Léo HAUCHECORNETerminale Economique & Sociale     Réponse à la question :« Qu’est-ce que les Lumières ? »          (1784) ...
Table des matières Sommaire                                                 Page 2I – Emmanuel Kant                      ...
I – Emmanuel KANT (1724-1804)1.1 Biographie       Emmanuel Kant est un philosophe Allemand, qui fonda« l’idéalisme transce...
En 1755, il commença à exercer comme professeur(titre de Privatdozent, enseignant payé par ses élèves) àl’université   de ...
empreinte d’austérité et d’une extrême régularité, seratournée vers la méditation, l’étude et l’enseignement. Kantfut un a...
II - Son Œuvre : « Qu’est-ce que les Lumières ? »       « Qu’est-ce que les Lumières ? » est une courteœuvre de vulgarisat...
Son successeur Frédéric-Guillaume II menera une politiqueimpitoyable pour les auteurs et philosophes. Ce qui vaudraà Kant ...
Kant développera durant ces deux alinéas ce qu’est cetteliberté fondamentale et en quoi elle s’avère très limitée.Puis, le...
III – Introduction       Ce court opuscule d’une dizaine de pages est uneœuvre de vulgarisation qui dresse le bilan de l’A...
Notre questionnement ne sera pas des moindre, Peut-onpenser par soi même ? Comment accéder au savoir et donc auxLumières ?...
IV – Réflexions portées sur l’œuvreI – Penser par soi-même, sans préjugés1.1   DéfinitionNous nous pencherons tout d’abord...
Cette maxime avait était reprise sur une médaille debronze. Sur laquelle on pouvait voir le buste d’Athéna,déesse grec de ...
Ce groupe constitue la majeur parti de la population duXVIIIème siècle. A contrario, les personnes majeurespensent et réfl...
dépend de lui-même. Ainsi, l’éducation forme l’homme àdevenir   un   homme,   contrairement   aux    animaux  quis’accompl...
En cela, l’accession au Lumière relève d’un travail sur soimême (mode de vie) et sur sa pensée, afin d’enlever toutles pré...
Cependant, Hegel avait une très grande admiration pour lesécrits des Lumières en France, mais il regretta de voir lemouvem...
II – Les Lumières et la liberté2.1 La liberté d’expression et de publicationEn Europe, le siècle des Lumières est un siècl...
En somme, à travers cet opuscule Kant, donne aux hommes lesclefs pour sortir de l’hétéronomie, à savoir acquérir deslibert...
les personnes instruites comme on vient de le voir, et lespersonnes encore dans l’ignorance.Le fait que les hommes s’instr...
Mais qu’est-ce que la religion pour Kant ? Quelle est sontrôle dans la société du XVIIIème siècle ? Les Hommes sontils en ...
III – Les Lumières et la religion3.1 Qu’est-ce que la religion selon Kant ?Kant fait la distinction entre les deux aspects...
L’homme ne croit plus en une religion, mais dans un culteoù il se cache la vérité, la réalité. Ce type de communautérend l...
La Religion dans les limites de la simple raison (1794)3.4 ConclusionDans Qu’est ce que les Lumières ? Kant expose le prob...
V - Conclusion       Pour conclure, Kant, dans cet ouvrage, décrit aussibien les ambitions des Lumières que les progrès dé...
D’ailleurs, durant la révolution Jacobine, il fut condamnépar le pouvoir à ne plus écrire d’œuvre sur la religion dufait d...
VI - Index RerumEssentiel/Accidentel: est essentiel ce qui relève del’essence. Dans son sens le plus propre, l’essence, c’...
La philosophie rationaliste : Le rationalisme est ladoctrine qui pose la raison discursive comme seule sourcepossible de t...
VII - Index NominumGottfried Wilhelm Leibniz (Leipzig, 1er juillet 1646 -Hanovre, 14 novembre 1716) est un philosophe, sci...
Rappelons quune faible partie de son oeuvre avait étépubliée de son vivant, et quil fallut attendre lapublication des note...
Descartes se rallie au système cosmologique copernicien quia révolutionné la science, à linstar de Galilée ; mais,par prud...
VIII – LexiqueLes Lumières : Le mot "Lumières" désigne métaphoriquementle   mouvement  intellectuel   qui   caractérise  l...
Obscurantisme :   Du   latin  obscurus,   obscur,   sombre.Lobscurantisme désigne une attitude, une opinion ou unedoctrine...
IX - Citation« Les Lumières, cest la sortie de lhomme hors de létatde tutelle dont il est lui-même responsable. Létat detu...
X - AnnexesLexpérience de Milgram est une expérience de psychologieréalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américai...
parfois enlevés quand ils ont publiés des articles quimettent en cause le pouvoir et ses dirigeant. Pourtant, ànotre époqu...
Elle précise les droits       humains fondamentaux.   Sansvéritable portée juridique en tant que tel, ce texte naquune val...
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Qu'est ce que Les Lumières ? Kant

  1. 1. Léo HAUCHECORNETerminale Economique & Sociale Réponse à la question :« Qu’est-ce que les Lumières ? » (1784) Kant
  2. 2. Table des matières Sommaire Page 2I – Emmanuel Kant Page 3 1.1 Biographie 1.2 BibliographieII – Son Œuvre : Qu’est-ce que les Lumières ? Page 6III – Introduction Page 9IV – Réflexions portées sur l’œuvre Page 12 4.1 Penser par soi même sans préjugés 4.1.1 Définition 4.1.2 « Sapere Aude » 4.1.3 Minorité et Majorité 4.1.4 Autonomie et Hétéronomie 4.1.5 « Se faire » 4.1.6 Penser sans préjugés 4.1.7.1 Socrate 4.1.7.2 Descartes 4.1.7.3 Hegel 4.1.8 Conclusion 4.2 Les Lumières et la liberté 4.2.1 La liberté d’expression et de publication 4.2.2 « La liberté de communication » 4.2.3 Apprendre à se servir de sa propre liberté 4.2.4 La propagation des Lumières 4.2.5 « Le public » 4.2.6 Liberté et religion 4.2.7 Conclusion 4.3 Les Lumières et la religion 4.3.1 Qu’est- ce que la religion selon Kant ? 4.3.2 Le faux culte 4.3.3 De la croyance à la raison 4.3.4 ConclusionV – Conclusion Page 24VI – Index Rerum Page 26VII – Index Nominum Page 28VIII – Lexique Page 31IX – Citations Page 33X – Annexes Page 34 -2-
  3. 3. I – Emmanuel KANT (1724-1804)1.1 Biographie Emmanuel Kant est un philosophe Allemand, qui fonda« l’idéalisme transcendal 1». Il est né le 22 avril 1724 àKönigsberg, capitale de la Prusse-Orientale (actuellementKaliningrad en Russie). Il y est décédé le 12 février 1804.Kant a influencé en grande partie l’idéalisme Allemand, lenéokantisme, la philosophie analytique, la phénoménologieainsi que la majeur partie de la philosophie post moderne.Kant fut un philosophe très « prolifique », et son œuvres’avère à la fois considérable mais différente et diversesur ces intérêts. Son œuvre regroupe trois critiquesmajeures qui feront objet d’interprétation, différentes etsuccessives : La Critique de la raison pure, la Critique dela raison majeure et la Critique de la faculté de juger. Sa jeunesse se déroula dans un milieu modeste, oùson père (d’origine écossaise) était sellier. Kantdécrivait sa mère comme une femme très intelligente etpiétiste. D’ailleurs il reconnu même qu’il fut très inspirépar elle, et son esprit s’était forgé et développé grâce àson influence. La philosophie Kantienne se basera sur unecritique sévère de cette forme ascétique et moralisante duprotestantisme. Il est le quatrième enfant d’une largefamille de onze enfants. En 1740, Il entra à l’universitéde Königsberg dans le but d’étudier la théologie. Durantcette période le professeur Martin Knudsen lui enseigna laphilosophie et les mathématiques, il fut aussi piétiste etdisciple de Wolff. Durant sa scolarité, il découvrit pourla première fois Newton et la physique, preuve qu’unescience de la nature est possible. Plus tard, il découvritl’astronomie, dont il déclara avoir : « découvert labîmede lignorance, dont la raison humaine, sans [cetteconnaissance], naurait jamais pu se représenter quilétait aussi profond ; et la réflexion sur cet abîme, dit-ilencore, doit produire un grand changement dans ladétermination des fins ultimes à assigner à notre usage dela raison. » En 1746, il subit « de plein fouet », la mort de sonpère ; ce qui l’oblige à arrêter sa scolarité pour donnerdes cours. Après cet épisode, il s’engaga en tant queprécepteur chez des familles aisées durant neuf ans. C’estdurant cette période, qu’il publia sa première dissertationintitulée : « Pensées sur la véritable évaluation desforces vives ».1 Cf. Index rerum -3-
