Université Charles De Gaulle – Lille 3
UFR – Langues Étrangères Appliquées
Master 1 Relations Interculturelles et Coopérat...
INTÉGRER L’ORIENTATION SEXUELLE
DANS LA COOPÉRATION INTERNATIONALE
Introduction et premières approches
MICHAËL COUSIN
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Remerciements
Ce mémoire, je le dois beaucoup à Louis-Georges Tin qui m’a inspiré lors de
notre rencontre pendant la March...
Tables des matières
Introduction! 7
L’orientation sexuelle et le monde! 12
Universalisme de l’orientation sexuelle ?" 12
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La coopération comme un moyen de pression" 32
La coopération comme un levier contre l’homophobie" 34
La coopération comme ...
Introduction
«  l'idéal devrait être de pouvoir aussi
bien aimer une femme qu'un homme,
n'importe quel être humain, sans é...
l’intérêt de s’en soucier. La France, quant à elle, s’est retrouvée longtemps en conflit
entre le principe d’universalité a...
ment laissé des milliers d’hommes mourir du SIDA dans la solitude. Elle permet en-
core d’imposer le silence sur tous ces ...
hommes cisgenrés. L’identité de genre intervient également dans les sexes, du fait
notamment d’une recherche, non obligato...
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de la coopération.
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L’orientation sexuelle et le monde
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n’a pas la même pensée que lui. Chaq...
Sur ce sujet, un travail sérieux a déjà été développé en 2007 par un groupe de
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comme contraire, inférieur ou anormal10. Éric Fassin, pour sa part, donne une défini-
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En Europe, l’influence des traditions judéo-chrétienne a primé sur les pensées
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un avenir préislamique18. Enfin, la libération homosexuelle en Occident commence à
interpeller cette partie du monde et une...
également eu des répressions dans certains endroits22. Malgré cette histoire riche,
les africains sub-sahariens d’aujourd’...
laisse, par la liberté d’expression accordée aux citoyens, tomber sur le banc des ac-
cusés les politiques hétérosexistes ...
Mondialisation du mouvement LGBT
L’orientation sexuelle est un concept universel. Les échanges d’idées, amélio-
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finalisée et comme le souligne Louis-Georges Tin, le plus intéressant est d’analyser
les coulisses et donc les rapports de ...
mars 2012, le secrétaire général de l’ONU a formellement soutenu les personnes
LGBT et reconnu le silence dont le Conseil ...
proposée par l’Afrique du Sud a été approuvée à 29 voix contre 19 et 3 absten-
tions32. Une nouvelle résolution est en att...
World Leading Forum à l’université Columbia de New York, s’exprimait sur l’orienta-
tion sexuelle de ses concitoyens irani...
survenir et y laisser des séquelles. Enfin, les lieux de rencontres homosexuels sont
également des lieux de prostitutions. ...
L’orientation sexuelle et la coopération internatio-
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L’apport de l’orientation sexuelle
Des travaux comme ceux de Lou...
niques de lutte contre l’homophobie agrandiront les champs d’actions possibles pour
tous les pays coopérants.
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La lutte contre le SIDA est lourde à supporter financièrement. Par ailleurs, il
semble illogique de financer des programmes ...
de ses pratiques sexuelles. Attention toutefois, l’identité de genre n’est pas corrélée à
des pratiques sexuelles, elle en...
Les échanges techniques et culturels
L’orientation sexuelle dans la coopération. N’est-ce pas une drôle d’idée ?
Même s’il...
tion homosexuelle mais aussi entre les homosexuels de nationalités ou territorialités
différentes. Ce seront par conséquen...
mis. Cependant, les choses ne sont pas si théoriques. Premièrement, l’homosexua-
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Les instances internationales en modifiant leurs moyens d’actions peuvent arri-
ver à faire pression contre les gouvernemen...
fessionnels. Il faut également favoriser les échanges de réflexions entre des cher-
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Premières approches des solutions
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cédents dév...
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Conclusion
« Seule l’orientation sexuelle est encore officiellement invoquée comme un em-
pêchement légitime à la réalisati...
cosmos a eu raison de ce mutisme. L’Occident s’est libéré progressivement de son
homophobie, mais cela ne l’a pas empêché ...
coopération des activités territoriales dans le monde. Mon expérience à travers ce
stage m’aura également permis de partic...
Liste des entretiens
Louis-Georges TIN, créateur de la Journée mondiale contre l’homophobie (IDAHO),
maître de conférences...
Bibliographie
Ouvrages et articles
BISILLIAT, Jeanne, « L’Intégration du genre dans la politique française de coopéra-
tio...
TIN, Louis-Geroges, Le Pacte pour en finir avec les discriminations, Sexisme, Homo-
phobie, Handicap, Âge, Origine, Édition...
-violence-and-discrimination-based-on-sexual-orientation-or-gender-identity.htm
l
ONUSIDA, « 2008-2009 Unified Budget and W...
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  1. 1. Université Charles De Gaulle – Lille 3 UFR – Langues Étrangères Appliquées Master 1 Relations Interculturelles et Coopération Internationale Michaël COUSIN INTÉGRER L’ORIENTATION SEXUELLE DANS LA COOPÉRATION INTERNATIONALE Introduction et premières approches Enseignant référent : Mme Pauline DUBOIS Cités Unies France 9 rue Christiani, 75018 Paris
  2. 2. INTÉGRER L’ORIENTATION SEXUELLE DANS LA COOPÉRATION INTERNATIONALE Introduction et premières approches MICHAËL COUSIN ⇽ Image tirée du blog Solicitor General,  http://solicitor-general.blogspot.fr/2012/02/new-mexico- doma-dead.html (Consulté le 18 août 2012)
  3. 3. Remerciements Ce mémoire, je le dois beaucoup à Louis-Georges Tin qui m’a inspiré lors de notre rencontre pendant la Marche des Fiertés de Lille en 2012. Son accessibilité et mon entretien avec lui m’a permis de prendre conscience de la dimension mondiale de la communauté LGBT. Je le remercie pour m’avoir ouvert sa mémoire et pour m’avoir orienté dans mes recherches. Un clin d’œil à Philippe Momot qui a été là au tout début de mon militantisme dans le milieu LGBT de Lille, qui m’a fait découvrir l’école populaire et les théories féministes. Le livre de Didier Éribon, Retour à Reims, qu’il m’a offert est l’œuvre qui me donne la force de continuer mes études. À Jean-Pierre Maillot, pour son amitié et son soutien inconditionnel dans les moments les plus durs. Je le remercie également pour m’avoir ouvert les yeux sur le monde et m’avoir transmis cette passion pour la politique, l’histoire et la sociologie. Enfin, je remercie profondément ma mère et mon oncle pour leur soutien finan- cier et moral. À mon père, décédé, qui m’aide par la pensée, par ses valeurs et ses convictions. Paris Août 2012
  4. 4. Tables des matières Introduction! 7 L’orientation sexuelle et le monde! 12 Universalisme de l’orientation sexuelle ?" 12 Les Droits universels de l’homme et les « Principes de Jogjakarta »" 12 L’universalité de l’homophobie" 14 Universalisme ?" 19 Mondialisation du mouvement LGBT" 21 Les conférences de Durban" 21 La mondialisation des questions LGBT" 22 Extermination des homosexuels ?" 24 L’orientation sexuelle et la coopération internationale! 27 L’apport de l’orientation sexuelle" 27 Un renforcement de la lutte contre le SIDA" 28 L’intégration de l’identité de genre" 29 Les échanges techniques et culturels" 31 L’apport de la coopération" 32 5
  5. 5. La coopération comme un moyen de pression" 32 La coopération comme un levier contre l’homophobie" 34 La coopération comme un outil à l’épanouissement des homosexuels" 35 Premières approches des solutions! 36 Au niveau international" 36 La coopération multilatérale" 38 La coopération décentralisée" 39 La formation" 40 Conclusion! 42 Liste des entretiens! 45 Bibliographie! 46 6
  6. 6. Introduction «  l'idéal devrait être de pouvoir aussi bien aimer une femme qu'un homme, n'importe quel être humain, sans éprouver ni peur, ni contrainte, ni obligation. » Simone de Beauvoir Comment deux personnes qui s’aiment, qui prennent du plaisir et qui sont par ailleurs consentantes ont pu déclencher autant de haine allant même jusqu’à leur ex- termination ? Et comment, après ce paroxysme de l’homophobie pendant la Seconde Guerre mondiale, sa permanence n’a t’elle pas suscité l’intérêt de la communauté internationale avant ces quelques dernières années ? Ces deux questions méritent à elles seules la lecture de toute une littérature et l’étude de tout un combat qui se sont vus bien souvent confrontés à un conservatisme insensible. Ce conservatisme aura également profité des années SIDA (Syndrome de l’Immuno-Déficience Acquise) pour renforcer la stigmatisation des homosexuels. Le SIDA a été, pour certains chré- tiens, le signe de la colère de Dieu se déchaînant sur les pratiques sexuelles infâmes et interdites. Pour d’autres, parce que cela ne concernait que les 4H (Homosexuels, Héroïnomanes, Hémophiles, Haïtiens), marginaux ou pauvres, ils ne voyaient pas 7
  7. 7. l’intérêt de s’en soucier. La France, quant à elle, s’est retrouvée longtemps en conflit entre le principe d’universalité auquel elle tient et le communautarisme. Ce rapport de force entre deux concepts antagonistes a retardé les campagnes de prévention destinées à ces populations spécifiques. Une fois la bataille idéologique terminée, un autre long débat houleux a occupé certains esprits conservateurs. Est-il convenable de mener des campagnes publicitaires pour les préservatifs (la loi l’interdisait à l’époque) ? Puis vint les premières campagnes de prévention… malheureusement on n’ose à peine montrer des homosexuels, voire en parler. Au regard de ces considéra- tions sophistiques de l’État, des associations comme AIDS et Act-Up se sont créées. Elles ont, entre autres, effectué un véritable travail de prévention envers les popula- tions les plus touchées et ont fait preuve d’un activisme fort afin de faire changer les perceptions sur les personnes séropositives1. Par ailleurs, la population homo- sexuelle n’aura pas été la seule à être marquée par ces années SIDA. Les Africains en souffrent encore. Ce type de rapport universalisme/communautarisme que le SIDA a engendré sur les personnes homosexuelles, on le retrouve de nos jours dans les débats internationaux. Il est également l’une des raisons qui expliquent la perma- nence de l’épidémie de SIDA en Afrique. L’homosexuel fait partie de ces minorités qui sont jugés responsables des maux de la société comme les Juifs l’étaient dans les sociétés européennes - et le sont parfois encore. Mais chacune a sa responsabilité, les Arabes sont responsables de la délinquance, des trafics de drogues, de la haine. Les Chinois sont responsables du chômage, des délocalisations, de la contrefaçon. Les homosexuels sont, pour leur part, responsables des maladies sexuelles, de la décadence de la société, de la pé- dérastie, de la perversion, du détournement du rôle social de l’homme et de la femme, etc… Bref, et tous sont responsables du communautarisme. Bien évidem- ment, le bon bourgeois français, blanc, catholique, marié avec des enfants et un bon travail qui ne côtoie que d’autres bons bourgeois français, blancs, catholiques, ma- riés avec des enfants et un bon travail, ne forment pas une communauté. La cruauté de cette homophobie, qu’elle soit consciente ou inconsciente, est même allée jusqu’à n’accorder aucune reconnaissance aux homosexuels morts, tor- turés ou utilisés comme cobaye dans les camps d’extermination nazis. Elle a égale- 8 1 TIN, Louis-Georges, Dictionnaire l’homophobie, Paris, Presses Universitaires de France, 2003, p. 373-378.
