Vilniaus Universitetas
Filologijos fakultetas
Prancūzų filologijos katedra
Milda Mettenes
Kalbiniai antraščių ypatumai pra...
Table des matières
1. Introduction ..........................................................................................
1. Introduction
Etant le plus ancien des médias contemporains, la presse écrite a survécu à un nombre de
changements. La d...
Pour donner des exemples des titres nous allons nous servir des journaux français « Le
Monde », « Ouest France », « Le Can...
2. La partie théorique
2.1. La presse écrite. Le cadre historique
La notion de la presse écrite désigne les moyens de diff...
publication des véritables périodiques était autorisée [Meškutė 1987, 5]. Dès ce moment-là la
population a acquis la possi...
La première fonction vise à informer le public, à expliquer et à donner un commentaire des
nouvelles actuelles : de la pol...
Brève : information avec ou sans titre qui répond en un minimum de mots aux questions
essentielles : qui?, quoi?, quand?, ...
Le journal
Publication périodique quotidienne rendant compte de l'actualité et diffusée à un certain
nombre d'exemplaires....
2.4. La presse française de nos jours
En occupant un rôle important dans la société, la presse suit toutes les tendances e...
en guise d’exemple le journal Le Furet, imprimé par de jeunes aveugles, qui a pour sous-titre
« le seul journal qu’on care...
Pourtant, « le nombre des lecteurs de la presse quotidienne a diminué de moitié entre 1970 et
1990 » [Mermet 2007, 417]. C...
catégories de presse. Voici, nous voyons la distribution de la presse magazine avec le plus de
lecteurs [http://www.csmpre...
des fautes de genre et d’ortographe, des détournements du sens. L’omission des règles
grammaticales et stylistiques cache ...
système de comparaisons, rarement explicité, par rapport à une norme, une représentation de
ce qui est beau et de ce qui e...
[ Dubois cité par A. Rey 1971, 311]. Les autres linguistes font une distinction entre les
phrases averbales selon « une st...
• Les autres nominalisations sont plus rares; pronoms; Le moi. Je le considère comme
un autre MOI-MEME. Un petit quelque c...
Le but de notre mémoire est d’analyser les particularités linguistiques des titres de la presse
française récents et d’aut...
3. La partie pratique
L’analyse des titres dans la presse française
3.1. Les categories des titres
Dans la partie théoriqu...
• Titres incitatifs :
par toutes sortes de procédés, ils cherchent avant tout à piquer la curiosité du lecteur,
suggèrent,...
contient le moins d‘information possible. Pour savoir plus du sujet traité nous devons lire
l‘article.
Un exemple d‘un tit...
enchaîné ». Nous voyons un titre bien dissemblable des titres analysés précédemment.
Comme le but de cet hebdomadaire est ...
pour chaque publication. A ce point de la réflexion nous pourrions estimer que les titres des
articles peuvent aider à ide...
3.2. Les qualités des titres
Selon l‘auteur des ouvrages journalistiques, Yves Agnès, nous pouvons distinguer six qualités...
Dans le sous-titre nous pouvons lire: « Mensonges à Bruxelles, promesses de miracles à la
tête du G20 ». En jugeant du sou...
ou « Qu‘est-ce qui fait qu‘un fruit trop mûr pourrit les autres? » [« Science et Vie »,
23.03.2011]. Un lecteur ordinaire ...
3.3. Les fonctions des titres à travers la presse pour les jeunes
Dans la partie théorique, nous avons discuté de l‘import...
Prenons comme exemple les titres « La folle histoire de l‘ordinateur » et « Formidable
Wolfman! » [« Science et Vie Junior...
une mise en valeur des titres plus travaillée. Des titres simples, qui transmettent l‘information
principale ne sont pas t...
Titres concernant des problèmes spécifiques
aux jeunes
« Tintin débarque sur les écrans », « Une
semaine chez papa, une se...
Que le titre omet la copule ne nuit pas à la compréhension du sens puisque les noms portent
une capacité descriptive qui j...
Particularités syntaxiques Titres
Omission de l’article « Tremblement de terre en Bulgarie »,
« Médailles en chocolat dans...
3.5. La compétence communicative dans différents genres journalistiques
Dans la partie théorique de notre travail nous avo...
compétence ecyclopédique des lecteurs. Dans l‘éditorial du magazine « Commerce
International » nous trouvons le titre « Wh...
3.6. La nominalisation dans les titres
En créant des titres, l‘emploi de la nominalisation peut être efficace pour quelque...
4. Conclusions
Après avoir analysé les différents aspects dans les titres de la presse française nous pouvons
faire quelqu...
Dans la presse des jeunes nous avons vu que les titres étaient crées d’une façon inventive, ils
demandent plus de créativi...
5. La bibliographie
1. Agnès Y., 2088. Manuel de Journalisme. La Découverte.
2. Balle F., 2000. Les Médias. Flammarion.
3....
11. Lavoinne Y., 1997. Le langage des médias. Presses universitaires de Grenoble.
12. Maingueneau D., 1998. Analyser les t...
http://www.clemi.org/fr/productions-des-eleves/journaux-scolaires/interesser-son-
lecteur-et-l-informer
http://espaceeduca...
6. Le résumé : Les particularités linguistiques des titres de la presse française
Dans ce mémoire nous analysons les titre...
7. Santrauka : Kalbiniai antraščių ypatumai prancūzų spaudoje
Šiame bakalauro darbe nagrinėjame antraštes prancūzų spaudoj...
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  1. 1. Vilniaus Universitetas Filologijos fakultetas Prancūzų filologijos katedra Milda Mettenes Kalbiniai antraščių ypatumai prancūzų spaudoje (Les particularités linguistiques des titres de la presse française) Bakalauro darbas IV k. Mokslinio darbo vadovė Doc. S. Liberienė 2012 metai
  2. 2. Table des matières 1. Introduction ...............................................................................................................................3 2. La partie théorique.....................................................................................................................5 2.1. La presse écrite. Le cadre historique .......................................................................................5 2.2. Les fonctions de la presse .....................................................................................................6 2.3. La terminologie de la presse ...................................................................................................7 2.4. La presse française de nos jours ...........................................................................................10 2.4.1. L’apparition et développement de la presse pour les jeunes ............................................10 2.4.2. D’autres catégories de la presse écrite ..............................................................................11 2.5. Les particularités du langage journalistique .........................................................................13 3. La partie pratique .....................................................................19 3.1. Les categories des titres .......................................................................................................19 3.2. Les qualités des titres ...........................................................................................................24 3.3. Les fonctions des titres à travers la presse pour les jeunes .................................................27 3.4. Les particularités syntaxiques ..............................................................................................30 3.5. La compétence communicative dans différents genres journalistiques ...............................33 3.6. La nominalisation dans les titres ...........................................................................................35 4. Conclusions ..............................................................................................................................36 5. La bibliographie .......................................................................................................................38 6. Le résumé : Les particularités linguistiques des titres de la presse française...........................41 7. Santrauka : Kalbiniai antraščių ypatumai prancūzų spaudoje ............................................42 2
  3. 3. 1. Introduction Etant le plus ancien des médias contemporains, la presse écrite a survécu à un nombre de changements. La diffusion de la presse écrite a commencé avec l‘apparition de la première imprimerie en France. A partir de ce moment-là la presse a beaucoup évolué et elle a dû changer pour s‘adapter aux exigences des nouvelles générations. La presse, comme nous la connaissons aujourd‘hui, a des fonctions multiples. Elle s‘engage à informer son public, le divertir, l‘éduquer et le surprendre. La presse écrite nous transmet des nouvelles d‘actualité, de la publicité et d‘autres sortes d‘information. Le lecteur est fourni non seulement en information la plus récente, mais aussi en idées et en opinions sur cette information. En d’autres mots, la presse est un outil pour connaître le monde qui nous entoure, les événements importants qui ont lieu et les débats sociaux, politiques ou culturels qui sont soulevés. C‘est une source d‘information de la vie globale et locale. Comme la presse occupe un rôle important dans la société elle doit suivre les changements en forme d‘exigences, de style, de préférences ou de coutumes dans cette société. Il existe une grande variété de presse écrite, elle couvre les besoins d‘un public très vaste. Les personnes de tous les âges et presque de toutes les couches sociales peuvent trouver des journaux ou magazines qui sont adaptés à leurs besoins. Le titre est un élément essentiel pour toute la presse écrite. Il reflète non seulement l‘idée générale d‘un article, mais aussi une image du journal. C‘est évident qu‘un journal est vu avant d‘être lu. Il existe toujours un facteur de concurrence entre chaque publication, soit entre les journaux, soit entre les magazines. Pour cette raison il est naturel qu‘il existe des techniques pour créer des titres inventifs qui ont pour but d‘inciter à la lecture. Les titres peuvent être composés de différentes façons, et c‘est pour cette raison qu‘ils ont différentes influences sur le public. Dans notre travail nous allons discuter cet aspect des titres. Nous allons également distinguer la presse pour les jeunes et la presse pour les adultes en montrant leurs différences en terme de composition de titres et de l‘effet que ces titres ont sur le public. Le but de notre travail sera aussi de dévoiler les différentes catégories des titres, les caractéristiques linguistiques des titres et leurs fonctions à l‘aide des exemples concrets. Nous avons choisi la méthode descriptive pour développer notre analyse. 3
  4. 4. Pour donner des exemples des titres nous allons nous servir des journaux français « Le Monde », « Ouest France », « Le Canard Enchaîné », « Libération », « Les Echos » et des revues « Science et Vie », « Science et Vie Junior », « Je lis des histoires vraies », « Le Point », « Le Nouvel Observateur », « Commerce International ». 4
