ECOLE MBA ESG
PARIS
MBA Management du Sport
Année 2013 – 2014
Thèse professionnelle présentée par
Stéphanie HAGUE & Thibau...
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Remerciements
Nous tenons tout d’abord à remercier et à témoigner toute notre reconnaissance aux
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Introduction générale
Le sport est devenu un enjeu majeur de portée mondiale. Une majorité d’Etats
investissent énorméme...
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d’évènements dédiés ou en le relayant à travers des sites Internet et des blogs, accessibles à
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Partie 1: Le sport féminin en France : une longue bataille
pour l’égalité
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Pour conforter l’impossibilité de la pratique du sport par les femmes, tout un tas de
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Le sport féminin reste à cette époque réservée à la bourgeoisie, partie infime de la population
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Malgré les campagnes de dénigrement et l’avis défavorables des autorités politiques et
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Dans les années suivantes, le sport féminin connaîtra un essor stimulé par toutes les
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charte, le nombre de pays envoyant des délégations sans femmes a largement baissé passant
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B. UNE QUETE DE L’EGALITE NON ACHEVEE
La part des femmes déclarant la pratique d’une activité physique ou sportive s’es...
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la Fédération ont permis une hausse de 8% des licenciées par an, atteignant environ 67 000
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2005 par 4 Oscars ont néanmoins amené les femmes à pratiquer ce sport. Symbole de ce
récent développement, la boxe fémi...
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Il y a seulement 36,5% de femmes inscrites sur la liste ministérielle des sportifs de haut
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Lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012, il existait encore 30 disciplines
supplémentaires pour les hommes. En effe...
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féminin ont été diffusées à la télévision au cours du dernier trimestre de l'année 2011, soit à
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jamais dépassé 25% avec des déséquilibres entre la presse régionale et la presse nationale. Les
trois quarts de ses 25%...
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Cette année, Eurosport, a innové en créant un magazine d'une heure diffusée tous les lundis
dès le 22 septembre exclusi...
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programmes sportifs, autour d'événements peu exposés en télévision. Cette prise de risque
peut être payante.
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Christine Kelly affirme que « le téléspectateur ne veut pas du sport féminin, mais du sport
tout court, Il veut voir de...
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Et cette dernière est dans le vrai. L’intérêt des sponsors40
pour le sport féminin ne viendra que
si celui-ci est média...
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II. DES MESURES EN FAVEUR DU DEVELOPPEMENT SUR LA
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Le ministère en charge des Sports a pris en ma...
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publiques et privées en matière de retransmission d'épreuves sportives féminines vont être
étendues. Ce travail portera...
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Toujours dans l’objectif d’une plus grande médiatisation du sport féminin, l’Etat a annoncé 47
un fonds de soutien d'un...
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Cette initiative de l’Etat devrait contribuer à augmenter la visibilité du sport féminin et aider à
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Par la dotation financière qu'il apporte aux différentes fédérations, le Ministère des Sports
peut aider les Fédération...
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En outre, la ministre défend également la féminisation des instances sportives à moyen terme
grâce notamment au projet ...
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A l’heure actuelle, « la représentativité des femmes au sein des comités directeurs est assurée
dans 55% des fédération...
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entraînées par des hommes, les femmes ne représentent que 8% des entraîneurs nationaux.
Les arbitres, elles, ne sont qu...
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directrice générale du club de deuxième division de Birmingham City de 1993 à 2009. En
Italie, deux clubs de Série A on...
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au respect de la parité hommes/femmes au niveau de leurs comités directeurs, les Jeux
olympiques 2020. Dans le cadre de...
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Marie Boselli-Berenguer, directrice de l'école de journalisme de Nice, expliquait : « Les
étudiantes s'intéressent à l'...
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Stéphanie Hague - Thibault Huc - La femme est-elle l'avenir du sport en France ?

  1. 1. ECOLE MBA ESG PARIS MBA Management du Sport Année 2013 – 2014 Thèse professionnelle présentée par Stéphanie HAGUE & Thibault HUC LA FEMME EST-ELLE L’AVENIR DU SPORT EN FRANCE ? Tuteur de l'Organisme d'accueil : Brigitte HENRIQUES Tuteur ESG : Jean-Claude SORGE
  2. 2. 2
  3. 3. 3 Remerciements Nous tenons tout d’abord à remercier et à témoigner toute notre reconnaissance aux personnes suivantes, pour l’expérience enrichissante et pleine d’intérêt qu’elles nous ont fait vivre lors des différents échanges et entretiens que nous avons eu : Madame Brigitte Henriques, notre tutrice pour cette thèse. Secrétaire générale de la Fédération Française de Football, ancienne joueuse internationale, elle est aussi à la tête du la plan de féminisation mise en place par la Fédération. Elle représente une femme de valeurs qui mérite d’être reconnue par ses paires comme une personne compétente. Grâce à son impulsion et sa détermination, le football féminin mais plus globalement le sport féminin français a progressé et progresse à grand pas. Nous la remercions particulièrement de nous avoir permis de réaliser ces travaux. La Fédération Française de Football (FFF) qui nous a donné l’opportunité de travailler dans un domaine qui nous passionne. Nous sommes conscients qu’il est difficile d’ouvrir ses portes à de jeunes managers du sport mais la FFF n’a pas hésité à le faire, ce dont nous sommes reconnaissants. Monsieur Philippe Bergeroo, entraîneur de l’équipe de France féminine et Sylvie maillot, responsable régionale des féminines de la ligue Languedoc Roussillon, qui nous ont délivré de précieux conseils et ont répondu avec enthousiasme à toutes nos questions. Ensuite, nous remercions toute l’équipe pédagogique de l’Ecole Supérieure de Gestion et les intervenants professionnels responsables du MBA en Management du Sport pour avoir assuré la partie théorique de notre thèse. Enfin nous remercions particulièrement Monsieur Jean-Claude Sorge pour son aide et ses indispensables conseils concernant les missions évoquées dans ces travaux.
  4. 4. 4 Sommaire Introduction …………………………………………………………………………... p. 5 Partie I. Le sport féminin en France : une longue bataille pour l’égalité …………..... p. 7 I. L’égalité dans le sport féminin/masculin : des changements sans précédents … p. 7 A. Le sport féminin : une conquête de longue haleine …………………………. p. 7 B. Une quête de l’égalité non achevée ………………………………………… p. 14 C. Une faible médiatisation du sport féminin en décalage avec la demande actuelle p. 19 II. Des mesures en faveur du développement sur la durée du sport féminin …… p. 26 A. soutien de l'Etat au développement et à l'exposition du sport féminin ...……. p. 26 B. Le plan de féminisation des instances sportives …………………………….. p. 31 C. Des évènements dédiés au sport féminin ……………………………...……... p. 37 Partie II. Focus sur les actions de la Fédération Française de Football ………………. p. 42 I. La présence des femmes dans le Football ……………………………….……….. p. 48 A. Valoriser la place des femmes dans le Football …………………... ..……….. p. 48 B. Le Football des princesses ……………………………………………………. p. 50 II. La performance des femmes dans le Football ………………………………..…. p. 59 A. Jouer les premiers rôles au niveau européen et mondial ………………...……. p. 59 B. Innover en matière de formation …………………………..………………..… p.68 Partie III. Comment donner au sport féminin les moyens de ses ambitions ? ..………. p. 71 Conclusion …………….……………………………………………………........……. p. 79 Bibliographie …………….…………………………………………………...………. p. 81 Annexes …………….…………………………………………………...……………… p. 87
  5. 5. 5 Introduction générale Le sport est devenu un enjeu majeur de portée mondiale. Une majorité d’Etats investissent énormément d’argent dans le sport de haut niveau car il représente le pays, son succès, sa puissance et renforce sa popularité grâce aux grands évènements retransmis et suivis à travers le monde, tels la Coupe du Monde de Football ou les Jeux Olympiques. En raison de son immense popularité, les images et messages visionnés par la population ont un impact sur la perception du sport et les valeurs véhiculées par ce dernier. En conséquence, il est fondamental que le sport masculin et féminin soient traités de la même manière, pour qu’il ne se produise pas d’inégalité tant au niveau de l’accès au sport qu’au niveau de la représentation que la population se fait du sport. La proportion de femmes et d'hommes dans le sport amateur ou professionnel et dans les professions liées au sport, est un indicateur de l'égalité d'accès, des chances et des genres dans l'ensemble de la société. « Le degré de liberté d'une société se mesure aux droits qu'y ont les femmes » écrit Dominique Desanti, « l'engagement en nombre de femmes dans le sport est encourageant... ». La loi du 16 juillet 1984 proclame : « La pratique sportive constitue un droit pour chacun quels que soient son sexe, son âge, ses capacités ou sa condition sociale ». Pourtant, de grandes inégalités hommes-femmes existent encore dans ce domaine. Heureusement, la situation des femmes, aujourd’hui de plus en plus nombreuses à pratiquer le sport, n’a plus rien à voir avec l’époque de Pierre de Coubertin. Tout au long du XXe siècle, les femmes se sont appropriées le sport, comme moyen d'émancipation et miroir de cette émancipation. Elles ont été tenues à l’écart du sport pour différentes raisons, leur rôle de mère, leur fragilité physique ou la critique d’une virilité trop exacerbée dans le sport. Les femmes ont dû se battre pour atteindre le statut qu’elles ont aujourd’hui et continuent à revendiquer plus d’égalité entre le sport féminin et masculin dans la plupart des disciplines sportives. Ce combat pour l’égalité est primordial car le sport transmet des valeurs importantes, telles le respect des autres, la tolérance, la compétitivité, le goût de l’effort, l’humilité. Le sport est un bon vecteur d’apprentissage de la vie et de socialisation que chacun doit pouvoir appréhender. Pourtant, encore aujourd’hui des inégalités persistent entre le sport masculin et féminin dans la médiatisation, la pratique, l’accès aux postes à responsabilité. En conséquence, l’Etat doit engager des mesures et les faire exécuter pour favoriser et promouvoir l’égalité dans le sport au regard de ses missions dont l’accès au sport pour tous. En parallèle, il est du devoir de tous les acteurs sportifs, médias, clubs, athlètes, de soutenir et d’encourager le sport féminin en le montrant à la télévision, en le commentant à la radio, en l’encourageant grâce à la création
  6. 6. 6 d’évènements dédiés ou en le relayant à travers des sites Internet et des blogs, accessibles à tous. L’Etat a initié des politiques volontaristes afin d’augmenter la pratique sportive féminine et la Fédération Française de Football est très engagée sur le sujet de l’égalité dans le sport. Elle a d’ailleurs mis en place une panoplie de mesures pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés. Reste à savoir si toutes les promesses en relation avec le sport féminin, les discours sur les missions à accomplir et les politiques orientées pour plus d’égalité dans le sport démontrent une volonté de démocratiser le milieu sportif, encore profondément misogyne, en ne le réservant plus seulement aux hommes ? Toutes ces actions en faveur du sport féminin témoignent-elles d’un souhait de lui donner réellement la place qu’il mérite ? Dans un premier temps, il sera rappelé le long combat mené par les femmes pour obtenir le statut sportif qu’elles possèdent aujourd’hui et les mesures prises pour continuer à parfaire cette égalité. Ensuite, il sera étudié les actions spécifiques menées par la Fédération Française de Football qui met en place depuis quelques années différentes mesures pour soutenir l’égalité du sport féminin et masculin dans le football.