  8. 8. ment laissé des milliers d’hommes mourir du SIDA dans la solitude. Elle permet en- core d’imposer le silence sur tous ces homosexuels qui continuent à être torturés, jugés pour crime, pendus, lapidés, enlevés, humiliés, immolés, battus ou à subir d’autres sévices. Ce silence légitime, en quelques sortes, les acteurs homophobes à continuer. Ils agissent en toute impunité et sans que personne ne dise mot. La Décla- ration des droits de l’Homme a été, dès sa naissance, comme déjà bafouée par ce lourd silence. Il n’y a que récemment que l’Organisation des Nations Unies (ONU) a reconnu son mutisme sur ce sujet. Ces dernières années, la communauté internationale octroie à l’orientation sexuelle une légitimité de plus en plus grande et l’on ne peut que remercier les diffé- rentes pressions de la part des instances internationales, Organisations Non Gou- vernementales (ONGs), associations, mais aussi des groupes de pression, des ex- perts et chercheurs et encore tant d’autres. Leurs combats auront permis de recon- naître l’homosexualité mais aussi de condamner les actes de ceux qui honnissent les traités internationaux sur les droits de l’Homme. Contrairement à l’entrée de la « femme dans le développement » ou plutôt du « genre dans le développement », l’intégration de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle a mis beaucoup plus de temps à se voir accorder une place dans les politiques de développement. Il faut souligner ici la différence entre le genre et l’identité de genre. Cette distinction est essentielle puisqu’elle marquera l’évolution de la coopération intégrant les probléma- tiques liées aux sexes et aux sexualités. Le genre, de par son histoire, est plutôt vu dans la population comme les moyens d’action qui favorisent l’égalité entre les hommes et les femmes. Depuis les années 70, le « genre dans le développement » a permis de changer les mentalités sur le statut de la femme. Mais le genre est un des pendants internes aux théories de l’identité de genre. Cette identité, pour autant qu’elle soit réellement une identité (certains sociologues pensent que le genre n’est pas statique mais il évolue selon l’histoire individuelle de chacun), marque la cons- truction sociale du sexe. Autrement dit, elle serait l’attitude sexuée d’une personne. Cette attitude sexuée peut être en alignement avec le sexe biologique de la per- sonne et l’on parle alors de cisgenre, ou alors elle est plutôt opposée au sexe biolo- gique et l’on parle alors de transgenre. Il y a entre ces deux extrêmes des gradients de comportement genré. La prise en compte du genre dans la coopération n’est donc qu’en réalité l’application stricte d’une égalité entre les femmes cisgenrées et les 9
  9. 9. hommes cisgenrés. L’identité de genre intervient également dans les sexes, du fait notamment d’une recherche, non obligatoire, de la mise en adéquation de son sexe avec son genre. D’où l’implication des notions de travestisme, transsexualisme et in- tersexualisme. Mais ces trois derniers ne seront pas traités dans ce mémoire. Ils mé- ritent à mon sens un travail singulier. Ainsi, les instances internationales commencent seulement à sortir de leur mu- tisme face aux problèmes que rencontrent les homosexuels dans le monde. Mais alors, pourquoi l’orientation sexuelle aura mis si longtemps à trouver sa place dans les débats au sein des Nations Unies ? Par ailleurs, face à cette prise de conscience, est-ce que la coopération internationale peut apporter des changements concrets qui amélioreraient la vie des homosexuels ? Ces questions ne sont pas simples à résoudre. Elles méritent, dans un premier chapitre, l’étude du contexte international sur la prise en compte de l’orientation sexuelle. Cette prise en compte a entraîné des débats qui ont posé la question de l’universalisme de l’orientation sexuelle. Et il sera donc intéressant de traiter le fond de cette question afin de comprendre si l’homosexualité, et de façon induite la bi- sexualité, sont universelles. Il faut également étudier la protection de l’homosexualité à travers la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Si toutefois l’universalité de l’homosexualité est difficile à faire accepter, on verra que l’identification de l’ho- mophobie ne se fait pas non plus sans peine. Parallèlement à ces questions de légi- timité, de droit et de terminologie, on parcourra la croissance de l’intervention des questions LGBT (Lesbien, Gay, Bisexuel, Transsexuel) sur la scène diplomatique in- ternationale. Il sera donc question de voir l’instrumentalisation de l’homosexualité dans les débats internationaux mais aussi de la défense de cette variante sexuelle. Après avoir traité du contexte international de l’orientation sexuelle et de l’im- portance de la défense des personnes homosexuelles ou bisexuelles dans le monde, le deuxième chapitre traitera de l’apport de la coopération internationale. Il s’agira en effet d’utiliser la coopération internationale comme un outil qui permettrait de faire évoluer les mentalités sur l’orientation sexuelle et de favoriser la qualité de vie des homosexuels et bisexuels. Mais comme pour tous les combats, il est important de susciter l’intérêt chez les acteurs réticents. On commencera alors par expliquer ce que l’orientation sexuelle peut apporter aux coopérants et aux projets de coopéra- 10
  10. 10. tion. Cette explication est primordiale puisqu’elle permettra de persuader les acteurs de la coopération. Enfin, le troisième chapitre développera une première approche sur les actions que la coopération internationale et les acteurs satellites peuvent mettre en place. Ces actions auront pour objectif d’insérer l’orientation sexuelle dans la coopération et de travailler à l’évolution des mentalités sur les questions LGBT ainsi qu’à la qualité de vie des homosexuels ; autrement dit, de lutter contre l’homophobie. 11
  11. 11. L’orientation sexuelle et le monde Universalisme de l’orientation sexuelle ? L’affectivité intime entre des personnes de même sexe a toujours fait partie de l’histoire et de nombreux dessins, peintures, poteries et autres vestiges du passé sont le témoins de cette culture de l’amour. Pourtant, cet amour qui n’empêche au- cun autre d’exister a généralement été pourchassé. Par ailleurs, les mots « homo- sexualité » et « homosexuel » n’ont pas toujours existé dans toutes les cultures et à travers les époques. Il est donc difficile de parler de ce sujet en globalité. Toutefois, s’il n’y a pas de mots pour décrire cet amour, les pratiques homosexuelles et homo- phobes en témoignent. Il sera donc important de développer les différents types d’homophobie en partant d’une définition générale jusqu’à des points plus précis. On regardera également quelques pratiques et perceptions de l’homosexualité dans le monde à travers l’histoire. Les paradoxes que laissera entrevoir cette seconde partie entre homosexualité et homophobie seront à croiser avec l’étude en première partie de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et la protection qu’elle donne aux homosexuels. Nous parlerons également des perspectives d’avenir et d’évolution de cette déclaration en lien avec l’orientation sexuelle. Enfin, parce que la cause des problèmes qui empêchent les normes fixés par la société d’être respectées a tou- jours été trouvée chez l’étranger, le développement de ce sous-chapitre permettra de déterminer si l’homosexualité est universelle. Les Droits universels de l’homme et les « Principes de Jogjakarta » Selon l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’Homme « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. […].2 » Il n’y a donc aucun sous-homme, aucune sous-femme, aucun sous-intersexe, et donc au- cun sous-citoyen ; nous sommes alors tous égaux quelques soient nos différences morphologiques, biologiques, culturelles, etc, et nous sommes aussi libres par rap- port aux autres. Article 3 « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de 12 2 Organisation des Nations Unies, Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948, http://www.un.org/fr/documents/udhr/ (consulté le 9 juillet 2012)
  12. 12. sa personne.3 » Personne n’a donc le droit de mettre fin à la vie d’autrui parce qu’il n’a pas la même pensée que lui. Chaque personne a le droit à la sécurité et le sen- timent d’insécurité qu’il peut ressentir ne peut pas être sous-estimé par le reste de la société parce qu’elle se base sur des croyances ou des a priori non rationnels. Toute personne est donc égale au regard de la justice. Article 5 : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.4 » Personne ne peut torturer une autre personne pour des considérations ou des opinions diffé- rentes. Toute personne a droit à un traitement humain préservant sa dignité dans toute sa suprématie. Article 29 : « Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusive- ment en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien- être général dans une société démocratique.5 » Autrement dit, comme le souligne Simone de Beauvoir : « Se vouloir libre c’est aussi vouloir les autres libres6 ». Cha- cun de ces articles concernent les homosexuels, en théorie ils sont d’ailleurs proté- gés par les traités internationaux dont la Déclaration universelles des droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte inter- national relatif aux droits économiques7. Néanmoins, les homosexuels et les bi- sexuels ne peuvent se défendre contre des actes homophobes puisqu’il manque les termes d’orientation sexuelle et d’identité de genre8. Cette non reconnaissance aura laissé pendant très longtemps la communauté internationale muette et aveugle sur les nombreuses violations des droits de l’Homme que certains pays commettent en- vers leur population homosexuelle. Il est donc important que le système juridique in- ternational change et prenne en compte l’orientation sexuelle et l’identité de genre. 13 3 Organisation des Nations Unies, Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Organisation des Nations Unies, 1948, http://www.un.org/fr/documents/udhr/ (consulté le 9 juillet 2012) 4 Ibid. 5 Ibid. 6 DE BEAUVOIR, Simone, Pour une Morale de l’Ambiguité, Guallimard, 1947 7 « Briser le silence : violations des droits de l’homme liées à l’orientation sexuelle », Amnesty Inter- national, 1997, p. 2-5. 8 Ibid.
  13. 13. Sur ce sujet, un travail sérieux a déjà été développé en 2007 par un groupe de 29 experts universitaires, de juristes, d’un ancien Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, d’ONGs et d’autres qui se sont réunis à l’université Gajah Mada de Jogjakarta, en Indonésie. Cela a abouti aux Principes de Jogjakarta sur l’application de la législation internationale des droits humains en matière d’orien- tation sexuelle et d’identité de genre. Ce travail regroupe plusieurs propositions afin d’intégrer l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans le droit international mais également national, notamment le droit à l’indifférence quant à l’accès à la santé, à la propriété, à l’emploi, à l’éducation, mais également à des libertés fondamentales comme la liberté d’opinion, de se réunir, de circulation, d’accéder à un procès équi- table… 9 L’universalité de l’homophobie La démarche internationale actuelle est de dépénaliser l’homosexualité au ni- veau universel. Cependant, nombre de pays qui refusent de considérer l’homosexua- lité comme une des variantes de la sexualité humaine, plaident pour la non universa- lité de l’orientation sexuelle. Le refus de ces derniers à reconnaître les homosexuels va de paire avec une vive politique homophobe sur leur territoire. Il faut donc attirer l’attention sur les différents processus homophobes qui amènent à l’effacement de l’existence de l’homosexualité dans chaque société, l’effacement alimentant l’homo- phobie et l’homophobie faisant taire les revendications des homosexuels ainsi qu’in fine leur visibilité. Enfin, le manque de visibilité légitime l’homophobie. Ainsi un cercle vicieux dont il est difficile de sortir se met en place. Par ailleurs, parler de l’homopho- bie permet d’ouvrir les champs d’actions possibles. Deux champs d’actions doivent être privilégiés, d’une part l’acceptation des orientations sexuelles et d’autre part la répression de l’homophobie. Ce mémoire, limité par le temps de sa conception, n’ar- rivera pas à traiter tous les types d’homophobie de façon exhaustive. La culture de l’homophobie étant dépendante des traditions de chaque culture ou culte. Mais, on peut tout de même essayer de traiter le sujet de façon transversale. Plusieurs définitions de l’homophobie existent mais elles correspondent globa- lement à l’ensemble des manifestations arbitraires qui consistent à désigner l’autre 14 9 The Jogjakarta Principles, A propos des Principes de Jogjakarta, The Jogjakarta Principles, 2007, http://www.yogyakartaprinciples.org/principles_fr.htm (Consulté le 9 juillet 2012)
  14. 14. comme contraire, inférieur ou anormal10. Éric Fassin, pour sa part, donne une défini- tion plus précise en discernant l’homophobie de l’hétérosexisme. L’homophobie se- rait la phobie d’un individu envers les homosexuels ; le rejet arbitraire des homo- sexuels en quelques sortes. L’hétérosexisme serait plutôt une pensée traversant l’ensemble de la société et qui déterminerait, pour on ne sait quelles raisons objecti- ves, l’hétérosexualité comme supérieure à l’homosexualité. La première est donc une logique psychique individuelle alors que la deuxième est une idéologie collecti- ve11. L’hétérosexisme tend à fonder l’hétérosexualité comme la norme et définie son expérience sexuelle, érotique, passionnelle et amoureuse comme légitime et sans égale. Cette supériorité rigide implique une présupposition impensée de l’hétéro- sexualité de chaque personne. Quant aux homosexuels, nombreux sont ceux qui in- tériorisent cette domination de telle sorte qu’un sentiment de honte les ronge ; la « révélation » de leur préférence sexuelle devra tôt ou tard se faire, et son identité en tant qu’homme ou femme se substituera souvent par son activité sexuelle intime et personnelle. Comme le note Louis-Georges Tin, cette intériorisation de l’infériorité de l’amour entre personnes de même sexe entraîne chez les homosexuels des problè- mes psychologiques12. L’homophobie se définie à la rencontre du psychologique et des habitus sociaux. Parfois l’homosexualité est considérée par certains comme une prise de position. Le fait d’être homosexuel relève alors d’un choix. Ce choix de l’acte sexuel est la raison pour laquelle on considère que les homosexuels ne peuvent pas élever d’enfants. Le rejet des enfants et de l’éducation est donc immanent à l’homo- sexualité. Ce sont donc les hétérosexuels qui décrètent l’homosexuel comme incom- pétent à élever un enfant. Car il s’agit bien de cela : élever quelqu’un c’est élever son esprit, son âme. Autrement dit, c’est l’affirmation hétérosexiste qui consiste à dire que l’esprit d’un homosexuel est inférieur à un hétérosexuel. On voit bien ici que la sexualité et l’éducation n’ont pas de liens objectifs. Enfin, prenons la démarche de Daniel Borrillo et considérons que les homosexuels ont fait un choix. La question à se poser serait de savoir si les hétérosexuels en font également un. En effet, soit on 15 10 BORRILLO, Daniel, Que sais-je ? L’Homophobie, Presses Universitaires de France, 2e édition, 2000, p. 3 11 FASSIN, Éric, « Le Outing de l’homophobie est-il de bonne politique ? », in l’Homophobie, comment la définir, comment la combattre, Paris, Éditions ProChoix, 1999. 12 TIN, Louis-Geroges, «  Dictionnaire de l’homophobie  », Presses Universitaires de France, 2003, p. XV.
