LES DEFIS DES DROITS DE L'HOMME AU NIGERIA_LAUREATE NIGERIANE_2012

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LES DEFIS DES DROITS DE L'HOMME AU NIGERIA_LAUREATE NIGERIANE_2012

  1. 1. L’AVENIR DES DROITS DE L’HOMME AU NIGERIA : QUELLE ESPOIR ? Par Aludo Love 1.0. INTRODUCTION Les droits de l’homme, bien qu’ils soient universels et inaliénables et acceptés comme le code moral le plus élevé du monde, ne sont pas parfaits en eux-mêmes. Dans l’espace temporel entre le 20ème siècle et le 21ème siècle, il y a eu des défis qui ont entravé le progrès et la jouissance des certains droits dans quelques pays et dans les années à venir, il est possible que d’autres défis surgissent. 1.1. BREF APERCU DES DROITS DE L'HOMME Le sujet des droits de l’homme, est un sujet qui tient particulièrement à cœur à cause de sa nature morale qui est basée sur notre humanité, sur la fraternité et plus particulièrement, la dignité qui est un point important qui marque notre humanité à part l’intelligence. Au niveau politique, à mon avis, j’ai l’impression qu’il y aura des défis qui vont gêner le progrès de ces droits si sacrés et inaliénables. La commission des droits de l’homme tient que tous les gouvernements doivent agir dans une certaine manière ou renoncer à certains actes pour mettre en vigueur et en rigueur les droits. D'après les premières lignes du document de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, doivent s'efforcer, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives. Mais contrairement à ce fait, quelques droits au lieu d'être respectés et observés, seront déformés pour faire triompher les décisions personnelles de certains individus, voire gouvernements. Si la Bible et le Coran, en dépit de leurs caractères sacrés ont été déformés parfois pour les gains largement personnels, on ne peut qu’en dire encore moins de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Les articles qui constituent la déclaration des droits de l'homme bien qu’indivisibles peuvent être catégorisés en 2 grands groupes: les droits civils et politiques, et d'autre part, les droits économiques, sociaux et culturels. Ces droits sont censés travailler en association parce que sans les droits civils et politiques le public ne pourra pas faire valoir leurs droits économiques, sociaux et culturels.
  2. 2. 2.0. LES DEFIS DES DROITS DE L'HOMME AU NIGERIA 2.1. L’Arrestation Arbitraire Et La Détention Prolongée Parmi les vices et les infractions qui pourraient continuer à altérer le bon fonctionnement des droits de l’homme, c’est la détention arbitraire. La détention arbitraire est quasiment normale au Nigéria et même l’arrestation prolongée. Ces deux maux ne sont pas conformes aux Articles 9 et 11 des droits de l’homme respectivement. Dans l’Article 9, « Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé. » Et d’après l’ Article 11, «Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. » Mais au Nigeria, les personnes accusées des actes délictueux sont présumées coupables jusqu'à ce que leurs innocences aient été légalement établies au cours d'un procès public. Et dès que l'on a été arrêté par la police, il est presqu’impossible de déterminer le jour de la sortie de la prison sauf si un avocat intervient ou si l’accusé donnent un pot de vin aux policiers. Dans de nombreuses régions du Nigeria, les agents corrompus arrêtent des innocents et les faire chanter froidement, afin d'en extorquer la caution. 2..2. La Triche des Elections Concernant le droit de choisir son gouvernement, section 3 de l'Article 21 stipule : « La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote. » Cependant, la question de la fraude électorale ne date pas d’ hier. Et même si les gens exercent leurs droits de vote tel que stipule l'Article 1 et 2, leurs voix, dans de nombreux cas, ne comptent pas. Les partis politiques forts manipulent les résultats du vote en fonction de leurs ambitions. Les hommes Politiques n'ont pas d’égard pour le contrat social élaboré par Rousseau qui aborde la question de l'origine de la société et la légitimité de l'autorité de l'État sur l'individu. Les individus consentent à céder une partie de leurs libertés et de soumettre à l'autorité du souverain en échange de protection de leurs droits restants. Selon lui, la dissolution du contrat social c’est le retour à l’état de nature, primitif, présocial, tyrannique et vain. Une société qui rompt son contrat social ne serait plus une