  7. 7. 7 Partie 1: Le sport féminin en France : une longue bataille pour l’égalité « Si nous exigeons des femmes les mêmes services que les hommes, nous devons les former aux mêmes disciplines », philosophait Platon1 . Or, dans le sport, les femmes ont dû gagner leur place pour pouvoir pratiquer et performer dans les différentes disciplines où leur palmarès est parfois aujourd’hui meilleur que celui des hommes. I. L’EGALITE DANS LE SPORT FEMININ/MASCULIN : DES CHANGEMENTS SANS PRECEDENTS Le sport féminin a eu du mal à émerger dans la société et ce n’est que très récemment que les femmes ont pu pratiquer le sport de leur choix. Après de longues années de dominance masculine, les sportives acquièrent petit à petit leur légitimité, même s’il reste encore du chemin. A. LE SPORT FEMININ : UNE CONQUETE DE LONGUE HALEINE Alors que nous voyons de plus en plus de femmes évoluer dans le sport de haut niveau et que cela nous parait normal, il faut bien comprendre que l’accession au sport par les femmes a été le fruit d’une longue conquête. Longtemps considérées comme trop faibles et sans assez de force, les femmes n'ont pu exercer d'autres sports que ceux considérés comme en corrélation avec les fonctions de leur corps, notamment la grossesse. Aujourd'hui encore, beaucoup d'esprits pensent que la femme doit rester consignée à des sports gracieux et sans risque comme la danse classique et la gymnastique. Il est vrai que le sport est masculin à l’origine, il a été créé par des hommes pour les hommes. Jusqu’au XIXème siècle, ce fait reste vrai et concret puisque les femmes sont évincées du 1 PLATON, La République - livre V, Paris, Flammarion, 2002, p. 801
  8. 8. 8 sport, du vieux français desport, qui renvoie au divertissement considéré comme l’apparat des hommes. Même si le sport féminin est présent dans certaines civilisations antiques, il est vite mis à l’écart au Moyen-Age et dans les temps modernes en raison des mœurs qui veulent que la femme soit et reste une mère et une épouse avant tout. Dans ce cadre, il existe une incompatibilité de ce loisir avec l’éducation des enfants et les devoirs envers le mari avec qui « elle est obligée de vivre et de suivre partout où il juge à propos de résider»2 . Les femmes sont donc exclues de la sphère publique et professionnelle par les textes. « La nature qui a crée le mâle pour la lutte a fait la femme corps et âme, pour la maternité, pour l’amour et le maintien du foyer. Fonction maternelle avant tout, servitude amoureuse pour assurer les fins reproductrices de la nature voilà la destinée de la femme ! Et s’insurger contre les lois biologiques inexorables, c’est le plus souvent courir au devant du désordre physiologique et des déceptions morales»3 . Le statut des femmes évolue lentement puis, suite à la généralisation du développement des activités physiques féminines à l'école, la Troisième République encourage le développement de la gymnastique féminine afin de « donner aux hommes républicains des compagnes républicaines »4 . Cependant, il n’y a pas de développement du sport véritable et les hommes sont hostiles à ces changements qu’ils jugent inappropriés pour les femmes. Il existe une certaine peur de « la confusion des sexe »5 si le sport venait à se développer : « En quoi consiste l’infériorité intellectuelle de la femme ? (...) Que lui manque-t-il ? De produire des germes, c’est à dire des idées. L’infériorité intellectuelle de la femme doit nécessairement comme son infériorité physique, entraîner des conséquences sociales »6 . Le XIXème siècle est le paroxysme de l’hostilité envers le sport féminin et les hommes multiplient les théories pour éviter qu’elles pratiquent du sport, surtout en compétition. En témoigne l’absence de femmes parmi 241 athlètes lors des Jeux Olympiques d’Athènes en 1896. Le fondateur de ces Jeux, Pierre de Coubertin, déclare alors, fidèle aux idées de son époque : « Aux Jeux olympiques, leur rôle (des femmes) devrait être surtout, comme aux anciens tournois, de couronner les vainqueurs » car « une olympiade femelle est impensable, elle serait impraticable »7 . 2 Code Civil de 1804, Livre premier, Titre V, Chapitre VI, article 214, « Des droits et des devoirs respectifs des époux » 3 BINET André, L’amour et l’émotion chez la femme, Vigot, 1946, p.170 4 TRANVOUEZ Yvon, Sport, culture et religion, les patronages catholiques (1898-1998), Brest, Presses de l’université de Bretagne occidentale, 1999, p. 228 5 « Les femmes qui parlent », L'Echo, 23 mai 1886, cité par Bruno Dumons, Gilles Pollet et Muriel Berjat, Naissance du sport moderne, Lyon, La Manufacture, 1987, p.186 6 LAROUSSE Pierre, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Administration du grand Dictionnaire universel, 1866-1876 7 DE COUBERTIN Pierre, Pédagogie sportive, Paris, G. Crès, 1922
  9. 9. 9 Pour conforter l’impossibilité de la pratique du sport par les femmes, tout un tas de raisonnements scientifiques vont être avancés. Les autorités sportives et politiques développent une hostilité croissante à l'encontre de la gente féminine et déclarent l'interdiction de certains sports aux femmes pour de fallacieuses raisons médicales : corps trop fragile, dangers liés aux pratiques trop brutales, santé trop frêle... La Faculté conclue notamment que les effets de l'effort violent sont néfastes sur la physiologie féminine : « peu importe la force de la sportive, son organisme n'est pas fait pour supporter certains chocs ». D’éminents docteurs, tel le Docteur Boigey, rappelle que : « La femme n'est pas faite pour lutter mais pour procréer »8 . Ainsi, le corps de la femme est avant tout fait pour la progéniture, tout autre objectif dérange les consciences de l’époque et est impensable. Les vraies raisons de ces interdictions dérivent en fait des mœurs conservatrices qui exigent qu'une femme ne se donne pas en spectacle. Le sport le plus critiqué à l’époque est le cyclisme. Les médecins trouvent cela scandaleux, dénoncent l’attitude tendancieuse des femmes sur le vélo, attribut masculin, et insinue que ce sport serait dangereux pour la maternité. Cependant, la gymnastique se développe énormément au cours du XIXème siècle. Cette activité est associée à des valeurs de santé et n’est pas considérée comme un sport. À partir de 1899, les premières sections féminines de gymnastique apparaissent. Elles se regroupent sous l’Union Française de Gymnastique Féminine (UFGF) en 1912, sous la présidence masculine de Monsieur Podestat et est composée de 80 associations affiliées en 1914. En parallèle, les sports dans lesquels la femme évolue à l’abri des regards sont tolérés. Ainsi, le club alpin français compte 10 % de femmes parmi ses membres dans les années 1880. En effet, un autre problème se pose alors, la dimension corporelle donc sexuelle du sport féminin. La tenue des sportives est étroitement surveillée. Il est dérangeant que le corps de la femme soit visible, c’est pourquoi des injonctions normatives leur sont imposées, notamment au niveau de leur tenue morale. Ainsi, le port du pantalon par une femme est permis en gymnastique et la jupe doit être portée pour les sports féminins se pratiquant dans un lieu public (vélo, sport équestre)9 . Il n’est pas possible d’avoir les cheveux détachés ou les chevilles nues. Malgré tous ces obstacles, les Jeux Olympiques de 1900 à Paris admettent 22 femmes sur 997 athlètes à concourir dans cinq sports : le tennis, la voile, le croquet, l’équitation et le golf. Cependant, seuls le golf et le tennis comportent des épreuves uniquement féminines10 . 8 BOIGET Maurice, Manuel Scientifique de l’éducation physique, Masson, 1939 9 BARBIER Muriel et FALLUEL Fabienne, Les Dessous Féminins, Par stone International, 2005, p. 272 10 Comité International Olympique, Les femmes dans le mouvement olympique, 2014 (consulté le 20 juin 2014), disponible à http://www.olympic.org/Documents/Reference_documents_Factsheets/La_femme_dans_le_Mouvement_Olympique.pdf
  10. 10. 10 Le sport féminin reste à cette époque réservée à la bourgeoisie, partie infime de la population française. La première guerre mondiale apporte une certaine émancipation pour les femmes. Les hommes sont au front et les femmes les remplacent à l’usine, une nouvelle division du travail s’établit et de nouvelles pratiques sportives aussi. Le football et l’athlétisme font leur apparition chez les femmes, activités jusque là interdites. Après la guerre, les hommes contrôlent encore le mouvement sportif et les femmes décident de mettre en place leurs propres clubs. « Ce que l’homme parvient à acquérir par la force musculaire, par son endurance physique, la femme le conquiert aussi par sa volonté, sa ténacité et son courage » 11 . À la fin de l'année 1916, deux associations parisiennes, « Fémina Sport » créée en 1912 et « Académia » créée en 1915, fondent une Fédération dissidente destinée clairement à contrebalancer l'influence de l'Union Française de Gymnastique Féminine (UFGF) et à ouvrir tout le panel des sports aux femmes : la Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France (FSFSF). Les premiers championnats de France féminins d'athlétisme sont organisés dès juillet 1917 et les sections féminines participent aux compétitions d'athlétisme de l'Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USFSA) créé en 1887 pour les hommes. La fédération est déclarée officiellement le 18 janvier 1918 et Alice Milliat12 en devient présidente l'année suivante. Elle organise en 1921 les premiers Jeux mondiaux féminins. Ils sont suivis des Jeux féminins de Paris en 1922 et de Göteborg en 1926. Les sociétés sportives féminines et les compétitions réservées aux femmes se multiplient. Les femmes sont progressivement admises aux Jeux olympiques dans des sports de démonstration : la boxe féminine lors des Jeux Olympiques d'été de 1904, la natation et le tennis aux Jeux Olympiques de 1908 et de 1912, l’athlétisme et la gymnastique aux Jeux Olympiques de 192413 . 11 ARNAUD Pierre et TERRET Thierry, Histoire du sport féminin, Paris, L’Harmattan, 1996 12 Annexe 1 13 LANDRY Fernand, LANDRY Marc Landry et YERLES Magdeleine, Sport, the Third Millennium, Presses Université Laval, 1991, p. 364
  11. 11. 11 Malgré les campagnes de dénigrement et l’avis défavorables des autorités politiques et médicales de l’époque, certaines championnes parviennent à tirer leur épingle du jeu et à se faire connaître du grand public, telles la joueuse française de tennis Suzanne Lenglen14 , l’athlète Violette Morris, l’américaine Mildred Didri son Zaharias, l'exploratrice Alexandra David-Néel et les aviatrices Maryse Bastié et Hélène Boucher15 . Cependant, le sport est adapté aux femmes et facilité avec des terrains plus petits, des poids plus légers. Une large partie de l’opinion public est en accord avec les propos d’Henri Desgranges, créateur du Tour de France et journaliste français du début du XXème siècle : « Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d'accord. Mais qu'elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu'elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n'est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable ! ». Il est mis en exergue que jouer au football aurait « les plus graves effets sur les organes de la femme »16 . Le sport devient désormais un terrain de combat idéologique. Il faut attendre les Jeux olympiques de 1928 et le baron Henri de Baillet-Latour, successeur de Pierre de Coubertin, pour que le sport féminin fasse réellement son apparition dans le programme olympique, en dépit des réserves de la Faculté à l'encontre des activités physiques intenses pour la physiologie féminine et d’une opinion complètement défavorable. « Le véritable héros olympique est à mes yeux l’adulte mâle individuel. Les Jeux olympiques doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs », déclarait encore en 1925 Pierre de Coubertin. La participation des femmes aux Jeux Olympiques se confirme en 1932 à Los Angeles et il sera observé une augmentation constante de la proportion des femmes aux olympiades qui passent de 2 % du total des athlètes en 1912 à 10% en 1948 et à 30 % en 199217 . Le gouvernement de Vichy impose la fusion des organisations féminines avec les fédérations masculines homologues. Ainsi, dans toutes les grandes fédérations, les compétitions féminines et masculines redémarrent en même temps. Plusieurs sportives marquent l’après- guerre, telles l’athlète Micheline Ostermeyer, la patineuse Jacqueline du Bief dont les exploits sont reconnus au même titre que ceux de leurs homologues masculins. 14 Annexe 1 15 Association Thucydide, Les femmes et la République en France - La République au féminin, Le combat des femmes sous la Troisième République (1871-1940), (consulté le 20 juin 2014), disponible à http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/femmes/femmes6.htm. 16 RACINE Georges, Le développement musculaire chez la femme, l’Education Physique et Sportive Féminine, 1923 17 PAUTOT Michel, Le sport spectacle. Les coulisses du sport business, L'Harmattan, 2003, p. 65