  15. 15. choisit tous, soit aucun de nous ne choisit. Mais dans les deux cas, ce n’est nulle- ment une justification recevable13. Enfin, cela est un débat qui devrait avoir lieu en janvier 2013 lorsque le parlement français tergiversera sur le mariage pour tous. Les actes homophobes sont très divers, ils peuvent être d’ordre physique ou verbal et sont donc visibles et faciles à identifier. Mais il y a également une autre forme de réprobation qui, elle, est invisible. C’est ce que Pierre Bourdieu appelait la violence symbolique. Cette dernière est la violence la plus répandue en Occident malgré la banalisation progressive des sexualités. En effet, l’homophobie symbolique est une forme sournoise, elle est tellement bien ancrée dans la société qu’elle agit sans s’exprimer. L’environnement dans sa globalité est une forme d’agression. Là où l’on peut observer une pléthore de publicités, de films, de séries, de livres, de maga- zines adulant l’amour hétérosexuel, rien ne laisse présager la possibilité d’un amour homosexuel, ou tout du moins d’affection entre personnes de même sexe. L’espace public leur est également exclu, et beaucoup de couples de même sexe se refusent à se laisser aller par leur amour en public, intériorisant leur domination et légitimant, de fait, la supériorité de l’hétérosexualité. En effet, même s’ils expriment le côté ba- nal que représente l’homosexualité, la plupart des hétérosexuels réprouvent l’affec- tion entre personnes de même sexes. Quelque part, cela entache ce qu’ils croient être comme le seul schème de perception d’attirance sexuelle et d’amour. Cette rigi- dité de leur esprit s’explique notamment par l’invisibilité de l’amour homosexuel dans le quotidien culturel. Parallèlement à ces définitions et exemples d’homophobie, il existe de multiples doctrines hétérosexistes et homophobes. Qu’elles soient de type anthropologique, théologique, biologique, médicale, morale ou d’autres, comme le souligne Louis- Georges Tin, elles « ne sont jamais que des raisons controuvés pour justifier a poste- riori une intime conviction, évidemment injustifiable, selon des dispositifs en accord avec les croyances du moment.  »14 Toutefois, l’objectif étant de savoir quelle est l’universalité de l’homophobie, il faut préciser certaines pensées hétérosexistes, ho- mophobes voire homophiles à travers les régions du monde et les époques. 16 13 BORRILLO, Daniel, Que sais-je ? L’Homophobie, Presses Universitaires de France, 2e édition, 2000, p. 73-77 14 TIN, Louis-Geroges, «  Dictionnaire de l’homophobie  », Presses Universitaires de France, 2003, p. XII.
  16. 16. En Europe, l’influence des traditions judéo-chrétienne a primé sur les pensées antiques qui légitimaient les relations entre personnes de même sexe. On peut citer de nombreux exemples d’amours historiques entre hommes comme Alexandre le Grand et l’eunuque perse Bagoas, Socrate et Alcibiade, Jules César « l’homme de toutes les femmes et la femme de tous les hommes » et tant d’autres. Par ailleurs, l’Occident chrétien a effectué un énorme travail de censure, de relecture et de réécri- ture afin d’effacer les soupçons dérangeants d’un amour homosexuel. Pour exemple, tout le monde connaît la Chanson de Roland, mais peu savent que cette chanson de geste y raconte à 99% l’histoire d’une relation entre Roland et Olivier dont les affini- tés vont bien au-delà de celles d’une simple amitié15. Traiter de l’homosexualité en Asie du Sud-Est est très sensible, la région est immense et les traditions culturelles, philosophiques et religieuses sont très différen- tes de celle de l’Europe et assez diverses au sein même de cette partie du monde. Un brassage des courants bouddhiste, musulman, chinois et plus récemment chré- tien et occidental ont modifié les perceptions de l’homosexualité à travers leur his- toire. Si toutefois, on ne peut pas faire de généralité, comme le note Au Waipang, plusieurs points communs peuvent être relevés16. Les cultures indigènes locales n’avaient pas de terme comme « homosexuel », « gai » ou « lesbien », il n’y a donc pas d’identité sexuelle à proprement parler. Par ailleurs, les sociétés indigènes por- taient une très grande importance à l’image positive de soi et au rôle social de cha- que individu, dont l’un des rôles à remplir était le mariage. Les relations amoureuses entre personnes de même sexe étaient donc considérées comme inadaptées au rôle social17. Avec l’époque coloniale et le christianisme, cette partie de l’Asie a fortement été influencée par les valeurs puritaines occidentales. L’Islam, quant à lui, laisse peu de place à la légitimité des rapports entre des personnes de même sexe. Cependant, les populations étant plus proches de leurs racines indigènes, elles laissent présager 17 15 TIN, Louis-Georges, L’Invention de la culture hétérosexuelle, Les Éditions Autrement, 2008, p. 16- 18, p. 23-24 ; TIN Louis-Georges, « Hétérosexisme », in Dictionnaire de l’homophobie, Presses Uni- versitaires de France, 2003, p. 209. 16 WAIPANG, Au, «  Asie du Sud-Est  », in Dictionnaire de l’homophobie, Presses Universitaires de France, 2003, p. 49 17 ROMMULELUÈRE, Éric, « Bouddhisme », in Dictionnaire de l’homophobie, Presses Universitaires de France, 2003, p. 69
  17. 17. un avenir préislamique18. Enfin, la libération homosexuelle en Occident commence à interpeller cette partie du monde et une conscience gaie et lesbienne commencent à faire surface. En ce qui concerne l’Asie du Nord, si l’on se concentre en Corée du Sud, nous remarquerons que, selon Yi Huso, l’homosexualité est très mal acceptée. L’homo- phobie y est très présente et a été largement influencée par le courant néo-confucia- niste mais aussi par les imports de livres chrétiens des savants locaux. L’école, les campagnes contre le SIDA, les programmes télévisés, etc… sont autant de biais qui ont servi à diffuser des propagandes homophobes19. La Chine traditionnelle, quant à elle, considérait la sexualité comme naturelle et n’était pas liée à des tabous. Le ma- riage était un élément important afin d’assurer la descendance pourtant il n’empê- chait pas les hommes d’avoir des amours extra-conjugaux. Seul le clergé bouddhiste pouvait s’abstenir de tout rapport hétérosexuel. C’est surtout avec l’arrivée des idées occidentales au début du XXe siècle que l’homophobie va se développer20. De même, en Amérique latine, la pratique de la sodomie était largement répan- due avant l’arrivée des conquistadores et de la mise en place de l’inquisition. Cepen- dant, chez les Mayas et les Aztèques, l’amour entre personnes de même sexe était condamné21. L’Afrique connaît de nombreuses cultures et des histoires très particulières et les pratiques homosexuelles ou homophobes sont différentes dans les quatre coins de ce continent. Des pratiques homosexuelles ont parfois été acceptées comme les mariages entre les guerriers Zoulous, l’interdiction de l’accès des femmes à la Cour royale des Tutsis et des Hutus mais aussi de leurs pratiques de jeux érotiques entre hommes ou encore l’existence d’hommes-épouses au Cameroun. Néanmoins il y a 18 18 WAIPANG, Au, «  Asie du Sud-Est  », in Dictionnaire de l’homophobie, Presses Universitaires de France, 2003, P. 52 19 HUSO, Yi, « Corée », in Dictionnaire de l’homophobie, Presses Universitaires de France, 2003, p. 109-110. 20 LONG, Laurent, « Chine », in Dictionnaire de l’homophobie, Presses Universitaires de France, 2003, p.91. 21 MOTT, Luis, «  Amérique Latine  », in Dictionnaire de l’homophobie, Presses Universitaires de France, 2003, p.28
  18. 18. également eu des répressions dans certains endroits22. Malgré cette histoire riche, les africains sub-sahariens d’aujourd’hui pensent que l’homosexualité est une affaire de « blancs » et ne les concerne pas. Cette pensée, liée à des machines de propa- gandes homophobes puissantes (Vatican, politiques des dirigeants locaux), a no- tamment des conséquences graves par rapport à l’épidémie de SIDA et aux autres Infections Sexuellement Transmissibles (ISTs). Universalisme ? Même si la colonisation n’est pas le maître mot de toute l’homophobie de la Terre, elle a sa part dans l’objectivation mondiale de l’homosexualité et notamment en Asie, en Australie, en Amérique Latine, en Amérique du Nord et en Afrique sub- saharienne. Là où pourtant l’homosexualité était soit considérée comme une va- riante, soit célébrée comme un mariage, soit réprimée pour des croyances ou pour des raisons sociales (la pérennité de l’ethnie ou tout simplement de la famille). Quoi qu’il en soit, le développement ci-dessus, emprunté des textes étudiés, montre l‘uni- versalité de l’homosexualité tout comme de l’homophobie et de l’hétérosexisme. L’orientation sexuelle n’a donc pas de frontière contrairement à ce qui est soutenu par beaucoup de dictatures actuelles. Ces dernières ne veulent toujours pas enten- dre parler de la dépénalisation universelle de l’homosexualité. L’ONU, les autres or- ganismes mondiaux, les ONGs et les instances internationales se doivent de défen- dre les homosexuels et bisexuels et d’être présents pour eux. Cette défense doit également sanctionner les pays qui ne respectent les traités internationaux alors qu’ils les ont signés. Il est donc injustifiable que ce silence perdure de la part des onusiens. De même, les personnes homosexuelles et bisexuelles persécutées ont le droit d’attendre le soutien de l’ONU, de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et des autres organismes tant leurs conditions de vie sont en deçà de ce que les droits universels prétendent leur accorder. Enfin, la mode homosexuelle soit disant occi- dentale et décadente n’est en réalité ni une mode, ni occidentale et encore moins décadente. Elle n’est que le reflet suprême de la démocratie qui, un jour tôt ou tard, 19 22 ALBERTINI, Pierre, « Afrique Australe », in Dictionnaire de l’homophobie, Presses Universitaires de France, 2003, p. 2 ; ALBERTINI, Pierre, « Afrique Centrale et Afrique de l’Est », in Dictionnaire de l’ho- mophobie, Presses Universitaires de France, 2003, p. 6. ; CÉCILE ABEGA, Séverin, «  Afrique de l’Ouest », in Dictionnaire de l’homophobie, Presses Universitaires de France, 2003, p. 10.
