Projet d’OHM « Littoral méditerranéen » - Note d’opportunité

Création d’un Observatoire Hommes‐Milieux (OHM) 
« Littoral ...
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La  problématique  de  l’urbanisation  littorale  méditerran...
Projet d’OHM « Littoral méditerranéen » - Note d’opportunité

multiples et désormais préoccupants. Car le littoral méditer...
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  1. 1. Projet d’OHM « Littoral méditerranéen » - Note d’opportunité Création d’un Observatoire Hommes‐Milieux (OHM)  « Littoral méditerranéen »  Note d’opportunité      Samuel ROBERT, ESPACE (UMR 7300)    Unités fondatrices  UMR 5119 ‐ ECOSYM, Direction Marc Trousselier  UMR 7300 ‐ ESPACE, Direction Christine Voiron  UMR 7263 ‐ IMBE, Direction Thierry Tatoni  UMR 6240 ‐ LISA, Direction Marie‐Antoinette Maupertuis  UMS 3460 ‐ STELLA MARE, Direction Antoine Aiello        Contexte de la proposition    A  l’échelle  de  la  planète,  les  littoraux  comptent  parmi  les  milieux  présentant  les  plus  grands  enjeux en matière de conservation de la biodiversité et de gestion des interactions hommes‐milieux.  Interfaces  entre  le  domaine  terrestre  et  le  domaine  marin,  les  zones  côtières  sont  des  lieux  d’échanges  favorables  à  l’abondance  et  à  la  diversité  biologique,  comme  l’atteste  la  liste  des  34  points chauds mondiaux de biodiversité. Simultanément, les littoraux sont des espaces attractifs de  l’œkoumène  ce  qui  se  traduit  par  une  concentration  des  activités  et  du  peuplement  humain  (littoralisation). Un chiffre, souvent cité mais rarement étayé, estime à environ 60% la proportion de  la  population  mondiale  résidant  à  moins  de  100  km  des  côtes ;  selon  une  évaluation  plus  fiable,  la  part de la population du globe habitant à moins de 15 km d’un rivage marin se situerait entre 15 et  20%.  Cette  pression  anthropique  permanente,  complétée  par  les  flux  saisonniers  liés  au  tourisme,  représente  un  facteur  déterminant  de  l’évolution  des  milieux  côtiers.  Sa  manifestation  la  plus  poussée  est  l’urbanisation  et  l’artificialisation  des  rivages,  qui  soulèvent  un  grand  nombre  de  questions  pour  la  recherche  scientifique,  aussi  bien  sur  un  plan  opérationnel  que  sur  un  plan  plus  fondamental.    Identifié comme devant faire l’objet de recherches prioritaires au CNRS (prospective de l’INEE à  Rennes  en  mai  2009,  par  exemple),  le  littoral  constitue  assurément  un  chantier  pertinent  pour  les  sciences de l’environnement, de même qu’un enjeu de connaissances pour l’ensemble des acteurs et  des  décideurs  des  régions  côtières.  Plus  particulièrement,  l’urbanisation  côtière  et  l’émergence  de  systèmes  socio‐écologiques  littoraux  extrêmement  anthropisés  doivent  être  au  cœur  de  l’effort  de  recherche. Sur des questions touchant à la conservation des espaces naturels, à la dynamique de la  biodiversité,  à  l’ingénierie  écologique,  aux  maladies  émergentes,  aux  risques  naturels  et  technologiques, aux conflits d’usages, à la gouvernance des territoires, etc. les littoraux urbanisés ou  en  voie  d’urbanisation  interpellent  les  sciences  de  l’environnement,  qu’elles  émargent  au  domaine  des  sciences  de  la  vie  et  de  la  terre  ou  aux  sciences  humaines  et  sociales.  Dans  ce  contexte,  la  création d’un Observatoire Hommes‐Milieux apparaît particulièrement opportune. Ce dispositif, qui a  montré sa capacité à fédérer un large spectre de spécialistes issus de différents champs disciplinaires  autour  de  questions  relatives  aux  interactions  hommes‐milieux,  se  révèle  adapté  à  l’étude  de  la  problématique  littorale  en  milieu  fortement  anthropisé.  Aussi,  le  présent  projet  propose  la  mise  à  l’étude d’un OHM  consacré à la façade maritime méditerranéenne de la France, aire géographique  remarquable  en  termes  de  richesses  écologiques,  d’urbanisation  littorale  et  de  pressions  anthropiques de toutes sortes, mais aussi d’efforts de protection.    1
