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Unespécialitéensoi !
PAR LOUIS CAYER
De 1994 à 2008, Louis Cayer signait la chronique
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« en I » que tous peuvent e...
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Apprenez-en plus sur rogers.com/partoutchezvous
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MON EXPÉRIENCE COMME
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« Une accusation de plus contre l’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest »,LaPresse.ca,[En ligne],http://www.lapr...
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Federer,INTEMPOREL
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un spécialiste de la terre battue, soit un
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loin d’être banales, la médiatisation et la
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axées sur la résistance et avec le concours d’un
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Envers et contre tous
ENTREVUE AVEC VASEK POSPISIL
C'est à quelques jours seulement avant
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  1. 1. 1N°100 La balle officielle de Tennis Québec www.TENNIS.qc.ca PostePublicationN°deconvention40634067 NO 100–AOÛT2015–3,95 $ 1 0 0 P A G E S P O U R L E 1 0 0 E N U M É R O !
  2. 2. 2 N°100
  3. 3. 3N°100 10 MINUTES DU CENTRE-VILLE 20 COURTS INTÉRIEURS DONT 6 EN TERRE BATTUE LE PLUS GRAND CLUB DE TENNIS INTÉRIEUR EN AMÉRIQUE DU NORD PARADIS SUR TERRE BATTUE 276$ 12 MOISà partir de Taxes et frais de terrains en sus 300, chemin du Golf, Verdun 514.766.1208 • tennis-ids.com
  4. 4. 4 N°100 PUB
  5. 5. 5N°100 08 ÉDITORIAL 25 ans de souvenirs 10 LE NUMÉRO 100 DE TENNIS-MAG Histoires et anecdotes depuis 1987 16 LE DOUBLE MASCULIN : UNE SPÉCIALITÉ EN SOI La vie des entraîneurs et des joueurs de double sur le circuit ATP 26 FEDERER, INTEMPOREL Roger Federer, le plus grand joueur de l'histoire 31 ENTREVUE AVEC VASEK POSPISIL Étoile montante, Vasek Pospisil répond avec générosité à nos questions. 35 RELATIONS PUBLIQUES À OUTRANCE? Le tennis professionnel est-il rendu trop « politiquement correct »? 39 LA RÉMUNÉRATION AU TENNIS EST-ELLE JUSTE? Le tennis, le plus inégalitaire des sports 47 CENTRE NATIONAL D’ENTRAÎNEMENT ET ÉTUDES Des adolescents comme les autres? 52 LE COIN DE L’ARBITRE Le rôle d'arbitre ou comment se faire oublier 57 UNE SOIRÉE AU GOÛT DE MIELE Le rendez-vous annuel de la grande famille tennistique québécoise 63 LES INTERNATIONAUX DE TENNIS JUNIOR DE REPENTIGNY Une histoire riche et ponctuée de succès 67 LA CLASSIQUE YONEX Une 1re édition en deçà des attentes 69 PORTRAIT D’ENTRAÎNEUR Christian Gingras – Le tennis, une histoire de famille 71 FINALES DE LA LIGUE TFIM, PRÉSENTÉES PAR MIELE 37e saison - une autre réussite 74 LA TOURNÉE DE TENNIS SCOLAIRE 6 ans d’existence et déjà un incontournable N°100 - NUMÉRO ANNIVERSAIRE PLAN DE MATCH MARC MESSIER TRAVAILLE SON JEU LE NO 100 DE TENNIS-MAG EST PRODUIT ET RÉALISÉ PAR TENNIS QUÉBEC Éditeur : Jean-François Manibal – Directeur : Réjean Levesque – Rédactrice en chef adjointe : Éliane Cantin – Rédaction : André Binet, Éliane Cantin, Louis Cayer, Marie-Christine Chartier, Suzanne Dussault, Réjean Genois, Julie Kelertas, Réjean Levesque, Andréanne Martin, Alain Morency, Nicolas Pelletier, Valérie Tétreault, Guillaume Théroux – Révision : Éliane Cantin, Réjean Levesque, Alain Morency, Julie Robert – Photo page couverture : Jag Gundu/RCA Productions – Infographie/mise en page : Diobri – Tirage : 15 000 copies – Impression et distribution par la poste, 3e classe : Les publications 9417 – Distribution en kiosque : LS distribution North America PLUS 77 INFO TENNIS QUÉBEC 78 ENTREFILETS 81 LU, VU ET ENTENDU 82 TABLEAU D’HONNEUR 84 QUOI DE NEUF? 88 CLASSEMENTS ROGERS 92 RÉSULTATS DES TOURNOIS 94 CLUBS DE TENNIS EXTÉRIEUR 97 CLUBS DE TENNIS INTÉRIEUR COURTS DES STARS 12 L’ENTRAÎNEMENT Prendre le contrôle du point à partir du centre du terrain 15 L’ENTREVUE « J’ai commencé à jouer vraiment dans la vingtaine. J’ai eu une période pendant une année où je jouais de façon compulsive. Je jouais au tennis autant que je pouvais. » 31 Maintenant dans le Top 30,Vasek Pospisil s’approche lentement mais surement de son but pour l’année 2015 : faire partie du Top 20! Photo:ArchivesTennisQuébec Photo:CourtoisieTennisCanada 07 MOT DU PRÉSIDENT Un numéro cent… précédent! 20 LIGNES DE FOND D’hier à aujourd’hui 24 MIEUX-ÊTRE À l’affut des abus sexuels dans le cadre sportif 42 JEU, MANCHE ET MATCH… DE LA VIE Anne Jarry, quand l'adversité est source de bonheur CHRONIQUES 20 John McEnroe, un des joueurs qui pratiquaient un style de jeu dit « plus classique », dans les années 80.
  6. 6. 6 N°100 STRUCTURE DE Milos Raonic Milos Raonic est très certainement un des Canadiens à avoir marqué l’histoire tennistique du pays et, par le fait même, de Tennis-mag. Il est l’un des joueurs ayant apparu sur la couverture à plus d’une reprise (3 fois). Il partage cet honneur avec peu de personnes, dont Sébastien Lareau, Frédéric Niemeyer,Aleksandra Wozniak et Eugenie Bouchard. Il nous a accordé une entrevue dans laquelle il nous parle de son enfance, de l'amélioration de son jeu dans la dernière année, de son alimenta- tion et beaucoup plus ! Retrouvez-la en exclusivité au www.tennis.qc.ca COMITÉ EXÉCUTIF Président Réjean Genois Vice-président et représentant des régions Alain Morency Secrétaire-trésorier Jean-Guy Fugère Association des clubs de tennis intérieur (ACTIQ) Paul Patenaude / Tennis 13 Directeur général Jean-François Manibal / Tennis Québec ADMINISTRATEURS Christine Beaulieu, Marius Brisson, Jim Lahey,Andréanne Martin ÉQUIPE DE TENNIS QUÉBEC Pour nous rejoindre : 514 270-6060 Directeur général Jean-François Manibal : poste 606 • dg1@tennis.qc.ca Adjointe administrative Jesline Patrick : poste 600 • courrier@tennis.qc.ca Agent de développement Jérôme Ouellet : poste 602 • dev@tennis.qc.ca Agente, contenu rédactionnel et relations publiques Éliane Cantin : poste 604 • contenu-rp@tennis.qc.ca Coordonnatrice aux communications Julie Robert : poste 604 • cocom@tennis.qc.ca Coordonnatrice du Système de gestion des individus Suzanne Tremblay : poste 600 quebectennis@tennis.qc.ca Directeur, développement corporatif et communications Réjean Levesque : poste 607 • mkg@tennis.qc.ca Directeur, développement régional et technique François Giguère : poste 609 • regtech@tennis.qc.ca Directeur technique David Marandon : poste 608 • tech@tennis.qc.ca Entraîneuse / Directrice du développement des athlètes Sylvie Giroux : poste 610 • excel@tennis.qc.ca Responsable de la Tournée Sports Experts Francis Charest : poste 602 • activites@tennis.qc.ca Secrétaire Sumayya Jaffer : poste 601 • fqt@tennis.qc.ca Stagiaire – recherche et logistique Martijn Kentin : poste 605 • stagiaire@tennis.qc.ca Photo :TennisCanada/ChristopherLevy
  7. 7. 7N°100 PAR RÉJEAN GENOIS LE MOT DU PRÉSIDENT Loin de moi la certitude qu’un 100e numéro du Tennis-mag faisait partie des prétentions de Denis Côté, fondateur du magazine en 1987. Quelque 28 ans plus tard, vous voilà pourtant bel et bien en train de lire la 100e édition du magazine, une édition historique. Il me faut le répéter pour y croire : nous sommes bel et bien arrivés à produire CENT numéros. Cent numéros dans lesquels nous avons couvert, pour vous, toute l’actualité tennistique, qu’elle soit provinciale, nationale ou internationale. Cent numéros dans lesquels nous avons avidement travaillé à promouvoir la pratique du tennis au Québec. Cent numéros dans lesquels nous vous avons fait découvrir les joueurs de demain dont certains ont brillamment rempli le mandat de devenir les joueurs d’aujourd’hui. Il s’en est passé des choses en 28 ans! Souvenons-nous qu’en 1987, la vedette tennistique québécoise de l’heure s’appelait Martin Laurendeau. Il séjournait alors au premier échelon du classement québécois, au 2e échelon du classement canadien et AVIS SUR LA PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS Tennis Québec assure la confidentialité et une protection totale des renseignements personnels de ses membres. Ceux-ci ne sont utilisés qu’aux fins auxquelles ils ont été recueillis et ne sont en aucun cas partagés avec d’autres organismes ou entreprises n’étant pas liés directement au programme ou à l’activité à laquelle le membre participe. au 144e échelon mondial. Il faisait la couverture du premier numéro du Tennis-mag et son entraîneur de l’époque, Louis Cayer, signait un article dans lequel il faisait le portrait de son protégé. Vingt-huit ans plus tard, Martin Laurendeau est devenu capitaine de l’équipe canadienne de la Coupe Davis. Chez les femmes, il y a 28 ans, celle qui faisait tourner les têtes au Québec, c’était Hélène Pelletier. Nous avons aujourd’hui tout le plaisir de l’entendre commenter les matchs de tennis diffusés sur l’antenne de RDS. Il y a 28 ans, les collaborateurs au Tennis-mag s’appelaient, entre autres, Eugène Lapierre, Richard Le Gendre, Andrée Martin, Louis Cayer, René Gauthier, Rolland Godin, Jacques Hérisset et André Lemaire. A-t-on besoin de vous rappeler qu’Eugène Lapierre est désormais Directeur de la Coupe Rogers et vice-président de Tennis Canada? Inutile de compléter que les autres ont été ou sont encore largement impliqués dans le paysage tennistique. À ces collaborateurs ont succédé bien d’autres gens. Pensons notamment à Mathias Brunet, à Suzanne Dussault, à André Binet, à Yvan Ponton, à Mélanie Marois, à Christiane Bergevin, à Guillaume Théroux, à Jean-Guy Fugère, pour ne nommer que ceux-là. Vous remarquerez que certains d’entre eux ont généreusement accepté notre offre de collaborer à ce numéro spécial pour en souligner l’importance. Nul besoin de vous mentionner qu’ils n’ont rien perdu de leur verve. Il y a 28 ans, vous étiez déjà quelques-uns à nous lire. Avec les années, plusieurs vous ont imité. Aujourd’hui, notre magazine orne le décor d’un peu plus de 120 clubs de tennis au Québec. Votre fidélité a permis la pérennité du magazine. Et que dire des annonceurs qui, grâce à leur support, nous permettent de produire une publication de qualité! Sans les collaborateurs, les annonceurs et les lecteurs, le 100e numéro n’aurait pas vu le jour. Sans vous, nous n’aurions pas eu l’ambition d’en faire le plus réputé magazine de tennis du Canada. Nous vous sommes des plus reconnaissants. Pour cette raison, nous avons le grand plaisir de vous offrir, cette fois-ci et pour la première fois, une édition de 100 pages qui, nous l’espérons, sera à la hauteur de vos attentes. On se reparle bientôt, pour la 101e édition. ASSOCIATIONS RÉGIONALES DE TENNIS ABITIBI-TÉMISCAMINGUE – Jean-Guy Cossette Tél. : 819 856-1548 • k_sept@icloud.com CAPITALE-NATIONALE – Vincent Cliche Tél. : 418 839-7276 CÔTE-NORD – Robert Boudreau • Tél. : 418 589-5584 ESTRIE – Pierre Ouzilleau Tél. : 819 868-2643 • pierreouzilleau78@sympatico.ca LAC SAINT-LOUIS – Lawrence Fitzsimmons Tél. : 514 634-2364 • centredetennislachine@gmail.com LAURENTIDES – Yves Dériger • Tél. : 450 434-9426 yvesderiger@videotron.ca • www.tennislaurentides.org LAVAL – Claude Farmer • Tél. : 514 239-2624 www.tennislaval.com MAURICIE – Denis Leclerc • Tél. : 819 533-4037 denis.leclerc@videotron.ca MONTRÉAL – Bernard Duchesneau Tél. : 514 270-2724 • www.tennismontreal.qc.ca OUTAOUAIS – Serge Richard • Tél. : 819 243-4170 cdesjardins55@hotmail.com • www.artotennis.ca RICHELIEU-YAMASKA - Norman Rothsching Tél. 450 578-3664 normanrothsching@hotmail.com RIVE-SUD – Richard Bonin Pour toute information concernant les activités et les tournois sur la Rive-Sud, veuillez joindre M. Denis Crotty au Sani Sport Boucherville (450 655-9150). SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN – Mario Portolèse Tél. : 418 668-3160 • Sans frais : 1 866 303-3160 portolesemario@gmail.com SUD-OUEST – Frédéric Auclair • Tél. : 514 973-2551 frederic.auclair@tennissudouest.com « Aujourd’hui, notre magazine orne le décor d’un peu plus de 120 clubs de tennis au Québec.» Un numéro cent… précédent!