  19. 19. laisse, par la liberté d’expression accordée aux citoyens, tomber sur le banc des ac- cusés les politiques hétérosexistes et homophobes. 20
  20. 20. Mondialisation du mouvement LGBT L’orientation sexuelle est un concept universel. Les échanges d’idées, amélio- rés notamment par les techniques de communication, sont de plus en plus nombreux et accroissent la mondialisation des recherches et des théories liées aux personnes LGBT. Grâce aux médias, aux ONGs, aux chercheurs, etc, la communauté interna- tionale a une compréhension beaucoup précise et une vision nettement plus globale de l’homosexualité. L’immigration y joue aussi un rôle : de nombreux activistes ho- mosexuels exilés peuvent s’exprimer sur la situation grave et les mauvaises condi- tions de vie lorsqu’ils vécurent dans leur pays natal. Cette partie essaiera de démon- trer brièvement, dans un premier temps, que les questions LGBT sont au cœur du système diplomatique, politique et économique international et qu’elles obtiennent de plus en plus d’attention à tel point qu’elles ont acquis des capacités de pression23. L’exemple de la conférence de Durban permettra de comprendre l’ampleur de la pro- blématique homosexuelle dans les relations internationales. On y décèlera les forces antagonistes qui s’exercent au sein de la diplomatie internationale et l’instrumentali- sation de l’homosexualité dans ces rapports de force. Par la suite, nous regarderons brièvement les actions des groupes de pressions, des ONGs, des experts, des di- plomates, des politiques et d’autres et de la convergence de leurs actions vers une demande internationale de la dépénalisation universelle de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Dans un dernier temps, on identifiera la politique homophobe de l’État d’Iran ainsi que d’autres exemples. La vigueur de l’homophobie qui y sera développée permettra dans le chapitre suivant de critiquer la viabilité des aides fi- nancières et des programmes d’aides aux développement donnés à certains pays. Les conférences de Durban La deuxième conférence de Durban a été close en 2009 à Genève. Cette con- férence faisant suite à celle de Durban I, du même nom que la ville de Durban en Afrique du Sud, a débouché, après de tumultueux et houleux débats, sur une Charte contre le racisme24. La Charte ne laisse rien transparaître sur la façon dont elle a été 21 23 Entretien avec Louis-Georges Tin, Paris, 15 juin 2012 24 FOUREST, Caroline, VENNER, Fiammetta, «  La Bataille des Droits de l’Homme  », ArteTHEMA, http://www.arte.tv/fr/2314236,CmC=2582274.html ; http://www.dailymotion.com/video/xbqsg9_la-batail le-des-droits-de-l-homme-1_news (Consulté le 9 juillet 2012)
  21. 21. finalisée et comme le souligne Louis-Georges Tin, le plus intéressant est d’analyser les coulisses et donc les rapports de forces qui ont eu lieu lors de la réalisation de cette déclaration. En effet, la Charte permet aux victimes de racisme, d’esclavage, de persécutions religieuses ou d’antisémitisme de faire entendre leurs voix, mais l’homosexualité n’a pas été abordée. Pratiquant la politique de la « chaise vide », les États-Unis et l’Israël ont abandonné les débats. Ainsi, les seuls pays démocratiques à avoir continué les discussions sur cette charte ont été ceux des pays membres de l’Union Européenne (23 sur les 2725). Les discussions ont été intenses, deux « blocs » se sont fait face : les pays de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) et l’Union Africaine contre l’Union Européenne. Les premiers défendaient le terme vague d’islamophobie et remettaient en cause l’État d’Israël et les second ne voulaient ni entendre parler de sionisme ni faire l’impasse sur les discriminations homophobes. Finalement des concessions ont été trouvées. L’introduction du terme d’islamophobie et la focalisation sur l’État d’Israël ont permis d’éviter le terme sio- nisme comme une forme de racisme et d’occulter les problématiques liées aux Dalits (Intouchables) en Inde et aux homosexuels persécutés dans le monde. Ainsi effecti- vement, la notion de sionisme n’est pas présente dans la charte mais les intérêts des homosexuels et des intouchables ont été bafoués. Néanmoins comme le souligne Louis-Georges Tin, même s’il y a eu une instrumentalisation des problèmes que ren- contrent les homosexuels, on peut également voir ici l’importance des questions LGBT dans la diplomatie internationale26. Pourtant, même si cet exercice de compromis dans la diplomatie semble bien étrange, le Conseil des Droits de l’Homme est le lieu où toutes les nations se croi- sent. Il sert de langage commun aux regards des droits universels. Ainsi la place que prend l’homosexualité dans les débats ces dernières années montre que toutes les nations ne peuvent passer outre les problématiques qu’elle soulève. La mondialisation des questions LGBT Parallèlement à la création de la Charte contre le racisme, le Conseil des Droits de l’Homme va peu à peu soutenir les droits revendiqués par les homosexuels. Le 7 22 25 Kovacs, Stéphane, « Ahmadinejad torpille la conférence sur le racisme », Le Figaro, 21 avril 2009, http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/21/01003-20090421ARTFIG00010-ahmadinejad-torpille-la- conference-sur-le-racisme-.php (Consulté le 31 août 2012). 26 Entretien avec Louis-Georges TIN, Paris, 15 juin 2012.
  22. 22. mars 2012, le secrétaire général de l’ONU a formellement soutenu les personnes LGBT et reconnu le silence dont le Conseil des Droits de l’Homme a fait preuve pen- dant trop longtemps27. Pour comprendre cette évolution au sein du Conseil, il faut revenir quelques années auparavant. En 2003, la Brazilian Resolution a été présen- tée devant le Conseil Économique et Social de l’ONU. Cette résolution entendait dé- fendre les droits de l’Homme et l’orientation sexuelle28. En 2006, le Comité IDAHO (Comité International Day Against Homophobia) a lancé une campagne mondiale « Pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité »29, soutenue par de nom- breuses personnalités dont des Prix Nobel (Desmond Tutu, Amartya Sen, Elfriede Jelinek, Dario Fo, José Saramago), des artistes (Merryl Streep, Cindy Lauper, Elton John, David Bowie), des intellectuels (Noam Chomsky, Judith Butler), des ONGs (In- ternational Lesbian and Gay Association (ILGA) ou la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme), des politiciens, etc… Durant cette même année, 29 experts en droits humains se sont réunis afin de créer les Principes de Jogjakarta30. Le 26 mars 2007, ces Principes ont été présentés devant le Conseil des Droits de l’Homme. Le 18 décembre 2008, portée par Rama Yade, au nom de la présidence française et de l’Union Européenne, et lue par l’Argentine, la Déclaration relative aux droits de l’Homme à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre a été discutée au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle a été approuvée par 67 pays sur 192 (66 au départ, mais les États-Unis sous la présidence de Barack Obama sont revenus sur leur ancienne décision)31. Le 15 juin 2011, le Conseil des Droits de l’Homme adopte une résolution qui oblige les États membres de l’ONU à discuter des discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre. La résolution 23 27 KI-MOON, Ban, « In Historic Session, UN Rights Body Tackles Abuses, Violence Based on Sexual Orientation », News & Media, United Nations Webcast, 2012, http://www.unmultimedia.org/tv/webcast /2012/03/secretary-general-message-on-violence-and-discrimination-based-on-sexual-orientation-or-g ender-identity.html (Consulté le 23 juillet 2012) 28 « Promotion et Protection des droits de l’Homme », Conseil économique et social, Organisation des Nations Unies, 2003, http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/LTD/G03/136/25/PDF/G0313625. pdf?OpenElement 29 « History », Committee IDAHO, http://www.dayagainsthomophobia.org/-History,11- (Consulté le 23 août 2012) 30 PATERNOTTE, David, Revendiquer le « Mariage Gay ». Belgique, France, Espagne, Édition de l’Uni- versité de Bruxelles, 2011, p. 167. 31 « Première Déclaration sur l’Orientation Sexuelle et l’Identité de Genre à l’Assemblée Générale de l’ONU  », ILGA, 2008, http://old.ilga.org/news_results.asp?LanguageID=3&FileID=1213&ZoneID=1 4&FileCategory=46 (Consulté le 23 juillet 2012)
  23. 23. proposée par l’Afrique du Sud a été approuvée à 29 voix contre 19 et 3 absten- tions32. Une nouvelle résolution est en attente et est sous la direction de l’Afrique du Sud. L’objectif de cette nouvelle résolution est d’une part d’avoir un nombre de voix plus important et d’autre part d’adopter un texte qui soit réellement plus contraignant à l’égard des pays qui ne respectent pas les droits fondamentaux des personnes LGBT33. Le choix de l’Afrique du Sud est simple. La plupart des États d’Afrique ne reconnaissent pas l’homosexualité dans leur histoire, ce qui est, à la lecture que l’on vient de voir, contradictoire avec la réalité historique. L’Afrique du Sud étant le pre- mier État africain à avoir légalisé le mariage des homosexuels et à avoir pénalisé les formes de discriminations homophobes, il était donc symbolique de choisir ce pays à la direction de la future résolution. L’activité de la société civile (ONG et associa- tions), ainsi que des penseurs et même des politiciens montre la dynamique interna- tionale pour les droits des LGBT. Peut-être une étude transnationale sur cette dyna- mique et la révélation d’un possible « triangle de velours »34 - mais appliqué aux poli- tiques de développement - permettrait de mieux comprendre cette convergence des prises de conscience qui se sont produites parallèlement dans plusieurs parties du monde. Extermination des homosexuels ? Après avoir évalué l’instrumentalisation des problèmes de discrimination que subissent les homosexuels et peut-être sa fin grâce à la première résolution votée à l’ONU le 15 juin 2011, il faut aussi regarder du côté de ceux qui ont une politique par- ticulière vis-à-vis de leur population dite « marginale » par leurs pratiques sexuelles. Dans la grande histoire des diffamations sur l’homosexualité, l’Iran est un bon exem- ple. Le 24 septembre 2007, le président Iranien, M. Mahmoud Ahmadinejad, lors du 24 32 MASSILLON, Julien, « L’ONU Adopte une Résolution sur l’Orientation Sexuelle et l’Identité de Genre Pour la Première Fois », YAGG, 17 juin 2011, http://yagg.com/2011/06/17/la-premiere-resolution-de- lonu-sur-lorientation-sexuelle-et-lidentite-de-genre-a-ete-adoptee/ (Consulté le 17 juillet 2012) 33 LE CORRE, Maëlle, «  Résolution Pour la Dépénalisation Universelle de l’Homosexualité : où en est-on vraiment ? », YAGG, 11 juillet 2012, http://yagg.com/2012/07/11/resolution-pour-la-depenalisa tion-universelle-de-lhomosexualite-ou-en-est-on-vraiment/ (Consulté le 17 juillet 2012) 34 Ce concept décrit une relation triangulaire entre militants, décideurs et experts, qui donne naissance à un réseau de politique publique. Celui-ci repose sur les liens personnels et amicaux entre des indi- vidus qui interagissent comme « des amis au sein d’associations mutuellement sûres et reconnues [qui] sollicitent des idées pour des recherches, des stratégies et des mesures de politique publique ». Notion élaborée d’Alison Woodward et définition reprise du livre de PATERNOTTE, David, Revendiquer le « mariage gay », Belgique, France, Espagne, Édition de l’Université de Bruxelles, 2011, p. 110.
