Poles-de-competitivite-et-PME Covali

91 vues

Publié le

0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
91
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
9
Actions
Partages
0
Téléchargements
1
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Poles-de-competitivite-et-PME Covali

  1. 1. L’évolution des PME au sein des pôles de compétitivité Master : Ingénierie Economique et Entreprise COVALI Nicolaï Parcours : Diagnostic économique de l‟entreprise PETIKIAN Vahram Séminaire : Organisation et gestion de l‟entreprise
  2. 2. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 1 “Un certain nombre de pôles ont réussi à mobiliser les PME, mais des progrès restent à accomplir dans l’implication des entreprises au sein de la structure des pôles. Les pôles doivent développer en direction des entreprises une offre précise, en termes de compétences, de processus coopératifs, de positionnement sur les marchés et d’accès à des sources de financement.” Philippe BASSOT, 2008
  3. 3. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 2 Remerciements
  4. 4. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 3 Sommaire INTRODUCTION...................................................................................................................................................... 4 I. EXPOSE DE LA THEMATIQUE DE LA RECHERCHE ET LA PROBLEMATIQUE ..............................................................................4 II. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE............................................................................................................................5 III. PLAN ...................................................................................................................................................................6 L'ÉVOLUTION DES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ ET DES PME DEPUIS 2005 ................................................................. 7 I. LE DEVELOPPEMENT DES POLES DE COMPETITIVITE........................................................................................................7 1. Un peu d’histoire…........................................................................................................................................8 2. La gouvernance des pôles et la place des institutions publiques................................................................12 3. Minalogic (Potter, 2009).............................................................................................................................16 II. LA PARTICIPATION CROISSANTE DES PME DANS LES POLES DE COMPETITIVITE ..................................................................23 1. Les PME membres vs les PME restées en dehors des pôles de compétitivité .............................................26 2. Les PME membres et les partenariats internationaux................................................................................29 3. Les pôles de compétitivité et les groupes étrangers ...................................................................................29 LE DEVELOPPEMENT DES PME AU SEIN DES POLES DE COMPETITIVITE................................................................ 31 I. LES POLES DE COMPETITIVITE - LEVIER AU DEVELOPPEMENT DES PME ............................................................................31 1. Une gagne en visibilité................................................................................................................................32 2. Des nouvelles opportunités de développement..........................................................................................33 3. L’écosystème des pôles - source de développement...................................................................................34 II. UNE DYNAMIQUE DES POLES DE COMPETITIVITE EN FAVEUR DES PME............................................................................35 1. Les PME membres des pôles et exportation ...............................................................................................38 2. Les effets de la deuxième phase de la politique des pôles sur les PME.......................................................39 3. La phase 3 : Renforcement de l’accompagnement des PME par les pôles de compétitivité ......................41 III. DES PROGRAMMES NATIONAUX ET INTERNATIONAUX EN SOUTIEN DES PME DES POLES DE COMPETITIVITE ............................42 1. Plan Ambition PME.....................................................................................................................................42 2. Plates-formes de coordination pour le renforcement de la compétitivité française ..................................44 3. Des programmes internationaux favorables aux PME des pôles................................................................45 4. Les défis, les enjeux et les désavantages des pôles de compétitivité pour les PME....................................46 CONCLUSION........................................................................................................................................................ 49 BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................................................... 51 ANNEXES.............................................................................................................................................................. 53
  5. 5. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 4 * INTRODUCTION I. Exposé de la thématique de la recherche et la problématique Dans le contexte économique mondial de plus en plus concurrentiel, la France lance sa nouvelle politique industrielle en 2005, inspirée de concept de “cluster” (M. Porter, 1990), ayant l‟objectif de permettre à un ensemble d‟activités regroupés de bénéficier des subventions publiques et d‟un régime fiscal particulier. Le but de cette nouvelle politique industrielle est d'accroître la compétitivité de l‟économie, créer des emplois, améliorer la collaboration entre la recherche publique et privée, limiter les délocalisations et aider au développement de certains territoires. Cette nouvelle politique se traduit par la création des pôles de compétitivité. Selon la définition donnée par DATAR1 , un pôle de compétitivité est un “rassemblement, sur un territoire bien identifié et sur une thématique ciblée, d’entreprises petites et grandes, de laboratoires de recherche et d’établissements de formation.” Ce rassemblement est opportun pour tous les acteurs. Les pôles de compétitivité permettent aux industriels de développer des projets communs de recherche et développement (R&D), d‟obtenir des financements et de garder des connexions avec le monde de la recherche. Les régions peuvent soutenir l‟innovation des entreprises et leur développement économique. Les investisseurs privés peuvent élaborer des partenariats internationaux et les académiques peuvent mettre en place des collaborations et être en contact avec la branche industrielle. Les Petites et Moyennes Entreprises (PME2 ) représentent la majeure partie d‟entreprises présentes dans les pôles de compétitivité. L‟engagement des PME dans des stratégies communes de développement contribue à la création de synergies entre différentes acteurs autour d‟un projet d‟innovation. Les PME sont d‟avantage intéressées à intégrer les pôles de compétitivité, afin de bénéficier des effets de synergie et d‟éviter les difficultés administratives, financières et d‟accès aux marchés. Selon l‟enquête de la DGCIS3 (2012) environ 7500 entreprises étais membres de pôles, dont 2% des grandes entreprises, 12% des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et 86% des PME, soit 6450 entreprises. Le nombre de PME est en augmentation de 7% par rapport à l‟année précédente. Étant donné que le nombre de PME augmente régulièrement et ces PME représentent la principale catégorie d‟entreprises des pôles, il nous est paru intéressant 1 DATAR : Délégation interministérielle à l'Aménagement du Territoire et à l'Attractivité Régionale 2 PME : Une PME est définie comme une entreprise employant moins de 250 salariés, ayant un chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros ou un total de bilan de moins de 43 millions d'euros. 3 DGCIS : Direction Générale de la Compétitivité, de l‟Industrie et des Services
  6. 6. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 5 d‟analyser plus en détail l‟intérêt des PME de s‟engager dans des démarches partenariales, quelles sont les principales opportunités espérées et quelles sont leurs résultats face aux PME restées en dehors des pôles. Comment les pôles de compétitivité favorisent le développement des PME intégrés dans leurs réseaux? II. Méthodologie de la recherche Pour pouvoir répondre à cette question par un développement détaillé, plusieurs types de sources ont été consultés. Nous avons utilisé les ouvrages pour approfondir le cadre théorique, les notions, les concepts, ainsi que le cadre juridique. Pour traiter notre sujet d‟une manière plus technique, nous avons utilisé des rapports d‟organisations nationales telles que l‟INSEE4 ou l‟AFPC5 , des articles des enseignants chercheurs, ainsi que des sources internet officielles. Également, pour analyser la situation des PME au sein des pôles de compétitivité et répondre à cette question, il nous est paru intéressant de les comparer avec les PME qui ne sont pas membres des pôles. Pour cela, on a utilisé des articles portant sur les performances des PME au sein des pôles ainsi que leur comparaison aux entreprises restées hors des pôles de compétitivité. Cependant, on va essayer de démontrer que les PME participantes bénéficient de plus d‟opportunités de développement et de croissance que celles qui ne le font pas. Tout au long de notre projet, nous allons illustrer parallèlement aux modèles théoriques et les généralités, des données et des exemples précis, à travers le pôle de compétitivité MINALOGIC6 dans le but de fortifier notre hypothèse. Cette nouvelle politique industrielle menée en matière de R&D et de l‟innovation est considérée une politique de long terme. Les difficultés rencontrées, tout au long de l‟élaboration de notre mémoire, sont essentiellement liées à la jeunesse des pôles de compétitivité et à la pénurie des données et des analyses à long terme. Une autre difficulté est la manque d‟ouvrages et des statistiques récentes comportant la comparaison entre les PME au sein des pôles et celles restées en dehors. Le peu de temps que nous avons eu pour les entretiens ont été une autre difficulté pour la composition de notre mémoire. Cette contrainte nous a limité d‟avoir une approche plus approfondie et d‟analyser les PME participantes de l‟intérieur. 4 INSEE : Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques 5 AFPC : Association Française des Pôles de Compétitivité 6 MINALOGIC : MIcro- NAnotechnologies et LOgiciels Grenoble-Isère Compétitivité
  7. 7. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 6 Également, le fait d‟élaborer le mémoire à deux implique des points de vue et des idées différentes, ainsi que nos disponibilités peu compatibles, peuvent être considérées comme une contrainte supplémentaire pour la rédaction. Cependant, c‟était une bonne expérience pour nous de travailler en équipe sur un projet de recherche et partager des connaissances et des idées. III. Plan En partant de l‟hypothèse que la participation des PME dans les pôles de compétitivité leur offre des nouveaux débouchés en termes de financement, de l‟effort à la R&D et de capacité à innover, on s‟est proposé de diviser notre travail de recherche en deux grandes parties à deux sous-parties. Pour vérifier cette hypothèse nous avons décidé, dans la première partie, de solidifier la base de connaissance autour des pôles de compétitivité et les PME. Donc on a détaillé la création et l‟évolution des pôles de compétitivité depuis 2005, leur politique ainsi que leur gouvernance et l‟importance des institutions publiques. Également, on a mis l‟accent sur la part croissante des PME impliquées dans les pôles de compétitivité et leurs perspectives de développement. L‟objectif de cette première partie est de donner une image élargie des pôles de compétitivité et faire le focus sur l‟implication des PME dans ces pôles. Dans la deuxième partie de notre mémoire, nous avons traité les pôles de compétitivité comme un levier de développement pour les PME. Dans un premier temps, nous avons analysé, de manière plus détaillée, les performances et les opportunités de développement des PME au sein des pôles de compétitivité. Et dans un deuxième temps, nous avons mis en avant la dynamique favorisant les PME membre des pôles. L‟accent est mis sur les domaines d‟accompagnement des PME, les politiques de soutiens et d‟incitations, mais également, les défis. Cette deuxième partie a pour objectif de montrer l‟intérêt des PME à faire partie d‟un pôle, donc les avantages potentiels des PME membres des pôles de compétitivité face aux autres PME. **
  8. 8. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 7 L'ÉVOLUTION DES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ ET DES PME DEPUIS 2005 L‟objectif économique d‟un pays est avant tout d‟avoir une croissance dynamique, ce qui va lui permettre de rester compétitif dans une économie mondialisé. Pour la réalisation de cet objectif, le gouvernement du pays a l‟intérêt de développer ses territoires. Les entreprises de toute taille sont les facteurs clés du développement des territoires et de la croissance économique. La compétitivité est devenue l'élément central du développement économique des zones industrielles, et l‟innovation - la clé du succès de l‟avantage concurrentiel. Le gouvernement et les pouvoirs publics sont intéressés dans l'élaboration des nouvelles politiques et stratégies de développement durable, ainsi que leur mise en place et l‟accompagnement des acteurs économiques. Également, la recherche de croissance et développement mène les entreprises à s‟impliquer dans des projets collaboratifs en vue d'acquérir des savoirs faire, des nouvelles compétences et d‟autres avantages concurrentiels. I. Le développement des pôles de compétitivité Le pôle de compétitivité est un groupement d‟entreprises et d‟autres acteurs inspiré des travaux d‟Alfred Marshall, qui introduit en 1890 le concept de “district industriel”, vu comme “un système productif, géographiquement défini, caractérisé par un grand nombre de petites et moyennes firmes qui sont respectivement impliquées dans les différentes étapes concourant à la production d’un produit homogène” (C. Champagne de Labriolle, 2009). Ce district industriel regroupe des propriétés sociales, économiques et territoriales dans un système local. Plus tard, Michael Porter (1990) définit ce type de collaboration comme “cluster”. Il nous semble pertinent de donner la définition originelle de clusters : “groups of interconnected firms, suppliers, related industries and specialised institutions in particular fields that are present in particular locations”. Le cluster permet à ses membres de bénéficier d‟un effort collectif de l‟innovation supérieur à l‟effort individuel. L‟équivalent français et québécois des clusters sont les grappes industrielles. Les principales axes de direction d‟un cluster sont : premièrement, l‟augmentation de la productivité des entreprises implantées dans la zone; deuxièmement, orienter et diriger les entreprises vers l‟innovation ce qui va créer une hausse de la productivité future et troisièmement, stimuler la création des nouvelles entreprises ce qui élargie et fortifie le