  8. 8. 8 N°100 L’année 1987 a été marquée par plusieurs événements qui me viennent en tête, outre mon mariage… il y a eu la naissance de Sydney Crosby, le décès de René Lévesque, la création du programme scolaire de la Fédération québécoise de tennis (Tennis Québec) et… le lance- ment du premier numéro de Tennis-mag grâce à la persévérance de son fonda- teur, Denis Côté. Vingt-huit ans et 99 numéros plus tard, Tennis-mag publie sa 100e  édition régulière.1 L’année précédente, j’étais allé travailler en Angleterre entre deux sessions universitaires. Cet été de 1986, j’ai assisté à mon premier tournoi de tennis professionnel à vie : Wimbledon! Mon précieux billet me donnait accès au court no 1 du mythique All-England Club. J’y ai vu jouer les éventuelles championnes du double, Martina Navratilova et Pam Shriver. En fin de journée, un spectateur m’a gentiment donné son billet pour le central. Ivan Lendl (finaliste) était en vedette. Wow! À ce moment, jamais je n’aurais pu imaginer que moins de quatre ans plus tard, en février 1990, je joindrais les rangs de la petite équipe2 de la Fédération québécoise de tennis. Vingt-cinq ans plus tard, je me suis replongé dans le passé en survolant les deux premiers numéros du Tennis-mag auxquels j’ai collaboré, les éditions 14 et 15. Stade Jarry et les Sébass… L’un de mes premiers articles publiés (no 14 – Juin 1990) a été une entrevue avec Richard Legendre, alors directeur des Internationaux de tennis du Canada à Montréal. Le titre? « Pour demeurer concurrentiel, le tournoi montréalais a besoin d’un vrai stade de tennis. » Or, le rêve de Richard est devenu réalité six ans plus tard. Dans l’édition suivante (no 15 – Septembre 1990), mon interview avec les deux Sébass (Sébastien Lareau et Sébastien LeBlanc) m’a fait réaliser que j’ai été témoin d’un épisode important de l’histoire du tennis québécois et canadien, leurs victoires consécutives chez les juniors en double à Roland-Garros et à Wimbledon. Je me suis rappelé de la journée du lundi 9 juillet 1990. À mon arrivée au bureau, j’apprends le retour au Québec de Lareau3 et de son entraîneur André Lemaire. Tennis Canada n’ayant pas de service de communications à Montréal, je prends donc la décision d’or- ganiser une conférence de presse. Six heures plus tard, j’accueille Lareau et Lemaire à leur descente d’avion à Dorval pour les conduire dans une salle de conférence où les attend une meute de journalistes. De Brunet à Dussault… Mon retour en arrière dans les numéros 14 et 15 m’amène à me remémorer plusieurs personnes, certaines impliquées dans la rédaction, d’autres qui apparaissent tout simplement sur une photo. Plusieurs ont conservé un lien avec le tennis. Parmi celles-ci, il y a quelques rédacteurs de textes : Mathias Brunet, aujourd’hui chroniqueur sportif à La Presse (voir son texte en page 11), Christiane Bergevin, ancienne membre du conseil d'administration deTennis Canada, vice-présidente chez Desjardins et l’une des personnalités que j’ai interviewées en 2013, dans le cadre de la chronique « Jeu, manche et match… de la vie! », André Binet qui aime bien encore nous rappeler qu’il a été le premier Canadien à détenir le badge or d’arbitre, le badge or de juge- arbitre et le badge or d’arbitre en chef de l’ATP, de la WTA et de la FIT (voir son texte en page 52), et finalement, Suzanne (Touchette) Dussault. Suzanne a intensifié son implication dans Tennis-mag après que la Fédération québé- coise de tennis eût acquis le magazine en 1992 (édition no 20). À titre de rédactrice en chef, elle aura été impliquée dans la parution du plus grand nombre d’éditions de Tennis-mag. Sans elle, je ne crois pas que nous aurions été en mesure de célébrer notre 100e édition cette année. Des coups fumants! Les têtes d’affiche en juin 1990 sont, entre autres, Steffi Graf, Gabriela Sabatini et la jeune Jennifer Capriati, 14 ans seulement. Tennis-mag annonce qu’elles seront toutes en vedette lors du Challenge Player’s ltée à la PAR RÉJEAN LEVESQUE Présentement directeur, développement corporatif et communications, à Tennis Québec, M. Levesque a collabo- ré à la rédaction de Tennis-mag pendant deux ans avant d’en devenir le directeur en 1992. Sébastien Lareau (à gauche) et Sébastien LeBlanc n’était âgés respectivement que de 15 et 16 ans, mais ils constituaient déjà un duo redouté au niveau junior international. « Il se complètent bien » disait Richard Legendre (au centre), directeur des Internationaux juniors Interurbains Bell de Repentigny en 1989. Photo:CourtoisieNormandPichette/JournaldeMontréal TÉMOINPRIVILÉGIÉ D’UNQUARTDESIÈCLE D’HISTOIRE É DITORIAL
  9. 9. 9N°100 fin juillet. Player’s, du Maurier… Qui pourrait encore imaginer en 2015 que des marques de cigarettes soient associées au sport, au tennis? Personne évidemment! Mais sans elles, est-ce que les premiers Internationaux de tennis du Canada, présentés à Montréal en 1980, seraient devenus la Coupe Rogers qui détient le record mondial d’assistance pour un tournoi d’une semaine, et ce, tant chez les hommes que chez les femmes? Le rêve de Richard Legendre s’est concrétisé par 16 terrains intérieurs, dont quatre en terre battue au deuxième étage du Stade Uniprix (une première mondiale), 12 courts extérieurs, deux avec des estrades permanentes, un centre national d’entraîne- ment, dont sont issus deux Top 10 mondiaux (Raonic et Bouchard)! Une photo d’Eugène Lapierre, alors qu’il était directeur technique à la Fédération, me fait penser à deux choses : il a été l’un des instiga- teurs du programme de minitennis scolaire au Québec, lancé en 1987, et son nom est associé à celui de Legendre. Successivement, les deux amis auront contribué au succès indéniable du tournoi montréalais et à la qualité de ses instal- lations. Un autre nom, celui de Claude Savard, vice-président, partenariats corporatifs, àTennis Canada, me vient en tête. Claude est le grand artisan du financement de la Coupe depuis plus de deux décennies. Longévité et destinées s’entrecoupent. Une photo et un texte concernant l’actuel direc- teur général de Tennis Québec, Jean-François Manibal, me font également sourire. Dans l’édition 14 (Juin 1990), on y souligne ses dix ans comme employé à la Fédération… En janvier dernier, il y fêtait ses 35 ans de passion! En fait, plus je tourne les pages des éditions 14 et 15, plus je constate les liens qui unissent les différents membres de la petite famille du tennis québécois. En septembre 1990, l’homme d’affaires Jean Perron4 devient le premier président de la Fondation des amis du tennis. Sébastien LeBlanc n’a que 16 ans lorsqu’il est en vedette sur la couverture de cette même édition (en compagnie de Sébastien Lareau). Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis et c’est LeBlanc qui dirige, à 41 ans, les destinées de la Fondation. Le meilleur joueur au Classement québécois Penn, Martin Laurendeau, ainsi qu’un jeune entraîneur de Repentigny, Sylvain Bruneau, sont également en vedette dans le maga- zine en 1990. Depuis quelques années déjà, Laurendeau et Bruneau sont respectivement capitaines des équipes canadiennes de la Coupe Davis et de la Coupe Fed. Ils ont mené leur équipe respective à des sommets encore inégalés pour le Canada. À cette liste s’ajoute Sylvie Giroux, maintenant directrice du développement des athlètes à Tennis Québec. Sur une photo, on la voit en compagnie de jeunes espoirs de l’époque : Jocelyn Robichaud, maintenant entraîneur au Centre national de tennis, Dorota Wozniak, la sœur aînée d’Aleksandra, et Cristina Popescu qui est devenue la première Québécoise à remporter les Internationaux de tennis junior à Repentigny. Depuis le lancement de Tennis-mag en 1987, plusieurs personnes ont joué un rôle important dans le développement de notre sport. En feuilletant les anciennes éditions du maga- zine, elles y sont présentes pour la plupart, que se soit Réjean Genois, François Godbout, Maurice Leclerc, Jean-Guy Fugère, Andrée Martin, Rolland Godin, Stéphane Bonneau, Jean Garceau ou Hélène Pelletier. 1 Outre les 100 éditions régulières de Tennis-mag, trois éditions spéciales de fin d’année ont également été publiées en 1994, 1995 et 1996. 2 En 1990, la permanence de la Fédération québécoise de tennis était composée de Nancy Bélanger, secrétaire,Andrée Martin, responsable de la haute performance (aujourd'hui retraitée et membre du conseil d’administration de Tennis Canada), Eugène Lapierre alors directeur technique (actuel directeur de la Coupe Rogers à Montréal) et Jean-François Manibal, déjà directeur général. 3 En 2000, Sébastien Lareau est à nouveau passé à l’histoire en remportant l’or en compagnie de Daniel Nestor lors des Jeux olympiques de Sydney en Australie. 4 Pour la première sortie de la chronique « Jeu, manche et match… de la vie! » publiée en août 2013, Jean Perron m’a accordé l’entrevue qui m’a le plus touché dans ma carrière. Il est décédé des suites d’un cancer en 2014. Moments tristes et heureux Depuis mes débuts en 1990, j’ai également été un témoin privilégié d’événements qui ont marqué notre histoire. « Tu restes à l’extérieur. C’est ma conférence de presse et non la tienne. » J’étais présent à quelques mètres de cet échange en juillet 1995 alors que Greg Rusedski, le joueur québécois le mieux classé de l’histoire sur le Circuit ATP, s’adressait à son père Tom. C’était tout juste avant de débuter la conférence de presse où il a tenté maladroitement de défendre les raisons qui l’avaient poussé à porter les couleurs de l’Angleterre après s’être hissé dans le Top 50 mondial. Sur une note plus heureuse, il y a aussi eu la naissance de nombreux tournois internationaux disputés en sol québécois, dont le Challenger de Granby et le Challenge Bell de Québec (Coupe Banque Nationale). Sans oublier évidemment, les succès historiques d’Aleksandra Wozniak, première Québécoise à atteindre le Top 25, puis ceux d’Eugenie Bouchard qui aura fait tourner toutes les têtes en 2014. Perpétuer notre histoire Depuis le tout premier numéro que Denis Côté a concocté dans son appartement de la rue Henri-Julien à Montréal, le tennis québécois, canadien et international nous a fait vivre des moments inoubliables. Tennis Québec lui a succédé afin de poursuivre cette couverture de l’actualité tennistique empreinte d’émotions. Les 100 éditions du magazine de tennis le plus réputé du Canada constituent de véritables archives qui perpétuent les souvenirs de notre histoire riche en rebondissements. Greg Rusedski, alors dans le Top 25. Réjean Levesque - 1986 – Court no 1 à Wimbledon Photo:ArchivesTennisQuébec Photo:Courtoisie
