelques espaces disponibles contribuent davantage à privatiser les rives, limitant ainsi l’accès public pour les résidents, mais également pour les non-résidents. Cela créé donc un tiraillement vers les rives, contribuant à l’éclatement des ensembles entre eux. Comme ils sont accrochés aux voies de transit, ils ne sont plus significativement rattachés au cœur villageois ce qui contribue à la marginalisation de celui-ci. Enfin, l’urbanisation et la privatisation des rives entraînent également des enjeux quant à l’intégrité écologique des rives, mais aussi, des pressions pour l’urbanisation des terres agricoles adjacentes. Le Trou de Berthier-sur-Mer, la Marina et les terres agricoles Cet ensemble, principalement composé de terres agricoles fertiles, accueille maintenant un nouvel ensemble résidentiel en expansion. L’espace s’urbanise principalement autour du Trou de Berthier et le long de nouvelles rues qui le relient au cœur villageois. Ces voies se garnissent peu à peu de nouvelles résidences relativement modestes, principalement des jumelées. En bordure du Trou, on retrouve des résidences isolées à fort gabarit, propriétés d’une population aisée. Adjacente au secteur résidentiel se trouve la marina de Berthier qui accueille des activités récréotouristiques à rayonnement régional. Directement accroché à la route 132 par la rue de la Marina, ce secteur profite de l’accès routier et de vues exceptionnelles sur le fleuve pour accueillir des activités commerciales estivales telles qu’un restaurant et une entreprise de croisières, les Croisières Lachance, en plus des nombreux Les activités importantes àla plage de Berthier-sur-MerLa localisation du Trou de Berthier, de la Marina et des terres agricoles Les nouvelles constructionssurunerueépousantlaforme du Trou de Berthier-sur-Mer Des résidences degrandsgabarits
  37. 37. Caractérisation 37 Les établissements du littoral propriétaires d’embarcations de plaisance qui s’installent à la marina. Au cours des dernières années, des montants importants ont été alloués afin d’offrir des installations et des services qui répondent aux demandes des commerçants, des clients et des touristes. Plusieurs partenaires publics et privés ont investi un total de 2,1M$ dans le projet du parc fluvial afin de créer un atout de qualité pour la région et une fierté pour les citoyens (CMATV, 2011). Ensemble, les Croisières Lachance, la marina et le restaurant Café du Havre attirent donc environ près de 30 000 visiteurs qui profitent des installations et des activités récréotouristiques et du parc. (Marina de Berthier-sur- Mer, 2014) Une urbanisation diffuse qui mène à l’éclatement L’augmentation de la demande résidentielle à Berthier- sur-Mer entraine une augmentation de l’urbanisation. Comme les ensembles du littoral sont déjà urbanisés, les nouveaux lotissements sont donc installés en retrait, sur les terres agricoles. L’urbanisation est pensée uniquement dans l’objectif de tirer profit des opportunités d’affaires et néglige de considérer la cohérence de la forme urbaine et des dynamiques au sein de l’établissement. Ainsi, on observe un tiraillement des ensembles vers le littoral et vers les axes routiers ce qui contribue à la dislocation de l’échelle intermédiaire et à la marginalisation du cœur villageois. L’urbanisation diffuse de Berthier-sur-Mer prend donc les formes de l’étalement urbain. Dynamiques observées et enjeux urbanistiques Pour Berthier-sur-Mer, l’intention des principaux acteurs, les promoteurs immobiliers, est de mettre de l’avant leurs projets de développement immobilier. Sans vision d’ensemble, ce développement s’effectue à la pièce sur les espaces vacants, sur les terres agricoles. Le tout s’exécute sans grande cohérence et sans tenir particulièrement compte de la trame urbaine existante et des enjeux réels qui surviennent à Berthier- sur-Mer : -Une appropriation résidentielle monofonctionnelle axée sur l’attrait du fleuve sans mesures de protection adéquates contribue à détériorer l’intégrité écologique des rives du fleuve Saint-Laurent à Berthier-sur-Mer. Les accès publics au fleuve sont également limités pour les non-résidents et pour les résidants. On assiste donc à une privatisation des rives de Berthier-sur-Mer. L’accessibilité aux centralités par les grandes voies de transit favorise l’effritement des rapports locaux d’interdépendance ce qui contribue à la dévitalisation du cœur villageois. Les projets d’agrandissement du périmètre d’urbanisation menacent la pérennité des terres agricoles. Plusieurs demandes à la CPTAQ ont d’ailleurs été formulées afin d’agrandir le périmètre d’urbanisation qui a déjà été autorisé, afin de permettre le lotissement. Le périmètre d’urbanisation et modifications prévues Le parc fluvial de Berthier-sur-Mer La marina etses installations MRC de Montmagny, 2009