  9. 9. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 8 cluster. L‟exemple le plus représentatif d‟un cluster est le Silicon Valley7 dans le bassin Californien. 1. Un peu d’histoire… Charles Pasqua, l‟ex-ministre français de l‟aménagement du territoire, invoque en 1997, pour la première fois, la nécessité d‟élaboration d‟une politique de développement territorial: “Il n’y a pas de territoires en crise, il y a seulement des territoires sans projet”. Cette politique de développement local en France est inspirée du successeur de cluster et des districts industriels, le Système Productif Local (SPL), définit comme une “communauté active de régulation de décisions, permettant une intervention dans la localisation, la création et la répartition des ressources” (DATAR, 1999). Les SPL, par rapport aux districts industriels et clusters, attribuent un nouveaux rôle aux territoires qui deviennent les cibles des pouvoirs publics. En 2000, le Conseil Européen de Lisbonne élabore une stratégie, fondée sur le modèle de cluster, ayant pour but de “faire de l’Europe la zone la plus compétitive et la plus dynamique du monde [...] et d’atteindre d’ici 2010 un effort de recherche- développement de 3% du PIB” (Jean Lachmann, 2010). Selon cette stratégie, l‟Europe devait améliorer la dimension qualitative et quantitative de l‟emploi accompagnée d‟une croissance économique durable. En 2004, suite au Rapport Blanc8 , a été lancé la politique des pôles de compétitivité: un prolongement des districts industriels, des clusters et des SPL. Ces pôles sont reconnus par les pouvoirs publics et concentrent, en général, un fort contenu technologique. “La politique industrielle française des pôle de compétitivité, mêlant aménagement du territoire, innovation et industrie. [...] Elle s’appuie sur différents acteurs locaux complémentaires (entreprises, instituts de formation, centres de recherche et collectivités territoriales) partageant une gouvernance commune (intelligence économique) afin d’atteindre un objectif de développement collectif” (S. Coissard et al., 2010). Le tableau ci-dessous, permet d‟illustrer les différentes formes de collaborations entre les acteurs, ainsi que l‟engagement ou non des pouvoirs publics dans cette collaboration. 7 Silicon Valley : Une région qui réunie plus de 6000 entreprises de haute technologie (Apple, Google, Intel, eBay, etc.) et 2 millions d‟habitants. Son PIB est équivaut à celle d‟un pays comme le Chili (Gosse et Sprimont, 2010). 8 RAPPORT BLANC : rapport présenté par le député Christian Blanc, intitule “Pour un Écosystème de Croissance”, qui donne la priorité a la compétitivité des territoires et prône une économie d‟innovation en réseaux autour de ces mêmes pôles.
  10. 10. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 9 Tableau 1 : Les formes de collaboration inter-organisationnelles (Froehlicher et Barès, 2014) Pourquoi les pôles de compétitivité ont été créés ? L‟industrie est le principale facteur de croissance pour l‟économie française. Elle réalise 80% des exportations. Dans ce contexte d‟internationalisation des échanges, les firmes doivent faire face à une pression concurrentielle plus forte. Le passage d‟une économie de production à une économie de connaissance est justifié. Actuellement, l‟industrie concentre près de 90% des dépenses R&D (DIACT9 , 2006), donc l‟innovation devient une source de compétitivité et de croissance. Les pôles de compétitivité ont été créés pour stimuler l‟économie française. En effet, le rapprochement des industriels et des scientifiques donne une bonne visibilité internationale et augmente l‟attractivité des entreprises. Ce rapprochement est aussi à l‟origine de nombreuses innovations car les partenaires mettent en commun leur activité de R&D. Finalement la création des pôles de compétitivité est un frein aux délocalisations et favorise le développement des écosystèmes locaux. Comment les pôles de compétitivité ont été créés ? En novembre 2004, le gouvernement français lance un appel à projet, le but de l‟État étant de faciliter la naissance des pôles. Cette action permet à l‟État d‟avoir un rôle facilitateur, la création des pôles est laissé à l'initiative des entreprises. Après cet appel, 105 projets ont été déposés par les entreprises et les acteurs locaux, dont 66 ont été labéllisés “pôles de compétitivité” au 6 mars 2006 (DIACT, 2006). Parmi ces 66 pôles il y avait 16 pôles internationaux (6 pôles mondiaux et 10 pôles à vocation mondiale) et 50 pôles nationaux. 9 DIACT : Délégation Interministérielle à l'Aménagement et à la Compétitivité des Territoires, ancienne DATAR.
  11. 11. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 10 Depuis leur création en 2005, les pôles e compétitivité ont connu une croissance et un développement dynamique. Selon le Comité interministériel d‟‟aménagement et de développement du territoire (CIADT), on distingue trois phases de développement de la politique des pôles de compétitivité : - Première phase entre 2006 et 2008, a été axée sur la promotion de la R&D et le développement de coopérations entre des entreprises et des centres de recherche et de formation. La phase 1 est conclue en 2008 avec une évaluation de l‟ensemble des pôles de compétitivité labellisés en 2005. - Deuxième phase, appelée aussi pôle 2.0, entre 2009 et 2012, avait essentiellement trois priorités: la fortification de l‟animation et le pilotage stratégique des pôles; le développement des plates-formes d‟innovation et le développement des écosystèmes de croissance des entreprises des pôles. Pour implémenter cette phase, l‟Etat a affilié 1.5 milliards d‟euros. - Troisième phase (phase 3.0) de la politique des pôles de compétitivité a été lancée par le Gouvernement en janvier 2013, et concerne la période 2013-2018. Elle s'inscrit dans le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi. Comment les pôles sont-ils labelisés ? La labellisation est mise en place par les pôles de compétitivité et associe leurs segments de marché et les investisseurs actifs du territoire. Le processus de labellisation repose sur une charte nationale élaborée en partenariat avec la Caisse des Dépôts, l‟Association Française des Investisseurs en Capital, la Fédération des Réseaux de Business Angels, la Direction Générale des Entreprises et l‟OSEO10 . (entreprise-innovante-des-poles.fr11 ). Les entreprises doivent constituer des dossiers qui répondent à un cahier de charge précis. Pour être éligible, le projet, indiqué dans le dossier, doit contenir au moins trois partenaires, dont un public, l'activité de R&D doit être réalisé en France et avoir un objectif de développement de produits innovant, qui seront mis sur le marché à un terme de cinq ans (competitivite.gouv.fr12 ) Ces dossiers sont ensuite évalués en trois phases. Tout d‟abord, les préfets de région annonce leurs appréciations sur la qualité des partenariats entre les entreprises et les collectivités locales. Ensuite, la deuxième évaluation est plus technique, où plus 10 OSEO : entreprise publique qui dépend directement de l‟Etat et de la Caisse des dépôts de consignations crée pour soutenir l‟innovation et la croissance des PME. OSEO a été fondée par la fusion de la Banque de Développement des PME, l‟Agence Nationale de Valorisation de la Recherche, la SOFARIS et l‟Agence de l‟Innovation Industrielle. 11 http://www.entreprise-innovante-des-poles.fr/index.php/obtenir-le-label 12 http://competitivite.gouv.fr/les-appels-a-projets-de-r-d-fui/qu-est-ce-qu-un-bon-projet-collaboratif-de-r-d-candidat-au-fui-1014.html
  12. 12. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 11 de 140 experts des différents ministères analysent le dossier déposé. Finalement, pour qu‟un projet soit labellisé “pôle de compétitivité”, un groupe composé d‟industriels, de financiers et de scientifiques évalue le dossier (economie.gouv.fr13 ). Comment les pôles de compétitivité sont-ils financés? Les aspirations de croissance d‟entreprises sont de plus en plus importantes, ce qui implique un besoin de financement. Les pôles de compétitivité disposent de divers mécanismes pour financer leurs projets de R&D. On peut distinguer les financements publics et privés. Les mécanismes traditionnels de financement privé sont l‟autofinancement et l‟endettement. Quand les entreprises non pas les moyens financières et ne peuvent pas s‟endetter, elle ont la possibilité d'attirer dans les pôles des investissements de capital risque14 ou capital investissement15 . En 2012, ces investissements s'élevaient à hauteur de 6.1 milliards d‟euros. Ainsi les investisseurs privés “business angels16 ” sont encouragé de participer au financement de projet R&D par les réductions d'impôts sur le revenu ou l‟ISF17 . Selon le site officiel de pôles de compétitivité18 , en 2012, environ 1.8 milliards d‟euros ont été investis dans l‟ensemble des PME françaises au sein des pôles de compétitivité par des business angels. Le rôle des fonds d‟investissement est très important dans l‟écosystème des entreprises innovantes, ils combinent la capacité de financement,la mise en réseau et la prise de risques. Les outils directs de financement des projets collaboratifs de R&D entre les entreprises, les organismes de recherche et de formation sont les subventions, les exonérations d'impôt sur les sociétés et d'allègement des charges sociales. Cette forme de soutien public direct est prise en charge par les ministères comme le Ministère de la Défense, le Ministère en charge de l‟industrie, etc. Cependant, l‟Agence Nationale de la Recherche (ANR) et l‟Oséo ont été créés, pour compléter ces dispositifs. Les aides Européennes (PCRD, PCI19 ) constituent une source supplémentaire de financement direct. Les mécanismes d‟allocation des subventions ont connu de multiples modifications (Bellego et Dortet-Bernadet, 2014). En 2006, le Comité Interministériel d'Aménagement et de Compétitivité des Territoires a fusionné tous les fonds ministériels dédies aux pôles de compétitivité en un 13 http://www.economie.gouv.fr/cedef/dossier-documentaire-poles-competitivite 14 Capital Risque : activité, limitée dans le temps, de prises de participations en capital dans des entreprises naissantes ou très jeunes et non cotées. Regroupe les financements en amorçage, en création et en post-création. 15 Capital Investissement : ensemble des activités de financement en fonds propres des entreprises, qui couvre les métiers du capital risque, du capital développement et du capital transmission. 16 Business Angels : personne qui investit une part de son patrimoine et met à disposition de l‟entrepreneur ses compétences, son expérience et ses réseaux. Peut agir individuellement, au sein d‟un réseau directement ou via un fonds d‟investissement. 17 ISF : Impôt de Solidarité sur la Fortune 18 http://competitivite.gouv.fr/un-ecosysteme-des-poles-pour-favoriser-l-innovation-et-la-croissance/financement-prive-762.html 19 PCRD : Programme Cadre de Recherche et Développement technologique; PCI : Programme Compétitivité et Innovation
  13. 13. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 12 Fonds unique de Compétitivité des Entreprises (FCE), avec un budget de 730 millions d‟euros entre 2006 et 2008. Pour les années 2009-2011, un budget de 1.5 milliards d‟euros a été consacre aux pôles de compétitivité au travers le Fonds Unique Interministériel (FUI) au sein de FCE (économie.gouv.fr). La principale source de financement indirect des entreprises au sein des pôles de compétitivité est le Crédit d'Impôt Recherche (CIR). Entre 2005 et 2010, le montant de financements indirects s‟est multiplié par cinq. En 2010, le financement public de la R&D des entreprises était un peu moins de huit milliards d‟euros, dont le montant de cinq milliards était indirect. L‟évolution de ce financement public depuis 2005 est détaillée dans le tableau ci-dessous. Tableau 2 : Évolution du financement public de la R&D des entreprises de 2005 à 2010 (Bellego et Dortet-Bernadet, 2014) 2. La gouvernance des pôles et la place des institutions publiques La gouvernance d‟un pôle de compétitivité peut être privée, par les associations d‟entreprises, les Chambres de Commerce, les syndicats professionnels, etc., ou publique, par l‟Etat, les collectivités territoriales, les agences économiques, etc. (Bocquet et Mothe, 2010). Selon la nature des agents en charge de la gouvernance territoriale, Gilly et Perrat (2003) développent trois modes de gouvernance: la gouvernance privée, avec un acteur meneur (entreprise leader ou ensemble d‟acteurs privés); la gouvernance publique, avec un pouvoir décisionnel d‟acteurs publics et le gouvernance mixte, un mélange entre les deux modes précédentes, avec une part privée ou publique dominante. Le rôle de pouvoirs publics est très important dans la compréhension et la résolution des problèmes existants en vue d‟atteindre l‟objectif commun. Il existe deux dimensions de l‟intervention des institutions publiques. D‟une part elles peuvent être présentes à l‟échelle locale, régionale ou nationale, d‟autre part, l‟intervention peut être directe, en tant que partie prenante interne, ou indirecte, exerçant une influence externe.