  10. 10. 10 N°100 UNEHISTOIRE PONCTUÉE D’ANECDOTES On a demandé aux anciens collaborateurs de Tennis-mag de souligner la 100e édition1 du magazine en signant une chronique. J’y ai trouvé une excellente occasion de partager avec vous quelques souvenirs de toutes ces années passées avec l’équipe de la revue. Une petite équipe pour de multiples tâches Le mot équipe m’entraîne déjà dans une première réflexion. Il faut vous dire que cette fameuse équipe réunissait bien peu de personnes, en réalité. Des personnes qui devaient porter plusieurs chapeaux. Écriture, correction des textes soumis, recherche de sujets d’articles et de photos pour les illustrer, chasse aux spécialistes de la nutrition, de la psychologie sportive, de l’entraînement physique prêts à collaborer gratuitement avec nous! Sans oublier la course aux annonceurs ainsi que la traduction et l’adaptation de leurs pubs. Sur ce dernier point, je ne peux m’empêcher de faire une digression et vous raconter une petite anecdote savoureuse. Dans une deuxième carrière, Denis Côté, fondateur de la revue Tennis-mag, avait mis ses talents au service de la lutte antitabac. Il avait alors réservé de l’espace publicitaire pour dénoncer les dangers de la cigarette pour la santé. Fin renard, il avait insisté pour que nous placions ces pubs dans les pages de notre reportage sur l’événement de l’été, soit l’Omnium du Maurier! Comme le financement du magazine était un véritable défi, nous ne pouvions lever le nez sur une source de revenus additionnelle.Toutefois, vous imaginez facilement notre malaise. Des collaborateurs en or Avec le recul, je trouve formidable d’avoir réussi à recruter tant de personnes compétentes qui ont accepté de travailler bénévolement. Je pense à Louis Cayer, Andréanne Martin, André Binet, Stephanie Myles, Mathias Brunet, Jean-Guy Fugère, Valérie Tétreault, pour n’en nommer que quelques-unes. Et je n’oublie pas certains autres qui allaient bien au-delà du travail rémunéré. Les graphistes Caterina Palmeri et Yves Côté de Multiconcept Graphisme qui allongeaient leurs heures de travail en soirée et pendant les fins de semaine pour s’assurer que la revue soit prête dans les délais, Marcel Lefebvre, photographe, toujours prêt à courir les tournois dans la grande région métropolitaine pour engraisser notre banque de photos. Merci à vous tous! Trouver un titre pour la page couverture était une épreuve à chaque nouveau numéro. Malgré les sessions de remue-méninges, les suggestions de tout un chacun, rien n’était plus difficile. La page couverture (nº 61 du Tennis-mag) sur laquelle le PAR SUZANNE DUSSAULT Suzanne Dussault a été rédactrice en chef du Tennis-mag (55 éditions, no 28 à 39 et 45 à 87) comédien James Hyndman était en vedette aura été celle qui nous a donné le plus de soucis. Quand les revues livrées par l’imprimeur et prêtes à être distribuées sont arrivées à Tennis Québec, nous avons réalisé que le nom du comédien était mal orthographié. Il a donc fallu refaire l’impression de la page couverture et retourner à l’imprimerie les 12 000 copies pour les brocher avec la nouvelle couverture. Une erreur qui n’arrive qu’une fois, je peux vous l’assurer!!! Les personnalités du tennis québécois Durant les quelque 20 ans que j’ai passés à Tennis-mag, il m’a été donné de côtoyer plusieurs athlètes et entraîneurs québécois. Entre autres, Eugenie Bouchard qui, à 14 ans, m’avait fascinée par sa détermination à réussir; Françoise Abanda qui, à peine âgée de 8 ans, voulait me persuader qu’un jour elle serait une championne; Aleksandra Wozniak qui, malgré ses succès sur le circuit, est toujours demeurée modeste et si gentille avec tous ; Yves Côté et Caterina Palmieri, graphistes pendant 20 ans (1994-2013) Photo :TennisQuébec/AugustinGuerra
  11. 11. 11N°100 PAR MATHIAS BRUNET Stéphanie Dubois, une bombe d’émotion aussi attachante que dynamique; Valérie Tétreault et Mélanie Marois qui, quelle belle surprise, manient la plume avec autant de talent que la raquette. Deux entraîneurs, Martin Laurendeau et Sylvain Bruneau, aujourd’hui capitaines des équipes masculine et féminine de la Coupe Davis, m’ont toujours impressionnée par leur courtoisie et leur acuité intellectuelle. Deux hommes sobres et réservés dont la passion pour le tennis ne s’est jamais démentie. Évolution technologique La technologie a certes été d’un grand secours dans l’évolution du magazine. Les avancées technologiques des outils informatiques nous ont permis d’être plus efficaces et, les photos numérisées ont détrôné les photos papier. Je me rappelle la difficulté que nous avions pour obtenir les photos d’enfants qui gagnaient des tournois ou qui se retrouvaient en tête du classement. Des photos souvent obsolètes après deux ans! Le courriel est certes plus rapide que la poste! Les parents se sont mis de la partie et se sont fait un devoir sinon un plaisir de nous faire parvenir plein d’images de leurs enfants. Si, au début il fut difficile de faire comprendre aux amateurs qu’une belle photo sur Internet est plus que souvent inutilisable pour l’impression, une majorité a bien compris finalement l’importance du nombre de pixels. Dans les premières années de l’existence de Tennis-mag, nous n’avions pas l’information au bout des doigts comme aujourd’hui. L’image du reçu jauni par le temps est imprimée à jamais dans ma tête : «Rédaction d’un article pour leTennis-mag, 92$, septembre 1988, signé Denis Côté. » Pourquoi ce bout de papier recèle-t-il une telle valeur sentimentale pour moi ? J’avais 19 ans et je caressais toujours le rêve de couvrir le Canadien pour La Presse. J’avais fondé mon journal à l’école secondaire et depuis mon arrivée au cégep, je suivais les activités des équipes sportives du Collège Bois-de-Boulogne pour le compte du journal étudiant et des journaux locaux, à qui je fournissais gratuitement mes articles. Mon article pour Tennis-mag constituait le premier texte pour lequel j’étais rémunéré. J’ai continué à écrire pour le Tennis-mag au cours des années qui ont suivi. J’avais même proposé mes services lors du départ de Denis Côté. J’avais des idées de grandeur pour ce magazine, avec toute la candeur qui me caractérisait à l’époque… Mais finalement, mon vieux rêve s’est concrétisé et à l’aube de mes 25 ans, après un stage d’été à La Presse, je commençais à sillonner l’Amérique afin de suivre le Canadien et les Expos pour le compte du plus grand quotidien d’Amérique ! Ma passion pour le tennis ne s’est pas évanouie pour autant. J’ai couvert les Internationaux de tennis du Canada pour La Presse pendant une douzaine d’années, et j’ai aussi continué à produire des textes pendant un certain temps à Tennis-mag, avec cette fois une entente qui me permettait de réinvestir mon cachet dans la relève québécoise. Tennis-mag, après tout, n’avait-il pas investi au départ dans la relève journalistique sportive ? La balle officielle de Tennis Québec www.TENNIS.qc.ca L E S 3 5 A N S D E T F I M J E A N P E R R O N PostePublicationNodeconvention40634067 AOÛT2013–3,95$ TSONGA, EN TERRAIN CONNU Les recherches sur l’activité internationale et les résultats des tournois étaient ardues et longues. Même la conception du magazine était plus compliquée. Il fallait se déplacer chez le graphiste et chez l’imprimeur pour chacune des étapes de mise en page et de correction, puisque les PDF n’existaient pas. Si la mission de Tennis-mag était avant tout d’être une fenêtre pour le tennis québécois, l’avènement des nouvelles technologies nous aura permis de donner à la revue un nouveau visage et d’en élargir les horizons. Une de nos belles réalisations fut sans doute d’obtenir des entrevues exclusives avec les meilleurs joueurs et joueuses de tennis du monde. Martina Navratilova, Justine Henin,Ana Ivanovic, Caroline Wozniacki, Novak Djokovic, Andy Murray, Rafael Nadal et Jo-Wilfried Tsonga se sont pliés au jeu des questions et réponses. Ce fut un tour de force pour notre magazine qui disposait de si peu de moyens financiers. Je ne connais pas l’avenir de la revue. Sera- t-elle convertie en version numérique comme le veut la tendance actuelle? Une chose est certaine cependant. Les amateurs de tennis québécois garderont un merveilleux souvenir des cent premiers numéros et, quelle que soit sa forme future, Tennis-mag restera un phare pour notre sport et ses adeptes. 1 Excluant les trois numéros hors série qui ont été publiés en 1994, 1995 et 1996. Plusieurs vedettes internationales ont été interviewées par Tennis-mag. Journaliste à La Presse
  12. 12. 12 N°100 1 2 cour ts des stars PRENDRE LE CONTRÔLE DU POINT À PARTIR DU CENTRE DU TERRAIN PAR Andréanne Martin Entraîneuse au Tennis de l’Île des Sœurs et au club de tennis Mont-Royal Le tennis est un jeu de territoire et il est important d’en comprendre les enjeux. La qualité de vos choix de jeux a une conséquence directe sur vos résultats. Les joueurs qui prennent les meilleures décisions tactiques sont généralement ceux qui connaissent du succès. La technique s’avère importante, car, lorsque maîtrisée, elle vous donne les moyens de concrétiser vos intentions. La construction du point à partir du centre du terrain Un des territoires les plus importants à contrôler est certainement celui situé à la ligne de fond, près du centre du terrain. Les enjeux y sont grands, car les joueurs qui dictent l’action à partir de cette zone remportent souvent leurs matchs. Lorsque vous vous y trouvez et que vous recevez une balle que vous jugez facile, évitez de simplement remettre la balle en jeu dans le centre du terrain. Prenez un risque calculé, soit celui de frapper légèrement vers les lignes de côté afin de faire bouger votre adversaire. Frappez une balle à la fois tout en visualisant le point dans son ensemble. Comme aux échecs, une pièce à la fois mais toujours avec l’optique de conclure le jeu. La tactique de faire bouger votre adversaire à partir du centre du terrain vous permettra d’avoir un minimum de déplacements à effectuer. Votre adversaire, s’il ne commet pas une faute, retournera souvent la balle au centre. Ce minimum de déplacements vous permettra de frapper la balle en étant stable et en équilibre. Vos coups seront alors frappés avec précision et autorité. De l’autre côté, votre adversaire sera constamment en état de déséquilibre (photo 1) puisqu’il fera face à des balles profondes qui le bousculeront d’un coin à l’autre du terrain. Il sera forcé d’effectuer des coups en course, ce qui constitue toujours un défi, et ce, quel que soit son niveau de jeu. Une bonne tactique est celle de privilégier votre coup droit et de frapper en décroisé (photo 2), sur le revers de votre adversaire. Il y a de fortes chances que la balle qui vous revient soit plutôt courte et relativement facile. Ce sera l’occasion pour vous de commencer à construire votre point, car une ouverture se présentera dans le coin opposé. Chaque fois que vous voyez votre adversaire dans le pétrin, avancez légèrement à l’intérieur de la ligne de fond. (photo 3) Plus vous êtes à l’intérieur du terrain, plus vous avez le potentiel de jouer en angle ce qui fera courir davantage votre adversaire. De plus, il aura moins de temps pour se défendre contre vos coups. 1 Andréanne force à déséquilibrer Marc Messier en lui envoyant des balles profondes. 2 Marc Messier s’apprête à frapper en décroisé sur le revers d’Andréanne.
  13. 13. 13N°100 3 4 Technique pour contrôler la direction de vos balles Comme mentionné plus tôt, il est important de posséder la technique qui vous permettra de réaliser vos objectifs. La première étape est de prendre une décision quant à la direction de votre coup initial, soit en croisé soit en décroisé. Il va sans dire que cette prise de décision doit s’effectuer avec rapidité, idéalement avant que la balle ne soit de votre côté du filet. C’est de cette façon que vous parviendrez à rester calme lors de la frappe, ce qui vous permettra d’être bien précis dans vos coups. Par la suite, déterminez la grandeur de la cible à atteindre. Ne jouez pas trop près des lignes de côté. Donnez-vous une marge d’erreur. L’idée n’est pas de finir le point, mais plutôt de le construire. Pour le croisé, on suggère généralement de frapper la balle tôt. Un bon truc est de se concentrer à frapper le côté extérieur de la balle (photo 4), la face de la balle la plus éloignée de vous. Pour le décroisé, c’est l’inverse. On doit retarder quelque peu la frappe et tenter de frapper le côté intérieur de la balle, la face de la balle la plus près de vous. Ce truc vous permettra d’être précis tout en facilitant grandement votre concentration. En effet, il est tentant de diriger notre regard vers la cible, en particulier lorsqu’il y a une ouverture béante de l’autre côté du filet. Le fait de penser à faire contact à un endroit particulier sur la balle vous aidera à rester dans le moment présent. Exercices À deux joueurs Comme l’idée est d’enchaîner une série de coups à partir du centre du terrain et que nous n’avons pas toujours un partenaire de pratique idéal, voici un exercice adapté à tous les niveaux de jeu. Dans un premier temps, déterminez la zone centrale, une pour vous et une pour votre partenaire. Votre partenaire commence avec deux balles dans les mains. Il envoie la première dans la zone centrale. Vous tentez de rejouer dans la zone de côté, sur son revers. Si la balle est bonne, votre adver- saire envoie la deuxième balle toujours dans le centre du terrain. Si vous réussissez à jouer cette balle dans l’ouverture, le point commence. Le fait de ne pas jouer la première balle vous aidera à compléter la tactique désirée. À trois joueurs : Il arrive parfois que vous soyez trois sur le terrain et que vous soyez à court d’exercices. Profitez-en pour faire du deux contre un. Du côté des deux joueurs, la tâche sera de rejouer des balles faciles vers le centre du terrain. Le joueur seul pratique à alterner ses frappes. Tentez de faire le plus de séries consécutives sans que la balle ne soit frappée en retour dans le centre du terrain. Afin que l’exercice soit bénéfique, le joueur seul doit constamment se replacer au bon endroit après chacun de ses coups. Bon tennis! Photos : Tennis Québec 3 Marc Messier s’avance à l’intérieur de la ligne de fond. 4 Marc Messier s’apprête à frapper l’extérieur de la balle pour son croisé.