  3. 3. société. Tricher aux élections continuerait à nier le droit de choisir son gouvernement au peuple. Tant que la corruption au Nigéria ne semble pas être en voie de disparaitre, ça aussi peut durer plus longtemps surtout parce que le pouvoir rend ivre. 2.3. L’Homophobie En novembre 2011, le sénat au Nigéria a adopté le projet de loi contre les homosexuels. Cet acte constitue un viol de droit contre la discrimination selon l’Article 7 de la Déclaration Universelle des Droits de L’Homme. Et je cite, « Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination. » Le projet de loi est même une incitation à la haine et la violence (Art. 5) contre tous ce qui encourage ou pratique le mariage du même sexe. De plus, le projet prohibe l’assemblée et l’association de ceux qui sont homosexuels. De cette manière, il leur prive de leur droit à l’association d’après l’Article 20. Cette loi nie également la liberté d’expression par les homosexuels, violant l’Article 19 et leur nie encore accès aux facilités ou programs de VIH/SIDA. La loi est une intrusion à leur vie privée contrairement à l’Article 12 : « Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. » 2.4. Le System Judicaire Faible et à Deux Poids En plus, au Nigéria c’est impossible d’aller en justice pour tenir l’état responsable d’une violation de droits parce que le système judiciaire est faible et lent et il n’y a aucune indépendance quiconque du système judiciaire. En plus, la corruption sans doute est un ver qui ronge tous les systèmes du pays. Imaginez la situation de Yakubu John, qui, après avoir détourné 38billions de naira, n'est condamné qu’à une amende de 750 comme punition. Et que le 750,000 qu’il a payés étaient invoqués d’une ancienne loi. Cecilia Ibru a été condamné à six mois de prison uniquement, pour avoir volé 54billions de Naira, Tafa Balogun avait le même verdict pour 20 milliards de naira, Peter Odili, James Ibori et beaucoup d'autres qui ont détournés des fonds publics parviennent à se faufiler hors des griffes de la loi par le biais de leur richesse et d'influence, alors que les gens de la succession inférieure sont condamnés à mort pour avoir volé moins d'un million de nairas. Les victimes de plusieurs formes de violations des droits de l'homme qui sont encore
  4. 4. vivants, ont perdu confiance dans le système. Les aspects justiciables des droits de l'homme, en cas de refus par l'Etat, peuvent donner lieu à des procès entre l'Etat et la personne concernée. Mais parce que le pouvoir judiciaire est nommé par le gouvernement lui-même, il prend la position d'un chien qui ne peut pas mordre le maître qui le nourrit. Par conséquent, la partie lésée, avec ses petits moyens de suivre l'affaire, peut devenir frustré avec des séances constants de la cour et les 'ajournements. Malheureusement, il ne trouverait aucune justice à la fin. Bref, comment la corruption peut-elle lutter pour la justice? 2.5. Le Chômage et Le Manque de La Sécurité Sociale Du point de vue économique, on aura les problèmes persistants du chômage. Ainsi, le droit à la protection contre le chômage stipulé dans l’Article23 ne tiendra pas. « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. » Le Nigéria, bien que la troisième économie et la première grande économie de l’Afrique de l’Ouest, 45% de ses citoyens vit en-dessous du seuil de la pauvreté. La pauvreté alimente la corruption et la cupidité et favorise l’analphabétisme. L’éducation, comme prévoit la déclaration, est censée être gratuite, comme en Grèce et en Argentine, surtout au niveau élémentaire, mais au Nigeria, ce n’est pas le cas. Et même dans une situation où l'éducation élémentaire est gratuitement offerte dans un état nigérian, elle serait d’une qualité inférieure. Les écoles publiques du Nigeria qui offrent une éducation gratuite souffrent de la mauvaise gestion, le manque de motivation du personnel et les classes surchargées. Les enseignants sont souvent peu qualifiés et par conséquence, les élèves eux-mêmes sont fréquemment insuffisamment formés. Ainsi, les citoyens ne bénéficient pas entièrement de la liberté prévue par l’Article 26 des droits de l’homme : « Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. » Même avec l’intervention des Buts Millénaires pour le Développement qui sont basées sur les droits de l’homme et qui vise à l’éducation et à l’éradication de la pauvreté, certains pays n’attiendrons pas le développement requis avant la date limite, et le travail d’enfants triomphera pour la survie de plusieurs familles. A force de continuer à vivre et à avoir à manger, plusieurs familles gèrent des petites entreprises qui comportent principalement le colportage et le service de domestiques. Les succès de ces entreprises s'appuient