  5. 5. 2. La partie théorique 2.1. La presse écrite. Le cadre historique La notion de la presse écrite désigne les moyens de diffusion de l’information actuelle, qui comprend les journaux, les quotidiens, les publications périodiques et d’autres formes d’information écrite. La presse étant un moyen des médias sa fonction principale est de fournir la société en actualités les plus récentes. Cela a été un de ses buts dès le lancement des publications écrites. Il est utile de prendre en compte le passé en examinant la presse d’aujourd’hui. Tout d’abord il joue un rôle signifiant pour comprendre la tradition de la presse actuelle. « Les structures géographiques, politiques et économiques du monde des journaux, les recettes et les formules du journalisme, mais aussi, les habitudes de lecture des Français sont profondément marquées par le passé, malgré les profondes transformations qui ont, après la Seconde Guerre mondiale, affecté l’évolution de la presse en France » [Meškutė 1987, 3]. Nous voyons donc que le passé a laissé des traces dans des domaines variés de la presse. Dans ce contexte, nous voudrons montrer l’importance de l’invention de l’imprimerie et les événements historiques qui l’accompagnent. L’introduction de l’imprimerie en France a eu lieu a peu prés en 1450 et a permis la diffusion des écrits des genres différents comme des livres, des « occasionnels » (petites plaquettes imprimées contenant des récits politiques, etc.), des canards (faits divers), des pamphlets (publications visant à critiquer un personnage important) et des textes religieux, qui étaient tous appelés des feuilles volantes. Les occasionnels servaient à donner des nouvelles des affaires de la Cour, les campagnes militaires et souvent à décrire des phénomènes, comme des monstres, diables, miracles et sourciers. A l’époque ces écrits cherchaient à mettre en valeur le sensationnel et le résultat en était que les titres étaient renforcées d’adjectifs [Wolgensinger 1989, 17]. En même temps la circulation des nouvelles était surveillée de près par le pouvoir. Comme les exigences du public de connaître les événements mondiaux augmentaient et les mentalités évoluaient, ces écrits ont dû changer de contenu. La publication de la « Gazette » par Théophraste Renaudot montrait que cette évolution avait fait un grand pas. Ayant eu l’autorisation du roi de publier tout ce qui se passait dedans et dehors le royaume, Renaudot a changé la structure du journal : « Il invente l’éditorial, la publicité, le numéro spécial et préfère les faits aux commentaires » [idem, 26]. Les années suivantes étaient marquées par la censure et la restriction de la liberté d’expression. Pourtant, c’était seulement en 1789, avec la Révolution française, que la 5
  6. 6. publication des véritables périodiques était autorisée [Meškutė 1987, 5]. Dès ce moment-là la population a acquis la possibilité de diffuser librement ses idées. Au XIX siècle, grâce à l’évolution des techniques et la transformation des mentalités, la presse écrite s’est développée et s’est rapprochée de celle d’aujourd’hui. En parlant de la période de l’entre deux guerres (1919 – 1939) nous pouvons mentionner un des changements que la presse a subis : « Elle dut étendre son champ d’information en accordant plus de place à l’étranger (en développant en particulier les reportages)… » [Meškutė 1987, 7]. Il est apparu plus de domaines à décrire, ce qui a contribué au développement de plusieurs éléments de la presse, y compris les titres. Finalement, la presse était accessible à tous vu que son prix de vente était assez modeste, qu’elle possédait une diversité des rubriques de plus en plus grande et que son langage était simple et compréhensible. Comme nous avons vu, l’histoire dévoile les événements qui ont été importants pour le développement de la presse et nous aide à mieux comprendre la voie qu’elle a prise dès son début jusqu’à nos jours. 2.2. Les fonctions de la presse Nous voudrions d’abord aborder les fonctions principales de la presse écrite. La presse est la première forme de média qui est apparue. Pour le mot « média », la définition en est telle : « Un média est un moyen – un outil, une technique, un intermédiaire – qui permet aux hommes de s’exprimer et de communiquer à autrui cette expression, quels qu’en soient l’objet ou la forme. » [Balle 2000, 6]. Comme la presse est un moyen du média, elle partage ainsi des tâches qui sont communes pour tout l’ensemble des médias. Ce sont en principe celles de l’information, la publicité, le divertissement, l’éducation et la création. En général on distingue trois fonctions de la presse écrite: Information Renseignement Distraction 6
  7. 7. La première fonction vise à informer le public, à expliquer et à donner un commentaire des nouvelles actuelles : de la politique, de l’économie, des événements sociaux et culturels, des faits divers, du sport. La fonction du renseignement sert à informer les lecteurs des programmes de spectacles, des horaires divers, des horoscopes et d’autres renseignements qui les aident à planifier leur temps libre. Le renseignement sert à guider le lecteur dans ses choix d’emploi de temps, tandis que l’information rend au lecteur le service d’exposer les problèmes d’actualité . Cette dernière fonction aide aussi le lecteur à former une opinion sur les partis et les groupes sociaux, et à choisir une position politique. La troisième fonction, la distraction, a pour but de détendre le public en permettant de ne pas se focaliser sur la connaissance du monde mais sur les activités de détente, c’est-à-dire sur les jeux, les sports etc. Les fonctions mentionnées, vu les services que la presse rend à ses lecteurs, sont multiples. Ces trois fonctions que la presse possède sont assez différentes les unes des autres et cela permet à la presse d’attirer un public très vaste. Donnant de l’information sur des thèmes variés, aidant les lecteurs à planifier leurs temps et proposant des activités quotidiennes, les journaux et les magazines sont lus dans toutes les couches sociales. 2.3. La terminologie de la presse Pour mieux comprendre en quoi la presse écrite consiste nous considérons qu'il faudrait commenter brièvement les termes les plus importants qui sont liés à elle. Nous avons choisi les définitions données par Pascal Famery et Philippe Leroy [Famery, Leroy 1996, 58]. Les termes qui appartiennent au domaine de la presse écrite et que nous voudrions mentionner sont les suivants : Titre : explicatif ou incitatif, il résume l’essentiel de l’information d’un article ou suscite la curiosité. Il est placé en tête d’article en gros caractères. Une : la première page du journal Rubrique : ensemble de thèmes – économie, politique, culture, etc. – traités dans un journal. Titraille : ensemble des éléments rédactionnels qui mettent en valeur l’article : sur – titre, titre, sous – titre, inter-titre. 7
  8. 8. Brève : information avec ou sans titre qui répond en un minimum de mots aux questions essentielles : qui?, quoi?, quand?, où ?, comment ?, pourquoi ?. Chapeau : texte court qui se trouve au-dessus de l’article et en dessous du titre. Son rôle est de résumer l’essentiel de l’article, d’annoncer l’information principale ou d’inciter le lecteur à se plonger dans l’article. Le chapeau est composé, par exemple, en gras et en italique. Les faits divers (« les chiens écrasés ») : désignent une nouvelle ponctuelle concernant des faits non caractérisés par leur appartenance à un genre. Ils couvrent les faits les moins importants de l’actualité. La diffusion Nombre d'exemplaires de journaux réellement vendus ou offerts. Ces termes donnés sont uniquement journalistiques, c’est-à-dire qu’ils font partie de la composition du journal. Cependant, il faudrait aussi ajouter des termes qui concernent la presse écrite dans le sens général du mot. Ceux-ci se diffèrent par le public qu’ils cherchent à atteindre ou par leur fréquence des parutions des publications, et ce sont : quotidiens, hebdomadaires, mensuels, bimestriels, publications périodiques, presse « people », etc. Cadence de parution d'un périodique. • quotidien (tous les jours) • hebdomadaire (toutes les semaines) • bimensuel (tous les quinze jours) • mensuel (tous les mois) • bimestriel (tous les deux mois) • trimestriel (tous les trois mois) • annuel (tous les ans) De plus, nous voudrions faire une distinction entre les termes « journal », « magazine » et « revue » : 8
  9. 9. Le journal Publication périodique quotidienne rendant compte de l'actualité et diffusée à un certain nombre d'exemplaires. Le magazine Publication périodique illustrée, généralement mensuelle, traitant d'un domaine précis ou s’adressant à un lectorat très ciblé. La revue Une revue est une publication périodique (une fois par semaine, ou par mois, ou plus) spécialisée dans un domaine précis. Chaque catégorie de la presse écrite a ses propres traits distinctifs et est ainsi destinée aux différents groupes de lecteurs. Nous employons ici le mot « catégorie » au sens donné par D. Maingueneau : « Il s’exprime à travers des noms traditionnellement dits communs, qui réfèrent à des classes auxquelles on peut associer des déterminants tels ce ou un » [ Maingueneau, 1998, 184]. Ce critère nous permet de classer les noms « journal », « magazine » et « revue » sous la désignation « catégories ». Selon D. Maingueneau : « Les membres d’une société apprennent à ranger dans des catégories tout ce qu’ils rencontrent (...) Ils apprennent aussi à définir le prototype d’une catégorie, son centre ». En nous appuyant sur cette constatation, nous pouvons comprendre la catégorisation de ces termes. Les nouvelles dénominations ont été introduites comme telles ayant pour centre la presse écrite. Le nombre des lecteurs des publications variées et quelles sont les publications qui dominent dépendent de la situation économique et culturelle du pays. La presse publiée doit viser un centre d’intérêt du public, et c’est de cette façon qu’apparaissent les nouveaux titres de la presse. Nous appliquons ici le nom « titre » pour désigner la production de la presse écrite, c’est-à-dire le nom porté par un périodique. Ils répondent aux besoins de la société en ajoutant de la nouveauté aux secteurs qui existent déjà, par exemple : « La presse féminine évolue avec l’apparition de nouveaux titres » [Bevort 1994, 19]. Cette constatation est tirée d’une revue d’information française, « Les Echos », et nous témoigne que la presse dite magazine a fait beaucoup de progression à l’époque. C’était surtout due à la grande demande pour une telle presse qui abordait pratiquement tous les sujets. 9