  14. 14. 14 N°100 PUB VISITEZ LE SITE WWW.VEZAR.CA POUR CONNAÎTRE LE DÉTAILLANT BABOLAT LE PLUS PRÈS DE CHEZ VOUS.
  15. 15. 15N°100 MARC, ON VIENT DE JOUER ENSEMBLE ET POUR MOI C’EST ÉVIDENT QUE TU ADORES LE TENNIS. J’adore le tennis, c’est vraiment mon sport de prédilection. Je viens de Granby et il y avait un gros tournoi qui n’était pas loin de chez moi. Parfois, je ramassais des balles pour des tournois. J’ai vu Rolland Godin, François Godbout… Donc, j’ai joué un peu, mais pas tant que ça quand j’étais enfant parce que c’était un sport plus de luxe à l’époque. Il n’y avait pas tellement d’installations, pas de tennis intérieur. J’ai commencé à jouer vraiment dans la vingtaine. J’ai eu une période pendant une année où je jouais de façon compulsive. Je jouais au tennis autant que je pouvais. AS-TU RÉUSSI À TRANSMETTRE CETTE PASSION À TA FAMILLE? Pas vraiment. J’ai essayé. J’ai une fille qui a trente ans, mais elle était plus dans le monde de l’équitation. J’ai une fille qui a sept ans et j’ai commencé à lui montrer avec des balles mousse,sur le mur de ma grange. J’ai une maison à la campagne et j’ai tout organisé pour jouer au tennis quand il pleut. J’essaie de l’habituer. ON SAIT QUE, LORSQUE TU ES EN TOURNÉE POUR LA PIÈCE DE THÉÂTRE BROUE, TU JOUES AU TENNIS AVEC MICHEL CÔTÉ. C’EST VRAI ÇA? Michel et moi on a joué d’innombrables doubles.On a joué partout :à Rimouski,à Québec, àTrois-Rivières,au Cap-de-la-Madeleine,à Chicoutimi… On connait tous les pros dans tous les clubs (rires). On demandait des joueurs sur place en échange de quelques billets de spectacle (rires). IL Y A BEAUCOUP D’ACTEURS QUI JOUENT AU TENNIS, PENSES-TU QU’IL Y AIT UNE RAISON À ÇA? Je ne sais pas trop.C’est un sport individuel,c’est moins compliqué que les sports d’équipe. C’est plus facile à organiser.Il y a l’esprit de compétition,la concentration,les vêtements… (rires). Mais, effectivement, il y a beaucoup d’acteurs qui jouent au tennis.Tous mes parte- naires de tennis sont des gens qui ont un rapport avec ça. J’ai beaucoup joué avec Claude Meunier aussi. DERNIÈRE QUESTION : SI TU AVAIS LE CHOIX ENTRE ASSISTER À UN MATCH DE SÉRIES CANADIENS-BRUINS OU À UNE FINALE FEDERER-NADAL, QU’EST-CE QUE TU CHOISIRAIS? Probablement que je choisirais la finale de tennis, mais c’est un choix qui ne serait pas facile. Le hockey m’intéresse beaucoup, par déformation professionnelle parce que j’ai joué un coach de hockey […]. J’ai aussi été porte-parole pour la Coupe Rogers et là, je me suis vraiment régalé parce que j’avais accès au centre d’entraînement, je pouvais côtoyer les joueurs… Ça, c’était vraiment extraordinaire, surtout pour un maniaque de tennis. avec MARC MESSIER Pour visionner l’entrevue intégrale, visitez le www.tennis.qc.ca CEUX QUI N’ONT JAMAIS APERÇU MARC MESSIER DANS UN CLUB DE TENNIS DU QUÉBEC SONT CERTAINEMENT L’EXCEPTION À LA RÈGLE. APRÈS UNE SÉANCE D’ENTRAÎNEMENT AVEC ANDRÉANNE MARTIN, L’ACTEUR NOUS RACONTE COMMENT SA PASSION POUR LE TENNIS S’EST DÉVELOPPÉE. « J’AI COMMENCÉ À JOUER VRAIMENT DANS LA VINGTAINE. J’AI EU UNE PÉRIODE PENDANT UNE ANNÉE OÙ JE JOUAIS DE FAÇON COMPULSIVE. JE JOUAIS AU TENNIS AUTANT QUE JE POUVAIS. » Photo:JuliePerreault UNE PRÉSENTATION DE :
  16. 16. 16 N°100 LeDOUBLEMASCULIN : Unespécialitéensoi ! PAR LOUIS CAYER De 1994 à 2008, Louis Cayer signait la chronique « Entraînement » du Tennis-mag. Il est maintenant directeur du coaching de haute performance à la Lawn Tennis Association (LTA). Il est également l’entraîneur des équipes nationales de double britannique. Lors des 10 dernières années, le double masculin a beaucoup évolué sur le circuit ATP. Nous avons demandé à Louis Cayer, ex-capitaine de l’équipe canadienne de Coupe Davis et maintenant responsable des équipes de double pour la Coupe Davis et la Coupe Fédération en Grande- Bretagne, de nous parler de son expérience sur le circuit professionnel à titre d’en- traîneur de joueurs de double depuis plus de 25 ans. Louis, en plus d’entraîner plusieurs joueurs de simple dans le Top 100, a encadré 24 joueurs de double dans le Top 50. Voici les trois aspects présentés par Louis lors de notre conversation : 1. La participation accrue et les succès récents des joueurs de simple en double 2. La formation des équipes de double pour un tournoi en particulier ou pour toute une année 3. Le défi d’entraîner une équipe ou d’être l’en- traîneur d’un seul joueur de l’équipe SPÉCIALISTE DU DOUBLE OU JOUEUR DE SIMPLE? Je crois que le changement le plus important est le succès remporté par des joueurs de simple en double et les nouvelles tactiques qu’ils ont apportées. Nous n’avons qu’à regarder les gagnants des « chelems » des dernières années : • De 2008 à 2013, on compte 20 « chelems » et donc 40 gagnants, en double. Trente- quatre d’entre eux étaient des spécialistes du double, soit 85 %. • Depuis 2014, on parle de six « chelems », donc 12 gagnants dont seulement trois sont des spécialistes du double, soit 25 %. Soulignons ici la victoire à Wimbledon, en 2014, des joueurs de simple, le Canadien Vasek Pospisil et l’Américain Jack Sock, qui ont imposé leur jeu en puissance aux frères Bryan. Comment le virage s’est -il amorcé ? En 2006, l’ATP a modifié le système de pointage en double, afin de réduire la durée des matchs. À égalité (40-40), on supprime l’avantage et l’équipe en retour choisit le côté pour recevoir le point décisif. De plus, lorsque les manches sont à un partout, la troisième manche se joue sur un « super bris d’égalité » de 10 points. Il devenait alors plus attrayant de participer aux tableaux de double pour les joueurs de simple, sachant qu’un match de double ne durerait pas plus d’une heure et demie. En utilisant le classement de simple pour l’accès au tournoi, les joueurs n’avaient plus à se bâtir un classe- ment en double pour jouer. Graduellement, les bourses en double ont augmenté considérablement et les joueurs de simple ont commencé à jouer plus souvent, non seulement pour avoir une pratique supplé- mentaire, mais pour gagner. En prenant plus de plaisir à jouer et en connaissant du succès, ils ont commencé à jouer plus souvent et, finale- ment, à participer dans les tournois du Grand Chelem qui, eux, n’ont pas le format abrégé. Jack Sock et Vasek Pospisil lors de leur victoire à Wimbledon en 2014 Photo:GettyImages
  17. 17. 17N°100 Ils ont appris progressivement les tactiques spécifiques au double, telle la formation « en I » que tous peuvent exécuter maintenant, et ont développé leur style de jeu en misant souvent sur la force de leurs services, retours et coups de fond. Ils ont appris également qu’il était possible de servir et de rester en fond de terrain pour attaquer avec leur coup droit au lieu de faire service-volée. Dans plusieurs équipes, les deux joueurs restent en fond de terrain en retour pour attaquer en puissance les joueurs au filet. On voit à l’occasion trois joueurs en fond de terrain et un seul au filet, ce qui aurait été impensable voilà quelques années. Le jeu de double est devenu plus varié, des tactiques nouvelles sont déployées et les spécialistes de double doivent maintenant adapter leurs tactiques et leurs entraînements pour battre les joueurs de simple. Il y a main- tenant plus d’un joueur sur trois dans le Top 50 du double masculin qui est un joueur de simple et, à mon avis, cela devrait augmenter dans les prochaines années. Les statistiques précédentes ne tiennent pas compte de l’intégration occasionnelle des meilleurs joueurs du monde tels Nadal, Federer, Djokovic et Murray qui, à l’occasion de change- ments de surface, décident souvent de profiter de matchs additionnels en jouant en double. Nadal a dit: « Je veux jouer plus en double, car c’est une bonne façon de pratiquer des choses qui améliorent mon tennis en général ». Rafa a eu plusieurs bons résultats en double. Il a participé à 12 finales et en a gagné huit. Il a remporté un total de 102 matchs de double, ce qui est rare pour un joueur qui a gagné plus de 600 matchs de simple. Grâce à ce nouveau système moins exigeant physiquement, certains joueurs de double peuvent prolonger leur carrière. C’est le cas du Canadien Daniel Nestor qui, à 42 ans, continue d’exceller. FORMATION DES ÉQUIPES L’ATP aimerait bien que les équipes de double qui changent sans cesse soient plus stables. Leander Paes a joué, à la fin de juin dernier, avec son 100e partenaire différent au cours de ses 25 ans de carrière! Il y a deux raisons pour former une équipe : entrer dans un tournoi spécifique ou faire équipe pour toute l’année en espérant que ça aille bien. La tolérance n’est pas très grande en cas d’insuccès. 1. Un tournoi : Lorsque c’est l’affaire d’un seul tournoi, les joueurs recherchent seulement quelqu’un dont le classement leur permettra d’accéder au tableau du tournoi. Par exemple: – Grand Chelem : la coupure se fait autour de 140 (classement combiné des deux joueurs) – Masters : la coupure se fait autour de 55 (classement combiné) – Chaque tournoi : ATP 500, ATP 250 et les challengers ont un indice de classement qu’il faut atteindre pour y participer. 2. Une année : Pour jouer régulièrement avec quelqu’un, les joueurs examinent plusieurs points : – Des classements relativement similaires afin d’entrer dans les tournois supérieurs. – Un partenaire complémentaire, soit quelqu’un qui : • jouera côté égalité ou côté avantage. • soit réputé pour son service ou son retour. – Souvent un joueur de simple joue avec un autre joueur de simple. Il en est de même pour les spécialistes de double pour des questions de logistique d’entraînement, entre autres. – Affinité : Il est important que les parte- naires, surtout les spécialistes en double, s’entendent bien hors terrain car ils passent beaucoup de temps ensemble à s’entraîner, voyager, manger. C’est important pour une association de longue durée que d’avoir du plaisir sur et hors terrain. – Au début, il est fréquent qu’une équipe fasse très bien, car chacun s’efforce de présenter sa meilleure performance et de bien communiquer. De plus, les autres équipes ne savent pas toujours à quoi s’attendre d’une nouvelle équipe. – Après cette lune de miel, le défi est de voir comment chacun réagit face à l’ad- versité. Quand on commence à blâmer le partenaire, la relation risque du tirer à sa fin. De plus, les adversaires commenceront à savoir comment les contrer. L’équipe devra alors adapter ses tactiques en conséquence. La communication Lorsqu’une équipe commence à jouer ensemble, tant chez les professionnels que chez les joueurs de club, la communication est essentielle. En voici quelques exemples : – Qui jouera côté égalité ou avantage ? – Qui servira en premier de façon générale ? – Qui prendra de façon générale le retour du point décisif ? – Qui aime intercepter beaucoup ou jouer la formation en I ? z Le Canadien Daniel Nestor faisait équipe avec Vasek Pospisil lors de la Coupe Davis à Vancouver en mars 2015. L’Espagnol Rafael Nadal en double avec l’Argentin Juan Monaco lors de l’Argentina Open tenu au Buenos Aires Lawn Tennis Club en février 2015. Photo:GettyImages/GabrielRossi–LatinContent Photo:LaPresseCanadienne/DarrylDyck « L’ATP aimerait bien que les équipes de double qui changent sans cesse soient plus stables. Leander Paes a joué, à la fin de juin dernier, avec son 100e partenaire différent au cours de ses 25 ans de carrière!»