  38. 38. Caractérisation 38 Les établissements du littoral Souhaitable urbanistique Comme mentionné précédemment, on assiste à de profonds changements dans la forme urbaine de Berthier-sur-Mer. Ces changements surviennent dans la foulée de la construction des grands axes viaires terrestres qui facilitent l’accès au chef-lieu régional et à la grande région de Québec. Ainsi, les dynamiques nord- sud s’estompent au profit des dynamiques est-ouest dominantes ce qui entraîne une dissolution de l’échelle intermédiaire. L’apparition d’ensembles monofonctionnels détachés de l’établissement résulte de la dissolution de cette échelle qui constitue un facteur de l’étalement urbain. L’éclatement de Berthier-sur-Mer s’exerce donc d’une part vers le littoral, avec l’attrait du paysage et de l’environnement côtier, et d’autre part, vers l’autoroute 20 et les grandes centralités. Par exemple, on retrouve un nouvel ensemble résidentiel en retrait du coeur villageois, directement relié à la route de Saint- François et à l’autoroute 20. Bref, le principal défi pour Berthier-sur-Mer consiste donc à établir une urbanisation résidentielle qui saura redonner une cohérence d’ensemble à l’établissement tout en réaffirmant l’échelle intermédiaire de Berthier- sur-Mer. Pour ce faire, nous prenons le parti de répondre à la demande résidentielle croissante à Berthier-sur-Mer tout en minimisant l’empiètement sur les terres agricoles en utilisant les berges comme point d’ancrage. Dynamique de l’étalement urbain Dynamique de cohérence de l’ensemble
  39. 39. Caractérisation 39 Les établissements du littoral Cap-Saint-Ignace: de village agricole et forestier à faubourg industriel du 21e siècle Situé sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à environ 90 km à l’est de Québec et à 10 km à l’est de Montmagny, Cap-Saint-Ignace est un établissement composé d’ensembles dispersés sur le territoire, formant des strates linéaires qui suivent le tracé naturel des coteaux. Circonscrit par le fleuve et le piémont des Appalaches, son territoire est traversé d’est en ouest par la rivière du Bras Saint-Nicolas ainsi que par trois grandes voies structurantes soit, la route 132, la voie ferrée et l’autoroute 20. L‘organisation spatiale de Cap-Saint-Ignace tire ses origines du développement du territoire de la Côte-du- Sud à l’époque de la colonisation française. L’urbanisation des ensembles a été dictée au fil du temps par la topographie du territoire, par les activités forestières et agricoles, et plus tard, par les grands axes de communication. Ces ensembles reliés à un cœur villageois fort font de Cap-Saint-Ignace un village campagnard typique. Éloigné du fleuve, le cœur villageois s'articule autour d'un centre rassembleur qui réunit une vaste gamme de services et d’institutions. Plus près de la rivière et de la voie ferrée, un ensemble s’est formé autour de deux grandes industries manufacturières. Enfin, plus au sud, les rangs agricoles et forestiers se dessinent au travers de la forêt, sur des plateaux établis sur le piémont des Appalaches. Aucun de ces ensembles ne semble entretenir de lien étroit avec le fleuve, mais ils ont jadis bénéficié de la force motrice de la rivière du Bras-Saint-Nicolas. Bien que dispersé, le village de Cap-St-Ignace possède une population tissée serrée, comme en témoignent les nombreuses activités communautaires s’y déroulant et contribuant considérablement à la vie collective et au sentiment d'appartenance au village. Comptant plus de 3 000 habitants, sa population relativement jeune encourage la municipalité à orienter ses actions pour répondre aux besoins des familles. Le cœur villageois rassembleur Le cœur villageois, point d’origine du village, s’avère être l’ensemble central de Cap-Saint-Ignace. Un de ses équipements est l’église, qui n’a toutefois pas toujours été localisée dans le cœur villageois actuel. Jadis, l’église était située à proximité du fleuve, toutefois en raison de problèmes d’érosion, le village a été contraint de se déplacer plus au sud, dans les terres, entre deux Le village de Cap-Saint-Ignace etses coteaux Le cœur villageois