  2. 2. Projet d’OHM « Littoral méditerranéen » - Note d’opportunité La  problématique  de  l’urbanisation  littorale  méditerranéenne  nécessite  absolument  des  recherches interdisciplinaires et un suivi sur le long terme au sein d’un dispositif de type OHM. Un  OHM  se  définit  par  un  objet  d’étude  commun  à  toutes  des  disciplines,  un  fait  structurant  et  un  événement  fondateur  qui  introduit  une  rupture  dans  les  équilibres  et  détermine  le  début  d’un  bouleversement des systèmes. La façade maritime méditerranéenne de la France est l’objet d’étude.  Le  fait  structurant  concerne  les  activités  humaines  très  diverses  et  prégnantes,  et  tout  particulièrement la pression urbaine qui se développe depuis plusieurs décennies et reste très active  aujourd’hui. L’événement fondateur est le changement d’approche ‐ sinon de paradigme ‐ amorcé en  France  au  cours  de  la  décennie  2000  concernant  la  gestion  des  espaces  côtiers,  à  savoir  la  gestion  intégrée des zones côtières (GIZC).    Le Fait structurant : Urbanisation et pression anthropique côtières en Méditerranée    L’urbanisation  est  ici  entendue  comme  le  processus  de  création  des  espaces  urbains  et  son  résultat. Sa transcription dans l’environnement se matérialise par une artificialisation des milieux et  par  une  augmentation  des  pressions  anthropiques  du  fait  d’une  hausse  des  effectifs  humains  (population permanente ou saisonnière). L’artificialisation correspond à une modification radicale du  milieu,  dans  ses  formes  visibles  et  ses  composantes  physiques,  chimiques  et  biologiques.  Sur  le  continent,  la  vie  animale  et  végétale  est  domestiquée ;  le  relief  est  modifié ;  des  constructions  essentiellement  minérales,  faites  de  matières  qui  n'existent  pas  à  l'état  naturel,  apparaissent ;  des  pollutions  surviennent ;  les  cycles  de  l’eau  et  du  carbone  sont  perturbés.  L’urbanisation‐ artificialisation  signifie  une  transformation  des  sols  et  de  leur  surface,  ce  qui  implique  par  conséquent  un  recul  des  superficies  agricoles,  forestières,  naturelles  et  semi‐naturelles,  et  une  modification  hydrologique  des  bassins  versants.  Elle  se  réalise  aussi  aux  dépends  des  petits  fonds  côtiers  par  remblais  et  empiètements  sur  le  domaine  marin.  Elle  traduit  une  emprise  accrue  de  la  société sur l’espace, autant qu’une atteinte à la biodiversité et un bouleversement des paysages. Ses  effets,  le  plus  souvent  irréversibles,  se  vérifient  à  toutes  les  échelles.  L’urbanisation‐pression  anthropique signifie quant à elle la présence de consommateurs, soit : une demande en ressources  de toutes sortes (eau, énergie, matières premières) ; une demande d’accès aux espaces naturels pour  des besoins récréatifs ; des rejets divers dans les eaux, les sols et l’air ; des comportements parfois  peu respectueux de l’environnement, pouvant aller jusqu’à des incendies volontaires ; etc. Elle donne  souvent lieu à des conflits d’usages très vifs. Dans ce contexte, le rôle de l’action de l’homme sur les  écosystèmes, leurs fonctionnements et leurs dynamiques est, stricto sensu, prépondérant.  Sur  la  côte  méditerranéenne  française,  la  problématique  de  l’urbanisation  et  de  la  pression  anthropique  est  particulièrement  aiguë.  