  18. 18. 18 N°100 PUB Vous n’êtes pas encore abonné? Textez «voyage» au 222. Apprenez-en plus sur rogers.com/partoutchezvous Utilisez les appels, les messages texte illimités ainsi que les données inclus dans votre forfait Partagez tout en Europe et aux États-Unis, comme si vous étiez chez vous. Seuls les jours où vous utilisez votre téléphone vous seront facturés. Maintenant votre forfait Partagez toutMC inclut l’Europe et les États-Unis avec Partout chez vousMC Dans plus de 35 pays à travers l’Europe pour 10$ par jour* En itinéranceEn itinérance dans un pays admissible *Taxes en sus. Les frais sont imputés à l’utilisation et peuvent être modifiés en tout temps sans préavis. Ce service est facturé par ligne (les frais s’ajoutent aux frais de service mensuels de votre forfait Partagez tout) et s’applique pendant 24 heures dès votre première utilisation de celui-ci dans un pays admissible. Des frais d’itinérance s’appliquent lorsque vous êtes à l’extérieur des pays admissibles. Données : L’utilisation de données supérieure au volume de données compris dans votre forfait est facturée par tranches et arrondie au Mo ou au Go suivant (selon les modalités de votre forfait). Messages texte : Comprend les messages texte envoyés à un numéro de sans-fil local dans un pays admissible ou à un numéro de sans-fil au Canada. Les messages texte entrants et sortants à tarification additionnelle et les messages envoyés à l’étranger, excepté dans les pays admissibles, sont facturés aux tarifs en vigueur. Appels : Comprend un nombre illimité d’appels à des numéros locaux ou à des numéros au Canada lorsque vous êtes dans un pays admissible. Des tarifs interurbains internationaux s’appliquent aux appels effectués vers d’autres pays pendant que vous êtes dans un pays admissible. Consultez rogers.com/modalites pour connaître les modalités et la liste des pays admissibles. ©2015 Rogers Communications. MC Partoutchezvous Aux États-Unis pour 5$ par jour*
  19. 19. 19N°100 MON EXPÉRIENCE COMME ENTRAÎNEUR DE DOUBLE Il y a deux possibilités, soit tu entraînes l’équipe soit tu entraînes seulement un des joueurs (dans le cas où le partenaire a déjà son entraîneur). 1. Entraîneur d'une équipe Je préfère entraîner une équipe, car c’est un défi super intéressant. Je trouve fascinant d’avoir l’impression d’entraîner trois personnes, c’est-à-dire chacun des joueurs et l’équipe elle- même. C’est un beau défi d’influencer chaque joueur individuellement et l’équipe afin de les aider à performer surtout lors de grandes occa- sions, comme les « chelems » et la Coupe Davis. Il faut aussi évaluer les équipes adverses. Plein de détails sont à considérer sur chacun des adversaires et sur l’équipe, selon l’environne- ment, le pointage, l’importance de l’évènement, leurs patrons de jeu, etc. • L’entraînement des joueurs – La priorité est de faire comprendre aux joueurs comment « performer » ensemble et quel type de communication leur serait préférable, tout en développant une iden- tité propre à cette équipe de double. – On pense souvent que la majorité des entraînements de double se font à quatre joueurs, mais 90 % des entraînements se font seulement avec les deux joueurs. L’entraîneur participe pour simuler des situations de jeu. • Pratique lors des tournois – Dans plusieurs tournois, il est difficile d’avoir un terrain sur le site même, car la priorité est donnée aux joueurs de simple. – Au début de certains tournois, on doit pratiquer à 7 h ou 8 h ou après 18 h pour avoir accès aux courts du site. Des terrains de pratique hors site sont toute- fois disponibles, mais souvent à quatre par terrain, ce qui rend difficiles des entraîne- ments spécifiques. – Pour la Grande-Bretagne, je voyage souvent avec trois ou quatre équipes. J’établis alors un ordre de priorité et les joueurs commu- niquent ensemble pour s’entraîner les uns à la suite des autres. – Si les joueurs sont de différents pays (ce qui est fréquent) cela devient difficile d’avoir des blocs d’entraînement, par exemple en décembre quand chacun retourne dans sa famille. Alors, tout l’entraînement se fait sur la route durant les tournois. 2. Entraîner seulement un joueur de l'équipe C’est une situation fréquente car plusieurs équipes se forment à l’occasion d’un tournoi. Maints duos se séparent au cours de l’année et le joueur que l’on entraîne se trouve alors un nouveau partenaire qui a déjà son entraîneur. Il existe quatre scénarios : 1. Deux joueurs de simple jouent ensemble et ont chacun leur entraîneur. 2. Un joueur de simple et un joueur de double qui ont chacun leur entraîneur. 3. Deux joueurs de double qui ont chacun leur entraîneur. 4. Un joueur de l’équipe a un entraîneur et l’autre n’en a pas. En tant qu’entraîneur de double depuis 1989, j’ai vécu ces quatre scénarios. La situation la plus problématique est lorsque le spécialiste de double joue avec un joueur de simple, car ce dernier ne pratiquera pas en équipe tant qu’il poursuivra sa route en simple. Il ne se présentera que pour jouer le match. Quand nous sommes deux entraîneurs, nous devons en venir à une entente sur nos rôles mutuels. Finalement, on m’a demandé souvent où j’ai appris mon rôle d’entraîneur pour le double. Je dois avouer que mon expérience avec la ligue de double TFIM (Tennis féminin Interclub Montréal) m’a grandement aidé, car j’enseignais le jeu en double chaque jour de la semaine. Rappelez-vous que la première règle pour le double est de choisir le meilleur partenaire possible et soyez ce joueur que tous recher- chent. En vous souhaitant beaucoup de plaisir à jouer et en espérant revoir beaucoup de mes amis lors du Master de Montréal cet été. Roger Federer avec son compatriote Stanislas Wawrinka lors d’un match de finale en Coupe Davis, à Lille, en France, en novembre 2014. Le Croate Ivan Dodig et son partenaire, le Brésilien Marcelo Melo, célébrant leur victoire contre les frères Bryan, à Roland-Garros, le 6 juin 2015. Photo:LaPresseCanadienne/MichelEulerPhoto:LaPresseCanadienne/PeterDejong
  20. 20. 20 N°100 Aujourd’hui, tout va vite. Si vite, que nous prenons rarement le temps de nous arrêter pour prendre du recul. Mais, comme le Tennis-mag fête sa 100e édition, je me suis dit que c’était le moment idéal pour retourner en arrière et constater la grande évolution de notre sport. Comme moi, vous avez probablement tous déjà vu à la télévision de vieilles images décaties datant du début de l’Ère moderne, qui, en 1968, fit passer le tennis d’un sport amateur à un sport professionnel. Comme moi, vous vous êtes alors probablement dit : mais comment cela a-t-il pu exister? Le même commentaire finalement que suscitent la « coupe Longueuil », la vie sans Internet ou encore le pantalon pattes d'éléphant! Car, il y a un peu plus de quarante ans, si l’on parlait de prise continentale, on parlait trop peu de conditionnement physique et, surtout, on jouait avec des raquettes de bois. Pourtant, la base restait la même : deux joueurs, l’un en face de l’autre, qui s’efforçaient de faire passer une balle par-dessus le filet et la garder dans les limites du terrain une fois de plus que l’adver- saire. Reste qu’on peut dire qu’on en a fait du chemin depuis… Au début de l’Ère moderne, les surfaces gazonnées étaient beaucoup plus présentes qu’aujourd’hui. Si bien que trois des quatre tournois du Grand Chelem étaient disputés sur gazon. Or, comme il s’agissait d’une surface rapide où il était difficile de bien contrôler ses retours de service, et aussi pour éviter les mauvais bonds, bien des joueurs pratiquaient D’HIER À AUJOURD’HUI PAR Valérie Tétreault Ancienne joueuse professionnelle, classée 112e à la WTA en 2010 lign es de fond le style de jeu service-volée. Le tennis était alors dominé par deux nations : les États-Unis et l’Australie. Même si le gazon était prédominant, les Européens préféraient plutôt jouer sur la terre battue et en étaient des spécialistes. La plupart d’entre eux brossaient la balle, ce qui s’avérait alors une stratégie moins efficace sur gazon. Toutefois, l’effet brossé est devenu plus populaire au cours des années 1970 avec l’émergence de certains grands joueurs. Pour n’en nommer qu’un, Bjorn Borg, a été le premier à prouver que l’on pouvait frapper avec un lourd effet brossé et tout de même gagner sur la surface rapide de Wimbledon. La raquette Les années 70 ont été une décennie très impor- tante dans l’évolution du tennis. En effet, il faut d’abord parler de l’équipement, ou plus précisément de raquettes. Vous n’avez qu’à prendre une raquette de bois dans vos mains pour comprendre à quel point le passage aux raquettes en composite a pu changer le jeu. Les raquettes de bois étaient extrêmement lourdes et ne pardonnaient pas. De plus, elles se déformaient avec l’humidité. Les compa­ gnies de raquettes cherchaient de nouvelles alternatives. Il y a d’abord eu l’apparition des raquettes en métal, composées principalement d’acier et d’aluminium, mais elles demeuraient trop lourdes. C’est au tournant des années 80 que la révolution s’est faite. Les joueurs pouvaient enfin abandonner leur raquette de Dans le sens des aiguilles d’une montre en commençant par midi : raquette Semi Flat top (1885), Raquette The Scorer Fishtail Lawn Tennis Racquet (avant 1900), raquette Dayton modèle JR Pilot produite avec des cordes de piano et d’une solidité remarquable (1920), raquette Dunlop MaxPly (1970) – la raquette mythique produite durant 50 ans, raquette Donnay modèle Borg Pro long manche (début 1980), raquette en acier Dunlop Mono Shaft (1960), première raquette en composite popularisée par Artur Ashe : Head Competition (1969), première raquette surdimensionnée : raquette Prince Classic en aluminium (1976) – raquette de Pam Schriver, première raquette avec intérieur vide et paroi mince :Wilson Profile Over Size (1987). Photo:TennisQuébec