  10. 10. 2.4. La presse française de nos jours En occupant un rôle important dans la société, la presse suit toutes les tendances et subit les changements qui sont indispensables à un monde en développement. Pour que la presse puisse répondre aux exigences des lecteurs elle doit se renouveler toujours. Le but principal de la presse écrite est de nous tenir au courant de ce qui se passe dans le monde, mais comme il y a plusieurs catégories de publications chacune d’elles a sa propre façon de présenter son contenu. Cette façon de présentation doit aussi subir certains changements vu qu’il devient de plus en plus compliqué d’atteindre et de maintenir les lecteurs. 2.4.1. L’apparition et développement de la presse pour les jeunes Selon la revue d’information « Echos » [« Echos : Regards sur la presse » 1994], qui publie des réflexions sur la société française contemporaine, la presse écrite actuelle abreuve le public jeune d’une variété de titres et de genres. Cette revue datant d’année 1994 nous montre les mesures d’adaptation que la presse écrite a prises pour mieux atteindre son lectorat. Un pas de renouvellement a été d’inclure des scolaires au groupe de lecteurs de la presse écrite qui existait. C’est-à-dire qu’il est apparu sur le marché un nouveau genre de presse qui s’adressait uniquement aux adolescents et aux enfants, et ce phénomène a eu du succès. Pour donner un exemple, un nouveau journal pour les bébés (Popi) a été lancé en 1986 [Houssa 1994, 43]. La plupart de ces journaux des jeunes, notamment des jeunes entre 9 mois et 16 ans, concernent les bandes dessinées. La nouvelle tendance a été que les grands éditeurs entraient en partenariat avec des sociétés comme Walt Disney pour créer un genre qui puisse être intéressant pour les jeunes. Nous pouvons ajouter que le lancement d’un tel genre a aussi eu du succès en résistant à la concurrence des autres médias. Il existe la presse pour les jeunes, qui est conçue par les journalistes, et la presse par les jeunes, qui est conçue et réalisée par les élèves [idem, 47]. La presse écrite par les jeunes soulève les problèmes spécifiques aux jeunes et fait des réflexions sur la société qui les entoure. Nous voyons que c’est un groupe indépendant qui traite ses propres sujets. Ainsi, les publications de ce groupe portent des titres qui sont souvent caractérisés comme originaux, déconcertants et amusants. On peut prendre 10
  11. 11. en guise d’exemple le journal Le Furet, imprimé par de jeunes aveugles, qui a pour sous-titre « le seul journal qu’on caresse ». En parlant de la presse pour les jeunes d’aujourd’hui, nous voyons qu’elle s’est beaucoup développée pendant ces derniers ans. Il est même considéré qu’un jeune bénéficie intellectuellement de ce genre de presse : « Par la diversité de son contenu, littéraire (conte, récit, poème, comptine, bande dessinée...), documentaire (dossier, enquête, reportage, fiche, article...), ludique (test, jeu, mots-croisés, activités...), il implique une diversité d’écritures, (explicative, scientifique, journalistique...) et de traitement de l’image (dessin, photo, schéma...). Cette variété permet des rythmes de lecture extrêmement diversifiés » [Syndicat de la presse des jeunes, http://www.pressedesjeunes.com]. Cette presse permet à un enfant ou à un adolescent de s’informer sur l’actualité qui l’intéresse d’en tirant des bénéfices sociales et culturelles. Voici la définition de la presse jeune de Jean-Marie Charon : « Elle constitue aujourd’hui une singularité française par le nombre d’entreprises qu’elle regroupe, l’importance de son lectorat et la diversité des genres et thématiques qu’elle développe sans cesse. Par leurs structures, leurs méthodes de travail, leur économie, les entreprises de la presse jeune sont de plain-pied dans la presse magazine, même si cohabitent également depuis toujours des démarches militantes des mouvements de jeunesse ou de solidarité » [Charon 2002, 1]. 2.4.2. D’autres catégories de la presse écrite Une autre catégorie de la presse écrite est celle de la presse quotidienne nationale. C’est toute la presse quotidienne qui est diffusée sur tout le territoire de la France. Dans le site internet du Syndicat de la Presse Quotidienne Nationale cette définition-ci est donnée : « Par son pluralisme et son indépendance, la Presse Quotidienne Nationale est un média majeur qui pèse sur les événements économiques et politiques de la société. Elle s'appuie sur un réseau mondial d'information » [http://www.spqn.fr/presse_parisienne.htm]. Les plus grands titres de la presse nationale française sont : « Le Figaro », « Le Monde », « Libération », « Les Echos », « La Croix » et d’autres, selon le site internet traitant la distribution de la presse [http://www.csmpresse.fr]. D’après ce site même 8,8 millions de Français lisent au moins un quotidien par jour. Pour montrer la répartition des lecteurs de chaque titre de la presse nationale, nous en avons tiré ce diagramme : Chiffres d'audience par titre (Nombre de lecteurs au numéro moyen, en milliers) 11
  12. 12. Pourtant, « le nombre des lecteurs de la presse quotidienne a diminué de moitié entre 1970 et 1990 » [Mermet 2007, 417]. C’était la presse nationale qui a été la plus touchée par cette diminution. Aujourd’hui la presse quotidienne française subit une crise prenant en considération le problème de renouvellement de leur lectorat, la concurrence de la télévision, la forte consommation française de magazines et le prix élevé des quotidiens. De plus, il y a la presse quotidienne régionale qui traite l’actualité locale, régionale et nationale. Elle se distingue de la presse nationale par la particularité qu’elle n’est pas diffusée dans tout le pays, mais elle reste dans la région. Quelques titres importants de la presse régionale sont : « Ouest France », « Le Parisien », « La Montagne », « Le Progrès » [http://www.csmpresse.fr]. Cependant, c’est la presse magazine qui occupe la première place en nombre de lecteurs en France. « En vingt ans, la diffusion totale de la presse magazine a progressé de 60 % » [Mermet 2007, 421]. Les femmes lisent plus de titres différents des magazines que les hommes. Les thématiques dans ces magazines sont nombreuses : maison, décoration, jardin, santé, cuisine, people. La presse « people », se consacrant à décrire les activités variées des célébrités, a aussi attiré un grand nombre de lecteurs. Entre ces magazines, il y a par exemple « Voici », « Gala », « Public », « Choc ». En France la presse people est aujourd’hui une des plus vendues des 12
  13. 13. catégories de presse. Voici, nous voyons la distribution de la presse magazine avec le plus de lecteurs [http://www.csmpresse.fr]: Chiffres d’audience par titre L’audience (en milliers de lecteurs) correspond aux personnes ayant déclaré avoir lu le titre depuis moins de 3 ou 4 jours - source : Audipresse, étude AEPM, cumul 2008. Les hebdomadaires et bimensuels à plus forte audience : 2.5. Les particularités du langage journalistique Les journalistes ont pour tâche non seulement de véhiculer l’information, mais aussi de la présenter en utilisant une langue qui est facile à lire. Les lecteurs de la presse écrite diffèrent par leurs éducation, âge ou opinions politiques, donc la langue doit être accessible à tous. Les mots utilisés dans un article démontre si le journaliste à adopté un langage familier, vulgaire ou littéraire. Le langage journalistique peut mettre en circulation certains mots, syntagmes ou jeux de mots qui rendent l’article plus attirant pour le lecteur. Selon le but que le journaliste vise à atteindre en écrivant un article, le langage qu’il emploie peut être le langage standard, familier ou l’argot. Il doit respecter, tout de même, les normes stylistiques, phonétiques et grammaticales. En cas d’écart de ces normes de bon usage de la langue, il le fait avec l’intention de susciter une certaine réaction de la part du lecteur. Beaucoup de titres des articles dans les journaux ou dans les magazines se caractérisent par des élisions incorrectes, 13
  14. 14. des fautes de genre et d’ortographe, des détournements du sens. L’omission des règles grammaticales et stylistiques cache les intentions du journaliste. Généralement, il s’agit du souhait d’être compris et admis. Ces deux exigences sont respectées quand le journaliste adapte un registre de langue correspondant au destinaire visé. Le rôle du journalisme, ainsi que celui de l’informatique, est de nos jours autre qu’il était à l’époque de la Gazette. La propagation de la vérité restait en arrière-plan comme la presse servait tout d’abord d’un outil stratégique dans la politique de l’Etat : « Les nouvelles que donne la Gazette n’ont pas acquis le statut de vérités historiques. La publication de ses gazettes se justifie par leur utilité auprès du public » [Cornu 1997, 11]. Aujourd’hui nous pouvons parler d’une éthique des journalistes, qui fait partie de l’éthique de l’information : « l’éthique de l’information s’intéresse en priorité au traitement intellectuel de l’information d’actualité, à tout ce qui entraîne des choix, des décisions quant au contenu et à la forme de l’information fournie au public » [idem, 10]. La presse doit ainsi pouvoir répondre aux trois objectifs généraux: « assurer à l’ensemble de la population l’information exacte, honnête et complète ; protéger ceux qui font métier d’informer contre toutes les formes de pression ou de contrainte ; assurer le mieux possible la circulation de l’information dans la société » [idem, 12]. Les critères de l’ethique de l’informatique, devenu au fil de l’histoire tels que nous les connaissons aujourd’hui, garantissent que l’information qui nous est fournie reste fiable. Le métier d’un journaliste consiste largement en faire des choix et de traitement des sources: « pour obtenir de l’information, les spécialistes se tournent régulièrement vers leurs sources ; après un tri empirique, ils « fabriquent » les nouvelles, ce qui revient à traduire les faits dans un langage accessible, voire à les décoder, en en précisant le contexte » [Vey 2000, 14]. C’est à la fois un métier sans doute créatif ; comme l’écrit journalistique vise souvent à frapper l’imagination de son destinaire il porte ainsi une charge émotive du journaliste. La façon d’après laquelle le journaliste choisi de présenter l’information dépend aussi des genres journalistiques « qui ont leurs règles spécifiques et leur intérêt propre » [idem, 20]. Les genres journalistiques figurent notamment sous ces appellations : • Compte-rendu, reportage, analyse, enquête, interview, portrait, commentaire, éditorial, brève, billet. D’une part, les écrits de la presse, comme les titres des articles seraient censés véhiculer l’information objective, d’autre part, nous voyons que le langage intérieur du journaliste intervient occasionnellement : « la pensée, ou plutôt le langage intérieur, joue en effet un rôle dans l’expression du jugement et de l’appréciation, parce que, inévitablement, il intervient un 14