  40. 40. Caractérisation 40 Les établissements du littoral seigneuries. De nos jours, la convergence du réseau viaire à cet endroit illustre le pouvoir attractif du cœur villageois qui réunit une vaste gamme de services et d’institutions. Le tissu urbain du cœur villageois est caractérisé par une trame irrégulière, un bâti diversifié et une densité relativement élevée. En effet, bon nombre d’habitations sont implantées de façon serrée sur de petites parcelles en bordure de ces rues, alors que les édifices institutionnels de gabarit monumental sont implantés sur de grandes parcelles gazonnées. Une majorité d’habitations unifamiliales et d’édifices à logements locatifs sont entassés autour de l’église. Également, on dénote la présence de nombreuses maisons ancestrales et d’une concentration de services de proximité comme la caisse Desjardins, le bureau de poste et un centre de la petite enfance adjacents à une grande parcelle pavée destinée au stationnement automobile. De plus, la présence de résidences pour personnes âgées, de la bibliothèque et de l’école primaire contribue à forger le caractère institutionnel et communautaire du centre villageois. Cet ensemble comprend également la route 132 située à sa limite nord. Cette route régionale relie l’établissement à Montmagny, le chef-lieu. Sur celle-ci, plusieurs commerces, tels un restaurant-bar, une pharmacie, un garage et une épicerie, complètent l’ensemble et confèrent une certaine autonomie au village. À mesure que l’on s’en éloigne, des maisons unifamiliales isolées prennent place le long de cette route, au travers desquelles se glissent quelques fermes et quelques infrastructures publiques, tels que le garage municipal et la halte municipale. Également, la route 132 a des allures de boulevard alors qu’elle traverse une collection de terres agricoles. Tout comme à Berthier-sur-Mer, le tracé de la route 132 s’inscrit dans le développement de voies de contournement dont la nécessité découlait de la forte augmentation de la demande en transport motorisé après la Deuxième Guerre mondiale. Au gré des opportunités, des bâtiments se sont implantés de façon irrégulière le long de la route sur de grandes parcelles. Malgré la trame urbaine différenciée de la route 132 par L’emplacementactueldel’égliseaétéchoisipourse trouver entre les seigneuries Gamache etVincelotte Source : J.-A. Richard, 1971 Le cœur villageois de Cap-Saint-Ignace réunit une vastegammede services publics et institutionnels
  41. 41. Caractérisation 41 Les établissements du littoral rapport à la rue du Manoir et la rue Jacob situées plus au sud, la cohésion du cœur villageois se maintient en raison d’une complémentarité fonctionnelle. Ce cœur multifonctionnel est aussi un lieu privilégié d’évènements rassembleurs comme les Fêtes de la Saint-Hubert et les nombreux autres évènements organisés par le comité Culture et Patrimoine, ce qui, renforce la cohésion de l’ensemble de l’établissement. Le faubourg industriel Au sud du cœur villageois, bordant la rive nord de la rivière du Bras Saint-Nicolas, se trouve un autre ensemble que l’on qualifie de faubourg industriel de Cap-Saint-Ignace. Cette dénomination s’explique par la présence de deux grandes industries manufacturières du village: l’usine Prolam, un fabricant de planchers de remorque, et l’usine Paber Aluminium, spécialisée dans le moulage de pièces d’aluminium. On y trouve aussi la mairie, quelques garages et de nombreuses résidences. D’abord un rang agricole, cet ensemble a pris de l’ampleur au cours du XIXe siècle alors qu’un moulin générait d’importantes retombées économiques. Un noyau villageois s’est donc consolidé autour de l’activité industrielle qui est encore présente aujourd’hui. Bénéficiant de la proximité de l’autoroute 20, les deux industries génèrent des bénéfices importants pour la région en exportant leur production dans les autres provinces canadiennes ainsi que dans d’autres pays. Le tissu urbain de ce faubourg est relativement simple et composé d’une trame orthogonale et d’un cadre bâti diversifié. La rue Vincelotte, un ancien rang agricole, forme l’axe structurant de cet ensemble. Les ensembles résidentiels au sud et à l’ouest de l’usine Prolam sont plutôt modestes et se composent de maisons mobiles et de bungalows, implantés sur de petites parcelles. Ces ensembles résidentiels concordent avec le profil démographique des travailleurs à