  12. 12. 12 Dans les années suivantes, le sport féminin connaîtra un essor stimulé par toutes les progressions sociales apparues : les congés payés, le développement des loisirs sportifs, la généralisation de l’éducation physique et sportive à l’école, un changement des mentalités … L’évolution du sport féminin se fait en parallèle de l’évolution du droit des femmes dans la société et son développement en est d’autant plus rapide. Les femmes obtiennent le droit de vote en 1944. En 1946, le préambule de la Constitution pose le principe de l’égalité des droits entre hommes et femmes dans tous les domaines alors qu’en 1966 la femme peut exercer une activité professionnelle sans l’autorisation de son mari et qu’en 1972 elle peut revendiquée une rémunération équivalente aux hommes pour les travaux de valeur égale. En 1983 est votée la loi sur l’égalité professionnelle entre hommes et femmes (dite "Loi ROUDY"). Grâce à toutes ces avancées dans le statut de la femme, le sport féminin se démocratise fortement dès les années 1960, la progression des licences en sont un bon indicateur18 , passant de 220 000 licences féminines en 1962, à 478 000 en 1970, à 1 131 000 en 1980, à 1 398 000 en 1999. On observe également une progression du pourcentage des femmes sportives19 puisqu’on en dénombre 22% en 1967, 32% en 1983 et 64% en 1994 par rapport à la population totale. Les dernières fédérations récalcitrantes s’ouvrent aux femmes : la Fédération française de cyclisme en 1959, de football en 1970, d’haltérophilie en 1984, de rugby en 1989 et finalement de boxe en 1997. La Fédération Française d’athlétisme accepte la pratique féminine du saut à la perche, du lancer de marteau, du triple saut et du 3 000 mètres steeple en 1987. Les programmes sportifs deviennent également plus égalitaires et la mixité dans les cours d’Education Physique et Sportive est instaurée dans l’école à partir de 1970. Les épreuves féminines se multiplient aux Jeux Olympiques et les exploits des femmes également avec les skieuses Christine et Marielle Goitschel, les athlètes Colette Besson puis Maryvonne Dupureur, la nageuse Christine Caron. En 1964, le journal l’Équipe couronne même une première féminine, Marielle Goitschel, comme meilleure athlète français de l'année, elle est la championne des champions. C’est une avancée cependant il est à rappeler que le trophée existe depuis 1946 … Les pays respectent de plus en plus le principe fondamental n°5 de la charte Olympique : « toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondé sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autre est incompatible avec l’appartenance au mouvement olympique ». En effet, il s’avère qu’aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, 35 délégations ne comportaient aucune femme dans leur rang. Face à l’évolution des mentalités et aux nombreuses contestations quant à la violation manifeste de la 18 ARNAUD Pierre et TERRET Thierry, Histoire du sport féminin, Paris, L’Harmattan, 1996 19 TERRET Thierry, Education Physique, Sport et Loisir 1970 – 2000, AFRAPS, 2003, p. 45-66
  13. 13. 13 charte, le nombre de pays envoyant des délégations sans femmes a largement baissé passant de 26 aux Jeux Olympique d’Atlanta en 1996 à 8 aux Jeux Olympique de Sydney en 2000, à 3 aux Jeux Olympique de Pékin en 2008 (l’Arabie Saoudite, le Qatar et Brunei) puis à aucune aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 ! Il faut attendre 1994 pour qu’une Conférence Internationale sur la place des femmes dans le sport prenne place à Brighton, Royaume Uni. Les décisionnaires du domaine du sport aux niveaux national et international se sont fixés comme objectif de créer un environnement visant à faciliter et valoriser la participation des femmes à tous les aspects du sport. Depuis les années 1990, une certaine «discrimination positive» est observée et les textes de lois cherchent à aider et à favoriser la place des femmes dans a société. En 1995, un observatoire de la Parité entre les femmes et les hommes est créé. En 1998, une circulaire apparaît, relative à la féminisation des noms de métiers. En 2000 est voté une loi sur l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. En France, c’est à partir de 1981 que la puissance publique affiche sa détermination de changement et, en accord avec cette volonté, quatre femmes se succèdent au ministère de la Jeunesse et des Sports jusqu'à la fin du siècle : Edwige Avice (1981-1984), Frédérique Bredin (1991-1993), Michèle Alliot-Marie (1993-1995), Marie-George Buffet (1997-2002) qui a joué un grand rôle dans le sport féminin en permettant un accès plus facile des femmes à la pratique sportive, Roselyne Bachelot (2007-2010), Valérie Fourneyron (2012-2014) et Najat Vallaud-Bellkacem (actuelle). De 2002 à 2004, la France assure la présidence du réseau européen « Femmes et Sports » qui aboutit au Rapport Femmes et Sports avec des actions à conduire et à soutenir. En dépit d'un effort récent d'équilibrage qui en résulte, imposé par les pouvoirs publics, la situation générale est cependant loin d'être réglée. Ainsi, seulement 6 femmes siègent au Conseil d'Administration du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) pour l'Olympiade 2012-2016 sur les 43 postes pourvus20 . Il est urgent de mettre en place des politiques plus volontaristes car même si l’on observe une certaine prise de conscience générale, le sport reste encore un terrain de discriminations contre les femmes alors qu’elles font tout pour y remédier en accomplissant des exploits plus bluffant les uns que les autres. 20 Comité national olympique et sportif français, Elections 2013 au CNOSF (archive), 2013 (consulté le 29 juin 2014), disponible à http://franceolympique.com/art/4203-denis_masseglia_reelu_a_la_presidence_du_cnosf.html#para_2
  14. 14. 14 B. UNE QUETE DE L’EGALITE NON ACHEVEE La part des femmes déclarant la pratique d’une activité physique ou sportive s’est accrue de 11 points en dix ans (de 2000 à 2010) tandis que celle des hommes n’a augmenté que de 5 points (à champ constant, individus de moins de 75 ans)21 . Entre 2008 et 2012, les licences délivrées à des femmes ont progressé de 13,43% quand celles délivrées à des hommes ont progressé de 5,81%22 . Ainsi, la pratique du sport féminin est en forte hausse. Alors que seulement 9 % des femmes pratiquent une activité physique en 1968, elles sont 32% en 1983 et aujourd’hui 64 % des femmes déclarent avoir pratiqué au moins une discipline sportive durant l’année écoulée. La présence des femmes est en constante augmentation dans les activités les plus exigeantes au niveau de la résistance : course sur route, course à la montagne, marathon, triathlon, ski- alpinisme. Elles se trouvent dans toutes les disciplines émergentes : bicross, skicross, ski acrobatique, surf, escalade. Même si cette augmentation concerne davantage des activités relevant des sports non olympiques ainsi que des formes moins compétitives en comparaison des pratiques des hommes, les écarts se resserrent entre les sexes. En effet, elles ne sont que 35 % à prendre une licence dans une fédération contre 65 % des hommes et se concentrent dans les catégories dites « féminines », tels la gymnastique, la danse et l’équitation23 : « les pratiques sportives restent clairement des territoires sexués, exactement comme le monde du travail »24 . Ainsi, les sports olympiques connotés comme masculins en 2012 restent : - La Fédération Française de Football avec 4,5% de licenciées. Ce retard s’explique par la reconnaissance officielle tardive pour ce sport chez les femmes. En effet, la pratique du football par les françaises a débuté en 1917 avec un premier match en Equipe de France en 1920. Cependant, il faut attendre 1970 pour que la pratique soit reconnue officiellement par la Fédération. Malgré une entrée récente dans ce sport de haut niveau, les footballeuses françaises ont un palmarès impressionnant et ont toujours figuré dans le top 10 du classement mondial féminin de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). Elles finissent 4ème de la Coupe du monde en 2011. Ces belles performances et le plan de féminisation mis en place par 21 Statistiques du Ministère des sports, Les chiffres clés de la féminisation du sport en France, 2012/2013 (consulté le 2 juillet 2014), disponible à http://doc.semc.sports.gouv.fr/documents/Public/ccfs_2012-2013_06062014.pdf 22 Annexe 2 23 CLAIRON Eric, Les licences et clubs des fédérations sportives agréées en 2012, Bulletin de statistiques et d’études, Ministère des sports, 2014 (consulté le 2 juillet 2014), disponible à http://www.sports.gouv.fr/IMG/pdf/n14_janvier_2014_internet.pdf 24 LOUVEAU Catherine, Femmes sportives, corps désirables, le Monde diplomatique, 2000
  15. 15. 15 la Fédération ont permis une hausse de 8% des licenciées par an, atteignant environ 67 000 joueuses aujourd’hui. La Fédération a pour ambition d’élever le nombre de licenciées pour atteindre les 150 000 licenciées de l’Angleterre, encore bien loin de l’Allemagne avec plus d’un million de licenciées ou des Etats-Unis avec ses 1,6 millions de licenciées, premier sport féminin américain. - La Fédération Française de Rugby avec 4,9% de licenciées. Apparu en 1965 puis intégrer à la Fédération Française de Rugby à partir de 1989, le XV féminin peut se targuer de voir son nombre de licenciées augmenter d'années en années. Tout comme pour l'équipe de France masculine, il existe un Tournoi des Six Nations lors duquel les joueuses ont remporté 4 grands chelems, une Coupe du monde où elles se placent régulièrement à la 3ème place (1991, 1994, 2002, 2006 et 2014)25 . Malgré des clichés encore très sexistes en raison de l’engagement physique de ce sport, le brillant parcours des bleues a permis un suivi de plus en plus accru de leur évolution. - La Fédération Française de Cyclisme avec 10,2% de licenciées. Dans ce sport encore, la mauvaise réputation des femmes faisant du vélo durant une grande partie du XXème siècle a retardé son évolution. Le cyclisme féminin s'ouvre encore trop peu aux femmes. Il existe pourtant un Championnat du Monde ainsi que la traditionnelle Grande Boucle féminine crée en 198426 . Mais trop souvent escamotée par le Tour de France, cette dernière a été stoppée pour des raisons économiques. Cependant, le palmarès de la Française Jeannie Longo, capable à quarante-deux ans de battre, en 2000, le record de l'heure, a amorcé un nouveau regard sur la participation des femmes à cette discipline et des efforts sont faits par la fédération. Par exemple, en prélude de l'arrivée du Tour de France masculin 2014, a été retransmise une nouvelle course de cyclisme féminin sur le circuit final des Champs Elysées à Paris27 . - La Fédération Française de Boxe avec 12,3% de licenciées. Les préjugés d'une grande partie du monde sportif, des médias et de la société a longtemps retardé le développement de la boxe anglaise féminine qui ne commence à prendre son essor que dans les années 1990 en amateur puis avec l'apparition d'organisations professionnelles. Les performances de plusieurs femmes, telles Myriam Lamare et Anne-Sophie Mathis, championnes du monde ainsi que le succès du film « Million Dollar Baby » récompensé en 25 Wikipédia, Coupe du Monde de rugby à XV féminin (consulté le 2 juillet 2014), disponible à http://fr.wikipedia.org/wiki/Coupe_du_monde_de_rugby_%C3%A0_XV_f%C3%A9minin 26 LAGRUE Pierre, SPORT (Disciplines) - Le cyclisme, Encyclopædia Universalis (consulté le 25 août 2014), disponible à http://www.universalis.fr/encyclopedie/sport-disciplines-le-cyclisme/ 27 20 minutes, Cyclisme: Une course féminine sur les Champs-Elysées avant l'arrivée du Tour de France (consulté le 10 juillet 2014), disponible à http://www.20minutes.fr/sport/cyclisme/1287118-20140201-cyclisme- course-feminine-champs-elysees-avant-arrivee-tour-france