  15. 15. système de comparaisons, rarement explicité, par rapport à une norme, une représentation de ce qui est beau et de ce qui est bien » [Moirand 1990, 93]. Certains genres journalistiques permettent la subjectivité de la part du journaliste quand d’autres genres l’exclue entièrement. L’éditorial, en guise d’exemple, « donne le point de vue de l’éditeur et même celui du journal. C’est un écrit plutôt officiel, parfois pompeux, qui donne à penser en tirant plutôt vers l’avenir» [http://www.clemi.org/fr/productions-des-eleves/journaux-scolaires/interesser-son- lecteur-et-l-informer/]. Le portrait « est une façon de donner un supplément d’âme à une information. Le portrait peut ainsi permettre d’aborder un sujet de la société. C’est la personne qui est le centre de l’article » [http://espaceeducatif.ac-rennes.fr]. Or, le portrait constitue également un genre ouvert aux reflexions originales du journaliste. De ce point de vue, il convient de relever que la visée communicative du journaliste « se décompose en deux fonctions, informer et donner son avis » [Moirand 1990, 97]. Cela nous conduit à la conclusion que cet aspect journalistique se refléte aussi dans les titres. Dans ce contexte nous tiendrions à souligner que les genres de presse conditionnent l’emploi des moyens linguistiques dans les articles et influent sur la composition de leurs titres. Dans la poursuite de notre travail nous allons analyser des titres de la presse écrite en prennant en considération les traits objectifs ou subjectifs qui s’en dégagent. Les titres de la presse Pour créer des titres de la presse, ou plus précisément des articles, il faut suivre certains règles. L’article est un écrit inséré dans une publication. Le titre d’un article sert à définir le sujet qui va être présenté. Il doit aider le lecteur à savoir dans quel genre de lecture il s’embarque. « Le titre doit être en cohérence avec la formule et le contenu du journal, il doit traduire son identité » [Famery, Leroy 1996, 12]. Selon le public ciblé et le but qu’ils visent à atteindre nous pouvons distinguer les titres informatifs, incitatifs, métaphores et ayant un détournement de sens. Un moyen fréquemment utilisé pour composer un bon titre est la nominalisation. Pour la poursuite de notre travail, nous considérons nécessaire de révéler les façons d’après lesquelles la nominalisation se forme. Les différents linguistes groupent les nominalisations non pas selons les mêmes critères. Pour donner une illustration nous avons choisi quelques modèles de groupement. Le linguiste J. Dubois distingue les nominalisations « simples : Pierre a une voiture → la voiture de Pierre ; affixales : le travail est immense + ceci m’effraie → l’immensité du travail m’effraie ; infinitives : je désire ceci + je pars → je désire partir » 15
  16. 16. [ Dubois cité par A. Rey 1971, 311]. Les autres linguistes font une distinction entre les phrases averbales selon « une structure à deux éléments, appréhendés comme thème et rhème dans le premier cas comme sujet et prédicat dans le second. Avec ces deux éléments, trois combinaisons sont envisageables : la construction binaire, avec rhème et thème, type Excellent, ce café, la construction limitée au seul rhème (Excellent !), la construction limitée au thème (Mes bijoux !) » [Steuckardt 2003, 13]. Dans le second cas, où la phrase est apperçue comme prédicative, nous distinguons : « la phrase nominale à sujet et prédicat d’une part, la phrase nominale limitée au seul prédicat d’autre part. Selon la nature du prédicat, sont distinguées les phrases nominales attributives (Heureux les pauvres!), locatives (Les mains en l’air!) et existencielles (Pas un bruit!) » [idem, 13]. Il se révéle que « la phrase averbale manifeste souvent un plus grand degré d’expressivité que la phrase canonique, a fortiori la phrase nominale attributive » [idem, 15]. Cette remarque peut nous être utile dans la poursuite de notre travail en analysant la nominalisation dans les titres. Pour avoir une plus exacte conception sur la nominalisation nous avons choisi de présenter les définitions données dans la grammaire de Maurice Grevisse [Grevisse 1988, 277] : La nominalisation (ou substantivation) est tout à fait libre. Pour désigner n'importe quel élément de la langue (de la lettre ou du son à la phrase), on le nominalise, c'est-à-dire qu'on lui donne les fonctions grammaticales du nom et qu'on l'accompagne éventuellement d'un déterminant. • Les adjectifs se nominalisent souvent, car la catégorie de l'adjectif et celle du substantif sont très proches. Assez facilement dans la langue intellectuelle, l'adjectif est nominalisé avec la valeur d'un nom abstrait; le Beau, le vrai. • Les participes présents et passés se nominalisent assez souvent; un habitant, un écrit, les allées et venues. • La nominalisation des infinitifs; un aller et retour, le boire et le manger, le déjeuner, le diner, le gouter, un être cher, le lever et le coucher du soleil. 16
  17. 17. • Les autres nominalisations sont plus rares; pronoms; Le moi. Je le considère comme un autre MOI-MEME. Un petit quelque chose. avec les adverbes, prépositions, conjonctions; Le pourquoi et le comment. Le mieux, le pour et le contre. Prendre les devants. Nominalisations occasionnelles; Entre le trop et le pas assez. Mots-phrases; un merci chaleureux. Le moment des adieux. Ce n'est qu'un au revoir. Syntagmes; Un tête-à-tête. Un autre aspect des titres de la presse écrite touche les compétences linguistique et encyclopédique, notamment « la maîtrise de la langue considérée » dans le premier cas, et « un nombre considérable de connaissances sur le monde » dans le second. En nous nous basant sur l’analyse de différents publications et leurs titres , présentée par D. Maingueneau, nous pourrions en tirer la conclusion que certaines publications mettent en relief le savoir encyclopédique du lecteur, pendant que les autres accentuent l’importance du savoir linguistique : « à l’évidence, L’Equipe compte davantage sur les connaissances du lecteur en matière de basket que sur son savoir linguistique, alors que Le Courrier picard fait massivement appel à la compétence linguistique » [Maingueneau 1998, 34]. Il est affirmé que les titres qui compte sur la compétence encyclopédique du lecteur aident de cette manière à renforcer la connivence avec lui. Ces titres sont, généralement, composés d’une manière plus complexe que les titres ayant uniquement un rapport direct avec la compétence linguistique du lecteur. Cette complexité dont il s’agit inclue à son tour un emploi étandu des moyens stylistiques du langage. De point de vue stylistique nous voudrions distinguer les titres « s’inscrivant dans une phrase plus ou moins complexe » telle que, à titre d’exemple celle-ci : « La crise politique s’aggrave en Algérie », les titres bisegmentaux : « Incidents à Haïti », les titres bisegmentaux à virgule centrale : « Canada, les arbres au repos », les titres avec un deux-points médian : « Canada : les arbres au repos » [Bosredon, Tamba 1992, 38]. Il serait utile de noter que le titre étant la plus importante partie de la titraille doit communiquer le message principal : « présentée en plus gros caractères que dans le sur-titre et le sous-titre l’information doit répondre très directement aux questions Qui ? et Quoi ? » [idem, 41]. Les moyens stylistiques mentionnés aident notamment à véhiculer cette information. 17
  18. 18. Le but de notre mémoire est d’analyser les particularités linguistiques des titres de la presse française récents et d’autres plus anciens, en prenant en compte les fonctions de la presse, ses traits distinctifs, les tendances de renouvellement et le lectorat qu’ils visent à atteindre. 18
  19. 19. 3. La partie pratique L’analyse des titres dans la presse française 3.1. Les categories des titres Dans la partie théorique nous avons discuté de différents aspects de la presse écrite. Nous avons essayé de concrétiser en quoi elle consiste quant à son histoire, fonctions, terminologie, actualité et traits distincts. Dans la partie pratique notre travail, nous allons essayer de dévoiler comment les différents titres de la presse sont composés du point de vue linguistique, quel effet ils ont sur le lectorat et comment ils tentent de se renouveler. Nous allons essayer d’analyser des titres concrets à l’aide des exemples de la presse française. Les sources seront les journaux et les magazines tels que « Le Monde », « Ouest France », « Le Canard Enchaîné », « Libération », « Les Echos », « Science et Vie », « Science et Vie Junior », « Je lis des histoires vraies », « Le Point », « Le Nouvel Observateur », « Commerce International ». Comme nous avons mentionné auparavant, la presse écrite englobe des domaines très vastes de la vie humaine. Avec le temps la presse a créé de nouvelles branches pour s’adapter à la nouvelle génération, pour répondre aux besoins d’un nouveau lectorat et pour ne pas perdre l’ancien. Si nous prenons en compte l’évolution que le presse écrite a faite au fil des ans, nous pouvons conclure qu’il existe de nos jours un grand nombre de diffusions de la presse écrite qui se battent entre eux pour attirer l’attention du public. Le moyen le plus convenable pour capter l’œil du lecteur se présente notamment à travers le titrage d’une publication. Ici nous considérons qu’il serait approprié de mentionner brièvement quelques techniques journalistiques utilisées pour composer des titres suscitant l’intérêt du lecteur. « Il faut être clair, précis, compréhensible, chasser toutes les ambigüités possibles. Il faut aussi savoir intéresser le public à l’information délivrée, susciter son attention » [Charon 1995, 5]. Comme nous voyons les “règles” d’un titre réussi ne semblent pas être très compliquées. Mais cela ne veut pas encore dire que tous les titres se ressemblent par leur composition. Nous pouvons classer les titres en quelques catégories selon leurs caractéristiques : • Titres informatifs : ils répondent avant tout aux questions de référence qui, quoi, où, quand, pourquoi, comment, et représentent le degré stylistique le plus neutre. 19
  20. 20. • Titres incitatifs : par toutes sortes de procédés, ils cherchent avant tout à piquer la curiosité du lecteur, suggèrent, donnent envie d'en savoir plus. • Titres-métaphores : variété de titres incitatifs jouant sur des effets stylistiques et des images, qui sont déjà un commentaire de l'information. • Titres qui utilisent un détournement de sens : autre variété de titres incitatifs faisant référence à des expressions connues du lecteur (cliché, titre d'oeuvre, nom de personnalité...) pour établir avec lui une relation de connivence. R. Meškutė distingue trois types de titres: les titres qui disent tout, et les titres simples, les titres sensationnels (souvent ayant les deux points, : ) [Meškutė 1987, 55]. Nous pouvons commencer l‘analyse des titres en les classant dans les modèles présentés ci- dessus. Titres informatifs: Le titre « Le Portugal réclame une aide financière urgente » [« Le Monde », 08.04.2011] peut être traité d‘un titre informatif et en même temps d‘un titre qui dit tout. Il ne manque pas de clarté, nous ne pouvons pas nous tromper sur le message que le titre veut nous transmettre. Il nous suffit de jeter un coup d‘œil sur le titre pour savoir ce qui s‘est passé, et nous pouvons décider si ce thème nous intéresse ou pas. D‘une part de tels titres ont le côté pratique puisqu‘il est clair de quoi l‘article va parler, d‘autre part ils risquent de ne pas réussir à attirer l‘attention du lecteur. Titres incitatifs : Un autre titre du même journal, « Au Japon, une rentrée particulière » [« Le Monde », 08.04.2011], diffère en quelques points du titre antécédent. Il s’approche plus de ce qu’on appelle un titre incitatif. Ce que nous pouvons constater, tout d‘abord, c‘est que la longueur du titre est visiblement réduite. Il ne répond pas à toutes les questions d‘un titre informatif. Il vaut mieux dire que ce titre cherche à piquer la curiosité du lecteur en excluant des éléments essentiels d‘une phrase. En même temps c‘est un titre dit simple, notamment puisqu‘il 20