l’emploi de Prolam et de leur ménage, soit des gens de métier à revenu modeste faisant partie de ménage de plus de deux personnes. Effectivement, les emplois du secteur des métiers forment 29% de l’offre d’emploi total à Cap- Saint-Ignace. (Statistiques Canada, 2011). À l’extrémité sud-ouest du faubourg industriel, au sud de la mairie, on remarque un quartier nouvellement construit constitué d’un regroupement de résidences unifamiliales isolées à l’architecture moderne et aux revêtements variés. Ce quartier résidentiel est en retrait du reste de l’ensemble industriel. Bien qu’à première vue, on pourrait croire que ce nouveau quartier plus aisé briserait l’harmonie du secteur, celle-ci semble toujours tenir. Ici et là, des résidences modernes sont construites au travers de la trame originale. En définitive, le faubourg industriel contribue à la cohésion du village en raison de son rôle économique considérable. Les rangs agricoles et forestiers Sur la rive sud du Bras Saint-Nicolas, dans le piémont des Appalaches, on retrouve deux rangs urbanisés en retrait du village, soit le chemin Bellevue et le chemin des Érables. Ces derniers forment un ensemble où prennent place des activités agricoles bien ancrées dans le territoire, tirant parti de l’occupation ancestrale de Cap-Saint-Ignace. L’usine Prolam Des ensembles variés du faubourg industriel Le faubourg industriel
  42. 42. Caractérisation 42 Les établissements du littoral En effet, de 1845 à 1881, une industrie forestière florissante, celle de M. Léandre Méthot, entraina le défrichement des terres plus au sud. L’exploitation des ressources forestières dans le piémont appalachien a permis d’établir une relation nord-sud en raison de l’acheminement du bois aux moulins situés en bordure de la rivière et du fleuve. Le défrichement de grandes étendues de forêt a permis l’implantation de l’agriculture et l’urbanisation progressive du territoire. Cette dynamique nord-sud est toujours présente à Cap- Saint-Ignace. En effet, les rangs agricoles qui suivent les coteaux sur un axe est-ouest sont reliés aux autres ensembles et au cœur villageois par des montées d’orientation nord-sud, telles que la route des Quatre Chemins et le chemin du Petit- Cap. Des rangs agricoles, le chemin Bellevue est le plus diversifié en termes d’activités et de cadre bâti. On y retrouve à la fois des entreprises agricoles diversifiées, des habitations et quelques commerces, comme une épicerie, une station-service et un commerce électronique. Parmi les activités agricoles, on retrouve une importante concentration de vergers et des cultures maraîchères au bas du coteau. Le secteur des vergers est très animé en saison d’autocueillette, activité qui fait partie des arrêts gourmands proposés par Tourisme Chaudière-Appalaches. En haut du coteau, on retrouve une grande concentration de fermes laitières et une série de résidences anciennes, entre lesquelles se sont construits des bungalows, puis plus récemment, d’énormes maisons, caractérisées par des grands gabarits et des volumétries complexes. Quant au chemin des Érables, son agriculture est davantage intensive sur la portion est. On y retrouve des entreprises agricoles de grande taille spécialisées dans l'élevage de porcs, de vaches ou de poulets, ainsi que des érablières familiales, qui attirent bon nombre de visiteurs au printemps. Ainsi, malgré des apparences de rangs agricoles traditionnels, les rangs de Cap-Saint-Ignace sont multifonctionnels et foisonnent d’activités, ce qui confère à Cap-Saint-Ignace son caractère de village rural dynamique. Ces activités agricoles diversifiées contribuent au rayonnement régional de l’établissement. De plus, comme elles possèdent un fort ancrage local, elles participent à l’articulation des échelles locale et régionale. Un village cimenté par une communauté dynamique et forte Le territoire de Cap-Saint-Ignace comprend une diversité d’infrastructures communautaires et collectives qui créent des lieux rassembleurs pour les habitants. Situé sur la route du Petit Cap reliant directement les rangs agricoles au cœur villageois, le parc municipal de Cap-Saint-Ignace est doté d’une foule d’équipements sportifs. Le parc est financé par le Club Optimiste de Cap-Saint-Ignace qui organise également des activités pour amasser des fonds pour les jeunes et pour enrichir le milieu de vie de la communauté (municipalité de Cap-Saint-Ignace, 2014). Aussi, pour répondre aux besoins des jeunes familles, le nouveau quartier bâti au sud de la mairie, dans le faubourg industriel, comporte son propre parc de jeux pour les enfants. Également, la cour d’école, au cœur du village, donne accès à de nombreux modules de jeux. L’autocollectesur le rangBellevue Une ferme laitière sur le rangdes Érables Les rangs agricoles etforestiers