  5. 5. fortement sur la main-d'œuvre, Les Enfants. Certains d'entre eux ont dû quitter l'école, ils restent sous-alimentés et courent les risques d'être violées ou enlevées ou heurté par une voiture dans les rues. 60% des jeunes personnes d’âge scolaire et les licenciés ne peuvent se vanter d'aucun moyen de subsistance. Ils restent sans emploi et leurs rêves de poursuivre leur carrière ou démarrer leur propre entreprise sont confrontés aux dures réalités de la pénurie de fonds. Dans d'autres pays développés, des dispositions sont prises pour que les chercheurs d'emploi aient accès aux certaines allocations mensuelles, tel qu'est élaboré par l'Article 25 : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. » Mais malheureusement, au Nigeria, il n'existe aucun système solide de sécurité sociale. Une grande majorité des enfants, des jeunes et des pensionnés sont tous des espèces menacées. Les personnes âgées et les retraités qui ont servi notre nation meurent encore dans la pauvreté jusqu'à ce jour parce que leurs pensions sont retardées, jamais payés ou détournés, tout comme le récent récit de la somme de 38billion de naira, détourné par Yakubu John, l’ancien directeur de la Commission de pensions de Police. 2.6. Les Crises Ethniques Et Religieuses Au niveau ethnique ou culturel, le Nigeria a été souvent frappé par des crises et les nettoyages ethniques, dans les états de Bayelsa et les états de Plateau, Ogun, Kwara, Gombe, Kaduna et ainsi de suite. L'attentat à Madalla le jour de Noël en 2012, les tirs sporadiques et le meurtre de 22 chrétiens dans l'Etat d'Adamawa et très récemment, dans l'État de Nassarawa, environ 60 hommes de la police ont été pris dans une embuscade et attaqué sur leur mission pour sauver les gens de la communauté de Eggon du culte Ombatse qui exigeait aux autochtones de renoncer leur croyances et d’accepter plutôt le culte. En efffet, l’Article 20 est contre cette manifestation en assurant que « nul ne peut être obligé de faire partie d'une association. »
  6. 6. Selon le Dr Ona Ekhomu, un consultant en sécurité, le récent assassinat de plus de 60 agents de policiers dans l'État de Nasarawa ainsi que d'autres parties du pays est une indication que le respect a été perdu pour les autorités constituées. Les guerres et les crises au niveau local et même international sont constantes violations du droit à la vie. A présent au Nigeria, on est frappé par Boko Haram qui est un groupe religieux qui persécute les chrétiens au nord, entravant leur droit à la liberté de pensée et de religion, exprimé par l’Article 18 et terrorise le gouvernement. 2.7. Les Pratiques Culturelles Sauvages Les pratiques absurdes règnent dans nos villages, à savoir l’excision et les rites de veuvage. Article 25 dit que "...elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ...par suite de circonstances indépendantes de sa volonté." Au contraire, dans certaines cultures nigérianes, les veuves subissent des pratiques barbares et dégradantes à l'occasion de la mort de leurs maris, surtout si la femme en question provient d'une autre tribu. Article 27 propose que : « Toute personne a le droit de prendre part librement { la vie culturelle de la communauté…» En outre, l’excision inflige les peines psychologiques et physiques qui ne sont pas conformes à l’Article 5. « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants » C’est une pratique culturelle pernicieuse réalisée quelques jours après la naissance, à n’importe quel moment pendant la vie ou quelques jours après la mort (c'est-à-dire, si on découvre que le décès n’est pas excisée). Une autre pratique culturelle et sanglante effectuée dans plusieurs villages au Nigeria, c’est la scarification du visage ou du ventre avec des couteaux ou des lames pour y mettre des marques tribales. Si ces rituels douloureux sont arrêtés, ne va-t-il pas affecter nos cultures? Et si ces pratiques culturelles sont abolies, ne risquons-nous pas la perte de notre tradition? Le meurtre des jumeaux a été aboli avec succès mais les anciens gardiens de ces traditions sont-ils prêts à les abandonner tous pour embrasser les préceptes de la Déclaration universelle?
