Le cliche 
anthropométrique, 
Une construction photographique 
de l’inhumain. 
© Louise Charbonnier
Comment une photo peut-elle déshumaniser 
celui qu’elle représente ? 
© Louise Charbonnier
Guide pour l’analyse d’image 
Qui est représenté ? Comment le définir ? 
Est-ce que cette image nous en rappelle d’autres ...
© Louise Charbonnier 
image a analyser
analyse de l’image 
Ou ? 
Dans des locaux de police, image policiere/judiciaire 
Quand ? 
Photo en noir et blanc d’une per...
LA PRÉSOMPTION DE CULPABILITÉ 
qui ? Pourquoi ? 
Une personne qui a été arretée, soupconnée d’un crime ou d’un délit 
Conn...
LA photo anthropométrique 
Le voleur a la tire, fiche anthropométrique vers 1875 
© Louise Charbonnier
Le portrait robot, autre figure prototypique 
du coupable 
© Louise Charbonnier
Jouer au coupable 
Sur internet, on peut faire son propre portrait robot 
© Louise Charbonnier
La dépersonnalisation induite par le portrait 
robot 
Le visage est morcelé, disséqué. 
Lieu de l’individuation et de la p...
© Louise Charbonnier 
Retour au cliché anthropométrique
© Louise Charbonnier 
La pose du modele 
Il n’est pas pris sur le vif. 
La pose de face et de profil permet d’appréhender ...
© Louise Charbonnier 
La chaise anthropométrique 
Chaise anthropométrique, vers 1890
© Louise Charbonnier 
Le photographe, un simple opérateur 
Ici, le photographe se contente de faire fonctionner la machine...
© Louise Charbonnier 
Photographier au nom de la justice et de la 
vérité 
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© Louise Charbonnier 
L’effacement énonciatif 
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Une photographie sans personne 
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La place du spectateur 
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© Louise Charbonnier 
Gare au fake ! 
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© Louise Charbonnier 
La photo comme preuve, vraiment ? 
Comme l’explique philippe dubois, la photographie est seulement u...
© Louise Charbonnier 
Alexandre lacassagne 1843-1924 
Élu au début des années 1880 professeur de médecine légale a la facu...
© Louise Charbonnier 
Alphonse bertillon 
Le travail d’alexandre lacassagne se nourrit de l’anthropométrie développée par ...
© Louise Charbonnier 
L’anthropométrie criminelle 
But : produire une fiche signalétique complete des individus condamnés,...
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Le laboratoire de bertillon
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bibliographie 
artieres philippe et corneloup gérard, le médecin et le criminel, alexandre lacassagn...
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Cours sur la photographie anthropométrique et ses implications idéologiques

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Le cliché anthropométrique, une construction photographique de l'inhumain