  43. 43. Caractérisation 43 Les établissements du littoral La municipalité a investi dans des installations de loisirs notamment par le réaménagement de la patinoire extérieure en une surface multifonctionnelle. De plus, de nombreux sentiers, tel que le sentier Yves-Laforest, parcourent le territoire capignacien et sont fortement utilisés par la population locale. De plus, la municipalité s’est dotée de plusieurs politiques pour répondre aux besoins de sa population, notamment des politiques culturelle et familiale. Par exemple, en 2003, la municipalité a adopté une politique visant à rendre la culture plus accessible pour la population et à renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté. De plus, bien que la MRC de Montmagny ait créé une politique familiale en 2007, Cap-Saint-Ignace a élaboré son propre plan d'action en matière familiale. La municipalité offre aussi un programme d'aide fiscale destiné aux familles et aux promoteurs des secteurs commercial et industriel pour encourager les nouveaux arrivants à s’établir. (Municipalité de Cap-Saint-Ignace, 2014) Également, les rapports à la nature font partie de l’identité propre de Cap-Saint-Ignace. À l’automne, les fêtes de la Saint-Hubert rendent hommage à la nature et à la chasse et sont accompagnées de plusieurs activités. Les activités agricoles de niches contribuent aussi au dynamisme économique et communautaire, car elles offrent aux villageois l’occasion de se réunir notamment lors de la saison des pommes, une tradition mise en valeur par La Route gourmande de Chaudière- Appalaches. (Municipalité de Cap-Saint-Ignace, 2014). Somme toute, le pouvoir attractif du cœur villageois, des industries manufacturières qui rayonnent au-delà de l’établissement, une agriculture très diversifiée et une population tissée serrée forment l’identité de Cap-Saint- Ignace et assurent le maintien des rapports entre les ensembles. Cette cohésion à l’échelle locale permet de faire contrepoids à l’urbanisation diffuse sur son territoire et agit comme un rempart à l’étalement urbain. Toutefois, sous l’influence de l’attractivité grandissante de Montmagny, cet état d’équilibre demeure précaire, oscillant entre urbanisation diffuse et éclatement des ensembles. Les visées et les convoitises des acteurs peuvent faire basculer rapidement la situation. Souhaité Les visées des acteurs ont une influence non négligeable sur le devenir de Cap-Saint-Ignace en raison des transformations qu’elles occasionnent sur l’identité du village, sur ses formes urbaines et sur le succès de ses entreprises. La démarche de l’atelier d’urbanisme a eu recours à la production d’une revue de la littérature grise afin de cerner quels étaient les acteurs du territoire de Cap-Saint-Ignace et de comprendre ce qu’ils souhaitent voir se réaliser sur le territoire. Visées des acteurs Plusieurs entreprises, dont l’identité a été tenue secrète dans le projet de schéma d’aménagement et de développement de 2013 de la MRC de Montmagny, ont signifié leur désir de s’installer à Cap-Saint-Ignace. Cependant, le faubourg industriel, enclavé par la rivière du Bras-Saint-Nicolas au sud et le chemin de fer au nord, ne possède pas suffisamment d’espace pour répondre à la demande des entreprises. Le territoire ayant fait l’objetd’une demande d’exclusionduterritoire agricole Source : MRC de Montmagny, 2014
  44. 44. Caractérisation 44 Les établissements du littoral C’est pourquoi la MRC de Montmagny a fait une demande d’exclusion à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) afin d’élargir son périmètre d’urbanisation. Cette demande, qui a été acceptée, concerne des terres situées à l’est de l’usine Prolam, pour en permettre son expansion. Une autre zone située à la jonction de la sortie de l’autoroute 20 et de la route du Petit Cap a été exclue pour permettre l’établissement de nouvelles entreprises. Cette autorisation pourrait modifier grandement la forme actuelle de l’établissement en ajoutant l’affectation industrielle à des terrains auparavant réservés exclusivement à des activités agricoles. Cette autorisation a donc pour effet