  21. 21. contient le moins d‘information possible. Pour savoir plus du sujet traité nous devons lire l‘article. Un exemple d‘un titre incitatif ayant des traits sensationnels serait « Abidjan: Gbagbo s‘accroche, l‘insécurité règne » [« Ouest France », 08.04.2011]. Ce titre est construit de façon à donner envie au lecteur de lire la suite. L‘emploi des mots sensationnels, „s‘accrocher“, „régner“, engage le lecteur à faire attention à ce sujet. Le mot « l‘insécurité » introduit un facteur du danger, et crée de telle façon l‘image de quelque chose de curieux. A l‘aide des mots sensationnels le lecteur est interpellé, il veut lire l‘article. Titres-métaphores: Dans les journaux et dans des différents magazines nous pouvons souvent trouver des titres métaphores. Ils sont composés d‘une façon plutôt imagée jouant sur des effets stylistiques. Le jeu de mots est une des méthodes pour créer un tel titre. Dans le titre « Le fameux dodo n‘était pas si dodu » [« Science et Vie », 23.03.2011] les deux mots « dodo » et « dodu » sont presque homophones, la prononciation des deux mots se ressemble et nous pouvons facilement nous tromper et les prononcer de la même façon. Dodu veut dire quelqu‘un qui est bien en chair, rond et dodo est un nom d‘un oiseau qui est disparu comme espèce. Nous voyons que cet aspect de jeu de mots attribue au titre de l‘humour. Titres sensationnels : Un titre sensationnel pourrait être tel que celui-ci: « En 2012, des villes interdites aux véhicules polluants » [« Ouest France », 08.04.2011]. Nous n‘y trouvons pas de mots sensationnels. Par contre, nous pourrions estimer que le message porté par le titre est une nouvelle sociale. Le titre dit ce qu‘il y aura de nouveau en 2012, et en même temps il montre que le problème est sérieux. Nous pourrions aussi placer le titre entre les titres informatifs et les titres incitatifs. Répondant aux questions quoi, quand, comment le titre semble être informatif. Cependant, nous ne pourrions pas dire qu‘il est présenté d‘une façon tout à fait neutre. L‘expression « villes interdites aux véhicules polluants » présente un problème, ce qui fait le titre captivant. Titres qui utilisent un détournement de sens: « Pour une fois que mon armée gagne, j‘peux même pas me donner le Gbagbo rôle! » [« Le Canard Enchaîné », 13.04.2011]. Ce titre est tiré du hebdomadaire satirique « Le canard 21
  22. 22. enchaîné ». Nous voyons un titre bien dissemblable des titres analysés précédemment. Comme le but de cet hebdomadaire est de satiriser les événements discutés dans d‘autres publications de la presse, ses titres portent un ton ironique. Dans ce cas nous voyons l‘emploi d‘un jeu de mots qui fait référence à une expression largement connu par le public français. Il s‘agit d‘expression « se donner le beau rôle » qui est devenu ici « me donner le Gbagbo rôle ». Si nous revenons à notre exemple « Abidjan: Gbagbo s‘accroche, l‘insécurité règne » traité auparavant, nous voyons qu‘il s‘agit du même personnage dans ces deux titres. Dans le titre du hebdomadaire le nom d‘une personnalité connue est employé pour faire allusion à une expression courante. Cette observation nous permet de conclure que c‘est un titre avec un détournement de sens. Le titre « Au Japon, la réalité dépasse la fission » [« Le Canard Enchaîné », 16.03.2011] est tiré du même hebdomadaire. C‘est encore un cas où une expression connue est modifiée pour créer un détournement de sens. Ici, l‘expression correspondante à « la réalité dépasse la fission » serait « la réalité dépasse la fiction ». Nous employons la dernière expression pour caractériser quelque chose véritablement inimaginable. Dans le titre le mot « fiction » a été remplacé par le mot « fission », un terme signifiant le phénomène quand le noyau d‘un atome est divisé en plusieurs nucléides. Par ce jeu de mots il est sous-entendu qu‘il s‘agit de la catastrophe nucléaire qui a eu lieu au Japon. Nous voyons à travers le jeu de mots une allusion à un sujet très médiatisé, notamment la catastrophe au Japon. Nous avons déjà analysé un titre lié aux événements au Japon, « Au Japon, une rentrée particulière » [« Le Monde », 08.04.2011]. Les deux titres sont évidemment différents par leurs traits. L‘un est un titre incitatif appliquant des procédés plus compliqués et subtiles pour inciter à la lecture, tandis que l‘autre est également incitatif, mais se présente moins complexe. Il convient aussi de noter que les styles de ces deux titres sont différents, ainsi que les journaux d‘où ils ont été tirés. Comme les journaux « Le Monde » et « Le Canard Enchaîné » ne sont identiques ni par leur contenu, ni par les buts qu‘ils ont, il ressort que leurs titres sont construits de manière à respecter le style de chaque journal. Nous avons analysé différents titres selon leurs caractéristiques et essayé de les placer dans certaines catégories. Comme nous avons remarqué, un titre peut ne pas toujours appartenir à une seule catégorie. Il peut avoir des traits de deux catégories différentes, mais proches l‘une de l‘autre. Nous avons aussi remarqué qu‘en plaçant les titres dans les catégories, nous pouvons distinguer les styles de ces titres. Cela nous permet de voir quels titres sont typiques 22
  23. 23. pour chaque publication. A ce point de la réflexion nous pourrions estimer que les titres des articles peuvent aider à identifier les caractéristiques d’une publication, ce qui lui est propre. Ci-dessous nous présentons un tableau avec des exemples des divers titres que nous venons d’analyser : Catégories Titres Titres informatifs « Une élève tuée dans un attentat à la bombe dans le Sud d’Italie », « Le gouvernement québécois réclame des amendes contre les étudiants grévistes », « L’ancien leader d’Action directe placé en liberté conditionnelle », « Une bombe devant un lycée italien tue une élève », « Le G8 fait front uni en faveur de la croissance économique », « Kiev refuse que Timochenko quitte l’Ukraine pour etre soignée », « L’ex-agent libyen Megrahi, condamné pour l’attentat de Lockerbie, est mort ». Titres incitatifs « Pour Xavier Bertrand, « la chasse aux sorcières » commence à la tête de police », « La nouvelle folie Honkong », « Vieillir chez soi sous l’æil du high- tech », Régime sec pour les dépenses de santé », « Casting de reve, émission hors normes », « Carla. Cinq ans de style », « SMIC et croissance : une liaison dangereuse », « Réforme : la manière Sarkozy », « L’ombre de la Grande Dépression ». Titres-métaphores « Les orphelins de l’environnement », « De lourds nuages sur l’économie », « Quand Twitter s’invite dans la valse ministèrielle... », « Le cinéma ne crève plus l’écran », « Les fauteuils se mettent en scène », « Le combat des ordures », « Couverture de rigueur », « Berlin et la fiancée de la zone », « Ça sent les vacances », « Le rire de résistance », « Elizabeth ΙΙ accepte de dépoussiérer les règles de succesion au trône ». Titres qui utilisent un détournement de sens « Sarkozy : que le meilleur perde ! », « Brassens, le voyou poète », « Vendre ou ne pas vendre », « Photo chopée », « Antonin le beau », « Le beau et la bête », « Faciè à faciè », « Un festival très gay », « Compassionnellement correct », « Et si Nadine Morano était une vraie homme », « Manger chic », « Le féminisme est l’avenir de l’homme », « Plus belle la crise ». 23
  24. 24. 3.2. Les qualités des titres Selon l‘auteur des ouvrages journalistiques, Yves Agnès, nous pouvons distinguer six qualités principales d‘un bon titre [Agnès 2008, 67]: • Clair et immédiatement compréhensible. Utiliser un vocabulaire simple et concret, rejeter les mots difficiles, les sigles non usuels. • Court, nerveux, direct. Il faut chasser les compléments, les redondances, aller à l‘essentiel, utiliser des mots forts, des mots repères (des mots-clefs) qui vont permettre de raccourcir jusqu‘à la forme la plus concise possible. Les adjectifs et les proverbes sont souvent à proscrire. Il faut préférer la forme active à la forme passive, l‘affirmation à la négation. • Sans questionnement. Les titres à forme interrogative sont à éviter. Un titre interrogatif est souvent dissuasif pour le lecteur. • Précis. Concis, mais aussi précis. Un titre ambigu ou vague n‘incite pas à la lecture, au contraire le lecteur a besoin de savoir de quoi exactement on va lui parler. Aller droit au but (c‘est-à-dire au message essentiel) est le moyen le plus sur de faire un vrai titre. • Sur mesure. Idéalement, le titre d‘un article ne doit s‘appliquer qu‘à cet article-là. Un bon article demande de la rigueur, des efforts d‘imagination et de créativité. Un bon titre, surtout s‘il est incitatif, doit être original. • Adapté au genre. Un bon titre donne le ton d‘un article, il doit donc être adapté au style de celui-ci, au genre journalistique. Un titre informatif convient pour les articles tels que filets, synthèse, etc. Une citation est appropriée à une interview, un jeu de mot - à un billet d‘humour. Dans cette partie de notre travail nous allons essayer d‘analyser différents titres pour voir s‘ils répondent aux exigences d‘un bon titre, c‘est-à-dire s‘ils ont les caractéristiques nécessaires pour attirer l‘attention de son lectorat. Dans la une du hebdomadaire « Le Canard Enchaîné » nous trouvons le titre « Merkel: « Sarko est le plus grand mentor du monde » [« Le Canard Enchaîné », 22.09.2010]. La titraille de l‘article est composée de deux parties, un titre et un sous-titre. 24
  25. 25. Dans le sous-titre nous pouvons lire: « Mensonges à Bruxelles, promesses de miracles à la tête du G20 ». En jugeant du sous-titre il s‘agit d‘un mensonge quelconque. Si nous analysons le titre nous voyons un emploi du jeu de mots. Nous connaissons l‘expression « le plus grand menteur du monde », mais ici le mot « menteur » est remplacé par « mentor ». Le titre n‘est pas trop long, il est composé d‘une phrase simple. Cette qualité répond à l‘exigence d‘éviter les compléments et les redondances. C‘est en même temps un titre assez court et bien compréhensible. Aucun de ses mots ne peut causer de difficultés de compréhension. Nous voyons aussi l‘emploi du discours direct dans le titre. Cet emploi permet au titre d‘être concis. Si le titre était « Merkel dit que Sarko est le plus grand mentor du monde », c‘est-à-dire si le discours indirect avait été employé, il y aurait eu des mots supplémentaires faisant le titre moins concis. Mais par l’emploi des deux points cela a été évité. En ce qui concerne la singularité de la publication, nous pouvons remarquer que le mieux est fait pour maintenir le style adapté de cet hebdomadaire. Par le jeu de mots et par la construction il est visible que ce titre appartient à la catégorie des titres moins sérieux, ceux qui se trouvent dans les publications du genre « Le Canard Enchaîné ». Nous pouvons constater que le titre est réussi puisqu‘il correspond à un nombre d‘exigences et, parallèlement, il est en parfaite harmonie avec le style typique du hebdomadaire. Un titre assez différent du titre analysé précédemment se trouve dans le journal « Le Monde »: « Un enfant né à l‘étranger d‘une mère porteuse ne peut être inscrit à l‘état civil » [« Le Monde », 08.04.2011]. En termes de clarté il n‘y aurait pas grand chose à reprocher comme le message du titre est assez compréhensible. Le lexique nous guide à comprendre que l‘article va parler d‘un problème social. Par contre, le volume du titre est plutôt grand, un trait qui pourrait repousser le lecteur de lire la suite. Nous pourrions faire l‘hypothèse qu‘un tel titre pourrait soit repousser le lecteur, soit capter son intérêt de manière significative. La deuxième variante serait plutôt possible si le lecteur s‘intéressait au sujet révélé d‘avance, si, par exemple lui même avait fait face à ce problème auparavant. Le manque de mots captivants, séduisants dans ce titre nous permet de soulever cette hypothèse. En revanche, nous ne pourrions pas en vouloir au titre d‘être ambigu ou vague. Il est précis, mais il est croyable qu’une construction plus brève aurait rendu ce titre plus attirant. Nous estimons que le titre cité est de caractère moins incitatif que le titre précédent. Dans le magazine « Science et Vie » nous avons trouvé plusieurs titres à la forme interrogative, par exemple: « Comment sait-on qu‘il existe 50 000 séropositifs non déclarés? » 25
