L’Ethique à Nicomaque<br />Aristote<br />Béatrice Badolle T.1<br />
Délimitation du champ des affaires humaines par exclusion du divin<br />Critique des prédécesseurs d’Aristote qui ne voien...
Problématique générale : Quel est le propre de l’Homme? Qu’est-ce qui le définit? Et, à partir de ce qui lui est propre, q...
Thèses essentielles<br />
Problématique : Qu’est-ce que l’Amitié? En quoi est-elle un chemin vers un Bonheur stable?<br />Thèse : L’Amitié, dont la ...
Plan<br />I/ La valeur de l’Amitié<br />II/ Ce qui est objet d’Amitié<br />III/ Les espèces d’Amitié<br />IV/ L’Amitié fon...
L’Amitié et la Vertu sont indissociables :  « l’Amitié est une Vertu ou ne va pas sans Vertu ». En effet, l’Amitié n’est p...
A tout âge de la vie, l’Amitié est bénéfique. Lorsque l’on est jeune, les amis nous évitent de tomber dans l’erreur. Quant...
L’Amitié est quelque chose de valorisé par la société. Aristote s’appuie sur les opinions le plus souvent admises, les « e...
II/ Ce qui est objet d’Amitié<br />« Il semble que tout ne provoque pas l’Amitié, mais seulement ce qui est aimable, c’est...
L’Attachement est caractéristique de l’Amitié mais il n’en est pas une condition suffisante. Par exemple, nous pouvons êtr...
« Il faut donc qu’il y ait Bienveillance mutuelle, chacun souhaitant le Bien de l’autre, que cette Bienveillance ne reste ...
Il existe autant d’espèces d’amitié que d’objets qui font naître l’amitié.<br />III/ Les espèces d’Amitié<br />
L’Amitié fondée sur l’Utile : dans ce cas, les personnes ne s’aiment pas pour elles-mêmes mais pour ce qu’elles s’apporten...
Dans les deux cas évoqués ci-dessus, l’Amitié a un caractère « accidentel » : elle est le fruit du hasard, car elle n’est ...
IV/ L’Amitié fondée sur la Vertu<br />« Mais la parfaite amitié est celle des hommes vertueux et qui sont semblables en ve...
Les amitiés peuvent donc être hiérarchisées : <br />
Cependant, les Amitiés fondées sur la vertu sont rares, car les hommes véritablement vertueux sont rares. <br />L’Amitié m...
V/ L’Egoïsme et ses différentes formes<br />Que faut-il faire passer avant tout : l’Amour de soi-même ou l’Amour de quelqu...
Il distingue deux types d’Egoïsme :<br />Un Egoïsme vicieux : c’est cette acception-là du terme égoïste qu’utilise la lang...
Conséquence pratique : si dans une communauté, tous les hommes recherchent la Vertu, c’est-à-dire sont des égoïstes vertue...
Ainsi l’Homme vertueux à le devoir de s’aimer lui-même, car il en fait profiter lui-même et les autres, alors que l’Homme ...
L’Homme heureux et sage a-t-il besoin d’amis? <br />Selon une opinion commune, NON : <br />- L’homme parfaitement heureux ...
Mais si on suit un raisonnement logique, OUI : <br />- La possession d’amis est considérée comme étant le plus grand bien,...
Conclusion : le thème de l’Amitié dans l’Histoire de la philosophie <br />Les prédécesseurs d’Aristote :<br />Homère : L’I...
Platon : tout sépare Aristote et Platon; leur âge, leur idées… Cependant, il y a entre eux de l’Amitié. Pour Platon, cela ...
La postérité d’Aristote : <br />Le Christianisme ordonne une forme d’Amitié très différente de la « philia » d’Aristote : ...
La civilisation actuelle du travail prône les relations de Camaraderie, de Solidarité professionnelle. Se développent donc...
L’Amitié n’a donc plus dans les mœurs d’aujourd’hui la place primordiale que lui conférait la vie dans les cités antiques....
Aristote posait comme condition de l‘Amitié la similitude des Affections, de Caractère et même l’identité du Vouloir qui r...