  24. 24. World Leading Forum à l’université Columbia de New York, s’exprimait sur l’orienta- tion sexuelle de ses concitoyens iraniens : « In Iran, we don’t have homosexuals like in your countries… we don’t have that. »35 (En Iran, nous n’avons pas d’homosexuels comme dans vos pays… nous ne connaissons pas cela). Cette phrase est extrême- ment choquante et plusieurs objections peuvent être émises. Premièrement, à tra- vers cette affirmation il y a un déni sur l’histoire de son propre pays mais aussi de ses racines perses. Histoire notamment abondante en littérature sur l’homosexualité entre hommes36. Deuxièmement, le reportage Out in Iran37 dément les propos du Président iranien. Il révèle notamment que les iraniens homosexuels et transsexuels en Iran sont bel et bien présents. Mais en plus de leurs présences, il y règne un acti- visme fort comparé à la vigueur de la répression des minorités sexuelles dans ce pays. Par ailleurs, des magazines à contenus LGBT circulent sur le territoire iranien et une multitude de blogs actifs existent. Troisièmement, ce discours porté devant l’université New Yorkaise soulève également une certaine contradiction entre les faits et le système légal en Iran. En effet, s’il n’y a pas d’homosexuels en Iran, pourquoi y a-t-il alors des lois pénalisant la sodomie entre hommes38 ? Par ailleurs, l’hypocrisie atteint son apogée lorsque l’on s’intéresse au transsexualisme désiré ou implicite- ment imposé. Dans un pays où l’homosexualité n’est pas acceptée légalement et so- cialement, le transsexualisme est, lui, légalement autorisé. L’État finance même une partie de la prise en charge médicale. Cependant, les personnes transsexuelles sont fortement marginalisées par la société et se résolvent, le plus fréquemment, à la prostitution. Ce changement de sexe en partie pris en charge par l’État et la tolé- rance législative de la transexualité encouragent les homosexuels cisgenre à se laisse tenter par une opération chirurgicale dans l’objectif de pouvoir vivre librement leur relation affective avec leur compagnon. Ce changement de sexe n’étant plus en accord avec le genre de la personne, des problèmes psychologiques graves peuvent 25 35 AHMADINEJAD, Mahmoud, World Leaders Forum, Université Columbia, 2007, http://www.dailymotion. com/ video/x3261z_ahmadinejad-at-columbia-we-don-t-ha_news (Consulté le 17 juillet 2012) 36 « Middle Eastern Literature: Persian, Encyclopedia of gay, lesbian, bisexual, transgender & queer culture », http://www.glbtq.com/literature/mid_e_lit_persian.html (Consulté le 17 juillet 2012) 37 HAERINEJAD, Farid, «  Out in Iran  », CBC News Sunday, 2007, http://video.google.com/video play?docid=6361816155878687062 (Consulté le 17 juillet 2012) 38 –, Iran : « Discrimination et violences à l'encontre des minorités sexuelles », Human Rights Watch, 2010, http://www.hrw.org/fr/news/2010/12/15/iran-discrimination-et-violences-lencontre-des-minorit-s-s exuelles (Consulté le 17 juillet 2012)
  25. 25. survenir et y laisser des séquelles. Enfin, les lieux de rencontres homosexuels sont également des lieux de prostitutions. Hors la prostitution dans ce pays est illégale et se fait donc clandestinement. Beaucoup d’homosexuels se prostituant sont souvent enlevés, battus et humiliés. Le manque de statut légal empêche les suivis médicaux et par conséquent une veille sanitaire concernant les ISTs est impossible. Quatriè- mement, pourquoi pendre, flageller, torturer, tuer, enlever des iraniens homosexuels s’il n’y a pas d’homosexuels39 ? Ce premier exemple n’est pas le seul. Dans d’autres pays, les homosexuels sont aussi sévèrement réprimés. On pense notamment aux pays de l’Afrique Sub- Saharienne où étrangement l’homosexualité est présentée comme une affaire de « blancs »40. Dans son rapport de 1997, Amnesty International soulève une problé- matique quant aux traitements des homosexuels dans certains pays. Ce rapport au caractère grave souligne notamment la déportation d’homosexuels, le viol, l’intrusion dans la vie privée, l’immolation, la torture, la détention… 41 Les politiques de ces États sont contraires aux principes des droits universels de l’Homme. Par ailleurs, la situation dans laquelle se trouvent les homosexuels, et pas seulement eux, remet en question les aides au développement proposées sans compromis à ces pays. 26 39 « Briser le silence : violations des droits de l’homme liées à l’orientation sexuelle », Amnesty Inter- national, 1997 p.32. 40 ILGA, «  Carte mondiale sur les droits des lesbiennes et des gays en 2012  », 2012, http://old.ilga.org/Statehomophobia/ILGA_carte_2012_A4.pdf (Consulté le 04 août 2012) 41 « Briser le silence : violations des droits de l’homme liées à l’orientation sexuelle », Amnesty Inter- national, 1997, p. 2.
  26. 26. L’orientation sexuelle et la coopération internatio- nale L’apport de l’orientation sexuelle Des travaux comme ceux de Louis-Georges Tin tendent à démontrer que la cul- ture de l’amour hétérosexuel est une construction sociale qui n’a jamais prédominée dans toute l’histoire occidentale42. Dans d’autres traditions extra-européennes l’ho- mosexualité n’a pas non plus été toujours traitée comme un péché ou comme une perversion mais leurs pratiques font que les hommes et les femmes doivent remplir certains rôles sociaux afin de poursuivre l’hérédité du patrimoine ou tout simplement d’assurer la perpétuation de l'ethnie. Toutefois, l’homosexuel ne mérite pas ces op- pressions par le simple fait que si l’amour homosexuel ne contraint aucune per- sonne, l’hétérosexisme quant à lui oblige chacun à se conformer à ses exigences empiriques. Ce fait universel nous permet d’envisager l’orientation sexuelle et l’identi- té de genre dans les programmes de développement. Néanmoins, attirer les acteurs de la coopération sur ce sujet n’est pas simple. Comme ce fut le cas lors des discus- sions sur l’intégration du genre dans le développement, ceux de l’orientation sexuelle attirent également les foudres. Le sujet est d’autant plus délicat que l’homosexualité est souvent considérée comme ne faisant pas partie de la « nature humaine », alors que la femme hétérosexuelle, même si elle est considérée comme inférieure à l’homme dans la société patriarcale, en fait tout même partie. Il nous faudra donc susciter l’intérêt des acteurs de la coopération. Les personnes sensibles aux scien- ces humaines et sociales verront tout de suite l’utilité d’intervenir dans ce domaine, cependant, les investisseurs ne l’entendent pas de la même oreille et il faudra alors intervenir sur le plan financier. En première partie, on analysera comment l’éviction de l’orientation sexuelle dans les programmes de développement fait perdre de l’ar- gent à la coopération internationale. L’argent ne formant pas la totalité des raisons qui fondent la coopération, nous verrons que l’apport de l’orientation sexuelle induit également l’insertion de l’identité de genre et donc d’un élargissement des compé- tences de la coopération en sociologie. Enfin, la réciprocité des échanges d’expé- riences dans une coopération est primordiale et nous verrons que ceux sur les tech- 27 42 TIN, Louis-Georges, L’Invention de la Culture Hétérosexuelle, Autrement, 2008
  27. 27. niques de lutte contre l’homophobie agrandiront les champs d’actions possibles pour tous les pays coopérants. Un renforcement de la lutte contre le SIDA Le 30 mai 2012 a eu lieu une conférence à l’ Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) sur le coût de l’homophobie. Cette conférence organisée par le Comité IDAHO (International Day Against Homophobia) et le Globe OCDE (association LGBT de l’OCDE) est un pas décisif dans la reconnaissance de l’homophobie comme un véritable problème économique43. Pour comprendre ce coût il faut regarder ce qui se passe dans certains pays africains. Pour beaucoup d’africains d’Afrique Sub-Saharienne, le SIDA ne concerne que les homosexuels. Hors, les discours religieux 44 et les politiques homophobes de ces pays d’Afrique, empêchent la réalité des faits et la visibilité des homosexuels. Et comme les homosexuels ne se trouvent qu’en Occident, le SIDA est une affaire de « blancs ». Cette logique simple se corrèle à une autre. Tout le monde sait que le SIDA renforce la pauvreté, nous venons de voir que l’homophobie renforce le SIDA. De ce fait, l’homophobie accentue la pauvreté. Autrement dit, l’homophobie affaiblie deux des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (ODMs) : la lutte contre la pauvreté et celle contre le SIDA. Si l’on voit déjà que le coût de l’homophobie se joue dans l’épidémie du SIDA et dans l’accroissement de la pauvreté, il n’intervient pas qu’au niveau sanitaire, il l’est également au niveau du travail. Même si les trai- tements ont été nettement mieux améliorés, ils sont encore épuisants physiologi- quement et la santé psychologique des personnes est affaiblie ; tant la « honte » de cette maladie renforce la dépression, voire le nomadisme. Les dépenses sont diffici- les à évaluer. L’organisation ONUSIDA a coûté à elle seule la somme de 469 millions de dollars pour l’année 2008-2009, et aux vues des nombreux groupes d’actions : associations, ONGs, départements ministérielles, etc… qui participent à cette lutte, le montant des aides est considérable. 28 43 « Dossier de presse de la Journée IDAHO 2012 International Day Against Homophobia and Trans- phobia», Comité IDAHO, 2012, http://idahofrance.fr/actualite-idaho-france_lire_notre-actualite -france_121_0_0.html (Consulté le 19 juillet 2012) ; –, « OECD Symposium: the Cost of Homopho- bia », The Committee IDAHO, Compte rendu. 44 DENTON, Paul, « Sida : le journal officiel du Vatican hostile au préservatif et aux campagnes de pré- vention  », Yagg, 27 mai 2011, http://pdnews.yagg.com/2011/05/27/sida-le-journal-officiel-du-vatican -hostile-au-preservatif-et-aux-campagnes-de-prevention/ (Consulté le 23 août 2012)
  28. 28. La lutte contre le SIDA est lourde à supporter financièrement. Par ailleurs, il semble illogique de financer des programmes sur cette lutte quand ceux-ci ne favori- sent ni la prévention ni leurs fins. L’insertion de l’orientation sexuelle dans la coopé- ration internationale permettra de faire obstacle à ces logiques intolérables. Elle permettra également de faire prendre conscience à la population hétérosexuelle afri- caine qu’elle est la plus touchée par cette épidémie. Enfin, elle donnera plus de sens aux OMDs que le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) souhaite atteindre45. L’intégration de l’identité de genre L’enthousiasme de la communauté internationale des années 70 pour la dé- fense des femmes dans la coopération internationale46, n’est pas le même concer- nant l’intégration de l'orientation sexuelle. Alors que le développement des théories féministes ont presque co-évolué avec une mise en pratique, les théories de l’identité de genre ne commencent seulement qu’à intéresser les politiques. Par ailleurs, les programmes de développement intégrant la population homosexuelle commencent à faire une apparition timide ces dernières années. Les efforts contre le sexisme doi- vent être poursuivis puisque les objectifs ne sont pas encore atteints. Cependant, l’intégration du genre n’est pas l’intégration de l’identité de genre et cette distinction est importante. Veiller à l’intégration de l’identité de genre dans la coopération c’est par conséquent permettre l’étude de politiques de développement intégrants et pro- tégeants tous les degrés de genre allant du cisgenre au transgenre. Elle intègre éga- lement toutes les sexualités. Les homosexuels sont souvent beaucoup plus con- scient du genre dans leur comportement, et même s’ils ne connaissent pas les théo- ries, ils sont relativement plus sensible à cette part de masculinité et de féminité va- riable que les hommes et les femmes ont. En cela, ils dissocient mieux le corps sexué de l’attitude sexuelle. Fréquemment, un homme homosexuel se verra considé- ré par la société comme inférieur à l’homme phallocratique du fait de ses pratiques sexuelles, notamment la sodomie. Il apprendra donc à dissocier son corps d’homme 29 45 « Le PNUD pour débutants : un Guide du Programme des Nations Unies pour le Développement pour les non-initiés  », Programme des Nations Unies pour le Développement, 2011, http://www.jposc.org/documents/UNDP%20for%20Beginners/UNDP_for_Beginners_fr.pdf (Consulté le 12 août 2012) 46 BISILLIAT, Jeanne, « L’Intégration du genre dans la politique française de coopération », Haut Con- seil de la Coopération Internationale, 2001, p. 13