  26. 26. ou « Qu‘est-ce qui fait qu‘un fruit trop mûr pourrit les autres? » [« Science et Vie », 23.03.2011]. Un lecteur ordinaire ne trouverait probablement pas dans ces deux titres quelque chose qui capte l‘œil. Comme nous voyons dans ces titres un lexique neutre est employé, il n’y a pas de métaphores, ou d‘autres moyens intensifiant le message. Nous pourrions supposer que les titres sensationnels sont évités dans ce magazine pour différentes raisons. Etant un magazine spécifique, spécialisé en science, il est présumable que ce magazine a un lectorat loyal qui apprécie son style. Pour les journaux la situation est légèrement différente. Il existe entre les journaux un facteur de concurrence puisqu‘ils doivent présenter les mêmes nouvelles, mais d‘une façon innovatrice. Donc, ce magazine peut se permettre des titres peu incitatifs, mais respecter les exigences de clarté, de simplicité et d’adaptation au genre. Sur la une, la première page du journal, de « Le Canard Enchaîné » le titre « Sarko: « Je m‘étais pourtant donné beaucoup de Pen » [« Le Canard Enchaîné », 25.07.2010] occupe la place du gros titre. Le gros titre a pour but d’attirer attention au sujet considéré comme le plus important du journal. Nous voyons toute de suite qu‘il s‘agit d‘un jeu de mots. L‘expression « se donner beaucoup de peine » a été modifiée de façon à remplacer le mot « peine » par « Pen ». Le nom « Pen » indique ici le leader du Front National, Jean-Marie le Pen. Comme le Pen est connu d’un grand public, il est crédible que ce jeu de mots va attirer l‘attention des lecteurs. Nous voyons que le titre est riche en termes d‘originalité, ce qui est une des qualités essentielles d’un bon titre. Un titre ambigu se trouve dans « Ouest France » : « Affaire Jonathan: la piste d‘un agresseur en série » [« Ouest France », 08.04.2011]. Le titre provoque une sensation du danger et du mystère, il ne dit pas tout. En comparant avec le titre précédent ce titre-ci est plus obscur. Cela ne veut pas dire qu’il contient des mots inconnus ou des sigles non usuels. C’est plutôt son contenu qui provoque la curiosité. La composition originale du titre et l‘emploi du lexique percutant incite à la lecture. Les mots « affaire » et « agresseur » ne définissent pas exactement ce dont il s‘agit, ils nous laissent deviner. Ce qu‘ils désignent c‘est une image du crime. Le résultat en est que notre intérêt est éveillé et nous nous mettrons à lire la suite pour en savoir plus. Nous considérerions que ce titre est l‘un des plus efficaces pour attirer l‘attention du lecteur. 26
  27. 27. 3.3. Les fonctions des titres à travers la presse pour les jeunes Dans la partie théorique, nous avons discuté de l‘importance de la presse jeune à notre époque. Le lectorat jeune est un des facteurs qui fait que la presse écrite se renouvelle et s‘adapte aux nouvelles exigences. Il est connu que la presse écrite a subi une chute de popularité pendant les dernières décennies. Pour inciter les jeunes à lire plus, la presse écrite pour les jeunes a évolué. Nous allons essayer de faire l‘analyse de différents titres dans la presse des jeunes pour voir comment ces titres peuvent les influencer. Tout d‘abord, nous voudrions mentionner quelques particularités de la presse pour les jeunes. Comme nous l‘avons dit précédemment dans la partie théorique, cette sorte de presse soulève les problèmes spécifiques aux jeunes et fait des réflexions sur la société qui les entoure. Les titres dans les publications sont souvent originaux, déconcertants et amusants. Nous pouvons ajouter quelques caractéristiques de la presse jeune indiquées par Henri Varral [Varral 1993, N 44]: • Cette presse n‘est pas uniquement destinée à la vente et au profit, elle est une presse spécialisée dont la cible est précise: les jeunes. • Son but est d‘inciter à la lecture. Pour les enfants le but est de s‘habituer à lire ou à s‘informer à travers un journal au même titre qu‘un livre. Cette presse est en liaison avec l‘actualité, elle ouvre l‘enfant sur le monde et peut contribuer à en faire des citoyens conscients. Le but est de donner de l‘information sur le monde et des clés pour mieux le comprendre. • La presse pour les jeunes est aussi une source de détente, de plaisir et elle sollicite l‘imagination d‘un jeune. Elle contribue à la formation d‘une identification sociale, surtout pour les plus jeunes. Le style direct ou le tutoiement rendent plus familières la lecture et la revue. Ces caractéristiques nous permettent de croire que les titres de cette presse auront les buts respectifs et refléteront les mêmes idées, c‘est-à-dire ils soulèveront des problèmes spécifiques aux jeunes, ils seront composés d‘une manière incitative, ils reflèteront l‘actualité et le style sera plus adapté à un lectorat jeune. 27
  28. 28. Prenons comme exemple les titres « La folle histoire de l‘ordinateur » et « Formidable Wolfman! » [« Science et Vie Junior », 16.03.2010]. Nous voyons des titres qui non seulement livrent l‘information, mais donnent aussi un jugement sur l‘information. Dans le premier titre l‘adjectif « folle » est utilisé pour intensifier l‘idée exprimée. Il est à remarquer que cet adjectif est plus répandu parmi les jeunes que parmi les adultes. Dans le deuxième titre l‘intensification est exprimée par deux moyens: l‘emploi de l‘adjectif « formidable » et le point d‘exclamation. L‘intensification dans les deux titres ajoutent de l‘illustration aux sujets qui vont être traités. Ce n‘est pas que le sujet qui va être traité qui est présenté, mais également un jugement subjectif. Si nous comparons avec les titres courts de « Science et Vie », « Orages: ils créent de l‘antimatière! » et « La vie serait quantique! » [« Science et Vie », 23.03.2011] nous voyons que le style des deux magazines n‘est pas le même. Les titres du magazine pour les juniors sont orientés vers le public jeune. Ils consistent en mots avec une portée subjective qui donnent un sentiment de détente, ils incitent à lire, mais ils n‘obligent pas. En même temps les adjectifs servent à susciter l‘intérêt d‘un jeune. Comme le but général du magazine est informatif et éducatif, les titres doivent aussi refléter ces idées. Cela est fait dans les deux titres, mais d‘une manière appropriée pour convaincre le jeune de lire la suite. Les titres sont à la fois déconcertants et informatifs. Dans le magazine « Je lis des histoires vraies » destiné aux enfants de l‘âge de huit à douze ans nous trouvons le titre « Les derniers jours de César » [« Je lis des histoires vraies », 08.12.2009]. Le titre se trouve sur la une du magazine en gros caractères. Nous voyons le lien entre le titre du magazine et le titre de l‘article: ils ont pour thématique l‘histoire. Le titre occupe la place principale de la une : il est peint en couleur bleu, éclatant. Ici nous voyons un essai de rapprocher l‘apprentissage de l‘amusement. Le titre est dynamique grâce à son lexique, les mots « derniers jours » donne au titre quelque chose d’excitan, ils dramatisent l’histoire. Cela est favorable ayant en considération que le lectorat est très jeune et pour cette raison plus réceptif aux titres simples, mais en même temps captivants. Le titre transmet un événement historique d‘une façon plus vive que, par exemple, les livres d‘histoire. Cela permet à l‘enfant de développer un intérêt pour le monde qui l‘entoure et d’approfondir ses connaissances. Comme nous l‘avons vu dans les exemples ci-dessus, ces titres sont en quelques points différents des titres de la presse des adultes. Les moyens de créer des titres dans la presse jeune ne sont pas les mêmes non plus. Nous pourrions considérer que la presse jeune exige 28
  29. 29. une mise en valeur des titres plus travaillée. Des titres simples, qui transmettent l‘information principale ne sont pas toujours suffisamment efficaces. Ces titres doivent avoir d‘attributs supplémentaires comme des points d‘exclamation, des adjectifs ou un lexique frappant. Des termes mélioratifs sont aussi à inclure dans les titres de la presse pour les jeunes. Nous sommes conduits à conclure que les titres dans la presse jeune, à travers ses traits linguistiques, se révèlent minimalement informatifs ; d’autre part, ils sont choisis en fonction de leur impact sur le lecteur jeune. Voici un tableau montrant les spécifications des titres de la presse jeune : Presse pour les jeunes Titres Titres éducatifs « C’est quoi, le cumul des mandates ?», « Comment mieux sauver ta planète ? », Le débat du mois – filles et garçons : égaux ? », « Expo : sais tu qui est Matisse ? », « Comment la Chine est devenue une Superpuissance », « D’où vient la tradition du carnaval ? », « Toute la vérité sur les Gaulois ! », « Science et art : pourquoi le jaune de Van Gogh ? », « Présidentielle 2012 : ça veut dire quoi militer...». Titres incitant à la lecture par leur lexique « Equilibre tes repas en t’amusant ! », « Le jargon ciné pour les nuls », « Je lance donc je suis », « Quand la bête habille la belle », « Woodstock, le festival du siècle », « Le train du futur se passera de gare ! », « Vos pourquoi, nos réponses ! », « L’univers est-il fini ou infini ? », « Clin d’oreille », « Les jouets vidéo crevent l’écran », « Les vieilles gloires des jeux vidéo ». Titres concernant l’actualité politique et sociale « Connais-tu le tableau le plus cher du monde ? », « Il y a 67 ans...la guerre finissait en Europe », « Hommages aux victimes de Montauban et de Toulouse »,« Connais-tu les propositions des deux candidats ? », « La France condamne l’église de scientologie », « Le chef du gouvernement italien a démissionné », Pourquoi parle-t-on d’un printemps arabe ? », « Un nouveau Président pour le Sénégal ». 29