  16. 16. 16 2005 par 4 Oscars ont néanmoins amené les femmes à pratiquer ce sport. Symbole de ce récent développement, la boxe féminine a été inscrite en 2012 au programme des Jeux olympiques d'été à Londres. Cependant, la boxe demeure assez impopulaire auprès de la gente féminine qui y voit un sport violent typiquement masculin. Les sports olympiques connotés comme féminins en 2012 restent : - La Fédération Française de d’Equitation avec 82,5% de licenciées. La féminisation de ce sport est due au fait qu’il n’a jamais été vraiment interdit aux femmes. Au Moyen-Age, les femmes montaient à cheval pour accompagner leurs maris à la chasse. De plus, la force athlétique du cheval est plus déterminante que celle du cavalier, les hommes et femmes se retrouvent confrontés dans les mêmes épreuves. - La Fédération Française de Gymnastique avec 78,8% de licenciées. La gymnastique a été l’un des premiers sports autorisés aux femmes et initiés à l’école. Les pouvoirs publics encourageaient même les femmes à pratiquer la gymnastique pour entretenir leurs corps. Cette tradition a permis à a gymnastique de se développer fortement dès les années 1910. - La Fédération Française de Randonnées avec 61,5% de licenciées. Les femmes étaient autorisées à faire de la randonnée, dans des endroits gardés loin des yeux du grand public. Ainsi, les femmes ont tout le temps pratiqué la randonnée. Il s’avère que les femmes sont également moins compétitives que les hommes, pratiquant du sport de loisir plus que de compétition, avec pour priorité une pratique dans une ambiance communautaire et conviviale. Pour preuve, parmi les personnes ayant déclaré pratiquer une activité sportive, participent à des compétitions officielles : 20% d’hommes et 5% de femmes28 . Cette différence de pratique se vérifie dans le succès des courses à pieds 100% féminines qui promettent une ambiance décontractée et festive. La 18e édition de la « Parisienne » attend 35 000 participantes cette année29 contre 1 500 en 1997. Ainsi, les femmes sont de plus en plus nombreuses à pratiquer un sport aujourd’hui et réalisent de bonnes performances tant au niveau national qu’international. Aujourd’hui, de plus en plus de sportives sont connues du grand public. Cependant, malgré les performances, le sport féminin diffère du sport masculin par le fait qu’il y ait plus d’hommes que de femmes en compétition. 28 MIGNON Patrick et TRUCHOT Guy, Les Pratiques sportives en France, Ministère des Sports/INSEP, 2002 29 La Parisienne, Quelques chiffres, (consulté le 10 juillet 2014), disponible à http://www.la-parisienne.net/site-course/100-pour-cent-femme/quest-ce-que-la-parisienne/quelques-chiffres-2
  17. 17. 17 Il y a seulement 36,5% de femmes inscrites sur la liste ministérielle des sportifs de haut niveau30 . Le manque de visibilité des sportives professionnelles amène les adolescentes à ne pas se retrouver dans des modèles qui ont réussi et à mettre le sport entre parenthèse pour se consacrer à leurs études, jugées plus sures sur le long terme. Fautes de pratiquantes, plusieurs sports connaissent un avenir incertain car la relève n’est pas assurée. Par exemple, en saut en hauteur où Mélanie Melfort est seule au haut niveau, en aviron, au badminton ou en cyclisme. Cependant, une nouvelle vision du sport féminin se développe grâce aux excellentes performances féminines dans diverses disciplines et le grand public commence à s’intéresser à elles. Aux Jeux Olympiques, le sport français bénéficie depuis plusieurs années d'une forte hausse de la représentation des femmes dans les performances enregistrées par ses athlètes de haut niveau. Les derniers Jeux Olympiques d'été de Londres 2012 en sont une illustration éclairante avec 15 des 34 médailles décrochées par les françaises (soit 44 %) et quatre des onze titres olympiques français (soit 36 %). Ces résultats marquent une forte augmentation par rapport à la précédente édition à Pékin en 2008 (7 médailles sur 41 et un titre olympique sur sept, soit respectivement 17 % et 14 %). Une part importante des médailles de Londres provienne de disciplines faiblement médiatisées (tir, canoë-kayak, VTT, taekwondo). Au football, en 2011, l’équipe féminine de football a gagné 10 matchs éliminatoires, marqué 50 buts en n’en encaissant aucun, battu l'Angleterre en quart de finale puis s’est classée quatrième après deux défaites. L’équipe de l’Olympique Lyonnais a gagné 2 titres de ligue des champions (2011/2012), deux finales de ligue de champions (2010/2013), a été 11 fois championnes de France et 4 fois de la Coupe de France, notamment en 2012, 2013 et 201431 . En cyclisme, Jeannie Longo a remporté 30 médailles aux Jeux olympiques et aux championnats du monde de cyclisme, un titre olympique, treize championnats du monde, trois victoires du Tour de France féminin, 38 records du monde, et 1 157 victoires depuis sa première licence32 . En basket-ball, l’équipe féminine a obtenu deux titres de championne d'Europe et est vice- championne olympique en 2012. Le basket féminin a donc devancé son homologue masculin qui ne possède qu’un titre de champion d’Europe, obtenu en 2013. En handball, les femmes ont obtenu un titre de championne du monde, ont terminé trois fois vice championnes du monde et ont gagné trois médailles d’or aux Jeux méditerranéens. 30 Sénat, Egalité des femmes et des hommes dans le sport : comme dans le marathon, ce sont les derniers mètres les plus difficile, (consulté le 10 juillet 2014), disponible à http://www.senat.fr/rap/r10-650/r10-65041.html 31 OL Web, Palmarès, (consulté le 10 juillet 2014), disponible à http://www.olweb.fr/fr/feminines/palmares-1- 196.html 32 Wikipédia, Jeannie Longo, (consulté le 10 juillet 2014), disponible à http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeannie_Longo
  18. 18. 18 Au rugby, les rugbywomen ont gagné trois grands chelems, 4 Coupes d’Europe et ont décroché une 3e place en Coupe du Monde en 1994, 2002, 2006 et 2014. En athlétisme, plusieurs femmes se sont illustrées, telles Christine Aaron, détentrice du record d’Europe du 100 mètres ou Muriel Hurtis qui a le record de France du 4x100 mètres et du 200 mètres en salle. Aux derniers championnats d’Europe à Zurich, sur les 23 médailles obtenues, 11 l’ont été par des femmes dont 4 médailles d’or en saut en longueur avec Eloyse Lesueur, marathon avec Christelle Daunay, heptathlon avec Antoinette Nana Djimou et 4x400 mètres grâce à Marie Gayot, Muriel Hurtis, Agnès Raharolahy et Floria Guei33 . En natation, Camille Muffat et Laure Manaudou ont toutes deux un titre olympique et comptent plusieurs victoires dans différents championnats de natation. En escrime, Laura Flessel est double championne olympique, six fois championne du monde et une fois championne d'Europe et Anne-Lise Touya est quatre fois championnes du monde et trois fois championne d'Europe. Au judo, Lucie Décosse a gagné 3 titres de championnes du monde, quatre titres européens, elle est championne olympique en 2012, vice championne du Monde en 2007 et vice championne olympique à Pékin en 2008. Elle gagne 7 fois le tournoi de Paris. Au tennis, tout le monde connaît les performances de Mary Pierce et Amélie Mauresmo avec deux victoires en grand chelem suivies de Marion Bartoli avec une victoire. Les sportives excellent dans bien d’autres sports, ce qui suscite un engouement de plus en plus prononcé de la part du public mais aussi de la part des diffuseurs dont la concurrence est de plus en plus accrue. En raison des performances sportives, le sport féminin est de plus en plus médiatisé et la participation des femmes aux compétitions sportives s’accentue. Par exemple, en 2008, aux Jeux Olympiques de Beijing, 42% des athlètes étaient des femmes. Cependant, même si de plus en plus de disciplines s’ouvrent aux femmes, de nombreuses inégalités persistent et des sports sont encore réservés exclusivement aux hommes. Ainsi, il a fallu attendre les Jeux Olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi pour voir les femmes admises au concours olympique de saut à ski, 90 ans après le premier concours olympique masculin à Chamonix en 192434 . 33 FranceTv info, Championnats d'Europe d'athlétisme : la France termine la compétition avec 23 médailles, un record historique, (consulté le 20 août 2014), disponible à http://www.francetvinfo.fr/sports/athletisme/championnats-d-europe-d-athletisme-2014/championnats-d-europe- d-athletisme-la-france-peut-elle-battre-son-record_671155.html 34 Annexe 3
  19. 19. 19 Lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012, il existait encore 30 disciplines supplémentaires pour les hommes. En effet, les femmes ne peuvent concourir que dans 3 catégories de poids différentes en boxe contre 10 pour les hommes. En canoë kayak, il existe 5 disciplines féminines contre 11 masculines, au tir, 6 contre 9, à la voile 4 contre 6, à la lutte seulement 4 contre 14. Les hommes ne peuvent pas concourir en gymnastique rythmique et en natation synchronisée. Au total, les femmes se voient retirer 90 chances de médailles en comparaison aux hommes lors des Jeux Olympiques ! Une image encore négative se dégage du sport féminin, souvent perçu comme moins spectaculaire, moins rapide, moins technique, moins athlétique, par rapport à la pratique masculine. Pourtant, une analyse approfondie du jeu permettrait de constater que les sports féminins et masculins d’une même discipline se joue de manière différente. Par exemple, le football féminin évolue avec moins de duels et de tacles mais avec plus de jeu en triangle, de dédoublements, de buts en mouvement. Il est démontré que les performances des sportives ne sont pas reconnues à leur juste valeur comme le prouve le peu d’attribution du titre de Gloire du sport52 , créé en 1993, à des femmes. Honorant les anciens sportifs, dirigeants sportifs, entraîneurs et journalistes sportifs ayant brillé au service du sport français, il décerne ce prix à 56 femmes sur 306 titres. Même scénario avec l’attribution du Grand Prix Serge Kampf de l'Académie des sports récompensant la meilleure performance mondiale de l'année toutes nations confondues54 . En tout, 7 titres ont été attribués à des femmes sur 62. Les femmes sont de plus en plus performantes dans le haut niveau et rivalisent souvent avec leurs confrères masculins sur les mêmes disciplines. Malgré tous leurs exploits et prouesses, une grande disparité existe dans le traitement médiatique du sport féminin et masculin favorisant ce dernier en dépit de la volonté toujours plus grande du public de s’y intéresser. C. UNE FAIBLE MEDIATISATION DU SPORT FEMININ EN DECALAGE AVEC LA DEMANDE ACTUELLE Depuis le début du XXème siècle, la pratique sportive professionnelle des femmes est en hausse et les exploits sportifs féminins sont mis en lumière de façon plus importante par les médias. « D’une non exposition de certaines compétitions sportives féminines, il y a quelques années, on observe à présent une exposition du sport féminin sur des chaînes publiques, accessible à tous » déclarait David Djaoui, directeur de l'harmonisation et de l'événementiel à France Télévisions, au sujet de la médiatisation du sport féminin. Il est vrai que des progrès ont été faits, cependant, l’inégalité de diffusion du sport féminin et masculin à la télévision est encore criante. Une étude du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) menée fin 2012 a mis en évidence cette constatation. Seules 148 heures de sport
  20. 20. 20 féminin ont été diffusées à la télévision au cours du dernier trimestre de l'année 2011, soit à peine 7% du volume global des retransmissions sportives. En outre, sur ces 148 heures, seulement 7 heures étaient en accès gratuit à la télévision, soit à peine 5% de l'offre de retransmission des compétitions féminines. Ainsi, environ 95% du sport féminin n’était accessible que sur des chaînes payantes35 , soit à une partie privilégiée de la population. D’ailleurs, l’association « Femmes solidaires » a mis en ligne une pétition36 nommée « Pas de filles hors jeu » afin qu’il y ait une meilleure retransmission télévisée des grands événements sportifs féminins. Il est demandé une modification du décret du 24 décembre 2004 qui régit la retransmission télévisée des événements sportifs importants et fixe notamment une liste de 21 compétitions, parmi lesquels ne figurent que sept épreuves féminines. Il est urgent de remédier à ce déséquilibre dans la médiatisation des évènements sportifs car les médias ont un rôle majeur et la médiatisation du sport féminin a un énorme impact dans l'engouement de la pratique sportive. Une étude a montré que 11% des téléspectateurs affirment pratiquer une nouvelle discipline parce qu'ils l'ont vu à la télévision. En privilégiant le sport masculin, les médias dévaluent le sport féminin et inhibent la participation des femmes, qui se sentent illégitimes dans le domaine sportif. En outre, cette faible médiatisation prive les jeunes pratiquantes de modèles que pourraient endosser les sportives professionnelles et est susceptible de les décourager dans la pratique de sports peu valorisés. Najat Vallaud-Belkacem, actuelle ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, déclarait à raison : « les médias ont une responsabilité essentielle et une opportunité historique, celle de participer à la construction de vocations chez les jeunes filles comme chez les jeunes garçons ». On constate des hausses de médiatisation lors de grands évènements sportifs internationaux, mais les sportives retombent vite dans l'oubli. Pourtant, le sport féminin dépend très directement de sa médiatisation, dans les domaines amateur comme professionnel. Suite aux exploits des Braqueuses, vice-championnes olympiques à Londres, la Fédération Française de Basket-ball (FFBB) a ainsi enregistré une hausse conséquente du nombre de ses licenciées. Dans la presse, cette inégalité de traitement se vérifie. Lors du colloque sur « les femmes et le sport », organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, il a été mis en évidence la relation existant entre la place des femmes dans des pratiques sportives et leur faible médiatisation. Dans la presse écrite, la surface rédactionnelle concernant le sport féminin n’a 35 L’Echo Républicain, A la télévision, le sport collectif féminin peine à transformer l'essai, consulté le 10 août 2014), disponible à http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/mag/tv/actu-medias/2014/08/08/a-la-television- le-sport-collectif-feminin-peine-a-transformer-l-essai_11105950.html 36 Femmes solidaires, A la télé, pas de filles hors jeu, (consulté le 10 août 2014), disponible à http://femmes- solidaires.org/spip.php?article235