  14. 14. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 13 Les institutions publiques contribuent substantiellement à la création d‟une proximité institutionnelle autour de certaines valeurs partagées par l‟ensemble des acteurs et à l‟émergence d‟un compromis (Bocquet et Mothe, 2010). La gouvernance des pôles La réussite à long terme d‟un pôle de compétitivité dépend de la qualité de sa gouvernance. La gouvernance représente l‟ensemble de bonnes pratiques menées en vue d‟assurer le bon fonctionnement d‟un pôle de compétitivité. Cette gouvernance “facilite la définition des enjeux stratégiques et la mise en oeuvre de la feuille de route et des moyens pour les atteindre” (CM International et ARCessor, 2008). La gouvernance doit prendre en compte les entreprises, les centres de formations, les unités de recherche, donc les porteurs de projets. Cependant, la gouvernance doit représenter les collectivités publiques qui soutiennent les projets R&D. La gouvernance des pôles implique une confrontation et une coopération entre les acteurs organisationnels et institutionnels différents (Ehlinger et Perret, 2009). Les pôles de compétitivité sont structurés en associations à but non lucratif selon la loi de 190120 . La majorité des pôles ont une organisation de type classique composée d‟une assemblée générale, un conseil d‟administration, un bureau, un président avec les vice-présidents et le directeur qui dirige l‟équipe d‟animation. Ce type d‟organisation assure la réactivité et la qualité de l‟association de ses membres (Technopolis Group- ITD21 , 2012). Tableau 3 : La structure d’organisation d’un pôle de compétitivité (compétitivité.gouv.fr) En partant du type d‟organisation, on peut distinguer six principales axes dans la gouvernance des pôles : 20 La loi d‟association à but non lucratif de 1901 : Une association doit remplir plusieurs conditions : être composée d'au moins deux personnes ; avoir un autre but que de partager des bénéfices. De plus, l'activité de l'association ne doit pas enrichir directement ou indirectement l'un de ses membres. 21 Étude portant sur l‟évaluation des pôles de compétitivité
  15. 15. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 14 - La stratégie d‟un pôle concerne les marchés ciblés, les enjeux technologiques, le positionnement international du pôle, les acteurs associés et leur place sur la chaîne de valeur. - La stratégie R&D est en lien avec la stratégie générale du pôle et définit les orientations technologiques. Cette stratégie R&D sert à la détection, la sélection et l‟évaluation des projets de recherche et développement entre les acteurs. - Le processus projet identifie et sélectionne les meilleurs projets, assure la recherche des investisseurs, et optimise les sources de financement. - Le développement international concerne le développement des marchés internationaux, les nouvelles coopérations internationales qui vont augmenter la visibilité du pôle. - La gestion des compétences est un élément fondamental car la population du pôle est très hétérogène (chercheurs, entrepreneurs, salariés). La gestion des ressources humaines s‟occupe de recrutement des profils adaptés, formation des équipes, de l‟accompagnement des projets, etc. - L‟implication des PME est un facteur décisif du développement d‟un pôle et un indicateur de sa performance. Malgré ces axes de direction, le modèle de gouvernance n‟est pas statique. Et doit tenir en compte la taille, l‟environnement, les acteurs et les projets entrepris du pôle (CM International et ARCessor, 2008). La gouvernance des pôles à dominante PME “Dans la logique de la gouvernance libérale, il faudrait envisager de constituer le pôle de compétitivité comme une structure juridique dont le capital appartiendrait à toutes les parties prenantes du pôle” (Gomez, 2008). Les pôles de compétitivité formés essentiellement des PME sont caractérisés par la hétérogénéité en terme d‟activité principale, taille, structure de capital etc. Ces différences sont souvent considérés comme des possibles obstacles à la coopération. Les PME sont moins dotées en ressources cognitives et se caractérisent par des moyens modestes en R&D. Les lacunes de coopération entre les acteurs de différents secteurs conduisent à la création d‟un support institutionnel pour créer une proximité institutionnelle, Bocquet et al. (2009). La forme d‟organisation des pôles de compétitivité est plutôt collaborative et décentralisée et diffère de l‟organisation intégrée d‟une entreprise. Il n‟y a pas de contrat de subordination des entreprises, mais plutôt une acceptation informelle de “jouer le jeu” (Gomez, 2008). Cette organisation collaborative décentralisée se caractérise par
  16. 16. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 15 l‟absence d‟autorité centrale sur les décisions collectives volontaires. La bonne gouvernance du pôle est fondée sur la création d‟externalités positives au bénéfice de tous les membres et la collaboration des agents en vue de création de valeur commune. Le graphique ci-dessous montre la répartition moyenne en % de pouvoir dans le conseil d‟administration et le bureau, le calcul est effectué sur le cumul des effectifs de tous les pôles de compétitivité en 2011. Graphique 1 : La répartition des instances de gouvernance des pôles (2011) Étant donné que la plupart des entreprises au sein d‟un pôle de compétitivité ont des intérêts divergents et il existe une difficulté d‟établir les droits de propriété sur la rente économique tirée, la gouvernance du pôle devient problématique. Selon cette logique, Pierre-Yves Gomez (2008), propose deux solutions permettant une meilleure gouvernance : l‟unification comptable et/ou la désignation du profit comme « point fixe » des intérêts de tous les participants. Ehlinger et al. (2007) distingue dans leur ouvrage trois formes de gouvernance des réseaux territorialisés d‟organisations : - Par la firme focale, forme de gouvernance caractérisée par une asymétrie du pouvoir. Cette firme “pivot” coordonne les taches, centralise les décisions et se positionne comme le garant de l‟évolution du réseau. Des limites de ce modèle ont été constatées lors de son application aux pôles de compétitivité, où un équilibre entre les entreprises, centres de formation et les laboratoires de R&D est nécessaire.