FIN <br />
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Béatrice B. Ethique à Nicomaque

  1. 1. L’Ethique à Nicomaque<br />Aristote<br />Béatrice Badolle T.1<br />
  2. 2. Délimitation du champ des affaires humaines par exclusion du divin<br />Critique des prédécesseurs d’Aristote qui ne voient dans l’action humaine qu’un domaine d’application des principes extérieurs, que ce soit les dieux (mythos) ou les formes platoniciennes. <br />Présentation générale de L’Ethique à Nicomaque<br />
  3. 3. Problématique générale : Quel est le propre de l’Homme? Qu’est-ce qui le définit? Et, à partir de ce qui lui est propre, qu’est-ce que son Bonheur? Comment être heureux? <br />Aristotesitue tout d’abord l’essence de l’Homme dans le logos, c’est-à-dire la Raison. Il assimile donc l’Homme à son activité pratique, qu’il nomme praxis. Puis il va plus loin en identifiant le propre de l’Homme à son principe le plus élevé, l’esprit (noûs), et à son accès divin dans la contemplation (theôria). <br />Ainsi Aristote cherche à savoir si c’est dans le domaine des affaires humaines ou bien dans le dépassement de soi vers l’Absolu que réside la véritable nature de l’Homme et, par conséquent, son Bonheur. <br />
  4. 4.
  5. 5. Thèses essentielles<br />
  6. 6. Problématique : Qu’est-ce que l’Amitié? En quoi est-elle un chemin vers un Bonheur stable?<br />Thèse : L’Amitié, dont la plus haute expression est cellefondée sur la Vertu, permet le Bonheur et doit être recherchée par tout Homme. Cependant, avoir des amis ne signifie pas aimer les autres plus que soi-même. En effet, chercher la Vertu revient à chercher son propre Bien. <br />Septième partie : « Traité de l’amitié »<br />
  7. 7. Plan<br />I/ La valeur de l’Amitié<br />II/ Ce qui est objet d’Amitié<br />III/ Les espèces d’Amitié<br />IV/ L’Amitié fondée sur la Vertu<br />V/ L’Egoïsme et ses différentes formes<br />VI/ Si l’Homme heureux et sage a besoin d’amis<br />
  8. 8. L’Amitié et la Vertu sont indissociables : « l’Amitié est une Vertu ou ne va pas sans Vertu ». En effet, l’Amitié n’est possible qu’entre des gens vertueux. Par exemple, celui qui n’est pas bon, n’est pas juste ou est infidèle, ne peut pas avoir d’amis. <br />L’Amitié est une condition nécessaire de la vie heureuse. Elle donne un sens à notre vie « car sans amis, personne ne choisirait de vivre, eût-il tous les autres biens ». Une personne riche ne peut être heureuse sans amis, car une richesse non partagée ne permet pas le Bonheur. De plus, la richesse est fragile, alors que la vraie Amitié est durable. Si nous perdons un jour tous nos biens, les amis seront la seule chose qui nous restera. <br />I/ La valeur de l’Amitié<br />
  9. 9. A tout âge de la vie, l’Amitié est bénéfique. Lorsque l’on est jeune, les amis nous évitent de tomber dans l’erreur. Quant aux personnes âgées, les amis peuvent les soigner et les aider dans les activités où elles peinent du fait de leur âge. Dans l’intervalle, l’amitiéencourage les adultes à faire de « nobles actions ». <br />L’Amitié, qu’Aristote définit comme un attachement qui procède d’une inclination spontanée, est naturelle. <br />L’Amitié est le lien social par excellence. En effet, « l’Amitié semble aussi constituer le lien dans les cités ». La constitution de cités naît de l’inclination naturelle des hommes à s’attacher les uns aux autres, à vivre ensemble. La Citoyenneté représente par excellence l’Amitié, car elle est un mélange de Nature et de Liberté. De plus, la Justice parfaite s’exprime dans l’Amitié. En effet,si les hommes sont amis, alors ils sont justes et les lois deviennent donc inutiles. <br />
  10. 10. L’Amitié est quelque chose de valorisé par la société. Aristote s’appuie sur les opinions le plus souvent admises, les « endoxa », invoquées par les sages réputés, les proverbes populaires, les poètes. En effet, « la possession d’un grand nombre d’amis est regardée comme un bel avantage ». <br />
  11. 11.