  4. 4. En 1755, il commença à exercer comme professeur(titre de Privatdozent, enseignant payé par ses élèves) àl’université de Königsberg, grâce à sa promotionuniversitaire obtenu à l’aide d’une thèse sur le feu, etd’une dissertation sur les principes premiers de laconnaissance métaphysique. Kant fut le premier philosophe a donné des coursréguliers en université. Durant cette période ses cours etses publications sont apparus comme très diversifiés. A lafois grâce aux mathématiques et à la physique apprises chezNewton, aux théories des fortifications, pyrotechnie,morale apprises grâce a Rousseau, Shaftesbury, Hutcheson etHume. A partir de 1760, les cours enseignés par Kantchangèrent d’objet d’étude, il s’interroga sur la théologienaturelle, l’anthropologie, la critique des « preuves del’existence de Dieu » ainsi que la doctrine du beau et dusublime. En 1762, parait l’Emile de Rousseau, dont la lecturefut selon Kant, un moment essentiel du développement de sapensée. En 1770, il devient professeur titulaire, grâce àune dissertation, De la Forme des principes du monde sensibleet du monde intelligible. En 1781, paraît la première édition de la Critique dela raison pure. Le fruit de onze années de travail acharné,mais ne rencontra pas le succès voulu par l’auteur. Septans après est publié la Critique de la raison pratique, et en1790, la Critique de la faculté de juger. Les œuvres majeuresde Kant paraîtront à cette période, Fondements de lamétaphysique des mœurs et Vers la paix perpétuelle. Deux périodes apparaissent comme distinct dans lavie de Kant. Dans la première, il est sous l’influence deLeibniz2 et de Wolff3, et d’interroge sur la question del’origine du monde. Enfin, après 1970, il forgea saphilosophie et sa pensée critique. Kant traita notamment dusujet de l’origine et des limites de la connaissance et despossibilités de l’action. Au cours de sa vie, Kant n’aura jamais quitté saville natale, cependant, il s’intéressa beaucoup sur lesmouvements du monde, de nombreux ouvrages traitent dethèmes variés de l’époque. Après 1794, il se consacreraentièrement à ses recherches philosophiques. Toute sa vie,2 Cf. Index Nominum3 Cf. Index Nominum -4-
  5. 5. empreinte d’austérité et d’une extrême régularité, seratournée vers la méditation, l’étude et l’enseignement. Kantfut un admirateur enthousiaste de la Révolution Françaiseet heureux de voir les idées de Rousseau se concrétiser. Kant meurt le 12 février 1804 à l’âge de 80 ans, àKönigsberg, devenu célèbre grâce à sa philosophie, maisreste incompris pas ses contemporains. Néanmoins, soninfluence sur la philosophie fut et reste immense,notamment dans l’Europe et sur l’idéalisme Allemand (JohannFichte, Friedrich Schelling, Friedrich Hegel). Cesderniers mots furent : « C’est bien » (« es ist gut » enallemand).1.2 Bibliographie Lunique fondement possible dune démonstration de lexistence de Dieu (1763). Rêves dun visionnaire expliqués par des rêves métaphysiques (1766). Des différentes races humaines (1775). Critique de la raison pure (1781 ; 2nde éd. 1787) Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science (1783). Idée dune histoire universelle dun point de vue cosmopolitique (1784). Réponse à la question : « quest-ce que les Lumières ? » (1784). Fondation de la métaphysique des mœurs (1785). Quest-ce que sorienter dans la pensée ? (1786). Critique de la raison pratique (1788). Critique de la faculté de juger (1790). Sur le mysticisme et les moyens dy remédier (1790). Sur léchec de toute tentative philosophique en matière de théodicée (1791). Quels progrès effectifs a accompli la métaphysique depuis lépoque de Leibniz et de Wolff ? (1791). Sur le mal radical (1792). La religion dans les limites de la simple raison (1793) Sur l’expression courante: il se peut que ce soit juste en théorie, mais en pratique, cela ne vaut rien (1793). La Fin de toutes choses (1794). Projet de paix perpétuelle (1795). La Métaphysique des mœurs (1796-1797) Sur un prétendu droit de mentir par humanité (1797). Conflit des facultés (1798). Anthropologie dun point de vue pragmatique (1798). Logique (publiée en 1800). -5-
  6. 6. II - Son Œuvre : « Qu’est-ce que les Lumières ? » « Qu’est-ce que les Lumières ? » est une courteœuvre de vulgarisation d’une dizaine de pages. Ce courtopuscule dresse le bilan des Lumières. Kant va doncs’interroger sur la spécificité de ce mouvement et de sonaction sur la société. Le XVIIIème siècle s’est lui-mêmevoulu et proclamé siècle des Lumières. L’analogie avec laLumière est aussi présente en Allemand avec le motd’Aufklärung. En cela, l’expression nous indique la manièreà laquelle, un être raisonné doit penser et comprendre. Eneffet, comprendre c’est voir clairement ce que l’onregarde. De plus, l’homme éclairé de raison pense par lui-même et conduit sa vie selon son propre entendement. Parlà, il s’est libéré de l’obscurantisme, sur lequel pèsentles hommes au XVIIIème siècle. Cependant le termeAufklärung contient une nuance, que le terme français nerévèle pas. En effet, Les Lumières signifie aussi leprocessus par lequel la clarté est obtenue, c’est la façondont la lumière se repend sur le peuple. Ce dernier va doncêtre amener à sortir de l’obscurantisme qui le ruine depuissa plus jeune enfance. Donc la question « Was istAufklarung ? » ne devrait être traduit par « Qu’est ce queles Lumières ? », mais par « Qu’est ce que le progrès desLumières ? ». Dans cet opuscule, Kant va nous donner lesclefs pour accéder aux Lumières, cest-à-dire de passer del’obscurantisme à la raison. En cela, l’homme sera amener àpense par lui-même, d’avoir une pensée libre et dégagée detout préjugé. Kant va inciter les hommes à sortir de leurminorité pour devenir des citoyens, et pour pouvoir accéderà la vraie religion et à la vraie politique. Kant, àtravers cet opuscule nous ferra comprendre, que la question« Qu’est ce que les Lumières ? », est une question quitraite de l’Education de l’Homme et de sa pensée propre. Le mouvement des Lumières s’inscrit dans un combatqui défend la liberté de penser et de communiquer sespensées. L’histoire a voulu que ce mouvement lutte pourobtenir des autorités souveraines et cléricales leurslibertés fondamentales. Kant s’inscrit, lui aussi, danscette lutte en publiant « Qu’est ce que les Lumières ? »en 1784. Grâce à cet opuscule, il donne la « chance » auxhommes de sortir de leur ignorance et de penser par euxmême. En cela, il place la liberté de penser, comme unpoint stratégique difficile à acquérir, mais aussi àconserver. Dans un premier temps, il est nécessaire desavoir que Kant a vécu sous le règne de Guillaume II LeGrand (1712-1786). En 1784, le mouvement des Lumières estcontesté de tous les côtés, ainsi la fin du règne deGuillaume II approche. -6-
  7. 7. Son successeur Frédéric-Guillaume II menera une politiqueimpitoyable pour les auteurs et philosophes. Ce qui vaudraà Kant de nombreuses censures de ses œuvres, notamment lorsde la sortie de la philosophie de la religion. Après lamort de Frédéric-Guillaume II, en 1797, Kant achèvera saliberté d’écrire. La notoriété de Kant, ne se révèlera quedès la sortie de la deuxième édition de la Critique de laraison pure, en 1781. Dans cet ouvrage, « Kant opère cequ’il appelle une révolution copernicienne dans l’ordre dela connaissance. Prenant à contre-pied la théorieempiriste, il affirme que l’objet que nous connaissons estconstruit par le sujet à partir des catégories logiquesprésentes chez tout être humain. Lindividu n’est pluspassif mais actif dans la construction de lobjet. » Kant, dans son ouvrage « Qu’est-ce que lesLumières ? », prend prise d’opinion, en défendant lesLumières. En cela il fait une analogie des Lumières avec lemot critique : « l’essentiel des Lumières, c’est l’idéemême de la critique, cest-à-dire de liberté absolue dujugement, par quoi nous nous délivrons de nos préjugés, denos superstitions, de nos illusions 4». Cet opuscule,s’inscrit dans la polémique du Siècle des Lumières. Ilprend part au combat mené par les Lumières, ainsi Kantdéfinit les Lumières non pas en se limitant à son siècle,mais en précisent l’universalité du mouvement. En effet, lemouvement des Lumières et son Siècle marquèrent un tournantdans notre Histoire. Par là, Kant qualifiera la RévolutionFrançaise comme « la vérité des Lumières et de sa proprephilosophie 5». De plus, Kant s’attache fortement à sonsiècle comme un siècle marquant l’humanité grâce à sontrait universel. L’ouvrage « Qu’est ce que les Lumières ? »s’articule en dix paragraphes ou alinéas. Le regroupementde quelque un d’entre eux forme les principaux axes de lapensée de Kant. Tout d’abord, du paragraphe un à trois, lephilosophe nous fait part de la paresse de l’homme engénéral, ainsi de l’existence de personne plus ambitieusesqui se positionnent comme des « tuteurs », les hommesparesseux ne sortent pas des idées préconçues et reste dansleur minorité. Le passage de l’état de mineurs à l’état demajeur s’avère difficile car l’homme est enlisé dansl’obscurantisme. Ensuite, les paragraphes quatre et cinq,nous relève que l’accès au savoir est possible (cf. accèsaux Lumières), mais sous condition que l’Etat et les loisgarantissent la liberté d’expression.4 Préface de la première édition, citée p.66, pour le mot critique5 Seconde partie du Conflit des facultés -7-
  8. 8. Kant développera durant ces deux alinéas ce qu’est cetteliberté fondamentale et en quoi elle s’avère très limitée.Puis, le paragraphe six, nous montre un exemple de liberté,mais sous la religion. Les alinéas sept et neuf, nousdévoile le siècle de Frédéric6 , le siècle qui permettral’éclosion et la mise en place des Lumières. Enfin, leparagraphe 10, trait d’un éminent paradoxe, l’esprit et laliberté favorisent le peuple à respecter les lois du pays.6 Frédéric-Guillaume 1er 1713-1740 -8-