  29. 29. de ses pratiques sexuelles. Attention toutefois, l’identité de genre n’est pas corrélée à des pratiques sexuelles, elle englobe les considérations psychologiques qui font que l’on se sent plus ou moins proche de son sexe déclaré à l’État civil. Le genre mascu- lin implique la domination et notamment la domination sexuelle, on dit bien souvent qu’une femme est prise, comme dépossédée de son corps. C’est à cette problémati- que que l’homme gay devra faire face, car il se fait prendre comme une femme. Bien entendu, ni l’homosexuel homme ni la femme ne sont inférieurs à l’homme, mais la pratique sexuelle de l’homme hétérosexuel induit cette domination masculine et cette infériorisation de ceux qui se font prendre. L’identité de genre est essentielle à la compréhension des troubles psychiques que peut avoir un homosexuel dans sa construction personnelle et dans l’acceptation de sa sexualité. L’homosexuel doit réaliser qu’il n’est pas inférieur à l’homme hétérosexuel à cause de ses pratiques. Pour les lesbiennes, l’homophobie est bien différente, la lesbienne échappe à l’auto- rité de l’homme hétérosexuel. Elle ne se soumet pas à son charme. Elle est égale- ment loin du fantasme que les hommes hétérosexuels ont d’une lesbienne. Ce non conformisme l’empêche de se développer tant elle doit se battre contre l’homophobie en plus du sexisme. Les projets de coopération intégrant l’identité de genre permet- tront d’aider les homosexuels à s’accepter dans un monde hétéropatriarcale. Par ailleurs, l’identité de genre ne concerne pas seulement les homosexuels. Certains hétérosexuels se verront diffamés parce qu’ils n’ont pas une attitude machiste ou féminine - selon les sexes - correspondant à ce que la société phallocratique de- mande. L’intégration de l’identité de genre renforcera ce que les politiques de genre dans le développement ont déjà commencé. Elle accentuera également la remise en question des sociétés androcentriques. On peut déjà envisager que ce concept d’identité de genre sera certainement la prochaine évolution des départements « Genre et Développement » des universités, des institutions ou des organismes in- ternationaux. L’intégration de l’orientation sexuelle est l’introduction à l’énorme travail qui attend les chercheurs, les politiques et les groupes de pression dans la mise en place de politiques de développement efficientes sur le plan de l’identité de genre. 30
  30. 30. Les échanges techniques et culturels L’orientation sexuelle dans la coopération. N’est-ce pas une drôle d’idée ? Même s’il est vrai que l’on ne torture plus les homosexuels en Occident, quoique les thérapies de l’association Ex-gay laissent à méditer47, l’ensemble des pays a un énorme travail à effectuer afin d’effacer l’homophobie et l’hétérosexisme. Pourquoi les deux camps ? Il faut remonter aux sources de la coopération. Après la décoloni- sation et la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États du Nord ont mis en place un système de coopérations internationales afin d’aider les économies non dévelop- pées. Cependant, par le passé des pratiques coloniales et post-coloniales les pays non-développés y voient souvent une nouvelle forme occidentale de colonialisme et d’imposition d’un mode d’économie et de pensées. Chaque projet de coopération doit être évalué afin de savoir si la vision Occidentale ne serait pas trop imposée. Pour pallier à ce problème, les projets de coopération mis en place doivent être un moyen où chaque coopérant doit s’enrichir de l’expérience qu’il va vivre à travers le projet de coopération. La question que l’on peut se poser est est-ce que l’intégration de l’orientation sexuelle dans un projet de coopération peut enrichir chaque coopé- rant ? Les échanges qu’apporteront les projets de coopération en matière de préven- tion sanitaire, de procédure pénale, de sécurité, de psychologie, d’échanges intercul- turels sont autant de points qui enrichiront tous les acteurs lors d’un projet de coopé- ration. Les solutions trouvées et apportées pourront également servir d’inspiration pour des pays ou des collectivités territoriales qui n’ont pas encore de politique spé- cifique d’aide à leur population homosexuelle. Chaque pays et territoire peut ainsi mutualiser ses expériences à travers ces échanges, agrandir ses perceptions et connaissances sur sa population homosexuelle et améliorer ses techniques d’aide destinées à ces personnes. Ces échanges permettront de faire évoluer les mentali- tés de chaque territoire coopérant mais aussi de l’ensemble des acteurs de la coopé- ration internationale. Enfin, ils permettront également de rapprocher les populations homosexuelles de leurs gouvernements locaux ou nationaux et amélioreront, de fait, la compréhension des besoins et des attentes spécifiques. L’apport de l’orientation sexuelle renforcera non seulement les liens entre les gouvernements et leur popula- 31 47 BUSSCHER, Pierre-Olivier, « Ex-gay », in Dictionnaire de l’homophobie, Presses Universitaires de France, 2003, p. 159-160
  31. 31. tion homosexuelle mais aussi entre les homosexuels de nationalités ou territorialités différentes. Ce seront par conséquent de véritables échanges culturels et techniques qui se mettront en place. L’apport de la coopération Il est bien évidant que surmonter l’homophobie et l’hétérosexisme ne sera pas une mince affaire et la coopération internationale aura beaucoup de mal à parler de ces sujets surtout dans des pays où ils sont extrêmement sensibles. Pourtant, la coopération peut jouer un rôle non négligeable dans l’évolution des modes de pen- sées. En ayant définit l’homophobie et l’hétérosexisme on peut apprécier l’absurdité des dogmes religieux, des traditions patriarcales ou des théories du péril de l’huma- nité sur une planète étant très peuplée, voire surpeuplée. Aux vues des intérêts de l’intégration de l’orientation sexuelle dans la lutte contre le SIDA et contre l’exclusion sociale et de l’intégration de l’identité de genre dans la lutte définitive et achevée de l’inégalité homme-femme mais aussi hétérosexuelle-homosexuelle ; inégalité qui rongent plus qu’elle ne rend heureux les sociétés. Il est donc primordiale d’étudier l’apport de la coopération sur l’équilibre des êtres humains dans leurs totalités. Mais avant cela, nous verrons dans un premier temps que la coopération est un outil effi- cace afin de faire pression contre des politiques illogiques. La coopération doit trou- ver son équilibre et affirmer ses positions si elle désire atteindre ses OMDs. Dans un deuxième temps, nous verrons que la coopération est un outil de lutte mondiale con- tre l’homophobie. La coopération comme un moyen de pression La coopération impose des sacrifices. Elle doit arriver à la transcendance des divisions qui font obstacle à la lutte contre les problèmes mondiaux48. En ce sens, la coopération est un outil de pression contre les politiques homophobes. Elle se cons- truit autour de négociations qui aboutissent à un terrain d’entente et à des compro- 32 48 ZEDILLO, Ernesto, THIAM, Tidjane, « Résoudre les problèmes mondiaux : la coopération internatio- nale dans l’intérêt national », Groupe de travail international sur les biens publics mondiaux, 2006, Stockholm, Suède, http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/06-2084_global.pdf (Consulté le 19 août 2012)
  32. 32. mis. Cependant, les choses ne sont pas si théoriques. Premièrement, l’homosexua- lité est un véritable tabou dans certaines sociétés. Il faudra donc inciter les pays réti- cents à intégrer l’orientation sexuelle dans les projets de coopération. Deuxième- ment, la signature d’un contrat n’entraîne pas forcément sa stricte application. Dans une coopération bilatérale qui n’engage que les États, les institutions internationales se retrouvent à donner de l’argent à des gouvernements qui pour la plupart ont une transparence comptable douteuse. Enfin, la mise en place d’un projet par les agents locaux de la coopération n’est pas entièrement vérifiable. Comme on l’a vu précédemment, l’homophobie a un réel coût financier sur les programmes de lutte contre le SIDA et dans le monde du travail. On pourrait alors se demander pourquoi devrait-on continuer à financer des campagnes contre le SIDA dans des pays où les gouvernements ne font que renforcer cette épidémie ? Par ailleurs, ce sont les citoyens occidentaux qui paient la coopération internationale. On leur reproche souvent leur scepticisme quant à la valeur concrète des actions de coopération, mais dans ce cas là on peut tout du moins les comprendre. L’hypocrisie du système devient telle, que les projets de coopération ne remplissent plus en totali- té l’essence pour laquelle la coopération a été créée. Ni les pays du Sud, ni les pays du Nord ne sont gagnants. Les premiers n’arrivent pas à neutraliser la pandémie chez les hétérosexuels et les seconds dépensent des sommes conséquentes49. Ces échanges perdants-perdants laissent toute la légitimité aux décisionnaires pour faire pression sur les gouvernements homophobes et hétérosexistes. Mais le rapport de force n’est pas assez conséquent, il faut aller beaucoup plus loin. La coopération mé- rite un meilleur contrôle de ses financements et de la méthodologie de ses actions. Une première solution serait de stopper le dépôt d’argent dans les caisses des gou- vernements. Comme le souligne, Louis-Georges Tin50, l’argent doit passer par les associations et les ONGs, car elles seules sont les entités qui ont une comptabilité vérifiable et font un travail de terrain. Par ailleurs, elles ont également un personnel volontaire et professionnel qui s’est engagé pour leur cause. La probabilité que les actions soient réalisées convenablement est agrandie. 33 49 Entretien avec Louis-Georges Tin, Paris, le 15 juin 2012 ; « OECD Symposium: the Cost of Homo- phobia », The Committee IDAHO, Compte rendu 50 Entretien avec Louis-Georges Tin, Paris, le 15 juin 2012.
  33. 33. Les instances internationales en modifiant leurs moyens d’actions peuvent arri- ver à faire pression contre les gouvernements peu crédibles. Quoiqu’il en soit, il n’est pas envisageable que la coopération donne de l’argent aveuglément à des pays qui vont à l’encontre des projets d’aide au développement comme celui de la lutte contre le SIDA. Les instances doivent créer de véritables compromis et celui le plus efficace est l’argent. Toutefois, l’arrivée de la Chine est une menace puisque le gouvernement chinois aide sans se préoccuper des traités internationaux. Ce sera certainement une guerre prochaine entre le Consensus de Washington et celui que l’on appelle récemment le « Consensus de Pékin ». La coopération comme un levier contre l’homophobie La coopération internationale par ses multiples facettes peut jouer un rôle ma- jeur dans l’amélioration des conditions de vie des homosexuels. Au regard de la complexité de toutes les notions qu’incorporent l’identité de genre et l’orientation sexuelle pour toutes personnes qui n’a jamais étudié ce sujet, il est donc primordial de privilégier tous les types d’acteurs possibles. Seule la coopération permet le par- tage et les échanges entre tous les types d’acteurs. Cette lutte contre l’homophobie ne repose pas seulement sur le fait de le dire, il faut également y travailler conscien- cieusement. Hors, comme on le sait à travers les expériences de l’intégration du genre dans le développement, faire changer les mentalités demande des efforts con- sidérables. Comme le note Daniel Borrillo, « [l’homophobie] est tellement enracinée dans l’éducation que, pour s’en défaire, un véritable exercice de déconstruction de nos catégories cognitives s’impose. »51 C’est donc par l’éducation qu’il faut commen- cer la facture. Le travail éducatif ne concerne pas seulement le système éducatif ini- tial (élémentaire, collège, lycée), elle doit aussi toucher les professionnels, tels que les juristes, médecins, psychologues, forces de l’ordre, politiques. La sensibilisation de ces corps de métier est utile afin de répondre aux problèmes de discrimination que rencontrent les homosexuels. Elle permet également d’aider la population hété- rosexuelle bousculée par ces changements qui s’imposent. Par ailleurs, la compré- hension des homosexuels locaux demandent une écoute spécialisée. Cette de- mande doit mettre en place des relations entre cette population et les différents pro- 34 51 BORRILLO, Daniel, L’homophobie, Que sais-je ?, Presses Universitaires de France, 2e édition, 2001, p. 84.