Non  seulement  des  zones  côtières  y  sont  déjà  très  urbanisées (par exemple, la bande terrestre côtière 0‐1 km est artificialisée à plus de 50 % dans le Var  et les Alpes‐Maritimes), mais l’ensemble du littoral subit toujours des pressions nouvelles pour être  davantage aménagé, tout en étant une destination touristique de premier plan accueillant plusieurs  millions  de  touristes  chaque  année.  Ce  littoral  présente  donc  un  large  éventail  de  formes  d’anthropisation  des  côtes,  depuis  les  espaces  naturels  protégés  dont  les  accès  sont  contrôlés,  jusqu’à  la  métropole  industrialo‐portuaire  dépassant  le  million  d’habitants.  Il  offre  aussi  et  surtout  une gamme étendue des pressions les plus élevées qui peuvent s’exercer sur les littoraux du fait de la  présence  de  très  grandes  agglomérations  urbaines  littorales  et  d’une  très  forte  spécialisation  des  territoires  dans  l’économie  touristique  et  résidentielle.  Ceci  constitue  un  fait  particulièrement  structurant  depuis  plus  d’un  demi‐siècle.  Le  phénomène  d’urbanisation  « massive »  du  littoral  méditerranéen,  qui  doit  être  envisagé  à  partir  de  la  fin  de  la  Seconde  Guerre  mondiale,  a  en  effet  contribué à façonner des milieux véritablement nouveaux. Trait de côte modifié et fixé, petits fonds  détruits  par  des  empiètements  sur  le  domaine  marin,  cours  d’eau  canalisés  ou  recouverts,  bassins  versants  côtiers  urbanisés,  zones  humides  asséchées,  pinèdes  mitées  par  l’urbanisation  diffuse,  forêts  littorales  ravagées  par  les  incendies  répétés,  parcelles  agricoles  abandonnées,  décharges  sauvages,  espèces  végétales  ornementales  introduites  pour  créer  « le  mythe »  méditerranéen,  …  sont  autant  de  facettes  de  cette  empreinte  dont  les  effets  sur  les  écosystèmes  originaux  sont  2
  3. 3. Projet d’OHM « Littoral méditerranéen » - Note d’opportunité multiples et désormais préoccupants. Car le littoral méditerranéen de la France présente une grande  variété  de  milieux  écologiques,  en  rapport  avec  la  diversité  des  interfaces  terre‐mer  :  lagunes  et  cordon littoraux, zones humides et marais, côtes escarpées, petites plaines côtières, îles de diverses  tailles,  reliefs  karstiques  se  poursuivant  sous  l’eau  (grottes  sous  marines),  etc.  Par  ses  caractéristiques,  il  contribue  pour  une  large  part  à  la  biodiversité  du  bassin  méditerranéen,  constituant lui‐même un hotspot régional, avec de nombreuses espèces endémiques.    L’Evénement fondateur : Changement d’approche en matière de gestion du littoral : la GIZC    En  dépit  d’un  cadre  législatif  et  réglementaire  très  fourni,  mis  en  place  à  partir  du  milieu  des  années 1970 (1975 : création du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres ; 1976 : loi  sur  les  servitudes  de  passage  des  piétons  sur  le  littoral ;  1986 :  loi  sur  la  protection  et  la  mise  en  valeur  du  littoral),  le  littoral  français  continue  de  subir  de  multiples  pressions  pour  être  urbanisé.  Cependant,  depuis  les  années  2000,  un  changement  d’approche  se  dessine  et  tend  à  amorcer  une  nouvelle étape des interactions hommes‐milieux sur les rivages, en particulier en Méditerranée. A la  faveur  d’une  prise  de  conscience  internationale  grandissante  des  questions  environnementales,  les  littoraux font aujourd’hui l’objet d’un traitement nouveau en matière de gestion et de conservation,  conçu  dans  l’esprit  du  développement  « durable ».  