  9. 9. III – Introduction Ce court opuscule d’une dizaine de pages est uneœuvre de vulgarisation qui dresse le bilan de l’Aufklärung,ce que nous appelons les Lumières en Français. Kant àtravers cette œuvre dresse les spécifications de cemouvement. Le philosophe résume donc ce mouvement grâce àune formule reprise au poète latin Horace : Sapere aude,« ose connaître », ou apprends à te servir de ton propreentendement. Kant veut faire prendre conscience aux hommes qu’ilsne pensent pas vraiment par eux même, mais selonl’entendement d’autres personnes. En cela, les hommes sontmanipulés et contraint à se faire dicter ce qu’ils doiventpenser. Ainsi, les hommes qui ne se servent pas de leurpropre entendement sont dans l’obscurantisme. En cela, lasociété du XVIIIème siècle est divisé en deux parties :d’une part les personnes majeurs qui pensent par eux mêmeset conduisent leurs propres pensées (les auteurs deslumières, la royauté…). Et d’autre part, le peupleignorant, qui ne construit jamais sa pensée et qui senourrit de la réflexion des autres. En sommes, la sociétédu temps, est régie par « les majeurs » qui conduisent euxmême « les mineurs ». Ce rapport de force est dû à lafainéantise et au manque de courage des « personnesmineurs ». Cependant, les Lumières veulent amener le peuple àpenser par lui-même afin de contrer les idées préconçuesdes personnes majeures de la royauté ou du milieureligieux. Ces derniers gardent le peuple dans l’ignorancepour mieux l’assujettir. L’objectif des majeurs est dedominer les autres et de se servir de leur « majorité »pour manipuler les autres dans leurs intérêts. Kant et lesLumières veulent que le peuple abandonne la paresse et lalâcheté afin d’acquérir le savoir et la connaissance (Cf.Citation « Sapere Aude »). De plus, Kant utilise une œuvre de vulgarisationpour rendre accessible son œuvre au plus grand nombre afind’alerter le peuple de cette situation. Cette opuscule renddonc compte de la situation, tout en proposant une veinecritique de la société du temps. L’auteur affirme que laliberté de pensée est nécessaire, mais dépend d’unecertaine forme de liberté d’expression. -9-
  10. 10. Notre questionnement ne sera pas des moindre, Peut-onpenser par soi même ? Comment accéder au savoir et donc auxLumières ? Sous quelles conditions peut-on y accéder ?Qu’est-ce que la majorité pour Kant ?En quoi la liberté d’expression est elle remise en cause àtravers cet opuscule ? Y il a-t-il un marqueur de liberté ?La liberté est-elle un apprentissage ? La libertéreprésente-elle un objectif ou un droit civique ? Quellessont les conditions pour penser librement ?Qu’est- ce que la religion selon Kant ? La religion est-elle morale ? Les hommes doivent-ils se laisser guider parla religion ? La religion représente-elle une contraintepour les hommes ?Nous nous questionnerons dans un premier temps sur le faitde penser sans préjugés et ce que cela engendre, ensuitenous traiterons le thème de la liberté dans cet opuscule,enfin nous verrons que la religion est aussi source deconflit pour les hommes. - 10 -
  11. 11. IV – Réflexions portées sur l’œuvreI – Penser par soi-même, sans préjugés1.1 DéfinitionNous nous pencherons tout d’abord sur une brève définitiondes Lumières. Les Lumières ce sont l’ensemble des hommeséclairés, étant donc majeurs. De plus, la majorité comprendle savoir et la connaissance mais aussi la majoritécivique. L’âge des Lumières, c’est une époque ou l’hommeest défait de toute chaînes, il pense donc librement et parlui-même. Kant, à travers l’ouvrage, nous montre que penserpar soi même n’est pas difficile en soi. L’homme doit, pourcommencer, penser par soi même, se rendre compte que touteses connaissances et ses croyances ne sont par forcémentvraies et qu’il ne tient qu’a lui de chercher la vérité.« Penser par soi même signifie chercher en soi-même […] lavérité » (cest-à-dire de sa propre raison). Il lui fautadmettre que ses connaissances personnelles ne sont pasnécessairement les connaissances indubitables. Lesconnaissances reçues par le temps, ont été admissent parnotre conscience, mais pourtant elles ne sont pas de nouset elles n’ont pas été pensées par nous-mêmes. En cela, unproblème se pose puisque les croyances et les connaissancesreposent sur des bases instables, il faut donc penser parsoi même en exhortant les préjugés qui anéantissent notrepensée. En effet, elles sont déformées au sein de lasociété mais aussi à travers de nos humeurs (opposition àquelqu’un). De plus, le temps joue un rôle déterminant, eneffet à travers des siècles, des connaissancesinébranlables sont devenues obsolètes. Pour Kant, penserpar soi même c’est se servir de son « entendement » sanssuivre les pensées d’un autre individu. En cela, l’hommesort de la passivité et devient autonome7. Le philosophemontre bien ce phénomène grâce à cette citation: « Etremineur, c’est être incapable de se servir de son entendement sans ladirection d’un autre (…) aie le courage de te servir de ton propreentendement ! Telle est la devise des Lumières ».1.2 « Sapere Aude »Cette maxime signifiant « Aie le courage de savoir ! Prendsle parti de l’intelligence » est reprise du poète latinHorace8. Elle constitue la devise de l’Aufklärung choisieen 1736 par les Amis de la Vérité9.7 Cf. définition du mot : Lexique8 Cf. Index « nominum »9 « Alethophilien », groupe fondé pour diffuser la philosophieLeibnizienne et Wolffienne. - 11 -
  12. 12. Cette maxime avait était reprise sur une médaille debronze. Sur laquelle on pouvait voir le buste d’Athéna,déesse grec de l’intelligence, et sur son casque étaientmis les deux portraits de deux philosophes : Leibniz etWolff ainsi que la devise « Sapere Aude ». D’ailleurs cettedevise est connue de la métaphysique dogmatique Wolffienne.Kant l’a repris à de nombreuses reprises pour formulerl’expression de la raison, base de sa philosophie. Ledogmatisme métaphysique10, pour Kant est défini par cettecitation reprise dans la Critique de la raison pure (1781-1787): "Le dogmatisme de la métaphysique, cest-à-direle préjugé davancer dans cette science sans une critiquede la raison pure". En somme, Kant en fait la devise desLumières dans cet opuscule. Cette devise est un bien venue,puisque les Lumières veulent que l’homme sorte de saminorité en pensant par lui même. En cela la raison et laconnaissance sont remises au centre de « obligation » pourl’homme, qui se doit de perdurer dans cette voie.1.3 Minorité et MajoritéKant dans son ouvrage exploite les concepts de minorité etde majorité. Kant définie l’Auflkärung comme la sortie del’homme de sa minorité, dont il est lui-même responsable.La minorité représente l’état d’un homme qui ne se sert pasde son « entendement », et qui ne pense pas par lui-mêmemais grâce à un autre individu, lui majeur. Selon le senscommun, la minorité est l’état de protection juridique. Laminorité comprend une autre personne qui prend lesdécisions à la place du mineur, il est considéré comme sontuteur. Les enfants ou les handicapés mentaux ou physiquespossèdent un tuteur. Kant défini, dans son ouvrage, un êtremajeur comme un adulte capable de prendre des décisions parlui-même de choses raisonnables. L’homme possède donc unecapacité que les autres êtres vivants comme les animauxn’ont pas : celle de se gouverner par eux même. En cela,l’homme, contrairement aux autres êtres vivants, est libre.Ainsi, il peut sortir du sillon tracé par la nature.L’accès à la majorité ne se fait pas par l’âge, mais pas lavolonté de se « prendre en main ». En cela, l’homme répondde ses actes, et juge de ce qui est bien et de ce qui estmal, il acquiert donc une notion de libre arbitre11. Enbref, une personne mineure12 ne construit jamais sa penséepar elle-même mais se nourrit des réflexions des autresindividus. Ces individus ne cherchent pas à réfléchir ni àse servir de leurs propres entendements.10 Cf. définition dogmatisme métaphysique, index « rerum »11 Cf. deuxième partie du développement12 « L’incapacité de se servir de son entendement sans la directiondautrui » (Kant) - 12 -
  13. 13. Ce groupe constitue la majeur parti de la population duXVIIIème siècle. A contrario, les personnes majeurespensent et réfléchissent par eux-mêmes. Elles construisentdonc leurs réflexions contrairement au peuple qui est dansl’obscurantisme. Le passage de la minorité à la majoritéest très difficile puisque l’homme est par essence fainéantet lâche. Cette fainéantise peut s’expliquer avec l’exemplede la médecine que Kant développe dans Le Conflit desFacultés. En effet, l’homme mineur, étant lâche, préfère sepayer un médecin pour décider de sa perte de poids, alorsqu’il pourrait utiliser sa raison et sa volonté pour sepasser de ce service. On peut conclure que la libertédéfinie grâce à la raison est dépassée par la santé, c’esttout l’enjeu de la minorité. Ce statut leurs convientpuisqu’il sont nourris des réflexions préconçues par lesmajeurs. 131.4 Autonomie et HétéronomieLes notions de minorité et de majorité renvoient à deuxautres concepts qui sont l’autonomie et l’hétéronomie. Eneffet, quand un individu mineur ne se sert pas de sonentendement et ne réfléchie pas, il est hétéronome(l’animal est aussi hétéronome). « Chez l’homme,lhétéronomie représente lincapacité à se donner sespropres lois et à se régir daprès elles ». En revanche,l’individu autonome se sert de son esprit pour réfléchir etrégit selon son entendement. Pour Kant, l’hétéronomie est« la dépendance à légard de mobiles pathologiquessensibles ou dune loi extérieure ». L’être autonome estlibre et se gouverne lui-même. En cela, il met en placedeux concepts : l’hétéronomie, c’est l’homme qui n’est pasautonome et donc qui est soumis aux règles des majeures. Eta contrario, c’est la capacité d’un individu à se donnerdes « lois », et qui perdurent dans le domaine de laliberté moral14. En somme, Kant nous explique que la raisonmorale conditionne la liberté. En cela, la liberté pourKant est une conquête de tous les jours, qui dépendent del’individu.1.5 « Se faire »Pour Kant, l’homme est libre, et il s’enrichit tout au longde sa vie pour devenir ce qu’il veut être. Il mène sa vielibrement, ainsi il possède son destin entre ses mains. Encela, pour Kant l’existence précède l’essence. Par exemple,l’animal s’accompli par son espèce (le chat deviententièrement un chat) tandis que l’évolution de l’homme13 Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs,179614 Cf. Définition Lexique - 13 -