  34. 34. fessionnels. Il faut également favoriser les échanges de réflexions entre des cher- cheurs sur l'orientation sexuelle, l’identité de genre et l’homophobie. Le développe- ment des universités locales, des laboratoires en sciences humaines et sociales fa- voriseront ces échanges. Leurs recherches permettront, en outre, de trouver des ré- ponses spécifiques à leur population. La coopération est un levier contre l’homopho- bie car elle est là où peuvent se rencontrer tous les professionnels, et où toutes les expériences peuvent être partagées. La coopération comme un outil à l’épanouissement des homosexuels Enfin, car c’est bien l’objectif de l’intégration de l’orientation sexuelle dans la coopération : envisager la coopération comme un outil à l’épanouissement des ho- mosexuels. L’aide à l’acceptation de soi, à la dignité, au travail, à la prise en charge de la santé (SIDA, ISTs notamment, ainsi que la psychologie), à la fin de la prostitu- tion, de la torture, de la peine de mort, de l’intrusion dans la vie privée, de l’immola- tion, de la déportation, du transsexualisme implicitement encouragé, etc… c’est dans tous les champs de l’homophobie que la coopération peut travailler. L’objectif d’inté- grer l’orientation sexuelle n’est pas de l’intégrer pour l’intégrer. Envisager cette évolu- tion au sein des programmes de développement c’est travailler à l’épanouissement des homosexuels. L’épanouissement correspond surtout à un bon état de santé tel que l’OMS la définit : un bien être physique, mental et social52. Il faut donc veiller à une insertion des homosexuels dans la société et notamment dans le monde du tra- vail. Les projets de coopération peuvent élaborer des plans d’actions contre les dis- criminations faites lors des recrutements et sur les lieux de travail. Des associations spécifiques comportant des médecins, des psychologues, des assistants de service social, des juristes, etc… ouverts et spécialisés sur les questions gay, doivent être mises en place afin de répondre à des besoins particuliers. La coopération peut donc agir sur l’amélioration du cadre de vie des homosexuels tout comme elle l’a fait lors de l’intégration du genre dans le développement. 35 52 Organisation Mondiale de la Santé, « La définition de la santé de l'OMS » in Préambule à la Consti- tution de l'Organisation Mondiale de la Santé  », Organisation Mondiale de la Santé, 1946, http://www.who.int/about/definition/fr/print.html (Consulté le 31 août 2012)
  35. 35. Premières approches des solutions Ces premières approches seront comme l’antithèse à ce que les chapitres pré- cédents développent. À travers la réalité de l’homophobie, les rapports de forces dans les relations diplomatiques et le fonctionnement de la coopération, on peut apercevoir les propositions à apporter. Les solutions seront abordées d’une façon décroissante entre l’universel et le local. Mais en général il serait meilleur de les ap- pliquer de façon transversale car chacune d’entre elles se complète. Il y aura tout d’abord une approche internationale des actions à envisager. Elles ont pour objectif de favoriser les «  grands  » changements puisqu’elles concernent les programmes des organismes et instances internationales. Ensuite, dans une optique moins uni- verselle et plus inter-nationale(s), on discutera sur les actions que peuvent mener les États entre eux. Enfin, on terminera par aborder les actions possibles sous l’angle de la coopération décentralisée. Au niveau international Les instances internationales peuvent mener et encourager les politiques de développement qui favorisent la visibilité des homosexuels. La première action à en- visager serait de dédier un département, un comité ou un observatoire sur les ques- tions de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, à la manière dont les femmes sont sorties de l’ombre quand un groupe d’expertes sur les questions du genre a été créé au Comité d’Aide au Développement au sein de l’OCDE53. Cette reconnais- sance est primordiale, elle favorisera la recherche sur les actions possibles et per- mettra des analyses sur les avancées en matière de lutte contre l’homophobie. Ces départements devraient être envisagés dans tous les organismes, comme l’OCDE, l’ONU, l’Organisation Internationale du Travail, le PNUD, l’ONUSIDA, la Banque Mondiale et d’autres. Comme on l’a vu, l’homophobie se combat dès l’éducation et il serait bon que le programme de jeunesse des Nations Unies tienne compte des 36 53 BISILLIAT, Jeanne, « L’Intégration du genre dans la politique française de coopération », Haut Con- seil de la Coopération Internationale, 2001, p. 94.
  36. 36. questions LGBT54. Par ailleurs, les programmes culturels de l’UNESCO devraient également inclure ces questions55. L’Organisation Mondiale de la Santé devrait com- battre les organismes qui pratiquent les thérapies « réparatrices » de l’homosexuali- té56. L’homophobie dans le sport est très inquiétant et le Comité International Olym- pique pourrait mettre en place un programme de lutte contre l’homophobie57. Comme le souligne Stefano Fabeni, fondateur du Center of Research and Legal Comparative Studies on Sexual Orientation and Gender Identity, il faut également intervenir dans le milieux juridique puisque « dans les pays où le débat légal n’est pas développé, et où les réformes législatives sont faibles ou inexistantes, la circulation des informa- tions juridiques, la promotion d’événements juridiques et l’échange d’expérience en- tre experts à l’échelle internationale sont des éléments centraux pour combattre la discrimination basée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. »58 Enfin, comme on l’a vu, la plupart des aides au développement concernent des pays dictatoriaux dont le suivi des aides financières est difficile à évaluer. Il serait donc préférable au lieu de faire appel à l’État, de passer par les associations et les ONGs. Leurs sièges étant dans des pays relativement démocratiques, leurs compta- bilités peuvent être suivies. Par ailleurs, le personnel s’étant engagé pour leurs cau- ses, la fiabilité des actions mises en place en est plus grande. Par ailleurs, afin de forcer ces pays à accepter l’homosexualité, ou toutes autres discriminations par ailleurs, il serait plus convenable de pratiquer des leviers financiers. L’objectif, comme le souligne Louis-Georges Tin, n’est pas de priver ces pays de l’aide au dé- veloppement mais de favoriser ceux qui travaillent à la lutte contre les discrimina- tions59. On ne peut plus donner de l’argent aveuglément à des pays qui n’aident pas leur population et ne font aucun effort pour respecter les traités internationaux de l’ONU qu’ils ont signés. 37 54 TIN, Louis-Georges, Le Pacte pour en finir avec les discriminations, Sexisme, Homophobie, Handi- cap, Âge, Origine , Éditions Autrement, 2012, p. 74-75. 55 Ibid. 56 Ibid. 57 Ibid. 58 FABENI, Stephano, « CERSGOSIG : Perspectives and Objectives to Challenge Discrimination. A Network on Global Scale », Journal of Homosexuality, 48/3-4, 2005, p.4. 59 Entretien avec Louis-Georges Tin, Paris, le 15 juin 2012.
  37. 37. La coopération multilatérale Partons du principe que la résolution pour la dépénalisation de l’homosexualité soit votée et, que les États doivent donc cesser leurs politiques homophobes. Ainsi, une coopération bilatérale, voire multilatérale peut naître sur ce sujet. Il y a donc di- verses actions possibles. Tout d’abord au niveau de l’éducation professionnelle, des projets de coopération pourraient naître afin de favoriser les échanges entre les corps de métiers (juridique, culturel, sportif, force de l’ordre, médical…). Ces échan- ges permettront de sensibiliser ces derniers à la complexité de l’homophobie et de l’homosexualité. La coopération universitaire peut-être un biais à l’ouverture de dé- partements de recherche sur l’identité de genre et le développement. Les échanges d’idées entre chercheurs amélioreront les perceptions de l’homophobie au niveau local et permettront de répondre aux attentes des populations concernées. La coopé- ration juridique permettra de faire avancer les textes de lois nationaux concernant autant l’homosexualité que le début d’une pénalisation de l’homophobie. Le sport tel qu’il était vu dans l’antiquité est bien loin des démonstrations de machistes fanfarons auxquelles on a droit lors des retransmissions des Jeux Olympiques ou d’autres compétitions internationales. Une coopération sportive et éducative est importante afin de combattre l’homophobie dans ce secteur. La coopération culturelle est une coopération très importante car elle permettra de révéler l’histoire de l’homosexualité dans chaque pays et donc de son existence, de ses pratiques et de sa perception par les sociétés à travers les époques. La coopération sanitaire permettra d’échan- ger les pratiques médicales, les méthodes de prévention contre les ISTs envers les différents types de sexualité et selon les différentes cultures. Elle permettra d’envisa- ger des analyses plus approfondies sur les multiples modes de vie sexuelle des per- sonnes. La santé concerne également la psychologie, il sera donc primordial de fa- voriser la coopération entre psychologues et psychiatres afin d’échanger les con- naissances théoriques et d’être à l’écoute des anxiétés spécifiques que connaissent les homosexuels et les bisexuels. Comme le souligne Daniel Borrillo, « L’homosexuel souffre seul de l’ostracisme lié à son homosexualité  » 60 . Un jeune victime de ra- cisme peut s’appuyer sur ses parents ou ses amis. Le fait que les homosexuels ado- 38 60 BORRILLO, Daniel, Que sais-je ? L’Homophobie, Presses Universitaires de France, 2e édition, 2000, p. 33.