d’ajouter une pression d’urbanisation sur les terres agricoles exploitées à l’intérieur du périmètre d’urbanisation. Ce ne sont pas uniquement les terres agricoles qui font face à une pression d’urbanisation. Également, les rives sont sujettes à de telles pressions. En effet, les rives du fleuve, plus à l’ouest, notamment à Berthier-sur-Mer sont fortement urbanisées et quasi saturées. Ainsi, les rives de Cap-Saint-Ignace pourraient être convoitées pour d’éventuels développements résidentiels. Un autre acteur pourrait davantage tirer parti des berges du fleuve, soit Tourisme Chaudières-Appalaches, un organisme important de mise en valeur de la région. Il cherche à développer un tourisme régional dans la MRC de Montmagny, en exploitant les panoramas recherchés du fleuve Saint-Laurent et de ses îles, notamment par des sentiers d’observation. Cependant, cette mise en valeur du littoral ne doit pas se faire au détriment des objectifs de protection de la faune. En effet, les battures du fleuve et les eaux libres entre l’Île-aux-Grues et Cap-Saint-Ignace font partie d’un refuge d’oiseaux migrateurs fédéral, qui protège une aire d’alimentation important du corridor migratoire utilisé par la grande oie des neiges et la bernache du Canada. De plus, Canards Illimités, un organisme de conservation des milieux humides essentiels à la sauvagine, à la faune et à l’environnement a réalisé un inventaire des milieux humides sur le territoire en collaboration avec la MRC de Montmagny. Étant donné qu’une large partie du littoral capignacien est occupé par des milieux humides, les berges sont des zones de contraintes naturelles importantes pour d’éventuelles constructions, en raison des risques d’érosion et de submersion côtières. En conclusion, les visées des acteurs font ressortir des enjeux importants au niveau des formes urbaines et des usages à privilégier. Certaines s’opposent, d’autres se recoupent, mais toutes ont le potentiel d’agir sur le développement futur de Cap-Saint-Ignace. Enjeux sur les formes urbaines Le premier enjeu qui apparaît à Cap-Saint-Ignace est la pression d’urbanisation qui tend à se faire sentir sur les terres agricoles, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du périmètre d’urbanisation. Cet enjeu découle de la volonté de la municipalité et de la MRC de Montmagny d’acquérir plus d’autonomie sur son territoire, en y développant des entreprises générant des emplois et des revenus pour la municipalité. Un autre enjeu est la perte d’identité de l’établissement par la modification des rapports avec le chef-lieu de Montmagny en s’agrandissant à sa périphérie ouest. L’attraction exercée par le chef-lieu et par l’agglomération de Québec se traduit aussi par une volonté de la municipalité d’étendre son périmètre d’urbanisation, en ajoutant de nouvelles zones industrielles, vers l’autoroute 20, tel qu’illustré par le projet de schéma d’aménagement révisé de 2009 de la MRC de Montmagny. La localisationdes milieux humides de Cap-Saint-Ignace Source : Canards Illimités Canada, 2015 Leprojetd’agrandissementdupérimètreurbainde2009 Source : MRC de Montmagny, 2009
  45. 45. Caractérisation 45 Les établissements du littoral Souhaitable urbanistique Ayant brossé un portrait du territoire, des visées des acteurs et des enjeux ayant un impact sur la morphologie future de l’établissement, on peut mieux saisir la problématique auquel fait face Cap-Saint- Ignace sous l’influence de l’attractivité grandissante de Montmagny. Bien que dispersés sur le territoire, les ensembles de Cap-Saint-Ignace décrits précédemment demeurent bien articulés permettant à l’établissement d’éviter l’éclatement. Mais, une question demeure comment tirer parti de cette urbanisation diffuse sans tomber dans l’étalement urbain? Précédemment, il a été constaté que l’établissement possédait trois atouts non négligeables pour le maintien d’une structure urbanistique cohérente: un tissu social serré, des voies offrant des liens qualitatifs entre ses ensembles et des berges au potentiel encore à déployer. Puisque Cap-Saint-Ignace possède déjà une structure urbaine cohérente, grâce à la conservation de son échelle locale, le souhaitable urbanistique consisterait à maintenir l’arrimage entre les échelles afin de mieux positionner l’établissement à l’échelle régionale. Les dynamiques souhaitées et souhaitables de Cap-Saint-Ignace
  46. 46. 46 Montmagny

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