  14. 14. dépend de lui-même. Ainsi, l’éducation forme l’homme àdevenir un homme, contrairement aux animaux quis’accomplissent sans l’aide d’élément extérieurs. C’estpourquoi l’homme peut être bon mais peux aussi s’avérermauvais et adopter des comportements néfastes au regard dela société. Ainsi, la liberté de l’homme fait sa grandeforce, et tout est la problématique de ce texte : l’hommedoit prendre son destin en main, et ne pas aliéner saliberté à d’autres personnes. De plus, l’homme est libredonc il naît homme, et après il acquiert ses droits etdevoirs15. En somme, l’homme mineur vient du fait quel’homme recule devant ses devoirs d’homme, et cela à causede son manque de courage et de sa fainéantise. L’homme a saliberté dans ses mains, il n’en reste qu’a lui del’utiliser a bon escient pour devenir majeure.1.6 Penser sans préjugésTout d’abord, les préjugés «désigne des opinions adoptéesen labsence dinformations ou de pratiques suffisantes ».La vraie connaissance repose sur une connaissance « pure »et dénuée de tout préjugés encourus par le temps oul’humeur de chaque personne. Pourtant si nous devions nousdébarrasser de tout préjugés nous devrions douter sur toutce que l’on a appris. Penser pas soi même nécessited’éradiquer tous ces préjugés de notre conscience afind’accéder à des connaissances véritables. Pour sortir del’obscurantisme, les hommes mineures doivent se déférentdes vérités que l’on leur apprends. L’homme ne doit pass’arrêter à ce que l’on lui apprend, mais doit chercher lavéritable connaissance. Et pour cela il doit remettre encause ce qu’il a appris avec le temps. En cela, l’homme netrouvera pas ses réponses dans des livres de philosophies,mais en réfléchissant sur les pensées de chaque philosophe.Pour accéder aux Lumières, l’homme doit penser par lui-mêmeet appréhender les préjugés qui l’entourent.1.7.1 SocrateLe fait de penser par soi même en exhortant tout préjugésde notre pensée relève d’un exercice difficile. Penser parsoi même d’après les Lumières n’est pas un exercicedifficile en soi, il faut juste changer sa manière depensée, mais en aucun cas faire un tabula rasa de tout ceque nous avions penser dans notre vie passée. Tout d’abord,sortir de l’obscurantisme, c’est remplir l’objectifsocratique : « Connais-toi, toi-même ».15 Cf. Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen,1948 - 14 -
  15. 15. En cela, l’accession au Lumière relève d’un travail sur soimême (mode de vie) et sur sa pensée, afin d’enlever toutles préjugés qui ont « bercé » notre pensée depuis notrejeunesse. Ainsi, sortir de l’obscurantisme nous amène anous connaître nous même au plus profond de notre être.Socrate a mené ce combat durant toute sa vie, en effet laremise en question perpétuelle de son savoir, a permis desavoir qu’il était l’homme le plus sage de la citée.D’ailleurs, Socrate fut condamné à mort pour avoir amenéles citoyens à penser par eux même. L’idéal des Lumièresrejoint donc l’impératif socratique, pour penser par soimême, il est donc nécessaire de se connaître soi même.1.7.2 DescartesDescartes réfute la thèse qu’un homme ayant uneconnaissance soit en mesure de l’utiliser dans des caspratiques. Les Lumières sont l’accumulation desconnaissances, mais ici se pose le problème de l’utilité deces connaissances dans des cas concrets. En effet, l’hommeéclairé, selon Descartes, a une forte connaissance du mondemais ne sait pas d’où elles viennent et comment lesredémontrer. Le fait de penser par soi-même amène au jeuneélève une meilleure compréhension des choses qui l’entoure.L’exemple des mathématiques s’avère être un casintéressant, en effet dans les plus petites classes onapprend des calculs algébriques vide de sens. Descartesremet en cause cet apprentissage des mathématiques, et meten exergue le fait que les mathématiques doivent servirdans la vie de tout les jours (sur les chantiers…).L’enfant ne pensera pas par lui-même quand il devraadmettre des calculs algébriques. En cela il ne comprendrapas son raisonnement. Descartes considérait lesmathématiques comme un travail de l’esprit, qui tout commeles savoir, le faisait avancer dans sa quête de devenirhomme. Par conséquent, les vérités mathématiques sont lesseules connaissances indubitables, sur lesquelles on nepeut pas douter.1.7.3 HegelHegel remet en cause la philosophie des Lumières. Cemouvement se base sur la connaissance de soi même et de laliberté. Cependant, Hegel mettra en cause cettephilosophie. Hegel décrira ce mouvement comme un groupe depersonne voulant renverser la monarchie et le clergé, maisne connaissant pas les vraies pratiques spirituelles de laphilosophie. De plus Hegel définira les Lumières comme« matérialistes » et « naturalistes ». - 15 -
  16. 16. Cependant, Hegel avait une très grande admiration pour lesécrits des Lumières en France, mais il regretta de voir lemouvement se propager en tant qu’Aufklärung en Allemagne.Il ira même à penser avec d’autres auteurs que les Lumièresen Allemagne sont une simple imposture des Lumières enFrance, et qu’ils ne font que nuire au siècle des Lumières.4.8 ConclusionLe siècle des lumières est divisé en deux groupes, selonKant. Premièrement, les majeures qui pensent par eux mêmeet assujettissent les mineures, personnes qui ne serventpas de leurs entendements. Le passage de mineurs à majeuress’avère difficile. Penser par soi-même est la premièrecondition pour l’accession aux Lumières. Ensuite, l’hommeéclairé doit prendre en compte les préjugés qui l’entourentet les « maîtriser ». Si l’homme remplis ces conditions, ilpeut devenir autonome et commencer à se servir de son« entendement 16». L’individu prend donc part à la viecitoyenne, et acquiert ses droits et ses devoirs. Il est enévolution constante, et se forme tout au long de sa vie. Ilprend donc sa vie en main. Il acquiert donc sa liberté.Notre prochaine partie traitera de la liberté et desLumières.16 Cf. Lexique - 16 -
  17. 17. II – Les Lumières et la liberté2.1 La liberté d’expression et de publicationEn Europe, le siècle des Lumières est un siècle decontestation du pouvoir et donc de la monarchie absolue. Lamonarchie absolue est caractérisée par un roi souverain quipossède dans ses propres mains les trois pouvoirs :exécutif, législatif et judiciaire. Il est souverain dansson royaume, donc il a le droit de faire emprisonnerquiconque sans raison justifiée. D’ailleurs, Voltaire sefera emprisonné à la Bastille à deux reprises pour avoiruser de sa liberté d’expression envers les pouvoirsreligieux et civiques. Kant à travers cet ouvrage admet uneveine critique de cette liberté d’expression bafouée. Lephilosophe défend la liberté d’expression puisqu’ilsoutient la thèse que cette liberté permet d’instruire lepeuple, dans l’objectif de la faire sortir del’obscurantisme. Kant remet en cause l’égoïsme dusouverain, qui ne veut pas remettre en question sa pensée.En cela, Kant incité « le peuple » à soutenir les écritsdes auteurs afin de garder une certaine contestation vis-à-vis du pouvoir. En somme, le philosophe donne les clefs auxlecteurs pour qu’ils se rendent compte de leur inférioritépar rapport au pouvoir. De plus, il les incite à défendreles œuvres des auteurs, afin de défendre la libertéd’expression et la liberté de publication. Il faut donc quela loi garantisse la liberté d’expression. Cette dernière,selon Kant est nécessaire pour l’humanité.2.2 « La liberté de communication »La liberté de communication induit une notion de liberté depenser. Puisque si nous communiquons nos opinions, nous lesavons pensé auparavant. Les contraintes civiles du tempss’opposent à la liberté de penser selon Kant. Ainsi, Kantdans qu’est ce que les Lumières incite le lecteur à penserlibrement sans se préoccuper de la société dans lequel ilest enfermé. Cette liberté de penser est très importantepuisqu’elle permet à l’homme de se construire une opiniondonc une conscience. De plus, la liberté d’opinion ou depensée traduit aussi une autonomie de l’homme. En cela,cette liberté est fondamentale pour l’individu, de pluscette liberté, selon Kant, ne doit se soumettre à aucunecontrainte civile ou loi. Grâce à cela, le philosophedéduit que la liberté permet à l’homme d’avoir uneautonomie de la raison, il sort de donc de l’obscurantisme.L’objectif même des Lumières s’avère donc rempli. - 17 -
