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Le crowdfunding outil de financement innovant

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Le crowdfunding outil de financement innovant

  1. 1. 302 FINANCIEEL FORUM / BANK- EN FINANCIEWEZEN 2015/4 LARCIER DOSSIER: CROWDFUNDING Frédéric LÉVY MORELLE Administrateur délégué de Look&Fin Le Crowdfunding: outil de financement innovant Cet article présente le “crowdfunding” (ou “financement participatif” en français) en tant que moyen de financement alternatif pour les PME au travers d’un exemple concret: la plateforme Internet www.lookandfin.com. Nous y abordons la problématique du finance- ment des PME en Belgique consécutivement à la crise financière de 2008, laquelle est à l’origine de la réflexion ayant donné naissance à la plateforme de financement alternatif Look&Fin. Crowdfunding: an innovative financing tool This article’s objective is to introduce crowdfunding as an innovative and alternative financing means for SME’s through a concrete example: the website www.lookandfin.com. We will discuss the issue of SME financing in Belgium after the crisis. This issue is at the origin of the thought-process that gave rise to Look&Fin. I. Contexte a. Le “crowdfunding” – Définition Le “crowdfunding” (littéralement le “financement par la foule”) ou finance- ment participatif en français, consiste en l’effort collectif fourni par un réseau d’individus afin de supporter financière- ment un individu ou une entreprise. Cet effort financier peut avoir des finalités diverses: projets artistiques ou culturels, initiatives philanthropiques, projets entre- preneuriaux, etc. Historiquement, on peut considérer que le premier projet de crowdfunding a été initié en 1884 par Joseph Pulitzer lorsque, via la parution de son quotidien “New York World”, il demanda au peuple américain de supporter par des dons le “Comité de l’Union franco-américaine” – qui se trou- vait alors en difficulté financièrement – afin de pouvoir finaliser la construction du piédestal de la Statue de la Liberté. Plus de 125.000 personnes y contribuèrent et Pulitzer leva plus de 100.000 USD en 6 mois. b. Différents types de “crowdfunding” On identifie la plupart du temps 4 types différents de financement participatif: 1) Le don Ici, l’individu ou l’entreprise fait appel à la générosité du public afin que celui-ci finance un projet ou une cause. Le système existe en réalité depuis longtemps, même s’il n’évoluait pas sous l’appellation crowdfunding. C’est l’exemple de Wiki- pédia, l’encyclopédie en ligne, qui se finance grâce aux dons du public. 2) Le financement contre récompense Dans ce cas, les individus qui composent la foule donnent leur argent à une entreprise en échange d’une récompense, bien souvent le produit ou le service fourni par ladite entreprise. Ce mode de fonctionne- ment permet à des entreprises n’ayant pas encore commercialisé de produit de financer leur production a priori et ainsi d’éviter une éventuelle augmentation de capital. Les plateformes Internet Kicks- tarter et Indiegogo sont parmi les plate- formes les plus connues de ce type de crowdfunding.