  21. 21. 21 jamais dépassé 25% avec des déséquilibres entre la presse régionale et la presse nationale. Les trois quarts de ses 25% concernent la compétition de haut niveau et 52% de ces articles traitent de victoire des sportives. La presse locale est souvent plus clémente avec ses sportives locales, tels le « Républicain » avec les handballeuses de Metz, « Nice matin » avec les volleyeuses de Cannes ou « le Berry » avec les basketteuses de Bourges. L'analyse des rubriques sportives de L'Equipe, le Monde et le Figaro, respectivement 8,9 %, 8,8 % et 6,9 % démontrent qu’ils ne consacrent qu'une faible part de leurs articles au sport féminin37 . Ainsi, malgré les bonnes prestations des footballeuses, les médias français ne donnent à ce sport qu’un petit espace. Par exemple, l’Equipe ne fit qu’une brève de moins de 70 mots sur la demi-finale de la Coupe UEFA féminine à laquelle participait le club français de l’Olympique lyonnais, meilleur club européen. Une demi-finale de Coupe d’Europe impliquant un club français dans tout autre discipline a le droit à un traitement beaucoup plus conséquent. En judo, Lucie Décosse, malgré son palmarès équivalent à bien des hommes, obtient 67 mentions dans le Monde contre 97 pour Teddy Riner, 10 articles lui ont étaient dédiés depuis 2002 contre 35 pour son homologue masculin. Les judokates ont obtenues 8 des 9 médailles aux championnats d’Europe et pourtant, l’unique médaille de Teddy Riner a été médiatisée. Comme sportive, seule Laure Manaudou a fait la Une du magazine féminin « Elle » en 2007 et ces dernières représentent 1% de la presses féminine alors que la presse masculine et féminine affichent régulièrement des champions. L’Equipe Mag a fait sa couverture avec seulement trois sportives : Jeannie Longo, Amélie Mauresmo et Lindsey Vonn entre juin 2008 à mars 2012, sur plus de 190 parutions. En 2011, le Parisien 2011 a présélectionné 10 champions en lice pour le titre de sportif de l’année. Une seule femme figurait dans cette liste, Sandrine Soubeyrand, capitaine de l’équipe de France de football. Pour l’Equipe, la seule femme en lice était Lucie Décosse. Cependant, les mentalités évoluent. Preuve en est que Lucie Décosse a été élue femme de l’année 2011 par RTL et Marie Claire suite aux votes de leurs internautes, 37,4% des voix, et devant des chanteuses et des actrices. Camille Muffat a été sacrée athlète de l’année 2011 par l’Union Nationale des Journalistes Sportifs Français alors que la boxeuse Anne-Sophie Mathis a reçu le Gant d’Or pour sa saison 2010-2011 avec ses 29 victoires dont 25 par KO. Ce prix a été fondé par l’Equipe en 1987 pour récompenser le meilleur boxeur et aucune femme n’avait été nominée depuis sa création. Petit point noir, le fondateur de ce prix, Jean-Claude Bouttier, exprimait il a quelque temps son aversion pour la boxe féminine et reste gêné « de voir deux femmes se battre ». 37 DELORME Nicolas et & Raul Pauline, Place et production journalistique des femmes dans les départements sportifs des quotidiens français, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010
  22. 22. 22 Cette année, Eurosport, a innové en créant un magazine d'une heure diffusée tous les lundis dès le 22 septembre exclusivement consacré au football féminin : « Femmes de foot ». Cette nouvelle vision du sport féminin est notamment due aux excellentes performances féminines dans diverses disciplines, comme mentionnées précédemment, ce qui suscite un engouement de plus en plus prononcé du public mais aussi des diffuseurs dont la concurrence est de plus en plus accrue. Tout d’abord, le grand public suit de plus en plus le sport féminin. Diverses études prouvent cette attractivité réelle du sport féminin. Ainsi, selon une étude réalisée en 2013 par Havas Sports et Entertainment, il s’avère que 70% des Français pensent que le sport féminin est tout aussi intéressant que le sport masculin, manifestant ainsi un fort intérêt pour la pratique féminine du sport et le spectacle de ses compétitions. De même, 64% des Français expliquent qu’ils regarderaient davantage de retransmissions de sport féminin à la télévision si l'offre était plus abondante. Il existe un potentiel de téléspectateurs prêts à consommer du sport féminin dans les médias, pour peu que le contenu soit attractif. Ensuite, les femmes elles-mêmes manifestent un intérêt croissant pour le spectacle sportif et font partie des 46% de français passionnés de sport postés derrière leurs écrans de télévision environ 4 heures par semaines. Les préjugés quant à la médiocrité du sport féminin s’atténuent également. Souvent comparé au sport masculin, de plus en plus de personnes s’insurgent contre cette perception en démontrant que le sport féminin est unique, avec d’autres styles de jeu, d’autres codes. Certes il y a des différences, mais il y en a tout autant entre une soprano ou un ténor, pourtant personne n’irait dire que l’un procure moins d'émotion que l’autre. Le sport féminin est moins amusant tout simplement parce qu’il est moins connu. Du point de vue du niveau de performance et de la volonté du grand public, rien ne justifie donc que les compétitions sportives féminines soient moins diffusées que les compétitions masculines. Cependant, de nombreux médias invoquent la faible attractivité du sport féminin en termes d'audience. Les faits tendent à prouver le contraire38 . En termes d'audience, il a été observé que les performances remarquables des sportives françaises pouvaient trouver leur public. En outre, la retransmission de compétitions féminines peut permettre aux chaînes de bénéficier d'un gain d’image car elles affirment leur volonté à se positionner sur une offre différente de 38 BERKANI Sonia, Les idées reçues sur le sport féminin, Havas Sport&Entertainment, (consulté le 16 août 2014), disponible à http://www.havas-se.fr/news/les-idees-recues-sur-le-sport-feminin
  23. 23. 23 programmes sportifs, autour d'événements peu exposés en télévision. Cette prise de risque peut être payante. Direct 8 détient l'une des plus belles audiences de la TNT avec la demi-finale de la Coupe du Monde 2011 et ses 2,4 millions de téléspectateurs en plein été, soit 17,4% des parts de marché. En temps normal, l'audience moyenne de Direct 8 oscille entre 2 et 2,5% de part de marché. En 2010, le parcours des Lyonnaises avait récolté une audience de 1,2 million de téléspectateurs, 4,9% de parts de marché, avec un pic à 1,9 million. Les matchs qualificatifs des Bleues à l'Euro 2013 ont séduit entre 720 000 et 940 000 fans et 800 000 spectateurs ont suivis la finale de la Coupe de France de football féminin en 2013. La finale dames de Roland-Garros 2013 entre Serena Williams et Maria Sharapova a permis à France 2 d'être leader tout un samedi après-midi avec plus de 25 % de part de marché. La finale de Marion Bartoli à Wimbledon l’an dernier a rassemblé plus d’un million de téléspectateurs en plein après-midi. Les matches de l'équipe de France féminine de rugby ou les rencontres de D1 féminine font des audiences d’environ 400 000 à 500 000 téléspectateurs sur France 4 avec un pic à 800 000 pour la finale de la Coupe de France. Le match d’ouverture des bleues 2014 a attiré plus d'un million de téléspectateurs en moyenne avec un pic à 1,4 million en fin de match, soit 5,3 % de part d'audience, contre une part de 1,6 % en moyenne pour l'ensemble de ses programmes, puis 1,5 million de téléspectateurs, soit 7,4% de part de marché, lors du second match de la Coupe du Monde. La finale de l'Eurobasket Women 2013 perdue par les «Braqueuses » a attiré 3,3 millions de spectateurs alors que la finale de handball féminin lors des championnats a attiré 3.4 millions de téléspectateurs sur France 3. De la même manière, la diffusion de rencontres de Ligue des Champions de volley-ball féminine rivalise et peuvent dépasser en audience celles de la même compétition masculine. Des résultats équivalents ont été obtenus pour les compétitions de natation ou d'athlétisme où il n'existe pas de décrochage entre épreuves féminines et masculines. Sur le Top 20 des meilleures audiences sportives de l’année 2012, 6 sont liées au sport féminin avec notamment la demi-finale France/Russie de basket-ball lors des Jeux Olympiques de Londres avec 7,7 millions de téléspectateurs. Ainsi, lorsque le sport féminin est logé à la même enseigne que son homologue masculin, il draine tout autant de téléspectateurs. En effet, 50% des meilleures audiences des Jeux Olympiques de Londres concernaient des épreuves féminines39 . 39 BERKANI Sonia, Les idées reçues sur le sport féminin, Havas Sport&Entertainment, (consulté le 16 août 2014), disponible à http://www.havas-se.fr/news/les-idees-recues-sur-le-sport-feminin
  24. 24. 24 Christine Kelly affirme que « le téléspectateur ne veut pas du sport féminin, mais du sport tout court, Il veut voir de la performance et de l'émotion. » Face à ces bonnes audiences, différentes chaînes se sont engagées dans la diffusion du sport féminin : Football : France Télévisions et Eurosport ont un partenariat avec la Fédération pour retransmettre la Coupe de France féminine et le championnat de France de D1 féminine. Handball : Sport + a un partenariat avec la Fédération pour diffuser la Coupe de France féminine et le championnat de France de D1 féminine alors que Bein Sports diffusera avec Eurosport 2 la ligue des champions de handball féminin. Rugby : Eurosport et France Télévisions se partagent les matches de poule des Bleues de la Coupe du Monde de rugby alors que la finale est diffusée en clair sur France 4. Basket-ball : Canal + retransmet la ligue féminine et co-diffuse avec France Télévisions les matchs de l’équipe de France. Volley-ball : Ma Chaîne Sport diffuse le Championnat de France et Bein Sports les Championnats du Monde. Tennis : Ma Chaîne Sport a les droits pour le Women's Tennis Association Tour. Au vu de la structuration du marché des droits télévisuels, les géants du sport que sont Eurosport et Canal + pourraient bien participer à l'inflation des coûts des droits, évinçant ainsi les plus petits acteurs. Une inflation qui a déjà débuté mais qui reste tout de même environ 100 fois inférieurs aux droits des hommes. D’autres arguments sont mis en valeur dans la faible médiatisation du sport féminin, notamment la mauvaise état des équipements sportifs dans lesquels les équipes féminines évoluent, le différentiel de niveau entre les équipes féminines qui amène à des scores dénués de sens et l’absence de public lors des matchs avec des tribunes vides qui renvoie une image négative de la rencontre diffusée et n’attire pas le public. « Les gens veulent du spectacle. Il faut voir le niveau de certains sports féminins. Quand en D1 de football, le 1er gagne par plus de dix buts d’écart, ça n’intéresse pas le grand public » déclarait Vincent Rousselet-Blanc, rédacteur en chef du site « En pleine lucarne » et de continuer : « Toutes les personnes qui travaillent dans le monde de la télé vous le diront, il y a aussi le côté télégénique qui entre en ligne de compte. Lorsque vous allez dans une salle de handball ou de basket pratiquement vide et qu’il n’est même pas possible d’installer une caméra car ces salles sont mal adaptées, eh bien le public n’a pas envie de regarder ! ». Ainsi, il est du ressort de tous les acteurs de faire un effort, les chaînes, les fédérations, les ligues, les collectivités territoriales, pour que la médiatisation du sport augmente. Christine Kelly, membre du CSA, déclarait récemment : « C'est de la responsabilité de chacun, des Fédérations, des Ligues, d'aider les chaînes à médiatiser. Les chaînes sont là, croyez moi, elles veulent faire des efforts. Aidons les ».