Ils  bénéficient  de  l’affirmation  du  concept  de  gestion  intégrée  de  la  zone  côtière  (GIZC),  apparu  lors  du  sommet  de  la  Terre  à  Rio  de  Janeiro  en  1992 et intégré dans l’Agenda 21. Promu par l’Union européenne dès le milieu des années 1990, la  GIZC a par la suite fait l’objet d’une politique incitative de la DATAR en France au milieu des années  2000. Encouragées par l’Etat, des collectivités locales littorales ont ainsi été amenées à développer  des  projets  de  territoires  côtiers,  incluant  à  la  fois  la  bande  terrestre  et  la  bande  marine,  en  concertation avec tous les acteurs impliqués, en vue de tendre vers une gestion et une conservation  du  littoral  selon  les  principes  d’un  développement  équilibré.  Avec  17  projets  présentés  à  l’appel  à  projet de la DATAR en 2004, dont 9 labellisés, les collectivités locales de la façade méditerranéenne  ont  clairement  manifesté  leur  adhésion  à  cette  approche.  Désireuses  de  porter  des  politiques  publiques  adaptées,  favorables  à  la  conservation  de  l’environnement  côtier  sans  empêcher  des  perspectives  de  développement  économique  et  social,  les  collectivités  territoriales  méditerranéennes  apparaissent  aujourd’hui  de  plus  en  plus  motivées  pour  s’approprier  la  problématique côtière et y apporter leurs propres solutions (création du Conseil Consultatif Régional  de  la  Mer  en  2005,  en  région  PACA  par  exemple).  Cette  tendance  se  trouve  confortée  par  les  initiatives développées au niveau de l’Etat qui, déjà signataire de la Convention de Barcelone de 1976  (amendée en 1995) sur la protection du milieu marin et du littoral de la mer Méditerranée, a signé en  2008  un  nouveau  protocole  ajouté  à  cette  convention  concernant  la  gestion  intégrée  de  la  zone  côtière. Premier traité international portant sur la GIZC, ce protocole dit « de Madrid » constitue un  événement  majeur.  Il  engage  la  France,  et  en  particulier  ses  territoires,  à  tendre  vers  une  gestion  durable de son littoral méditerranéen, en accord avec les politiques des pays voisins et partenaires  en Méditerranée.      Problématiques    Les  axes  de  recherche  de  l’OHM  concerneront  différents  thèmes  permettant  d’appréhender  le  processus  d’urbanisation  du  littoral,  envisagé  dans  une  approche  systémique,  aux  différentes  échelles  spatiales  et  temporelles  pertinentes.  L’objectif  sera  la  compréhension  de  l’artificialisation  des interfaces entre les domaines marin et terrestre, depuis leur aménagement structurel jusqu’à la  nature  des  processus  qui  s’y  développent  et  aux  dynamiques  qui  caractérisent  l’anthropisation.  Seront  concernées  les  sciences  de  l’univers,  les  sciences  écologiques  et  les  sciences  humaines  et  sociales, en vue de permettre l’étude simultanée de l’urbanisation et de ses conséquences, dans son  processus même de création d’espaces urbanisés, et des initiatives de gestions intégrées du littoral,  3
  4. 4. Projet d’OHM « Littoral méditerranéen » - Note d’opportunité dans leur capacité à maîtriser l’urbanisation et les pressions anthropiques sur les milieux côtiers sans  compromettre le développement économique et social.  La  programmation  scientifique  de  l’OHM  s’attachera  notamment  à  privilégier  les  travaux  étudiant :  les  dynamiques  de  l’urbanisation,  dans  leur  capacité  à  créer  des  milieux  et  des  paysages  originaux,  résultant  de  perturbations  ou  de  transformations  des  écosystèmes  côtiers  antérieurs  au  développement  urbain,  et  les  phénomènes  d’adaptation  et  de  résilience  développés par les écosystèmes ;  les  dynamiques  socio‐économiques,  notamment  les  facteurs  entraînant  et  organisant  la  pression urbaine et anthropiques sur les milieux ;  les dynamiques politiques et culturelles, en particulier les conflits d’usages et les capacités à  construire une gouvernance innovante pour une gestion durable du littoral    Les principales thématiques de