  2. 2. LARCIER FORUM FINANCIER / REVUE BANCAIRE ET FINANCIÈRE 2015/4 303 FRÉDÉRIC LÉVY MORELLE LE CROWDFUNDING: OUTIL DE FINANCEMENT INNOVANT 3) Le prêt Ce modèle permet à la “crowd” (littéralement la foule) de prêter de l’argent à un particulier ou à une entreprise. L’emprunteur remboursera alors son prêt avec intérêts. C’est le modèle retenu par Look&Fin. 4) L’entrée en capital Comme l’appellation l’indique, l’“equity based crowdfun- ding” permet aux entreprises de lever des fonds auprès d’investisseurs particuliers en leur offrant en retour des parts du capital de la société. c. Le marché du “crowdfunding” Le marché du crowdfunding est un marché mondial, qui compte plusieurs milliers d’acteurs – principalement concentrés en Amérique du Nord et en Europe – et qui se chiffre actuellement à plusieurs dizaines de milliards USD. Ce marché mondial du crowdfunding a connu en 2014 une hausse de 167% par rapport à 2013, soit un marché global chiffré à 16,2 milliards USD. Le rapport “The Crowdfunding Industry 2015” du cabinet d’étude Masso- lution estime que le marché connaîtra une augmentation de plus de 100% en 2015, pour atteindre la taille de 34,4 milliards USD. Actuellement, c’est l’Amérique du Nord qui est leader du marché, avec un volume d’activité chiffré à 9,46 milliards USD en 2014. L’Europe quant à elle accuse un certain retard, avec un marché estimé à 3,26 milliards USD. II. Look&Fin – Genèse du projet a. La crise financière de 2008 La crise financière de 2008 a poussé la Banque des règle- ments internationaux à développer de nouvelles régula- tions bancaires, connues sous le nom de Bâle III. Les deux principaux objectifs de cette nouvelle régulation consis- tent à augmenter la résilience du système bancaire et à accentuer la capacité des banques à absorber les chocs à venir provenant de la sphère financière et de la sphère réelle. Néanmoins, Bâle III ne garantit pas automatiquement l’équilibre entre la stabilité du système bancaire et son effi- cacité économique. Ces nouvelles règles ont rapidement fait l’objet de critiques, notamment celle consistant à dire qu’un alourdissement trop important du système bancaire pourrait rendre les établissements bancaires moins aptes à financer l’économie réelle de manière efficace. b. L’impact de Bâle III sur le financement des PME A la suite de l’alourdissement du système bancaire décou- lant de Bâle III, une grande partie des PME belges ont effectivement subi un resserrement du crédit de la part des banques. Le constat est flagrant: en 2008, 8,80% des entreprises belges voyaient leur demande de prêt bancaire refusée, ce pourcentage est passé à 17,30% dès 2009. L’écart est d’autant plus important en ce qui concerne les PME: 6% de refus en 2008 pour 14,60% de refus en 2009 (“L’impact de Bâle III sur le financement des PME” par le CeFiP). c. Sources de financement dites “classiques”: fonds d’investissement, Business Angels Cette difficulté pour les entreprises de recourir à un finan- cement bancaire les a poussées à se tourner vers d’autres sources de financement: sociétés de capital à risque et investisseurs privés. Or, on observe également une forte diminution des montants investis pas ces acteurs depuis la crise, diminu- tion due à l’aversion au risque qui s’est fort développée depuis 2008. Le rapport 2012 de l’EVCA (European Private Equity and Venture Capital Association) parle de 6,8 milliards EUR investis en 2008 pour 4,1 milliards investis en 2009, soit une diminution de 40%. d. Conclusion: le positionnement de Look&Fin Look&Fin voit le jour en juin 2012. Elle se définit comme étant la première plateforme en ligne de financement des PME en Belgique. Cette plateforme permet à des PME à la recherche de capitaux d’organiser simplement et rapide- ment des levées de fonds accessibles à tous. Look&Fin propose à ses membres de financer les entre- prises exclusivement par du prêt. L’avantage du prêt pour l’emprunteur est triple: le prêt octroyé via Look&Fin se fait sans garantie, n’implique pas de dilution de l’action- nariat et permet un effet de levier auprès des banques. L’entreprise faisant une demande de prêt doit quant à elle présenter les caractéristiques suivantes (en juin 2012): être de nationalité belge, avoir un minimum de 2 années d’existence, disposer d’un chiffre d’affaires de minimum 300.000 EUR et posséder des capacités de rembourse- ment avérées.