  21. 21. 21N°100 bois pour une raquette en composite, beau- coup plus légère et performante. Impossible de parler de l’évolution de la raquette sans mentionner la grandeur du tamis. En 1978, alors qu’elle n’avait que 16 ans, Pam Shriver, que vous entendez aujourd’hui commenter pour la chaîne de télévision ESPN, s’était faufilée jusqu’en finale des Internationaux des États-Unis avec une raquette Prince dont le tamis avait une superficie de 110 pouces carrés, alors que la norme n’était que de 70 pouces carrés. L’arrivée des raquettes au tamis plus grand signifiait également plus de puissance… mais moins de contrôle. Le changement s’est fait graduellement, le temps que les joueurs s’adaptent. Le revers à deux mains Je vous disais un peu plus tôt que les années 70 avaient été une décennie marquante dans la mutation de notre sport. Et bien, c’est égale- ment à cette époque qu’est apparu le revers à deux mains. Trois « ex-numéro un mondial » l’ont grandement popularisé, soit Bjorn Borg, Jimmy Connors et Chris Evert. Si le revers à une main demeurait ce qui était majoritairement enseigné, le succès que connaissaient ces trois joueurs a mené à une transformation majeure. En effet, les athlètes pouvaient dorénavant frapper aussi bien la balle en revers ou même mieux encore pour certains qu’en coup droit. Tout en puissance Le début des années 80 a produit plusieurs styles de joueurs. Nous étions alors en phase de transition. Il y avait des joueurs comme Matts Wilander et Ivan Lendl qui brossaient énormément la balle. Il y avait les joueurs qui pratiquaient un style de jeu plus classique, par exemple, John McEnroe et Jimmy Connors. Mais, plus le temps passait, plus le jeu tout en puissance prenait de la place et Boris « Boom Boom » Becker prouvait son efficacité.Toutefois, c’est lorsqu’AndreAgassi est arrivé sur le circuit que nous sommes passés à une toute autre étape. Il faisait écarquiller les yeux de tous tellement il frappait fort en fond de terrain. Son jeu au filet était quelque peu déficient, mais il n’en avait pas besoin pour gagner. Il était aussi le premier de plusieurs champions développés à l’académie de Nick Bollettieri. Deux autres joueurs similaires ont fait surface en même temps qu’Agassi et ont contribué à promouvoir ce nouveau style de jeu : Jim Courier et Michael Chang. C’était littéralement le début de la fin des serveurs-volleyeurs. Pete Sampras en serait le dernier grand ambassadeur. Vers 1970, Bjorn Borg et son efficace revers à deux mains Photo:RobertRiger/GettyImages Merci à Jean-Baptiste Roy, de Raquettes J.B. Sport à St-Eustache, pour le prêt des raquettes. Sa boutique présente des centaines de raquettes de 1885 à aujourd'hui ! Photo:CBS/GettyImages Du côté des dames, on peut parler du même genre de révolution avec l’émergence des sœurs Williams au milieu des années 90. Elles étaient encore très jeunes, avaient des billes dans les cheveux, avaient une grande confi- ance en elles-mêmes et frappaient fort… très fort. Au cours des 20 dernières années, elles ont forcé les athlètes féminines à s’entraîner davantage physiquement et à pratiquer un tennis plus puissant axé sur l’attaque. Elles ont élevé les standards d’excellence et, encore aujourd’hui, on peut admirer à quel point Serena, même à 33 ans, est dans une classe à part. Elles auront très certainement marqué l’histoire du tennis et je suis persuadée que, dans plusieurs années, on parlera encore de l’Ère Williams. Venus Williams, à gauche, et sa sœur Serena suite à leur victoire contre Martina Hingis et Anna Kournikova lors de la finale à Roland-Garros, le 6 juin 1999. 1er septembre 1978, Pam Shriver sur les terrains de Flushing Meadows aux Internationaux des États-Unis, avec sa fameuse raquette surdimensionnée Prince. Photo:LaPresseCanadienne/JacquesBrinon
  22. 22. 22 N°100 PUB LesjoueursHEADPROutilisentéventuellement desraquettesdifférentesdumodèleprésenté. GRAPHENE XT SPEED BE A #GAMERAISER VITESSE ILLIMITÉE SUR LE COURT ! LA NOUVELLE HEAD FASTER RACQUET. FASTER GAME. NOVAK DJOKOVIC
  23. 23. 23N°100 Novak Djokovic et Rafael Nadal se faisant l’accolade suite à leur match marathon en finale des Internationaux d’Australie le 30 janvier 2012. L’aspect physique On ne peut non plus passer sous silence l’apport d’autres joueurs toujours actifs. À commencer par Federer, déjà proclamé par plusieurs comme étant le plus grand joueur de tous les temps. Copié bien des fois, mais jamais égalé. Par son élégance sur un terrain, sa domination, mais aussi grâce à son charisme à l’extérieur des courts, il aura permis au tennis de se gagner de nouveaux adeptes. Si, pendant bien des années, nous avons vibré au rythme de la rivalité entre Agassi et Sampras, nous avons aussi été servis avec celle entre Federer et Nadal. Deux joueurs complètement différents, mais avec un grand respect mutuel… à des années lumières de McEnroe et Connors. Ce que l’on retiendra probablement le plus des dernières années, c’est à quel point le jeu est devenu demandant physiquement. Un simple échauffement d’avant- match de nos jours, que ce soit de Novak Djokovic ou de Rafael Nadal, nous semble plus intense qu’une finale de Grand Chelem d’il y a 30 ou 40 ans. Les joueurs repoussent sans cesse les limites. Nous n’avons qu’à penser à la finale de l’édition 2012 des Internationaux d’Australie que Djokovic avait remportée face à Nadal après très exactement 5 heures et 53 minutes de dur labeur. Les deux hommes avaient tout laissé sur le terrain et ne pouvaient pratiquement plus se tenir debout lors de la cérémonie de remise de trophées. Agassi avait alors dit : « Il m’est arrivé d’affronter des adversaires qui pouvaient jouer des matchs mara- thon, mais eux ont fait un marathon à la vitesse d’un sprint. » Aujourd’hui, les joueurs n’ont d’autres choix que d’apporter une grande attention à leur conditionnement physique et à leur alimentation. Martina Navratilova était en avance sur son temps à ce niveau et aura été une ambassadrice importante pour ce changement. Le ratio de temps passé à frapper des balles et de temps investi en conditionnement physique a grandement changé depuis quelques années et on voit les résultats sur le terrain. Car les joueurs de tennis doivent avant tout être des athlètes complets. Il s’agit d’un sport qui demande autant d’endurance que de vitesse ou encore de coordination. Finalement, l’évolution du tennis vers une discipline toujours plus exigeante physiquement ne fait qu’accompagner celle des autres sports, comme le hockey ou le soccer. Si nous pouvons nous considérer choyés d’être les témoins d’une ère où les matchs de tennis sont tous plus spectaculaires les uns que les autres, on peut se demander comment les athlètes de demain feront pour continuer à hausser le niveau de jeu. Mais, qui sait, peut-être qu’un jour, les gens regarderont la finale de 2012 entre Djokovic et Nadal, et se diront : « Et ils appelaient ça du tennis? » RÊVES PC COURT réalise ceux de ses clients depuis 30 ans… Reconnu comme LA RÉFÉRENCE en matière de terre battue, PC COURT est LE SPÉCIALISTE de tous les types de surface, à la fine pointe des nouveautés technologiques! Inspirez-vous de nos plus belles réalisations… Profitez de notre service personnalisé de qualité. Et laissez-nous combler vos rêves! Privés ou Collectifs Parmi nos clients : Tennis Canada (Stade Uniprix), La Ville de Repentigny et Le Club de tennis Île des Soeurs PC COURT LTÉE | 1751, rue des Lys, Val-David | 819 322-7881 DESIGNS INSPIRÉS (aménagement, clôtures et systèmes d’éclairage) ENTRETIEN SAISONNIER (incluant ouverture et fermeture) PROJETS CLEF EN MAIN (nouvelle construction, resurfaçage ou transformation) Photo:LaPresseCanadienne/ShujiKajiyama
  24. 24. 24 N°100 MIE UX-ÊTRE ÀL’AFFUTDES ABUSSEXUELS DANSLECADRE SPORTIFPAR GUILLAUME THÉROUX Après un passage en tant qu’agent de communications à Tennis Québec en 2010 et 2011, Guillaume est devenu journaliste à TVA Sports. Ce printemps, l’affaire Bertrand Charest a ébranlé le monde du sport au Québec. En date du mois de juin, cet ancien entraîneur de ski était sous le joug de 57 accusations d’agression sexuelle à l’endroit de 12 victimes de l’équipe canadienne junior de ski alpin féminin pour des incidents survenus dans les années 19901 . Charest est derrière les barreaux à l’heure actuelle, détenu depuis le mois de mars, et est en attente d’un procès. Les victimes présumées étaient âgées entre 12 et 18 ans au moment des événements et auraient subi les sévices de la part de Charest à Mont-Tremblant et lors de compétitions à l’étranger. La nouvelle a de quoi faire réfléchir, voire inquiéter ces parents qui font confiance à d’autres adultes en remettant entre leurs mains une partie de l’éducation de leurs jeunes pendant de longues périodes. C’est particulièrement vrai pour les parents d’athlètes d’élite. Ces garçons et filles pratiquant du sport de haut niveau peuvent passer jusqu’à une trentaine d’heures dans le giron de leurs entraîneurs dans le cadre d’une semaine « régulière ». Ces mêmes entraîneurs deviennent évidemment responsables des adolescents sur une base permanente lors Cette dernière a pour but d'établir des moyens pour prévenir et bannir la violence et le harcèlement psychologique ainsi que pour gérer efficacement tous les incidents, y compris les actes sexuels pouvant survenir et les faire cesser. Elle s’applique à tous les membres, employés, bénévoles, dirigeants et administrateurs de Tennis Québec. Pour les détails : www.tennis.qc.ca/politique-de-prévention En 2012, Tennis Québec a mis en place une politique de prévention et de contrôle de la violence et du harcèlement psychologique. de voyages à l’extérieur. Les coachs sont les tuteurs, la deuxième famille des athlètes. Dans le cadre d’une vaste enquête dirigée par Martine Hébert de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) et financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (ISRC), l’Université Laval a publié récemment les résultats d’une étude menée auprès de 6 450 adolescents de 14 à 17 ans dans 34 écoles secondaires québécoises. Sylvie Parent, co-auteure de l’étude et professeure du département d’éducation physique de la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université Laval, révèle que 5,3 % des adolescents ayant subi une agression sexuelle ont été victimes de leurs entraîneurs2 . À ne pas négliger Voici de quoi comprendre la portée de cette statistique. Sachons qu’environ « 10,2 % des adolescents rapportent avoir subi une forme d’agression sexuelle au cours de leur vie », soulignent Mme Parent et ses collègues de l’Université Laval, Francine Lavoie et Marie-Ève Thibodeau, ainsi que Mme Hébert et Martin Blais, de l’UQÀM. Donc, dans un cas sur 20, un jeune est victime d’abus de la part d’un individu censément digne de confiance. On croit l’enfant en situation d’encadrement sportif propice à un développement personnel sain et adéquat. « Ça semble être un résultat similaire à d’autres études du genre mais, à mon avis, ça demeure beaucoup, estime Mme Parent, contactée par Tennis-mag. En considérant que les jeunes évoluent dans divers contextes comme la famille, le sport, la musique ou d’autres loisirs, je trouve que 5,3 % est un chiffre assez important pour qu’on s’y attarde et qu’on essaie de mieux comprendre le problème. » Des cas notoires Auparavant, seuls des cas médiatisés impliquant des personnalités sportives d’envergure permettaient au grand public de prendre conscience du risque associé à la relation entre entraîneurs et jeunes athlètes. Le cas de l’ex-vedette de la Ligue nationale de hockey (LNH) Theoren Fleury vient immédiatement en tête. Fleury est l’une des six victimes de l’ancien entraîneur de hockey junior Graham James, auteur de crimes sexuels perpétrés dans les années 1980 et 1990 dans l’Ouest canadien.