  30. 30. Titres concernant des problèmes spécifiques aux jeunes « Tintin débarque sur les écrans », « Une semaine chez papa, une semaine chez maman ! », « Le top 10 des trucs qui énervent les profs », « Facebook dirige-t-il nos vies ? », « Service civique, mode d’emploi », « Comment gagner un peu d’argent à 15 ans », « Lilian Thuram te parle du racisme », « Randonner avec son smartphone ». 3.4. Les particularités syntaxiques Dans notre analyse des titres il se révèle incontestable que la plupart des titres sont composés des syntagmes courts. L’emploi des syntagmes sans structures grammaticales complètes « s’explique par le besoin de se concentrer sur l’essentiel » [http://wjfms.ncl.ac.uk/engelWJ.htm]. Les moyens qui aident à rendre un titre court sont en guise d’exemple l’emploi des syntagmes nominales, l’omission de l’article, la composition des titres bisegmentaux, l’omission de la copule. Ces moyens linguistiques distinguent les titres dont l’information est dense des titres qui s’inscrivent dans une phrase plus ou moins complexe. Dans le titre « La gauche prête à renoncer au droit de veto de la France » [« Le Monde », 27.11.2011] on a recours à l’omission de la copule. Au lieu d’écrire « la gauche est prête.. » le verbe a été omis afin de donner au titre de la sonorité et pour la raison d’économiser l’espace. L’exemple « Veille d’élections sous tension à Kinshasa » [« Le Monde », 27.11.2011] montre une omission de l’article, qui précéderait le subject grammatical du syntagme, et l’omission de la copule. Nous remarquons qu’une telle structure syntaxique abrégée ne rend pas le message du titre moins compréhensible. L’omission de la copule et celle de l’article a pour effet de rendre le titre peu semblable à une phrase. L’information est densifiée, ce qui à son tour permet une lecture plus rapide et contribue à l’efficacité du message. Le titre « Nucléaire, l’Iran à nouveau sur le gril » [« Libération », 07.11.2011] est un exemple d’un énoncé bisegmental à virgule centrale. Nous voyons que les désignants de l’événement sont placés dans un ordre qui n’est pas accidentel. Le mot « nucléaire » qui est isolé par la virgule est définie par le nom propre « Iran ». Le lecteur peut ainsi facilement identifier, comme c’est un évènement largement mediatisé, de quoi il s’agit sans que le titre dans l’ensemble soit très explicite. Cela peut s’expliquer par le seul fait que de nos jours ce sont des termes associatifs. 30
  31. 31. Que le titre omet la copule ne nuit pas à la compréhension du sens puisque les noms portent une capacité descriptive qui justifie cette omission. Les titres bisegmentaux avec un deux-points médian font aussi partie des astuces journalistiques. Le titre « Ecole : dans le privé, c’est l’angoisse » [« Libération », 07.11.2011] est un exemple approprié de la synthétisation de l’information. Dans le même journal nous trouvons un titre qui est construit sur le même principe « Présidentielle : Chevènement ne veut pas raccrocher ». Dans les deux cas le nom qui est placé avant le deux-points sert à situer l’évènement dans un lieu. Il a une portée forte déterminante qui définie la thématique, ce dont l’article va parler est concentré dans le nom en tête. Il s’avère que le deux-points fonctionne comme un séparateur qui permet de définir le sujet traité d’une façon globale. Les noms « école » et « présidentielle » servent à placer le problème dans un contexte. Nous voyons que le syntagme « Chevènement ne veut pas raccrocher » ne pourrait pas fonctionner seul. Il se placerait en dehors de contexte de façon à transgresser les exigences d’informativité. Nous pouvons constater que les syntagmes après le deux-points médian dans ces deux titres sont dépendants du nom qui est placé en tête. Un autre titre bisegmental « Plan de rigueur : Sarkozy accélère la reforme des retraites » [« Le Monde », 08.11.2011] montre le contraire. Le syntagme « plan de rigueur » ne figure pas ici comme un élément indispensable à la compréhension du titre. Nous considérerions cet élément comme une évaluation subjective de la part du journaliste, qui a été inclue afin de rendre le titre plus frappant. Il est à noter que la forme abrégée de ce titre, qui ce trouve à la une, développe son contenu à l’intérieur du journal : « Rigueur : un plan pour tenter de sauver le triple A ». Nous trouvons un titre qui tente à expliquer celui de la une, ce qui permet de justifier l’emploi de l’élément ambigu « plan de rigueur » dans la construction du titre à la une du journal. Un autre moyen syntaxique utilisé dans les titres est l’omission de l’article qui « contribue à l’effet de brièveté dans les titres et constitue une caractéristique prototypique des titres de journal » [http://wjfms.ncl.ac.uk/engelWJ.htm]. Dans le titre « Négociations difficiles autour du démantelement de Dexia » [« Les Echos », 10.10.2011] le mot en tête figure sans article. Il est à supposer que l’article a été omis afin de faciliter le processus de la lecture. Le titre « Champignon sacré : un revival scientifique » [« Le Monde », 29.10.2011] nous permet de remarquer que les titres bisegmentaux ont une tendance à ne pas inclure d’articles dans leurs premiers segments. Ci-dessous nous voyons les particularités syntaxiques des titres à travers des exemples tirés de divers journaux : 31
  32. 32. Particularités syntaxiques Titres Omission de l’article « Tremblement de terre en Bulgarie », « Médailles en chocolat dans la police », « Première remise de décoration pour Aurélie Filippetti à Cannes », « Souvenirs du salon d’amour », « Retour sur le pacte budgétaire », « Urgence pour le logement », « Grosse affluence dans les bureaux de vote toulousains », « Marche blanche à Mayotte », « Premiers flottements dans la campagne de M. Hollande », « Lutte contre la pauvreté et recherche du profit ». Titres bisegmentaux « Saint-Etienne : grève des transports », « Législatives : Juppé fustige Delaunay », « Anne Hidalgo, invitée du Talk 2012 », Ministres chanteurs, une tradition », « Montpellier : nuit de liesse et pari tenu », « Robin Gibb, une voix pour danser », « Melenchon et Tsipras, la photo de famille de la gauche radicale », « OTAN : pas de mission de combat en Afghanistan après 2014 », « Place de la Comédie, l’équipe de Montpellier sacrée championne de France », « Grèce : le temps du sang-froid et du courage », « Cuba, l’insécurité alimentaire », « Cannes, ouverture du Festival du film ». Omission de la copule « Barack Obama rassuré par François Hollande », « Facebook en chute pour son deuxième jour en Bourse », « Deux hommes interrogés dans l’enquête sur l’attentat de Brindisi », « Des Afghans peu inquiets de retrait de l’OTAN », « Chirac et Mandela candidats aux législatives à Mayotte », « La police désenchantée », « La moto connnectée », « L’éducation sous tension », « De plus en plus de jeunes touchés par la précarité », « Kombouaré sur la touche», « Les femmes réoperées ? » 32
  33. 33. 3.5. La compétence communicative dans différents genres journalistiques Dans la partie théorique de notre travail nous avons souligné que certains journaux semblaient compter soit sur la compétence linguistique, soit sur la compétence encyclopédique en s‘adressant à leur lecteur de référence. Dans cette étape nous tenterons de saisir ce même phénomène dans les titres de différents genres journalistiques en relevant les moyens linguistiques qui y dominent. Dans le magazine hebdomadaire « Le Point » nous trouvons un article intitulé « Steve Jobs 1955-2011 » [13.10.2011]. Nous voyons un titre clair en l‘absence d’évaluations ou d’informations supplémentaires. Le genre journalistique dont il s‘agit ici est le portrait. La composition du titre indique que le journaliste crée de façon implicite un lien de bienveillance entre lui et le lecteur. Il implique que le lecteur auquel le journaliste s‘adresse est censé avoir une connaissance en matière de l’informatique. Dans l‘hebdomadaire « Le Nouvel Observateur » nous trouvons le portrait du même personnage intitulé « La mystique Jobs » [13.10.2011]. Le titre démontre que le journaliste s‘appuie dans ce cas, comme dans le cas précédent, sur le savoir encyplopédique du lecteur. Ce titre est composé à l‘aide du moyen rhétorique l‘ellipse. Le mot « la mystique » est défini par le seul élément « Jobs », ce qui forme un énoncé quelque peu atypique. Une telle composition du titre nous permet de suggérer que le journaliste tente à partager avec son destinataire visé une évaluation sur le phénomène. Le lecteur à qui s‘adresse le journaliste est supposé être intéressé par l‘homme dont il s‘agit, il est censé pouvoir identifier le référent du nom propre. L‘emploi de ce moyen rhétorique approche le titre du registre familier du langage. Le lecteur a de telle façon l’impression d‘appartenir à un monde connu par lui et le journaliste. Un deuxième portrait que nous trouvons dans le même journal a pour titre « Paul Biya, l‘insubmersible » [13.10.2011]. Nous pouvons constater une hyperbolisation du nom propre. Le sens de l’adjectif employé pour caractériser le personnage est „qui ne peut couler“, donc un terme couramment utilisé en parlant du navire. Ici il a été appliqué pour désigner une personne. Le titre a une portée subjective, ce qui souligne la tentative de créer un contact personnel avec le lecteur. L‘emploi de la figure rhétorique démontre que le titre a recours à la compétence encyclopédique du lecteur. Comme nous l‘avons relevé dans notre partie théorique, l‘éditorial est un genre journalistique qui permet une écriture plutôt subjective. Il serait donc possible de supposer que les titres des éditoriaux, en mettant en circulation des figures du style divers, compteraient davantage sur la 33
  34. 34. compétence ecyclopédique des lecteurs. Dans l‘éditorial du magazine « Commerce International » nous trouvons le titre « What if? » [novembre 2011]. Il s‘agit d‘une expression anglaise largement répandu parmi les jeunes. Nous voyons un titre qui s‘adresse à un public homogène. Le titre de l‘éditorial, « Des habits neufs pour l‘islamisme » [3.11.2011], du magazine « Le Nouvel Observateur » constitue un usage de la métaphore. Par l‘emploi de cette figure rhétorique le journaliste suggère que le lecteur a des connaissances d‘avance sur le sujet qu‘il traitera. Il est impliqué que le lecteur est au courant de ce qui ce passe dans le monde arabe pour pouvoir déchiffrer le message dans le titre. Dans « Le Monde » nous rencontrons des titres des reportages tels que « Un gouvernement d‘union pour diriger la Grèce », « Le général de réserve Otto Perez accède à la présidence de Guatemala », « Les quartiers pauvres de Bangkok, grands sacrifiés des inondations », « Gazprom s‘affirme en acteur global de l‘énergie » etc. Les titres des ces reportages ont cela en commun qu‘ils sont composés de manière à inclure tous les éléments indissociables d‘un énoncé cohérant. L‘information qui est véhiculé dans ces titres reste neutre en même temps qu‘elle ne possède pas de syntagmes avec des doubles sens. De cette façon, ils démontrent le choix du journaliste d‘apprécier les connaissances linguistiques des lecteurs en réduisant au maximum leurs compétences encyclopédiques. Dans le premier titre mentionné nous avons recours à la nominalisation infinitive, le deuxième titre s‘inscrit dans une phrase complexe pendant que le titre suivant délivre l‘information dans un énoncé bisegmental à virgule centrale. Nous tenons à associer les deux premières structures notés des titres aux titres informatifs. Après avoir analysé les titres des différents genres journalistiques nous sommes menés à en tirer la conclusion que l‘éditorial et le portrait ont la tendance de contenir des figures rhétoriques et compter sur le savoir encyplopédique du lecteur. Par contre, il s‘avère que les titres des reportages ne véhiculent pas d’informations supposés connues du lecteur, ils s‘adressent à un public plus hétérogène en même temps qu‘ils communiquent les idées au dégré le plus neutre. 34