  3. 3. 304 FINANCIEEL FORUM / BANK- EN FINANCIEWEZEN 2015/4 LARCIER LE CROWDFUNDING: OUTIL DE FINANCEMENT INNOVANT FRÉDÉRIC LÉVY MORELLE III. Look&Fin – Plateforme de “crowdfunding” par le prêt a. 2012 En juin 2012, Look&Fin lance ses activités après plus d’un an de discussion avec l’Autorité des services et marchés financiers (FSMA). La législation sur le crowdfunding est alors balbutiante: c’est principalement la loi relative aux offres publiques d’instruments de place- ment et aux admissions d’instruments de placement à la négociation sur des marchés réglementés (loi prospectus) qui fait référence. Dans ce cadre, un plafond de 99.999 EUR par levée de fonds est fixé. Au-delà de ce montant, il est impératif de publier un prospectus, contrainte considérée comme inappropriée pour des PME qui visent à se financer pour des montants limités. Look&Fin se contente dès lors d’organiser des levées de fonds plafonnées à 99.999 EUR. Durant cette première année d’activité, Look&Fin lèvera 150.000 EUR pour le compte de 2 entreprises. b. 2013 Le marché du financement participatif en Belgique demeure encore naissant. Le public n’est pas encore sensi- bilisé à cette thématique et la presse ne s’est pas encore pleinement emparée du phénomène. Le travail des diffé- rentes plateformes consiste principalement à éduquer le marché et à présenter le crowdfunding comme un réel moyen de financement alternatif aux banques et autres sources de financement traditionnelles. Dans ce cadre, Look&Fin lève cette année 300.000 EUR pour le compte de 3 entreprises. La plateforme finance notamment l’enseigne de restauration rapide Mamma Roma, bien connue des Bruxellois, ce qui permet d’attirer l’attention des journalistes sur ce moyen de financement novateur. 2014 A partir du 3e trimestre 2014, Look&Fin est en mesure d’organiser des levées de fonds supérieures à 99.999 EUR, sans pour autant devoir limiter le montant investi par investisseur et par projet ni publier de prospectus. Cette nouveauté marque le réel envol de la plateforme: une dizaine d’entreprises belges se financent à concur- rence d’un montant global de 1.350.000 EUR, soit plus d’un tiers du montant total levé via le crowdfunding en Belgique durant toute l’année1 (tous types de financement confondus). d. 1er semestre 2015 Au cours du 1er trimestre de l’année 2015, Look&Fin reçoit l’accord de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers français) afin d’exercer ses activités sur le territoire fran- çais. Dès le mois de mars, une première PME française, VOIP Telecom, est financée (99.000 EUR sont ainsi récoltés en moins de 6 heures). Deux levées de fonds supplémentaires sont organisées pour des entreprises françaises en avril et en mai. Le montant total levé par la plateforme atteint 4.000.000 EUR dont plus de la moitié récoltée sur les premiers mois de l’année. Look&Fin est la première plate- forme à permettre des investissements transfrontaliers. e. Perspectives 2015-2019 Afin d’être capable de gérer en interne les différents flux financiers inhérents à l’activité du crowdfunding, Look&Fin ambitionne d’obtenir l’agrément “d’établisse- ment de paiement”, ce qui lui permettra de gérer en interne toutes les transactions financières réalisées via la plateforme (à savoir tant les montants investis que les remboursements). En effet, la législation actuelle contraint les plateformes telles que Look&Fin à ne faire transiter aucun flux financier par leur patrimoine propre. A terme, Look&Fin s’est fixé pour objectif de préserver sa place de leader sur le marché belge mais également d’être l’un des leaders sur le marché français. Pour y parvenir, Look&Fin a pour but de lever 100 millions EUR d’ici la fin de l’année 2019. IV. Le marché du “crowdfunding” en Belgique a. Etat des lieux Contrairement à de nombreux pays, la Belgique n’a pas encore de plateformes “généralistes” qui se sont imposées comme des références en la matière. La caractéristique actuelle du marché belge est d’être principalement composé de plateformes qui se spécialisent par type de financement. 1. Selon nos estimations. Il est à noter que le rapport KPMG 2014 sur le crowdfunding en Belgique annonce les chiffres suivants: 500.000 EUR levés en 2012 et 1.400.000 EUR levés en 2013 (voir infra).