  7. 7. 2.8. Le Mariage Précoce Le mariage précoce même est un acte culturel qui tient sans le consentement de la femme- enfant, parfois, la fille est la seule commodité négociable dans la famille et ses parents la marieront comme règlement de dette. L’Article 7 défend que le mariage doive avoir lieu avec le libre consentement. Mais le mariage précoce est un chantage au sentiment de la jeune fille et cette pratique n’est pas en voire de disparition non plus, dans certains états nigérians surtout à Kebbi, où l’âge mariage d’une jeune fille est à 11ans. Les cultures, les religions et la pauvreté continuent à alimenter la pratique du mariage précoce au Nigeria, la pauvreté en est aussi une conséquence qu’une cause. Si les fillettes apparaissent comme une charge financière, leur mariage s’inscrira dans une stratégie de survie de la famille. Le mariage précoce doit être vu dans le contexte de la force et la coercition, impliquant la pression et le chantage aux sentiments. Même si la femme-enfant semble y consentir, ce n’est pas un choix fait en connaissance des conséquences 2.9. Le Code De La Charia En effet, on ne peut pas parler des droits de l’homme sans parler de la religion parce que la religion et la morale sont intimement liées et presqu’indissociables. Le code pénal de la Charia au nord du Nigeria exige des punitions sévères pour certains pèches comme la consommation d’alcool, l’adultère et le vol qui comprennent la flagellation, la mutilation et la mort ; les traitements inhumains interdits par l’Article 5 des droits de l’homme. Même si les droits de l’homme ont pour but de protéger le bien-être de l’humanité, peuvent-ils contester avec une loi religieuse ? Peuvent-ils détrôner le système de la Charia au Nigeria? Faut-il avoir la préséance sur une autre loi qui vise à maintenir le bon sens, de la justice, de l'équité et de punir les délinquants voire les pécheurs? Article 18 de la Déclaration Universelle affirme que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites. » Mais dans ce cas, cette manifestation s'oppose aux Articles 3,5 et 8. Les droits à la vie, à la protection contre la torture et droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.
  8. 8. 2.10. Les Meurtres Rituels Quelques pasteurs au Nigeria ont été arrêtés d’avoir tué des enfants, en guise d’exorcisme dans l’état d’Akwa Ibom, parce qu’ils étaient soupçonnées d’être des sorciers. Bishop Sunday Ulup-Aya en particulière, avoue avoir tué 110 enfants, cet acte est contre l’Article 3 qui assure le droit à la vie. Dans la majorité des cas, ces enfants, et même les adultes sont enlevés et tués pour des rituels, c'est à dire l’emploi des parties des corps humains pour faire intervenir les dieux ou des êtres surnaturels dans le monde des hommes. Cela est fait pour des raisons de protection contre le malheur, contre les ennemis, de pouvoir politique, de remèdes pour les maladies, des porte-bonheurs et pour la richesse. Les êtres humains continueront à désirer des choses pareilles, et certaines personnes qui sont assez audacieux n'arrêteront pas à participer à de tels rituels sauf s'ils sont capturés par la loi. Et même quand interpellés, parce que le système est corrompu, ils réussissent à payer leur sortie de détention, ils seront de retour dans la société et le cercle vicieux continuerait. 2.11. La Loi de la Jungle et La Peine de Mort Le lynchage, la pendaison et la gravure à la mort, sont devenu les habitudes de nombreux Nigérians à la vue d'un voleur ou terroriste présumé. Si cela est fait de la frustration, ou par plaisir, nous ne le saurons jamais. Le harcèlement par la foule et les meurtres extra- judiciaires par les villageois et par la police et les agents de sécurité ne sont qu'un moyen de couvrir le crime avec plus de crimes. Ce penchant sanglant alimente le bon voile de l'anarchie dans le pays. A commencer par le massacre des étudiants de Port Harcourt, qui n'est pas le premier de ces actes diaboliques, la combustion des voleurs