  12. 12. II/ Ce qui est objet d’Amitié<br />« Il semble que tout ne provoque pas l’Amitié, mais seulement ce qui est aimable, c’est-à-dire ce qui est bon, agréable ou utile ». <br />Et/ou<br />Et/ou<br />
  13. 13. L’Attachement est caractéristique de l’Amitié mais il n’en est pas une condition suffisante. Par exemple, nous pouvons être attachés à des biens matériels sans que ceux-ci ne soient pour autant des amis, car nous ne pouvons pas leur vouloir du Bien. <br />Mais le fait même de vouloir du Bien est nécessaire, sans être, pour autant, suffisant. En effet, nous pouvons vouloir du Bien à des personnes que nous n’avons jamais vues. Il faut que la Bienveillance soit mutuelle. <br />A son tour, la Bienveillance mutuelle est nécessaire mais elle ne suffit pas si chaque partie ne connaît pas les sentiments de l’autre. Par exemple, nous pouvons vouloir du Bien à un dirigeant politique qui nous veut également du Bien, sans qu’ il soit pour autant notre ami. <br />Par conséquent, il faut que ces trois conditions soient remplies simultanément, et que de plus l’objet de l’Amitié réponde à au moins un des trois qualificatifs du tableau précédent, pour qu’il y ait de l’Amitié. <br />
  14. 14. « Il faut donc qu’il y ait Bienveillance mutuelle, chacun souhaitant le Bien de l’autre, que cette Bienveillance ne reste pas ignorée des intéressés, et qu’elle ait pour cause l’un des objets dont nous avons parlés ». <br />
  15. 15. Il existe autant d’espèces d’amitié que d’objets qui font naître l’amitié.<br />III/ Les espèces d’Amitié<br />
  16. 16. L’Amitié fondée sur l’Utile : dans ce cas, les personnes ne s’aiment pas pour elles-mêmes mais pour ce qu’elles s’apportent mutuellement. « Ceux dont l’Amitié réciproque a pour source l’Utilité ne s’aiment pas l’un l’autre pour eux-mêmes, mais en tant qu’il y a quelque bien qu’ils retirent l’un de l’autre ». Si une personne n’aime une autre que pour les services que celle-ci peut lui rendre, alors cette première personne ne voit dans l’autre qu’un moyen. C’est, par exemple, l’Amitié des hôtes. Cette Amitié n’est donc pas parfaite, car pour qu’elle le soit, il faut aimer l’autre pour lui-même, ce qui nécessite de la Vertu. Ce type d’Amitié se retrouve surtout chez les jeunes, les adultes, et les personnes âgées. <br />L’Amitié fondée sur le Plaisir, c’est-à-dire l’Agréable : comme pour une Amitié fondée sur l’Utile, si une Amitié n’est fondée que sur le Plaisir, alors nous ne soucions que de notre propre Bonheur. L’Amitié n’est à nouveau pas parfaite. Ce type de Plaisir se trouve le plus souvent chez les jeunes : leurs amitiés sont volatiles car elles changent aussi vite que leur plaisir. C’est pourquoi ils privilégient l’Amour. <br />
  17. 17. Dans les deux cas évoqués ci-dessus, l’Amitié a un caractère « accidentel » : elle est le fruit du hasard, car elle n’est pas fonction de la personne mais plutôt de ce que celle-ci nous apporte. <br />Ces deux espèces d’Amitié sont fragiles, car l’objet même qui les fait apparaître est fragile: il peut facilement disparaître. <br />Elles sont imparfaites car elles ne se font pas pour le bien de l’être objet d’Amitié, mais pour le bien de soi-même. <br />
  18. 18. IV/ L’Amitié fondée sur la Vertu<br />« Mais la parfaite amitié est celle des hommes vertueux et qui sont semblables en vertu »<br />
  19. 19.