  4. 4. LARCIER FORUM FINANCIER / REVUE BANCAIRE ET FINANCIÈRE 2015/4 305 FRÉDÉRIC LÉVY MORELLE LE CROWDFUNDING: OUTIL DE FINANCEMENT INNOVANT En ce qui concerne le don, deux domaines bien particu- liers sortent du lot: la musique d’une part, avec la plate- forme SonicAngel qui permet à des artistes de se faire produire grâce aux internautes et la bande dessinée d’autre part qui est représentée avec la plateforme Sandawe. Au niveau de l’equity crowdfunding (ou investissement en capital), MyMicroInvest est l’acteur le plus connu du marché2 . Cette plateforme permet à des particuliers d’investir dans de jeunes entreprises aux côtes d’investis- seurs professionnels. En ce qui concerne le prêt, Look&Fin fait figure de réfé- rence: depuis sa création, la plateforme a levé 4 millions EUR afin de financer une trentaine d’entreprises. b. Evolution du marché Une étude du bureau Douw&Kouren sur le marché du crowdfunding en Belgique en 2013 annonçait que le financement participatif a permis d’amasser “seulement” 1,1 million EUR. En moyenne, le Belge aurait donc investi 0,10 EUR dans un projet de crowdfunding en 2013, soit proportionnellement 10 fois moins que son voisin fran- çais, par exemple. Il apparaît évident que la Belgique accuse un retard en la matière par rapport à certains de ses voisins européens mais n’oublions pas que le marché du crowdfunding connaît une progression exponentielle depuis sa création. Les principales plateformes européennes ont toutes connues une croissance de l’ordre de 100% à 200% par an. La Belgique connaît la même tendance: le rapport KPMG 2014 sur le crowdfunding en Belgique annonce les chiffres suivants: 500.000 EUR levés en 2012, 1.400.000 EUR levés en 2013, soit une augmentation de 180% et 2.500.000 EUR levés en 2014, soit une hausse de 80%. Et cela, malgré les difficultés inhérentes au marché (bilin- guisme et “mentalités différentes” au nord et au sud du pays). Par ailleurs, d’importants acteurs du marché finan- cier belge s’intéressent de plus en plus au phénomène: on notera par exemple l’initiative de la banque KBC, qui a lancé récemment sa propre plateforme de crowdfunding: Bolero-Crowdfunding. c. Evolution de la législation Ce retard de la Belgique sur ses voisins européens est en partie imputable à une législation plus contraignante que dans certains pays d’Europe où le financement participatif a le vent en poupe. En 2012, année où les deux plateformes les plus influentes du pays ont émergé (MyMicroInvest et Look&Fin), c’est la loi relative aux offres publiques d’instruments de place- ment et aux admissions d’instruments de placement à la négociation sur des marchés réglementés (loi prospectus) qui faisait référence. Dans ce cadre, un plafond de 99.999 EUR par levée de fonds était fixé. Au-delà de ce montant, il était impératif de publier un prospectus. En mars 2014, Koen Geens, ministre des Finances, a mis en place un cadre juridique présenté comme plus souple pour le promoteur tout en offrant une protection à l’inves- tisseur. Le seuil au-delà duquel il est nécessaire de publier un prospectus est ainsi passé de 100.000 EUR à 300.000 EUR. Néanmoins, ce rehaussement s’est accom- pagné d’une nouvelle contrainte: le montant investi par un souscripteur ne peut excéder, dans ce contexte, 1.000 EUR par projet. On voit dès lors apparaître le para- doxe suivant: en deçà de 99.999 EUR, un seul investisseur peut être exposé à lui seul pour le montant global mais dès que le seuil de 100.000 EUR est franchi l’investisseur est limité à 1.000 EUR. Cette nouvelle législation est jugée insuffisante par les différents acteurs du marché. Force est de constater que 12 mois après sa mise en application, aucune plateforme n’a, à ce jour, utilisé ce nouveau cadre juridique. En mai 2015, le gouvernement fédéral souhaite implé- menter un incitant fiscal spécifique au crowdfunding. Concrètement, celui qui investit en capital ou octroie des prêts à des jeunes entreprises bénéficiera d’un avantage fiscal, respectivement sous la forme d’une réduction fiscale de l’impôt des personnes physiques sur l’investisse- ment en capital (mesure dite “Tax Shelter Equity”) et d’une exonération de précompte mobilier sur les intérêts générés par les prêts consentis (mesure dite “Credit Crowdfunding”). Bien que ces mesures aillent dans le bon sens, les éléments suivants méritent d’être mis en évidence: – la mesure Tax Shelter Equity ne sera pas (ou peu) re- layée par les plateformes de crowdfunding, ces derniè- res devant pour ce faire disposer d’une licence bancaire 2. MyMicroInvest se présente comme une plateforme d’Equity Crowdfunding bien qu’elle ne permette pas à ses membres de souscrire à des actions de l’entreprise présentée. Le financement se réalise par l’octroi de “Notes” via un véhicule dédicacé (SPV). Ces “Notes” s’apparentent à des prêts.