  18. 18. En somme, à travers cet opuscule Kant, donne aux hommes lesclefs pour sortir de l’hétéronomie, à savoir acquérir deslibertés en contradiction avec la société totalitaire.2.3 Apprendre à se servir de sa propre libertéOn a donc vu que selon Kant, l’homme doit se servir de saliberté pour pouvoir sortir de l’obscurantisme et ainsidevenir autonome. Donc, l’homme doit saisir sa liberté etapprendre à s’en servir. En cela, il réfute partiellementl’idée « pouvoir ». L’apprenti majeur doit s’éloigner despensées pré-faites telle que la religion. Il doit se servirde son entendement pour déceler le vrai du faux. Grâce àcela il va apprendre à penser par lui-même et ainsi devenirlibre. Mais Kant insistera sur le fait que cetapprentissage s’accompagne d’erreur au début. Ce désir dedésobéissance fera prendre compte à l’homme qu’il peut êtrelibre et penser librement. A la lecture de ces lignes, nouspouvons observer que Kant est favorable à la révolutionFrançaise, en effet elle est un symbole de la liberté dupeuple.2.4 La propagation des LumièresLe fait que les philosophes ou les hommes savants publientdes écrits a permis l’élargissement du mouvement desLumières dans toute l’Europe. Ces publications ontcontribué à la réussite du mouvement des Lumières. Kant,dans son ouvrage, exprime simplement son vœu d’une libertéd’expression accordée par les gouvernements. Celapermettrait donc la propagation des Lumières dans l’Europe.Si cette liberté est accordée, la population pourraitaccéder aux écrits des Lumières et donc devenir éclairés.Mais cette liberté est assez utopique, puisque lesgouvernements assujettissent le peuple en la laissant dansl’obscurantisme. Ce n’est donc pas dans l’intérêt deshommes aux pouvoirs. La propagation des Lumières a été trèsdifférente d’une simple publicité exposée dans toutl’Europe. En effet, les Lumières ont sûr convaincre leshommes en leur montrant le chemin et en l’exposant lavérité. Durant cette propagation, les Lumières n’ont pasagi sur l’homme et n’ont pas profité de sa passivité maisils ont su lui montré comment voir par lui-même.2.5 « Le public »Selon Kant, le public est l’auditoire des Lumières. C’estde manière plus vulgaire le peuple. Mais pas d’une manièreuniverselle, seulement les personnes ayant la capacité delire les écrits, ou étant sur le chemin des Lumières.Cependant, Kant distingue deux catégories dans le peuple, - 18 -
  19. 19. les personnes instruites comme on vient de le voir, et lespersonnes encore dans l’ignorance.Le fait que les hommes s’instruisent du mouvement desLumières permet de créer une spirale où de plus en plus depersonnes rallient le mouvement, cela crée une contagiondans toute l’Europe. Ainsi, les personnes encore dansl’ignorance sont amenées à suivre le mouvement des Lumièresgrâce aux personnes instruites. Les intellectuellesmajeures sont donc reconnues responsable d’avoir vouluassujettir les personnes les plus faibles. Ainsi une partiedes intellectuelles perdent leur légitimité car ce sont euxqui ont voulu « commander » le peuple lorsqu’il était dansl’ignorance. Lorsque le peuple va réagir à l’appel desLumières, Kant parlera de volonté du peuple de « se prendreen main ». Le peuple acquière une autonomie, il se sertdonc librement de son entendement.2.6 Liberté et religionAu XVIIIème siècle, le fondement du pouvoir civique estbasé sur la religion. La religion enferme le peuple dansl’apprentissage des dogmes religieux. Ainsi, l’homme nefait pas usage de sa raison, mais apprends les dogmes quela religion lui dicte. La religion, selon Kant, est néfastepour les libertés de l’homme. En effet, le peuple estenfermé dans la religion et dans la croyance en Dieu.L’homme ne se sert pas de sa raison alors il reste dansl’hétéronomie. En conséquence, ses libertés sont amoindriesvoir anéantie. La formation du pouvoir civique avec lareligion ne garantie pas les libertés pour l’homme. Alorssur quel fondement politique un Etat doit se baser poursubvenir aux libertés de chacun des citoyens ?2.7 ConclusionLa raison et l’autonomie de l’homme garantissent en partiesa liberté. Au XVIIIème siècle la liberté d’expression etde publication est très importante pour tenter de réaliserl’objectif premier des Lumières : sortir l’homme del’obscurantisme. Les intellectuelles vont se servir deleurs écrits pour sortir l’homme de sa minorité. L’homme vaapprendre à se servir de sa liberté pour se développer etgrandir en société. Chaque individu devenant éclairé vaaider un autre individu à se sortir de cette minorité, cephénomène de contagion dans toute l’Europe vaconsidérablement changer les sociétés. Ce bouleversement vadonner lieu à un « public éclairé » qui va s’écarter desautorités religieuses, contraignantes pour leurs libertésindividuelles. - 19 -
  20. 20. Mais qu’est-ce que la religion pour Kant ? Quelle est sontrôle dans la société du XVIIIème siècle ? Les Hommes sontils en prise avec cette religion ? C’est ce que nousexpliciterons dans notre dernière partie. Schéma représentant la liberté de penser, qui est menacée par la société. - 20 -
  21. 21. III – Les Lumières et la religion3.1 Qu’est-ce que la religion selon Kant ?Kant fait la distinction entre les deux aspects de lareligion. Tout d’abord, la religion comme foi, les hommescroient en Dieu, c’est une foi personnelle, considéré commeintérieur à l’individu. Ensuite, la croyance a un culteextérieur. L’homme s’attache à des éléments matériels commel’église. Ce sens de la religion a plutôt une connotationpéjorative. En effet, la religion, dans notre histoire, aembrigadé le peuple dans une seule et même croyance. PourKant, la véritable religion est la foi intérieure qui estpersonnelle et non dirigé par des religieux qui souhaiteembrigader la population dans une même croyance. C’est doncune croyance morale. Cependant, Kant sera à de nombreusesreprises dénoncées pour abus de « liberté de penser ». Eneffet, ses écrits comme dans La Religion dans les limitesde la simple raison (1793). Malgré la notoriété de celivre, Kant fut contraint à renoncer à l’écriture sur lareligion, notamment à cause de la révolution Jacobine quisévissait en Allemagne. En somme, le philosophe s’oppose àla religion traditionnelle qui suit des dogmes précis, etqui abuse du peuple en affirmant des vérités qui n’on pasété démontrés. En effet, Kant s’opposa à l’existence deDieu. Il dira que seul chacun d’entre nous peu connaîtreDieu de manière intérieure et personnelle. Enfin, la foipersonnelle mais aussi morale engendre une notion deliberté tandis que la religiosité ne laisse pas de libertéde penser aux hommes.3.2 Le faux culteTout d’abord, le culte est la vénération pour la divinitéet l’ensemble des rites qui l’expriment. On peut dire qu’ils’agit le plus souvent d’une pratique sociale qui lie unecommunauté17. Le culte a été inventé pour rassurer leshommes. En effet, la croyance donne de l’assurance àl’homme sur sa destinée. L’homme n’agit pas avec sa moralelorsqu’il se réfère au culte. En effet, le culte présentedes aspects du communautarisme, l’homme, en croyant,appartient à une communauté et cette dernière lui assurebeaucoup de sécurité. Mais en fait, l’homme étant enposition de faiblesse se laisse engrener par le culte. Onlui promet de nombreuses sécurités pour sa famille, sontravail. Le culte ne possède plus de sens comme auparavant.En cela, tout ce qui est du domaine du spirituel est faux.17 Cf. Définition du « Culte » page 260, Philosophie le Manuel,éditions Ellipses - 21 -
  22. 22. L’homme ne croit plus en une religion, mais dans un culteoù il se cache la vérité, la réalité. Ce type de communautérend les hommes plus sereins dans leur vie. A l’heureactuelle, le culte résulte du communautarisme ainsi chaqueindividu voulant avoir une vie paisible et une place auparadis se laissent entraîner par des groupes de personnes.Les groupes fondamentalistes se disent émissaires de Dieusur terre et envois des croyant se tuer pour avoir un accèsau paradis. C’est pourquoi Kant parle de faux culte, la foipersonnelle et la religion dans ses plus brefs lignes ontmenacé par des cultes parallèles bafouées.3.3 De la croyance à la raisonLa foi ou la croyance sont nécessairement différente de laraison et du savoir. En effet, on ne peut pas démontrerqu’un individu lambda est une croyance en un êtresupranaturel. En mathématiques, seul un raisonnementlogique est requis, au contraire la foi implique unecroyance. Cette dernière ne peut guère être démontré grâceà une formule mathématique. Pour Kant, le savoir et lacroyance sont incompatibles, d’ailleurs il dira dans laCritique de la raison pure (1781-1787): « J’ai donc dusupprimer le savoir pour lui substituer la croyance ». PourKant la religion restreint l’homme et sa liberté, sil’homme perd sa liberté il n’agit plus avec raison et avecson entendement. Si l’homme accepte la religion, il exclutdonc ses convictions morales. De plus, ses libertés sontrestreintes et il n’a pas la possibilité de « se faire »car il est crée à l’image de Dieu. L’homme se voitcontraint à évoluer. Selon Kant, l’homme doit trouver unjuste milieu entre la « croyance naturelle » et lareligiosité. Dans ses écrits, Kant essaye de chercher lesréponses à des questions transcendantales18, cest-à-diredes questions auxquelles l’entendement humain ne peut pasrépondre.18 Cf. Définition Lexique - 22 -