recherche identifiées à ce stade sont :  - usage des ressources (eau, sol, biodiversité)  - biodiversité (marine, terrestre), qualité des milieux, durabilité des écosystèmes  - suivi des changements climatiques et leurs impacts  - usages et occupation des sols et de la mer (landuse, « sea use ») et leurs évolutions  - paysages naturels et humains  - fréquentation et impacts sur les sites (marins, terrestres)  - émergence des pathogènes humains, animaux et végétaux  - écologie de la santé  - suivi des politiques publiques, gouvernances locales, jeu des acteurs  - perception des changements    Ainsi, outre la dimension écologique, la biodiversité et les questions de remédiation / restauration  écologique,  la  durabilité  économique  et  sociale  des  littoraux  urbanisés  ou  en  cours  d’urbanisation  seront au cœur des activités de l’OHM, qui s’attacheront à intégrer la perspective temporelle comme  fondement de la recherche (observation et modélisation à la fois rétrospectives et prospectives). La  finalisation  du  cadrage  problématique  du  dispositif  sera  assurée  par  le  Comité  de  pilotage  scientifique (cf. ci‐après) au cours de l’année 2012.      Périmètres d’observation    Pour étudier les interactions hommes‐milieux relatives à l’urbanisation côtière méditerranéenne,  et analyser les dispositions mises en œuvre pour la juguler et l’orienter, le projet d’OHM prévoit de  suivre  la  situation  de  trois  sites  complémentaires.  Ces  aires  d’études  permettront  l’examen  de  situations contrastées de même que des approches croisées. Les travaux se développeront aussi bien  sur des questions qui se posent sur les trois sites, que sur des sujets propres à chacun d’eux.    Littoral de l’aire métropolitaine marseillaise    La façade maritime de la principale agglomération littorale méditerranéenne française constitue  un site exemplaire et complexe. De l’embouchure du Rhône au massif des Calanques, il s’agit d’une  interface côtière métropolitaine rassemblant une grande diversité de formes d’anthropisation et de  milieux.  Avec  la  présence  d’une  agglomération  urbaine  dépassant  le  million  d’habitants,  ce  site  d’étude  présente  l’intérêt  de  juxtaposer  voire  imbriquer  des  tissus  urbains  anciens  et  denses,  une  urbanisation  résidentielle  et  touristique  diffuse  très  développée,  des  installations  portuaires  majeures,  une  industrialisation  lourde,  des  friches  industrielles,  quelques  arpents  d’activités  agricoles, des sites protégés par le Conservatoire du littoral et le projet de création du parc national  des  Calanques,  une  rade  ponctuées  d’îles  et  d’ilots,  etc.  Soumis  aux  pressions  exercées  par  le  4
  5. 5. Projet d’OHM « Littoral méditerranéen » - Note d’opportunité fonctionnement  même  de  l’espace  métropolitain  et  de  son  port,  ce  littoral  est  aussi  le  site  d’une  intense  fréquentation  touristique  sur  ses  plages  et  ses  espaces  naturels  terrestres  et  marins  à  la  biodiversité  remarquable.  Il  se  distingue  aussi  par  des  projets  urbanistiques  de  tout  premier  plan  visant à relancer une ville en crise par la création d’espaces urbains nouveaux, intégrant les principes  de trames vertes et bleues, ré‐ouvrant la ville sur la mer, tout en intégrant la nécessaire négociation  de son rapport avec les espaces naturels de grande qualité qui l’entourent.    