  17. 17. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 16 - La gouvernance associative est une « combinaison d’institutions privées et spécialisées en charge de l’élaboration, de l’adaptation et de l’exécution des règles collectives » (Ehlinger et al., 2007, p. 164), le pilotage et la régulation sont partagés de façon plus ou moins équitable entre les membres. Cependant, l‟absence d‟un centre de direction représente une limite pour les pôles à forte diversité de membres. - La gouvernance territoriale est un modèle de gouvernance conçu pour rassembler les acteurs économiques et publiques locaux, donc une “proximité institutionnelle”. Les acteurs publics ont un poids important et peuvent participer à la communication, la coordination et la prise de décisions entre les différentes catégories d‟agents (entreprises, syndicats, associations). Cette forme de gouvernance est le plus adaptée aux pôles de compétitivité à dominante PME car intègre au mieux les la diversité des acteurs indifféremment de leur taille. La gouvernance des pôles de compétitivité prends différentes formes. Elle peut être structurée et formelle, avec un conseil d‟administration, des comités de direction et une forte participation des parties prenantes (exemple : Minalogic), ou elle est plutôt informelle et opérationnelle, basée sur une connaissance étroite des parties prenantes, les équipes dédiées des salariés, qui mettent en cœur les décisions du CA (exemple : Arve). 3. Minalogic (Potter, 2009) Minalogic ou Micro- NAnotechnologies et Logiciel Grenoble-Isère Compétitivité est l‟un des premiers pôles de compétitivité et occupe la première place par sa taille entre les sept pôles internationaux français. C‟est donc un pôle qui concentre son activité et la R&D dans le secteur des micro et nanotechnologies et du logiciel embarqué. Ces recherches sont financés par les organismes comme le FCE22 alimenté par le FUI23 , mais aussi des agences publiques comme ANR24 , AII25 , Oséo ou AFIE26 . Ce pôle reçoit aussi une aide financière par les exonérations fiscales et des allégements de charges sociales. Ici, nous nous sommes intéressés aux caractéristiques du pôle, ses forces et faiblesses, son interaction avec les acteurs politiques et, ce qui est le plus intéressant dans notre travail, le rôle des PME dans ce pôle. 22 FCE: Fonds de Compétitivité des Entreprises 23 FUI: Fonds unique interministériel 24 ANR: Agence Natinale de Recherche 25 AII: Agence d‟Innovation Industrielle 26 AFIE: Agence Française pour l‟Innovation et l‟Entrepreneuriat
  18. 18. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 17 Les caractéristiques du pôle Minalogic Comme on a dit plus haut, Minalogic est le plus grande pôle de compétitivité français. Ce pôle comporte 241 membres dont 198 entreprises, 13 centres de recherche et universités, 15 collectivités territoriales, 12 organismes de développement économique et 3 investisseurs privés. Graphique 2 : La part des membres dans le pôle (www.minalogic.com 27 , 2015) On remarque que la plus grande partie des membres de Minalogic sont des entreprises (82%). Ces entreprises sont, pour la plupart, très jeunes (moins de dix ans) ce qui démontre le développement très rapide du pôle. La majorité de ces entreprises recentrent leur activité dans un domaine. Les activités de chaque entreprises sont souvent complémentaires et autour de quelques technologies centrales. 18% des entreprises sont des grandes groupes (plus de 500 salariés) et la plus grande est STMicroelectronics avec plus de six milles salariés à Grenoble. On remarque aussi dans le graphique 2, que les centres de recherche et de formation occupent aussi une place importante dans le pôle. Sur 40000 employés 5000 travaillent dans ces centres. Les universités de Grenoble sont mondialement connues (un étudiant sur six est étranger). Les quatre universités ensemble (INPG28 , UJF29 , 27 http://www.minalogic.com/221-annuaire-des-entreprises-laboratoires-et-universites-en-micro-electronique-et-s.htm#.VWCepk_tl8N 28 INPG: Institut National Polytechnique Grenoble 29 UJF: Univercité Joseph Fourier
  19. 19. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 18 UPMF30 , Standhal) regroupes prés de 50000 étudiants. En plus de ces universités, la Grenoble École de Management, dépendant de la Chambre de Commerce et d‟Industrie (CCI) et comptant 2500 étudiants. Le pôle comporte aussi quatre établissements nationaux de recherche (CEA- Grenoble, Leti, CNRS délégation Alpes, INRIA Rhône-Alpes) auxquels s‟ajoutent quatre instituts internationaux (Institut Laüe-Langevin, European Synchrotron Radiation Facility, European Molecular Biology Laboratory, Laboratoire des Champs Magnétiques Intenses) qui sont mise à la disposition des chercheurs du pôle. Ce pôle de Grenoble est caractérisé par une grande concentration des entreprises (91.3% des établissements se trouvent dans l‟arrondissement de Grenoble). Ces établissements réalisent des activités dans cinq secteurs principaux : la fabrication de composants, le développement de logiciels, l‟ingénierie et l‟inspection technique, les domaines d‟application et la logistique administrative. Ces secteurs réalisent les deux tiers du chiffre d‟affaire du pôle. Ce chiffre d‟affaire est en croissance depuis 2002 (+64%). La croissance du chiffre d‟affaire est plus significative (+90%) si on ne prend que les PME. Le tableau si dessous montre le nombre d‟établissement et de salariés appartenant aux cinq secteurs principaux de Minalogic en 2006. Tableau 4 : Nombre d’établissements et de salariés du pôle Minalogic par secteurs en 2006 Minalogic Établissements Salariés La fabrication de composants 12 4437 Le développement de logiciels 9 919 L‟ingénierie et l‟inspection technique 7 377 La logistique administrative 2 47 Les domaines d‟application 16 4467 Ensemble 46 10247 Source : INSEE Rhône-Alpes Minalogic accorde une place très importante à la R&D. Pour cette raison, une des caractéristiques de ce pôle est d‟avoir une grande proportion de cadres et professions intellectuelles supérieures. Un peu moins que la moitié des salariés appartiennent à cette catégorie socioprofessionnelle (CSP). Cette proportion dépasse les 88% dans les secteurs de développement de logiciels et l‟ingénierie et l‟inspection technique. On remarque aussi une substitution des emplois de production par les emplois de chercheurs et d‟ingénieurs d‟étude depuis 2002. Cette substitution est plus visible dans 30 UPMF: Univercité Pierre Mendès France
  20. 20. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 19 les PME, ce qui nous indique que les PME arrivent à finaliser une partie de leurs projets de R&D et les mettent en production. Le tableau 5 détaille la proportion des salariés de Minalogic par CSP et par secteurs en 2004. Tableau 5 : La proportion des salariés de Minalogic par CSP dans les cinq secteurs principaux du pôle. CSP Cadres et professions intellectuelles supérieures Professions intermédiaires Employés Ouvriers Fabrication de composants 39.0% 20.2% 3.6% 37.2% Développement de logiciels 88.0% 8.5% 3.2% 0.3% Ingénierie et inspection technique 91.4% 7.4% 1.2% 0.0% Logistique administrative 24.4% 46.3% 24.4% 4.9% Domaines d’application 42.8% 36.9% 10.5% 9.9% Minalogic 44.1% 25.2% 6.0% 24.6% Source : INSEE Rhône-Alpes Cette grande proportion de cadres et professions intellectuelles supérieures confère au pôle Minalogic un haut niveau d‟innovation. Plus que 80% des établissements sont innovateurs. L‟apprentissage des PME dans cette activité favorise le caractère innovateur de Minalogic. De plus, les établissements déclarent que les projets d‟innovations sont plus souvent réalisés avec d‟autres établissements du pôle. Ces coopérations sont : - entre les entreprises, dans le but de concevoir le produit plutôt que le produire. Ce type de coopération est principalement entrepris pour atténuer le manque de ressources internes en travail et en capital. - entre une entreprise et les laboratoires et universités, qui vise aussi, comme la précédente, plutôt la conception du produit. Cette coopération peut-être considérée comme une externalisation de la R&D. Mais cette coopération peut- être fait pour pallier le manque de compétences internes ou d‟équipement nécessaires.
  21. 21. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 20 Analyse SWOT du pôle Minalogic En 1965, quatre professeurs de Harvard Business School (Learned, Christensen, Andrews, Guth) ont mis au point ce concept d‟analyse SWOT31 . Ce concept est né du constat qu‟ils ont fait des entreprises qui avaient des comportements opportunistes et essayaient de minimiser les risques. Nombreuses entreprises ont vite adopté cette matrice SWOT pour leurs analyses stratégiques (Moulhade, 2009). La matrice SWOT a quatre cadrants qui naissent des croisements entre les atouts et les handicaps de l‟entreprise, selon l‟analyse interne ou externe (marché) de l‟entreprise. Cette matrice est présentée dans l‟illustration ci-dessous : Figure 1 : La matrice SWOT (Source : http ://www.succes-marketing.com 32 ) Après cette court présentation de la matrice SWOT, nous avons décidé d‟appliquer cette analyse au pôle de compétitivité Minalogic. Cela nous aidera à mieux positionner ce pôle par rapport aux autres. Par la suite, nous présenterons les principaux forces, faiblesses, opportunités et menaces de ce pôle. 31 SWOT : Strengths (Forces) / Weakness (Faiblesses) / Opportunities (Opportunités) / Thearts (Menaces) 32 http://www.succes-marketing.com/marketing/analyse/swot-ikea.html
  22. 22. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 21 Les forces de Minalogic Une des clés du succès du pôle de Grenoble, ce sont les nombreux projets structurants qui ont favorisé le développement du pôle. Nous allons détaillé, ici, trois de ces projets qui sont Minatec, Alliance Crolles 2 et Minalogic. Minatec est un centre d‟expertise spécialisé dans les micro- et nanotechnologies qui comprend une plateforme d‟enseignement et de formation, une plateforme de recherche et une plateforme de valorisation. Ce projet réunit 1000 élèves ingénieurs, 120 enseignants, 500 stagiaires, 1200 chercheurs, etc. Alliance Crolles 2 a démarré en 2002, en associant trois sociétés (STMicroelectronics, Philips-NXP et Freescale), qui réunissent leurs activités de R&D tout en restant concurrent. Ces projets, qui ont fait le succès de Minalogic, ont eu besoin d‟un investissement, qui a été assuré par les collectivités locales. Ce soutient des collectivités locales est une autre force de ce pôle. Mise à part des investissements réalisé dans les projets structurants, les collectivités locales sont intervenus dans l‟aménagement du territoire. Elles se sont impliquées dans le conseil d‟administration du pôle et ont versé des aides financière pour le R&D. La présence des quatre universités, indiqués précédemment, favorise la croissance de Minalogic en assurant la disponibilité du main d‟cœur qualifié. Ces universités ensemble comptent plus de 60000 étudiants et pour les domaines de l‟informatique et logiciel et micro- nanotechnologies et électronique plus de 3000 diplômes par an. Ce capital humain que dispose le pôle Minalogic représente un de ses forces. Ce capital humain est aussi alimenté par les centres de recherche comme CEA33 Grenoble (centre de recherche dédiée au micro- nanotechnologie et de l‟énergies renouvelables) ou le LETI34 (centre de recherche de micro- nanotechnologie mondiale). Cette proximité à la fois géographique et institutionnelle rend la collaboration entre les acteurs très facile. Cette collaboration est nécessaire non seulement entre les acteurs de la recherche et de l‟industrie, mais aussi entre les les acteurs privés et public, pour le bon fonctionnement du pôle. Les acteurs publics sont impliqués dans les projets de recherche et dans la création des bâtiments pour réaliser ces recherches. La forte concentration de la recherche publique constitue un autre force de Minalogic. Plus de deux tiers des chercheurs sont dans la recherche publique (univercités et centre de recherche). Cela se fait pour augmenter la compétitivité de la région et du pôle. 33 CEA : Commissariat à l‟Energie Atomique 34 LETI : Laboratoire d‟Electronique et de Technologie de l‟Information