  23. 23. La Religion dans les limites de la simple raison (1794)3.4 ConclusionDans Qu’est ce que les Lumières ? Kant expose le problèmede la religion comme « frein » à la liberté. En effet,l’homme est enfermé dans une religion qui le contraint àcroire à des principes transcendantaux. Il n’a donc pasl’occasion d’utiliser sa raison et son entendement.L’individu perd donc sa liberté au profit d’une religionextérieur qui lui promet l’accès au paradis. Les hommessont donc attiré par cette religion qui leur donne un cadreet les mène dans la vie. Cependant, ce principe rejointcelui du repère mineures/majeures. Les croyants voulant unaccès aux paradis sont assujetties par les religieux. Kantprône une religion morale intérieur, l’homme se pose desquestions sur son existence, mais ne se sent pas attiré pardes institutions qui nuisent à ses libertés. Le principe dereligion, selon Kant, est antinomique avec l’idée de moraleet de liberté. - 23 -
  24. 24. V - Conclusion Pour conclure, Kant, dans cet ouvrage, décrit aussibien les ambitions des Lumières que les progrès déjàacquis. Le philosophe donne donc la réponse à la questionQu’est ce que les Lumières ? Il décrit le mouvement desLumières, et son action sur la société. Le progrès desLumières est nécessaire à la survie de l’homme dans lasociété. En effet, les écrits des Lumières entretiennent lepeuple dans une spirale positive. Cela permet à l’homme desortir de son obscurantisme. Les hommes majeursassujettissaient le peuple, en les forçant à penser commeeux. Mais grâce aux écrits des Lumières, l’homme se rendcompte qu’il est guidé dans la société et donc qu’iln’utilise pas sa propre raison. Kant, à travers cetopuscule, donne les clefs aux hommes pour penser par euxmême. En effet, ils doivent sortir de leurs paresse et deleurs lâcheté afin d’utiliser leurs propres entendements.Les concepts de majorité et de minorité ainsi qued’autonomie et d’hétéronomie sont exposés dans cet ouvrage.La société est donc divisée entre paresse et ambition. Lepassage de l’un à l’autre s’avère difficile pour Kant,puisque la société ne le permet pas. En effet, le souverainet la religion sont de mise pour assujettir le peuple dansleurs intérêts. Pour Kant, l’homme doit poursuivre la quêtedu savoir et de la raison, il se forme durant toute sa viepour devenir un homme éclairé. Mais cette quête n’est passans obstacle. L’homme libre pense avec son propre entendement.C’est pourquoi les hommes doivent ce détacher de cettesociété inégalitaire pour assouvir leurs libertésindividuelles. Selon Kant, la liberté d’expression et depublication est fondamentale. En effet, la propagation desœuvres des Lumières permet aux hommes de s’éclairer. Lapropagation de ce phénomène permet de rallier de plus enplus de monde dans le mouvement. Les hommes éclairésforment les autres mineurs et ainsi de suite. Ce phénomènepermet de garantir la liberté pour le peuple. De plus, laliberté engendrera le fait que les hommes pensent par leurseul entendement. Mais le fait que les hommes pensent pareux même permet aussi aux hommes de se détacher de lasociété donc d’acquérir plus de liberté. Ensuite, pourfinir Kant expose l’idée qu’un peuple ayant plus de libertésera plus à même de respecter les lois. Kant formuleraaussi le problème de la religion comme une entrave à laliberté des hommes. La religion a toujours été un sujet de prédilectionpour Kant, en effet durant sa vie il a beaucoup écrit surla religion. - 24 -
  25. 25. D’ailleurs, durant la révolution Jacobine, il fut condamnépar le pouvoir à ne plus écrire d’œuvre sur la religion dufait de son perpétuel engagement dans les œuvres qu’ilécrivait. Dans toutes ses œuvre, Kant formule une veinecritique de la religion notamment celle de sa mère quiétait piétiste. Il critiqua cette forme ascétique etmoralisante du protestantisme. Dans Qu’est-ce que lesLumières ? Kant voit la religion comme une entrave à laliberté, les hommes sont soumis à une religion qui leslaisse penser des choses absurdes. La religion permet auxhommes de se rassurer notamment sur leurs avenirs.Cependant, la religiosité est une forme de majorité, lesmembres du clergé assujettissent le peuple. Kant condamnela religion comme une forme de prison. Les hommes sontcontraints à penser comme les membres du clergé. Les hommesperdent donc leurs libertés. Ainsi, les hommes ne pensentplus par eux même, ils ne se servent plus de leursentendements. Dans cet opuscule, Kant donne une hiérarchie de lasociété du XVIIIème siècle. A la lecture de cet ouvrage, onpeut comprendre comment fonctionne la société à son époque.Le mouvement des Lumières représente un grand changementdans l’histoire de l’Europe. C’est un mouvement à vocationuniverselle qui veut abolir les inégalités. C’est pourquoison objectif premier est de sortir l’homme de sonobscurantisme. La philosophie rationaliste19 moderne va sebaser sur les concepts de liberté, de religion, de droit,de justice… Tous ces concepts sont évoqués dans l’œuvre deKant, ce qui lui vaut d’être le précurseur de cettephilosophie. Pour Kant, la raison permet à l’homme des’éclairer et donc de prendre conscience qu’il vit dans unesociété inégalitaire. En cela, tout homme doué de raisonpeut savoir qu’il est libre, or tout les être sont doncégaux. Kant va laisser entrevoir la Déclaration des droitsde l’homme et du citoyen de 1789. En effet, la liberté etégalité des hommes. Cependant la Déclaration universelledes droits de l’homme et du citoyen (1948) va dépeindre aumieux la philosophie de Kant. En effet, avant d’appartenirà une société, l’homme est digne. Cest-à-dire qu’il estlibre et doué de raison. Pour sortir de l’obscurantisme duXVIIIème siècle l’homme doit user de sa raison. Il serait donc intéressant de voir si à notre époquenous vivons dans un siècle éclairé ? La rupture du XVIIIèmesiècle a-elle permis aux hommes de penser librement et depenser selon leurs propres entendements ? L’homme est ilmaintenant libre ?19 Cf. Index rerum - 25 -
  26. 26. VI - Index RerumEssentiel/Accidentel: est essentiel ce qui relève del’essence. Dans son sens le plus propre, l’essence, c’estce qu’un être est. Plus couramment, l’essence est lecaractère ou qualité propre et nécessaire d’un être; c’estl’ensemble des caractères constitutifs de quelque chose.Est accidentel ce qui est de l’ordre de l’accident au sensoù cela n’appartient pas à l’essence d’une chose.Nécessaire/Contingent : Ce qui est nécessaire est ce qui nepeut pas en pas être, autrement dis ce dont la négation estimpossible. Par exemple, la somme des angles d’un trianglefait nécessairement 180°. La contingence est le contrairede la nécessité. Selon Leibniz, c’est tout ce qui n’auraitpu ne pas être.Inné/Acquis : Tout ce qui est inné est ce qui est donné ouprogrammé dès la naissance. Tandis que les choses acquisessont des accidents durables. Ce sont des choses quiarrivent. Est acquis tout ce qui relève de l’éducation, del’histoire ou de la culture.L’idéalisme transcendal : Pour Kant, idéalismetranscendantal est la limitation de la raison, c’est ladistinction entre phénomène et noumène, cest-à-dire entrelexpérience que nous pouvons atteindre, et la chose en soiqui nous est inconnue. Là encore, il ny a pas didéalismeau sens strict, la position de Kant étant plus nuancée(Kant sopposant par ailleurs à lidéalisme pur) : la seuleréalité connaissable est phénoménale, donnée dans le cadretranscendantal de lespace et du temps (idéalismetranscendantal), mais seule lexpérience fournit unmatériau valide pour la connaissance (réalisme empirique).Hétéronomie/Autonomie (≠ indépendance) : L’autonomie c’estl’obéissance à la loi qu’on s’est soi même prescrite. Aucontraire de l’hétéronomie qui est la soumission à une loiimposée et dont on n’est pas l’auteur.Minorité/Majorité : Selon Kant la minorité est« lincapacité de se servir de son entendement sans ladirection dautrui ». La majorité est le statut d’unindividu qui pense par lui-même.Dogmatisme métaphysique : Le dogmatisme est la doctrineselon laquelle lesprit humain serait capable de connaîtrela vérité, c.-à-d. lêtre, tel quil est en lui-même, etindépendamment de la représentation que nous en avons : enun mot labsolu. - 26 -
  27. 27. La philosophie rationaliste : Le rationalisme est ladoctrine qui pose la raison discursive comme seule sourcepossible de toute connaissance réelle. On trouve courammentet identiquement les expressions de « rationalismemoderne » ou de « rationalisme classique » pour désigner lerationalisme tel qu’il se formule de Descartes à Leibniz,correspondant à peu près à ce que l’on peut appeler depuisKant le « rationalisme dogmatique ».Contrainte/Obligation : Une contrainte est une règleobligatoire qui réduit la liberté daction. Tandis qu’uneobligation est l’action pour lequel l’individu va êtreforcer à réaliser une tâche par la force ou la menace.L’obligation va coïncider avec l’idée du devoir. - 27 -