à Warri, la combustion de l'homme qui a tiré sur son frère a Ebonyi, jusqu'à la pendaison de Boko Haramists presumés à Kano, on observe que dès qu'une foule entend le cri de «Au voleur ! » elle se met à capturer le suspect et quant aux accusés, leurs appels à la clémence ne sont pas entendus. La justice de la jungle contredit les articles 3,5,8,10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme, à savoir, le droit à la vie, le droit à la protection contre la torture, et à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui sont reconnus par la constitution ou par la loi. Spécifiquement, la loi de la jungle viole l'Article 10 qui garantit :
  9. 9. « Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. » Dans le préambule de la Déclaration, c'est écrit : « Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme. » Les auteurs de cette loi de la jungle, comment peuvent-ils accepter la correction quand ils croient qu'ils se font du bien en se débarrassant eux-mêmes des criminels au lieu d'attendre la police en qui tout citoyen a perdu la confiance, dans une nation ou le système de justice est stérile. Concernant la peine de mort, les pauvres sont ceux qui courent les risques les plus grands. Chino Obiagwu, le Coordinateur National du Projet de Défense et Assistance Légale (PDAL) a expliqué que les questions d'innocence ou de culpabilité n'ont pratiquement aucune importance. « Il s’agit en fait de savoir si vous avez les moyens de ne pas être pris dans les filets du système, ce qui veut dire payer la police pour qu’elle mène une enquête digne de ce nom sur votre affaire, payer un avocat pour assurer votre défense ou payer pour que votre nom soit inscrit sur la liste des personnes susceptibles d’être graciées. » Au Nigéria, des centaines de personnes se trouvent dans les couloirs de la mort, sans avoir bénéficié d'un procès équitable comme prévu par la déclaration, et ils sont donc peut-être innocentes. Les principaux chefs d’inculpation sont des infractions liées au terrorisme, vol à main armée ayant entraîné la mort, homicide, adultère, apostasie, haute trahison, inceste, sorcellerie, escroquerie, délits contre l’Etat, enlèvement et homosexualité.
  10. 10. 3.0. CONCLUSION La souveraineté des états, les intérêts personnels, l'économie des nations et l’insuffisance des ressources pour mettre en application les provisions de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et l'analphabétisme des leaders ainsi que les cultures diverses des pays membres des Nations Unies posent des grands risques à la jouissance des droits de l'homme. La culture et les instincts naturels de la concurrence, de la cupidité, de la survie et de l'oppression des faibles existent aussi comme des contraintes au niveau national et individuel. Il y a encore quelques Nigérians qui respectent les droits d’autres êtres humains, mais combien sont-ils? Et quelle influence les bons élus peuvent-ils avoir sur les rebelles qui sont plus nombreux? Combien de temps faut-il pour que les droits de l'homme soient complètement acceptés, respectés, protégés et promus au Nigeria, voire en Afrique? Compte tenu de ces faits, je suis d’avis qu’il sera presqu'impossible de profiter de ou de se prévaloir complétement de tous les droits prévus par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui maintient constamment que tout le monde nait égal et que nous devons agir l’un envers l’autre dans un esprit de fraternité. « L’Homme est un loup pour l’Homme » et les droits existent pour assurer la sécurité et protéger la vie et la dignité de tous. Cependant, si nous n’affrontons pas les défis cités ci- dessus, le rapport sur le Nigeria au sujet de l’abus des Droits de l’Homme continueront à se faire remarquer négativement aux yeux du monde et au détriment de ses bons citoyens encore en vie et des générations à venir. Merci. Love Aludo, Lauréate Nigériane du concours ‘Allons en France’(Labcitoyen) 2012

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