  25. 25. 25 Et cette dernière est dans le vrai. L’intérêt des sponsors40 pour le sport féminin ne viendra que si celui-ci est médiatisé, ce qui ne sera le cas que si il y a des résultats sportifs. Pour connaître des performances sportives, il faut des sportives professionnelles, évoluant de préférence sur des terrains corrects et ayant accès à des infrastructures suffisamment modernes pour pouvoir s’entraîner régulièrement. Pour avoir ces structures, il faut investir et ce n’est absolument pas le rôle des médias mais des clubs qui sont tributaires de la formation des sportives. Par la suite, l’équipe nationale pourra intégrer des sportives provenant de ces clubs pour évoluer à un plus haut niveau et accomplir des exploits qui leur permettront d’être médiatisées et la boucle est bouclée. La Fédération peut ensuite aider pour les financements et la communication auprès du grand public afin de créer un engouement autour de sa discipline. Evidemment, il faut prendre un risque et beaucoup de clubs ne sont pas prêts à investir des milliers d’euros pour n’être retransmis à la télévision que 4 ou 5 fois par an. Arnaud Simon, Directeur Général d’Eurosport, répondait à cet argument en expliquant : « Il faut beaucoup d’énergie et de volonté (…) Il faut accepter que parfois, le stade ne soit pas dans un état idéal, que les niveaux entres deux équipes soient disparates […] Il faut accepter cela pour construire ». Afin de créer un attractivité du public, il prône une répartition des missions : les chaînes payantes doivent construire le feuilleton du sport féminin et les chaînes gratuites apporter un éclairage plus large sur celui-ci. Et en effet, les joueuses de football de l’Olympique Lyonnais ou de Juvisy commencent à créer leur histoire. Le grand public les reconnaît et leurs parcours, échelonné d’exploits, sont admirés. Lors de leurs rencontres, de plus en plus de monde viennent les soutenir et elles attirent autour d’elles de plus en plus de fans. Alors que les performances des sportives féminines ne cessent de se multiplier41 , elles ont encore du mal à exister aux yeux du grand public et à recevoir un traitement médiatique équivalent à leurs homologues féminins. Des progrès sont faits dans la reconnaissance de leurs exploits et de plus en plus de chaînes de télévision d’y intéressent mais un grand écart subsiste encore entre sportives et sportifs. Pour y remédier, l’Etat prend des mesures en faveur du sport féminin et des évènements dédiés aux femmes sont créées. 40 3% des 273 millions d'euros investis par les 100 plus grands sponsors le sont dans le sport féminin ce qui est négligeable (Huffpost, Un chantier prioritaire pour Najat Vallaud-Belkacem: la médiatisation du sport féminin, 2014, (consulté le 16 juillet 2014), disponible à http://www.huffingtonpost.fr/julian-jappert/mediatiser-sports- feminins_b_5123578.html) 41 Annexe 5
  26. 26. 26 II. DES MESURES EN FAVEUR DU DEVELOPPEMENT SUR LA DUREE DU SPORT FEMININ Le ministère en charge des Sports a pris en main le problème du sport féminin et mène actuellement une politique volontariste pour développer « la pratique féminine, valoriser le sport féminin dans les médias et favoriser l’accès des femmes aux postes à responsabilités dans les institutions sportives »42 . A. SOUTIEN DE L'ETAT AU DEVELOPPEMENT ET A L'EXPOSITION DU SPORT FEMININ L’Etat a donc pris différentes mesures afin de valoriser le sport féminin, et ce dès 1981, date à laquelle la puissance publique affiche sa volonté de changement. L’une des premières mesures engagées a été de permettre à des femmes d’intégrer le Ministère de la Jeunesse et des Sports jusqu'à aujourd’hui avec Madame Najat Vallaud-Belkacem. Des mesures incitatives sont mises en place mais le rôle social et intégrateur du sport se heurte à des résistances culturelles fortes. Le gouvernement actuel a accéléré la mise en place de politiques publiques initiées en faveur du sport féminin et mène une politique volontariste pour développer la pratique féminine car de nombreux clubs n’acceptent toujours pas de joueuses, ne voyant pas la nécessité de créer une section féminine. Dans certains cas, même s’il existe une section féminine, les horaires d’entraînement et l’attribution des terrains sont décernés de façon prioritaire aux garçons. Tout cela augmente les difficultés de l’accès à la pratique, des progrès des joueuses et du développement du sport féminin. Najat Vallaud-Belkacem estime que la « féminisation peut booster le sport » et veut promouvoir « la présence des femmes dans les instances dirigeantes, les sportives dans les médias et la pratique féminine 43 ». Ainsi, l’Etat a indiqué qu’il allait mettre en place plusieurs plans d’actions. Afin de hausser la médiatisation du sport féminin qui ne représente que 7% des retransmissions sportives, Najat Vallaud-Belkacem a annoncé qu’elle comptait obliger le service public à diffuser plus d'évènements sportifs féminins, les obligations des chaînes 42 Ministère des sports, La politique de féminisation du sport, 2014, (consulté le 20 juillet 2014), disponible à http://www.sports.gouv.fr/pratiques-sportives/le-sport-pour-tous/Sport-au-feminin-11071/La-politique-de- feminisation-du-sport/ 43 Huffigton Post, Valoriser le sport féminin à la hauteur du spectacle et des exploits qu'il donne à voir, 2013, (consulté le 16 juillet 2014), disponible à http://www.huffingtonpost.fr/valerie-fourneyron/valoriser-sport- feminin_b_4323999.html
  27. 27. 27 publiques et privées en matière de retransmission d'épreuves sportives féminines vont être étendues. Ce travail portera notamment sur le décret du 22 décembre 200444 appliquant en France la directive européenne dite « Télévision sans Frontières » (TSF). Ce décret oblige les chaînes payantes à partager leurs droits d'exclusivité avec les chaînes gratuites, pour les « évènements d'importance majeure45 » qui sont énumérés à l’intérieur. Actuellement, six de ces événements « hors jeux Olympiques » sont consacrés au sport féminin : finales de Championnat du Monde et d’Europe de bas et-ball, de handball, demi- finale et finale de la Fed Cup quand la France y participe et la finale dame de Roland-Garros. Sur certaines disciplines comme le football et le rugby, le décret ne liste que les grandes compétitions masculines comme étant d'importance majeure. Najat Vallaud-Belkacem a donc annoncé : « Nous allons agir sur le décret du 22 décembre 2004 qui fixe la liste des vingt-sept évènements majeurs sportifs retransmis à la télévision : dix-huit sont masculins, cinq mixtes, comme les JO, cinq féminins. Nous allons donc compléter la liste avec certaines épreuves féminines du championnat de France de football, de la Ligue des Champions et de la Coupe du Monde » car « 72% des Français estiment que les écarts de pratique entre les sexes sont dus à cette faible médiatisation46 ». Ainsi, un quota de sport féminin pourrait être imposé afin de favoriser une représentation plus équilibrée du sport féminin et masculin. En imposant un quota de sport féminin sur les chaînes de service public, les spectateurs auraient l'opportunité d'apprécier des performances féminines et accélérerait le processus de lutte contre les discriminations. Il est également prévu d’ « élargir les pouvoirs du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel pour qu’il vérifie que chacune des télés respecte l’équité dans les images » représentant des sportives ou des sportifs. Une compétence que n’a pas, pour l’heure, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Le gouvernement a également proposé au président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel l’introduction d’obligations de diversité pour les opérateurs pour la diffusion, à titre gratuit, de brefs extraits de manifestations sportives. Le sport féminin pourrait bénéficier de cette légitime contrepartie au « droit de citation ». 44 Huffigton Post, Valoriser le sport féminin à la hauteur du spectacle et des exploits qu'il donne à voir, 2013, (consulté le 16 juillet 2014), disponible à http://www.huffingtonpost.fr/valerie-fourneyron/valoriser-sport- feminin_b_4323999.html 45 Légifrance, Décret n°2004-1392 du 22 décembre 2004, (consulté le 16 juillet 2014), disponible à http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000786247 46 Huffigton Post, Valoriser le sport féminin à la hauteur du spectacle et des exploits qu'il donne à voir, 2013, (consulté le 16 juillet 2014), disponible à http://www.huffingtonpost.fr/valerie-fourneyron/valoriser-sport- feminin_b_4323999.html
  28. 28. 28 Toujours dans l’objectif d’une plus grande médiatisation du sport féminin, l’Etat a annoncé 47 un fonds de soutien d'un million d'euros, prélevée sur les fonds du Centre National pour le Développement du Sport (CNDS), qui sera alloué aux Fédérations sportives pour les aider à financer la production d'images télévisuelles de sport féminin 48 . Elle sera réservée aux événements diffusés sur les chaînes gratuites, particulièrement pour les rencontres de basket-ball et de handball, fédérations avec lesquelles le ministère a particulièrement travaillé. Ce fonds va être créé car actuellement, de nombreuses chaînes seraient prêtes à diffuser du sport féminin mais ne le peuvent pas par manque de moyens des clubs et des fédérations. Le coût de production d'une rencontre de basket-ball féminin est estimé à environ 20 000 euros et entre 40 000 et 50 000 euros par rencontre de football féminin. Le fonds de soutien supposera qu’un éditeur de services s'engage à diffuser la compétition de la Fédération qui solliciterait ce soutien et permettra alors un accroissement de l'offre audiovisuelle de compétitions sportives féminines, ce qui entraînera une plus grande visibilité et une plus forte attractivité de la pratique féminine du sport auprès du public et des acteurs économiques. La présidente de la mission sport du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a justement déclaré à ce propos : « Oui, les médias ont un rôle à jouer, mais les instances dirigeantes et les fédérations également. Pourquoi demander, par exemple, à une chaîne de diffuser un match de volley-ball si la salle où les filles jouent n'est pas bien éclairée, s'il n'y a personne dans les gradins ? La collectivité locale peut aider à avoir la salle, la Fédération peut aider à rassembler des spectateurs. Tout le monde a un rôle à jouer pour améliorer cette visibilité en souffrance ». Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, dans son étude « Sport et télévision », déclarait « Pour certaines [...] fédérations, la diffusion d'images de leurs compétitions à la télévision s'effectue moyennant paiement du diffuseur. Loin de tirer des revenus de la télévision, ce sont des dépenses qu'elles engagent49 ». En effet, plusieurs clubs ou Fédérations ne tirent aucune recette directe de cession des droits d'exploitation car le diffuseur considère couvrir ceux-ci par la prise en charge des coûts de production. Cependant, ils reçoivent des recettes indirectes suite à l'impact en termes de notoriété de la diffusion télévisuelle de la compétition qui peut attirer des partenaires commerciaux et des futurs licenciés. 47 Sport et citoyenneté, FEMMES, SPORT ET MEDIATISATION EN EUROPE. Pour une couverture plus importante du sport féminin, 2013, (consulté le 20 juillet 2014), disponible à http://sportetcitoyennete.com/communiquespresse/2013/20131129_conference_femmes&sport2.pdf 48 Ministère des sports, Centre National pour le Développement du Sport : des critères d’intervention réformés pour réduire les inégalités, 2013, (consulté le 20 juillet 2013), disponible à http://www.sports.gouv.fr/accueil-du-site/a-la-une/article/Centre-National-pour-le-Developpement-du-Sport-des- criteres-d-intervention-reformes-pour-reduire-les-inegalites-15694 49 CSA, Rapport du CSA sur les enjeux du développement de la représentation du sport féminin dans les médias audiovisuels, 2014, (consulté le 20 juillet 2014), disponible à http://www.csa.fr/Etudes-et-publications/Les- autres-rapports/Rapport-du-CSA-sur-les-enjeux-du-developpement-de-la-representation-du-sport-feminin-dans- les-medias-audiovisuels