  38. 38. lescents découvrent seuls et sans la possibilité de pouvoir partager son désir par la crainte de se voir discriminer montre l’importance de la prévention contre le suicide chez les jeunes homosexuels (le taux de suicide chez ces jeunes étant beaucoup plus élevé que chez les hétérosexuels de la même tranche d’âges). La coopération décentralisée La coopération décentralisée est la forme de coopération institutionnalisée la plus jeune. Il s’agit d’une coopération entre gouvernements locaux ou collectivités territoriales. Cette coopération permet à des localités de nouer des liens et d’échan- ger des expériences sur des problèmes communs. Elle est intéressante par le fait qu’elle met en lien des collectivités locales qui ont des points de ressemblances. Ain- si, concernant la lutte contre l’homophobie, des échanges d’expériences entre les gouvernements locaux occidentaux qui possèdent des populations spécifiques d’im- migrés et les gouvernements locaux des pays natals de ces populations peuvent être intéressants. Au niveau médical par exemple, des échanges sur les moyens de lutte contre le SIDA et les ISTs, ainsi que l’homophobie pour ces populations immigrées est une occasion particulière. Ce type de coopération voit naître des appels à projet concernant l’insertion so- ciale et économique des populations vulnérables. La Commission Européenne elle- même en propose et les personnes LGBT sont soulignées parmi les autres popula- tions vulnérables61. La coopération peut également être sollicitée au niveau de lutte contre l’homophobie au sein des salariés d’une entreprise, mais également dans la prise en charge des personnes séropositives. Récemment l’entreprise SFR® vient d’autoriser les congés parentaux pour les couples de mêmes sexes dont elle finance- ra l’intégralité62. Cette innovation qui n’est pas prise en charge par l’État français peut servir à des chefs d’entreprises rencontrant les mêmes problèmes. Des échanges 39 61 Développement et Coopération - EuropAid, « Convocatória de propostas - Programa atores nao Estatais e autoridades locais em desenvolvimento - restrito às autoridades locais », Comission Euro- péenne, 2012, https://webgate.ec.europa.eu/europeaid/online-services/index.cfm?do=publi.welcome& nbPubliList=15&orderby=upd&orderbyad=Desc&searchtype=RS&aofr=133146, (Consulté le 26 août 2012) 62 « Chez SFR, un congé de parentalité désormais ouvert aux salariés homos », Têtu, Actus, France, 31 août 2012, http://www.tetu.com/actualites/france/chez-sfr-un-conge-de-parentalite-desormais-ou vert-aux-salaries-homos-22124#.UEI7WWURp4U.twitter (Consulté le 31 août 2012)
  39. 39. entre les chefs d’entreprises permettraient d’évaluer la façon dont ils ont envisagé l’homosexualité avec leurs salariés et les moyens qu’ils ont utilisés afin de lutter con- tre l’homophobie. Les personnes séropositives sont des salariés un peu particuliers notamment par la fatigue physiologique et psychologique qu’entraîne l’annonce de la maladie, le traitement médical qu’ils reçoivent et les discriminations qui peuvent se rajouter à celles sur l’homophobie. Des échanges sur la façon de gérer ces salariés peut également voir le jour. La formation La formation est primordiale à l’avancée des luttes contre les discriminations. Tout comme les départements de « Genre et développement » et des divers centres de recherches sur le racisme et l’antisémitisme et d’autres laboratoires en sciences humaines et sociales, l’identité de genre et l’orientation sexuelle a besoin de son « i- dentité » institutionnelle. L’homophobie, la transphobie, la biphobie, l’hétérosexisme sont des formes de « racisme » mais elles ne sont pas corrélées au genre tel qu’on l’entend populairement. Trop de dissonances existent entre le genre et l’identité de genre. Pour la plupart, les études LGBT sont faites à l’intérieur des départements de genre, hors le sexisme et la misogynie n’a que peu de liens avec les problèmes que rencontrent les homosexuels, les transsexuels, les bisexuels et les intersexes. La création de départements universitaires qui leurs sont spécifiques, sont la reconnais- sance des personnes LGBT dans la société. Elle montre également la volonté des universités de former des chercheurs spécialisés et des chargés de projets de coo- pération ayant quelques notions en la matière. La formation d’un chargé de projet en coopération internationale est transversale. Une recoupe entre les matières stan- dards étudiées et des cours sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle permettra aux étudiants d’élargir leurs points de vue sur les politiques de développement. Les étudiants auront également une plus grande ouverture d’esprit et une meilleure, si ce n’est pas une première, compréhension des enjeux de l’homophobie et de l’hétéro- sexisme. Encore trop peu de personnes comprennent ce qu’est l’homophobie et l’hé- térosexisme et la difficulté de le vivre. Enfin, les étudiants ne sont pas les seuls à de- voir être formés. Il est également important d’intégrer dans les formations continues des matières liées à l’identité de genre et l’orientation sexuelle. Cela permettra non 40
  40. 40. seulement d’atteindre la jeunesse mais également les générations antérieures. L’effi- cience se joue à tous les niveaux. 41
  41. 41. Conclusion « Seule l’orientation sexuelle est encore officiellement invoquée comme un em- pêchement légitime à la réalisation des droits. Autrement dit, l’homosexualité de- meure la seule discrimination inscrite formellement dans l’ordre juridique. Aucune au- tre « catégorie » de la population ne se voit exclue de la jouissance des droits fon- damentaux en raison de son appartenance à une race, à une religion, à une origine ethnique, à l’un ou l’autre sexe, ou à toute autre désignation arbitraire. »63 Hélas, 10 ans après avoir écrit cela, les propos de Daniel Borrillo sont toujours d’actualité. La communauté internationale a mis beaucoup de temps avant de s’intéresser à une population gravement atteinte par la répression des pays totalitaires. Plusieurs explications peuvent être apportées. Tout d’abord, le nouvel ordre international, l’ONU, n’a pas reconnu dès sa naissance l’orientation sexuelle. L’OMS considérait à l’époque et jusqu’en 1992 que l’homosexualité était une maladie mentale. Cette lon- gue réflexion sur le cas de l’homosexualité n’était pas la seule responsable. Les ha- bitus sociaux n’ont pas échappé aux politiques et aux diplomates et leurs modes de pensée ne se sont que renforcés par les groupes de pressions conservateurs. La ré- pression entraînant le silence et la stigmatisation des homosexuels. Bref, tout ce 42 63 BORRILLO, Daniel, Que sais-je ? L’Homophobie, Presses Universitaires de France, 2e édition, 2000, p. 33.
  42. 42. cosmos a eu raison de ce mutisme. L’Occident s’est libéré progressivement de son homophobie, mais cela ne l’a pas empêché de rester muet sur ce qui se passait dans les pays du Sud. Amnesty International a sorti en 1999 un rapport important sur les sévices que subissent les homosexuels dans le monde. Les ONGs et les asso- ciations ont fait de plus en plus pression sur les Nations Unies. Alors, quant à la question de savoir si la coopération est un moyen de lutte con- tre l’homophobie, il est effectivement le seul que les Nations Unies et le Consensus de Washington ont mis en place. Cet outil réagit directement à ce que les nations ont voté à l’ONU. Les projets de coopération doivent suivre les OMDs s’ils veulent être financés par les instances ou les gouvernements. Néanmoins, les nations ont des forces beaucoup trop importantes comparées à la société civile. Il est donc important de contrebalancer ce pouvoir, car les gouvernements sont parfois très éloignés des attentes de leurs populations. Quoiqu’il en soit, la coopération a un travail qui l’attend. Celui d’harmoniser la vie des millions d’homosexuels. Que ce soit au niveau sanitaire, judiciaire, sécuritaire et sociétale, dans tous les domaines, la coopération se doit d’interagir. Porter une attention à l’homophobie ne bénéficie pas seulement aux homosexuels, ils amélio- rent également les conditions de vie des hétérosexuels et l’exemple de la lutte contre le SIDA et la pauvreté montre que la prise en compte de l’homophobie est essentiel. Tous les organismes, les instances et les gouvernements doivent se mettre au pas. Il s’agit d’avoir également une cohésion des actions. Enfin, la formation est un moyen de sensibilisation indéniable des étudiants qui porteront avec eux des connaissances pour agir dans le futur. La formation continue sensibilisera les professionnels des avancées en matière de lutte contre l’homophobie mais aussi de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre dans la coopération internationale. Mon stage à Cités Unies France a été sans nul doute une expérience d’excep- tion. À travers les mois passés dans cette association, j’ai pu comprendre les ré- seaux de la coopération décentralisée ainsi que son lien avec le Ministère des Affai- res Étrangères et donc de la dissociation des actions de chacun. J’ai également vu comment les collectivités échangeaient et nouaient des liens avec des collectivités étrangères mais aussi comment elles partageaient avec les collectivités françaises à travers les événements organisés par Cités Unies France. Cette association est un excellent observatoire de la coopération décentralisée et notamment des actions de 43
  43. 43. coopération des activités territoriales dans le monde. Mon expérience à travers ce stage m’aura également permis de participer à la fin de la réalisation des assises franco-japonaises à Chartres et au début de celles franco-russes qui se dérouleront à Nice en décembre 2012. À l’inverse, cette expérience au sein de Cités Unies France ne m’aura pas permis de suivre le montage d’un projet de coopération par une collectivité quelconque et d’en apprécier sa réalisation sur le terrain. Ce sera peut-être l’expérience de mon prochain stage. Quoiqu’il en soit, toutes les matières, en relation avec la coopération internationale, étudiées lors de mon master 1 m’ont servi lors de ce stage. La théorie, connue pour être abstraite, m’a permis d’analyser les pratiques professionnelles que ma tutrice de stage, Katarina Fotic, ou moi même avons utilisées. Ainsi, la pratique et la théorie m’ont été complémentaires et m’ont enrichi tout le long de l’année 2011-2012. Le plus étrange dans ce parcours universitaire est que je ne m’étais pas destiné à travailler dans le monde de la coopération. Je me suis retrouvé quelque peu par hasard dans ce master à la suite du décès de mon père. Mais finalement, l’expé- rience au bout d’une année de master 1 en Relations Interculturelles et Coopération Internationale m’a déterminé à vouloir continuer dans la coopération internationale et notamment de m’engager dans la mise en valeur de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre au sein de la coopération. J’espère néanmoins que ce mémoire incitera d’autres personnes à travailler sur ce sujet, si ce n’est à les inciter à agir. 44
  44. 44. Liste des entretiens Louis-Georges TIN, créateur de la Journée mondiale contre l’homophobie (IDAHO), maître de conférences à l’Université d’Orléans, Paris, 15 juin 2012. Contacts réguliers. 45
  45. 45. Bibliographie Ouvrages et articles BISILLIAT, Jeanne, « L’Intégration du genre dans la politique française de coopéra- tion », Haut Conseil de la Coopération Internationale, 2001. BORRILLO, Daniel, Que sais-je ? L’Homophobie, Presses Universitaires de France, 2e édition, 2000. Briser le silence : violations des droits de l’homme liées à l’orientation sexuelle, Am- nesty International, 1997. BUTLER, Judith, Trouble dans le genre, Le féminisme et la subversion de l’identité, Paris, Éditions La Découverte, 2006. DE BEAUVOIR, Simone, Pour une Morale de l’Ambiguité, Paris, Guallimard, 1947. FASSIN, Éric, « Le Outing de l’homophobie est-il de bonne politique ? », in l’Homo- phobie, comment la définir, comment la combattre, Paris, Éditions ProChoix, 1999. PATERNOTTE, David, Revendiquer le « Mariage Gay ». Belgique, France, Espagne, Édition de l’Université de Bruxelles, 2011. TIN, Louis-Geroges, Dictionnaire de l’homophobie, Presses Universitaires de France, 2003. 46
  46. 46. TIN, Louis-Geroges, Le Pacte pour en finir avec les discriminations, Sexisme, Homo- phobie, Handicap, Âge, Origine, Éditions Autrement, 2012. –, L’Invention de la culture hétérosexuelle, Les Éditions Autrement, 2008. Documents cités «  Iran :  Discrimination et violences à l'encontre des minorités sexuelles  », Human Rights Watch, 2010,  http://www.hrw.org/fr/news/2010/12/15/iran-discrimination -et-violences-lencontre-des-minorit-s-sexuelles « History », Committee IDAHO, http://www.dayagainsthomophobia.org/-History,11- « Le PNUD pour débutants : un Guide du Programme des Nations Unies pour le Dé- veloppement pour les non-initiés », Programme des Nations Unies pour le Dé- veloppement, 2011, http://www.jposc.org/documents/UNDP%20for%20Begin ners/UNDP_for_Beginners_fr.pdf « Middle Eastern Literature: Persian, Encyclopedia of gay, lesbian, bisexual, trans- gender & queer culture  », http://www.glbtq.com/literature/mid_e_lit_persian .html « OECD Symposium: the Cost of Homophobia », The Committee IDAHO, Compte rendu. Développement et Coopération - EuropAid, « Convocatória de propostas - Programa atores nao Estatais e autoridades locais em desenvolvimento - restrito às auto- ridades locais  », Comission Européenne, 2012, https://webgate.ec.europa.eu/ europeaid/online-services/index.cfm?do=publi.welcome&nbPubliList=15&orderb y=upd&orderbyad=Desc&searchtype=RS&aofr=133146 FABENI, Stephano, « CERSGOSIG : Perspectives and Objectives to Challenge Dis- crimination. A Network on Global Scale », Journal of Homosexuality, 2005. FOUREST, Caroline, VENNER, Fiammetta, « La Bataille des Droits de l’Homme », Arte THEMA, http://www.arte.tv/fr/2314236,CmC=2582274.html  ; http://www.daily motion.com/video/xbqsg9_la-bataille-des-droits-de-l-homme-1_news The Jogjakarta Principles, A propos des Principes de Jogjakarta, The Jogjakarta Principles, 2007, http://www.yogyakartaprinciples.org/principles_fr.htm ILGA, « Carte mondiale sur les droits des lesbiennes et des gays en 2012 », 2012, http://old.ilga.org/Statehomophobia/ILGA_carte_2012_A4.pdf KI-MOON, Ban, « In Historic Session, UN Rights Body Tackles Abuses, Violence Ba- sed on Sexual Orientation  », News & Media, United Nations Webcast, 2012, http://www.unmultimedia.org/tv/webcast/2012/03/secretary-general-message-on 47
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