Parmi les spécificités du site, doivent être soulignées :  - l’existence du parc marin de la Côte Bleue  - la création du 1er Parc national en contexte urbain et littoral (Parc National des Calanques)  - la mise en place récente du plus grand récif artificiel des côtes de France (Prado)  - le développement de la mariculture   - le contexte de grande ville industrialo‐portuaire  - la requalification (urbanistique, touristique, économique, culturelle) d‘une grande partie de  la ville en rapport avec son littoral (Euroméditerranée, plus importante opération de  rénovation urbaine en Europe)  - la présence de sites contaminés (plomb, arsenic, cadmium, zinc) à terre et en mer  - les inconnues concernant la santé publique  - l’existence d’espèces et espaces remarquables  - la biodiversité intra‐urbaine  - une saisonnalité touristique relativement faible    Littoral du Golfe d’Aigues‐Mortes    Le  Golfe  d’Aigues‐Mortes  (GAM),  qui  s’étend  sur  la  marge  occidentale  du  delta  du  Rhône,  est  une  zone de transition terre‐mer caractérisée par des formations littorales qui prennent souvent la forme  de  lidos  de  sables  fins  séparant  les  eaux  marines  des  eaux  lagunaires.  Doté  d’un  riche  patrimoine  historique  et  naturel,  ce  littoral  est  depuis  longtemps  considéré  comme  un  véritable  gisement  d’opportunités  halieutiques  et  touristiques.  A  partir  des  années  1960,  d’ambitieuses  entités  balnéaires et plaisancières (La Grande Motte et Port Camargue) sont apparues dans le cadre d’une  dynamique  touristique  qui  s’est  répercutée  sur  les  cités  littorales  préexistantes  de  Grau  du  Roi,  Carnon‐Mauguio, et Palavas. La prospérité de ces stations balnéaires, imaginées par des architectes  d’avant‐garde  en  réponse  à  une  demande  sociétale  avide  de  détente  et  d’évasion,  repose  étroitement sur la jouissance de l’eau en tant qu’élément visuel et support d’activités récréatives. Le  GAM  est  ainsi  devenu  une  zone  touristique  de  premier  plan :  une  des  premières  concentrations  territoriales  de  ports  de  plaisance  en  Europe,  240  000  lits  touristiques,  110  millions  de  nuitées  annuelles,  plus  d’une  centaine  de  structures  intervenant  dans  les  pratiques  nautiques,  plages  et  plans d’eau très fréquentés et supports d’une grande diversité d’activités et d’événements sportifs et  festifs  (régates,  courses  de  voile,  wake  board,  wake  skate,  windsurf‐kitesurf‐surf,  aviron  de  mer,  kayak, pêche de loisir, traditionnelles joutes, etc.). Par ailleurs, cette zone se caractérise aussi par la  présence de villes moyennes situées non pas sur le littoral mais en retrait, avec Montpellier et Nîmes  en  tête  de  la  hiérarchie.  Ces  villes,  dont  la  population  est  en  progression  ininterrompue  depuis  plusieurs décennies, impriment leur dynamique sur les bassins versants de tradition essentiellement  viticole  qui  forment  l’arrière‐pays.  Ces  derniers  connaissent  à  la  fois  une  déstructuration  due  à  la  crise  viticole  et  une  restructuration  des  villages  consécutive  à  l’arrivée  massive  de  nouveaux  habitants :  néo  ruraux  ayant  une  activité  dans  les  villes,  retraités  ou  vacanciers.  Cette  pression  urbaine (l’Hérault qui comptait moins de 500 000 habitants en 1954 devrait dépasser 1,350 million  en  2030)  soumet  le  littoral  et  les  lagunes  à  de  nouvelles  contraintes  qui  ne  sont  plus  celles  du  développement initial des années 60.    Les spécificités de ce littoral sont notamment :  5
  6. 6. Projet d’OHM « Littoral méditerranéen » - Note d’opportunité - - ses  caractéristiques  géomorphologiques  et  écologiques  (lagunes  et  cordons  littoraux)  et  sa  position péri‐urbaine par rapport aux principales agglomérations urbaines régionales (Nîmes  et Montpellier) situées plus à l’intérieur des terres  le passage d’un littoral touristique à un littoral « métropolisé »  les jeux parfois contradictoires des gouvernances locales  la  fragilisation  géomorphologique  de  la  côte,  érosion  du  cordon  littoral  et  très  importants  efforts de fixation du trait de côte par