  1. 1. Le cliche anthropométrique, Une construction photographique de l’inhumain. © Louise Charbonnier
  2. 2. Comment une photo peut-elle déshumaniser celui qu’elle représente ? © Louise Charbonnier
  3. 3. Guide pour l’analyse d’image Qui est représenté ? Comment le définir ? Est-ce que cette image nous en rappelle d’autres ? (intericonicité) Ou, quand, comment et pourquoi cette photo a été prise ? Est-ce que la personne a pris la pose ? Ou est-ce que la photo a été prise sur le vif ? (instant décisif d’Henri cartier-bresson) Quel est le role du photographe ? Au nom de qui agit-il ? Quelles sont les caractéristiques de la photo (cadrage, luminosité, netteté) ? Quelle est la place du spectateur ? Quel est le destinataire de l’image ? © Louise Charbonnier
  4. 4. © Louise Charbonnier image a analyser
  5. 5. analyse de l’image Ou ? Dans des locaux de police, image policiere/judiciaire Quand ? Photo en noir et blanc d’une personne qui ne porte pas des habits contemporains Photo ancienne Mais le fond neutre témoigne d’un protocole visant une décontextualisation © Louise Charbonnier
  6. 6. LA PRÉSOMPTION DE CULPABILITÉ qui ? Pourquoi ? Une personne qui a été arretée, soupconnée d’un crime ou d’un délit Connotation stigmatisante intericonicité ? Référence a l’imagerie des films américains © Louise Charbonnier
  7. 7. LA photo anthropométrique Le voleur a la tire, fiche anthropométrique vers 1875 © Louise Charbonnier
  8. 8. Le portrait robot, autre figure prototypique du coupable © Louise Charbonnier
  9. 9. Jouer au coupable Sur internet, on peut faire son propre portrait robot © Louise Charbonnier
  10. 10. La dépersonnalisation induite par le portrait robot Le visage est morcelé, disséqué. Lieu de l’individuation et de la personnalité (le regard comme miroir de l’ame), le visage est mis a mal. Le sujet est réduit a son apparence physique. Il est considéré comme un objet (objectivé). © Louise Charbonnier
  11. 11. © Louise Charbonnier Retour au cliché anthropométrique
  12. 12. © Louise Charbonnier La pose du modele Il n’est pas pris sur le vif. La pose de face et de profil permet d’appréhender le suspect sous différentes facettes. Le visage est inexpressif pour viser une hypothétique neutralité. Le modele n’est pas en interaction avec le photographe (pas d’adresse visuelle ni gestuelle, aucune marque d’interlocution). Le corps est instrumentalité (le dos est maintenu, sans doute par une chaise). Ce protocole exerce une contrainte sur le corps photographié. Le numéro d’identification contribue a la déshumanisation.
  13. 13. © Louise Charbonnier La chaise anthropométrique Chaise anthropométrique, vers 1890
  14. 14. © Louise Charbonnier Le photographe, un simple opérateur Ici, le photographe se contente de faire fonctionner la machine photographique suivant un protocole imposé : - Cadrage centré - Luminosité neutre - Netteté - Frontalité - Appareil tenu a hauteur de regard (pas de plongée ni contre-plongée) - Distance par rapport au sujet - Fixité de l’appareil comme du photographe
  15. 15. © Louise Charbonnier Photographier au nom de la justice et de la vérité On peut utiliser deux notions pour décrire ce protocole : - Beat munch parle d’une série de « conventions d’objectivité ». - Henri boyer parle lui d’un « principe de scription » impliquant un degré minimal d’engagement de l’énonciateur. Le photographe se contente de remplir un formulaire rpet-a-photographier. Il produit un compte-rendu photographique. Il rédige en image un rapport, un constat clinique. Le photographe agit ici au nom d’un collectif porté par une volonté de justice et de vérité.
  16. 16. © Louise Charbonnier L’effacement énonciatif Meme si l’image est anthropocentrée, le corps du photographe est forclos, il est hors champ, contrairement a ce qui se passe sur cette photo ou apparait sa main : Libération du 5 janvier 2007, Crédit photo jean-francois marin
  17. 17. © Louise Charbonnier désengagement du photographe Aucun effet de style ne permet au photographe d’affirmer son regard d’auteur, son engagement, son « concernement » (christian caujolle). Dans cette image regne l’Anonymat, la dépersonnalisation, le nobody’s point of view, ou encore le nobody’s shot (slogan de CBS news dans les années 80). Seule la reconnaissance de ce qui est photographié (l’imprégnant) compte. Le photographe est censé etre un pur intermédiaire, un témoin, un relais transparent. Il n’endosse aucun role réflexif ou médiateur.
  18. 18. © Louise Charbonnier Une photographie sans personne « c’est ainsi au prix d’une dépersonnalisation délibérée du sujet (et du photographe réduit à l’anonymat d’un appareil fixe et mécanique de prise de vue), qu’on objectivise les traits distinctifs d’une physionomie. » (eric landowski, 2007) « cette restitution neutre de la ressemblance physique engendre ses propres déformations et surtout suscite une forme spécifique de conformation de l’expression individuelle aux exigences présumées du dispositif, une rétractation de l’air personnel, de l’intimité psychologique, pour laisser affleurer uniquement les caractéristiques physiques du visage. A force de vouloir imposer la vérité d’une photographie sans portrait, on en est arrivé pour ainsi dire a une photographie sans personne. » (sylvain maresca, 1998)
  19. 19. © Louise Charbonnier La place du spectateur cette photo est faite par et pour l’institution policiere et judiciaire. Aucune place ne nous est ménagée : ni le photographe ni le modele ne s’adressent a nous. Nous portons donc un regard intrusif sur ce dispositif dépersonnalisant et déshumanisant. Conclusion : Un corps présumé coupable est soumis par l’institution judiciaire a l’examen d’un appareil photographique.
  20. 20. © Louise Charbonnier Gare au fake ! Pourtant, il ne s’agit que d’un simulacre. Voici la légende qui accompagne cette photo : « alexandre lacassagne, fiche de l’identité judiciaire et photographies face/profil selon la méthode d’alphonse bertillon, paris, 9 mai 1891 (coll. Part.). Spécimen sans doute amicalement réalisé par bertillon lui-meme. »
  21. 21. © Louise Charbonnier La photo comme preuve, vraiment ? Comme l’explique philippe dubois, la photographie est seulement une preuve d’existence. elle ne peut etre une preuve de sens. Preuve d’existence : un homme s’est bien tenu la, devant l’appareil photo La photo ne peut attester de la véracité d’un énoncé : -la police prend un cliché d’un présumé coupable (un examen judiciaire, pour de vrai) -alexandre lacassagne se prete au jeu (entre amis, pour de faux) Pour ces 2 affirmations, cette photo est seulement une illustration plausible. Elle peut prouver le faire semblant comme son contraire.
  22. 22. © Louise Charbonnier Alexandre lacassagne 1843-1924 Élu au début des années 1880 professeur de médecine légale a la faculté de médecine, il développe pendant plus de 40 ans, a lyon, des recherches sur la criminalite qui font de lui l’une des principales figures de l’anthropologie criminelle.
  23. 23. © Louise Charbonnier Alphonse bertillon Le travail d’alexandre lacassagne se nourrit de l’anthropométrie développée par son ami alphonse bertillon a partir des années 1880 au sein des services de la préfecture de police de paris. La photographie naissante est vue comme un outil d’identification imparable.
  24. 24. © Louise Charbonnier L’anthropométrie criminelle But : produire une fiche signalétique complete des individus condamnés, pour permettre, a partir du fichier rassemblant tous les signalements, de croiser les données et d’identifier les auteurs de crimes et délits. Procédé ; mesure du corps (écartement des yeux, largeur du front, taille des membres, etc.)
  25. 25. © Louise Charbonnier Le laboratoire de bertillon
  26. 26. © Louise Charbonnier bibliographie artieres philippe et corneloup gérard, le médecin et le criminel, alexandre lacassagne 1843-1924. Bibliotheque municipale de lyon, 2004. Catalogue d’expo Boyer henri, « scription et écriture dans la communication journalistique », in charaudeau patrick (dir.), la presse, produit, production, réception. Paris, 1988. Dubois philippe, l’acte photographique et autres essais. paris, nathan, 1990. Landowski eric, « flagrants délits et portraits », in semprini andrea (dir.), analyser la communication 2. Paris, l’harmattan, 2007. Maresca sylvain, « les apparences de la vérité ou les reves d’objectivité du portrait photographique », in terrain, mars 1998, numéro 30. Munch beat, les constructions référentielles dans les actualités télévisées. Berne, Peter lang, 1992.

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