  20. 20. Les amitiés peuvent donc être hiérarchisées : <br />
  21. 21. Cependant, les Amitiés fondées sur la vertu sont rares, car les hommes véritablement vertueux sont rares. <br />L’Amitié met du temps à s’établir. En effet, on ne peut pas « être véritablement amis, avant que chacun des intéressés ne se soit montré à l’autre comme un digne objet d’Amitié et lui ait inspiré confiance ». Il ne faut donc pas confondre la volonté d’Amitié et la vraie Amitié, « car si la volonté de contracter une Amitié est prompte, l’Amitié ne l’est pas ». <br />
  22. 22. V/ L’Egoïsme et ses différentes formes<br />Que faut-il faire passer avant tout : l’Amour de soi-même ou l’Amour de quelqu’un d’autre ? Selon une idée commune, il faudrait placer l’intérêt de son ami avant tout, quitte à nuire à son propre intérêt. Ceux qui font passer leur intérêt avant celui des autres sont péjorativement qualifiés d’égoïstes. <br />Mais en réalité, si on ne s’aime pas soi-même, comment alors peut-on aimer les autres ? « C’est en partant de cette relation à soi-même que tous les sentiments qui constituent l’Amitié se sont par la suite étendus aux autres hommes ». En effet, comment un homme qui ne sait même pas s’aimer lui-même pourrait-il aimer d’autres personnes? S’aimer soi-même permet de cultiver sa Vertu, de ne pas être en contradiction avec soi-même. Et c’est cette Vertu qui sera ensuite favorable à l’Amour des autres, c’est-à-dire à l’Amitié. <br />
  23. 23. Il distingue deux types d’Egoïsme :<br />Un Egoïsme vicieux : c’est cette acception-là du terme égoïste qu’utilise la langage courant. « Ceux qui en font un terme de réprobation appellent égoïstes ceux qui s’attribuent à eux-mêmes une part trop large dans les richesses, les honneurs ou les plaisirs du corps. Il est juste de condamner cet égoïsme car il n’est que satisfaction des intérêts personnels et mépris des autres ». <br />Un Egoïsme vertueux : une idée commune est que tout homme qui agit selon la Vertu est tout le contraire d’un égoïste. Cependant, il est plus égoïste que l’égoïste vicieux car « il s’attribue à lui-même les avantages qui sont les plus nobles ». En effet, celui qui cherche à perfectionner sa vie sur le plan moral, chérit son esprit (noûs), et donc la meilleure partie de son être. L’Esprit est ce qui domine l’Homme, donc on peut considérer que l’Esprit est l’Homme. Ainsi aimer son Esprit, le soigner, c’est s’aimer soi-même. L’Homme qui suit la Vertu est donc « suprêmement égoïste ». Cet Egoïsme est vertueux car il s’accompagne de Tempérance alors que l’autre est vicieux car il s’accompagne d’Intempérance, c’est-à-dire de la domination des passions sur l’Esprit. De plus, il est louable de chercher plutôt ce qui est bien, que ce qui est avantageux pour soi. <br />
  24. 24. Conséquence pratique : si dans une communauté, tous les hommes recherchent la Vertu, c’est-à-dire sont des égoïstes vertueux, alors non seulement tous les besoins de la communauté seraient satisfaits, mais aussi  chacun « dans sa partie privée, s’assurerait des plus grands biens ». <br />
  25. 25. Ainsi l’Homme vertueux à le devoir de s’aimer lui-même, car il en fait profiter lui-même et les autres, alors que l’Homme vicieux ne le doit pas, car, en suivant ses passions, il fait du Mal à lui-même et à ses proches. Comme l’Homme vicieux suit ses passions, alors il y une contradiction entre ce qu’il fait et ce qu’il devrait faire, ce qui est nuisible pour les autres. L’Homme vertueux de son côté présente une parfaite adéquation entre les deux, car il agit en fonction de ce que sa raison lui dicte ce qui est bon pour les autres.<br />L’Homme vertueux est capable de tout sacrifier, « argent, honneurs et généralement tous les biens que les hommes disputent » pour suivre la Vertu. En effet, il préfère un Bonheur durable à un Bonheur éphémère. Il ne confond pas ce qui est agréable et ce qui va véritablement le rendre heureux. Par ce sacrifice, il s’aime lui-même, car il prend soin de sa meilleure partie, son Esprit, mais fait aussi du bien aux autres. Par exemple, ce genre de sacrifice peut être l’engagement dans l’armée nationale. De même, la personne qui donne de l’argent à un ami, peut apparaître généreuse, mais, en réalité, elle est profondément égoïste car elle se garde la meilleure part, la Noblesse morale. La Vertu suprême serait même de laisser son ami accomplir l’acte vertueux à sa place et donc d’être la cause de l’acte vertueux. <br />
  26. 26.