aménagements et apports de matériaux sur les plages  une saisonnalité touristique importante, structurant l’économie locale  des interactions fortes avec le fonctionnement hydrologiques des bassins versants, soumis à  une  urbanisation  en  pleine  expansion  dans  l’arrière  pays  et  une  diminution  des  activités  viticoles, avec des effets indirects sur le littoral    Littoraux corses : Balagne et périphérie sud de Bastia    A la différence des deux sites continentaux, le littoral corse présente une urbanisation beaucoup  moins  marquée,  faisant  l’intérêt  de  son  insertion  dans  le  dispositif.  Avec  une  proportion  d’espaces  artificialisés  nettement  inférieurs,  il  se  caractérise  néanmoins  par  des  pressions  considérables  liées  au  véritable  « retournement  du  territoire »  qui  caractérise  l’île  depuis  la  fin  des  années  1950.  L’ouverture  au  tourisme  de  masse  a  créé  une  situation  inédite  qui  a  contribué  à  une  littoralisation  marquée  du  territoire,  en  particulier  en  Balagne,  concomitante  au  développement  de  la  fonction  résidentielle et de la périurbanisation, comme cela est le cas autour de Bastia. Pourtant, sur des pans  entiers  de  la  côte,  l’environnement  littoral  demeure  exceptionnellement  conservé,  si  bien  que  la  pression  anthropique  –  très  fortement  marquée  par  le  phénomène  de  la  saisonnalité  touristique  ‐  pose la question de la vulnérabilité et de la durabilité d’un tel développement sur les écosystèmes  terrestres  et  marins.  Jusqu’à  présent  relativement  préservés,  ces  derniers  abritent  un  patrimoine  écologique remarquable et une grande diversité paysagère, alors que le devenir du territoire littoral  corse est indiscutablement une question majeure du développement économique et social de l’île.    Les caractéristiques particulières de ce littoral sont :  - la littoralisation : l’activité économique de la Corse est concentrée sur le littoral  - la très forte saisonnalité touristique  - le sous‐dimensionnement et le dysfonctionnement des infrastructures : forte saisonnalité de  la pression anthropique (pollution ‐ épuration, déchets – et pressions diverses sur les milieux)  - le jeu complexe des acteurs locaux et la difficulté de conduite des politiques publiques  - le mythe méditerranéen et les représentations idéalisées de la Corse  - les  conflits  d’usages :  pêcheurs/plaisanciers,  agriculture/urbanisation,  développement  touristique/résidence, partisans du développement de l‘île/ partisans de sa préservation.    S’appuyant sur ces trois aires d’étude, l’Observatoire Hommes‐Milieux « Littoral Méditerranéen » est  donc conçu comme un OHM unique mais multilocalisé, qui développe des thématiques de recherche  partagées  en  totalité  ou  en  partie  par  tous  les  sites.  Cette  structure  permet  clairement  l’extension  des  thématiques  de  recherche  et  des  aires  d’études  pour  peu  qu’elles  soient  en  cohérence  et  participent  à  l’analyse  de  ces  socio‐écosystèmes  très  fortement  anthropisés  qui  sont  l’objet  de  l’étude.      Gouvernance et organisation    Cette  particularité  de  multilocalisation  appelle  un  mode  d’organisation  qui  permette  un  bon  fonctionnement  de  l’ensemble  du  dispositif  et  un  traitement  cohérent  et  pertinent  des  objectifs  scientifiques de l’Observatoire. La gouvernance et le fonctionnement de l’OHM se répartiront entre  trois instances, dont les activités pourront s’organiser comme suit.  6