  23. 23. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 22 Les faibelesses de Minalogic Le pôle de Grenoble, étant le premier en Cœur, n‟est pas dépourvu de faiblesses, qui sont à l‟origine de freins pour la croissance de Minalogic. Tout d‟abord, le salaire bas du secteur public, oriente les jeunes diplômés vers les grandes entreprises. Cela fait baisser le nombre de chercheurs dans les laboratoires et les universités, alors que le R&D représente un cinquième de l‟emploi de Minalogic. Cela est accompagné par un écart creusé entre le nombre de technicien et les ingénieurs à cause d‟un manque de formation technique. Ces formations doivent être organisées non seulement par les entreprises, mais aussi par les universités. Grenoble est entouré de montagnes, ce qui trace les frontières naturelles de la ville et le limite pour sa croissance et sa taille. La forte augmentation de la population grenobloise, par l‟immigration, nécessite une augmentation des infrastructures (écoles, transports, logements, etc.) que Grenoble ne peut pas suivre à cause de cette limitation. Cela impacte aussi la croissance du pôle Minalogic. Enfin, une autre faiblesse est rencontrée au niveau de la main d‟cœur qualifiée, très chère en Cœur par rapport aux pays étrangers, notamment les pays en Europe de l‟Est. Les acteurs du pôle préfèrent se délocaliser pour avoir un plus grand profit. De plus ces acteurs indiquent qu‟il y a des pays où le financement public pour la recherche est plus rapide et plus grand dans d‟autres pays par rapport à la Cœur. Ils indiquent aussi que ce financement manque de flexibilité en Cœur. Ces financements sont très ciblés sur les recherches pour l‟activité principale du pôle (pour Minalogic : micro- nanotechnologies et logiciel). Cela représente un frein pour le pôle, car il se concentre sur une seule activité et ne pourra pas réagir rapidement au changement de besoin dans le marché. Les opportunités de Minalogic La principale opportunité du pôle Minalogic, c‟est l‟intégration des PME dans sa chaîne de valeur, et les permettre de commercialiser les innovations conçues dans les grandes entreprises et les laboratoires. Cela permettrait aux grandes entreprises de ce concentrer sur leur cœur d‟activité. Le développement des PME permettrait aussi la diffusion plus large de l‟innovation et augmenterait aussi la visibilité mondiale du pôle. Ces PME peuvent aussi faire de la sous-traitance et jouer un rôle de fournisseurs pour les grandes entreprises et les laboratoires. Les menaces de Minalogic La concurrence, qui augmente avec la mondialisation, représente une menace pour le pôle de Grenoble. Notamment, le gouvernement américain et japonais, qui
  24. 24. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 23 favorisent le développement des nanotechnologies et l‟informatique et apportent des financements à grande échelle à la R&D dans ce domaine, mais aussi valorisent les résultats obtenus. Le gouvernement français doit continuer de soutenir le pôle de Grenoble par des investissements. Ces investissements doivent être rapides et flexibles, pour permettre à Minalogic de faire face à la concurrence. On remarque aussi une insuffisance pour le soutien aux entrepreneurs du pôle. Ces soutiens existent mais ne sont pas suffisamment visibles. Ce qui rend la création et le développement des entreprises, et surtout des PME, très difficiles. Participation croissante des PME dans les poles de competitivite II. La participation croissante des PME dans les pôles de compétitivité “Le pôle de compétitivité a pour objectif de mailler des relations économiques entre ceux qui le composent de manière qu’ils bénéficient des effets du maillage et en tirent un avantage compétitif par rapport aux concurrents qui ne participent pas au pôle” (Gomez, 2008). Depuis la création des pôles de compétitivité le nombre des PME d‟adhérentes est en croissance continue. En 2005, leur nombre était de seulement 2000 dans toute la France. En 2008, plus de 5000 PME participent aux pôles de compétitivité et plus de 6400 en 2011, l‟équivalent du 80% des entreprises présentes. Cette implication croissante des petites et moyennes entreprises se traduit également au niveau de la gouvernance, ou les PME représentent 25% des voix en 2011, ce qui est plus que deux fois moins que le poids dans les adhérents. Cependant, on peut remarquer une hausse par rapport à 2007, quand les PME représenté seulement 15% des voix dans le conseil d‟administration (Bassot et al., 2008). Selon le site interministériel copétitivité.gouv.fr, actuellement près de 45% des projets labellisés par les pôles sont coordonnés par les PME et les TPE35 . Cette croissance repose sur l‟accès facilité aux sources de financements ainsi qu‟à la commercialisation des innovations réalisées. Les pôles compétitivité ont une structure évolutive, ce qui permet d‟accueillir des nouveaux partenaires sans avoir besoin de renégociation avec l‟État. Les entreprises souhaitant intégrer un pôle de compétitivité doivent s‟assurer que son activité correspond à la thématique du pôle. Il n‟y a pas des limites pour les PME innovantes à la participation à un pôle. Cependant, la participation à un pôle nécessite une adhésion proportionnelle à la taille de l‟entreprise et au projet auquel participe l‟entreprise. Les chartes de cotisation sont propres pour chaque pôle. Par exemple une entreprise de moins de 50 employés acquittera 500 euros par an et une entreprise de moins de 500 35 TPE : Très Petite Entreprise
  25. 25. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 24 salariés va payer 2000 euros dans le pôle “Systématic Paris-Région” (Paris Region Entreprises, 2014). La cotisation d‟adhésion au “Pôle Pégase” en 2015 est de 1320 et 1980 euros pour une PME de 100 personnes et respectivement moins de 250 personnes (Pôle Pégase, 2014). L‟adhésion au “Minalogic” pour une PME coûte 5250 euros (Minalogic, 2014). Les comités de direction analysent les dossiers de entreprises candidats. S‟ils sont acceptés, les entreprises pourront participer à des projets communs présentés à l‟État en vue de toucher les financements. L‟implication des PME dans la gouvernance des pôles est possible et de plus en plus fréquente. Une pratique qui fonctionne est la participation d‟un dirigeant de PME dans le bureau du pôle, à travers des représentants à condition d‟une disponibilité suffisante pour s‟impliquer ou par la présence d‟un interlocuteur dédié aux PME. Les pôles de compétitivité deviennent de plus en plus attractifs pour les entreprises et les centres de recherche. Les firmes qui adhérent les plus aux pôles de compétitivité sont les PME qui font de la R&D et les jeunes entreprises innovantes (JEI). En devenant membres des pôles de compétitivité, les PME et les établissements de taille intermédiaire (ETI) peuvent tirer profits de divers avantages économiques, candidater pour l‟obtention des subventions et participer à des projets collaboratifs de R&D développés dans le pôle, ce qui permettra de bénéficier de ses effets externes positifs et les amplifier. Le label Entreprise Innovante des Pôles est la marque nationale des pôles de compétitivité est utilisé pour distinguer les PME technologiques a fort potentiel de croissance et leurs faciliter l‟obtention des financements privés. Les effets positifs de la participation dans un pôle de compétitivité deviennent visibles après que le pôle performe, c‟est à dire moyen terme. Cela signifie que les parties prenantes qui s‟engagent croient dans les futures performances. “Plus les membres y croient, plus ils réalisent l’objet de leurs croyances et en touchent les bénéfices” (Gomez, 2008). Le tableau ci-dessous, élaboré en 2014 par Christophe Ballégo et Vincent Dortet- Bernadet illustre les activités et les principales fonctions des pôles de compétitivité:
  26. 26. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 25 Tableau 6 : Les actions possibles d’un pôle de compétitivité Certaines PME choisissent de présenter leurs projets de façon indépendante, en dehors du pôle en renonçant au financement et en privilégiant l‟avancement du projet. À partir de ces enjeux, en 2007 les pôles ont commencé à développer des stratégies pour attirer et faciliter l‟implication des PME. Un intérêt particulier vient de la part des pôles de compétitivité en vue de simplifier le montage des projets dans leurs réseaux par les PME en partenariat avec d‟autres acteurs (Bassot et al., 2008). Les entreprises de petite et moyenne taille sont le moteur de croissance de l‟Union Européenne (UE). Avec EUROPE 202036 , des nouveaux objectifs ont été établis pour l‟emploi, la lutte contre le changement climatique, l‟énergie et l‟innovation. La réalisation de ces objectifs dépend fortement des PME car leur contribution fait de l‟UE une économie intelligente, compétitive et durable. En 2012, le nombre de PME européennes était de 23 millions, ce qui constitue un fort levier de relancement de l‟économie de l‟UE (RP France37 , 2012). Au niveau de la France, cette stratégie se traduit par la création des pôles de compétitivité, avec l‟ancrage des PME dans les chaînes de valeur des territoires et l‟intégration de leurs compétences en R&D. Le secteur des PME dans les pôles de compétitivité est très important notamment pour le développement économique et l‟innovation, le développement territorial et la création d‟emplois ainsi que la cohésion sociale. 36 Europe 2020 : Europe 2020 est la stratégie de croissance que l'Union européenne a adoptée pour les dix années à venir. L'Union doit devenir une économie intelligente, durable et inclusive. 37 RP France : Représentation permanente auprès de l‟Union européenne
  27. 27. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 26 Selon DIACT, l'intégration des PME dans les pôles est un enjeu stratégique pour la réussite de cette politique. Le financement des projets de R&D menés par les PME est primordial car ces sociétés sont à la base de la chaîne de valeur des futures filières. “Il est important de leur réserver une part importante du financement public et un taux de succès élevé afin de conserver leur adhésion au mécanisme de développement territorial porté par les pôles “. Tableau 7 : Intégration des PME dans les pôles de compétitivité Les participants aux pôles de compétitivité sont généralement des entreprises spécifiques. Les PME présentes réalisaient de la R&D avant d‟adhérer aux pôles de compétitivité et la plupart d‟entre elles ont bénéficié de subventions publiques de soutien à la R&D plus fréquent que les autres entreprises (Dortet-Bernadet, 2013). « 70% des entreprises innovantes sont membres des pôles et connaissent une croissance de leur Chiffre d’Affaires supérieure à la moyenne des entreprises. Elles réalisent en moyenne plus d’investissements que les entreprises similaires restées en dehors du dispositif » (AFPC). 1. Les PME membres vs les PME restées en dehors des pôles de compétitivité L‟adhésion au pôle de compétitivité pour les acteurs est facultative et volontaire. La politique des pôles de compétitivité cherche à favoriser les investissements en R&D. Par les pôles de compétitivité, les entreprises sont mises en contact avec les investisseurs publics et/ou privés. Également, les entreprises sont aidées dans leurs démarches d‟obtention des subventions. Les projets de R&D labellisés ont pu participer aux appels d‟offre du Fonds Unique Interministériel ou de l‟Agence Nationale de la Recherche. Pour évaluer l‟effet des pôles sur les PME, nous trouvons pertinente une