  28. 28. VII - Index NominumGottfried Wilhelm Leibniz (Leipzig, 1er juillet 1646 -Hanovre, 14 novembre 1716) est un philosophe, scientifique,mathématicien, logicien, diplomate, juriste, bibliothécaireet philologue allemand qui a écrit en latin, français etallemand. Tout à tour philosophe, juriste, historien,diplomate, cest un grand homme universel de son temps,pacifiste, rêvant de réunifier les églises catholiques etprotestantes, et de rapprocher les peuples dEurope.Wolf ou Wolff (Christian, baron de). - Philosophe né àBreslau le 24 janvier 1670, mort à Halle le 9 avril 1754.Il était fils dun brasseur et était destiné de bonne heureà la théologie. Il se fit remarquer par sa précocité,sadonna avec ardeur à létude des sciences. Il fit sesétudes aux universités dIéna et de Leipzig. Cest àLeipzig quil connut la philosophie de Descartes et entraen relation avec Leibniz qui lui fit obtenir, en 1706, lachaire de mathématiques et de physique de lUniversité deHalle en Prusse. Il étendit bientôt son enseignement à laphilosophie et obtint auprès de ses auditeurs un succèsretentissant. La raison dêtre de ce succès était unrationalisme très clair qui prétendait démontrerdéductivement jusquaux vérités de foi. Cette prétentionalarma les collègues piétistes de Wolff, Franke et Lange,qui obtinrent contre lui, en 1723, un rescrit enjoignant auphilosophe de quitter la Prusse dans les quarante-huitheures sous peine du gibet.Georg Wilhelm Friedrich Hegel, la jeunesse de Hegel estmarquée par la patience et le labeur. Lenfant lit beaucoupmais ne fait pas preuve de dons particuliers, le déclicaura lieu en 1788 alors quil suit les cours de la facultéde Thubingen, quil sintéresse aux thèses de la révolutionfrançaise, et quil fait la rencontre dHölderlin et deSchelling. Appelé à enseigner à Iéna, Hegel publieplusieurs articles et développe son système, quilexpliquera dans « La Phénoménologie de lesprit ». Pourtantil doit accepter le poste ingrat de directeur dunquotidien provincial et se morfond dans lamertume. Il enest tiré par une proposition denseignement à Heidelberg,où il commence à fonder son école. La publication de LEncyclopédie des sciences philosophiques lui vaut unerenommée immédiate et des étudiants accourent de toutelAllemagne pour suivre ses cours. Il meurt en 1831, dessuites dune épidémie de choléra. - 28 -
  29. 29. Rappelons quune faible partie de son oeuvre avait étépubliée de son vivant, et quil fallut attendre lapublication des notes de cours de ses élèves pour que soitconnu lessentiel de son système.Socrate, fils dun artisan sculpteur et dune sage-femme,Socrate a très tôt été attiré par les questions morales.Citoyen exemplaire, il soppose à la démagogie qui règnealors à Athènes. Dans des discussions quil dirige enmaître avec les habitants de la ville, il pousse chacun àdépasser le niveau des vérités de sens commun et à partiren quête de la connaissance vraie. De plus, puisquelignorance mène à linjustice, il tente dabolir laséparation entre la raison et la recherche du Bien,contrairement aux sophistes et aux défenseurs de larhétorique. Insoumis au tyran Citrias, Socrate refuse defuir la ville à la suite de son procès et boit lui-même laciguë qui le condamne. De ses dialogues, il ne reste aucunetrace écrite. Cest grâce à deux de ses élèves, Platon etXénophon, que lon connaît la pensée de Socrate, fondatricede la réflexion philosophique.René Descartes, né le 31 mars 1596 à La Haye en Touraine(localité rebaptisée Descartes par la suite) et mort àStockholm dans le palais royal de Suède le 11 février 1650,est un mathématicien, physicien et philosophe français. Ilest considéré comme lun des fondateurs de la philosophiemoderne : il théorise le cogito, fondant ainsi le systèmedes sciences sur le sujet connaissant face au monde quilse représente. En physique, il est considéré comme lefondateur du mécanisme, et en mathématiques, de lagéométrie analytique. Toutefois, certaines de ses théoriesont par la suite été contestées (théorie de lanimal-machine) ou abandonnées (théorie des tourbillons ou desesprits-animaux). Sa pensée a pu être rapprochée de lapeinture de Nicolas Poussin pour son caractère clair etordonné.Sa méthode philosophique et scientifique, exposée à partirde 1628 dans les Règles pour la direction de lesprit, puisdans le Discours de la méthode en 1637, affirme constammentune rupture par rapport à la scolastique enseignée danslUniversité. Elle se caractérise par sa simplicité(Descartes la résume en peu de règles, quatre en tout dansle Discours de la méthode) et prétend rompre avec lesinterminables raisonnements scolastiques. Elle prend pourmodèle la méthode mathématique, cherchant à remplacer lasyllogistique aristotélicienne utilisée pendant tout leMoyen Âge. - 29 -
  30. 30. Descartes se rallie au système cosmologique copernicien quia révolutionné la science, à linstar de Galilée ; mais,par prudence envers la censure, il « avance masqué »(larvatus prodeo), en dissimulant partiellement lanouveauté de ses idées sur lhomme et le monde dans sespensées métaphysiques, idées qui révolutionneront à leurtour la philosophie et la théologie. Linfluence deDescartes sera déterminante sur tout son siècle : lesgrands philosophes qui lui succèderont développeront leurpropre philosophie par rapport à la sienne, soit enopposition (Hobbes, Pascal, Spinoza, Leibniz), soit plutôten accord (Arnauld, Malebranche).Descartes affirme un dualisme substanciel entre lâme (lares cogitans, la pensée) et le corps (la res extensa,létendue). Il radicalise sa position en refusantdaccorder la pensée à lanimal, le concevant comme une« machine », cest-à-dire un corps entièrement dépourvudâme. Cette théorie sera critiquée à lépoque desLumières, notamment par Voltaire, Diderot et Rousseau.Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling, (né le 27 janvier1775 à Leonberg près de Stuttgart, Allemagne, décédé le 20août 1854 à Bad Ragaz, Suisse) est un philosophe allemand,grand représentant de lidéalisme allemand et proche duromantisme. Il eut pour collègues détudes au TübingerStift le philosophe Hegel et le poète Hölderlin. Disciplede Kant et de Fichte, il tente de dépasser la philosophietranscendantale en élaborant son propre système qui romptavec la pensée de ses maîtres, mais qui se rapproche duspinozisme, la Naturphilosophie (ou philosophie de lanature).Johann Gottlieb Fichte, né le 19 mai 1762 à Rammenau enLusace et décédé le 27 janvier 1814 à Berlin. Fichte fut unphilosophe allemand du XIXe siècle.Horace, dorigine campagnarde, Horace fit de belles étudesà Rome puis à Athènes. Après sêtre battu comme tribunmilitaire auprès de Brutus, il revient à Rome où il achèteune charge de greffier. Il consacre ses heures de repos àlécriture. Il se lie damitié avec Virgile grâce auquel ilrencontre Mécène. Ce dernier lui offre plus tard une maisonà la campagne où il mena une existence modeste. A sa mort,Auguste le fait enterrer près de Mécène, décédé quelquesmois plus tôt. Grand épicurien, Horace défendit ledétachement des passions et le juste milieu dans larecherche des plaisirs. Dans ses Epîtres et Satires, iloffre, sous forme de conversations libres et souventironiques, un tableau amusé des moeurs contestables de sescontemporains. - 30 -
  31. 31. VIII – LexiqueLes Lumières : Le mot "Lumières" désigne métaphoriquementle mouvement intellectuel qui caractérise le dix-huitième siècle européen : illuminismo en italien,ilustración en espagnol, Aufklärung en allemand évoquentsemblablement le passage de la nuit au jour, delobscurantisme à la connaissance rationnelle, qui marquecette époque décidée à secouer tous les jougs qui pesaientjusque-là sur les peuples. En France, le mot "mouvement"semble plus approprié quailleurs puisque, fédérés parlEncyclopédie, les philosophes ont conjugué leurs effortspour proposer une refonte générale de lentendement au nomdun attachement commun aux valeurs de la bourgeoisiemontante - mérite, travail, libre entreprise - encouragéespar le modèle idéal du despote éclairé. Venus dhorizonsdifférents, ils peuvent varier sur certains aspects de lavie sociale (on consultera sur dautres pages la querelleVoltaire Rousseau), mais leur accord résonne dans le cri deguerre entendu par Condorcet : raison, tolérance, humanité.Cest au nom de cette dernière en effet que se déploietoujours le zèle des encyclopédistes, et nos quatre textesveulent en donner lillustration : tant sur le plan de laconnaissance que sur celui de la vie morale, lesphilosophes sont animés par leur considération pour legenre humain et par leur foi dans sa marche vers leprogrès.(Définition : http://www.sitemagister.com/philosophis.htm)Liberté morale : Pour Kant, laction est libre lorsque laconscience se détermine contre les désirs sensibles enfonction dun principe rationnel. Une volonté libre obéit àla loi rationnelle quelle se donne. Cest le principe delautonomie de la volonté. La liberté morale nest doncrien dautre quun pouvoir de la raison. Une volonté libreest une volonté soumise à la raison rationnelle. Donc, êtrelibre, cest obéir à la raison.L’Entendement : du latin intendere, tendre vers; tournerson attention vers, est la faculté psychique intellectuellequi permet de saisir les problèmes et les situations.Emmanuel Kant définit lentendement (Verstand) comme lafaculté de créer des concepts. Cest donc une facultéactive. LEntendement va permettre la synthèse du divers,c’est-à-dire lunification des données de lintuitionsensible en les ordonnant au travers des catégories. - 31 -