  35. 35. 3.6. La nominalisation dans les titres En créant des titres, l‘emploi de la nominalisation peut être efficace pour quelques raisons. Tout d‘abord, la nominalisation permet de transmettre l‘information d‘une façon plus dense, dire le principal en occupant le moins de place possible. Le titre devient plus précis grâce à la nominalisation et de cette façon plus lisible et plus compréhensible pour le lecteur. Nous pourrions donner comme exemple deux titres dans le même journal, où l’un d‘eux a été nominalisé: « Le conseil de la révolution nationalise les banques portugaises » [« Le Monde », 15.03.1975] est devenu, après la nominalisation « Portugal: Nationalisation des banques ». Nous voyons que dans le titre nominalisé les marques de temps, les circonstants, les compléments et même l‘agent ont été éliminés. Dans le journal « Le Monde » nous voyons le titre « Au Japon, une rentrée particulière » [« Le Monde », 08.04.2011] sur la une. C‘est un titre nominal avec une fonction abréviative: il résume, mais incite aussi à lire à cause du mot « particulière ». La nominalisation du verbe « rentrer » rend le titre concis et presque sensationnel. Un autre exemple d’un titre avec des mots nominalisés serait: « La stabilité de l‘ADN » [« Science et Vie », 16.03.2010]. Dans le titre un adjectif qualificatif, « stable », est devenu un nom, « la stabilité ». L‘emploi du nom au lieu de l‘adjectif donne au titre une belle sonorité et de cette façon sa valeur monte. Le titre « Le mur d’argent » [« Le Nouvel Observateur », 13.10.2011] sert d’exemple d’une nominalisation simple d’une phrase verbale présumée « le mur est composé d’argent ». Un autre titre tire de la même revue « La double mort de Dexia » [13.10.2011] est également une nominalisation simple faite afin d’éviter une construction verbale qui serait pesante et qui empêcherait une lecture rapide. Grâce à ces exemples nous avons vu que la nominalisation a la fonction de rendre le titre plus court. Les titres nominalisés peuvent transmettre un message d‘une façon plus inventive: le lecteur est obligé de décoder le titre avant de lire l‘article. Un titre nominalisé est souvent un titre qui ne dit pas tout, il ne relève pas tout sur le sujet qui va être discuté dans l‘article. A notre avis, cette sorte de titre est efficace pour attirer l‘attention du lecteur et lui donner envie de lire plus. 35
  36. 36. 4. Conclusions Après avoir analysé les différents aspects dans les titres de la presse française nous pouvons faire quelques conclusions. L’importance du titre dans la presse écrite est considérable. Il sert à montrer une image du journal ou du magazine et à attirer l’attention du lecteur pour qu’il ait envie de lire ce qui suit. Comme il y un grand choix de presse écrite sur le marché, les différentes publications se distinguent par leur style et l’image qu’ils visent à montrer à son public. Le titre représente un style qui est propre à une publication concrète. C’est pour cette raison que nous pouvons, par exemple, trouver de la ressemblance entre les titres dans un magazine pour les jeunes adolescents. Pour le deuxième but principal du titre, qui consiste à attirer l’attention du lecteur, il peut être réalisé grâce à différents moyens tels que les astuces de composition ; notamment la composition des titres informatifs, incitatifs, métaphores, ayant un détournement de sens ; les qualités indispensables dont chaque titre doit disposer ainsi que les moyens syntaxiques. Les catégories des titres sont fortement liées aux buts des titres. La façon selon laquelle un titre est composé reflète ce qu’il a pour but. Nous avons relevé différentes catégories dans lesquelles nous pouvons placer chaque titre. La catégorie répond à la question : quel type de titre c’est. En plaçant les titres de différentes publications dans des catégories nous avons remarqué qu’il existait des tendances de style de ces titres. Une catégorie de titres n’existera pas dans une certaine publication, même si elle est beaucoup employée dans une autre. En analysant les qualités principales d’un bon titre et en analysant les titres tirés de différentes sources de presse nous avons vu qu’il était plus crédible qu’un titre court, impliquant le jeu de mots réussisse à engager à la lecture qu’un titre long, de caractère purement informatif. Nous avons aussi remarqué que les titres contenant des éléments incitatifs étaient rares dans la presse spécialisée en science. La raison de cela peut être que cette sorte de presse cherche moins à attirer l’attention d’un lecteur. Il y a plus de chance que les lecteurs de telles revues soient des lecteurs fidèles, donc il est plus facile de les inciter à la lecture. Une des qualités quasi obligatoire d’un titre est sa brièveté et sa clarté. Pourtant, nous avons constaté que l’ambigüité pouvait parfois être un point fort du titre. Dans certains cas ce trait peut contribuer à rendre le titre plus efficace. Quand l’ambigüité est mélangée avec des mots intensifs, cela peut permettre de créer un titre qui suscitera l’attention du lecteur. 36
  37. 37. Dans la presse des jeunes nous avons vu que les titres étaient crées d’une façon inventive, ils demandent plus de créativité et ils ne se contentent pas d’être uniquement informatifs. Le public jeune est un groupe qui est, souvent, plus exigeant. Les titres dans la presse jeune doivent refléter un dynamisme qui est inhérent aux adolescents. Dans notre travail nous avons analysé la valeur de la nominalisation dans les titres. Le but principal de la nominalisation est de concentrer l’information afin de composer un titre concis. Le titre nominalisé dévoile très peu l’information dont l’article va parler et le résultat en est que l’intérêt du lecteur est suscité. Il est donc probable qu’il sera tenté de lire plus que simplement le titre. On peut constater aussi qu’en général, les titres sont assez courts; parfois, pourtant, on trouve des titres sophistiqués, construits sur des jeux de mots, sur la phraséologie, qui est paraphrasée faisant le titre expressif et contribuant ainsi à la réalisation du double objectif que chaque publication se pose : informer et vendre. 37
  38. 38. 5. La bibliographie 1. Agnès Y., 2088. Manuel de Journalisme. La Découverte. 2. Balle F., 2000. Les Médias. Flammarion. 3. Bevort E., 1994. Echos : regards sur la presse. CIEP. 4. Bosredon B., Tamba I., 1992. Thème et titre de presse : Les formules bisegmentales articulées par un « deux points ». L’information grammaticale, N 54. Société pour l’information grammaticale. 5. Charon J.M.,1995. Le journalisme. Milan Presse. 6. Charon, J.M., 2002. La presse des jeunes. La Découverte. 7. Cornu D., 1997. Ethique de l’information. Presse Universitaires de France. 8. Houssa C., 1994. La presse pour les jeunes et la presse par les jeunes. Echos : regards sur la presse. CIEP. 9. Famery P., Leroy P., 1996. Réaliser un journal d’information. Milan Presse. 10. Henri V., 1993. La presse pour les jeunes. Les actes de lecture N 44. Association française pour la lecture. 38
  39. 39. 11. Lavoinne Y., 1997. Le langage des médias. Presses universitaires de Grenoble. 12. Maingueneau D., 1998. Analyser les textes de communication. Dunod. 13. Mermet. G., 2007. Pour comprendre les francais. Francoscopie 2007. Larousse. 14. Meškutė R., 1987. Textes de lecture à l’usage des étudiants journalistes. Vilniaus valstybinis V. Kapsuko universitetas. 15. Moirand S., 1990. Une grammaire des textes et des dialogues. Hachette. 16. Rey A., 1971. L’actualité linguistique française. The French Review Vol. ΧΙV No 2. American Association of Teachers of French. 17. Steuckardt A., 2003. Plaisante fantasie : La phrase nominale dans les Essais. L’information grammaticale, N 96. Société pour l’information grammaticale. 18. Vey F., 2000. Les métiers du journalisme. Flammerion. 19. Wolgensinger J., 1989. La grande aventure de la Presse. Gallimard. Dictionnaires 1. Grevisse M., 1988. Le bon usage, grammaire française. Duculot. 2. Morvan P., 1989. Dictionnaire de l’informatique. Libraire Larousse. Sources électroniques http://www.pressedesjeunes.com http://www.spqn.fr/presse_parisienne.htm http://www.csmpresse.fr 39
  40. 40. http://www.clemi.org/fr/productions-des-eleves/journaux-scolaires/interesser-son- lecteur-et-l-informer http://espaceeducatif.ac-rennes.fr http://wjfms.ncl.ac.uk/engelWJ.htm Presse utilisée « Le Monde », 15.03.1975 ; 08.04.2011 ; 27.11.2011 ; 08.11.2011 ; 29.10.2011 ; 15.03.1975 « Ouest France », 08.04.2011 « Science et Vie », 23.03.2011 « Science et Vie Junior », 16.03.2010 « Le Canard Enchainé », 13.04.2011 ; 16.03.2011 ; 22.09.2010 ; 25.07.2010 « Je lis des histoires vraies », 08.12.2009 « Libération », 07.11.2011 « Les Echos », 10.10.2011 « Le Point », 13.10.2011 « Le Nouvel Observateur », 13.10.2011 « Commerce International », Novembre 2011 40
  41. 41. 6. Le résumé : Les particularités linguistiques des titres de la presse française Dans ce mémoire nous analysons les titres de la presse française en prenant en compte les aspects suivants : les catégories des titres, les qualités des titres, les fonctions des titres à travers la presse pour les jeunes, les particularités syntaxiques, la compétence communicative et la nominalisation dans les titres. A l’aide des titres de différentes publications de la presse nous avons tenté de dévoiler certaines caractéristiques de ces titres. Cela nous a permis de voir que dans chaque genre de la presse analysée les titres sont composés différemment. Il existe certaines règles selon lesquelles nous pouvons juger si un titre est bon. Nous avons vu que ces règles étaient souvent respectées, mais nous avons également remarqué que ce n’était pas toujours possible d’appliquer les mêmes règles pour des titres de différents genres de presse. Ce qui est préférable pour un titre dans un journal ne le sera pas forcément dans une revue scientifique. Dans la presse pour les jeunes nous pouvons constater un trait commun pour tous les titres, notamment la côté dynamique. Dans tous les aspects analysés nous faisons référence aux buts principaux des titres, qui sont ceux d’attirer l’attention du lecteur et de l’inciter à lire. 41
  42. 42. 7. Santrauka : Kalbiniai antraščių ypatumai prancūzų spaudoje Šiame bakalauro darbe nagrinėjame antraštes prancūzų spaudoje atsižvelgdami į : jų kategorijas, ypatybes, sintaksines strukturas, tarp jų ir nominalizacija, bei antraščių funkcijas jaunimui skirtoje spaudoje. Naudodamiesi įvairios spaudos antraštėmis, mes mėginome atskleisti pagrindines jų savybes. Analizuodami skirtingas spaudos rūšis, pastebėjome, kad antraštės sudarytos skirtingais būdais. Esama tam tikrų taisyklių, padedančių sukurti dėmesį atkreipiančias antraštes. Pastebėjome, kad šių taisyklių dažnai laikomasi, tačiau ne visada tos pačios taisyklės gali būti pritaikytos antraštėms, priklausančioms skirtingoms spaudos rūšims. Laikraštyje antraštės yra sudaromos remiantis vienais kriterijais, o moksliniame žurnale šie kriterijai jau yra kitokie. Pastebima, kad jaunimui skirtoje spaudoje vienas iš antraščių bendrų bruožų – dinamiškumas. Analizuodami išvardintas antraščių savybes, atsižvelgėme į pagrindinius antraščių tikslus – atkreipti skaitytojo dėmesį ir skatinti jį skaityti. 42
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