  28. 28. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 27 comparaison entre les entreprises des pôles et les entreprises aux mêmes caractéristiques mais qui ne font pas partie du dispositif. Généralement, la participation aux pôles concerne des entreprises spécifiques. La spécialisation du territoire est aussi un facteur important, certaines zones en France étaient orientées vers la R&D plus que d‟autres, même avant la mise en place des pôles de compétitivité. Cependant, les PME situées à proximité des centres de recherche publics ou sur les territoires à forte activité de R&D sont plus souvent membres d‟un pôle. (Dortet-Bernadet, 2013). On s‟est appuyé essentiellement sur le rapport de Cristophe Ballégo et Vincent Dortet-Bernadet sur l‟impact de la participation aux pôles de compétitivité sur les PME et les ETI. Cette étude est représentative parce qu‟elle permet d‟avoir une image concrète sur l'évolution en première phase entre 2005 et 2010 des entreprises de plus de deux ans d'ancienneté et faisant de la R&D pour un montant inférieur à 16 millions d‟euros. Leur méthode d'évaluation élimine les entreprises de grande taille et les entreprises qui ont les dépenses en R&D les plus élevées, ces entreprises participent fréquemment aux pôles de compétitivité. Ce filtrage rend possible une comparaison entre les PME au sein des pôles et celles restées en dehors aux caractéristiques semblables. En 2007, les entreprises étudiées ont réalisé près de 1.7 milliard d‟euros de DIRD38 , et 10% de la DIRD de la totalité d‟entreprises des pôles. Cependant, les DIRD des entreprises restées hors les pôles étaient approximativement de 3 milliards euros. Cette différence s‟explique par l‟exclusion de l'étude des entreprises faisant beaucoup de R&D. Les PME et les ETI de pôles ont réalisé en moyenne 116 000 euros de R&D de plus que les entreprises hors pôles en 2009. Cette différence représente en grande partie les subventions publiques et se traduit par une hausse d‟emploi dans la R&D. Les auteurs ont aussi constaté à cette phase qu‟il n‟y avait pas d‟effet sur le chiffre d‟affaire ni sur le nombre des brevets déposés. L‟étude montre qu‟à cette étape il n‟y avait pas de différences qualitatives pour démontrer que les PME et les ETI enregistrent des meilleures performances en participant au dispositif des pôles de compétitivité. 38 DIRD : Dépense Intérieure de Recherche et Développement
  29. 29. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 28 Tableau 8 : L’évolution des caractéristiques des entreprises des pôles et en dehors Le tableau ci-dessous, montre l'évolution de la dépense totale en R&D, de l‟emploi R&D et du financement public des entreprises dans et hors des pôles de compétitivité. Tableau 9 : l'évolution des caractéristiques des entreprises dans et hors pôles Entre 2007 et 2011 les financements du FUI s'élevaient à plus d‟un milliard d‟euros pour 888 projets, environ 1,2 million d‟euros par projet de R&D. Ces financements sont souvent complétés par d‟autre formes de soutien public à la
  30. 30. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 29 recherche et développement comme le CIR, les financements de Bpifrance39 et les financements de l‟Agence Nationale de la Recherche40 . Une des principales limites de cette méthode est liée au fait que l'étude ne prend pas en compte que les entreprises qui ont déjà répondu pendant 2 ans à l'enquête R&D. Également, les nouveaux membres qui ont fait de la R&D avant d‟entrer dans un pôle n‟ont pas été pris en compte. Donc les données obtenus par l'enquête sont incomplets. 2. Les PME membres et les partenariats internationaux Les entreprises des pôles de compétitivité renforcent les collaborations avec les acteurs internationaux. En 2011, « parmi les 2500 projets de R&D labellisés par les pôles, plus d’un sur dix impliquait au moins une entité localisée hors de France » (DGCIS). Les PME membres des pôles font plus de partenariats de R&D à l‟étranger (20%) que les autres PME (2%). Les partenariats technologiques internationaux offrent des nouvelles opportunités aux entreprises innovantes des pôles de compétitivité. Elles ont la possibilité de développer des synergies avec les entreprises et les laboratoires étrangers et promouvoir le savoir faire technologique français. Le Gouvernement porte aussi un intérêt particulier aux pôles et aux PME en matière d‟internationalisation des entreprises et d‟export. La coopération institutionnelle accélère également les partenariats d‟innovations technologiques. Le dialogue bilatéral entre la DGCIS et ses interlocuteurs dans certains pays, favorise la mise en place des partenariats étrangers, les pôles de compétitivité Uptex41 , Pegase42 et LUTB43 sont les exemples les plus connus. La mise en place d‟experts techniques internationaux par le ministère des Affaires étrangères en 2013 a également renforcé les relations entre les pôles français et les principaux « clusters » mondiaux. 3. Les pôles de compétitivité et les groupes étrangers Les pôles de compétitivité s‟ouvrent et favorisent de plus en plus les échanges avec les partenaires étrangers. Durant l‟année 2011, les pôles ont organisé environ 150 évènements internationaux sur leurs thématiques, ce que représente une hausse de 39 Bpifrance : Banque Publique d'investissement, est un organisme français de financement et de développement des entreprises. Elle est en particulier chargée de soutenir les petites et moyennes entreprises, les entreprises de taille intermédiaire et les entreprises innovantes en appui des politiques publiques de l'État et des régions. 40 Agence Nationale de la Recherche : agence qui s‟occupe de la sélection, financement et du suivi des projets R&D. 41 UPTEX : pôle du secteur du textile, spécialise les matériaux textiles avancés, les techniques polysensorielles, le design et a customisation de mass. 42 Pegase : pôle du secteur de l‟industrie aéronautique et spatiale. 43 LUTB : pôle centré sur la performance des systèmes de transports collectifs de personnes et de marchandises dans les métropoles.
  31. 31. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 30 20% des évènements face à 2010. Ces évènements sont souvent une source de nouvelles collaborations entre acteurs internationaux (DGCIS). La présence des groupes étrangers dans les pôles de compétitivité s‟accentue. En 2011, environ 8% des PME des pôles de compétitivité sont contrôlées par des groupes étrangers. Généralement, c‟est le secteur des technologies de l‟information et de la communication (TIC) qui est visé le plus. Les établissements du secteur des TIC sont situés essentiellement dans les grandes villes, notamment en Île-de-France, Marseille, Lyon etc. Selon la DGCIS (DGE44 actuellement), les groupes américains sont présents à hauteur de 21,4%, suivis par l‟Allemagne avec une présence de 15,8% et le Royaume- Uni avec 10%. Le tableau ci-joint montre la présence des entreprises étrangères dans les pôles de compétitivité. Tableau 10 : La présence des entreprises étrangères dans les pôles de compétitivité 44 DGE : Direction Générale des Entreprises, ancienne DGCIS.
  32. 32. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 31 *** LE DEVELOPPEMENT DES PME AU SEIN DES POLES DE COMPETITIVITE Le gouvernement français s‟est engagé à continuer cette politique d‟excellence et de compétitivité, et préserver le fort potentiel de croissance et d‟innovation. Le poids et le rôle des PME et des start-ups au sein des pôles est très important, notamment dans la diffusion de l‟innovation. La participation des PME et des JEI dans les pôles de compétitivité est de plus en plus nuancée, elles s'intègrent dans la chaîne de valeur et assurent la commercialisation des innovations conçues au sein des laboratoires et des grands groupes en leur permettant de se concentrer sur leur coeur de métier. Ces PME sont aujourd'hui le moteur de croissance de l'économie française. Le développement des PME au sein des pôles de compétitivité, permet de diffuser de façon plus large l‟innovation et d‟augmenter la masse critique du pôle. Au final, la participation croissante des PME et JEI se traduit par une visibilité mondiale (Potter et Miranda, 2009). Les PME sont généralement intégrées dans une filière et une chaîne de valeur ou leur influence est faible. La plupart des cas, elles n‟ont ni les ressources ni le temps pour gérer tous les projets et ne peuvent pas assumer seules les risques correspondants. Le développement des PME dépend d‟acteurs économiques plus puissants. Cette situation structurelle les pousse vers un fonctionnement en réseau avec une logique de coopération plus forte (DATAR). En lignes générales, les pôles de compétitivité ont eu des effets positifs sur le développement des PME et leur compétitivité, renforcés par le co-développement , le partage de compétences et la mutualisation. Certaines entreprises l‟ont bien compris et amplifient ces effets par l'adhésion aux autres organisations, comme par exemple les SPL. I. Les pôles de compétitivité - levier au développement des PME Avec la mise en place de la politique des pôles de compétitivité en 2005, nombreuses entreprises de toutes tailles ont intégré ces structures en vue de collaborer et amplifier leurs efforts pour la réalisation des projets innovatifs. Des nombreuses
  33. 33. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 32 actions et des programmes de stimulation de l‟innovation et de redressement du tissu industriel ont été menés par l‟Etat, les collectivités territoriales et les organisations intéressés. Ces actions se traduisent essentiellement par des financements, des exonérations fiscales, et des soutiens a la recherche et développement. Tout au long de ce travail de recherche nous avons identifié de multiples avantages des pôles de compétitivité pour les territoires et des opportunités pour leurs acteurs. Les pôles de compétitivité peuvent être considérés des leviers de développement pour les PME innovants. Les conséquences les plus visibles de cette politique sur les entreprises membres sont : l‟augmentation de la dépense de recherche et développement, la hausse du chiffre d‟affaires des entreprises bénéficiaires, l‟augmentation du nombre d‟innovations, un effet positif sur la productivité des entreprises et sur l‟emploi qualifié. “La politique des pôles pourrait avoir des conséquences sur les dépôts des brevets, mais cet effet peut être très hétérogène car leur utilisation varie en fonction des secteurs et de la taille des entreprises » (Dortet- Bernadet et Ballego, 2014). La politique des pôles de compétitivité a aussi permis la création du label Entreprise Innovante des Pôles (EIP), marque nationale pour distinguer les PME technologiques à fort potentiel de croissance et leur simplifier l'accès aux financements privés. Également, cette initiative visait l‟accompagnement des PME en croissance, les nouveaux “Champions des pôles”, et la simplification d'accès a la commande des grands donneurs d‟ordre publics / privés (Dortet-Bernadet et Ballego, 2014). Les PME des pôles de compétitivité ont connu un soutien substantiel, notamment en matière de financement. La participation des PME dans des différents programmes consacres pour la R&D a d‟autant plus amplifié les effets positifs et les résultats des PME. Nous avons groupé les effets positifs les plus importants des pôles sur les entreprises en trois catégories : une gagne en visibilité, des nouvelles opportunités de développement et l'écosystème des pôles comme source de développement. 1. Une gagne en visibilité “Pour assurer la croissance des PME, les pôles de compétitivité encouragent leur participation à des projets collaboratifs de R&D. Or pour transformer les travaux de R&D en succès commerciaux, il importe de développer un environnement favorable à l’innovation, notamment par un recours plus important aux financements privés” (competitivite.gouv.fr45 ). 45 http://competitivite.gouv.fr/documents/commun/Documentation_poles/financement-prive.pdf