  7. 7. Projet d’OHM « Littoral méditerranéen » - Note d’opportunité   Conseil de direction    Son but est d’animer et d’assurer la gestion technique et administrative de l’Observatoire. Il est  chargé  de  veiller  au  bon  développement  des  grandes  orientations  scientifiques  décidées  par  le  Comité de pilotage scientifique. Il définit le plan d’action, en assure le suivi et exerce une veille.    La composition du conseil de direction assurera une bonne représentativité des champs disciplinaires  et  des  unités  investies  dans  le  fonctionnement  et  l’animation  de  l’OHM.  Il  s’agira  notamment  de  réunir à parité des représentants des sciences écologiques et des sciences humaines et sociales.    Comité de pilotage scientifique    Il  est  composé  de  représentants  de  différentes  disciplines  concernées  par  les  objectifs  scientifiques de l’OHM (choisis notamment au sein des laboratoires partenaires), auxquels s’ajoutent  de droit les membres du Comité de direction et Directeurs des Institut du CNRS tutelles de l’OHM.  Les  DIPEE  de  Montpellier  et  Aix‐Marseille  y  seront  aussi  représentés.  Ce  Comité  définit  la  programmation  scientifique  de  l’Observatoire.  Il  oriente  la  rédaction  de  l’appel  à  projets  de  recherche  annuel  et  détermine  les  financements  attribués  aux  projets,  après  sélection.  Il  se  réunit  plusieurs fois dans l’année.    Conseil d’orientation stratégique    Ce conseil accueille les institutions impliquées dans l’OHM. Il permet également l’enregistrement  de la demande sociétale et formule des avis consultatifs. Par commodité, il se subdivise dans les faits  en  trois  conseils,  afin  de  coller  au  plus  près  aux  réalités  locales  de  chacune  des  aires  d’étude  retenues.  Il  est  composé  d’un  panel  d’acteurs  scientifiques,  institutionnels,  etc.  représentatifs  des  partenaires et se réunit au‐moins une fois par an. Sa composition peut être modifiée en fonction de  l’évolution du partenariat.      Unités de recherches    Les  laboratoires  susceptibles  de  contribuer  à  l’effort  de  recherche  au  sein  de  l’OHM  « Littoral  méditerranéen » (liste non exhaustive) émargent à plusieurs sites universitaires du sud de la France  (Marseille, Montpellier, Nice, Corte, Perpignan, Avignon), mais aussi au‐delà (Grenoble, Dijon, Liège),  ce qui souligne l’audience possible de cet Observatoire. Ils concernent plusieurs champs disciplinaires  (biologie,  droit,  écologie,  économie,  histoire,  géographie,  géosciences,  sociologie,  sciences  politiques).      Nom  Code unité  Tutelles  CEFREM  UMR 5110  CNRS, Université de Perpignan  CEJU  EA 2187  Aix‐Marseille Université  CEREGE  UMR 7330  CNRS, Aix‐Marseille Université, IRD, Collège  de France  UMR 6201  CNRS – Aix‐Marseille Université, Université  Droit public comparé,  de Pau, Université de Toulon  Droit international et  Droit européen  CEPAM  UMR 7264  CNRS, Université de Nice  ECOSYM  UMR 5119  CNRS, Université Montpellier 1, Université  7
  8. 8. Projet d’OHM « Littoral méditerranéen » - Note d’opportunité ESPACE  UMR 7300  Géosciences Montpellier  UMR 5243  HydroSciences  UMR 5569  Montpellier  IMBE  UMR 7263  Laboratoire  d’océanologie  LAMETA    LEGI  LISA  LPED  LSEET  Sciences Pour  l’Environnement  Stella Mare  TELEMME  THEMA  UMR 5519  UMR 6240  UMR 151  UMR 6017  UMR 6134  UMR 5474  UMS 3460  UMR 7303  UMR 6049  Montpellier 2, IRD, Ifremer  CNRS, Aix‐Marseille Université, Université  d’Avignon, Université de Nice  CNRS, Université Montpellier 2  CNRS, Université Montpellier 1, Université  Montpellier 2, IRD  CNRS, Aix‐Marseille Université, IRD, INRA  Avignon  Université de Liège  CNRS, Université Montpellier 1, SupAgro,  INRA  CNRS, Université de Grenoble  CNRS, Université de Corse  IRD, Aix‐Marseille Université  CNRS, Université de Toulon  CNRS, Université de Corse  CNRS, Université de Corse  CNRS, Aix‐Marseille Université  CNRS, Université Franche Comté, Université  de Bourgogne    8

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