  27. 27. L’Homme heureux et sage a-t-il besoin d’amis? <br />Selon une opinion commune, NON : <br />- L’homme parfaitement heureux est autosuffisant, c’est-à-dire qu’il n’a pas besoin d’amis par recherche d’une utilité ou de plaisir. Le bonheur le plus parfait n’est-il pas celui des dieux qui savent se suffire à eux-mêmes? <br />VI/ Si l’Homme heureux et sage a besoin d’amis<br />
  28. 28. Mais si on suit un raisonnement logique, OUI : <br />- La possession d’amis est considérée comme étant le plus grand bien, donc avoir des amis est indispensable au bonheur. <br /> - Pour que la vie d’un Homme soit heureuse, il faut quelle soit agréable. Or, une vie solitaire ne peut être agréable. Ainsi, l’Homme heureux doit avoir des amis. La distance des hommes aux dieux implique justement que l’Homme ne peut pas prétendre à la félicité divine. <br />- L’homme vertueux a besoin d’amis envers qui exercer sa vertu. <br />- Un homme parfaitement heureux ne peut pas être un solitaire, car « l’Homme est un animal politique », c’est-à-dire qu’il est fait pour vivre en société. Et s’il faut déjà vivre avec d’autres hommes, autant vivre avec des amis plutôt qu’avec des étrangers. <br /> - L’Homme peut mieux observer les actions des autres que les siennes, car il est plus facile pour notre pensée de réfléchir sur des choses extérieures que sur elle-même. En conséquence, l’Homme sage et heureux a besoin d’une Amitié fondée sur la Vertu. En effet, ce type d’Amitié lui permet de voir chez l’autre sa propre Vertu. L’Amitié est donc comme un miroir. De plus, voir la Vertu chez l’autre encourage à l’acte vertueux. <br />
  29. 29.
  30. 30. Conclusion : le thème de l’Amitié dans l’Histoire de la philosophie <br />Les prédécesseurs d’Aristote :<br />Homère : L’Illiade : Achille est obsédé par l’idée de venger son ami Patrocle, tué par le Troyen Hector. Il tue alors Hector, et outrage son cadavre en le traînant, attaché à son char. Pour Aristote, l’Amitié mesurée des sages est aux antipodes des outrances d’Achille. Elle se réalise dans le juste milieu et la mesure propres aux vertus. <br />Empédocle, Héraclite: en ce qui concerne l’Amitié, pour Empédocle, « qui se ressemble s’assemble » alors que pour Héraclite « les contraires s’attirent ». Aristote écarte ces théories. Tout d’abord, parce qu’elles ne font pas de l’Amitié une force intérieur à l’âme humaine. Ensuite, parce qu’elles simplifient le problème. L’Amitié utile va bien avec la thèse d’Héraclite. L’Amitié plaisante, au contraire, ne va sans une certaine similitude. L’Amitié vertueuse, enfin, suppose une similitude morale et humaine, qui n’exclut pas des inégalités sociales, des oppositions d’intérêts. <br />
  31. 31. Platon : tout sépare Aristote et Platon; leur âge, leur idées… Cependant, il y a entre eux de l’Amitié. Pour Platon, cela ne s’explique pas par le fait que les contraires s’attirent, mais plutôt parce qu’ils recherchent tous les deux le Bien. Et le premier ami « protos philos », selon Platon, est, pour l’élève et son professeur, ce Bien qu’ils essaient tous les deux de contempler. <br />
  32. 32. La postérité d’Aristote : <br />Le Christianisme ordonne une forme d’Amitié très différente de la « philia » d’Aristote : « aime ton prochain comme toi-même ». Le prochain ne saurait donc être celui que l’on a choisi; celui avec lequel on se sent des affinités.<br />À partir du XIIe s fut exalté l’Amour passion (Tristantet Iseult, Roméo et Juliette), à côté de quoi l’Amitié paraissait bien pâle. Au XVIe s, Montaigne, grand admirateur des Anciens, revalorisa l’Amitié par l’intensité de sa relation avec La Boétie : « Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : « parce que c’était lui, parce que c’était moi » ». Cependant, l’Amitié perd chez lui la clarté qu’elle avait chez les Anciens. Il en fait un « mystère incompréhensible, et par conséquent inaccessible aux tentatives de rationalisation de la philosophie. <br />