  34. 34. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 33 L„écosystème du pôle peut être extrêmement favorable pour une PME innovante à fort potentiel. L‟inscription dans la dynamique du pôle de compétitivité facilite les relations des PME avec les grandes groupes et les organismes de financements. Également, avec l‟accès au réseau, le développement à l‟international des PME devient beaucoup plus simple. Le fait de participer à des projets de R&D au sein d‟un pôle de compétitivité donne la possibilité aux PME de se faire connaître et de nouer des connexions dans le monde économique. La reconnaissance nationale et internationale des PME augmente leur crédibilité et leur donne du poids. Cela signifie plus de chances d‟obtenir des nouveaux projets, des financements externes et de trouver des nouveaux partenariats. La plupart des projets collaboratifs de R&D s‟appuient sur les entreprises innovantes. Cependant, pas toutes les PME disposent des moyens pour assurer leur croissance, fait qui implique un besoin d‟investisseurs pour accompagner le financement des projets. L‟image et la notoriété du pôle sont des atouts pour les entreprises. Les PME des pôles bénéficient largement de leur réputation et de leur image pour attirer les investisseurs et assurer la commercialisation des produits issus de la R&D. Les entreprises se regroupent au sein des pôles de compétitivité en vue d‟atteindre une taille critique pour des projets collectifs plus ambitieux et a lisibilité internationale en terme de R&D. Ce groupement des entreprises favorise la synergie entre acteurs et leurs développement. L‟effet de la taille critique permet de montrer a la communauté des investisseurs que des nombreuses PME innovantes en hyper- croissance se trouvent dans les pôles, elles sont donc, mieux armées pour convaincre les investisseurs potentiels (competitivite.gouv.fr). Cette stratégie est bien adaptée pour les PME, « lorsqu’on est tout seul on a plus de risques de perdre un client parce qu’il y a une politique globale de réduire le nombre de fournisseurs». Ainsi, l‟effet de taille critique permet de proposer des offres plus complexes, car les PME encadrées par le pôle ne se concurrencent pas directement mais collaborent de façon organisée par secteur (Sabbado da Rosa, 2015). 2. Des nouvelles opportunités de développement Comme on a déjà vu, la présence dans l‟écosystème du pôle de compétitivité offre aux PME des débouchés spéciaux. Les entreprises innovantes au sein des pôles bénéficient d‟une ouverture large vers un grand nombre d‟acteurs et institutions. Tout d‟abord, la diversité d‟acteurs présents permet aux entreprises de multiplier les partenariats de toutes natures, avec les autres groupes du pôle, les universités, les centres de recherche ainsi qu‟avec des organismes d‟autres pôles, ou encore, des clusters étrangers. Cela se traduit par un échange réciproque des connaissances et de
  35. 35. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 34 savoir-faire et en même temps un gain en compétences et en compétitivité, facteur clé pour conquérir des nouveaux marchés. Une seconde opportunité pour les PME innovantes des pôles que nous voulons mentionner ici, c‟est la possibilité d‟engager des projets de R&D collaborative. Ces projets sont beaucoup plus solides et plus crédibles aux yeux d‟investisseurs et des partenaires. Également, un projet de R&D collaboratif moins risqué et aboutit plus souvent au succès qu‟un projet de R&D mené d‟une manière individuelle. Un projet de R&D collaboratif mobilise en moyenne un budget de 1,7 million d‟euros et l‟équivalent d‟une année à plein temps d‟une quinzaine de chercheurs ou d‟ingénieurs chercheurs. Une troisième grande possibilité pour les PME à fort potentiel d‟innovation et de marché est la labéllisation des projets R&D par les pôles, ce qui se traduit par une forte exposition à l‟international. Ce nouveau statut est particulièrement important pour les entreprises innovantes. La labéllisation est mise en oeuvre par les pôles de compétitivité et associe les investisseurs actifs du territoire et leurs segments de marché. Le label EIP aide de se présenter à des investisseurs potentiels et accélère l‟accès au financement public et privé des PME. Aussi, l‟accès à des sources accrues de financement représente une opportunité que les entreprises doivent valoriser. Au niveau local, les PME des pôles bénéficient de financement par les collectivités territoriales et les investisseurs du territoire. Au niveau national, l‟Etat alloue un budget pour les pôles de compétitivité et les projets de R&D menés, également, il y a de nombreux programmes et organismes crées pour aider au financement des entreprises innovantes (Bpifrance, DGE, OSEO, FUI etc.). Au niveau européen, la politique industrielle comprend des programmes de collaboration dans des projets innovants entre les clusters de l‟Union Européenne. Il existe des multiples programmes crées pour développer les partenariats entre les clusters mondiaux des différents pays ainsi que le financement de la R&D (compétitivité.gouv.fr). Nous allons présenter ces programmes dans la deuxième sous partie. 3. L’écosystème des pôles - source de développement Les entreprises de l‟écosystème des pôles de compétitivité bénéficient tout d‟abord d’un fort réseau qui permet de mettre en ligne une large diversité d‟acteurs de toute nature et de susciter des projets collaboratifs. Ces réseaux permettent aussi de lier les attentes des PME et des pouvoirs publics et de faire connaître les dispositifs mises à leur attention mais qui sont souvent mal connus. Le réseau favorise aussi la création des synergies entre les entreprises et les centres recherche du pôle ainsi que le transfert de la technologie et la protection d‟information. En partant de cette logique de réseau, les entreprises peuvent plus facilement rencontrer les bons interlocuteurs. Au sein du réseau il est d‟autant plus facile à trouver
  36. 36. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 35 des partenaires et des investisseurs potentiels. Les entreprises des pôles bénéficient également de l‟expertise et des conseils de la part des professionnels, ainsi que d‟assistance dans la rédaction des accords et des contrats. L‟écosystème des pôles de compétitivité permet de participer aux appels d’offre dédiées aux PME. Ici, les entreprises innovantes et les starts-up ont la possibilité de mobiliser leurs efforts et d‟obtenir des financements pour l‟élaboration d‟un nouveau produit ou service pour un commanditaire. L‟accès aux grandes comptes46 , s‟avère être encore une opportunité au développement des PME dans les pôles de compétitivité. Les grandes entreprises publiques et privées sont présentes dans tous les pôles de compétitivité et des interactions avec les PME sont fortement probables. Il faut donc promouvoir et faciliter les actions collectives entre les petites et moyennes entreprises innovantes et les grands comptes, ainsi que rendre plus régulières leurs rencontres que les PME soient davantage en capacité de répondre avec succès à un appel d‟offre publique ou privée47 . Ces interactions peuvent aider les PME de croître et de passer ensuite au stade d‟ETI. Des nombreuses entreprises ont intégré les pôles de compétitivité dans le but de saisir des nouveaux marchés, y compris à l’international. Les projets de R&D, l‟innovation des produits et des prestations et les alliances avec d‟autres entreprises innovantes et des centres de recherche permettent aux PME de développer des avantages compétitifs. De même, l‟appartenance à un pôle de compétitivité facilite l‟exportation des PME, elles sont donc d‟avantage exportatrices par rapport aux PME indépendantes. II. Une dynamique des pôles de compétitivité en faveur des PME Avec la deuxième évaluation de la politique des pôles de compétitivité on a pu constater que les PME représentent plus de 50% d‟acteurs présents et 80% du total des entreprises. Cette catégorie d'entreprises s‟est bien intégré dans les structures de gouvernance et leurs relations avec les grands groupes se sont renforcées depuis 2005 (DATAR, 2012). L‟ambition d‟une visibilité nationale et internationale des pôles de compétitivité a favorisé le rapprochement des centres de recherche et des PME autour de projets communs de R&D. Les PME sont le moteur de la croissance, l‟innovation et la création d‟emplois, mais pas toutes les entreprises n‟ont eu leur place dans un pôle de compétitivité. Les entreprises des structures déjà engagées dans des habitudes de coopération (SPL) ont bénéficié le plus de cette ouverture. Il existe des difficultés 46 Grands Comptes : ce terme désigne en général une entreprise cliente ou prospect représentant un chiffre d‟affaires réel ou potentiel considéré comme très important. C‟est un terme utilisé dans le marketing B to B. 47 http://ecoentreprises-france.fr/la-filiere/structuration/
  37. 37. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 36 d'intégration pour certaines entreprises, elles ont moins d'expérience de coopération et ont une moindre visibilité. Il y a eu des PME deçues, qui n‟ont pas abouti à labelliser leur projet, elles ne se sont pas découragées, elles vont sans doute, avec un peu de travail supplémentaire retenter leur chance. Certaines entreprises n‟ont pas encore trouvé le bon partenariat ou ont peur que les partenaires peuvent devenir des nouveaux concurrents. Pour les PME, le choix d'intégrer un pôle de compétitivité représente des enjeux importants et les Régions se sont chargé d‟accompagner les entreprises dans cette démarche. Par ailleurs, “les entreprises qui ont adhéré aux pôles de compétitivité se déclarent intéressés - sinon satisfaits - par les informations qu’ils perçoivent et les échanges auxquels ils prennent part”. L'évaluation de la DATAR et la DGCIS (2012) de la seconde phase a mis en évidence l'efficacité de la politique des pôles de compétitivité. L'étude a été faite sur un échantillon de 2041 PME et ETI. La plupart des PME des pôles enquêtées déclarent avoir augmenter les effectifs en R&D et leurs investissements depuis leur adhésion. Selon cette étude, “près de 66 % des entreprises membres affirment avoir créé des emplois et plus de 80 % en avoir maintenu.” Également, un tiers des PME enquêtées affirment que leur participation à un pôle a favorisé l‟augmentation de leur chiffre d‟affaires et leur a permis d'améliorer le volume d‟exportation. Graphique 3 : Les effets de l'adhésion au pôle sur la création d’emploi Les pôles de compétitivité ont connu une forte dynamique depuis leur création en 2005. Les budgets et les fonds consacrés aux pôles de compétitivité ont évolué constamment. La part de financement public des pôles entre 2005 et 2011 était près de 4,3 Mds d‟euros pour 5750 projets collaboratifs et non (Technopolis Group-ITD, 2012).