  25. 25. 25N°100 1 « Une accusation de plus contre l’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest »,LaPresse.ca,[En ligne],http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-crimi- nelles/proces/201505/22/01-4871783-une-accusation-de-plus-contre-lex-entraineur-de-ski-bertrand-charest.php (Page consultée le 22 juin 2015 » 2 Samuel AUGER, « Les entraîneurs sportifs responsables de 5 % des agressions sexuelles envers les adolescents du Québec », Université Laval, [En ligne], http://www.relationsmedias.ulaval.ca/comm/2015/mai/les-entraineurs-sportifs-responsables-des-agressions-3461.html (Page consultée le 22 juin 2015) Il aura fallu des années, voire des décennies, avant de connaître toute la vérité au sujet de James. Ce dernier avait été condamné à trois ans et demi de prison en 1997 quand un premier ancien joueur de la LNH, Sheldon Kennedy, l’avait accusé. Fleury n’a pris la parole qu’en 2009 dans son autobiographie et, depuis 2012, d’autres victimes ont fait surface pour dénoncer l’agresseur. Selon Fleury lui-même, il existe une corrélation directe entre les agressions de James et sa vie mouvementée, marquée par la dépendance aux drogues et à l’alcool. L’ex-athlète, aujourd’hui libéré de ses démons intérieurs et porte-parole contre les abus sexuels envers les enfants, affirme être devenu « un lunatique alcoolique enragé » à cause de l’agression de James. Au tennis, l’ancienne joueuse d’élite française Isabelle Demongeot dit elle aussi avoir subi de graves séquelles reliées à des agressions commises par Régis de Camaret, son entraîneur dès le tournant des années 1980. Demongeot avait alors 13 ans. Elle a déposé une plainte en 2005, à 39 ans. De Camaret a été condamné à huit ans de prison en 2012 ; une peine prolongée à 10 ans en février 2014. Juste avant cette condamnation, De Camaret était en appel de la décision de la cour et Demongeot, ancienne 20e joueuse mondiale du circuit de la WTA, a alors clamé aux médias que cet homme lui « a tout enlevé », l’a « vidée et enfermée »; conséquences d’horreurs qu’ont vécues comme elle une dizaine d’autres mineures jusqu’en 1989. Ces histoires frappent l’imaginaire. S’il ne faut pas vivre dans la peur que les enfants soient en danger perpétuel dès qu’ils quittent la maison pour des voyages, le risque demeure réel. Est-on impuissant face au spectre de l’abus sexuel à l’endroit de nos enfants? Mme Parent propose des pistes de solution visant les organisations sportives pour minimiser les risques de crimes d’entraîneurs à l’endroit d’enfant et d’adolescents. « Je crois que c’est important que les organisations sportives prennent plus de mesures pour protéger les enfants et les jeunes qui ont à faire ces voyages. Ça peut passer par la mise en place de règles, à savoir si les entraîneurs peuvent coucher dans la même chambre que les jeunes, s’il y a d’autres adultes accompagnateurs, si les antécédents criminels des entraîneurs ont été vérifiés, etc. » « Les organisations sportives doivent se responsabiliser, comme c’est fait dans les écoles lorsqu’il y a des sorties de groupe. Souvent, il y a un accompagnateur ou un minimum de personnes présentes. Des vérifications sont faites. Ça devrait être le même principe pour le sport. » Pour ce qui est des parents, ils ont au final deux responsabilités majeures, indépendantes du cadre sportif et qui sont valides en toute situation dès que subsistent doutes, soupçons ou même preuves qu’un crime a bel et bien été commis : il faut être à l’écoute et informer les autorités concernées. « C’est très rare que des jeunes inventent des histoires, explique Mme Parent. S’ils dénoncent quelque chose, il faut les écouter. Poser beaucoup de questions et faire sa propre enquête, ce n’est pas nécessairement la bonne chose à faire, parce que ça peut nuire à une enquête subséquente. Ce qui est important, lorsqu’on a un doute, des interrogations ou encore lorsque quelqu’un nous dit quelque chose, c’est de réagir et d’aller voir les autorités, tout de suite. » « En tant qu’adulte, si je suis témoin de quelque chose ou qu’un enfant se confie à moi, j’ai l’obligation légale d’aller le dire à la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse, NDLR). Je dois dénoncer, c’est dans la loi. Si j’entends des rumeurs ou soupçonne des choses, je suis mieux d’aller m’informer auprès de la police et de la DPJ à propos de ce que j’ai vu et de ce que je devrais faire. » « Le but est de penser le plus possible à protéger l’enfant en cas de doute et de maximiser sa sécurité », conclut Mme Parent. Ce qui peut être fait L’ancienne joueuse française Isabelle Demongeot, à Roland-Garros le 25 mai 1992. L’ancien entraîneur de tennis Régis de Camaret, à la sortie du palais de justice de Lyon (France) le 15 novembre 2012, lors de son procès pour les viols de deux anciennes pensionnaires mineures de son club de St-Tropez. L’ex-entraîneur Graham James, en 1989, avec l’ancien joueur de la LNH, Sheldon Kennedy. Photo:LaPresseCanadienne/MikeSturk Photo:JeffPachoud/AFP/GettyImages Photo:Jean-LoupGautreau/AFP/GettyImages
  26. 26. 26 N°100 Federer,INTEMPOREL « Dans le tennis actuel, vous êtes soit un spécialiste de la terre battue, soit un spécialiste du gazon, soit un spécialiste des surfaces dures… ou vous êtes Roger Federer. » — Jimmy Connors Tant pour son attitude irréprochable sur le terrain que pour l’efficacité de sa technique et de ses choix tactiques, Roger Federer est le parfait tennisman à présenter aux jeunes joueurs en développement. Par-delà les incroyables coups entre les jambes ou ses passings foudroyants qui ont fait sa marque, la saga personnelle du jeune garçon de Bâle vaut la peine d’être racontée. Aux quatre coins de la planète tennis, il y aura de fervents admirateurs pour l’affirmer sans détour : le plus talentueux, le plus gracieux, le plus sympathique, c’est le « Maestro Suisse ». Les commentateurs, statistiques à l’appui, le confirment : le tennis n’en a pas vu deux comme lui et « nous sommes privilégiés d’être les témoins de la carrière de Roger Federer » (Boris Becker). PAR Nicolas Pelletier Ex-instructeur de tennis, Nicolas Pelletier est journaliste indépendant. Roger Federer détient le record du joueur de tennis ayant remporté le plus de titres en Grand Chelem en carrière, soit 17. Roger Federer est le seul joueur de l’histoire à avoir gagné consécutivement cinq fois deux tournois du Grand Chelem, à savoir Wimbledon de 2003 à 2007 et le US Open, de 2004 à 2008. Roger Federer est le seul joueur de l’histoire de l’Ère Open à avoir une fiche de sept séries de victoires d’au moins 20 matchs. Roger Federer est le seul joueur de l’histoire à avoir été sacré champion au moins quatre fois dans trois Grands Chelems différents. Même ses adversaires n’ont eu d’autres choix que de l’avouer au fil du temps, c’est un « génie » (Gaston Gaudio), un « magicien » (Marat Safin) ou, tout simplement, « le meilleur » (Pete Sampras, Rod Laver, John McEnroe, entre autres). Du point de vue d’un entraîneur de tennis, Federer est un modèle d’adaptation et de résilience. Il est l’incarnation parfaite de l’athlète en communion avec son sport, ayant été capable d’imposer son rythme au circuit professionnel durant des années tout en s’adaptant à un environnement en constante évolution. Dans le Top 3 de l’ATP depuis 2003 (sauf pour le hiatus de 2013), « FedEx » a survécu à la mutation des raquettes (plus légères, plus puissantes, plus solides), à l’uniformisation des surfaces de jeu (notamment par le ralentissement des surfaces les plus rapides) ainsi qu’à la peopolisation du tennis (pensons notamment à Anna Kournikova, C’est un « génie » (Gaston Gaudio), un « magicien » (Marat Safin) ou, tout simplement, « le meilleur » (Pete Sampras, Rod Laver, John McEnroe, entre autres). Photo:TennisCanada Tennis Canada souligne régulièrement l'anniversaire de Federer (8 août 1981) lors de la Coupe Rogers. Ici, le trentenaire entouré d'Eugène Lapierre, directeur du tournoi et de Frederic Niemeyer, entraîneur au CNT et ami de Federer.
  27. 27. 27N°100 Jennifer Capriati et Andre Agassi). C’est que, loin d’être banales, la médiatisation et la commercialisation du tennis ont eu raison de plusieurs joueuses et joueurs professionnels, mais pas de Roger Federer, qui semble aussi maîtriser le domaine jusqu’au bout des doigts, avec sa ligne de vêtements « RF », l’art de la griffe. Grâce à la fluidité de son style et à une coordination hors du commun, il est resté à l’abri des blessures graves tout en conservant, de l’aveu de plusieurs, le meilleur coup droit du circuit et assurément le revers le plus élégant. George Vecsey, journaliste sportif du New York Times, disait « qu’en cette époque où l’équipement est de plus en plus performant et les joueurs de plus en plus forts et bâtis, Federer joue avec la dextérité des hommes de taille modeste de jadis, tout de blanc vêtus, avec leurs raquettes en bois ». En fait, Roger Federer n’est pas un anachronisme. Il est tout simplement intemporel. « Rodgeur », de l’adolescent rageur au champion flegmatique Si Federer est aujourd’hui un modèle de sang- froid et de maîtrise de soi, il n’en a pas toujours été ainsi. Ses anciens entraîneurs le décrivent comme « épuisant », un adolescent au tempérament bouillant qui ne désirait qu’une seule chose : devenir le numéro un mondial. Paul Dorochenko, son préparateur physique au Centre national d’entraînement suisse, disait du jeune « Rodgeur » de 16 ans qu’il était « peu ponctuel, arrivait en retard à l’entraînement et [qu]’il fallait constamment le pousser pour qu’il se mette en marche. Il n’était pas très assidu. » Que s’est-il passé entre ce temps-là et l’année 2003,au moment où Roger Federer,alors âgé de 22 ans, battait Pete Sampras dans les huitièmes de finale de Wimbledon et révélait son talent à la face du monde? Pas de mystère : « Il s’est beaucoup investi pour réussir », explique Dorochenko, qui a usé de toutes les méthodes pour inculquer des leçons de discipline au futur champion. « Je me rappelle des punitions qu’on lui infligeait lorsqu’il lançait sa raquette ou perdait son « self-control », raconte-t-il. Roger devait, par exemple, nettoyer les marques jaunes laissées par les balles sur la surface des pistes de la Fédération. Et ceci dès 7 heures du matin, parfois par un froid de canard. » z Lors de la Coupe Rogers en 2014 « En fait, Roger Federer n’est pas un anachronisme. Il est tout simplement intemporel. » Bon prince, Federer prend le temps de signer quelques autographes lors de la Coupe Rogers 2007, à Montréal. Photo:TennisQuébec/MarcelLefebvre Photo:TennisCanada
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  29. 29. 29N°100 À grands coups de sessions d’entraînements axées sur la résistance et avec le concours d’un psychologue sportif engagé expressément pour répondre aux besoins du jeune Federer, l’équipe d’entraîneurs du Centre national de tennis de Bienne a atteint son objectif. Qu’on ne s’y méprenne pas : il ne s’agissait pas de dompter Roger Federer, mais bien de lui « apprendre à lutter contre lui-même pour arriver à un meilleur contrôle mental. » Le gentleman du court Depuis plusieurs années, Federer s’entraîne à Dubaï, dans le but d’atteindre un seuil extrême de résistance physique. S’il s’agit là d’une des clés de sa longévité sur le circuit, c’est aussi très révélateur du type de sportif qu’il est devenu : un athlète complet. Les matchs- marathons et les saisons surchargées ne sont pas un problème pour lui, ni dans les jambes ni dans la tête. Il ne faudrait pas sous-estimer la force psychologique de Federer, sans laquelle toute sa virtuosité serait restée sur les courts de Swiss Tennis. Non seulement est-il un modèle de contrôle de soi et de concentration qui dépasse les limites du tennis, voire du sport professionnel, Roger Federer est tout simplement un chic type. Depuis 2004 – à l’exception de 2010, année où Rafael Nadal lui a ravi l’honneur – Federer remporte systématiquement le prix Stefan Edberg remis par l’ATP au joueur avec le meilleur esprit sportif. Depuis 2003, il est le grand élu des amateurs de tennis au titre de « préféré des fans de l’ATP ». Presque invariablement, ses présences dans les magazines concernent ses enfants, des jumeaux, qu’il possède en deux exemplaires : Myla Rose et Charlene Riva, nées en 2009, puis Leo et Lenny, nés en 2014. Pas de frasques devant les caméras ni d’excentricités publiques. Juste Roger, le gentleman du court, qui, selon un sondage international réalisé en 2011, est l’homme le plus admiré, le plus respecté, celui qui inspire le plus la confiance… juste derrière Nelson Mandela. À sa façon, donc, Federer incarne un idéal qui transcende les époques. Car en regardant jouer Roger Federer, cet intemporel, on se projette intégralement et sans retenue dans le sport, comme lorsqu’on était gamin et qu’on s’imaginait pouvoir faire ça de notre vie, être libre et jouer au tennis. Fait étonant, Roger Federer n'a jamais remporté le titre à Montréal ! Passionné de tennis depuis plus de 35 ans ! GYM | AÉROBIE | TENNIS | SPINNING | PISCINE | BADMINTON | SQUASH | RACQUETBALL PILATES | GOLF | OSTÉOPATHIE | MASSOTHÉRAPIE | DECK HOCKEY | RESTAURANT... Photo:TennisQuébec/MarcelLefebvre