  29. 29. 29 Cette initiative de l’Etat devrait contribuer à augmenter la visibilité du sport féminin et aider à son développement, conformément aux missions du CNDS. L’Etat a également déclaré une réorientation de ses moyens financiers, par le CNDS, pour développer les équipements de proximité et soutenir les associations pour corriger les inégalités d’accès à la pratique féminine. En effet, en France, des études ont prouvé que les femmes ont 2 fois moins accès que les hommes à la pratique sportive sur certains territoires. Le taux de licenciées dans certaines fédérations sportives est de 4% et 20% seulement des femmes qui font du sport le font dans un club. Ainsi, l’Etat a pour objectif d’augmenter le nombre de licenciées dans tous les sports. Avec ces mesures, Najat Vallaud-Belkacem reste dans la lignée des objectifs de Valérie Fourneyron, l’ancienne ministre des sports, qui déclarait : « Mon objectif est de rendre le sport accessible à tous, quel que soit son âge, sa condition physique, son genre, son milieu social. Cela veut dire réduire les inégalités d’accès à la pratique sportive, qui sont encore très nombreuses dans notre pays. ». L’Etat s’engage également a développé le sport à l’école, avec les plus jeunes, pour ancrer dans les mentalités que n’importe quel sport peut être féminin et masculin et faire naître des vocations car certaines Fédérations, comme celles de football, de rugby ou de motocyclisme, peinent à atteindre les 5 % de licenciées. Pour remédier à ce faible pourcentage de pratiquantes, ces fédérations mettent en place, avec le soutien de l’Etat, une politique visant à une pratique plus égalitaire de leur sport entre les femmes et les hommes. Un développement parallèle à la mise en place de différents programmes avec pour priorité l’égalité dans le sport dans les écoles élémentaires50 . Par exemple, la Fédération Française de Football développe cette année « le football des princesses », opération menée pour développer la pratique féminine du football en y associant les valeurs véhiculées par « les princesses » de l’équipe de France féminine de football51 . Il est possible d’affirmer que le sport change de visage et que d’ici quelques années, grâce à toutes les opérations menées, il n’aura plus rien à voir avec le sport d’aujourd’hui dans lequel les hommes prédominent. Cette évolution se fait en parallèle avec un changement des mentalités et est encouragée par Najat Vallaud-Belkacem : « Il faut que les fédérations améliorent la promotion de leur pratique auprès du public auprès duquel elle sont sous- représentées et généralement des filles. Il faut que sur le terrain les collectivités locales veillent à ce qu'il n'y ait pas d'inégalité dans le financement des associations, des clubs, en fonction que ce soit un sport féminin ou masculin et qu'elles développent ces collectivités locales, des équipements mixte ». 50 Ministère de l’éducation nationale, Le sport au lycée, (consulté le 25 juillet 2014), disponible à www.education.gouv.fr/cid4363/le-sport-a-l-ecole-elementaire 51 UNSS, Le football des princesses 2013-2014, c’est parti !, 2013, (consulté le 25 juillet 2014), disponible à www.unss.org/blog/le-football-des-princesses-2013-cest-parti/
  30. 30. 30 Par la dotation financière qu'il apporte aux différentes fédérations, le Ministère des Sports peut aider les Fédérations à développer la pratique féminine de leurs disciplines, dans le cadre de conventions d'objectifs. Dans le cadre des conventions d’objectifs qui les lient à l’État, toutes les Fédérations sportives doivent désormais mettre en place un plan de féminisation52 concernant la pratique sportive, l’encadrement, la formation et l’arbitrage. Il s’avère qu’actuellement, seules 10 Fédérations ont déjà définies un plan de féminisation sur les précédentes olympiades. Dès 2006, quatre fédérations ont défini un plan de féminisation : le handball, le basket-ball, le cyclisme et le football. Ensuite, au cours de l’olympiade 2009-2012, les fédérations d’aviron, de hoc ey sur glace, de montagne et d’escalade, de boxe, de triathlon et de tennis l’ont également mis en place. Ainsi, le Ministère des droits des femmes a souhaité que chaque Fédération sportive lui transmette « un plan de féminisation ». Najat Vallaud-Belkacem annonçaient : « Il faut que les fédérations imaginent des campagnes de promotion pour les féminines, qu'elles favorisent l'activité des jeunes filles grâce à la formation, qu'elles prévoient pour les arbitres autant de filles que de garçons. Nous avons déjà identifié ces critères, mais nous sommes encore ouverts aux suggestions53 ». La feuille de route du ministère issue du Comité Interministériel des « droits des femmes et de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes » a dit qu’il serait vigilant au moment des réunions de négociation des prochaines conventions d'objectifs passées avec les Fédérations sur la mise en place de ces plans. Une réunion de sensibilisation des cadres d'État Féminins a été organisée le 8 février 2013 dans les locaux du ministère afin de les inciter à candidater aux postes des directions techniques nationales des fédérations. Les premières données disponibles suites aux assemblées générales électives des fédérations sportives montrent un progrès54 ». Dans le cas où les Fédérations n’entreprendraient aucune mesure en faveur du sport féminin, Najat Vallaud-Belkacem envisageait de geler les sommes versées au nom de la féminisation du sport : « On voudrait conditionner ces subventions, car certaines fédérations les touchent alors qu'elles ne font rien pour ». 52 Ministère des Sports, Les plans de féminisation des fédérations sportives, 214, (consulté le 25 juillet 2014), disponible à http://www.sports.gouv.fr/pratiques-sportives/le-sport-pour-tous/Sport-au-feminin-11071/Les-plans- de-feminisation-des-federations-sportives/ 53 PECOUT Adrien, Comment féminiser le sport français, Le Monde, 2013, (consulté le 25 juillet 214), disponible à http://www.lemonde.fr/sport/article/2013/05/17/comment-feminiser-le-sport- francais_3290001_3242.html 54 Sénat, Égalité entre les femmes et les hommes dans le monde du sport, publication au Journal Officiel du 22/08/2013, (consulté le 25 juillet 2014), disponible à http://www.senat.fr/questions/base/2013/qSEQ130406047.html
  31. 31. 31 En outre, la ministre défend également la féminisation des instances sportives à moyen terme grâce notamment au projet de loi sur l'égalité hommes / femmes. B. LE PLAN DE FEMINISATION DES INSTANCES SPORTIVES Dès 1981, des responsables du sport ont adopté la « Résolution sur la plus grande participation des femmes au sport » avec des mesures politiques volontaristes et une demande de ressources complémentaires55 . En 1984, le Ministère des Sports a obligé les Fédérations sportives avec une pratique féminine à avoir au moins un siège d’élue dans leur conseil d’Administration. Plusieurs recommandations et résolutions ont suivi demandant l'égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines et à tous les niveaux du sport. En 2005, une recommandation adoptée par l'Assemblée parlementaire a déclaré : « l’Assemblée est consternée de constater que les femmes subissent encore de nombreuses discriminations dans l’accès et la pratique du sport amateur et professionnel. La persistance des stéréotypes, le manque de structures d’encadrement et de soutien aux femmes sportives et aux jeunes filles dotées d’un potentiel sportif, la difficulté de concilier vie professionnelle/sportive et vie familiale, la difficile réinsertion dans le monde du travail, une couverture médiatique insuffisante des sports pratiqués par les femmes et des financements privés limités sont des manifestations de ces discriminations ». La recommandation considérait en outre « l’absence de femmes dans les instances dirigeantes » comme un problème majeur56 . En 2010, le Comité des Ministres renouvelle son appel à l’égalité hommes/femmes avec l’élaboration d’un « Code d’éthique sportive » révisé57 . Najat Vallaud-Belkacem a présenté le 3 juillet 2013 son projet de loi-cadre pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Ce projet de loi comporte un article visant à accroître la féminisation des instances dirigeantes des Fédérations sportives et à atteindre, à moyen terme, la parité dans la représentation de ces instances58 . 55 Résolution sur une plus grande participation des femmes au sport (81/3), (consulté le 25 juillet2014), disponible à http://www.coe.int/t/dg4/epas/resources/texts/Res%2881%293_fr.pdf 56 PFISTER Gertrud, Egalité entre les hommes et les femmes dans le sport de haut niveau, 2011, consulté le 25 juillet 2014), disponible à http://www.coe.int/t/dg4/epas/resources/texts/INF25F_Egalite-femmes-hommes-sport- haut-niveau.pdf 57 Conseil de l’Europe, Recommandation CM/Rec (2010)9 du Comité des Ministres aux Etats membres sur le Code d'éthique sportive révisé, 2010, consulté le 25 juillet2014), disponible à http://www.coe.int/t/dg4/epas/resources/CM%20Rec_2010_9%20sur%20le%20Code%20d%27%C3%A9thique %20sportive%20r%C3%A9vis%C3%A9.pdf 58 Sénat, Projet de loi pour l'égalité entre les femmes et les hommes, 2013, (consulté le 25 juillet 2014), disponible à http://www.senat.fr/leg/pjl12-717.html
  32. 32. 32 A l’heure actuelle, « la représentativité des femmes au sein des comités directeurs est assurée dans 55% des fédérations contre 39% en 2009. S’agissant des bureaux fédéraux, 59 assurent la représentativité des féminines en leur sein, soit 55% des fédérations contre 28% en 2009. Au final, ce sont 39 fédérations qui assurent la représentativité des féminines au sein des deux niveaux d’instances dirigeantes, soit 36% des fédérations contre 23% en 200959 ». On observe une hausse de la féminisation des instances dirigeantes60 . Dans le renouvellement des postes de direction au sein des établissements du Ministère des sports, la parité est de mise. Ainsi, pour la première fois depuis sa création, une femme, Sylvie Robert, a été nommée à la présidence du Conseil d’Administration du CNDS, le 19 mars 2013. Cependant, il existe toujours des disparités et plus on progresse dans la « hiérarchie » du sport, moins il y a de femmes. Le Sénat dressait un état des lieux désastreux en 2011 avec une étude portant sur plus de 100 sports : « Onze femmes sont aujourd’hui à la tête d’une Fédération sportive. Elles représentent 15% des cadres des fédérations, 15,5% des conseillers techniques régionaux, 18,3% des conseillers techniques nationaux, 11,1% des entraîneurs nationaux et 5% des Directeurs Techniques Nationaux61 ». Elles sont 13% dans les comités directeurs et le pourcentage augmente avec la baisse de l’importance des fonctions: 11,7% de trésorières, 17,5% de trésorières adjointes, 19,6% de secrétaires générales. En effet, depuis la création de cette fonction dans les années 1960, seules 7 femmes ont occupé les fonctions de Directrice Technique Nationale au sein des Fédérations Olympiques. A ce jour, quatre femmes occupent des fonctions de Directrice Technique Nationale dans les Fédérations Olympiques de cyclisme, gymnastique, équitation et pentathlon moderne, alors qu’il y en avait qu’une seule sur la période 2009-2012 sur 30 fédérations olympiques. En 2013, une femme, lsabelle Spennato-Lamour, a été élue à la présidence d'une Fédération Olympique, la Fédération Française d'Escrime, alors qu'il n'y en avait aucune entre 2009 et 2012. Il s’avère qu’une seule des 30 fédérations françaises olympiques est présidée par une femme. Sur les 141 membres du Comité International Olympique (CIO), il n’y a que 16 % de femme et sur les 19 membres de la composition du Comité d’Organisation des Jeux Olympique (COJO), de Londres 2012, une seule femme, la princesse Anne d’Angleterre. La sous-représentation des femmes est aussi visible dans l'encadrement : les équipes de France féminine de handball, de football, de basket-ball, de volley-ball ou de rugby sont 59 Ministère des Sports, Projet de loi pour l'égalité entre les femmes et les hommes, 2013, consulté le 25 juillet 2014), disponible à www.senat.fr/leg/etudes-impact/ 60 Annexe 4 61 Sénat, Egalité des femmes et des hommes dans le sport : comme dans le marathon, ce sont les derniers mètres les plus difficiles, 2013, (consulté le 10 juillet 2014), disponible à http://www.senat.fr/rap/r10-650/r10- 65036.html