  33. 33. La civilisation actuelle du travail prône les relations de Camaraderie, de Solidarité professionnelle. Se développent donc des quasi-amitiés, proches des espèces imparfaites qu’Aristote appelait pour les distinguer de l’amitié achevée des sages. D’ailleurs, aujourd’hui, l’Homme actif que l’on nous propose comme modèle n’est-il pas l’Homme pressé? <br />Dans le monde actuel, le héros engagé dans la lutte politique s’est substitué au sage grec. Cela ne permet pas de cultiver l’Amitié, mais plutôt de développer « la fraternité virile » selon l’expression de Malraux dans L’Espoir. Or, la fraternité unit un individu à un groupe, et non un individu à un autre. C’est pourquoi Aristote distinguait « l’homonia »,ou Concorde politique, et la « philia », l’Amitié. <br />
  34. 34. L’Amitié n’a donc plus dans les mœurs d’aujourd’hui la place primordiale que lui conférait la vie dans les cités antiques. L’Amitié cesse d’être un objet privilégié des méditations philosophiques:<br />Traité des Passions, Descartes : « lorsqu’on estime l’objet de son Amour moins que soi, on a pour lui qu’une simple Affection; lorsqu’on l’estime à l’égal de soi, cela se nomme Amitié; et lorsqu’on l’estime d’avantage, la Passion qu’on a peut-être nommée Dévotion ». Comme chez Aristote, l’Amitié est la recherche d’un juste milieu. Mais Descartes n’en fait qu’une Passion parmi les autres. Elle n’est pas cette Vertu primordiale où s’accomplissent parfaitement la Sagesse et le Bonheur. <br />La doctrine de la Vertu, Kant : Kant distingue les devoirs d’Amour et les devoirs de Vertu envers les autres hommes. L’Amitié est un équilibre à réaliser entre les deux. Or cet équilibre est irréalisable, ce qui fait de l’Amitié quelque chose d’impossible. <br />Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche : il oppose l’Amour du prochain et l’Amitié, ou l’Amour du lointain. L’Amour du prochain semble être un désir de confirmer sa propre valeur. L’Amour du lointain est recherche de ce qu’on pourrait être dans l’avenir si on cherchait à se dépasser. Ainsi, l’Amour du prochain, tel qu’il est défini ici, ressemble à « l’Amitié » miroir d’Aristote. <br />
  35. 35. Aristote posait comme condition de l‘Amitié la similitude des Affections, de Caractère et même l’identité du Vouloir qui rapproche les vertueux. Nous prônons au contraire aujourd’hui le respect des différences parce que nous avons peur d’un monde qui les écrase. <br />La similitude a pris depuis longtemps, dans les récits littéraires, la forme du double. Par exemple, Achille voyait devant lui se dresser le fantôme de son ami Patrocle. Puis, les doubles sont devenus, dans les comtes et les légendes, inquiétants, terrifiants. Or, quand les doubles ont cessé d’être pensés comme des amis, les amis ont cessé d’être pensés comme des doubles. Mais si l’autre a une différence irréductible, ne risque-il-pas de devenir tout à fait méconnaissable? Inversement, si l’autre est un autre moi-même ne serons-nous pas tentés par un narcissisme à deux, chacun contemplant dans l’autre sa propre image? <br />De nouvelles questions se posent alors grâce à Aristote qui a su poser le problème sur lequel la philosophie médite encore. <br />
  36. 36. FIN <br />

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