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  31. 31. 31N°100 Envers et contre tous ENTREVUE AVEC VASEK POSPISIL C'est à quelques jours seulement avant le début du tournoi de Wimbledon que le Canadien Vasek Pospisil a généreusement répondu à mes questions. Près de deux semaines plus tard, il atteignait, en simple, les quarts de finale du prestigieux tournoi. Quel âge avais-tu quand tu as commencé à jouer au tennis ? Est-ce un membre de ta famille qui t’a initié à ce sport ? J’étais vraiment très jeune. Mes deux frères, qui avaient sept et huit ans de plus que moi, jouaient déjà au tennis. Je voulais être comme eux et faire tout ce qu’ils faisaient. Mon père est celui qui m’a le plus influencé. Il était un passionné de tennis (un fan fini!) et entraînait déjà mes frères. Je suppose que vous pour- riez dire que c'était normal que je me mette au sport, et je partageais avec mon père cet amour pour le tennis. Il a commencé à m’en- traîner dès que je fus assez vieux pour jouer. Il avait étudié le jeu en lisant des livres, des revues et en regardant le sport à la télé. Jusqu’à mes 20 ans, c’est lui qui m’a entraîné. À quel moment as-tu réalisé que tu pouvais devenir un joueur professionnel? Difficile à dire. Dès le début, c’était mon ambi- tion, mon rêve. Je jouais au tennis pour devenir un pro et pas seulement pour m’amuser. Le fait que j’aimais jouer et passer du temps hors court était un bonus et assurément crucial, car c’est presque impossible de devenir profes- sionnel sans être passionné et dédié à son sport. J’ai toujours voulu être un pro. Le vouloir et y croire sont deux choses très différentes. Très jeune, j’ai connu du succès dans des tournois internationaux, ce qui nous amenait à y croire et nous incitait à poursuivre dans cette voie. Tu ne sais jamais ce que tu es capable de faire et de réussir tant que tu ne l’as pas fait. C’est important de croire que c’est possible de travailler patiemment tous les jours pour atteindre ce but, cette vision. Enfant, quel joueur, s’il y en a un, a eu le plus d’influence sur ton jeu? Enfant, j’étais un véritable fan de Patrick Rafter. Son charisme sur le terrain et son jeu au filet si excitant séduisaient le petit garçon que j’étais. Quand Federer est apparu et que Rafter était en fin de carrière, je suis devenu un grand admirateur de Roger. Cependant, je ne dirais pas qu’un de ces joueurs en particu- lier, pas plus qu’aucun autre, n’a influencé ma façon de jouer ou de frapper mes coups. Pour mon père qui m’entraînait, tout ce qui comptait c’était la bonne façon de frapper la balle en coup droit, en revers, au service, etc. On essayait juste de faire « comme les pros ». Nous avions étudié les bons coups au tennis et essayé de reproduire la technique du mieux que nous le pouvions. Pas d’un pro en particulier mais d’une combinaison de tous les pros. Qu’aimes-tu le plus à la Coupe Rogers? De tous les tournois du circuit, la Coupe Rogers est celui qui m’interpelle le plus. D’abord parce qu’il se déroule dans mon pays et qu’en plus je joue devant une foule qui m’est favorable. Les vibrations positives et le support des spectateurs, quand je joue à la Coupe Rogers, rien ne bat ça. La dernière fois que tu as joué à Montréal, les amateurs étaient claire- ment derrière toi. Ressentais-tu une pression supplémentaire devant cet appui? Jouer devant un public qui m’appuie m’a procuré les plus beaux moments de ma carrière. En tant que joueur professionnel, c’est un de mes plus grands plaisirs et certainement une raison importante pour laquelle je suis excité à l’idée de disputer la Coupe Rogers et d’autres tournois au Canada. Je me nourris de la passion et de l’énergie des amateurs et je me sens en communion avec eux. C’est vivifiant! Rien ne se compare à ça. Il y a des moments où j’ai l’im- pression qu’ils sont sur le court avec moi.Alors, je joue autant pour eux que pour moi et j’adore cette sensation. Ça fait sortir le meilleur de moi. Mon parcours de 2013 à Montréal fait partie des semaines les plus intenses de ma carrière. Tes tournois favoris? La Coupe Rogers et Wimbledon sont mes événements préférés. Je suis conscient que j’ai connu deux de mes meilleurs moments à ces tournois, mais ils ont toujours été mes deux favoris avant même d’y connaître de bons résultats, juré! Wimbledon est si riche en traditions et possède une telle histoire que l’on croirait jouer dans une machine à remonter le temps! À la Coupe Rogers, tout le monde est tellement gentil et l’atmosphère y est fantastique. C’est aussi le tournoi où j’ai connu mes meilleurs moments au cours de mes six dernières années. z Vasek lors de sa première participation à la Coupe Rogers à Montréal, en 2009. Vasek, maintenant joueur professionnel et étoile montante du tennis masculin. PAR éliane Cantin Photo:TennisQuébec/MarcelLefebvre Photo:Asics
  32. 32. 32 N°100 Tu parles très bien français. Où l’as-tu appris et t’arrive-t-il de le pratiquer sur le circuit? Je suis allé à une école d’immersion française dans ma ville natale de Vernon, en Colombie- Britannique, de 5 à 11 ans.Après ces années, je n’ai pas parlé beaucoup français jusqu’à ce que je commence à voyager et à venir à Montréal. Mon entraîneur actuel, Frédéric Fontang, vient de France et ensemble nous communiquons la moitié du temps en français, l'autre moitié en anglais. J’ai grandement amélioré mon français au cours des dernières années passées en sa compagnie! Que penses-tu des joueurs montants tels Wawrinka, Cilic ou Nishikori? Les perçois-tu comme un défi additionnel ou plutôt comme une menace à ta propre progression vers le Top? Non, je ne les vois sous aucun de ces angles. C’est normal pour de nouveaux joueurs d’ob- tenir de bons résultats et de bien faire. Pour moi, cela ne change rien, car je procède de la même façon. Je n’ai pas encore atteint un classement tel que l'arrivée d'un nouveau venu qui remporte un Grand Chelem pourrait m’af- fecter ou changer quoi que ce soit pour moi. Quand un joueur ralentit, un autre se révèle. C’est le cours normal du sport. Pour ma part, j’ai juste à me lever chaque matin et faire tout ce que je peux pour devenir un meilleur joueur de tennis et une meilleure personne. Je travaille fort tous les jours pour atteindre ce but. Je sais qu’à chaque semaine de tournois, je dois me battre contre d’excellents joueurs et je veux gagner, je n’ai pas le choix. C’est la nature humaine de ne pas être satisfait de ce qu’on a ou d’être là où l’on est. C’est juste important d’être proactif et de faire tout en son pouvoir pour continuer à avancer. Que penses-tu du progrès des joueurs juniors canadiens sur le circuit interna- tional? Crois-tu que le Centre national d’entraînement y est pour quelque chose? C’est super de voir qu’il y a de plus en plus de jeunes talents issus du Canada de nos jours. C’est bon pour l’avenir du sport au pays et c’est la preuve que les fédérations ont bien travaillé ces dernières années. L’embauche du Français Louis Borfiga pour superviser le développement des athlètes est à l’origine de ce succès. Un des meilleurs coups de Tennis Canada! À son tour, Louis a embauché d’excellents entraîneurs (Guillaume Marx et Frédéric Niemeyer, entre autres) et tout un entourage à qui l’on doit le succès des joueurs canadiens aujourd’hui. Mon entraîneur personnel actuel, Frédéric Fontang, grâce à qui je me suis beaucoup amélioré, m’a également été présenté par Louis Borfiga, il y a quelques années. Pour moi, tout commence par un bon coaching; c’est une partie essentielle du succès que connaît tout joueur. Quand je pense à ma carrière, je donne rapidement crédit à mon père qui m’a entraîné jusqu’à l’âge de 20 ans, à Frédéric Niemeyer (mon entraîneur des deux années suivantes) et à Frédéric Fontang, mon entraîneur actuel. Ce sont trois bons entraîneurs qui ont eu un impact positif sur ma carrière. Un bon entraînement est crucial à toutes les étapes du développement et, maintenant, les Canadiens peuvent compter sur des entraîneurs de classe mondiale. On fait appel à des entraîneurs expérimentés de l’extérieur du Canada pour nous aider et nous produisons maintenant des joueurs de calibre mondial. Raonic et moi avons bénéficié tous les deux de cette formule et il en sera ainsi pour les jeunes talentueux qui nous suivront.Après avoir dit tout ça, un bon entraîneur et une plateforme adéquate sont là pour aider l’athlète. La plus grande responsabilité échoit au joueur et c’est à lui d’atteindre les buts qu’il s’est fixés. Est-ce que jouer en double ajoute à ton plaisir d’être sur le circuit? Qu’aimes-tu le plus dans le fait de jouer avec Jack Sock? Jusqu’à maintenant, jouer en double a eu un impact positif pour moi.Avec les bons résultats que nous avons connus, ça ne peut qu’aug- menter notre dose de confiance en simple. Et plus encore. Quand on joue en double, on travaille sur plusieurs aspects qui sont utiles pour nos rencontres de simple. En dehors du tennis, Jack et moi avons développé de solides liens d’amitié et c’est vraiment agréable d’avoir à ses côtés quelqu’un avec qui l’on s’entend si bien. Je dirais même que ce qui me plaît tant de jouer avec Jack tient plus à notre amitié et à tout ce que nous faisons ensemble à l’extérieur des courts. Que penser du fait que Jack obtienne de plus en plus de succès en simple? Garderas-tu le même partenaire toute l’année? Je ne crois pas que les résultats de Jack en simple auront un effet sur notre partenariat. Le simple a toujours été la priorité de chacun de nous et cela ne changera pas. Il y aura des semaines où ne nous jouerons pas du tout, d’autres où nous jouerons avec un partenaire différent parce que non-inscrits au même tournoi, mais nous continuerons notre asso­ ciation à moins qu’un facteur extérieur n’entre en jeu. Vasek faisant l’accolade à son partenaire de double, l’Américain Jack Sock, suite à leur victoire sur les frères Bryan, à Wimbledon en 2014. Photo:Asics Photo:GettyImages
  33. 33. 33N°100 Ta carrière en simple passe-t-elle avant celle en double? Oui. Comme je le disais précédemment, le simple est ma priorité. Au tennis, mes rêves et mes buts tendent tous vers le court de simple. Je veux devenir le meilleur joueur de simple possible et exploiter mon potentiel au maximum, au meilleur de mes capacités. Tout ce qui me passe par la tête pendant une journée vise à devenir un meilleur joueur de simple. Peut-être qu’un jour le double deviendra plus important pour moi mais ce n’est pas le cas maintenant. Aussi longtemps que je serai en santé et que je jouerai à un haut niveau en simple, ce sera mon objectif premier. Ton but est-il toujours de percer le Top 20 cette année? C’est difficile de garder le cap si tard dans l’année, si l’on considère que je n’ai pas connu le début d’année que je souhaitais. Ceci étant dit, je sais que tout peut changer en un seul tournoi et que donc, tout peut arriver. En général, j’essaie de ne pas trop me stresser car je sais que mon tennis s’améliore et c’est ce qui importe le plus. Cette année, quand je jouais bien, j’ai eu des tableaux particulièrement difficiles. À ce moment, tu dois réévaluer tes buts. Heureusement, les miens visent surtout à m’améliorer, ce que j’ai fait et continue de faire, j’en suis certain. Considérant cela, j’atteins mon but et je sais que ce n’est qu’une question de temps avant d’avoir mes chances d’atteindre de nouveaux sommets au classement. [NDLR : Suite à son passage remarqué à Wimbledon, Pospisil a atteint le 29e rang au classement de ATP, un bond de 27 échelons.] Quand tu avances dans un tournoi de simple et que tu es toujours en lice pour le double, comment fais-tu pour conserver ton énergie? Ça peut être compliqué. Quelquefois, quand tu veux gagner dans les deux compétitions, le fait de devoir dépenser plus d’énergie est une réalité avec laquelle tu dois composer. Il faut se concentrer pour accorder plus d’attention aux bons endroits, aux bons moments et prendre grand soin de bien récupérer. Mais, lorsque tu es inscrit aux deux disciplines dans un tournoi, le double passe toujours après le simple. La priorité est d’être le plus près possible d'un effort de 100 % en sortant du court de simple. Ton résultat en double peut alors être affecté uniquement pour cette raison. C’est pour ça, entre autres, que c’est si ardu de bien faire à la fois en simple et en double, au cours du même tournoi. La plupart de mes succès en double sont survenus lorsque j’avais été éliminé rapidement en simple. Et l’inverse est aussi vrai. Quand je faisais bien en simple, j’ai presque toujours perdu dans la compétition de double ou je ne l’ai pas jouée du tout. Il faut prioriser un des deux volets et, pour moi, c’est le simple. As-tu déjà sacrifié un match en double en faveur du simple? Non, jamais. Mais il arrive que tu doives ménager un peu plus ton énergie si tu as un match de simple le lendemain. Cela ne veut pas dire de ne pas essayer mais plutôt d’essayer et de jouer le plus relax possible. Essayer de faire tes coups et de gagner sans te vider de ton énergie mentale. C’est la force mentale plus que physique que j’essaie de conserver. Tu as aidé le Canada à joindre le Groupe mondial en Coupe Davis. Quel est le souvenir le plus précieux que tu en as gardé? La Coupe Davis est un événement spécial qui restera toujours très important pour moi. Il n’existe pas de plus grand honneur que de jouer pour son pays et, quel que soit le succès obtenu, c’est un grand moment pour moi. Tant d’émotions sont liées à cet instant; tout ce que j’avais en moi, je l’ai laissé sur le terrain. Naturellement, avoir aidé le Canada à réintégrer le Groupe mondial en 2011 et à le qualifier pour les quarts de finale cette année furent deux moments exaltants pour moi. Veux-tu, à l’instar de Nestor, jouer jusqu’à la fin de ta trentaine ou plutôt passer à autre chose? Tu y penses quelquefois? Bien sûr que j’y ai pensé mais c’est dur à dire maintenant. La décision de jouer jusqu’à mes trente ans avancés dépendra de plusieurs facteurs. Je peux dire que je jouerai aussi long- temps que mon corps sera en état d’affronter les meilleurs joueurs du monde en simple. Je pense que je serai plus en mesure de répondre à cette question le jour de mes 30 ans.Alors, vous devrez me reposer la question à ce moment ! Joueur d’importance pour l’équipe canadienne, Vasek lors des demi-finales du groupe mondial de Coupe Davis, à Vancouver en avril 2013, où le Canada était venu à bout d’une puissante équipe espagnole. Photo:Courtoisie Photo:Courtoisie
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