  5. 5. 306 FINANCIEEL FORUM / BANK- EN FINANCIEWEZEN 2015/4 LARCIER LE CROWDFUNDING: OUTIL DE FINANCEMENT INNOVANT FRÉDÉRIC LÉVY MORELLE dont l’octroi est particulièrement contraignant, ou à tout le moins d’un agrément dont les contours ne sont pas définis aujourd’hui; – la mesure Credit Crowdfunding vise exclusivement les jeunes entreprises (moins de 4 années d’existence) et exclut de facto la plupart des PME. Or, la très large majorité des entreprises qui ont cette maturité ne pré- sentent pas de capacité de remboursement suffisante pour contracter un prêt; – l’effort budgétaire et l’intérêt fiscal sont largement en faveur de la mesure Tax Shelter; à titre d’exemple, un prêt de 15.000 EUR à 8% l’an sur 4 ans permet au prêteur de percevoir des intérêts qui s’élèvent au total à 2.577 EUR. L’économie fiscale réalisée grâce à la nouvelle mesure Credit Crowdfunding lui permettra ainsi d’économiser 644 EUR (via l’exemption du pré- compte mobilier qui s’élève actuellement à 25% sur les intérêts perçus). Cette économie fiscale sera répartie sur 4 années et sera bien entendu conditionnée à la per- ception des intérêts. Le même gain fiscal peut être at- teint via la mesure Tax Shelter en investissant 1.431 EUR en capital (dont 45% pourra être déduit de l’impôt dû à l’IPP). Contrairement à l’économie réali- sée via le prêt, celle-ci sera acquise à 100% l’année du- rant laquelle a lieu l’investissement. En outre, le montant maximal annuel prévu afin de bénéficier de l’économie fiscale s’élève à 100.000 EUR pour le Tax Shelter tandis qu’il est limité à 15.000 EUR pour le Credit Crowdfunding. V. L’avenir du “crowdfunding” Nous venons de le voir, le financement participatif cham- boule le paysage financier traditionnel et se présente comme une solution de choix face à l’aversion au risque vécue parmi les institutions financières plus tradition- nelles. Le crowdfunding pourrait-il alors à terme se subs- tituer aux banques, que ce soit pour l’entrepreneur ou l’investisseur? Au vu de la tendance actuelle, il apparaît clairement que les banques pourraient avoir un rôle à jouer dans l’ascen- sion de ce nouveau mode de financement. En effet, depuis peu, les institutions bancaires voient un avantage à s’asso- cier à des plateformes de crowdfunding. Même si les types de partenariats sont de nature différente et répondent à des problématiques diverses, les exemples ne manquent pas. Nous avons ainsi récemment appris l’annonce de Groupama Banque qui, en France, s’est engagée à investir 100 millions EUR à travers la plateforme Unilend au cours des 4 années à venir. En France toujours, la plate- forme Wiseed a annoncé en février 2015 un partenariat commercial avec le Crédit Coopératif: dans le domaine du commerce associé, la banque orientera les entrepreneurs désireux d’ouvrir un magasin coopératif à la recherche de capitaux vers la plateforme. En outre, le Crédit Coopératif se montre également intéressé par la possibilité pour ses clients d’investir: le financement participatif est présenté comme une solution d’investissement alternative et une excellente opportunité de diversifier son portefeuille de placements. En Belgique, on note le rapprochement entre la plateforme MyMicroInvest et les banques BNP Paribas Fortis et Keytrade Bank. BNP Paribas Fortis s’engage ainsi à accorder un prêt en complément des montants perçus en capital par les entrepreneurs sur la plateforme. Keytrade Bank quant à elle proposera à ses clients investisseurs de diversifier leurs placements au moyen de la plateforme. Citons également l’initiative de KBC Bank, qui fin 2014 a annoncé le lancement de sa propre plateforme de crowdfunding: Bolero Crowdfunding. La finance participative et les banques: rivales hier, alliées demain?

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