  33. 33. 33 entraînées par des hommes, les femmes ne représentent que 8% des entraîneurs nationaux. Les arbitres, elles, ne sont que 14%.Cependant, le nombre d’arbitres ne semble pas dépendre du nombre de licenciées dans la Fédération. Ainsi, les femmes ne représentent que 4% des licenciées de football mais sont 23% d’arbitres de haut niveau alors qu’en équitation, il y a plus de 80% de licenciées pour 30% d’arbitres féminins. Les Fédérations en retard sont l’escrime et le rugby avec 11% d’arbitres féminins, le handball 13%, le judo 16%, le tennis 12% et les Fédérations de volley-ball, de tir à l’arc, de taekwondo, de surf, de pétanque, de savate boxe française et de rugby à XII qui n’en comptent aucune en 2011-2012. Pourtant, il est essentiel que des femmes occupent des postes de direction car elles auraient le pouvoir d’influer sur le recrutement des officiels et des entraîneurs, ainsi que sur la situation des athlètes féminins. Comme le soulignait la délégation des droits des femmes et des hommes dans le sport, « un rééquilibrage de la place de la femme dans l’encadrement sportif parait indispensable, dans ses fonctions administratives comme dans ses fonctions techniques, pour les besoins et les attentes des femmes soient mieux pris en compte dans la définition des politiques sportives, dans l’entraînement des sportives de haut niveau, ainsi que dans la pratique du plus grand nombre ». Il est à rappeler qu’un décret du 7 janvier 2004 établissait que la représentation des femmes dans les instances dirigeantes d’une fédération soit garantie par l’attribution d’un nombre de sièges proportionnels au nombre de licenciés. Cette règle n’est pas efficace en raison de l’existence de fédérations très masculinisées ou très féminisées. C’est pourquoi les quotas sont de plus en plus demandés pour la féminisation des instances dirigeantes sportives. Des efforts sont observés, des Fédérations sportives et des candidates prêtes à franchir le pas des responsabilités d'encadrement technique : la représentation des femmes au sein des bureaux des Fédérations sportives a augmenté de 9,8% entre 2009 et 2013. A l’issue des élections des instances dirigeantes des Fédérations sportives pour l’olympiade 2013-2016, les femmes représentent 12,5% des présidents, 22,9% des secrétaires généraux et 13,5% des trésoriers. Sur ces trois fonctions, la représentation des femmes est en progression par rapport à la précédente olympiade. Malgré cette hausse, des progrès restent à faire. Si les pouvoirs publics peuvent exercer une influence sur la féminisation des instances fédérales, celle des clubs et des sociétés sportives relève avant tout d'une volonté propre et d'une prise de conscience du sport professionnel français. C’est pour cette raison que des actions de formation, des rassemblements sous forme de séminaires des dirigeants/tes de clubs de ligue 1 et 2 sont en cours de réalisation, ainsi que des visites aux clubs. En outre, la délégation aux droits des femmes préconise la création d’un « réseau officiel de femmes dirigeantes et la mise en place d’un système de parrainage des nouvelles dirigeantes sportives ». En comparaison à d’autres pays européens, la France accuse un retard dans la féminisation des instances sportives. Ainsi, en Grande-Bretagne, une femme exerce les fonctions de vice- présidente exécutive du club de Premier League de West Ham depuis 2010, après avoir été
  34. 34. 34 directrice générale du club de deuxième division de Birmingham City de 1993 à 2009. En Italie, deux clubs de Série A ont été présidés ces dernières années par des femmes, l'AS Roma de 2008 à 2011 et le Bologna FC de 2008 à 2010. En Espagne, Teresa Rivero a exercé les fonctions de présidente du club de Primera Divisiòn du Rayo Vallecano de 1993 à 2011. En France, un seul club de Ligue 1, Ligue 2 et National du football français est dirigé par une femme : Corinne Diacre62 est entraîneur de Clermont-Ferrand, club de Ligue 2, après le départ d’une autre femme, Helena Costa. C’est pour remédier à cette situation qu’en 1981, sous l’impulsion de l'ancien président Juan Antonio Samaranch, désirant que des femmes soient cooptées membres du Comité International Olympique (CIO), l'organisation a favorisé la présence des femmes à des postes de direction dans le sport. Actuellement, sur les 113 membres actifs que compte le CIO, 15 sont des femmes. Le groupe de travail femme et sport a été créé en décembre 1995 dans le but d’aider et de conseiller la commission exécutive du CIO quant à la politique à mettre en place dans ce domaine. Le groupe de travail est depuis 2004 la commission femme et sport du CIO. En 1996, la Charte olympique mettait en avant l’égalité des chances des hommes et des femmes et le CIO commençait à encourager les Comité Nationaux Olympique, les Fédérations Internationales et les entités sportives appartenant au mouvement olympique à fixer l'objectif de 20 % de femmes à des postes au sein de toutes leurs structures décisionnelles avant 2005. Le nombre de femmes présidentes, vice-présidentes et secrétaires générales à travers le monde n'a jamais été aussi élevé que sur la période 2005-2009. Cependant, en France, les femmes ne sont encore que 5% à présider un Comité Régional Olympique ou un Comité Départemental Olympique. L'Afrique reste le premier continent en terme de nombre de femmes présidentes, quatre au total. L'Europe devance jusqu'ici les deux continents américains et le continent africain dans la part de secrétaires générales. Dans le monde, quatre Fédérations Internationales, deux Fédérations Olympiques et deux organisations reconnues, sont dirigées par des femmes. SAR la princesse Haya Bint Al Hussein, membre du CIO depuis 2007, est présidente de la Fédération Équestre Internationale (FEI). Elle a succédé à une autre femme, Madame Doña Pilar de Borbón, maintenant membre honoraire du CIO. Marisol Casado est la présidente de l'Union Internationale de Triathlon, sport olympique, tandis que Madame Molly Rhone est la présidente de la Fédération Internationale des Associations de Netball, sport dominé par les femmes et populaire dans les pays du Commonwealth, et Madame Jessie Phua est la présidente de la Fédération Internationale de Bowling. « Nous voulons que tous les sports se donnent les moyens d’attirer autant de filles que de garçons, et pour ce faire, une représentation équilibrée dans les instances de gouvernance est un levier important » explique Najat Vallaud-Belkacem qui annonce comme objectif de temps 62 Annexe 6
  35. 35. 35 au respect de la parité hommes/femmes au niveau de leurs comités directeurs, les Jeux olympiques 2020. Dans le cadre des conventions d’objectifs 2014-2017 qui les lient à l’État, toutes les fédérations sportives doivent désormais se doter d’un plan de féminisation concernant la pratique sportive, l’encadrement, la formation et l’arbitrage. C’est le cas de la Fédération Française de Parachute qui a élaboré, validé et déposé son plan en janvier 2014. Pour montrer un exemple à suivre, une opération d’envergure, « Mesdames : franchissez la barrière ! » a été mise en place par la Fédération Française de Football invitant toutes les femmes proches des clubs de football à ne pas hésiter à jouer un rôle important dans la vie de ces associations. Les femmes sont également invitées et sollicitées à se former à l’arbitrage et aux diplômes techniques. Quelques résultats sont déjà disponibles et sont plutôt encourageants. Ainsi, le nombre de joueuses a augmenté de 10 % en deux saisons, portant l’effectif des pratiquantes à 70 000 licenciées. L’objectif fixé par Noël Le Graët est de 100 000 d’ici la fin 2016. Au niveau des dirigeantes dans les clubs, le chiffre est monté à 30 000 (trésorières, membres de comité directeur, accompagnatrices d’équipes, etc.), il est dénombré environ 2 000 cadres techniques et 700 femmes arbitres. L’opération de la Fédération est un succès que d’autres devraient suivre. Depuis 2011, au niveau de la gouvernance de la Fédération Française de Football et de la Ligue du Football Amateur (LFA), le football permet désormais des scrutins de listes pour des comités directeurs resserrés et ceux en place actuellement ont tous intégré une femme, il est vrai, par obligation légale. Dans le métier de journalistes sportifs, la parité hommes/femmes n’est pas de mise. Il faut attendre les années 1980-1990 pour avoir apparaître une féminisation du journalisme sportif. A cette époque, plusieurs femmes intègrent le service des sports de grands medias, tels l’Equipe ou le Monde et acquièrent une certaine crédibilité grâce à la reconnaissance de leur travail par le journalistique. Par exemple, Liliane Trévisan remporte le prix du meilleur article sportif en 1985, Isabelle Langé obtient le micro d’or radio pour RTL en 1999. En 15ans, le nombre de femmes dans le domaine passe de 2% à 10%. C’est une avancée alors que l’ensemble de la profession compte un tiers de femmes. Le journal l’Equipe compte 15% de femmes journalistes sportifs mais aucun n’est rédactrice en chef. D’après le rapport du CSA de 2011, les femmes constitueraient 13% des intervenantes dans les émissions sportives contre 9% en 2009. Ce pourcentage reste faible en comparaison du reste des programmes où les femmes représentent 35% mais des avancées sont perceptibles puisque le grand public connaît Estelle Denis, présentatrice de l’émission « 100% foot » sur la chaîne M6 ou Nathalie Ianetta sur Canal Football Club, sur Canal +. Les femmes sont présentes dans la plupart des émissions sportives mais il n’y a que peu de commentatrices lors de la retransmission des rencontres ou de consultantes invitées dans les émissions.
  36. 36. 36 Marie Boselli-Berenguer, directrice de l'école de journalisme de Nice, expliquait : « Les étudiantes s'intéressent à l'information en général mais peu d'entre elles veulent s'investir dans une rubrique sportive, car c'est un univers très masculin où il est difficile de s'imposer ». La performance sportive est certes importante dans le sport masculin et féminin mais chez les hommes, l’apparence physique est un atout et chez les femmes, la beauté est un impératif. Ce traitement informationnel n’est pas étonnant au vu du peu de journalistes sportives féminines, 5 % de l'information sportive en moyenne est assurée par elles contre 2% il y a dix ans. Lorsqu’un journaliste sportif écrit sur le sport féminin, il construit une réalité qui lui est propre en transmettant ses valeurs, son écriture est influencée par sa représentation ou par celle du contexte qui l’entoure. Les hommes ont encore de multiples préjugés et une vision de la femme encore trop primitive en ayant encore du mal à regarder les femmes pour ce qu'elles sont capables d’accomplir, ce qui s’en ressent à travers leurs articles. Les pouvoirs sportifs commencent à donner une place aux femmes. Par exemple, Ingrid Delterne a été élue récemment directrice générale de l'Union européenne de radio télédiffusion (UER) dont le rôle est de négocier les droits sportifs avec les télévisions ou Carol Isherwood qui est la première et seule femme à être membre active à l'International Rugby Board (IRB). En résumé comme l’exprime Jane Renoux, journaliste : « Oui, les médias, de par leurs responsabilités, façonnent les mentalités, construisent un modèle de société. Force est de constater que l’image et les récits qu’ils font de la femme sportive participent d’une culture sexiste, discriminatoire. Il y d’autres facettes de l’histoire, reste à ouvrir les yeux pour les voir, les discerner pour s’enrichir et faire évoluer les mentalités63 ». Ainsi, les pouvoirs publics mettent en place différentes actions afin de faire évoluer les mentalités et de donner au sport féminin la place qu’il mérite. Il est possible d’affirmer qu’il s’agit d’une action de longue durée avec des objectifs à moyen terme, qui vont s’inscrire sur les années à venir. Le sport féminin s’est développé ces dernières années même si des inégalités avec le sport masculin persistent. En parallèle de toutes les mesures qui sont prises, de multiples évènements valorisant le sport féminin sont créés pour que le grand public prenne conscience des valeurs et des messages que véhicule le sport féminin. 63 DAVISSE Annick, LORENZI Léo et RENOUX Jane, Olympie: la course des femmes, Le Havre, La Courtille, 1980

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