  32. 32. Obscurantisme : Du latin obscurus, obscur, sombre.Lobscurantisme désigne une attitude, une opinion ou unedoctrine opposée à la diffusion des connaissances et auprogrès de la science et la raison.L’obscurantisme a été combattu par les Lumières, mouvementdes penseurs et philosophes de XVIIIe siècle, qui prônaientle progrès général dans le comportement humain, y comprisdans le domaine politique, par la diffusion la plus largepossible de toutes les connaissances. Ils sopposaientainsi aux superstitions et aux croyances perpétuées par ladomination de l’Eglise.Le terme obscurantisme sert par exemple à caractériser lesidées des adversaires de l’esprit des Lumières qui, au XIXesiècle, s’opposaient à la diffusion de l’instruction parmile peuple.Œuvre de Vulgarisation : La vulgarisation est une forme dediffusion pédagogique des connaissances qui cherche àmettre le savoir (et éventuellement ses limites et sesincertitudes) à portée de tous et chacun.Cest lensemble des actions permettant au public daccéderà la culture, et en particulier aux cultures scientifiques,techniques, industrielles ou environnementales, cest-à-dire aux savoirs, savoir-faire et savoir être de cesdisciplines.Supranaturel : au-delà du naturel, donc surnaturel ou horsde notre connaissance de la nature et de ses mécanismes - 32 -
  33. 33. IX - Citation« Les Lumières, cest la sortie de lhomme hors de létatde tutelle dont il est lui-même responsable. Létat detutelle est lincapacité de se servir de son entendementsans la conduite dun autre [...] Sapere Aude ! Aie lecourage de te servir de ton propre entendement ! Voilà ladevise des Lumières. »« Jentends présentement crier de tous côtés: « Neraisonnez pas!Lofficier dit: « Ne raisonnez pas, exécutez! »Le financier (le percepteur) : "Ne raisonnez pas, payez! »Le prêtre : « Ne raisonnez pas, croyez! »...Il y a partout limitation de la liberté. »« Si donc on demande : vivons-nous aujourdhui dans unsiècle éclairé ? Je réponds : non, mais bien dans un sièclede lumières (une époque d’accession aux lumières) »« La paresse et la lâcheté sont les causes qui font quunesi grande partie des hommes, après avoir été depuislongtemps affranchis par la nature de toute directionétrangère »« Mais que le public séclaire lui-même, cest ce qui estplutôt possible ; cela même est presque inévitable, pourvuquon lui laisse la liberté »« La diffusion des lumières nexige autre chose que laliberté, et encore la plus inoffensive de toutes leslibertés, celle de faire publiquement usage de sa raison entoutes choses »« Mais aussi celui-là seul, qui, en même temps quil estlui-même éclairé et na pas peur de son ombre, a sous lamain pour garant de la paix publique une armée nombreuse etparfaitement disciplinée, celui-là peut dire ce quenoserait pas dire une république : raisonnez tant que vousvoudrez et sur tout ce que vous voudrez, seulementobéissez. »« Il est donc difficile pour chaque individu en particulierde travailler à sortir de la minorité qui lui est presquedevenue une seconde nature. Il en est même arrivé àlaimer, et provisoirement il est tout à fait incapable dese servir de sa propre intelligence, parce quon ne luipermet jamais den faire lessai. » - 33 -
  34. 34. X - AnnexesLexpérience de Milgram est une expérience de psychologieréalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américainStanley MilGram. Cette expérience cherchait à évaluer ledegré dobéissance dun individu devant une autorité quiljuge légitime et à analyser le processus de soumission àlautorité, notamment quand elle induit des actions quiposent des problèmes de conscience au sujet.Les résultats ont suscité beaucoup de commentaires dansl’opinion publique, mais la méthode utilisée a fait naîtrecritiques et controverses chez les psychologues et lesphilosophes des sciences.Lobjectif réel de lexpérience est de mesurer le niveaudobéissance à un ordre même contraire à la morale de celuiqui lexécute. Des sujets acceptent de participer, souslautorité dune personne supposée compétente, à uneexpérience dapprentissage où il leur sera demandédappliquer des traitements cruels (décharges électriques)à des tiers sans autre raison que de « vérifier lescapacités dapprentissage ». ---------------------------La seconde guerre mondiale et plus particulièrement lashoah sont des éléments historiques très important surl’obéissance des individus. En effet, les tortionnaires SSétaient plongés dans une minorité irréversible. Lesconséquences furent dramatiques, avec des millions de Juifstués lors de la Seconde guerre mondiale. Les forces sontdirigés par un seul homme : Hitler. Ils sont embrigadés etne se servent pas de leur propre entendement pour réagir deleurs actes. L’embrigadement de toute la société par lesnombreuses propagandes entretient le peuple dans« l’obscurantisme ». Les théories de Kant sur les conceptsde mineures majeures et d’hétéronomie autonomie peuventêtre actualiser pour cette période très importante de notrehistoire. ----------------------------Kant, dans son ouvrage, traite de la liberté de la pressepour propager le phénomène des Lumières. A notre époque, onassiste dans certains pays à une censure de la presse pourplonger le peuple dans la minorité, afin qu’il obéisse auxdirigeant. C’est le cas de la Chine et de son régimeautoritaire. Ce régime pose de nombreux problème en ce quiconcerne la liberté du peuple. Les journalistes sont - 34 -
  35. 35. parfois enlevés quand ils ont publiés des articles quimettent en cause le pouvoir et ses dirigeant. Pourtant, ànotre époque le monde devrait vivre selon un certain schémadémocratique. Mais dans certains pays, les régimestotalitaires assujettissent le peuple, notamment par laviolence afin qu’il puisse obéir sans mettre en cause lesystème politique du pays. La question se pose sur laliberté d’expression et la liberté de la presse. ---------------------------La minorité des peuples peut aussi s’observer dans des paystrès pieux. En effet, à notre époque la religion prend unegrande place dans les sociétés. Dans certains pays, lepouvoir et rattaché à la religion du pays. C’est le cas desétats fondamentalistes, une lecture controversée d’un textereligieux peut aboutir à des conflits. C’est ce que Kantexprime dans cet opuscule, en effet la religion plonge lespeuples dans la minorité, et les monarques se servent decette position pour assujettir les hommes. Cela déboucheparfois avec des conflits inter religions mais aussi desconflits dans la même religion. --------------------------Le néokantisme est un courant de la pensée philosophiqueallemande qui occupe la scène universitaire des années 1870jusquaux premières décennies du XXe siècle. Ses principauxreprésentants sont Hermann Cohen, Paul Natorp et ErnstCassirer (pour ce qui concerne le néokantisme de Marbourgqui est le plus important). Faisant de lexpression „Zurückzu Kant!“ (« Retour à Kant ! ») son mot dordre, ce courantde pensée nest pas un simple retour, maislapprofondissement de la philosophie kantienne dans deuxdirections :  en direction dune rationalisation de la religion (Cohen)  en direction dune théorie de la connaissance (Cassirer) et partant, dune épistémologie.Le néokantisme est parfois identifié à lÉcole de Marbourg,du fait de la présence de H. Cohen et dautres àluniversité de Marbourg. ---------------------------La Déclaration universelle des droits de lHomme est unedéclaration adoptée par l’Assemblée générale des Nationsunies le 10 décembre 1948 à Paris au Palais de Chaillot parla résolution 217 (III) A. - 35 -
  36. 36. Elle précise les droits humains fondamentaux. Sansvéritable portée juridique en tant que tel, ce texte naquune valeur dune proclamation de droits. La DUDH permetà l’homme de naître homme puis d’acquiert ses droitsciviques, c’est ce que Kant entrevoie dans ses écrits.C’est pourquoi il peut être nommé comme le précurseur decette déclaration.« Tous les êtres humains naissent libres et égaux endignité et en droits. Ils sont doués de raison et deconscience et doivent agir les uns envers les autres dansun esprit de fraternité. » Déclaration universelle des droits de l’homme, 1948 ---------------------------Déclaration universelle des droits de lhomme adoptée le 10 décembre 1948, affirmant légalité des êtres humains et leur devoir dagir dans un esprit de fraternité - 36 -

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