  38. 38. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 37 Graphique 4 : Financements alloués à l’ensemble des projets des pôles de compétitivité Depuis 2008, entre 570 et 770 millions d‟euros ont été attribués annuellement aux projets des pôles de compétitivité. Cependant, les financements publics sont en baisse depuis 2007: 799 millions en 2007 contre 562 millions d‟euros en 2011 (Technopolis Group-ITD, 2012). Les PME des pôles ont bénéficié de plus d‟un tiers de la totalité des financements, en forte augmentation par rapport à 2009. Elles accèdent plus que les autres entreprises et acteurs au FUI, soutien vital pour le cycle d‟innovation à court et moyen terme des PME. Selon l'évaluation de la seconde phase de la politique des pôles de compétitivité de la DATAR et la DGCIS (2012), nous avons observé que le nombre des projets financés par le FUI a fortement augmenté, alors que les montants des financements moyens a diminué. Tableau 11 : L'évolution du nombre de projets et financements moyens des PME et ETI (en k euros)
  39. 39. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 38 La dynamique des pôles de compétitivité s'avère être favorable pour les PME en termes de partenariats avec les centres de R&D. Selon l'étude de clôture de la deuxième phase de la politique des pôles de compétitivité, “70 % des établissements d'enseignement supérieur et de recherche interrogés ont mis en place dans la dernière période de nouveaux partenariats avec les PME sur des projets labellisés ou non”, contre 50% pour les grandes entreprises (DATAR, 2012). 1. Les PME membres des pôles et exportation Dans la totalité des exportations françaises, les PME indépendantes sont plus nombreuses, mais leur pourcentage dans l‟exportation est inférieur à 18%. Entre 2002 et 2009, leur part dans l‟exportation a diminué de 2,5% par an en moyenne. Cependant, le nombre des PME exportatrices liées à un pôle de compétitivité augmente et leur part dans le chiffre d‟affaires de la France augmente d‟un pourcent par an en moyenne48 . Le rapport d‟évaluation de la seconde phase de la politique des pôles de compétitivité (DATAR et DGCIS, 2012) et en évidence l‟évolution de la capacité d‟exportation des PME. L‟échantillon de l‟enquête était constitue de 3511 PME et ETI. Une partie importante des entreprises des pôles déclarent que leur volume d‟export a sensiblement augmenté depuis 2005. Le graphique suivant montre l‟effet de l‟adhésion aux pôles sur la capacité à exporter des PME et des ETI aux pôles de compétitivité. Graphique 5 : Effets d’adhésion aux pôles sur la capacité d’exportation Un tiers des entreprises interrogées ont déclaré que l‟adhésion à un pôle a amélioré leurs capacité d‟exportation et presque la moitié d‟entreprises enquêtées n‟ont pas renseigné cette question. 48 Rapport KMPG 2012 : Panorama de l‟évolution des PME depuis 10 ans
  40. 40. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 39 Les entreprises membres des pôles de compétitivité exportent plus que les entreprises restées en dehors. A taille et et secteur d‟activité équivalent, elles réalisent environ 25% de leur chiffre d‟affaires à l‟exportation contre 10% pour les autres PME en 2011. Les ETI membres des pôles de compétitivité exportent près de 29% de leur chiffre d‟affaire. Ce rapport est encore plus nuancé pour les entreprises des secteurs de l‟industrie automobile et pharmaceutique. Les deux groupes de PME, membres des pôles et non, désirent d‟augmenter leurs exportations, mais elles n‟ont pas les mêmes dotations initiales et ne sont pas accompagnées de même façon. Cependant, il existe plusieurs obstacles qui freinent les PME à exporter, comme la complexité des normes législatives, la concurrence, la multiplicité des outils financiers etc. Le rôle des pôles de compétitivité à dimension internationale consiste dans l‟accompagnent et la coordination plus précise des PME exportatrices, afin de favoriser leur réussite à l'étranger. Pour une meilleure compréhension, nous avons choisi l‟exemple d‟Arnoud Gobet (2015), président du groupe INNOTHERA49 , sur le pôle de compétitivité Medicen Paris Region50 qui a lancé en 2011 le plan DEFI Biotech santé, en collaboration avec le pôle de compétitivité Finance Innovation51 et la Chambre de Commerce et d’Industrie. Ce plan comprends une offre de services dédiée aux 450 PME localisées en Ile-de-France. Il porte sur l‟accompagnement au financement et un soutien au développement commercial et international. “En 2014, 150 PME ont pu bénéficier de ces prestations, 16 PME ont été labellisées et 5 levées de fond ont pu être finalisées pour des montants allant de 300 000 euros à 2,2 millions d’euros” (Gobet, 2015). Pour développer son réseau international, Medicen Paris Région mène des partenariats avec des clusters étrangers comme Bio TOP Berlin-Brandeburg52 et Maryland Biotechnology Center53 afin de favoriser le développement de projets industriels inter-clusters, (Gobet, 201554 ). 2. Les effets de la deuxième phase de la politique des pôles sur les PME Tout au long de la deuxième phase (2008-2012) de la politique des pôles de compétitivité, les projets de R&D ont généré 2500 innovations, la majorité de ces innovations concerne les produits et les procédés des secteurs de l'énergie, TIC, industrie agro-alimentaire (IAA), santé et services. Ces projets de R&D des pôles de 49 INNOTHERA : entreprise française de santé avec une forte présence à l'international. 50 Medicen Paris Région : pôle de compétitivité spécialisé dans le domaine de l'innovation diagnostique et thérapeutique ainsi que des hautes technologies pour la santé. 51 Finance Innovation : pôle de compétitivité spécialisé dans l'ingénierie financière. 52 Bio TOP Berlin-Brandeburg : cluster allemand spécialisé dans les biotechnologies. 53 Maryland Biotechnology Center : cluster du secteur d‟industrie pharmaceutique et biotechnologies de Maryland. 54 http://www.arnaudgobet.fr/medicen-paris-region/les-poles-de-competitivite-moteur-de-lexportation-des-pme/
  41. 41. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 40 compétitivité ont conduit à l‟enregistrement à près d‟un millier de brevets et environ 6500 articles scientifiques. Les pôles de compétitivité français à vocation mondiale sont les plus performants au monde dans le dépôt de brevets et des publications scientifiques (DGCIS et DATAR, 2012). Le graphique ci-dessous représente le nombre total de brevets et de titres de propriété intellectuelle déposés par destinataires de financements alloues aux projets labellisés des pôles entre 2008 et 2011. Graphique 6 : Nombre total de brevets et articles scientifiques déposés par les acteurs des pôles entre 2008 et 2011 A titre d‟une comparaison, le nombre de dépôts de brevets en France entre 2005 et 2011 est relativement stable, autour de 16500 par an55 . Le brevets déposés par an par les PME des pôles de compétitivité représentait en 2011 un peu plus de 1% (167/16500), ce qui ne peut pas être considéré pour l‟instant comme un fort indicateur 55 http://www.inpi.fr/fileadmin/mediatheque/pdf/statistiques/Brevets_CC_2010.pdf
  42. 42. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 41 de performance des PME des pôles de compétitivité en terme de dépôt de brevets par les entreprises. Pourtant, pendant cette période, 93 nouvelles start-ups ont émergés des pôles, ce qui est égale à 5% de la création d'entreprises innovantes en France. Les entreprises ont été créées pour la plupart d‟entre elles dans le secteur des TIC, IAA, matériaux et mécanique. 3. La phase 3 : Renforcement de l’accompagnement des PME par les pôles de compétitivité Après la fin de la phase 2 de la politique des pôles de compétitivité en 2012 et la publication du rapport de la DATAR portant sur l‟évaluation des résultats, le Gouvernement lance la troisième phase de cette politique le 9 janvier 2013 pour une durée de 6 ans. Celle-ci s‟inscrit dans le cadre du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l‟emploi. Cette phase sera également conclue par une évaluation globale des résultats de cette politique des pôles de compétitivité (DGCIS et DATAR, 201356 ). Cette phase se caractérise par une gouvernance partenariale entre l‟Etat et les collectivités territoriales et se fonde sur deux piliers importants : l‟accompagnement des PME et le passage des pôles de compétitivité de « l’usine à projets » à « l’usine à produits d’avenir ». Le renforcement de l‟accompagnement des PME des pôles de compétitivité vise quatre domaines principaux : - l’accès au financement privé, c‟est à dire renforcer les liens avec les business angels, les capital risqueurs, le capital investissement, les fonds d‟amorçage et les banques; - l’internationalisation, ce qui signifie l‟identification de nouveaux marchés, l‟exportation et des partenariats technologiques; - l’accompagnement des PME par la création d‟un environnement favorable au développement des PME et leur soutien politique; - l’anticipation des besoins en compétences, dont développer l‟offre des formations et la cartographie des compétences. Durant les premières deux phases, les entreprises des pôles ont accumulé des savoir-faire et de l'expérience de participation dans des projets collaboratifs de R&D. Le passage de « l’usine à projets » à « l’usine à produits d’avenir » doit stimuler les pôles de compétitivité à favoriser le développement de projets de R&D ayant un potentiel 56 http://competitivite.gouv.fr/infolettre/2013-03/pdf/Infolettre-mars2013.pdf
  43. 43. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 42 économique plus fort, visant les secteurs de produits, services et procédés innovants. Pour cela, il est attendu de la troisième phase, de passer de la R&D à l‟industrialisation des PME et des ETI. L‟objectif général étant de relancer la croissance économique des territoires et la création d‟emplois (rapport DGCIS et DATAR, 2012). Pour assurer le meilleur développement de cette phase et multiplier les opportunités, chaque pôle de compétitivité élabore un programme d‟actions triennal, dans le but d‟assurer un suivi sur la durée des projets de R&D labellisés et de mesurer les résultats de ces projets. Également, les pôles tournent vers des marches cibles pour mieux valoriser leur potentiel de production (site interministériel: competitivite.gouv.fr). III. Des programmes nationaux et internationaux en soutien des PME des pôles de compétitivité 1. Plan Ambition PME Au niveau des Régions, les pôles de compétitivité génèrent des stratégies et créent des programmes pour développer des écosystèmes et attirer les PME innovantes à potentiel de croissance pour accompagner et dynamiser leur developpement et les transformer en ETI. A cette occasion, le pôle francillien57 Systematic Paris-Region lance en 2008 en le programme Ambition PME et organise chaque année depuis sa mise en place une Journée Ambition PME dédiée aux entreprises innovantes et aux autres acteurs (chercheurs, investisseurs privées, représentants des grands groupes, etc.) de secteurs systèmes, logiciel, électronique et de l‟optique. Ce programme vise a créer les conditions favorables au développement des PME technologiques de l'agglomération, en complémentarité avec l‟offre de services du territoire. Ce programme regroupe 1100 PME et plus de 35000 emplois dans les secteurs visés. Ce plan est co-piloté par l‟association Opticsvalley et la Chambre de Commerce et d‟Industrie Régionale Paris-Ile-de-France. Les actions de ce programme sont soutenues par l'Union Européenne (FSE58 , FEDER59 ), l'État (Préfecture de la Région Ile-de-France, DIRECCTE60 Ile-de-France) et la Région Ile-de-France (competitivite.gouv.fr61 ). 57 Pôle francilien : pôle de la région Ile-de-France 58 FSE : Fonds social européen 59 FEDER : Fonds européen de développement régional 60 DIRECCTE : regroupe les sites Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l‟emploi 61 http://competitivite.gouv.fr/identifier-un-pole/actualite-du-pole-popup-592/avec-ambition-pme-systematic-veut-transformer-les- pme-innovantes-du-pole-en-eti-575.html?cHash=62b858b2991173965c3b762539cb6501
  44. 44. L‟évolution des PME au sein des pôles de compétitivité 43 Selon le site officiel du pôle Systematic62 , les principaux six domaines d‟accompagnement des PME dans le cadre du Plan Ambition PME sont : - la stratégie de développement, dont le but est d‟accompagner les PME et les ETI dans leur projet de croissance et bénéficier en aval d‟un accompagnement individualisé sur le volet Marketing; - la capacité d’exportation, dont aider les PME à valoriser leurs produits et services à l'export en valorisant leurs stratégies de développement à l‟international; - l'accès au financement, préparer les PME à la recherche de fonds privées à à travers un accompagnement structuré qui permet aux PME de présenter leurs projets dans les meilleures conditions auprès des investisseurs; - l’animation de l'écosystème, ce que va permettre aux PME d'être en contact permanent avec l‟ensemble des acteurs de l‟innovation, dont l‟organisation des Journées Ambition PME, l‟animation du Club Prestataires et la gestion d'évènements fédérateurs; - l’accompagnement dans les stratégies de développement commercial et partenarial, c‟est à dire développer le volet business des PME; - l’anticipation des besoins en compétences et la mobilité au sein du pôle, dont l‟identification, l'évaluation et l‟adaptation des compétences dans les PME par le volet RH. La Journée Ambition PME est aussi l‟occasion designer les entreprises Champions du Pôle, une action importante dans le plan d‟accompagnement des PME qui fait émerger des ETI à fort potentiel de croissance. Ces entreprises sont rigoureusement sélectionnées par les experts du Comité Promotion Marketing et peuvent bénéficier d‟un soutien individuel à leur projets de développement dans les domaines mentionnés ci-dessus. En 2011, ont été identifies 11 champions du pôle et 6 champions en 2012, 7 en 2013 et 6 en 2014. Au total en 2012 plus de 60 PME ont été accompagnées dans le cadre du programme, 17 PME ont bénéficié de 20 millions d‟euros et 14 labels EIP ont été attribués. Également, 160 entreprises du pôle ont été aidées à exporter aux États-Unis et en Chine. Cependant, 700 emplois ont été ouverts dans les PME (competitivite.gouv.fr63 ). 62 http://www.systematic-paris-region.org/sites/default/files/content/page/attachments/PlaquetteProgrammePME2014.pdf 63 http://competitivite.gouv.fr/identifier-un-pole/actualite-du-pole-popup-592/avec-ambition-pme-systematic-veut-transformer-les-pme- innovantes-du-pole-en-eti-575.html?cHash=62b858b2991173965c3b762539cb6501

×